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8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 08:47

Denis-Christel et son dictateur de père

S’il est vrai que présidentielle de 2021 au CONGO-Brazzaville n’a toujours pas livré tous ses secrets, le désir de succession de Dénis Christel Sasssou Nguesso à son père apparaît désormais comme inéluctable. Dans ce dossier que nous avons réalisé grâce à nos sources crédibles de Kinshasa à Paris en passant par Brazzaville, Cotonou, Abu Dhabi, Miami, nous vous révélons en exclusivité les manœuvres de celui qu’on surnommé « Kiki le pétrolier ». Une enquête inédite d’un escroc en col blanc.

Un réseau tissé et entretenu depuis la République Démocratique du CONGO

Les différents réseaux de l’autre côté du fleuve CONGO,  d’hommes d’affaires, de proxénètes et de groupuscules mafieux au service de Dénis Christel Sassou Nguesso sont désormais connus. Ces différents réseaux ont initié depuis plusieurs semaines un plan machiavélique destiné à faire voler en éclats d’abord sa propre famille et ensuite toute personne ayant des ambitions autour du père, Dénis Sassou Nguesso.

Nous apprenons ainsi de nos sources crédibles proches de Kiki lui-même, que ce dernier détient désormais d’importantes parts dans plusieurs Médias à Brazzaville comme VOX TV ( dont il est le propriétaire et qu’il a confié à Vérone Mankou), mais aussi en RDC et également des médias européens et panafricains à Paris et Bruxelles. Ces Médias non seulement financés avec l’argent du contribuable congolais, ont clairement reçu pour injonction de déclencher de façon hebdomadaire, tous les dossiers pouvant éliminer ou écarter de potentiels futurs candidats à la succession de son père au sein de sa propre famille. Au niveau de Brazzaville, l’homme aux manettes et qui s’occupe des sales besognes de Kiki s’appelle Aimé Hydevert Mouagni, chef de milices.Ce délinquant notoire, repris de justice, connu par les services de police français qui se proclame féticheur est beaucoup plus connu pour ses talents d’escroquerie, de braquage et de violences inouïes contre les femmes.

Affaiblir, diviser pour régner, anéantir…..plus rien n’arrête Dénis Christel

Des congolais de la RDC parcourent ainsi depuis deux semaines les capitales européennes avec des dossiers explosifs parfois imaginaires contre ses propres frères et plusieurs membres de sa famille. En témoigne les dossiers contre les frères Willy et Edgard Nguesso exposés dans les médias européens depuis quelques semaines. D’abord Radio France Internationale, ensuite les Médias de la RDC, puis la Lettre du Continent dans ses parutions du 29 Mars et du Dimanche 2 Avril dernier ; La Tribune Afrique et VOA.  Le conflit entre la Société congolaise de transports maritimes (Socotram) de Guy Wilfrid Nguesso avec Total Congo d’une part et la récente publication de plusieurs sites panafricains qui remettaient à jour un ancien document datant de plus de 8 ans de Transparency International sur les activités de Edgard Nguesso à la Réserve de Paris dans le 8è arrondissement d’autre part en sont l’illustration. Mais l’obsession de Kiki le pétrolier pour le fauteuil présidentiel en 2021 n’a pas d’égal. Dans l’entourage du président Sassou Nguesso c’est une purge que le jeune Kiki a lancé. Il veut faire main basse sur La GLC, la Grande loge du Congo, lançant ainsi une guerre sans pitié à l’encontre de Jean Dominique Okemba alias JDO comme révélé dans le N°746 DU 01/02/2017 de la Lettre du Continent. Dans ce combat au sein de cette loge, Dénis Christel fait croire à qui veut l’entendre qu’il aurait reçu l’onction de son père pour écarter Jean Dominique Okemba. Ce qui évidemment relève d’une pure illusion.

Mais ce n’est pas tout, Dénis Christel a considérablement affaibli d’autres poids lourds de la scène politique congolaise qui, selon ses propres dires, devenaient de plus en plus encombrants. Il s’agit d’abord de Gilbert Odongo débarqué du ministère des Finances ( actuel ministre du développement industriel et promotion du secteur privé ) sur insistance de Dénis Christel au profit de son homme de main Calixte Ganongo qui fut nommé en 2010 directeur général adjoint chargé des Finances et de la Comptabilité à la SNPC. Sa nomination a été imposée au président par Dénis Christel.

De son côté Jean Jacques Bouya toujours au gouvernement est aussi dépouillé de tout pouvoir de décision. J-J. Bouya peine à convaincre le Ministre des Finances Calixte Ganongo qui met son veto sur plusieurs dossiers chauds.  Dans ce système de chasse aux sorcières, de bâillonnement,  Rodrigue et Teddy Nguesso sont également en difficulté. C’est Dénis Christel qui, par le biais de son réseau entretenu à Miami par le Gabonais Dominique Sibi, a balancé l’affaire de l’appartement acheté par Rodrigue Nguesso à Miami  pour 2 millions dollars comme révélé dans le N°742 DU 30/11/2016 de la Lettre du Continent. Enfin, Teddy Nguesso vit une situation ubuesque à La SNPC. L’homme est devenu transparent et inexistant au sein de la Société. Il n’a plus aucun pouvoir de décision, son autorité serait désormais fortement contestée au sein de son département, enfonçant encore plus la cohésion familiale.

Mais malheureusement pour Dénis Christel Sassou, son acharnement sur les uns et les autres à coups d’argent crée désormais une guerre au sein de ses nombreux chargés de mission à Paris particulièrement.

On apprend ainsi de source digne de foi que ses émissaires de la RDC qui sillonnent les capitales occidentales pour payer les Médias, les activités et blogueurs seraient en conflit pour le partage du gâteau; les sommes destinées à chaque mission de dénigrement ont toutes été détournées et divisées par 2 ou 3, ce qui a fini par déclencher une guerre entre ses chargés de mission qui menacent depuis quelques jours de tout balancer sur ce mystérieux donneur d’ordre basé à Brazzaville qui leur fait parvenir des enveloppes remplies d’euros.

D. Christel adepte du vaudou » béninois et à la tête d’un système de blanchiment d’argent avec le Bénin et la Guinée Bissau

Pour parvenir à ses fins, Dénis Christel Sassou ne lésine ni sur les moyens financiers ni logistiques. Exemple édifiant, dans la soirée du 26 Mars 2017, Dénis Christel reçoit successivement à l’un de ses domiciles de Brazzaville plusieurs délégations. Mais deux ont particulièrement retenu notre attention. une délégation du Bénin, composée de chefs traditionnels et de prête-noms. Cette rencontre, témoigne une source présente, nous informe que ce genre de réunion serait récurrente et qu’elle prend souvent des heures puisque les rituels s’enchaînent les uns après les autres entre Kiki le Pétrolier et les marabouts béninois.

Notre témoin va plus loin et nous apprend que des bœufs blancs sont régulièrement immolés et enterrés en guise de sacrifice tous les vendredis. Ces marabouts béninois à qui Kiki paie des billets d’avion sur la compagnie Trans Air Benin et TAC, viendraient de la région de l’ancien président du Bénin Boni Yayi, c’est à dire le Nord du Bénin. C’est ce dernier qui par le biais de ses enfants Rachelle et Chabi Yayi, veillerait sur le petit Kiki à travers ce réseau de marabouts.

Pour en revenir à Rachelle Yayi installée aux USA, c’est non seulement la petite amie de Kiki mais aussi et surtout sa communicante attitrée. Rachelle Yayi-Paraïso, fille et ex-secrétaire particulière de l’ancien chef de l’Etat béninois Thomas Boni Yayi (2006-2016), soigne officiellement l’image de Denis Christel Sassou Nguesso mais pas que. Plusieurs sociétés écrans et comptes en banques opaques ont été découverts au Bénin à l’arrivée au pouvoir de Patrice Talon sous le nom de Rachelle Yayi-Paraïso. Le président Talon qui au départ avait menacé vigoureusement de tout révéler s’est finalement ravisé après sa réconciliation avec Boni Yayi, qui est connu pour avoir battu le record de voyages Cotonou – OYO- Brazzaville pour rendre visite au président Dénis Sassou Nguesso. Ces nombreuses visites de Boni Yayi cachait aussi un vaste réseau de blanchiment orchestré par Kiki le Pétrolier et les enfants de l’ancien président béninois. Cependant, il apparaît logique de se poser certaines questions:  Contre qui Dénis Christel veut-il se protéger à travers ses sacrifices de bœufs  ? À qui veut-il nuire ? Le vaudou l’aidera t-il à accéder à la magistrature suprême ? Les questions restent posées et chaque jour qui passe nous rapprochera de la vérité.

La seconde délégation reçue par D. Christel ce fameux 26 Mars est celle de la Guinée Bissau. Avec ce pays Dénis Christel entretien un réseau de blanchiment d’argent spectaculaire. Le petit Kiki prend une bonne partie de la rente du pétrole, les fait transférer  dans les paradis fiscaux, ensuite par le biais de structures opaques d’investissements prêtent ces fonds à la Guinée Bissau avec des taux d’intérêt quasiment nuls, et quelques mois plus tard, l’argent est « remboursé »  tout « propre » aux réseaux mafieux entretenus par le même Christel. Le président congolais Dénis Sassou Nguesso est-il informé de l’existence d’un tel réseau de blanchiment orchestré, entretenu et financé par son fils ? La question mérite qu’on s’y attarde.

Dénis Christel Sasssou, un homme qui manque de sagesse à tous  les étages

Dans sa position actuelle à la SNPC et avec le statut de « Fils de », Dénis Christel fait preuve d’un manque de sagesse aux répercutions parfois inimaginables.

