Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : LA LETTRE DU CONGO-MFOA
  • LA LETTRE DU CONGO-MFOA
  • : Blog contre la corruption, la cupidité, l'avidité et la concussion (C.A.C.) au Congo-Brazzaville
  • Contact

Divers

Recherche

11 décembre 2016 7 11 /12 /décembre /2016 15:06

C’était attendu. Et, ça n’a pas raté. Le coup de menton du khalife d’Oyo, Denis Sassou Nguesso, pointant un doigt accusateur sur les leaders politiques de la région du Pool, a été entendu cinq sur cinq par les courtisans en attente d’un point de chute. L’œil griset un ton menaçant, Denis Sassou Nguesso a sommé les hommes politiques originaires du Pool à sortir du double jeu et à soutenir le gouvernement pour traquer Frédéric Bintsamou alias Pasteur Ntoumi sous peine d’être impliqué pour intelligence et complicité.

L’argument a fait mouche et a provoqué le branle-le bras de combat dans les rangs des membres de la majorité présidentielle originaire de la région martyr du Pool. Les premiers à flairer le danger de la marginalisation et à prendre la mesure de la menace proférées par le boucher de Mpila Denis Sassou Nguesso sont Isidore Mvouba « molinga a komi civil  » et Claude Alphonse Nsilou.

Isidore Mvouba Médor

Isidore Mvouba Isidore Mvouba

Pendant que Denis Sassou Nguesso évoque les actes de banditisme perpétrés par le pasteur Mtoumi, en déclarant qu’il n’y avait pas de crise dans le Pool alors que la région du Pool croule sous les bombes larguées par les hélicoptères de combat pilotés par les mercenaires ukrainiens, Isidore Mvouba « matoyi ma ngongi », lui, accélère et surenchérit la rhétorique en parlant de « coup d’Etat  », « putsch » et « renversement des institutions » par Frédéric Bintsamou alias Pasteur Ntoumi le 4 mars 2016. I. Mvouba, l’enfant de Ouenzé, dévoile ses premières propositions à l’adresse des populations du Pool. Isidore Mvouba, locuteur de la langue Mbochi et au teint jaune papaye, a déclaré : « Frédéric Bintsamou a été pris la main dans le sac d’une tentative de coup d’Etat, d’un putsch contre le pays et il s’est réfugié dans les forêts du Pool où il pille, vole, viole et tue » (Les Dépêches de Brazzaville, 21 novembre 2016.) Le député de Kindamba, Isidore Mvouba, « sassouiste assumé  » rejette le terme de brocardeur des populations de la région du Pool.

Rebondir coûte que coûte, tel est le défi à relever par les recalés du dernier remaniement ministériel. Parmi les hommes du Pool qui se sont livrés à la danse du ventre des recalés figure en bonne place alors l’inusable Isidore Mvouba, redoutable homme d’affaires à l’instar des dignitaires du pouvoir, natif de Kindamba dans la région du Pool. Ce kongo d’Oyo se bat comme un diable dans un bénitier en vue de conserver son beefsteak pécétiste. Tribun hors pair formaté à l’école du marxisme et piètre politique, la justification d’Isidore Mvouba sur les bombardements des populations du Pool entre 1998 et 2002 frisait la schizophrénie. C’était, plaida-t-il, «  les gens du Pool qui avaient imploré que Sassou leur largue des bombes sur la tête, pour déloger Ntoumi ». Ce délire verbal lui colle à la peau comme la tunique de Nessus.

Alphonse Silou filou

De son côté, le ministre d’Etat, Claude Alphonse Silou, a invité ses compatriotes de la région de mettre tout leur savoir-faire en pratique afin de « ramener la paix dans le Pool », là où Jean Dominique Okemba, Jean-François Ndengué, Ngatsé Nianga Mbouala, Serge Oboa, Charles Richard Mondjo et Guy Blanchard Okoï appuyés par des mercenaires angolais, centrafricains, tchadiens, zaïrois, sud-africains et des instructeurs israéliens ont échoué jusqu’ici. Comprenez qu’il encourage la délation et la dénonciation  comme la police de Vichy sous l’Occupation.

Isidore Mvouba et Claude Alphonse Nsilou, les deux enfants terribles du Pool, ont enfourché et embouché le discours de la stigmatisation des populations du Pool. Pour ces deux hommes, l’équation est simple : «  livrer le pasteur Ntoumi à Sassou pour ne plus recevoir les bombes sur la tête ». Denis Sassou Nguesso a poussé le ridicule en implorant les sages et le roi téké et vili de lui « ramener  » le afin d’initier le dialogue que le pouvoir de Brazzaville freine des quatre fers.

Benjamin BILOMBOT BITADYS

Repost 0
Benjamin Bilombot Bitadys - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT Sud-Congo Pool
10 décembre 2016 6 10 /12 /décembre /2016 00:21
 
Le prisonnier politique d'opinion, Modeste Boukadia, président du CDRC, ici sur son lit d'hôpital, après avoir échappé à la tentative d'assassinat par le directeur de la maison d'arrêt de Pointe-Noire, M. Pierre Pongui...
 
 

Prisonnier politique, le décès de Modeste Boukadia en prison sera considéré comme un assassinat

PRISONNIER POLITIQUE : LE DECES DE MODESTE BOUKADIA EN PRISON SERA CONSIDERE COMME UN ASSASSINAT

Il est une chose d'être un dictateur et une autre d'avoir le goût du sang des autres au point de vouloir leur mort, cher monsieur OUI POUR SANG. Lorsqu'on emprisonne quelqu'un a fortiori quand il s'agit d'un prisonnier politique, l'Etat se doit de tout faire pour qu'il reste en vie - afin d'exécuter sa peine - surtout quand il s'agit d'une peine imaginaire comme celle qui frappe le prisonnier politique Modeste Boukadia. Combien savent que même les Blancs racistes à l'époque de l'Apartheid en Afrique du Sud envoyèrent secrètement Nelson Mandela à Londres pour le soigner parce qu'il aurait contracté la tuberculose en prison ? La mort d'un prisonnier politique en prison est une catastrophe pour l'image de n'importe quel Etat, pas simplement une dictature.

Nous apprenons avec tristesse la détérioration de l'état de Santé de monsieur Modeste Boukadia, président du CDRC, arbitrairement embastillé au Congo depuis le mois le vendredi 15 janvier 2016. L'opposant politique à la barbarie des crocodiles du PCT a été hospitalisé le 5 décembre 2016 à l'hôpital Guénin de Pointe-Noire. Et nous pouvons à juste titre affirmer que les assassins du PCT y sont pour quelque chose, ceux-là mêmes qui se sont précipités à l'hôpital pour ôter ses perfusions afin de hâter sa mort.

Nous avons appris qu'il avait fait l'objet de tentative d'assassinat bien avant cela. C'est donc normal que nous déduisons que la détérioration de sa santé a été pensée, conçue, voulue, exécutée, provoquée. Même si sa nourriture et son eau proviennent de l'extérieur, elles passent forcément entre des mains expertes en empoisonnement avant de lui parvenir. Quand on s'empresse d'arrêter le traitement d'un malade dans un hôpital, c'est que l'on souhaite sa mort et seul Denis Sassou Nguesso peut ordonner une chose pareille. Modeste Boukadia est en fait condamné à mort - sans que le gangster d'Etat Denis Sassou Nguesso bardé d'impunité absolue ne le dise clairement. 

Que le régime dictatorial de la Bête de l'Alima sache que la mort de monsieur Modeste Boukadia en prison sera considérée comme un assassinat politique. Nous ne le souhaitons pas, mais si pareille tragédie survenait, cette affaire entacherait pour de bon l'image de Denis Sassou Nguesso, car elle retentirait dans le monde entier comme un cas de non assistance de personne en danger. Et il est bon de notifier que les tribunaux internationaux seront saisis à cet effet. En prison, la responsabilité du maintien en vie d'une personne incombe à l'Etat. Si l'Etat se montre négligent au point de ne remplir ses obligations, il peut être poursuivi à plus d'un titre.

Modeste Boukadia est un citoyen français. La citoyenneté possède un caractère universel. Il n'y a pas un citoyen moins citoyen qu'un autre - même en cas de double nationalité. Qui dit double nationalité dit deux nationalités à 100%, deux nationalités qui s'exercent en même temps et en tout lieu, ensemble, simultanément. On n'est pas Congolais au Congo et Français en France seulement. On est Franco-congolais en tout lieu et tout le temps. L'espace n'est pas un vecteur discriminant de la citoyenneté. 

Il n'y a pas de demi-citoyenneté. La citoyenneté est pleine, jamais à moitié et elle s'exerce bien au-delà du territoire. C'est en cela qu'on peut invoquer à son propos le principe d'universalité. ON EST CITOYEN D'UN PAYS OU ON NE L'EST PAS. IL N'Y A PAS DE DEMI-MESURE. A ce titre, la France lui doit des égards comme la Grande Bretagne doit des égards au prisonnier politique Paulin Makaya. Ce n'est pas une simple question de peau, de lieu ou de résidence.

L'honneur de ces deux puissances est en jeu : si elles ne peuvent oser intervenir en faveur de leurs citoyens, les familles Makaya et Boukadia doivent se retourner contre elles en estant en justice en France et en Grande Bretagne : il y a bien dans ces deux cas non assistance à citoyens français et britannique en danger. Que le CDRC et la famille Boukadia prennent leurs responsabilités. Il en est de même du côté de monsieur Paulin Makaya.

LION DE MAKANDA, MWAN' MINDZUMB', MBUTA MUNTU

LIRE LA SUITE : http://www.demainlenouveaucongobrazzaville.org/2016/12/prisonnier-politique-le-deces-de-modeste-boukadia-en-prison-sera-considere-comme-un-assassinat.html?utm_source=_ob_share&utm_medium=_ob_facebook&utm_campaign=_ob_sharebar

Repost 0
9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 22:21

kongo_bakongo-481x413

 «  La culture d’une nation est le miroir où se reflètent ses connaissances, ses croyances et ses traditions originales. C’est, en bref, une clé à l’aide de laquelle on peut ouvrir la porte de la connaissance de son peuple et de ses institutions. Un jugement clair reposant sur des informations exactes est, à son tour, le vrai chemin vers l’amitié et la sympathie parmi les nations du monde. »

Le Prince F. KONOYE

  1. APERCU SUR LA CREATION DU ROYAUME DE KOONGO

Il existe une documentation abondante sur l’Histoire de l’ancien royaume de Koongo. Une liste des sources et travaux concernant l’histoire de l’ancien royaume a été publiée en 1953 par Mgr J. CUVELIER. Du XVIe au XVIIIe, les récits de voyage et les relations des missionnaires ont composé des tableaux plus ou moins détaillés de la société et de la civilisation Koongo.

