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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 18:56
(Congo-Brazzaville) L'épineux "cas Modeste Boukadia" : les magistrats tancent

A sa dernière visite à Pointe-Noire, le 14 juillet 2016, M. Pierre Mabiala, Ministre de la Justice, en réunion de travail, aura été renvoyé à revoir sa copie, car "le fait d'être ministre n'enlève rien de ce que l'on a appris à la faculté de Droit !" (Dixit le doyen de la faculté de Droit de Dolisie).

Conversations épiques !

Le Doyen : J'étais votre doyen de faculté de Droit à Dolisie et votre professeur. Alors, pourquoi nous faire passer pour des idiots sur "le cas M. Modeste Boukadia ?" En Droit, il n'y a rien contre lui. Il doit sortir. Ton Pourvoi ne repose sur aucune base juridique. Il fallait nous instruire que le dossier juridiquement étant épuisé, c'est le politique qui prend la relève au lieu de nous exposer auprès de ce Monsieur qui croit maintenant que c'est la justice qui le maintient en prison et surtout que les frais d'extraction avaient été payés. De plus, il était libéré en conditionnelle pour qu'il soit en résidence surveillée puisque vous voulez limiter ses déplacements. Et vous ordonnez un pourvoi sans raison de Droit.

Le Ministre (se défaussant) : Pourquoi le Procureur Général avait-il mis la fonction main libre lorsque nous étions en conversation téléphonique ?

Le Doyen : Pour que tout le monde sache ! Et c'est ce qui est arrivé. Du point de vue du Droit . Sortez M. Modeste BOUKADIA et trouvez-vous une autre raison pour le maintenir en détention, mais pas avec nous.
...
Invariablement, l'orgueil précède la chute !

Th. MBEMBA

(Congo-Brazzaville) L'épineux "cas Modeste Boukadia" : les magistrats tancent
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17 juillet 2016 7 17 /07 /juillet /2016 17:17
(Congo-Chine) Convertibilité Yuan/Franc Cfa : info ou intox

Tempête dans un ciel déjà lourd, la nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre. Coutumière de l’intox, surnommée télé foufou, c’est Télé Congo qui a lancé le scoop relayé par La Semaine Africaine.

Denis Sassou Nguesso aurait signé avec le gouvernement chinois un double accord : la conversion du yuan en FCFA, la libre circulation du yuan au Congo et la libre circulation du FCFA en chine. Un jackpot pour l’administration Sassou confrontée à une grave crise financière consécutive à la chute du cours du baril de pétrole. Ballon d’essai, chantage de Sassou à l’égard de Paris ou réelle volonté de s’affranchir des règles de fonctionnement de la zone franc ? That are the questions.

Partenariat stratégique

Au terme de la visite officielle du khalife d’Oyo, Denis Sassou Nguesso, pigeon voyageur, en Chine du 4 au 8 juillet 2016 , Jean-Claude Ngakosso, le ministre des affaires étrangères, a tenu un point de presse sur le périple présidentiel.

« Deux choses résument le résultat de la visite d’Etat du président Denis Sassou N’Guesso en Chine : la première chose, le Congo est devenu un pays pilote en matière de coopération avec la Chine. La deuxième chose qui est d’une importance capitale, c’est le partenariat entre le Congo et la Chine qui a été élevé au rang de partenariat stratégique global. Cela veut dire que la coopération va désormais concerner tous les secteurs, absolument tous les secteurs, y compris dans le domaine spécifique des Affaires étrangères, » a soutenu le ministre Gakosso, au cours d’une conférence de presse axée sur la visite d’Etat du président Sassou N’Guesso, du 4 au 8 juillet dernier en Chine.

Le ministre Gakosso s’est également félicité des accords signés, dont cet accord qui porte sur la mise en œuvre de la toute première zone économique (spéciale) dans notre pays, la zone économique de Pointe-Noire, ainsi que ceux sur le rachat de la dette congolaise vis-à-vis des entreprises chinoises, le développement de la coopération sur la capacité de production, un mémorandum d’entente de coopération entre les ministères de l’agriculture, la prorogation de l’accord de coopération culturelle pour les années 2016 et 2019.

« Et il y a ce projet d’accord en vue du renforcement du partenariat stratégique en matière financière qui envisage la possibilité de transaction financière avec la monnaie chinoise" » a-t-il ajouté (Xinhua, 13 juillet 2016).

Lecture

Ayant depuis belle lurette virer de bord, La Semaine Africaine, le journal catholique, n’a pas fait dans la nuance. Elle ne prend pas des pincettes. Elle va franco.

Voyageur infatigable, dès son arrivée à Beijing, le premier Congolais a entrepris deux visites. La première, au siège de la Banque agricole de Chine, maison-mère de la B.s.c.a (Banque sino-congolaise pour l’Afrique), une banque qui a démarré récemment ses activités à Brazzaville et dont le siège est en construction. Au cours d’une séance de travail élargie aux ministres et autres experts, côté congolais, d’une part, aux hauts responsables de la première banque commerciale de Chine, d’autre part, Denis Sassou-Nguesso a souligné que l’implantation, dans son pays, de la B.s.c.a, l’une des plus grandes banques au monde, est « un message fort » sur l’évolution positive des relations d’échange entre le Congo et la Chine. La signature d’un accord sur la conversion et la libre circulation du yuan chinois et du franc Cfa en Afrique centrale et en Chine va booster, à coup sûr, les activités de cette nouvelle banque (La Semaine Africaine, 9 juillet 2016).

Peu habitué aux subtilités dz la haute finance, le journal catholique a une autre lecture des relations monétaires entre le Congo-Brazzaville et la Chine. Alors que Jean-Claude Gakosso fait état d’un projet d’accord, Joël Nsoni de La Semaine Africaine, plus royaliste que le roi, annonce de son côté la signature d’un accord sur la convertibilité et la circulation du yuan et du franc CFA. Jean-Claude Gakosso n’a pas insisté sur cet accord monétaire névralgique entre le Yuan et le franc CFA. L’information d’une importance capitale pour la CEMAC, la Chine et la France n’a été reprise ni par l’Agence Chine nouvelles, ni par l’Agence France presse (AFP), et encore moins par les autorités monétaires de la CEMAC concernées au premier chef. On ne trouve aucune trace de cet accord Yuan/Franc CFA dans la presse spécialisée.

Lucas Abaga Nchama, gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) n’a soufflé mot de l’accord de convertibilité et de circulation entre le Yuan et le Franc CFA le 12 juillet 2016 au cours du comité de politique monétaire de la CEMAC. Les autorités monétaires de la CEMAC ont plutôt communiqué sur les déboires financiers des pays de la sous-région. Aucune allusion n’a été faite par Lucas Abaga Nchama à la « fameuse » convertibilité Yuan/Franc CFA. Le Comité de politique monétaire (CPM) de la BEAC, la banque centrale commune à ces Etats, a davantage révélé le 12 juillet 2016 à Yaoundé, à l’occasion de sa 2ème session ordinaire de l’année 2016, que le déficit du compte courant extérieur s’est également accentué sur la même période. Mais, avec moins d’ampleur, puisqu’il a culminé à 14,8% du PIB à fin juin 2016, contre 14,4% l’année dernière. Entre le 2ème trimestre 2015 et celui de 2016, le déficit budgétaire de l’ensemble des six Etats membres de la Cémac que sont le Cameroun, le Congo, le Gabon, la RCA, le Tchad et la Guinée équatoriale, s’est aggravé, puisqu’il a progressé de 3,5% à 7,9% du PIB de cet espace communautaire, passant ainsi du simple au double sur une période d’un an (Les Dépêches de Brazzaville, 13 juillet 2016).

Zone franc

Frères siamois, les pays africains de la zone franc (PAZF) sont liés par un accord monétaire à la France à travers le compte d’opération géré par le Trésor public français. Le FCFA, est le symbole et l’instrument des accords de coopération monétaire en zone Franc. Sa convertibilité illimitée est garantie par le compte d’opérations ouvert au trésor français où les Banques centrales africaines, la BCEAO pour l’Afrique de l’Ouest et la BEAC pour l’Afrique centrale sont astreintes à faire un dépôt de 50% de leurs réserves de change. Ce dépôt était de 65 % auparavant. Ce compte assure également la parité fixe avec la monnaie européenne, l’Euro. Cette parité est aujourd’hui de 655,957 FCFA pour 1 euro.

La gestion du F CFA, monnaie commune des Etats africains de la zone franc est normée par les règles définies par les accords de coopérations monétaire dont les derniers ajustements ont été signés en janvier 1999 (Zenga-mambu.com, 11 juillet 2016).
Les organes qui concourent à la formation et les prises de décisions dans les deux communautés, l’UEMOA pour la BCEAO et la CEMAC pour la BEAC sont :
– La Conférence des chefs d’états de l’Union ou de la communauté ;
– Le Conseil des ministres de la communauté ou de l’union ;
– Le conseil d’administration de chaque institut d’émission, BCEAO et BEAC ;
– Le Comité monétaire de chaque Etat . Au niveau global, il y a bien sûr la réunion de la zone Franc qui se tient alternativement en France et en Afrique.

Questions

Par respect mutuel, les organes qui concourent à la formation et les prises de décisions dans les deux communautés, l’UEMOA pour la BCEAO et la CEMAC pour la BEAC ont-ils été consultés ? Ces organes se sont-ils prononcés pour la signature de cet accord ?

Bien que doyens des Présidents (en longévité politique) Denis Sassou Nguesso a-t-il été mandaté par les chefs d’Etats de la CEMAC ? La France a-t-elle été prévenue de cette initiative lourde de conséquences ? Si non, quelle sera la riposte de Paris ? Les experts de la CEMAC ont-ils planché sur la question avant le voyage de Sassou gnuesso en Chine ? Quelle est la réaction de Lucas Abaga Nchama, gouverneur de la BEAC ? Les pays de l’UEMOA vont-ils s’engouffrer dans la brèche ouverte par Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazzaville ? S’achemine-t-on vers l’éclatement de la zone franc ?

Perte et profit

De 1999 à mai 2008, l’euro est passé de 1,17 à 1,59 dollar, ce qui signifie que le franc CFA, monnaie des économies des pays de la CEMAC, s’est apprécié par rapport au billet vert. Aujourd’hui, 1 euro = 1.1034 dollar. Cela ne manque pas de poser problème et continue de porter préjudice, car les prix des principaux produits d’exportation des pays africains de la zone franc (PAZf), comme le pétrole, le bois, le café, le cacao et le coton sont libellés en dollars, tandis que ceux de leurs plus gros volumes d’importation des biens d’équipements, des produits manufacturés et des produits pharmaceutiques le sont en euros.

Ainsi, payer ses exportations en monnaie faible et régler ses importations en monnaie forte aboutit à des balances commerciales chroniquement déficitaires. Le différentiel de taux de change n’est pas à l’avantage des pays africains de la zone franc (PAZF).

Avec l’accord ou le projet d’accord qui aurait été signé en Chine par les présidents Denis Sassou Nguesso et Xi Jinping (la prudence est de mise), dorénavant le franc CFA sera convertible directement en Yuan. Les Congolais, Camerounais ou Gabonais pourront voyager pour la chine avec le FCFA pareil pour les chinois et le yuan. Plus besoin de Paris pour les échanges. Cela permettra à la banque centrale de la CEMAC de créer une caisse de compensation pour le Yuan. Une manière de contourner le contrôle du Trésor Public français et des Institutions du Bretton woods.

Ce mécanisme s’appliquera entre les pays d’Afrique centrale et les autres partenaires hors UE, tels le Japon avec le Yen et la Russie avec le Rouble, ce qui marque sans doute un pas vers l’indépendance monétaire.

Quid de la réaction de la France ? Etant donné qu’au début des indépendances dans les années 1960-1970 la mère patrie s’était déjà foncièrement opposée à cette pratique dans les échanges Chine et pays africains de la zone franc (PAZF). Les tentatives d’indépendance monétaire du Mali et de la Guinée Conakry de Sékou Touré se sont soldées par des échecs cuisants.

La colonisation n’ayant jamais été aussi effective que maintenant, en matière de gestion du Franc CFA, aucune décision ne peut être prise sans l’aval de Paris. Pour les pays de la CEMAC, en ce qui concerne la gestion du Franc CFA, toute mesure est collective. Le consensus est de règle. Denis Sassou Nguesso a-t-il respecté la procédure, lui qui flirte de plus en plus avec la ligne jaune ?

Benjamin BILOMBOT BITADYS

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REACTION D'UN LECTEUR :

Bonjour, à tous,

J'ai lu avec attention votre article qui une fois de plus renseigne sur des choses que les Congolais occultent ou ignorent sur les conséquences des actes posés par Sassou Nguesso au nom du Congo.

Cet article doit être lu par Guy Parfait Kolélas et Pascal Tsaty-Mabiala qui, tous les deux, font semblant de ne pas savoir que Sassou Nguesso est en train de détruire le Congo.

Votre article sur les relations économiques et financières sino-congolaises tire la sonnette d'alarme.

Je voudrai seulement ajouter que les Congolais comme les Africains en général se trompent sur le projet de la Chine. Les Chinois veulent refaire leur retard sur l'Occident. Pour se faire, ils vont grignoter les sphères stratégiques des anciennes puissances. Ce qui est normal en politique internationale et stratégique. Mais dans le même temps, nous restons victimes, peu importe le bourreau.

Un Etat n'a que des intérêts et non des amis. Aussi incroyable que cela peut paraître, le véritable ami de la Chine c'est ... Les USA. En effet, la Chine a besoin de la technologie américaine. Les Africains pour la Chine, ce sont des amis pour accomplir le projet de puissance de la Chine. Depuis la conférence de Bandoeng en 1955, la Chine n'a pas changé de stratégie vis-à-vis du continent noir. Il s'agit de gagner aussi des partenaires lors des votes à l'ONU ou autre institution internationale.

Sur le plan économique et financier, il n'est pas possible que Sassou Nguesso signe à lui tout seul un accord qui engage les autres pays de la CEMAC et surtout la France, mais aussi le FMI et la Banque Mondiale et même aussi, les partenaires économiques comme les USA, l'Union Européenne, la Grande Bretagne, le Club de Paris, le Club de Madrid, le Club de Londres...

En effet, ces institutions étatiques et non étatiques sont en lien économique et financier avec le Congo Brazzaville car nous bénéficions du parapluie de la France et nous sommes dans la zone CFA.

Ainsi, annulé ce parapluie et sortir de cette zone revient à perdre des gros avantages et nous courrons à la catastrophe économique, financière, sociale et certainement politique. Ce sera le chaos assuré.

C'est pourquoi, et vous le dites bien dans votre article, personne ne parle de cet accord de convertibilité yuan-cfa et de la circulation de ces deux monnaies dans les deux pays. Pas une seule trace, même pas dans la presse chinoise. Pourquoi?

Deux hypothèses:

1- Il s'agit d'une fausse nouvelle lancée par la clique Sassou Nguesso pour agiter tout le monde: la France et les autres pays membres de la CEMAC. Sassou Nguesso veut souffler le chaud et le froid. Il s'agit aussi de voir la réaction de l'opinion nationale et internationale.

2 - La chine sait qu'elle marcherait sur des œufs. A un moment où l'Union Européenne se soude après le départ de la Grande Bretagne, la Chine ne voudra pas fâcher une puissance comme la France.

Le Congo est un Etat indépendant et souverain. Mais ces deux notions ne peuvent s'exercer que dans le respect de la souveraineté des autres Etats et surtout dans le respect des règles internationales et surtout des accords internationaux. Sinon, le Congo se la joue perso et il sera marginalisé. Il en va de même pour la Chine.

J'ai publié un article sur le "Franc CFA, ce faux débat" pour condamner l'attitude même de certains économistes qui souhaitent la mort du CFA alors même qu'ils sont incapables de proposer une monnaie de rechange et surtout assurer son maniement.

En effet, il ne s'agit pas seulement de créer une monnaie, il faut aussi assurer la gestion et le maniement de cette monnaie. Ce qui suppose:

- Avoir une bourse

- Etre un marché concurrentiel

- Avoir des spécialistes en monnaie, en inflation/déflation, en bourse, en marché financier, en budget.

Et lorsque je dis spécialistes, je veux dire des docteur (d'Etat) et Phd dans chaque domaine. Des professeurs d'universités et chercheurs qui ont écrit des livres dans chaque domaines. Des intelligences qui peuvent concurrencer les chercheurs chinois, français, américains, européens... Il nous faut des maîtres dans chaque domaine.

D'ailleurs, si Xi Zhiping signe un accord avec Sassou Nguesso, c'est qu'il a l'accord de ses spécialistes, peu importe le domaine. C'est comme ça que font les grandes puissances.

Et Sassou Nguesso, à qui parle-t-il? Qui sont les spécialistes à qui il fait appel pour ces genres de sujets? Ce sont encore les Chinois.

Notre drame, c'est de signer les accords avec un pays et ce sont les spécialistes de ces pays qui conseillent aussi notre chef d'Etat.

Notre chemin vers la modernité est encore vierge, il est à construire.

Ce que la France et les autres pays de la CEMAC craignent, c'est le comportement de la Chine qui consiste à accumuler dans ses banques la monnaie étrangère et à la revendre très chère. C'est ce qui se passe déjà avec les USA. Entre deux grandes puissances économiques et financières, cela s'équilibre: "tu me tiens, je te tiens". Croyez-vous que Sassou Nguesso va racheter les billets de banque qu'il aura dépensé en Chine? C'est parce qu'il en était incapable dans les années 1980 que François Mitterrand a refusé la sortie du franc CFA hors de sa zone.

A bientôt

Didier MOUEGNY IVOLO

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Benjamin Bilombot Bitadys - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT Franc CFA Yuan chinois
16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 20:31
(Congo-Brazza) Lu pour vous sur Facebook : Pratiques de l'Ambassade du Congo à Cuba

LU POUR VOUS SUR FACEBOOK : Témoignage...


Brazza Infos 15 juillet 21:19

C’est horrible, terrible et pénible, ce qu’a fait, fait et continue de faire, monsieur Pascal Onguiemby. Agé de 82 ans de son vrai âge, il est ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de l’ambassade du Congo à la Havane, Cuba, depuis 18 ans, pour monsieur Sassou, il doit mourir ambassadeur tant qu’il est président. Dérangé par la vieillesse, Onguiemby n’arrive plus à gérer l’ambassade, ce qu’il n’a jamais pu faire d’ailleurs. En ce moment, deux de ses fils l’aident à gérer l’ambassade : Vladimir Onguiemby l’ainé qui est atteint du SIDA comme son père et Marien Onguiemby le cadet et le chargé du sal boulot de son père. Celui qui, il ya 3 ans presque, a occasionné la séquestration de 5 étudiants pendant plus de deux semaines, et parmi eux le fils de l’honorable Bongo Bernard, député de ouenzé 2. Toujours dans sa politique du sal boulot de son père, il a occasionné il ya 2 ans, l’enlèvement d’un des plus brillants étudiants congolais, Niombo Junior dans le but de l’éliminer après plusieurs jours de torture douloureuse à des centaines de kilomètres de la capitale cubaine qui est la Havane, le croyant mort, Marien et son père, en compagnie de leurs accolites l’ont abandonné quelque part dans une foret, et Niombo Junior, après avoir repris connaissance, après des heures d’évanouissement, s’est débrouillé à rejoindre la capitale cubaine dans les conditions les plus impossibles et les plus infernales. A son arrivée dans la ville capitale vers 20 heures, il contacte un de ses amis, qui lui a son tour contacte un de ses anciens et ennemis juré de la famille Onguiemby, Olasse Petervy. Ce dernier lui fait une vidéo de d’une heure 30 minutes dans laquelle Niombo Junior explique à la lettre, l’enfer qu’il avait vécu tout en mentionnant le nom de Marien, son père Pascal et leurs accolites cubains. La vidéo n’a jamais été publiée car les agents véreux de la présidence de la république du Congo se disaient que publier cette vidéo pourrait discréditer le pays. Et ce que fait la famille Onguiemby fait à l’égard des étudiants congolais à Cuba, ne discrédite pas le pays ?
L’ancien ministre de la santé et de la population du Congo, François Ibovi, pour couvrir le pouvoir, passe à la télévision pour dire haut et fort que Niombo junior n’avait jamais été enlevé, ce sont ses parents qui lui ont envoyé l’argent et avec ça il était allé faire la vie hors la capitale. En cachant la vérité aux congolais, il a masqué le crime dans le but de protéger le criminel, il a ignoré les conséquences, ça fait de lui un complice. Mais aujourd’hui la vérité est connu de tous; il n’ya aucune agence de transfert d’argent à Cuba, Niombo Junior n’a jamais eu un compte en banque, donc il n’a jamais eu droit à une carte visas. Monsieur Ibovi François a encouragé le crime et le criminel. Ce qui a permis à Onguiemby de poursuivre son objectif, celui de nuire à la coopération Congo Cubaine, et c’est la seule chose que Onguiemby a réussi de toute sa vie. Juste après, il a fait renvoyer l’étudiant Niombo Junior, en le déclarant personne non gratta, il a envoyé une note auprès des services de la sécurité et de l’immigration cubaine, que Niombo Junior ne devait en aucun cas quitter le pays, il est resté des mois à Cuba à ne rien faire jusqu’à ce qu’il décide de lui-même d’envoyer une autre note pour le faire expulser de Cuba dans les plus bref délais, ce qui a été fait. Et depuis quelques mois Niombo Junior se trouve ici au pays. Olasse Petervy, ancien président des étudiants congolais à Cuba, actuellement à Brazzaville, a été victime d’un étranglement de la part de monsieur Onguiemby lors de la réclamation des bourses impayées. Dans la vidéo on voit bien comment Onguiemby a saisi le jeune Olasse Petervy au cou, sauvé par le capitaine Simplice, un attaché de l’ambassade, membre du cabinet militaire. Juste après, le grand père Onguiemby, sans gène, sans honte, sans éthique, dans son rapport accuse Olasse Petervy de l’agresser. Comme dans toute dictature, le chef a toujours raison, tout le monde au pays a donné raison à Onguiemby vu son rapport, y compris Monsieur Sassou. Nous avons les vidéos de Niombo Junior et de Olasse Petervy qui prouvent le contraire.
Le pire c’est que Onguiemby entretient des relations sexuellement non protégées, forcées et obligées avec la majorité des étudiantes congolaises en formation à Cuba. Il s’y prend très bien car pour une première fois depuis que le monde est monde, un ambassadeur se permet de payer lui-même les bourses des étudiants et étudiantes, au cas où une étudiante refuserait de coucher avec lui, elle n’a pas droit à la bourse. Pour leurs propres droits, les étudiantes congolaises à Cuba sont violées tous les jours par un grand père atteint du sida, ses deux fils dont un est aussi atteint du sida comme son père et son entourage. Qu’en est-il de ces filles qui sont violées sans préservatif ? Ce qui fait le plus mal, c’est que tout le monde au pays est au courant de ça, le gouvernement, l’assemblée nationale, le sénat, la justice, et la présidence de la république, même les autorités militaires. Mais ils font comme si de rien était. Vraiment c’est malheureux, un monsieur comme Onguiemby, qui a commencé son CP, cours préparatoire, à l’âge de 30 ans, plus âgé, que tous ses enseignants.
Un de ses enseignants n’est autre que le grand frère de l’ancien ministre de la justice du Congo, Aimé Emmanuel Yoka.
Curriculum vitae de monsieur Onguiemby, à 30 ans, donc au CP, début du primaire, Pascal Onguiemby était déjà membre du pct, parti congolais du travail, le parti au pouvoir. Par chance, il obtient une bourse pour le Cuba, Dieu seul sait comment il a fait. Tout le temps qu’il a passé à cuba, il est rentré sans diplôme, comme le dit l’adage ; l’adulte ne retient que 5 pourcent de ce qu’on lui enseigne. Il a fait marche arrière avec les classes au lieu d’aller de l’avant. Il est parti de l’université à l’école primaire mais cette fois ci à Cuba. Vu que les cubains sont très gentils, ils ont trouvé que monsieur Onguiemby n’arrivait pas dans les études, ils l’ont fait inscrire dans une école de formation pour apprendre l’agriculture, malgré la bonne foi cubaine, il est sorti de là sans diplôme.
Sa médiocrité est héréditaire. Ses deux idiots de fils jusqu’alors ne cessent d’échouer lamentablement. Le sidéen Vladmir ne fait que truquer les diplômes. Il fait des navettes entre Congo et Cuba pour chercher du boulot ici au pays mais en vain. Il ne trouve pas le boulot non seulement parce qu’il n’a aucun diplôme, seulement des faux diplômes, mais aussi par rapport à leur image. Leur papa ne leur a pas rendu service. Le fils d’un ambassadeur, qui ne trouve pas du boulot au pays, mais c’est grave. L’autre jour nous l’avons vu au ministère de la santé au pays, il faisait pitié, il ne faisait que trainer dans le couloir. Personne n’a voulu le recevoir, c’est malheureux.
Parents, si vous voyez que vos enfants, filles comme garçon ne tiennent pas à Cuba, c’est parce que Onguiemby et ses enfants les maltraitent, faisait enlever au moins 8 étudiants congolais par semaine. Un ambassadeur c’est une personne qui est censé représentée le président de la république, nommée par décret présidentiel, se permet de réunir les étudiant il ya un an, pour leur dire ceci :<< je ne vois pas pourquoi on vous envoie ici, Sassou et Ibovi gaspillent l’argent du pays pour des vaut rien comme vous. Moi je ne vous aime pas, Si ça ne tient qu’à moi, vous allez tous rentrer sans diplôme et je ferai tout pour que ça arrive>>.
Comme lui-même, n’a jamais rien eu comme diplôme dans sa vie, ses idiots de fils non plus, il veut sacrifier toute une population, toute la jeunesse, l’espoir de demain.
Les étudiants congolais en médecine à cuba, rentreront un jour au pays avec des diplômes, certes, mais sans la connaissance. Ils sont traumatisés par la famille Onguiemby, ils ont même peur de leur propre mouvement, car ils savent que même sur le chemin de l’école, ils peuvent être enlevés.
Les enfants ont perdu toute volonté de réussir qu’ils avaient en quittant le pays pour Cuba. J’ai discuté avec eux personnellement, ils m’ont fait visiter un peu leur campus, mais en cachette. J’ai été témoin oculaire de beaucoup de faits. J’ai les videos avec moi. Et d’ici là vous les aurez sur facebook et même par whatsapp.
Un conseil à tous mes compatriotes congolais, nos étudiants en médecine à Cuba rentreront dans quelques années¸ de grâce, ne vous laissez pas soigner par eux, renseignez vous avant s’il vous plait. Tous les étudiants qui sont partis à cuba avec les bourses du ministère de la santé, depuis la première promotion des 500 qui étaient partis en premier. Pour votre propre bien, ces étudiants n’ont rien dans la tête. Il ya quelques un seulement qui tiennent mais la majorité n’a rien compris ni retenu de la médecine, rien compris de ce qu’ils sont allés apprendre. Pas parce qu’ils sont idiots, mais parce que la famille ne cesse de les maltraiter. Nous savons tous, qu’on ne peut rien apprendre dans la maltraitance et le traumatisme.
Je dis tout ceci en connaissance de cause. J’ai été à Cuba, les étudiants m’ont dit eux-mêmes ce qu’ils vivent là-bas. Croyez moi, ce n’est pas la joie. C’est l’enfer.
Comme le dit un vieux sage : << le Congo n’est pas détruit par ceux qui gouvernent, mais par ceux qui regardent sans rien faire >>.

N.B. :Les propos tenus dans cet article n'engagent que son auteur et nullement la responsabilité des gestionnaires du Blog La Lettre du Congo-Mfoa.

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16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 13:33
(Congo-Brazzaville) Le soufflé : une constante dans les relations France – Afrique

Par Mouanda-Moussoki -

Quel rapport entre les relations France-Afrique et l’entremets de la gastronomie française dont la particularité est de prendre du volume et de la hauteur à la cuisson, puis de retomber s’il est l’œuvre d’un piètre cuisinier?

Pour saisir la pertinence de cette comparaison, il faille examiner l’attitude de la France officielle face au processus démocratique dans les pays d’Afrique francophone.

Lorsque Nicolas Sarkozy arrive au pouvoir en 2007, il réaffirme avec force le leitmotiv qui a été au cœur de la campagne présidentielle: son mandat sera celui de la rupture avec les politiques précédentes, répète-t-il. Et en ce qui concerne les relations avec l’Afrique, il prend l’engagement de faire évoluer ce qu’il qualifie à juste titre de « relations anachroniques et paternalistes ». Cet engagement est d’autant plus présent dans ses déclarations qu’on le retrouve au centre du discours qu’il prononce le 28 février 2008 au Cap, en Afrique du Sud.

Au cours de la première année de sa mandature, l’ancien président de l’UMP affiche en la matière une détermination telle que son Secrétaire chargé de la Coopération et de la Francophonie, Jean-Marie Bockel s’apprête à passer à l’acte: « Aujourd’hui, devant vous, je vais signer l’acte de décès de la françafrique. », déclare-t-il.

Quelques temps après cette déclaration, le ministre de l’ouverture est rétrogradé au poste de Secrétaire d’Etat aux anciens combattants. D’aucuns disent que ce changement est » le résultat des pressions exercées par les présidents Omar Bongo et Denis Sassou-Nguesso » (Source: Encylopédie en ligne).

La rupture annoncée tambour battant par Nicolas Sarkozy n’a jamais eu lieu! Bien au contraire, sous son mandat, la France officielle n’a fait que s’enfoncer dans les abîmes de la Françafrique.

Lorsque François Hollande arrive au pouvoir en 2012, il fait, contre la mal gouvernance électorale en Afrique, un réquisitoire qui est tout sauf une attaque à fleurets mouchetés. Le discours qu’il prononce au sommet de la francophonie à Dakar, devant les chefs d’Etat et de gouvernement en majorité Africains, est d’une sévérité qui bouscule les règles de la bienséance diplomatique. Les propos suivants sont entendus.

« Là où les règles constitutionnelles sont malmenées, là où l’alternance est empêchée, j’affirme ici que les citoyens de ces pays sauront toujours trouver dans l’espace francophone le soutien nécessaire pour faire prévaloir la justice, le droit et la démocratie »

La suite ?

Il y a eu la COP 21 organisée par la France, financée entre autres par des dirigeants africains pollueurs de la démocratie! Il y a eu la déclaration controversée selon laquelle » le président Sassou peut consulter son peuple, ça fait partie de son droit,(…)« ! Il y a eu au Congo-Brazzaville le Non-référendum du 25 octobre 2015, dont découle le papier personnalisé et à usage uniquement politicien qui tient lieu de Constitution! Il y a eu le massacre des populations civiles et les arrestations arbitraires tous azimuts, qui continuent du reste! Il y a eu en mars 2016 la Non-élection du général Sassou-Nguesso qui lui permet de se maintenir au pouvoir avec 8% des suffrages exprimés! Il y a eu les bombardements de la région martyre du Pool! Il y a eu l’assignation à résidence des candidats de l’opposition ! Il y a eu la scène des deux visiteurs de nuit, l’un avec une carotte et l’autre avec un bâton: deux sbires partis sommer le Patriote Jean-Marie Michel Mokoko de reconnaître l’autorité du régime anti-démocratique de Brazzaville, au risque de se voir lâché (lynché?)! Il y a eu la duplicité de la France officielle bicéphale qui recevait le même jour l’éminent compatriote Alain Mabanckou et le non moins éminent Jean-Claude Ngakosso, en costume de porte-parole à l’étranger, ambassadeur itinérant et plénipotentiaire du général Sassou-Nguesso.

Aujourd’hui, le Patriote Jean-Marie Michel Mokoko croupit dans les geôles du régime porté et maintenu au pouvoir par la fraude électorale et le terrorisme d’Etat. Son péché? Avoir refusé de baisser la tête devant une dictature qui triche, torture, tue! Sa faute? Avoir démontré que le tribalisme est soluble dans la démocratie !

Aujourd’hui, la France officielle, en donnant son agrément à l’accréditation de M. Adada comme ambassadeur, reconnaît officiellement le pouvoir dictatorial et illégitime issu de la non-élection de M. Sassou-Nguesso.

Que sont devenues les déclarations hexagonales d’antan? Quelle suite ont eu les discours du Cap et de Dakar respectivement prononcés par messieurs Sarkozy et Hollande?

Une constante apparaît dans l’attitude de l’exécutif français face au processus démocratique dans les anciennes colonies françaises.

Lorsqu’il arrive au pouvoir, l’ homo politicus français de ces dernières années affiche une détermination farouche à vouloir en découdre avec la françafrique. Mais, comme un soufflé raté , le volume et la hauteur de cette détermination affichée retombent très vite!

Deux hypothèses mutuellement exclusives peuvent expliquer cet état de choses.

On peut dans un premier temps considérer que le président nouvellement installé connaît déjà tous les arcanes de la françafrique. C’est-à-dire qu’il est préalablement conscient du fait que la Françafrique impose ou/et soutient en Afrique des dirigeants honnis par le peuple, en même temps qu’il connaît, avant son installation au pouvoir, l’ampleur des bénéfices que la France tire des relations incestueuses entre la Nébuleuse incriminée et certains dirigeants africains.

Le nouveau président, dans cette hypothèse-là, agirait en toute connaissance de cause et en toute bonne foi. Sa détermination à combattre la françafrique serait réelle. Il n’aura pas réussi malgré les efforts consentis par l’Etat dont il est le chef. La Françafrique serait donc plus forte que l’Etat français!

On voit bien que cette première hypothèse est difficile à soutenir!

La seconde hypothèse, qui n’est pas une hypothèse secondaire, est de considérer que le nouveau locataire de l’Elysée n’a qu’une connaissance partielle, voire vague de la françafrique. Il ignore l’envergure des profits que la Nébuleuse rapporte à la France à travers les multinationales et les intermédiaires de tout acabit.

Cette hypothèse-ci est d’autant plus plausible que les subtilités de la françafrique ne sont nullement enseignées à l’ENA ni au sein des partis politiques, pépinières des hommes politiques qui dirigent la France. La Nébuleuse fonctionnant comme une véritable société secrète et baignant dans l’opacité la plus absolue, seuls quelques initiés savent ce qu’elle représente réellement.

Nécessité oblige, le nouveau président est mis au parfum de la véritable raison d’être de la Pompe à fric /Afrique après coup. C’est une fois au pouvoir qu’il découvre le fonctionnement et l’importance de la Nébuleuse comme il découvre le code qui donne accès au bouton nucléaire.

Le président, instruit, choisit de privilégier les intérêts de la France – qui n’a pas d’amis – au détriment des valeurs démocratiques proclamées urbi et orbi!

Cette attitude est d’autant plus stratégique qu’elle transcende le clivage gauche-droite.

Il faut donc se rendre à l’évidence qu’en France, les personnalités politiques de tout bord, les associations de tout genre et les partis politiques de toute obédience critiqueront la françafrique aussi longtemps qu’ils seront en dehors de l’exécutif aux affaires. Ils le feront peut-être en toute bonne foi et sur la base de réelles convictions, mais ils le feront en toute ignorance de cause. Une fois au pouvoir et après la brève période de noviciat, ces entités se mettront à prier le Dieu de la Stabilité, de la Raison d’Etat et de la Realpolitik ; des concepts qui ont couvert , et même accompagné les massacres commis par les généraux en Amérique latine des années 70, les tueries perpétrées par l’Apartheid en Afrique du sud et les pogroms menés contre les Tutsi au Rwanda!

Prosper Mouanda-Moussoki

(Extrait de congo-liberty)

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15 juillet 2016 5 15 /07 /juillet /2016 22:04
Congo-Brazzaville : Lettre ouverte à Paulin Makaya

Paulin MAKAYA -

Très cher Paulin,

Cela fait deux ans jour pour jour depuis que tu as décidé de quitter le confort de vie dont tu jouissais au Royaume Uni, pour rentrer au bercail et mener sur le terrain le combat de la libération de notre peuple et notre pays de la dictature, la tyrannie et l’oppression. Cette décision était prise en connaissance de cause, au regard des risques encourus. Le Congo-Brazzaville étant devenu l’une des dictatures les plus féroces au monde: broyeuse de vies et de destins. Mais ce qui est appréciable dans cette démarche c’est le fait d’avoir fait ostentation d’un esprit intrépide propre aux grands hommes d’action qui descendent vaillamment dans l’arène affronter le fauve. Le moins que l’on puisse dire c’est que ceci témoigne d’un rare courage, sinon de l’héroïsme. Comme quoi dans la vie politique, il importe d’incarner le courage de ses convictions!

Il convient de signaler qu’après la naissance de Uni Pour le Congo (UPC) à Paris, le 18 juin 2011, nous avions fédéré nos intelligences et entretenu une étroite collaboration. Le fruit du travail collégial abattu pendant de longues années est telle qu’ensemble nous avions conçu l’idéologie et le programme de notre parti, ensemble nous avions concocté et ficelé un projet de société dans la perspective d’une participation à l’élection présidentielle. Après ton départ d’Angleterre, en ce qui me concerne, le travail politique a été poursuivi dans le sens de l’érection d’une structure UPC au Royaume Uni et de la formation idéologique des membres.

D’emblée, il sied de rappeler qu’un leader politique digne de ce nom est non seulement un homme de conviction, d’idées et de vision positive et audacieuse, mais il doit incarner l’intégrité, la probité, le patriotisme et l’amour inconditionnel de la patrie. A l’évidence, l’engagement politique consiste à s’investir d’un sacerdoce pour le bien-être et le bonheur du plus grand nombre et non le contraire. Pour ce faire, en toute circonstance de temps et de lieu, il est impérieux d’avoir le sens du devoir, de prôner la responsabilité et l’exemplarité. On peut affirmer sans coup férir que tu ne sembles pas avoir failli à ce postulat, encore moins d’y avoir dérogé.

C’est ici l’occasion de porter à ta connaissance le fait que les membres de la structure UPC au Royaume Uni avaient été ébranlés et choqués par ton arrestation arbitraire, en date du 23 novembre dernier. Une arrestation dont la véritable motivation demeure, sans conteste, politique. En outre, nous étions d’autant plus préoccupés de la gravité des chefs d’inculpation retenus contre toi. Et sachant que tu es à la fois un citoyen congolais et un sujet de sa majesté la reine d’Angleterre, que nous avions initié des actions à l’endroit des autorités britanniques : le premier ministre ainsi que le parlement. Nous avions également saisi des organismes internationaux des droits de l’homme dont Amnesty international. Il ressort de ces actions que le gouvernement congolais avait été contacté et reçu des consignes particulières en vue du respect de tes droits fondamentaux relatifs à la détention, quand ce n’était une demande de libération immédiate et sans condition.

La pression subie par les autorités congolaises était telle que le juge devait en conséquence s’assurer de ta véritable nationalité en vue de ton maintien ou pas en détention. Mais en homme de conviction et malgré la perspective d’une lourde condamnation des suites d’un procès stalinien, comme le pouvoir en a l’habitude, tu n’as jamais cherché à nier ton identité profonde et initiale, à savoir ta nationalité congolaise. Nous avons apprécié le fait que tu sois resté droit dans tes bottes et de n’avoir pas courbé l’échine devant nos adversaires politiques; lesquels, hélas, ne voient en nous que des ennemis, au point de nous soumettre à moult infortunes injustes dont des humiliations, des persécutions quand ce n’est la mort.

L’histoire retiendra que, par ton courage et ta témérité exemplaires, tu étais le seul leader de l’opposition à avoir initié une marche pacifique, le 20 octobre 2015, pour protester contre un référendum fort contesté et impopulaire, imposé par Sassou Nguesso, l’effroyable tyran sanguinaire et putchiste multi-récidiviste. Ceci t’a valu des représailles de la part du pouvoir, à savoir: une tentative d’assassinat, le saccage de ta résidence et ton arrestation. Bien évidemment, Tous les chefs d’accusations initiaux à caractère spéciaux notamment : “La complicité d’incendie volontaire, la détention illégale d’armes et de munitions de guerre.” ont été purement écartés par le juge. En dernier ressort n’est retenu contre toi qu’un chef d’inculpation tout aussi farfelu et fantaisiste de : “Incitation aux troubles à l’ordre public.” Or, tout le monde sait qu’il n’y avait rien d’illégal dans cette marche, au cours de laquelle il n’était déploré aucun incident. A ce s’ajoute un fait non moins important : aucun arrêté préfectoral n’interdisait la dite marche.

En outre, nous savons pertinemment que face au fléau endémique d’achat de conscience, tu n’as jamais osé baisser le froc. C’est ainsi que te croyant moralement et psychologiquement affaibli par l’épreuve de l’incarcération, le pouvoir corrompu et corrupteur est revenu à la charge, mais de manière effrontée, tu as toujours décliné l’offre, au point de confondre les instigateurs de cette ignoble tentative de corruption. En effet, ta constante résistance aux sirènes des espèces sonnantes et trébuchantes (les fameux nguiri) n’est plus à prouver. Cette remarquable attitude relève indéniablement de la grandeur d’âme qui veut que même confronté à d’atroces souffrances, on ne se résigne pas à vendre son âme au diable. En effet, quoi qu’il arrive dans la vie, il faut savoir raison garder!

On se souviendra également que ta détention arbitraire aura eu pour conséquence la non présentation de la candidature du leader de l’UPC, que tu es, à la dernière élection présidentielle. Le pouvoir aura ainsi empêché un sérieux concurrent qui présentait d’indéniables atouts aux yeux du peuple. C’est ainsi qu’il convient cependant de signaler qu’au regard de ton intégrité, ta probité ainsi que du projet de société intitulé : un Congo uni et un Congo pour tous. Lequel projet est articulé sur la réforme du système éducatif, l’impératif d’assainissement de la sphère politique des antivaleurs, la justice sociale comme priorité des priorités et le développement économique intégral et durable, que l’UPC entendait proposer, il y’avait des fortes chances que ta candidature retienne l’attention d’une forte majorité de nos compatriotes.

Nous ne saurons cependant oublier que tu es embastillé dans les geôles d’un régime dictatorial, tyrannique, oppressif et répressif pour un idéal juste, noble et légitime: celui concourant à la libération de notre peuple et notre pays pris en otage par un clan mafieux et criminogène au pouvoir. Le moins que l’on puisse dire c’est que tu es l’un des rares leaders politiques ayant en aversion un régime qui n’a de cesse de martyriser le peuple; lequel est littéralement paupérisé et privé de la jouissance des richesses du pays, notamment la rente pétrolière. Tu es l’un de ceux qui incarnent le sang neuf qui manque cruellement au Congo, en vue de la rupture et d’impulser une autre façon de faire la politique. Tu es également l’un des rares leaders ayant pris fait et cause au sort moins enviable fait à notre peuple. En cela tu t’es montré non seulement sensible à ses souffrances, mais tu lui as prouvé ton attachement et ta proximité. Tu es enfin l’un des rares leaders qui a le courage de ses convictions et qui combat obstinément le bon combat de liberté, notamment celle de la libération de notre peuple. Manifestement, tu as assez prouvé de l’amour, l’esprit de sacrifice envers la patrie et de la loyauté envers le peuple. Mais, le moment venu, le souverain primaire, qui a une mémoire infaillible, se souviendra de toi et te le revaudra.

En somme, nous ne saurions perdre de vue que ton incarcération est fondamentalement politique et le but visé consiste non seulement à te discréditer aux yeux de l’opinion, mais surtout à compromettre ton destin et ta carrière politiques. Tout ceci est symptomatique du jeu indécent de l’intrigue politique portant gravement atteinte aux droits et libertés du citoyen ainsi qu’à la démocratie. Mais, il convient de le souligner, qu’en contrepartie, le fait passer par la case prison a la vertu de sublimer l’homme politique; surtout quand celui-ci est victime de l’arbitraire sinon d’une injuste et ignoble machination.

Nous te prions donc de garder bon courage et surtout de maintenir vivace ta capacité de résilience face à l’injuste épreuve à laquelle tu es confronté. Quoi qu’il arrive tiens bon jusqu’à l’aboutissement de ton cher idéal : l’espérance de liberté de tout un peuple!

Puisse Nzambi a Mpungu Tulendo, Dieu de nos ancêtres, te bénir abondamment!

La patrie ou la mort, nous vaincrons!

René MAVOUNGOU PAMBOU

Combattant de la liberté et leader d’opinion

Unis Pour le Congo

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René Mavoungou Pambou - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT Paulin Makaya
15 juillet 2016 5 15 /07 /juillet /2016 10:38
Afrique/Congo-Brazzaville : Histoire, économie, politique

1998-2001

C'est depuis 1998 que Modeste Boukadia parle de créer un Gouvernement d'Union National regroupant toutes les tendances politiques du Congo pour que tous travaillent ensemble a l'Unité du Congo. Merci de lire cet article du Monde Diplomatique publie en 2001 expliquant la démarche originale de Modeste Boukadia http://afriquepluriel.ruwenzori.net/congo-d.htm


ARTICLES EXTRAITS DE LA PRESSE INTERNATIONALE

1992
Un des premiers pays d'Afrique à avoir tenu une conférence nationale, le Congo, entame ce mois-ci une nouvelle étape de sa transition démocratique, avec l'élection d'un nouveau président de la République. Mais les illusions des premiers mois ont disparu, laissant libre cours au désenchantement; certains dénoncent déjà la renaissance d'un discours tribaliste et régionaliste. Cette vision ethnique des luttes en cours est-elle pertinente, ou reflète-t-elle la difficulté à rompre avec les vieux schémas issus de la colonisation?

Commencé au début de l'année 1991, avec la tenue d'une conférence nationale souveraine, la première étape de la démocratisation au Congo s'achève ce mois-ci par l'élection du président de la République. En mai, juin et juillet se sont déroulés deux scrutins, l'un municipal, l'autre législatif, qui ont vu s'affirmer des partis et associations politiques à forte coloration ethnique. Les vraies questions liées à l'indépendance économique du pays et à la maîtrise de ses ressources pétrolières sont occultées par une classe politique davantage préoccupée par son destin que de l'avenir d'un Congo parvenu au bord du gouffre avec une dette extérieure avoisinant les 1 500 milliards de francs CFA (1). Si le règne sans partage du Parti congolais du travail (PCT) qui avait été créé en 1969 et avait voulu engager le pays sur la voie du marxisme-léninisme semble s'achever, toutes les hypothèses restent envisageables, d'un nouveau départ à la restauration sous une forme aménagée de l'ancien régime (2).

Le vide politique favorise une présentation simplifiée des luttes en cours: Nordistes et Sudistes s'affronteraient pour le pouvoir. Un même schéma est souvent appliqué aux autres pays du continent: en Centrafrique, les peuples riverains de l'Oubangui s'opposeraient à ceux de la forêt et de la savane, tandis qu'au Rwanda irréductible serait l'antagonisme entre les Tutsi et les Hutu. Aussi séduisante qu'elle soit, cette grille de lecture conduit à masquer les enjeux des conflits. Et d'abord parce que dresser une carte ethnodémographique du Congo relève d'une véritable gageure.

Les spécialistes qui s'y sont employés ont abouti à des résultats sensiblement différents, faute de recourir aux mêmes modalités de classement. Selon qu'on rattache certaines communautés à des ensembles plus vastes ou qu'on les appréhende comme des groupes à part entière, le paysage se modifie profondément. De plus, les observateurs ont souvent eu tendance à voir dans les particularismes tribaux une persistance de comportements hérités de l'époque coloniale et qu'il s'agirait d'éradiquer au nom d'une unité nationale imposée comme un dogme (3).

Ainsi, s'inscrivant dans un courant progressiste à coloration marxiste, les écrivains Henri Lopes, dans Tribaliques (4), et Jean-Baptiste Lati-Loutard, dans Chroniques congolaises (5), dénonçaient les survivances du passé et s'attachaient à définir une personnalité congolaise en prise avec le monde moderne. Au nom d'une "mission historique de la classe ouvrière", les marxistes combattaient des pratiques pourtant inséparables d'une identité culturelle qu'ils déclaraient, à chacun des congrès du PCT, vouloir préserver.

A contre-courant de bien des interprétations, un chercheur, Marie Eliou, montra dès 1977 comment la conception de l'éducation au Congo pouvait constituer un frein à l'affirmation de la conscience nationale (6). Pointant l'inadéquation d'une structure "qui implique l'abandon sinon le mépris de la culture et des valeurs autochtones", Marie Eliou soulignait le paradoxe d'un système dans lequel "la fierté d'être congolais voisine avec une sorte de regret de n'être pas français".

Il ne faut pas non plus oublier que les catégories mêmes d'ethnie et de tribu découlent d'une conception coloniale de l'histoire qui recensait les peuples en les abaissant. Sur les premiers papiers d'identité était mentionnée "la race", ce terme étant employé pour tribu. Chaque monographie établie sur un groupe vérifiait dans l'esprit du colonisateur la supériorité des sociétés étatiques et de l'Etat-nation sur les autres formes d'organisation de la société.

Ces approches renvoyaient aussi à un passé hypothétique dans lequel les ethnies apparaissaient comme des entités figées, jamais comme des groupes sociaux en devenir. Or cette société traditionnelle n'a jamais existé: au contraire, les collectivités précoloniales, affectées par de grandes migrations et un incessant brassage, s'imbriquaient dans une "chaîne de sociétés" et connaissaient un flux continuel d'échanges (7).

Ces réserves ne conduisent pas à nier l'importance de la question ethnique au Congo. Mais l'histoire ne se contente pas de reproduire d'anciennes querelles, et le tribalisme se développe contradictoirement à partir des revendications des populations en butte à la construction d'un Etat centralisateur et niveleur. On peut donc distinguer une conscience ethnique spontanée, liée au sentiment d'appartenir à une communauté linguistique, historique et culturelle, et le nouveau tribalisme politique qui, tout en se drapant dans les plis de la tradition, se nourrit des frustrations engendrées par une modernité économique et sociale renforçant les inégalités entre les individus, les peuples et les régions.

"Un syndicat de dictateurs"

De nombreux intellectuels sont réticents à adopter un vocabulaire qui avalise, sous couvert de scientificité, les clichés les plus éculés de la pensée coloniale. "Dans le discours politique, note l'écrivain Tchichelle Tchivela (8), lorsqu'on parle de tribalisme, c'est généralement pour dénoncer des attitudes jugées rétrogrades et qui tendent à favoriser les seuls membres d'une tribu au détriment des autres ressortissants du pays." Il préfère le terme d'ethnie, "moins péjoratif et moins connoté", mais il estime que les maux du Congo ne sont pas imputables à une rivalité ethnique mais à un régionalisme apparu au lendemain de la seconde guerre mondiale quand ses concitoyens ont obtenu le droit d'élire leurs représentants: "La concurrence entre les divers partis a durablement cristallisé l'opposition entre Nordistes et Sudistes. Les conflits auxquels nous assistons aujourd'hui plongent leurs racines dans ce passé récent." En 1958, le Congo devient autonome au sein de la Communauté française sous la direction de l'abbé Fulbert Youlou, un Lari, avant d'accéder le 15 août 1960 à l'indépendance. De violents affrontements entre ses partisans et ceux de son rival Jacques Opangault en février 1959 laisseront de profondes blessures.

Romancier et dramaturge, Sony Labou Tansi pense pour sa part que tout s'est joué en amont, avec l'intrusion des Européens et de la colonisation. Il récuse la pertinence des frontières qui ont taillé dans le vif des cultures: "L'effondrement du mur de Berlin a réjoui la planète. Mais n'oubliez pas que, en 1885, à Berlin (9), on a érigé d'autres murs, au coeur de l'Afrique." Sony Labou Tansi ne nie pas les responsabilités des régimes dans l'atomisation des peuples: "Ces barrières, les années 60 les ont consolidées. L'ethnisation des nations du Kongo a été favorisée par le manque d'audace de l'Organisation de l'unité africaine, qui s'est comportée comme un syndicat de dirigeants, voire de dictateurs."

Depuis lors, le fleuve Congo - frontière entre le Congo et le Zaïre - sépare des peuples que tout rapproche. En distribuant des cartes d'identité à des communautés qui n'avaient jamais cru changer de contrée en passant d'une rive à l'autre, les pouvoirs successifs ont voulu les enrégimenter, les dresser les unes contre les autres. Pourtant, le chauvinisme entretenu et exploité par les politiques ne doit pas faire illusion. La fibre patriotique peut certes vibrer le temps d'une compétition sportive, les réalités du quotidien tempèrent ces enthousiasmes.

Pour peu qu'il parle le kikongo, un Congolais de la région du Pool - celle de Brazzaville - peut dialoguer avec un ressortissant du nord de l'Angola ou du Bas-Zaïre. Et sur le plateau des Cataractes, là où le tracé de la frontière entre Congo et Zaïre est purement arbitraire, les parents scolarisent moins leurs enfants en fonction de leur nationalité que par rapport à la distance qui sépare l'école du village. De même, au-delà de Mossaka, les pêcheurs du Congo et de l'Oubangui ne se préoccupent pas des limites territoriales.

Quant au spectacle offert par les débarcadères de Kinshasa ou de Brazzaville, il est de nature à relativiser la fierté d'être né sur l'une ou l'autre rive du Congo: des deux côtés, on y entasse sans ménagement, sur des barges antédiluviennes, des grappes humaines vouées aux mêmes vexations. Cette commune infortune, conjuguée à des conditions d'existence similaires, détermine des solidarités bien plus fortes que la raison des gouvernements.

Le rêve de Sony Labou Tansi est au diapason du Congo profond, de la persévérance de peuples qui refusent d'être dessaisis de leur histoire. Il prolonge la vision d'un Congo des deux rives chère à l'écrivain et dramaturge Tchicaya U Tam'si (10). Pour autant, Sony ne prêche aucun séparatisme, ne revendique aucune hégémonie pour les siens. Sa conviction est que, un jour ou l'autre, les Africains sauront inventer des formes nouvelles de communication transcendant les Etats actuels: "Ce que l'économie semble édicter, les hommes sauront demain l'expérimenter."

Le Congo n'est pas une entité incréée; on ne peut renforcer son unité en gommant tout ce que la mémoire collective a conservé depuis des siècles. Malheureusement, l'Etat a avivé les tensions en favorisant l'emploi du lingala (qu'aucun groupe ethnique congolais n'a pour langue maternelle) et du munukutuba (qui est un créole) en leur accordant statut de "langues nationales"; à terme, l'un des deux devrait devenir "langue officielle". C'est surtout au lingala qu'on a, de manière feutrée, donné la primauté: dans la présentation des journaux parlés et télévisés, dans la traduction d'ouvrages français, dans les discours destinés "aux masses", etc. Cette prépondérance a été facilitée par la prégnance de la musique du Congo-Zaïre, diffusée principalement dans cette langue.

Cette volonté de légiférer au détriment des pratiques des populations a été dénoncée encore récemment par la Semaine africaine, l'hebdomadaire publié par la Conférence épiscopale: "N'a-t-on pas un moment, sur l'audiovisuel d'Etat, interdit par exemple la diffusion d'oeuvres musicales composées en langues maternelles? Etait-elle différente, la logique coloniale consistant à dépouiller un groupe humain de sa culture, de sa mémoire, de sa fierté (11)?"

Parce que les différences ne menacent pas forcément la nation, il aurait fallu respecter la part prise par chacun dans l'histoire. Un effort d'objectivité exigerait d'admettre, par exemple, que les Kongo-Lari ont été au premier rang de la lutte contre l'administration coloniale. A bien des égards, on n'a commencé à se sentir congolais (et non plus kongo, vili, bembe, teke ou m'bochi) qu'à partir du moment où cette résistance s'est développée. Cette vitalité du groupe kongo-lari apparaît comme celle d'un rameau ethnique qui a, plus que les autres, su défendre son être communautaire. Mais la peur qu'il inspire - on le soupçonne de visées hégémoniques - est utilisée et manipulée: "Le tribalisme dénoncé au Congo a toujours été le tribalisme de l'autre", note Jean-Pierre Thystère-Tchicaya, un des principaux animateurs des forces démocratiques. Le sociologue Henri Ossebi ne dit pas autre chose quand il analyse le discours du PCT sur la question: "Le brouillage opère à la fois par défaut et par excès. Dans le premier cas, il prend l'allure d'une dénégation: à aucun moment le discours officiel ne désigne les détenteurs du pouvoir comme acteurs"tribalistes"ou"régionalistes". Ce sont toujours les autres, dans une"langue de bois"qui fonctionne en permanence à l'exclusion et à l'accusation. Dans le second cas, il consiste à voir partout, dans tout conflit ou toute prétention concurrente, la figure de l'"ethnie"ou de la région (12)."

Responsable de la faillite: le régionalisme

Pour vivre ensemble et exorciser tout esprit tribal, il convient de laisser chaque communauté libre de pratiquer sa langue et d'honorer ses traditions. Mais les indépendances ont tourné le dos à ces principes, et les couches dirigeantes ont tenté de consolider la nation en interdisant toute référence à la diversité ethnique. Dans le même temps où elles géraient l'appareil d'Etat et les finances publiques comme ceux d'un "petit village", elles niaient l'être pluriel des populations sous leur autorité.

Comme ailleurs sur le continent, le pouvoir politique au Congo a tenté d'asseoir sa légitimité en recourant au clientélisme. Il a allié un népotisme régional - une place prépondérante réservée aux Nordistes dans l'administration et les entreprises - à une gestion démagogique de l'administration faisant de l'ensemble des fonctionnaires, toutes ethnies confondues, sa base sociale. Ce que les Congolais synthétisent par cette formule: "Payer régulièrement les salaires des fonctionnaires, c'est assurer la pérennité du gouvernement."

Pour le sociologue Côme Mankassa, ce fonctionnement renvoie à une tare congénitale. Le système lignager imprime encore sa marque sur la vie sociale: quand on est m'bochi comme le président de la République "on a l'impression de gouverner, de participer directement au pouvoir". "Si le Congo est en faillite, ajoute-t-il, il le doit au régionalisme. L'unité nationale doit être regardée non comme une donnée mais comme un devenir."

Avec le début de la démocratisation en 1991, le débat s'est brusquement infléchi. Ayant le sentiment d'être les laissés-pour-compte de la vie politique, certains ont réclamé le pouvoir pour leur région. Ils ont ainsi rejoint les tenants de l'ancien régime, effrayés par la perspective d'une longue traversée du désert, ont dénoncé chez leurs adversaires les plus décidés originaires du Pool une tendance au tribalisme, à l'intégrisme et à l'esprit de revanche. Cette prévention à l'endroit des forces déterminées à rompre avec le passé a incontestablement fait diversion, dissimulant les véritables enjeux du moment, ceux qui touchent à l'indépendance économique du pays.

Notes:
(1) 1 FCFA = 0,02 franc français.
(2) Lire Jean-Michel Devésa, "Dans le jardin privé de la littérature congolaise", le Monde diplomatique, octobre 1991. On y trouvera une liste des plus grands écrivains congolais et de leurs oeuvres.
(3) Sur le débat Etat, nation, ethnies, lire Michel Cahen, "Ce que l'Afrique noire pourrait apprendre à l'Europe", le Monde diplomatique, juillet 1992.
(4) Editions Cle, Yaoundé, 1971.
(5) L'Harmattan (Fonds Oswald), Paris, 1978.
(6) La Formation de la conscience nationale en République populaire du Congo, Anthropos, Paris, 1977.
(7) Jean-Loup Amselle et Elikia M'Bokolo, Au coeur de l'ethnie, ethnies, tribalisme et Etat en Afrique, La Découverte, Paris, 1985.
(8) Auteur de l'Exil ou la Tombe, Présence africaine, Paris, 1986.
(9) C'est au congrès de Berlin, en 1885, que les grandes puissances européennes décidèrent du partage de l'Afrique.
(10) Lire "Les origines sacrées de notre théâtre", le Monde diplomatique, décembre 1987.
(11) I'boto, "Top-média: les intégristes arrivent!", la Semaine africaine, Brazzaville, 13-19 février 1992.
(12) "Etat et ethnie au Congo: nouvelles situations, vieux démons", Revue de l'Institut de sociologie, n° 3-4, 1988, Bruxelles.

Processus démocratique
A l’instar de nombreux pays africains, le Congo connaît à partir de 1990, une vague de mouvement revendiquant la démocratie. Dans cette République populaire qui se réclamait alors de l’idéologie marxiste-léniniste, les bouleversements sur la scène internationale et un contexte économique interne difficile, ont stimulé la multiplication des grèves, des revendications estudiantines ainsi que l’apparition d’une opposition qui réclame une conférence nationale et le départ du Président Denis Sassou Ngesso.

Le comité central du Parti congolais du travail (PCT) se prononce en faveur du multipartisme au début du mois de juillet, mais la révision de la Constitution dans ce sens n’intervient qu’en décembre. Le PCT renonce à l’idéologie marxiste et à son rôle dirigeant. Plusieurs formations politiques sont alors reconnues. Le Président Denis Sassou Nguesso annonce finalement la tenue d’une conférence nationale lors de sa présentation des voeux du nouvel an à la nation.

Le 25 février 1991, la Conférence nationale congolaise s'ouvre à Brazzaville. Elle va durer 3 mois, jusqu'au 10 juin 1991. Elle sera présidée par Monseigneur Ernest Kombo, évêque d'Owando. Elle a pour " mission essentielle de redéfinir les valeurs fondamentales de la nation et de créer les conditions d'un consensus national en vue de l'instauration d'un Etat de Droit ". Cette institution regroupe les membres des partis déclarés, des associations indépendantes, des organisations non gouvernementales et confessionnelles, soit environ 1 200 délégués. La Conférence proclame sa souveraineté et adopte un Acte fondamental suspendant la Constitution de 1979 ainsi qu’une Charte des Droits et Libertés.

La Conférence met en place trois organes : la présidence de la République, assurée par Denis Sassou Nguesso qui reste à son poste mais se voit retirer certaines de ses prérogatives, le gouvernement de transition avec à sa tête le Premier ministre André Milongo, ancien administrateur à la Banque Mondiale, le Conseil supérieur de la République (CSR), présidé par Mgr Kombo et composé de 153 membres, représentants les différents groupes présents lors de la Conférence nationale. Il doit s'assurer de l'exécution des décisions prises pendant la Conférence, suppléer l'absence du Parlement et faire voter les lois.

La transition congolaise est marquée dès le départ par de nombreux ratés tels que l'affrontement, en septembre 1991, entre le gouvernement et la Confédération syndicale congolaise qui s'oppose au plan de restructuration des entreprises et de la fonction publique. Des tentatives de coups d'Etat, contre André Milongo lors de son voyage aux Etats-Unis en décembre 1991 et contre Denis Sassou Ngesso, en janvier 1992 sont à noter. Le mois de janvier 1992 est aussi marqué par un remaniement ministériel dû à une crise politico-militaire. C'est enfin sur fond d'ethno-régionalisme et de relations conflictuelles entre le gouvernement de transition et les groupes pétroliers Elf et Agip que se déroule la transition.

Le 15 mars 1992, un référendum a lieu, aboutissant à l’adoption de la Constitution de la quatrième République avec 96,3 % des suffrages. Les mois d'avril et de mai sont marqués par de nombreuses grèves et un conflit entre le gouvernement et le CSR. En mai, les élections municipales confirment l'effondrement du PCT qui conteste le scrutin face à la montée de nouveaux partis, notamment le Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral (MCDDI) de Bernard Kolélas et l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS) de Pascal Lissouba. Le premier tour des élections législatives confirme ces tendances avec toujours les protestations de l’ancien parti unique. Le 19 juillet 1992, c'est le deuxième tour des législatives ; il est couronné par le succès de l’UPADS qui obtient 39 des 125 sièges contre 29 pour le MCDDI et 18 pour le PCT, le reste des sièges revenant à de nombreux autres partis. La contestation est toujours de rigueur. Les élections sénatoriales du 26 juillet confirment la même tendance.

Aux élections des 2 et 16 août 1992, Pascal Lissouba est élu Président de la République avec 61,3 % des voix. Mais même si elle est menée à son terme, la transition démocratique au Congo aura été très mouvementée, tout comme le nouveau mandat de Lissouba sera marqué par de nombreuses crises. Fin octobre, c'est le renversement du gouvernement Bongo-Nouarra, suivi, le 17 novembre par la dissolution de l'Assemblée nationale, dissolution déclarée illégale par l’opposition. En juin 1993, celle-ci boycotte le deuxième tour des législatives, n’ayant pas reconnu les résultats du premier tour tenu le 2 mai. S'en suivent des émeutes et l'annulation de ce tour des élections. En juillet, l'état d'urgence est décrété à la suite des affrontements entre milices, marquant le début du cycle des guerres civiles.

La médiation du Président gabonais Omar Bongo permet d’organiser à nouveau un deuxième tour, encore contesté, conduisant une fois de plus à la reprise des affrontements armés. La fin de l’année 1993 et le début de l’année 1994 sont marqués par la guerre malgré l’arbitrage d’un collège international de juristes sur les élections. L’année 1995 voit de nombreuses dissensions apparaître dans la mouvance présidentielle. L’opposition semble se revigorer. Le gouvernement est ouvert à quelques opposants et les deux parties signent en décembre un pacte de paix prévoyant le désarmement des milices. Mais la stabilité n’est décidément pas au rendez-vous car, dès le début de l’année 1996, des mutineries ont lieu dans l’armée.

Avec le retour de Denis Sassou Ngesso à Brazzaville en janvier 1997 dans la perspective de la présidentielle de juillet, les affrontements se multiplient entre ses milices " Cobras ", les " Ninjas " de Bernard Kolélas, maire de Brazzaville et les " Zoulous " du Président Lissouba. La guerre civile devient générale à partir de juin 1997 lorsque la résidence de Sassou Ngesso est attaquée. Après quatre mois et demi de guerre civile, les forces fidèles à ce dernier prennent Brazzaville en octobre, aidées par le troupes angolaises. L’élection présidentielle prévue pour les mois de juillet et août n’a pu se tenir et le général Sassou Ngesso est investi des charges présidentielles. Un forum tenu en janvier 1998 a fixé la période de transition à trois années au terme desquelles, en l’an 2000, doivent se tenir des élections générales.

La victoire militaire de Sassou Ngesso n’a pas pour autant ramené la stabilité politique. L’opposition se fait entendre de l’extérieur par la voix de l’ancien Président Lissouba, exilé en Grande-Bretagne, et celle de Bernard Kolélas, exilé aux Etats-Unis entre autres. Les milices fidèles à ce dernier mènent une guérilla sur fond ethno-régional dans le Pool, région qui comprend la capitale. En décembre 1998, ils ont tenté de renverser Sassou Ngesso, absent du pays. Cette action s’est soldée par une contre-offensive à l’arme lourde dans les quartiers sud de Brazzaville avec un coût en vies humaines des plus élevés et une exacerbation des tensions ethniques. Le Congo reste un pays dévasté, où la réconciliation sera difficile à obtenir. Le processus de démocratisation est avant tout subordonné à une paix qui n’est pas encore d’actualité, comme on a pu le vérifier encore avec les attaques des " Ninjas " de Bernard Kolélas, suivies d’une contre offensive de l’armée en mai 1999.

JUILLET 1999

Pour sortir de cette tragique impasse par une approche novatrice de la situation, des voix de plus en plus nombreuses s'élèvent. Ainsi, le 19 juin, un colloque organisé par le Club des Amis du Congo-Brazzaville s'est tenu à Paris. Son thème: Le Congo-Brazzaville, enjeux géopolitiques, démocratie et développement. Des universitaires, des politologues, des membres d'association et des Congolais de toutes obédiences ont échangé leurs points de vue, loin de tous les conformismes.
Ouvertement, dans le concert congolais, une autre démarche atypique, celle de Modeste Boukadia-Loutaya, Président du Cercle des Démocrates et Républicains du Congo-Brazzaville (CDRC), une association dont la création remonte au 18 août 1992. Dans la jungle qu'est devenue aujourd'hui la vie politique congolaise, où l'ostracisme a figé les positions, le CDRC se révèle une force de proposition, loin des sentiers battus, faisant preuve d'un effort d'imagination qui va dans le sens d'un renouvellement du discours et de la classe politique. « Sous prétexte de défendre ou de protéger la démocratie et l'unité nationale, la classe politique traditionnelle et partisane entretient sciemment l'insécurité, l'instabilité et la terreur dans le pays par des querelles de personnes. »
Le CDRC pose des questions de fond: le gouvernement actuel issu d'un putsch militaire n'a, à ce jour, aucune légitimité. Comment négocier avec un tel gouvernement ? Faut-il demander au Président renversé et en exil, alors que son mandat officiel a pris fin en août 1997, de restaurer un gouvernement provisoire, avec pour mission d'organiser immédiatement des élections présidentielles ?

Le CDRC propose à la classe politique, aux syndicats, à la société civile, un modus vivendi ou une convention pour un contrat de confiance, qui ne devra ni juger ni condamner, mais doit simplement exprimer la volonté de négociation, de dialogue. Ce contrat ne pourra avoir de signification que si certaines conditions préliminaires sont réalisées.
Créer les conditions de la démocratie et de l'unité nationale
Au plan de la sécurité : signature d'un accord de cessez-le-feu accompagné du retrait de toutes les troupes étrangères et du déploiement d'une force d'interposition internationale de maintien de la paix sous la responsabilité de l'OUA et de l'Onu.

Au plan politique: instauration d'une période de transition de trois ans, nomination d'un Premier ministre civil, chef de gouvernement et constitution d'un Gouvernement de transition dont les missions seront définies par les signataires du modus vivendi. Avec à l'issue de la transition, l'organisation d'élections générales (municipales, législatives, régionales et présidentielles).

Au plan institutionnel: abrogation de l'acte fondamental de 1997 et réhabilitation de la constitution du 15 mars 1992 ; adoption d'une ordonnance constitutionnelle portant création d'un Conseil d'Etat de transition, assumant les fonctions de Président de la République; création d'une commission électorale indépendante et institution d'un organe de régulation de la presse et des médias audiovisuels.

Au plan économique: redéfinition du statut du Trésor public qui doit jouer le rôle d'une banque de la nation et mise sur pied d'une holding financière dans le rôle d'une banque de commerce extérieur pour lancer la politique des grands travaux de reconstruction.
Des propositions qui ont le mérite de la cohérence, même si certaines d'entre elles pêchent par idéalisme. Car il est bien évident que le pouvoir de Sassou Nguesso, engagé dans une fuite en avant éperdue, ne se laissera pas émouvoir par de bons sentiments. Reste donc à trouver les moyens de lui faire entendre raison. C'est là où le rôle de l'opinion internationale devient primordial. .

AOUT 1999

La guerre qui se poursuit au Congo-Brazzaville depuis neuf mois donne lieu aux excès les plus inhumains. Il est patent que toutes les milices qui s'affrontent portent de lourdes responsabilités. Les partisans de l'actuel chef de l'Etat ont, autant que ceux de l'opposition, commis des viols et des pillages, et massacré des milliers de civils. Au point où en est le Congo-Brazzaville, il est plus qu'urgent d'élucider les raisons pour lesquelles la «classe politique» de ce pays s'est muée en une thanatocratie.
D'aucuns prétendent que les événements récents sont les effets d'une longue tradition «tribaliste» : les «Nordistes» et les «Sudistes» (sic) ne pourraient vivre ensemble et seraient condamnés à s'affronter. C'est méconnaître une histoire multiséculaire. Il suffit de lire Georges Balandier, Luc de Heusch ou Jan Vansins pour comprendre que l'Afrique centrale est, depuis près de mille ans, un espace au sein duquel des forces ou des formations de tous types ont pris naissance ou se sont effondrées. Certaines de ces forces ou de ces formations ont érigé les fameux royaumes ou «Etats de la savane». Le royaume du Kongo et le royaume Téké ne sont que quelques exemples de cette dynamique. Dans d'autres cas, des structures d'une autre nature ont vu le jour, entretenant d'autres rapports avec les phénomènes de territorialisation et avec les modèles de l'autorité ou de la cité. Les événements actuels restent marqués par ces processus. Mais l'on ne peut se contenter de renvoyer à ce passé pour comprendre les mutations qui affectent l'Afrique centrale et le Congo-Brazzaville en particulier.

Impact de la colonisation

On a du mal à imaginer ce que la colonisation a pu induire en Afrique. Les systèmes mis en place par les puissances européennes ont accéléré la dégradation, la destruction et la désintégration de véritables structures anthropologiques. Cependant, l'on ne peut imputer à la colonisation seule la responsabilité de tout ce qui advient. D'autres mouvements ont poursuivi une œuvre de déshumanisation dans le cadre des luttes anticoloniales, puis après l'obtention des indépendances. Les factions qui se défient ou se combattent actuellement au Congo-Brazzaville ont longtemps instrumentalisé des rhétoriques simplifiées à l'extrême. Si Bernard Kolebas (principal dirigeant de l'opposition) et ses Ninjas abusent d'une rhétorique messianique excellemment étudiée par Martial Sinda, Denis Sassou Nguesso (l'ex et actuel chef de l'Etat) et ses Cobras ne seraient pas ce qu'ils sont sans cette rhétorique révolutionnaire qui n'a été qu'une arme pour la prise du pouvoir et l'instauration d'un système de terreur.

«Tribalisme» et «révolution»

Pour les aveugles et les demi-savants, le fait que Kolebas soit du Sud et Sassou Nguesso du Nord prouve que le «tribalisme» continue à faire des ravages. Mais ces aveugles et ces demi-savants occulteront, du coup, une autre dimension de l'histoire congolaise. Au Congo-Brazzaville, l'antitribalisme occupe, depuis des décennies, une place de choix. Si longue est la liste des proclamations antitribalistes égrenées par les politiques de ce pays que beaucoup ne parviennent toujours pas à comprendre pourquoi l'Etat-nation n'a pu ni y être consolidé, ni y voir le jour. En fait, la thématique antitribaliste n'a été massivement utilisée, après 1968, que pour contrer un messianisme d'autant plus menaçant qu'il mettait en cause le partage colonial des frontières, et perpétuait un idéal théologico-politique propre aux populations kongo vivant en Angola, dans l'actuelle République démocratique du Congo (RDC) et au Congo-Brazzaville. Mais le projet révolutionnaire, réduit par le Parti congolais du travail (PCT, ex-parti unique) au rang d'un outil démagogique, n'a été qu'un échec. En quelques décennies, ce parti a transformé le Congo en un champ de bataille où des bureaucrates et des militaires incultes et véreux sévissaient sans vergogne.

Le faux espoir de 1992

Après la Conférence nationale, et l'élection de Pascal Lissouba à la présidence, en 1992, certains croyaient qu'un tournant s'était produit. Il a vite fallu déchanter : en 1993-1994, peu après l'élection de Lissouba, ses partisans, grisés par la victoire, se sont empressés d'affronter les partisans de Kobelas dans une nouvelle escalade autodestructrice. Jusqu'en 1997, les milices congolaises se sont acharnées à restaurer des rites sacrificiels datant d'un autre âge. Parallèlement, le déclin de l'Etat a poursuivi son cours. L'«après-culture» (George Steiner) a accru son emprise, métamorphosant implacablement une jeunesse d'autant plus manipulable qu'elle avait, depuis belle lurette, perdu l'essentiel de ses repères.

L'instabilité institutionnelle et les déséquilibres interrégionaux s'aggravant, Sassou Nguesso a su, comme lors de sa première prise de pouvoir en février 1979, tirer profit du déchaînement des énergies guerrières et a passé une alliance avec des puissances farouchement opposées au projet messianique incarné par Kobelas. Ces puissances n'ont fait qu'une bouchée d'un Lissouba dont l'arrogance ou l'inconstance et l'impéritie se paraient d'un sabir technoscientifique. L'histoire congolaise s'étant mise à bégayer, les anciens membres du PCT, revenants skakespearo-wagnériens soutenus par l'armée congolaise, pouvaient s'emparer des principaux rôles d'un drame qui n'a pas encore pris fin.

Si plusieurs organisations des droits de l'homme ont déjà publié des rapports accablants sur les crimes commis dans la capitale congolaise lors de la «guerre des milices» de 1997, seule une commission d'enquête internationale éclairera l'ensemble de la communauté mondiale sur les événements survenus depuis décembre 1998, à Brazzaville dans les quartiers de Bacongo et Makélékélé et dans les régions opposées au retour de Sassou Nguesso au pouvoir.

Dans une série d'interviews accordées dernièrement, l'actuel chef de l'Etat n'a cessé de mettre sur le compte de l'opposition tous les massacres commis au Congo-Brazzaville. Le fait d'exiger qu'une commission d'enquête internationale se rende dans toutes les régions martyrisées par la guerre ne revient nullement à faire le jeu de l'opposition. C'est, au contraire, travailler en vue de la création de nouvelles conditions favorisant le retour des milliers de réfugiés fuyant les combats.

Dialogue et désintégration

Plusieurs dirigeants d'Afrique centrale, réunis à Libreville le 6 août 1999 autour du chef de l'Etat gabonais Omar Bongo, ont reconnu que les conflits armés qui se poursuivent au Congo-Kinshasa et au Congo-Brazzaville déstabilisent toute la région. Mais l'inaptitude au dialogue perdure à Kinshasa comme à Brazzaville.

A de rares exceptions près, les différentes versions de la «politique» africaine contemporaine n'ont fait que promouvoir un processus de désintégration qui a souvent favorisé l'émergence ou la résurgence des pires figures du nihilisme et du Mal. La question qui se pose désormais à tous les Congolais est celle de savoir si leur pays a été englouti au cours des dernières années, ou si, échappant à des mythes obsolètes et s'émancipant de l'emprise de chefs pour qui l'exercice d'un pouvoir de mort est la seule règle, ils sauront et pourront reconstruire le Congo-Brazzaville.

FEVRIER 2000

Malgré les deux cessez le feu conclus en novembre et décembre 1999 entre l'armée et les milices, le Congo Brazzaville ne parvient pas à sortir du conflit qui l'a ensanglanté à 3 reprises depuis 1993. Le coordinateur humanitaire de l'ONU pour le Congo, Bill Paton, a dressé lundi 21 février un bilan mitigé de la situation. D'un côté, il a dénoncé le manque d'intérêt de la communauté internationale pour un pays ou des dizaines de milliers de viols ont été commis en 1999 et ou des meurtres sont encore perpétrés et, de l'autre, il a noté avec satisfaction que 400 000 des 800 000 personnes déplacées étaient rentrées chez elles ces dernières semaines. Le président congolais, Nguesso, a pour sa part appelé le mardi 22 février à un dialogue national comprenant ses ennemis Pascal Lissouba et Bernard Kolélas, sans toutefois lever l'ambiguité sur un éventuel retour de ses deux opposants, le premier ayant été condamné par contumace et le second étant poursuivi par la justice de Brazzaville.
La route nationale n°1 n'existe plus. Les ornières ont des dimensions impressionnantes. Le goudron qui affleure par endroits est troué et coupant. Un désastre !! Il faut trois heures pour couvrir les 75 Km qui séparent la capitale de Kinkala, le chef lieu du Pool.
Les villages sont déserts. Les populations actuels ont fui la violence des combats et le comportement odieux des belligérants au fur et à mesure que la guerre approchait, préférant se réfugier dans les forêts que de subir la mitraille et l'arbitraire. Les miliciens de l'ancien président Lissouba, les Cocoyes, et ceux de son premier ministre Bernard Kolélas, les Ninjas, utilisaient les habitants de la région comme bouclier. Les milices du président Nguesso, les Cobras, leurs alliés angolais et les supplétifs zaïrois, rwandais et tchadiens, les considéraient comme complices de leurs ennemis.
Des milliers de familles ont passé plusieurs mois à couvert des arbres, subissant les intempéries, campant sous les pluies tropicales, se nourrissant de feuilles...Ils ont commencé à sortir des forêts en mai, après que Nguesso eut tenu des propos rassurants et que les forces gouvernementales eurent affermi leur emprise sur le sud de la région du Pool.
L'habitat est clairsemé. Les maisons en dur sont occupées par des hommes en uniformes. Les 10 000 habitants de Kinkala ont fui, eux aussi. Peu sont revenus. En fait, la population ne sait pas qui elle doit craindre le plus : Ninjas, Cobras, Angolais...!!
Un congolais témoigne : " Les unités de la Garde républicaine ont trié, interrogés, arrêtés et fait disparaitre systématiquement ceux qui étaient en âge de porter des armes, les accusant d'être des Ninjas. C'était l'époque ou des voyous, incorporés dans la force publique, se comportait comme des sauvages, découpant les corps de leurs victimes et accrochant les membres et les têtes sur les calandres des voitures des Cobras, avant de jeter les restes des corps dans le fleuve".

Source :
Le Monde Diplomatique 1987-1997

SOURCE :http://afriquepluriel.ruwenzori.net/congo-d.htm

http://afriquepluriel.ruwenzori.net/

Contenant et contenus conçus et réalisés par Olivier Bain; tirés de l'oubli, toilettés et remis en ligne par Jean-Marc Liotier

Afrique/Congo-Brazzaville : Histoire, économie, politique
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15 juillet 2016 5 15 /07 /juillet /2016 06:27
(Congo-Brazzaville) La Justice selon la loi tribalo-clanique des Sassou &amp; Nguesso

SCANDALE au Congo Brazzaville : Un Ministre du Gouvernement Sassou épinglé dans un dossier de corruption dans le dossier Airtel-MBERE

July 14, 2016 kienge 0 Comment Congo-Brazzaville, Justice, Pierre Mabiala -

“Le Ministre de la Justice du Congo Brazzaville, M. Pierre Mabiala vient de se faire prendre en flagrant délit de corruption après avoir été approché par Airtel Congo SA, une compagnie de téléphonie mobile qui excelle dans la fraude, en dissimulant un Acte de Cession des Actions depuis le 04 novembre 2013, au sein duquel des créanciers reconnus sont inscrits”, a confié à la Voix de l’Afrique au Canada, une source brazzavilloise qui préfère garder son anonymat.

Selon cette même source, ” cette affaire à créé une crise ouverte entre le Ministre de la Justice qui viole délibérément la séparation des pouvoirs et le Procureur Général de la Cour Suprême. Cet Acte contient la créance de Monsieur Mbere Daniel à hauteur de 5,4 milliards de Francs CFA, entièrement payée par le Prince Emirati de Abu Dhabi Group qui a vendu Warid Congo SA sa filiale à Airtel Bharti.”

Contactant VAC Radio, la source préfèrant garder son anonymat s’est dite étonnée du fait que le Ministre de la Justice se permet d’écrire aux banques en lieu et place de la juridiction compétente, et aussi du fait que ce dernier bafoue l’exécution légale d’un jugement. Elle s’est également dite scandalisée de remarquer que le Ministre de la Justice ne prend même pas le soin de vérifier les informations apportées par ceux qu’elle qualifie de “racoleurs et d’imposteurs”, puis de foncer comme un taureau dans une procédure où le Procureur de la Cour Suprême a prit plus de 6 mois pour vérifier l’existence matérielle dudit Acte.

Par ailleurs, elle accuse également Airtel Congo SA qui, pour votre information, a contacté le Ministre en question via son avocat Max Bouhoyi, “d’être aussi l’auteur de plusieurs fraudes fiscales, notamment celles qui concernent le paiement au-dessous du montant acté pour le rachat acquisition de Warid Congo par Airtel Congo.”


“Pourtant réclamé, cet Acte reste introuvable, et le Ministre corrompu couvre les contrevenants parce qu’il est maintenant embobiné dans cette affaire à cause de son amour avide d’argent qui lui avait poussé à écrire ce courrier que les banques congolaises exécutent à tort, en marge de la déontologie bancaire et des dispositions OHADA. Les avocats Max Bouhoyi et Éric Yvon Ibouanga sont devenus indésirables auprès du Ministre de la Justice qui leur a demandé ledit acte sans réponse à ce jour“, a-t-il déclaré.

Et il termine en se demandant : ” où est la vraie justice au Congo Brazzaville si un Ministre peut écrire aux banques pour stopper une saisie légale alors qu’il ne peut interférer dans un jugement ?”

Certes, la justice est manipulée dans plusieurs pays d’Afrique, mais il y a encore quelques hommes et femmes de droit qui sont restés honnêtes par amour pour leurs patries, et c’est à ce peu de pourcentages d’hommes et femmes de droit que ce dossier interèssera afin d’être revu et que des questions soient posées au Ministre de la Justice au Congo Brazzaville, M. Pierre Mabiala, pour que justice soit faite.

VAC Radio a tenté de contacter les concernés, sans suite.

Coralie Kienge

VACRadio.com

SOURCE : https://vacradio.com/scandale-au-congo-brazza-un-ministre-du-gouv-sassou-epingle-dans-un-dossier-de-corruption-dans-le-dossier-airtel-mbere/

(Congo-Brazzaville) La Justice selon la loi tribalo-clanique des Sassou &amp; Nguesso
(Congo-Brazzaville) La Justice selon la loi tribalo-clanique des Sassou &amp; Nguesso
(Congo-Brazzaville) La Justice selon la loi tribalo-clanique des Sassou &amp; Nguesso
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(Congo-Brazzaville) La Justice selon la loi tribalo-clanique des Sassou &amp; Nguesso
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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 11:25
(Congo-Brazzaville) Bernard Squarcini, ancien patron du renseignement français travaille pour le dictateur Sassou-Nguesso

(NDLR) : "La France a toujours été du côté des dictateurs" (dixit Nicolas Sarkozy)

Bernard Squarcini, l’étrange reconversion de l’espion de Sarkozy -

L’ancien patron de la DCRI et proche de l’ex-président de la République, écarté par la gauche, s’est reconverti dans le privé. Ses réseaux font prospérer ses affaires. Un mélange des genres qui intéresse désormais la justice.

Début avril, un homme s’avance seul sur le tarmac de l’aéroport du Bourget. Visage rond, taille moyenne, allure passe-partout, il a été l’un des piliers de la république sarkozyste. Ancien patron de la toute-puissante Direction centrale du Renseignement intérieur (DCRI), Bernard Squarcini, 61 ans, monte à bord d’un jet spécialement affrété pour lui par le président congolais, Denis Sassou Nguesso. Le Français est attendu à Brazzaville, où le dictateur africain, au pouvoir depuis 1979, savoure sa réélection, violemment contestée par l’opposition.

Pour comprendre cet étonnant voyage de l’ancien Fouché au Congo, il faut remonter plusieurs semaines en arrière. Bernard Squarcini, qui travaille à son compte depuis que la gauche l’a destitué, obtient un tuyau grâce à ses contacts en Afrique : un « mouvement insurrectionnel » visant à « déstabiliser » Denis Sassou Nguesso serait en préparation. Il connaît le nom des opposants, leurs conseils en France, leur plan d’action.

Ces informations, forcément sensibles, il ne les transmet pas aux services secrets français, mais, de manière singulière, à Jean-Dominique Okemba, le Monsieur Sécurité de Sassou Nguesso, qu’il connaît de longue date. « Les opposants vont lancer des appels à la population pendant l’élection présidentielle », le prévient-il. Est-ce à cause de cette mise en garde que le gouvernement de Brazzaville coupe toutes les liaisons téléphoniques et les échanges internet au moment du scrutin ?

Toujours est-il que le 20 mars, le Congo vote coupé du monde, comme renvoyé au siècle dernier. L’opposition, qui ne reconnaît pas les résultats officiels (60% des votes remportés par Denis Sassou Nguesso), lance un appel à la « désobéissance civile ». Mais la population ne suit pas, terrorisée à cause de la chape de plomb qui s’est abattue sur le pays. On comprend mieux pourquoi, en ce début du mois d’avril, le potentat congolais tient à remercier personnellement l’espion français pour ses conseils avisés.

Comment passe-t-on de Paris à Brazzaville ? De Sarko à Sassou ? Depuis quelques années, l’ancien chef du contre-espionnage semble avoir mis tout son savoir-faire au service d’intérêts privés, parfois étrangers, de grands groupes ou d’Etats, pas toujours parmi les plus démocratiques. […]

Et désormais, c’est à ses activités de consultant privé que la justice s’intéresse. Le vendredi 8 avril, Bernard Squarcini est à peine rentré de Brazzaville que des policiers de l’Office central de Lutte contre la Corruption et les Infractions financières et fiscales (OCLCIFF) et deux juges d’instruction tapent à sa porte, un mandat de perquisition à la main. Ils interviennent dans le cadre de trois enquêtes différentes. En fouillant son appartement parisien, ses bureaux professionnels et un coffre ouvert dans une banque, les enquêteurs tombent sur une pile de documents « explosifs », selon une source judiciaire encore étonnée de « l’imprudence » de l’ancien chef de la DCRI.

Des rapports classés secret-défense, notamment sur les mouvements islamistes au Moyen-Orient, des notes sur des personnalités politiques de tout bord, des pièces de procédures judiciaires couvertes par le secret de […]

Ses déplacements en Afrique ? Des services rendus à des pays amis de la France, dont on ferait bien de préserver la stabilité. Au demeurant, il n’a pas été payé par l’Etat congolais pour le rapport sur l’opposition que les policiers ont trouvé chez lui. Ces derniers ont beau avoir débarqué pile à son retour de Brazzaville, ils n’ont pas découvert un seul centime en liquide Lire la suite sur le Nouvelobs.fr

Violette Lazard et Caroline Michel Publié le 13 juillet 2016 à 18h38

Source : Le NouvelObs.com

Bernard Squarcini, directeur de la DCRI, Frederic Pechenard, directeur general de la police et Nicolas Sarkozy, president de la republique lors d’une table ronde sur la securite

(Congo-Brazzaville) Bernard Squarcini, ancien patron du renseignement français travaille pour le dictateur Sassou-Nguesso
(Congo-Brazzaville) Bernard Squarcini, ancien patron du renseignement français travaille pour le dictateur Sassou-Nguesso
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Violette Lazard et Caroline Michel - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso Sarkozy Squarcini PCT
13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 21:38
(Congo) Nouvelles du CHU de Brazzaville : Est-il mort ?

Il s'agit du Directeur de l'économie et des finances du CHU de Brazzaville. Il semblerait qu'il soit bien mort. Ou, s'il a fait semblant de mourir, alors les siens ont aussi fait semblant de l'enterrer... Au Congo-Brazzaville, dans les années 1980, on disait : "LE PARTI DIRIGE L'ETAT". Aujourd'hui, depuis l'année 2000, on dit : "L'ETHNIE-TRIBU-CLAN DIRIGE L'ETAT".

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Il semblerait qu'il soit bien mort. Ou, s'il a fait semblant de mourir, alors les siens ont aussi fait semblant de l'enterrer... Sa chronique nécrologique :

Je suis de l'ethnie,

J'ai été nommé(e) par l'ethnie,

Moi aussi, je nomme des ressortissants de l'ethnie.

Nous sommes de l'ethnie de M.SASSOU-NGUESSO...

Il y a 6 mois, à Brazzaville, Mme Ambiero Alliandzi a été faite Directrice générale du CHU. Le moins plus petit hôpital du pays [pas plus de 300 lits pour 2 millions d'habitants], le pire mouroir d'Afrique. Pas sûr que même le Niger ou la Centrafrique, les deux pays les plus appauvris du continent puissent envier ce CHU.

Madame la DG donc ! Nous pouvons lui trouver des qualités, mais nous nous mentirions de ne pas relever qu'elle doit ce poste à l'ethnie.

Notons cependant qu'elle a eu le courage d'annoncer son intention de mettre hors d'état de nuire à la collectivité ceux qu'elle a désignés par ''opérateurs économiques véreux''. Des personnes qui, souvent - par petits arrangements entre véreux -, obtiennent des marchés de l'hôpital. Et qui ne les accomplissent pas du tout, ou que partiellement, ou avec d'infinies malfaçons, laissant l'hôpital à l'état de champ de ruines permanentes.

Mise au travail, elle n'a pas tardé à débusquer le maestro ; cet homme-orchestre qui est derrière ce que tout(e) Congolais(e) a toujours perçu comme une entreprise gigantesque de détournement de fonds publics. Des crédits normalement destinés aux soins et bien-être des malades, à la rémunération des personnels hospitaliers, etc.

Le nom du coupable : M.OBENDZA, Directeur de l'économie et des finances du CHU.

Débarqué illico, cet homme aurait trouvé la mort, suite à un accident de la circulation. Mort dans les heures, dans les jours immédiats qui ont suivi sa mise à l'écart et, surtout, après le début de l'examen [on ne parle pas d'audit] des comptes qu'il était censé tenir avec professionnalisme.
Ce cadre, spécialiste ''de haut vol'', expert en marchés truqués était aussi de l'ethnie.

Et notre nouvelle patronne du CHU de le remplacer. Quoi de plus normal. Mais parmi les 4 à 5 millions de Congolais(es), entre les 70 à 90 tribus-ethnies qui composent le peuple congolais, Madame la Directrice du CHU n'a trouvé de digne cadre que dans l'ethnie.

Le directeur de l'économie et des finances du CHU de Brazzaville, issu de l'ethnie, a été remplacé par M. EKANDZA, un autre membre de la même ethnie. Tous de l'ethnie de Madame la Directrice générale, elle-même ayant succédé à deux autres DG, MM.NGAKALA et OVOULAKA, toujours de la même tribu-ethnie ou aire géographique.

Ainsi, depuis bientôt 20 ans, les principaux postes du CHU de Brazzaville sont tenus - tel un animal pris dans le filet d'un chasseur - par des membres de l'ethnie de M.SASSOU-NGUESSO.

Peut-on établir une relation de cause à effet, entre la tribu-ethnie et l'état lamentable, la réalité mouroir du CHU de Brazzaville ?

[....]
L'Ami(e),
Il y a ce ministre qui passe son temps à entretenir le sentiment tribalo-régionalisme, dans l'esprit des ressortissants de son village. Même pas 6 mois au poste, et il en est déjà à sa 3è réunion tribale, voire plus. Nous en discutions hier, à peine.

Aujourd'hui, nous découvrons le cas de cette dame, nommée, presque en même temps que le premier. Toujours de la même ethnie.
Que c'est à vomir ce tribalo-régionalisme!

On finit par se demander s'il peut sortir de l'ethnie de M.SASSOU-NGUESSO des Congolais(es) qui rejetteraient la tare du repli ethnique. Or il en existe. Il doit en exister, forcément ! Il est impossible que la Nature ait fait de toute une ethnie d'irréductibles tribalistes !.

Non, il y a bel et bien parmi l'ethnie de M.SASSOU-NGUESSO, des compatriotes normaux. Et ils doivent même être la majorité. Mais, à l'occasion, ils gardent le silence. Ou qu'ils sont gênés, ou complices, ou coupables par transitivité, par recel. Ils se taisent trop sur cette maladie endémique, partout observée dans le pays, dans le Civil, comme dans les Forces armées :

- Discrimination ethnique dans l'accès aux plus hautes responsabilités ;
- Discrimination ethnique dans l'embauche, promotions & privilèges ;
- Discrimination ethnique dans l'attribution de bourses d'études, stages et formations ;
- Discrimination ethnique dans l'aménagement du territoire national, et dans l'accès aux maigres logements publics.

Ce mal, ethnique, est si profond et systématique que, en dehors de l'ethnie de M.SASSOU-NGESSO, partout dans le pays, nos parents, nos enfants ont le sentiment profond d'endurer un apartheid, de vivre dans une société coupée en deux. Entre, au-dessus, ''la tribu des lions'' [c'est le surnom que se sont donnés des petits-fils de M.SASSOU], des membres de l'ethnie et quelques privilégiés. Et en bas, les autres Congolais(es). Une masse de Congolais délaissés, écrasés de plus par tous les Étrangers du pays.

Or, le Congo appartient -à stricte égalité- à toutes les filles et fils du pays, disparus, vivants et à naître ; de toute ethnie, de toute tribu et de toute famille qui composent sa population, par le sang, par la naissance ou par acquisition de droit.

Nous devons donc agir dans le sens du rétablissement de cette égalité. Le Congo doit revenir à tous ses enfants, sans exclusive.
Ce qui revient à dire que, contrairement à la liberté de faire du tribalisme, et donc de détruire le sentiment national dont ceux [pas tous évidemment] de M.SASSOU ont joui durant les bientôt 20 dernières années, nous ne devons plus laisser aux tribalo-régionalistes cette liberté de s'approprier tout le pays, de monopoliser l’État et ses dépendances, d'exclure le reste du peuple congolais.

Et donc, nous savons qu'il est ouvert le livre-journal du peuple : nous y notons tous les actes de Décision publique, comme ces tribalo-régionalismes ; nous consignons les auteurs nominatifs, avec dates, les interpellations que nous leur adressons, les réponses éventuelles des Responsables concernés, etc.

[...]
Mon Ami(e),
Au jour du peuple, ce livre-ci, également, sera ouvert...

Il y a des personnes qui ne mériteront plus de compter parmi le peuple congolais. Il faudra, sans s'attendrir, les chasser de la communauté nationale, leur retirer la citoyenneté congolaise, à eux comme à leurs enfants, sans droit de revenir même dans leurs villages. Ils n'iront qu'à s'acheter quelque île sur des mers lointaines, et y vivre entre eux.

Cela, sans préjudice de telle ou telle autre sanction, condamnations, etc.

Et nous savons ! Malgré le silence évoqué supra, les tribalo-régionalistes ne sont pas toute l'ethnie, qu'il existe de ceux-ci dans d'autres ethnies du peuple. Tous, sans faiblesse ni pardon, subiront le même sort.

Merci !
Le Papou, L'Iconoclaste.

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12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 23:11
(Congo-Brazzaville) Scandales sur scandales à AERCO

Les Services spéciaux, la Cour des comptes, J.J Bouya, J.L Osso pointés du doigt

Il y a quelques années, notre journal dénonçait farouchement la cession des grands aéroports du Congo (Pointe-Noire, Brazzaville et Ollombo) à des maffieux alors que l’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC) accomplissait correctement ses missions. A l’époque, certains décideurs comme Jean Jacques Bouya, Jean Louis Osso et autres nous avaient traités de journal hostile à la modernisation du pays. Mais aujourd’hui, le Bureau de contrôle et de supervision de la concession des aéroports (BCS) qui représente l’Etat dans la convention de concession ainsi que plusieurs observateurs conviennent avec nous que la société AERCO (Aéroports du Congo), non seulement n’assure pas correctement le bon fonctionnement des installations aéroportuaires, mais elle est aussi une nébuleuse qui devrait interpeller les responsables des Services spéciaux, de la Cour des comptes et de discipline budgétaire, du Conseil national de sécurité, sans oublier le procureur de la République.

Avril 2011 démarrait le projet occulte AERCO. Le fondement juridique de cette concession repose sur deux décrets, à savoir : le Décret n°2010-523 portant approbation de la Convention de concession des 3 aéroports et le Décret n°2010-523 portant approbation du Cahier de charges – type, applicable à la concession des aérodromes appartenant à l’Etat.

Pire ce module devrait être financé par la Compagnie à l’Etat AERCO comme cela est indiqué dans le cadre de la convention de concession mais curieusement c’est la DGGT qui a payé à la place d’AERCO En guise de rappel, l’Etat a investi au total (pour les 3 aéroports internationaux) 300 milliards de FCFA, excepté le tarmac et parking de Pointe-Noire. Dans cet actionnariat d’AERCO, il y a quatre actionnaires ; à savoir : le concessionnaire AERCO et les soi-disant l’investisseur stratégique (55%), qui sont tous trois majoritaires ; et l’Etat qui n’a que (15%). Ceci sous–entend, logiquement, que ce sont les actionnaires majoritaires qui ont la charge d’investir plus dans les projets en cours. Or, sur le terrain, ce n’est pas le cas ! L’Etat minoritaire, continu à débloquer plus des sous, comme c’est le cas pour le 2e module de l’aérogare de Pointe-Noire (50 milliards de FCFA), inauguré en 2015 par le Chef de l’Etat, Denis Sassou-N’Guesso mais qui n’est pas fonctionnel jusqu’à ce jour à cause d’un problème d’eau.

« Les bons comptes font les bons amis », mais…

Tout compte fait, en cinq ans d’exploitation des 3 aéroports par AERCO, un seul investissement prioritaire a été exécuté par AERCO et Cie, sur les 11 prévus à l’aéroport de Brazzaville (Maya-Maya) ; un seul aussi a été exécuté sur les 17 programmés à Pointe-Noire. Pour Brazzaville, il s’agit de l’investissement portant sur la construction du mur d’enceinte de sûreté, qui devait mesurer initialement 12 km, mais qui a finalement été réduit à 8km, pour diminuer les couts des travaux ! Pourquoi réduire le coût d’investissement d’AERCO de 12 à 8 Km ?

S’agissant du Deuxième (Plan de régulation économique) qui aurait pu être porté à la connaissance de l’Etat concédant par la société concessionnaire AERCO six mois avant le début d’une nouvelle période de cinq ans 2016-2021), c’est-à-dire avant le 1er septembre 2015, ce plan reste encore dans les tiroirs d’AERCO. Il n’a pas été communiqué depuis l’année dernière. Que se passe-t-il ? Pourquoi tant de mansuétudes à l’égard d’AERCO

A noter que ces projets, exécutés par le groupe Français EGIS, emploient à la fois des expatriés (payés avec des salaires faramineux) et des Congolais (payés à 100.000 FCFA, pour ne pas dire en monnaie de singe). Une véritable politique salariale de deux poids deux mesures !

Berquez et Eric Desmarets, un tandem maffieux

Depuis plusieurs années, M. Alain Berquez, Directeur général d’AERCO, avait mis en place un système maffieux de passation des marchés qui ressemble plutôt à une ristourne avec rétro-commissions à des tierces personnes dont les noms qui reviennent constamment sur les lèvres des Brazzavillois et Ponténegrins sont : Jean Louis Osso, président du Conseil d’administration de plusieurs sociétés et le DGGT Jean Jacques Bouya, qui ont bataillé fort pour l’installation de la société AERCO accusée de n’avoir rien apporté au Congo, même pas une aiguille Alain Berquez un retraité qui s’est fait viré de l’aéroport de Tahiti pour mauvaise gestion, a été pistonné par son ami Christian Rognonne. Ce dernier est bien connu pour des entourloupes insérer dans les contrats bidons qu’il arrive néanmoins à faire signé par certains des dirigeants peu soucieux de l’intérêt national. C’est l’une des causes de leur départ du Gabon.

Le mafieux a réalisé un coup de maître au Congo-Brazzaville, en effet, sans rien investir au Congo même par un franc CFA lui et sa clique d’Egis Airport Opérations ont réussi à trouver au Congo un nid d’argent qui leur permet de manger et boire à l’aise. Et si jamais la situation financière devient difficile au Congo il leur suffit de déposer le bilan en laissant derrière eux les Congolais à leur propre sort !

La compagnie EGIS-Airport rafle la quasi-totalité des marchés surfacturés et préfinancés curieusement à 100% à la commande ; Tenez ! Tout récemment Alain Berquez a attribué un marché de gré à gré portant sur les travaux d’aménagement de la CDOU (Surveillance poste éloigné) d’une fausse valeur de 255. 493. 027 francs CFA à la société EIDGE Airport, alors que le montant réel de la commande Toutes taxes comprises (TTC) ne dépasse pas 75 millions de francs CFA. Pire, M. Berquez a décaissé 100% à la commande à son ami Eric Desmarets.

De même, pour le support informatique, c’est-à-dire l’ensemble des tableaux de signalisation dans les aéroports, 98. 983. 312 francs CFA ont été décaissés au profit d’EIDGE, cependant le montant réel, toutes taxes confondues, n’est que de 30 millions de francs CFA. Là aussi 100% à la commande a été payé à son ami.

Vu que le bilan d’AERCO est mitigé, l’adage conseille « qu’on change une équipe qui perd ». A ce titre, de nombreuses voix souhaitent que l’Etat qui continue à investir sur les 3 aéroports concédés dénonce cet actionnariat. De même, l’Etat devrait se préparer à négocier une modification des termes de la Convention de concession. Mais, avant que cela n’arrive, étant donné que le groupe EGIS est chargé de nommer le Directeur Général d’AERCO, le souhait serait que l’Etat propose un cadre congolais expérimenté du D.G D’AERCO. Puisque, dans le Partenariat Public-Privé

(PPP), l’Etat congolais minoritaire dans l’actionnariat majoritaire par le montant de son investissement.

Berquez qui se croit en territoire conquis, tout récemment a fait voler en éclat les scellés posés par un huissier de justice. Une justice qui l’aurait traduit devant la Cour correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Brazzaville, pour avoir ainsi souillé l’honneur et l’image de marque de l’Aviation civile.

Soulignons qu’en cinq ans de mandat de concession, AERCO en est à son troisième DG expatrié.

On pourrait ajouter à cette longue liste de ceux qui profitent des largesses du système en place, Monsieur Gérard Sarrat, Directeur General de la société ENCO (Energie du Congo) qui, malgré des centaines de millions encaissés est dans l’incapacité de résoudre le problème de climatisation de l’aéroport internationale de Maya-Maya.

Des questions nécessitent des réponses

Comment comprendre que l’Etat du Congo qui a construit des infrastructures de plus de trois cents milliards de francs CFA ne détient que 15% d’actionnariat ? Que CPTS qui a déjà le monopole de l’assistant en escale et qui n’a rien investi détient 25%, la SEGAP des français 51% et Egis Airport Opération 4% ?

Comment à 4% Egis Airport Opération arrive-t-il à avoir le poste de DG de cette société ?

Comment SEGAP qui n’a rien investi arrive-t-il a avoir 51% d’AERCO ? Que dire de CPTS qui a 25% ?

SOPTIMI géré par Gérard Sarrat à 5%, mais le DG de ENCO rafle tous les marchés d’AERCO : Déchetterie de Brazzaville et Pointe-Noire : 1 400 000 millions sans appel d’offre tous les travaux électriques sont réalisés par ENCO.

En définitive, les investissements censés être réalisés par AERCO ne le sont pas ou à minima. EGIS-Airport Opérations doit dire merci papa Louis Osso du Congo Zoba !

Affaire à suivre !

Ghys Fortune Dombe Bemba

(Extrait de zenga-mambu)

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Ghys Fortune Dombe Bemba - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT AERCO