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1 avril 2015 3 01 /04 /avril /2015 06:12
[Congo-Brazzaville] L’Amont et l’Aval pétroliers congolais mettent l’Etat en situation de faillite frauduleuse…

Par RIGOBERT OSSEBI -

De margerie Sassou-nguesso Qatar

Lorsque vous ne pouvez plus payer vos fournisseurs, vos créanciers et que vos ressources financières ne couvrent plus vos engagements courants et récurrents, si vous êtes une entreprise vous devez vous déclarer « en faillite ». Si vous êtes un Etat, qui ne peut répondre à ses engagements, il faut alors se déclarer en cessation de paiements.

Si les faits qui ont conduit à la faillite de l’entreprise relèvent de détournements et de prélèvements criminels ou interdits, la faillite est alors frauduleuse. Les coupables et leurs complices ne pourront alors échapper à de sévères peines d’emprisonnements ; comme pour la cessation de paiements… !

A cause de la chute des prix du pétrole, à cause d’une folie dépensière, d’une incompétence notoire, du manque de prévoyance, d’une prédation permanente et de l’inconséquence de la gouvernance familiale monarchique qui s’est imposée à la tête du Congo, les caisses de l’Etat sont vides, on ne peut plus vides !

La cigale-piranhas de l’Alima, Sassou Nguesso, est passée par là !

Pire, les rentrées dites pétrolières qui normalement alimentent à 90% le Trésor Public sont quasiment inexistantes depuis des mois et cela ne risque pas de s’améliorer avant longtemps. Le Congo unijambiste se traine à terre comme un « cul de jatte »… ! (1)

Ici et ailleurs, nous vous avons souvent parlé de « l’Aval pétrolier », tenu comme vous le savez depuis longtemps par « Kiki le pétrolier, le Roi du pétrole congolais », et également par « le clan des Mapapa » ce réseau familial flamboyant et inculte qui signe des contrats de milliards de dollars, qui voyage en jets privés et vit dans des palaces pendant que la population croupit dans la misère la plus totale !

Mais qui dit « Aval » doit aussi, forcément, penser « Amont » !

« L’Amont » c’est la production. Vous y avez principalement TOTAL et ENI. Maintenant, il faudrait plutôt dire ENI et TOTAL parce que l’opérateur italien vient de prendre le dessus pour ce qui est de la production et des réserves « officielles » au Congo.

Les opérateurs italiens, français, américains au Congo, ont leurs propres matériels et équipes mais ils doivent faire en grande partie appel à la sous-traitance, à l’intérieur du Congo, pour différentes prestations ou locations de matériels, engins maritimes ou sous-marins, aériens comme des hélicoptères ou des avions. Dans la production proprement dite, des unités flottantes de production et de stockage peuvent être acquises (en Corée du Sud principalement) ou louées. Parfois comme pour le champ de Nkossa, acquisitions et locations vont de pair : une société monégasque loue et opère un FSO pour les gaz de pétrole (LPG)- [uniquement cité à titre d’exemple].

La sous-traitance, dans des conditions normales d’exercice de la production pétrolière, peut dépasser les 50% du coût de revient d’un baril de pétrole. Pareil champ d’activité ne pouvait laisser indifférents les piranhas de l’Alima, espèce particulièrement gloutonne et carnivore… Un petit exemple, la restauration d’entreprise (le catering) est un énorme marché. Les véritables opérateurs sont rares, connus et reconnus. Cependant, « par complaisance » un enfant Sassou Nguesso recevra un contrat d’un pétrolier qu’il lui suffira de sous-traiter avec l’industriel qui en a la véritable compétence. Un simple jeu de facturation ou plutôt de surfacturation, car le coût aura doublé pour la compagnie pétrolière qui le répercutera automatiquement sur son prix de revient du baril ! En définitive, cela ne sort pas de sa poche mais de celle du Congo !

Aussi, un contrat de cinq ans d’une compagnie pétrolière pour la location d’un « Supply » peut faire de vous un homme riche. Acheté en Chine, ce bateau de transport de matériels (pipes etc…) pourra être amorti en un rien de temps, suivant votre degré d’influence pour le coût de la facturation. Inutile de revenir sur les véhicules automobiles de location à 3 millions de FCFA et plus par mois et que les pétroliers doivent obligatoirement louer aux enfants et neveux ; et les villas et les immeubles entiers loués à des prix démentiels auprès des mêmes….

Tous les domaines de la sous-traitance relèvent maintenant de l’autorité du gang familial. Il serait difficile de penser qu’un seul marché puisse y échapper ; de la location de jet privé à la fourniture de trombones et de ramettes de papier ! C’est la raison pour laquelle le coût de production du baril de pétrole congolais doit se situer dans les prix de revient les plus élevés au monde… Le coût véritable pourrait bien en être augmenté de 50% voire plus !

Il y a quelques semaines [cf Zenga Mambu] le directeur irlandais d’United Safety, une société américaine réputée, spécialisée dans les équipements de sécurité de la production pétrolière et gazeuse (http://www.unitedsafety.net/) a été interpellé comme un malpropre et jeté en prison à la demande du maintenant « bien connu » Marc Emmanuelli (ex-directeur de Gunvor Congo) qui est, de notoriété publique ponténégrine, l’homme de paille d’Egard Nguesso (le bienheureux neveux propriétaire des 638 m2 du triplex de Neuilly près de Paris). Malgré le paiement d’un million de dollars (véritable rançon) Monsieur Ronan Mooney était resté dans sa geôle pestilentielle ; les piranhas de l’Alima ne sauraient se contenter de miettes… [petite question : Marc Emmanuelli instrumentalisait-il la « justice congolaise » pour son compte personnel ou pour celui de son employeur habituel ?]

Le gisement de Moho Bilondo découvert par TOTAL nécessite pour le développement de sa phase 1 Nord la somme astronomique de dix milliards de dollars. Le Qatar avait été invité à une augmentation de capital (dans Total Congo) de 1,5 milliard des mêmes dollars. Tout cela aurait-il pu se faire sans que les piranhas Sassou Nguesso ne montrent leurs jolies quenottes ? On peut toujours rêver… !

Le racket, l’extorsion de fonds ne sont pas forcément le quotidien de l’industrie pétrolière au Congo, mais tout participe, semble-t-il, d’une méthode librement et largement consentie : tout sera ajouté au coût de revient du baril à partir duquel les contrats « partage-production » doivent s’appliquer ! C’est sans doute la raison pour laquelle des modifications, que nous avions dénoncées, y avaient été apportées l’année dernière, approuvées par l’Assemblée nationale fantoche.

Tout cela se pratique donc au détriment de l’intérêt de l’Etat congolais et au niveau du prix de vente actuel du baril de pétrole, il ne reste strictement rien pour le Trésor Public après l’écrémage « Aval » de « Kiki le pétrolier » ou du Clan des Mapapa, comme vous le voudrez !

Ce gonflement exorbitant des coûts de production ne saurait s’exonérer, à la chute de ce pouvoir criminel, d’un « audit » véritable qui n’a jamais été réalisé à ce jour depuis le démarrage de l’exploitation pétrolière au Congo…. ! Il serait incontournable si l’Etat post-Nguesso voulait conquérir un minimum de crédibilité !

Aujourd’hui, le Congo et les Congolais sont devenus la risée de toute l’Afrique ! Aucun pays, aucune population ne saurait se reconnaître en nous et accepter ce que cette famille de prédateurs nous impose ! Un site camerounais bien connu vient de titrer : « CONGO : DETOURNEMENT DE BIENS PUBLICS PAR SASSOU FILS : TEL PERE, TEL FILS ! » Rien à dire, ni à ajouter !

Il y a peu, le papa-piranhas, Denis Sassou Nguesso, avait convoqué le directeur d’ENI Congo. Il lui a exprimé un besoin d’argent important (200 à 400 millions de dollars selon certains). Le responsable italien lui a répondu qu’il ne pouvait lui accorder cette « facilité ». Il lui proposa d’augmenter la production, ce que Sassou Nguesso refusa puisque plus rien ou presque ne lui revenait (par son Etat congolais). Le dirigeant local d’ENI s’est alors laissé aller en souriant à une proposition qui a été très mal encaissée par le dictateur de l’Alima : « C’est le moment de piocher dans vos économies ! » Le tyran l’aurait vraiment très mal pris ! Il est hors de question pour lui ou pour les siens de restituer un tant soit peu de ce qui avait été volé !

Pourtant, les besoins d’argent sont énormes ! Il en faut aussi et surtout pour terminer les équipements des prochains Jeux africains…

Sassou Nguesso était arrivé au pouvoir pour le pétrole et pour l’argent ! Il en partira par le pétrole et par l’argent !

Rigobert OSSEBI

(Extrait de congo-liberty.com)

(1) En cette fin mars 2015, le cours du Brent sur lequel est indexé le brut congolais se trouve aux environs de $58 le baril et le Dollar monnaie de référence de l’industrie pétrolière est au taux avantageux de 0,92 contre l’Euro, ce qui atténue l’impact de la chute du prix de l’or noir (de 15 à 20%) ; mais encore faut-il avoir des rentrées en dollars !

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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 17:01
(Congo-Brazzaville) Le PCT souhaite-t-il la partition du Congo ?

Par le Dr Pascal MALANDA

Nous avons choisis de diffuser des larges extraits de cette excellente tribune du Dr Pascal MALANDA, dont l’intégralité est téléchargeable à la fin du texte !

Le danger des partis ethniques

En 2012 le site Congoliberty, tout à ses débuts, organisait une rencontre citoyenne à Paris. Le thème était…J’y pris part en présentant une réflexion intitulée : Evolution ou Révolution : utiliser Sassou pour préparer l’après-Sassou.

Au cours de mon exposé, j’avais évoqué le caractère ethnocentré de la plupart des grands partis politiques congolais. Il m’avait suffi pour cela de projeter sur un écran la composition ethnique des organes centraux de ces partis. Je montrai ainsi comment le PCT, malgré ses racines remontant au monopartisme était resté un parti essentiellement « nordiste » avec domination dans les instances dirigeantes des ressortissants de la Cuvette Centrale. Et même dans la Cuvette Centrale, l’hégémonie du triangle Oyo-Olombo-Owando était palpable. L’U.PA.DS affichait des instances dominées par les ressortissants du Grand Niari. Le MCDDI et le RDPS étaient quant à eux basés respectivement sur le Pool et le Kouilou. Et pour finir, le RDD recrutait essentiellement autour d’Owando.

Je proposais de tenir compte du poids de nos prisons tribales dans nos démarches politiques. Mon souhait était de voir une plus grande mixité dans les deux camps, mais surtout une plus grande responsabilité citoyenne et nationale.

Robert Poaty Pangou

A la fin des débats, je fus surpris par une question frontale : « Êtes-vous pour ou contre l’Etat du Sud Congo ? » La question venait de Robert Poaty Pangou. Ma réponse fut tout aussi frontale et claire : « Je ne crois pas un seul instant à l’utopie d’un Sud-Congo ». Je croyais que mon interlocuteur allait me permettre de développer ma pensée dans un débat contradictoire. Il se contenta d’un « merci pour votre sincérité » et s’en alla.

J’avais tant voulu dire à Poaty Pangou que l’échec de la construction nationale ou une grande partie du pays se sentait exclue, humiliée, paupérisée etc. ne justifiait pas une réaction aussi primaire que la partition du pays. Et d’ailleurs qu’elles étaient les garanties que Kongo-Lari, Nibolek et ressortissants du Kouilou n’allaient pas reprendre, dans ce Sud-Congo rêvé qu’il appelait de tous ses vœux, les mêmes travers tribaux ? Niboleks et Tcheks avaient-ils attendu cet hypothétique Sud-Congo pour s’étriper gaillardement en 1992-1994 ?

Le règne de l’injustice

Depuis 1997, le PCT est revenu au pouvoir. Les injustices tribales qui se faisaient de façon sournoise se sont installées en plein jour. Les vainqueurs de la guerre ne se gênent plus. Plus de complexe du tout. Plus grave encore, le PCT a instauré après 1997 un système de plus en plus clanique et familial de la gestion du pays. Le Sud, longtemps seule victime, a été rejoint par des pans entiers du Nord du pays progressivement exclus de la gestion du pouvoir.

Revenu au pays en 2010, après de longues années d’absence, j’avais retrouvé ma ville natale coupée en deux : un Brazza-nord et centre plus prospère, et un Brazza-Sud baignant dans la misère. Les grands travaux urbains avaient la fâcheuse tendance de se concentrer dans le Nord de la ville : grandes infrastructures routières, usines, université Sassou Nguesso, Stade Olympique avec grand complexe, nouveaux quartiers modernes etc. Brazza-Sud se contentait de quelques réalisations en trompe-l’œil pour essayer de masquer l’injustice. Et cerise sur le gâteau, la plus grande mosquée d’Afrique centrale était projetée à Bacongo !

Sur le plan individuel, les constructions dans Brazza-Nord reflétaient une plus grande captation des revenus nationaux que Brazza-Sud dont les populations étaient moins représentées dans la nouvelle classe moyenne.

Ce clivage Brazza-Nord Brazza-Sud masquait mal des poches de pauvreté dans la zone nord de la ville. L’injustice semblait continuer son œuvre au-delà de la frontière ethnique. Oyo s’était transformé en véritable ville tandis que les autres localités du Nord se contentaient de jouer les figurants.

Pointe-Noire n’échappait pas à cette déchéance programmée. La grande ville pétrolière, à l’exception de quelques îlots de prospérité, végétait dans la misère la plus crasse.

Dolisie, la capitale de l’or vert me donna l’impression d’une ville fantôme. Très partiellement reconstruite après la guerre, elle n’était plus que l’ombre d’elle-même. Payait-elle au prix fort d’être restée le fief de Pascal Lissouba ?

Un pays coupé en deux ?

Depuis quelques temps, le débat sur la partition du pays est en train de prendre une tournure inquiétante. A l’approche des élections de 2016, tout le monde redoute une guerre qui aurait pour cause le refus du PCT de respecter la constitution qu’il avait imposée au pays en 2002. Des voix de plus en plus nombreuses et puissantes commencent à poser cette question vitale : « Voulons-nous vivre ensemble dans un pays uni où règnent l’égalité, la paix et la fraternité, ou devons-nous aller vers une sécession pour éviter des guerres inutiles ? »

Si en 2012, ma réponse à Poaty Pangou avait été un NON catégorique, aujourd’hui, je sens un malaise grandissant en moi. Mes compatriotes du Nord Congo se rendent-ils compte de cette situation ? Que pourrais-je répondre à des Sudistes désabusés qui diraient : « Nous sommes fatigués de vivre comme des sous-hommes dans notre propre pays. Nous voulons tenter une nouvelle expérience en créant le Sud-Congo. Les Erythréens se sont détachés de l’Ethiopie, le Sud-Soudan est devenu indépendant, le ciel n’est pas tombé…Plus loin de nous, la Yougoslavie a éclaté, le Kosovo s’est détaché de la Serbie…Les frontières bougent, là où l’injustice perdure ». Quel argument crédible pourrais-je leur opposer ? Le PCT est-il capable d’assumer les résultats d’un référendum ou la question serait : « Voulez-vous changer de constitution ou diviser le pays en Congo-Nord et Congo-Sud ? » Pour vivre ensemble, il faut commencer par le vouloir et cela implique le respect les uns des autres. Le PCT embarque l’ensemble de la nation dans une aventure dangereuse aux conséquences potentiellement catastrophiques. Ce parti est conscient que s’il était dans l’opposition il n’aurait jamais accepté pareille escroquerie. D’où vient donc cette obstination à vouloir imposer aux autres ce qu’on ne peut pas tolérer de ces derniers ? Les autres seraient-ils des sous-hommes ?

Le PCT peut encore se ressaisir

Le PCT est-il conscient de jouer avec le feu ? Arrivé au pouvoir en 1997 grâce à l’appui des forces étrangères, croit-il pouvoir rééditer cet « exploit » en 2016 ? Croit-il pouvoir imposer sa volonté au reste de la nation par les armes et l’argent ? Je crois que les choses ont énormément changé sur le plan national et international. La gestion catastrophique du PCT a provoqué un tel malaise que ce parti ne pourra pas gagner une élection libre et transparente en 2016. Il en est conscient. D’où cette obstination à vouloir imposer un débat d’un autre âge : Changer une constitution 12 ans à peine après son introduction. L’échec annoncé du PCT n’est pas un échec du Nord comme veulent le faire croire certains, mais l’échec d’un parti politique. De nombreux compatriotes au Nord du pays s’en rendent d’ailleurs de plus en plus compte. Espérons qu’ils auront le courage de convaincre les extrémistes de tout bord de revenir au bon sens, car le destin du pays est en jeu. L’unité et la cohésion du pays sont menacées par ceux-là mêmes qui prétendent la défendre en prenant le risque de déstabiliser les institutions de la république.

La démocratie a ceci de merveilleux qu’elle contraint le pouvoir à un bilan régulier. Les élections sont ce magique moyen par lequel le peuple peut sanctionner ou récompenser un pouvoir après lui avoir confié les commandes du pays. La perte du pouvoir, quelle que désagréable qu’elle soit, n’est pas une fatalité. Un passage à l’opposition permet alors de mieux préparer des arguments de retour pacifique au pouvoir. Après 19 ans de gestion sans partage, le PCT gagnerait à faire une cure d’opposition afin de revenir avec de meilleures propositions en 2023. Mais un parti qui a fait sien dès sa naissance le slogan « Le pouvoir ne se donne pas, il s’arrache » est-il capable de faire sa mue démocratique et accepter le verdict des urnes ? Wait and see.

L’homme à qui l’histoire a donné raison

Si demain un choix cardinal s’imposait à moi sous la forme suivante : « vivre comme esclave dans un Congo uni et dominé par un parti incompétent et égoïste ou vivre libre dans un Sud-Congo expérimental », ma réponse est aujourd’hui prête : Je voterai pour ce Sud-Congo, malgré le saut dans l’inconnu que cela représente. Je le ferais la mort dans l’âme car je reste convaincu qu’un Congo uni et juste a plus de chance de s’imposer dans un monde globalisé.

Je vois avec de plus en plus d’appréhension l’idée d’un Sud-Congo gagner du terrain. Mirage ou dure réalité ? J’espère que les chantres du PCT se rendent compte qu’ils sont en train de faire le lit de la partition du Congo. Le Sud du Congo est aujourd’hui un volcan endormi. Il peut se réveiller d’une manière brutale. J’aimerais tant que Poaty Pangou ait tort devant l’histoire, mais j’ai l’impression que le PCT s’apprête à lui donner raison.

Poaty sera-t-il l’homme à qui l’histoire a fini par donner raison ? Pauvre Congo !

Télécharger l’intégralité du texte : PCT souhaite diviser le Congo

Dr Pascal Malanda (Congoalternance2016@gmail.com)

(Extrait de congo-liberty)

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Dr Pascal Malanda - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT Sud-Congo
27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 05:21
[Congo-Brazzaville] L’arme favorite de destruction massive de Sassou Nguesso : l’argent !

Par RIGOBERT OSSEBI

Dans un de ses livres, qu’un nègre avait rédigé pour lui et que Nelson Mandela n’avait pas préfacé, Denis Sassou Nguesso affirmait, qu’à l’âge incertain de 10 ou 12 ans, il découvrit en 48 heures tous les transports modernes (la voiture, l’avion et le train) pour se rendre de son trou perdu d’Oyo, à son collège près de Dolisie, dans le Niari. Il n’est dit nulle part, où et quand, il tint pour la première fois dans sa main un billet de banque…

Il serait bon de le savoir car, longtemps après, il en a fait son arme principale en s’affirmant comme l’un des dictateurs les plus implacables que l’Afrique n’ait jamais connus.

Sassou I (1979-1992), tout à ses intrigues, ne s’autorisait que quelques coups de poignard dans l’orthodoxie financière et le respect de l’argent public. Il hésitait à franchir franchement le pas tant le pays était encore marqué par son éducation coloniale et par ses prédécesseurs Youlou, Massamba Debat et N’Gouabi !

Il lui a fallu sa traversée du désert à Libreville et à Paris pour découvrir le pouvoir de l’argent qu’il n’avait plus.(1) “Retrouver le pouvoir et l’argent” était devenu pour lui une obsession, une question de vie ou de mort, au point qu’il sombrait dans la dépression dans son appartement de l’avenue Rapp à Paris.

Deux mentors lui dictèrent alors les voies qu’il devait suivre.

Le premier fut Mobutu qu’il rencontrait dans le sud de la France, à Cap Martin, près de Monaco. Le président zaïrois lui disait qu’il fallait prendre exemple sur lui pour le mépris qu’il avait de ses populations, pour son manque de respect du bien public qui était devenu le sien et d’encourager partout le crime pour que personne ne vienne lui reprocher les siens (ce qu’il avait déjà commencé à faire dès 1979). Seul devait compter son bien être, même et surtout, au détriment de celui de tous les Congolais ; peu importe qu’ils vivent comme des chiens et même pire ! « Plus tu les humilies, mieux tu les tiens ! »

La leçon a bien été retenue ! Après dix-huit années au pouvoir, celui que nous appelons tous maintenant “le tyran”, a parfaitement mis en pratique les conseils de Mobutu…

Le second mentor fut Omar Bongo, son gendre. Ils avaient tous deux en commun la haine des Vilis “qui les avaient vendus” durant la traite négrière et ils étaient d’accord, tous deux pour les maltraiter autant qu’ils le pouvaient.

Le président gabonais avait une longue expérience avec les hommes politiques français et l’offrit à son tout jeune beau-père. « Il fallait arroser, arroser, arroser ! » Dans cette discipline l’élève eut tôt fait de dépasser le maître ! Il arrosa tellement que Brazzaville compta vite bien plus que Libreville auprès de toute la Francafrique. Cette dernière alla jusqu’à, sur l’insistance du tyran d’Oyo, refuser d’effacer la dette gabonaise. Il a fallu l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy à l’Elysée pour que la France consente à soulager le Gabon de 30% de ce qu’elle lui devait ; contrairement au Congo-Brazzaville qui avait obtenu 100%. Ceci n’est qu’un petit exemple de la perfidie du dictateur congolais, « toujours se retourner contre celui qui l’a aidé (souvent en abusant de l’épouse ou de l’enfant) et mordre la main qui l’a nourri ! » La liste en est longue d’Adoua à Yves Motando en passant par les dossiers non clos comme ceux d’André Okombi Salissa et de Jean Marie Tassoua.

Au petit jeu, d’étrangler son peuple en l’affamant et par ailleurs jouer les grands seigneurs, Sassou Nguesso avait su occuper les devants de la scène internationale. Mais les temps ont changé, les informations circulent, l’air du temps est contre les dictatures et l’homme a fini par être détesté ; sauf par des nouveaux venus, comme le tout jeune Matteo Renzi qui n’aura peut-être jamais le temps de le connaître parfaitement…!

Mais avant d’être le président de la République, Denis Sassou Nguesso en est le véritable ministre des finances, du pétrole et de la défense intérieure. Rien ne s’effectue dans ces domaines sans son accord !

Aujourd’hui, la peur ne le quitte plus ! Son premier réflexe a été de verrouiller encore plus les sorties d’argent. Il lui fallait assécher le pays de manière à ce que personne ne puisse bouger contre lui. A Brazzaville, plus que jamais l’argent ne sort plus, ni pour le peuple, ni pour les services, ni pour les entreprises. Certes la chute des prix du baril de pétrole est passée par là ! Mais les restrictions actuelles dépassent de beaucoup l’impact qu’elle aurait dû avoir.

Depuis son retour à la tête de l’Etat, l’argent a été son instrument de pouvoir favori. Il en a couvert les vauriens, les méchants et les imbéciles de tous bords ; au premier rang desquels figuraient sa propre famille, ses enfants et ses neveux. Il s’est amusé à en exclure toute une population et deux générations de jeunes au moins qu’il a privées de soins, d’éducation et même de nourriture. Plus d’un tiers de la population congolaise vivait en 2014 en situation de sous-alimentation selon le PAM.

Le tyran de l’Alima s’est servi du Trésor Public congolais non pas pour le bien-être de sa population mais comme un instrument de domination, comme une arme de destruction massive. Il en a privé avant tout ceux qui auraient pu un jour lui faire de l’ombre, mettre en question sa

tutelle monarchique. Il a tout brisé dans l’oeuf. Toutes les têtes qui dépassaient ont été décapitées, au propre comme au figuré. Il a détruit des vies entières, des carrières, à petit feu pour faire durer son plaisir. Pas un élève brillant congolais fut encouragé par son pays pour aller dans une grande école ou une grande université étrangère. Le Congo n’a enregistré aucun parcours exemplaire , aucune élite bien formée !

Aujourd’hui le ressentiment est grand contre l’homme-démon et sa famille. Du Nord au Sud, même à Oyo, les populations n’en veulent plus. Les abus financiers, que nous avons toujours rapportés en détails, ont maintenant ouverts les yeux du plus grand nombre. L’argent, qui faisait sa force, son pouvoir et son arrogance, creuse le trou béant dans lequel ils s’engouffreront tous. Leurs fortunes, bien mal acquises, serviront leur perte. Le nom des Nguesso sera synonyme de “voleur” pour les générations futures, il sera encore plus difficile à porter que celui de Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu Wa Za Banga.

Ce dernier avait utilisé des prête-noms monégasques pour dissimuler dans le paradis fiscal de la Principauté les trésors qu’il avait dérobés tout au long de son règne brutal.. A sa mort, le pactole avait disparu dans les 2 km2 du plus petit Etat au monde sans que jamais personne ne puisse en retrouver la trace.

Voilà bien une leçon que notre dictateur, plus mal aimé que jamais, ne veut méditer. L’argent volé ne sera pas emporté en enfer pas plus qu’au paradis. Cette arme qu’il a aimée utiliser contre les autres finira très bientôt par se retourner contre lui et tous les siens. Et toutes ses psychoses sécuritaires, comme celle de transformer Brazzaville en ville morte à chaque fois qu’il la traverse, n’y changeront rien !

RIGOBERT OSSEBI

(Extrait de congo-liberty)

  1. Une partie de son magot avait été confiée au grand homme d’affaires congolais dont il était associé. Ce dernier avait tout perdu et il avait été aussi à l’origine de la faillite de la BIDC. L’autre partie était dans un compte à la BCCI, une banque fondée au Pakistan qui avait également fait faillite.
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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 18:28
[Congo-Brazzaville] A L’OCCASION DU TRENTE ET HUITIEME ANNIVERSAIRE DE L’ASSASSINAT DU VÉNÉRÉ PASTEUR : ÉMILE CARDINAL BIAYENDA

INTERVIEW IMAGINAIRE DU VENERE PASTEUR SUR LE CHEMIN D’AVENIR DU CONGO-BRAZZAVILLE

TAÀTA N’DWENGA éditorialiste du journal imaginaire de « l’être intérieur » ou du MUÙNTU, s’est rapproché en âme et conscience du vénéré pasteur, le Cardinal Emile BIAYENDA pour solliciter son aide et son soutien dans les prières et actions qui sont menées, ici et là, pour le maintien de la paix au Congo-Brazzaville.

  1. Le Journal du MUÙNTU: Bien des choses à vous Vénéré père et immense est vraiment ma joie de communier avec vous sur le chemin d’avenir de notre beau cher pays le Congo qui, à vos yeux, ne peut être que celui du développement intégral et de la paix ! Qu’est-ce que vous pouvez nous conseiller à ce propos ?

Le Cardinal Emile BIAYENDA : [J’invite mon cher et beau pays le Congo-Brazzaville] à méditer et à prier sur un aspect contradictoire de la vie actuelle : d’un côté, l’Homme veut effacer Dieu de ses voies humaines, de l’autre il recherche tumultueusement ce que Dieu veut : la justice, le bien-être de l’Homme…Mais le monde n’accepte plus les méthodes du Christ. L’Homme ne veut plus de Dieu dans la recherche et pour le rétablissement d’un monde plus juste, plus généreux et paisible…il emploie les armes pour menacer les pourparlers. [Cardinal Emile Biayenda Homélie prononcée à Ars, le 18 mars 1973]

Le monde actuel semble donner ses préférences à Barabbas : malgré lui ce monde choisit le glaive et la bombe pour maintenir la paix. Certains aiment mieux les actions de brutalité et les menaces pour rétablir la justice. Barabbas est libéré avec ses crimes, ses violences, ses cris de haine et de divisions, ses perturbations et ses agitations injustes, il est admiré et acclamé. [Cardinal Emile Biayenda Homélie prononcée à Menilmontant 6 mai 1973]

  1. Le Journal du MUÙNTU: Mais Mon très Cher et Vénéré père que doit-on, en définitive, faire pour restaurer effectivement et durablement la paix au Congo-Brazzaville d’autant plus que ses représentants actuels sont dans une incapacité totale de la construire pour un Congo uni, meilleur, citoyen et fraternel ?

Le Cardinal Emile Biayenda : C’est par notre prière que nous permettrons que l’Esprit de Dieu assiste ceux qui, dans les différents milieux doivent concrètement bâtir la cité de la terre en vue de la rendre habitable. Par notre prière nous aiderons tous les hommes à préparer…le chemin du Bien, de la justice et de la paix. [Cardinal Emile Biayenda Homélie prononcée à Menilmontant 6 mai 1973]

Voilà la vérité à laquelle nous devons nous convertir :

  • Dieu règne par le bien,
  • Et là où se fait le bien – là Dieu travaille
  • Là où Dieu est acclamé, – là Dieu est honoré !

Dieu règne par la fraternité entre les hommes et là où des hommes s’entendent là aussi est Dieu.

  • Là où l’on s’aime
  • Là aussi Dieu règne
  • Là Dieu est acclamé par des palmes immortelles du bien. [Cardinal Emile Biayenda Menilmontant 6 mai 1973]
  1. Le Journal du MUÙNTU: Depuis votre assassinat le 22 mars 1977 et donc votre départ sur terre, le Congo-Brazzaville va de plus en plus mal et quel message souhaiteriez-vous partager avec nous pour qu’il y ait plus de paix ou plus d’unité parmi les hommes ?

Le Cardinal Emile Biayenda : Qu’en ce mois spécial, notre prière…pour notre pays et pour la paix parmi les hommes, monte vers Marie, notre Mère à qui notre pays a été consacré…en ce jour de grâce et de fraternité, nous vous lançons plus qu’un appel, à vous tous… pour nous unir…pour promouvoir la paix et la charité dans notre pays et dans le monde. [Cardinal Emile Biayenda Stade Félix Eboué 20 mai 1973]

  1. Le journal du MUÙNTU: Mais Vénéré père-cardinal beaucoup de Congolais sont fatigués d’entendre parler de paix ou d’unité mais celle-ci n’est jamais traduite dans les faits et actes humains ! Alors que doit-on entendre vraiment par unité, en l’occurrence l’unité nationale ?

Le Cardinal Emile Biayenda : L’unité vraie, c’est l’unité des cœurs, l’unité des esprits peu importe les diversités extérieures…c’est cela qui montre le mieux que l’on est vraiment Un, qu’on est une même famille lorsque les joies des autres deviennent nos joies et que les peines des autres deviennent nos peines…l’essentiel pour l’unité c’est de penser, de dire le bien des autres, reconnaître le bien que les autres sont capables de faire. [Cardinal Emile Biayenda extrait de l’interview tenue à la voix de la Révolution février 1973]

  1. Le journal du MUÙNTU: Une dernière question mon Vénéré père avant de vous laisser dignement vous reposer en paix !

Deux ans avant votre départ sur terre vous vous inquiétiez déjà des vicissitudes de la société de consommation ! Quels précieux conseils pouvez-vous nous donner à l’heure actuelle dans un Congo qui est en perte de vitesse sur pas de valeurs qui fondent en temps normal sa raison d’être ?

Le Cardinal Emile Biayenda : La société de consommation envahit nos vies. Nous sommes cependant héritiers de coutumes très belles, malheureusement souvent déformées. Vivant dans l’Etat Congolais examinons notre vie dans notre manière de penser et d’agir, au regard de notre mentalité propre et de nos habitudes…Cette œuvre est grande et belle. N’hésitons à demander l’aide de Marie, notre dame du Congo. Tout cela exigera de nous de grands efforts, c’est certain. Il faut du courage pour modifier certaines habitudes de vie…Reconnaissons les obstacles qui entravent…l’unité et l’harmonie entre citoyens de notre nation. [Cardinal Emile Biayenda lettre pastorale 6 novembre 1973]

Propos recueillis en âme et conscience par Rudy MBEMBA-Dya-Bô-BENAZO-MBANZULU (alias TAÀTA N’DWENGA) coordonnateur général du cercle KI-MBAÀNZA ou des Amis de la Nation Congolaise (L’A.N.C.)

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Rudy MBEMBA-Dya-Bô-BENAZO-MBANZULU - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT Tribune libre opinion
20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 07:59
Au Congo-Brazzaville, des hommages funèbres sélectifs

DES HOMMAGES SELECTIFS :

Tout le monde a en mémoire la photo qui a tourné en boucle sur les réseaux sociaux montrant Denis Sassou Nguesso pleurant à chaudes larmes lors du décès de sa fille Edith Lucie Bongo Ondimba le 14 mars 2012. Tout le monde se souvient aussi des larmes versées par Florent Ntsiba à l’occasion des obséques des victimes de l’explosion du 4 mars 2012 sur l’esplanade du palais des congrès de Brazzaville. Si les larmes de Sassou Nguesso étaient sincères comme le prouvent les différentes célébrations de l’anniversaire de la disparition d’Edith Lucie Bongo Ondimba, celles de l’homme lige Florent Ntsiba, l’homme du « petit matin », s’apparentaient aux larmes de crocodile comme le montre le sort désormais reservé aux morts de la déflagration du 4 mars 2012.

Commémorations à géométrie variable

Dans le cœur de Sassou et des épigones du « chemin d’avenir », les morts ne se valent Pas. Selon que l’on est fille du chef de l’Etat ou pas, le Congo-Brazzaville est plus ou moins reconnaissant. A Edith Bongo Ondimba, des hommages en grandes pompes avec en prime le déplacement des chefs d’Etats d’Afrique, du gouvernement, du corps diplomatique accrédité au Congo-Brazzaville et du gratin de la Jet 7 à Oyo. [Interrogé par la presse, Thomas Boni Yayi a déclaré] : « Je suis venu saluer la mémoire d’Édith Lucie Bongo Ondimba, précocement arrachée à l’affection des siens. Elle s’était fait connaître par ses œuvres sociales, par l’amour et pour nous qui avons la foi, nous pouvons dire, au regard des valeurs que l’ex-première dame du Gabon portait, qu’elle était habitée par Dieu » (Les dépêches de Brazzaville, 15 mars 2015).

Sainte Edith

De facto, au Congo-Brazzaville, le 14 mars a été institué fête nationale et la fille de Sassou Nguesso, Edith Lucie Bongo Ondimba élevée au rang des saints (Sainte Edith d’Oyo, priez pour nous, pauvres pêcheurs, mwinda.or, 14 mars 2015). « Sainte, tu seras ma fille » , doit se dire Sassou fort d’espèces sonnantes et trébuchantes tirées de l’exploitation du pétrole au large de Pointe-Noire.

Le procès en béatification ou canonisation du Cardinal Emile Biayenda, attendu depuis plusieurs années par les catholiques du Congo-Brazzaville notamment, risque d’être relégué aux calendes grecques au profit decelui d’Edith Lucie Bongo Odimba. Les cardinaux du Vatican qui pourraient défendre le dossier de la fille de Sassou ont du pognon. Face à l’argument financier l’avocat du diable souvent n’y peut rien car la grâce comme les indulgences dans l’Eglise Catholique notamment au moyen-âge sont financièrement négociables.

Même pas pour le Cardinal Emile Biayenda

Aux morts de l’explosion du 4 mars 2012, l’indifférence nationale. Aucune gerbe de fleur n’a été déposée en mémoire aux victimes. Deux poids, deux mesures. Au Congo-Brazzaville, Sassou Nguesso a inauguré l’ère des commémorations à géométrie variable. En somme, des hommages sélectifs. Il y a d’ailleurs belle lurette que Sassou, le digne continuateur de l’œuvre de l’immortel Marien Ngouabi, ne se donne plus la peine de se déplacer le 18 mars pour commémorer l’anniversaire de la mort de son frère d’arme. Les restes mortuaires du Commandant Marien Ngouabi auraient été déplacés du mausolée d’après les révélations du trublion Maurice Massengo Tiassé. Sassou ne se dérange point pour commémorer celle du Cardinal Emile Biayenda assassiné le 22 mars 1977 ; encore moins pour celle du président Alphonse Massamba Débat (tué dans la nuit du 22 au 23 mars 1977) qui ne dispose guère de sépultures.

Qui a chanté : « toutes les morts n’ont pas la même signification » ?
Franklin Boukaka dans « Les immortels ».

Benjamin BILOMBOT BITADYS

Au Congo-Brazzaville, des hommages funèbres sélectifs
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Benjamin Bilombot Bitadys - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT Tribune libre opinion
16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 16:27
(Congo/Suisse) Une financière d’origine estonienne inculpée pour avoir empoché l’argent de Gunvor

par Sylvain Besson

Le Ministère public de la Confédération a mis en prévention une financière d’origine estonienne pour «gestion déloyale» et «abus de confiance». Sa société avait reçu 10 millions de dollars versés par le géant du négoce pétrolier genevois

Les liens

Un personnage intrigant se retrouve en mauvaise posture dans l’affaire qui ébranle le monde pétrolier genevois depuis trois ans.

Le 5 janvier, le Ministère public de la Confédération a inculpé une financière d’origine estonienne pour «gestion déloyale» et «abus de confiance», a appris Le Temps. La justice fédérale reproche à cette résidente de la Côte d’Azur de s’être approprié indûment des fonds déboursés par le géant du négoce pétrolier Gunvor, basé à Genève, pour décrocher un contrat de livraison de brut au Congo.

Près de 10 millions avaient été versés, avec des justifications vagues, à une société genevoise contrôlée par la financière estonienne, spécialiste des structures offshore, et sa sœur, ancienne banquière d’UBS et de Clariden Leu.

Le procureur fédéral Gérard Sautebin, qui conduit l’enquête sur ces versements, avait ensuite enjoint à la financière de retourner en Suisse une partie des fonds, soit 800 000 dollars. Mais seule une fraction du montant, 260 000 dol­lars, a été rendue. Ce qui vaut à la financière d’être accusée d’avoir «détourné […] les montants en cause à son profit personnel», selon l’ordonnance d’extension de l’enquête rendue le 5 janvier.

Ce document, que Le Temps a pu consulter, ne détaille pas les motifs du versement des 10 millions, justifiés à l’époque par les prestations de «consultant» des sœurs estoniennes dans le cadre du contrat congolais. Les cargaisons de pétrole en jeu valaient, elles, près de 2 milliards de dollars.

Un ancien employé de Gunvor, chargé du développement de la société en Afrique, a été mis en prévention dans ce dossier il y a deux ans. C’est lui qui a orchestré le versement des 30 millions de dollars au profit des Estoniennes, d’un intermédiaire proche du pouvoir congolais et d’un de ses amis. Cet ancien videur de boîte de nuit naviguant en Afrique lui a ensuite rétrocédé une partie de la somme, 6,8 millions de dollars. Il a aussi été inculpé.

Selon Gunvor, son développeur agissait en «électron libre» et sans pouvoir de signature. La société a déposé plainte contre lui pour escroquerie, abus de confiance et gestion déloyale. L’employé soutient au contraire que ses transactions ont été pleinement approuvées et validées par sa hiérarchie. Il a déposé plainte contre la société pour «dénonciation calomnieuse».

L’affaire jette un éclairage inédit, parfois comique, sur certains recoins de la place pétrolière et financière genevoise. Le développeur de Gunvor était proche d’une des deux financières estoniennes, qui l’appelait honey (chéri) dans leurs échanges de courriels. Il passait des week-ends sur des yachts à Saint-Tropez en compagnie de beautés russes, organisait des descentes à Monaco pour des «soirées blanches», aimait s’entourer de gardes du corps et rouler en limousine de location avec son comparse, l’ancien videur actif en Afrique. Un univers puéril, festif et flashy, à mille lieues de l’image de rigueur et de respectabilité que veut au­jourd’hui donner le monde du négoce pétrolier.

Sur le fond, l’enquête pose de sérieuses questions sur le contrôle interne des sociétés de négoce. Comment comprendre qu’un employé de Gunvor ait pu faire verser 30 millions de commissions sans disposer d’un pouvoir de signature formel, comme l’affirme la société?

Selon des sources proches du dossier, les versements ont été fractionnés en douzaines de petits montants, ce qui empêchait Gunvor d’avoir une vision claire des sommes en jeu.

«Nos systèmes de contrôle internes ont été détournés par notre ancien employé dans le but de s’enrichir aux dépens de Gunvor, affirme la société de négoce. Nous avons mis un effort considérable, ces quatre dernières années, sur l’amélioration de nos systèmes de compliance [conformité légale] et anti-fraude.»

Le chef du financement du négoce pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique, qui avait visé certaines transactions africaines du développeur, a quitté Gunvor, sans qu’on sache si ce départ est lié à cette enquête.

Les investigations du Ministère public de la Confédération (MPC) se poursuivent désormais sur trois fronts, après deux «ordonnances de disjonction» de l’enquête rendues le 26 janvier par le procureur fédéral Gérard Sautebin. Le développeur et son comparse français sont mis en cause dans un volet, la financière estonienne dans un autre.

«Nous sommes satisfaits de la décision de disjonction prise par le Ministère public de la Confédération permettant aux enquêtes contre les deux prévenus d’aller de l’avant et de faire toute la lumière dans cette affaire au préjudice de Gunvor», a réagi la société pétrolière.

Les avocats de l’employé, Matteo Pedrazzini et Delphine Jobin, se disent eux aussi «très satisfaits de l’ordonnance de disjonction qui va permettre l’instruction de la contre-plainte pour dénonciation calomnieuse déposée à l’encontre de Gunvor. Notre mandant est en mesure d’établir que la plainte de Gunvor n’est qu’une diversion, puisqu’il a toujours agi au su et avec l’approbation de sa hiérarchie. Nous sommes au demeurant confiants s’agissant de la procédure principale qui n’est pas dirigée contre lui.»

L’enquête initiale ouverte fin 2011 pour «blanchiment» se poursuit, concernant le versement des commissions en marge du contrat congolais. «Il s’agit d’une enquête délicate avec de nombreuses ramifications à l’étranger, dans laquelle le nombre d’investigations ordonnées et en cours est important», indique le MPC.

Cette partie de l’enquête, qui vise de possibles opérations de corruption, est dirigée contre «inconnu».

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Sylvain Bresson - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT
11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 19:41
Réponse de la Déclaration de Berne au communiqué de presse de Philia (magouilles pétrolières de KIKI Sassou Nguesso)

par congo-liberty.com -

Lausanne, le 10 mars 2015


La Déclaration de Berne (DB) a pris connaissance du communiqué de presse diffusé par Philia en réponse à la publication, le 1er mars dernier, du rapport « Un contrat raffiné », qui analyse les relations d’affaires suspectes entre la société genevoise et la raffinerie éta-tique congolaise, la Coraf. Philia précise ainsi sa position à l’égard des « accusations sans fondement qui ont été formulées à son encontre », tout en s’abstenant de fonder cette position. Malgré ses promesses récentes de « répondre point par point, en toute transpa-rence » (communiqué du 2 mars), Philia ne donne aucun élément factuel permettant de mettre en doute le rapport de la DB.
Nous constatons également que :

  • Suivant un étrange cheminement intellectuel, Philia se défend en validant le tra-vail de la DB, puisque son communiqué se réfère à des « sources proches » de la Congolaise de raffinage (Coraf), citées dans le media Le Potentiel, qui affirment : « De ce point de vue, cette démarche [de la DB] qui s’appuie sur quelques malver-sations financières, n’est ni plus ni moins une cabale occidentale contre le régime de Brazzaville. »
  • Le propriétaire de Philia, M. Jean-Philippe Amvame Ndong, a lui-même affirmé à la DB que le contrat d’enlèvement à terme obtenu de la Coraf n’était pas l’aboutissement d’une procédure d’appel d’offres. M. Amvame Ndong, tout comme son avocat, Me Michel Bussard, a pu relire la retranscription de sa déclara-tion avant publication. Les propos tenus par « une source », à laquelle Philia se réfère dans son communiqué, confirment nos dires, puisque celle-ci explique que « le contrat avec Philia SA a permis à la Coraf de se départir du système des appels d’offre ».
  • Philia affirme qu’elle ne « se contente pas de revendre immédiatement » ses cargaisons à des tiers, mais qu’elle les vend directement à de grandes sociétés de raffinage de pétrole. Sur la période considérée dans le rapport, soit le second se-mestre 2013, la DB dispose de documents permettant de contredire Philia. La société genevoise a revendu directement ses cargaisons à des tiers (aux mêmes conditions à l’exception du prix), à Pointe-Noire, où se trouve la Coraf. Les ache-teurs étaient principalement des négociants, parmis lesquels Mercuria, AOT Trading et Mocoh, pour ne citer que ses clients helvétiques. Ce sont ces négociants tiers qui se sont chargés de transporter les cargaisons jusqu’aux raffineries. Philia n’apporte donc aucune valeur ajoutée logistique dans le processus, mais empoche des marges élevées pour un simple échange de paperasse. Bien qu’elle en doute sérieusement, la DB a reconnu qu’il est possible que la situation ait changé en 2014, faisant référence à un rapport du consultant CITAC qui mentionnait un navire affrété par Philia.
  • La DB relève par ailleurs que Philia s’abstient d’expliquer ou de « démentir » les nombreuses clauses favorables concédées par la Coraf dans le cadre de ce contrat, contrairement à ce qu’elle promettait en réaction à la publication du rapport.
  • La DB donne toutefois raison à Philia sur un point : dans son rapport, la DB a reconnu explicitement qu’elle n’a rien décelé d’illégal dans les activités de Philia au Congo. Car seule la justice pénale est en mesure de formuler un tel jugement. Par ailleurs, cette apparente licéité n’enlève rien au caractère illégitime du contrat, puisque celui-ci est défavorable à la Coraf, et donc aux finances publiques de la République du Congo.
  • La DB rappelle par ailleurs qu’elle a tenté d’obtenir le point de vue de la Coraf en lui adressant une liste de questions, auxquelles les dirigeants de la raffinerie n’ont pas souhaité répondre. Philia s’est, elle aussi, abstenue de répondre à de nom-breuses questions importantes.
  • En novembre, Philia a tenté d’interdire la publication de notre enquête par voie judiciaire. Elle a été déboutée sur deux de ses requêtes et a choisi de retirer les deux autres. La DB attend donc sereinement que Philia étudie « ses possibilités d’action en justice ».

Plus d’informations auprès de :
Marc Guéniat, Déclaration de Berne, +41.21 620 03 02, gueniat@ladb.ch

TELECHARGER LA REPONSE DE LA DECLARATION DE BERNE EN PDF

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Congo-Liberty - dans Sassou Nguesso PCT Congo-Brazzaville
5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 16:03
[Congo-Brazzaville] Sassou va chercher à Rome et à Bruxelles les soutiens qu’il n’a plus à Paris…

Par RIGOBERT OSSEBI -

Mauvais jour à Rome du tyran de l’Alima

L’Italie est un très beau pays.

En crise aussi, certes, mais un joli pays où il fait bon vivre. Curieusement on y jette des bananes à de sublimes joueurs de football comme Mario Balotelli ou Paul Pogba, mais on y déroule le tapis rouge pour le dictateur sanguinaire et kleptocrate Denis Sassou Nguesso…

Alors qu’en Suisse l’ONG « La Déclaration de Berne » dénonçait le négoce pétrolier criminel d’un des fils du dictateur congolais, rapport aussitôt repris par d’autres ONG et par de grands médias internationaux, au même moment à Rome le même fils accompagné d’une petite partie de son innombrable fratrie, avec leur père, étaient à l’honneur de la présidence, de la primature et de la presse italiennes. Annoncée comme une « visite de travail » au cours de laquelle des contrats devaient être signés, les ors et les antiques trésors de la ville éternelle se sont offerts sans la moindre retenue à une bande de pillards africains, parmi les véritables responsables du drame ininterrompu qui se joue toujours à Lampedusa… !

Cela ne peut que surprendre les observateurs car l’Italie a pour Président du Conseil des ministres un des plus jeunes dirigeants européens, Matteo Renzi, qui a fait de son combat contre la corruption une de ses grandes priorités. Déjà le 20 juillet 2014, il avait fait le choix de rendre visite, à Brazzaville, au tyran de l’Alima pour son premier déplacement officiel dans un pays étranger. Aussi, personne n’aurait pu croire que ce jeune champion de la probité allait accepter de remplacer, le 9 mai 2014 le Directeur Général d’ENI, Paolo Scaroni, poursuivi par la justice milanaise dans une affaire de corruption, par « l’Ingegnere » Claudio Descalzi pistonné par le Don Corleone de la maffia congolaise, le maintenant vieux Parrain Don Sassou Nguesso. A voir les casseroles qui s’accumulent au Congo autour des affaires pétrolières, il n’y aurait rien d’étonnant que « l’Ingegnere » rejoigne son prédécesseur dans les démêlés judiciaires ; avant ou après le départ de Denis Sassou Nguesso qui ne saurait tarder !

Depuis quelques mois, indésirable aux Etats-Unis, tant à la Maison Blanche qu’au Département d’Etat, persona non grata en France, à l’Elysée, notre dictateur maffieux était sérieusement en manque de pompeuses cérémonies à sa gloire. (Attias aurait-il pris sa retraite fortune faite ?) Il ne pouvait qu’accepter d’être présent à cette réception romaine, quitte à signer de nouveaux contrats qu’il n’honorera jamais. Mais en réalité, le véritable objet de ce voyage était une réception au Vatican qu’il appelait de tous ses vœux. Dans les viseurs, au sens propre et figuré, de Barack Obama et de François Hollande, notre tyran sent ses semaines et ses mois comptés. Quoi de mieux à espérer pour lui qu’une protection papale ? L’Eglise n’est-elle pas avant tout le premier parti du Congo ? Tant ENI que les services de Matteo Renzi, tous s’étaient décarcassés en vain pour que cette très précieuse audience pontificale ait lieu.

Pour forcer la main du Saint Père, une visite du Musée du Vatican avait été inscrite au programme officiel romain du Parrain congolais. Tous espéraient un accord de dernière minute. Les filles Claudia (Koko) et Cendrine Sassou Nguesso s’étaient habillées de noir pour accompagner leur père. Hélas, le Pape François, fraîchement élu s’était déjà fait prendre une première fois en acceptant de recevoir le tortionnaire du Cardinal Emile Biayenda. Depuis, il a effectué un grand nettoyage des Cardinaux corrompus, relais habituels de Sassou Nguesso au Saint Siège. Alors c’est au pas de course et le visage plus sombre et fermé que jamais, insensible aux chefs d’œuvres du Vatican, que le dictateur congolais a bouclé en un temps record cette humiliante visite marquée par le méprisant refus du Pape François d’avoir à le recevoir !

Après cette première étape décevante, le voyage s’est poursuivi en Belgique où notre tyran a atterri à Bruxelles dès le samedi 28 février. Le motif officiel était une participation le mardi 3 mars, à la conférence internationale de Bruxelles sur l’épidémie d’Ebola. Les trois pays, les plus touchés, ont appelé la communauté internationale à lancer un « plan Marshall » pour aider à leur redressement économique et gagner la guerre contre Ebola. L’effacement de la dette de ces pays était une des mesures réclamées. Le tyran congolais devait-il apporter son expertise pour obtenir un passage d’éponge bien plus mérité que celui dont il avait bénéficié ? Peut-être nourrissait-il aussi l’espoir fou que la dette abyssale, qu’il vient de creuser avec la Chine, profite aussi d’un allègement ?

Le jour précédent, le lundi 3, le Premier Ministre belge, Charles Michel, l’avait convié à un petit-déjeuner. Encore une fois, les réseaux ont joué à fond. Point nécessaire d’aller chercher bien loin : Louis, le père de Charles, a fait le travail ! Louis Michel avait longuement occupé la scène politique belge avant de devenir Commissaire européen. Sûrement sensible aux largesses de Sassou Nguesso, il a toujours pris position en sa faveur… mais avec le renoncement de Joseph Kabila de briguer un troisième mandat, sa marge de manœuvre était devenue quasiment nulle.

Deuxième étape, second fiasco… ! Il ne restera plus au tyran qu’à rentrer quasiment bredouille à Brazzaville. L’environnement y est de plus en plus stressant pour les Nguesso qui se refusent toujours à envisager de prendre la porte de sortie… ! Le mécontentement y est maintenant unanime. Le Congo est devenue la honte de l’Afrique. L’Etat de droit a totalement disparu afin que le pillage familial s’institutionnalise l Les entrepreneurs les plus investis dans la poudrière congolaise cherchent maintenant désespérément le moyen de faire couvrir par des assurances étrangères le risque d’un embrasement armé généralisé.

Sassou Nguesso, « l’homme de la paix », du mensonge, du détournement et du sang coulé trop facilement, honni et rejeté par tous ou presque, a plus que jamais la main crispée sur la détente…!

Rigobert OSSEBI

(Extrait de congo-liberty)

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3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 08:17
Congo, Dossier Pétrole : Voici comment Denis Christel Sassou Nguesso, le fils du président, détourne et dilapide des millions de dollars du pétrole congolais à Genève via Philia S.A…

Congo, Dossier Pétrole : Voici comment Denis Christel Sassou Nguesso, le fils du président, détourne et dilapide des millions de dollars du pétrole congolais à Genève via Philia S.A…

C’est un étrange contrat qu’une source anonyme a fait parvenir à l’ONG suisse La Déclaration de Berne, spécialisée dans les recherches sur la corruption des dirigeants africains, et que révèle l’hebdomadaire suisse Le Matin Dimanche ce 1er mars 2015. Un contrat signé Denis Christel Sassou Nguesso qui confère à une petite société, Philia S.A., établie à Genève le droit exclusif d’exportation du pétrole raffiné congolais.

Le président congolais Denis Sassou Nguesso et sa femme (h,g); le fils du président, Denis-Christel Sassou Nguesso (h,d); le père et le fils (bas) | Photos : DB / JA / 27avril.com

Denis Christel Sassou Nguesso, fils du président congolais Denis Sassou Nguesso, est aussi le PDG de la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC) et administrateur général de la Congolaise de raffinage (Coraf). Il a ainsi toute autorité de confier à des intermédiaires des cargaisons de diesel. Mais si ce contrat éveille les soupçons, c’est que la société en question, Philia SA, créée le 24 octobre 2012, selon le registre du commerce de Genève, est inconnue dans le petit monde genevois du pétrole, et que selon les opérations dont Le Matin Dimanche a obtenu les détails, son rôle semble relever davantage du parasite que du facilitateur d’affaires. Il n’y a pas eu d’appel d’offres pour la sélection de Philia SA comme intermédiaire, et elle est autorisée à prélever 2 % de marge, le double des pratiques du marché.

Philia SA, société inconnue aux pratiques suspectes

Ainsi, le 15 octobre 2013, Philia SA a reçu une cargaison de 43 891 tonnes de pétrole raffiné de la part de la raffinerie d’Etat congolaise Coraf et l’a revendue le même jour à la société AOT Trading AG à Zoug (Suisse) pour 29,4 millions de dollars. AOT achemine ce pétrole aux États-Unis, où se trouve l’acheteur final. Mais ce n’est que le 14 décembre 2013 que Philia SA vire la somme sur un compte de l’Etat congolais, prélevant 418 000 dollars de commission au passage.

Modèle d’affaire de la société Philia S.A à qui la société congolaise Coraf vend en exclusivité le pétrole raffiné en tout opacité | Source : DB

Ce délai de deux mois est lui aussi suspect, les pratiques du milieu étant plutôt de l’ordre de dix jours. Entre mai et novembre 2013, une douzaine de transactions ont eu lieu, laissant 2,8 millions de dollars de commissions à Philia SA.

Selon le registre du commerce, la société a un capital social de 100 000 francs suisses (près de 93 600 euros) et un seul administrateur, un certain Ikenna Okoli, ancien analyste chez Ernst & Young, actuellement banquier d’affaires établi à Signy-Avenex, village de 486 habitants au-dessus de Nyon, en Suisse, à 26 km de Genève.

Les profils LinkedIn permettent d’identifier cinq autres employés de Philia SA, dont le trader Jim Fleet, ayant travaillé à Genève pour les pétroliers russes Souz Petrolium, le responsable du risque et du crédit Jim de Root, et pour le développement, Daniel Ndiaye, un ancien de Total et de la Banque Natexis. La société a changé deux fois d’adresse en deux ans, elle a actuellement son siège dans la très sélect rue du Rhône, fameuse pour ses banques, ses bijouteries et ses magasins de montres de luxe.

Marc Guéniat, responsable des enquêtes de la Déclaration de Berne, a déclaré au Matin Dimanche : « Pour la Coraf, le choix de Philia SA comme partenaire n’est pas fondé sur des critères économiques, au contraire. Elle prend non seulement des risques financiers inutiles, mais se prive aussi de juteux bénéfices ». Marc Guéniat soupçonne que Philia SA agit sous la commande de Denis-Christel Sassou-Nguesso afin d’empocher une part des recettes pétrolières du Congo.

Au service des ambitions politiques de Denis-Christel Sassou Nguesso ?

La fiche info du fils fraudeurs du président congolais, Denis-Christel Sassou Nguesso | Infog : DB

Denis-Christel, le fils du président Denis Sassou-Nguesso, surnommé « Kiki le pétrolier », a déjà été épinglé à deux reprises pour ses dépenses extravagantes. En 2007, l’ONG britannique Global Witness publiait ses relevés de carte de crédit qui trahissait ses séjours à l’hôtel Bristol à Paris – alors que la famille ne possède pas moins d’une vingtaine de résidences parisiennes – et ses achats chez Christian Dior, Chistian Lacroix ou Louis Vuitton. D’autres achats plus récents ont été détaillés par l’enquête des juges français sur les biens mal acquis (BMA) : 473 796 euros pour de l’habillement entre 2005 et 2011 dans plusieurs boutiques parisiennes de luxe, ainsi que sept voitures – Porsche Cayenne, Maserati, Bentley coupé et autres. La plupart de ces achats avaient été réglés par des virements en provenance de banques suisses.

Ces millions engrangés par la société Philia SA à Genève sont-ils destinés à continuer d’assouvir sa fièvre d’achats de luxe ? Pour un expert de la politique congolaise, qui préfère garder l’anonymat, c’est plutôt une explication politique qu’il faut chercher. « Tout le monde est en train de se résoudre à une nouvelle candidature de Denis Sassou-Nguesso à la présidentielle en 2016, dit-il. Mais plusieurs ambitieux préparent le coup d’après, dont son fils Denis-Christel ainsi que Jean-Dominique Okemba, ancien patron des services et actuel patron de la BGFI Bank Congo. Chacun tente de constituer un trésor de guerre pour se profiler dans l’après Sassou ».

Denis-Chistel Sassou-Nguesso, lui-même, cache à peine ses ambitions. Dans une interview accordée en janvier 2014 à Jeune Afrique, il déclarait : « Avant d’être le fils du président Sassou Nguesso, je suis un citoyen congolais, avec les mêmes devoirs mais aussi les mêmes droits que mes compatriotes. À ce titre, et si un jour je décide de le devenir [chef de l’État, NDLR], ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, je le ferai savoir clairement et publiquement. À ce moment-là, les Congolais qui auront à se prononcer devront comprendre que cette ambition est aussi noble et légitime que celle de tout autre compatriote. Ils ne devront pas la percevoir comme illégitime a priori parce que je m’appelle Sassou Nguesso ».

Voici le communiqué complet de l’ONG suisse « Déclaration de Berne » sur cette affaire de Denis-Christel Sassou Nguesso et Philia S.A

L’argent du pétrole congolais dilapidé à Genève

Lausanne, le 2 mars 2015 – Une enquête inédite de la Déclaration de Berne (DB) révèle comment le négociant suisse Philia profite d’avantages indus au détriment de la raffinerie publique congolaise, la Coraf, administrée par le fils du président, le très notoirement corrompu Denis Christel Sassou Nguesso. Dépourvue de référence dans l’univers opaque du négoce, Philia a obtenu de «Kiki», sans appel d’offre et à des conditions douteuses, un contrat exclusif pour l’exportation de produits pétroliers. Cette affaire est emblématique des problèmes qui gangrènent le secteur des matières premières, en premier lieu les risques de détournement de la rente aux dépens de la population des pays producteurs. Sur la base de documents exclusifs, la DB a analysé le modèle d’affaires de Philia et les clauses d’un contrat, conclu en 2013, liant cette petite société de négoce à la raffinerie étatique de la République du Congo.

Ce contrat et les factures en notre possession ne laissent aucun doute: Philia a bénéficié des largesses de la Coraf. Cette dernière offre notamment du financement gratuit à la firme genevoise, lui permettant au passage d’échapper aux procédures de conformité (compliance) que les banques mettent en œuvre avant d’accorder un prêt pour financer les transactions. Philia agit comme un pur intermédiaire entre la Coraf et les marchés internationaux, se contentant de revendre immédiatement ses cargaisons à des tiers, parmi lesquels d’autres négociants suisses. Elle empoche ainsi des profits substantiels sans fournir aucun effort logistique. Ces avantages ont permis à cette société aux mains d’un actionnaire unique de se faire une place dans l’aval pétrolier, sur le dos de la population congolaise.

Il faut dire que la Coraf est un véritable gouffre financier pour le trésor public congolais. Depuis trois ans, l’Etat ne perçoit pas un centime en contrepartie du pétrole qu’il octroie à la raffinerie. Le fait que celle-ci soit dirigée par le fils du président, qui contrôle l’intégralité des ventes de pétrole de cet Etat ultra-corrompu, n’y est sans doute pas étranger. Alors que la population vit dans la misère, Denis Christel Sassou Nguesso se distingue par ses dépenses faramineuses, minutieusement recensées dans le cadre de l’instruction menée en France de l’affaire dite des «Biens mal acquis». Il y a dix ans, un tribunal londonien montrait aussi comment il avait bradé, à son propre profit, d’importantes quantités de pétrole brut étatique revendues à Glencore et Vitol.

L’histoire de Philia raconte comment les contrats pétroliers peuvent être pipés dans les arcanes du pouvoir, tout en gardant les apparences de la légalité. La transparence des paiements et des contrats conclus entre les sociétés suisses et les entités étatiques permettrait de lutter contre le détournement de la rente par des élites corrompues. Le Conseil fédéral refuse toutefois d’adopter de telles dispositions pour les activités de négoce, en dépit des parts de marché importantes dont disposent les négociants suisses en Afrique sub-saharienne. La DB demande en outre la création d’une autorité de surveillance sectorielle, la Rohma, qui imposerait aux firmes des devoirs de diligence relatifs à leur chaine d’approvisionnement et à leurs partenaires d’affaires.

Plus d’informations dans le Rapport «Un contrat raffiné: les arrangements douteux de la société suisse de négoce Philia au Congo» (PDF, 6.2 MB, 1 mars 2015), ou le résumé du Résumé du rapport (PDF, 0.9 MB, 1 mars 2015) ou auprès de :

Marc Guéniat,
Déclaration de Berne
+41.21 620 03 02
Email : gueniat[at]ladb.ch

*Les menaces de Philia
En 2014, quatre rencontres ont eu lieu avec les dirigeants de Philia, qui ont aussi pu se positionner par écrit et relire la retranscription de leurs réponses. Malgré cela, plusieurs de nos questions sont restées sans réponse. Philia a par ailleurs tenté d’empêcher la publication de ce rapport par des procédures judiciaires. Elle a été déboutée sur deux de ses requêtes et a retiré les deux autres. Par avocats interposés, la firme genevoise a essayé vendredi encore de retarder la publication, indiquant notamment que Philia «ne cherch[ait] aucune publicité, son activité n’ayant pas de rapport avec le grand public». Nous estimons au contraire que les faits relatés ont un intérêt public indiscutable car les revenus générés par la vente du pétrole étatique congolais sont des biens publics.

Source [01/03/2015] Le Monde + Déclaration de Berne

Congo, Dossier Pétrole : Voici comment Denis Christel Sassou Nguesso, le fils du président, détourne et dilapide des millions de dollars du pétrole congolais à Genève via Philia S.A…
Congo, Dossier Pétrole : Voici comment Denis Christel Sassou Nguesso, le fils du président, détourne et dilapide des millions de dollars du pétrole congolais à Genève via Philia S.A…
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Le Monde et Déclaration de Berne - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT Mbochi
2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 03:26
Les millions à Genève de Denis-Christel Sassou-Nguesso

Les millions à Genève de Denis-Christel Sassou-Nguesso

(Extrait de congo-liberty) -

Sassou Nguesso et son fils christel les pilleurs du pétrole congolais -

C’est un étrange contrat qu’une source anonyme a fait parvenir à l’ONG suisse La Déclaration de Berne, spécialisée dans les recherches sur la corruption des dirigeants africains, et que révèle l’hebdomadaire suisse Le Matin Dimanche ce 1er mars 2015. Un contrat signé Denis-Christel Sassou Nguesso qui confère à une petite société établie à Genève le droit exclusif d’exportation du pétrole raffiné congolais.

Denis-Christel Sassou Nguesso, fils du président congolais, est aussi le PDG de la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC) et administrateur général de la Congolaise de raffinage (Coraf). Il a ainsi toute autorité de confier à des intermédiaires des cargaisons de diesel. Mais si ce contrat éveille les soupçons, c’est que la société en question, Philia SA, créée le 24 octobre 2012, selon le registre du commerce de Genève, est inconnue dans le petit monde genevois du pétrole, et que selon les opérations dont Le Matin Dimanche a obtenu les détails, son rôle semble relever davantage du parasite que du facilitateur d’affaires. Il n’y a pas eu d’appel d’offres pour la sélection de Philia SA comme intermédiaire, et elle est autorisée à prélever 2 % de marge, le double des pratiques du marché.

Philia SA, société inconnue aux pratiques suspectes

Ainsi, le 15 octobre 2013, Philia SA a reçu une cargaison de 43 891 tonnes de pétrole raffiné de la part de la raffinerie d’Etat congolaise Coraf et l’a revendue le même jour à la société AOT Trading AG à Zoug (Suisse) pour 29,4 millions de dollars. AOT achemine ce pétrole aux États-Unis, où se trouve l’acheteur final. Mais ce n’est que le 14 décembre 2003 que Philia SA vire la somme sur un compte de l’Etat congolais, prélevant 418 000 dollars de commission au passage.

Ce délai de deux mois est lui aussi suspect, les pratiques du milieu étant plutôt de l’ordre de dix jours. Entre mai et novembre 2013, une douzaine de transactions ont eu lieu, laissant 2,8 millions de dollars de commissions à Philia SA.

Selon le registre du commerce, la société a un capital social de 100 000 francs suisses (près de 93 600 euros) et un seul administrateur, un certain Ikenna Okoli, ancien analyste chez Ernst & Young, actuellement banquier d’affaires établi à Signy-Avenex, village de 486 habitants au-dessus de Nyon, en Suisse, à 26 km de Genève. Les profils LinkedIn permettent d’identifier cinq autres employés de Philia SA, dont le trader Jim Fleet, ayant travaillé à Genève pour les pétroliers russes Souz Petrolium, le responsable du risque et du crédit Jim de Root, et pour le développement, Daniel Ndiaye, un ancien de Total et de la Banque Natexis. La société a changé deux fois d’adresse en deux ans, elle a actuellement son siège dans la très sélect rue du Rhône, fameuse pour ses banques, ses bijouteries et ses magasins de montres de luxe.

Marc Guéniat, responsable des enquêtes de la Déclaration de Berne, a déclaré au Matin Dimanche : « Pour la Coraf, le choix de Philia SA comme partenaire n’est pas fondé sur des critères économiques, au contraire. Elle prend non seulement des risques financiers inutiles, mais se prive aussi de juteux bénéfices ». Marc Guéniat soupçonne que Philia SA agit sous la commande de Denis-Christel Sassou-Nguesso afin d’empocher une part des recettes pétrolières du Congo.

Au service des ambitions politiques de Denis-Christel Sassou Nguesso ?

Denis-Christel, le fils du président Denis Sassou-Nguesso, surnommé « Kiki le pétrolier », a déjà été épinglé à deux reprises pour ses dépenses extravagantes. En 2007, l’ONG britannique Global Witness publiait ses relevés de carte de crédit qui trahissait ses séjours à l’hôtel Bristol à Paris – alors que la famille ne possède pas moins d’une vingtaine de résidences parisiennes – et ses achats chez Christian Dior, Chistian Lacroix ou Louis Vuitton. D’autres achats plus récents ont été détaillés par l’enquête des juges français sur les biens mal acquis (BMA) : 473 796 euros pour de l’habillement entre 2005 et 2011 dans plusieurs boutiques parisiennes de luxe, ainsi que sept voitures – Porsche Cayenne, Maserati, Bentley coupé et autres. La plupart de ces achats avaient été réglés par des virements en provenance de banques suisses.

Ces millions engrangés par la société Philia SA à Genève sont-ils destinés à continuer d’assouvir sa fièvre d’achats de luxe ? Pour un expert de la politique congolaise, qui préfère garder l’anonymat, c’est plutôt une explication politique qu’il faut chercher. « Tout le monde est en train de se résoudre à une nouvelle candidature de Denis Sassou-Nguesso à la présidentielle en 2016, dit-il. Mais plusieurs ambitieux préparent le coup d’après, dont son fils Denis-Christel ainsi que Jean-Dominique Okemba, ancien patron des services et actuel patron de la BGFI Bank Congo. Chacun tente de constituer un trésor de guerre pour se profiler dans l’après Sassou ».

Denis-Chistel, lui-même, cache à peine ses ambitions. Dans une interview accordée en janvier 2014 à Jeune Afrique, il déclarait : « Avant d’être le fils du président Sassou Nguesso, je suis un citoyen congolais, avec les mêmes devoirs mais aussi les mêmes droits que mes compatriotes. À ce titre, et si un jour je décide de le devenir [chef de l’État, NDLR], ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, je le ferai savoir clairement et publiquement. À ce moment-là, les Congolais qui auront à se prononcer devront comprendre que cette ambition est aussi noble et légitime que celle de tout autre compatriote. Ils ne devront pas la percevoir comme illégitime a priori parce que je m’appelle Sassou Nguesso ».

Par Serge MICHEL

source : En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/03/01/les-millions-a-geneve-de-denis-christel-sassou-nguesso_4585410_3212.html#yAjKcFKbZwLvU6Ov.99

Les millions à Genève de Denis-Christel Sassou-Nguesso
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