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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 11:31
(Françafrique) De la Côte d'Ivoire au Gabon, la françafrique craque : AFRICA

De la Côte d’ivoire au Gabon, la francafrique craque :: AFRICA -


Des opinions embarrassées et contradictoires sur le conflit électoral au Gabon traversent les milieux progressistes africains. Les uns appellent à en finir avec la dynastie Bongo et les autres se méfient de Jean Ping qui fut membre de la garde rapprochée de feu Omar Bongo. La manipulation de la "gabonité" qui rappelle l’ethnicisme politique qui a marqué les affrontements électoraux en Côte d?Ivoire ajoute à la confusion. Mais quels sont les enjeux pour l’Afrique et les peuples d’Afrique qui se cachent derrière les apparences trompeuses du conflit électoral au Gabon ? Quelles sont les contradictions qui agissent sous le spectacle des quolibets polémiques des joutes et luttes politiques dans ce pays qui fut dirigé par l’une des figures les plus marquantes de la Françafrique, le père Bongo ?

#AliBongo L’impérialisme source de l’ethnicisme ivoiritaire et gabonitaire


En Côte d?Ivoire, L. Gbagbo, sans être un chantre de « l’ivoirité », a concilié avec l’ethnicisme ivoiritaire dans le contexte de la partition de fait du pays et d’une rébellion fomentée pour l’empêcher de gouverner et lui imposer le processus électoral piégé qui lui sera ensuite fatal. Au départ le conflit politico-judicaire sur la question absurde et dangereuse de « l’ivoirité » reflète l’incapacité de la classe politique néocoloniale ivoirienne a solutionné la crise économique, sociale et politique née des diktats libéraux du FMI. De façon générale le système néocolonial a fait se succéder des dictatures militaires ou civiles des années 60/70, le « multipartisme des gestionnaires et technocrates » dans les années 80/90, puis maintenant le « multipartisme ethnique, religieux et/ou régionaliste ». C’est ce que confirme le socialiste français Guy Labertit en avouant que « le concept de l’ivoirité est venu de certaines institutions internationales qui ont trouvé cette formule tristement géniale pour répondre à une situation de crise économique en Côte d?Ivoire ». C’est le Journal patronal Français les Echos du 27/12/99 qui montrent l’imbrication totale entre les intérêts de la Françafrique et les contradictions internes en Côte d?Ivoire pour expliquer le coup d’état de « Noël 99 « du Gl Gueï : « Comme le général Gueï, Paris avait pourtant contribué à installer Henri Konan Bédié dans le fauteuil vacant de Félix Houphouët Boigny...parce qu’il risquait de faire voler en éclats la « vitrine » de son pré-carré en Afrique. Parce que l’instabilité politique croissante à Abidjan commençait à porter préjudice aux importants intérêts économiques tricolores dans le pays. La Côte d?Ivoire est le deuxième client de la France en Afrique Noire (5,3 milliards de francs d’achats en 1998). L’Hexagone y détient une part de marché de près de 30%... ».

Comme on le voit le Gabon n’échappe pas à cette stratégie oppressive de l’impérialisme Françafricain notamment. En effet, c’est dans son livre intitulé "Nouvelles Affaires africaines. Mensonges et pillages au Gabon" édité chez Fayard, en octobre 2014 que Pierre Péan, un des experts Françafricain, affirme que M. Ali Bongo ne serait pas un Gabonais d’origine. Aussitôt les transfuges écartés du pouvoir qui forment pour l’essentiel l’opposition gabonaise actuelle en ont fait un discours de campagne en se référant à la constitution gabonaise qui dit que le président de la République doit être un Gabonais de naissance. C’est ainsi qu’est importée de France de toute pièce la pathologie politique de la "gabonité" qui dénie à Ali Bongo d’être le fils de son père tout comme le fait l’opposition Mobutiste à J. Kabila au Congo Démocratique. Il est même organisé le dépistage d’une "légion étrangère" de Béninois qui règnerait sur le Gabon tout comme hier de Burkinabés ou de Maliens en Côte d?Ivoire.

Le nouveau Foccard de la politique africaine de l’impérialisme Français, Albert Bourgi, va entrer en scène comme l’écrit : "Du coup en France, il a été décidé de renouveler le personnel politique en écartant Ali Bongo et Jean Ping a été préparé, puis, à lui, ont été joints Casimir Oyé Mba et l’ex-président de l’Assemblée Nationale du Gabon. Rappelons que toute cette clique de politiciens réactionnaires ont eu à servir et cirer les bottes du père Bongo qui les a fabriqué durant tout son règne. Casimir Oyé Mba fut gouverneur de la BEAC à Yaoundé, il fut d’ailleurs le premier gouverneur noir de cette banque centrale. Jean Ping a été le gendre de Bongo Omar puisqu’il a épousé Pascaline Bongo, celle là même qui du temps du père Bongo controlait tous les marchés. C’est donc une affaire entre beaux parents ?".

Rappelons le précédent génocidaire de l’implication et de la responsabilité de l’impérialisme Français : Au Rwanda, c’est l’impérialisme Français dirigé par le social-démocrate impérialiste Mitterrand qui a formé et préparé le Hutu Power pour la réalisation de ce crime contre l’humanité en terre d’Afrique en 1994 avant de protéger et de exfiltrer les génocideurs au Kivu en République Démocratique du Congo (RDC). Une conclusion s’impose : plus vite les troupes Françaises partiront, plus on peut espérer qu’une telle menace s’éloignera.

L’unité ou la désunion dans les Etats post-coloniaux d’Afrique pour l’impérialisme, c’est selon son intérêt. L’AOF, l’AEF ont été unies sous la domination coloniale et quand il a été question, après le congrès fondateur du RDA à Bamako en 1946, d’aller unis vers l’indépendance, l’impérialisme a balkanisé en créant les actuels Etats en s’appuyant sur des bourgeois compradores, Houphouêt, Senghor, etc., tout en les « unifiant par la monnaie unique le franc cfa avec l’Uemoa et puis dans la Cedeao, et par les accords de présence militaire imposés par la Françafrique.

Pourquoi avoir capturé Gbagbo et cherché à écarter Ali Bongo ?

Ceux et celles qui hier s’étaient laissés abusés par le « tout contre Gbagbo » au nom de la lutte contre le fascisme ivoiritaire ont pu après coup regretter leurs positions naïves au vu des résultats objectifs que cela a produit. Les manigances ouvertement anti-Gbagboistes de l’ONUCI et de l’opération Licorne ont clairement servi le plan des impérialistes d’utiliser les élections pour se débarrasser, puis de capturer et d’embastiller Gbagbo avec en prime le scandale d’un procès où toute l’accusation se révèle un grossier mensonge fabriqué de toute pièce. Le "tout sauf Ali Bongo", si il abouti conformément au plan des impérialistes Français, finira aussi pareillement. A la différence de Gbagbo, Ali Bongo, successeur de son père tout comme le fils Eyadéma, est un élément des réseaux Françafricains. Mais le passage en cours du monde unipolaire dominé sans partage par les USA alliés à l’UE au monde multipolaire fait ses effets. Les pays "émergents" comme la Chine, l’Inde, la Russie, le Brésil, etc, investissent de plus en plus en Afrique où les parts de marchés et la mainmise Occidentale recule sur le plan économique. Les Etats néocoloniaux Africains ont ainsi de nouvelles opportunités de financements et de faire des "affaires". L. Gbagbo envisageait de tourner le dos à la Françafrique, à l’Eurafrique et à l’Usafrique. Ali Bongo lui a choisi de diversifier les relations économiques au point que la Chine est devenue le premier investisseur et partenaire économique du Gabon. Le coup d’état en Centrafrique qui a chassé Bozizé, prélude aux affrontements armés entre milices armées Séléka et Anti-Balakat, a été provoqué parce que la Françafrique perdait des parts de marchés, notamment les contrats sur l’exploitation du pétrole récemment découvert.

Voilà ce qu’évoque un partisan d’Ali Bongo pour expliquer l’opposition de l’impérialisme Français :"Ali ira chercher de nouveaux partenaires, mettant en concurrence des entreprises asiatiques ou nord-africaines avec les entreprises françaises. Il en sera ainsi dans le pétrole dont le Gabon est le quatrième producteur subsaharien, après le Nigéria, l’Angola et le Congo. Ainsi, dès 2009, le chinois Sinopec rachète Addax. Il suffit de voir la nationalité des entreprises qui prospectent actuellement au Gabon pour savoir qu’Ali Bongo cherche une réelle diversification. D’après le Trésor public français, “on recense la présence d’une dizaine de compagnies actuellement en phase d’exploration” et aucune d’elles n’est française. Il y a les entreprises chinoises Sino Gabon Oil and Gas et Sinopec Overseas, la sud-africaine Sasol, les américaines Forest Oil et Anadarko, l’australienne Sterling Oil, la canadienne Canadian national resources, qui a racheté les actifs de Pionner, la japonaise Mitsubishi Petroleum, la britannique Ophir et enfin l’indienne Oil India international. Ali Bongo veut que désormais 40% des recettes du pétrole restent au Gabon, contre 20% auparavant. Dans cet objectif, dès 2010, il crée “la Société nationale de pétrole, dénommée Gabon Oil Company (GOC), dont la vocation consiste à développer les participations de l’Etat gabonais dans le secteur pétrolier”, affirme toujours le Trésor français, qui suit avec beaucoup d’intérêt tous ces changements pas forcément dans l’intérêt des entreprises françaises comme Total, Maurel et Prom. Rattachée à la Présidence de la république, et sous tutelle de la Direction générale des hydrocarbures, la GOC veille au grain, ou plutôt à l’or noir et au gaz. Aujourd’hui, la GOC commercialise directement sur les marchés internationaux 7 millions de barils par mois pour le compte de l’Etat gabonais. Mais ce qui a le plus mis en rogne les groupes français, ce sont les contrôles fiscaux et le redressement qu’ils ont subis. Ainsi, en 2014, le fisc gabonais a réclamé quelques 805 millions de dollars à Total. Ce redressement a fortement détérioré les relations avec cette multinationale qui a bien sûr activé tout ce que la Françafrique compte en réseaux occultes pour résoudre le problème, y compris “à l’amiable”” (Source : afrique.le360.ma).
C’est le parti Socialiste Français lui même qui dévoile son parti pris anti-Bongo dans la crise post-électorale au Gabon comme le démasque le 30 août 2016 Fanny Pigeaud : “Quelle mouche a piqué le Parti socialiste français ? Dimanche, le PS s’est invité dans l’élection présidentielle du 27 août au Gabon en prenant parti contre l’un des candidats, le président sortant Ali Bongo Ondimba, et ce bien avant la proclamation officielle des résultats, d’abord attendue mardi 30 août en fin d’après-midi puis différée. « Alors que les premières estimations indiquent que le président sortant Ali Bongo serait battu au profit de Jean Ping, la sérénité doit présider à l’issue du scrutin », professe le parti dans un communiqué aux accents paternalistes. « Le vote libre des citoyens est l’outil par lequel la démocratie s’exprime et l’alternance, quand ils le décident, doit fonctionner. Voilà pourquoi la démocratie doit triompher au Gabon comme c’est déjà le cas dans plusieurs États et ce mouvement doit s’amplifier. Voilà plus d’un demi-siècle que la famille Bongo gouverne le Gabon. Une alternance serait signe de bonne santé démocratique et un exemple”.

L’autre facteur qui explique une distanciation progressive de plusieurs chefs d’Etats africains vis à vis des USA et de l’UE trouve sa source dans ce qu’on peut appeler le syndrome Libyen, l’assassinat crapuleux de Khaddafi qui a créé la peur sur le mode de ce qui lui est arrivé peut nous arriver. Le chaos qui s’en ait suivi, avec l’expansion des "djihadistes-terroristes" financés et armés par les alliés des Occidentaux que sont les pétromonarchies Wahabites et Salafistes, a été instrumentalisé par l’impérialisme Français pour lancer l’opération d’oocupation militaire de tout le Sahel du Mali à la Centrafrique dénommée Barkhane (dunes de sables qui se déplacent au gré des vents dans le désert) et par l’impérialisme US pour implanter l’USAFRICOM en Afrique. Le cas libyen montre que les impérialistes n’ont pas "d’amis", ils n’ont que des intérêts.

La crise de l’impérialisme parasitaire, décadent et le passage au monde multipolaire

La stratégie guerrière du chaos est la réponse systémique au remplacement progressif du monde unipolaire issu de la défaite du camp socialiste, de l’URSS par le monde multipolaire. Jusqu’à la guerre contre la Libye, y compris au Conseil de Sécurité de l’ONU la dite « communauté internationale » se résumait de fait à l’UE et les USA, lesquels se partageaient les rôles selon leurs intérêts contre le reste du monde. Mais comme on le voit en Syrie et en Ukraine, la Russie et la Chine et les résistances des Etats – Nations commencent à changer cette donne. Du Sahel, au Golfe de Guinée, en Afrique centrale et de l’est, mais aussi au Moyen-Orient, en Asie ex-Soviétique et en Amérique du Sud, le bloc impérialiste décadent et parasitaire USA/UE joue la carte agressive des guerres et des coups d’états (institutionnels ou pas) pour contrôler les sources de matières premières afin de préserver son hégémonie qui perdure depuis 500 ans.

Ces guerres ou destabilisations de conquêtes ou de préservation néo-coloniales du joug Occidental impérialiste rencontrent de plus en plus partout des résistances. C’est l’extension même du domaine des interventions impérialistes, l’USAFRICOM et de l’OTAN, y compris en mer de Chine et dans la péninsule coréenne, pour empêcher l’accès des puissances émergentes non impérialistes aux matières premières qui suscite les contradictions montantes au sein des réseaux Françafricains, Eurafricains et Usafricains.

Cette tendance agressive et déstabilisatrice est aggravée par l’actuelle crise systémique de surproduction du capitalisme. La contradiction entre la socialisation toujours plus poussée de la production, de l’activité économique et l’accaparement privée monopolisée de celle-ci rend de plus en plus insupportable à des millions de travailleurs et de peuples l’exploitation capitaliste et impérialiste.

Le libéralisme est la politique économique du capital pour contrée la loi de la baisse tendancielle du taux de profit des Firmes Transnationales. Tout ce qui de prés ou de loin échappe à cette soumission au libéralisme outrancier est à éliminer parce que le mouvement actuel vers le multilatéralisme est suicidaire pour l’hégémonie Occidentale sur le monde. Or le libéralisme est une politique économique qui livre les économies nationales au pillage des Firmes Transnationales et ne sert ainsi qu’à développer le sous-développement, la dépendance à l’étranger et l’oppression nationale. Ces facteurs sont à la base des contradictions qui minent la remondialisation actuelle du capitalisme entre le centre impérialiste et la périphérie. Il faut situer les crises électorales ivoirienne et gabonaise ainsi que celle qui se profile en RDC dans un tel contexte évolutif. On voit ainsi le système Françafricain craquer de plus en plus sous la différenciation d’intérêts qui s’opère au sein même des clans mafieux qui gouvernent les néocolonies. Les luttes des peuples contre les effets désastreux de la gouvernance libérale viennent bousculer les élites au pouvoir et pousser à des recompositions politiques que les offres d’investissements des pays émergents comme la Chine rendent opportunes.

Les forces progressistes patriotiques, antilibérales et anti-impérialistes doivent profiter de ces contradictions internes au système néocolonial pour frayer la voie à l’alternative populaire et indépendantiste, étape vers le socialisme. Malgré la complexité de la situation, les exemples actuels de la Chine, du Vietnam, de la Corée du Nord et de Cuba montrent que c’est possible.
Le libéralisme a dominé sans partage avant et après la défaite du socialisme durant les 30 dernières années. Puis les pays rescapés du camp socialiste vaincu et d’ex-pays colonisés et dominés ont opposé et opposent le capitalisme d’état (plus la planification d’état dans le cas des ex-pays du camp socialiste) au libéralisme dominant comme politique et stratégie économique qui indéniablement leur permettent de sortir du sous développement. C’est le cas des pays de démocraties populaires comme la Chine, le Vietnam, Cuba et la Corée du Nord dans lesquelles cohabitent différentes formes de propriétés mais avec comme secteur stratégiquement dominant les secteurs socialistes et capitalistes d’état contrôlés par un Parti Communiste au pouvoir.

Cet anti-libéralisme appuyé sur la réaffirmation de la souveraineté nationale et populaire explique le caractère progressiste, anti-libéral et anti-impérialiste des pouvoirs patriotiques au Venezuela, en Bolivie, en Equateur, au Nicaragua, au Salvador, au Brésil (de Lula, Dilma), l’Inde, la Russie, etc.

Force est aussi de constater que même les pays capitalistes « classiques » comme l’Inde, le Brésil et la Russie, etc., utilisent aussi le capitalisme d’état pour aller de l’avant sur le plan économique. C’est là la nouvelle configuration évolutive des contradictions actuelles capital/travail, impérialisme/peuples opprimés et même capitalisme/socialisme (objectif déclaré par les expériences Chinoises, Vietnamienne, Nord Coréenne, Cubaine en cours).

Bien entendu comme le montre le coup d’état institutionnel contre Dilma Roussef ces expériences patriotiques alternatives au libéralisme en cours n’échapperont pas à la question fondamentale que la vie elle même posera tôt ou tard : QUI L’EMPORTERA au sein de chacun de ces pays entre anti-libéraux et libéraux soutenus par les impérialistes, entre Socialisme et Capitalisme, entre le PC et les forces du capital interne et externe ?

LIRE LA SUITE : http://www.camer.be/54838/30:27/de-la-cote-divoire-au-gabon-la-francafrique-craque-africa.html

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28 juin 2016 2 28 /06 /juin /2016 22:44
(Françafrique/Tchad/Afrique/) LE TÉMOIGNAGE A CHARGE DE NGARLEJY YORONGAR : UN LIVRE TERRIFIANT QUE DEVRAIENT LIRE MACKY, HOLLANDE...ET DIOR DIAGNE

Dans notre carrière de journalistes, il nous est arrivé de lire beaucoup de livres et de documents sensibles, mais c'est la première fois que nous sommes confrontés à un ouvrage au contenu aussi insoutenable. Le livre du Tchadien Ngarlejy Yorongar restera sûrement dans les annales comme l'un des plus macabres tant est que son récit sort de l'ordinaire.

Nous avons reçu le document vers la fin du procès d'Hissène Habré et nous avons pris tout le temps nécessaire pour le lire et le décortiquer. L'auteur y détaille des exactions, des scènes d'une horreur insoutenable commises au Tchad par les différents leaders politiques et militaires. Celui qui est chargé par l'auteur est Idriss Déby, l'actuel Président Tchadien.

Nous reviendrons aussi sur des aspects qui interpellent tous nos chefs d'Etat concernant cette grosse nébuleuse appelée Françafrique. Dans ce premier jet, nous vous proposons l'avant-propos, tout en attirant l'attention sur le caractère violent de certains passages...

Avant - propos

Ce livre n’est pas un livre ordinaire. C’est une longue lettre adressée au Président du Tribunal de Grande Instance de Paris que je fais éditer. Il se veut donc un témoignage à charge du plaignant, Idriss Déby, et à décharge des prévenus, MM. François-Xavier Verschave et Laurent Beccaria, qui ont eu pour défenseurs Maîtres William Bourdon, Antoine Comte, Francis G. N’Thépé et Vincent Toledano.

Le plaignant prétend avoir subi un outrage en contestant la véracité des informations et des accusations portées à son encontre par M. François-Xavier Verschave dans son ouvrage Noir silence. Qui arrêtera la Françafrique ? Paris, Les arènes, 2000, 598 p. Je tiens à la disposition du Tribunal un CD-ROM prouvant les massacres d’hommes, de femmes et d’enfants innocents au Tchad, une cassette vidéo des victimes d’Idriss Déby, des copies de rapports des associations des droits de l’Homme au Tchad et une copie de la pétition de soutien qu’ont signée en une dizaine de jours 1 995 Tchadiens, sans exclusive (cadres supérieurs, hommes et femmes d’affaires, commerçants, leaders et hommes politiques, personnalités politiques et de la société civile, élèves et étudiants, artistes, artisans et paysans, chauffeurs et mécaniciens, paysans, chômeurs) pour soutenir François-Xavier Verschave et Laurent Beccaria.

Le compte-rendu des audiences est paru dans Noir Procès (mai 2001, Les arènes).

La loi n° 029/PR/94 portant code de la presse a rapporté les dispositions de la loi n° 17-51 relatives à l’offense au chef de l'État.

Pour ce faire, il a, par sa défense (Maîtres Jacques Vergès, Dior Diagne et Luc Brossollet), attrait l'auteur et son éditeur pour "outrage à chef d'État étranger", devant le Tribunal de Grande Instance de Paris parce qu’il est qualifié de « criminel invétéré, d’assassin, de tueur, de terroriste, de pilleur, de goulu ayant des pratiques prédatrices, de dictateur, de corrupteur et de corrompu, de chef de clan, de parrain, etc. »

Le procès s'est déroulé du 28 février au 7 mars 2001 devant la 17ème Chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Paris. Idriss Déby a finalement été débouté de sa plainte, le 24 avril 2008.

L'outrage prétendument subi par le plaignant a été décrit, à l’époque, par l’article 48-5 de la loi française du 29 juillet 1881 sur la presse. Les dispositions de cet article sont, aujourd’hui, désuètes et contraires à la Convention européenne des Droits de l'Homme. Bien mieux, l'article 69 de la loi tchadienne de 1960 relative à l’offense au chef d’État tchadien est purement et simplement rapporté par la loi de 1949.

Le jugement rendu par le Tribunal ne concerne que la forme. Au moins, l’un des régimes les plus sanglants et les plus corrompus de l’histoire politique d’Afrique incarné par Idriss Déby a perdu cette bataille-là. De même, au regard des preuves qui ont convaincu le Tribunal de Grande Instance de Paris, je présume qu’il perdra également ce procès qu’il a intenté en appel.

En tant que militant des droits de l’Homme et des libertés, et député à l'Assemblée nationale du Tchad, j'ai été cité par les prévenus pour la manifestation de la vérité. Alors que je venais de perdre, en janvier 2001, l’usage de mes deux jambes à la suite des tortures maintes fois subies le 3 juillet 1996, j’ai, au cas où je ne pourrais pas me présenter à la barre, adressé ce témoignage écrit au Président du Tribunal de Paris. Ce témoignage est écrit sur mon lit de malade à N’Djaména. J'ai tenu, ainsi, à reproduire ici l'intégralité de cette lettre enrichie et étayée par des pièces à conviction10 sur mon lit de l’hôpital Pitié-Salpétrière où j’ai été admis, grâce à une prise en charge de l’Assemblée nationale française, ce dont je la remercie de tout coeur. Je profite de l’occasion pour remercier le professeur Pierre Bourgeois et son équipe du service de rhumatologie notamment Dr Etchepare chef de la clinique, Dr Rabiah interne des hôpitaux… qui m’ont restitué l’usage de mes deux jambes.

C’est sur le lit de l’hôpital Pitié-Salpétrière où j’étais hospitalisé pour faire soigner la sciatique qui m’a fait perdre l’usage de mes deux jambes, que j’ai décidé d’enrichir cette lettre et de la publier sous forme de livre.

Mes remerciements vont également à Mme Delphine Tarem Ndoubanadji, kinésithérapeute, Dr Djaïbé Ngombaye et Dr Noël Djémadjiodjiel de N’Djaména, Patrice Faure, Mireille Joussemet les équipes médicales du Centre Primo Lévi et de AVRE, le Dr M.-L. Sari-Leret, qui m’ont prodigué gratuitement les premiers soins.

Les lecteurs découvriront dans ce livre des exemples précis pour étayer mes propos : des dates, des noms des victimes et ceux de leurs bourreaux, des villages dans lesquels ont lieu chaque acte de génocide et chaque massacre. Ils verront défiler, vivront et apprécieront, à partir de ces quelques exemples triés sur le volet, l’ampleur de la terreur d’État traduite par :des personnes précipitées des avions en plein vol (MM. André Goldoum, sous-préfet de Mbaïnarmar ; Dr Mandekor Barck, chirurgien-dentiste ; Djérang Julien, ancien parlementaire ; Djingambaye, sous-préfet de Kélo, etc.), gazées ou obligées de boire de l’acide ; des génocides, maintes fois, répétés, afin de casser toute velléité de résistance (personnes ligotées, mises dans des sacs et jetées dans des fleuves ; égorgées, grillées au feu et données aux chiens, ou aux cochons comme à Moundou en octobre 1997, etc.); des femmes enceintes égorgées, les bébés qu’elles portent dans le ventre extraits et égorgés dans le but de céder aux rites et sacrifices humains (Mme Mannodji à Kaga situé à 35 km de Moundou, etc.) ; du piment, de l’électricité ou du canon de pistolet dans les parties intimes (cas de Mme Daoud, M. Batit, etc.) ; des langues coupées comme à Abéché en 1973, ou des sexes brûlés comme cette épouse d’un rebelle du Guéra; l’emprisonnement des petits enfants (Irène Rémadji Ngarnaïndoro, âgée de deux ans, baignée dans le sang de ses blessures, est enfermée sans soins dans une cellule du commissariat central avec des bandits de grand chemin) ; des viols de vieilles femmes et de gamines (cas de Mlle Soumian à Mbikou) ; des enlèvements de fillettes pour céder aux fantasmes (fillette d’Atchoum par Idriss Déby en personne, etc.); des massacres massifs et collectifs dont quelques exemples sont décrits dans cet ouvrage (Kouh-Mouabé, Bodo, Goré, Béboto, Doba, Sarh, Abéché, Goz-Beida, Ati, Bokoro, Bitkine, Mongo, Mangalmé, etc ; des crimes économiques traduits par des détournements et des pillages systématiques des deniers publics et des biens des Tchadiens par le clan et la famille (CotonTchad, STT, Sonasut, Sotera, Sonapa, ONPT, Air-Tchad), etc.

Tout ceci est passé sous silence malgré les dénonciations des ONG des droits de l’Homme et des partis politiques aux représentants de la communauté internationale, notamment la Banque mondiale, l’Union européenne, le PNUD, les ambassadeurs des USA, de France, de Libye, etc.

Quand Idriss Déby renifle l'odeur du pétrole tchadien, tout est permis y compris les actes de génocide, les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre, les carnages, les barbaries, les massacres massifs et collectifs, les viols et enlèvements, les crimes économiques.

Mon itinéraire et mon combat contre toutes ces dictatures civiles et militaires, pour la démocratie et la paix dans mon pays, ravagé par plus de quarante-et-un ans de guerre fratricide, sont retracés et racontés dans cet ouvrage.

J'en appelle aux plus hautes autorités de l’Union européenne et de l’Organisation des Nations-unies (ONU) pour une nouvelle lecture de leur coopération économique et politique avec l’Afrique et particulièrement avec mon pays : les conventions internationales, notamment la Déclaration universelle des Droits de l’Homme et l’accord de Cotonou, leur donnent ce droit. De tout mon coeur, j’en appelle également aux hautes autorités américaines et surtout françaises fortement impliquées en Afrique pour une coopération à visage humain, car le troisième millénaire de la démocratie et des droits de l’Homme, fêté et chanté à grand renfort de publicité, l’exige.

M. Kofi Annan, Secrétaire général de l’Organisation des Nations-unies (ONU) et africain de son état, doit amener la communauté internationale à être plus attentive aux cris pathétiques des veuves et des veufs, aux lamentations quotidiennes et assourdissantes des orphelines et des orphelins, aux soupirs, sans cesse répétés des mères et des pères d’innocentes victimes. Il doit faire bannir dans le vocabulaire des Nations-unies l’expression « deux poids, deux mesures », quand il s’agit de situations identiques dans le monde. Ceci étant, le président Noriega, bien qu’en exercice, n'a-t-il pas été arrêté dans son pays, transféré aux États-Unis, jugé et condamné pour trafics de drogues, de fausse monnaie et blanchiment d’argent sale, alors qu’Idriss Déby, coupable des mêmes crimes, ne l’est pas ? Pourquoi Milosevic a-t-il été arrêté et transféré à La Haye (Pays-Bas), pourquoi est-il en train d’être jugé par le TPI pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre alors qu’Idriss Déby, coupable des mêmes crimes, continue tranquillement de génocider et de massacrer les Tchadiens ? Pourquoi appliquer les lois et conventions internationales aux uns et pas aux autres ? Autant de questions auxquelles les Africains attendent des réponses de la part des grands de ce monde.

En ce début du troisième millénaire des mutations et des droits de l’Homme, il faut, de toute urgence, une nouvelle lecture des rapports entre les pays du Nord et ceux du Sud. C’est pourquoi, j’ai décidé d’être critique à l’égard des grands de ce monde, en racontant la tragédie tchadienne dans ses détails et révélant crûment des faits dont ils sont coauteurs et/ou complices, afin de leur montrer combien ils font du mal aux Africains, notamment aux Tchadiens.

Pour ce faire, j’invite les chefs d’État du G7 à revoir profondément leurs rapports avec les régimes infréquentables. Car, des peuples épris de paix, de liberté et de la démocratie ne leur demandent qu’une seule chose : les aider à vivre en paix pour leur permettre de lutter contre les grands maux que sont les maladies, la faim et l’analphabétisme. Le moment venu, l’histoire jugera sévèrement tous ceux qui, de loin ou de près, regardent les dictateurs faire, participent directement ou indirectement à ces actes de génocide, crimes contre l’humanité, crimes de guerre, et/ou cautionnent ces barbaries et crimes économiques. Les exemples de la tragédie cités dans cet ouvrage ont pour objectif de faire éclater la vérité, d’éclairer le Tribunal et montrer aux lecteurs la réalité des faits rapportés par M. François-Xavier Verschave.

En fait je voudrais, par ces quelques exemples, montrer que l’ampleur de cette tragédie tchadienne est autrement inimaginable et plus grave que ne le pensent les observateurs et/ou les spécialistes de la politique tchadienne dans leurs tours d’ivoire et bureaux vitrés.
J’ose espérer que la lecture de ma lettre dont la teneur suit contribuera à apprécier l’ampleur de cette tragédie.

Voici donc, soumis à votre sagacité, le témoignage écrit que j’ai adressé au Président du Tribunal de Grande Instance de Paris.

TRIBUNAL DE PARIS : TEMOIGNAGE A CHARGE, OU L’AUTOPSIE DU REGIME D’IDRISS DEBY ITNO

LE 6 MARS 2001

N’Djaména, le 1er mars 2001
Député Fédéraliste Ngarlejy YORONGAR,
BP 4197 N’DJAMENA (Tchad)
Tél. (00235) 29 49 71 ou (00235) 29 21 41
Tél/Fax. (00235) 51 91 12
E-Mail : yorongar@voila.fr ; yorongar@intnet.td

À Monsieur le Président du Tribunal de Grande Instance de Paris
(à l’attention du Président de la 17ème Chambre correctionnelle)
2/4, boulevard du Palais 75001 PARIS (France)

Objet : Témoignage à charge du plaignant, Idriss Déby, et à décharge des prévenus, François-Xavier Verschave et Laurent Beccaria
Référence : Procès Déby contre Verschave et Beccaria pour « offense à chef d’État étranger ».

Monsieur le Président,
Paralysé par une sciatique invalidante à la suite des tortures que j’ai subies, sur ordre d’Idriss Déby, lors de mon arrestation du 3 au 16 juillet 1996, tortures exécutées notamment par son conseiller spécial, M. Madjimbang Joseph Le Mbaïtelda1, le sous-préfet de Béboudja (et non Bébédjia), M. Ngarboudjim Jacob Médeur, des militants du Mouvement Patriotique du Salut (MPS) comme MM. Dabo Pierre, Ndoussou Djingar Dobéhoudou, Loledé Beuré Silas, etc.
Joseph Madjimbang Le Mbaïtelda est actuellement ambassadeur du Tchad à Kinshasa (RDC).

J’ai l’honneur de vous faire parvenir, au cas où je ne pourrais pas comparaître physiquement à l’audience publique du 6 mars 2001, ce témoignage écrit par lequel je confirme, point par point, les révélations faites par M. François-Xavier Verschave dans son livre Noir silence. Qui arrêtera la Françafrique ?, édité par Les arènes en 2000, révélations considérées par M. Déby comme étant « une offense à chef d’État étranger », alors que ce dernier a abrogé la loi n° 35/INT/DG/60 du 8 janvier 1960 y relative :

« Sont abrogées toutes les dispositions de la loi n° 35/INT/DG/60 du 8 janvier 1960 portant répression des écrits subversifs, de la loi n° 17-61 de février 1961 sanctionnant les offenses au chef de l’État, de la loi n° 6/PR/67 du 8 mars 1968 portant réglementation de la liberté de la presse, de l’ordonnance n° 7/PR/INFO portant statut des journalistes, et toute autre disposition contraire à la présente loi. 1 »

Pour qui, Idriss Déby prend-il le Tribunal de Paris ? Pour des canards boiteux ou sauvages ?

MON IDENTITÉ ET MON ITINÉRAIRE

Je m’appelle Ngarlejy Yorongar2. Je suis âgé de 53 ans, marié et père de cinq enfants. J’ai, durant ma carrière adminis-trative et politique, occupé successivement les postes : d’adjoint au chef du service des Dépenses engagées au ministère des Finances à N’Djaména ; d’adjoint au sous-préfet de Moundou ; de sous-préfet de Mbaïnarmar ; d'adjoint au préfet, puis préfet a.i. du Guéra ; de consultant de première catégorie à l’Organisation de Coopération et de Développement économiques (OCDE) à Paris ; de directeur administratif et financier du Bureau africain des Sciences de l’éducation (BASE) à Kisangani (Zaïre)1 ; plusieurs fois ministre2 ; membre du bureau exécutif de l’Union nationale pour l’indépendance et la révolution (UNIR) ; directeur de l’Institut international des assurances de Yaoundé (IIA)3 ; coordinateur exécutif fédéral de FAR/Parti Fédération4 ; député fédéraliste à l’Assemblée nationale du Tchad ; président de la Fondation pour le respect des lois et des libertés (FORELLI)5 ; directeur des publications La Roue et Le Phare Républicain6, etc.

Lundi 27 Juin 2016

Dakaractu

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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 07:50
[Afrique centrale) Air CEMAC dans les soutes d'Air France

Ainsi, pour assurer l’envol d’Air CEMAC, société aérienne sous-régionale, un partenariat public-privé a été conclu entre celle-ci et la compagnie aérienne française Air France, sur instructions des chefs d’Etat de la CEMAC, lors de la session extraordinaire tenue le 14 juin 2013, à Libreville au Gabon.

Complexe du colonisé

Au terme d'une psychothérapie de groupe poussée, on croyait naïvement que les chefs d’Etat de la CEMAC à la conciliabule de Libreville du 14 juin 2013, tirant les leçons de l’expérience foireuse et scandaleuse d’Air Afrique avec le français Yves Roland-Billecart (mars 1989-février1997) comme PDG, après la gestion chaotique d’Air Afrique par l’ivoirien Aoussou Koffi (1973-1985) et le congolais Auxence Ikonga (juin 1985-mars 1989). On croyait que ces chefs s'affranchiraient du complexe du colonisé qui pousse les plus fébriles d'entre eux à courir après la vague de l’eldorado et du succès industriel français. On aurait cru que ces derniers parviendraient ainsi à rompre leur addiction à la potion prétendument « magique » du druide de la France.

Bref, un magnifique mouvement d'émancipation de l’Afrique francophone vis-à-vis de l’Hexagone adviendraitaprès cinquante ans d’indépendance. Erreur !

C’était sans compter avec ce qu’Albert Memmi appelle « portrait du colonisé » En effet,le sursaut d’émancipation n’a pas eu lieu. Preuve que jamais la colonisation ne s’est mieux porté depuis sa fin, en 1960. La « mère-patrie » continue de chaperonner les membres de son ancien Empire.

Dans la gueule du loup

Les chefs d’Etat de l’Afrique Centrale, pieds et poings liés, ont jeté Air CEMAC dans la gueule du loup dans un secteur oligopolistique et concurrentiel coiffés par American Airline, British Aorways et Lufthansa. Partenaire stratégique d’Air CEMAC, Air France détient 34 % du capital d’Air CEMAC, les pays de la communauté 5 %, la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) 15 %, le reste des parts, soit 46 %, sera réservé au secteur privé ( congosite.com, 27 juin 2013). L’analyse de la composition du capital d’Air CEMAC fait apparaître que la société aérienne française Air France qui n’affiche pas une santé financière mirobolante est majoritaire avec 34 %.

Historique

Air France est fondé en 1933.Ses activités se divisent en trois branches : le transport de passagers (77%), de marchandises (13%) ainsi que de l’entretien et la maintenance aéronautique (4%) et autres (6%). Au travers d’un bref historique, il est possible de relever quelques éléments marquants tel que la fusion en 1997 de Air France avec Air Inter ; en 1999 Air France rentre en bourse. Entre 1999 et 2008, Air France multiplie les alliances, les acquisitions et les fusions (Alliance avec Delta Airline, avec Skyteam ;fusion avec KLM ; acquisition de Martinair ; création d’une division Low cost, Transavia).

Air France a toujours eu une politique d’expansion par ses alliances et ses prises de pouvoirs. La participation de 34 % d’Air France au capital d’Air CEMAC obéit bien à cette logique.

L'enjeu est immédiat: "stopper l'hémorragie" de trésorerie qui pourrait faire sombrer la compagnie tricolore.

Air France, menacée sur son réseau domestique par les compagnies à bas prix et malmenée sur le long-courrier par ses rivales d’Amérique du Nord, d'Asie et du Golfe, est condamnée à faire des économies tous azimuts. Dans ce contexte, Air France a du mal à réduire l'écart de compétitivité avec British Airways et Lufthansa qui dominent le secteur aérien européen.

Bénéfices en chute libre

La situation d’Air France-KLM ne s’est pas arrangée depuis. Le groupe franco-néerlandais a en effet publié ses résultats trimestriels le 2 mai 2013 : s’ils font état d’une amélioration du résultat d’exploitation, la perte nette s’est, elle, considérablement creusé. La perte d’exploitation a en effet été réduite à 530 millions d’euros, contre 611 millions en 2012. Au contraire, la perte nette est passée de 379 millions d’euros à 630 millions d’euros. Air France-KLM a attribué ces mauvaises performances à l’environnement économique mondial, peu favorable (Journal de l’aviation, 3 Mai 2013).

Actionnaire majoritaire d’Air CEMAC à hauteur de 34 % du capital, Air France aura une grande marge de manœuvre dans la définition de la stratégie générale de l’entreprise et du choix ainsi que dans la nomination du PDG et du président du conseil d’administration

Impossible décollage

Dans ces circonstances, comment Air France, en proie elle-même à de graves difficultés financières, peut-elle assurer le décollage de la compagnie aérienne sous régionale Air CEMAC ? l'appareil d'Etat de la CEMAC, constitué des chefs d’Etat biberonnés à la françafrique, a cultivé, en virtuose, un cynique double jeu, soutenant d'une main les populations de la CEMAC en les berçant d’illusions et offrant de l'autre une liberté de manœuvre et de trafics laissée aux managers d’Air France. Au regard du capital, Air CEMAC dont les caisses du trésor des pays membres débordent pourtant de pétro-CFA,ne serait-elle qu’un ballon d’oxygène d’Air France ?

Benjamin BILOMBOT BITADYS

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