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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 18:33
(Congo-Brazzaville) Quand pour survivre il faut le péril

MAVOUNGOU PAMBOU

Au beau milieu de l’aprè-midi, alors que les rayons de soleil dardaient moyennement, une tempête se leva soudain dans un ciel serein. En conséquence, les vagues commencèrent à grossir de manière fulgurante. Au village, un vent d’une violence inouïe sécoua les arbres. Une nuée de feuilles mortes accompagnée de poussière s’éleva dans l’air. Les cocotiers et palmiers centenaires, soumis à rude épreuve, oscillaient dangereusement au dessus des cases au rythme du vent, mais celui-ci était loin d’avoir raison d’eux, en dépit de sa violence. Ces arbres étaient d’une résistance remarquable, sinon légendaire. De l’Est, du côté du Mayombe, vint un nuage qui assombrit subitement Bwali. Un éclair fulgurant lézarda le ciel, illuminant ainsi la cité d’une lumière éblouissante. La seconde d’après, un grondement de tonnerre proche et assourdissant tonna. L’onde de choc fit tout vibrer au passage. Des poules effrayées, ayant trouvé refuge sous l’auvent des cases et pressentant le danger, caquetèrent instinctivement sur le coup.

Dans la forêt, les animaux pris de peur panique, couraient ça et là à la recherche d’un fourré où se blottir. Le pépiement des oiseaux s’était interrompu net, les singes s’étaient tus. On entendait plus que le hululement de la bourrasque dans son sillage à travers le feuillage. En maints endroits, des arbres cédaient du fait de la violence subie. Ce déchaînement intempestif des éléments était d’autant périlleux que les femmes dans les champs interrompirent les travaux et se hâtèrent de rallier le village.

A quelques encablures de là, en mer, la situation était intenable, car la tempête avait déclenché une houle. L’effet du vent impétueux avait fait perdre à la mer sa sérénité relative. Celle-ci prenait davantage du volume en se hérissant d’une multitude de mamelons mouvants, accentuant ainsi le roulis et le tangage. Pour les deux hommes, la partie de pêche démarée le matin leur avait rapporté quatres grosses prises : un tarpon, un barracuda, un merou et une carpe rouge. Quand le temps dégénèra, ils étaient aux prises avec un requin blanc de grand calibre que Bianiefa venait de harponner. D’ordinaire, la capture de ce poisson au comportement délicat et imprévisible se fait souvent la nuit, mais l’étoile de ces hommes fut telle qu’ils en ferrèrent un en plein jour. Le squale, des profondeurs abyssales, se débattait au bout du harpon à la corde duquel s’étaient fermement agrippés les deux hommes, après avoir donné du mou par moment, du fait des à-coups de l’animal. Ainsi, par intermittence ils effectuaient une traction suivie d’une pause. Il arrivait aussi que la traction inverse exercée par le requin traîne la barque sur une certaine distance. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils avaient affaire à un poisson manifestement combatif, doté d’une défense peu commune, s’avouant difficilement vaincu et qui du reste procura une forte impression aux hommes. La lutte fut âpre entre ce poisson à l’identité particulière et les pêcheurs. Cette pêche au requin fut particulièrement éprouvante. Aussi, non seulement les mains s’en ressentirent tant la douleur était lancinante, mais ils en furent presque éreintés.

Mais leur tâche fut rendue plus pénible à cause du vent turbulent et des lames de fond qui grossissaient de plus en plus au fil des minutes, faisant tanguer dangereusement et sans cesse le frèle esquif. Ce qui malgré tout n’entama guère la hardiesse des hommes. Lors d’une ultime traction ils se rendirent compte que le requin n’opposait presque plus de résistance. Il devait avoir perdu beaucoup de sang et fut cependant gagné par la fatigue. Le poisson réapparu à la surface dans un tourbillon, à quelques dizaines de mètres. Quand il fut près de la barque, le redoutable squale paru ménaçant: de ses puissantes mâchoires il déploya machinalement des dents acérées à tout vent. Sa queue, frétillant nerveusement, battait l’eau, éclaboussant ainsi les deux hommes. Bivuda lui assena un coup de massue sur la tête, alors que Bianiefa tenait fermement la lance dont la pointe comportait une double entailles dont l’autre partie formait un crochet ; laquelle lance avait transpercé le flanc de l’animal au niveau des branchies. Il s’immobilisa net. Les hommes le hissèrent non sans difficulté dans la barque, car il était de loin le plus gros poisson de leur partie de pêche et surtout d’un poids considérable. Ils regroupèrent tous les poissons au milieu de la pirogue, rangèrent les cordes et les lances, et entreprirent de regagner la terre.

Le déchaînement des éléments était tel que les deux hommes devaient redoubler de vigilance et se montrer attentifs aux mouvements à effectuer, car la moindre négligence pouvait s’avérer fatale pour eux. Mais, en dépit de toutes ces précautions, ils subissaient de plein fouet la furie des vagues. Aussi la barque, considérablement alourdie par le poids des poissons, se mouvait péniblement. De manière permanente, elle chevauchait une crête à l’autre tout en piquant du nez, surfant vers des creux abrupts tel un bolide. La récurrence de ces vagues, qui avaient démesurément grossi, induisait un rythme quasiment infernal. La barque était sécouée dans tous les sens. Ces incessants assauts des vagues étaient une véritable terreur digne à flanquer l’effroi, du moins à délencher le mal de mer à plus d’un. Mais les deux hommes, habitués qu’ils étaient à ces démentielles trépidations, démeurèrent étonnamment froids devant le danger. Il n’en demeure cependant pas moins vrai que flirter avec le péril ne manque pas de générer de la peur, mais il fallait la réprimer, afin de donner libre cours à l’entrain et surtout au courage.

Un rouleau d’amplitude singulière se profila soudain derrière eux. La pirogue fut soulevée à une hauteur telle qu’en amorçant la dénivellation elle se retrouva presque en biais par rapport à sa trajectoire. Bianiefa alors qu’il tentait de la redresser d’un vif coup de pagaie, l’eau déferlant de la crête buta voilemment contre le flanc de la barque qui donna dangereusement du gîte. Et une bonne quantité d’eau s’y engoufra. Le choc déséquilibra l’embarcation. La brutale sécousse fit arracher presque simultanément un juron à chacun des hommes.

-a a a bàkúlúé ! “Mes ancêtres !” Lança Bianiefa.

-tátà ándì ! “Mon père !” Hurla Bivuda en écho.

En fait, ceci n’était qu’une façon, en ce moment critique où ils côtoyaient la mort, de solliciter les ancêtres afin qu’ils interviennent pour conjurer le mauvais sort qui planait sur eux. Face à cette terrible situation, les hommes demeuraient inébranlables quant à leur foi en la capacité protectrice et salavatrice des divinités et mânes. Ils avaient également intériorisé le fait qu’on ne transige pas avec les forces de la nature instilant le mal. Aussi étaient-ils résolus à faire preuve de dépassement de soi, allant jusqu’à braver farouchement les éléments.

Bivuda, précipité, manqua in extremis de passer par dessus bord. Il s’affala sur le ventre vers la proue en s’aggripant instinctivement à l’un des flancs de la pirogue d’une main ; la pagaie qu’il eut le reflexe de ne pas lâcher se trouvant dans l’autre. Bianiefa chut sur son séant dans la barque même, mais sans le moins du monde avoir perdu le contrôle de celle-ci. Bivuda, après s’être redressé, s’accroupit et écopa l’eau avant de se remettre à ramer. Partout, les vagues ourlées d’écume déployaient leur incessant et sinistre ballet.

Lorsqu’ils furent à quelques kilomètres de la côte, il se mit à pleuvoir. La pluie tomba drue, tout en rafraîchissant considérablement le temps. Ce qui eût pour effet d’exacerber une situation déjà extrêmement tragique. Comme pour dire qu’un malheur n’arrive jamais seul. Par conséquent, Bivuda devait presque en permanence, écoper l’eau de la pirogue entre quelques coups de rame. Ce surcroît de peine lui fit arracher une exclamation :

nzííngù cíkúúmbù yínnwáánà ábù tí n’káámbà sélééngù.

“Je me bats avec un léopard, c’est alors qu’apparaît une meute de magnans!”

Comme pour dire jamais un sans deux. Ceci était le cri de l’homme face à ce qu’il considérait comme une injustice des plus incompréhensibles et intolérables. Devant cette mésaventure infernale, générée par une perturbation tous azimuts des éléments, ne pouvaient-ils pas croire que la nature s’acharnait contre eux? Il fallait à la fois lutter contre un vent impétueux, une pluie torrentielle, des vagues à vous flanquer le vertige et un froid à vous laisser transi en vous sapant en même temps le moral. Et ceci se comprend bien quand on sait que les hommes n’avaient rien comme vêtement au dessus du nombril. De manière générale, au Loango la tenue vestimentaire des hommes n’était constituée que d’un kilt quand ce n’était qu’un simple pagne en raphia ceind autour de la taille et couvrant essentiellement la partie inférieure du corps.

En fait, la situation telle qu’elle se présentait, il était bien évidemment question de vie ou de mort. Les hommes en avaient la pleine mesure. Pour eux l’épreuve était d’envergure. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils firent preuve d’un sang froid sinon étonnant, du moins déroutant. Leur intrépidité ne fut, par conséquent, ébranlée en rien. La farouche volonté de vaincre et l’esprit de survie dont ils arborèrent leur permirent de braver les éléments et d’être à la hauteur de l’adversité, mieux ils se surpassèrent dans cette épreuve. Une telle attitude illustre à souhait la devise :

líbà lí nsítù líyúkà yí mbáásù.

“Le palmier de brousse est habitué au feu.”

On comprendra que cet arbre, contre toute attente, survit à la redoutable et périlleuse épreuve du feu de brousse qui dévaste tout sur son passage. Mais ce qui est frappant dans l’histoire, c’est qu’après s’être tiré à bon compte d’une situation, qui autrement se serait avérée fatale pour lui, le palmier, arbre providentiel quant à la civilisation considérée, continue à pourvoir aux besoins vitaux des hommes. Cette expression est manifestement une mise en exergue d’une philosophie existentialiste selon laquelle: la souffrance constitue sinon un tremplin, du moins un terreau sans lequel le devenir, l’avenir ne saurait s’élaborer. En somme, la vie est souffrance. L’acceptation de celle-ci constitue une condition sine qua non de l’aboutissement des projets que l’homme s’assigne dans la vie et de son ascenssion ou de sa promotion sociale. Vue sous cet angle, l’adversité ne saurait être perçue comme une fatalité encore moins comme une mauvaise chose en soi.

L’accostage était une ultime épreuve. Il fut rendu d’autant plus redoutable et dangereuse qu’il y avait une marée haute ponctuée d’une houle. Des rouleaux écumants particulièrement rapprochées les unes des autres se succédaient et allaient se fracasser à proximité de la plage dans un grondement assourdissant. Ici, en tous temps les pêcheurs doivent savoir jouer sur le registre de la patience et surtout être davantage sur le qui-vive, car la moindre inattention peut entraîner des conséquences graves. Ce qui renvoie à l’image d’une calebasse pleine d’un liquide précieux qui se brise en arrivant sur le seuil de la case. Malgré tout, les deux hommes, ayant mis leur ingéniosité et leur expertise à contribution, parvinrent à gérer la situation à bon escient et finirent par accoster. La vague déferlante sur laquelle ils firent surfer la barque jusqu’au rivage ne manqua tout de même pas de l’innonder d’eau. En somme, de cette partie de pêche pour le moins périlleuse, on retiendra une chose essentielle: des hommes à l’âme batailleuse survécurent à la furie des éléments. Des miraculés, on aurait dit, sans nulle doute.

Quelques voisins, qui s’inquiétèrent de leur sort, vinrent à leur rencontre, en dépit du temps qu’il faisait, leur prétèrent main forte à vider l’eau de la barque, qu’ils allèrent par la suite placer plus loin sur la plage à l’abri des flots. Le gros requin blanc, poisson de choix à la chair savoureuse, fut mis en quartiers sur place afin de faciliter son transport. Le groupe d’hommes, chacun avec un fardeau de poissons emballés dans des palmes de rônier, prit le chemin de retour pour Bwali sous une pluie battante.

Extait de : Kamangu, le roi thaumaturge (à paraître 2014).

René Mavoungou Pambou

N’tu mbali syalulu wutama Lwangu

“Le libre penseur qui déclame Loango”

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René Mavoungou-Pangou - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT
15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 19:07
Henri Lopès n'aura pas l'OIF convoitée

Nous savons que le futur successeur d'Abdou DIOUF au poste de Secrétaire général de l'OIF (Organisation internationale de la francophonie) s'appelle Bertrand DELANOE, le désormais futur ex-Maire de Paris; ce qui veut dire, en termes beaucoup plus clairs, que Monsieur Henri Marie Joseph LOPES a beau s'agiter, il ne sera jamais Secrétaire général de l'OIF (Organisation internationale de la francophonie).

Bien entendu, nous ne pouvons que nous en réjouir car enfin, ce poste échappera définitivement à Monsieur Henri Marie Joseph LOPES et donc au contrôle du vieux dictateur sanguinaire et corrompu congolais Denis Sassou Nguesso.

En effet, il aurait été vraiment dommage de porter à la tête d'une organisation aussi prestigieuse un homme si lâche et sans aucune envergure comme Henri Marie Joseph LOPES, qui voue une fidélité sans limite à un vieux dictateur sanguinaire et corrompu et à ceux-là mêmes qui ont assassiné son neveu Bruno OSSEBI, journaliste franco-congolais, brûlé vif dans sa maison avec sa femme et leurs trois enfants. Son épouse et leurs trois enfants sont morts dans l'incendie et lui sera finalement achevé dans son lit d'hôpital (à l'hôpital militaire de Brazzaville) la veille de son évacuation sanitaire en France.

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Bienvenu Mabilemono - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT
15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 11:36
(Congo-Brazzaville) Théophile Obenga, le griot du Roi Denis 1er d'Oyo

À celles et ceux qui ont, peut-être oublié, qui est Théophile Obenga, veuillez trouver ci-dessous sa lettre d’allégeance au Roi Denis 1er d’Oyo parue dans la Semaine Africaine n° 2890, du mardi 5 mai 2009. Qu’est-ce qu’il y avait en 2009 ? Qu’est-ce qu’il y aura en 2016 ? Vous avez tout compris. Le griot sort et chante toujours quand il sait que son hôte est prêt à délier la bourse.

Par Nassimina Mêrii

***

Le président Denis Sassou Nguesso : un nouvelle épithalame pour le Congo.
par le Professeur Théophile Obenga.


Peut-être avec un havenet incomplet, je m’expose à un risque de propos délibéré, en tentant une esquisse de portrait du président Denis Sassou Nguesso. Tout haut responsable aux grandes charges publiques peut avoir son portrait décrit à larges traits par des concitoyens historiens, biographes ou hagiographes. Or à l’origine, l’hagiographie elle-même fut une branche de l’histoire religieuse. A bien voir, le problème à réflexion est l’habitude du train-train qui, parfois, obscurcit l’entendement. Même le portrait le plus éloquent n’est jamais qu’n simple fragment éluvial d’une roche.

Le Président Denis Sassou Nguesso, admet-on de façon générale, est « twèrè », mot de l’idiome mbochi qui signifie tout à la fois : sage, pondéré, attentif, méticuleux, serein et endurant.

Sa personnalité est aussi faite de méthode rigoureuse, de persévérance, de détermination, sinon de volontarisme. Il apparaît froid, sévère, imperturbable et même imperméable. Cependant, l’homme est profondément sensible, plein de compassion, généreux, affable, tendre et affectueux. Il a un réel culte de la famille, de la parenté, de l’amitié, de la camaraderie. Un puissant sens d’écoute est naturel chez lui. Il hait, au plus haut point, la fourberie, l’hypocrisie, la duplicité. Il a un sentiment philosophique du beau (musique, littérature, architecture, habillement). Il est très éloignés des partisans de Bacchus.

Sassou Nguesso a fait de la rigueur sa norme familière. Il est strict, régulier et ponctuel, même lorsqu’il lance un trait d’humour. Les danses traditionnelles congolaises le comblent de joie, surtout la virile danse èkongo.

Il soigne, assiste avec son aimable épouse à des veillées mortuaires. Il console veuves et orphelins avec raison et sagesse. Il soulage les malades. Il sait pardonner, récompenser ou sanctionner avec clairvoyance et justice. IL relativise le mal qu’on lui fait, car il s’estime responsable numéro un du pays et qu’il ne doit que faire prévaloir l’intérêt général.

Quand le Congo, à maintes reprises, s’est emporté, sans frein, comme une mer tempétueuse, le président Denis Sassou Nguesso, officier général des Forces armées congolaises, est intervenu et a mis fin, avec fermeté est intelligence, à l’explosion subite et violente de la passion politique de ses compatriotes.

De cette façon aussi, il assuma la haine et le ressac de la Conférence nationale et souveraine en 1991. On ne brandissait alors qu’un manuscrit unifolié contre celui qui fut « l’homme des actions concrètes».

Comprenons. Quand la dite « bêtise humaine » manifeste crocs et becs, avec une aveugle intransigeance, Sassou Nguesso, lui, montre au contraire, au grand jour, « l’intelligence humaine ». Heureuse antithèse pour la marche en avant du Congo ! Mais la position du twèrè est historiquement la meilleure et la seule avantageuse pour le Congo.

Tout considéré, le président Denis Sassou Nguesso a fait de la paix sociale un ensemble de principes sur lesquels il fonde et construit sa politique :
- la paix, en lançant divers grands travaux pour la modernisation et le décollage socio-économique et scientifique du pays ;
- la paix, en édifiant un Etat où la règle démocratique prévaut : gestion, administration, justice sociale, solidarité nationale, santé, formation, urbanisation, alimentation, communication, sécurité et défense ;
- la paix en faveur de l’unité et de la solidarité à l’échelle continentale panafricaine, en vue de la construction de l’Etat fédéral africain devant les grandes masses géopolitiques et géostratégiques américaines, européennes, asiatiques, islamiques, etc ;
- la paix, dans le monde où apparaissent de nombreux nouveaux défis à dimension planétaire : défis financiers, défis nucléaires, défis alimentaires, défis climatiques, défis écologiques, défis énergétiques, défis culturels et spirituels, philosophiques et théologiques.

Diriger le Congo, c’est aussi, en même temps, diriger l’Afrique et le monde. Il n’y a pas de « petit pays » ni de « petits chefs d’Etat » pour cela, car ce sont les concepts, les idées, les imaginations, les analyses et les actions pratiques concrètes qui gouvernent l’humanité contemporaine.

Cette paix, si indispensable, est basée elle-même sur une philosophie de l’espoir. L’espoir est synonyme de pensée ouverte sur l’avenir. S’il pense, réfléchit, demande avis et conseil, gouverne, oriente, guide, instruit, décide et agit avec confiance, c’est qu’il a espoir que le peuple congolais vaincra ses majeures difficultés. Tel est Denis Sassou Nguesso, militaire, politique, stratège et philosophe de l’espoir.

Les êtres humains vivent leur vie. La paix, la confiance en soi – ce que les philosophes appellent « la certitude soi » – et l’espoir sont des valeurs qui ne passent pas. Elles amènent le changement, mais elles ne s’altèrent point.

Pour juillet 2009, tous les candidats, à ce qu’il me semble, sont expérimentés, valables, dévoués, compétents et patriotes. Mais, il y a ersatz et ersatz. Ainsi, toute élection, surtout une élection présidentielle, requiert pondération, jugement et choix motivé. La ré-élection du président Denis Sassou Nguesso, en ces temps durs dans le monde entier, serait encore le meilleur choix : un magnifique épithalame pour le Congo.

Prof. Théophile OBENGA.

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Nassimina Merii - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT
12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 18:32
[Congo-Brazzaville] Sassou-Ntsourou : Pour le respect du principe du contradictoire

Par OLIVIER MOUEBARA

TSOUROU MARCEL ET SES GEOLIERS

Il est de notoriété publique que la médiocrité est devenue la norme au Congo. Sassou-Nguesso en est l’artiste qui l’a élevé au rang des beaux arts.

Révolu le temps où la faculté de droit de Brazzaville était le laboratoire d’idées avec des conférence-débats de qualité.

Les juristes d’alors regrettent feu Grégoire Mavounia, empoisonné par une main invisible à Brazzaville; Nestor Makunzi-Wollo, décédé il y a quelques années à Paris; Jean-Claude Mavila également décédé à Paris; Cheik-Oumar Diarrah qui aimait débattre et qui a loyalement servi son pays le Mali aux Etats-Unis, Loko Balossa, spécialiste en droit aérien, qui aimait dire à ses étudiants: »le juriste est comme une éponge. Quand on le presse le droit doit couler ». Enfin, Félix Bakounda-Mpélé, en exil forcé en France.

Les recrutements ethnicistes à la faculté de droit de Brazzaville ont considérablement fait baisser le niveau de ce qui était encore considérée comme notre fierté nationale.

Il y a quelques années en arrière, ces juristes respectables auraient publié des écrits à valeur doctrinale pour rappeler au dictateur Sassou-Nguesso, l’exigeance du respect du principe du contradictoire en droit pénal.

Au Congo du dictateur Sassou-Nguesso, la justice est sabordée, laissée entre les mains de l’incompétent-colonel André Oko Ngakala, et de l’impétueux Aimé Emmanuel Yoka. La dictature et le droit ne font pas bon ménage.

Comme l’affirmait Oppetit, le «principe du contradictoire est une réponse à l’exigence supérieure de l’idéal de justice». C’est un élément indispensable permettant à une juridiction d’avoir la qualité de tribunal. Ce principe permet aux parties de présenter à la juridiction leurs points de vue respectifs. Les parties au litige ont également le droit d’avoir accès aux informations qui sont en la possession de leur contradicteur.

«Les procès politiques à la sauce Sassou-Nguesso étant jugés avant d’être instruits», le principe du contradictoire est un «principe directeur du procès en vertu du quel nulle partie ne peut être jugée sans avoir été entendue ou appelée». Le principe du contradictoire peut être entendu comme la traduction juridique du bon sens populaire «qui n’entend qu’une cloche n’entend qu’un son».

Depuis la capture de Marcel Ntsourou le 16 décembre dernier, les médias aux ordres du dictateur d’Oyo peinent à justifier cet acte musclé, qui a rappelé aux congolais déjà meurtris, de sombres souvenirs. Jusqu’ici, Marcel Ntsourou est illégalement détenu dans un cachot, sans avoir la possibilité de communiquer avec ses avocats.

Seulement, le droit tout entier est justement «l’art du contradictoire». Tout raisonnement juridique est un débat contradictoire, puisque le droit est la science de la contradiction à la différence des autres sciences exactes ou sociales, dans lesquelles «un problème ne saurait normalement comporter qu’une solution».

Ayant instauré le «mbéba» au Congo, c’est-à-dire le désordre, le dictateur-inculte Sassou-Nguesso ignore que l’ordre public est un ensemble des règles obligatoires qui sont édictées dans l’intérêt général. Ces règles sont impératives, c’est-à-dire que l’on ne peut pas en écarter l’application. Comment peut-il le savoir alors que seul l’intérêt familial et ethnique le préoccupe?

Trois principes impliquent trois droits au respect du contradictoire:

- Les parties doivent pouvoir connaître tous les documents qui vont servir à la prise de décision. Ce qui implique que le juge ne peut pas condamner une personne(Marcel Ntsourou) sur le fondement d’une pièce qui a été ignorée des parties.

- Le secret procédural n’est pas opposable aux parties(Marcel Ntsourou): cela signifie que Marcel Ntsourou doit pouvoir accéder au contenu du dossier le concernant.

- Le principe du contradictoire implique le droit de comparaître. Adepte de la fumée noire, il est hors de question pour le dictateur Sassou-Nguesso d’organiser des pseudo-procès, à l’image de celui des disparus du beach.

Au moment où Maître Eric Dupont-Moretti s’apprête à rejoindre les défenseurs de Marcel Ntsourou, l’espoir du respect des droits de la défense renaît.

Sans débat contradictoire, il n’y a en effet pas de réelle défense. Le plein exercice du droit de la défense est un principe fondamental qui domine l’ensemble du procès depuis l’acte introductif d’instance(charabia pour l’inculte Sassou-Nguesso) jusqu’au jugement définitif.

Bête noire des dictateurs, avocat depuis 1984, Maître Eric Dupont Moretti se définit ainsi. «Le temps d’une affaire, j’entre dans la vie de mon client et j’utilise la mienne pour le défendre au mieux. J’arrive dans les villes dont je ne connaîtrai que le palais de justice, ma chambre d’hôtel me sert de bureau. Quand c’est fini, le remballe et repars pour une autre préfecture. Cette vie-là, je l’ai choisie et je l’aime».

Portera t-il l’estocade au dictateur vieillissant et finissant de Mpila?

Les congolais sont amorphes depuis plusieurs années. Privés de leurs droits fondamentaux, ils n’osent braver le dictateur Sassou-Nguesso, pendant que des poches de résistance à toutes les dictatures voient le jour dans certains pays africains.

Fatalisme ou résignation? Telle est la question qui se pose. Le droit et le respect de ses principes sont les fondements d’une société. Les méconnaître en les bafouant comme le fait le dictateur d’Oyo depuis 1997 est insupportable.

Dans ce décorum étouffant, le respect du principe du contradictoire ne se limite pas seulement à la capture de Marcel Ntsourou.

Dictateur et criminel depuis trente ans, Sassou-Nguesso semble oublier la plupart du temps que le crime, pour reprendre l’expression de Robert Badinter, c’est aussi «le lieu géométrique du malheur humain».

Olivier Mouebara

LES PHOTOS DU CARNAGE AU DOMICILE DE MARCEL TSOUROU

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Olivier Mouebara - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso
11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 19:51
[Congo-Brazzaville] Le calife en majesté

Par Dina Mahoungou

Le Congo Brazzaville aujourd’hui ce sont quelques pantins désarticulés, un décor de carton et une cour aux mains du calife et l’arrêt est rendu !

Maharadjah de la forêt vierge bien repu, c’est un roteur avec ses grands hoquets. Le roi fait participer généreusement les Congolais à son règne, c’est sa chose, c’est sur son repos du septième jour qu’il a créé son monde.

Avec un bonheur instantané qui lui sourit, à chaque matin qui s’éveille le général Président est toujours aux commandes. Ce diable brouillon et fureteur, avec une traîtrise constante, ce goinfre s’est installé dans son mensonge, s’y complait et s’y repose.

Dans sa position de calife, il voit le fond des âmes et des corps de tout Congolais où qu’il soit. Le chef a cette clairvoyance qui lui vient des abîmes, c’est un absolu à tout point de vue. Son rire hénaurme, il est la faune, la flore, il se transforme selon la légende en astérie, en polypier, en lunule.

Mais comment donc ? Lui résister ne sert à rien ? Les vagues jugements qu’il porte sur les uns et les autres sont d’autorité, ce qu’il décide sur ses ouailles est parole d’évangile. C’est à lui seul de rétablir la vérité. Il a assassiné la conscience de milliers de gens ; la fascination de l’abominable.

Il plane à mille coudées au dessus du pays. Nos bla-bla-bla, nos furies selon ses proches sont de petits événements sans lendemain, il a des couilles en or, il assoit son fondement sur son trône avec majesté et la servitude continue.

Son œuvre n’est pas encore achevée, il est attentif à tout, ce serait folie de lui demander davantage. Il use de son autorité de créateur pour nous distiller la tranquillité des esprits et nous payons les frais d’occupation. On nous demande seulement de ne pas nous résigner tout de suite. Nous sommes des cancrelats sans pattes, et nous nous obstinons stupidement à monter sur l’arbre. Nous sommes libres de nos passions, ce n’est pas compliqué à comprendre.

Mais voyons chers compatriotes, dit le roi, assumez le rythme de votre destin ! La honte pour ce pays est un fragment de nos propres vies perdues. Le calife est diabolos « étant ce qui divise », il transgresse la norme dans un but évidemment curatif. Sa morale n’est pas fondée sur le repentir, il ne regrette rien. L’orgueil des autres n’est pas assez fondé pour remplacer le sien. Le calife n’est ni coupable ni tourmenté et n’a aucune volonté pour réparer ses fautes. Un petit peu arrogant quand même, avec ses bouffées de colère, ces vengeances terribles, il pète, c’est un délicat.

C’est le festin des loups, le système opportuniste, il ne demande jamais l’avis des autres, détruire le pays fait partie de sa conscience esthétique. Le roi adore le mal dans toute la délectation morose du criminel. Commandeur en chef, il est fier comme un pou. Ce génie du mal ne lèvera aucune ambigüité jusqu’à la fin de ses jours. Les tentatives d’exploration dans son univers s’invalident l’une l’autre. Il est le héros de son propre objet, comme s’il planait au dessus de l’espace et du temps. Il couve en lui les pulsions de vie, de destruction et de mort.

Dans ses palais où circulent à toute heure des pénitents noirs, les lieux de sévices sont clos, se rapprochent de l’étrange. Il y a tout ce qui relève de l’interdit : les cachots, les serrures, les grottes, les oubliettes, les souterrains, les galeries. Son appétit de vice est presque utérin. D’où surgissent ses crimes de masse monstrueux, dans son imagination pure ?

Ceux qui l’ont vu de près parlent d’un regard monstrueux qui vous fait vivre dans l’attente d’une révélation, un regard en biais éminemment dramatique, des phobies du fantasque, un dépaysement de l’esprit, le surmoi, un avatar profane horrible, comme si nous étions dans la répétition du temps passé. C’est la crainte, la pitié, l’âme en peine.

C’est un coquet, très entouré de sa pègre. Des finauds bien frottés aux échos, en fanfare, nous livrent un pays bousillé. Les citoyens comme des oiselets en cage, pleins de petits gargouillis. C’est mélangé comme cohue, une abomination rapace et sans pitié. Toujours présent à la barre, le calife qui est plein d’audace étourdie et encore, qui plus est, sacrificateur. Une ruse somnolente, des pirouettes. Exalté et méprisant, il jouit sur lui.

C’est un ressac de ténèbres, le calife. Un intempestif tout de même, un sans-cœur avec tous ses masques, ses rôles, ses vacheries. C’est en présence de son dessein sombre qu’il abomine le prolétariat fonctionnaire. Le fou lunatique et ses exactions sanglantes. Difficile de prévoir, de quoi demain sera fait ? Avec cette pourriture, le vrai fumier que c’est !

Dans ses palais, entouré de ses berdaches, le calife qui souffre de la manie de la persécution danse toute la nuit, dans tout le pays la misère mue. Dans ces images remuantes, c’est un être de confins. Dans ce foutu bled, y’a même pas un hublot pour respirer. Des petits chiards, des hideux, un esclandre, des petites misères, un champ de supplices, tout en habileté, le calife dimensionne le phénomène de la destruction totale de la Nation, il a rompu toute promesse divine.

Le calife est ébloui, il aboie de joie, les citoyens du Congo à sa vue sont des statuaires, voire des figurines, des automates, des marionnettes réduites à l’état de choses.

Lui et ses affidés orchestrent un délirant ballet d’objets, la politique devient un univers des puissances infernales. Nous sommes voués à l’errance éternelle. Qui du peuple lèvera le petit doigt ? Chez ces gens-là réside un grand potentiel négatif. On a conduit, en toute conscience, tout droit, les vivants vers leur mort, une perception sépulcrale et dégoûtante de l’existence.

Dans toutes ces cruautés, ces abominations, le calife toujours la bouche cousue, muet comme une carpe et toute une réserve d’histoires inavouables, un moine prieur des blasphèmes, ce n’est pas un casse-cou, sa vraie vie nous glisse entre les doigts. C’est une infériorité avec beaucoup de maladresse qui arrive à survivre. C’est une conscience immergée qui ne pense à rien, nous pouvons comprendre le grand ressort de sa cruauté.

Dans le résidu de son animisme primitif, il adore le culte de l’empaleur. Il a fait allégeance à l’esprit du mal. Son statut hiératique, oculaire et vengeur témoigne d’une velléité démone et perfide. Dans une sorte d’errance fantomatique, l’agonie de Nosferatu est au terme de sa quête.

Dans la cour du calife, il s’en faut d’un rien pour que la tour s’écroule.

Par ses dépits, ses petites méprises, sa mégalomanie qui sont du reste rigoureusement établis, définis, c’est certain ce monstre nous mènera inéluctablement à la catastrophe finale.

Pas de tâtonnements, pas de lésineries, la vraie concision, on est dans le domaine du sinistre.

Toute sa volonté est enchainée sur l’irraisonnable et pourquoi son omnipotence durerait-elle ?

Cette quête absurde de destruction s’est-elle établie sur le plan de l’éternel ? Le général Président pour les pauvres hommes que nous sommes est-il un piège à temps ?

Un désarroi sans recours, est-ce une méprise ? Le calife n’abdiquera aucune de ses certitudes. C’est péché d’orgueil cet acharnement à vouloir demeurer le boss à tout prix.

La vie pour le calife se réduit à l’intuition pure de l’instant. Il n’a rien à justifier, il est le chef. Les Congolais sont fatigués parce que les événements sont déjà accomplis, l’espoir, la solidarité sont pour eux des poncifs surannés.

Un peuple chargé de fatalité irascible n’a aucun ressort pour dire non à la tyrannie qui l’étouffe et l’opprime. Notre abnégation accepte avec résignation la nature de la sanction. Nos réserves qui indiquent dans le vide …. La vie de Monsieur Denis Sassou N’Guesso est catastrophique par essence, le calife ne connait pas le bien, c’est un expérimentateur qui veut créer une contrée avec des consciences occupées et diriger (manu militari) les jugements psychologiques et moraux de ses personnages. Le calife excelle dans un sadisme préparatoire comme exercice gratuit de virtuosité.

Le Congolais s’est lassé, son quotidien est devenu son propre malheur. Le calife vit sa vie, par-delà les raisons qui entourent son mystère. Il est bien tranquille dans toute cette anarchie ambiante.

Ainsi, le mot liberté lui échappe.

Dina Mahoungou le 8 mars 2014

Ecrivain et journaliste médias

Auteur du roman : « Agonies en Françafrique » aux éditions l’Harmattan

Auteur du recueil de nouvelles : « Les parodies du bonheur » aux éditions Bénévent

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Dina Mahoungou - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso
11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 19:45
[Congo-Brazzaville/Guinée Equatoriale] Quand Sassou Nguesso complotait contre le président équato-guinéen Théodoro Obiang Nguema

Pétrole, espionnage et tentatives de coups d’Etat

Le pétrole dans le Golfe de Guinée depuis longtemps attise toutes les convoitises ; celles des grandes puissances, au travers de leurs petites et grandes compagnies et celles de nationaux, d’individus politiques ou militaires qui s’imposent toujours par la force afin d’en acquérir ou d’en conserver le contrôle.

Grâce aux révélations d’Edward Snowden, il y a peu, le monde entier, et les Européens en particulier, découvraient qu’ils étaient espionnés et écoutés par la NSA (National Security Agency). Sous couvert de la lutte contre le terrorisme, même les conversations des dirigeants de pays alliés aux U.S.A., comme celles de l’Allemagne et la France, n’échappaient pas à la règle. Ces écoutes étaient souvent guidés par des intérêts industriels et commerciaux. Des cris d’orfraie et de vierge effarouchée n’ont cessé d’être lancés suite à cette information, somme toute banale, par des dirigeants répartis sur tous les continents.

Pourtant à Brazzaville, dès le début des années 90, quelques rares personnes (dont étaient exclus Denis Sassou NGuesso et Pascal Lissouba) le savaient déjà. Dans le Golfe de Guinée, l’enjeu pétrolier était capital pour la première puissance mondiale. Ainsi les moyens d’écoute et de surveillance de la NSA permettaient de suivre les conversations que pouvaient tenir certains dirigeants de la compagnie pétrolière française ELF qui opéraient dans la zone. La technique utilisée était (et est toujours) celle de la « reconnaissance vocale ». Chaque voix humaine a ses propres caractéristiques et se distingue des autres comme l’empreinte digitale se différencie de toute autre. Chaque individu à sa propre « empreinte vocale » et peut alors être considérée comme unique. Les puissants ordinateurs de la NSA, connectés aux systèmes d’écoute, permettaient d’identifier toute conversation dès lors que la voix était « échantillonnée ». Ainsi, durant la longue traque d’Oussama Ben Laden, ce dernier se gardait bien de parler dans tout appareil téléphonique. Aux premiers mots qu’il aurait prononcés, les ordinateurs de l’Agence américaine l’auraient reconnu et localisé.

Ecoutes à Brazzaville

Depuis cette technique s’est vulgarisée et toute compagnie téléphonique, ou presque, serait capable d’y avoir recours à condition qu’on l’y autorise. Les derniers smartphones Samsung ou Apple, que vous avez dans votre poche, disposent de versions simplifiées. Il serait sot de ne pas croire qu’au Congo le dictateur ne s’adonne pas à cette pratique. Denis Sassou NGuesso, avant même qu’il n’accède au pouvoir, avait mis en fiches cartonnées tous les acteurs de la vie civile, politique et militaire. Ses informateurs étaient partout et au petit matin, l’apprenti tyran savait tout ce qui s’était passé dans la journée et dans la nuit précédentes. Aujourd’hui, la puissance des ordinateurs s’est considérablement accrue autant que leur taille s’est réduite. Les logiciels de « reconnaissance vocale » sont devenus abordables financièrement. Ainsi, tous les opposants reconnus ou potentiels ont été fichés et échantillonnés par leur voix. Même et surtout les proches de l’autocrate de l’Alima. Peu importe le téléphone, au numéro connu ou inconnu, qu’ils utilisent. Dès les premiers sons de voix émis, les enregistreurs se déclenchent et les services attachés à la présidence à vie peuvent alors établir un rapport précis des conversations.

Cette technologie, réservée à la première puissance mondiale il y a encore deux décennies, a été sans aucun doute possible acquise par le tyran congolais. Tous ceux qui pensent aujourd’hui, qu’en se servant d’un nouveau numéro de téléphone au Congo ou à l’étranger se mettent hors de portée du grand inquisiteur, se trompent lourdement. Dès que la voix a été « échantillonnée » nul ne pourra lui échapper dès lors que la conversation téléphonique se tiendra au Congo, en partira ou y aboutira. Quelques gadgets électroniques existent néanmoins qui peuvent modifier l’empreinte de la voix et il pourrait être judicieux de s’en prémunir si l’on veut pouvoir médire tranquillement du tyran ou œuvrer sereinement à son départ (qui ne saurait tarder)!

Miracle de nos pétrodollars, l’élève « qui parcourait 100 kilomètres à pied pour rejoindre son école » s’est mué en un James Bond de l’Alima et des tropiques, sans aucun fétiche, qui sait instantanément ce qui se dit contre lui dans le pays qu’il a conquis !

Elie Calil, Denis Sassou NGuesso et la tentative avortée du renversement de Teodoro Obiang

Dans ce même domaine des activités secrètes et des complots qu’il aime plus que tout, celle de la tentative de coup d’Etat à l’encontre de son « grand ami » Teodoro Obiang Nguema, le président de la Guinée Equatoriale vient de bénéficier d’un éclairage particulièrement intéressant.

L’instigateur de cette affaire était Severo Moto, le principal opposant du despote équato-guinéen. Réfugié en Espagne, il n’avait d’autre choix que de faire appel à une aide non-conventionnelle, celle de la célèbre société militaire privée : Executive Outcomes. Cette dernière dirigée par l’ancien officier des forces spéciales sud-africaines, Simon Mann, louait ses services à des compagnies pétrolières et minières principalement en Afrique Australe ainsi qu’à des Etats, comme l’Angola et la Sierra Leone. Ses employés étaient principalement d’anciens soldats et officiers sud-africains, de redoutables professionnels de la protection et du combat. En réalité, des mercenaires hautement qualifiés !

Le prix de l’intervention en 2004 n’était pas donné ! C’était 30 millions de dollars (15 milliards de FCFA) qu’il fallait mettre sur la table. Mais ce n’était rien face à l’enjeu que représentait la conquête d’un petit Etat qui s’affirmait comme un eldorado pétrolier. L’opposant équato-guinéen avait l’aval des autorités espagnoles qui souhaitaient remettre pied dans leur ancienne colonie. L’Espagne était disposée à reconnaître immédiatement Severo Moto comme le nouveau président de la Guinée Equatoriale dès la chute d’Obiang Nguema, mais ne voulait pas mettre la moindre peseta dans le projet.

Severo Moto avait alors besoin d’un financier et il le trouva en la personne d’Elie Calil, le milliardaire britannique d’origine libanaise né au Nigéria. Personnalité très connue et influente dans le monde pétrolier, l’homme d’affaires n’en est pas moins très mystérieux et ne s’est jamais exposé médiatiquement. De toutes les relations importantes du dictateur congolais, Denis Sassou NGuesso, il est la plus ancienne et la plus proche. Elie Calil est également réputé pour avoir une très grande proximité avec un important homme politique britannique, Lord Mandelson. Ancien Commissaire Européen et trois fois ministre dans le gouvernement de Tony Blair puis de Gordon Brown, il a été soupçonné d’avoir bénéficié d’arrangements particuliers avec Elie Calil. En juillet 2010, Lord Mandelson surnommé l’éminence grise du parti travailliste, libéré de sa position gouvernementale, se retrouva vite missionné par le dictateur congolais pour la recherche d’investisseurs étrangers. Peu de temps après, début 2011, il intégra comme Conseiller Senior la Banque Lazard, dont Matthieu Pigasse, neveu de Jean Paul, préside la branche française. « Le monde est tout petit pour Denis Sassou NGuesso et ses pétrodollars ! »

Apparemment dans sa tentative de coup d’Etat, Severo Moto avait trouvé une source nébuleuse de financement étonnement proche de Denis Sassou NGuesso. Il est à noter également qu’en Guinée Equatoriale les opérateurs pétroliers sont essentiellement Américains. Aucun d’eux n’opèrent au Congo et ceux présents au large de Pointe Noire (Total et ENI) n’ont pas eu accès à la Guinée Equatoriale.

