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24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 20:23
(Congo-Brazzaville) L'opposition en question et des hommes qui l'animent

L’OPPOSITION EN QUESTION ET DES HOMMES QUI L’ANIMENT -

D'abord, convenons-en, le Congo actuel est une mosaïque de micro nationalités en quête d'identité nationale. C'est ce Congo-là qui, depuis des décennies, est à la merci des vandales et des prédateurs de tous bords.

Les avanies, les tortures, les oppressions, les guerres, les massacres humains subis par les peuples qui le composent font, qu'aujourd'hui, des voix s'élèvent ici et là pour dénoncer et, par voie de conséquence, chercher à en finir avec la barbarie et la bestialité érigées en loi, mode, doctrine et philosophie de gouvernement. D'où l'amorce en marche de la création de l'ETAT DU SUD-CONGO pour éviter de subir d’autres génocides, d’autres pogroms ou programmes d’épurations ethniques.

Depuis 1963 à aujourd'hui, les mêmes hommes officient aux destinées de ce pays que nous devons certainement tous aimer. Ce sont ces femmes et ces hommes qui, conscients du mal qu'ils font à ce pays, s'accrochent au pouvoir acquis par procuration pour ne pas rendre des comptes à ce peuple meurtri, paupérisé.

Aujourd'hui, certains d'entre eux ont été exclus du cercle de la grande goinfrerie. Ce sont ces hommes-là qui animent ce qui s'appelle Opposition congolaise. Pourtant, à bien y regarder, ce sont également les mêmes, avec leurs écuries, qui ont fait des ravages dans la partie sud du Congo en général et dans la région du Pool en particulier. Parmi eux, entre autres, des hommes comme Okombi-Salissa, Mathias Dzon qui ont procédé aux ratissages de toutes les zones Sud du Congo mètre par mètre (sic).

M. Okombi Salissa, avec sa milice satellite du PCT, le CAD machin, avait été l'un des miliciens Cobras les plus virulents dans les massacres dans le Pool, aux côtés du Colonel Marcel Ntsourou. C’est ce qui a fait qu’il ait été récompensé d’un ministère pour services rendus à la cause tribale… Tandis que M. Mathias DZON, lui, était le Trésorier-Payeur de tous les mercenaires et de toutes les milices communément appelées Cobras, au service de M. Sassou Nguesso. Il avait été gratifié, pour services rendus, du ministère de l’économie et des finances.

Au regard de ce qui précède, il y a lieu de se poser la question de savoir s'il faut être exclu du cercle de la grande goinfrerie pour se découvrir opposant, et ne plus se considérer comme tel une fois qu'on est réintégré dans le cercle.

Ces hommes ont-ils conscience qu'ils ont le sang humain dans les mains et/ou ont-ils peur de leurs crimes, voilà pourquoi ils cherchent à se camoufler derrière le vocable OPPOSITION ?

Ici se pose la question de la dignité et de la crédibilité que seuls les Congolais du Nord et du Sud ont le droit de porter un jugement.

L'EQUIPE DU RESEAU CONGO-MFOA

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Réseau Congo-Mfoa - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT
24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 18:21
(Congo-Brazzaville) Marion Madzimba Ehouango lance un défi aux juristes de Sassou

Écrit par Moleki Nzela -

Marion Michel Madzimba Ehouango est professeur de droit et de science politique à l’université. Plusieurs fois directeur de cabinet dans différents ministères dont celui de la Défense du temps de Lekoundzou, candidat à la présidentielle en 2009 sous les couleurs de l'Association Marien Ngouabi et Ethique, l’universitaire est un pourfendeur de longue date de la constitution du 20 janvier 2002.

« Il faut revenir à la Constitution de 1992 qui a été votée par 98% de la population. Monsieur Sassou Nguesso est arrivé au pouvoir à l'issue d'un coup d'état, et sa Constitution sur mesure lui donne tous les pouvoirs », déclarait-il il y a quelques années.

Lors de son intervention à l’occasion du Meeting organisé conjointement par la plateforme le Congo et le Mouvement Citoyen pour le Respect de l’Ordre Constitutionnel, il a lancé un défi aux juristes entourant M. Sassou pour débattre de la Constitution.

Evidemment aucun camarade membre du PCT n’a relevé le défi pour l’instant, tant il est vrai que sur Télé Congo, on préfère le monologue et la propagande du PCT au débat sur cette question renvoyé sur les ondes de RFI. Sans doute le pouvoir répondra-t-il, comme à son habitude par le biais d’une attaque ad hominem de l’opposant, par exemple dans un article d'un journal accrédité au palais.

Lire ci-dessous l'intervention de Marion Michel Madzimba Ehouango lors de ce meeting.

Comment pouvez-vous accepter que tout aille mal parce qu’un homme, son nombre de mandats, son âge l’empêchent d’être candidat en 2016 ? En réalité c’est ça le problème. Tout ce vacarme n’a qu’une seule explication : c’est que cette constitution du 20 janvier 2002, nombreux parmi vous savent que j’avais dit qu’elle était mauvaise, je l’ai écrit plusieurs fois. Mais ceux-là même qui l’ont soutenue, qui vous ont donné des billets de 5 000 F, 10 000 F pour voter cette constitution, aujourd’hui ils reconnaissent qu’elle est mauvaise.

Mais dites donc, mais comment vous pouvez expliquer que ceux qui savaient que cette Constitution était mauvaise, ils l’aient usée et abusée ? Maintenant qu’ils arrivent au terme de leur mandat, en ce qui concerne l’âge et le nombre, on se rend subitement compte que cette constitution elle est mauvaise. Mais de qui se moque-t-on ? Pourquoi on ne respecte pas ce peuple-là ? Ce peuple à qui on a fait croire que sans cette constitution il y aurait la guerre, ce peuple à qui on a fait croire que cette constitution devait nous amener la prospérité parce qu’il fallait qu’un seul individu gère le pays avec sa famille. Et aujourd’hui que cette famille s’est enrichie, que cette famille ne sait plus où mettre son argent on dit bon, on peut vous donner une constitution démocratique, parce que nous nous sommes repus, nous avons suffisamment d’argent, alors on peut vous faire cadeau de la démocratie.

Mais dites donc, moi j’ai soutenu ce régime, j’ai participé à la chute du régime de Lissouba, parce que je croyais que nous étions en train de défendre la démocratie. Mais aujourd’hui, ce qui se passe est beaucoup plus grave que ce qu’a fait Lissouba, parce que Lissouba a fait la guerre, or ce régime a fait la guerre ! Lissouba a seulement tenté de violer la constitution en voulant prolonger son mandat de quelques jours et nous avions dit non à l’époque. Et aujourd’hui, calmement, on va à l’étranger, parce qu’on ne peut pas le dire ici, on va déclarer à l’étranger que l’on doit changer la constitution !

A ce moment-là, je vais parler en spécialiste. Je parle en spécialiste. Cette constitution est mauvaise, soit. Mais cette constitution, en son article 86, permet des correctifs. C’est-à-dire qu’une constitution, aussi mauvaise soit-elle permet des dispositions qui voudraient que, par des lois organiques on la corrige progressivement. Parce que le président de la République a choisi l’exemple du Luxembourg et de l’Allemagne. Mais l’Allemagne a une constitution de 1948 ! Et le dernier aménagement, pas changement mais aménagement, a été fait en 1990. Le Luxembourg a une constitution de 1848 ! 19è siècle ! On ne l’a pas changée. Et on veut nous faire croire que notre constitution, qui n’a que quelques années et qui n’a bénéficié d’aucune loi organique, on dit qu’il faut la changer. Mais on ne doit pas changer !

On ne peut pas changer cette constitution ! Je défie, et c’est là où je lance un défi à tous les juristes qui entourent le président de la République, à tous ceux qui travaillent avec lui, que nous pouvons faire un débat à la télévision, pour que le peuple comprenne qu’ils sont en train de tricher. (En lingala) On vous ment ! On vous fait croire qu’ils travaillent mais qu’ils n’auraient pas encore fini leur travail. Mais nos logements à nous, depuis combien de temps attendent-ils d’être refaits ? Leurs maisons à eux, à plusieurs niveaux, construites en un temps record, croyez-vous qu’il est plus facile de bâtir leurs maisons à eux que d’améliorer nos logements ? Donc, il faut encore leur accorder sept ans supplémentaires ? Ils construisent des immeubles à plusieurs niveaux, avec climatiseurs, Internet. Vous n’en posséderez jamais car vous ne pourrez jamais vous les payer. Pourquoi leur accorder sept ans de plus ?

Je demande aux juristes qui entourent le président Sassou : mais pourquoi est-ce que vous le laissez dire ce genre de choses à l’étranger qui laissent croire qu’il n’y a pas de compétences dans ce pays ?

N’importe quel juriste de première année de droit sait qu’une constitution se modifie ! Toute constitution dispose de mécanismes de son adaptation au contexte. On ne la change pas ! C’est pour cela qu’on parle d’amendements concernant les USA. C’est pourquoi on parle de loi organique. Mais pourquoi vous faites croire au président de la République qu’il doit changer la constitution ? Evidemment, je comprends : parce que la seule disposition qu’il ne peut pas changer c’est concernant le nombre de mandats. Mais alors, le président de la République vient de vous lancer un message subliminal. Quand vous écoutez ce qu’il a dit aux Etats unis, il a cité l’exemple de deux Premiers ministres. Mais peut-être veut-il être simplement Premier ministre ! Les exemples qu’il a choisis, Merkel en Allemagne et Juncker au Luxembourg, mais ce sont des Premiers ministres ! C’est pour ça que leur mandat n’est pas limité ! Parce que le mandat du président en Allemagne est limité à cinq ans ! Quant au Luxembourg, c’est un Duché, un royaume, sauf si l’on veut transformer le Congo en royaume. Mais cela aussi la constitution refuse ! J’attire l’attention des gens du PCT : votre président du comité central vient de vous dire qu’il préférait être Premier ministre pour terminer son travail. Prenez vos responsabilités, présentez-nous un candidat que nous allons battre en 2016 !

(Retranscrit par mwinda)


(Extrait de mwinda.org)

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Moleki Nzela - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT
24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 17:20
(Congo-Brazzaville) Une nation buissonnière

Par Dina Mahoungou -

dina-mahoungou -

Tout ce que nous avions de prospère depuis les indépendances à été laminé : la santé, l’éducation, le civisme et la solidarité. Une Nation toute factice. Nous ne pouvions pas douter plus longtemps du sort qui nous avait été préparé par l’atroce ingéniosité de la tribu dominante.

Derrière le flot continu des actes barbares du tyran et de ses affidés, derrière le flot ininterrompu de sa bêtise obstinée, de ses abus disproportionnés, de ces aberrations pernicieuses, nous avions tout perdu, l’atmosphère y est particulière.

Après la guerre civile, nous voilà dans une nouvelle montée des périls, le poids de la haine dans ses linéaments essentiels, le dégoût de l’autre. Toute l’amertume de l’existence pour haïr son prochain.

Plus de dix années plus tard, la folie lucide, les soleils noirs, toutes ces horreurs d’après les événements envahissent réellement tout le Congo, bordant sans interruption tout l’arrière pays, des régions entières. Cette furie expansive et contractive à l’égard de l’autre. Tous ces lieux qui pendant longtemps étaient entourés de morts restent sans mots.

Dans nos têtes, l’on se rappelle cette brutalité animée et sensitive de chaque coup reçu. Dans ces paysages, des hurlements sans fin qui s’agrandissaient sans cesser d’éclore toutes nos habitations. Tous les stigmates de toutes ces batailles sont ici dans leurs milieux ambiants, se meuvent et s’affichent. Nous autres, esclaves crucifiés, mendiants, laboureurs, colporteurs dans nos périples, un complot gigantesque d’un vaste tout a ruiné la Nation de tous ses vaillants fils, aujourd’hui morts, exilés, déplacés, assignés à résidence, captifs et humiliés, prostrés à domicile : un peuple évaporé.