A dire vrai, c’est à la fin du XIXe siècle que les historiens attachés à la connaissance de l’ancien royaume de Koongo, vont pondre des travaux d’une importance capitale. A titre d’exemple, PAIVA MANSO a effectué, en 1877, une publication de sources portugaises qui fut complétée par A. DE ALBUQUERQUE FELNER en 1933. Puis le mouvement de recherche s’est accéléré ; le révérend père ANTONIO BRASIO fait paraître, coup sur coup, les quatre premiers volumes des Monumenta Missionaria Africana (1953-1954) où figurent des textes originaux du XVIe siècle se rapportant à Koongo et à l’Angola ; Mgr J. CUVELIER édite diverses relations, puis, avec la collaboration de l’abbé J. JADIN, commence à publier en 1954 une vaste documentation intitulée : L’ancien Congo d’après les archives romaines (1518-1640)

D’après l’auteur inconnu de l’Historia do reino do Congo, rapporté par le sociologue et Kongologue Français Georges BALANDIER, le royaume de Koongo aurait été crée en 1275, mais pour la plupart des auteurs ou anciens chroniqueurs, ayant séjourné à Mbanza Koongo ou San Salvador, la capitale du royaume de Koongo, celui-ci aurait été crée à la fin du XIVe siècle.[ BALANDIER G. « La vie quotidienne au royaume de Kongo du XVIe au XVIII siècle » Hachette 1965 P.22. ]  [VANSINA « Les anciens royaumes de la savane » Presses universitaires du Zaïre 2e édition Kinshasa 1976 P.31.

Le héros fondateur du royaume de Koongo est NIMI LUKENI qui, au moment de son accession au trône adopte l’appellation de NTINU WENE, c’est-à-dire du grand chef ou roi. Les traditions locales recueillies par les anciens chroniqueurs affirment que ce dernier était originaire d’un petit royaume dénommé VUNGU (situé sur la rive septentrionale du royaume de Koongo).

Après avoir réussi ses premières conquêtes que constituent la province de SUNDI, une des six provinces du royaume, NIMI ou NTINU WENE sera confronté par un haut dignitaire et grand propriétaire des terres sur lesquelles, il entendait exercer son autorité royale dénommé NSAKU. Pendant plusieurs mois NSAKU ne voudra guère du jeune NIMI LUKENI qu’il considérera comme un usurpateur. Ce n’est qu’à la suite d’une médiation menée par des notables des contrées environnantes que NSAKU mettra fin aux hostilités en acceptant le jeune NIMI et surtout en lui confiant l’administration des affaires politiques du royaume. NSAKU lui-même étant chargé du pouvoir spirituel et, entre autres, de l’intronisation du roi et de ses successeurs.

  1. LES COMPOSANTES ETHNIQUES DE L’ANCIEN ROYAUME DE KOONGO

L’illustre kongologue congolais Raphaël BATSIKAMA, rapporte que la création du royaume de Koongo aurait connu trois grandes étapes évolutives qui sont : [L’Ancien Royaume du Congo et les BaKongo, L’Harmattan 1999 P.180.]

  1. L’ETABLISSEMENT DU PREMIER FOYER DANS LA FONDATION DU ROYAUME DE KOONGO : LE KOONGO-DYA-MPANGALA

L’aïeule de tous les Congolais ou Koongo est NZINGA, fille de NKUWU, elle fut mariée à NIMI et eurent trois enfants (deux garçons et une fille) : VITA NIMI, MPANZU’A NIMI et LUKENI LWA NIMI.

  • VITA NIMI : Fils aîné du couple NZINGA-NIMI, il est aussi appelé NE VUNDA ou NSAKU, le diplomate, le négociateur, celui qui prépare les voies et aplanit toutes les difficultés.
  • MPANZU’A NIMI: réputé pour être un audacieux, un courageux. Il fut un excellent agriculteur et un habile cuisinier. C’est ainsi qu’il fut appelé NDAMB’A NGOLO.
  • LUKENI LWA NIMI : Unique fille d’une fratrie de trois enfants, elle fut aussi appelée VUZI du fait de son caractère difficile.

En somme, la famille (lignage) NZINGA, la responsable pour la création et l’administration de ce premier foyer congolais, fut, à cause de toutes ces caractéristiques du pays, dénommée KYANGALA.

  1. L’ETABLISSEMENT DU SECOND FOYER OU DE KOONGO-DYA-MULAZA

Après que les Bâtisseurs de Koongo aient réussi à instaurer un ordre socio-politique à Mbanza Koongo ayant de surcroît une forte influence dans les contrées environnantes, le lignage de NSAKU fut principalement chargé d’envoyer quelques membres en missions de reconnaissance et d’exploration. Ceux-ci, s’orientèrent vers l’Est en réussissant par mettre à l’actif de leurs conquêtes des terres ou des régions que sont :

Mpângala, Matâmba, Nsôngo, Nsuku, Nsûndi, Mbâmba, Nsânga, Mpindi, Mpûmbu, Mbûnda, Ngôyo, Bêmbe, Mbînda, Mpêmba, Nsônso, Mbwêla, Lemba, Ndîngi, Kimbôngo, Kindûndu, Zânga, Kôngo, Kikôngo, Kingôyi, Kinsaku, Kinsâsa, Zâmba, Boko, Kimbânda, Kimbîmbi, Ngômbe, Pâza, Ngûngu, Ngându, Lukuni, Mpese, Luwânda, Kinzûndu, Kimpângu, Musânda, Kûmbi.

Ces régions ou territoires, selon qu’ils aient appartenu aux NZINGA, aux NSAKU, ou aux MPANZU portaient des dénominations suivantes

  • NZINGA : Mbâmba, Ngôyo, Mazînga, Kinânga, Mbinda, (Kabînda), Mpângala (Sud)
  • NSAKU : Mpêmba, Kakôngo, Mbata, Nsânga, Zômbo, Lêmba, Kiyaka, etc (Centre)
  • MPANZU : Mpângu, Nsûndi, Vûngu, Lwângu, Nsôngo, Nsuku, Mpûmbu, Ndôngo, Dôndo, Yombe, Kimbangu, etc (Nord)
  1. L’ETABLISSEMENT DU TROISIEME FOYER OU KOONGO DYA MPANZU

D’après Raphaël BATSIKAMA dont les sources bibliographiques sont très abondantes sur l’histoire de l’ancien royaume de Koongo, le Koongo-dya-Mpânzu semble être la partie territoriale où les ethnologues européens ont le mieux réussi à fabriquer des races et des tribus. [ BATSIKAMA R. Opcit. P.211.]

Les lignages, les mêmes que partout ailleurs dans le Royaume du Congo, comme on a pu le remarquer, deviennent, observe-t-il, au Kôngo-dya-Mpânzu autant des peuples, des races et des tribus. Parfois même, les descendants d’un même lignage, bien que parlant une même langue, constituent, conclut-il, plusieurs tribus, plusieurs races, plusieurs peuples.

Ainsi l’on y compte, pour le lignage (la famille) de :

  1. MPÂNZU: des Bêmbe, des Dôndo, des Lâmba, des Lûmbu, des Lwângu, des Pûnu, des Sûndi, des Wûmbu, des Yômbe, etc.
  1. NSAKU: des Kâmba, des Kota, des Tsângi, des Vili, des Yaka, etc.
  1. NZÎNGA : des Bwênde, des Ghângala, des Kabinda, des Kunyi, des Mbâma, des Minkenge, des Nyânga, des Woyo, des Yînda, des Lâdi ou habitants d’une partie du Nsûndi établis notamment sur la rivière Lulâdi (Lunzadi), des Batséké, des Yâ-Ntatu,

Il ressort ainsi de cette étude monographique que les originaires des régions sud du Congo-Brazzaville sont les descendants directs de NIMI LUKENI ou NTINU WENE autrement dit sont des Koongo du moins pour la plupart à savoir :

SÛNDI, BÊMBE, LÂDI, DÔNDO, KÂMBA, VILI, GHÂNGALA, KUNYI, KOTA, LÛMBU, MINKENGE, WÛMBU, WOYO, PUNU ETC.

Dans son ouvrage sur « Les Kongo Nord-Occidentaux » publié aux éditions Presses Universitaires de France en 1959, Marcel SORET dresse une liste des composantes ethniques Koongo avec leurs variantes au niveau des appellations que sont :

  1. LAADI : Ladi, Lali, Lari, Ballali, Balari, Bwende…
  2. FUMBU : Bafoumbou, Bamfumu…
  3. KOONGO : Koongo tséké, Koongo yâ Ntâ-ntu…
  4. SUNDI : Nsundi, Bassoundi, Bazundi…
  5. GANGALA : Bahangala, Bagangala, Bagaangala…
  6. NYANGA : Minyanga, Manianga, Bamanyanga, Mayangasi…
  7. BEMBE : Babembe, Babeembe…
  8. KENGE : Kenge, Mikenge, Mikengue…
  9. DONDO : Badondo ; et peut être Ba Inda…
  10. KAMBA : Bakamba, Bakemba, Bakaamba, Nsuku…
  11. KUNYI : Bacougni, Bacoungni, Bakougni, Bakouni, Bakuni…
  12. YOMBE : Bayombe, Bayumbi, Mayombe, Mayumbe…
  13. WOYO : Bahoyo, Bawoyo, Bayoyo, Bawooyo…
  14. VILI : Bavili, Vili, Kabinda…[ SORET M. « Les Kongo nord-occidentaux » P.U.F. 1959 P.2.]

Par RUDY MBEMBA-DYA-BÔ-BENAZO-MBANZULU (TAATA N’DWENGA)

(Extrait de congo-liberty)

Repost 0
9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 19:30

La croisière en folie de la francophonie viole ses propres textes en soutenant un dictateur nommé Sassou Nguesso le grand corrupteur du monde

La Secrétaire générale de la Francophonie Michaëlle Jean, ancienne gouverneur général du Canada est-elle capable de briser les solitudes des peuples opprimés d'Afrique?  (Nouvelles des ONG, INDH, organisations régionales et onusiennes)

La Secrétaire générale de la Francophonie Michaëlle Jean, ancienne gouverneur général du Canada est-elle capable de briser les solitudes des peuples opprimés d'Afrique?

La croisière en folie de la francophonie viole ses propres textes en soutenant un dictateur nommé Sassou Nguesso le grand maître corrupteur du monde

C’est une honte pour la francophonie d’encourager les dictateurs africains et de ternir la réputation de l'ancienne gouverneur général du Canada, Madame Michaëlle Jean, piégée à la XVIe Conférence des chefs d’État et de gouvernement des pays ayant le français en partage à Antananarivo (Madagascar), les 26 et 27 novembre 2016.

Comment la France, Nation qui se dit berceau des droits de l’homme peut-elle faire adopter une résolution qui encourage les violations des droits de l’homme et des fondements de la francophonie, au Congo Brazzaville ?
Au nom de la francophonie, la résolution des Chefs d’Etat et de gouvernement chante les louanges du dictateur Sassou Nguesso avec un vocabulaire digne des complices des crimes contre l’humanité.
« Encourageons les autorités de la République du Congo et l’ensemble des acteurs congolais à multiplier les efforts de dialogue afin de promouvoir la restauration de la confiance et la consolidation de la paix dans ce pays ;
« Encourageons les autorités de la République du Congo et l’ensemble des acteurs congolais à multiplier les efforts de dialogue afin de promouvoir la restauration de la confiance et la consolidation de la paix dans ce pays ;
« Rappelons la nécessité de respecter les droits de l’homme entoutes circonstances, notamment dans le cadre des procédures engagées contre certains responsables politiques à la suite du contentieux né de l’élection présidentielle du 20 mars 2016.
« Réitérons l’engagement de la Francophonie à apporter aux autorités congolaises le soutien nécessaire à la mise en œuvre des réformes prévues dans le cadre de la nouvelle constitution issue du référendum du 25 octobre 2015.
Comment peut-on ignorer ce qui se passe au Congo où Sassou Nguesso en véritable tyran s’est imposé par la force en changeant la constitution et en se proclamant président de la République à l’issue d’une élection où il est arrivé en 5ème position, en emprisonnant le vainqueur et surtout est en bombardant la population d’une région qui n'a pas voté pour lui.
Aujourd’hui ce qui se passe au Pool est un génocide qui est couvert par une certaine communauté internationale corrompue par l’argent des malheureux et pauvres congolais croupissant dans la misère la plus totale ?
C’est de notoriété publique, Sassou Nguesso est un véritable tyran qui n’a jamais respecté les principes d’un Etat de droit.
Dans son univers clanique il n’y a pas : - la séparation des pouvoirs; - le libre exercice des droits de l’homme et des libertés fondamentales ; - l’égalité devant la loi des citoyens, une bonne administration de la justice.
Et pourquoi la Francophonie des corrompus a-t-elle foulée au pied ses propres règles, notamment la Charte de la francophonie ainsi qu’à tous les instruments qui régissent l’action de l’Organisation en matière de développement démocratique en particulier la déclaration de Bamako adoptée en 2000 et la Déclaration de Saint Boniface adoptée en 2006.
La déclaration de Bamako qui a été violée par le dictateur du Congo mentionne bien les principes fondamentaux sur la démocratie. En effet, elle réaffirme bien que la francophonie et la démocratie sont indissociables en se donnant les moyens de réagir vigoureusement à toute interruption du processus démocratique et aux violations graves des droits de l’homme dans l’espace francophone.
Elle mentionne également que la démocratie est incompatible avec toute modification substantielle du régime électoral introduite de façon arbitraire ou subreptice, un délai raisonnable devant toujours séparer l’adoption de la modification de son entrée en vigueur. Sassou Nguesso a fait adopter par la force une constitution préparée par un petit comité sans qu’elle soit soumise au parlement et le président Français a donné curieusement son aval, d’où les crimes actuels de Sassou sur une population hostile au changement de la Constitution et à sa réelection.
Les intérêts personnels et égoïstes de quelques dirigeants de la francophonie ont fait qu’encourager l’homme qui est réputé violateur des lois et principes des droits de l’homme.
Sassou Nguesso a toujours ignoré que la démocratie exige en particulier, la tenue , à intervalles réguliers, d’élections libres, fiables et transparentes, fondées sur le respect et l’exercice, sans aucun empêchement ni aucune discrimination, du droit à la liberté et à l’intégrité physique de tout électeur et de tout candidat, du droit à la liberté d’opinion et d’expression, notamment par voie de presse et autre moyen de communication, de la liberté de réunion et de manifestation, et de la liberté d’association.
La conférence des chefs d’Etat et de gouvernement des pays ayant le français en partage qui s’est déroulée à Antananarivo (Madagascar) a adopté une résolution qui confirme la complicité de la France avec certains dictateurs, c’est le cas du Congo Brazzaville dont la situation des droits de l’homme n’a pas préoccupé l’Organisation Internationale de la Francophonie.
Les dirigeants français, MackySall et la Secrétaire générale de la Francophonie ont prouvé aux yeux de la communauté internationale leur complicité quant au génocide en cours au Congo Brazzaville dans la région du Pool et les arrestations arbitraires des opposants au régime dictatorial de Sassou Nguesso.
La police est devenue un instrument de répression, un refuge d’antivaleurs et de dérives, recrutés pour torturer et tuer, ignorant les normes nationales et internationales pour les agents de l’application des lois.
De nombreuses personnes n’ont pas eu malheureusement la chance d’échapper aux rafles de la police politique. Ils sont des disparus aujourd’hui. Leurs proches traumatisés n’osent pas parfois se plaindre à cause des représailles des escadrons de la mort qui leur imposent le silence.
Sassou a ordonné les bombardements et les tirs à la mitraillette par hélicoptère, pendant plus de huit mois dans une région plus grande que le Rwanda, à la recherche du Pasteur Ntumi, président du Conseil National des Républicains qui n'a fait que soutenir les opposants au changement de la constitution.
En violation des textes internationaux le régime autoritaire de Sassou a recruté des mercenaires étrangers pour commettre des exactions.
De nombreux témoignages font état, dans le pool, de la traque des jeunes gens de 18 à 40 ans qui fuient dans les forêts pour échapper à leurs meurtriers comme cela s’est passé en 1998-1999. C’est ce fameux goût de sang dont parle le Président Sassou.

En ignorant les crimes contre l'humanité actuellement en cours au Congo, la XVè conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement des pays ayant le français en partage est bien devenue une croisière en folie qui ne tient ni compte de la déclaration de Bamako du 3 novembre 2000 ni de la déclaration de Saint Boniface du 13 – 14 mai 2006.
C'est pourquoi nous précisons à titre de rappel d'une part, les principes de la Déclaration de Saint Boniface adoptés par les Chefs d’Etat et de Gouvernement et d'autre part la Déclaration de Bamako

A. les principes de la Déclaration de Saint Boniface.

Soulignons la responsabilité qui incombe à chaque État de protéger les civils sur son territoire ou sur un territoire qu’il contrôle ; Réaffirmons que cette responsabilité exige la protection des populations contre le génocide, les crimes de guerre, l’épuration ethnique, et les crimes contre l’humanité, ainsi que la poursuite en justice des auteurs de tels actes ; Confirmons la coopération pleine et entière de la Francophonie à l'égard de ses membres qui le souhaitent, pour qu’ils s’acquittent de cette responsabilité ;
Soulignons la responsabilité de la communauté internationale de réagir d'une façon opportune et décisive, et en conformité avec la légalité internationale, les principes de la Charte des Nations Unies et les prérogatives dévolues au Conseil de sécurité pour protéger les civils contre le génocide, les crimes de guerre, l’épuration ethnique et les crimes contre l’humanité, au cas où les moyens pacifiques s’avéreraient insuffisants et où il serait manifeste que les autorités nationales ne protègent pas leurs populations contre de tels actes ; 4. Réaffirmons notre volonté de conforter l’action préventive de l’Organisation internationale de la Francophonie, telle que prévue par la Déclaration de Bamako et dans le Programme d’action annexé à celle-ci, par une utilisation optimale de ses capacités, afin de lui permettre de jouer pleinement son rôle spécifique dans l’observation, l’alerte précoce, la diplomatie préventive, la gestion des crises, l’accompagnement des transitions et la consolidation de la paix, et ce, dans le cadre d’une coopération systématique et rationalisée avec les Organisations internationales et régionales ;
Confirmons notre volonté politique d’agir et d’exercer pleinement notre responsabilité de prévenir l’éclatement des crises et des conflits dans l’espace francophone, limiter leur propagation, faciliter leur règlement pacifique et hâter le retour à une situation de paix durable par la mise en œuvre des dispositions librement consenties au titre de la Déclaration de Bamako et des instruments internationaux auxquels nos Etats sont parties ;
Réaffirmons également la responsabilité de nos États de protéger et d'assister les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays et de faciliter les efforts des Organisations et Agences internationales, régionales et humanitaires à cet égard, notamment afin de faciliter l’accès aux personnes déplacées ;
Soulignons que les Principes directeurs relatifs au déplacement de personnes à l’intérieur de leur propre pays, approuvés par l’Assemblée générale des Nations Unies, constituent un cadre international important pour la protection des personnes déplacées, et Sommes résolus à prendre des mesures concrètes pour renforcer cette protection ;
Soulignons l’importance de promouvoir le respect de tous les droits de l’Homme et du droit international humanitaire, de prévenir et de sanctionner les violations graves ou massives de ces droits, et de traduire en justice les auteurs de telles violations ; Nous engageons à promouvoir l'action des Défenseurs des droits de l’Homme et à garantir leur protection ; dans ce contexte, Appelons solennellement à la ratification de tous les instruments internationaux et régionaux de lutte contre l’impunité, tels ceux relatifs à la Cour pénale internationale ou à la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples, et Invitons l'Organisation internationale de la Francophonie à renforcer, en tant que de besoin, son assistance aux Etats pour leur permettre d'assumer les engagements prévus par le Statut de Rome;

B - les principes de la Déclaration de Bamako du 3 novembre 2000

PROCLAMONS :

1. que Francophonie et démocratie sont indissociables: il ne saurait y avoir d’approfondissement du projet francophone sans une progression constante vers la démocratie et son incarnation dans les faits; c’est pourquoi la Francophonie fait de l’engagement démocratique une priorité qui doit se traduire par des propositions et des réalisations concrètes;
1 Réserve du Vietnam et du Laos sur l’article 2 (5) – Motif: la démocratie et le multipartisme sont deux notions différentes et ne peuvent s’identifier. La démocratie est une finalité alors que le multipartisme n’est qu’un chemin. Le chemin pour y parvenir décidé par chaque pays doit être défini par son peuple en fonction de ses spécificités culturelles, historiques, économiques et sociales.
2. que, pour la Francophonie, il n’y a pas de mode d’organisation unique de la démocratie et que, dans le respect des principes universels, les formes d’expression de la démocratie doivent s’inscrire dans les réalités et spécificités historiques, culturelles et sociales de chaque peuple;
3. que la démocratie, cadre politique de l’État de droit et de la protection des droits de l’Homme, est le régime qui favorise le mieux la stabilité à long terme et la sécurité juridique; par le climat de liberté qu’elle suscite, la démocratie crée aussi les conditions d’une mobilisation librement acceptée par la population pour le développement; la démocratie et le développement sont indissociables: ce sont là les facteurs d’une paix durable;
4. que la démocratie, pour les citoyens - y compris, parmi eux, les plus pauvres et les plus défavorisés - se juge, avant tout, à l’aune du respect scrupuleux et de la pleine jouissance de tous leurs droits, civils et politiques, économiques, sociaux et culturels, assortis de mécanismes de garanties. Il s’agit là de conditions essentielles à leur adhésion aux institutions et à leur motivation à devenir des acteurs à part entière de la vie politique et sociale;
5. que, pour préserver la démocratie, la Francophonie condamne les coups d’État et toute autre prise de pouvoir par la violence, les armes ou quelque autre moyen illégal;
6 que, pour consolider la démocratie, l’action de la Francophonie doit reposer sur une coopération internationale qui s’inspire des pratiques et des expériences positives de chaque État et gouvernement membre;
7. que les principes démocratiques, dans toutes leurs dimensions, politique, économique, sociale, culturelle et juridique, doivent également imprégner, les relations internationales.

PRENONS LES ENGAGEMENTS SUIVANTS :

A. POUR LA CONSOLIDATION DE L’ÉTAT DE DROIT

1. Renforcer les capacités des institutions de l’État de droit, classiques ou nouvelles, et œuvrer en vue de les faire bénéficier de toute l’indépendance nécessaire à l’exercice impartial de leur mission;
2. Encourager le renouveau de l’institution parlementaire, en facilitant matériellement le travail des élus, en veillant au respect de leurs immunités et en favorisant leur formation;
3. Assurer l’indépendance de la magistrature, la liberté du Barreau et la promotion d’une justice efficace et accessible, garante de l’État de droit, conformément à la Déclaration et au Plan d’action quinquennal du Caire adoptés par la IIIe Conférence des Ministres francophones de la justice;
4. Mettre en œuvre le principe de transparence comme règle de fonctionnement des institutions;
5. Généraliser et accroître la portée du contrôle, par des instances impartiales, sur tous les organes et institutions, ainsi que sur tous les établissements, publics ou privés, maniant des fonds publics;
6. Soutenir l’action des institutions mises en place dans le cadre de l’intégration et de la coopération régionales, de manière à faire émerger, à ce niveau, une conscience citoyenne tournée vers le développement, le progrès et la solidarité.

B. POUR LA TENUE D’ÉLECTIONS LIBRES, FIABLES ET TRANSPARENTES

7. S’attacher au renforcement des capacités nationales de l’ensemble des acteurs et des structures impliqués dans le processus électoral, en mettant l’accent sur l’établissement d’un état civil et de listes électorales fiables;
8. S’assurer que l’organisation des élections, depuis les opérations préparatoires et la campagne électorale jusqu’au dépouillement des votes et à la proclamation des résultats, y inclus, le cas échéant, le contentieux, s’effectue dans une transparence totale et relève de la compétence d’organes crédibles dont l’indépendance est reconnue par tous;
9. Garantir la pleine participation des citoyens au scrutin, ainsi que le traitement égal des candidats tout au long des opérations électorales;
10. Impliquer l’ensemble des partis politiques légalement constitués, tant de la majorité que de l’opposition, à toutes les étapes du processus électoral, dans le respect des principes démocratiques consacrés par les textes fondamentaux et les institutions, et leur permettre de bénéficier de financements du budget de l’État;
11. Prendre les mesures nécessaires pour s’orienter vers un financement national, sur fonds public, des élections;
12. Se soumettre aux résultats d’élections libres, fiables et transparentes.

C. POUR UNE VIE POLITIQUE APAISÉE

13. Faire en sorte que les textes fondamentaux régissant la vie démocratique résultent d’un large consensus national, tout en étant conformes aux normes internationales, et soient l’objet d’une adaptation et d’une évaluation régulières;
14. Faire participer tous les partis politiques, tant de l’opposition que de la majorité, à la vie politique nationale, régionale et locale, conformément à la légalité, de manière à régler pacifiquement les conflits d’intérêts;
15. Favoriser la participation des citoyens à la vie publique en progressant dans la mise en place d’une démocratie locale, condition essentielle de l’approfondissement de la démocratie;
16. Prévenir, et le cas échéant régler de manière pacifique, les contentieux et les tensions entre groupes politiques et sociaux, en recherchant tout mécanisme et dispositif appropriés, comme l’aménagement d’un statut pour les anciens hauts dirigeants, sans préjudice de leur responsabilité pénale selon les normes nationales et internationales; 17. Reconnaître la place et faciliter l’implication constante de la société civile, y compris les ONG, les médias, les autorités morales traditionnelles, pour leur permettre d’exercer, dans l’intérêt collectif, leur rôle d’acteurs d’une vie politique équilibrée;
18. Veiller au respect effectif de la liberté de la presse et assurer l’accès équitable des différentes forces politiques aux médias publics et privés, écrits et audiovisuels, selon un mode de régulation conforme aux principes démocratiques;

D.POUR LA PROMOTION D’UNE CULTURE DÉMOCRATIQUE INTÉRIORISÉE ET LE PLEIN RESPECT DES DROITS DE L’HOMME

19. Développer l’esprit de tolérance et promouvoir la culture démocratique dans toutes ses dimensions, afin de sensibiliser, par l’éducation et la formation, les responsables publics, l’ensemble des acteurs de la vie politique et tous les citoyens aux exigences éthiques de la démocratie et des droits de l’Homme; 20. Favoriser, à cet effet, l’émergence de nouveaux partenariats entre initiatives publiques et privées, mobilisant tous les acteurs engagés pour la démocratie et les droits de l’Homme;
21. Ratifier les principaux instruments internationaux et régionaux relatifs aux droits de l’Homme, honorer et parfaire les engagements ainsi contractés, s’assurer de leur pleine mise en œuvre et former tous ceux qui sont chargés de leur application effective;
22. Adopter en particulier, afin de lutter contre l’impunité, toutes les mesures permettant de poursuivre et sanctionner les auteurs de violations graves des droits de l’Homme, telles que prévues par plusieurs instruments juridiques internationaux et régionaux, dont le Statut de Rome portant création d’une Cour Pénale Internationale; appeler à sa ratification rapide par le plus grand nombre;
23. Créer, généraliser et renforcer les institutions nationales, consultatives ou non, de promotion des droits de l’Homme et soutenir la création dans les administrations nationales de structures consacrées aux droits de l’Homme, ainsi que l’action des défenseurs des droits de l’Homme;
24. Prendre les mesures appropriées afin d’accorder le bénéfice aux membres des groupes minoritaires, qu’ils soient ethniques, philosophiques, religieux ou linguistiques, de la liberté de pratiquer ou non une religion, du droit de parler leur langue et d’avoir une vie culturelle propre;
25. Veiller au respect de la dignité des personnes immigrées et à l’application des dispositions pertinentes contenues dans les instruments internationaux les concernant;
A ces fins, et dans un souci de partenariat rénové, nous entendons:
• Intensifier la coopération entre l’OIF et les organisations internationales et régionales, développer la concertation en vue de la démocratisation des relations internationales, et soutenir, dans ce cadre, les initiatives qui visent à promouvoir la démocratie;
• Renforcer le mécanisme de concertation et de dialogue permanents avec les OING reconnues par la Francophonie, particulièrement avec celles qui poursuivent les mêmes objectifs dans les domaines de la démocratie et des droits de l’Homme;

5. DÉCIDONS DE RECOMMANDER LA MISE EN ŒUVRE DES PROCÉDURES CI-APRÈS POUR LE SUIVI DES PRATIQUES DE LA DÉMOCRATIE, DES DROITS ET DES LIBERTÉS DANS L’ESPACE FRANCOPHONE:

1. Le Secrétaire général se tient informé en permanence de la situation de la démocratie, des droits et des libertés dans l’espace francophone, en s’appuyant notamment sur la Délégation aux droits de l’Homme et à la démocratie, chargée de l’observation du respect de la démocratie et des droits de l’Homme dans les pays membres de la Francophonie;
Une évaluation permanente des pratiques de la démocratie, des droits et des libertés dans l’espace francophone sera conduite, à des fins de prévention, dans le cadre de l’Organisation internationale de la Francophonie, sur la base des principes constitutifs énoncés précédemment. Cette évaluation doit permettre:
• de définir les mesures les plus appropriées en matière d’appui à l’enracinement de la démocratie, des droits et des libertés;
• d’apporter aux États et gouvernements qui le souhaitent l’assistance nécessaire en ces domaines;
• de contribuer à la mise en place d’un système d’alerte précoce;
2. Face à une crise de la démocratie ou en cas de violations graves des droits de l’Homme, les instances de la Francophonie se saisissent, conformément aux dispositions de la Charte, de la question afin de prendre toute initiative destinée à prévenir leur aggravation et à contribuer à un règlement. À cet effet, le Secrétaire général propose des mesures spécifiques:
• il peut procéder à l’envoi d’un facilitateur susceptible de contribuer à la recherche de solutions consensuelles. L’acceptation préalable du processus de facilitation par les autorités du pays concerné constitue une condition du succès de toute action. Le facilitateur est choisi par le Secrétaire général après consultation du Président de la Conférence ministérielle, en accord avec l’ensemble des protagonistes. La facilitation s’effectue en liaison étroite avec le CPF;
• il peut décider, dans le cas de procès suscitant la préoccupation de la communauté francophone, de l’envoi, en accord avec le CPF, d’observateurs judiciaires dans un pays en accord avec celui-ci;
3. En cas de rupture de la démocratie ou de violations massives des droits de l’Homme2, les actions suivantes sont mises en œuvre:
• le Secrétaire général saisit immédiatement le Président de la Conférence ministérielle de la Francophonie à des fins de consultation;
• la question fait l’objet d’une inscription immédiate et automatique à l’ordre du jour du CPF, qui peut être convoqué d’urgence en session extraordinaire, et, le cas échéant: – confirme la rupture de la démocratie ou l’existence de violations massives des droits de l’Homme, – les condamne publiquement, – exige le rétablissement de l’ordre constitutionnel ou l’arrêt immédiat de ces violations;
Le CPF signifie sa décision aux parties concernées;
Le Secrétaire général se met en rapport avec les autorités de fait. Il peut envoyer sur place une mission d’information et de contacts. Le rapport établi dans les plus brefs délais par cette mission est communiqué aux autorités nationales pour commentaires. Le rapport de la mission, ainsi que les commentaires des autorités nationales, sont soumis au CPF, pour toute suite jugée pertinente;
2 Interprétation de la Tunisie: par «rupture de la démocratie», entendre «coup d’État» par «violations massives des droits de l’Homme», entendre «génocide».
Le CPF peut prendre certaines des mesures suivantes:
• refus de soutenir les candidatures présentées par le pays concerné, à des postes électifs au sein d’organisations internationales,
• refus de la tenue de manifestations ou conférences de la Francophonie dans le pays concerné,
• recommandations en matière d’octroi de visas aux autorités de fait du pays concerné et réduction des contacts intergouvernementaux,
• suspension de la participation des représentants du pays concerné aux réunions des instances,
• suspension de la coopération multilatérale francophone, à l’exception des programmes qui bénéficient directement aux populations civiles et de ceux qui peuvent concourir au rétablissement de la démocratie,
• proposition de suspension du pays concerné de la Francophonie. En cas de coup d’État militaire contre un régime issu d’élections démocratiques, la suspension est décidée;
Lorsque des dispositions sont prises en vue de restaurer l’ordre constitutionnel ou de faire cesser les violations massives des droits de l’Homme, le CPF se prononce sur le processus de retour au fonctionnement régulier des institutions, assorti de garanties pour le respect des droits de l’Homme et des libertés fondamentales. Il détermine les mesures d’accompagnement de ce processus par la Francophonie en partenariat avec d’autres organisations internationales et régionales;
Si besoin est, le CPF saisit la Conférence ministérielle de la Francophonie par le canal de son Président;
La question de la rupture de la démocratie ou des violations massives des droits de l’Homme dans un pays et des mesures prises, reste inscrite à l’ordre du jour du CPF aussi longtemps que subsistent cette rupture ou ces violations3.
Nous, Ministres et chefs de délégation des États et gouvernements des pays ayant le français en partage,
Adoptons la présente Déclaration;
Demandons au Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie d’en assurer la mise en œuvre;
Transmettons, à l’intention des chefs d’État et de gouvernement, en vue de leur IXe Sommet à Beyrouth, le projet de Programme d’action ci-joint en annexe.

Bamako, le 3 novembre 2000

Me Maurice Massengo-Tiassé Vice Président de la CNDH –Congo - Président du CIRAC (Comité International Pour le Respect et l’Application de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des peuples)

LIRE LA SUITE : http://www.frtdh.org/fr/article/la-croisiere-en-folie-de-la-francophonie-viole-ses-propres-textes-en-soutenant-un-dictateur-nomme-sassou-ngues-92.html

Repost 0
7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 00:54

ALERTE ! ALERTE ! ALERTE !

CONGO-BRAZZAVILLE : Modeste BOUKADIA, président du CDRC, emprisonné à la maison d’arrêt de Pointe-Noire pour délit d'opinion, a été enlevé à la clinique Guenin où il a été hospitalisé, suite à l'agression et tentative d'assassinat par le directeur de la maison d'arrêt de Pointe-Noire.

Modeste BOUKADIA hospitalisé à la clinique Guenin de Pointe Noire, a été enlevé ce soir 5 décembre 2016 par des policiers à bord de 3 BJ alors qu'il était sous perfusion, laquelle perfusion a été arrêtée vers 19h00 par les kidnapeurs pour le ramener de force à la maison d’arrêt, malgré les protestations du corps médical. Les policiers ont déclaré : « ils  ont reçu des ordres de le ramener en prison, dans sa cellule. Il n'a qu'à mourir en prison sans soins ce Moukongo qui prône la division du pays ».

Actuellement, aux dernières nouvelles, M. Modeste BOUKADIA est de nouveau admis à la clinique Guenin suite à la pression des médecins.

Avis à celles et ceux qui soutiennent et protègent ce régime criminel aux méthodes et pratiques inhumaines.

L'EQUIPE DU RESEAU CONGO-MFOA

Repost 0
5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 22:03
 
Après bientôt 33 ans de pouvoir absolu, et ayant été en possession des ressources les plus gigantesques que le pays n'ait jamais eues, Camarade SASSOU-NGUESSO. De quel domaine de la vie en société, vous sentez-vous fier d'avoir construit ou restructuré, modernisé ou rendu fonctionnel: L'école ? L'économie nationale ? La santé publique et l'hygiène urbaine ? La culture ? Le sentiment de nation... ?
--------------------------------------------------------------------------------
 

05/12/2016 20:15:24: L'AET NGAMA MOUANZA n'y est pas allé de main morte ....

Lettre au Camarade SASSOU-NGUESSO
-------

Lekufe Moyibi - Le criminel voleur

 

Un pays de nouveau en ruine,
Un nom, NGUESSO, synonyme de vol et de médiocrité,
Une tribu, une ethnie menacées de rejet. Tout ce pouvoir pour ça ?
------------------------------


Si vous le permettez !

Après bientôt 33 ans de pouvoir absolu, et ayant été en possession des ressources les plus gigantesques que le pays n'ait jamais eues, Camarade SASSOU-NGUESSO.

De quel domaine de la vie en société, vous sentez-vous fier d'avoir construit ou restructuré, modernisé ou rendu fonctionnel: L'école ? L'économie nationale ? La santé publique et l'hygiène urbaine ? La culture ? Le sentiment de nation ? Ou la fameuse démocratie ? A moins que ce ne fut la paix ?

Savez-vous qu'en seulement 33 ans de vie, il y eut un homme qui marqua à jamais le cours de l'humanité ? Ah si si si, et tout le monde le reconnait, y compris les Maçons.

Mais voyez-vous, Camarade Président du Présidium des Sages du pays, le côté comique de l'histoire que vous laissez à la postérité, ce sont Tous Ceux & Celles que, en bon boulanger, vous avez roulés dans votre farine. Une farine que vous leur promettiez à tous, mais que finalement, sur les 20 récentes années de votre d'exercice du pouvoir, vous n'avez servie qu'à votre Famille, à Quelques-uns bien triés de votre Tribu, à un petit groupe de votre Clan des 1% de la population du pays!

Et pendant ce temps-là, les Masses populaires, qui, sans doute de bonne foi, croyaient en la sincère disposition de l'esprit qui vous animait en 1997, ne sont apparues que comme les dindons de la farce gigantesque que vous leur prépariez en cette année-là. La farce macabre du 05 Juin 1997, ou farce d'une haine tribale sanglante.

Quand l'on repense que ces Masses suppliaient que vous repreniez "votre Pouvoir", que récemment encore, il en est qui juraient toujours par ces slogans incroyables:

-"Lissouba ne voulait pas aller aux élections" ;
- "Nous avons combattu Lissouba pour défendre la démocratie" ;
- "Sous Lissouba, le pays était tribalisé".

Oui, repenser à l'hypocrisie des raisons de la guerre civile du 05 juin 1997, c'est convenir que, d'une certaine façon, Un Peuple donné mérite bel et bien ses Dirigeants. Ou, dans le cas spécifique du Congo, sans doute, apparaissez-vous, sur un plan métaphysique, comme la malédiction infligée aux Congolais pour l'injustice des alliances ethniques de 1992/1997, pour ce choix  insensé, oui a priori insensé, qui conduisit la majorité des enfants de ce pays à rejeter et à humilier le Travailleur de mérite qui fut légitimement choisi en 1992, au profit d'un Homme qui avait déjà  démontré n'être que l'anti-thèse du mérite, la paresse au travail, la négation de l'idée de nation, le paléolithique de la vie en société.

Car, à l'identique de la fin de votre premier cycle politique, 1991/1992, voici qu'aujourd'hui, l'histoire se répète, encore plus honteuse: la ruine et la désolation se répandent dans tous les pans de la société. Et cela c'est votre triste bilan. Un bilan foncièrement familial ou tribal. Pauvre tribu!

Avoir donc détruit la seule vraie démocratie, débutante, et avec elle cette promesse de bâtir la nation et le pays sur des bases équitables et saines, pour finir plus cruel tyran, plus médiocre Gestionnaire de l'Etat qu'en 1991/1992 ? 20 ans de pouvoir familial absolu pour couler dans le marbre, la vérité qui, y compris dans des pays très lointains, veut désormais que votre patronyme, NGUESSO soit synonyme de Vol, de Médiocrité et de Risque pour la vie en société ?
.
Camarade Président du Présidium des Sages du Congo.
Je me plais à vous appeler ainsi, en raison du fait que, les salaires des Agents de l'Etat étant désormais payés au compte-goutte, vous avez trouvé néanmoins la liberté morale, oui morale, de consacrer quelques centaines de millions pour réunir les prétendus Sages des ethnies du pays! Une scène burlesque, vous, entouré de ces personnages sortis d'on ne sait où.

Si donc, vous le permettez toujours,
J'ai lu cet article de la presse canadienne. Et j'ai eu de la peine pour le Serviteur du Nazaréen de 33 ans, que se veut être votre fils né de nouveau. Un fils, décrit, à peu près dans les termes suivants:

"Nous, Gouvernement du Canada, refusons pour la seconde fois, le droit à la Résidence Permanente à ce Monsieur -bien qu'il possède une maison de Maître et des millions d'argent dans les banques de notre pays. Nous le disons clairement et sans détour, nous ne désirons en aucune façon l'avoir pour Concitoyen un jour, ni aujpurd'hui pour hôte de libre séjour. Car, convaincus sommes-nous que, cet individu, qui se dit Serviteur du Dieu des Faibles et des Justes, fait partie d'un -«petit clan familial mafieux » qui exerce une « dictature » et détourne les fonds de son pays pour son bénéfice personnel."

Cela m'a vraiment attristé pour ce Pasteur de Dieu, sans doute un peu sincère dans sa foi!

Oui, par ces considérants détonnants, la Justice canadienne a rejeté la requête de César Wilfrid NGUESSO. Et cette Justice, n'est décidément pas la française, puisque, elle s'étonne du silence du peupe congolais et semble d'ailleurs l'inciter à réagir:

"Le Congo-Brazzaville a délégué à l’entreprise [Socotram, dont ce fils est le Pdg, ndlr] la charge de percevoir des droits de trafic maritime de plusieurs millions par année sur les chargements de pétrole qui quittent le pays. En retour, l’entreprise devait bâtir une flotte maritime nationale, ce qui n’a jamais été accompli. En fait, selon l’enquête, il existe des motifs raisonnables de croire que Socotram « n’existe que pour fournir [à ce fils Nguesso] une source très importante de revenus, au détriment de l’État ».

Donc Willy NGUESSO a empoché des milliards, mais n'a pas pu doter le Congo d'une flotte maritime, pas le moindre bateau de valeur ?

Et cette institution canadienne semble se montrer soucieuse du niveau de connaissances que les Congolais ont des ressources qu'on leur vole, car corrige-t-elle: Non, Willy NGUESSO, ne gagne pas les 50 millions de Franc CFA mensuels que vous pensiez, il en touche plus du triple, soit environ 177 millions par mois! A lui tout seul. Et uniquement officiellement!

Oui, il y a dans l'âme des peuples Nord-Américains, un brin d'humanisme que leur histoire volcanique n'a pas totalement corrompu: ils savent parler vrai, direct et juste. Et je suis resté bouche bée, à voir les Canadiens décrire avec tant de perspicacité votre famille, le nom, NGUESSO.

Mais peut-être, est-ce cela que vous rêviez de laisser à vos enfants, à votre famille, à votre tribu : un nom, NGUESSO, synonyme de rejet, de honte, un nom avec lequel plus personne ne voudra être bientôt associé de près ou de loin ?

En tous les cas, le pays est de nouveau en ruine... Et vous le savez, oui vous savez que, pour cette seconde et ultime fois, le Peuple ne lavera pas les mains du "petit clan famiilal mafieux", que des comptes, individuels ou de groupes, devront être rendus, fut-il au risque de ...

---------------
Ah l'Ami(e)!

Si seulement, on avait laissé Le mythique Professeur accomplir ne fussent-ce que cinq années de travail paisible ! Non, tous étaient, comme qui dirait, enragés...Tous étaient intenables, comme possédés par des Démons ayant un sens de l'ironie hors du commun. D'ailleurs, jusqu'aux Erudits piaffaient d'impatience, ils s'étouffaient de cette haine tribale à voir un homme consciencieux aux manettes de l'Etat.

Finalement, Sassou-Nguesso, n'a peut-être été que le juste salaire du pacte que noua le Peuple congolais avec le Diable en 1992-1997.

Oui, à l'avenir, laissons donc les Ouvriers de mérite oeuvrer. Même en se trompant, ils oeuvreront toujours pour le progrès de l'ensemble de la collectivité.

Merci.
-------
Le Papou, L'Iconoclaste

Repost 0
4 décembre 2016 7 04 /12 /décembre /2016 21:58
 

 

Hollande / Sassou Hollande / Sassou

 

François Hollande vient de jeter l’éponge pour un deuxième mandat. Il rejoint ainsi la poubelle de l’Histoire dans laquelle Sassou Nguesso jette ses maîtres qui l’ont fait roi, chacun selon sa carrure, son tempérament, son caractère et sa personnalité.

De même qu’il n’a pas attendu la fin du quinquennat pour tirer sa révérence, de même, les Français n’ont pas attendu qu’il quitte l’Élysée pour faire le bilan. Les Africains feront le leur. Mais, on peut dire, d’ores et déjà que, de même qu’il n’est jamais parvenu à faire comprendre aux Français ce qu’il voulait faire, de même, il prend place sur le strapontin de l’Histoire sans avoir réussi à imprimer dans l’esprit des Africains ce qu’aura été sa politique africaine de la France. Son quinquennat aura été marqué par les records battus à la tête du pays. Président le plus impopulaire sous la Ve République, il tient le flambeau de l’ambiguïté des choix, de l’incapacité à trancher, du goût immodéré de la guerre et du compromis, du rétropédalage des décisions et de la manière de soutenir certains autocrates africains.

Ses discours de style, prononcés ici et là dans certaines villes africaines, discours dans lesquels tout nouveau locataire de l’Élysée prend les Africains pour des élèves notés au mérite ou des enfants à qui l’on conditionne le cadeau de Noël par le comportement tenu toute l’année durant, n’ont pas résisté au respect de la parole donnée. Une parole lucide sur les grands principes du respect des libertés et des droits de l’homme, la dette et les crimes de la France en Afrique : François Hollande les dénonce sans jamais prononcer des excuses ou envisager des réparations. Quant au reste des discours, les Africains ne retiendront de François Hollande qu’une parole de continuité de cette politique de la Françafrique, axée notamment sur des considérations sécuritaires dans le pré carré français, couplée à une volonté d’étendre les relations économiques au-delà du périmètre des anciennes colonies. Pour tout résumer, la politique africaine de François Hollande, à l’instar de celle pratiquée par ses prédécesseurs, s’accommode mal de la défense des grands principes proclamés dans sa campagne électorale.

En tout cas les Congolais, en ce qui les concerne, garderont de François Hollande le souvenir amer et douloureux de l’homme qui, par le soutien public, indéfectible et arrogant apporté à Sassou Nguesso dans sa soif du pouvoir à vie, aura prolongé l’agonie qui les assomme depuis les 32 ans que Sassou Nguesso a confisqué le pouvoir au Congo Brazzaville.

Soyons clairs : tout le monde comprend ici que François Hollande n’est ni tributaire à part entière du bilan criminel de Sassou Nguesso ni bouc émissaire du peuple congolais, mais sa gestion de la politique congolaise donne une assez bonne idée de son décalage avec la réalité. Cela permet au passage de mesurer l’ampleur de la catastrophe supplémentaire que ce peuple aurait dû éviter si François Hollande n’avait pas appuyé sur le bouton qui a ouvert à Sassou Nguesso le boulevard de la poursuite des crimes contre son peuple et, de fait, contre l’humanité. Cela permet de mesurer la catastrophe supplémentaire que sa politique aurait infligée aux Congolais si François Hollande avait persisté à se présenter et si, horresco referens, il était parvenu à se faire réélire (j’en frémis à nouveau !).

J’ai souligné, dans mon dernier article sur « L’état de la nation congolaise 2016 », l’antipathie et la haine qu’inspire François Hollande dans les cœurs des Congolais, à tous les niveaux, depuis le jour où il a remis Sassou Nguesso sur le piédestal du pouvoir alors que, vomi par les Congolais, son règne ne tenait plus qu’à un fil. J’ai souligné par ailleurs que les Congolais en veulent plus à François Hollande qu’ils n’en veulent à Sassou Nguesso car son soutien a été accueilli par l’intéressé comme un couronnement de l’Élysée et un « permis » de continuer à massacrer son peuple. La guerre qu’il mène aujourd’hui dans le département du Pool en est l’une des conséquences du soutien de François Hollande et consiste à terroriser pour calmer un peuple qu’il estime hostile à son règne.

En soutenant Sassou Nguesso, François Hollande a oublié que lui a été élu par un peuple qui, seul, est juge de son action : il a renoncé à un deuxième mandat par respect de ce peuple qui a été mécontent de son action. Tel n’est pas le cas de Sassou Nguesso, qui n’a jamais été élu autrement que par des mascarades d’élections, ne respecte pas son peuple, n’en a cure de son avis ou de ses souffrances, et ça François Hollande le sait très bien. Il a continué à le soutenir malgré les trucages, les inversions des résultats et les échecs au référendum et aux élections qu’il lui conseilla d’organiser, malgré la modification de la Constitution pour se maintenir au pouvoir qu’il condamnait dans ses discours. Il continue à le soutenir malgré les bombes qu’il largue - en ce moment même et ce depuis de longs mois -, sur son peuple dans le département du Pool, les mêmes bombes que lui, François Hollande, condamne avec la dernière énergie du Syrien Bachar el-Assad contre son peuple.

La politique congolaise de François Hollande a ainsi mis Sassou Nguesso sous un bouclier de protection qui permet à ce dernier de continuer à mener une guerre silencieuse contre son peuple, une guerre qu’il met sur la tête d’un certain pasteur Ntoumi, le même Ntoumi qu’il vante d’avoir été son ministre mais volatilisé un jour, comme par hasard, dans la nature sans que lui, Sassou Nguesso, ne sache comment et où, et qu’il demande aux victimes de le lui ramener au palais… vif ou mort ! François Hollande aime les guerres, lui aussi et il les assume. Mais il n’a pas attendu de terminer les guerres qu’il a déclenchées ici et là pour renoncer à un deuxième mandat, cependant qu’il soutient les yeux fermés Sassou Nguesso qui donne le prétexte d’œuvrer pour la paix et de se scotcher au pouvoir (depuis 32 ans !) tant qu’il n’aura pas éradiqué toutes les guerres ouvertes par tous… jamais par lui. C’est toute la différence que François Hollande n’intègre pas dans son incroyable soutien à l’ami Sassou Nguesso.

Maintenant que François Hollande, en brave chef des armées et redoutable chef de guerre, vient de renoncer à livrer bataille pour sa réélection, saura-t-il utiliser ses derniers mois à l’Élysée pour se montrer plus audible sur son soutien à son ami Sassou Nguesso dont les records n’ont rien de commun avec les siens ? Maintenant que François Hollande, en fervent briseur de tabous de la mémoire française, a reconnu de la France avoir endetté et maltraité l’Afrique, saura-t-il utiliser ses derniers mois à l’Élysée pour aider le Congo Brazzaville à se débarrasser de celui-là même qui contribue à l’alourdissement de la dette et à la maltraitance de son peuple ? Maintenant que François Hollande, en bon conseiller d’amis « dirigeants » sur la manière de prendre ou de conserver le flambeau du pouvoir, vient d’abandonner en cours de course, conseillera-t-il à son ami Sassou Nguesso sur la bonne manière de quitter la piste avant que le pouvoir ne le quitte ? Autant de questions auxquelles les Congolais attendent les réponses de François Hollande dont, par son renoncement à poursuivre les batailles destructrices et inhumaines, la sagesse est aussi l’autre sacré coup de poignard qu’il est capable de mettre dans le dos de ceux-là mêmes qu’il a eu à soutenir… à tort.

J’ai bien compris de son discours prononcé depuis Abu Dhabi (Émirats arabes unis) où il est allé savourer les premiers jours de son renoncement à briguer un second mandat, qu’il consacrera le reste de son temps à l’Élysée à l’action de protection : « Il faut protéger ceux et celles qui sont les plus fragiles, menacés par les conflits… ». Eh ! ben, il a de quoi faire au Congo Brazzaville.

Ceci étant, les Congolais sont maîtres de leur destin. Il n’appartient donc ni aux présidents français (qui passent comme des météores) ni à une quelconque force extérieure, armée ou institutionnelle soit-elle, de les libérer du mal qui mine leur pays plus de trois décennies durant. Les jérémiades, les larmes, les prières… tout ça c’est bien ! Ce qui est encore mieux dans un pays où l’opposition semble s’éloigner de son rôle et de l’efficacité, c’est l’impératif d’un mouvement populaire de révolte pacifique mais radical et… à mains nues pour chasser le mal et rétablir la démocratie goûtée entre fin 1991 et début 1997.

 

Calixte Baniafouna Calixte Baniafouna

 

 

 

Par Calixte Baniafouna

Repost 0
2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 14:52
 
Sassou Nguesso ne reconnaît pas la compétence de l’ONU sur les incarcérations arbitraires.
Vous dites ONU? Connais pas ! Vous dites ONU? Connais pas !

 

Sassou Nguesso ne reconnaît pas la compétence de l’ONU sur les incarcérations arbitraires.

 

emmanuel-240-refus-congo-competence-onu-02-12-2016
emmanuel-240-refus-congo-competence-onu-p2-02-12-2016

 

Il n’accepte pas non plus qu’on pointe du doigt les pilleurs de la République, à commencer par son fils « Kiki le pétrolier pilleur » ou son ministre Gilbert Ondongo arrosé par la société brésilienne Asperbras qui lui a octroyé, gratuitement( ?), Palace à Venise (Italie) et Villa au Portugal.

Ce ne sont pas des délinquants. Ce ne sont pas des criminels. Comme lui-même. Et le président Hollande, au nom de la France, est là pour couvrir ce génocide, ces crimes contre l'humanité. Même la presse internationale est muselée. Jean-Paul Pigasse parcourant le monde, les sacs de "Nguiris" sous les bras, arrosant les agences de presse occientales, notamment européennes.

Pendant ce temps, il mobilise milices et mercenaires de diverses nationalités pour raser la région du Pool, la faire disparaitre de la carte du Congo, avec la complicité du président François Hollande, au nom de la France, où les populations sont livrées à elles-mêmes, fuyant et dormant dans les forêts sous les intempéries et les maladies y relatives. Hommes, femmes et enfants, personne n’y échappe.

Cette fois-ci, la France est comptable de ce génocide.

Palace à Venise et villa au Portugal : il fait bon être ministre des finances à Brazzaville.

palace-et-villa-de-ondongo-via-operbras-bresil

Des documents judiciaires révèlent l’ampleur des somptueux cadeaux que le groupe brésilien Asperbras a offerts à Gilbert Ondongo, ministre de Denis Sassou-Nguesso.

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/12/02/palace-a-venise-et-villa-au-portugal-il-fait-bon-etre-ministre-des-finances-a-brazzaville_5042096_3212.html
via Le Monde

Repost 0
1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 22:00
 
Qu’en est-il des « Bébés Noirs » ? Ce terme est le symbole d’une violence urbaine morbide équivalente à celle accouchée, voici peu, par les kuluna, autres enfants terribles de la délinquance urbaine exportée par Kinshasa.
----------------------------------------------

Qu’en est-il des « Bébés Noirs » ? Ce terme est le symbole d’une violence urbaine morbide équivalente à celle accouchée, voici peu, par les kuluna, autres enfants terribles de la délinquance urbaine exportée par Kinshasa.

Bandits des zones périurbaines de Talangaï, les Bébés Noirs sont une sorte d’épouvantail brandi épisodiquement par ceux qui n’ont eu que 8% aux dernières élections. Et ça semble marcher. Tous ceux qui ont eu affaire à ces féroces lionceaux humains dont l’âge varie entre 15 et 30 ans, ne sont près de l’oublier mais se murent dans un éloquent silence. On parle d’un niveau d’attaque bestial ne faisant pas de quartier. Les victimes s’en sortent délestées de leurs biens avec, à la clef, de profondes balafres au visage, des bras amputées quand elles n’y laissent pas leur vie.

Notons qu’à part un petit coup de gueule de l’impayable Oko Ngakala à la télé, il y a un noir silence sur les Bébés Noirs. Or pour avoir, semble-t-il, été accusé sans preuves le 4 avril, Ntoumi est, à ce jour, poursuivi par Sassou comme Obama Bin Laden. Sa région, le Pool, est bombardée comme le Viêt-Nam d’Ho Chi Min par les Américains. Qu’attend Sassou, puisque c’est sa méthode, qu’attend-il pour nettoyer Talangaï au napalm comme il le fait dans les villages du Pool pour neutraliser Ntoumi ?

Noir c’est noir

Pourquoi « Noirs » ? Pourquoi « Bébés » ? Seraient-ce des pionniers qui honorent une néo-négritude senghorienne dans la Brazzaville Noire septentrionale ? Sans blague. Allons seulement. On verra des noirs desseins. « Black is beautiful » ? Oui mais pas cette fois-ci. L’enfant Noir de Camara Laye n’est pas ici un camarade. C’est un tueur ; un killer kind. C’est le Johny Chien méchant dont parle Emmanuel Dongala dans une ville cruelle comme peut l’être Brazzaville depuis la guerre civile de 1997.

Les Congolais avec leur manie de l’oxymore sont étonnés qu’on puisse être adolescent et se comporter en boucher ! D’où ce hiatus entre la poétique du nom et le sanglant empirisme auquel renvoie le phénomène incriminé. A titre comparatif vénal, l’histoire du fascisme italien avait généré ses sinistres « Chemises noires » sous Mussolini, une milice composée de jeunes fanatiques jouant les bras répressifs de l’idéologie brune.

Les Bébés Noirs, arborent des cagoules noires quand ils passent à l’attaque, preuve que ceux qui sont attaqués sont des connaissances qui pourraient les reconnaître. « Ce sont des garçons du voisinage qui ont mal tourné » dénonce, amer, un taximan. Or la cagoule est un attribut des escadrons de la police officielle quand elle entreprend des opérations de type barbouze comme jadis le mouvement éponyme de la Cagoule et comme sait s’y prendre le directeur général de la police selon les témoignages entendus au procès du colonel Marcel Ntsourou en 2013.

Une parisienne en vacance à Brazzaville raconte : « Parfois, tu prends un taxi et tu te retrouves dans une embuscade. Tu te fais dévaliser ou tuer par les bébés noirs sous l’œil indifférent du taximan car il s’agit d’un complice  »

Un témoin se souvient : « Vers le marché Dragage, ils ont dévalisé une villa en pleine journée alors que les propriétaires étaient absents. Morts de panique, les riverains les ont vus remplir des camions et sont partis en toute quiétude, laissant derrière eux la femme de ménage ligotée comme un mouton, muselée comme un chien. » Peur sur la ville. D’où tiennent-ils leurs véhicules ? Il y a anguille sous roche. Mais surtout, vers quelle destination emportent-ils leur butin alors qu’il s’agit de SDF ?

Genèse

La nature ayant horreur du vide, ces pitbulls humains auraient alors surgi dans l’univers urbain après l’opération « Mbata ya bakolo » censée vider Brazzaville de « Kuluna » (bandits kinois). Virer les bandits d’origine kinoise pour avoir la paix, c’est l’équation envisagée par le général (de triste mémoire ) Jean-François Ndenguet. Echec et mat. Pour avoir la paix ou pour les substituer par des Kuluna du cru ? Allons seulement... dans les questionnements.

A vrai dire, en virant les Kulunas, le génial général avait juste oublié que les contradictions économiques dues à la gestion calamiteuse de nos richesses par le clan d’Oyo pouvaient également cristalliser des mécontentements dans la population brazzavilloise puis accoucher de rébus sociaux comme les « sauvageons » de Jean-Pierre Chevènement ou la « racaille » de Sarkozy dans les banlieues en France.

Liens de parenté

Il n’est que trop évident que Kuluna et Bébés Noirs vivaient en bonne intelligence sur le terreau de la misère économique engendrée par Sassou et sa famille. Il se peut même que la délinquance kuluna kinoise prise à partie par le génie policier du général Ndenguet a simplement ratifié celle des Bébés Noirs, bien évidemment, antérieure à celle venue d’outre-fleuve. Nos lecteurs plus âgés ont sûrement une idée de la sous-culture dite « Yankee  » ou « Gourba » à laquelle adhéraient les jeunes désœuvrés à la fin des années 1960 dans les rues de Poto-Poto. Car tout phénomène urbain accouche d’une violence. C’est vrai à Abidjan, à Dakar, à Lagos, à Kinshasa et à Brazzaville.

Il n’y a donc rien de nouveau sous le soleil de Satan. Les Bébés Noirs ont des liens de parenté ethnologiques avec les « groupes Makayabou » qui glaçaient les cœurs des populations dans les rues de Poto-Poto des années 1970. Et ce n’est pas fortuit si l’extension sauvage urbaine de Brazzaville a également transplanté cette sous-culture vers Talangaï, berceau d’un désœuvrement grandissant. Pour l’anecdote, la dénomination makayabou vient des vols à la roulotte que les « Gourba  » ou « Yankee » opéraient à la gare ferroviaire du Centre-ville de Brazzaville en délestant les wagons de sacs de morues. La faim les sortaient du bois.

Mais là où il y a rupture entre « Yankee » et « Bébés Noirs », c’est sur le mode opératoire, sur les cibles et les connivences. Les armes blanches (machette, hache de fortune, poignard, coutela, marteau) servent de moyens d’attaque aux Bébés Noirs et leurs attaques portent sur les biens et les personnes provoquant larmes et goût du sang chez les autres. Les Yankee des années 60/70, quant à eux, se servaient uniquement de leurs poings et de « coups têtes » avec, certes, cette assurance, que donnent les Kamons (rite de la force) et se bornaient d’attaquer les wagons de la PV remplis de poissons salés. C’était donc pour manger. Aucune main noire n’était derrière les Yankee. Or les Bébés Noirs semblent l’objet d’une instrumentalisation. Ces « Petits anges » poursuivent une politique du gourdin qui ne dit pas son nom.

Qui tirent les ficelles ?

Les autres parents des Bébés Noirs

Peu avant le viol de la Constitution par Sassou, les Congolais, bouche bée, découvrent à la télévision nationale le visage d’une milice composée d’hommes en noir dont le leader est un député du PCT, un certain Hyldevert Mouhani. Le commando qui se présente à l’antenne menace de représailles quiconque oserait contester Sassou sur la voie publique. Armés de fusils en bandoulière, coiffés de cagoules, on aurait pu confondre les miliciens de Mouhani avec les Indépendantistes corses ou les djihadistes de Daesh n’eut été cette peur au ventre qui se voyait chez nos cagoulards en herbe made in Oyo. Car c’étaient des faux durs ; le genre qui s’en prend aux civils désarmés comme Kata-Kata laissé récemment pour mort à la morgue de Brazzaville.

Question : les « Bébés Noirs » seraient-ils la tare infantile de la milice d’auto-défense de Mouhani ? L’hypothèse la plus vraisemblable est que les « Bébés Noirs » sont le bras armé de l’escadron créée par le député de Moungali. Ou alors, autre hypothèse, les Bébés bénéficient de l’indulgence voire de la protection du député Mouhani puisque les représailles promises par ledit député épargnent curieusement nos Noirs Bébés, alors que ces derniers troublent à souhait l’ordre public avec des homicides à la clef. Qui donc a pour habitude de sous-traiter la répression par des supplétifs sinon le général Jean-François Ndenguet. Nous y sommes : les Bébés Noirs sont des petits-fils du général qui dirige le commissariat de Ouenzé Manzanza, laboratoire notoire du crime comme cela a été démontré au procès des auteurs présumés des explosions de la caserne militaire de Mpila (ECCRAMU).

Débordement

La zone d’action : les quartiers Nord, notamment Talangaï, du rond-point Koulounda à Etatolo. Récemment, comme pour montrer qu’ils peuvent franchir des caps, les Bébés ont mené des attaques à Moungali, au Plateau des 15 ans, spécifiant ainsi un débordement qui en promet d’autres. Il reste que, les quartiers sud sont épargnés par la nuisance des venimeux Bébés. Sans doute parce que les Cobras en route pour les expéditions punitives dans le Pool se chargent, au passage, de semer la terreur à Bacongo, Makélékélé, Simou Djoué. Le mode opératoire change, mais chacun a sa part.

A l’une de leurs sorties inopinées, la rancune tenace, les Bébés Noirs avaient pris prétexte sur le meurtre d’un des leurs par la police pour passer à l’attaque. Aléatoires, leurs représailles frappent pêle-mêle femmes, hommes, filles et garçons qu’ils trouvent sur leur chemin d’avenir. Parfois (mais rarement) les policiers font les frais de leur violence aveugle. Témoin : la famille d’un colonel de l’Armée de Sassou dont la fille a été récemment blessée mortellement après que sa route eut croisé celle des Bébés.

Qu’il y ait des ripoux dans la police nationale congolaise, voilà qui ne pourrait surprendre que des naïfs comme François Hollande qui prend Sassou pour le meilleur constitutionaliste au monde.

Connivence

Curieusement, ces Bébés sont insaisissables comme le vent. Leur forfait commis, ils s’évanouissent rapidement dans la nature comme des fantômes alors que les quartiers nord et toute la ville sont infestés d’agents de police en civil et en uniforme.
Ou cette pléthore de cognes est aveugle ou alors est complice. Pire, elle est aveugle parce que complice.
Car si ce n’est de la magie noire, comment font les Bébés aux noirs désirs pour passer au travers les mailles du filet de l’implacable Ndenguet ? C’est ici que la thèse de la connivence se conforte. Etant donné la déconcertante facilité avec laquelle les Bébés opèrent, indiscutablement ces diablotins sont de mèche avec la police officielle de Sassou, dans la pure tradition des films de série noire.

Lumpenprolétariat

Nous pensons que les Bébés Noirs correspondent à ces sous-prolétaires en haillons dont parle Karl Marx et qui servent de réservoir au pouvoir dominant pour alimenter la terreur et la répression.

La terreur, estime Denis Sassou-Nguesso, est le carburant du pouvoir. Or que font les Bébés en terrorisant les paisibles populations de Talangaï, Nkombo, Massengo, Thomas Sankara, Mama Mboualé, Simba Pelle ? Ne donnent-ils pas du grain à moudre à Monsieur 8%.

Thierry Oko

LIRE LA SUITE : http://www.congopage.com/Les-Bebes-Noirs-une-milice-de-Sassou-en-culottes-courtes

 
Repost 0
30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 20:16
BARBARIE ET BESTIALITE : SOCLE DE LA DICTATURE AU CONGO-BRAZZAVILLE (*)

Dac-press: Epuration ethnique

 

15 août 1963, la chape de plomb s'abat sur le Congo. Depuis, les mêmes femmes et les mêmes hommes officient aux destinées du Congo-Brazzaville. Du socialisme scientifique au marxisme-léninisme, ils sont passés au capitalisme sauvage insidieusement plus criminel que les premiers. Ceux qui criaient « vive Marx ! », « vive Lénine ! », « vive Mao ! » se sont tus, se sont reniés dans leurs convictions. Ce qui signifie qu'ils n'étaient pas sincères, qu'ils ne croyaient en rien de ce qu'ils disaient ou scandaient à longueur de journées.

Ce sont ces jeunes d'hier qui, en 1963, criaient à tu tête : « A bas les vieux ! », « Place aux jeunes !… ». Curieusement, et comble de malheur, ces jeunes d'hier sont devenus les vieux d'aujourd'hui, contre lesquels est dressé un bilan calamiteux, désastreux, lugubre et macabre. A leur tour, ils subissent la loi de l'âge. A leur tour, ils entendent les jeunes leur dire : « Vous êtes trop vieux, déguerpissez ! », « Vous avez détruit tout le pays », « vous avez tout pillé, saccagé le pays entier » ; « vous avez assassiné vos compatriotes et massacré massivement les populations congolaises, personne d'autre n’a fait autant avant vous, pas même sous la colonisation ».

Pire que le président Youlou, que les mêmes avaient accusé d'avoir tout volé. On se souvient encore, comme si c'était hier, des slogans et chansons des Ndalla Graille, Noumazalayi et consorts : « Youlou a tout volé, nous rebâtirons de nouveau, suffit la liberté… ! »

Malheureusement, ils n'ont rien rebâti, rien reconstruit et point de liberté. Au contraire, ils ont tout broyé, tout saccagé sur leur passage ; ils ont tué, assassiné, massacré massivement. Ils ont pillé à tour de bras, vandalisé le pays. Malgré tout cela, ils sont encore là, toujours là, en train de perpétuer ce qu'ils ont semé le 15 août 1963, en pire, et pire encore, dis-je ! Avec comme corollaire, la dépravation des mœurs.

Aujourd’hui, que peut encore dire M. Claude-Ernest Ndala dit Graille, l’un des rares dinosaures survivants de cette mascarade et, qui plus, est encore Conseiller auprès de son compère-complice-petit-frère Sassou Nguesso ? A plus de 80 ans, ne prenant pas encore sa retraite, croyez-vous que ce personnage soit encore capable de raisonner lucidement ?

Avec eux, ceux qui n'avaient pas la culture du crime, ont appris à assassiner, aujourd'hui, sans état d'âme.

Avec eux, ceux qui n'avaient pas la culture du vol et du viol ont appris à voler et à violer.

Avec eux, ceux qui n'avaient pas la culture et l'esprit guerriers ont appris à manier les armes et à faire la guerre aux autres compatriotes.

Avec eux, ceux qui n'avaient pas la logique criminelle sont devenus des criminels impitoyables.

Ajoutées à tout cela, les traditions tribales transposées au niveau national comme mode de gouvernement, dont on voit les effets catastrophiques sur le plan de la gestion de l'État. Qu'ont-ils apporté de rassurant au pays ? Rien, sinon que des fosses communes, des profanations de tombes, une multitude de sectes, des bombardements à l'arme lourde des édifices, des vols massifs, des détournements de fonds publics, des viols, des assassinats, etc. Ils sont devenus des kleptocrates doublés de criminels contre l'humanité, au lieu d'être des démocrates et des hommes de paix. Ce dont ils ont terriblement horreur[1] d’ailleurs.

Depuis, un homme, avec un petit noyau de son clan, s'est mis à tout broyer, ravager, détruire et réduire à néant tout l’existant, au grand bonheur de ses souteneurs. Comme quoi, même en politique, surtout dans ce domaine précis, les proxénètes ne font pas défaut.

Et les Congolais pendant ce temps ? Parce qu'ils ont été cueillis à froid, parce qu'ils sont traumatisés par la violence, la barbarie et la bestialité des milices, la férocité des troupes étrangères de quelques pays voisins et des mercenaires importés, au service du pouvoir par procuration, parachuté et mis en place, avec la bénédiction de quelque Etat européen[2] :

-          Ils ont maintenant peur, très peur pour se révolter, descendre dans la rue pour affirmer, ce qui est de droit, leur dignité, exprimer leur colère et revendiquer leur souveraineté, à l'exemple du peuple ivoirien et Burkinabé.

-          Ils ont oublié qu'ils n'avaient absolument rien fait lorsqu'ils ont été pilonnés à l'arme lourde dans les forêts du Congo où ils avaient essayé de trouver refuge. Pourchassés, exterminés purement et simplement, sans raison. Sinon, subir un châtiment collectif pour appartenance ethnique[3]. Aujourd’hui même, ils continuent de subir ce châtiment collectif pour appartenance ethnique.

-          Ils ont oublié de penser que le seul moyen d'existence pour leurs bourreaux, comme tout « Ubu », pour se maintenir et rester au pouvoir octroyé par d'autres, c'est la terreur, la violence, le crime tous azimuts. En clair : le gouvernement de la terreur, pour la terreur et par la terreur.

Ceci étant, personne ne se pose plus la question de savoir pourquoi Sassou Nguesso et son petit clan agissent ainsi. L'explication est très simple. C'est parce qu’il est revenu là pour se venger. Mais venger quoi et qui ? Et les Congolais ont peur, très peur.

De l'autre, conscients des méthodes et moyens qu'ils ont utilisés pour revenir au pouvoir, les « faillis », appelons-les comme ça, sont donc obligés de transmettre leur propre peur aux populations congolaises. Et les Congolais, ayant oublié cet élément parce que profondément traumatisés, sont tombés dans le panneau.

Si demain les Congolais se réveillaient, dépassaient leur peur à eux insufflée, relevaient la tête et levaient leur petit doigt, il est sûr et certain que beaucoup de ces criminels et kleptocrates prendraient tout de suite le large. C'est sûr qu'avant de prendre la fuite, ils assassineraient encore d'autres Congolais, puisque c'est leur seul mode opératoire. Mais, ils n'extermineront pas tout le peuple congolais, même si Paris, Ndjamena et Luanda voire Rabah, sont là pour couvrir et cautionner, une fois de plus, leurs crimes contre l'humanité. N'empêche que le génocide rwandais et le coup de force contre le président Laurent Gbagbo, en Côte d'Ivoire, à l'actif de la France, ne sont pas du tout oubliés. Ce sont là autant de points de repères et de références.

Il est dit que l'homme qui tombe au pouvoir du Mage perd la conduite de sa vie parce que la volonté d'un autre s'est projetée au cœur de son être, à la source de sa conscience qu'elle capte, et l'autre joue de lui comme d'un instrument[4].

C'est pourquoi, avec ce régime né de l'arbitraire, de la barbarie et de la bestialité, et qui ne survit[5] que grâce à l'arbitraire, à la barbarie et à la bestialité, nous disons que nous pourrons signer avec lui autant d'accords que nous voudrons, au nom de la paix, pour la paix, aucun d'entre eux ne sera respecté, appliqué, encore moins suivi d'effet.

L'explication est simple : lorsqu'un homme viole sa propre constitution qu'il s'est taillée sur mesure, la foule aux pieds, au grand mépris de la nation et de la communauté internationale, cet homme-là perd toute sa crédibilité et, dès lors, ne peut se comporter et agir que selon les lois régissant le grand banditisme. Ainsi donc, M. Sassou s'est parjuré.

Dès lors, il n'y a plus d'État, plus de gouvernement, plus de chef d'État. L'Etat n'existe plus. Seules demeurent valables, pour lui, les us et coutumes traditionnelles ethno-tribales qu'il a érigées en Loi d'État, doctrine et philosophie de gouvernement. L'organisation et le déroulement des dernières élections législatives prétendues de cette année 2007, voire les dernières présidentielles de 2016, qui rentrent dans cette logique, sont autant de preuves pour conforter ce que j'avance et confirme ici. Sans hésitation.

De ce fait, quel que groupe politique que ce soit, qui s'aventurerait dans cette voie, avec l'espoir de consolider la paix, se mettrait le doigt dans l'œil, ne ferait que preuve de naïveté. Car on ne discute pas, on ne négocie pas et on ne construit jamais rien de bon avec des femmes et des hommes sans foi ni loi, qui se renient jusqu'à leur propre signature. Ils n'ont pas le sens de l'honneur. Ils ne savent pas ce que sont la parole donnée, la parole d'honneur qui leur conféreraient toute dignité. La barbarie et la bestialité constituent leur seule règle de vie et de survie : la dictature.

Alors, aux Congolais donc d'en prendre conscience et d'y réfléchir sérieusement, au lieu de tomber dans la sénilité, la cécité et l'amnésie politiques coupables, commandées par la politique du ventre ou par des pulsions qui refoulent la honte et font place à l'indignité.

Jean-Claude MAYIMA-MBEMBA

Ancien Rapporteur de la Commission Ad hoc « Assassinats » de la Conférence Nationale Souveraine,

Ancien Représentant Permanent de l’Opposition congolaise auprès de l’Union Européenne

Président de l’Association Union-Congo

--------------------------------------------------------------

(*) Cet article avait été publié en 2008 et un peu réactualisé en 2016, sans grandes modifications.


[1] Jean-François Probst, Chirac, mon ami de trente ans, Denoël, Paris, 2007, pp. 151-159.

[2] C’est effectivement pour cela que la France s’y est mouillée jusqu’au cou pour avoir, à son actif, cautionné et/ou couvert les massacres humains perpétrés par son protégé Sassou Nguesso. Le silence de la France, même aujourd’hui, en 2016, en dit long.

[3] Krysis Kilokila-Kiampassi, Barbarie et folie meurtrière au Congo-Brazzaville. Un châtiment collectif pour appartenance ethnique. L’Harmattan, Paris, 2005.

[4] Lanza del Vasto, Les quatre fléaux, Denoël, Paris, 1959, p. 26.

[5] Heureusement que la France, avec ses troupes de substitution (Angola, Tchad, etc) et ses multinationales militaro-industrielles (Total, Bolloré, etc.) sont là pour soutenir et couvrir la barbarie et les atrocités d’un régime honni par les Congolais.

 
Repost 0

Economie

Catégories