La suite tout le monde la connait. Le projet élaboré par Simon Mann, le responsable d’Executive Outcomes échoua alors que l’avion qui emportait les hommes et les armes pour renverser le président Teodoro Obiang NGuema faisait escale à Harare au Zimbabwe. Selon Simon Mann, les USA étaient intervenus auprès des autorités de ce dernier pays pour leur arrestation dans le but de protéger leurs exploitations pétrolières et de lancer un dernier avertissement au despote équato-guinéen : « tu changes sinon la prochaine fois sera la bonne ! » Depuis les équipements et infrastructures dans le pays ont considérablement augmenté et la population vit dans de bien meilleures conditions que celles que l’on connaît au Congo.

Si l’Espagne était d’accord pour se charger de la reconnaissance d’un nouveau pouvoir en Guinée Equatoriale, quel pays africain allait en faire de même pour entrainer les autres Etats du continent dans cette même voie ? Et quels étaient ses intérêts ? N’était-ce pas le Congo-Brazzaville ???

Elie Calil, qui avait introduit Lord Mandelson auprès de Denis Sassou NGuesso, avait-il obtenu un concours financier à Brazzaville dans cette tentative de renversement du Président Obiang Nguema ? Cela aurait sans aucun doute permis de mettre fin à l’exclusivité de l’exploitation américaine en Guinée Equatoriale….

Rigobert OSSEBI

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Rigobert Ossebi - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso
10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 10:55
Congo-Brazzaville : Les verrous de la Constitution du 20 janvier 2002



Causes et Signes avant-coureurs de la Chute du Président Sassou Nguesso Si, pour les historiens, la colonisation portait en elle les germes de sa propre destruction, il en est de même du pouvoir du Président Sassou Nguesso.

En effet, de l’analyse de nos sources bien informées, quatre causes fondamentales l’empêcheraient de traverser le mur de son que représente l’année électorale 2016 :

1. Les verrous de la Constitution du 20 janvier 2002

Le premier ennemi des velléités du Président Sassou Nguesso de pérenniser son pouvoir, c’est la constitution, taillée à sa mesure le 20 janvier 2002.

A l’origine, cette constitution avait pour objectif de frapper d’inéligibilité tous ses adversaires politiques à savoir : Pascal Lissouba, Bernard Kolelas, André Milongo, Jacques Joachim Yombi Opango, Jean-Pierre Thystère Tchicaya, David Charles Ganao, Martin Mbéri, Nguila Moungounga Kombo, Ambroise Noumazalaye…

Aujourd’hui, alors qu’il remplit légalement les conditions d’inéligibilité, à l’instar de ses adversaires politiques précités, le Président Sassou Nguesso refuse pathétiquement la vérité constitutionnelle, en tentant d’éclipser le fait que le cycle historique a eu raison de ses calculs machiavéliques qui n’ont plus droit de cité dans le contexte politique actuel.

Il doit se résoudre à respecter la constitution de la République du Congo, qui, d’ores et déjà, le classe non-partant dans la course à la présidentielle de 2016.

En effet, la constitution voulue, au départ, par le Président Sassou Nguesso, et qui devient la volonté du peuple congolais depuis le referendum du 20 janvier 2002, pose trois verrous aux articles 57, 58 et 185.

Le premier verrou concerne la limitation des mandats. Selon l’article 57, le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de sept (7) ans renouvelable une fois. Le Président Sassou Nguesso qui achève son deuxième mandat est donc frappé d’inéligibilité relativement à la présidentielle 2016.

Le deuxième verrou prévu par l’article 58 vise la limitation d’âge pour les candidats aux élections présidentielles. Selon cet article, nul ne peut être candidat aux présidentielles s’il a plus de soixante-dix (70) ans le jour du dépôt de dossier de candidature.

Cette disposition frappe également d’inéligibilité le Président Sassou Nguesso qui aura ses soixante-treize (73) ans au cours des présidentielles de 2016.

Le troisième cadenas est placé dans l’article 185 pour verrouiller la constitution, la protégeant ainsi contre toute velléité de modification frauduleuse et donc de hold-up constitutionnel.

Cet article interdit strictement de modifier les dispositions concernant entre-autres la limitation d’âge et de mandats. En conséquence, le Président Sassou Nguesso n’a aucune marge de manœuvre pour modifier la constitution du 20 janvier 2002 relativement à la continuité de son pouvoir.

Les dispositions des articles précités sont impératives et non modifiables.

2. Le choix de la stratégie du legs « pater familias » du Pouvoir

Le Président Sassou Nguesso est à la croisée des chemins. Car, d’une part, ses relations avec l’Elysée traversent une période hivernale depuis l’élection du Président François Hollande. Ce dernier n’a probablement pas digéré son soutien à Nicolas Sarkozy aux présidentielles de 2012.

De ce fait, il apprend à ses dépens qu’il ne fallait faire fi des recommandations de son feu beau-fils le Président Omar Bongo Ondimba, consistant à soutenir les deux candidats admis au deuxième tour de l’élection présidentielle en France. Le Président Sassou Nguesso a commis l’erreur stratégique de ne soutenir que Nicolas Sarkozy.

En effet, il a certainement méprisé le candidat Hollande le comparant ainsi au « petit juge gauchiste » qui instruit présentement son dossier des biens mal-acquis en France. Aussi, faudrait-il ajouter, par-dessus le marché, l’orientation de la politique africaine du Président François Hollande vis-à-vis des vieux dirigeants du continent.

D’autre part, tous ceux qui ont contribué à le porter au pouvoir, quel que soit leur niveau de participation, revendiquent chacun le retour de l’ascenseur. Ces revendications sont légitimées par la Constitution qui met de facto hors circuit le Président Sassou Nguesso concernant la présidentielle de 2016.

Aussi, dans son cercle familial, les hostilités fratricides de succession sont d’ores et déjà ouvertes. Elles opposent, d’une part, les enfants (fils et filles Sassou Nguesso), et, d’autre part, les neveux (Jean-Dominique Okemba, Jean-Jacques Bouya et les Nguesso).

L’arrogance congénitale ne peut empêcher Jean-Dominique Okemba, Jean-Jacques Bouya et Edgard Nguesso de se présenter chacun dans les chancelleries comme « successeur désigné » du Président Sassou Nguesso, méprisant ainsi les lois de la République en matière d’alternance politique.

En effet, les délices du pouvoir conduisent ces arrivistes insatiables à penser qu’il s’agit du pouvoir de l’oncle et non celui du peuple souverain. Ils proclament la République tout ignorant ses critères et ses caractéristiques.

En réalité, ces neveux vivent comme des princes qui attendent avec avidité le départ du Monarque. De sorte que les enjeux conjugués de succession et d’élection de 2016 ne devraient concerner que les enfants et les neveux.

Tous ces faits troublent le Président Sassou Nguesso et le plongent dans un turn-over d’inquiétudes effroyables sur son sort politique et celui de sa succession éventuelle.

Cette épouvante l’a obligé de convoquer une réunion d’urgence et ultrasecrète avec ses enfants issus de ses œuvres, à l’exclusion bien évidemment des neveux.

Au cours de cette réunion familiale restreinte, le Président Sassou Nguesso a clairement précisé qu’il n’entendait pas propulser un neveu au pouvoir, qu’il s’agisse de Jean-Dominique Okemba, Jean-Jacques Bouya ou d’Edgard Nguesso. Mais, qu’il est obligé de modifier la constitution, qui passerait du septennat au quinquennat, afin de briguer un troisième mandat. Le tout dans le but de disposer d’un peu plus de temps pour préparer sa succession en usant des principes d’une dynastie, allusion faite à Denis-Christel Sassou Nguesso.

Dans cette perspective, il a reconnu d’avoir amassé assez d’argent avec ses enfants. En conséquence, ils pourront désormais engager des opérations de charme pour se faire désirer pendant les deux mandats restants.

Il est vrai qu’il n’est pas interdit de rêver, mais le dauphin quasi-désigné du Président Sassou Nguesso est avant tout un problème pour son propre clan.

En effet, Denis-Christel Sassou Nguesso est responsable de plusieurs cas de divorces dans sa famille. Messieurs Pierre Otto Mbongo, Rodrigues Nguesso, Denis Pouati, Nguesso Ambedet connu sous le nom de Kondzo, etc sont comptés parmi les victimes de sa volupté excessive.

Malgré des multiples recommandations familiales à la retenue, il ne se résout pas d’abandonner ces mœurs indésirables tant décrié par le clan, car, tel père tel fils !

Aussi, s’il est de notoriété que nul n’est prophète chez soi, en matière de pouvoir, cependant, il est nécessaire d’être soutenu d’abord par ses siens.

Or les mêmes parents reprochent à Denis-Christel Sassou Nguesso d’avoir une origine étrangère, et, de ce fait, créerait une hostilité auprès du souverain primaire, le Peuple congolais.

Au mépris de ce qui précède, l’ivresse du pouvoir a entrainé le Président Sassou Nguesso dans une cécité et surdité graves.

En effet, malgré la pléiade d’exemples que fournit l’histoire universelle contemporaine, il persiste à croire que le peuple est dupe, et, pis encore, comme le pensait son ami Kadhafi une bande des chiens, des rats, des souris …

Les maladies susmentionnées consacrent le chaos du Président Sassou Nguesso, qui souffle le chaud et le froid, en prenant des décisions parfois hasardeuses ou contradictoires.

Pour illustrer notre opinion, il a récemment envoyé à Cuba le Général de brigade Nianga Mbouala, en vue de négocier un accord devant permettre aux cubains d’assurer la sécurité du Président de la République.

Ironie du sort, ce dernier est démis de ses fonctions de directeur de la sécurité présidentielle par intérim (DSP)depuis Cuba et remplacé par le Colonel Serge OBOA précédemment limogé pour incompétence et inaptitude au commandement lorsqu’il était l’adjoint du Général Hilaire Moko alors DSP.

3. Le Pillage systémique des deniers publics

La spoliation des bâtiments administratifs et les détournements des deniers publics font partie des fondements du système de gestion Sassou Nguesso.

En effet, tous les bâtiments administratifs sont « rachetés » par des individus (congolais et libanais) proches du pouvoir, alors que le Trésor Public n’a jamais enregistré des recettes extraordinaires relativement à ces cessions.

Pour asseoir sa richesse et donc sa capacité financière de nuisance ou de manipulation dans le futur, le clan Sassou Nguesso a mis en place un système de détournement criard, scandaleux et déshonorant des fonds publics.

Les faits sont légions. Ainsi pouvons-nous citer les voyages présidentiels. Malgré les critiques acerbes de ses pairs africains le traitant de steward, le Président Sassou Nguesso ne peut s’empêcher de voyager même pour rien. Ses voyages constituent en effet un fonds de commerce particulièrement juteux du clan.

Lorsqu’il voyage, les agents de la Présidence de la République et du Trésor Public s’offrent une ambiance festive, car c’est l’occasion par excellence de sorties des fonds considérables et incontrôlés des caisses de l’Etat.

De retour au pays, le solde de ces caisses d’avance, représentant environs 90% des fonds libérés, ne retourne jamais au Trésor Public, mais alimente au contraire des comptes privés dans les paradis fiscaux.

A ce propos, Messieurs Jean-Dominique Okemba et Pierre Houdray (FIBA), spécialisé dans la location des avions, ont amassé une fortune colossale qu’ils ont placée au Bahamas, aux Iles Vierges Britanniques et en Finlande.

L’affaire est tellement juteuse et rentable que, récemment, le Président Sassou Nguesso a retiré ses opérations des mains de son neveu Jean-Dominique Okemba pour les confier désormais à sa fille Joujou Johnson. Cela confirme que Sassou commence à penser à ses propres enfants.

Chaque voyage du Président Sassou Nguesso coûte à l’Etat Trois (3) milliards de Francs CFA au minimum, pour les déplacements à l’intérieur du Pays notamment à Oyo.

Les contribuables congolais payent un chèque de cinq (5) milliards de Francs CFA au minimum, pour assurer les déplacements du Président de la République à l’extérieur.

Sachant qu’il voyage plus d’une cinquantaine de fois par an, nous ne vous laissons pas imaginer le désastre financier causé à la République du Congo au profit de quelques rapaces et au détriment du peuple qui manque le strict minimum vital.

Actuellement, certains agents du Trésor Public collectent des informations concernant la sortie massive et désordonnée des fonds publics, sachant que la situation les rattrapera plus tard.

Dans un tel contexte, il n’est pas étonnant que l’on assiste à la flambée des prix de l’immobilier (terrains, parcelles, bâtiments …) en République du Congo, alors que le pouvoir d’achat des congolais reste quasiment nul.

N’ayant aucune culture des affaires, ces rapaces paupérisent doublement la population en les privant même de l’essentiel, le droit d’acquérir une propriété. Car nos investigations révèlent que ce sont ces pillards qui fixent désormais les prix.

C’est-à-dire qu’ils proposent aux vendeurs les prix les plus élevés possibles afin de dissuader les autres prétendants à l’acquisition des biens concernés.

En conséquence, ces prix galopent et atteignent le milliard aux centres villes de Brazzaville et de Pointe-Noire, devenus des domaines réservés du clan Sassou Nguesso.

Il n’est donc pas surprenant d’observer que, tenant compte de la nature des immeubles qu’il construit, seul le clan Sassou Nguesso croit à l’émergence du Congo en 2025, alors que le peuple congolais croupit dans la misère.

4. La boulimie du bas de la Ceinture

L’usure du pouvoir a vraisemblablement fait perdre au Président Sassou Nguesso toute lucidité au point de se fourvoyer dans des problèmes sexuels avec sa famille, son entourage et ses pairs d’Afrique centrale.

Nous avons recueillis et vérifié que :

Au niveau du clan, le Président Sassou Nguesso s’arroge le « droit souverain » de déshonorer les femmes de ses frères et des membres de son entourage.

Ainsi, il s’est lascivement servi des trois épouses de Grand Momo (Georgine, Huguette et actuellement la jeune Brigitte). Ces idylles se sont soldées par des divorces.

Les indignés de la famille expliquent son impuissance face à son neveu Jean Dominique Okemba par le fait tout indigne que machiavélique qu’il s’offre aussi gracieusement les délices de la belle Georgette Okemba alias Maman GO ; de sorte que ce qu’Okemba veut, Sassou fait.

Marx et Engels nous enseignent que, lorsque le capitalisme traverse les frontières, il prend la forme la plus dangereuse, l’impérialisme.

En effet, après ce désastre causé par sa volupté, la boulimie jouissive du Président Sassou Nguesso traverse les frontières et prend la forme la plus ignoble et pathétique possible.

Ainsi, sans discernement, après avoir été convaincu par Guy Ngoya et Dominique Okemba à Dolisie lors des festivités commémorant l’indépendance de la République du Congo, il a voulu exercer son « droit souverain » à l’endroit de l’épouse du Président angolais Edouardo Dos Santos.

Cette attitude indécente, maladroite et indigne a créé un conflit avec le Président angolais Edouardo Dos Santos.

Sur instruction de son mari, l’Epouse du Président angolais est rentrée en catastrophe à Luanda, sans assister aux festivités auxquelles elle était conviée, gentiment et en toute confiance, dépêchée par son époux pour le représenter.

Nous pouvons mieux comprendre entre autres les raisons inavouées de l’envahissement du Sud de la République du Congo par l’Armée angolaise, mettant ainsi en péril la vie des paisibles citoyens.

De nos sources, ces reproches lui sont également formulés par plusieurs de ses pairs parmi lesquels le Président Idriss Deby Itno du Tchad avec qui les relations sont plutôt moroses actuellement. Ces faits divers qui n’honorent ni le Pays ni l’homme posent aujourd’hui un sérieux problème de sécurité de nos frontières.

En somme, le Président Sassou Nguesso ne doit pas réfléchir sur son sort. Car les peuples d’Afrique ont tranché sur la question d’alternance politique.

Il doit suivre l’une des voies suivantes : l’aventure d’Abdoulaye Wade et Laurent Gbagbo ou la sérénité de Joseph Kabila (car même Kabila qui est un enfant a eu l’humilité de se conformer à la constitution de son Pays, or l’enfant ne saurait être plus sage que lui).

Qu’il choisisse la voie de la paix pour le bien du peuple, car son mutisme est une stratégie politique qui le désert au final.

Qu’il se conforme aux dispositions de la constitution préservant les congolais d’une tragédie.

Qu’il se mette à l’abri de la Cour Pénale Internationale, sachant qu’il y a déjà la situation des disparus du beach !

PBL vox

(congo-vox)

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9 mars 2014 7 09 /03 /mars /2014 19:01
[Congo-Brazzaville] Sassou Nguesso : "Une semaine à Eilat pour acheter des armes"

par RIGOBERT OSSEBI

SASSOU NGUESSO : Une semaine à Eilat pour acheter des armes !

Il s’est bien déroulé un salon secret et « fantôme » de l’armement et de la sécurité du 26 février au 3 mars à Eilat en Israël. Exclusivement réservé au dictateur congolais, Denis Sassou NGuesso, et à un ministre algérien, leur présence en territoire hébreu était officiellement justifiée par une invitation au mariage de la petite fille de leur ami commun, Prosper Amouyal (« homme d’affaires franco-algérien, comme il aime à se faire appeler »). Le président israélien et Prix Nobel de la Paix 1994, Shimon Peres, était aussi de la partie. Pour bien montrer que sa présence à cette cérémonie était uniquement privée, il avait pris soin de prendre un vol commercial à classe unique économique de la compagnie Israir, au départ de Tel Aviv, accompagné seulement de cinq personnes pour rejoindre la cité balnéaire (voir article Jerusalem Post « Une leçon de démocratie et de respect du bien public pour Sassou NGuesso »).

Ce serait faire la pire insulte à ce vieux routier de la politique israélienne que d’affirmer qu’il n’était pas au courant que ces étrangers « illustres » étaient invités à ce mariage. Leur présence et leur rencontre à Eilat ne devaient rien au hasard et avaient été minutieusement préparées (et auscultées par le Mossad). L’industriel de la porcelaine et du cristal, Prosper Amouyal également proche d’Abdelaziz Bouteflika, a-t-il seulement servi de prétexte à cette surprenante assistance, ou bien a-t-il envisagé un développement de ses activités dans les domaines de la sécurité et de l’armement ?

A vrai dire pour cette dernière hypothèse le tyran de l’Alima, Denis Sassou NGuesso, n’avait nul besoin du marchand de vaisselle. Comploteur né, il disposait de l’imposant carnet d’adresses de sa complice et ministre Claudine Munari. Cette dernière, ainsi que Mireille Lissouba, entretenaient les meilleures relations avec les responsables des entreprises israéliennes qui s’étaient déployées sur le territoire congolais et particulièrement à Aubeville. Depuis 1998, après avoir réglé intégralement les vendeurs d’armes israéliens de Pascal Lissouba, Sassou NGuesso a veillé à entretenir avec eux de bons contacts. Pourtant sa sympathie naturelle et ses orientations politiques l’ont toujours porté à l’opposé de ces gens-là, vers les authentiques ennemis de l’enclave sioniste, vers ses associés du Hezbollah (à qui il a fourni des passeports diplomatiques congolais), vers l’Iran de Mahmoud Ahmadinejad, vers feu son frère Mouammar Kadhafi et Yasser Arafat ainsi que les terroristes de tous poils comme on a pu le voir dans « l’accident » du DC10 d’UTA parti de Brazzaville comme chacun le sait (1).

La bonne étoile de la mauvaise graine d’Edou a pourtant fait que, parmi les fournisseurs de notre « Professeur Tournesol » qu’il avait réglés, l’un d’eux en quittant l’Afrique est devenu le leader mondial de la sécurité d’infrastructures sensibles. Enorme business ! La réussite de cet officier supérieur de Tsahal (l’armée israélienne) ne manque pas de susciter des vocations chez ses anciens collègues qu’il encourage généreusement. Alors aux mêmes maux, les mêmes remèdes ; le dictateur congolais et le ministre algérien ont sans aucun doute trouvé à Eilat, les services et les matériels qu’ils étaient venus chercher… ! Ils auront ainsi de quoi faire face à toutes dégradations de la situation intérieure de leur pays dès que seront lancées les manœuvres et manipulations pour la conservation des régimes en place.

Abdelaziz Bouteflika, président de la République algérienne, envisage à 77 ans de « concourir » pour un nouveau mandat. Tant en Algérie qu’au Congo, les maintiens au pouvoir de Bouteflika et de Sassou NGuesso ne se feront pas sans heurt. C’est ainsi que l’idée a germé chez ces derniers que leur salut pourrait venir d’Israël ; la force de son renseignement intérieur et extérieur, la sécurité et la maîtrise de technologies nouvelles sont unanimement reconnues à l’Etat hébreu ! Restait à s’y rendre pour y faire son marché ! Quelques relations, des pétrodollars et le tour a été joué !

Outre l’hébergement dans le 5 étoiles Palace Herods d’Eilat, deux yachts de 60 mètres ont été mis à la disposition des invités de marque étrangers, pour leur permettre de négocier en toute discrétion et tranquillité. Le ministre algérien n’était escorté que de gardes du corps français. L’autocrate de l’Alima était accompagné d’une soixantaine de personnes débarquées de son avion, sans compter les émissaires qui l’avaient précédé, parmi lesquels figuraient Pierre Oba et des spécialistes de l’armement et du renseignement congolais. Rien à voir avec le mariage, aussi princier fut-il, qui s’était déroulé le 27 février dans le désert du Sinaï et avait nécessité près d’un mois de préparatifs. Pour la petite histoire Eran Schartzbard était le traiteur de l’évènement et Shimon Peres avait même officié au mariage religieux en prononçant la bénédiction de la Houpa (sous le dais nuptial). Caméras, appareils photos, smartphones ont été formellement proscrits.

A bientôt 91 ans, Shimon Peres est actuellement le chef d'État le plus âgé au monde. De quoi susciter la jalousie et la curiosité de Sassou NGuesso et du représentant de Bouteflika. On imagine aisément notre tireur à l’arme lourde du 16 décembre dernier à Brazzaville demander à son homologue israélien le nom du féticheur (même rabbin) qui lui a permis d’en arriver là.

Notre DAB (Distributeur Automatique de Billets) national s’est sûrement fait remarquer par un cadeau royal aux jeunes mariés ; sans aucun doute une grande enveloppe bourrée à craquer de billets de 500 euros. Mais peut-être aurait-il mieux fait de rapporter en Israël, à ses parents, la tête de l’instructeur israélien qui avait été découpée par les Cobras après le 5 juin 1997, mise dans le formol en trophée, puis des années après finalement enterrée dans la forêt de la Patte d’Oie à Brazzaville… !

Epilogue :

Denis Sassou NGuesso a quitté Israël le 3 mars. Dès le 4 mars, il a entamé une tournée, jusqu’au 13 mars, dans le Nord du pays. A Impfondo, il a retrouvé, outre Henri Djombo, Mamadou Dékamo et quelques autres. Il a rappelé à ses vieux amis qu’ils avaient « gagné la guerre » ensemble et qu’ils devaient à nouveau se serrer les coudes face aux gens du Sud qui veulent leur prendre le pouvoir. Après la Likouala, il ira à Owando chanter le même refrain.

Combien se laisseront prendre, une fois encore, à ce piège grossier ? Sassou NGuesso ne s’est pas trop étendu sur le « boom pétrolier » que le pays devrait connaître à partir de 2016. Il s’y produira alors de 700 à 800.000 barils/jours grâce aux gisements de Moho-Bilondo Nord de Total et de Nene du permis Marine XII d’ENI. Le Congo devrait alors ravir à la Guinée Equatoriale sa 3ème place des pays producteurs de pétrole de l’Afrique subsaharienne ? Combien voudront-encore tuer et se faire tuer pour Kiki et Coco ou se faire humilier par Juju ? Pas Marcel Ntsourou cette fois-ci, ni Okombi Salissa et de nombreux autres ! Même avec des armes et du matériel flambant neuf livrés par des Russes, des Chinois, des Nord-Coréens ou des Israéliens !

Rigobert OSSEBI

(1) Sassou NGuesso n’a jamais prononcé que le mot « accident » pour « l’attentat » du DC 10 d’UTA

L'un des avantages d'être un journaliste est d'apprendre à côtoyer et parfois serrer la main de dignitaires et de célébrités. Cela peut expliquer le fait que les journalistes sont moins excités que les autres membres du public quand des vedettes de l'actualité apparaissent soudainement dans leur orbite.

C'est ce qui s'est passé la semaine dernière lorsque la Reporter Santé et science du Jerusalem Post, Judy Siegel, s’était retrouvée parmi les passagers du jet Airbus de la compagnie Israir de l'aéroport Ben Gourion à Eilat. Siegel, qui se rendait à la station balnéaire du sud pour couvrir la conférence de la Société médicale de l'Association médicale d'Israël pour la prévention et la cessation du tabagisme, soupçonnait qu'il pourrait y avoir un passager VIP quand elle a vu les drapeaux nationaux à l'entrée de l'escalier menant à l'avion. Elle a également remarqué quand elle a embarqué, avec les membres de sa famille, que les deux premières rangées étaient vides.

Soudain, après que tout le monde ait embarqué, le passager VIP s'est présenté avec un petit cortège qui comprenait ses gardes du corps. Il n'était nul autre que le président Shimon Peres , qui allait à un événement privé à Eilat. Le président fit un signe aux autres passagers, qui l’ont applaudi. Certains ont même essayé de l'approcher, lui serrer la main et de lui parler, mais un des éléments de sécurité les gardaient à distance. Un garçon de sept ans a même utilisé l'excuse qu'il avait besoin d'utiliser les toilettes dans la partie avant de l'avion, mais les gardes du corps l'ont renvoyé à l’arrière.

Siegel - qui a rencontré Peres avant , ainsi que plusieurs de ses prédécesseurs et d'autres personnes de haut rang – l’a pris naturellement , mais la plupart des autres passagers étaient en extase. Beaucoup ont essayé de le photographier quand il est monté à bord, comme l'a fait Siegel, dans le cas d’un évènement qui arriverait en sa présence.

À la fin du vol de 38 minutes, on a demandé aux passagers de rester assis, mais comme c'est souvent le cas, tous dans l'avion se sont mis debout et ont dirigé leur smartphone ou appareil photo dans la direction du président, comme il s'apprêtait à débarquer et qu’il a souhaité à tous les passagers de bien s'amuser à Eilat. Siegel a été impressionné par le fait qu’avec ceux assis à l'avant, Peres avait ni demandé ni reçu de privilèges spéciaux, en effet, il s'agissait d'un avion d'une classe unique. Tout le monde a applaudi alors qu’ il a été emmené hors de l’appareil.

[Congo-Brazzaville] Sassou Nguesso : "Une semaine à Eilat pour acheter des armes"
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Rigobert Ossebi - dans Congo-Brazzaville PCT Sassou Nguesso
9 mars 2014 7 09 /03 /mars /2014 17:19
Tronçonnage des listes électorales au Congo de Sassou Nguesso

par Benjamin BILOMBOT BITADYS

Tribune libre

Les gesticulations et les tergiversations à coups de milliards de francs CFA auxquelles les populations du Congo-Brazzaville assistent depuis quelques années dans l’organisation des élections ne sont, à bien des égards, pas du tout drôles. Au contraire, elles sont dramatiques. Surtout, lorsqu’elles reçoivent le feu vert des formations politiques dont les leaders prônent, en théorie, l’alternance mais espèrent, en pratique, le statu quo. Dans l’esprit des Brice Parfait Kolélas, Hellot Mampouya, le changement ce n’est « ni maintenant ni demain. »

L’échappée solitaire de Sassou, du PCT et des épigones du « chemin d’avenir » à l’occasion des opérations post-électorales illustre le mot du général Mac Mahon prononcé à Malakoff lors de la guerre de Crimée en 1855 : « J’y suis. J’y reste ». La suite se décline généralement comme ceci : « J’y reste et j’y laisse ma peau ».

Aussi pour éviter des déconvenues, nos apprentis sorciers se livrent à des tripatouillages des listes électorales et au braconnage du découpage électoral. De ce point de vue, il y a bien longtemps que Sassou Nguesso, le PCT et les partis de la majorité présidentielle, avaient déjà perdu l’estime des populations du Congo-Brazzaville qui procèdent, à chaque scrutin, par la grève des urnes. Elles votent avec leurs pieds (le pied, un membre qui a aussi pour cible le cul des autocrates). Une belle façon de leur rendre la monnaie de la pièce de la démocratie.

Le nouveau corps électoral congolais

On savait que la démographie n’était pas une science exacte. On le sait encore plus quand cette science laisse peu de chance au contrôle méthodologique. Voici ce que la fabrique du corps électoral au Congo donne quand la science se fait sans conscience par ceux que Jean-Paul Sartre aurait appelé des « chiens » si l’auteur de « La Nausée », des « Mouches » et des « Mains sales » les avaient croisés :

- Département du Kouilou : 30.217 électeurs en 2014 contre 45.977, en 2007,
- Département du Niari : 96.231 électeurs en 2014 contre 115.635 en 2007,
- Département du Pool : 92.824 électeurs en 2014 contre 118.297 en 2007,
- Département de la Bouenza : 112.894 électeurs en 2014 contre 154.536 en 2007,
- Département de la Likouala : 121.881 électeurs en 2014 contre 77.057 en 2007,
- Département de la Cuvette : 121.213 électeurs en 2014 contre 78.022 en 2007,
- Département de la Sangha : 60.622 électeurs en 2014 contre 42.869 en 2007,
- Département de la Cuvette-Ouest : 44.412 électeurs en 2014 contre 36.499 en 2007,
- Département des Plateaux : 116.913 électeurs en 2014 contre 87.295 en 2007. (Source : Meraf Ossebi in zenga-mambu .com)

Ça se passe de commentaires

Bref : le Nord est plus peuplé que le Sud. C’est la nouvelle géographie que le Chemin d’Avenir nous impose. En l’espace de sept ans la population du secteur de L’Alima a proliféré comme des mouches.
En vérité cette distribution méthodologiquement orientée "septentrion" est conçue en fonction d’un syllogisme : comme le Nord vote comme un seul homme pour le candidat Sassou, comme Sassou est le seul candidat déclaré du Nord, donc Sassou succédera à lui-même en 2016.

Ça donne la nausée

Même si la guerre a fait des ravages dans le Pool, la Cuvette (vaste étendue forestière) ne peut pas battre à plate couture la région qui abrite la capitale Brazzaville, ni celle qui porte la capitale économique (Le Kouilou) ou encore le Niari et la Bouenza qui logent Dolisie. C’est un truisme de dire que ce tableau sent la manipulation à cent kilomètres à la ronde. D’où vient-il que la Cuvette ait gagné plus de 50.000 habitants en sept ans ? La Likouala avec ses 121.881 en 2014 contre 77.057 en 2007 a-t-elle bénéficié de l’octroi de la nationalité congolaise aux réfugiés rwandais ? Or le syndrome « yaka noki noki » ayant fonctionné dès l’aube de l’ère Ngouabi, le moins qu’on puisse dire c’est que le Nord illustre logiquement un vide démographique abyssal. En somme, dans ce tableau, l’exode rural dont sont coutumières les sociétés désindustrialisées du Nord est un indicateur qui joue en faveur de la densité démographique. Inouï non ? Chronique d’une escroquerie électorale annoncée, cette nouvelle distribution est également l’avant-propos d’une augmentation des tensions politiques sur fond de révision constitutionnelle en 2016.