Il n’y a rien du tout chez nos pauvres, un dénuement qui dépasse absolument les forces de l’imagination humaine, l’envie de besoin, les difficultés qui absorbent le petit peuple au quotidien, perdu de stupeur. Tous les maux qu’ils ont prévus pour créer la panique et la mort ont fait leurs effets, dans les paroxysmes et les frénésies.

Ici, c’est la survie, des petites périodes de limitation, le chaos discordant et tumultueux d’une Nation vraiment malade et désaccordée. Une irradiation à partir d’un conflit dramatique interethnique et tribal, l’amour a dépéri ……………. la réclusion ……….. des vengeances silencieuses, des haines qui s’exhalent et se réalisent par dilatation et contraction. L’Eden circonscrit de ses rêves, les hommes ne se parlent plus.

Au jour le jour, le climat se dégrade et toute cette vie qui tourne au quotidien dans la même série de misères. Tout notre passé fonctionne avec le silence des fantômes, l’irrémédiable est ponctuelle, toute aventure est propice, du tourbillonnement à la monstruosité. Une Nation qui jadis grandissait et la fatalité qui l’imprègne, un pays où l’on suffoque désormais dans des immenses délires.

La Nation est déchiquetée, prise dans le vertige de l’aquabonisme. Ᾱ l’amplitude de leurs rêves, tous ces maraudeurs, ces dépeceurs qui s’acharnent sur le bien du peuple et trouvent dans ce carnage leur assouvissement, leurs appétits galvaniques et extasiés.

Une immense liberté périphérique est là, devant nous, la volonté de combattre le mal et tous les moyens qui l’engendrent. Mais par-dessus tout, nous connaissons le mal qu’il faut combattre. La politique tribale unilinéaire et monocentrique du brigand Sassou N’Guesso et de ses valets doit être vigoureusement combattue.

Sous le battement des éventails, aucun rapprochement avec leurs représentants. Toutes nos actions se disposent autour d’un axe orienté : libérer le peuple, créer l’enthousiasme, l’ambiance est mauvaise, il faut rénover !

Une Nation sans obstruction, sans opacité doit advenir. Chez ces gens-là la probité n’exprime rien, sinon la pure représentation d’une apparence, leur univers se construit concentriquement à partir des éléments de la tribu, ils constituent une clôture pour mieux isoler les indésirables. Un chef comme centre d’éclairage, tous les autres moutons du troupeau se contentent de jouer le rôle d’arrière-plan, l’épais remous de la pénombre. Des petits personnages comiques et tragiques, doués d’un relief singulier sont des militants du Parti-Ẻtat, une pléthore qui joue son va-tout pour être à côté du soleil qui brille. Tout se tient et se lie par principe de composition.

La dictature au Congo est visible, repérable sous toutes les formes comme des pans de murs qui tombent, la Nation congolaise est un agrégat de sectarismes particuliers. Le roi est enragé, le peuple est en droit d’être bien régicide. Tous ces gaillards qui nous ont gouvernés de manière tribunicienne doivent dégager, nous allons rompre le contrat social, trop c’est trop. Des copains comme cochons, on n’en veut plus, nous sommes le pays réel.

Un Congo souverain, sans satrapes, le système a fait son temps ….. Y’a basta ! Tous les visages éteints de ces arlésiennes en farandole. Le mandat n’a pas été respecté, on le reprend, le pays chancelant s’est effondré. Peut-être le coup de Jarnac …….. une jacquerie ! Ᾱ quand l’initiative populaire ? Ils ont tout osé, c’est à çà qu’on les a reconnus, les saccageurs, les fraudeurs et compagnie.

Dans tous les quartiers populaires, des gamins malingres mal nourris, les gueux, l’affamé maudit, le visage raviné de l’écorché : pauvre Congo qui se clôt sur la face martyrisée de l’innocent.

Chez ces gens-là, dans la haute société, les égocentriques, les parasites, les fauteurs d’iniquité, les chalands dans une folie collective sont les réceptacles d’un délire fantastique, ils tuent à petit feu des êtres de chair et de sang. C’est horripilant de cynisme. Toute cette respectabilité nouvelle, des petits granulats de froideur, indicateurs de police, bourreaux institués, sont devenus les petits chefaillons qui régentent la Nation.

Voir la montée des périls de nos yeux est horrible. Un cercle favorise des intégrés, attise les peurs, les passions et les préjugés de façon spectaculaire et traumatisante avec leurs harangues haineuses et des méthodes de basse police, leurs cruels châtiments. Les gens ordinaires qui gagnent du galon peuvent s’avérer épouvantables. Qu’ils trouvent une jubilation graveleuse à distiller le mal chez les nous-autres, les écroteux, la souillure de la Nation. Ce n’est pas parce que les bourreaux nous ont désignés comme boucs émissaires qu’ils ont compris nos malheurs. Tous nos hauts fonctionnaires ont été réduits en commis aux écritures.

Dans cette fatalité absolue et atroce, un tribalisme latent. Avec tout ça, le temps ne sera pas à l’apaisement, ni à l’oubli, l’attente a été longue à geindre comme larbins et spectateurs, il nous fallut beaucoup de patience, d’amour, pour nous munir des ailes de la délivrance. Ce qui devait éclore aura lieu. Nous souffrons d’indignité dans ce climat émoluant des tropiques, nous avons souffert du deuil.

Dorénavant, dans nos vies soufflera un vent de nouveauté bienvenu. Le principe est d’optimiser notre résistance.

Toujours dans la rhétorique de la conspiration, au milieu de ses caciques, des irréductibles, la bêtise du tyran mûrit lentement. Face aux victimes cardinales, aux opprimés, aux persécutés, Sassou a construit une œuvre et étouffe toute une Nation par la simple pulsion d’autoconservation. Pour la reconnaissance mémorielle, le jour J viendra. Dans nos identités dévaluées, stigmatisées, la justice vaincra, face à cette clientèle ignorante du charlatanisme tribal. Il y aura une vérité du principe de responsabilité … Nous voici sur les chemins de la liberté !

Que peut la raison, quelles sont ses limites ?

Sassou observe, il n’est nullement affecté de toutes ses terreurs que causent ses mercenaires. Il a proposé au citoyen l’usage de la peur. Vivre et mourir pour l’affermissement de la République, telle est la devise du peuple souverain. Nous allons reconquérir le Congo pour reconstruire l’Ẻtat.

L’immoralisme, la décadence des mœurs c’est du passé, le pays aura des lieux de médiation et d’échange.

En 2016, la volonté générale à laquelle nous concourrons s’appliquera à Sassou comme à chacun des protagonistes dans les mêmes conditions. Tous les meurtriers potentiels, les magouilleurs et leurs serviteurs vont répondre devant la justice de notre pays. Pas de travail de l’effaçage, nous nous attaquons au réel, plus de gang pour caviarder les éléments de paix. Plus de rhétorique pour justifier l’injustifiable, les truqueurs invétérés, les fieffés menteurs, la police de la pensée seront mis hors-circuit … Plus de jeu de déni.

Dans la revue « ESPRIT » de mars 1950, Emmanuel Mounier écrivait :

« Il arrive que l’Histoire récompense ceux qui s’obstinent et qu’un rocher bien placé corrige le cours d’un fleuve »

Vers une Nation des hommes libres, nous donnons de l’espoir.

Dina Mahoungou

Diffusé le 24 août 2014 , par www.congo-liberty.com

Ecrivain et journaliste médias

Auteur du roman : « Agonies en Françafrique » aux éditions l’Harmattan

Auteur du recueil de nouvelles : « Les parodies du bonheur » aux éditions Bénévent

(Extrait de congo-liberty)

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Dina Mahoungou - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT
23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 16:14

by Officiel Brazzanews -

Le Mardi 12 Août 2014 devant le Parlement Congolais réuni en Congrès, le Président de la République du Congo, Denis SASSOU NGUESSO s’est adressé à la Nation. La dimension politique de son discours a été marquée par ses paroles ci – après : « … Nous ne voulons pas de la démocratie de l’invective. Celle qui se nourrit du sang et des larmes. Il s’agit, vous vous en doutez, du sang et des larmes des autres. Mais, nous n’allons pas recommencer. Le sang et les larmes des autres ont trop coulé dans ce pays. Nous disons : ça suffit !

Pour le temps qui est devant nous, nous allons continuer, dans la paix et la sécurité, à bâtir l’Etat de droit, l’Etat démocratique, en nous inspirant toujours du Chemin d’Avenir qui détermine les moyens et les objectifs de notre action. Ainsi, nous construirons solidement la base sur laquelle notre pays poursuivra sa transformation… ». La référence de SASSOU sur « le sang et les larmes des autres » relève d’un cynisme effroyable, comment peut – il se permettre cette phrase ? Il insulte le Peuple Congolais et la mémoire des victimes de la barbarie des politiciens Congolais depuis 1960.

En outre, le Peuple Congolais a été scandalisé en voyant les députés du PCT ovationner Sassou Nguesso lorsqu’il a prononcé cette funèbre expression à « 6 reprises » dans son discours. Qu’avait – il d’extraordinaire dans ces propos présidentiels que ces députés ont acclamé ? Se réjouissent – ils des milliers de victimes, des milliers de martyrs que la terre Congolaise a connus depuis 1960 ? Se réjouissent – ils d’avoir bâti leur richesse d’aujourd’hui sur le sang et les larmes du Peuple Congolais ? Car en réalité, Sassou Nguesso aurait dû dire «… le Sang et les Larmes du Paisible Peuple Congolais, que nous avons fait coulé, Moi le Premier… ». Alors que le Président lui même qui prononçait ces paroles, avait un temps grave, froid et funèbre tout en les fixant de ses yeux, ces députés du PCT riaient et acclamaient, étant en déphasage total avec leur propre Chef. Comment expliquer cela ? Ces députés du PCT ont confirmé en direct à la Télé devant tout le Peuple Congolais, qu’ils souffrent de « Défaillance Mentale Criminogène».

Les députés Congolais ont tous la mémoire para normalement courte, et il sied de leur rappeler les Martyrs de la barbarie des politiciens Congolais depuis 1960 : Marcel IBALICO (Assassiné en 1964 à Léopoldville, RDC) ;

Anselme MASSOUEME, Me Lin Lazare MATSOCOTA, Me Joseph POUABOU, Jean BIKOUMOU

(Assassinés en 1965 à Brazzaville) ; Me Jean Marie NGANZARI (Assassiné en 1967 à Brazzaville) ;

KOUVOUAMA-DIA-NGANDOU (Assassiné en 1968 à Brazzaville) ; Lieutenant Pierre KINKANGA, Albert MIAWAMA, NKOUTOU, Jean Marie MANGO (Assassinés en 1970 à Brazzaville) ; Franklin BOUKAKA, Adolph ITSOUHOU (Assassinés en 1972 à Brazzaville) ; Sous-lieutenant Prosper MATOUMPA MPOLLO (Assassinés en 1972 sur la route du Cabinda, KOUILOU) ; Aspirant Jean Marie DOUNGANGOYE (Assassiné dans la Foret de Bangou à Kindamba) ; Sergent Jean Pierre BAKEKOLO, Lieutenant Ange Farimaka DIAWARA, Sous-lieutenant Jean Baptiste IKOKO, Sous-Sergent Jean Pierre OLOUKA, Sergent TALA (Assassinés en 1973 à Brazzaville), Commandant KIYINDOU ; Abbe Fulbert YOULOU (Empoisonné, mort à Madrid en 1973) ;

Commandant Marien NGOUABI, Thaddée KOURISSA, Capitaine Luc KIMBOUALA NKAYA, Sergent

ELOUO, Sous-lieutenant MBORO, Sergent OUANDO, Alphonse MASSAMBA DEBAT, Cardinal Emile BIAYENDA, Victor DOTE, KANDZA (Assassinés en 1977 à Brazzaville) ; MIZELE, SISSOULOU et 7 de ses compagnons (Fusillés en 1978 à Brazzaville) ; Capitaine Barthelemy KIKADIDI (Fusillés à Brazzaville en 1978) ; Capitaine David MAFOUTA (Assassiné en 1980 à Brazzaville) ; Commandant Antoine MABOUAKI (Assassiné en 1981 à Owando) ; Capitaine « Marie-Marie » AKWALA (Assassiné en 1983) ; Capitaine Pierre ANGA (Assassiné en 1988 au Gabon) ; Lieutenant Ernest BOUKAKA « Maitre Charlie » (parodie d’accident, mort en 1990 à Brazzaville) ; Colonel Victor TSIKA-KABALA (Assassiné en 1990 à Pointe Noire) ; Professeur Grégoire MAVOUNIA (Assassiné le 21 février 1991 lors de l’ouverture de la Conférence Nationale à Brazzaville) ;

Marien NGOUABI Junior (Assassiné en 1991 à Brazzaville dans une boite de nuit) ; Roger MASSEMA (Président de la commission assassinat à la Conférence Nationale, empoisonné et mort en 1992 à Paris en France) ;

Antoine NGAYOT, commandant MOUANDA (Assassinés en 1993 à Brazzaville) ; Herbert MASSAMBA, Eloi Marien BADILA (Assassinés en 1977 à Brazzaville) ; Colonel Frederick NKOUNKOU (Assassiné en 1998 à Brazzaville) ; Sergent TOUANGA et 352 compagnons (Fusillés en 1999 à Brazzaville). En ajoutant à ce décompte macabre des politiciens Congolais, le 15 000 morts de la guerre civile de 1993, les 30 000 morts des guerres de 1997 et 1999, les 350 disparus du Beach de Brazzaville et les 1000 victimes du 4 Mars. « 90 % » de ce décompte macabre est directement ou indirectement lié à la personne même de Sassou Nguesso. Alors lorsqu’il dit : « …Mais, nous n’allons pas recommencer. Le sang et les larmes des autres ont trop coulé dans ce pays. Nous disons : ça suffit !… » ; Il aurait dû dire « …Je ne vais plus recommencer, car j’ai trop fait coulé le sang et les larmes des paisibles Congolais … ».

Et, le fait de ne pas être sincère avec lui-même, alors que nous parlons des vies humaines qu’il a ôté dans sa conquête personnelle du pouvoir ; fait de lui le Président de la République le plus cynique au Monde, Sassou Nguessoest d’un cynisme « para normal » qui dépasse l’entendement naturel. Nous sommes d’accord avec le Président Sassou Nguesso lorsqu’il dit « … Nous disons : ça suffit !… ». Justement ça suffit ! Le Peuple Congolais est mature, il a conscience que l’Histoire du Congo est complexe et ensanglantée, Histoire dans laquelle il n’y a pas d’anges, car « toute la classe politique » est impliquée directement ou indirectement dans le funeste dénombrement de nos Martyrs.

Par conséquent, le Président Sassou Nguesso ne doit pas craindre, car contrairement à lui, le Peuple sait faire preuve d’Hauteur d’esprit et de pardon. Le futur « 7ème Président » de la République du Congo ne va pas le livrer à la CPI, mais va lui donner l’immunité et l’honneur dû à son rang dans l’Histoire, à condition bien sûr que Sassou Nguesso honore ses deux serments, respecte strictement l’esprit et la lettre de notre Constitution, et se retire de la Présidence dans la Paix et la Sérénité. En Janvier 1997, après son triomphal retour au Pays, Denis Sassou Nguesso accusait Pascal Lissouba avec véhémence, de violer les Acquis de la Conférence Nationale, de détruire l’esprit de la Démocratie et de faire obstruction à l’Alternance démocratique.

Comment 17 ans après Sassou Nguesso veut il lui-même poser les mêmes égarements politiques de Lissouba qu’il dénonçait ? NON ! Monsieur Denis Sassou Nguesso, Président de la République du Congo, par « Honneur » vis-à-vis de vos « Serments », par « Honneur » vis-à-vis de la Mémoire de Nelson MANDELA que vous présentez comme l’un de vos Maîtres politiques, laissez le Pouvoir dans la « Paix » et la « Civilité » au terme de vos deux mandats « légaux » ; le Peuple Congolais vous en sera « infiniment » reconnaissant, et ce, pour toujours !

FJN

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FJN - Brazzanews - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT
23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 15:13
(Congo-Brazzaville) Tous ensemble pour débarquer le génocidaire Sassou-Nguesso

Par OLIVIER MOUEBARA -

La France a célébré avec ses alliés le 15 août dernier le 70ème anniversaire du débarquement.

Le Congo s’apprête à débarquer le génocidaire Sassou-Nguesso sans alliés. Le vaillant peuple congolais attend patiemment 2016 pour chasser du pouvoir et du Congo le tyran d’Oyo.

Le génocidaire Sassou-Nguesso prend au sérieux la détermination du peuple congolais.

Il s’est essayé à la course à pieds le 15 août à Sibiti. Essoufflé après avoir couru un petit mètre dans la poussière, voyant ses produits cosmétiques dégouliner sur son visage, le dictateur-génocidaire sait que le temps lui est compté. Jamais, au plus grand jamais, on m’appellera » ex président » dixit le dictateur !

A tous ses visiteurs du soir comme du jour, le génocidaire Sassou-Nguesso assène: « Ils m’ont eu pendant la Conférence Nationale. Cette fois-ci, ils enjamberont mon cadavre pour prendre le pouvoir ».

L’authenticité de ses propos prouvent à suffisance que le dictateur Sassou-Nguesso n’est pas prêt de quitter le pouvoir. Il va falloir le déloger de gré ou de force. Ses artifices de référendum ne sont que des alibis et des manœuvres dilatoires.

A l’observer, le dictateur est tendu, faute de soutiens. Même en distribuant à tour de bras les FCFA, aucun président africain ne veut s’afficher à ses côtés. Seuls Faure Eyédama du Togo, et Théodoro Obiam Nguéma de la Guinée Equatoriale, ont accepté d’être présents au 54ème anniversaire de l’indépendance du drapeau du Congo.

La société civile doit exploiter la fébrilité du dictateur Sassou-Nguesso pour s’opposer fermement à toute modification constitutionnelle.

Mettons entre parenthèses nos « lâchetés », en pensant que le hasard, Dieu, ou le destin viendrait à notre rescousse.

Non, l’inaction n’est jamais une solution. Se résigner et baisser les bras, c’est laisser le dictateur Sassou-Nguesso mourir tranquillement au pouvoir dans son lit, alors que nombreux de nos compatriotes gisent dans des fosses communes, ou sont dépourvus de sépultures.

C’est à cause de notre passivité que le dictateur Sassou-Nguesso détruit le pays, qu’il pille en toute impunité les deniers publics, que l’école publique est à la dérive et qu’il fait du Congo le pays le plus endetté au monde par tête d’habitants.

Les congolais sont loin d’être des omelettes que le dictateur-génocidaire peut tourner dans tous les sens.

Vivant dans la haine et le ressentiment, le dictateur Sassou-Nguesso a retenu la leçon suivante: « J’ai compris, mais trop tard, que l’homme qui était à la tête de la Confédération m’avait trahi et que je ne disposais plus d’aucun relais dans cette organisation où chaque section était à ses ordres. Comme me l’a expliqué un jour un vieux sage de mon village à qui je racontais cette histoire, « la souris qui te ronge le talon se trouve toujours sous ton lit »(page 75, ouvrage sous-cité).

N’ayant pas sa place dans un environnement civilisé dans lequel les règles écrites ne sont pas transgressées, le dictateur Sassou-Nguesso voit le mal partout. Cette fois-ci, il ne s’agit pas d’un conflit avec Bokamba Yangouma. Son seul traître est la main des rédacteurs de sa propre Constitution de 2002.

Esseulé et isolé, le dictateur Sassou-Nguesso, comme toujours, en appelle à la France en ces termes: « Je dis à la France que je vais remettre de l’ordre dans le pays, que j’ai la volonté de coopérer plus étroitement avec elle et qu’elle est plus que jamais la bienvenue au Congo »(Le manguier, Le fleuve et la chauve-souris, page 166).

Dix-sept ans après son coup d’Etat meurtrier en 1997, le dictateur Sassou-Nguesso n’est plus en odeur de sainteté avec ceux qui l’ont porté au pouvoir.

Jacques Chirac malade, boudé par Dos Santos, lâché par Ali Bongo, embourbé dans l’amateurisme de la médiation du conflit centrafricain, le dictateur Sassou-Nguesso dépense l’argent du Congo dans le renseignement.

Médiateur sans talent, le dictateur-génocidaire Sassou-Nguesso est rejeté par l’ensemble des protagonistes centrafricains. Obtus et dans l’impasse, le tyran de Mpila s’évertue à organiser des rencontres au frais du contribuable congolais qu’il est incapable de tenir avec ses pairs. Il veut tout savoir, écoute tout de tout le monde, et tout le monde. Même les conversations les plus futiles.

Maître Mbemba, alors avocat du colonel Nzalankanda, s’étonnait lors du procès truqué des « poseurs de bombe » présumés du cinéma Star de Brazzaville, de lire dans certains procès-verbaux, les fréquentations bénignes de son client rapportées au dictateur-génocidaire. Telle est la psychologie du chef des cobras.

Manipulateur, cynique, amuseur public, le dictateur-génocidaire Sassou-Nguesso a fait installer des tentes de fortune à Sibiti qu’il appelle colonie de vacances, pendant que lui-même se la coule douce actuellement dans son palais de Marbella (Espagne), où il distribuera encore des billets de banque, et que sa propre famille vit dans l’opulence avec l’argent du pays en Europe et aux Etats-Unis.

450 millions de FCFA ont été dépensés lors des festivités de Sibiti. A-t-on besoin de dépenser autant alors que localement les besoins sont immenses ?

Visiblement, le dictateur-génocidaire Sassou-Nguesso inverse les priorités. Il dépense inutilement, à tour de bras, dans l’espoir de détourner l’attention des congolais de notre principal objectif: le débarquer sans concessions et sans pitié en 2016.

En ces temps de sursaut national, le débarquement du dictateur-génocidaire Sassou-Nguesso ne sera effectif que si nous agissons dans l’intérêt du pays. La peur, dans la vie publique comme dans la vie privée, n’est jamais porteuse d’avenir.

Dans ce compte à rebours, où la résistance et le courage s’imposent, la lâcheté est l’ennemie, dont il faut combattre.

Le dictateur-génocidaire qui ne comprend rien à l’Histoire, feint d’ignorer ce qui est arrivé à Samuel Doe du Libéria, Mobutu, mort en exil et inhumé au Maroc, ou ce qu’il a fait subir à Diawara, Ikoko, Marien Ngouabi à qui il avait sectionné la carotide, Ndoudi Ganga, Kimbouala Nkaya, Emile Biayenda, Massamba-Débat… La liste de ses forfaits est loin d’être exhaustive.

Que tous ceux, de près ou de loin, encouragent le génocidaire Sassou-Nguesso dans la voie sans issue de se maintenir coûte que coûte au pouvoir se ressaisissent.

De la RDC au Burkina-Faso, la société civile est debout comme un seul Homme pour dire NON au tripatouillage constitutionnel.

« Il n’est pas de problèmes qu’une absence de solution ne fasse empirer ». Encore faut-il avoir le courage de nous unir et de mettre en œuvre le débarquement du génocidaire Sassou-Nguesso, et la lucidité de reconstruire notre beau pays.

Olivier Mouebara

(Extrait de congo-liberty.com)

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Olivier Mouebara - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT
23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 14:52
(Congo-Brazzaville) Jean Edouard Sathoud : "Il est temps de contrecarrer le régime de Sassou Nguesso"

Jean Edouard SATHOUD -

Actuel Président d’Honneur des Assises Nationales du Congo, une plate-forme de l’opposition congolaise à Paris, Jean Edouard SATHOUD, 77 ans, reste un combattant rigoureux pour la cause de la démocratie. Il nous confie qu’il n’aspire pas au pouvoir, lui, l’ancien camarade de classe d’Alpha Condé à Science Po puis ancien condisciple de Lionel Jospin et de Jean-Pierre Chevènement à l’Ecole Nationale d’Administration à Paris.

Vice-gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale pendant plus de 20 ans, Monsieur SATHOUD revient sur la situation politique actuelle de son pays, la République du Congo. Il nous livre également, en exclusivité, des anecdotes que l’histoire ne relate pas, et des confidences sur le Parti Congolais du Travail (PCT), dont il fut un des membres fondateurs admis au Comité Central dès sa création en décembre 1969.

1- Vous êtes aujourd’hui une figure emblématique des Premières Assises Nationales du Congo. En tant que Président d’Honneur de cette initiative citoyenne qui fait le pari d’une alternance démocratique au Congo-Brazzaville en 2016, que pouvez-vous nous dire des enjeux d’une telle plate-forme ?

Jean Edouard SATHOUD : Les Premières Assises Nationales du Congo ont été organisées pour exiger le respect de la démocratie initiée par la Conférence Nationale Souveraine de 1991.

Après le Coup d’Etat de 1997, le fonctionnement des pouvoirs publics a très tôt obéit en tous points à la logique d’un régime anti-démocratique. Les principes de démocratie établis par la Conférence Nationale Souveraine ont été purement et simplement abandonnés par le nouveau pouvoir. Nous estimons donc que le moment est venu pour les patriotes et démocrates congolais de s’organiser pour dire non à la modification ou au changement de la Constitution du 20 janvier 2002, par référendum ou toute autre voie.

Inutile de se lamenter à l’excès. Il convient dès maintenant de mener des actions appropriées pour faire échec aux funestes desseins de Monsieur Sassou NGuesso.

2- Les prochaines élections auront en 2016 et l’actuel président Sassou Nguesso semble bien déterminé à briguer un troisième mandat faisant fi des dispositions de la Constitution. C’est d’ailleurs le cas de plusieurs autres présidents africains (Kabila, Compaoré, Nkurunziza, etc…). Comment expliquez-vous leur obstination à se maintenir au pouvoir ? Est-ce un mal africain ?

Jean Edouard SATHOUD : Si malheureusement ce phénomène est monnaie courante en Afrique, je peux affirmer avec regret qu’il est inhérent à la nature humaine. Je prendrai pour exemple le retour sans cesse annoncé sur la scène politique française de Monsieur Nicolas SARKOZY, contrairement à ses déclarations solennelles lors d’une interview radio télévisée au cours de la campagne présidentielle de 2012 et devant les militants de l’UMP réunis à la Mutualité au soir de sa défaite.

De manière générale en Afrique sub-saharienne, nombre de Chefs d’Etat s’emploient à mettre en œuvre des systèmes destinés à les maintenir au pouvoir contrairement aux dispositions formulées dans les Constitutions de leurs pays.

Cependant, je dois préciser que ce phénomène est plus perceptible en Afrique Centrale qu’en Afrique de l’Ouest. Si je devais donner une explication à ce genre de comportement, je dirais qu’il tient à la fois à la conception du pouvoir par les dirigeants africains et à leur attachement viscéral aux multiples avantages que procure l’exercice des plus hautes fonctions de l’Etat.

3- Comment expliquer l’indifférence de la Communauté internationale face à la souffrance des congolais ?

Jean Edouard SATHOUD : C’est ici le lieu de stigmatiser un certain nombre de comportements des membres de la Communauté internationale.
Il est déplorable de constater une sorte de répartition des « tâches » entre les grandes puissances lorsqu’il s’agit d’aborder les problèmes qui minent les pays africains.

Pour les Etats-Unis par exemple, la France a vocation à gérer les situations difficiles auxquelles sont confrontées ses ex-colonies d’Afrique Subsaharienne.

Paradoxalement, les Américains ont tendance à tenir un discours ferme lorsqu’il s’agit des pays anglophones ou ceux de la région des Grands Lacs où leurs intérêts sont en jeu. Il n’est que de nous référer aux propos de John Kerry, Secrétaire d’Etat américain lors de sa dernière visite à Kinshasa en mai 2014 et aux récentes déclarations de plusieurs responsables de l’administration américaine hostiles à toute révision des Constitutions visant à maintenir au pouvoir les Chefs d’Etat des pays des Grands Lacs.

Pour revenir à l’inertie de la France dans le débat sur la révision des Constitutions en Afrique, il y a lieu de préciser que la politique africaine de la France a toujours été considérée comme relevant du domaine réservé du Chef de l’Etat. Deux exemples significatifs nous viennent à l’esprit :

En 1990, le Président François Mitterrand, lors du discours de la Baule, avait invité les Chefs d’Etat africains à démocratiser leur régime. Cette déclaration solennelle avait été considérée à l’époque comme l’annonce d’une nouvelle politique africaine de la France plus en adéquation avec les changements survenant sur la scène politique internationale.

En 1997, sous le gouvernement de la cohabitation dirigé par le socialiste Lionel Jospin, c’est le Président de la République Jacques Chirac qui s’était impliqué fortement dans la crise politique ayant secoué le Congo-Brazzaville.

En raison de la complexité des relations « incestueuses » entre certains dirigeants de nos pays et leurs homologues français (la Françafrique), il est difficile ou même illusoire d’attendre de la France un discours ferme contre la volonté affichée par les Chefs d’Etat qui veulent se maintenir au pouvoir par tous les moyens.

4- Votre parcours en tant que défenseur du peuple face à l’obstination insensée de certains présidents africains ne date pas d’hier. En 1968, vous « osez », aux côtés de Pascal Lissouba, Henri Lopes et Jean Pierre Thystère Tchicaya, dire au Président Massamba-Débat « Stop », la voie que vous empruntez n’est pas la meilleure pour notre pays. D’où vous vient cette force ? Car il n’est sûrement pas aisé de dire ses quatre vérités à un Président.

Jean Edouard SATHOUD : « Force » n’est peut être pas le mot qui convient, et je vous prie de m’en excuser. A titre personnel, je n’ai jamais voulu m’engager dans une carrière politique « stricto sensu ».

Cependant, en ma qualité de citoyen congolais, je ne peux me désintéresser complètement du destin de mon pays dans toutes ses composantes (politique, économique et socio-culturelle). J’ai toujours estimé qu’il était de mon devoir de me prononcer avec toute la force de ma conviction sur divers épisodes graves ayant affecté la vie politique nationale.

En 1968, le pays s’est trouvé dans une impasse politique à la suite de profondes dissensions au sein du Bureau politique du Mouvement National de la Révolution (M.N.R).

En réaction à cette situation, le Président Massamba-Débat avait prononcé un discours dans lequel il invitait tout citoyen qui s’en sentait capable, de se manifester et de le remplacer à la tête du pays.

Considérant qu’il était inadmissible de « mettre la Présidence de la République aux enchères », feu Jean Pierre Thystère Tchicaya, Pascal Lissouba, Henri Lopes et moi avions écrit une lettre au Chef de l’Etat. Dans celle-ci, nous lui avions proposé de convoquer une Conférence Nationale des cadres du pays pour trouver une issue heureuse à cette grave crise. Ce faisant, nous ignorions que les militaires s’organisaient pour engager un mouvement qui conduira en septembre 1968 à la démission du Président Massamba-Débat. C’est ce mouvement conduit par le Capitaine Marien Ngouabi qu’on avait appelé « Mouvement du 31 juillet ».

Plus tard en 1972, j’ai également ressenti le besoin de prendre position lorsqu’il y a eu une grave crise politique au Congo avec la tentative de renversement du régime par les armes le 22 février de la même année. Le comité central du PCT (Parti congolais du Travail) dont je faisais partie, s’était réuni pour se prononcer sur le sort à réserver à ceux qui avaient été arrêtés parmi ces protagonistes. Dans sa grande majorité, le Comité Central était favorable à l’application de la peine de mort. Le Président Marien NGouabi, à la suite de cette position du Comité Central, avait accepté de recevoir en audience quatre d’entre nous : Henri Lopes, Ange Edouard Poungui, Anatole Kondo et moi-même. L’objet de cette audience était d’encourager le Président Marien Ngouabi à ne pas suivre la position extrêmement sévère de la majorité du Comité Central. Je suis heureux de qu’aucune peine capitale n’ait été prononcée par les tribunaux.

Aujourd’hui, je considère que la situation politique au Congo est extrêmement grave à cause du projet nourri par Monsieur Sassou Nguesso de modifier ou de changer la Constitution du 20 janvier 2002 en vue de se maintenir au pouvoir et peut être le léguer à un des siens. Le Congo deviendrait alors une monarchie. C’est inacceptable. C’est la raison pour laquelle j’ai pris position en m’associant à l’organisation des Premières Assises pour l’alternance démocratique au Congo-Brazzaville. Ainsi mes différentes prises de position que je viens de vous rappeler ne constituent en aucune façon des actes de courage ou de force mais plutôt des manifestations de ma conscience patriotique guidée par mon éthique personnelle.

5- De cette période, on retient une expression désormais célèbre. Vous demandiez, dans une lettre, au Président Massamba-Débat de « mettre entre parenthèses le socialisme scientifique. Vous nous en dites plus ?

Jean Edouard SATHOUD : Le socialisme scientifique, adopté en 1964 au Congo-Brazzaville, avait conduit le pays, dans une impasse politique et économique à cause de la classe dirigeante, à s’astreindre à la rigueur qu’implique la bonne gestion selon les règles de cette doctrine. Dans le même temps, nous pensions à tort ou à raison que notre peuple n’était pas éduqué suffisamment au plan politique pour suivre cette voie.

Ces deux raisons nous avaient alors conduits à proposer au Président Massamba-Débat de « mettre le socialisme scientifique entre parenthèses » et de nous contenter à l’époque de promouvoir le développement économique national. Il s’agissait là en fait d’une approche pragmatique pour assurer le développement du pays.

Propos recueillis par Marie Hélène SYLVA
Paris – Oeildafrique.com

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Jean Edouard Sathoud - dans Sassou Nguesso Congo-Brazzaville PCT
20 août 2014 3 20 /08 /août /2014 17:58
(Congo-Brazzaville) Des Mapapa aux Lumandé, l'Etat congolais dévoré par des enfants adultérins...

Par RIGOBERT OSSEBI -

Blandine Lumandé le 15 aout 2014 à Sibiti -

Ce qui importe n’est pas tant la question de savoir « si Basile Ikouébé, ministre congolais, survivra aux invectives de la goulue Blandine Lumandé ? », mais bien celle qui demande « si l’État congolais existe encore lorsqu’un ministre de la République, qui plus est de celui régalien des Affaires étrangères, se fait copieusement insulter par un enfant (adultérin ou pas) du couple présidentiel ? » C’est déjà pour une seconde fois ! Non pas en catimini, loin des oreilles et des regards indiscrets, mais au vu et au su des représentants des corps constitués et des ambassades étrangères de Brazzaville, le 29 juillet 2014 lors du départ de l’avion du despote pour Washington.

Peut-on imaginer pire dégât pour l’Etat, pour son image et pour ses institutions ? Les enfants du dictateur Sassou Nguesso, ou de son épouse, causent quasiment le même préjudice à la République que les combattants shebabs en Somalie ou ceux de Boko Haram au Nigéria. A entendre leurs vociférations, ils n’ont pas besoin de faire usage de leurs armes pour massacrer qui que ce soit !

Il ne se passe de jour, au pire de semaine, qu’un scandale nouveau vienne témoigner de la mise en coupe réglée de notre Etat, par l’un ou l’autre des, au moins, quarante enfants-quarante voleurs ! Tout leur est dû et tout doit leur appartenir ! Et pour paraphraser le fameux slogan du début des années 80 : « Tout pour ses gosses, rien que pour ses gosses ! » Ceux du dictateur, bien sûr !

De tous les ministères, celui des Affaires étrangères que dirige Basile Ikouébé, est celui normalement qui devrait jouir du plus grand respect ; cela afin qu’il en soit traité de même lors de ses missions officielles à l’étranger et pour qu’il y représente au mieux son pays!

Déjà, au mois de janvier dernier, au lendemain du sommet de l’Union africaine organisé à Addis-Abeba, le ministre Ikouébé avait failli remettre sa démission à Denis Sassou Nguesso. Il y avait reçu une copieuse volée de bois vert, déjà en public, de la part de la lionne en furie, Claudia Sassou Nguesso, simple Conseillère en communication mais en réalité véritable chef du gouvernement.

Pour l’épisode récent à l’aéroport de Maya-Maya, c’était une autre furie présentée comme la « Directrice de Cabinet » de Madame Sassou Nguesso qui s’en était prise au ministre des A.E.. En réalité, Blandine, 55 ans, épouse Lumandé, ex-Madame Agom, n’est autre que la fille ainée de l’épouse du Chef de l’Etat. L’autre enfant de cette dernière, Chris Bongo Nouara, n’apparaît pas beaucoup sur la scène brazzavilloise ; alors Blandine Lumandé se retrouve en première ligne dans la défense des intérêts de la filiation de « Madame » qui sont avant tout les siens !

Blandine est une véritable sangsue qui colle à la peau de sa mère et de la République. Elle est détestée de tous et son beau-père-autocrate ne peut plus la voir depuis bien longtemps. Ajoutez-y la rivalité entre beaux enfants, l’ambiance est toujours explosive dans les réunions de cette famille « recomposée » ; les contentieux réapparaissent toujours, de plus en plus vifs et principalement financiers.

Il est vrai que sans son épouse, Antoinette, Denis Sassou Nguesso aurait été bien incapable de se maintenir au pouvoir comme il l’a fait ; alors Blandine croit devoir revendiquer légitimement une même part d’héritage que tous les autres enfants et neveux réunis du côté Nguesso ! Ce qui bien entendu apparait totalement irréaliste lorsque l’on connaît l’appétit de cette bande de voraces ! Les 5000 milliards de FCFA, dédiés au Budget, ne sauraient les rassasier ! Bombardée Directrice de Cabinet, malgré une compétence très limitée, elle prend son rôle très au sérieux pour gérer au mieux les participations dans les différentes affaires (la banque –en association avec Hubert Pendino-, l’immobilier, l’hôtellerie et les services parapétroliers surtout à Pointe Noire). Cependant, ce qui compte le plus à ses yeux, c’est l’impressionnante collection de bijoux de grands joailliers que sa mère s’est constituée au fil des années et des enfants naturels reconnus par son époux. Véritable trésor, juste après le Trésor Public, sur lequel elle veille comme le lait sur le feu pour se l’accaparer le moment venu… !

Madame Sassou n’était pas du voyage pour Washington. Aussi, tant Claudia que son père, personne ne voulait voir l’encombrante Dir-Cab dans la délégation présidentielle. Ikouébé avait bien agi « sur ordre » et la prétendue omission ne risquait pas d’être involontaire. Blandine n’était pas dupe et cela expliquait grandement le torrent d’insultes (synonyme des « invectives » tant décriées) qu’elle avait déversé ; elle y avait bien vu la main de son beau-père et celle de sa fille ; raison pour laquelle ses injures avaient redoublé…. ! On règle ses comptes comme on peut !

Même si ce ministre n’est malheureusement pas exempt de tout reproche dans bien des affaires (notamment celle des « passeports diplomatiques » dont ont bénéficié beaucoup d’étrangers et surtout des représentants du Hezbollah à Brazzaville), sa fonction ne doit pas être dévaluée. De sa longue carrière, il est vrai au service d’un même homme, on pourrait lui accorder un rare crédit pour avoir représenté le Congo dans sa présidence tournante en mai 2006 du Conseil de Sécurité à l’O.N.U..

En voyant cet homme d’Etat, et la fonction qu’il exerce, piétinés sans aucune retenue par une ribambelle de rejetons déchainés, comment croire que le débat sur la Constitution que l’on veut nous imposer est réellement dans l’intérêt de la Nation et non pas pour préserver et garantir ceux d’une seule et même famille !

Il est fort à craindre que la nouvelle Constitution, actuellement dans les tuyaux, renforcera les privilèges de quelques-uns, au lieu de les abolir, en les exonérant sans aucun doute des contraintes de la loi.

Mais ce qui est le plus fou et le plus incroyable, c’est de voir que « très docilement » les hommes, qui ont porté le système à bout de bras, font l’objet un à un d’une élimination systématique au profit de petits mafieux. Depuis le début de l’année, Basile Ikouébé, dans cette même logique résignée, a eu son nom ajouté à une longue liste dont certains sont morts ou emprisonnés. Reste à découvrir quand et comment il sera mis hors jeu définitivement ?

Il a déjà été dit « A bien regarder comment le Congo est géré, le débat n’est pas politique, le débat n’est pas idéologique, le débat n’est pas constitutionnel : le débat n’est que mafieux et rien de plus ! » Il serait bon d’ajouter : « Mais la dérive est surtout et avant tout dynastique ! »

Rigobert OSSEBI

(Extrait de congo-liberty)

(Congo-Brazzaville) Des Mapapa aux Lumandé, l'Etat congolais dévoré par des enfants adultérins...
(Congo-Brazzaville) Des Mapapa aux Lumandé, l'Etat congolais dévoré par des enfants adultérins...
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Rigobert Ossebi - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT
17 août 2014 7 17 /08 /août /2014 15:30
(Congo-Brazzaville) L’invective selon Denis Sassou Nguesso.

Par RIGOBERT OSSEBI -

Lorsque le mensonge, la falsification, la fraude, la corruption, le détournement, le vol, l’intolérance, le non-droit et l’abus en tout genre sont érigés en système de gouvernance, quiconque viendrait à les dénoncer ne pourra qu’être accusé de pratiquer « l’invective » par celui ou celle et ceux qui les commettent.

C’est la conclusion que l’on pourrait tirer du message de l’exécrable et de « l’inexcellent » président Denis Sassou Nguesso, sur l’état de la Nation, prononcé le 12 août 2014, devant son Parlement réuni en Congrès à Brazzaville.

D’autres, ici et là, sont allés de leur plume ou de leur commentaire pour relever l’imposture au détour de chacune des phrases, de chacune des affirmations qui y ont été prononcées; et c’est déjà un travail immense que de travailler à en commenter seulement quelques-unes.

« L’invective » est incontestablement le mot sur lequel il convient de s’arrêter et de réfléchir ! Pour être sûr de bien parler la même langue et surtout pour être bien au fait de ne pas la pratiquer(« l’invective ») une référence s’impose, celle du dictionnaire : du latin invectivus (« de reproche »), sous-entendant parole. Nom commun, féminin. « Parole ou suite de paroles violentes et injurieuses contre quelqu’un ou contre quelque chose. » Le décor est planté ainsi que la limite à ne pas dépasser ; voilà qui est fait !

Mais une question importante s’impose : à quel degré du propos commence l’invective, ou le « reproche insupportable » (invectivus) ? Congo-Site, un des nombreux médias de la propagande officielle apporte un surprenant élément de réponse dans le rituel et obligatoire panégyrique qu’il a dédié à l’évènement. L’ayatollah de service, sûrement rasé de près et en costume Smalto (comme quoi « l’habit ne fait pas le moine » si l’on ose dire), après avoir repris un passage du discours présidentiel sur la « démocratie apaisée, fraternelle, où chaque citoyen exprime librement ses opinions ; où les grands débats qui déterminent la vie de la nation sont tranchés par le peuple » aussitôt, sans plus hésiter sort de ses gonds et lance sa « fatwa » : « Personne ne devrait être insensible à un tel discours. Sauf si on est défenseur de la violence. Ce qu’on a constaté d’ailleurs dans la salle de conférences du Palais des congrès, où certains parlementaires sont restés assis pendant que les autres se levaient pour saluer le discours du Président de la République quand il a abordé la question sur la consolidation de la paix et de la stabilité. Est-ce pour dire que ces parlementaires veulent de «la démocratie de l’invective, celle qui se nourrit du sang et des larmes des autres» ? »

Nous y sommes donc ! Voilà une marque à retenir, une limite à ne pas franchir ! Rester assis, ne pas se lever pour applaudir et pour saluer le discours du dictateur congolais, Denis Sassou Nguesso, fait de vous un dangereux extrémiste, un redoutable opposant « qui se nourrit du sang et des larmes des autres ! »

Sans retourner très loin dans les méandres sanglants de notre histoire, sans aller profondément aux origines obscures de ce pouvoir de Pierre Kinganga en 1970 à Ange Diawara et ses compagnons en 1972 ; à la carotide de Marien N’Gouabi et aux tendons d’Achille du Cardinal Emile Biayenda tranchés en 1977 ; en faisant l’impasse sur la véritable origine du déclenchement de la guerre du 5 juin 1997 et à l’inconséquence irresponsable et criminelle, en 2012, de l’accumulation d’armements à M’pila, quelques questions infiniment respectueuses s’imposent à nous afin de répondre au tissu épais d’affirmations mensongères déclamé le 12 août dernier.

«Le sang et les larmes des autres ont trop coulé dans ce pays. Nous disons : ça suffit !» avait martelé l’autocrate de l’Alima, ex-chef de guerres civiles. Mais que faisait-il, au matin du 16 décembre 2013 lorsque des tirs à l’arme lourde résonnaient dans la capitale et qu’un hélicoptère de combat la survolait ? « Plus jamais çà ! » avait-il dit et pourtant ce jour-là le sang de dizaines de jeunes hommes congolais, pour la plupart désarmés, avait coulé ! Abondamment une fois de plus !

« La paix est durablement établie. Le spectre de la violence est à jamais éloigné. Les institutions politiques remplissent convenablement leur office conformément à leurs missions. Notre démocratie s’affermit chaque jour. » constatait le deux fois putchiste-président de la République dans le même discours. Mais que faisait-il lorsque Ruth Nguina, cette jeune fille de 17 ans, a été incarcérée sans motif et sans jugement durant huit longs mois à la Maison d’Arrêt de la capitale. S’en était-il ému ? S’en était-il plaint ? Ruth Nguina, ainsi que sa tante Madame Ntsourou, ont été libérées quelques jours avant le déplacement de Washington ; sans doute de peur que Madame Michelle Obama joigne le sort des deux captives à celles de Boko Haram au Nigéria.

Et pour clore le sujet, des calicots lourds de menaces fleurissent aux principaux carrefours de Brazzaville. La volonté d’intimider est à son comble, rien de moins qu’une pratique mafieuse institutionnalisée. L’actuel chef de gang, bien plus que président, a-t-il émis la moindre réaction ou protestation ? Qu’attend-t-il pour condamner le « Bameka SASSOU té, Bakéba na bango » ? Se prépare-t-il « à être réveillé par un char à 5 heures du matin alors qu’il dormait paisiblement ? » (ndlr : motif officiel du commencement de la guerre du 5 juin 1997 qui fit 40.000 morts).

Banderole menaçant les Congolais à Brazzaville « Ne touchez pas à Sassou, vous êtes averti »

Tous les actes de notre prétendu président contredisent sa parole et beaucoup certifient qu’il n’en a point ! Il n’en a pas, c’est évident ! Comme le disait Charles Pasqua, dans l’affirmation qu’il avait empruntée d’ailleurs à Omar Bongo : « les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent ! »

Trois décennies que le verbe n’a pas été suivi d’effet ! Trente années de paroles creuses et de slogans à l’emporte-pièce. Les graines du totalitarisme n’en finissent pas de pousser sur le terreau fertile de la passivité congolaise ! Nous voici arrivés à épouser l’exigence dictatoriale nord-coréenne où le fait de rester assis et de ne pas applaudir vous désigne automatiquement comme un ennemi d’une pseudo démocratie ; celle édictée à Oyo et au cimetière de Kona-Kona !

Certes, l’autocrate Sassou Nguesso, a été particulièrement traumatisé par le déferlement d’invectives qu’il avait subi lors de la Conférence Nationale Souveraine. Cela reste toujours son pire cauchemar qu’il ne veut surtout pas voir se reproduire dans un avenir proche.

Il n’en reste pas moins qu’à force de s’enfermer dans le double langage, de nier la réalité de tous ses échecs et de vouloir museler l’expression de l’opposition démocratique, ce président-chef de clan conforte sa stature de dictateur et de tyran infréquentable dont plus rien ne saurait désormais l’en départir. Les masques sont tombés. Tout finira par lui sauter à la figure, comme un certain 4 mars 2012 dont il était à l’origine et auquel diaboliquement il avait échappé aux conséquences de sa responsabilité pleine et entière !

Rigobert OSSEBI

(Extrait de congo-liberty)

Sassou Nguesso parle encore et toujours, des larmes, de sang et de guerre dans son discours du 12 août 2014.

(Congo-Brazzaville) L’invective selon Denis Sassou Nguesso.
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Rigobert Ossebi - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT
16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 16:07
(Congo-Brazzaville) L'Etat du Sud-Congo pour ne plus être appelés les "autres"

L’Etat du SUD CONGO pour ne plus être appelés les “autres” -

Ce n’est pas un lapsus puisqu’il le dit et l’écrit. C’est donc sa pensée profonde qu’il exprime le mardi 12 août 2014, dans son Message à la Nation, lorsqu’il reconnaît enfin ses crimes de génocide envers le peuple du Sud Congo. Que dit-il :

« […] Nous ne voulons pas de la démocratie de l’invective. Celle qui se nourrit du sang et des larmes. Il s’agit, vous vous en doutez, du sang et des larmes des autres. Mais, nous n’allons pas recommencer. Le sang et les larmes des autres ont trop coulé dans ce pays. Nous disons : ça suffit ! »

Cette phrase dit TOUT. Ni plus ni moins que la reconnaissance de ses crimes de génocide envers le Peuple Kongo qu’il appelle les «autres».

1. Quand Sassou Nguesso "assumait" tout (*)

Au moment où le Congo est réduit en miettes, un document issu de nos archives jette une lumière étrange sur l’action politique et ses motivations, mais aussi sur la fameuse conférence nationale qui s’est tenue à Brazzaville en 1991. A-t-elle fait du bien à la conscience collective ? A-t-elle plutôt, comme une messe psychanalyste mal maîtrisée, ouvert des blessures sans savoir les refermer ? Quelle part de double jeu ? Quelle part de sincérité ? A l’époque, chef de l’Etat sur la sellette, Denis Sassou Nguesso avait édité un petit fascicule avec un titre spectaculaire : « J’assume ».

On peut y lire notamment :

« Peuple congolais, les tranches douloureuses, tragiques de notre histoire récente ont été longuement évoquées. Beaucoup de fils de ce pays ont péri, victimes des affrontements propres aux systèmes que nous avons connus. Certains ont payé de leur sang nos erreurs, d’autres ont succombé pour avoir pris des armes contre la République. Certains de ces épisodes demeurés obscurs, ont fait l’objet de témoignages publics qui donnent un éclairage neuf. D’autres ont fait l’objet de procès que seuls les éléments nouveaux pourraient remettre en question.

Chers compatriotes, que signifie la conférence nationale que nous avons voulue ? La grande introspection qu’elle représente doit avant tout viser la réconciliation et la reconstruction nationales. Il s’agit de panser nos plaies, non de provoquer de nouvelles déchirures. Ayons une pensée pieuse pour tous ces compatriotes, sans distinction ! Que le souvenir de ce qu’a été leur destin nous détourne à jamais des pratiques de ces temps révolus (…). Faut-il enjamber d’autres corps pour arriver à la démocratie ? Ma réponse est non…! » (1)

Concernant ses prédécesseurs, Denis Sassou Nguesso les absout de tout : « Le président Youlou n’a pas eu le temps d’expérimenter le système monopartite. Le président Massamba-Débat, qui a dirigé la première organisation monopartite, le Mouvement national de la révolution, n’est plus. De même que le commandant Marien Ngouabi, qui a créé le Parti congolais du travail. Le président Yhombi-Opango, qui a poursuivi l’expérience avec le Comité militaire du parti, n’est plus aux affaires. Le mal, je suis donc le seul à l’assumer, et je l’assume, à titre collectif et individuel, au nom de tous les dirigeants de ce pays qui ne sont plus. Moi, j’assume pour nous tous, tout, notre passé, toute cette histoire commune dans ses errements comme dans ses mérites. »

2. Quand Sassou Nguesso appelait son ethnie à la guerre (**)
Ou discours de Sassou Nguesso à l’attention des fils et filles du Nord
(Prononcé le dimanche 21 mars 1999 à 9 h, au dispensaire Marien Ngouabi situé au croisement de la rue Ossio et l’avenue Talangaï au quartier Mikalou)

« Je vous remercie d’avoir répondu à mon appel, je suis convaincu que vos chefs de quartier ont fonctionné comme souhaité ; mais le moment est très court et le temps presse pour que notre rencontre dure. Alors, je ne vous dirai que l’essentiel de mon message… et je ne parle pas en paraboles. Je sais que vous n’avez pas oublié ce que vous avez vécu en 97 par les bombardements de Lissouba. Vous savez ce que j’ai fait pour terminer cette tragédie, cette barbarie, ces pertes humaines que personne ici ne peut évaluer. Vous avez marché sur des corps. D’aucuns diront que Sassou a terminé la guerre, mais moi je dis que c’est d’abord la détermination du peuple nordiste de vouloir, je dis bien, vouloir finir ces malheurs infligés par Lissouba… Beaucoup de jeunes sont venus du nord pour se joindre aux jeunes brazzavillois nordistes et lutter à mes côtés.

Après 6 mois d’ivresse de paix retrouvée, il fallait bien repartir sur le chemin de la reconstruction. Vous avez certainement constaté comme moi, le pire dans la société de ces jeunes de Talangaï-Mikalou… Des pillages se terminant surtout par des règlements de compte. Le manque de respect généralisé. Je ne pouvais pas laisser évoluer cet esprit de guerre contre nous-même, c’est ainsi que je me suis adressé aux Cobras, car c’est d’eux qu’il s’agit. Vous avez entendu partout leurs tergiversations, certains ont même parlé à la radio RFI pour manifester publiquement leur mauvaise foi. Certains ont dit que je ne fais rien pour les jeunes et pour le peuple nordiste confondu, sans distinction des partis ni des tribus. J’ai aussi entendu dire que « Sassou continue à nous faire tuer chez les Tchek et les Nibolek (2). Que nos enfants sont égarés sous les instructions de Sassou ».

A l’hôpital de Talangaï, vous avez jeté des tracts qui disent que Sassou va fuir en exil et patati patata… Beaucoup de militaires nordistes désobéissent au commandement des Fac, laissant tantôt les autres exécuter des missions contre leurs régions, et vous savez ce que ça nous coûte… ! Des troupes souvent exposées, des troupes tombant dans les embuscades des ninjas et des cocoyes, et dans ces genres d’exercices, seuls les chefs de mission ne meurent pas.

A qui est donc la faute si nos jeunes, nos enfants périssent toute fois qu’ils vont au service de la République ? Est-ce qu’il manque d’officiers nordistes ici où nous sommes ? Est-ce que vous savez que le nord a le record en effectif d’officiers ? »

***
Sous des acclamations frénétiques et prolongées, la foule applaudit.
***
Silence !

« Je vais maintenant vous dire que la paix à laquelle vous croyez n’est que superficielle, votre paix ressemble au repos d’un prisonnier dans sa prison. La guerre que vous avez gagnée vous a seulement écarté du danger, mais ce danger continue à menacer, et aujourd’hui je constate que c’est même pire.

Je vous interpelle tous, pour notre survie, notre futur est noir… S’il m’arrivait de mourir à 11 heures, sachez qu’avant 15 heures, on ne parlera plus du nord tout entier. Tous nos villages seront brûlés, tous nos nordistes de Brazzaville comme ceux de Pointe-Noire mourront dans les 3 heures qui suivront ma mort.

Donnez-moi donc vos enfants, j’ai besoin d’hommes pour assurer votre survie. On ne peut pas toujours compter sur les troupes étrangères, nous devons compter sur nous-mêmes d’abord.

Je lutterai aux côtés de mes enfants comme je l’ai toujours fait depuis juin 97.
Je ne fuirai jamais, je lutterai avec vous jusqu’à ma dernière goutte de sang.
Les jeunes hommes iront dans les casernes, les jeunes filles apprendront les armes ici sur place à Brazzaville.
Je vous exhorte à plus de vigilance et de courage.
Je vous remercie… »

3. Mardi 12 Août 2014, Sassou reconnaît ses crimes de génocide contre le peuple du Sud Congo

« […] Nous ne voulons pas de la démocratie de l’invective. Celle qui se nourrit du sang et des larmes. Il s’agit, vous vous en doutez, du sang et des larmes des autres. Mais, nous n’allons pas recommencer. Le sang et les larmes des autres ont trop coulé dans ce pays. Nous disons : ça suffit ! »

Quel autre choix reste-t-il à ceux qu’il repousse comme étant les “autres” de la partie sud du pays sinon la déclaration de l’Etat du SUD CONGO.

Jean-Claude MAYIMA-MBEMBA

(*) – Ce document, qui est le discours de Sassou Nguesso à la Conférence nationale souveraine en 1991, a été publié dans le n° 308 du mensuel Africa International, octobre 1997. Six ans après cette déclaration rassurante, Sassou Nguesso avala sa langue.
(1) – L’homme qui s’est écrié ainsi, en 1991, pour berner le peuple congolais et l’opinion internationale, est un récidiviste incurable. Six ans plus tard, en 1997, puis de 1998 à 2005, il remettait ça, non pour arriver à la démocratie, mais pour mieux l’enterrer de la même façon qu’il extermine des centaines de milliers de Congolais. (Cf. : Discours du président Jacques Chirac à Luanda, le 30 juin 1998).
(**) – L’homme qui se présentait en 1991 et durant tout son exil en France comme un agneau : "J’ai changé" (sic), reprend en 1997 ses habits de fauve, de carnassier et de vampire. Le flot de sang qui baigne le sol congolais n’est plus à démontrer ou à prouver.
(2) – Ceux que Sassou Nguesso désigne par le vocable de "Tchek", ce sont tous les originaires et ressortissants de la région du Pool et du Kouilou, en fait il s’agit de la contraction Tchicaya et Kolélas : le Kouilou et le Pool ; et les "Nibolek", ce sont tous les originaires et ressortissants des régions de la Bouenza, de la Lékoumou et du Niari.

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Jean-Claude Mayima-Mbemba - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT
16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 04:45
(Congo-Brazzaville) SASSOU RECONNAÎT LES EPURATIONS ETHNIQUES  ET SES CRIMES CONTRE L'HUMANITÉ

ENIÈME AVEU EN QUELQUES ETAPES

  1. 1) - De l'Etat de Droit

Dans un discours du 10 novembre1984, le Chef de l'Etat congolais, toujours M. Sassou Nguesso, déclarait que le Congo était un Etat de Droit. Trente ans après, en cette année 2014, il remet ça et déclare urbi et orbi que le Congo est un Etat de Droit. Mais qu'en sait-il de l'Etat de Droit ?

Or, l'Etat de Droit :

« C'est un Etat où la Loi (écrite et promulguée et non simplement énoncée par le parti au pouvoir) garantit le droit à la vie. Un Etat de Droit où les individus ne sont pas la chose du seigneur, du prince, du roi... Un Etat de Droit où aucun citoyen ne soit arbitrairement menacé du droit de mort ou de vie de la part des dirigeants de l'Etat. Un Etat de Droit ne peut permettre de laisser sans sanction la violation de la Loi... »

En 1991, dans un discours, à la Conférence nationale souveraine, où il « assumait » tout au nom de tous, M. Sassou Nguesso déclarait :

« Peuple congolais, les tranches douloureuses, tragiques de notre histoire récente ont été longuement évoquées. Beaucoup de fils de ce pays ont péri, victimes des affrontements propres aux systèmes que nous avons connus. Certains ont payé de leur sang nos erreurs, d'autres ont succombé pour avoir pris des armes contre la République. Certains de ces épisodes demeurés obscurs, ont fait l'objet de témoignages publics qui donnent un éclairage neuf. D'autres ont fait l'objet de procès que seuls les éléments nouveaux pourraient remettre en question.

Chers compatriotes, que signifie la conférence nationale que nous avons voulue ? La grande introspection qu'elle représente doit avant tout viser la réconciliation et la reconstruction nationales. Il s'agit de panser nos plaies, non de provoquer de nouvelles déchirures. Ayons une pensée pieuse pour tous ces compatriotes, sans distinction ! Que le souvenir de ce qu'a été leur destin nous détourne à jamais des pratiques de ces temps révolus (…). Faut-il enjamber d'autres corps pour arriver à la démocratie ? Ma réponse est non…!

[…] Le président Youlou n'a pas eu le temps d'expérimenter le système monopartite. Le président Massamba-Débat, qui a dirigé la première organisation monopartite, le Mouvement national de la révolution, n'est plus. De même que le commandant Marien Ngouabi, qui a créé le Parti congolais du travail. Le président Yhombi-Opango, qui a poursuivi l'expérience avec le Comité militaire du parti, n'est plus aux affaires. Le mal, je suis donc le seul à l'assumer, et je l'assume, à titre collectif et individuel, au nom de tous les dirigeants de ce pays qui ne sont plus. Moi, j'assume pour nous tous, tout, notre passé, toute cette histoire commune dans ses errements comme dans ses mérites ».

L'homme qui s'était écrié ainsi, en 1991, pour berner le peuple congolais et l'opinion internationale, est un récidiviste incurable. Six ans plus tard, de 1997 à 2005, il remettait ça, non pour arriver à la démocratie, mais pour mieux l'enterrer de la même façon qu'il extermine des centaines de milliers de Congolais, à la grande satisfaction de ses commanditaires français, dont le président de l'époque, son souteneur, n'avait dit mot, sinon pour le féliciter de l'œuvre macabre accomplie (CF. : Discours du président Jacques Chirac à Luanda, le 30 juin 1998).

2) - Discours de Sassou Nguesso à l'attention des fils et filles du Nord-Congo

QUAND SASSOU NGUESSO APPELAIT SON ETHNIE À LA GUERRE

Dimanche 21 mars 1999 à 9 h

Dispensaire Marien Ngouabi

Croisement Rue Ossio et av. Talangaï

Quartier Mikalou

« Je vous remercie d'avoir répondu à mon appel, je suis convaincu que vos chefs de quartier ont fonctionné comme souhaité; mais le moment est très court et le temps presse pour que notre rencontre dure. Alors, je ne vous dirai que l'essentiel de mon message… et je ne parle pas en paraboles. Je sais que vous n'avez pas oublié ce que vous avez vécu en 97 par les bombardements de Lissouba. Vous savez ce que j'ai fait pour terminer cette tragédie, cette barbarie, ces pertes humaines que personne ici ne peut évaluer. Vous avez marché sur des corps. D'aucuns diront que Sassou a terminé la guerre, mais moi je dis que c'est d'abord la détermination du peuple nordiste de vouloir, je dis bien, vouloir finir ces malheurs infligés par Lissouba… Beaucoup de jeunes sont venus du nord pour se joindre aux jeunes brazzavillois nordistes et lutter à mes côtés.

Après 6 mois d'ivresse de paix retrouvée, il fallait bien repartir sur le chemin de la reconstruction. Vous avez certainement constaté comme moi, le pire dans la société de ces jeunes de Talangaï-Mikalou… Des pillages se terminant surtout par des règlements de compte. Le manque de respect généralisé. Je ne pouvais pas laisser évoluer cet esprit de guerre contre nous-mêmes, c'est ainsi que je me suis adressé aux Cobras, car c'est d'eux qu'il s'agit. Vous avez entendu partout leurs tergiversations, certains ont même parlé à la radio RFI pour manifester publiquement leur mauvaise foi. Certains ont dit que je ne fais rien pour les jeunes et pour le peuple nordiste confondu, sans distinction des partis ni des tribus. J'ai aussi entendu dire que « Sassou continue à nous faire tuer chez les Tchek et les Nibolek (1). Que nos enfants sont égarés sous les instructions de Sassou ».

A l'hôpital de Talangaï, vous avez jeté des tracts qui disent que Sassou va fuir en exil et patati patata… Beaucoup de militaires nordistes désobéissent au commandement des Fac, laissant tantôt les autres exécuter des missions contre leurs régions, et vous savez ce que ça nous coûte... ! Des troupes souvent exposées, des troupes tombant dans les embuscades des ninjas et des cocoyes, et dans ces genres d'exercices, seuls les chefs de mission ne meurent pas.

A qui est donc la faute si nos jeunes, nos enfants périssent toute fois qu'ils vont au service de la République ? Est-ce qu'il manque d'officiers nordistes ici où nous sommes ? Est-ce que vous savez que le nord a le record en effectif d'officiers ?

Sous des acclamations frénétiques et prolongées, la foule applaudit.

Silence !

Je vais maintenant vous dire que la paix à laquelle vous croyez n'est que superficielle, votre paix ressemble au repos d'un prisonnier dans sa prison. La guerre que vous avez gagnée vous a seulement écarté du danger, mais ce danger continue à menacer, et aujourd'hui je constate que c'est même pire.

Je vous interpelle tous, pour notre survie, notre futur est noir… S'il m'arrivait de mourir à 11 heures, sachez qu'avant 15 heures, on ne parlera plus du nord tout entier. Tous nos villages seront brûlés, tous nos nordistes de Brazzaville comme ceux de Pointe-Noire mourront dans les 3 heures qui suivront ma mort.

Donnez-moi donc vos enfants, j'ai besoin d'hommes pour assurer votre survie. On ne peut pas toujours compter sur les troupes étrangères, nous devons compter sur nous-mêmes d'abord.

Je lutterai aux côtés de mes enfants comme je l'ai toujours fait depuis juin 97.

Je ne fuirai jamais, je lutterai avec vous jusqu'à ma dernière goutte de sang.

Les jeunes hommes iront dans les casernes, les jeunes filles apprendront les armes ici sur place à Brazzaville.

Je vous exhorte à plus de vigilance et de courage.

Je vous remercie… »

L'homme qui se présentait en 1991 et durant tout son exil en France comme un agneau : « J'ai changé » (sic), reprend, en 1997, ses habits de fauve, de carnassier et de vampire. Les flots de sang et de larmes qui baignent le sol congolais n'est plus à démontrer ou à prouver.

Ainsi, l'homme qui annonçait sa conversion aux vertus de la démocratie, durant sa longue traversée du désert - mise à l'écart des affaires -, affirmant notamment que « si la plupart des dirigeants avaient accepté de se remettre à l'école (de la démocratie), en toute modestie, on aurait pu éviter les heurts de ces dernières années. », récidiva.

A la question de savoir s'il était convaincu de la nécessité de la démocratisation du continent noir, M. Sassou répondit qu'« on ne peut penser que l'Afrique soit inapte à la démocratie, ou qu'elle doive se contenter d'une démocratie de seconde zone. C'est un processus unique de liberté, de participation des peuples à leur propre existence, à la gestion de la cité. »

Hélas, quelques mois plus tard, des faits concrets allaient ensuite apporter la confirmation de l'ampleur du décalage existant entre les discours et le parcours de M. Sassou Nguesso, attestant ainsi que l'homme n'avait malheureusement jamais changé.

Par ailleurs, ceux que Sassou Nguesso désigne aujourd'hui par l'expression « les autres » sont ceux que, hier, il désignait à l'époque par le vocable de "Tchek" , c'est-à-dire tous les originaires et ressortissants de la région du Pool : les Kongos; et de "Nibolek", tous les originaires et ressortissants des régions de la Bouenza, de la Lékoumou et du Niari.

3) – Autre reconnaissance de crimes

Quand Sassou reconnaissait des massacres humains qu'il appelle « bavures »

Dans un hebdomadaire spécialiste de l'Afrique, M. Akouala qualifiait, en 1999, ces assassinats massifs au nombre impressionnant de « bavures ».

Dans la même année de 1999, le Chef du régime de la barbarie, pour reconnaître ses crimes à grande échelle, déclarait : « Je ne nie pas qu'il y ait eu… des bavures et dérapages condamnables de la part de la force publique » (Cf. : Jeune Afrique/L’Intelligent, n° 2022 du 12 au 28 octobre 1999)

4) – L'aveu public planétaire

MARDI 12 AOÛT 2014, DANS SON MESSAGE A LA NATION, SASSOU RECONNAÎT SES CRIMES DE GENOCIDE SUR LES AUTRES

Le 12 août 2014, à travers son discours valant message et état des lieux à la nation congolaise, monsieur Sassou Nguesso fait le bilan de ses 35 ans de pouvoir sans partage. D'abord, il s'auto-congratule, signe palpable d'auto-satisfaction.

Ce 12 août 2014, au cours de son Message devant son parlement réuni en congrès à Brazzaville, Sassou Nguesso, chef de l'Etat du Nord-Congo, avoue et confesse. Il reconnaît publiquement, devant l'opinion nationale et internationale, les crimes contre l'humanité et les crimes de génocide qu'il a commis contre ceux qu'il appelle les « autres ». Délibérément, il dit au monde entier que ces « autres » ne sont plus ses compatriotes. Ils sont à présent des « étrangers » vivant dans « son pays » à lui Sassou avec son clan. Par les « autres », il faut entendre les populations du Sud-Congo. Ce qui signifie qu'à ses yeux, ces « autres » ne sont pas des Congolais, mais bien des étrangers. Quand on dit, depuis longtemps, que l'Etat du Nord-Congo existe depuis le règne ethno-clanique de Sassou, la preuve irréfragable, irréfutable, est là.

S'agissant des centaines de milliers de victimes expiatoires de la politique de haine de Sassou Nguesso et son clan, voire son ethnie, aujourd'hui reconnues, même s'il ne manifeste aucun repentir, ne présente aucune excuse ou ne sollicite aucun pardon, il est un homme qui doit s'en mordre les doigts et profondément regretter ses prises de position. Cet homme, c'est Okiemy, ministre de son état de la communication, qui avait déclaré : « (…) Sassou Nguesso n'a tué personne » (sic). La déclaration de M. Sassou Nguesso valant aveu incontestatble

[…] Nous ne voulons pas de la démocratie de l’invective. Celle qui se nourrit du sang et des larmes. Il s’agit, vous vous en doutez, du sang et des larmes des autres. Mais, nous n’allons pas recommencer. Le sang et les larmes des autres ont trop coulé dans ce pays. Nous disons : ça suffit !

Ceci dit, regardons, phrase par phrase, ce paragraphe qui balaie tout le reste du contenu du discours de M. Sassou Nguesso.

a) - L'homme dit : « [Nous ne voulons pas de la démocratie de l'invective. Celle qui se nourrit du sang et des larmes. »

Que n'y a-t-il pensé plus tôt !

Le Congo n'a jamais connu autant de soubresauts, de violence et de guerre qu'avec Sassou Nguesso. Il a fait, toutes ces décennies durant, comme Hitler qui culpabilisait ses victimes. Et Sassou, comme son mentor, de dire : « Si vous subissez toutes ces atrocités et si je vous massacre, c'est de votre faute. C'est à cause de Fulbert Youlou, c'est à cause de Bernard Kolelas ». En effet, se servant de la tactique nazie, Sassou avait réussi à faire croire aux Kongos que si tout cela arrive, « si le Pool subit tant de malheurs, s'il y a tant de morts, c'est la faute de Bernard Kolelas. Non seulement il envoie des armes aux Ninjas, mais il ose protester contre ce qui se passe dans le pays » (Cf. Les derniers massacres du Congo-Brazzaville, L'Harmattan, Paris, 1999).

Chaque fois que Sassou n'est pas au pouvoir, le pays compte des dizaines de coups de coups d'Etat plus ou moins réussis. Et quand il est au pouvoir, on compte des tentatives de coups d'Etat imaginaires et des centaines de milliers de suppliciés et de victimes expiatoires et de crimes crapuleux.

S'il y a un homme qui pratique la démocratie de l'invective et qui se nourrit du sang et des larmes des autres comme il le reconnaît lui-même, c'est bien Sassou Nguesso et son clan, voire sa tribu (Cf. Discours de Sassou Nguesso, 21 mars 1999, Dispensaire Marien Ngouabi, Croisement Rue Ossio et av. Talangaï, Quartier Mikalou) ci-dessus rappelé pour conforter ce que nous rappelons ici.

b) - « […] Il s'agit, vous vous en doutez, du sang et des larmes des autres... »

Au Congo, jamais le sang n'a été aussi abondamment versé que sous le règne de Sassou Nguesso. Le moment viendra certainement où les Congolais feront l'inventaire des charniers, des fosses communes des victimes de la politique d'intolérance et de haine de Sassou Nguesso et son clan.

- Qui sont les « autres » ?

Sans conteste, ce sont les populations du sud-Congo en général et celle de la région du Pool en particulier, qui ont versé des torrents, des fleuves de sang et de larmes. Ce sont ces populations-là, du Sud-Congo, exclues volontairement par Sassou Nguesso, qui ne sont plus ses compatriotes, mais sont devenus les « autres ». M. Sassou Nguesso ayant choisi délibérément d'installer son Etat dans le Nord du Congo avec pour capitale OYO. Il a choisi, depuis 1997, la partition du Congo en deux Etats. C'est pourquoi, quand il parle de « peuple », il fait allusion à son peuple, celui de la région de la Cuvette, car les peuples des autres région du nord du Congo ne sont certainement prêts à le suivre dans sa politique sanguinaire faite de violence, de guerre, d'épuration ethniques. Au jour d'aujourd'hui, contrairement à 1997 où les originaires des régions nord du Congo s'étaient fait duper, il est même certain que personne, même dans le Nord du pays, n'acceptera de sacrifier sa vie pour la progéniture de Sassou ou des membres de son clan.

- Les « autres » :

Ce sont ces Congolais du Sud qu'il a broyés. Les « autres », ce sont ces 750 000 Congolais suppliciés, massacrés entre1997 et 2005 dont les 350 victimes enterrées à Kimaza, les 353 victimes expiatoires désignées pudiquement sous le vocable de « disparus du Beach ».

Pour ceux qui n’ont pas compris ou qui ne veulent pas comprendre, il s’agit des trois quart de million (750 000) de personnes qui manquent à l’appel dans le sud du Congo, d’après l’estimation des Nations Unies.(Cf. programme post-conflit de novembre 1999 signé par Denis Sassou N’Guesso, Pierre Oba, Mathias Dzon entre autres) et des 353 jeunes gens enfermés vivants dans des containers puis jetés dans le fleuve Congo, tandis que d’autres seront jetés vivants dans des fosses, aspergés d’essence puis brûlés vifs. C’est le dossier nommé pudiquement « les disparus du Beach ».

Ne vous y trompez pas, derrière ces mots, ces phrases, il n'y a pas de remords. Bien au contraire !

c) - « […] Mais, nous n’allons pas recommencer... »

Ici, nous faisons appel aux analystes férus de rhétorique, de sémantique et de syntaxe. Cependant, pour notre part, nous disons que derrière cette phrase se cache une menace terrible, implacable.

De la même manière qu'il avait juré, en 1991, qu' « il n'enjamberait plus d'autres cadavres pour parvenir à la démocratie » (sic), pour remettre ça six ans plus tard avec des fleuves de sang et de larmes, de la même manière il fait comprendre à ces « autres », qu'il a déjà exclus de la nation congolaise, que l'hécatombe leur tombera dessus si seulement ils recommençaient à troubler son breuvage.

« [Mais, nous n'allons pas recommencer... », sauf si ces « autres », sous-entendu ces pestiférés, ne nous laissent pas jouir de notre pouvoir. On remarque le dédain, le mépris avec lesquels Sassou Nguesso prononce ces mots : « les autres » ! Ceux qui n'ont pas de noms, ceux qui ne sont pas de son pays, de sa région, de son ethnie, de sa tribu, de son clan. Le même mépris, le même dédain qu'affichent les Mbochis en général et Sassou en particulier à l'égard des Tékés. Souvenez-vous de cette phrase de Jacques Okoko, lors du pseudo procès sur l'assassinat de feu président Marien Ngouabi : « Même les Batékés veulent commander ce pays... ? Ils vont recommencer, il ne faut pas qu'ils recommencent... »

Or, M. Sassou Nguesso vient de reprendre cette expression : « Nous n'allons pas recommencer... ». Et le sous-entendu est : « […] sauf si les « autres » nous y obligent ».

Vous aurez tout compris.

d) - [...] Le sang et les larmes des autres ont trop coulé dans ce pays. Nous disons : ça suffit !

Que comprendre de cette phrase qui sonne comme un aveu ?

Oui, en 1999, l'homme avait déjà diverti l'opinion internationale avec ce type de contorsions pour déclarer : « Je ne nie pas qu'il y ait eu… des bavures et dérapages condamnables de la part de la force publique » (Cf. : Jeune Afrique/L’Intelligent, n° 2022 du 12 au 28 octobre 1999)

Depuis, malgré cet aveu, combien y a-t-il eu de condamnations ? Aucune ! A-t-on traduit en justice un seul de ces « dérapeurs » ? Alors :

- Bavures et dérapages, les 750 000 morts programmés, laissés sur le terrain par les massacres du Sud-Congo, dont une moitié de femmes et d'enfants ?

- Bavures et dérapages, les milliers de personnes exécutées, après avoir été ramenées de force de la forêt ou de Kinshasa ?

- Bavures et dérapages, cette décision d'épuration ethnique prise à Oyo en janvier 1998, et exécutée scientifiquement dès avril 1998 ?

- Bavures et dérapages, ces opérations de ratissages mètre par mètre décidées et annoncées publiquement pour anéantir tout le Sud-Congo ?

- Bavures et dérapages, toutes ces fillettes violées devant papa et maman ?

- Bavures et dérapages, ces opérations d’extermination humaine aux noms évocateurs de : « Colombes I et II », « Hérode », « Hadès », « Mouebara » ?

- Bavures et dérapages, ces centaines de milliers de femmes abattues puis violées ?

- Bavures et dérapages, ces mines anti personnelles disséminées ici et là en vue de l'extermination des populations visées ?

- Bavures et dérapages, l'absence de prisonniers de guerre, tous les capturés vivants ou enlevés étant immédiatement exécutés ? De véritables exécutions sommaires !

- Bavures et dérapages, cet aveu du président Chirac ce jour du 30 juin 1998 à Luanda (Angola), contre lequel le ministre des Affaires étrangères de l'époque, M. Hubert Védrine, dans sa réaction, déclara : « Mais quelle mouche l'a piqué ? » (Cf. Le Canard Enchaîné) ?

- Bavures, dérapages et sans doute aussi mensonges, ces nombreux témoignages recueillis par les équipes de Médecins Sans Frontières et rapportés dans leur livre intitulé : Une guerre contre les civils : Réflexions sur les pratiques humanitaires au Congo-Brazzaville (1998-2000) ? (Cf. Marc Le Pape et Pierre Salignon) ?

- Etc.

Or chaque Congolais connaît le mode opératoire du régime de Brazzaville. On tue près de 600 personnes au Beach de Brazzaville ou ailleurs, puis on achète des Zaïro-Congolais et des Hutu rwandais pour servir de faux disparus dans le but de discréditer l'action judiciaire engagée par la FIDH et l'OCDH. Ce scénario avait déjà fonctionné lors de l'assassinat du président Marien Ngouabi, celui du Père Jean Guth et de bien d'autres suppliciés.

Oui, M. Sassou Nguesso, le sang et les larmes des « autres », ceux qui ne sont pas de votre famille, de votre clan, de votre tribu et de votre ethnie, ni de votre région (La Cuvette) ont trop coulé dans ce pays dont les « autres », selon votre propre expression, n'en seraient plus originaires, des compatriotes, des citoyens. Mais, pourtant, ce sont des « Kongo ». Ainsi donc Oko montre la mer à Tati. Il s'agit de ceux sur le dos desquels vous aviez mis votre forfait à l'assassinat de feu président Marien Ngouabi, à travers une phrase accusatrice et lourde de conséquences : « Bakongo ba bomi Marien Ngouabi » (Les Kongo ont assassiné Marien...).

Aujourd'hui, aveu ou pas, repentance ou pas, les Sud-Congolais que vous appelez maintenant : Les « AUTRES », ne vous demandent qu'un chose : la restitution des dépouilles mortelles de tous les suppliciés afin qu'ils bénéficient des sépultures dignes, comme vous l'avez fait pour vos parents et votre fille Edith. Ils sont 750 000, auxquels il faut ajouter les 350 familles de Kimaza et les 353 suppliciés du Beach de Brazzaville : « les Disparus du Beach ».

Un mort est inoffensif.

e) - Monsieur Sassou Nguesso dit : « Ça suffit ! ».

Oui, « Ça suffit ». C'est bien qu'il le dise, même si c'est un peu tard, trop tard. Est-ce une prise de conscience (tardive) ? Mais, jusqu'à quand et dans quelles conditions ? A qui lance-t-il cet avertissement sibyllin ? Aux « Autres » ou à ses partisans ethno-claniques à qui il lançait cet appel à la guerre, ce dimanche 21 mars 1999, à Mikalou ? Parce que chez Sassou, rien n'est gratuit ; tout est toujours sous-entendu. Est-ce pour désamorcer la menace des poursuites judiciaires lancées sur le plan international ? Est-ce le conseil qui lui a été donné par les nombreux visiteurs et invités qu'il a reçus récemment au Forum des Fourbes et en d'autres circonstances ces derniers temps ?

Ceci dit, il reste une question, celle de l'Opposition.

Aujourd'hui, l'opposition, du moins ses leaders, est entre les mains des originaires du Nord qui, pour nous, sont désormais aussi « LES AUTRES ».

Première question : Sont-ils montés au créneau et se sont-ils accaparés de l'opposition dans le but de ne pas perdre le pouvoir, parce que celui-ci doit toujours rester au Nord ? Il faudra bien que les « autres » (Sudistes) y réfléchissse.

Deuxième question : Cette stratégie de garder le pouvoir repose-t-elle sur la peur et l'idée qu'ils se font des Sudistes qui, paraît-il, se vengeraient le moment venu si le pouvoir repartait au sud du pays ?

Troisième question : Pourquoi les Sudistes se vengeraient-ils ? Cela est-il expliqué par ce paragraphe on ne peut plus clair : […] Nous ne voulons pas de la démocratie de l’invective. Celle qui se nourrit du sang et des larmes. Il s’agit, vous vous en doutez, du sang et des larmes des autres. Mais, nous n’allons pas recommencer. Le sang et les larmes des autres ont trop coulé dans ce pays. Nous disons : ça suffit ! » ?

Quatrième question : Ces leaders de l'opposition, étant donné qu'ils sont tous originaires du Nord, seront-ils disposés à livrer à la CPI, le moment venu, tous les originaires du Nord-Congo impliqués dans tous les crimes économiques et de sang, où se placent-ils à ce niveau pour les protéger et leur éviter cette humiliation de la CPI ? Nous doutons fort que MM. Malekat, Mabilemono, Otta, Dzon, Mierassa, etc., se permettent, le moment venu, de livrer à la CPI ceux qui ont fait d'eux ce qu'ils sont aujourd'hui, d'autant qu'ils sont tous issus du monopartisme en général et du PCT en particulier.

L'avenir nous le dira !

Mais les plus naïfs ce sont ces Sudistes qui les suivent et qui croient en cette chanson séculaire et de duperie : « démocratie, paix, liberté, réconciliation... », une chanson piège dans lequel sont tombés tous les cadres civils et militaires originaires des régions sud du Congo en général , mais particulièrement du Pool, car les cibles visées, c'étaient eux .

Aujourd'hui, comme hier, on se sert d'eux pour faire bonne figure, comme l'autre (Sassou) se sert des « autres » aujourd'hui. Que les Kolelas, les Mvouba, les Munari, les Mabiala, etc., le comprennent aujourd'hui. Ils sont les « autres ». C'est-à-dire de petites choses. Rien d'autre !

Voilà les crimes de génocide que Denis Sassou N’Guesso reconnaît volontiers, dans son Message à la « Nation (?) », avoir commis, devant son parlement réuni en congrès, le 12 août 2014 à Brazzaville.

Jean-Paul Kimpa-Bikenda Kelandenzi

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Jean-Paul Kimpa-Bikenda Kelandenzi - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT