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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 19:19
[Congo-Brazzaville] La guerre 1997-2005 ou le retour de Sassou Nguesso

La guerre de 1997-2005 ou le retour de Sassou

Le 4 décembre 2013, avant le Sommet de l’Elysée consacré à la paix et à la sécurité en Afrique, M. Sassou, président autoproclamé du Congo-Brazzaville, accorde une interview à l’Hebdomadaire Paris-Match.

Question de la journailste Caroline MANGEZ de Paris-Match : Vous-même, vous êtes beaucoup impliqué en Centrafrique. Pourquoi ce pays ne parvient-il pas à se stabiliser? Qui sont les responsables de son chaos ?

Réponse de Monsieur Sassou : Ramener ça aux acteurs d’aujourd’hui, c’est faire trop court. Depuis l’indépendance, la RCA a connu un parcours confus, toujours en étroite relation avec la France. Le premier chef de cet état, Barthélemy Boganda, est mort peu après son élection dans un accident d’avion dont les circonstances restent à élucider. Dacko lui succède, vite renversé par le calamiteux Bokassa dont la proximité avec la France n’est pas à démontrer. Le même Dacko est ensuite remis en place à Bangui, déposé par un avion venant de Paris. Un coup d’Etat le balaye, et c’est le général André Kolingba que l’on installe. Lui ne faisait même pas semblant de diriger. Quand nous, chefs d’états voisins, arrivions à l’aéroport, c’est un certain colonel français, Mansion, qui se présentait en short et en chemisette, pour nous accueillir. Puis Patassé a fait son tour, balayé par Bozizé qui avait le soutien de l’armée française… Ce drame dure depuis cinquante ans. […] On s’en prend à l’Afrique parce qu’elle est faible.

Cette réponse appelle quelques remarques. D’abord, il ne répond pas à la question mais il se saisit de ce drame pour régler ses comptes avec Paris par rapport aux dossiers des BMA et des 350 disparus du Beach. Mais aussi, en parlant des coups d’Etat successifs en Centrafrique avec l’aide de la France, il évite ainsi qu’on aborde son propre coup d’Etat du 5 juin 1997 avec l’aide et le soutien de Paris par le biais d’ELF. A moins qu’il souffre véritablement d’une amnésie. Ce qui est grave pour le Congo et aussi pour les partenaires de ce pays. Pourquoi ne dit-il pas que lui aussi ressemble à David Dacko ? Si M. Dacko avait été ramené en RCA dans une soute d’avion français, lui Sassou Nguesso n’a-t-il pas été catapulté au Congo-Brazzaville par le bout d’un canon français sur fond de fleuves de larmes et de sang humain ? Alors, il faut rendre à César ce qui est César. Comme il ne veut pas être reconnaissant vis-à-vis de la France, pour le soigner de son amnésie et de sa sénilité volontaires, voici comment la Droite Républicaine de Jacques Chirac avait soigneusement préparé le retour de Sassou au pouvoir après sa cuisante défaite aux élections réellement démocratiques de 1992.

Génocide et crimes contre l’humanité

A vrai dire, nous nous fions aux révélations de M. Jean-François Probst, dans son livre intitulé : Chirac, mon ami de trente ans. Tout commence en France, à Paris, en 1995, quand Jacques Foccart demande à l’auteur du livre ci-dessus référencé : « Est-ce que vous lui donneriez un coup de main ? ». Le « lui » de Foccart, c’est Sassou Nguesso.

Mais, au Congo, tout commence au cours d'un mois de mai 1997. Je parle de la calamité nationale. Des citoyens congolais sont assassinés à Owando pour une affaire de tipoye. Nous sommes le 9 mai 1997. Le Mbochi Sassou souhaite être transporté sur un tipoye par les Kouyou d'Owando. Mais le Mbochi Sassou sait que les Kouyou ne s'y plieront pas. Un scénario bien monté pour la suite des événements. Le prétexte pour...

L'on sait que dans les traditions ethno-tribales ancestrales Kouyou-Mbochi de nos compatriotes de la région de la Cuvette, cette exigence est considérée et regardée, aux yeux des Kouyou, comme un acte de soumission, de dénigrement et d'abaissement. Ce qui équivaut à un acte d'allégeance envers les Mbochi.

Devant le refus des Kouyou de se soumettre à cette humiliation, car pour eux c'en était une, un membre du convoi qui accompagne Sassou dans cette localité d'Owando ouvre le feu, tuant près de dix personnes. D'autres sources donnent le chiffre de douze tués.

Quelques jours plus tard, ne supportant pas l'affront qui leur est fait, la vindicte Mbochi contre les Kouyou suit son cours. Cette fois ça se passe à Oyo. D'autres Congolais, d'origine Kouyou, y sont assassinés, en guise de leçon. Est-ce une façon comme une autre de leur faire comprendre qu'un Kouyou n'est pas l’égal d’un Mbochi ? Qu'ils n'ont donc que le devoir d'obéissance et de soumission envers les Mbochi ?

En Mai 1997, en ma qualité de Représentant Permanent de l'Alliance URD-PCT et Apparentés (devenue URD-FDU) auprès de l’Union Européenne, j'ai écrit à Monsieur Dominique de Villepin, Secrétaire général de l'Élysée dont le contenu en substance fut « (…) Telle que la situation se présente au Congo-Brazzaville, demain nous risquerons de ramasser des morts à la pelle... » (Fin de citation).

Hélas, je ne m'étais pas trompé. La suite est horrible. Atroce. Qu'on ne pouvait l'imaginer. Le nombre de charniers et fosses communes non encore identifiés ni répertoriés témoigne de l’horreur. A ce jour, ils sont tenus secrets. Le peuple congolais et les familles des victimes ainsi suppliciées n’ont-ils pas le droit de savoir, de connaître la vérité ? Pour faire le deuil ? L’impunité ne doit-elle pas s’éclipser au profit de la réconciliation par le deuil collectif avec le droit et la justice ?

Un mort est inoffensif. Quand ou combien de temps faut-il encore attendre pour donner à ces malheureux compatriotes, victimes de la haine et de l'intolérance ethno-tribales, une sépulture digne de foi ? Les us et coutumes traditionnelles ancestrales commandent-elles l'humiliation du vivant jusque dans sa mort par assassinat ? La quête de la paix et de la réconciliation nationale doit-elle passer par ces ignominies-là ? Cette quête exige-t-elle l'impunité, l'oubli de tous ces crimes et l'effacement de ces charniers qui, pourtant, existent bel et bien ? Sans doute devons-nous attendre le feu vert de Paris, notre distributeur de pouvoir en Afrique, puisque toute accession au sommet de nos États découle de lui !

Préliminaires et signes avant-coureurs

Avant que la guerre commencée à Owando entre frères ethno-tribaux n'éclate au grand jour et ne se transporte à Brazzaville, à un moment où personne ne s'en doutait le moins du monde, le Bulletin Nord-Sud Exports, dans un article paru dans sa livraison de mai 1996, révélait que les Etats-Unis et la France auraient demandé aux deux protagonistes (Sassou et Lissouba) de limiter la guerre qu'ils devaient se livrer plus tard à la seule ville de Brazzaville et pas jusqu'à Pointe-Noire. Et pour cause !

Piège et prétexte pour déclencher la guerre

Au Congo-Kinshasa (RDC ex-Zaïre), la situation politique est très instable. L'Occident (États-Unis, Belgique, France), soucieux de la sécurité de ses ressortissants, dépêche en République du Congo-Brazzaville, des contingents armés dans le but de les exfiltrer, officiellement pour les évacuer, selon le terme consacré.

Aujourd'hui, du moins en Afrique, tout le monde sait ce que renferment exactement ces expressions. Prétexte ou pas pour justifier la suite, le non-dit ? Certainement, car jamais personne, sauf les commanditaires et leurs complices, ne le saura.

Advienne que pourra ! Le 5 juin 1997, les hostilités sont déclenchées. Mais, quelques jours avant l'attaque programmée, les contingents armés occidentaux, américains et belges, concertés ou pas, plient bagages, se retirent de Brazzaville. Ne reste que le contingent militaire français.

Ce jour-là, le 5 juin 1997, fort de son droit d'incarner, d'exercer et de faire respecter l'autorité de l'Etat, le gouvernement Lissouba, selon la version officielle, décide d'appréhender et mettre aux arrêts les auteurs des tueries d'Owando et Oyo. Les assassins présumés sont dans la résidence de Mpila de l'ex-président Sassou Nguesso.

Côté Sassou, on objecte : « Ce n'est pas pour arrêter quelqu'un qu'on m'a réveillé à 4 heures du matin. Les opérations de police obéissent à des règles précises qui n'ont pas été appliquées ici. Et qui a dit qu'Aboya et Engobo étaient chez moi ? Ils m'ont agressé et j'ai décidé de me défendre »[1].

Lissouba et son gouvernement savaient-ils qu'ils fonçaient, tête baissée, dans un piège tendu et mûri de longue date ? J'en doute fort, puisque certaines révélations venues plus tard, nous ont apporté la confirmation de nos doutes. Par exemple, M. Jean-François Probst qui, longtemps très proche de Jacques Foccart et de Jacques Chirac, à travers « Chirac, mon ami de trente ans »[2], nous éclaire sur ce qui s'était passé réellement et sur ce qui se tramait, pour leur plus grand malheur, sur le dos des Congolais, et sur la tragédie que devait connaître le pays. A ce sujet, il écrit :

(…) Jacques Foccart n'allait pas voir Denis Sassou Nguesso, Omar Bongo, Abdou Diouf ou Abdoulaye Wade. C'était eux qui venaient rue de Prony.

(…) A cette époque, Jacques Foccart m'avait confié pour mission de m'occuper de Denis Sassou Nguesso, le président du Congo-Brazzaville. « Est-ce que vous connaissez Sassou ? » m'avait-il demandé. J'avais connu le dictateur-président[3], alors marxiste-léniniste « pur » et dur, en 1982. Je lui avais rendu visite avec Jérôme Monod, à propos de la gestion des eaux de Brazzaville. Nous avions été reçus par un homme en costume gris, austère. J'avais pris connaissance de son dossier au Quai d'Orsay…

(…) Après une première « révolte des jeunes gens », Sassou et ses amis avaient amené au pouvoir un premier président marxiste orthodoxe, Marien Ngouabi. Et un an plus tard, ils l'avaient éliminé. Selon le dossier du Quai, Sassou avait été l'exécutant[4]. (…) Pendant toutes ces années, Denis Sassou Nguesso avait soutenu Chirac… A la suite de sa défaite à l'élection présidentielle de 1992, il était devenu un Africain en exil.

« Est-ce que vous lui donneriez un coup demain ? » m'a demandé Foccart. J'ai donc aidé l'ancien président à partir de la fin 1995 jusqu'à son retour au pouvoir en 1997.

(…) Il (Sassou) n'était pas interdit de séjour là-bas, mais ayant tenu le Congo d'une main de fer, il ne supportait guère l'idée de revenir dans un pays « démocratique »… Et puis, il avait pris des goûts de luxe, ce qui l'avait fait évoluer idéologiquement.

(…) En sous-main, Jacques Foccart ne lui avait pas retiré sa confiance. Au contraire. J'ai donc préparé son retour médiatique, en janvier 1997…

(…) Les élections ont donné l'occasion du coup d'Etat. L'histoire officielle dit que le président Lissouba a engagé un char contre la villa de Sassou, en réalité il s'agissait d'une provocation montée de toutes pièces par la milice Cobra. Sassou était de l'autre côté du fleuve Congo, avec des jumelles. Le président Lissouba (…) et sa directrice de cabinet, Claudine Munari, n'ont pas compris ce qui était en train de leur arriver et ils ont été renversés. En juillet 1997, la guerre a commencé. Les combats ont duré tout l'été. J'ai aidé le clan Sassou à revenir là-bas. Et je lui ai trouvé des armes au mois d'août 1997, après le décès de Jacques Foccart, à la demande de Pierre Oba, le ministre de l'Intérieur… Il fallait trouver de l'artillerie. Je n'ai jamais été marchand de canons, mais j'ai aiguillé Oba vers un spécialiste à Monaco. Et le président angolais José Eduardo Dos Santos a aidé Sassou à donner le dernier coup de reins…[5].

C'est un aveu, une signature. Incontestables. Mais les dénégations ne manquent pas malgré ces aveux, comme le refus de la repentance, par exemple.

Bref, pendant ce temps, que fait l'armée française restée à Brazzaville après le départ des contingents américain et belge ?[6]

Après l'évacuation des ressortissants occidentaux et autres étrangers de Kinshasa et de Brazzaville (version officielle), le contingent français se retire, laissant derrière lui un pays à feu et à sang, et abandonnant un peuple à son sort, à l’agonie, à la folie meurtrière d'un homme que la France, commanditaire des massacres humains qui s'ensuivirent, ne connaissait que trop bien[7]. Mais en prenant tout de même le soin de lui laisser son armement, toute sa logistique.

Au regard de ce qui précède, le reste, par exemple la situation en RDCongo-Kinshasa et l'évacuation des occidentaux provenant de Kinshasa, n'était donc qu'un prétexte, puisque la France n'a pas pris en charge les évacués de Brazzaville à partir de Kinshasa. Ceux qui suivent ce développement comprennent bien les enjeux commandés par la cupidité, l'avidité et la concussion au détriment et au grand mépris des vies humaines ainsi sacrifiées. Seulement voilà ! Bien que connaissant son homme lige quant à sa propension à la violence et aux crimes, Paris (la France) connaissait-elle les intentions profondes et les non-dits de l'homme qu'elle remettait au pouvoir au Congo-Brazzaville ? Nous pouvons répondre par l’affirmative, puisque dans ses mémoires posthumes publiés par Jeune Afrique (B.B.Y.), Foccart aurait confié à ses scribes « héritiers » que Sassou Nguesso était un homme dangereux et très rancunier, et qu'il doutait de ses capacité et volonté de rassemblement et de restauration de la paix et de la démocratie dans son pays.

Pour preuve, la demande de Sassou Nguesso adressée à Elf pour assassiner des opposants trop remuants et gênants[8].

Ceci confirme ce qu'avait déjà exprimé sur son lit d'hôpital à Paris, feu président Jacques Opangault, qui avait dit : « Tant que le petit au signe du diable sur le front (entendez Sassou Nguesso) sera toujours là, le Congo ne connaîtra jamais de paix, encore moins de réconciliation nationale »[9].

Jean-Claude Mayima-Mbemba

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N.B. : Si le président Lissouba n’a rien vu venir du complot qui se tramait contre lui et son régime, il est fort à parier que sa Directrice de Cabinet, Mme Munari, et son ministre de l’Intérieur, M. Martin Mberi, savaient ce qui se préparait et qui devait advenir. A bien y regarder, ils étaient les yeux et les oreilles de M. Sassou au sein du régime Lissouba. Si non, comment expliquer que M. Sassou les ait repris et nommés ministres dans ses gouvernements ? A chacun des Congolais d’y réfléchir.

[1] Jean-Pierre Makouta-Mboukou, La destruction de Brazzaville ou la démocratie guillotinée, L’Harmattan, Paris, 1999.

[2] Jean-François Probst, Chirac, mon ami de trente ans, Denoël, Paris, 2007, pp. 151-159.

[3] Au lieu de dictateur-président, M. Jean-François Probst aurait été mieux inspiré d’écrire : « Gouverneur Général Dictateur-Président » du Territoire Français du Moyen-Congo dit République du Congo.

[4]Pour plus de précisions sur l’assassinat du président Marien Ngouabi, Cf. Jean-Claude Mayima-Mbemba, Assassinats politiques au Congo-Brazzaville. Rapport de la Commission ad’hoc « Assassinats » de la Conférence Nationale Souveraine (25 février – 10 juin 1991). Tome 1, ICES, Corbeil-Essonnes, 2004

[5] Jean-François Probst, op. cit.

[6] Jean-Pierre Makouta-Mboukou et Jean-Claude Mayima-Mbemba, Les derniers massacres du Congo-Brazzaville, L’Harmattan, Paris, 1999.

[7] Cf. : Extrait du discours de Jacques Chirac à Luanda, le 30 juin 1998. Voici dix-sept ans, la démocratie annoncée par le président Jacques Chirac à Luanda n’est toujours n’est toujours pas visible au Congo-Brazzaville. Son poulain, Sassou Nguesso, l’a toujours foulée aux pieds.

[8] François-Xavier Verschave, L’envers de la dette. Criminalité politique et économique au Congo-Brazzaville et en Angola, Agone, Marseille, 2001, p. 31.

[9] Propos tenu par le président Jacques Opangault sur son lit d’hôpital à Paris.

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Jean-Claude Mayima-Mbemba - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso Françafrique
5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 17:35
Chronique d'une guerre annoncée au Congo-Brazzaville

Dans son livre intitulé « CONGO. Chronique d’une guerre annoncée » (5 JUIN – 15 OCTOBRE 1997), Jean-Paul Pigasse (Editions ANFR – ADIAC) montre que tous les ingrédients qui ont conduit au coup d’Etat du 5 juin 1997 sont réunis pour un remake en 2016.

1997. Position de la France. La France tient à ce que les élections présidentielles au Congo soient « exemplaires ». Elle l’aurait fait savoir récemment à Pascal Lissouba, simultanément à Paris et Brazzaville, en lui demandant d’accélérer les opérations de recensement. (p. 54)

2013. Position de la France. La France tient à ce que le dialogue s’instaure avec toutes les forces politiques pour que les élections présidentielles se déroulent en toute transparence. Elle l’a fait savoir à Paris, en décembre dernier, aux autorités de Brazzaville au Sommet de l’Elysée. Le climat actuel au Congo incite plutôt vers un remake du 5 Juin 1997.

Le général d’Armées, Denis Sassou Nguesso, Commandant en chef des FDP-FDU avait fait le coup d’Etat pour cause le Président élu Pascal Lissouba ne manifestait aucune volonté d’organiser les élections présidentielles de Juillet 1997.

Cette fois, à ce jour, Denis Sassou Nguesso ne manifeste, à son tour, aucune volonté d’organiser les élections présidentielles prévues en 2016. » Faute de trouver un autre Pascal Lissouba devant lui, Il voudrait faire un coup d'Etat contre lui-même. Très certainement !

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Congo-Mfoa - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso
2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 12:12
Congo-Brazzaville : Les menaces à peine voilées de Willy Matsanga

Congo-Brazzaville : Les menaces à peine voilées de Willy Matsanga

lundi 30 mai 2011

  • L’honorable Willy Matsanga

De l'eau dans le gaz

Manifestement, puissant bras armé du chemin d’avenir, Willy Matsange est en train d’échapper au contrôle radar de Mpila. Ses récents propos médiatiques constituent une menace à peine voilée dirigée contre ses amis d’Oyo. Il y a comme de l’eau dans le gaz. Pour comprendre cette déclaration de guerre, il est intéressant de lire le remarquable éclairage fait par Ernest Otouang, l’intervieweur de l’honorable Anicet Pandou dit Willy Matsanga du journal Le Patriote (voir site le blog d’Eric Mampouya) dans l’appendice (Flash-Back : Juillet 2002 Au cœur de la reprise des conflits ) où une relation de cause à effet existe entre les « sorties oratoires » des seigneurs de guerre et la dégradation du climat social au Congo.

Un homme révolté

Menée de main de maître, l’interview a mis en lumière une personnalité d’un Willy Matsanga fort préoccupante, tenant des propos lourds de significations et qui lui donnent un profil correspondant à ce qu’Albert Camus appelle un « homme révolté ».

J’ai honte

Le bonhomme Matsanga avoue « sa honte » face à la boulimie de ses pairs. On pourrait avoir la larme à l’œil si on ne connaissait pas la nature carnassière du personnage. En effet, quand on sait le terrible rôle joué par ce guerrier durant les conflits, sa réponse à la question « regrettez-vous la guerre » donne un coup fatal à la nouvelle image qu’il veut se donner de lui-même et, de toute façon, cette réponse ne présage rien de bon sur la nature de la situation politique dans les jours à venir. Voici son opinion : « La guerre est passée, mais que sont devenus les vrais guerriers ? Aucun d’entre eux n’est heureux. Alors que ceux qui n’ont rien fait sont devenus des colonels et des généraux. » A bon entendeur, salut.

Qui ne sait de quoi sont capables des soldats frustrés ? Récemment, au Burkina Faso, les militaires pourtant partisans de Blaise Campaoré ont fait le coup de feu pour une question de solde impayée ; en Côte d’Ivoire, il a fallu la main de fer de Guillaume Soro pour mettre hors d’état de nuire Ibrahim Coulibali, une espèce de Willy Matsanga local assorti d’un Frédéric Bitsangou dit Ntoumi.

Chaque fois que, Anicet Pandou, ancien pistoléro, s’est senti frustré, l’odeur de poudre s’est fait sentir au Congo. Qu’on se souvienne seulement de son passage à l’ennemi en 1997 lorsque Bernard Kolélas le déçut en se ralliant à Lissouba. « Dès lors, Willy Matsanga et son écurie de Ninja rejoignirent les milices "Cobra" et combattirent aux côtés de Sassou Nguesso. La rumeur prétend que le président actuel lui doit sa victoire. À la fin des affrontements, Willy Matsanga se retrouva conseiller du ministre de l’Intérieur. »

L’Etat de non-droit qui caractérise ce riche pays pétrolier n’est pas étranger aux volte-face de l’inénarrable député de Makélékélé. De toute façon ce n’est pas le durcissement actuel d’un régime refusant toute forme de négociation qui pourrait favoriser un climat de paix au moment où s’annoncent des « législatives » en 2012. Celles-ci fussent-elles fantasmatiques, vont pousser chaque camp à fourbir ses armes.

Négociations et théorie

Ces temps-ci, on parle de négociations que seraient en train de mener l’opposition pour participer à ladite bataille des législatives. Il faut être borné pour penser un seul instant que le régime de Sassou envisage négocier quoique ce soit avec qui que ce soit. « Les dictateurs solidement retranchés et en position de sécurité peuvent n’avoir aucune envie de négocier avec leur opposition démocratique… » (Gene Sharp (De la dictature à la démocratie : les dangers de la négociation)

Le Congo de Sassou correspond à la situation décrite par ce théoricien : « Les individus ou les groupes qui s’opposent aux dictatures ont souvent de bonnes raisons de vouloir négocier… Des négociations sont particulièrement susceptibles d’être envisagées par les démocrates quand le dictateur à une nette supériorité militaire et que les destructions et les pertes humaines atteignent un niveau insupportable pour le peuple »

Pour ce qui est de la « supériorité militaire » Sassou en a à revendre. Investissant lourdement sans compter dans des dépenses de guerre, l’homme fort de Brazzaville doit rire sous cape lorsque les Clément Mierassa et autres membres de l’opposition congolaise veulent en quelque sorte fumer le calumet de la paix en participant au jeu politique envisagé en 2012. Dans tous les cas, l’inverse n’est qu’également marché de dupes : « Une offre de "paix" négociée adressée par une dictature à son opposition démocratique n’est bien sûr pas dénuée d’arrière-pensées » dit Gene Sharp. La pensée sous-jacente dans la tête de Sassou est, bien entendue, de faire taire toute velléité contestataire à coups d’espèces sonnantes et trébuchante comme il a pu le faire ce mois-ci à Pointe-Noire où la grogne sociale s’est faite entendre dans le milieu pétrolier (cf. Mwinda). « Lorsque la dictature est forte mais qu’il existe une résistance gênante (poursuit Gene Sharp) le dictateur souhaite parfois négocier pour soumettre l’opposition sous prétexte de "faire la paix". L’appel à la négociation peut séduire, mais il est fort possible que celle-ci cache de graves dangers. »

Pour l’instant Sassou est loin de faire face à une « résistance gênante. » donc, point de péril en la demeure pour l’opposition.

Le scénario le plus pertinent pour notre pays est le suivant : « Dans ce type de conflit, la seule négociation envisageable est celle qui se tient à la fin d’une lutte décisive, lorsque le dictateur est aux abois et qu’il cherche un couloir de sécurité pour se rendre à un aéroport international. » (ibidem Gene Sharp)

En attendant cette hypothèse salvatrice, il faut espérer que le fruit pourrisse. Le coup de gueule de Willy Matsanga ressemble fort à un ver en train de ronger le fruit de l’intérieur. Il serait, par conséquent, imprudent de considérer l’interview de Willy Matsanga comme simple délire de plus dans les rangs d’une clientèle politique Sassouiste dont la frénésie dans le « boukoutage » dépasse l’entendement.

Un milicien rôdé dans les exécutions sommaires

« Ancien enfant de troupe, je suis passé par l’école militaire de Belard en Afrique du sud où je suis sorti avec un diplôme de spécialiste en combat de ville. »

Au Jugement Dernier, ça c’est sûr, une foule de Congolais que Matsanga a expédiés dans l’au-delà pourront témoigner de la manière dont il a utilisé les techniques de tueries apprises au pays de Mandela.

Réputé féroce et impitoyable, Willy Matsanga, formé donc à la guérilla urbaine en Afrique du Sud, s’emploie désormais à se forger une image d’enfant de chœur et de philanthrope dans l’entretien accordé au Patriote, poussant la mansuétude jusqu’à faire désormais l’aumône aux miséreux qui chaque matin font le pied de grue à son domicile. « Je suis envahi chaque matin par près de 30 personnes. Ce qui me contraint à dépenser en moyenne 200.000 F.CFA rien que pour eux. »

Encore un effort, tu nous feras pleurer... En dépit de cette volonté de changement de nature on note des stigmates de violence qui remontent à la surface du discours, notamment quand il s’en prend violemment à un de ses chefs, président de l’Assemblée : « Quelles représailles pour quelle immiscions ? Le président Koumba n’a aucun droit sur moi. Ce n’est pas lui mon électeur. C’est un collègue député. Demander la transparence dans une institution qui contrôle l’action des autres ce n’est pas une attaque personnelle. Je vous dis j’en ai marre. »

Chassez le naturel, il revient au galop.

Pour Herbert Massamba, c’était lui

Point n’est besoin d’être clerc pour comprendre qu’un guerrier ne se transforme pas en un pacifiste de but en blanc, qu’un tigre ne se métamorphose pas en chat du jour au lendemain. Qui a bu, boira. Qui a tué, tuera. Fut-il désormais, selon ses propres termes, habité par le sentiment de honte face aux dérives de ses collègues du chemin d’avenir, il serait naïf de s’attendre à une transfiguration subite du tueur d’Herbert Massamba et de centaines d’anonymes tombés sur le champ de la violence souvent pour des raisons arbitraires. Ajoutons au passage que les « chefs d’écurie » comme (le déjà nommé) Willy Matsanga, Vital, Laskipic, Ntoumi avaient en leur possession des armes de guerre sur le compte desquelles Michel Ngakala se serait fait du beurre lorsqu’une mission de l’ONU finança leur ramassage moyennant l’intégration des ex-miliciens dans des projets de développement. Michel Ngakala, ayant pour patron Sassou, autant dire que ce dernier n’a jamais milité pour la paix au Congo. Ngakala s’enrichit sur le dos des morts dans le Pool, Sassou augmenta son pourcentage de chances de demeurer à vie au pouvoir grâce à sa politique de terre brûlée dans cette région.

Willy Matsanga ne veut plus être député quand bien-même, se vante-t-il, il est assuré d’être élu s’il postule en 2012. Que masque ce projet ?

La question est celle-ci : malgré son inféodation indéfectible à Denis Sassou Nguesso ( tout le monde en prend pour son grade sauf lui) que fomente Willy Matsanga ? Ou plutôt quelle main noire voudrait encore manipuler ce va-t-en-guerre capable de massacrer dans ses propres rangs pour plaire au plus offrant ? Car comme tout « saigneur » de guerre, Willy a besoin de pognon. Qui donc lui offre mieux que ses indemnités parlementaires ?

Source : http://www.congopage.com/Les-menaces-a-peine-voilees-de

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24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 10:36
(France/Congo) Sassou Nguesso : Pas de soutien de Paris pour un nouveau mandat

SASSOU NGUESSO

Pas de soutien de Paris pour un nouveau mandat

C’est le sauve qui peut dans le royaume françafricain. Certes, le syndicat des chefs d’Etat existe toujours, mais, chacun, maintenant, cherche à sauver sa peau. On ne se mouille plus, forcément, pour les autres, comme avant. Dans ce royaume, les tenants des pouvoirs, qui piétinent les droits de l’homme, sont dans l’inquiétude au regard de la (stricte) neutralité qu’observe Paris dans la conduite des questions africaines.

Parmi les chefs d’Etat qui ont, déjà, perdu le sommeil à cause de la porte de l’Elysée qui leur reste hermétiquement fermée pour certaines questions sensibles ayant trait aux réformes constitutionnelles, on compte, dans le désordre, le Burkinabé Blaise Compaoré, le Burundais Pierre Nkurunziza et le Congolais Denis Sassou Nguesso. S’il y en a d’autres, ces trois sont devenus les spécimens grandeur nature par lesquels on évaluera le succès ou l’échec du président François Hollande à « rompre avec la Françafrique ». Chacun des trois se débat comme il peut pour s’en tirer rapidement à bon compte d’autant plus que les mandats des deux premiers arriveront à expiration en 2015 contre 2016 pour le troisième. Il faut donc faire (très) vite pour que le temps ne fasse pas son effet. Mais que faire alors que François Hollande, dans ce domaine, est intraitable ?

Chacun a sa stratégie. A défaut d’être gagnante, elle a le mérite d’exister au moins. Après avoir joué l’indifférence, l’intoxication à fond au travers d’une presse gouvernementale aux ordres, sans compter les valises de billets, Blaise Compaoré a vite déchanté et s’est résolu à rencontrer l’opposition. Un exercice d’évaluation et de jaugeage qui a eu le mérite de lui montrer qu’il avait intérêt à ranger son dossier de modification de la constitution dans un tiroir. Les Burkinabé ne veulent pas qu’il soit récidiviste. On sait qu’il n’avait pas respecté sa parole donnée au président Félix Houphouët-Boigny de faire un mandat et de passer le tour suivant à Me Hermann Yaméogo, avec qui il était en conflit ouvert dans les années 90. Décédé en décembre 1993 avant d’avoir pu arbitrer le match politique entre ces deux boxeurs burkinabé, Blaise n’a pas eu du mal à gagner le combat, après avoir volontairement faussé les données de base du départ. En 2005, alors qu’on lui demandait de ne plus se représenter pour avoir effectué ses deux mandats réglementaires, il avait rétorqué en disant que le décompte de mandats ne pouvait commencer qu’en 2005, et qu’en 2015, il quitterait le pouvoir, après avoir effectué ses deux mandats. La modification de la constitution ramenait la durée du mandat présidentiel de 7 à 5 ans. Nous serons, en 2015, dans deux ans. Voyant la fin de sa présidence se rapprocher inexorablement, Compaoré fait tout ce qui est possible pour rester au pouvoir. Sentant une résistance farouche à ses projets s’organiser en face de lui, à la fois politique (partis d’opposition), civile (syndicats, société civile) et militaire (les locataires des casernes avaient failli le déposer il y a deux ans), il a fait mine de prendre langue avec l’opposition. D’où la rencontre du 14 novembre 2013 pendant laquelle les leaders de l’opposition, conduits par Zéphirin Diabré, lui ont remis un mémorandum qui lui demande purement et simplement de quitter le pouvoir en 2015, ou avant, sans chercher, auparavant, à installer le sénat car si tel était le cas, il pourrait quitter le pouvoir par la petite porte. Se montrera-t-il à la hauteur des enjeux pour comprendre qu’il est temps pour lui de passer la main ?

Pierre Nkurunziza, pasteur d’une église de réveil, pendant ses heures perdues, et président du Burundi, à plein temps, va, aussi, terminer son deuxième et dernier mandat constitutionnel en 2015. Mais le pouvoir rendant visiblement fou (même les hommes de Dieu), il a pris la (mauvaise) décision de s’accrocher au pouvoir. Pour y parvenir, il veut complètement changer de régime et cherche, en ce moment, à faire voter une nouvelle constitution à l’Assemblée nationale. Un hold up (imparfait) qui fait jaser dans le pays. Le président français l’avait très bien reçu au début de cette année. Actuellement, il n’y a plus de chaleur entre les deux hommes comme lors de leur première rencontre. L’opposition a déjà dit qu’elle n’acceptait pas le contournement des institutions par Pierre Nkurunziza. Dimanche 8 novembre, c’est l’épiscopat qui a demandé au gouvernement d’enterrer cette réforme constitutionnelle à problème, comme le souhaite l’opposition.

Le cas Sassou est tout aussi inquiétant. Voilà un chef d’Etat qui ne sait plus quoi faire, pour rester légalement, légitimement, au pouvoir. Un jour, il dit à ses proches de faire savoir à l’opinion qu’il n’est âgé que de 60 ans, ce qui veut dire que son épouse, Antoinette, qui a fêté ses 70 ans, en mai dernier, à Saint-Tropez (France), en grandes pompes, en déboursant 4 milliards de f cfa (6 millions d’euros) pour nourrir 150 personnes triées sur le volet venues du Congo grâce à deux avions affrétés par ses soins, est son aînée de 10 ans. Mais mal lui en a pris de constater qu’il allait se faire ridiculiser. Car afficher aujourd’hui un âge de 60 ans voulait, aussi, dire que sa fille aînée, Edith-Lucie Bongo Ondimba née Sassou Nguesso, décédée en mars 2009, à Rabat, avait vu le jour quand, lui, Sassou, n’était âgé que de 11 ans. Un véritable record ? Il fallait trouver autre chose pour rester crédible aux yeux des observateurs internationaux de la scène politique congolaise. C’est ainsi que Sassou a actionné du côté des médias indépendants qui lui rendent la vie difficile. Par le biais du CSLC (Conseil supérieur de la liber té de communication), entre novembre et décembre 2013, il a frappé 5 hebdomadaires indépendants de neuf mois d’interdiction de paraître, parce qu’ils refusent de chanter ses louanges. Il a, aussi, « acheté » à coups de milliards de f cfa les hommes politiques congolais pour les rallier à sa cause. Il a fait mine de convoquer des séances de dialogue entre le pouvoir et l’opposition, à Dolisie et à Ewo, lesquelles séances n’ont abouti que sur des incompréhensions. Les opposants qui s’y étaient rendus ont d’ailleurs été qualifiés de traîtres à la cause nationale. La seule issue qui lui reste, c’est de modifier (sa) constitution de 2002. Certains lui conseillent d’adopter carrément une autre constitution (comme le pouvoir burundais essaie de le faire, actuellement, avec beaucoup de difficultés) qui permettrait la mise à plat de toutes les institutions. Le Congo repartirait, ainsi, sur un nouveau pied comme si le pays renaissait de ses cendres. Le dictateur qui sent que la communauté internationale l’a à l’œil, et que la droite française (protectrice de dictateurs africains) n’est plus au pouvoir pour couvrir de telles magouilles, abat ses dernières car tes. Il passe incontestablement un sale temps en cette fin de l’année 2013.

Les recettes pétrolières de 2013 du Congo prévoient un excédent faramineux de plus de 1.500 milliards de f cfa dont il ne sait quoi faire. Se substituant aux institutions de Bretton Woods auprès desquelles il a obtenu une forte réduction de la dette du Congo, il y a quelque temps, Sassou s’est mis, à son tour, à prêter de l’argent à tour de bras, aux dirigeants africains amis. C’est ainsi que les présidents du Sénégal, Macky Sall, guinéen, Alpha Condé, nigérien, Mahamadou Issoufou, malien, Ibrahim Boubacar Keïta, et ivoirien, Alassane Ouattara, sont déjà passés à la caisse. Le minimum qu’il prête est de 50 milliards de f cfa (34 millions d’euros). Alassane Ouattara, par exemple, a obtenu le double de cette somme. Le geste du dictateur n’est pas si désintéressé que cela. Sassou leur demande, automatiquement, absolument, de défendre son cas auprès de François Hollande, ce qui n’est pas difficile car la plupar t d’entre eux, membres de l’Internationale socialiste, connaissent le « camarade François » depuis, par fois, une trentaine d’années. En privé, on peut lui demander de faire un geste pour le frère de Brazzaville en difficulté.

Le locataire de l’Elysée aurait reçu des appels pressants venant de ses amis africains, d’être moins dur, moins sévère, à l’endroit de Denis Sassou Nguesso. De considérer les efforts qu’il déploie, au côté de la France, pour aider à la résolution de la crise au Mali et en Centrafrique.

Dans ce dernier pays, il a prêté 25 milliards de f cfa (17 millions d’euros) pour permettre le non-effondrement de l’administration. En quittant précipitamment Bangui, Bozizé que Sassou avait initié à la maçonnerie, à Brazzaville, a fui avec la caisse.

Plus rien pour payer les fonctionnaires.

Pour apparaître sous un nouveau jour, pendant le Sommet de l’Elysée, Sassou, le nouvel émir du Golfe de Guinée, n’a pas lésiné sur les moyens. Grâce à ses pétrocfa sonnants et trébuchants, il a mis plusieurs confrères français à contribution. Il a tenu, également, à être le premier chef d’Etat à témoigner, sur RFI, après la mort de Nelson Mandela. Alors qu’il avait déjà, résolument, tourné la page du grand homme, malgré ses multiples voyages en Afrique du Sud où il compte, plutôt, sur Jacob Zuma pour faire contrepoids aux Occidentaux, le jour où ça ne tournera pas rond, pour lui, au Congo-Brazzaville.

Dans le même ordre d’idée, Sassou a largement ouvert les portes de son pays aux investisseurs du Golfe persique dont les plus entreprenants, comme par hasard, sont les Qataris.

Ces derniers, qui ont signé, en novembre 2013, des accords d’exploitation du pétrole congolais avec la compagnie française Total, à Doha, investissent dans la construction d’un grand centre commercial, dans Brazzaville, avec des habitations et des terrains de jeu et de vie. Fait notable à souligner : ils ont aussi obtenu, de Sassou, la construction de la plus grande mosquée d’Afrique centrale, dans la capitale congolaise.

A côté d’elle, la mosquée Hassan II de Libreville ne sera qu’une bricole.

Une largesse sassouiste qui fait jaser au Congo, même, dans la mesure où ce pays ne compte à peine 3% de musulmans, qui appartiennent d’ailleurs pour la majorité d’entre eux aux pays de l’Afrique de l’Ouest. Les Congolais clair voyants pensent que Sassou joue avec le feu (juste pour sauver son pouvoir immédiat). On le compare volontiers à l’ancien président Amadou Toumani Touré du Mali, qui s’honorait, dans sa naïveté suprême, que l’émir du Qatar vienne chasser, chaque année, dans le très désertique Nord-Mali, l’outarde. Le djihadisme ambiant qui a provoqué l’intervention militaire française après la chute du pouvoir du général Touré, montre qu’il était inapte à diriger le Mali. Sa bêtise politique l’a conduit droit vers un exil de longue durée au Sénégal. Sassou, quant à lui, choisirait-il Doha, la ville où la consommation de l’alcool est totalement prohibée ? Si oui, qu’adviendrait-il de son amour pour le whisky- café qu’il affectionne pour se donner des forces ? Car à l’allure où se prennent les décisions à Mpila (lieu du pouvoir présidentiel congolais), dans ce contexte de sauve qui peut, il n’est pas exclu que d’ici très peu de temps, Brazzaville commence à compter de femmes entièrement voilées de la tête aux pieds, alors que cette ville est plutôt connue comme la capitale de la sape.

Pour terminer, les Congolais ne doivent pas être (très) étonnés de la bise (bien sympathique) que François Hollande a donnée à Sassou, en l’accueillant, vendredi 6 décembre après-midi, à l’Elysée, alors qu’une poignée de mains aurait suffi, comme il l’a fait pour tant d’autres chefs d’Etat africains, et non des moindres. Est-ce à dire que Sassou serait devenu fréquentable ? Que non ! Cette bise est suprêmement politique même si à Mpila, en tout cas, on jubile, avec l’espoir que les actions de lobbying pour adoucir les positions du chef de l’Etat français à l’endroit du dictateur de Brazzaville, soient, enfin, en train de payer. Pourtant, il n’en est rien. Sassou avait insisté auprès des services de l’Elysée pour avoir un entretien (ne serait-ce que de 15 mn) avec François Hollande, en marge du Sommet. Résultat, non seulement, il a été snobé par le président français, mais il l’a été aussi par les ministres français des Af faires étrangères et de la Défense, qui ne s’interdisaient pas de rencontrer les autres chefs d’Etat de la CEEAC.

Finalement, l’argent confié aux lobbyistes n’a servi à rien. Le président du Congo-Brazzaville est toujours aussi mal vu à Paris où il est considéré comme le prototype de chefs d’Etat qui font du tort à tout un continent qui ambitionne de prendre son destin en main.

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Afrique Education - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso
24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 08:44
Sassou Nguesso pète les plombs et accuse la France de déstabiliser la Centrafrique

Sassou à l’issue de la guerre civile en octobre 1997

Dans cette interview faite de questions complaisantes au dictateur Sassou Nguesso, jamais la journaliste ne parle des violations massives des droits de l’homme dans notre pays, et du bâillonnement de l’opposition. Probablement dû à une perte de mémoire, accusant la France de plusieurs coup d’état en Centrafrique, Sassou Nguesso oublie qu’il est revenu au pouvoir par un coup d’état sanglant, ayant fauché des milliers de Congolais, avec l’aide de la France de son ami Jacques Chirac !

Apparemment, le Journaliste n’était pas bien informé sur le profil et l’histoire du dictateur sanguinaire de Brazzaville.

Extrait de l’interview de Paris-Match du 4 décembre 2013

Vous-même vous êtes beaucoup impliqué en Centrafrique, pourquoi ce pays ne parvient-il pas à se stabiliser? Qui sont les responsables de son chaos ?
Ramener ça aux acteurs d’aujourd’hui, c’est faire trop court. Depuis l’indépendance, la RCA a connu un parcours confus, toujours en étroite relation avec la France. Le premier chef de cet état, Barthélemy Boganda, est mort dans un accident d’avion dont les circonstances n’ont jamais été élucidées peu de temps après son élection. Dacko lui succède, vite renversé par le calamiteux Bokassa dont la proximité avec la France n’est pas à démontrer. Le même Dacko est ensuite remis en place à Bangui, déposé par un avion venant de Paris. Un coup d’Etat le balaye, et c’est le général André Kolingba que l’on installe. Lui ne faisait même pas semblant de diriger. Quand nous, chefs d’états voisins, arrivions à l’aéroport, c’est un certain commandant français, Mansion, qui se présentait en short et en chemisette, pour nous accueillir. Puis Patassé est venu et il a fait son tour, avant d’être balayé par Bozizé, avec l’aide de l’armée française… Ce drame dure depuis cinquante ans.

Vous vous indignez qu’en France on puisse demander des comptes sur les frais de bouche de nos présidents, est ce dire que vous n’enviez pas leur sort?
Dans notre culture, nous avons une certaine idée du chef. Tout le monde n’est pas chef, et le chef n’est pas tout le monde, d’autant qu’en démocratie, une majorité le désigne. On lui doit donc de la considération. Imitant ce qui se fait chez vous, certains journaux africains commencent à traîner les dirigeants dans la boue. Cela n’amènera selon moi que ce que le général de Gaulle appelait la chienlit. Lui, lorsqu’il représentait la France à l’étranger, ne rechignait ni à la dépense, ni à donner des bals pour la valoriser.

Comment êtes-vous rémunéré ?
Je suis resté agent de l’Etat depuis le premier jour et jusqu’à aujourd’hui. L’Etat me verse un salaire qui me permet de vivre confortablement avec ma famille. L’argent m’est utile, mais ce n’est pas ce qui guide ma vie. Je me suis engagé dans des batailles autrement plus dures sans y penser.

Vous n’êtes pas dépensier?
Je n’en ai pas le loisir. Ce sont mes enfants qui, à l’occasion de leurs voyages, achètent et me ramènent ce dont ils estiment que j’ai besoin. Je ne vais jamais dans les magasins. Si vous me demandez comme aux Grosses têtes de vider mes poches, je n’en sortirais qu’un mouchoir.

Suite aux plaintes de deux ONG, Transparency International et Sherpa, qui vous accusent de recel, de détournement de fonds publics. Vous faites depuis 2008, l’objet d’une procédure judiciaire en France pour des biens mal acquis…
Cela s’est fait avec simplement la volonté de nuire. Et cela choque les Congolais. Si j’avais pillé des milliards au Trésor pour acheter des châteaux en France, c’est à notre justice de s’en emparer. Ne pas le reconnaître, c’est mettre en doute notre souveraineté. Pour instruire sur des sommes soi disant détournées au Congo, il faut aller constituer le délit au Congo.

Vos avocats ont plaidé cela et ont été déboutés…
Quand la cour de cassation ordonne la poursuite de l’instruction, on est au comble de la chose, non? C’est ce que je crois et c’est la raison pour laquelle nous allons saisir la justice internationale. On proclame que ce sont des biens mal acquis, à quel titre? Ce n’est même pas prouvé, que déjà on le tient pour une vérité. Où est la présomption d’innocence? Le vrai problème n’est pas juridique, il est politique et médiatique.

Dans cette enquête, on évoque 24 biens immobiliers en région parisienne et 112 comptes bancaires qui seraient détenus en France par votre famille…
J’ai fait une déclaration autorisant les banques à rendre publics les comptes éventuels que je pourrais détenir directement ou indirectement. A ce jour, je suis sans nouvelles de leur part, et vous aussi.

Et s’il s’avérait que ces biens appartiennent réellement à vos enfants ?
Il me semble que le fils de votre ministre des Affaires étrangères » Laurent Fabius » a commis quelques dépenses parfois inconsidérées, pour autant pointe-t-on du doigt son père au point de déstabiliser son pouvoir? Par ailleurs, mes enfants sont mariés, parents et même, pour certains, grands-parents. Ils ont le droit de vivre leurs vies, ce sont des citoyens libres. Certes il ne faut pas qu’ils commettent des excès, donnent le sentiment qu’ils ont volé quelque part. Mais je ne crois pas qu’ils méritent d’être traqués parce que ce sont mes enfants. Une de mes filles travaille avec moi, comme autrefois Claude Chirac auprès de son père. Elle a fait de brillantes études, elle a gagné cette place et ma confiance. Est-ce une raison pour que la police française aille fouiller dans les poubelles pour savoir où et combien elle achète ses chaussures? Quand leurs services font le tour des magasins puis des médias pour que finalement soit publiés le prix de nos chaussettes, de nos cravates, de nos bijoux, c’est un lynchage inacceptable. Lorsque les Etats du Golfe offrent traditionnellement des montres en or à leurs hôtes et visiteurs, ces derniers savent-ils qu’on pourrait considérer ces cadeaux comme des biens mal acquis? Pourquoi ne s’en prend-on qu’à des Africains? Les Russes et d’autres, les pays du Golfe notamment, rachètent tout Paris et même bientôt vos banlieues je crois, et personne ne vient crier au scandale? Quelle est la motivation qui perce derrière les plaintes déposées par des ONG qui ont pour principaux actionnaires des intérêts étrangers ? On s’en prend à l’Afrique parce qu’elle est faible, mais comme je vous l’ai dit, ce ne sera pas toujours le cas.

Si vous appreniez qu’un membre de votre famille était lié à cette société, ou à de tels détournements, le sanctionneriez-vous ?
Si mes enfants ont commis des fautes, c’est à la justice de mon pays de se prononcer.

Vous venez de fêter vos 70 ans et avez passé vingt-huit ans au sommet de l’Etat. Envisagez vous votre succession ?
Ce n’est pas à l’ordre du jour.

Un entretien avec Caroline Mangez « pour Paris Match »

Source : http://www.parismatch.com/Actu/International/On-s-en-prend-a-l-Afrique-parce-qu-elle-est-faible-540903

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Mingua Biango - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso
23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 17:39
(Congo-Brazzaville) Je ne savais pas Sassou Nguesso aussi conscient que ça
par Mbiki De Nanitélamio

Dans une interview que l’on peut qualifier de confession, SassouNguesso ne s’est pas gêner de faire sa CONTRITION, cette confession par laquelle une personne n’a plus rien à craindre pour dire la vérité, rien que la vérité pour prétendre bénéficier des circonstances atténuantes de la part d’un peuple qu’il a longtemps fait souffrir. Voilà, ce qui lui aurait poussé de neutraliser Marcel Ntsourou, une façon de l’empêcher de dire avant lui ce qu’ils connaissent tous les deux.

Se moquant des Centrafricains, Denis Sassou Nguesso dit ne pas craindre se trouver en face des milices anarchiques qu’il a su désorganiser au Congo. Personne dans son pays, n’a la carrure de déstabiliser son régime aujourd’hui où tous les acteurs qui lui faisaient ombrage ont tous disparus. Depuis leur arrivée au pouvoir en juillet 1968, le parcours politique du Congo n’a été tracé que par lui après s’être réjouit de reconnaître que l’assassinat de Marien Ngouabi dont les circonstances n’ont jamais été élucidées depuis qu’il avait réussi à tuer sans vergogne le cardinal Émile Biayenda et Alphonse Massamba Débat, deux grandes figures originaires du Pool qui lui ont été d’un grand couvert auprès de la population Nord en général, particulièrement Kouyou avec le slogan : Ba Kongo ba bomi Marien. Yhombi Opango le boukouteur qu’il a laissé remplacer le guide n’était qu’un jouisseur qu’il a vite renversé sans problème, Thyster Tchikaya et Jean Pierre Ngombé, membre influents de l’État major spécial étant vite écartés par la confiance qu’il avait gagnée de Jean Michel Bokamba Yangouma qui avait la maîtrise des travailleurs et ouvriers affiliés à la CSC l’unique syndicat du pays. Et comme l’argent fait le bonheur des prétendants, avec le pétrole et Elf, il était devenu le roi et, le meilleur préfet que la France n’avait jamais eu au Congo après Félix Éboué.

Se vantant n’avoir jamais étudié en URSS ou dans un pays de l’Est sous le contrôle de l’Union Soviétique, Sassou Nguesso est fier d’avoir appris le communisme qui lu a été et lui reste d’un grand secours pour faire face à la grogne causée par une fracture sociale qui ne l’inquiète nullement aujourd’hui où il est suprêmement armé jusqu’à ironiser sur l’action française qui l’a ramené au pouvoir. Quant aux biens mal acquis, Sassou Nguesso qui n’a jamais eu une seule parcelle avant 1968, se dit être traité comme tout fonctionnaire de l’État congolais, il ne détiendrait aucun patrimoine en dehors de ses nombreux enfants qui possèderaient des maisons en France ou en Europe, alors qu’ils n’ont pourtant jamais travaillé et dont il est fier de leur contribution pour son bien être actuel. Fauché comme un rat d’église, Sassou Nguesso est prêt à défier toute personne physique ou morale qui lui contesterait sa vérité, jusqu’auprès d’une juridiction internationale mais, refuse qu’un des siens ne soit trainé devant une autre juridiction autre que celle du Congo qui ne reçoit que son ordre pour prononcer son verdict.

Fier de s’être donnée une ville à l’image de Louix XVI, Sassou Nguesso parle aussi de son village Oyo qui se situerait aux alentours du campement des pêcheurs, au passage de la barge sur l’Alima. Ce qui est très intéressant dans le passage qu’il a réservé à sa mère qui a toutes les mérites que toutes nos braves maman, c’est de ne pas suivre tous ces bons conseils que chaque congolais a reçu de ses parents à savoir :

1- Ne pas voler. Or, il est le plus grand voleur du pays, qualité qu’il a transmise aux siens en toute impunité;

2- Ne pas tricher. Là aussi, notre khani national excelle sans adversaire, pour le confondre, il suffit de voir comment réussi-t-il à éliminer tous ceux qu’il juge hostile à ses plans : Ntsourou est le dernier qui ne puisse pas me contredire.

3- Ne pas mentir. C’est l’une des qualités qu’un enfant ne peut même pas lui reconnaître tellement que mentir est l’un de ses meilleurs poisons pour atteindre sa plus grande qualité : tuer autrui qui ne lui donne même pas la chair de poule.

Enfin, Denis Sassou Nguesso a beau faire valoir la menace de ne pas :

- restituer les restes de De Brazza sous prétexte de changer la dénomination de Brazzaville, Sassou qui se moque aussi des membres de l’explorateur colonial qui ne savaient pas où se reposait leur ancêtre, lui qui ne veut pas montrer aux enfants Massamba Débat où a t-il laissé les restes du Président;

- avoir peur de la justice française qu’il veut traduire auprès d’une juridiction internationale alors qu’il refuse de faire valoir ses droits qui sont garantis dans ce pays;

Sassou Nguesso qui veut se servir du pétrole congolais et des autres richesses de ce pays, a aujourd’hui une grande peur de se sentir abandonné par la France de Hollande qu’il cherche à séduire qui à laisser comme dans le passé, 92% de la production du pétrole et toute recherche dans ce domaine, pour demeurer au pouvoir par tous les moyens, l’âge et la Constitution ne lui faisant plus peur maintenant qu’il est sure de prouver qu’il serait né en 1955, lui qui est rentré dans l’armée en dessous de ses 10 ans.

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Mon cher Mbiki, voici la vérité :

-1) Neutraliser Ntsourou afin de l’empecher de dire avant lui tout ce qu’ils connaissent tous les deux ;

- 2) Personne au Congo pays n’a la carrure de déstabiliser son régime aujourd’hui ou tous les acteurs qui lui faisaient ombrage ont tous disparus (a citer entre autre : Kikanga, Diawara, Kibouala Nkaya, etc….).

En tout cas c’est vrai car Sassou est convaincu qu’aucun des ces officiers superieurs des forces armees et de la police qu’il a forme et ils les a promi aux grades superieures comme Ntsourou, ne peuvent pas lui faire face, il en est de toutes les fonctions civiles aussi.

-3) Depuis leur arrive au pouvoir en Juillet 1968 le parcours politique du Congo n’a ete trace que par lui après s’etre rejouit de reconnaitre que l’assassinat de Marien Ngouabi don’t les circonstances n’ont jamais ete elucidees depuis qu’il avait reussi a tuer sans vergogone le President Massamba Debat et le Cardinal Emile Biyenda, deux grandes figures originaires du Pool qui lui ont ete d’un grand couvert aupres de la population Nord en general, particulierement kouyou avec le slogan : Bakongo ba bomi Marien

- 4) Yhombi Opango le boukouteur qu’il a laissé remplacer le guide n’était qu’un jouisseur qu’il a vite renversé sans problème, Thyster Tchikaya et Jean Pierre Ngombé, membre influents de l’État major spécial étant vite écartés par la confiance qu’il avait gagnée de Jean Michel Bokamba Yangouma qui avait la maîtrise des travailleurs et ouvriers affiliés à la CSC l’unique syndicat du pays.

- 5) Il était devenu le roi et, le meilleur préfet que la France n’avait jamais eu au Congo après Félix Éboué

- 6) Sassou Nguesso est fier d’avoir appris le communism ( bien que n’avoir jamais étudié en URSS ou dans un pays de l’Est sous le contrôle de l’Union Soviétique), qui lui a été et lui reste d’un grand secours pour faire face à la grogne causée par une fracture sociale qui ne l’inquiète nullement aujourd’hui où il est suprêmement armé jusqu’à ironiser sur l’action française qui l’a ramené au pouvoir.

- 7) Sassou Nguesso qui n’a jamais eu une seule parcelle avant 1968, se dit être traité comme tout fonctionnaire de l’État congolais, il ne détiendrait aucun patrimoine en dehors de ses nombreux enfants qui possèderaient des maisons en France ou en Europe, alors qu’ils n’ont pourtant jamais travaillé et dont il est fier de leur contribution pour son bien être actuel. Fauché comme un rat d’église, Sassou Nguesso est prêt à défier toute personne physique ou morale qui lui contesterait sa vérité, jusqu’auprès d’une juridiction internationale mais, refuse qu’un des siens ne soit trainé devant une autre juridiction autre que celle du Congo qui ne reçoit que son ordre pour prononcer son verdict.

- 8) Sassou est fier de s’être donnée une ville à l’image de Louix XVI, Sassou Nguesso parle aussi de son village Oyo qui se situerait aux alentours du campement des pêcheurs, au passage de la barge sur l’Alima.

- 9) Ce qui est très intéressant dans le passage qu’il a réservé à sa mère qui a toutes les mérites que toutes nos braves maman, c’est de ne pas suivre tous ces bons conseils que chaque congolais a reçu de ses parents à savoir :

a)- Ne pas voler. Or, il est le plus grand voleur du pays, qualité qu’il a transmise aux siens en toute impunité;

b)- Ne pas tricher. Là aussi, notre khani national excelle sans adversaire, pour le confondre, il suffit de voir comment réussi-t-il à éliminer tous ceux qu’il juge hostile à ses plans : Ntsourou est le dernier qui ne puisse pas me contredire.

c)- Ne pas mentir. C’est l’une des qualités qu’un enfant ne peut même pas lui reconnaître tellement que mentir est l’un de ses meilleurs poisons pour atteindre sa plus grande qualité : tuer autrui qui ne lui donne même pas la chair de poule.

Enfin, Denis Sassou Nguesso a beau faire valoir la menace de ne pas :

d)- restituer les restes de De Brazza sous prétexte de changer la dénomination de Brazzaville, Sassou qui se moque aussi des membres de l’explorateur colonial qui ne savaient pas où se reposait leur ancêtre, lui qui ne veut pas montrer aux enfants Massamba Débat où a t-il laissé les restes du Président;

e) avoir peur de la justice française qu’il veut traduire auprès d’une juridiction internationale alors qu’il refuse de faire valoir ses droits qui sont garantis dans ce pays;

- 10) Sassou desire demeurer au pouvoir par tous les moyens, l’âge et la Constitution ne lui faisant plus peur maintenant qu’il est sure de prouver qu’il serait né en 1955, lui qui est rentré dans l’armée en dessous de ses 10 ans.

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Mbiki de Nanitelamio - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso
20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 16:54
Congo-Brazzaville : Le train de vie fastueux du clan Sassou dévoilé par les enquêteurs français

Écrit par Moleki Nzéla

La folie des grandeurs du clan Sassou en France a été passée au crible par les enquêteurs de la police française. Le quotidien français " Libération " (16/12) y consacre sa Une.

Au bas mot, ce serait 60 millions d’euros, soit plus de 39 milliards de FCFA que le clan Sassou aurait consacrés dans la capitale française sur huit ans en achat de logements, bijoux, montres de luxe, boutons de manchettes... On ne parle pas de ce qui est dépensé en Chine, en Espagne, au Maroc, au Brésil, à Dubaï...

Plus de 5 milliards FCFA pour cette cabane de la fifille Julienne...

Une vingtaine de logements aurait été répertoriée dans Paris et à Neuilly Sur Seine.

Dans le clan Sassou, les plus dépensiers seraient Sassou lui-même, lequel aurait, rien que pour son habillement, acheté pour 1,18 million d’euros (plus de 774 millions de FCFA) de costumes et chemises chez Pape (avec inscrites dessus ses initiales " DSN " pour Denis Sassou Nguesso..), une boutique parisienne.

Son fils, Denis Christel n’est pas en reste. Il aurait dépensé 473 796 euros (plus de 310 millions de FCFA) en chemises car, selon un de ses proches « Il change de chemises trois ou quatre fois par jour, et se vante de ne jamais les laver et de les utiliser comme des kleenex »…

Les enquêteurs seraient tombés sur des factures du fiston de Sassou pour 257 000 euros (plus de 168 millions de FCFA) correspondant à des achats de chemises, de montres de luxe, de boutons de manchettes en or et pierre.

Un autre fou de la dépense : Jean Jacques Bouya. Il posséderait deux BMW et deux Maserati à Paris. C’est lui qui serait au cœur du système de corruption, selon Serge Berrebi, un créancier de l’Etat congolais. Et pour cause, le système de corruption se nourrit de surfacturation des grands projets. Or Bouya est justement chargé des grands projets du clan.

Dans le clan on n’oublie pas non plus Julienne Sassou, épouse Johnson. Elle est agent d’assurances mais surtout fille de son père. Lui et son mari auraient rénové depuis 2006 un hôtel particulier à Neuilly, sans emprunt, pour 8 millions d’euros (plus de 5 milliards de FCFA). Selon l’enquête, l’argent proviendrait d'une vaste opération de corruption sur la téléphonie au Congo…

Après toutes ces révélations, les Congolais n’ont plus que leurs yeux pour pleurer, et ils n'ont pas fini de payer, c'est-à-dire de se faire voler. Sassou le leur a d'ailleurs dit, avec franchise, lors de son discours aux « sages » Mboshi :“ Pour l’instant, à cette place [le fauteuil présidentiel, Ndlr], il n’y a personne pour me supplanter. Je vous le dis, cette personne à ce jour n’existe pas ! ”. On ne peut pas être plus clair.

Fermez le ban !

(Extrait de mwinda.org)

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Moleki Nzéla - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso
16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 19:50

Tout commence au cours d'un mois de mai 1997. Je parle de la calamité nationale. Des citoyens congolais sont assassinés à Owando pour une affaire de tipoye. Nous sommes le 9 mai 1997. Le Mbochi Sassou souhaite être transporté sur un tipoye par les Kouyou d'Owando. Mais le Mbochi Sassou sait que les Kouyou ne s'y plieront pas. Un scénario bien monté pour la suite des événements. Le prétexte pour...

L'on sait que dans les traditions ethno-tribales ancestrales Kouyou-Mbochi de nos compatriotes de la région de la Cuvette, cette exigence est considérée et regardée, aux yeux des Kouyou, comme un acte de soumission, de dénigrement et d'abaissement. Ce qui équivaut à un acte d'allégeance envers les Mbochi.

Devant le refus des Kouyou de se soumettre à cette humiliation, car pour eux c'en était une, un membre du convoi qui accompagne Sassou dans cette localité d'Owando ouvre le feu, tuant près de dix personnes. D'autres sources donnent le chiffre de douze tués.

Quelques jours plus tard, ne supportant pas l'affront qui leur est fait, la vindicte Mbochi contre les Kouyou suit son cours. Cette fois ça se passe à Oyo. D'autres Congolais, d'origine Kouyou, y sont assassinés, en guise de leçon. Est-ce une façon comme une autre de leur faire comprendre qu'un Kouyou n'est pas l’égal d’un Mbochi ? Qu'ils n'ont donc que le devoir d'obéissance et de soumission envers les Mbochi ?

Toujours au cours de ce mois de mai, en ma qualité de Représentant de l'Alliance URD-PCT et Apparentés (devenue entre temps URD-FDU) auprès de l’Union Européenne, au fait de ce qui se tramait, j'ai interpellé par courrier postal, courant mai 1997, M. Dominique de Villepin, alors Secrétaire général de l'Élysée. Ma lettre attend toujours une réponse. On peut donc y voir l'arrogance et le mépris. Mais sans doute vient-elle à pied. Il y a cinq cents kilomètres entre Paris et Strasbourg, la même distance entre Brazzaville et Pointe-Noire, une distance où, en France, les trains ne mettent plus que 2 h 20 minutes au lieu de quatre auparavant, et où là-bas, au Congo-Brazzaville, il faut une semaine pour la même distance, parfois plus, pour arriver à destination, dans l'un ou l'autre sens.

Bref, dans ma lettre de ce mois de mai 1997 à M. De Villepin, alors Secrétaire général de l'Élysée, j’écrivais : « (…) Telle que la situation se présente au Congo-Brazzaville, demain nous risquerons de ramasser des morts à la pelle... » (Fin de citation).

Hélas, je ne m'étais pas trompé. La suite est plus horrible et atroce qu'on ne pouvait l'imaginer. Pour preuve, l'existence de nombreux charniers et autres fosses communes non encore identifiés ni répertoriés, mais tenus secrets jusqu'à ce jour. Le peuple congolais et les familles des victimes ainsi suppliciées ont-ils le droit de savoir, connaître la vérité ? L’impunité doit-elle prendre le pas sur la transparence, le Droit, la justice ?

Un mort est inoffensif. Quand ou combien de temps faut-il encore attendre pour donner à ces malheureux compatriotes, victimes de la haine et de l'intolérance ethno-tribales, une sépulture digne de foi ? Les us et coutumes traditionnelles ancestrales commandent-elles l'humiliation du vivant jusque dans sa mort par assassinat ? La quête de la paix et de la réconciliation nationale doit-elle passer par ces ignominies-là ? Cette quête exige-t-elle l'impunité, l'oubli de tous ces crimes et l'effacement de ces charniers qui, pourtant, existent bel et bien ? Sans doute devons-nous attendre le feu vert de Paris, notre distributeur de pouvoir en Afrique, puisque toute accession au sommet de nos États découle de lui !

Préliminaires et signes avant-coureurs

Avant que la guerre commencée à Owando entre frères ethno-tribaux n'éclate au grand jour et ne se transporte à Brazzaville, à un moment où personne ne s'en doutait le moins du monde, le Bulletin Nord-Sud Exports, dans un article paru dans sa livraison de mai 1996, révélait que les Etats-Unis et la France auraient demandé aux deux protagonistes (Sassou et Lissouba) de limiter la guerre qu'ils devaient se livrer plus tard à la seule ville de Brazzaville et pas jusqu'à Pointe-Noire. Et pour cause !

Piège et prétexte pour déclencher la guerre

Au Congo-Kinshasa (RDC ex-Zaïre), la situation politique est très instable. L'Occident (États-Unis, Belgique, France), soucieux de la sécurité de ses ressortissants, dépêche en République du Congo-Brazzaville, des contingents armés dans le but de les exfiltrer, officiellement pour les évacuer, selon le terme consacré.

Aujourd'hui, du moins en Afrique, tout le monde sait ce que renferment exactement ces expressions. Prétexte ou pas pour justifier la suite, le non-dit ? Certainement, car jamais personne, sauf les commanditaires et leurs complices, ne le saura.

Advienne que pourra ! Le 5 juin 1997, les hostilités sont déclenchées. Mais, quelques jours avant l'attaque programmée, les contingents armés occidentaux, américains et belges, concertés ou pas, plient bagages, se retirent de Brazzaville. Ne reste que le contingent militaire français.

Ce jour-là, le 5 juin 1997, fort de son droit d'incarner, d'exercer et de faire respecter l'autorité de l'Etat, le gouvernement Lissouba, selon la version officielle, décide d'appréhender et mettre aux arrêts les auteurs des tueries d'Owando et Oyo. Les assassins présumés sont dans la résidence de Mpila de l'ex-président Sassou Nguesso.

Côté Sassou, on objecte : « Ce n'est pas pour arrêter quelqu'un qu'on m'a réveillé à 4 heures du matin. Les opérations de police obéissent à des règles précises qui n'ont pas été appliquées ici. Et qui a dit qu'Aboya et Engobo étaient chez moi ? Ils m'ont agressé et j'ai décidé de me défendre »[1].

Lissouba et son gouvernement savaient-ils qu'ils fonçaient, tête baissée, dans un piège tendu et mûri de longue date ? J'en doute fort, puisque certaines révélations venues plus tard, nous ont apporté la confirmation de nos doutes. Par exemple, M. Jean-François Probst qui, longtemps très proche de Jacques Foccart et de Jacques Chirac, à travers « Chirac, mon ami de trente ans »[2], nous éclaire sur ce qui s'était passé réellement et sur ce qui se tramait, pour leur plus grand malheur, sur le dos des Congolais, et sur la tragédie que devait connaître le pays. A ce sujet, il écrit :

(…) Jacques Foccart n'allait pas voir Denis Sassou Nguesso, Omar Bongo, Abdou Diouf ou Abdoulaye Wade. C'était eux qui venaient rue de Prony.

(…) A cette époque, Jacques Foccart m'avait confié pour mission de m'occuper de Denis Sassou Nguesso, le président du Congo-Brazzaville. « Est-ce que vous connaissez Sassou ? » m'avait-il demandé. J'avais connu le dictateur-président[3], alors marxiste-léniniste « pur » et dur, en 1982. Je lui avais rendu visite avec Jérôme Monod, à propos de la gestion des eaux de Brazzaville. Nous avions été reçus par un homme en costume gris, austère. J'avais pris connaissance de son dossier au Quai d'Orsay…

(…) Après une première « révolte des jeunes gens », Sassou et ses amis avaient amené au pouvoir un premier président marxiste orthodoxe, Marien Ngouabi. Et un an plus tard, ils l'avaient éliminé. Selon le dossier du Quai, Sassou avait été l'exécutant[4]. (…) Pendant toutes ces années, Denis Sassou Nguesso avait soutenu Chirac… A la suite de sa défaite à l'élection présidentielle de 1992, il était devenu un Africain en exil.

« Est-ce que vous lui donneriez un coup demain ? » m'a demandé Foccart. J'ai donc aidé l'ancien président à partir de la fin 1995 jusqu'à son retour au pouvoir en 1997.

(…) Il (Sassou) n'était pas interdit de séjour là-bas, mais ayant tenu le Congo d'une main de fer, il ne supportait guère l'idée de revenir dans un pays « démocratique »… Et puis, il avait pris des goûts de luxe, ce qui l'avait fait évoluer idéologiquement.

(…) En sous-main, Jacques Foccart ne lui avait pas retiré sa confiance. Au contraire. J'ai donc préparé son retour médiatique, en janvier 1997…

(…) Les élections ont donné l'occasion du coup d'Etat. L'histoire officielle dit que le président Lissouba a engagé un char contre la villa de Sassou, en réalité il s'agissait d'une provocation montée de toutes pièces par la milice Cobra. Sassou était de l'autre côté du fleuve Congo, avec des jumelles. Le président Lissouba (…) et sa directrice de cabinet, Claudine Munari, n'ont pas compris ce qui était en train de leur arriver et ils ont été renversés. En juillet 1997, la guerre a commencé. Les combats ont duré tout l'été. J'ai aidé le clan Sassou à revenir là-bas. Et je lui ai trouvé des armes au mois d'août 1997, après le décès de Jacques Foccart, à la demande de Pierre Oba, le ministre de l'Intérieur… Il fallait trouver de l'artillerie. Je n'ai jamais été marchand de canons, mais j'ai aiguillé Oba vers un spécialiste à Monaco. Et le président angolais José Eduardo Dos Santos a aidé Sassou à donner le dernier coup de reins…[5].

C'est un aveu, une signature. Incontestables. Mais les dénégations ne manquent pas malgré ces aveux, comme le refus de la repentance, par exemple.

Bref, pendant ce temps, que fait l'armée française restée à Brazzaville après le départ des contingents américain et belge ?[6]

Après l'évacuation des ressortissants occidentaux et autres étrangers de Kinshasa et de Brazzaville (version officielle), le contingent français se retire, laissant derrière lui un pays à feu et à sang, et abandonnant un peuple à son sort, à l’agonie, à la folie meurtrière d'un homme que la France, commanditaire des massacres humains qui s'ensuivirent, ne connaissait que trop bien[7]. Mais en prenant tout de même le soin de lui laisser son armement, toute sa logistique.

Au regard de ce qui précède, le reste, par exemple la situation en RDCongo-Kinshasa et l'évacuation des occidentaux provenant de Kinshasa, n'était donc qu'un prétexte, puisque la France n'a pas pris en charge les évacués de Brazzaville à partir de Kinshasa. Ceux qui suivent ce développement comprennent bien les enjeux commandés par la cupidité, l'avidité et la concussion au détriment et au grand mépris des vies humaines ainsi sacrifiées. Seulement voilà ! Bien que connaissant son homme lige quant à sa propension à la violence et aux crimes, Paris (la France) connaissait-elle les intentions profondes et les non-dits de l'homme qu'elle remettait au pouvoir au Congo-Brazzaville ? Nous pouvons répondre par l’affirmative, puisque dans ses mémoires posthumes publiés par Jeune Afrique (B.B.Y.), Foccart aurait confié à ses scribes « héritiers » que Sassou Nguesso était un homme dangereux et très rancunier, et qu'il doutait de ses capacité et volonté de rassemblement et de restauration de la paix et de la démocratie dans son pays.

Pour preuve, la demande de Sassou Nguesso adressée à Elf pour assassiner des opposants trop remuants et gênants[8].

Ceci confirme ce qu'avait déjà exprimé sur son lit d'hôpital à Paris, feu président Jacques Opangault, qui avait dit : « Tant que le petit au signe du diable sur le front sera toujours là, le Congo ne connaîtra jamais de paix, encore moins de réconciliation nationale »[9].

Jean-Claude Mayima-Mbemba

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N.B. :Si le président Lissouba n’a rien vu venir du complot qui se tramait contre lui et son régime, il est fort à parier que sa Directrice de Cabinet, Mme Munari, et son ministre de l’Intérieur, M. Martin Mberi, savaient ce qui se préparait et qui devait advenir. A bien y regarder, ils étaient les yeux et les oreilles de M. Sassou au sein du régime Lissouba. Si non, comment expliquer que M. Sassou les ait repris et nommés ministres dans ses gouvernements ? A chacun des Congolais d’y réfléchir.

[1] Jean-Pierre Makouta-Mboukou, La destruction de Brazzaville ou la démocratie guillotinée, L’Harmattan, Paris, 1999.

[2] Jean-François Probst, Chirac, mon ami de trente ans, Denoël, Paris, 2007, pp. 151-159.

[3] Au lieu de dictateur-président, M. Jean-François Probst aurait été mieux inspiré d’écrire : « Gouverneur Général Dictateur-Président » du Territoire Français du Moyen-Congo dit République du Congo.

[4]Pour plus de précisions sur l’assassinat du président Marien Ngouabi, Cf. Jean-Claude Mayima-Mbemba, Assassinats politiques au Congo-Brazzaville. Rapport de la Commission ad’hoc « Assassinats » de la Conférence Nationale Souveraine (25 février – 10 juin 1991). Tome 1, ICES, Corbeil-Essonnes, 2004

[5] Jean-François Probst, op. cit.

[6] Jean-Pierre Makouta-Mboukou et Jean-Claude Mayima-Mbemba, Les derniers massacres du Congo-Brazzaville, L’Harmattan, Paris, 1999.

[7] Cf. : Extrait du discours de Jacques Chirac à Luanda, le 30 juin 1998. Voir Chapitre XI ci-devant.

[8] François-Xavier Verschave, L’envers de la dette. Criminalité politique et économique au Congo-Brazzaville et en Angola, Agone, Marseille, 2001, p. 31.

[9] Propos tenu par le président Jacques Opangault sur son lit d’hôpital à Paris.

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Jean-Claude Mayima-Mbemba - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso
9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 17:42
Congo-Brazzaville : Mandela et Sassou Nguesso : quel héritage pour leurs peuples respectifs ?

par Marie-Louise ABIA

Mandela et Sassou : quel héritage pour leurs peuples respectifs ?

Face à toute décision, surtout dans les actions qui impliquent des destins présents et futurs de plusieurs générations, les choix des leaders sont d’une importance capitale

Mandela, cet homme noir africain, devenu icône international, cet apôtre de paix et de réconciliationqui a pu se regarder dans le miroir jusqu’à la fin de sa vie, a, lui aussi, été confronté à des dilemmes de choix.

Aujourd’hui oint et encensé, presqu’à l’unanimité, par la planète tout entière, il est utile de se rappeler et de garder en mémoire que ce même Mandela, a été étiqueté « terroriste » par ses oppresseurs et leurs alliés, pour avoir défendu les droits de son peuple ; prononcer son nom ou porter sur soi une image de lui étant ainsi considéré comme un crime et sévèrement puni par la loi sud-africaine d’alors.

Cet homme qui a connu une géhenne et une humiliation indicibles, a pourtant su puiser au plus profond de son âme meurtri, pour trouver la force et la sagesse de se faire violence, afin de serrer la main qui l’opprimait, la main qui opprimait son peuple, la main qui saignait cruellement l’âme de l’homme noir.

Par cette attitude pacifiste d’une grandeur inouïe et d’une sagesse divine, Mandela a libéré aussi bien l’oppresseur blanc que l’opprimé noir, jetant ainsi les bases de la construction d’un Etat arc-en-ciel. Bien que l’on ne puisse pas encore affirmer que cet Etat arc-en-ciel soit devenu une nation véritablement homogène, il est indubitablement évident qu’à l’instar de Martin Luther King et bien d’autres héros noirs, Mandela lègue à son peuple – et à l’humanité tout entière – un héritage inestimable.

Comme tout leader responsable, Mandela a dû faire des choix qui n’étaient pas toujours du goût de son peuple. A-t-il eu raison d’agir d’une manière et pas d’une autre ? Seule l’histoire pourra apporter une réponse adéquate à cette question. Aujourd’hui, l’humanité tout entière se contente de s’unir à la douleur du peuple arc-en-ciel d’Afrique du Sud, pour célébrer la vie d’un héro, l’entrée dans la légende d’une icône.

Mandela dit Madiba, cet africain qui a dirigé son pays avec un immense soutien et une incommensurable bénédiction de son peuple, était auréolé pour une présidence à vie. Pourtant, après seulement un mandat, l’Homme a délibérément cédé sa place pour redevenir un simple citoyen heureux d’avoir accompli sa mission, entrant ainsi, involontairement, dans l’histoire éternelle des Grands Hommes de l’humanité.

Plus qu’un symbole, Mandela devient une grande école pour les dizaines de chefs d’Etats africains qui pataugent dans le noir et qui se cherchent encore.

L’Afrique est grande, vaste et variée, mais le destin des populations négro-africaines est unique car tous les noirs d’Afrique souffrent d’un même fléau : leurs propres dirigeants.

Pour ne pas avoir à citer tous les dirigeants africains, le cas de Denis Sassou Nguesso, le président de la République du Congo, suffira, à lui seul, pour illustrer ce fléau continental.

Porté au pouvoir le 5 février 1979, à l’issue d’un coup d’Etat, Denis Sassou Nguesso dirige le Congo d’une rigide main de fer, depuis plus ou près de trois décennies. Originaire du nord du Congo, d’ethnie mbochi, ce président a transformé la République en un clan où seuls des individus mbochi, ou ressortissants du Nord, peuvent jouir des richesses du Congo. Pour rendre ceci possible, Denis Sassou Nguesso a instauré et institutionnalisé un système de nomination aux postes clés de la République selon des critères tribaux ; l’on peut ainsi constater qu’en République du Congo, tous les secteurs socio-politico-économiques, civils et militaires, sont, dans leur grande majorité, dirigés par des individus mbochi ou des cadres originaires du nord qui lui sont infantilement soumis. Cette injustice s’étend également sur l’éducation et la formation des congolais car les bourses d’études et de formation étant inéquitablement octroyées aux Congolais.

Le peuple congolais, dans sa grande majorité, subit silencieusement la terreur et la tyrannie d’un homme et ses sbires qui sont prêts à tout pour réprimer, par tous les moyens, y compris par l’élimination physique, toute forme de revendication des citoyens congolais opprimés.

Face à cette tyrannie qui n’est autre qu’une dictature, la fissure socioéconomique est palpablement criarde dans tous les coins du Congo, plus de 30% de la population active étant au chômage, les populations congolaises étant même privées de la simple eau potable.

Au regard de la situation du Congo, le bilan primaire et non-erroné qui pourrait être établi à vue d’œil, par n’importe quel observateur – même le plus naïf – serait le suivant :

- Manque d’eau potable, les populations se contentant de l’eau parfois insalubre des puits ou de pluie

- Manque d’électricité, délestages fréquents

- Système éducatif totalement en ruine

- Système sanitaire inadéquat

- Manque d’infrastructures de bases

- Manque d’emploi, etc.

L’homme n’étant pas éternel, Denis Sassou Nguesso sera bien contraint de tirer sa révérence un jour ou l’autre, comme vient de le faire Mandela.

Quand arrivera ce moment, les Congolais pourront-ils sincèrement dire que le Congo vient de « perdre le plus grands de ses fils » ?

Quel héritage Sassou Nguesso lèguera-t-il aux Congolais ? Lui qui s’est évertué, toute sa vie, à semer et à entretenir la manipulation et la division des Congolais, à perfectionner l’art et la manière de soumettre et de traumatiser les Mbochi et autres nordistes, en les obligeant à se sentir solidairement coupables de ses crimes personnels, à développer la culture du crime, de l’incivisme, de la corruption et de la cleptomanie, à dépénaliser TOUT crime au Congo, à officialiser et promouvoir la délinquance la plus notoire.

Quel héritage lèguera-t-il ?

Serait-ce son fameux discours tribaliste et criminel à l’endroit de ses mbochi dans lequel, les liant à ses propres crimes, il les condamnait à mort en déclarant :

« Je vais maintenant vous dire que la paix à laquelle vous croyez n'est que superficielle, votre paix ressemble au repos d'un prisonnier dans sa prison. La guerre que vous avez gagnée vous a seulement écarté du danger, mais ce danger continue à menacer, et aujourd'hui je constate que c'est même pire.

Je vous interpelle tous, pour notre survie, notre futur est noir… S'il m'arrivait de mourir à 11 heures, sachez qu'avant 15 heures, on ne parlera plus du nord tout entier. Tous nos villages seront brûlés, tous nos nordistes de Brazzaville comme ceux de Pointe-Noire mourront dans les 3 heures qui suivront ma mort.

Donnez-moi donc vos enfants, j'ai besoin d'hommes pour assurer votre survie. On ne peut pas toujours compter sur les troupes étrangères, nous devons compter sur nous-mêmes d'abord. Je lutterai aux côtés de mes enfants comme je l'ai toujours fait depuis juin 97.

Je ne fuirai jamais, je lutterai avec vous jusqu'à ma dernière goutte de sang.

Les jeunes hommes iront dans les casernes, les jeunes filles apprendront les armes ici sur place à Brazzaville. Je vous exhorte à plus de vigilance et de courage.

Je vous remercie…» ? Discours prononcé par Denis Sassou Nguesso le dimanche 21 mars 1999 à 9h, au dispensaire Marien Ngouabi situé au croisement Rue Ossio et avenue Talangaï, quartier Mikalou – Brazzaville, République du Congo

Serait-ce plutôt son allocution aux prétendus « sages » de sa contrée à qui il disait : « Pour le reste, je sais que le pays nous appartient à nous tous, mais…. Je ne suis pas encore fatigué… Si un jour Dieu lui-même me dit que c’est le moment pour moi de m’assoir (d’abandonner le pouvoir et me reposer), moi-même, je vous le dirai à ce moment-là ! Pour l’instant, à cette place (de président de la République), il n’y a personne capable de me supplanter. Je vous le dis, cette personne à ce jour n’existe pas ! » Propos tenus par Denis Sassou Nguesso, 11 mai 2012, lors d’une réunion avec les « sages » mbochi

Quel héritage Denis Sassou Nguesso lèguera-t-il aux Congolais ?

Marie-Louise ABIA

Ndlr : à Visionner une interview de Sassou Nguesso sur la chaîne de télévision LCI. A noter qu'on le sent moins à l'aise que devant les " sages " de son clan au point qu'il faut lui arracher les mots. L'émotion sans doute après la mort de Mandela...

Source : mwinda.org

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Marie-Louise ABIA - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso
8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 17:26

Si Mandela avait été Congolais, Sassou Nguesso l'aurait assassiné

Par RIGOBERT OSSEBI

Dieu merci, Nelson Mandela était né Noir en Afrique du Sud sous le régime de l’apartheid ! Merci Dieu, Tu ne l’avais pas fait naître Congolais… !

Si Nelson Mandela avait été Congolais, peu importe sa région, Denis Sassou NGuesso l’aurait tué !

Au Congo de Denis Sassou-NGuesso, la vertu est un péril. L’intelligence est suspecte car elle évolue bien au-dessus de son monde obscur totalement tourné vers les ténèbres. Il jalouse plus que tout le charme et le charisme chez autrui et celui qui, naturellement les affiche, signe automatiquement son arrêt de mort. L’intégrité, il ne la souffre pas. Quant au juste, il est par nature son ennemi et le courageux est un adversaire dont il finira, très perfidement, par avoir raison.

Si Nelson Mandela avait vécu au Congo, Sassou NGuesso l’aurait laissé sans travail, au moins, toute sa vie durant !

Pour s’en convaincre, il suffit de regarder autour de lui. A part les membres de sa famille qui, tous réunis, ne valent pas grand-chose ; les fourbes, les traitres, les incompétents notoires sont pléthores. Les moins que rien peuvent exulter, ils ne risquent pas de lui faire de l’ombre ; alors ils prospèrent, tout au contraire du pays qui s’enfonce inexorablement dans les profondeurs de tous les classements.

Le Congo a porté des hommes exceptionnels. Durant ces 30 dernières années, bon nombre d’entre eux ont été éliminés, assassinés ou ont disparu sur ordre du dictateur. Certains pouvaient être de la veine du regretté Madiba. Emile Biayenda avait été le premier Cardinal africain. Peut-être aurait-il été le premier Pape Noir ? Marien NGouabi avait été assassiné, dit-on, parce qu’il voulait rendre le pouvoir à Massambat-Débat.

Si Nelson Mandela avait fait de la politique au Congo, il aurait été traqué, au moins, comme une bête sauvage !

Monseigneur Kombo pouvait se flatter d’avoir évité toute dérive sanglante. On lui reproche aujourd’hui de ne pas avoir mis hors d’état de nuire ceux qui représentaient un véritable danger pour la démocratie. Les Sud-Africains blancs et noirs avaient sauvegardé la paix civile et s’étaient moulés dans leur citoyenneté arc-en-ciel, malgré tous leurs contentieux et leurs rancunes. Ce Peuple sud-africain multicolore était-il plus grand, plus évolué, plus humain que le Peuple congolais ? Ou bien les criminels, qui nous gouvernent, sont-ils plus haineux et néfastes que les pires afrikaners ou extrémistes de l’ANC ?

Si Nelson Mandela avait fait de la prison au Congo, Sassou NGuesso l’y aurait maintenu jusqu’à sa mort !

L’Empire du Mal au Congo depuis des décennies a eu raison de toutes les graines de Mandela qui, semées sur notre territoire, devaient s’épanouir et prospérer. Notre Dark Vador de l’Alima, entièrement moulé dans le satanisme et la sorcellerie, est à l’opposé totale de celui qu’il dit vénérer et dont il ne craint pas de s’afficher comme un prétendant naturel à sa succession. Mais cela ne relève que du délire de ses mercenaires propagandistes. Comme Staline qui se proclamait « Homme de la paix » et qui assassinait ses compatriotes par millions, Sassou NGuesso le boucher du Beach use de la même « réclame ».

Mandela avait pardonné à ses bourreaux et à ceux de son Peuple, mais il ne pouvait qu’afficher du mépris pour le putschiste assassin de Marien NGouabi. Il a toujours été distant envers ce dictateur sauvage auquel il n’accordait pas son légendaire sourire ni même une petite préface… ! Pas une rue, pas une impasse, en Afrique du Sud, porte le nom du boucher de l’Alima.

Le monde entier chante les vertus de Nelson Mandela, son intégrité, son intelligence, sa bonté, son pacifisme. Il avait ordonné à son Peuple de prendre « les armes, les couteaux et les épées et de les jeter à la mer ! » Sassou NGuesso va acheter ses armes jusqu’en Corée du Nord, il les stocke en plein milieu de quartiers habités et peu lui importe si elles explosent ; un Ntsourou sera toujours là pour porter le chapeau.

Nelson Rolihlahla Mandela nous a quittés pour prendre la place qu’il mérite aux côtés des Saints. Au côté de Gandhi. Au côté de Dieu.

Satan, lui, attend Sassou patiemment …. !

Par Rigobert OSSEBI

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Rigobert Ossebi - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso