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  • : Blog contre la corruption, la cupidité, l'avidité et la concussion (C.A.C.) au Congo-Brazzaville
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31 décembre 2016 6 31 /12 /décembre /2016 11:39

Le collectif #Sassoufit n’est pas arrivé au bout de sa course selon son animateur Andréa Ngombet, ici à Paris le 14 décembre 2016

Enfant de Mpila, fief du président du Congo-Brazzaville, l’activiste Andréa Ngombet mène le collectif Sassoufit qui appelle à mettre fin au régime de Denis Sassou-Nguesso

Vous n’avez pas l’impression de crier dans le vide ?
Non au contraire, Denis Sassou-Nguesso est K.O. debout. Il a perdu dans les urnes, au niveau de la Communication et il vient de se faire ridiculiser aux Etats-Unis, il ne lui reste plus que les armes

 

Face aux armes, à quoi sert un collectif comme le vôtre ?
A inspirer, planifier et déclencher la résistance citoyenne. Nous avons vu les effets dès le 27 septembre 2015, quand la population est sortie en masse pour protester contre le projet de referendum. Le slogan « Sassoufit » a retenti dans les rues de Brazzaville et de Pointe Noire. La riposte du régime avec le concept « SassOui » a fait un flop.

Mais la situation sur le terrain n’a pas bougé depuis…
Non justement, un rapport de force s’est installé. Sassou pensait que le pire était derrière lui, mais le pire est à venir: faillite économique, sociale, crise politique avec les principaux opposants enfermés. Le pays est en état de siège.

Ceux qui en reviennent n’ont pas tous cette vision. Si on écoute Sassou-Nguesso, tout va bien au Congo, même dans le Pool, où il dit avoir fait la fête…
Il a fait la fête oui sûrement, il gouverne par la fête. Il donne du pain –rassis- et des jeux –truqués- au lieu d’apporter du travail et des infrastructures. Cela les gens le voient aujourd’hui.

Pourtant, il a débuté sa campagne avec l’inauguration de la route nationale qui relie Brazzaville à Pointe Noire, un projet concret d’infrastructure
Trente-trois ans pour 515 kilomètres d’asphalte, c’est un bilan assez médiocre, surtout quand on pense aux ressources dont il a disposées.

Son principal opposant Jean-Marie Michel Mokoko est aujourd’hui incarcéré, où en est-il ?
Six mois d’emprisonnement sans jugement au mépris même de la loi congolaise selon laquelle la détention de sureté ne peut dépasser six mois. Il doit être libéré.

Mokoko est accusé d’avoir fomenté un coup d’Etat, une société suisse aurait même projeté de l’aider. Si ce général avait repris le pouvoir par la force, qu’aurait dit le collectif « Sassoufit » : vive le coup d’Etat ?
Tout Congolais sérieux a déjà pensé, planifié un coup d’Etat contre Denis Sassou-Nguesso et son système. C’est malheureusement la seule manière de s’imposer face à un président qui ne reconnaît pas le résultat des urnes et qui a mis en place un système mafieux. En témoigne les différents scandales financiers, de corruptions auxquels il est mêlé à travers le monde: les biens mal acquis en France, la route de l’Atlantique au Portugal, l’affaire Chironi-Nguesso en Italie, l’affaire Unibeco-Nguesso en Espagne, l’affaire Sundance-Nguesso en Australie, l’affaire Philia-Nguesso en Suisse et les « Panama papers » qui mentionnent les détournements de fonds au profit de la famille Nguesso.

N’est-il pas contradictoire pour un collectif citoyen de vouloir une révolution pacifique et de cautionner une prise de pouvoir par la force avec un coup d’Etat ?
On ne parle pas de militarisation, mais de droits à l’insurrection face à une tyrannie, à un régime bloqué. Nous parlons de seconde indépendance, car nous subissons la colonisation d’un clan qui exploite le territoire sans jamais investir. S’il y avait eu un coup d’état militaire, on aurait salué la chute. Ensuite, nous aurions été tout aussi vigilant parce que notre objectif est l’instauration d’un état de droit.

Qu’est-ce qui a fait fuir les populations dans le Pool: le retour des Ninjas du Pasteur Ntumi ou la répression du pouvoir en place ?
Ce qui fait fuir, c’est la violence et l’absence d’état de droit. C’est d’être à la merci du plus fort. A cela s’ajoute une discrimination ethnique proférée par le régime et ses supplétifs.

Les hommes du pasteur Ntumi n’ont-ils pas eux aussi leur part de responsabilité ? N’ont-ils pas déclenché les violences dans le Sud de Brazzaville le 4 avril dernier ?
Cela je ne sais pas. Si c’est le cas, nous en sommes très mécontents. Le 4 avril est le jour où la Cour constitutionnelle a validée l’élection illégale perdue par Sassou-Nguesso. Les actions armées ont provoqué une psychose et l’exil d’une partie de la population. Elles ont empêché le soulèvement populaire, pacifique que nous voulions. En cela, ces violences ont servi les intérêts de Sassou-Nguesso. Mais il faut rappeler que c’est le régime, bien avant cela, qui a relancé le cycle de violences interrompu depuis les accords de 2002. Il a réprimé dans le sang les premières manifestations contre le projet de référendum sur la modification de la constitution en octobre 2015.

Nous avons reçu courant 2016 plusieurs témoignages du Sud de Brazzaville et de Pointe Noire concernant des opérations de liquidation visant des jeunes de manière aléatoire. S’agit-il selon vous d’actions isolées ou au contraire maitrisées et voulues par le régime ?
L’homme qui a tué à Pointe Noire, un milicien que l’on appelle « Zulu Bad » aurait été promu. Il a été récompensé parce qu’il a mâté. C’est ce qu’on leur demande.

En RDC, le président n’a pas osé modifier la constitution et il subit des pressions intenses. Pourquoi ce qui est possible en RDC, ne l’est-il pas au Congo-Brazza ?
A Kinshasa, la société civile est plus avancée qu’à Brazzaville, il y a une relative liberté de la presse. Plus qu’à Brazza, où toutes les chaines de télévisées sont liées à des Nguesso. Le débat public est plus libre et les relais de financements chez les industriels plus vastes.

Oui, mais sur Internet, tout le monde s’exprime, vous-même ici…
L’Internet pénètre plus en RDC qu’au Congo. Une des sociétés distributrice Airtel est liée au pouvoir, elle a même envoyé un Sms du président de la République. L’autre société Mtn obéit aux consignes, même quand elles sont illégales. Celle de couper internet par exemple le 20 octobre 2015 et le 18 mars 2016. Ils ont coupé internet, les Sms et le signal de Radio France Internationale. La RDC c’est la puissance du complexe industriel et minier, il y a Moïse Katumbi qui préside une équipe de foot championne d’Afrique, il y a aussi la structure de l’Etat par gouvernorat qui donne de l’indépendance aux provinces et une église qui n’a pas été spoliée par les révolutions socialistes comme cela a été le cas au Congo-Brazzaville dans les années 60.

La chute de l’Abbé Yulu a-t-elle entrainé celle de l’Eglise au Congo ?
Oui. Depuis l’assassinat du cardinal Emile Biayenda, dont on attend toujours la sanctification, l’Eglise est sous la menace permanente des officines du pouvoir. Il n’y a donc pas de contre-pouvoir organisé dans la société congolaise. Ils sont en train d’émerger peu à peu sur la contestation, dans la société civile comme au Burkina-Faso, mais c’est nouveau.

Interview François de Labarre

Paris Match|

SOURCE : PARIS MATCH

ASSEMBLEE GENERALE DE « L’ASSOCIATION CITOYENNE DE SOLIDARITÉ DU CONGO-BRAZZAVILLE » : DIMANCHE 15 JANVIER 2017 DE 14H00-18H00 A PARIS

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30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 12:48

Association Française de Soutien aux Prisonniers Politiques au Congo Brazzaville (AFSPP-CB)

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Quelle est la mission de Pierre Pongui, Directeur de la Maison d’arrêt de Pointe-Noire ?

Monsieur Pierre Pongui sort de sa léthargie, début octobre 2016, date de sa prise de fonction comme directeur de la maison d’arrêt de Pointe Noire. Il a lui-même remis la lettre de prise de poste à son prédécesseur qui n’est pas informé, sans autre forme.

Pousse-toi de là que je m’y mette. Pour se sentir fort, il arrive avec son staff et toute son équipe, ce qui impose un changement de plus de la moitié du personnel.

Le ton est donné.

Le nouveau shérif, nommé par le ministre de la justice, est arrivé, sorti de sa naphtaline des années Lissouba. Il y a du temps à rattraper, des vengeances à libérer et à démontrer au ministre touche à tout, qu’il est un bon petit exécutant.

L’épine dans le pied du Congo et de cet établissement est le cas Boukadia, le président du Cercle des Démocrates et Républicains du Congo (CDRC) détenu depuis plus de 10 mois sans être jugé. Et pour cause : le ministre de la justice a pourvu en cassation une demande de libération provisoire le 20 juin 2016.

Trouver un vêtement pour habiller le vide est un tour de force qui n’a pu se réaliser dans les 10 jours légaux. Ce ministre qui insulte les avocats et les juges, a besoin de vacances. Donc il faut trouver une autre stratégie. Un tour de prestidigitation et le dossier disparait. Ce n’est pas sans compter sur la ténacité de son avocat Me Senga.

Et si on éliminait l’épine ? Mais comment faire ? Il y a un bon petit soldat qui fait tout ce que veut le ministre. Utilisons-le, pense la nouvelle République. S’il y a des éclaboussures, nous aurons ouvert nos parapluies en ignorant ses actions.  Comme un chien qui fait le beau, Pierre Pongui entre dans la danse macabre. Sous couvert de casser les fortes têtes et d’assoir son micro pouvoir, il instaure autour de lui toute une hiérarchie de RH, responsable de ceci, responsable de cela, des majors, des lieutenants. Ces hommes restent dans les bureaux car à l’intérieur de la maison d’arrêt, lorsque le parloir est passé, ce sont des prisonniers que l’on fait travailler, avec des brassards pour les distinguer des autres. Le modèle nazi a fait école et écho chez cet homme. 

Pour « fêter ensemble » le onzième mois de détention de Modeste Boukadia, Pierre Pongui a envie d’en découdre avec ce résident ce 15 novembre 2016. Il le somme de venir le retrouver dans son bureau où il n’y a pas de témoin. Mais puisque Modeste Boukadia n’a plus le droit de franchir le parloir, pourquoi irait-il là-bas ? Serait-ce un piège ? Le directeur peut se déplacer dans tous les bâtiments, alors pourquoi ne vient-il pas dans le pavillon de ce détenu ? Le motif de cette demande n’est pas exprimé.

Mais la patience n’est pas la qualité première de ce nouveau directeur. Il commande à quatre de ses hommes d’aller chercher celui qui lui résiste, lui le chef de ces lieux, lieux qu’il considère probablement comme son palais où il veut régner.

C’est ainsi que l’exécutant du ministre ordonne à ses hommes un placage au sol du président du CDRC avec brutalité, et un temps beaucoup long que sur un ring de catch. Ce « charmant » directeur voulait lui offrir des menottes et plus.  

Des témoins ont aperçu sur la scène de l’évènement, une seringue remplie de vide. Cette pièce maitresse a disparu rapidement. Objet tombé d’un plateau de soin ou intention de donner la mort par embolie ?

L’infirmerie se situe dans la prison, les ordures déposées se situent dans l’autre direction que celle du bureau du directeur. Il ne faudrait pas que les odeurs nauséabondes dérangent ce Prince sans trône qui rêve d’audience qui accorderait ou refuserait selon son gré. La réalité rattrape celui qui veut être épinglé le meilleur exécutant du ministre de la justice.

Modeste Boukadia est franco-congolais et souffre beaucoup. Il ne peut plus se lever. Pierre Pongui interdit les visites à ce détenu sans aucun ordre de son supérieur vénéré.

Le 5 décembre 2016, soit 20 jours après, le Consul Général de France est appelé pour constater l’état du détenu dans sa cellule et demande à ce que Modeste Boukadia soit hospitalisé en urgence pour des examens. Les premiers diagnostics posés nécessitent un traitement en urgence. La victime de cette agression est hospitalisée et sous perfusion. Que diantre, Sa Majesté l’exécutant n’a pas été prévenue. Il dépêche une cinquantaine d’hommes militaires pour rapatrier militari son détenu, à l’insu des règles d’hygiène et contre les avis des médecins.

« Nous avons reçu des ordres, de le ramener en prison, dans cellule. Il n’a qu’à mourir en prison sans soins ce Moukongo… »  Les prisons et maisons d’arrêt sont surpeuplées. Mais peut-on exécuter des hommes en se substituant à la justice ? Est-ce un ordre non écrit de son parent Pierre Mabiala qu’accomplissait Pierre Pongui ? Cette main agissante qui crie haut et fort son intégrité, est un pion et un fusible. Mais sur quel échiquier ou dans quel tableau ?

Le lendemain (le 6 décembre 2016), sur l’injonction du Consul Général, Modeste Boukadia sera enfin hospitalisé pour neuf jours.

Convalescent, Modeste Boukadia reste dans sa cellule à son retour. Mais les murs de cet édifice enferment mal ses secrets. Il se murmure très bruyamment que de coquettes sommes d’argent sont extorquées auprès des prisonniers.

En notre qualité d’Humain, nous pourrions penser comme Robin des Bois, prendre l’argent des riches pour les donner aux pauvres, et dans ce cas précis, donner à manger à tous les prisonniers. Mais ce n’est qu’un film et les pauvres sont beaucoup trop nombreux.

Le moteur de cet aspirateur d’argent se nomme Pierre Pongui, le commandant de police, directeur de la maison d’arrêt. Ces tortures sont-elles le moyen de faire payer dans le bain de la corruption des pseudo libertés ?

C’est ainsi que le 8 décembre 2016, ce « brave » directeur aide un européen à transformer sa détention dans la maison d’arrêt à celle à son domicile pour la coquette somme de trois cents mille (300 000) FCFA. Peu gêner par le jeu des écritures, il rassure son donateur : « allez-vous-en, le reste, je m’en occupe ». Ses indemnités de risques n’étant pas suffisantes, le 19 décembre, il réitère avec un autre prisonnier, pour un coût de trente mille (30 000) FCFA, et l’aide à se faire « la belle ». Ce fusible qui se veut tout beau tout propre vient de griller son plomb auprès de ses propres hommes, qui à leur tour cherchent à haute voix les montants.

Jeu risqué pour les détenus ou les prisonniers qui ne veulent ou ne peuvent payer ce cachet de la corruption, qu’au prix de leur vie.

D’autant plus que ces « libérés » ont été replacé à leur point de départ, c’est-à-dire en cellule.

Monsieur Pongui « le cramé », anticiperait-il sa retraite anticipée ? Il faut quelques moyens en sa qualité de père, de faire étudier sa progéniture en France.

Est-ce pour cette raison qu’il laisse les douches sans suivi ni entretien pour qu’elles soient bouchées quasiment en permanence. Ce lieu d’hygiène ressemble à un dépotoir. Cela ne doit pas le déranger, jouissant probablement d’une salle de bain « 5 étoiles ». La maison d’arrêt n’est que son lieu de travail, et si les conditions sont déplorables, ce n’est pas de sa faute. Il oublie que le sang qui coagule avec la chaleur bouche les canalisations. En trouverions-nous disait Watson à Sherlock Homes ?

Ce que nombre de personnes émettent comme hypothèse pourrait se révéler juste, que derrière des titres ronflants, cet exécutant susnommé se salit les mains pour que les marionnettistes de la nouvelle République gardent, les leurs propres et sèches... afin de ne pas tâcher leurs costumes-chaussures tout beau tout cher…

Président de l’AFSPP-CB :

Jean Pierre Aparicio

Paris, le 29 décembre 2016 

AFSPP au Congo Brazzaville

 45 rue du Mont-Cenis - 75018 PARIS

Mobile : +33 (0)6 95 00 12 48 

Téléphone/fax :+33 (0)1 42 52 64 95

Courriel : afspp.cb@gmail.com

AFSPP-CB_QUELLEE EST LA MISSION DE PIERRE PONGUI... ? (pdf, 855.4 kB)

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30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 00:27

Par Victor Kissambou-Makanga

 

Les anciens présidents Yhombi Opango et Sassou NGuesso (28 nov 2016)

Ça ne va pas bien, qu’on se le dise ! En dépit de l’actualité morbide, le cadre, l’érudit et l’intellectuel congolais ont encore du répondant. Incroyable Congo ! Innommable raté que ce faux rendez-vous de cette fin d’année 2016, entre le chef de l’Etat congolais et le président élu (et pas encore investi) des Etats-Unis d’Amérique. Cet incident fait les choux gras de la presse africaine et Outre-Atlantique, et il y a de quoi. Il n’y a pas lieu d’évoquer l’amateurisme des uns ou des autres pour justifier ou expliquer ce gros couac. Ceux qui ont prévu, organisé ou annoncé cette activité diplomatique sont certainement des hommes d’expérience. En toutes choses, il faut savoir faire le bon choix : fait-on toujours prévaloir ses compétences ou n’ose-t-on pas toujours étaler ses atouts ? Telle est la question.

Le Congo est annoncé comme un pays fortement alphabétisé, et cette assertion, très ancienne, est toujours d’actualité. Il se trouve malheureusement que certaines vertus ne sont pas toujours mises en exergue, et à certains égards, ce sont même les paradigmes négatifs qui semblent prendre le dessus. Personne n’ignore qu’un « slogan » anciennement en vigueur stipulait « e bonga e bonga te, toujours meilleur ». Plus tard, au sortir de la guerre dite du 5-Juin, un deuxième a pris forme : « on roule en mbeba ». Et l’autre slogan, qui n’est pas foncièrement congolais, mais repris partout, est celui qui stipule que le ridicule ne tue pas. Curieusement, tout le monde (ou presque) semble s’en accommoder. Mesure-t-on seulement les risques de cette apologie de la médiocrité ?

Le Congo est aussi de ces pays où quelqu’un qui veut faire son travail comme il se doit, s’entend reprocher « Qu’est-ce qu’il veut montrer ». Pourtant, il nous revient cette citation anonyme : « Toute l’intelligence du monde est impuissante contre une idiotie à la mode ». L’auteur aurait dû se faire connaître pour qu’il soit bien congratulé. Il arrivera un jour où la réalité finira par rattraper ceux qui professent ou qui n’ont pas le cran de combattre la médiocrité, et ce de la manière la plus forte.

Aujourd’hui, les congolais éprouvent de la honte. Honte de leur identité. Honte pour leur chef d’Etat ainsi humilié, honte de leur statut de cadre. Au-delà de la honte, il y a même une espèce de crainte à voir un candidat congolais à un emploi international, se voir douter de ses compétences. De ce fait, il est impérieux de restituer la dignité et la respectabilité du cadre et de l’érudit congolais.

Dans toute administration, de quoi a normalement besoin un chef ? D’un flatteur, d’un zélateur, d’un laudateur, d’un vil courtisan, d’un petit rapporteur, ou nécessairement d’un cadre rompu à la tâche ? De la composition de son entourage professionnel, dépendra le rendement de son département. C’est là aussi une question de choix.

Le florilège de ratés et de dérapages, à côté d’un surcroit de désinvolture, nous interpellent et ne plaisent pas. Les puristes feraient bien de se saisir de la plume et du micro pour remettre les choses à plat. L’emploi des mots au Congo prend une tournure inquiétante. Sachant que « sachant » est le participe présent du verbe savoir, il n’y a pas lieu de dire que l’on ferait appel à tout « sachant » pour tel ou tel dossier. « Antivaleur », dans la langue française, est-ce un substantif ou un adjectif ?

Dans le langage administratif ou même politique congolais, ce terme, mis au pluriel, prend le sens du contraire des valeurs. Ce n’est qu’au Congo que l’on peut parler de « municipalisation du département… ». Il y a là deux entités différentes : une municipalité et un département. Doit-on raisonnablement parler de municipaliser un département ? Autre chose, à l’occasion de la présentation d’un important ouvrage, l’allocution de circonstance parlait de la « productibilité d’électricité ». N’eut-ce pas été plus approprié ou simple de parler de production d’électricité? Il y a certainement d’autres énormités, mais il vaut mieux ne pas s’y attarder.

La Bible recommande à l’homme instruit de faire bon usage de ses atouts et compétences : Matthieu 5 : 15 et on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. 16 Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux.

Le Congo est de ces pays où un homme chargé d’une fonction, a peur de présenter un dossier pertinent à son supérieur, avec toute l’expertise qui l’accompagne, de crainte que le chef ne prenne ça mal, ne soit contrarié, ou se dise qu’il s’agit d’un concurrent qui veut prendre son poste. Dans le contexte bantu et tropical où le chef a toujours raison, il y a au moins une limite. Si tel est le cas, il serait bon de retenir ce propos de Napoléon : « Il est quelque fois fatigant d’être contredit, mais il est dangereux de ne pas l’être ».

Y a-t-il aujourd’hui un seul secteur qui échappe à cette vague d’approximations ? Pas évident. La plupart des posters, banderoles et affiches que l’on déploie dans les villes à telle ou telle occasion, contiennent des énormités, de même qu’on en trouve sur les façades de magasins et restaurants. Des serviteurs de Dieu utilisent l’anglicisme « Bishop » et pour d’autres, « Archibishop » (au lieu d’archbishop, en bon anglais) comme pour rajouter de l’onction, alors que ces termes, traduits en français, donnent tout simplement évêque pour bishop et archevêque pour archbishop. Dépendamment des religions auxquelles ils appartiennent, sont-ils vraiment des évêques ou archevêques ? Dans nos écoles privées, les enseignants de nos chers enfants ne présentent pas toujours les garanties d’un savoir élevé. Nos parutions de la presse privée, à quelques exceptions près, ne contiennent que des perles, entre phrases mal bâties, mots mal orthographiés ou idiomes utilisés à contresens. Nos artistes- musiciens ne sont pas en reste, surtout quand il s’agit de se faire pédant.

Alors, faut-il pour autant désespérer de l’intellectuel congolais ? Bien sûr que non. Simplement, chacun ferait œuvre utile de s’inspirer de ce propos entendu dans le film Un taxi pour Tobrouk : « Un intellectuel assis va moins loin qu’un con qui marche ».
Peut-être qu’en faisant correctement son travail, et en s’abstenant de faire ce qui est contraire au bon sens, chacun à son niveau pourrait éviter de nombreuses violations des droits de la personne et des conflits de toutes natures.

Victor Kissambou-Makanga
Educateur en droits humains.

(Extrait de congo-liberty)

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Victor Kissambou-Makanga - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT Françafrique USA
30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 00:06

Sa vie durant, tout au long de ses décennies au pouvoir, Denis Sassou Nguesso s’est plu à s’entourer d’imbéciles et d’intrigants. Pas forcément de sa région, pas forcément de sa propre famille, c’était la médiocratie congolaise : sa médiocratie !

Finalement, peut-être a-t-il compris qu’il ne peut s’en prendre qu’à lui-même, s’il est aujourd’hui la risée de l’Afrique entière et qu’il a perdu le peu de crédit qui lui restait ? Africains en général, et Congolais en particulier, auraient tort de s’en réjouir. Le camouflet, bien mérité, reçu dans sa quête pathétique d’une reconnaissance américaine, nous déshonore tous presque autant que lui… ! Les peuples n’ont-ils pas les dirigeants qu’ils méritent ?

Nul ne sait vraiment où il se trouve ! Quelque part sûrement sur le chemin de son retour à Canossa. Ces dernières quarante-huit heures, les informations les plus folles ont circulé en même temps que leurs contraires et ce fut le plus improbable des scénarii qui s’est joué sous nos regards stupéfiés. Certes, prise également dans cette tourmente, notre opposition active s’est manifestée et, aux premières heures de ce 29 décembre, elle savait qu’elle avait gagné cette bataille ; celle de la non-rencontre avec un Donald Trump que certains traitaient encore de clown, il y a peu… !

Pourtant plein d’assurance, lundi dernier l’usurpateur avait embarqué, conquérant, à destination des Etats-Unis dans son insaisissable avion de location ; insensible tyran, il abandonnait derrière lui une malheureuse population dans un pays inondé par des pluies diluviennes. Il avait été salué par la souriante ambassadrice Sullivan, nommée par Obama-président-placebo en Afrique, sous le regard sceptique d’un Henri Djombo regrettant toujours le refus canadien à sa demande de visa d’émigration. PigasseNews, de son côté, s’empressait de faire ses choux gras d’une visite qui pourrait sauver son empire de presse. Sous les clairons d’un Thierry Moungalla plus arrogant et suffisant que jamais, Denis Sassou Nguesso toujours avide d’honneurs et de reconnaissance allait droit au devant de son plus cuisant échec : ce déplacement avait été concocté par un Denis Christel inassouvi de dizaines de millions de dollars qu’il pouvait soutirer à son père ! Une escroquerie supplémentaire à porter à son crédit infâme !

Arrivé sur le territoire américain, le vieux dirigeant s’est fait balader comme un bleu. Malgré toutes les déconvenues, mercredi, dans l’après-midi à Palm Beach, ville balnéaire de Floride, où se situe Mar-a-Lago la résidence de vacances de Donald Trump, le ministre congolais des Affaires étrangères, Jean-Claude Ngakosso, stupidement tentait d’entretenir l’espoir d’une rencontre. Hélas, trois fois hélas ! Le ridicule en a été multiplié d’autant !

Lorsque l’usurpateur retrouvera enfin le territoire national, l’heure des comptes sonnera. La tête d’un Moungalla ou d’un Ngakosso ne saurait redorer son blason, ni sauver les meubles. Certes, ce serait amusant de découvrir un cas ou deux d’emprisonnements en partie justifiés, mais il en faudrait beaucoup plus pour que sa crédibilité personnelle soit retrouvée. Quel Chef d’Etat dorénavant pourra se rendre, à Brazzaville, auprès de celui qui s’est humilié à attendre, dans une chambre d’hôtel de New-York ou de Floride, le bon vouloir d’un homologue, fût-il prochain président des Etats-Unis ? Denis Sassou Nguesso a toujours revendiqué, enveloppes à l’appui, un droit de se mêler des affaires d’autrui ; raisonnablement pourra-t-il le faire encore ?

Le doute n’aura pas épargné ses parrains français, insulaires et du Gay d’Orsay, médusés de le voir courir après l’onction yankee. A l’instar d’un Richard III qui proposait « mon Royaume pour un cheval », ils pouvaient bien l’imaginer s’écrier : « tout mon pétrole pour voir Trump ! » De quoi mettre, le vieillissant homme d’Oyo sur un siège éjectable ! C’est plus qu’évident que ses relations avec les pétroliers français ne manqueront pas d’en pâtir !

Aussi, ceux qui autour de lui composent le « système Sassou» et qui l’ont toujours reconnu comme « Chef » de leur bande (de pilleurs et de profiteurs) seront sûrement tentés de le mettre sur une voie de garage définitif. Cependant, le pays est dans un tel état de décomposition avancée que nul nouveau venu ne pourrait résister au mécontentement populaire.

Et pour finir, laisser encore gonfler ce dernier, gavé encore plus par ce dernier épisode américain, exposerait définitivement plus encore le gang mafieux ; Sassou, membres du clan familial et tous les complices ! Denis Sassou Nguesso l’a bien compris : le vent a tourné indiscutablement et dangereusement ! Fétiches, gris-gris et prières sataniques ne sont plus d’aucun effet ! La page de ses quarante années de pouvoir se tourne irrémédiablement et pas le moindre demi-idiot capable de lui succéder !

La voie empruntée depuis plus d’une année n’était pas la bonne ! Il est encore temps de sauver le peu qui pourrait être sauvé ! L’inutile escalade doit cesser ! Les Nguesso n’ont maintenant nulle part où aller !  Qui voudrait les accueillir ? Et à quoi bon échauffer les esprits pour que le pays s’embrase ; le Congo n’a que trop souffert !

Le dialogue va s’imposer très bientôt à tous. Denis au fond de son cuisant échec a retrouvé un peu de l’humanité qu’il n’a jamais eue. Déjà, dans sa souffrance et dans ses craintes, il a pu avoir pitié de lui-même, ce qui est énorme en-soi. Ne croyons pas qu’il pourrait en avoir pour les trois millions de Congolais qu’il a abaissé à l’extrême pauvreté. Ce dialogue, qui est plus proche que jamais, se dessine parce que Denis l’usurpateur se retrouve défait complètement, comme il l’était Avenue Rapp en 1995-1996 durant sa traversée du désert ! Et parce que les Congolais, maltraités comme jamais, n’ont plus rien à perdre !

La raison et le dialogue sont les toutes dernières chances pour le Congo. Il convient à chacun d’en être conscient. Sinon les hyènes et les chacals, pendant que les sangs couleront pour longtemps, livreront armes et munitions alors que les cargaisons, qui prendront le large, les paieront doublement !

Rigobert OSSEBI

(Extrait de congo-liberty)

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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 12:41
© Serge Berrebi

 

Éric Denécé est Docteur en Science politique, Directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R).  C’est un Chercheur reconnu, spécialiste du renseignement, du terrorisme, des opérations spéciales …  Le 22 décembre dernier, il était l’invité d’Yves Calvi pour son émission « 24 heures en questions » au sujet d’Alep en Syrie. Ses propos sur cette ville martyre étaient édifiants mais, pour les appuyer davantage, il cita l’exemple de la République du Congo, une ancienne colonie de la France : « une guerre civile qui a fait 400 000 morts sur 4 millions d’habitants, 10 % de la population, on n’en parle pas non plus. »

Ces chiffres n’ont pas fait tressaillir l’animateur Yves Calvi, vieux routier de « l’information ». Ces 400.000 morts, comme l’aurait dit Chirac, « lui ont touché une sans faire bouger l’autre » ; l’info a glissé sur son indifférence en direction de la trappe de laquelle elle n’aurait jamais dû sortir … !

Pas sûr que Monsieur Eric Denécé soit invité à nouveau, sur un quelconque plateau de télévision, s’il doit débiter ce genre de révélation gênante. Heureusement que la vidéo a largement fuité sur les réseaux, sans pour autant que ces derniers ne s’émeuvent de nos 400.000 disparus.

Pour ceux qui timidement pensaient que le Congo n’avait eu à déplorer dans les guerres de 97-98 « qu’une » centaine de milliers de morts, voilà qui remettra véritablement les pendules à l’heure ! Les médias français et belges commencent à peine à ouvrir les yeux sur les protections dont Pierre Oba, a pu bénéficier pour passer entre les mailles des filets de leur police. Il est grand temps, sur la base de ce témoignage incontestable, que les devoirs de vérité et de mémoire s’opèrent enfin et que les véritables responsables du déchainement de violences au Congo Brazzaville soient enfin poursuivis… !

Cette révélation fait du Congo Brazzaville l’égal du Rwanda dans l’horreur du génocide et des massacres ; le premier pays était trois fois moins peuplé que le second !

Faut-il croire, si les villes de Pointe Noire et de Brazzaville avaient été complètement détruites, que les médias auraient un peu plus parlé de nos morts ? Rien n’est moins sûr ! Après les explosions du 4 mars 2012, les quelques journalistes peu curieux qui avaient fait le déplacement ont été sciemment tenus éloignés des destructions et des drames humains par la gestapo de Ndenguet-Sassou Nguesso.

Vingt années après, la vérité sur nos 400.000 morts s’offre enfin à nous. Elle doit s’inscrire, comme pour le Rwanda, sur les pages sales de l’inhumanité. Ce sera le devoir de chacun de contribuer à ce que le témoignage de Monsieur Eric Denécé s’amplifie, se répande et ne s’efface plus. L’actuelle guerre du Pool en dépend également. Les mêmes qui sont à la manœuvre aujourd’hui sont les responsables des 400.000 morts des guerres de 1997-1998. Ces guerres actuelles, pareillement à celles passées, n’ont pour seul objectif, toujours avec l’aide de mêmes complices, que la ressource pétrolière et sa dilapidation ; comme cela en a toujours été le cas depuis sa mise en production !

Rigobert OSSEBI

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24 décembre 2016 6 24 /12 /décembre /2016 13:21

Le chiffre est renversant. 13 000 personnes déplacées, victimes des bombardements de la soldatesque de Denis Sassou Nguesso dans la région du Pool. Sans compter les morts et les blessés dont personne ne parle. A l’échelle d’une région, c’est énorme au regard de la population totale du Congo-Brazzaville dont les 2/3 sont concentrés à Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie et Ouesso. Ce que l’on appelle abusivement communauté internationale contemple désormais dans l’indifférence le martyr et le massacre des populations du Pool. Pourquoi le droit d’ingérence cher à Bernard Kouchner et Mario Bettati ne s’exerce-t-il pas aux populations de la région du Pool ?

Emotion sélective

Sur les bombes de Denis Sassou Nguesso, le khalife d’Oyo, crachées par les hélicoptères de combat pilotés par les mercenaires ukrainiens, les hommes, les femmes et les enfants du Pool crèvent, la communauté internationale observe, détourne le regard et ne lève pas le petit doigt, en signe de protestation ou d’indignation. La communauté internationale a les yeux rivés sur la Syrie. Les caméras et les micros des grands médias internationaux sont braqués sur Alep en Syrie. Les grandes ONG humanitaires (Amnesty International, Human Rights Watch ,MSF, Croix Rouge international, Médecins du monde…) ne s’intéressent guère à la situation catastrophique des populations de la région du Pool. Pourquoi ? Les populations du Pool sont devenues les « Bala ba nsana » (orphelins). Curieusement, concernant les hommes, les femmes et les enfants de la région du Pool qui subissent quotidiennement les atrocités de Denis Sassou Nguesso et ses mercenaires, l’émotion est à géométrie variable.

Quitus

Au sujet du drame de la région du Pool au Congo-Brazzaville, dans ce recul planétaire de la sensibilité humaine, dans cette indifférence où chacun fait front bas face aux actes les plus contraires à la légalité internationale, dans ce retour tragique de la logique des empires du genre « françafrique » et « francophonie  », François Hollande porte une responsabilité. Dans son discours de Dakar prononcé le 29 novembre 2014 à l’ouverture du sommet de la francophonie, François Hollande avait tracé une ligne rouge qui proscrivait, en tout état de cause, l’utilisation des institutions pour la pérennisation au pouvoir (changement de Constitution). Le Président français a appelé « au respect des ordres constitutionnels et des aspirations des peuples ». Hollande insista : « Là où les règles constitutionnelles sont malmenées (…) là où l’alternance est empêchée, j’affirme, ici, que les citoyens de ces pays sauront toujours trouver un soutien dans l’espace francophone ».

Mais quand Denis Sassou Nguesso l’a franchie allègrement, il a reculé, laissant les populations du Congo-Brazzaville, en soif d’alternance, seules face à ce crime contre les textes constitutionnels, dépitées et privées de moyens d’action. Plus grave. François Hollande a affirmé le 21 octobre 2015 : « Le président Sassou peut consulter son peuple, ça fait partie de son droit, et le peuple doit répondre  ». Cette déclaration de François Hollande a littéralement laissé KO les populations du Congo-Brazzaville. Il a donné implicitement au régime dictatorial de Brazzaville un blanc-seing pour repousser les limites de la barbarie avec les assassinats, les viols et les tortures (Augustin Kala Kala, Jugal Mayangui, Franck Euloge Mpassi, Gustave Ntondo…). Pire :  Roland Gambou est mort victime des sévices.

Brèche

Constatant cette éclatante abstention de la communauté internationale et plus particulièrement de la France, Sassou Nguesso, Jean-Dominique Okemba, Jean-François Ndengué, Ngatsé Nianga Mbouala, François Ossélé, Guy Blanchard Okoï, adjudant Ata, Serge Oboa, se sont engouffrés dans la brèche ouverte par François Hollande et sont revenus en force sur le théâtre du Pool pour assouvir leurs instincts bestiaux.

« Le bombardement aveugle par le régime viole le droit international et, dans beaucoup de cas, [représente] des crimes contre l’humanité, des crimes de guerre, et doit cesser », s’est indigné le samedi 10 décembre 2016 le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, à propos de la Syrie. Quid des massacres des populations de la région du Pool ? Motus et bouche cousue !

Crimes

Les « crimes de guerre » sont définis par l’article 8 du statut de Rome de la Cour pénale internationale (1988) qui fait état de nombreuses « infractions graves » , infligées aux civils comme aux soldats : homicide intentionnel, torture, prise d’otages, déportation, etc. L’article 8 cite aussi « le fait de diriger intentionnellement des attaques contre la population civile en tant que telle ou contre des civils qui ne participent pas directement aux hostilités  » ou «  le fait d’attaquer ou de bombarder [...] des villes, villages, habitations ou bâtiments qui ne sont pas défendus et qui ne sont pas des objectifs militaires  » . Un crime de guerre peut relever du « crime contre l’humanité » s’il y a « violation délibérée et ignominieuse des droits fondamentaux d’un individu ou d’un groupe d’individus inspirée par des motifs politiques, philosophiques, raciaux ou religieux ». Comme les crimes de guerre, ils sont imprescriptibles.

Depuis l’assassinat du commandant Marien Ngouabi, le 18 mars 1977, du Cardinal Emile Biayenda, le 22 mars 1977 et depuis le 5 février 1979, date de son accession au pouvoir, le parcours militaire et la vie politique de Denis Sassou Nguesso sont sertis de perles de sang du peuple du Pool et de tous les autres martyrs. Les crimes de Denis Sassou Nguesso dans la région du Pool au Congo-Brazzaville tombent sous le coup de la justice internationale. Et, donc, passibles d’être instruits par la Cour pénale internationale (CPI). Se mettra-t-elle en branle pour juger les actes de barbarie commis par le boucher de Mpila et ses hommes sur les populations de la région du Pool ?

L’ampleur des destructions et des drames humanitaires dans la région du Pool liés à la prétendue traque de Frédéric Bintsamou alias Pasteur Ntoumi est encore accentuée par l’indifférence et l’impuissance complices de la « communauté internationale » . On sait que cette entité n’existe pas et que l’ONU n’est que le champ clos des affrontements entre les Grands qui disposent d’un droit de véto. La France déposera-t-elle, à propos du drame de la région du Pool au Congo-Brazzaville, une résolution au Conseil de sécurité de l’ONU comme elle l’a fait récemment au sujet de la situation de la Syrie ? Rien n’est moins sûr ! Sur proposition de la France, Laurent Gbagbo de la Côte d’Ivoire avait été déféré à la Cour pénale internationale pour moins que les crimes de Sassou Nguesso dans la région du Pool qui vit l’enfer au quotidien.

Pourquoi Fatou Bensouda le procureur de la CPI demeure-t-elle muette sur les crimes perpétrés par Denis Sassou Nguesso ? A quand la saisine de la CPI ?

Benjamin BILOMBOT BITADYS

NOTRE COMMENTAIRE : La situation de la région du Pool en République du Congo repose sur les épaules de la France qui, au nom de l'Union Européenne, avait accordé le quitus (permis de tuer) et autorisé M. Sassou Nguesso à consulter son peuple pour changer de Constitution en vue de se représenter, alors que la Constitution qu'il entendait abroger ne le lui permettait plus du fait de la limitation d'âge et du nombre des mandats.

 

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24 décembre 2016 6 24 /12 /décembre /2016 11:57
 
drole-de-noel

 

 

Drôle de Noël !!. Que le Congo-Brazzaville est en passe de célébrer. Un noël qui ressemble le mieux à un navire en dérive qui tente de s'accrocher vaille que vaille à l'embarcation et retenir de sa main libre les corps repêchés des noyés pour qu'ils ne soient pas engloutis par la mer. C’est une navire marquée par plusieurs plaies mortifères . C’est une navire ou la subsistance ne tient qu’a un fil tant la pauvreté côtoie l’arrogance et l’intolérance.…Une pensée particulière à tous les congolais et surtout aux ressortissants de la région du Pool, embarqué dans ce navire en dérive mortifère à huis clos.

Drôle de Noël !!. Pour ces centaines d’enfants et adultes congolais qui ont perdu soit la vie ou soit leur liberté pour vouloir défendre simplement ce que nous avions de plus cher le Droit d’exister.  la Terreur des miliciens du régime en place a transformé leur quotidien en mouroir. L’enfant congolais du département du POOL abandonné et marqué par les scènes de violence, des tirs nourris d’une armée déshumanisée ne connaîtra certainement pas le bonheur et la joie d’une fête de NOËL en famille.

Drôle de Noël !!. Cet amère constat que le pool est presque aujourd’hui synonyme de département des sans-abris, sans nourriture et sans attention, car le gouvernement ayant décidé de punir toute une population pour des raisons de politique politicienne égoïstes.

Drôle de Noël !!. Pour ses enfants du POOL, la fête des guirlandes, des vitrines bourrées de victuailles, des jouets plus merveilleux les uns que les autres sera certainement un rêve insaisissable. Ces enfants regarderaient tout ça, lorsqu’ils le pourront, d’un air émerveillés sans plus. Partout, il y aura des choses qui leur donneraient envie et pourtant ne leur seront pas accessibles par le seul choix complètement archaïque et diviseur de Mr HUIT POUR SANG  d'affamer ces pauvres gosses.

Ce sentiment d’amertume est bien visible non seulement dans les yeux des enfants du POOL remplis de larmes dans un silence effroyable, mais également dans ceux de leurs parents persécutés et obligés de se terrer avec leurs enfants.

Drôle de Noël !!. Que de vivre ce sentiment inhumain et pénible de devoir imaginer que nos enfants du POOL vont passer les fêtes , tant attendus chaque année, dans la disette et l’insécurité, sans eau ni électricité et pour comble, coupés du reste du monde par un encerclement absurde et complètement disproportionné, un boycott ferme et ferraillé, raison de plus de penser que la volonté du pouvoir en place serait l’extermination du POOL.

Drôle de Noël !!. De voir ces horreurs d’une guerre imposés par les hommes sans foi ni loi. Aux gémissements des mourants, Mr HUIT POUR SANG est sourd. Anesthésié par son élan de vengeance et sa volonté de soumettre. Mr HUIT POUR SANG se noie dans le massacre de ses propres frères. En intensifiant les bombardements contre les populations du POOL, en les acculant chaque jour un peu plus dans la forêt ou vers un exil risqué en ces temps de fêtes de fin d’années, signerait là son bannissement.

Drôle de Noël !!. Que les festivités grandioses sont célébrées avec fastes dans les étables dorés ou le vin et la nourriture rivalisent en quantité l’étalage d’une opulence presque obscène des nouveaux rois du Congo, chez la majorité des Congolais, c’est l’envie de s’abriter contre la misère étouffante , les arrestations et les tortures banalisées.

Noël est une fête de l’amour et de l’espoir, c’est pourquoi mes frères et sœurs prions pour nos enfants du POOL ne serait-ce que ces quelques instants pour que ces derniers puissent trouver ne fusse qu’une bouffée d’air frais et agréable afin qu’ils connaissent un Noël sans bombes.

Que la magie de Noël s’opère et que nos pleurs et souffrances s’estompent. . Notre souhait ne saurait être exaucé qu'avec l'avènement d'une nation véritablement démocratique ou le Droit primera sur la force bestiale des hommes sans foi.

Gardons la foi en un avenir meilleur au Congo-Brazzaville pour 2017.

 

jcberi

 

 

 

 

 

Jean-Claude BERI

LIRE LA SUITE : http://berijc.over-blog.com/2016/12/congo-brazzaville-drole-de-noel-2016.html

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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 19:49

 

Nul besoin de revenir sur le terrible drame du Pool que nous impose le Prince d’Edou, et que nous portons au fond de nos entrailles depuis maintenant 09 mois.

Cette douleur nous marquera à jamais au fer rouge. Seul le temps fera son devoir d’oubli, mais sans les réparations morale, juridique et matérielle des victimes. Nous autres, fils et filles du Pool, avions perdu notre âme faute de ne pas avoir secouru les nôtres. C’est une croix que nous porterons fort longtemps. Mais qu’aurions-nous pu faire face à la barbarie d’un pouvoir sans pitié qui tient malgré l’évidence à se maintenir coûte que coûte aux affaires nonobstant le désaveu populaire.

Tout homme est complexe. Ainsi, en l‘Homme peut coexister des sentiments de bonté et de méchanceté. A la veille de Noël et des fêtes de fin d’année, il est temps que Sassou retrouve un peu d’humanité en acceptant la trêve des confiseurs. Cette période pendant laquelle les armes doivent se taire pour permettre aux plus démunis et aux enfants de retrouver le sourire, la joie de vivre, et de croire au père Noël. Les séquelles psychiques de ce conflit sont énormes, incommensurables, et nous allons en payer le prix.

Ce n’est pas seulement le moral des troupes de ce qui reste de l’armée congolaise et des mercenaires qui est au plus bas. C’est toute une nation qui assiste médusée, tétanisée à une guerre sans raison après le saccage de son économie. La haine du tyran contre une partie de son peuple est si viscérale qu’elle lui éjecte les yeux de ses globes oculaires. Triste visage.

Sassou doit entendre raison car une armée aussi puissante soit-elle n’a jamais pu contenir un peuple en furie. Qu’il médite le sort de Mobutu, Idi Amin Dada, Pinochet, Compaoré, Samuel Doe, et il comprendra que les dictateurs finissent toujours mal. Échappera-t-il à la règle, rien n’est moins sûr. A-t-il pensé à son patronyme dur à porter qu’il léguera à ses rejetons tant il est devenu tristement célèbre et voué aux gémonies.

Il est temps de se recentrer sur les vrais problèmes de la nation au lieu de nous divertir avec la traque et l’emprisonnement des opposants congolais. Tout individu sur cette terre a droit à une vie décente. Il est de notre devoir nous qui sommes en charge de la communauté d’y veiller. En ces périodes de fêtes, la sagesse commande l’arrêt des hostilités car nul doute que personne n’a la tête à faire la fête tant nos problèmes ne sont pas réglés et nous tournons en rond. L’année 2016 a été une Annus horribilis.

Malgré son sacrifice humanitaire des populations du Pool, l’économie congolaise n’est guère reluisante. Il est temps de retrouver la raison et comprendre que la société congolaise hétérogène dans son ensemble aspire à vivre dans la sérénité, la quiétude. L’homme des masses populaires a vécu et il est temps qu’il s’en aille. Adieu les tam-tams, le folklore, le carnaval, la mascarade, pour laisser place à ceux qui ont le sens de l’état et de l’intérêt général.

Nul ne doute qu’à Mpila et Oyo, le champagne teinté du sang de nos victimes coulera à flot en cette fin d’année. Mais, vivons-nous tous sur la même planète ?

Cet homme ne laissera aucune trace dans l’histoire du Congo, sinon son goût immodéré pour le pouvoir quand bien même que la baraka l’a quittée et le peuple l’a désavoué. Tel un rat pris dans un piège, il ne peut plus s’échapper, alors que son sort ne fait plus aucun doute. Tout système a une fin et il serait dérisoire de vouloir jouer les prolongations. En ces temps des fêtes, qu’il nous surprenne un instant à la « Yahya Jammeh » en arrêtant sa foutue guerre civile. Après, il pourra retomber dans ses travers lui qui n’a jamais dans sa vie respecté aucun engagement ni serment.

C’est Jonathan Swift qui écrivait : “Je ne m’étonne jamais de voir des hommes mauvais, mais je m’étonne souvent de ne les point voir honteux.” S’amendera-t-il ?

Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

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18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 18:12

Madame,

Monsieur,

Chers amis, bonjour,

Merci de nous accorder un peu de votre temps. Des Sites Internet et Blogs qui traitent et dénoncent la tragédie de la région du Pool, au Congo-Brazzaville, où s'opère une épuration ethnique sans précédent, ont été bloqués pour que nos publications ne soient plus référencées dans les Alertes des moteurs de recherches comme celui de Google, Rubrique Congo-Brazzaville et/ou Sassou Nguesso, etc. Ainsi, jouent-ils le jeu de Sassou Nguesso et son clan.

Les moteurs de recherches comme ceux de Google ne reprennent plus en référence les articles que nous publions sur l'Internet. Exemple, le titre de cet article ne sera plus repris dans les moteurs de recherches ou cité dans les Alertes de Google dans les Rubriques CONGO-BRAZZAVILLE ou SASSOU NGUESSO.

Nous avons constaté ce fait depuis la dernière tournée des popotes des médias et des maisons de presse européennes de M. Jean-Paul Pigasse, le gourou de Sassou Nguesso. Vérifiez si les publications de votre Site ou Blog sont reprises ou citées dans les Alertes des moteurs de recherches comme ceux de Google par exemple.

Excusez-nous aussi d'abuser d'une expression que nous ne méritons peut-être pas, celle de "GENOCIDE". Mais que dire d'autre lorsqu'un homme, Sassou Nguesso, s'est donné pour seule mission, celle d'exterminer tout un peuple dans le Pool à travers des opérations militaires dénommées "Colombe I", "Colombe II", "Hadès", "Hérode", "Mouebara I", "Mouebara II", etc, depuis 1998. Ce que nous avons appelé dans un livre écrit par un des nôtres, Krysis Kilokila-Kiampassi, "Barbarie et folie meurtrière au Congo-Brazzaville. Un châtiment collectif pour appartenance ethnique", L'Harmattan, Paris, 2005.

Votre silence, aujourd'hui, sera coupable, demain.

Merci de votre attention !

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Sassou et la dictature du génocide

Quand le monde se réveillera demain, les Bakongos et les Tékés qui peuplent la région du Pool, territoire comparable à celui de la Suisse ou de la Belgique ou encore du Rwanda, auront été exterminés. Que personne ne vienne alors, la bouche enfarinée, verser les larmes de crocodile sous prétexte qu’il ne le savait pas !

De ce massacre des Kongos-Tékés qui se déroule depuis neuf mois, dans le Pool et la Bouénza, le Congo saigne. Un génocide y est bel et bien en cours, à huis clos. L’intentionnalité de ce crime contre l’humanité ne fait plus de doute. En effet, l’extermination de cette population avait été codifiée au nom d’une macabre opération dite «  Mouébara » dénoncée par la presse internationale.

Il y eut d’abord un grand coup de tonnerre dans le ciel congolais avec le triple assassinat de Marien Ngouabi, Massamba-Débat et Emile Biayenda, deux anciens présidents et un prélat de renom, Cardinal de son Ministère. S’ensuivirent des exécutions sommaires des cadres et ressortissants du Pool. Ainsi démarra l’ère Sassou. L’accession de ce dernier au pouvoir qui apparaissait comme un banal accident de l’histoire, se révèle être une tragédie, faisant du Congo le cœur des ténèbres.

Quand le monde se réveillera demain, les Bakongos et les Tékés qui peuplent la région du Pool, territoire comparable à celui de la Suisse ou de la Belgique ou encore du Rwanda, auront été exterminés. Que personne ne vienne alors, la bouche enfarinée, verser les larmes de crocodile sous prétexte qu’il ne le savait pas !

Outre la folie d’un homme, ce génocide est dicté par des enjeux capitalistes mondiaux d’accaparement des terres africaines favorisé ici par la cupidité et le manque de patriotisme et de clairvoyance des dirigeants congolais.

La réduction des réserves d’eau douce sur le plus mondial, la nécessité de nourrir plus de sept milliards des humains et l’envie de disposer à volonté des richesses que renferment nos sous-sols annonçaient déjà, dès le milieu du 20ème siècle, les futures guerres. Nous y voilà, avec l’avancée sino-américaine en filigrane.

Le capitalisme chinois exerce une énorme pression sur nos dirigeants. Ceux-ci, peu soucieux des aspirations des populations et englués dans des pratiques mystico-fétichistes, imposent au peuple  le « goût du sang » qu’il exècre.

Dès lors que des gangsters se sont emparés des Institutions, des décennies durant, et ont achevé d’installer leur mafia dans les moindres recoins de la République, parvenant même à s’autoamnistier constitutionnellement de leurs crimes encore non commis, il fallait s’attendre à un éventuel massacre de masse. Force est de constater que celui-ci est en cours dans le Pool.

Redoutant malgré tout le retour du bâton, le pouvoir de Brazzaville efface les traces de ses forfaits. Ainsi, les victimes sont ensachées et brûlés. Des habitants sont parfois rassemblés dans des maisons puis brûlés avec. On a connu, dans le monde, des villages brûlés par les chasseurs de scalps. Mais ici des villages entiers sont transformés en crématoriums géants par la puissance publique en proie avec sa propre paranoïa. Plus d’une centaine de villages du Pool, y compris leurs habitants n’existent plus. Stupéfiant !

Les récentes photos de Modeste Boukadia-Loutaya démontrent le caractère diabolique du régime Sassou. De Jean Ngouabi, à Modeste Boukadia en passant par Augustin Kala-Kala et Jean-Marie Michel Mokoko et tant d’autres, le Congo saigne.

Y a-t-il un Dieu là-haut ? Si oui, alors Père, fais ce que tu sais faire afin de sauver tes brebis.

On pleure en silence à Brazza, à Dolisie, à Pointe-Noire … Et partout dans le pays, c’est le silence qui prévaut car la dictature est dans sa phase azimutée la plus horrible. Paradoxalement, ce silence favorise aussi les exactions.Bébé victime de la barbarie de Sassou et son clan

En effet, si la dictature tue, le silence aussi. Les bombardements tuent, le silence aussi. Les bébés noirs tuent, le silence aussi. Les mercenaires tuent, le silence aussi. La torture tue, le silence aussi. L’insalubrité tue, le silence aussi.

Après plusieurs décennies de règne sans partage, le bilan de Sassou se résume tristement en une kyrielle de hautes trahisons et holdup innommables auxquels s’ajoute un gangstérisme d’Etat qui déverse, sans discontinuer, un torrent de larmes et de sang dans le pays. Une économie de gribouille totalement exsangue côtoie, sur le plan social,  la sacralisation des antivaleurs. Cette distorsion des mœurs n’en finit point de désarticuler les bases de notre société axées autrefois sur les valeurs humaines et le  travail.

C’est justement par ce biais du travail et des valeurs humaines  que les Ntinu ou Ntotila ou Mani au travers les Nzinga, les Ngola, …  les Lukéni, dès le XVème siècle œuvraient et espéraient élever le pays Kongo au rang de société ouverte, organisée et prospère. Mais en un demi-siècle de pouvoir, jamais Sassou ne s’est inscrit, ni inspiré, ni même référé à cet héritage historique en ancrant son action dans les racines du pays afin de se projeter vers l’avenir. Pire, il se révèle être le bourreau de ce même peuple qu’il décime au travers des guerres à répétitions et bombardements incessants avec l’aide des mercenaires.

Exterminer une population ne peut tenir lieu d’un quelconque projet de « modernisation des institutions » et encore moins de projet de société. Il s’agit là d’un crime contre l’humanité. Sassou avait-il un projet réel pour ce pays ?

Abraham Avellan WASSIAMA

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17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 11:31
 
 

A l’heure où les autres continents de la planète assurent leur développement dans ce III ème millénaire en ayant tous les atouts nécessaires pour affronter les défis actuels, l’Afrique en général inquiète. En particulier le Congo-Brazzaville qui ne cesse de développer le particularisme anti-développement ou la logique de la corruption règne en maître. La logique de cette vision favorise sans aucun doute son autodestruction économique, ça c’est le Congo qui fait peur. Le Congo que nous impose le système SASSOU, un système dépourvu de vision nationaliste à long terme et orienté vers la politique du tout enrichissement personnel illimité. Que doit alors faire le peuple congolais face une opposition trop disparate.

 

Une opposition congolaise disparate en mal d’égo

Les rencontres politiques de l’opposition congolaise se suivent et se ressemblent. Après le grand rassemblement de septembre 2015au BOULEVARD des Armés  et l’imbroglio de fin de campagne 2016, cette opposition s’est lancée dans une course dont l’efficacité politique reste entravée par des positionnements contraire à la volonté populaire. Neuf mois plus tard, il suffit d’observer les actes posés par les uns et les autres pour en déduire que les tripatouillages de celle-ci sonnent comme un constat d'échec.

Aujourd’hui, au sein de l’opposition congolaise, personne ne prend des initiatives louables et constructives. Ainsi, le soutien du peuple  faiblit. Les buts poursuivis ne sont toujours pas clairement définis. Il manque toujours un leader charismatique capable de fédérer les masses contre la gabegie, la mauvaise gestion du pays.

On ne peut d’ailleurs qu’être frappé par la récurrence des critiques ainsi adressées par les différents courants de l’opposition aujourd’hui : enchevêtrement des intérêts, saupoudrage inefficace et inéquitable des moyens, l’indispensable simplification et la nécessité de renforcer l’arsenal d’objectifs et d’indicateurs permettant de quantifier le rassemblement autour d’un idéal commun et la gestion de leadership.

Après le hold-up électoral de Monsieur « 8/sang », l’opposition congolaise n’a pas réussi à proposer de programme commun d’action commune tant soit peu crédible, ni de se trouver un vrai leader. Les gens qui composent cette opposition sont bien trop différents. Leurs objectifs sont à ce point, disparates qu’ils se contredisent souvent et finissent par se neutraliser entre eux en oubliant d’unir leur force à un régime sanguinaire, familial et autoritaire.

Faute de s’interroger sur la nature même du problème politique, l’opposition congolaise revient toujours aux mêmes solutions teintées de bon sens néo-managérial politique, qu’on retrouvera très probablement à l’identique dans les pseudo-rapports qui vont nous être servi en guide de plat de noël.

Entre les défenseurs d’un pseudo ligne dure et les partisans d’une opposition modérée, un embouteillage ressuscitant l'ethno-régionaliste se forme au sein de l’opposition congolaise dispersée mais surtout divisée. Rassembler au-delà de sa région et de son électorat disaient-ils tous sans exception. Aujourd’hui, force est de constater que le rassemblement pour l’opposition congolaise n’est possible qu’autour de soi et des siens.

Les lignes semblent plus brouillées que cette opposition peut multiplier des conventions, des meetings et des alliances parfois contre nature qu’au final rien n’est garanti qu’elle réussira à fédérer l’ensemble des courants pour un but commun. Dans ce contexte distinguer un leader dans ce fourmillement de politique tous prétentieux n’est pas aisé. Et le combat ne peut-être que biaisé d’avance.

Les leaders des partis de l’opposition n’ont pas su dynamiser une plateforme commune. Le FROCAD-IDC-CJ3M ayant été vidé de son contenu et du dynamisme qui faisait sa force.

Les leaders de l’opposition n’ont pas compris que la première chose à faire, c’était de surmonter leurs propres divergences. Je n’ai constaté aucune tentative d’analyse de la situation réelle du Congo-Brazzaville de la part de ces chefs. Actuellement, chacun présente son opinion personnelle sans essayer de trouver un terrain d’entente avec les autres. On voit se reproduire les mêmes erreurs comme dans le passé, réconfortant ainsi un pouvoir aux abois.

Les gens ont en outre été déçus du fait que le FROCAD-IDC-CJ3M, organe ayant pour vocation de réunir les opposants et de proposer, enfin, un programme d’action n’a pas su réadapter sa vision globale et redéfinir les orientations à suivre. Les congolais sont lassés de voir que le comportement de l’opposition est exactement le même que celui du pouvoir de M. « 8/sang » qu’elle critique.

En écoutant les leaders de l’opposition, aucun d’entre-deux n’a jusqu’ici proposé une initiative sérieuse. Quelles méthodes seront utilisées ? Quel programme sera proposé ? Ces questions restent toujours sans réponse.

La convention du FROCAD-IDC-CJ3M qui s'est tenu du 12 au  15 Décembre 2016  n’est qu’une supercherie en plus. Car elle porte en elle les germes de sa propre destruction. Comme on le sait et ce n’est pas un secret, la présidence du FROCAD est noyautée par les anciens faucons du PCT qui ne voudront jamais qu’une solution pérenne soit trouvée tant que ce ne sont pas eux qui la pilotent. Cette mascarade est indigeste et immorale pour le peuple qui souffre.

L’autre convention « aile CODEHA » ne proposait pas mieux. A part le fait de ramener dans les rangs de l’opposition des girouettes dont la culture politique ressemble à s’y méprendre à un exercice vestimentaire. En effet, ils changent de vêtements comme ils changent de positions politiques. Et dans tout ça, les deux oppositions veulent nous parler de la mise en place d’une nouvelle opposition.

Commencer par dire la vérité au peuple et non en jouant aux surenchères avec le pouvoir que vous vous affirmerez réellement de l’opposition. Une convention est interdite d’exercer son droit de liberté et de réunion, une autre est autorisée. Pourquoi le pouvoir banni par le peuple se donne-t-il ce droit ? Ce qui se passe sous la table est souvent cachée des yeux des profanes politiques.

 

Peut-il y avoir une nouvelle opposition sans vraie rupture ?

Sous un calme apparent où l’on voit le peuple congolais navigué à ses occupations de survie et de lutte contre la misère, on perçoit, en fait dans leur for intérieur, un même ferment social de femmes et d’hommes exigeant la justice avec une colère qui balaye toutes les prévisions. On peut lire sur leur visage, plein d’amertume, la phrase suivante : « Nous sommes le peuple et nous réclamons plus d’équité et de justice. »

Ce sont des hommes et des femmes en un mot des humains dont l’exigence s’élève à l’essentiel que le gouvernement actuel a usurpé de manière injuste et unilatéral : le droit de manger, d’avoir un toit, un emploi décent, se soigner, la liberté, l’éducation, bref le respect à la vie. Pourtant une opposition qui parle en son nom négocie des solutions rocambolesques sur son dos.

Le Congo-Brazzaville couve une vague possible de soulèvement social et économique encouragé par le système actuel qui accroît les inégalités, favorise l’exclusion des talents au profit d’un clientélisme absurde et totalement incompétent. Il faut craindre que le réveil du peuple engendre des nouveaux monstres. C’est la responsabilité de nous tous congolais : intellectuels et sages, ouvriers et ménagères, étudiants et chômeurs de s’atteler à y répondre de façon patriotique et surtout indéniablement unitaire. Personne ne le fera à notre place. Il suffit de regarder le spectacle triste de notre quotidien politique proposé par ces politiques de l’opposition.

Peut-on réellement croire que des femmes et des hommes qui ont passés toutes leur carrière politique en utilisant un logiciel formaté avec un antivirus désuète opté  pour une vraie rupture sans remise en cause ? Mais il faut aller beaucoup plus loin que cette explication. Voir le besoin de renouvellement d'un système interminablement otage d'une caste politique et enfermé dans la cooptation et très éloigné des préoccupations réelles de la population. Ce ne serait pas une nouveauté de dire ici  que tous les politiciens congolais iront droit dans le mur s’ils n’inscrivent pas leur action dans l’unité, la cohésion, le militantisme et le bien-être social du peuple qui sont à la base l’alpha et l’oméga de tout succès politique. On ne peut pas très bien gouverner si on ne saisit pas les challenges du peuple à la base.

La vraie politique, c’est d’abord un échange qui s’opère entre un leader et sa base par la confrontation d’idées. On a abreuvé les congolais d’idées saugrenues sur le lieu, la forme, les petites phrases, les ambitions, on est même allé à comparer certains leaders de DIEU DE LA TERRE ( drôle de politique) oubliant que ces mêmes leaders sont co-auteurs des maux dont souffrent le peuple aujourd’hui. On a vu très peu de leaders s’exprimer en termes d’idées nouvelles. En quoi consistera votre rupture dans ces conditions ?

Ce fait consommé d’un système « opposition et pouvoir » ayant montré ses limites, en particulier au Congo-Brazzaville, et ne pouvant garantir autre chose qu’une désintégration progressive de l’économie, de la société, de la culture, caractérise la nature même urgente de la mobilisation sociale. Cette mobilisation doit être aujourd’hui le fer de lance de notre combat pour un ordre nouveau au Congo. Ce combat s’organise par une autre vision de la politique, un autre regard sur la propriété collective. Car ce n’est pas tel ou telle autre injustice qui est forcément au centre du problème, mais toute une logique d’un ordre de domination par la peur, la privation de la liberté, financière qui détruit sans cesse le tissu social congolais dont pour beaucoup c’est devenu une sorte de tremplin politique. On se sert du peuple pour arriver au pouvoir mais lorsqu’on y est on se sert seul sinon avec son clan.

Effectivement nous avons un choix à faire pour notre pays. Nous pouvons accepter une politique qui engendre les divisions inutiles et rétrogrades, les conflits et l’égoïsme ou opter pour le combat pour l’unité, le développement et l’égalité. Or, on est loin des jérémiades actuelles des conventions de l’opposition.

Ces gens-là se battent pour autre-chose mais certainement pas pour le peuple.

L’histoire nous enseigne qu’avec le recul, la méditation et la conviction, on finit toujours par remporter les combats même quand certains ne vous accordent aucune chance de réussir. La difficulté ne réside pas dans le fait de livrer une bataille, mais plutôt d’y croire lorsque la vérité est avec vous. C’est un exercice qui demande beaucoup de sacrifice et d’abnégation. Malheureusement, peu d’hommes et de femmes en sont conscients. Ainsi, beaucoup d’entre nous cèdent facilement à la tentation de la corruption. L’âme noire, l’abominable figure, la honte du peuple, le traitre qui vend ses frères comme judas a vendu son DIEU. Le nombre de ceux qui entraînent notre combat dans un exécrable complot, en achetant les consciences, pour obtenir la réhabilitation du Coupable ne se compte plus. Et c’est à prix d’or que se marchande le déshonneur de la justice, le règne du mensonge, l’avilissement d’un peuple par la plus impudente des campagnes.

« Le mensonge même habillé d’un habit blanc ne peut éternellement résister à la force de la vérité. »

Mes frères, pour reconstruire l’unité bafouée, la paix égorgée, la démocratie muselée, il nous faut accepter de marcher tous dans la même direction ; souffrir ensemble aujourd’hui, pour rebâtir un Congo uni et indivisible demain.

 

Jean-Claude BERI

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