Un éminent professeur agrégé de philosophie au Bond University d’Australie nous analyse à froid l’attitude de Dénis Christel:  » de nos jours, avoir l’âme d’un hériter est une faiblesse, un manque de couille et une incapacité évidente à gérer le pouvoir d’état.  Celui qui se trouve au sommet pense toujours que rien ne pourra entraver son action. Cette faculté de Dénis Christel à vouloir tout contrôler, tout avoir et tout détruire lorsqu’on n’est pas avec lui, est totalement suicidaire. Dénis Christel doit retenir une chose, diviser pour régner est le moyen le plus sûr que tous les hommes de pouvoir ou aspirants au pouvoir ont utilisé pour se  retrouver seuls et haïs. »

Dénis Christel Sassou, un entourage de plus en plus  fissuré

Dénis Christel Sassou qui convoite désormais le fauteuil de Député de Dolisie est certainement assis sur une mine qui ne devrait pas mettre du temps à lui exploser en pleine figure. Dans l’entourage du « petit prince » l’argent apparaît comme la seule motivation prioritaire. Un de ses plus proches collaborateurs qui requiert l’anonymat nous a confié :  » nous sommes bien payés avec le « Petit », nous mettons nos familles à l’abri mais au moment opportun, on ne prendra certainement pas quelqu’un comme lui, un bébé gâté. Il ne sait même pas ce que c’est que la gestion d’un pays. Nous ne sommes ni au Gabon, ni au Togo, encore moins au Maroc. »

Une chose est certaine, à ce jour, nous sommes en droit de confirmer à nos lecteurs qu’ils seront désormais informés des faits et gestes de Dénis Christel Sassou Nguesso, le ressortissant congolais le plus corrompu aux yeux de la Justice Internationale. Que cela soit à son domicile à Brazzaville ou à sa Fondation et à la SNPC, en passant par ses réseaux à Kinshasa, Cotonou, Paris, Miami, Dubai, New York et Bruxelles, nous avons infiltré tout le système et nous allons publier dans notre prochaine parution la liste des membres dudit réseau, photos à l’appui, qui s’occupent des sales besognes de Dénis Christel Sassou.

À bon entendeur !

Presnel Tshibanda

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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 22:15
 

Par Pascal Malanda

kolelas-yombi-et-lissouba

kolelas-yombi-et-lissouba

Tôt ou tard, Sassou Nguesso sera obligé de quitter la tête du pays. A l’allure où vont les choses, par la déliquescence avancée de son système, son départ est plus proche que d’aucuns, à commencer par lui-même, ne le soupçonnent. Nous avons déjà souligné un des piliers de son pouvoir : la félonie et la lâcheté des Congolais . Le temps est venu de pointer un autre héritage de l’ère Sassou : un pays profondément divisé.

Depuis quelque temps, suite aux différentes réactions de Brazza-Nord et Brazza-Sud lors du référendum d’octobre 2015 et des présidentielles de mars 2016, le débat fait rage sur l’unité nationale. Certains affirment haut et fort que nous vivons dans un pays uni, indivisible où règne la grande fraternité des tribus, bref, dans un paradis qui ne dit pas son nom. D’autres au contraire pensent que nous sommes à la veille d’une partition pure et simple du pays et que nous vivons plutôt dans un enfer à ciel ouvert. Nous allons essayer de montrer ici, que si Sassou Nguesso est le grand fossoyeur de l’unité nationale, il n’a fait que surfer sur la profonde animosité que nourrissent nos tribus les unes envers les autres. Si les politiciens instrumentalisent la division, ni les intellectuels ni les populations elles-mêmes ne font assez d’effort pour s’opposer à cette dangereuse dérive. Très peu de nos concitoyens osent critiquer la dérive tribale surtout si celui qui en est responsable est un membre de sa propre communauté.

Enfant de Poto-Poto, ayant baigné dès ma tendre enfance dans le melting-pot que constitue ce quartier, je constate avec effroi l’aveuglement des uns et la surdité des autres. Il est vrai qu’il n’y a pas plus sourd que celui qui ne veut entendre ni plus aveugle que celui qui refuse de voir.

Né en mars 1960, donc sous la colonisation, je n’ai vécu que 5 mois cette période de notre histoire. Ce que j’en sais ne me vient que des lectures scolaires et académiques ainsi que des récits de mes parents et grands-parents. Ce que je tire de cet enseignement, c’est que la période coloniale a essayé de forger un embryon de nation en mettant dans un même espace politico-administratif des tribus qui ne se supportaient pas toujours, loin de là. Nous sommes devenus Congolais par la volonté du colonisateur français. Une fois l’indépendance acquise, rien n’a été fait pour consolider la protonation héritée de la France. Bien au contraire, les antagonismes précoloniaux se sont réveillés. Dans chaque région, ces rivalités ancestrales subsistent encore. On les note aujourd’hui entre les Bembés, les Mikengués et les Bembés sim’dianiari sur le petit plateau de Mouyondzi. Entre les Bembés et les Soukado à Bouansa. Entre les Kongo de Boko et les Lari de Kinkala. Entre les Kougnis de la Bouenza et ceux du Niari. Entre les Vilis de la côte et les Yombés de la forêt. Entre les Téké-Koukouyas et les Gangoulou. Entre les Mbochis et les Kouyous. On pourrait ainsi trouver des antagonismes plus ou moins grands entre clans, tribus et ethnies sur toute l’étendue du territoire congolais.

Entendons-nous bien, ces rivalités et chicaneries ne sont pas en soi un problème. Toutefois, mal gérées ou instrumentalisées, elles peuvent déboucher sur des conflits ouverts d’une violence inouïe. L’histoire du Congo est émaillée de ces déchirements dont les plus récents sont ceux qui ont opposé les Tcheks aux Niboleks. A ces conflits, il faut aussi ajouter les guerres civiles itératives  qui masquent mal leur arrière-fond tribal comme la guerre du Pool en cours ou le coup d’Etat de 1997 avec l’opération Mouébara assimilée à un génocide dans le sud du Congo.

Enfant de Poto-Poto, mes amis à l’école Sainte Jeanne d’Arc étaient du Nord comme du Sud. En classe, ou dans la cour de récré, nous travaillions et jouions sans nous référer à nos origines ethniques. Ibaliko ou Moutombo, Elenga ou Malonga, Inkari ou Tchikaya, nous ne faisions aucune différence entre nous. Le mérite scolaire ne brisait pas notre camaraderie.

Si l’enfant que j’étais, baignais dans l’insouciance, l’adolescence m’a vite confronté aux premiers signes du poids de la tribu. Au moment de l’orientation à l’étranger, le nombre de mes condisciples nordistes étaient étonnement plus élevé que les sudistes. Esprit pointilleux, j’ai même participé à l’établissement de statistiques qui prouvaient ce que nous dénoncions déjà en ces années 1980 : une prédominance d’étudiants nordistes parmi les boursiers tandis que dans la population, le ratio était inverse. C’est à côté de mes aînés Raymond Mavoungou Bongo et Georges Ballay et sous la direction de Bizenga que je fais mes premiers pas en politique au sein de l’UGGEC et sa mouvance autonomiste. C’est dans cet espace que j’apprendrai à dénoncer les injustices et les dérives d’où qu’elles viennent. De ces années, j’ai gardé l’exigence de l’autocritique constructive que nous puisions dans la brochure « Autocritique du M 22 ». Diawara, Ikoko, Oluka, Bakékolo sont à nos yeux des héros qui n’hésitent pas à sacrifier leur vie pour sauver un pays en pleine dérive tribale et bureaucratique.

C’est avec amertume que l’adulte que je suis devenu a constaté que Mavoungou (du Kouilou) et Ballay (de la Likouala) se sont retrouvés au comité central du PCT, cautionnant directement ou indirectement la destruction systématique de l’embryon de nation que j’ai trouvé à ma naissance. A la décharge de Ballay, je noterai qu’il a été parmi les rares (trois en tout) membres du Comité Central du PCT à voter ouvertement contre le changement de la constitution ; les autres, très nombreux à désavouer cette démarche de leur parti, n’avaient pas osé franchir le Rubicon. Par peur de représailles ou perte de leurs prébendes, ils avaient courbé l’échine et rasé les murs. Par leur lâcheté, ils contribuent au délabrement du tissu social. Chaque jour qui passe nous éloigne un peu plus de l’idéal d’une nation apaisée. Au-delà des clivages idéologiques, aurons-nous un jour le courage de tout remettre à plat pour repartir sur de nouvelles bases et construire une vraie nation ? Oserons-nous un jour emprunter la voie des nations modernes où le citoyen vote, non pas pour sa tribu, mais pour son idéal politique ?

Pour le moment, nous assistons, impuissants, à l’approfondissement de la crise identitaire dans le pays. Je n’en veux pour preuve que le fait suivant. Deux amis, membres de la direction de l’UPADS s’étaient rapprochés des chancelleries à Brazza. Je tairais les noms des ambassades visitées et de ses deux amis. Il leur aurait été systématiquement dit que la communauté internationale ne souhaitait pas l’arrivée d’un sudiste au pouvoir pour la simple raison que cela pourrait déclencher une terrible revanche. Si c’est le cas, pourquoi alors ne pas nommer tout simplement un président étranger qui dirigerait le pays comme une colonie ? Non, notre pays mérite plus que le triste spectacle que nous offrons aux yeux du monde. Nous avons suffisamment de ressources humaines et intellectuelles pour transcender nos divergences et bâtir une nation unie et prospère.

Charles Bowao pour lequel je n’ai jamais caché mon respect et mon admiration a écrit un essai dans lequel il pointe les grands maux qui minent notre construction nationale. Dans « L’imposture ethnocentriste – Plaidoyer pour une argumentation éthique du politique » il ébauche une sortie de la quadrature de cercle actuelle par la création de partis véritablement nationaux. Il montre par ailleurs que le CADD-MJ était un mouvement qui évoluait dans ce sens et devenait une menace au système PCT basé sur la tribu. D’où sa dissolution pure et simple.

Nous sommes capables de nous remettre en cause et bâtir une nation moderne, mais malheureusement, nous sommes les victimes collectives et consentantes d’un système basé sur des partis ethniques et qui ne s’en gênent pas, bien au contraire.

PCT, chronique d’une mort annoncée

Le referendum de 2015 et la présidentielle de 2016 ont montré les limites du PCT. Ce parti, lourde  et couteuse structure ne mobilise plus. Malgré l’immensité des fonds jetés à perte dans les campagnes référendaire et présidentielle, le PCT n’a pas su démontrer la popularité de son candidat d’où la nécessité d’un passage en force aboutissant à la crise postélectorale actuelle. Pouvait-il en être autrement ?  Parallèlement, on assiste à la création d’une multitude de structures qui cachent mal leur intention de supplanter le PCT qui serait devenu un véritable boulet aux pieds de ceux qui veulent paver le chemin de la monarchie au Congo. Pour ce faire, on nous sert des structures comme Pona Ekolo – Samouna Bouala. Curieusement, le cache-sexe tribal sous le vocable complémentaire samounabouala a vite disparu pour céder la place à l’intention première : Pona Ekolo, c’est-à-dire une pseudo-nation à dominance tribale.

Autopsie des partis ethniques

UPADS la perle jetée aux pourceaux

Si sa base électorale était constituée des trois régions du Grand Niari surnommé Niboland, le parti avait su affirmer sa présence dans les régions comme la Likouala et la Sangha. Avec une forte implantation à Pointe-Noire, le parti avait vocation à consolider son ambition nationale. Quel gâchis alors de voir comment cette puissante machine électorale a échoué à devenir le socle d’une construction nationale. A la place, on a eu droit à l’hégémonie bembé déclinée sous forme de « ngoul’ mou mako », au repli du Niari assiégeant la présidence de la république pour essayer de rééquilibrer le rapport de force au pouvoir, à la frustration des Sukado (Sundi, Kamba, Dondo) qui vont se cristalliser autour de Bounkoulou, à la marginalisation de la Lékoumou, bref à une véritable descente aux enfers.

Il y a deux ans, me retrouvant face à Oba Blanchard chez son ami Martin Kimpo au quartier La Poudrière à Brazzaville, je demandai à ce dernier s’il trouvait normal que dans le premier gouvernement de Lissouba en 1992, il y eut 7 ministres ressortissants de la seule région de la Bouenza. Et surtout que sur ces 7 ministres, 6 étaient Bembé. Sa réponse me fit froid au dos : « 6 ministres seulement ? Nous avions bien droit à plus que ça ! » Sa sincérité m’avait laissé pantois. La grande UPADS de Pascal Lissouba a coulé avec toute sa splendeur. Elle est aujourd’hui réduite à une épicerie familiale avec à sa tête un gérant nommé et payé par le PCT tandis qu’une officine familiale liée au pouvoir tire les ficelles dans l’ombre.

MCDDI un nid d’intégristes messianistes

Qui osera nier aujourd’hui qu’en dehors des sectes du genre déterreurs Andziba au nord du pays et Mindjoula au sud, la grande majorité des illuminés mystico-religieux congolais est concentrée dans la région du Pool ? Malgré mon respect et ma sympathie affichée pour le Pasteur Ntoumi, il reste un adepte du messianisme parfois burlesque qui caractérise cette région. Quelle que soit la noblesse de son combat politique actuel, son message est très vite brouillé par la dimension religieuse et le sectarisme, ce qui peine à lui donner un caractère national. Le fait qu’il tienne tête au pouvoir lui attire logiquement la sympathie de nombreux déçus de l’alternance démocratique évanouie. Le Pasteur Ntumi devra donner une dimension réellement nationale à son combat en sortant du messianisme archaïque.

Que dire de Parfait Kolélas et sa gestion calamiteuse du MCDDI ? Héritier de son père, malgré ses études universitaires, il n’a pas su apporter la modernité tant souhaitée à un parti dont la démarche féodale ne fait l’ombre d’aucun doute. La fratrie Kolélas a du reste réussi à écœurer ce qui pouvait encore prétendre à une gestion moderne de ce parti devenu une véritable épicerie familiale prenant ses ordres à Mpila. Pas étonnant dès lors, que les Kolélas soient au MCDDI ce que les Nguesso sont au PCT : des affairistes purs, durs et dangereux. Plus grave encore, les deux partis ont conclu des alliances incestueuses qui sont en grande partie responsable du drame congolais actuel.

PCT le chantre du tribalisme, malgré son passé de parti unique

Tout a été dit au sujet de ce parti qui est parfois, à tort ou à raison, assimilé à l’incarnation du mal absolu au Congo. Toute la tragédie que vit le pays aujourd’hui peut être réduite à un seul facteur : la volonté manifeste d’un groupe d’individus de mettre tout un pays sous la coupe d’une région, d’un clan, d’une famille et aujourd’hui d’une partie d’une famille. Aujourd’hui, le projet de société du PCT se résume à une chose : préparer la succession dynastique à la tête du pays. Tout est fait pour que dans 5 ans (ou peut-être moins), à la place d’un Nguesso, on en ait un autre ; à la place de Denis, on nous prépare sans gêne Christel. Le PCT, parti unique de 1969 à 1992 avait tout pour jeter les bases d’une vraie unité nationale. Au contraire, en un quart de siècle, il a été l’ardent fossoyeur de la démocratie et de l’unité nationale. Il a institutionnalisé l’hégémonie d’une partie du pays sur une autre, d’une famille sur tout un peuple, détruisant au passage l’embryon d’Etat-nation issu de la colonisation.

RDPS un requin sans dents

Dans son fief électoral qu’est le Kouilou, le RDPS peine à sortir de son rôle de second couteau. Réputés pacifistes et non-violents, les Vilis et Yombés gèrent tant bien que mal leur frustration. En effet, installés depuis des siècles dans la région qui fournit 80% des recettes budgétaires du pays, ils vivent dans une pauvreté qui contraste avec l’opulence des gouvernants. En aout 2015, visitant la réserve naturelle de Conkouati, j’étais ahuri de voir à la tombée de la nuit, comment les pauvres paysans des villages environnants sombraient dans la nuit la plus noire. La misère de ces populations était indescriptible. A partir du fleuve Numbi qu’on traverse par un bac vétuste, les 30 km qui conduisent au lac Conkouati sont une plaine de sable pratiquement infranchissable. Le désarroi des populations atteint son comble car les maigres récoltes qui devraient être le fruit de leur dur labeur, elles doivent les partager avec les éléphants de la réserve naturelle. Espèce protégée, les éléphants saccagent les plantations des paysans réduits à l’impuissance absolue. Leur cri de détresse : « Sur les terres de nos ancêtres, nous avons moins de droits que des animaux. »

Le RDPS vient de porter à sa tête Marc, le fils de Jean Pierre Thystère Tchikaya. Comme on le voit, le népotisme fait des émules dans notre pays.

On pourrait ainsi passer en revue tous les partis congolais et constater avec tristesse à quel point ils incarnent tous la dégénérescence de l’embryon de nation et l’apocalypse économique. Là où le colon imposait la mobilité administrative pour encourager l’émergence du sentiment national, les partis congolais ont construit des murs et des bastions. A l’intérieur de ces forteresses, les populations sont transformées en bétail électoral. Pas question qu’un ressortissant du Pool vote pour Munari ou qu’à l’inverse un ressortissant de la Bouenza vote pour Kolélas. Quand Pointe-Noire vote massivement pour Mokoko, l’explication est vite trouvée : Les sudistes veulent remplacer Sassou, le rempart du Nord par Mokoko un faiblard, une femmelette dont ils ne feront qu’une bouchée à la moindre occasion pour récupérer le pouvoir qui leur revient de droit. Triste Congo ! Et il se trouve des Congolais pour venir nous vendre l’illusion d’une nation unie et prospère, une et indivisible ! Non le Congo est divisé, profondément divisé à dessein. Mais loin d’être une fatalité qui nous conduirait droit à la séparation entre le sud et le nord, cette division peut être combattue, à condition de ne pas se voiler la face et de pointer les vrais problèmes. Proposer des solutions courageuses et sortir le pays du cercle vicieux actuel.

A ceux qui pensent que la division au Congo se limite au clivage nord-sud, je signalerai ce fait souvent passé sous silence par les chantres d’une république du Sud-Kongo. En 1991, le Lari Kolélas soutient la candidature du Kongo Milongo à la primature de la transition. Le contrat tacite est que le Kongo Milongo prépare l’accession de Kolélas à la présidence. Sauf qu’on avait oublié que le pouvoir corrompt très vite. Sous des prétextes fallacieux, Milongo se présentera quand même à la présidentielle, affaiblissant ainsi la position du Lari Kolélas. Que serait le Congo aujourd’hui, si Milongo n’avait pas été candidat et si Lissouba n’avait pas sollicité le soutien du PCT ? C’est vrai qu’avec des ‘si’ on mettrait Paris dans une bouteille, mais il est aussi vrai que le paysage politique congolais serait autre si les politiciens congolais avaient privilégié, non pas la tribu, les ambitions démesurées et le jeu malsain des alliances contre nature, mais la démarche idéologique au service d’une vision de la nation. Un officier supérieur de ma communauté sachant ma proximité avec un candidat à la présidence, me jeta sans ambages le reproche suivant : « Pourquoi soutiens-tu cet étranger, il n’y a pas de candidat de chez nous qui mérite ta préférence? » Mon colonel avait une idée bien précise de l’unité nationale.

Une nation comme une Union se construit sans relâche chaque jour. La moindre pause déclenche aussitôt le processus de désintégration. On le voit avec le beau projet qu’est la construction européenne. Tant que des visionnaires et des bâtisseurs étaient à la manœuvre, l’Europe faisait rêver. Les Robert Schuman, Jean Monnet, Conrad Adenauer, Jacques Delors etc. avaient une idée bien précise de l’Europe. Depuis quelque temps, les commandes de l’Europe sont dans les mains de technocrates gris et de fonctionnaires sans ambitions. Résultat ? Brexit et une Union menacée de s’effilocher.

Le Congo n’a jamais eu de visionnaire en matière de construction nationale. Bien au contraire, le sort nous a imposé des fossoyeurs acharnés d’une proto-unité déjà si fragile. Pas étonnant que le tissu national soit en lambeaux, une véritable charpie de tribus que nous gagnerons tous à transformer enfin en une vraie NATION.

Dr Pascal Malanda

Nation et Héritage

 

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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 10:43

Par David Londi

pool

Le plaidoyer que je fais ici est à la hauteur de ma peine et souffrance. J’aurais exprimé la même indignation si c’était la Cuvette, les Plateaux, le Kouilou, tous les départements du Congo que je veux uni et prospère, un pays dans lequel chaque individu devrait trouver un équilibre social, moral, psychologique et économique.

Un pays baigné de fleuves majestueux, des plaines fleuries, où jadis, enfant, j’allais chercher les champignons à la belle période, un pays couvert d’une forêt, un des poumons du monde et enfin un pays béni des dieux, parce que riche. Ce pays est entré dans une période de folie par la volonté d’un seul individu qui se croit surnaturel, omnipotent et intouchable.

Ce peuple qu’il est en train de détruire puise ses racines dans les profondeurs du IVe siècle après JC, mené par des rois qui avaient déjà, à l’époque, le sens de l’organisation, le sens du commerce et de l’industrie, le sens de la bonne gouvernance, le sens de la valeur humaine. Ce peuple a échangé avec les Puissances politiques, économiques et sociales du XVè siècle, je cite le Portugal et l’Espagne qui se partageaient le monde.

Ce peuple a donné son nom au pays dans lequel nous vivons tous. Ce peuple qui préférait le commerce à la guerre, la bonne gestion à la cupidité et l’enrichissement sans cause, ce peuple est aujourd’hui réduit à vivre dans les forêts, à la belle étoile à la merci de toutes les maladies, de la faim et à la désespérance.

Ce peuple, pour des raisons que seuls les pseudo-constitutionnalistes connaissent, s’est fait déposséder le vocable de sa langue, elle a été qualifiée de Kituba au lieu de Kikongo qui reste son appellation en Angola (13% de locuteurs), dans le Bas-congo, cet héritage laissé par nos glorieux aïeux, enseigné dans les universités et possède même un MBA. Si l’on suit leur logique, le Français est parlé par les Français, l’Allemand par les Allemands, le Kikongo par les Kongos, le Kituba serait donc parlé par les Tubas, groupe qui n’existe nulle part en Afrique. Ils ont substitué la langue écrite depuis le XVè s à sa forme créole.

Pourquoi cet acharnement, pourquoi un régime dévoyé, voleur et sanguinaire s’entête-t-il à vouloir effacer toute une culture, tout un peuple qui ne lui a jamais cherché « noise » mais qui refuse tout simplement de se prosterner devant un individu qui a perdu la raison ?

Pourquoi pourchasse-t-il des hommes et des femmes qui ne l’ont jamais agressé depuis qu’il est au pouvoir ? Ce peuple, cher petit dictateur de Brazzaville, porte en lui une mémoire que tu ne pourras jamais effacer depuis ses grandes migrations du nord de l’Afrique jusqu’au bassin du Congo, il a porté son arche d’alliance qui fait son ciment.

Détrompe-toi, ce n’est pas pauvre « Mukongo », il est du rang des seigneurs et constitue le socle de la république, aussi longtemps que tu appelleras ce pays, Congo, il a la mémoire Kongo chevillée à toutes structures, ses mentalités et son développement ne peut se concevoir sans son apport essentiel.

Tout ce que tu es en train de faire c’est comme un plâtre sur une jambe en bois, tout s’envolera avec le vent qui a commencé à souffler et ton nom ne sera plus qu’une curiosité historique comme Néron, Caligula et Hitler. Tout sera réduit en poussière pendant que le peuple Kongo renaîtra de ses cendres parce qu’il a traversé 18 siècles d’histoire et dans son giron accueillera tous les enfants de ce pays, du nord au sud, de l’est à l’ouest parce que dans son ADN.

Ce peuple est pacifique et sait bien faire la part des choses, ce ne sont pas les paisibles gens de la Cuvette, de la Likouala, etc. qui viennent lui faire la guerre mais toi et ton clan. Vive le Congo uni, nous vaincrons !

Par David Londi

(Extrait de congo-liberty)

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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 19:31

Par Rigobert OSSEBI

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Alors que Denis le père, autoproclamé à la présidence usurpée de la République du Congo, massacre dans le Pool, et que le frère Kiki siphonne pétrole et minerais, Coco rackette les entreprises.

Le 5 septembre dernier, toutes les entreprises établies au Congo ont reçu une lettre de la Présidence de la République, du Département de la Communication et des Relations publiques, leur annonçant leur obligation de figurer dans l’Agenda Présidentiel de la « Nouvelle République 2017 ».

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Bien entendu, rien de gratuit !

En même temps que la correspondance, une facture de 5 millions de francs CFA était jointe, ainsi qu’un Rib, pour être payée par virement ; le terme utilisé pour annoncer la facture étant « assujetti » qui signifie : « rendre sujet, soumettre à sa domination ; maintenir sous sa domination ; astreindre, obliger à faire… »  Quant à son paiement, le verbe échoir a été utilisé, signifiant : « qui advient par l’effet d’une loi ou d’une règle non écrite ! »

S’agissant d’une insertion publicitaire, la correspondance ne mentionne rien des éléments techniques nécessaires à son impression ; seule compte, semble-t-il, le virement bancaire !

On imagine aisément l’accueil, d’une pareille imposition d’office, auprès d’entreprises, pour la plupart exsangues, sur le point de mettre la clé sous la porte. Deux cents entreprises, qui s’y soumettraient, cotiseraient alors un bon milliard de francs CFA pour la fille préférée du tyran.

Cette tyrannie familiale, sans pudeur, n’a pour seule force que la faiblesse de l’opposition. Mais à force de tirer sur la corde, elle finira bien un jour par casser !

Rigobert OSSEBI 

(Extrait de congo-liberty)

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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 21:38
(Congo) Nouvelles du CHU de Brazzaville : Est-il mort ?

Il s'agit du Directeur de l'économie et des finances du CHU de Brazzaville. Il semblerait qu'il soit bien mort. Ou, s'il a fait semblant de mourir, alors les siens ont aussi fait semblant de l'enterrer... Au Congo-Brazzaville, dans les années 1980, on disait : "LE PARTI DIRIGE L'ETAT". Aujourd'hui, depuis l'année 2000, on dit : "L'ETHNIE-TRIBU-CLAN DIRIGE L'ETAT".

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Il semblerait qu'il soit bien mort. Ou, s'il a fait semblant de mourir, alors les siens ont aussi fait semblant de l'enterrer... Sa chronique nécrologique :

Je suis de l'ethnie,

J'ai été nommé(e) par l'ethnie,

Moi aussi, je nomme des ressortissants de l'ethnie.

Nous sommes de l'ethnie de M.SASSOU-NGUESSO...

Il y a 6 mois, à Brazzaville, Mme Ambiero Alliandzi a été faite Directrice générale du CHU. Le moins plus petit hôpital du pays [pas plus de 300 lits pour 2 millions d'habitants], le pire mouroir d'Afrique. Pas sûr que même le Niger ou la Centrafrique, les deux pays les plus appauvris du continent puissent envier ce CHU.

Madame la DG donc ! Nous pouvons lui trouver des qualités, mais nous nous mentirions de ne pas relever qu'elle doit ce poste à l'ethnie.

Notons cependant qu'elle a eu le courage d'annoncer son intention de mettre hors d'état de nuire à la collectivité ceux qu'elle a désignés par ''opérateurs économiques véreux''. Des personnes qui, souvent - par petits arrangements entre véreux -, obtiennent des marchés de l'hôpital. Et qui ne les accomplissent pas du tout, ou que partiellement, ou avec d'infinies malfaçons, laissant l'hôpital à l'état de champ de ruines permanentes.

Mise au travail, elle n'a pas tardé à débusquer le maestro ; cet homme-orchestre qui est derrière ce que tout(e) Congolais(e) a toujours perçu comme une entreprise gigantesque de détournement de fonds publics. Des crédits normalement destinés aux soins et bien-être des malades, à la rémunération des personnels hospitaliers, etc.

Le nom du coupable : M.OBENDZA, Directeur de l'économie et des finances du CHU.

Débarqué illico, cet homme aurait trouvé la mort, suite à un accident de la circulation. Mort dans les heures, dans les jours immédiats qui ont suivi sa mise à l'écart et, surtout, après le début de l'examen [on ne parle pas d'audit] des comptes qu'il était censé tenir avec professionnalisme.
Ce cadre, spécialiste ''de haut vol'', expert en marchés truqués était aussi de l'ethnie.

Et notre nouvelle patronne du CHU de le remplacer. Quoi de plus normal. Mais parmi les 4 à 5 millions de Congolais(es), entre les 70 à 90 tribus-ethnies qui composent le peuple congolais, Madame la Directrice du CHU n'a trouvé de digne cadre que dans l'ethnie.

Le directeur de l'économie et des finances du CHU de Brazzaville, issu de l'ethnie, a été remplacé par M. EKANDZA, un autre membre de la même ethnie. Tous de l'ethnie de Madame la Directrice générale, elle-même ayant succédé à deux autres DG, MM.NGAKALA et OVOULAKA, toujours de la même tribu-ethnie ou aire géographique.

Ainsi, depuis bientôt 20 ans, les principaux postes du CHU de Brazzaville sont tenus - tel un animal pris dans le filet d'un chasseur - par des membres de l'ethnie de M.SASSOU-NGUESSO.

Peut-on établir une relation de cause à effet, entre la tribu-ethnie et l'état lamentable, la réalité mouroir du CHU de Brazzaville ?

[....]
L'Ami(e),
Il y a ce ministre qui passe son temps à entretenir le sentiment tribalo-régionalisme, dans l'esprit des ressortissants de son village. Même pas 6 mois au poste, et il en est déjà à sa 3è réunion tribale, voire plus. Nous en discutions hier, à peine.

Aujourd'hui, nous découvrons le cas de cette dame, nommée, presque en même temps que le premier. Toujours de la même ethnie.
Que c'est à vomir ce tribalo-régionalisme!

On finit par se demander s'il peut sortir de l'ethnie de M.SASSOU-NGUESSO des Congolais(es) qui rejetteraient la tare du repli ethnique. Or il en existe. Il doit en exister, forcément ! Il est impossible que la Nature ait fait de toute une ethnie d'irréductibles tribalistes !.

Non, il y a bel et bien parmi l'ethnie de M.SASSOU-NGUESSO, des compatriotes normaux. Et ils doivent même être la majorité. Mais, à l'occasion, ils gardent le silence. Ou qu'ils sont gênés, ou complices, ou coupables par transitivité, par recel. Ils se taisent trop sur cette maladie endémique, partout observée dans le pays, dans le Civil, comme dans les Forces armées :

- Discrimination ethnique dans l'accès aux plus hautes responsabilités ;
- Discrimination ethnique dans l'embauche, promotions & privilèges ;
- Discrimination ethnique dans l'attribution de bourses d'études, stages et formations ;
- Discrimination ethnique dans l'aménagement du territoire national, et dans l'accès aux maigres logements publics.

Ce mal, ethnique, est si profond et systématique que, en dehors de l'ethnie de M.SASSOU-NGESSO, partout dans le pays, nos parents, nos enfants ont le sentiment profond d'endurer un apartheid, de vivre dans une société coupée en deux. Entre, au-dessus, ''la tribu des lions'' [c'est le surnom que se sont donnés des petits-fils de M.SASSOU], des membres de l'ethnie et quelques privilégiés. Et en bas, les autres Congolais(es). Une masse de Congolais délaissés, écrasés de plus par tous les Étrangers du pays.

Or, le Congo appartient -à stricte égalité- à toutes les filles et fils du pays, disparus, vivants et à naître ; de toute ethnie, de toute tribu et de toute famille qui composent sa population, par le sang, par la naissance ou par acquisition de droit.

Nous devons donc agir dans le sens du rétablissement de cette égalité. Le Congo doit revenir à tous ses enfants, sans exclusive.
Ce qui revient à dire que, contrairement à la liberté de faire du tribalisme, et donc de détruire le sentiment national dont ceux [pas tous évidemment] de M.SASSOU ont joui durant les bientôt 20 dernières années, nous ne devons plus laisser aux tribalo-régionalistes cette liberté de s'approprier tout le pays, de monopoliser l’État et ses dépendances, d'exclure le reste du peuple congolais.

Et donc, nous savons qu'il est ouvert le livre-journal du peuple : nous y notons tous les actes de Décision publique, comme ces tribalo-régionalismes ; nous consignons les auteurs nominatifs, avec dates, les interpellations que nous leur adressons, les réponses éventuelles des Responsables concernés, etc.

[...]
Mon Ami(e),
Au jour du peuple, ce livre-ci, également, sera ouvert...

Il y a des personnes qui ne mériteront plus de compter parmi le peuple congolais. Il faudra, sans s'attendrir, les chasser de la communauté nationale, leur retirer la citoyenneté congolaise, à eux comme à leurs enfants, sans droit de revenir même dans leurs villages. Ils n'iront qu'à s'acheter quelque île sur des mers lointaines, et y vivre entre eux.

Cela, sans préjudice de telle ou telle autre sanction, condamnations, etc.

Et nous savons ! Malgré le silence évoqué supra, les tribalo-régionalistes ne sont pas toute l'ethnie, qu'il existe de ceux-ci dans d'autres ethnies du peuple. Tous, sans faiblesse ni pardon, subiront le même sort.

Merci !
Le Papou, L'Iconoclaste.

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6 octobre 2015 2 06 /10 /octobre /2015 15:00
(Congo) L'ordre institutionnel dans le Koôngo Dya Ntootela

Congo : L'ordre institutionnel dans le Koôngo Dya Ntootela

Des écrits de nombreux chroniqueurs ayant séjourné dans l’ancien Congo, le Koôngo dya Ntootela, celui-ci présentait, sur le plan institutionnel, les caractéristiques d’un véritable Etat.

Dans « Histoire du Congo-Brazzaville, édition Beger-Levrault Paris 1978 P.27. », Marcel SORET rapporte que :

« Le prototype de la société à Etat en Afrique centrale de l’ouest fut l’ancien royaume de Kongo. Le roi n’impose plus seulement son pouvoir aux descendants d’un ancêtre connu ou mythique, mais encore à des tribus tout à fait étrangères. Il se crée, alors, une véritable organisation étatique. ».

Dans le Koôngo dya Ntootela, la monarchie était élective et non héréditaire…Le choix d’un nouveau roi incombait aux grands du royaume, les trois principaux électeurs étant le Mani Vunda, les gouverneurs des provinces de Mbata et du Soyo…Le principe de l’ « élection du roi visait à dégager de la masse une personnalité susceptible de représenter et d’harmoniser en sa personne les aspirations et les vœux de tous les éléments de la communauté. [ W.G.L. RANDLES in « L’ancien royaume du Congo des origines à la fin du XIXe siècle P.28. »]

Ici, il y a lieu de rappeler l’importance de la personne du roi qui, aux yeux du peuple doit être bonne, exemplaire, digne de foi et de confiance. Il en est ainsi, en raison de sa haute mission qui est celle, comme le rapporte W.G.L. RANDLES de répondre aux « aspirations et aux vœux de tous les éléments de la communauté.

D’où la signification des grands titres honorifiques attribués au roi de Koôngo que sont :

LE MAANI et LE NTOOTELA.

  1. LE MAANI : Le roi du Congo ou de Koôngo est Maani parce qu’il est à la tête, peut-on dire, d’un « consortium » ou d’une communauté ayant en son sein plusieurs composantes que sont les Mbaanza, ma-n’gâta, mi-mvuka, Bibelo, c’est-à-dire des grands centres urbains, des villages, des cités et des grands quartiers résidentiels.

A dire vrai, le qualificatif de Maani consiste en la définition de toutes possessions qui relèvent du domaine du roi.

C’est ainsi que, l’expression ma-n’gâta maani évoque très judicieusement toute délimitation des biens qui relèvent du domaine de celui qui le revendique et en l’espèce le Maani-Koôngo.

D’un point de vue constitutionnel, Maani est l’ensemble de toutes les prérogatives qui sont du ressort de la compétence du roi.

  1. LE NTOOTELA : Le roi du Congo ou de Koôngo est par excellence, le Ntootela, c’est-à-dire le détenteur de plusieurs terres donc de plusieurs petits états qu’il gouverne en union étroite avec les gouverneurs de ceux-ci. Ce titre honorifique qui n’est exclusivement attribué au roi dérive du verbe Toota qui veut dire ramasser, cultiver, semer, travailler et récolter.

De plus, la dénomination de Ntootela confère au souverain, roi de Koôngo, le pouvoir de régner sur plusieurs états que sont les Mbaanza. Il est, somme toute l’unificateur ou le fédérateur et c’est en cela qu’il est aussi appelé le Mpfumu n’tooto ou le Mpfumu tsi.

En tout état de cause : « La grande innovation de la conquête bakongo est le groupement de multiples petits royaumes en un grand Etat centralisé et gouverné par un monarque suprême résidant dans une capitale. » [ W.G.L. RANDLES in « L’ancien royaume du Congo des origines à la fin du XIXe siècle P.20. »]

Toutefois, le pouvoir du roi n’est guère absolu sur les petits états qu’il gouverne puisque « le roi de Congo, de même que tous les autres grands chefs du pays, ne gouverne que selon les avis d’un conseil comprenant dix ou douze Noirs, membres choisis parmi les plus anciens…de sorte que la guerre ne peut être déclarée, des nobles nommés ou déposés, ni des chemins ouverts ou fermés sans le consentement de ce conseil » [ W.G.L. RANDLES in « L’ancien royaume du Congo des origines à la fin du XIXe siècle P.59. »]

Il s’agit là du Conseil d’Etat qui diffère du Conseil Royal lequel par son organisation et son fonctionnement s’apparente, peut-on dire, au Mboongi du village. Outre les membres du Conseil d’Etat, le « Mboongi Royal », est composé de tous les gouverneurs de provinces ou mbaanza, des chefs de villages ou kuluntu et de certains notables.

Cependant, il existe entre le roi et les deux conseils, une chambre royale dirigée par le Maani-Lumbu qui est le majordome du roi, le premier personnage après le roi qui ne doit jamais quitter l’enceinte royale.

Le pouvoir royal à Mbaanza Koôngo est aussi tempéré par l’existence d’un personnage de haut rang qui détient entre ses mains un pouvoir « politico-religieux », Maani Nsaku Ne Vunda.

D’après plusieurs chroniqueurs, Maani Nsaku Ne Vunda « …a le privilège d’être le principal électeur des rois, de les installer et de recevoir une sorte de tribut lors de leur prise de possession. » [ « Histoire du royaume du Congo » auteur inconnu et traduit par Bontinck (F) Editions Nauwelaerts 1972 P.60.]

Par ailleurs, Maani Vunda est un NSAKU, c’est-à-dire, un « Consacrateur », un Régulateur in fine le « Gardien du Temple » qui, à ce titre veille au bon fonctionnement et au rayonnement spirituel de la royauté en la débarrassant des agents perturbateurs qui sont susceptibles de la mettre en danger (du verbe sakula qui veut dire sarcler, débrousser, débarrasser).

  1. NSAKU : A l’image de ces petites noix comestibles, que l’on trouve sous terre avec pleines de racines et qu’on appelle nsa-nsaku (cyperaceae), le Grand prêtre NSAKU contribue, de par ses fonctions au renforcement populaire et salutaire de la royauté.

NSAKU est, somme toute, ce que les Koôngo appellent eux-mêmes, MIANZI MIA TSI ou MIANZI MIA KOÔNGO, c’est-à-dire, cette haute autorité qui porte en elle les fondements mêmes de la royauté ou du royaume.

NSAKU est, peut-on dire, l’expression de la conscience nationale Koôngo.

C’est pour cette raison que, Maani Nsaku Ne Vunda fut probablement au premier plan parmi les autorités Koôngo à abattre pour les missionnaires européens, en l’occurrence Portugais. Il constituait sans doute, selon eux, un véritable frein contre l’évangélisation du royaume et au-delà un obstacle de taille contre la traite négrière.

Pour l’illustre kongologue Raphael BATSÎKAMA ba MAMPUYA ma NDÂWLA :

« …le Vénérable, Ne Vûnda, devenait, « Ne Nsôngi wasongela bankwa yâla vana Mbazi’a Nkânga » : le régulateur qui assurait l’harmonie constitutionnelle à la Cour de Mbânza-Kôngo, ou « Sikulu dyanene diyala muna Ngôyo’a Ntinu » : le grand instrument (de musique) par lequel agit le roi…ou encore, « Ntudi watudika makânda mangani, edyândi kânda, lêmbe dya Ngo, lêmbe dya Tâta »… : celui qui se dévoue entièrement pour assurer la grandeur d’autres familles (lignages) tandis-que la sienne reste la régulatrice (la conseillère) des Autorités afin de les maintenir sur la ligne tracée par nos Pères. » [ BATSÎKAMA in « L’Ancien Royaume du Congo et les BaKongo » L’Harmattan 1999 P.185.]

A l’échelle provinciale, Maani Nsaku Ne Vunda considéré par les missionnaires européens comme l’homologue du souverain pontife, est représenté par le personnage de Kitomi qui intervient effectivement dans les nominations des chefs de provinces [ NSONDE (J.D.) in « Langues, Culture et Histoire Koongo aux XVIIième et XVIIème siècles » L’Harmattan 1995 P.124.]

D’un point de vue judiciaire, il existe dans le royaume de Ntootela une organisation tripartite des juridictions ou tribunaux. L’exercice tant pour les affaires civiles que pénales, appartient au chef du village, sauf pour des cas d’une extrême gravité qui doivent être instruits et jugés par des juges établis par le roi ou par le roi lui-même. Toute personne ayant intérêt pour agir en justice peut, pour des affaires de quelque importance, en appeler au tribunal du gouverneur ou du roi.[ Rudy Mbemba-Dya-Bô-Benazo-Mbanzulu in « Le procès de Kimpa Vita la Jeanne d’Arc congolaise » L’Harmattan 2002. P.66.]

En somme, et ce, d’un point de vue pratique, la justice royale s’exerce vis-à-vis des grands vassaux que sont les chefs de province, et en appel vis-à-vis des autres chefs.

RUDY MBEMBA-DYA-BÔ-BENAZO-MBANZULU (TAATA N’DWENGA)

Kongologue

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4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 08:38
Magouilles frontalières et apartheid kilométrique au Congo-Brazzaville

Après avoir soufflé sur les braises de la xénophobie comme le précise le rapport Amnesty international sur l’opération « Mbata ya Bakolo », le régime totalitaire de Brazzaville a subitement décidé de faire tomber les barrières entre les deux capitales les plus rapprochées au monde.

Nous pourrions saluer cet accord de libre circulation s’il n’était pas entaché d’une irrégularité et d’une ignoble arrière-pensée politicienne.
En effet, l’accord de libre circulation ne concerne que les habitants dans un rayon de 50km des deux capitales. Cette disposition est anticonstitutionnelle car elle créé de facto une rupture d’égalité entre les citoyens congobrazzavillois. Est-on moins citoyen quand on habite au-delà de 50km de la capitale ? Cette disposition introduit ou plutôt réintroduit un apartheid kilométrique comme jadis du temps colonial ou l’accès à la « ville blanche » était interdit ou soumis à laissez-passer pour les indigènes des faubourgs.

L’arrière-pensée politique du régime totalitaire de Brazzaville, c’est de faire venir massivement des citoyens de la RDC pour meubler les meetings Pro-changement de la constitution. De plus, d’une source du Ministère de l’intérieur, nous savons que le régime s’est lancé dans une dynamique de naturalisation massive et illégale puisque ne répondant à aucun des critères de la loi (durée minimum de séjour au congo Brazzaville, maîtrise linguistique, contrat de travail, logement etc.) pour mieux manipuler les listes électorales et s’assurer la réussite de façade du référendum illégal.

Le régime de Brazzaville entre dans une dérive totalitaire dangereuse pour la sécurité et la stabilité de l’Afrique centrale. Le crime est devenu, s’il n’a pas toujours été, le mode de gestion de l’Etat. Nous dénonçons l’Apartheid kilométrique qui vient d’être entériné par le gouvernement congolais qui nous ramène au temps des colonies où les indigènes des faubourgs n’avaient pas accès à la ville blanche sans laissez-passer.

Collectif #Sassoufit

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16 septembre 2015 3 16 /09 /septembre /2015 09:28
Congo-Brazzaville : Etat de la Nation

Par Calixte BANIAFOUNA -

Je rentre de Pointe-Noire au Congo Brazzaville où je viens de séjourner pendant six semaines comme j’ai pris l’habitude d’y passer mes vacances d’été depuis 10 ans sans interruption. Dans les discours politiques, on évoque la paix, la modernité, l’État, les grands travaux, la gestion du pays, etc. qui connaîtraient des « avancées très significatives ». Point par point, je reviendrai sur ce que j’ai pu voir, entendre et toucher du doigt sur chacun de ces « slogans ». Je signale d’emblée que l’œil qui a vu, l’oreille qui a entendu et la bouche qui parle sont strictement miens et ne sauraient s’identifier à ceux d’un quelconque autre observateur que moi-même. Raison pour laquelle j’illustrerai certains de mes propos par du vécu personnel. Qu’ai-je vu, qu’ai-je entendu et qu’ai-je dit ?

Cette paix, parlons-en !

La paix n’est pas exclusivement synonyme d’absence de guerre armée. N’est pas en paix le chômeur ou le diplômé qui n’a jamais trouvé du travail ; n’est pas en paix celui qui manque à manger, celui qui n’accède ni à l’électricité ni à l’eau courante, celui qui a du mal à boucler la fin du mois, celui qui n’a pas la liberté de parole, celui qui ne peut pas payer son loyer par manque d’argent, celui qui subit les tracasseries quotidiennes de la police et de la gendarmerie du régime, etc. Or, entre ceux qui mangent à satiété et ceux qui dorment affamés, ceux qui accèdent à l’eau potable à foison et ceux qui boivent l’eau des puits non traitée, ceux qui dorment sous la lumière et ceux qui passent les nuits de tombeaux, entre ceux qui s’accaparent l’essentiel du revenu national et ceux qui ignorent tout des fruits tirés des richesses du pays, ceux qui trouvent la solution au moindre problème qui se pose dans le quotidien de leur vie et ceux qui sont infichus de résoudre le plus petit problème qui se pose en eux… s’articulent respectivement la paix et son opposé. C’est dire que l’idéal social ou politique qui s’identifie au calme, à la tranquillité, à l’absence de perturbation ou d’agitation est loin d’être le même pour tous au Congo Brazzaville. La paix désignant l’état d’un esprit placide et serein, des sentiments enthousiastes et positifs n’est pas donnée à tous les Congolais. Ainsi, la guerre, la violence, le conflit et la colère psychologiques et sociaux sont-ils implantés de façon permanente dans l’esprit de la majorité des Congolais depuis la fin de la guerre armée.

De la modernité et des grands travaux

Du fait de la modernité et des grands travaux, on cite les petits bâtiments des aéroports de Brazzaville ou de Pointe-Noire coincés au milieu des quartiers populaires à l’endroit même où les colons français s’en servaient comme aérogares dans une zone jadis non habitée, des pistes dans les axes nord du pays ou de Brazzaville/Pointe-Noire au bitumage inachevé, des petites villas individuelles dispersées ici et là dans le nord du pays ou en bordure du fleuve et des plages non sécurisées… rien que ça en 50 ans de règne sans partage, et dire qu’on se bat pour se maintenir au pouvoir ! Ordures, sable, poussière et odeurs nauséabondes en saison sèche, boue et mares en saison des pluies… quand vous circulez dans les quartiers populaires des principales villes du pays, de loin plus sales que toutes les poubelles européennes réunies, vous n’avez qu’un constat à l’esprit : « la population congolaise survit par l’amour de Dieu ! » Inutile de penser à suivre télé Congo, la plus pauvre et la plus minable des télévisions d’Afrique avec, au programme, trois émissions : la gloire du roi du Congo, le sport hippique et les communiqués nécrologiques… puis, fin des programmes au moment même où toutes les autres télévisions africaines émettent 24 h sur 24 avec des débats et une variété d’émissions politiques, économiques, culturelles, etc. ! Tout constat fait, il n’est pas bien méchant d’affirmer avec certitude que le Congo n’est pas gouverné par des Congolais car la simple incompétence ne suffit pas à expliquer que le pays soit laissé en si pitoyable état de poubelle !

Dans les administrations

Comme tout Congolais désireux d’entreprendre, j’ai décidé de créer une entreprise dans l’espoir d’occuper un bel échantillon parmi les jeunes diplômés ou détenteurs d’un métier (maçonnerie, charpenterie, peinture, électricité, plomberie, etc.) sur un marché encore vierge et sans concurrence. Renseignement pris auprès de l’autorité de l’État sur l’activité que je désirais exercer, il m’a été demandé de commencer par me procurer la photo encadrée du « président de la République ». Je me suis présenté à la préfecture qui se charge de la fournir. Dans le couloir du premier étage, un employé m’a demandé de le suivre. Après m’avoir fait attendre à 5 mètres du bureau du fournisseur présumé, tous deux en sont sortis pour m’informer que la photo coûtait cher mais qu’ils pouvaient me la négocier à 70 000 FCFA et me la remettre immédiatement si je faisais un « geste ». J’ai payé les 70 000 FCFA. Pour n’avoir pas compris ce que « faire un geste » signifiait, ils m’ont demandé d’attendre le « chef ». Comme celui-ci avait « bougé », je n’ai pu me procurer la photo du « président de la République » que deux jours après.

Il m’a ensuite été exigé une autorisation du ministère avant d’entreprendre une quelconque activité. L’autorisation devait être signée depuis Brazzaville par le ministre en personne, quel que soit le coin d’implantation de l’entreprise en création. Dans l’un des bureaux du rez-de-chaussée qui m’était indiqué pour commencer à effectuer mes formalités, un espace de 9 m² où s’étaient confinés 5 femmes et 7 hommes qui y travaillent de façon permanente, des dossiers papiers entassés à même le sol sous une épaisse poussière, je me suis passé du vacarme assourdissant qui y régnait chacun évoquant qui un problème de deuil dans son quartier, qui un problème de voisinage, qui un problème de mariage, qui un problème de ménage, qui un cas divers… pour me concentrer à l’écoute de la personne indiquée qui venait de me remettre la liste des documents à fournir. Une douzaine de documents techniques et administratifs, 350 000 FCFA de frais d’études et 15 000 FCFA de frais d’enquête. Mais rien de bien grave si les frais d’études faisaient défaut dans l’immédiat. Il y avait possibilité de commencer avec une attestation au démarrage de mes activités, attestation susceptible d’être délivrée le jour même et devant me couvrir pendant un an, à condition de s’acquitter d’une somme de 50 000 FCFA. J’ai payé la somme en échange d’une décharge signée par l’employé au dos de la liste des documents et d’un rendez-vous pour le retrait de l’attestation le lendemain, le temps que le « chef » signe. Le retrait de l’attestation n’a pu se faire que deux semaines plus tard, à la chaise vide de l’employé qui suivait l’affaire lors de mes nombreux passages chaque jour se répétait la même réponse : « le chef a bougé ». Il m’a été signifié le jour de la visite sur le terrain qu’il me fallait verser au ministère une taxe mensuelle correspondant à 10% de la recette mensuelle (bonjour courage !). Toutefois, comme c’est encore le démarrage, la Direction régionale aurait la prérogative de décider d’accord partie avec moi d’une taxe forfaitaire, qu’en plus les frais des déplacements de l’employé lors de ses différents contrôles sur le terrain n’étaient pas conventionnels, ce serait à moi de voir ! « Affichez cette attestation au mur pour vous prémunir des pickpockets (militaires, gendarmes, policiers, contrôleurs des impôts, autres agents de l’État) qui sillonnent partout pour racketter les commerçants », m’a conseillé l’employé du ministère. Reste à constituer le dossier définitif.

Attestation du ministère à la main, je me suis présenté au Centre des formalités administratives des entreprises (CFE) pour me faire établir le Registre du commerce. Accueilli dans un bureau de 24 m² que se partagent 5 femmes et 4 hommes, des dossiers papiers rangés au sol, une liste d’une dizaine de documents à fournir m’a été remise dans laquelle figurait une taxe unique de 100 000 FCFA de création d’entreprise. Mais il fallait payer en plus et dans l’immédiat la somme de 50 000 FCFA pour me faire délivrer dans l’après-midi un Extrait de registre du commerce et du crédit mobilier. J’ai payé les 50 000 FCFA sans qu’il ne me soit donné de reçu ni de décharge. Le « chef » ayant « bougé » chaque jour lors de mon passage, l’extrait n’a pu être délivré qu’au bout d’une semaine. « Cet Extrait vous servira pour lancer votre activité et vous protéger contre les pickpockets de l’État qui sont omniprésents dans la zone », m’a rassuré l’employée du CFE. Reste à constituer le dossier définitif.

Mes activités n’étaient pas encore lancées que j’ai « osé » me présenter à la Direction des impôts pour en savoir de ce que cela me coûterait en termes de patente, licence ou autres taxes. Tels des démarcheurs en quête de la clientèle, hommes et femmes employés des impôts attendaient dans le hall du bâtiment l’arrivée d’éventuels contribuables. J’ai été pris en charge depuis l’entrée du hall par une dame qui m’a conduit dans son bureau de 8 m² qu’elle partage avec 2 autres femmes et 2 hommes, des dossiers papiers rangés dans un armoire commun placé dans le couloir. Après avoir rempli le Bordereau de versement, elle m’a prié de l’accompagner auprès du directeur qui, seul, devait évaluer le montant de la taxe à payer. Curieux de me voir, le directeur a cherché à savoir auprès de la dame si je m’y étais rendu sous « contrainte » à la suite d’un contrôle par les inspecteurs des impôts, ce qui n’était pas le cas, les activités n’ayant même pas encore commencées. Il m’a alors remercié et m’a félicité pour mon civisme : « il n’est pas donné à n’importe quel Congolais de se présenter librement aux services des impôts pour déclarer son activité » a-t-il commenté. Qu’à cela ne tienne et comme je n’étais qu’en phase de projet, il m’a demandé de verser la somme de 100 000 FCFA d’Impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP) plus 72 000 FCFA de patente par anticipation, soit un total de 172 000 FCFA du fait de ma bonne foi au lieu de 350 000 FCFA si je m’y étais contraint. Et le directeur de conclure : « prenez garde contre les pickpockets de l’État, vous devez leur exiger une Lettre de mission à chaque passage ! » Le Bordereau de versement signé m’a été remis en échange du paiement avec à la clé la promesse d’une Quittance qui me serait délivrée le lendemain après la signature du « chef ». Sans compter que le jour même, l’annonce du décès par accident de l’une des collègues venue de Brazzaville en week-end à Pointe-Noire aurait terriblement attristé le « chef » au point de le plonger dans l’incapacité de signer le moindre document déposé sur son bureau. Je suis donc rentré à Paris après trois semaines d’attente de la signature sans avoir jamais vu la couleur de la Quittance des impôts.

Absence de volonté politique et non de moyens économiques

Si, de manière générale et par la technique de délestage, des quartiers entiers sont laissés dans le noir et la soif par manque d’électricité et d’eau courante, les techniques de barrières policières et de péage consistent, elles, à engraisser les virtuoses du régime en extorquant de l’argent à la population au nom de la loi pour compenser la non-redistribution du revenu pétrolier devenu propriété privée du clan au pouvoir. Des points de pillage officiels sont donc installés dans l’ensemble et à la périphérie de la ville de Pointe-Noire. Le quartier Ngoyo, par exemple, situé en pleine ville de Pointe-Noire, a été divisé en deux par le système de péage qui contraint tout automobiliste petit gabarit de s’acquitter d’une somme de 500 FCFA, 1000 FCFA aux automobilistes grand gabarit à chaque passage-allée et d’une somme équivalente à chaque passage-retour : 100 fois vous y passez dans la journée, 100 fois vous payez ; 100 fois vous y retournez, 100 fois vous payez.

À 1 km du péage de Ngoyo sur la route de la frontière, gendarmes et policiers s’alternent chaque jour, du lundi au samedi, de 7h00 à 18h00, sur un point de pillage d’automobilistes en règle ou non (ils trouvent toujours une raison). Une fois le sifflet retentit, vous glissez dans le dossier réclamé la somme allant de 2 000 FCFA à 10 000 FCFA si vous voulez éviter de payer jusqu’à 10 fois plus ou de voir votre voiture embarquer à la fourrière. Le vol est officiellement organisé d’autant que le total de la somme d’ordre macroéconomique extorquée dans la journée est réparti entre le « chef » resté dans son bureau et les « pilleurs d’État » qui opèrent sur le terrain. Rien de surprenant si la cotisation individuelle au sein de la tontine des policiers de Pointe-Noire s’élève à 25 000 FCFA par jour. Allez-y comprendre, vous qui connaissez le niveau des salaires des fonctionnaires congolais ! Le régime de Brazzaville est parfaitement au courant de ces pratiques des brigands d’État pour ne pas dire qu’il en est le principal instigateur. Mais qui reprocherait à un père malfrat de fermer les yeux face à ses enfants pickpockets ? Les exclus du butin se livrent quant à eux à la débrouillardise comme ils peuvent. C’est ainsi qu’on nomme « emplois de Sassou » la vente à la sauvette pratiquée dans les rues de Pointe-Noire par les « pâyets-pâyets, lire paillets paillets ».

Du fait de la bonne gestion

Il s’agit en réalité de mettre la main dans la poche pour la tendre aux pickpockets de l’État qui sont positionnés aux points de pillage respectifs, points de pillage organisés en fonction de l’activité de chacun, du chef de l’État lui-même (son point de pillage s’appelle puits de pétrole) au plus petit voleur de la rue en passant par le haut fonctionnaire (Trésor public), le directeur général (entreprise) ou l’employé de bureau (petits papiers).

Face aux Congolais qui travaillent bien (rares mais il y en a !), il est quand même conseillé de bien comprendre le sens des mots et d’en maîtriser le vocabulaire officiel pour éviter d’être surpris ou envoyé au cran supérieur voir le « chef » avec le risque que celui-ci ait « bougé ». « Faire un geste, faire quelque chose, voir le cas du colonel X ou du général Y, veiller au dossier du chef, etc. » sont autant d’expressions dont il faut comprendre le sens pour mieux opérer au Congo Brazzaville.

Nous avons tous du pain sur la planche pour remettre le Congo sur les rails mais il le faut : c’est notre devoir car ce pays n’est pas un héritage de nos ancêtres mais nous l’avons emprunté de nos enfants !

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3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 09:33
Congo-Brazzaville : M. Sassou Nguesso et son régime ne reconnaissent pas la compétence de l'ONU

Pour mémoire, en août 2013, les services de Jean-François Ndengué, sur ordre express de M. Sassou Nguesso, opéraient des rafles à Pointe-Noire et les membres du CDRC furent arrêtés et embastillés avec pour seul motif d'avoir manifesté pacifiquement et demandé la mise en place d'un gouvernement d'union nationale.

En novembre 2014, le Groupe de travail de la Commission des Droits de l'Homme des Nations Unies émettait un Avis sur la détention arbitraire des membres du CDRC et demandait leur libération immédiate en plus de leur indemnisation.

Le 31 août 2015, s'est tenue, à Brazzaville, une réunion au Ministère de la Justice et des Droits humains (Chancellerie) autour de laquelle se sont retrouvés M. Alphonse Dinar MOBANGA, Directeur de Cabinet du Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et des Droits humains et la Représentation permanente de l'Union Européenne au Congo, entre autres.

La réunion avait pour objet : la libération des prisonniers politiques détenus arbitrairement, notamment ceux du C.D.R.C. de M. Modeste BOUKADIA, conformément à l'Avis du groupe de travail de l'ONU sur la détention arbitraire des membres du CDRC.

Au cours de la réunion, le Directeur de Cabinet du Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et des Droits humains, M. Aimé-Emmanuel YOKA, a marqué son étonnement, et a voulu savoir pourquoi l'ONU et l'Union Européenne s'occupaient directement du dossier de ces prisonniers politiques ?

S'agissant de l'Avis des Nations Unies, il a simplement dit, publiquement :

- « le Gouvernement congolais, présidé par M. Sassou Nguesso, ne reconnaît pas la compétence de l'ONU sur ce qu'il se passe au Congo-Brazzaville ».

Par cette réaction, il convient de remarquer ici et noter que le régime dictatorial de M. Sassou Nguesso se trouve donc le dos au mur, quant au respect des Droits de l'Homme et aux enlèvements et séquestrations des citoyens congolais opérés par lui. Il est pris la main dans le sac. C'est une signature !

- « Quant à l'avis des Nations Unies, nous ne le reconnaissons pas. Ils n'ont pas voulu faire appel de leurs condamnations, maintenant on nous parle de l'ONU… Pourquoi M. Boukadia n'a-t-il pas écrit pour solliciter un non lieu ? »

L'ignorance et aussi l'incompétence du Directeur de Cabinet de M. Yoka sont telles qu'il oublie qu'en matière judiciaire l'appel n'est pas obligatoire, surtout lorsqu'il s'agit d'un procès politique inique pour des motifs bidons et donc, en conséquence, on interjette pas Appel lorsque le procès et la condamnation sont arbitraires.

- « Pour ceux qui sont malades, nous allons nous en charger… »

C'est ce qu'on verra quand on sait le cynisme, le caractère criminel des système et régime de M. Sassou Nguesso !

- « Quant à ceux qui ont totalisé leurs peines, ils doivent écrire à l'Administration pénitentiaire de Pointe-Noire pour chercher leur libération... ».

Pour être libéré de son emprisonnement, cette tâche revient à l'institution qui a pris la décision d'embastiller le citoyen. C'est à la Chancellerie qu'il revient de prononcer la libération du condamné, la gestion de ces dossiers étant à sa charge pleine et entière. A se demander s'il y a des Juges des Libertés et/ou d'application des peines devant faire le suivi quotidien de tous les détenus et condamnés dans le pays ! Comme quoi, la justice ethno-tribalo-clanique n'a pas de loi, en dehors de l'application des us et coutumes traditionnelles ethno-tribalo-claniques en vigueur dans le pays sous le règne clanique de M. Sassou Nguesso.

Dernièrement à Genève (Suisse), au Siège de la Commission des Nations Unies pour les Droits de l'Homme, le Congo avait déclaré qu'il n'y avait pas de prisonniers politiques dans le pays. Cependant, les becs se sont cloués dès que la Commission des Droits de l'Homme avait présenté l'Avis des Nations Unies concernant les prisonniers politiques congolais, notamment ceux du CDRC.

Il convient de noter que le Congo est membre des Nations Unies et préside en ce moment la Commission des Droits de l'homme de l'ONU. Quel paradoxe !

Au moment même où nous écrivons ce document, nous apprenons qu'un des membres du CDRC, M. Valentin TSIAKAKA, arbitrairement embastillé à Impfondo, serait très gravement malade… Il a été empoisonné, conformément au mode opératoire de M. Sassou Nguesso. Il s'agit en effet, souvenez-vous-en, du père de Modeste BOUKADIA, ce bébé âgé de 8 mois qui avait été emprisonné avec sa mère pour délit d'homonymie avec M. Modeste BOUKADIA, le président du CDRC. Malgré le fait que la vie de l'otage TSIAKAKA soit profondément menacé, et donc en grand danger de mort, le gouvernement de M. Sassou et les Services de M. Emmanuel Yoka refusent de le transférer dans un hôpital pour le faire soigner dignement. Sa vie est donc livrée aux caprices de M. Emmanuel YOKA, Député de Vindza (région du Pool) et Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits humains (Mbochi de la région de la Cuvette, oncle de Sassou Nguesso).

Peuples et amis du Congo, vous pouvez mesurer le degré de cynisme, de barbarie et de bestialité incarnées par les système et régime de M. SASSOU NGUESSO et son oncle M. Aimé-Emmanuel YOKA. Incapables de bien diriger le pays de façon démocratique depuis près de 40 ans, un pays où il n'y a même pas d'eau potable ni d'électricité, M. Sassou et son oncle, M. Yoka, ne trouvent comme méthode et moyens pour se maintenir au pouvoir que l'intimidation, la violence, les prises d'otages et les crimes tous azimuts.

Les Peuples du Congo-Brazzaville remercient vivement celles et ceux qui ont aidé, en ce jour du 5 juin 1997, au catapultage du monarque d'Oyo, à Brazzaville, par le bout d'un canon français de la Droite dite républicaine, avec le concours et l'appui logistique du président Jacques Chirac, Jacques Foccart et d'autres éminents Faucons du RPR/UMP…, etc.

L'EQUIPE DU RESEAU CONGO-MFOA

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 15:30
Congo-Brazzaville : Sassou Nguesso au coeur d'un scandale à Washington

Par Rigobert Ossebi -

A part ses éternels réseaux françafricains de Droite, comme de Gauche, Denis Sassou Nguesso est catalogué « infréquentable » quasiment partout dans le monde. Aujourd’hui, le dictatueur de l’Alima est au cœur d’un scandale qui vient d’éclater à Washington.

La chaine de télévision ABC News a révélé des e-mails de 2012 déclassifiés par le Département d’Etat qui mettent en lumière les conférences lucratives que Bill Clinton accorde à travers le monde. Durant le temps que son épouse Hillary Clinton était Secrétaire d’Etat, Bill Clinton, l’ex-Président, aurait reçu près de 48 millions de dollars (24 milliards de FCFA) pour ses prestations. Néanmoins celles, objet du scandale, sont les conférences auxquelles il voulait participer et pour lesquelles le Département d’Etat n’a pas donné son feu vert : en Corée du Nord et au Congo Brazzaville. Deux pays que le média américain montre comme les pires dictatures. Kim Jong-Un et Sassou Nguesso sont mis dans un même sac !

Pour la Corée du Nord, Bill Clinton sans discussion en avait accepté le refus. Pour le Congo, sa présence au Forum Forbes Africa organisé par Lucien Ebata, et ses partenaires, était trop juteux pour ne pas insister. C’est ce qu’il fit effectivement. Les e-mails du Département d’Etat montrent que les intermédiaires mandatés par Lucien Ebata ont mis une pression maximale dans leurs demandes. Malgré tout, Cheryl Mills, la Directrice de Cabinet de la Secrétaire d’Etat, les avait rejetées sans la moindre ambigüité.

L’ex-Président proposa alors que le juteux contrat de 650.000$ tous frais payés (y compris le transport en Jet privé) revienne intégralement à une œuvre caritative : « La Clinton Fondation » ! Cela fut rejeté également. Côté américain, c’est une tempête dans un verre d’eau ! Bill Clinton ne s’est pas rendu en Corée du Nord, ni à Brazzaville et rien ne pourrait être reproché à Hillary Clinton.

Celui qui fait, et fera, les frais de cette affaire est bien Denis Sassou Nguesso, (avec son voisin Joseph Kabila, épinglé lui aussi parce qu’il y était également invité). Il est maintenant désigné aux Etats Unis comme un des pires dictateurs de la planète alors qu’apparaissent de plus en plus de dossiers économiques liés au pillage qu’il fait subir à notre pays. Sa mégalomanie pathologique apparaît en même temps qu’il est rejeté à Washington tant par les Démocrates que par les Républicains.

Dans le contrat que Lucien Ebata avait proposé à Harry Walker (http://www.harrywalker.com/ ,) l’agent de Bill Clinton, figurait l’article : « Demande spéciale : comme vous le verrez dans l’agenda ci-dessus, ils veulent faire un compliment au Chef de l’Etat. Ils nous ont dit que c’était une partie obligatoire de l’offre. »

A tous ceux qui ne l’avait pas encore compris, le tyran mégalomane est dérangé au point que ses invités de marque doivent contractuellement lui faire des compliments ou son éloge (page 3 de l’e-mail « Special request »). Le dictateur congolais n’a plus rien à envier à son homologue coréen, Kim Jung-Un !

Durant quatre années, orchestrés par Stéphane Fouks, le grand communiquant d’Havas, avec pour donneur d’ordre Lucien Ebata d’Orion (comme il apparait dans l’e-mail adressé au Département d’Etat) des personnalités internationales n’ont eu qu’à s’abaisser devant Sassou Nguesso pour ramasser le tas de billets qui leur était destiné. Chacun y allait de ses félicitations et de ses louanges contractuelles afin d’empocher la grosse prime de la honte, dans un pays martyrisé par un dictateur ignoble, sans scrupule et sans pitié.

Dernièrement pour l’édition 2015, l’ancien Commissaire Européen, Manuel Barroso s’est soumis à ce rituel indécent en compagnie de Mario Monti, ancien Premier Ministre italien, Guy Verhofstadt (un habitué), ancien Premier Ministre belge, Shimon Peres, ancien Président israélien et Prix Nobel de la Paix, Alassane Ouattara, le Président ivoirien, Aleksander Kwaéniewski, ancien Président de Pologne, Paul Krugman, Prix Nobel d’Economie en 2008, entre autres participants.

Combien tout cela a-t-il pu être facturé à la République du Congo, sur la base d’une proposition à Bill Clinton de 650.000$ (350 millions de FCFA) sans compter tous les frais annexes, avec les commissions des agences intermédiaires ?

Chaque édition a dû aisément coûter 6 à 8 millions de dollars. Il y en a eu quatre au total. Une bonne trentaine de millions de dollars, pour satisfaire l’ego démesuré d’un piètre homme d’Etat qui n’a cherché qu’à se grandir en faisant de certaines personnalités internationales ses obligées ; au lieu d’assurer le minimum dont a besoin le peuple congolais.

Jean Yves Le Drian, le ministre français de la Défense, s’était bien gardé cette fois de venir monter à la tribune. Seule parmi les ex-ministres (de Gauche) Yamina Benguigui conserve ses habitudes alimentaires à Brazzaville et l’on avait pu remarquer un nouveau venu, Jean-Louis Guigou, époux de l’ex-Ministre Elisabeth Guigou. Les Copé, de Villepin, Raffarin, et même l’ancien-Président Sarkozy quant à eux évitent soigneusement l’infréquentable Sassou Nguesso

Cette affaire révélée par ABC News a le mérite de mettre en lumière le fonctionnement de l’entreprise de Monsieur Lucien Ebata : payer à prix d’or les prestations de personnalités internationales sur le déclin. Contre une présence de quelques heures sur le territoire congolais et un discours de quelques minutes des fortunes changent de mains ou de comptes. Cela pour donner au vieux dictateur, qui tente par tous les sales moyens de se maintenir au pouvoir, l’illusion qu’il est honoré et reconnu.

En réalité, il est devenu la risée de toute l’Afrique. Ceux qui lui soutirent le plus d’argent sont ceux qui se moquent le plus de lui. Cette farce pitoyable prendra bientôt fin !

Rigobert OSSEBI

(Extrait de congo-liberty)

Source:http://abcnews.go.com/Politics/bill-clinton-sought-state-department-paid-speeches-related/story?id=33369277

Congo-Brazzaville : Sassou Nguesso au coeur d'un scandale à Washington
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