Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : LA LETTRE DU CONGO-MFOA
  • LA LETTRE DU CONGO-MFOA
  • : Blog contre la corruption, la cupidité, l'avidité et la concussion (C.A.C.) au Congo-Brazzaville
  • Contact

Divers

Recherche

20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 07:59
Au Congo-Brazzaville, des hommages funèbres sélectifs

DES HOMMAGES SELECTIFS :

Tout le monde a en mémoire la photo qui a tourné en boucle sur les réseaux sociaux montrant Denis Sassou Nguesso pleurant à chaudes larmes lors du décès de sa fille Edith Lucie Bongo Ondimba le 14 mars 2012. Tout le monde se souvient aussi des larmes versées par Florent Ntsiba à l’occasion des obséques des victimes de l’explosion du 4 mars 2012 sur l’esplanade du palais des congrès de Brazzaville. Si les larmes de Sassou Nguesso étaient sincères comme le prouvent les différentes célébrations de l’anniversaire de la disparition d’Edith Lucie Bongo Ondimba, celles de l’homme lige Florent Ntsiba, l’homme du « petit matin », s’apparentaient aux larmes de crocodile comme le montre le sort désormais reservé aux morts de la déflagration du 4 mars 2012.

Commémorations à géométrie variable

Dans le cœur de Sassou et des épigones du « chemin d’avenir », les morts ne se valent Pas. Selon que l’on est fille du chef de l’Etat ou pas, le Congo-Brazzaville est plus ou moins reconnaissant. A Edith Bongo Ondimba, des hommages en grandes pompes avec en prime le déplacement des chefs d’Etats d’Afrique, du gouvernement, du corps diplomatique accrédité au Congo-Brazzaville et du gratin de la Jet 7 à Oyo. [Interrogé par la presse, Thomas Boni Yayi a déclaré] : « Je suis venu saluer la mémoire d’Édith Lucie Bongo Ondimba, précocement arrachée à l’affection des siens. Elle s’était fait connaître par ses œuvres sociales, par l’amour et pour nous qui avons la foi, nous pouvons dire, au regard des valeurs que l’ex-première dame du Gabon portait, qu’elle était habitée par Dieu » (Les dépêches de Brazzaville, 15 mars 2015).

Sainte Edith

De facto, au Congo-Brazzaville, le 14 mars a été institué fête nationale et la fille de Sassou Nguesso, Edith Lucie Bongo Ondimba élevée au rang des saints (Sainte Edith d’Oyo, priez pour nous, pauvres pêcheurs, mwinda.or, 14 mars 2015). « Sainte, tu seras ma fille » , doit se dire Sassou fort d’espèces sonnantes et trébuchantes tirées de l’exploitation du pétrole au large de Pointe-Noire.

Le procès en béatification ou canonisation du Cardinal Emile Biayenda, attendu depuis plusieurs années par les catholiques du Congo-Brazzaville notamment, risque d’être relégué aux calendes grecques au profit decelui d’Edith Lucie Bongo Odimba. Les cardinaux du Vatican qui pourraient défendre le dossier de la fille de Sassou ont du pognon. Face à l’argument financier l’avocat du diable souvent n’y peut rien car la grâce comme les indulgences dans l’Eglise Catholique notamment au moyen-âge sont financièrement négociables.

Même pas pour le Cardinal Emile Biayenda

Aux morts de l’explosion du 4 mars 2012, l’indifférence nationale. Aucune gerbe de fleur n’a été déposée en mémoire aux victimes. Deux poids, deux mesures. Au Congo-Brazzaville, Sassou Nguesso a inauguré l’ère des commémorations à géométrie variable. En somme, des hommages sélectifs. Il y a d’ailleurs belle lurette que Sassou, le digne continuateur de l’œuvre de l’immortel Marien Ngouabi, ne se donne plus la peine de se déplacer le 18 mars pour commémorer l’anniversaire de la mort de son frère d’arme. Les restes mortuaires du Commandant Marien Ngouabi auraient été déplacés du mausolée d’après les révélations du trublion Maurice Massengo Tiassé. Sassou ne se dérange point pour commémorer celle du Cardinal Emile Biayenda assassiné le 22 mars 1977 ; encore moins pour celle du président Alphonse Massamba Débat (tué dans la nuit du 22 au 23 mars 1977) qui ne dispose guère de sépultures.

Qui a chanté : « toutes les morts n’ont pas la même signification » ?
Franklin Boukaka dans « Les immortels ».

Benjamin BILOMBOT BITADYS

Au Congo-Brazzaville, des hommages funèbres sélectifs
Repost 0
Benjamin Bilombot Bitadys - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT Tribune libre opinion
16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 16:27
(Congo/Suisse) Une financière d’origine estonienne inculpée pour avoir empoché l’argent de Gunvor

par Sylvain Besson

Le Ministère public de la Confédération a mis en prévention une financière d’origine estonienne pour «gestion déloyale» et «abus de confiance». Sa société avait reçu 10 millions de dollars versés par le géant du négoce pétrolier genevois

Les liens

Un personnage intrigant se retrouve en mauvaise posture dans l’affaire qui ébranle le monde pétrolier genevois depuis trois ans.

Le 5 janvier, le Ministère public de la Confédération a inculpé une financière d’origine estonienne pour «gestion déloyale» et «abus de confiance», a appris Le Temps. La justice fédérale reproche à cette résidente de la Côte d’Azur de s’être approprié indûment des fonds déboursés par le géant du négoce pétrolier Gunvor, basé à Genève, pour décrocher un contrat de livraison de brut au Congo.

Près de 10 millions avaient été versés, avec des justifications vagues, à une société genevoise contrôlée par la financière estonienne, spécialiste des structures offshore, et sa sœur, ancienne banquière d’UBS et de Clariden Leu.

Le procureur fédéral Gérard Sautebin, qui conduit l’enquête sur ces versements, avait ensuite enjoint à la financière de retourner en Suisse une partie des fonds, soit 800 000 dollars. Mais seule une fraction du montant, 260 000 dol­lars, a été rendue. Ce qui vaut à la financière d’être accusée d’avoir «détourné […] les montants en cause à son profit personnel», selon l’ordonnance d’extension de l’enquête rendue le 5 janvier.

Ce document, que Le Temps a pu consulter, ne détaille pas les motifs du versement des 10 millions, justifiés à l’époque par les prestations de «consultant» des sœurs estoniennes dans le cadre du contrat congolais. Les cargaisons de pétrole en jeu valaient, elles, près de 2 milliards de dollars.

Un ancien employé de Gunvor, chargé du développement de la société en Afrique, a été mis en prévention dans ce dossier il y a deux ans. C’est lui qui a orchestré le versement des 30 millions de dollars au profit des Estoniennes, d’un intermédiaire proche du pouvoir congolais et d’un de ses amis. Cet ancien videur de boîte de nuit naviguant en Afrique lui a ensuite rétrocédé une partie de la somme, 6,8 millions de dollars. Il a aussi été inculpé.

Selon Gunvor, son développeur agissait en «électron libre» et sans pouvoir de signature. La société a déposé plainte contre lui pour escroquerie, abus de confiance et gestion déloyale. L’employé soutient au contraire que ses transactions ont été pleinement approuvées et validées par sa hiérarchie. Il a déposé plainte contre la société pour «dénonciation calomnieuse».

L’affaire jette un éclairage inédit, parfois comique, sur certains recoins de la place pétrolière et financière genevoise. Le développeur de Gunvor était proche d’une des deux financières estoniennes, qui l’appelait honey (chéri) dans leurs échanges de courriels. Il passait des week-ends sur des yachts à Saint-Tropez en compagnie de beautés russes, organisait des descentes à Monaco pour des «soirées blanches», aimait s’entourer de gardes du corps et rouler en limousine de location avec son comparse, l’ancien videur actif en Afrique. Un univers puéril, festif et flashy, à mille lieues de l’image de rigueur et de respectabilité que veut au­jourd’hui donner le monde du négoce pétrolier.

Sur le fond, l’enquête pose de sérieuses questions sur le contrôle interne des sociétés de négoce. Comment comprendre qu’un employé de Gunvor ait pu faire verser 30 millions de commissions sans disposer d’un pouvoir de signature formel, comme l’affirme la société?

Selon des sources proches du dossier, les versements ont été fractionnés en douzaines de petits montants, ce qui empêchait Gunvor d’avoir une vision claire des sommes en jeu.

«Nos systèmes de contrôle internes ont été détournés par notre ancien employé dans le but de s’enrichir aux dépens de Gunvor, affirme la société de négoce. Nous avons mis un effort considérable, ces quatre dernières années, sur l’amélioration de nos systèmes de compliance [conformité légale] et anti-fraude.»

Le chef du financement du négoce pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique, qui avait visé certaines transactions africaines du développeur, a quitté Gunvor, sans qu’on sache si ce départ est lié à cette enquête.

Les investigations du Ministère public de la Confédération (MPC) se poursuivent désormais sur trois fronts, après deux «ordonnances de disjonction» de l’enquête rendues le 26 janvier par le procureur fédéral Gérard Sautebin. Le développeur et son comparse français sont mis en cause dans un volet, la financière estonienne dans un autre.

«Nous sommes satisfaits de la décision de disjonction prise par le Ministère public de la Confédération permettant aux enquêtes contre les deux prévenus d’aller de l’avant et de faire toute la lumière dans cette affaire au préjudice de Gunvor», a réagi la société pétrolière.

Les avocats de l’employé, Matteo Pedrazzini et Delphine Jobin, se disent eux aussi «très satisfaits de l’ordonnance de disjonction qui va permettre l’instruction de la contre-plainte pour dénonciation calomnieuse déposée à l’encontre de Gunvor. Notre mandant est en mesure d’établir que la plainte de Gunvor n’est qu’une diversion, puisqu’il a toujours agi au su et avec l’approbation de sa hiérarchie. Nous sommes au demeurant confiants s’agissant de la procédure principale qui n’est pas dirigée contre lui.»

L’enquête initiale ouverte fin 2011 pour «blanchiment» se poursuit, concernant le versement des commissions en marge du contrat congolais. «Il s’agit d’une enquête délicate avec de nombreuses ramifications à l’étranger, dans laquelle le nombre d’investigations ordonnées et en cours est important», indique le MPC.

Cette partie de l’enquête, qui vise de possibles opérations de corruption, est dirigée contre «inconnu».

Ecrire à l'auteur

Repost 0
Sylvain Bresson - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT
11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 19:41
Réponse de la Déclaration de Berne au communiqué de presse de Philia (magouilles pétrolières de KIKI Sassou Nguesso)

par congo-liberty.com -

Lausanne, le 10 mars 2015


La Déclaration de Berne (DB) a pris connaissance du communiqué de presse diffusé par Philia en réponse à la publication, le 1er mars dernier, du rapport « Un contrat raffiné », qui analyse les relations d’affaires suspectes entre la société genevoise et la raffinerie éta-tique congolaise, la Coraf. Philia précise ainsi sa position à l’égard des « accusations sans fondement qui ont été formulées à son encontre », tout en s’abstenant de fonder cette position. Malgré ses promesses récentes de « répondre point par point, en toute transpa-rence » (communiqué du 2 mars), Philia ne donne aucun élément factuel permettant de mettre en doute le rapport de la DB.
Nous constatons également que :

  • Suivant un étrange cheminement intellectuel, Philia se défend en validant le tra-vail de la DB, puisque son communiqué se réfère à des « sources proches » de la Congolaise de raffinage (Coraf), citées dans le media Le Potentiel, qui affirment : « De ce point de vue, cette démarche [de la DB] qui s’appuie sur quelques malver-sations financières, n’est ni plus ni moins une cabale occidentale contre le régime de Brazzaville. »
  • Le propriétaire de Philia, M. Jean-Philippe Amvame Ndong, a lui-même affirmé à la DB que le contrat d’enlèvement à terme obtenu de la Coraf n’était pas l’aboutissement d’une procédure d’appel d’offres. M. Amvame Ndong, tout comme son avocat, Me Michel Bussard, a pu relire la retranscription de sa déclara-tion avant publication. Les propos tenus par « une source », à laquelle Philia se réfère dans son communiqué, confirment nos dires, puisque celle-ci explique que « le contrat avec Philia SA a permis à la Coraf de se départir du système des appels d’offre ».
  • Philia affirme qu’elle ne « se contente pas de revendre immédiatement » ses cargaisons à des tiers, mais qu’elle les vend directement à de grandes sociétés de raffinage de pétrole. Sur la période considérée dans le rapport, soit le second se-mestre 2013, la DB dispose de documents permettant de contredire Philia. La société genevoise a revendu directement ses cargaisons à des tiers (aux mêmes conditions à l’exception du prix), à Pointe-Noire, où se trouve la Coraf. Les ache-teurs étaient principalement des négociants, parmis lesquels Mercuria, AOT Trading et Mocoh, pour ne citer que ses clients helvétiques. Ce sont ces négociants tiers qui se sont chargés de transporter les cargaisons jusqu’aux raffineries. Philia n’apporte donc aucune valeur ajoutée logistique dans le processus, mais empoche des marges élevées pour un simple échange de paperasse. Bien qu’elle en doute sérieusement, la DB a reconnu qu’il est possible que la situation ait changé en 2014, faisant référence à un rapport du consultant CITAC qui mentionnait un navire affrété par Philia.
  • La DB relève par ailleurs que Philia s’abstient d’expliquer ou de « démentir » les nombreuses clauses favorables concédées par la Coraf dans le cadre de ce contrat, contrairement à ce qu’elle promettait en réaction à la publication du rapport.
  • La DB donne toutefois raison à Philia sur un point : dans son rapport, la DB a reconnu explicitement qu’elle n’a rien décelé d’illégal dans les activités de Philia au Congo. Car seule la justice pénale est en mesure de formuler un tel jugement. Par ailleurs, cette apparente licéité n’enlève rien au caractère illégitime du contrat, puisque celui-ci est défavorable à la Coraf, et donc aux finances publiques de la République du Congo.
  • La DB rappelle par ailleurs qu’elle a tenté d’obtenir le point de vue de la Coraf en lui adressant une liste de questions, auxquelles les dirigeants de la raffinerie n’ont pas souhaité répondre. Philia s’est, elle aussi, abstenue de répondre à de nom-breuses questions importantes.
  • En novembre, Philia a tenté d’interdire la publication de notre enquête par voie judiciaire. Elle a été déboutée sur deux de ses requêtes et a choisi de retirer les deux autres. La DB attend donc sereinement que Philia étudie « ses possibilités d’action en justice ».

Plus d’informations auprès de :
Marc Guéniat, Déclaration de Berne, +41.21 620 03 02, gueniat@ladb.ch

TELECHARGER LA REPONSE DE LA DECLARATION DE BERNE EN PDF

Repost 0
Congo-Liberty - dans Sassou Nguesso PCT Congo-Brazzaville
5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 16:03
[Congo-Brazzaville] Sassou va chercher à Rome et à Bruxelles les soutiens qu’il n’a plus à Paris…

Par RIGOBERT OSSEBI -

Mauvais jour à Rome du tyran de l’Alima

L’Italie est un très beau pays.

En crise aussi, certes, mais un joli pays où il fait bon vivre. Curieusement on y jette des bananes à de sublimes joueurs de football comme Mario Balotelli ou Paul Pogba, mais on y déroule le tapis rouge pour le dictateur sanguinaire et kleptocrate Denis Sassou Nguesso…

Alors qu’en Suisse l’ONG « La Déclaration de Berne » dénonçait le négoce pétrolier criminel d’un des fils du dictateur congolais, rapport aussitôt repris par d’autres ONG et par de grands médias internationaux, au même moment à Rome le même fils accompagné d’une petite partie de son innombrable fratrie, avec leur père, étaient à l’honneur de la présidence, de la primature et de la presse italiennes. Annoncée comme une « visite de travail » au cours de laquelle des contrats devaient être signés, les ors et les antiques trésors de la ville éternelle se sont offerts sans la moindre retenue à une bande de pillards africains, parmi les véritables responsables du drame ininterrompu qui se joue toujours à Lampedusa… !

Cela ne peut que surprendre les observateurs car l’Italie a pour Président du Conseil des ministres un des plus jeunes dirigeants européens, Matteo Renzi, qui a fait de son combat contre la corruption une de ses grandes priorités. Déjà le 20 juillet 2014, il avait fait le choix de rendre visite, à Brazzaville, au tyran de l’Alima pour son premier déplacement officiel dans un pays étranger. Aussi, personne n’aurait pu croire que ce jeune champion de la probité allait accepter de remplacer, le 9 mai 2014 le Directeur Général d’ENI, Paolo Scaroni, poursuivi par la justice milanaise dans une affaire de corruption, par « l’Ingegnere » Claudio Descalzi pistonné par le Don Corleone de la maffia congolaise, le maintenant vieux Parrain Don Sassou Nguesso. A voir les casseroles qui s’accumulent au Congo autour des affaires pétrolières, il n’y aurait rien d’étonnant que « l’Ingegnere » rejoigne son prédécesseur dans les démêlés judiciaires ; avant ou après le départ de Denis Sassou Nguesso qui ne saurait tarder !

Depuis quelques mois, indésirable aux Etats-Unis, tant à la Maison Blanche qu’au Département d’Etat, persona non grata en France, à l’Elysée, notre dictateur maffieux était sérieusement en manque de pompeuses cérémonies à sa gloire. (Attias aurait-il pris sa retraite fortune faite ?) Il ne pouvait qu’accepter d’être présent à cette réception romaine, quitte à signer de nouveaux contrats qu’il n’honorera jamais. Mais en réalité, le véritable objet de ce voyage était une réception au Vatican qu’il appelait de tous ses vœux. Dans les viseurs, au sens propre et figuré, de Barack Obama et de François Hollande, notre tyran sent ses semaines et ses mois comptés. Quoi de mieux à espérer pour lui qu’une protection papale ? L’Eglise n’est-elle pas avant tout le premier parti du Congo ? Tant ENI que les services de Matteo Renzi, tous s’étaient décarcassés en vain pour que cette très précieuse audience pontificale ait lieu.

Pour forcer la main du Saint Père, une visite du Musée du Vatican avait été inscrite au programme officiel romain du Parrain congolais. Tous espéraient un accord de dernière minute. Les filles Claudia (Koko) et Cendrine Sassou Nguesso s’étaient habillées de noir pour accompagner leur père. Hélas, le Pape François, fraîchement élu s’était déjà fait prendre une première fois en acceptant de recevoir le tortionnaire du Cardinal Emile Biayenda. Depuis, il a effectué un grand nettoyage des Cardinaux corrompus, relais habituels de Sassou Nguesso au Saint Siège. Alors c’est au pas de course et le visage plus sombre et fermé que jamais, insensible aux chefs d’œuvres du Vatican, que le dictateur congolais a bouclé en un temps record cette humiliante visite marquée par le méprisant refus du Pape François d’avoir à le recevoir !

Après cette première étape décevante, le voyage s’est poursuivi en Belgique où notre tyran a atterri à Bruxelles dès le samedi 28 février. Le motif officiel était une participation le mardi 3 mars, à la conférence internationale de Bruxelles sur l’épidémie d’Ebola. Les trois pays, les plus touchés, ont appelé la communauté internationale à lancer un « plan Marshall » pour aider à leur redressement économique et gagner la guerre contre Ebola. L’effacement de la dette de ces pays était une des mesures réclamées. Le tyran congolais devait-il apporter son expertise pour obtenir un passage d’éponge bien plus mérité que celui dont il avait bénéficié ? Peut-être nourrissait-il aussi l’espoir fou que la dette abyssale, qu’il vient de creuser avec la Chine, profite aussi d’un allègement ?

Le jour précédent, le lundi 3, le Premier Ministre belge, Charles Michel, l’avait convié à un petit-déjeuner. Encore une fois, les réseaux ont joué à fond. Point nécessaire d’aller chercher bien loin : Louis, le père de Charles, a fait le travail ! Louis Michel avait longuement occupé la scène politique belge avant de devenir Commissaire européen. Sûrement sensible aux largesses de Sassou Nguesso, il a toujours pris position en sa faveur… mais avec le renoncement de Joseph Kabila de briguer un troisième mandat, sa marge de manœuvre était devenue quasiment nulle.

Deuxième étape, second fiasco… ! Il ne restera plus au tyran qu’à rentrer quasiment bredouille à Brazzaville. L’environnement y est de plus en plus stressant pour les Nguesso qui se refusent toujours à envisager de prendre la porte de sortie… ! Le mécontentement y est maintenant unanime. Le Congo est devenue la honte de l’Afrique. L’Etat de droit a totalement disparu afin que le pillage familial s’institutionnalise l Les entrepreneurs les plus investis dans la poudrière congolaise cherchent maintenant désespérément le moyen de faire couvrir par des assurances étrangères le risque d’un embrasement armé généralisé.

Sassou Nguesso, « l’homme de la paix », du mensonge, du détournement et du sang coulé trop facilement, honni et rejeté par tous ou presque, a plus que jamais la main crispée sur la détente…!

Rigobert OSSEBI

(Extrait de congo-liberty)

Repost 0
3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 08:17
Congo, Dossier Pétrole : Voici comment Denis Christel Sassou Nguesso, le fils du président, détourne et dilapide des millions de dollars du pétrole congolais à Genève via Philia S.A…

Congo, Dossier Pétrole : Voici comment Denis Christel Sassou Nguesso, le fils du président, détourne et dilapide des millions de dollars du pétrole congolais à Genève via Philia S.A…

C’est un étrange contrat qu’une source anonyme a fait parvenir à l’ONG suisse La Déclaration de Berne, spécialisée dans les recherches sur la corruption des dirigeants africains, et que révèle l’hebdomadaire suisse Le Matin Dimanche ce 1er mars 2015. Un contrat signé Denis Christel Sassou Nguesso qui confère à une petite société, Philia S.A., établie à Genève le droit exclusif d’exportation du pétrole raffiné congolais.

Le président congolais Denis Sassou Nguesso et sa femme (h,g); le fils du président, Denis-Christel Sassou Nguesso (h,d); le père et le fils (bas) | Photos : DB / JA / 27avril.com

Denis Christel Sassou Nguesso, fils du président congolais Denis Sassou Nguesso, est aussi le PDG de la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC) et administrateur général de la Congolaise de raffinage (Coraf). Il a ainsi toute autorité de confier à des intermédiaires des cargaisons de diesel. Mais si ce contrat éveille les soupçons, c’est que la société en question, Philia SA, créée le 24 octobre 2012, selon le registre du commerce de Genève, est inconnue dans le petit monde genevois du pétrole, et que selon les opérations dont Le Matin Dimanche a obtenu les détails, son rôle semble relever davantage du parasite que du facilitateur d’affaires. Il n’y a pas eu d’appel d’offres pour la sélection de Philia SA comme intermédiaire, et elle est autorisée à prélever 2 % de marge, le double des pratiques du marché.

Philia SA, société inconnue aux pratiques suspectes

Ainsi, le 15 octobre 2013, Philia SA a reçu une cargaison de 43 891 tonnes de pétrole raffiné de la part de la raffinerie d’Etat congolaise Coraf et l’a revendue le même jour à la société AOT Trading AG à Zoug (Suisse) pour 29,4 millions de dollars. AOT achemine ce pétrole aux États-Unis, où se trouve l’acheteur final. Mais ce n’est que le 14 décembre 2013 que Philia SA vire la somme sur un compte de l’Etat congolais, prélevant 418 000 dollars de commission au passage.

Modèle d’affaire de la société Philia S.A à qui la société congolaise Coraf vend en exclusivité le pétrole raffiné en tout opacité | Source : DB

Ce délai de deux mois est lui aussi suspect, les pratiques du milieu étant plutôt de l’ordre de dix jours. Entre mai et novembre 2013, une douzaine de transactions ont eu lieu, laissant 2,8 millions de dollars de commissions à Philia SA.

Selon le registre du commerce, la société a un capital social de 100 000 francs suisses (près de 93 600 euros) et un seul administrateur, un certain Ikenna Okoli, ancien analyste chez Ernst & Young, actuellement banquier d’affaires établi à Signy-Avenex, village de 486 habitants au-dessus de Nyon, en Suisse, à 26 km de Genève.

Les profils LinkedIn permettent d’identifier cinq autres employés de Philia SA, dont le trader Jim Fleet, ayant travaillé à Genève pour les pétroliers russes Souz Petrolium, le responsable du risque et du crédit Jim de Root, et pour le développement, Daniel Ndiaye, un ancien de Total et de la Banque Natexis. La société a changé deux fois d’adresse en deux ans, elle a actuellement son siège dans la très sélect rue du Rhône, fameuse pour ses banques, ses bijouteries et ses magasins de montres de luxe.

Marc Guéniat, responsable des enquêtes de la Déclaration de Berne, a déclaré au Matin Dimanche : « Pour la Coraf, le choix de Philia SA comme partenaire n’est pas fondé sur des critères économiques, au contraire. Elle prend non seulement des risques financiers inutiles, mais se prive aussi de juteux bénéfices ». Marc Guéniat soupçonne que Philia SA agit sous la commande de Denis-Christel Sassou-Nguesso afin d’empocher une part des recettes pétrolières du Congo.

Au service des ambitions politiques de Denis-Christel Sassou Nguesso ?

La fiche info du fils fraudeurs du président congolais, Denis-Christel Sassou Nguesso | Infog : DB

Denis-Christel, le fils du président Denis Sassou-Nguesso, surnommé « Kiki le pétrolier », a déjà été épinglé à deux reprises pour ses dépenses extravagantes. En 2007, l’ONG britannique Global Witness publiait ses relevés de carte de crédit qui trahissait ses séjours à l’hôtel Bristol à Paris – alors que la famille ne possède pas moins d’une vingtaine de résidences parisiennes – et ses achats chez Christian Dior, Chistian Lacroix ou Louis Vuitton. D’autres achats plus récents ont été détaillés par l’enquête des juges français sur les biens mal acquis (BMA) : 473 796 euros pour de l’habillement entre 2005 et 2011 dans plusieurs boutiques parisiennes de luxe, ainsi que sept voitures – Porsche Cayenne, Maserati, Bentley coupé et autres. La plupart de ces achats avaient été réglés par des virements en provenance de banques suisses.

Ces millions engrangés par la société Philia SA à Genève sont-ils destinés à continuer d’assouvir sa fièvre d’achats de luxe ? Pour un expert de la politique congolaise, qui préfère garder l’anonymat, c’est plutôt une explication politique qu’il faut chercher. « Tout le monde est en train de se résoudre à une nouvelle candidature de Denis Sassou-Nguesso à la présidentielle en 2016, dit-il. Mais plusieurs ambitieux préparent le coup d’après, dont son fils Denis-Christel ainsi que Jean-Dominique Okemba, ancien patron des services et actuel patron de la BGFI Bank Congo. Chacun tente de constituer un trésor de guerre pour se profiler dans l’après Sassou ».

Denis-Chistel Sassou-Nguesso, lui-même, cache à peine ses ambitions. Dans une interview accordée en janvier 2014 à Jeune Afrique, il déclarait : « Avant d’être le fils du président Sassou Nguesso, je suis un citoyen congolais, avec les mêmes devoirs mais aussi les mêmes droits que mes compatriotes. À ce titre, et si un jour je décide de le devenir [chef de l’État, NDLR], ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, je le ferai savoir clairement et publiquement. À ce moment-là, les Congolais qui auront à se prononcer devront comprendre que cette ambition est aussi noble et légitime que celle de tout autre compatriote. Ils ne devront pas la percevoir comme illégitime a priori parce que je m’appelle Sassou Nguesso ».

Voici le communiqué complet de l’ONG suisse « Déclaration de Berne » sur cette affaire de Denis-Christel Sassou Nguesso et Philia S.A

L’argent du pétrole congolais dilapidé à Genève

Lausanne, le 2 mars 2015 – Une enquête inédite de la Déclaration de Berne (DB) révèle comment le négociant suisse Philia profite d’avantages indus au détriment de la raffinerie publique congolaise, la Coraf, administrée par le fils du président, le très notoirement corrompu Denis Christel Sassou Nguesso. Dépourvue de référence dans l’univers opaque du négoce, Philia a obtenu de «Kiki», sans appel d’offre et à des conditions douteuses, un contrat exclusif pour l’exportation de produits pétroliers. Cette affaire est emblématique des problèmes qui gangrènent le secteur des matières premières, en premier lieu les risques de détournement de la rente aux dépens de la population des pays producteurs. Sur la base de documents exclusifs, la DB a analysé le modèle d’affaires de Philia et les clauses d’un contrat, conclu en 2013, liant cette petite société de négoce à la raffinerie étatique de la République du Congo.

Ce contrat et les factures en notre possession ne laissent aucun doute: Philia a bénéficié des largesses de la Coraf. Cette dernière offre notamment du financement gratuit à la firme genevoise, lui permettant au passage d’échapper aux procédures de conformité (compliance) que les banques mettent en œuvre avant d’accorder un prêt pour financer les transactions. Philia agit comme un pur intermédiaire entre la Coraf et les marchés internationaux, se contentant de revendre immédiatement ses cargaisons à des tiers, parmi lesquels d’autres négociants suisses. Elle empoche ainsi des profits substantiels sans fournir aucun effort logistique. Ces avantages ont permis à cette société aux mains d’un actionnaire unique de se faire une place dans l’aval pétrolier, sur le dos de la population congolaise.

Il faut dire que la Coraf est un véritable gouffre financier pour le trésor public congolais. Depuis trois ans, l’Etat ne perçoit pas un centime en contrepartie du pétrole qu’il octroie à la raffinerie. Le fait que celle-ci soit dirigée par le fils du président, qui contrôle l’intégralité des ventes de pétrole de cet Etat ultra-corrompu, n’y est sans doute pas étranger. Alors que la population vit dans la misère, Denis Christel Sassou Nguesso se distingue par ses dépenses faramineuses, minutieusement recensées dans le cadre de l’instruction menée en France de l’affaire dite des «Biens mal acquis». Il y a dix ans, un tribunal londonien montrait aussi comment il avait bradé, à son propre profit, d’importantes quantités de pétrole brut étatique revendues à Glencore et Vitol.

L’histoire de Philia raconte comment les contrats pétroliers peuvent être pipés dans les arcanes du pouvoir, tout en gardant les apparences de la légalité. La transparence des paiements et des contrats conclus entre les sociétés suisses et les entités étatiques permettrait de lutter contre le détournement de la rente par des élites corrompues. Le Conseil fédéral refuse toutefois d’adopter de telles dispositions pour les activités de négoce, en dépit des parts de marché importantes dont disposent les négociants suisses en Afrique sub-saharienne. La DB demande en outre la création d’une autorité de surveillance sectorielle, la Rohma, qui imposerait aux firmes des devoirs de diligence relatifs à leur chaine d’approvisionnement et à leurs partenaires d’affaires.

Plus d’informations dans le Rapport «Un contrat raffiné: les arrangements douteux de la société suisse de négoce Philia au Congo» (PDF, 6.2 MB, 1 mars 2015), ou le résumé du Résumé du rapport (PDF, 0.9 MB, 1 mars 2015) ou auprès de :

Marc Guéniat,
Déclaration de Berne
+41.21 620 03 02
Email : gueniat[at]ladb.ch

*Les menaces de Philia
En 2014, quatre rencontres ont eu lieu avec les dirigeants de Philia, qui ont aussi pu se positionner par écrit et relire la retranscription de leurs réponses. Malgré cela, plusieurs de nos questions sont restées sans réponse. Philia a par ailleurs tenté d’empêcher la publication de ce rapport par des procédures judiciaires. Elle a été déboutée sur deux de ses requêtes et a retiré les deux autres. Par avocats interposés, la firme genevoise a essayé vendredi encore de retarder la publication, indiquant notamment que Philia «ne cherch[ait] aucune publicité, son activité n’ayant pas de rapport avec le grand public». Nous estimons au contraire que les faits relatés ont un intérêt public indiscutable car les revenus générés par la vente du pétrole étatique congolais sont des biens publics.

Source [01/03/2015] Le Monde + Déclaration de Berne

Congo, Dossier Pétrole : Voici comment Denis Christel Sassou Nguesso, le fils du président, détourne et dilapide des millions de dollars du pétrole congolais à Genève via Philia S.A…
Congo, Dossier Pétrole : Voici comment Denis Christel Sassou Nguesso, le fils du président, détourne et dilapide des millions de dollars du pétrole congolais à Genève via Philia S.A…
Repost 0
Le Monde et Déclaration de Berne - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT Mbochi
2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 03:26
Les millions à Genève de Denis-Christel Sassou-Nguesso

Les millions à Genève de Denis-Christel Sassou-Nguesso

(Extrait de congo-liberty) -

Sassou Nguesso et son fils christel les pilleurs du pétrole congolais -

C’est un étrange contrat qu’une source anonyme a fait parvenir à l’ONG suisse La Déclaration de Berne, spécialisée dans les recherches sur la corruption des dirigeants africains, et que révèle l’hebdomadaire suisse Le Matin Dimanche ce 1er mars 2015. Un contrat signé Denis-Christel Sassou Nguesso qui confère à une petite société établie à Genève le droit exclusif d’exportation du pétrole raffiné congolais.

Denis-Christel Sassou Nguesso, fils du président congolais, est aussi le PDG de la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC) et administrateur général de la Congolaise de raffinage (Coraf). Il a ainsi toute autorité de confier à des intermédiaires des cargaisons de diesel. Mais si ce contrat éveille les soupçons, c’est que la société en question, Philia SA, créée le 24 octobre 2012, selon le registre du commerce de Genève, est inconnue dans le petit monde genevois du pétrole, et que selon les opérations dont Le Matin Dimanche a obtenu les détails, son rôle semble relever davantage du parasite que du facilitateur d’affaires. Il n’y a pas eu d’appel d’offres pour la sélection de Philia SA comme intermédiaire, et elle est autorisée à prélever 2 % de marge, le double des pratiques du marché.

Philia SA, société inconnue aux pratiques suspectes

Ainsi, le 15 octobre 2013, Philia SA a reçu une cargaison de 43 891 tonnes de pétrole raffiné de la part de la raffinerie d’Etat congolaise Coraf et l’a revendue le même jour à la société AOT Trading AG à Zoug (Suisse) pour 29,4 millions de dollars. AOT achemine ce pétrole aux États-Unis, où se trouve l’acheteur final. Mais ce n’est que le 14 décembre 2003 que Philia SA vire la somme sur un compte de l’Etat congolais, prélevant 418 000 dollars de commission au passage.

Ce délai de deux mois est lui aussi suspect, les pratiques du milieu étant plutôt de l’ordre de dix jours. Entre mai et novembre 2013, une douzaine de transactions ont eu lieu, laissant 2,8 millions de dollars de commissions à Philia SA.

Selon le registre du commerce, la société a un capital social de 100 000 francs suisses (près de 93 600 euros) et un seul administrateur, un certain Ikenna Okoli, ancien analyste chez Ernst & Young, actuellement banquier d’affaires établi à Signy-Avenex, village de 486 habitants au-dessus de Nyon, en Suisse, à 26 km de Genève. Les profils LinkedIn permettent d’identifier cinq autres employés de Philia SA, dont le trader Jim Fleet, ayant travaillé à Genève pour les pétroliers russes Souz Petrolium, le responsable du risque et du crédit Jim de Root, et pour le développement, Daniel Ndiaye, un ancien de Total et de la Banque Natexis. La société a changé deux fois d’adresse en deux ans, elle a actuellement son siège dans la très sélect rue du Rhône, fameuse pour ses banques, ses bijouteries et ses magasins de montres de luxe.

Marc Guéniat, responsable des enquêtes de la Déclaration de Berne, a déclaré au Matin Dimanche : « Pour la Coraf, le choix de Philia SA comme partenaire n’est pas fondé sur des critères économiques, au contraire. Elle prend non seulement des risques financiers inutiles, mais se prive aussi de juteux bénéfices ». Marc Guéniat soupçonne que Philia SA agit sous la commande de Denis-Christel Sassou-Nguesso afin d’empocher une part des recettes pétrolières du Congo.

Au service des ambitions politiques de Denis-Christel Sassou Nguesso ?

Denis-Christel, le fils du président Denis Sassou-Nguesso, surnommé « Kiki le pétrolier », a déjà été épinglé à deux reprises pour ses dépenses extravagantes. En 2007, l’ONG britannique Global Witness publiait ses relevés de carte de crédit qui trahissait ses séjours à l’hôtel Bristol à Paris – alors que la famille ne possède pas moins d’une vingtaine de résidences parisiennes – et ses achats chez Christian Dior, Chistian Lacroix ou Louis Vuitton. D’autres achats plus récents ont été détaillés par l’enquête des juges français sur les biens mal acquis (BMA) : 473 796 euros pour de l’habillement entre 2005 et 2011 dans plusieurs boutiques parisiennes de luxe, ainsi que sept voitures – Porsche Cayenne, Maserati, Bentley coupé et autres. La plupart de ces achats avaient été réglés par des virements en provenance de banques suisses.

Ces millions engrangés par la société Philia SA à Genève sont-ils destinés à continuer d’assouvir sa fièvre d’achats de luxe ? Pour un expert de la politique congolaise, qui préfère garder l’anonymat, c’est plutôt une explication politique qu’il faut chercher. « Tout le monde est en train de se résoudre à une nouvelle candidature de Denis Sassou-Nguesso à la présidentielle en 2016, dit-il. Mais plusieurs ambitieux préparent le coup d’après, dont son fils Denis-Christel ainsi que Jean-Dominique Okemba, ancien patron des services et actuel patron de la BGFI Bank Congo. Chacun tente de constituer un trésor de guerre pour se profiler dans l’après Sassou ».

Denis-Chistel, lui-même, cache à peine ses ambitions. Dans une interview accordée en janvier 2014 à Jeune Afrique, il déclarait : « Avant d’être le fils du président Sassou Nguesso, je suis un citoyen congolais, avec les mêmes devoirs mais aussi les mêmes droits que mes compatriotes. À ce titre, et si un jour je décide de le devenir [chef de l’État, NDLR], ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, je le ferai savoir clairement et publiquement. À ce moment-là, les Congolais qui auront à se prononcer devront comprendre que cette ambition est aussi noble et légitime que celle de tout autre compatriote. Ils ne devront pas la percevoir comme illégitime a priori parce que je m’appelle Sassou Nguesso ».

Par Serge MICHEL

source : En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/03/01/les-millions-a-geneve-de-denis-christel-sassou-nguesso_4585410_3212.html#yAjKcFKbZwLvU6Ov.99

Les millions à Genève de Denis-Christel Sassou-Nguesso
Repost 0
Serge Michel - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT
27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 18:05
[Congo-Brazzaville] Jurisprudence Karim Wade : Kiki, Bouya & Co devront-ils passer par la case prison ?

Par RIGOBERT OSSEBI

sassou-bouya

Au Sénégal, depuis le 31 juillet 2014 la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) juge Karim Wade. La semaine dernière, le parquet avait requis 7 ans de prison ferme, une amende de plus de 380 millions d’euros (250 milliards de FCFA), une confiscation de biens et une privation de droits civiques à l’encontre du fils et ancien ministre de l’ex-président sénégalais Abdoulaye Wade. Karim Wade est en détention préventive depuis avril 2013. La décision, en délibéré, sera rendue le 23 mars prochain. En attendant, les avocats mènent la bataille de l’opinion.

Pour Me Sow, l’un des avocats de la partie civile (République du Sénégal) « Karim Wade gagnerait à demander pardon au peuple sénégalais pour s’être enrichi illicitement sur son dos alors qu’on lui avait confié des pouvoirs exorbitants ».

Au lieu de cela, la défense avait prétendu que Karim avait fait fortune dans la finance avant que son père ne préside le Sénégal. Pourtant à la fin des années 90, alors qu’il travaillait pour la Banque Warburg de Londres (avant qu’elle ne soit absorbée par l’UBS), Karim n’avait rien d’un millionnaire lors de ses fréquentes visites à Brazzaville. Il avait fini par apparaître dans un montage financier destiné à couvrir des intérêts privés congolais. Pas de quoi faire fortune, loin de là ! Cela lui avait tout de même permis de créer des liens très étroits avec la dictature congolaise.

Selon l’Agence Reuters, « à Lusaka en Zambie, ce 25 février, un ancien ministre des mines de ce pays a été reconnu coupable de corruption pour son rôle dans l’attribution des licences de prospection à une compagnie minière chinoise en 2009. Dans son jugement de l’affaire, le magistrat Lameck Mwale a affirmé que l’accusation a prouvé que Maxwell Mwale avait interféré dans l’attribution de licences à Zhonghui International Mining Group. Plusieurs témoins ont déclaré que Mwale était intervenu dans le processus d’octroi de licences à des fins personnelles et que la société chinoise par conséquent avait pu obtenir les licences.

Mwale est en prison dans l’attente du verdict le 27 février 2015. L’infraction pour laquelle il a été reconnu coupable, abus d’autorité du mandat, est passible d’une peine maximale d’emprisonnement de 14 ans. (Reportage par Chris Mfula, édité par Toby Chopra) »

Aujourd’hui, du fait de la coopération étroite des différents services de police à travers le monde, plus aucun schéma, même très sophistiqué, de fraude ne résiste à la pression des enquêteurs. Nous l’avons vu encore très récemment avec les perquisitions et saisies de l’affaire BMA chez le pasteur Willy Nguesso, bénéficiaire de la Socotram, et chez son frère Edgard dans son triplex de 638m2 à Neuilly.

Qu’en sera-t-il pour nos oligarques ventripotents qui se sont assis, de tout leur poids, sur la loi et sur la Constitution congolaise, notamment les articles :

- 47 (sur la corruption, l’enrichissement illicite, la concussion, le détournement ou la dilapidation des deniers publics),

- 48 (déclaration de patrimoine)

- 58 (conditions d’éligibilité à la présidence de la République – « s’il n’est de bonne moralité »)

- 69 (Serment de protéger et de respecter le bien public, de consacrer l’intégralité des ressources naturelles au développement de la Nation) ?

Peu importe le verdict qui sera prononcé à l’encontre de Karim Wade au Sénégal ou la condamnation de l’ex-ministre des mines zambien ! Aucun pays au monde, et ceux du continent africain inclus, n’échappent pas à la soif de justice des peuples, particulièrement par ces temps incertains de crise économique durable.

La liste au Congo de ceux qui auront des comptes à rendre est longue, très longue. L’article 8 de la Constitution précise que « tous les citoyens sont égaux devant la loi ».

Il sera difficile qu’à cause d’un lien de parenté quelconque ou une proximité politique ou affective avec celui qui a si mal conduit le Congo depuis trois décennies qu’une femme ou un homme soit exonéré de l’obligation de répondre à la Justice de notre pays, un jour prochain. Les « ri-KIKI, Bouya & Co » n’auront d’autre choix que de s’y soumettre volontairement. Karim Wade devant ses juges actuellement ne peut qu’apparaitre comme un enfant de chœur, un menu fretin par rapport à ces derniers tant les abus commis au Congo sont incomparablement plus importants !

L’alternative à une justice responsable et sereine ne pourrait être qu’un déferlement de la colère populaire, celle qu’ils ont déjà durement ressentie le soir du 31 janvier 2015 après l’élimination des Diables Rouges de la CAN 2015. Claudia Sassou Nguesso avait fait les frais de l’avertissement le plus cinglant avec le saccage de sa permanence à Talangaï par « les jeunes » de son quartier. Ce n’était qu’un ballon d’essai, soyons-en assurés !

Les gueux et les miséreux, ou « les sans-dent » comme il se dit maintenant, seront les véritables comptables de leurs abus et de leurs détournements. Ils pèseront de toutes leurs souffrances endurées depuis leur naissance pour qu’une justice exemplaire, prononcée par des hommes et des femmes au-dessus de tout soupçon, statue enfin sur le cas de chacun d’entre eux ! Sinon rien ne pourra empêcher le feu de se répandre dans la rue ; dans toutes les rues ! N’a-t-on pas enregistré une même colère à Oyo et Ollombo ?

Et que l’on ne vienne pas nous faire croire qu’un Jean-Michel Bokamba-Yangouma, dont une des filles est incarcérée depuis près de deux années, présumée coupable d’un détournement de deux milliards de FCFA à La Congolaise de Banque (une autre de ses filles, Mireille, avait disparu dans « l’accident » -selon la dénomination instaurée par l’innocent Denis Sassou Nguesso – du DC 10 d’UTA ) servira de rempart dans un prétendu dialogue ; de même pour Joachim Yhomby acquis au même dialogue qui, au prétexte d’avoir dormi dans un lit en or massif, (en réalité un modeste lit en laiton acheté chez Conforama et offert par un ami français homme d’affaires, Michel B.) connut douze années de prison sans le moindre jugement… !

Le Congo, dans quelques semaines, quelques mois ou dans un peu plus d’une année, ne saurait se tenir à l’écart d’une mise en ordre généralisée de ses finances publiques. Celles et ceux qui en auraient abusées auront tout intérêt à s’y soumettre volontairement. Aucun pays ne pourra leur offrir un refuge durable ! Pour cela, il faut impérativement restaurer un véritable Etat de droit et qu’à sa tête se trouvent des femmes et des hommes irréprochables. Fort heureusement nous en comptons !

Nous devrons suivre l’exemple du Sénégal et de la Zambie. Les hyper-délinquants en col blanc doivent être jugés et condamnés selon les crimes commis. Par contre, nous risquons d’être confrontés à un problème majeur : celui d’un nombre insuffisant de cellules de prison !

Jean-Jacques Bouya l’ancien pêcheur à la sagaie, si toutefois il devait être reconnu coupable d’enrichissement illicite, de concussion et de détournement de deniers publics, aura alors tout le loisir de réfléchir, en compagnie de ses oncles et cousins (dont ri-Kiki le pétrolier), frères et sœurs, neveux et nièces, à son manque de professionnalisme et à son déficit de formation à la fonction qu’il a trop longtemps occupée et dont il a exagérément profitée !

Alors, il n’y aura rien de pire pour toutes ces personnes, qui se détestaient déjà dans l’opulence et la liberté, que de recréer un « Huis clos », à l’instar de celui de Sartre, dans lequel elles seraient toutes, vivantes, réunies dans quelques cellules pendant quelques années… !

Point besoin de songer à des actes de tortures primitifs et inhumains, elles ne sauraient connaître de pire châtiment !

Rigobert OSSEBI

(Extrait de congo-liberty)

Belinda Ayessa et le Cartel d’Oyo préfèrent le 7ème arrondissement de Paris…Par Rigobert OSSEBIDircab d’Edgar Nguesso, Rémy Ayayos un hyper riche congolais ! Par RIGOBERT OSSEBIWILLY ETOKA : DE LA RUE MIADEKA À LA VIE DE ROI DU PÉTROLE ! Par Rigobert Ossebi

Repost 0
Rigobert Ossebi - dans Sassou Nguesso Congo-Brazzaville PCT
27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 09:56
[Congo-Brazzaville] Le dictateur Sassou-Nguesso planifie-t-il de tuer les congolais avant de « s’exiler » en Russie ?

poutine-sassou

Après l’échec de sa tentative avortée de s’exiler à Cuba, le dictateur Sassou-Nguesso a secrètement négocié avec la Russie de Poutine pour s’y exiler une fois chassé du pouvoir en 2016.

Fidèle à sa duplicité, le dictateur Sassou-Nguesso vient de signer en catimini avec les autorités russes un accord secret. Lequel dispense désormais de visa « tout congolais au service du dictateur Sassou-Nguesso, détenteur d’un passeport diplomatique ».

Qui d’autre au Congo peut disposer d’un passeport diplomatique, si ce n’est le dictateur et sa cour ?

Cerné de toutes parts, le dictateur Sassou-Nguesso joue son va-tout. Acculé, il s’accroche au pouvoir comme il peut. Mourir au pouvoir comme son gendre Omar Bongo, est son obsession. En a-t-il encore les atouts au moment où tout ce qu’il entreprend se transforme en plomb?

Après avoir externalisé le Trésor Public (sa pompe à fric) à Oyo, le dictateur Sassou-Nguesso s’adonne à ce qu’il sait faire de mieux: s’armer pour intimider et tuer en masse le peuple congolais. Le pogrom qu’il planifie méthodiquement, l’aidera, pense-t-il, à se maintenir au pouvoir au-delà de 2016.

Des containers d’armes de 20 pieds affluent quotidiennement au Congo. N’ayant retenu aucune leçon des explosions de Mpila, ces armes sont stockées dans tous les coins dits stratégiques du pays.

Alors que le dictateur Sassou-Nguesso est un mauvais redoublant, les Congolais ne lui demandent qu’une chose: respecter sa Constitution écrite au coin d’une table au bord de l’Alima.

Dès lors, pour quelles raisons planifie-t-il en douceur ses velléités de tuer un peuple aux mains nues ?

Criminel intemporel et incontesté, le bourreau-dictateur vit dans sa bulle qui l’empêche de voir les mutations du monde. S’il a fait de l’impunité la règle pendant sa dictature, la CPI l’attend au tournant. Une goutte de sang des Congolais en août 2016, ou avant, sera de trop, et signera sa condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité.

S’il est connu de tous que le tyran du bord de l’Alima aime le sang, nous devons faire preuve de vigilance et d’intelligence pour ne pas lui donner l’occasion de tuer en masse des innocents.

Lâché de toutes parts, pressés par Obama et Hollande de déguerpir, le dictateur Sassou-Nguesso est au bord de la dépression. Voire de la « très pression ».

Pendant qu’il achète des armes de guerre en quantité industrielle pour nous tuer, le dictateur Sassou-Nguesso est contesté par Jean-Jacques Bouya et Jean Dominique Okemba qui lorgnent son fauteuil (cousin et neveu du tyran qui s’opposent à son scénario de vouloir se maintenir au pouvoir). D’ici là à ce que sa carotide soit également sectionnée comme il le fit pour Marien Ngouabi, il n’y a qu’un pas.

Le Mal Sassou-Nguesso étant très profond, l’avenir de notre pays ne doit pas être abordé avec légèreté.

Il est capital de mobiliser toutes nos forces, nos intelligences, nos énergies, pour nous débarrasser de ce cancer (Sassou-Nguesso) en phase terminale.

Dans l’état actuel de notre pays, l’élection présidentielle est loin d’être une priorité. La réclamer à cor et à cri, fait le jeu du dictateur Sassou-Nguesso.

Nous devons inéluctablement mettre en place une période de TRANSITION pour assainir les mœurs politiques de notre pays. Aux grands maux, nous devons apporter de grands remèdes. Des hommes et des femmes insoupçonnables doivent poser les bases d’un Congo nouveau.

Au-delà du départ du dictateur Sassou-Nguesso, notre réflexion doit également porter sur le rôle de notre armée. Les forces armées congolaises doivent jouer le rôle qui leur est dévolu, celui d’assurer la sûreté de l’ensemble des congolais. Une armée qui doit être neutre, dont la mission est de protéger le peuple et non d’en faire une chair à canon.

La refonte du fichier électoral est un impératif. Sans cela, aucune élection libre, transparente, crédible, et démocratique ne peut être garantie.

Après « Oko montre la mer à Tati », le dictateur Sassou-Nguesso a réussi le tour de force de faire croire sans sourciller que le Nord serait plus peuplé que le Sud du Congo. Accepter d’organiser les élections présidentielles avec un fichier électoral truqué, c’est donner du grain à moudre au dictateur Sassou-Nguesso. Ce serait un cauchemar que le Congo se réveille demain avec son clone.

L’appel de Mabio-Mavoungou au PCT de soutenir un candidat du RDPS à l’élection présidentielle de 2016 ne peut pas être pris au sérieux. Cela relève plus de l’intrigue que de la maturité politique. A peine dévoilé, son positionnement vient d’être taillé en pièces par les caciques de son parti.

La Justice doit être au cœur du Congo que nous bâtirons demain. Les perquisitions menées tambour battant par les juges français dans le cadre des Biens mal acquis devraient nous inspirer. Des détournements colossaux d’argent public par le dictateur Sassou-Nguesso et son clan sont prouvés. Que dire davantage alors que la paupérisation quotidienne du peuple congolais est insupportable ?

Le Congo n’est pas en guerre, alors que le resquilleur en chef d’Oyo, le dictateur Sassou-Nguesso s’arme. Ses armes ne nous détournerons pas de notre cible. D’ici là, cette vieille peau ne sera qu’un vieux meuble de rangement dans une cellule désaffectée de la CPI.

L’heure est grave et appelle à la responsabilité de tous. Chacun doit apporter sa pierre à l’édifice pour libérer notre pays de la tutelle de la famille Nguesso et de la dictature de son metteur en scène.

« La colère populaire, disait Thomas Sankara, résiste à la bombe atomique ». Cette colère est palpable dans l’ensemble du pays. Dans les quartiers Nord principalement, les populations veulent en découdre.

Le dictateur Sassou-Nguesso et ses mercenaires n’auront pas le temps d’utiliser ces armes. Son site de stockage connu et repéré, il sera happé avant la mise en œuvre de son bain de sang. La conjonction des étoiles est telle, que la fin du dictateur Sassou-Nguesso est inéluctable.

Ce n’est pas parce que le dictateur Sassou-Nguesso est un incapable, que son successeur doit être un intrigant. Son exil sera un enfer. Sous les feux des projecteurs, Poutine finira par le faire extrader vers la CPI. Incapable de construire une phrase, les auditions du dictateur Sassou-Nguesso seront cocasses. Qui vivra, verra !

Olivier Mouebara

(Extrait de congo-liberty)

Repost 0
Olivier Mouebara - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT
24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 11:28
Congo-Brazzaville : Le patrimoine de l'Etat à la trappe

Depuis le retour aux affaires de Denis Sassou Nguesso en 1997, le patrimoine du Congo-Brazzaville se réduit comme la peau de chagrin de Balzac. La capacité de préserver les bijoux de famille dans l’escarcelle de l’Etat par Sassou, le PCT et les épigones du « Chemin d’avenir » est incertaine voire nulle.

La sécurité des biens tant mobiliers qu’immobiliers exige et recommande une action publique plus rigoureuse et efficace. Faute d’un classement des sites de la République, meubles et immeubles, l’arbitraire devient le modèle dans la gestion du patrimoine.

De fait, au Congo-Brazzaville, le patrimoine public est livré à la loi du plus fort conformément à la fable de Jean de La Fontaine (Le loup et l’agneau). Dans cet exercice, les vainqueurs de la guerre du 5 juin 1997 se taillent la part du lion. En la matière, on y trouve des perles. En l’occurrence le centre-ville de Brazzaville est devenu l’antre du lion. Centre-ville, centre-vide (selon le mot de Roland Barthes) ; tous les signes de notre histoire urbaines ont été vidés de leur symbolique archéologique et les référents architecturaux évacués de la mémoire urbaine sans coup férir. La « Brazzaville Blanche » de Georges Balandier est devenue le lieu de recyclage de l’argent sale des épigones/squatteurs. Quant aux « Brazzavilles Noires » observées dans les années 1950 par l’anthropologue, celles-ci font, depuis le coup d’état, l’objet d’un blanchiment de l’argent du pétrole dans des OPA immobilières ayant pour effet de jeter des familles entières à la rue.

Boulimie immobilière

C’est un genre d’inventaire à la Prévert qui, chaque année depuis le putsch sanglant de Sassou contre Pascal Lissouba, énumère les expropriations du patrimoine de l’Etat et l’accaparement des biens mobiliers et immobiliers du Congo-Brazzaville par les épigones du « Chemin d’avenir » . Il n’est pas rare que les badauds et les taximens égrainent dans les quartiers populaires des grandes villes la liste des biens immobiliers publics devenus par la force des choses des propriétés des nouveaux riches et hommes forts du régime du Congo-Brazzaville. Mais, là où, Jacques Prévert faisait un inventaire poétique se terminant par le célèbre « Raton laveur », les populations du Congo-Brazzaville, ahuries, agacées impuissantes et éberluées, donnent dans un genre plus aride puisque ses têtes de chapitre de leur liste noire vont de Brazzaville à Pointe-Noire en passant par Dolisie et Makabana ; du dépôt CFCO à la Poste Centrale de Brazzaville, aux anciennes résidences d’Air Afrique en passant par le bord de mer de Pointe-Noire. Rien n’est épargné. La boulimie immobilière des épigones du « Chemin d’avenir » est à son comble. « Pousse-toi que je m’y mette. » ou « Vas voir dehors si j’y suis. » Et, ceci au vu et au su de tout le monde. L’impunité a été érigée en mode de gouvernement. « J’y suis, j’y reste » : slogan du squatteur effronté.

Squatters en treillis

Le siège de l’Agence congolaise d’information (ACI) a été bradée à une organisation humanitaire appartenant à Claudia Sassou. L’ONG, qui n’a d’humanitaire que le nom, prendra et l’ACI et l’ancien cinéma Vog en face de la Délégation Générale aux Grands Travaux. Aussi, depuis quelque temps le voisinage de l’ancien siège de la Télévision Nationale est fortement squatté par les dignitaires hyper riches de la République. Quelques maisons sont déjà tombées dans leurs griffes. Des terrains sont rachetés et des villas réhabilitées. Et la conquête des biens se poursuit (Severin News, 6 février 2015). Ces raids se font sans même déverser le franc symbolique. Les abords du port fluvial de Brazzaville et des anciens chantiers de construction navale (Chacona) sont pris d’assaut par les militaires haut gradés des FAC et les proches du pouvoir qui y ont érigé des villas, des hôtels et restaurants. Après le transfert de Radio Congo vers le site de Nkombo Matari à Mfilou dans le septième arrondissement de Brazzaville, le vaste terrain de l’Etat ou du ministère de la communication a été morcelé, vendu ou redistribué à tout vent.

L’ancien siège de la radio est d’ailleurs devenu une caserne militaire, alors que tout autour ont poussé à la vitesse d’éclair des villas, propriétés des dignitaires congolais. Le terrain qui abritait l’ancienne Voix de la Révolution Congolaise est devenu la propriété de Madame Antoinette Andzouana, épouse d’Albert Andzouana, ancien directeur général des Impôts. Antoinette Andzouana a poussé l’outrecuidance jusqu’à éjecter des lieux le Centre de Documentation pour les Médias (CDM) et démolir le siège.

De fâcheux précédents

Dans le bradage des bijoux de famille, le Congo-Brazzaville est coutumier du fait. Déjà en 2010 , Sassou et les épigones du « Chemin d’avenir » avaient défrayé la chronique. L’événement avait eu lieu le 16 juin 2010 avec l’annonce de l’attribution par la mairie centrale de Brazzaville du domaine de la Faculté des sciences de l’Université Marien Ngouabi à la République de Guinée Equatoriale afin d’y ériger sa chancellerie, les résidences de son chef de l’Etat et de l’ambassadeur accrédité au Congo-Brazzaville. Quel culot ! Quel obscurantisme ! Quel cynisme ! (Cf. Congopage.com, 2 juillet 2010 , « Université Marien Ngouabi : silence, on brade »).

Claudia Ikia

Les épigones du « chemin d’avenir « se sont lancés dans une course effrénée à l’expropriation du patrimoine de l’Etat en dépit des gesticulations de Pierre Mabiala, piètre bonhomme qui cogne les faibles, caresse les forts. Qui arrêtera ces caïds de la guerre de 1997 dans cette folie immobilière ?

Les populations du Congo-Brazzaville n’ont pas la mémoire courte. Claudia Ikia Sassou en a fait les frais, victime de la colère populaire.

Benjamin BILOMBOT BITADYS

Repost 0
Benjamin Bilombot-Bitadys - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT
21 février 2015 6 21 /02 /février /2015 17:30
(Congo-Brazzaville) Sassou Nguesso et ses mercenaires de Tchambitcho sous la menace des drones…

RIGOBERT OSSEBI -


Au bord de la rivière Alima, à deux pas d’Oyo, non loin d’Ollombo et de l’aéroport international privé de Denis Sassou Nguesso, se situe le village de Tchambitcho. Depuis des années, la réserve personnelle de mercenaires du dictateur congolais y réside.

Véritable Mecque de l’internationale terroriste, des soldats de fortune venus de tous horizons géographiques et idéologiques se retrouvent dans cette Tour de Babel de la terreur : des Rwandais, des Tchadiens, des Libyens, des Cubains, des Angolais, des Nord-Coréens, des membres du Hezbollah ainsi que des djihadistes égarés parmi des pilotes ukrainiens (pour les hélicos de combat) et sud-africains (pour les Mirage F-1). Simples soldats perdus ou instructeurs ces hommes constituent la véritable capacité de nuisance intérieure de l’autocrate de l’Alima. Sans état d’âme, au moindre signal, ils pourraient fondre sur les malheureuses populations congolaises. Pour le tyran, peu importe l’ethnie des prochaines victimes. A ses yeux, il suffit que les Congolais soient terrorisés par cette horde de sauvages ! Alors, ils lui demanderont grâce, quitte à ce qu’il reste indéfiniment au pouvoir !

L’argent, les armes, les hommes ! Un aéroport international, celui d’Ollombo, totalement dédié à l’importation du matériel de guerre et des munitions (même un Boeing 747-400 cargo bourré jusqu’à la gueule pourrait y atterrir) ! Denis Sassou Nguesso disposait de tous les ingrédients pour que ce plan réussisse ! Sauf que le monde entier en a assez de lui et au tout premier rang de ces mécontents, figurent Barak Obama et François Hollande. Et là, il faut reconnaître qu’ils auraient fait fort. Très fort !

Récemment, et pour la toute dernière fois c’était le 18 février 2015, Tchambitcho qui est aux Nguesso, ce que Kandahar est aux Talibans, a été survolé à plusieurs reprises par des drones, à une altitude suffisamment basse pour que les futurs sacrificateurs de Congolais puissent les apercevoir. A chaque fois, les caméras extrêmement puissantes qui équipent ces engins ont pu envoyer, en direct, aux QGs des commanditaires (américains ou français ?) les images de panique et de débandade généralisées. Les terroristes, terrorisés par un ennemi presque invisible, couraient dans tous les sens en quête d’un impossible abri. Bien plus qu’une simple intimidation, ces survols répétés du territoire d’un Etat souverain représentent des avertissements gratuits à leur chef de bande (l’autocrate de l’Alima voisine) : « il nous suffirait simplement d’appuyer sur le bouton, sur le joystick, comme dans un jeu vidéo, et boum ! » Ces vidéos se retrouveraient alors sur Youtube : « le survol d’Oyo, l’approche de Tchambitcho, les cibles qui sont identifiées et qui apparaissent dans le cadran du viseur. Puis quelques secondes s’écoulent et l’écran qui s’embrase : le missile vient de toucher son but ! »

« Déjà vu ! » diriez-vous ! Oui mais ces éliminations ciblées se déroulaient au Pakistan et en Afghanistan ! Là, cela pourrait bien se passer en Afrique, chez nous, au Congo !

Nous pourrions assister également sur le tarmac de l’aéroport d’Ollombo à la destruction, de la même manière, du tout nouvel avion de Denis Sassou Nguesso, le Falcon 7X de Dassault, avec lequel il pensait pouvoir atteindre n’importe quelle destination étrangère sans escale, ou du dernier hélicoptère Augusta qui lui a été offert par ENI… Restera alors la bonne vieille pirogue pour tenter de sauver sa vieille peau !

Qu’il est loin le bon temps de Jacques Chirac et du gendre Salat-Barroux (Secrétaire Général de l’Elysée) qui lui passaient tout, et même de Nicolas Sarkozy avec les amis Tapie, Balkany et Kouchner qui arrondissaient toujours les angles !

Cette histoire de drones, c’est du sérieux, du solide, du perfide même et qui ne laisse aucun espoir de conservation de pouvoir ; même plus : de survie en cas de faux pas… ! Il n’existe pas d’exemple connu de ce type d’intervention (une intrusion répétée dans l’espace aérien quasiment privé d’un chef d’Etat en exercice) pour un pays qui se situe en dehors d’une zone de conflit.

N’oublions pas que Denis Sassou Nguesso est l’homme de Kimongo et qu’il n’avait d’aucune manière résisté, même verbalement, à l’invasion angolaise de 2013.

De plus, les récentes perquisitions aux domiciles des neveux Nguesso ainsi que les saisies de valeurs, de bijoux et de voitures de luxe ont été accompagnées d’un silence assourdissant du tigre de papier de Mpila. Aucune déclaration tonitruante, aucun bombement de torse superflu, aucun appel téléphonique débordant d’insultes à l’Elysée i pour obtenir la restitution des biens saisis, aucune menace de rupture des relations diplomatiques.

Le tyran fauve de l’Alima aurait-il enfin pris conscience de la matière, cellulosique, qui le compose ? Peut-être… !

En fait, il a été ramené sans le moindre ménagement à la réalité et à l’extrême précarité de sa situation… Encore une fois, sans la moindre protestation de sa part !

Pouvons-nous en espérer la non-modification de la Constitution et une alternance démocratique ? Sans doute… !

Qui est le commanditaire de ces missions ?

La description qui a été rapportée de l’engin (une vingtaine de mètres d’envergure et une dizaine de longueur) correspond au drone de combat MQ-9 Reaper de General Atomics qui équipe l’armée américaine et depuis près d’une année l’armée française, avec succès, au Mali. Ce modèle constitue un des fers de lance de la stratégie américaine de lutte contre Al-Qaïda et les Talibans, notamment au Pakistan dans les zones tribales. Les Etats-Unis auraient pu mener ces missions au départ de Sao Tomé, voire du Cameroun. Cependant, si la France souhaitait les déployer ailleurs qu’au Mali, au départ du Centrafrique par exemple, elle devait contractuellement solliciter l’autorisation des autorités américaines. Les missions effectuées au-dessus de Tchambitcho auraient nécessité vraisemblablement un accord entre les deux armées américaines et françaises. Ce qui démontrerait plus encore la ferme détermination de Barack Obama et de François Hollande de mettre un terme définitif au pouvoir calamiteux et tri-décennal de Denis Sassou Nguesso.

Rigobert OSSEBI

(Extrait de congo-liberty)

i Comme ce fut le cas lors de l’incarcération à Paris de Jean-François Ndenguet en 2004 pour l’affaire des Disparus du Beach. Sassou Nguesso avait obtenu sa libération immédiate dès le lendemain après avoir fait tiré de son lit en pleine nuit, le juge des libertés et copieusement menacé Jacques Chirac et Dominique de Villepin.

Repost 0
Rigobert Ossebi - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT Oyo