Sassou pense à son avenir

Denis Sassou Nguesso souffre de voir son mandat à la tête du Congo-Brazzaville s’achever en 2016. Lorsque l’on pose la question à Sassou Nguesso : « Allez-vous vous représenter en 2016 ? », le silence est d’or. A deux ans des échéances présidentielles, aucun candidat du PCT n’a été désigné pour succéder à Sassou. La question est dans tous les esprits des adhérents de cette chapelle politique. D’où les velléités de modification de la Constitution de 2002 prêtées au locataire de Mpila. Si, Sassou Nguesso et les épigones du « chemin d’avenir » ratent leur passage en force, le Congo-Brazzaville sera un modèle pour les autres pays d’Afrique. Sassou Nguesso qui a les mains sales en a conscience. La modification de la Constitution qu’il souhaite proposer au Parlement est une réponse à l’angoisse qu’il a de terminer son deuxième et dernier septennat à la tête du Congo-Brazzaville et de répondre devant la justice internationale des chefs d’accusation sur les disparus du Beach et les biens mal acquis (BMA). Faute de sursaut populaire, à l’exemple de l’Ukraine, le Congo-Brazzaville sera devenu un contre-modèle des pays africains épris de justice, de liberté, d’alternance et de démocratie.

Benjamin BILOMBOT BITADYS.

Notre commentaire

Même l'opposition à Sassou, autoproclamée " républicaine " (sic), s'étonne des tripatouillages du recensement administratif par ce dernier. Ainsi M. Tsaty Mabiala de l'UPADS fait observer ce qui suit :

« Plutôt que de faire mieux que ce qui a été réalisé en 1997 et qui n’a donné lieu à aucune contestation technique, le Recensement administratif spécial de 2013 ne permet pas d’atteindre l’objectif principal de cette opération, à savoir : l’établissement des listes électorales fiables, crédibles et incontestables qui garantissent la maîtrise du corps électoral.

Au contraire, le Recensement administratif spécial 2013 risque d’être une source de conflit, car comment expliquer que le district d’Enyelé, par exemple, ait 28.012 électeurs, pour une population, en 2007, de 21.193 habitants ? En réalité, pour atteindre ce corps électoral, en 2013, Enyélé doit avoir entre 52.000 et 58.000 habitants.

Le district de Liranga présente un corps électoral de 17.139 électeurs, pour une population, en 2007, de 11.287 habitants. Alors que ce corps électoral correspondrait à une population de 34.278 habitants. Enyélé et Liranga, pour ne citer que ces districts, auraient alors, en six ans, plus que doublé leur population. Et c’est curieusement le cas de bien d’autres districts et départements qui sont listés sur notre grille de lecture.

Comment comprendre que les départements de la Cuvette et de la Likouala, avec une population totale, en 2007, de 156.044 habitants, pour le premier et 154.115 habitants, pour le second, aient, en 2013, un corps électoral de 121.213 dans le département de la Cuvette correspondant à une population d’environ 242.000 habitants et 121.881 électeurs, pour le département de la Likouala correspondant à une population d’environ 243.000 habitants, six ans après le recensement général de la population et de l’habitat de 2007».

(Extrait Mwinda)

Tronçonnage des listes électorales au Congo de Sassou Nguesso
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Benjamin Bilombot Bitadys - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT
6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 10:14
(Congo-Brazzaville] Yaka noki noki na recensement (viens vite au recensement)

Par Marie-Louise ABIA

Koko Abia, le grand père, est parti à la pêche très tôt le matin, à une dizaine de kilomètres du village. Il a prévu y camper une semaine environ, le temps de pêcher et de fumer son moukalou.

Mais dès le lendemain de son arrivée là-bas, son petit-fils était diligenté pour aller le chercher et le ramener daredare au village. A son arrivée chez lui, il trouve un jeune homme aux allures citadines, en train de l’attendre. Et il lui demande d’un ton autoritaire :

KOKO ABIA

  • Que se passe-t-il ici ?

JEUNE COMPTEUR

  • Je suis venu vous compter… Combien de personnes vivent dans ta maison ?

KOKO ABIA

  • Ma femme, le fils de mon défunt fils, la fille de ma défunte fille, et moi-même

JEUNE COMPTEUR

  • Ils ont quel âge tes petits-enfants ?

KOKO ABIA

  • Le garçon a 8 ans, la fille 10 ans

JEUNE COMPTEUR

  • Vous avez d’autres enfants ?

KOKO ABIA

  • Nous en avons 10

JEUNE COMPTEUR

  • Ou sont-ils ?

KOKO ABIA

  • Ah ! Papa, comme tu vois toi-même, ici, ils étaient tous partis en ville et ils y sont morts ; il n’y a que leurs enfants qui nous ont été envoyés comme des colis.

JEUNE COMPTEUR

  • Morts ?

KOKO ABIA

  • Oui, papa, bien morts ! 2 se sont noyés dans l’Alima, 3 sont morts pendants la guerre, 2 ont disparu à Brazzaville depuis le 4 mars 2012, nous n’en avons aucune nouvelle et personne ne les a jamais revus

JEUNE COMPTEUR

  • Et les 3 autres ?

KOKO ABIA

  • Quels 3 autres ?!!!?

JEUNE COMPTEUR

  • Oui ! Tu as dit que vous aviez 10 enfants, et tu n’en as cités que 7, il en manque donc 3

KOKO ABIA

  • Ah bon ?… Tu sais… je vais t’avouer quelque chose, j’ai parfois un peu de mal avec les calculs, alors, je m’embrouille toujours les chiffres ! Rassure-toi, je ne fais exprès !

JEUNE COMPTEUR

  • OK, ce n’est pas un problème. Donc, en ce moment, vous n’avez pas d’enfants ?

KOKO ABIA

  • Si ! Nous avons 10 enfants ! Même s’ils sont morts, ce sont toujours nos enfants !

JEUNE COMPTEUR

  • Tu veux dire 7 enfants ?

KOKO ABIA

  • Ah, vous-là avec vos chiffres ! 10 ou 7 c’est pareil, hein !

JEUNE COMPTEUR

  • Alors, tu veux que dise quoi ? 7 ou 10 enfants morts ?

KOKO ABIA

  • Dis ce que tu veux, mais tu enlèves « morts » car ce sont toujours mes enfants !

JEUNE COMPTEUR

  • OK ! Je vais donc écrire : 10 enfants + 2 petits-enfants mineurs + monsieur + madame

KOKO ABIA

  • Et ma petite-fille est enceinte !

JEUNE COMPTEUR

  • Une autre petite fille ?

KOKO ABIA

  • Non ! Celle-ci !

JEUNE COMPTEUR

  • Et tu dis qu’elle enceinte ? Mais… Tu as dis qu’elle n’a que 10 ans !

KOKO ABIA

  • Je n’ai pas dit qu’elle n’a que 10 ans, j’ai dit qu’elle a 10 ans

JEUNE COMPTEUR

  • C’est cela, elle n’a que 10 ans ! C’est une enfant ! qui a fait ça ?

KOKO ABIA

  • Fait quoi ?

JEUNE COMPTEUR

  • Elle est enceinte de qui ?

KOKO ABIA

  • De mon neveu qui est ministre en ville ! Il s’occupe très bien de nous, il nous donne de l’argent pour vivre quand il vient ici, et il aime ma petite fille !

JEUNE COMPTEUR

  • Mais… Ce n’est qu’une enfant !

KOKO ABIA

  • Tu es venu nous compter ou nous contrôler ? Parce que si tu continues, je vais appeler mon neveu ministre, et tu auras des soucis !

JEUNE COMPTEUR

  • OK ! OK, j’arrête ! … Bon, alors, vous êtes donc, 4 ici !

KOKO ABIA

  • Avec mes enfants et l’enfant que va avoir ma petite-fille… si tu ne nous comptes pas bien, j’appelle mon neveu ministre, et tant pis pour toi !

JEUNE COMPTEUR

  • OK ! OK, je vous compte tous, avec vos morts et vos non-encore-nés !

KOKO ABIA

  • Voiiiiiiilà ! … Au fait, combien ils vont payer par personne ?

JEUNE COMPTEUR

  • Payer ?

KOKO ABIA

  • Oui ! On nous a dit que plus il y aura de monde dans chaque famille, plus il y aura de l’argent, alors, combien ils vont me payer ?

JEUNE COMPTEUR

  • Il faudra d’abord que vous alliez voter et que votre candidat gagne !

KOKO ABIA

  • Voter ? Mais qu’est-ce que c’est ?

JEUNE COMPTEUR

  • C’est un truc de démocratie dans une république !

KOKO ABIA

  • Un truc de quoi dans une quoi ?

JEUNE COMPTEUR

  • OK ! Je vais t’expliquer : Il faut que toi + ta femme + tes 2 petits-enfants mineurs + ton non-encore-né arrière-petit fils + tes 7/10 enfants morts…

KOKO ABIA

  • Je t’ai dit d’enlever « morts », tu ne comprends pas ? Je vais appeler mon neveu ministre et…

JEUNE COMPTEUR

  • OK ! OK, ils sont morts sans être morts. Donc, toute ta famille doit aller voter !

KOKO ABIA

  • Tu es bête ou quoi ? Tu n’arrêtes pas de dire « voter, voter », c’est quoi, voter ?

JEUNE COMPTEUR

  • OK ! Je t’expliquerai la prochaine fois que je reviendrai vous contrôler… euh… vous compter. Mais là, il faut que je me dépêche pour rattraper la dernière pirogue du mois si non je vais être coincé ici pendant tout un mois en attendant la prochaine pirogue

KOKO ABIA

  • C’est pas un problème si tu restes ici ! Tu auras tout le temps pour m’expliquer c’est quoi « voter », et ma petite fille s’occupera de toi

JEUNE COMPTEUR

  • Laquelle, celle qui a 10 ans là, et qui attend un bébé de ton neveu ministre ?

KOKO ABIA

  • Tu en as vue une autre ici ?

JEUNE COMPTEUR

  • OK ! Je reviendrai la prochaine fois et je réfléchirai pour ta petite-fille ! Merci beaucoup pour ton hospitalité ! Au revoir !

Par Marie-Louise ABIA

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Marie-Louise ABIA - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT