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  • : Blog contre la corruption, la cupidité, l'avidité et la concussion (C.A.C.) au Congo-Brazzaville
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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 17:20
 
Le groupe sud-africain, avec un Marauder deux fois plus imposant que le Tiger GAZ, a ainsi supplanté la Russie dans la fourniture de véhicules blindés. Le choix du dictateur congolais s’est porté sur le matériel le plus puissant et le plus performant dans sa capacité meurtrière.
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Par Rigobert OSSEBI

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La police congolaise de Jean-François Ndenguet est équipée d’armes de guerre, ou pour le moins d’équipements qui s’y apparentent. Aujourd’hui, son principal fournisseur en est la société sud-africaine Paramount Group. Elle appartient à Ivor Ichikowitz, qui la préside. Dans son droit de réponse, du 15 avril 2016, après la publication par le NouvelObs d’un article soulignant la participation financière de sa fondation familiale à une tournée de l’Alma Chamber Orchestra en Afrique du Sud, il a rejeté le terme péjoratif de « marchand d’armes » en mettant en avant « la fabrication de matériel de défense » de son groupe.

Outre ses activités philanthropiques dans le domaine musical que tout le monde connaît maintenant, Ivor Ichikowitz revendique d’avoir été un collecteur de fonds, à l’âge de 22 ans, pour l’ANC et qu’il avait ainsi contribué à la fin de l’apartheid et à la libération de Nelson Mandela. Ce volontaire de la paix et de la fraternité en Afrique tolère curieusement que ses « véhicules de défense », comme le Marauder, soient achetés et utilisés par la Police congolaise.

Le groupe sud-africain, avec un Marauder deux fois plus imposant que le Tiger GAZ, a ainsi supplanté la Russie dans la fourniture de  véhicules blindés. Le choix du dictateur congolais s’est porté sur le matériel le plus puissant et le plus performant dans sa capacité meurtrière.

Le Marauder est un monstre d’acier blindé, pesant jusqu’à 17 tonnes équipé pour le combat. Avec sur son toit une mitrailleuse lourde de 14,5 mm en tourelle, ce véhicule est une machine à tuer, sans risque, des combattants peu armés ou pour le moins à semer la terreur auprès de paisibles populations civiles. On ne saurait ignorer sa destination criminelle en acceptant  de livrer ces engins et véhicules, ainsi équipés, aux couleurs de la police congolaise. Cette dernière doit être la seule au monde, avec celle de la Corée du Nord, à bénéficier de véhicules blindés avec mitrailleuses lourdes. Le peuple congolais en sera reconnaissant ! Merci Denis Sassou Nguesso !

Mère Antou et les marchands d'armes

Ivor Ichikowitz- Antou Sassou et Jean Yves Ollivier

Le Group Paramount est également fournisseur d’hélicoptères, dont le Mi Super 17, qui serait utilisé dans différentes missions dans le Pool. Ses capacités sont multiples, autant que ses équipements de combat, du lancement de missiles, de mitraillage lourd ou de bombardement.

L’acquisition de ces « matériels de défense » atteste de la préméditation des évènements que l’on connait actuellement dans le Pool. Ces « matériels » n’attendaient que le moment propice de leur utilisation. Le plan du hold-up électoral était depuis longtemps établi. La moindre contestation devait être sauvagement réprimée au moyen d’équipements sophistiqués. Quant à tout mouvement de révolte, il serait qualifié de « terroriste » par l’usurpateur qui avait reçu du président François Hollande, la permission de consulter son peuple, pour un référendum truqué ! Malgré tout, le tyran a toujours la trouille au ventre. Dès la tombée de la nuit, les carrefours importants de Brazzaville sont bouclés par des barrages tenus par des éléments armés étrangers (Rwandais, Angolais, Centrafricains) qui comprennent mal le français… Il est risqué de se promener après 21h30 et l’état de guerre s’est invité dans la capitale.

Denis Sassou Nguesso s’est imposé, sur le continent africain, comme un modèle dans le contournement des aspirations démocratiques et pour la maltraitance des populations. Les principes à suivre en sont l’accaparement des ressources nationales, l’orientation de l’Armée et de la Police en une force d’occupation du pays, et l’usage sans limite d’une communication positive pour masquer tous les travers de son pouvoir. Ainsi, on pouvait remarquer, le 17 août 2014 dans la tribune officielle du défilé militaire de la fête de l’Indépendance du Gabon, les symboles de cette trilogie qui s’impose désormais dans toute l’Afrique Centrale. En brochette, curieusement côte à côte :

  • Claudio Descalzi, le patron d’ENI,
  • Ivor Ichikowitz, Paramount Group,
  • Richard Attias, le communiquant.

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    Descalzi-Ichikowitz-Attias, le, le 17-août-2016 à Libreville (Gabon)

Tour à tour, chacun joue sa partition aux ordres du Chef d’Orchestre, Denis Sassou Nguesso, pour participer au pillage, pour aider aux massacres ou pour entonner les hymnes à sa gloire !

 Les plans du tyran se déroulent comme prévus ; les revenus ont été complètement pillés ; les protestataires sont emprisonnés, éliminés ou terrorisés ; les grandes voix se taisent concernant le Congo-Nguesso après avoir été nourries grassement dans des forums bidons, oscillants entre lobbying et corruption.

Les nouvelles qui nous parviennent du Pool, de plus en plus alarmantes, doivent conforter le tyran tout en indisposant de plus en plus ses soutiens. L’étonnante coalition de libérateurs de Nelson Mandela, autour de l’autocrate sans pitié, ne lui permettra pas de s’extirper du piège dans lequel il s’est lui-même fourré. Pour tous nos parents sous les bombes et pour tous ceux qui ont été emprisonnés, il est grand temps que cette tragédie se termine.

Rigobert Ossebi

(Extrait de congo-liberty)

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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 20:38

« Lorsque la vertu cesse, la République est une dépouille » Montesquieu

Par Pierre Franklin Tavares,  le 31 octobre 2016 à 09:53

Il n’y a pas si longtemps, en septembre dernier, un haut responsable politique français rencontrait M. Benoît Koukébéné et, conversant, il s’étonnait de l’impossibilité pour les opposants congolais de se rassembler, contrairement à ceux des autres pays d’Afrique centrale. Ce qui est vrai. Car dans aucun pays de cette région, l’opposition n’est aussi divisée qu’au Congo Brazzaville.

Dans les chancelleries occidentales, il a fini par s’installer la conviction selon laquelle ces opposants ne voulaient pas ou ne pouvaient pas se réunir, pour préparer une alternative. Or cela n’est pas tout à fait vrai ni même juste.

Au vrai, cette objection vaut plutôt comme une excuse, pour masquer les compromissions de certains grands dirigeants français avec le pouvoir tyrannique de Denis Sassou Nguesso. En effet, tout citoyen sincère remarquera combien la classe politique française est muette, qui n’entend pas les éclats des bombardements du Pool ou qui a oublié les opposants embastillés, et fouettés comme au temps de l’esclavage avec d’affligeantes cicatrices. Rien qui ne leur arrache une quelconque émotion, indignation ou protestation.

M. Denis Sassou Nguesso est un ami et même un intime du Premier ministre Manuel Valls. Les journaux en ont fait mention. L’opinion publique internationale, les résistances africaines et toute la diaspora congolaise ne cessent de s’en offusquer. Mais rien n’y change, et pas même l’esquisse d’une gêne, pour les donneurs de leçons sur la morale publique et les droits universels de l’homme.

Mais tel n’est pas mon propos. Car il appartient aux Congolais de faire ou de refaire l’histoire de leur État, et à nul autre.

Revenons donc à la division de l’opposition congolaise, l’objet de cet article. Tous les commentaires faciles convergent vers un même argument : l’Ethnie, la clé de toutes les divisions politiques. Cette vision coloniale et néocoloniale a tant été martelée qu’elle est désormais admise comme allant de soi par les élites brazzavilloises, même les mieux formées ou les plus sincères. C’est une commodité, qui repose sur le refus des écoles et des idéologies ethnologiques françaises et congolaises de rechercher les causes secrètes de cette division dans le système tyrannique qui domine le Congo Brazzaville depuis bientôt un demi-siècle !

Si les opposants congolais ne peuvent se rassembler, c’est non parce qu’ils sont d’ethnies qu’on essaie d’opposer, mais en raison de l’une des principales caractéristiques de la tyrannie qui est de diviser. Un tyran est toujours minoritaire. Il ne doit sa survie qu’à la division. Sous ce rapport, M. Denis Sassou Nguesso a réussi. Et c’est peut-être même la seule réussite qu’il ait obtenue.

Plus que de longues analyses, qu’il me soit ici permis de citer longuement Aristote, afin que tous les patriotes du Congo Brazzaville prennent conscience que leur division à sa source dans la tyrannie qui les écrase, parfois plus qu’ils ne le croient eux-mêmes.

Le texte d’Aristote ci-dessous est extrait des Considérations politiques sur les coups d’État de Gabriel Naudé.  Le lecteur, s’il le souhaite, peut directement se reporter au livre d’Aristote, Les Politiques, paru chez GF Flammarion, à Paris, en 1990, qui présente une version légèrement modifiée et en français actuel :

« Pour le maintien de la tyrannie, il faut faire mourir les plus puissants et les plus riches, parce que de telles gens se peuvent soulever contre le tyran par le moyen de l’autorité qu’ils ont. Il est aussi nécessaire de se défaire des grands esprits et des hommes savants, parce qu’ils peuvent trouver, par leur science, le moyen de ruiner la tyrannie ; il ne faut pas même qu’il y ait des écoles, ni autres congrégations par le moyen desquelles on puisse apprendre les sciences, car les gens savants ont de l’inclination pour les choses grandes, et sont par conséquent courageux et magnanimes, et de tels hommes se soulèvent facilement contre les tyrans. Pour maintenir la tyrannie, il faut que le tyran fasse en sorte que les sujets s’accusent les uns les autres, et se troublent eux-mêmes, que l’ami persécute l’ami, et qu’il y ait de la dissension entre le menu peuple et les riches, et de la discorde entre les opulents. Car en ce faisant ils auront moins de moyen de se soulever à cause de leur division. Il faut aussi rendre pauvres les sujets, afin qu’il leur soit d’autant plus difficile de se soulever contre le tyran. Il faut établir des subsides, c’est-à-dire des grandes exactions et en grand nombre, car c’est le moyen de rendre bientôt pauvres le sujets. Le tyran doit aussi susciter des guerres parmi les sujets, et même parmi les étrangers, afin qu’ils ne puissent négocier aucune chose contre lui. Les royaumes se maintiennent par le moyen des amis, mais un tyran ne se doit fier à personne pour se conserver en la tyrannie.

Et au texte suivant qui est le XII, voilà comment il [Aristote] enseigne l’hypocrisie et le simulacre :

Il ne faut pas qu’un tyran, pour se maintenir dans la tyrannie, paraisse à ses sujets être cruel, car s’il leur paraît tel il se rend odieux, ce qui les peut plus facilement faire soulever contre lui : mais il se doit rendre vénérable pour l’excellence de quelque éminente vertu, car on doit toute sorte de respect à la vertu ; s’il n’a pas cette qualité excellente il doit faire semblant qu’il la possède. Le tyran se doit rendre tel, qu’il semble à ses sujets qu’il possède quelque éminente vertu qui leur manque et pour laquelle ils lui portent respect. S’il n’a point de vertus en effet, qu’il fasse en sorte qu’ils croient qu’il en ait » .

M. Denis Sassou Nguesso n’a rien créé. Il applique, à son pays, les plus vieilles recettes des tyrannies. En conséquence de quoi, abolir la tyrannie congolaise, c’est refonder l’unité nationale.

LIRE LA SUITEhttp://www.pftavares.fr/congo-brazzaville-des-opposants-divises/

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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 19:09

Jean Claude, Léon et François, IBOVI un trio d’enfer et de fer a tenté le bras de fer avec Sassou !
La guerre de tranchées entre la lignée OMOUANGA et la lignée NGUESSO aurait-elle commencé ? Il semble que oui. Au regard des jérémiades des frères Ibovi, il s’agit de l’éternel combat du pot de terre contre le pot de fer.

Délation

« S’il m’arrive quelque chose, ne cherchez pas longtemps, ne cherchez pas loin !  » L’auteur de cette pensée sait de quoi il parle. Ancien ministre de Sassou, il a formulé ce pronostic prémonitoire pour avoir dit devant témoins des choses pas sympa pour Sassou et, ces choses ont été rapidement rapportées à qui de droit par un infiltré. Il faut être naïf pour ne pas penser que dans le système de Sassou les murs n’ont pas des oreilles.

Convoqué à Mpila, ce « recalé » du gouvernement de Mouamba aurait eu un échange glacial avec Monsieur 8% et c’est à l’issu de ce houleux entretien qu’il avait compris que sa vie ne valait plus un kopeck.

De quoi s’agit-il ?

L’altercation se serait passée au cours d’un « décrassage » (cérémonie où se lave en famille le linge ultra sale). Sauf qu’ici, c’était un débriefing suite au hold-up électoral où Sassou s’est sali les mains le 20 mars dernier en bluffant le peuple Congolais. Son geste a alors particulièrement donné la nausée à un frère Ibovi. L’infortuné ministre aurait tenu des propos politiquement incorrects à l’endroit du Roi d’Oyo qui, comme chaque monarque, préfère être entouré de courtisans que de donneurs de leçon surtout si, à l’instar des mouches, on a été nourri par lui au lait et au miel.

Alors que, dans un indécent existentialisme, certains partisans célébraient le braquage des urnes, cet empêcheur de tourner en rond a contesté en public les résultats fabriqués par Bouka, validés par Iloki et ses sujets de la Cour Constitutionnelle. Ce coup de pied dans la termitière n’a pas été du goût de nos constitutionalistes en herbe, corrompus à hauteur de 20 millions de francs chacun. Il paraît que dans un sursaut de conscience, ces juristes véreux se sont empressés de qualifier de « gros n’importe quoi  » les résultats de Mboulou, Bouka, Iloki et compagnie proclamés à la hussarde et nuitamment. Ils ont critiqué mais n’ont pas moins les mains sales, dirait Jean-Paul Sartre, en empochant vingt briques pour service rendu. Et comme par hasard, tous, pour paraphraser Jean-Pierre Makouta-Mboukou, sont originaires de la « septentrionie ethnique  ». Solidarité des tranchées tribales oblige ! Qui le leur reprocherait dans ce monde où le seul culte valide est celui du veau d’or ! Passons.

Langue fourchue

Personne ne comprend dans le milieu des « allons seulement » qu’on ne tienne pas sa langue, qu’on se répande en indiscrétions en public, autant de fuites qui remettent en cause des résultats, certes, cousus de fil blanc, qui ont permis à Sassou de rempiler et à chacun de garder ses prérogatives, de conserver ses acquis. Pire, nombre de faux vainqueurs, craignant de subir les foudres de Mpila, ont fini par accepter, de gré ou de force, la forfaiture. De ce fait, travaillé par le remords, il n’en fallait pas plus pour que celui qui fut l’ancien porte-parole du candidat Sassou Nguesso pour les affaires internationales lors de la présidentielle de mars dernier, sorte de sa réserve. François Ibovi (car c’est lui), est dans de beaux draps.

Qu’il s’insurge contre cette barbarie sans nom alors qu’il était conscient du degré de violence qui s’abat actuellement sur les innocents, autant dire que c’est assez téméraire de sa part. Ce n’est pas Augustin Kalakala torturé avec bestialité qui dirait le contraire.

« Au lieu d’avoir la victoire modeste, le pouvoir se permet de surcroit d’embastiller les opposants, de les violenter, les pourchasser au lieu de favoriser le dialogue » s’est indigné notre rabat-joie ! Celui-ci, l’impudent, sachant qu’il s’exprimait devant un public truffé d’espions devait se douter qu’il y aurait délation. Ces balances ont vite fait d’aller rapporter ses propos à Monsieur 8%, provoquant le courroux de celui-ci et la convocation manu-militari du frondeur à Mpila. Que quelqu’un ait vendu la mèche, c’est dans l’ordre des choses en sassouland où l’on vit de trahison et se repaît de dénonciations.

Après ces explications ou il a réitéré sa nette volonté de privilégier le dialogue plutôt que la répression armée, l’ancien porte-parole du candidat Sassou qui connaît le mode opératoire du tigte d’Oyo a vite fait d’aller réunir les siens pour les informer du danger qu’il courrait suite à cette explication de texte avec l’ogre d’Oyo. Se sachant dans le collimateur des « tueurs froids  » de Monsieur 8%, il a pris les devants en réunissant le cercle familial : « S’il m’arrive quelque chose, ne cherchez pas loin ! »

Un patronyme pas comme les autres

Le rebelle, vous aurez compris, fait partie d’une famille dont le nom est synonyme de courage et de sursaut républicain. Un membre de cette fratrie est député à l’Assemblée et avait pris position contre ses propres parents qui voulaient triturer la Constitution pour que Sassou rempile. Un autre, siégeant comme membre du comité central du PCT, avait pris lui aussi position contre le Bis Repetitas de Sassou Nguesso à la présidentielle. Cet enfant terrible a pris la parole au cours d’une des sessions du comité central de son parti pour dire, à ses camarades, tout le bien qu’il pensait du changement de la constitution et, par ricochet, son aversion de voir le président sortant se représenter pour un nouveau mandat. Pressentant les difficultés, il voulait éviter qu’il n’ait une sortie du pouvoir peu honorable en voulant un passage en force. Peine perdue ! Il sera marginalisé au sein du pré-carré ethnique. Allez savoir si ce ne sont pas ses propres « parents » qui avaient prémédité son agression à l’aéroport Roissy Charles de Gaulle lors d’une mission de service !

Manifestement Jean-Claude, Léon et François sont un trio d’enfer et de fer. Fils d’Oyo, ils ne demeurent pas moins des républicains droits dans leurs bottes, n’en déplaisent aux nostalgiques de l’imposture ethnocentriste.

Un secret pour personne !

Au sujet du braquage électoral, les langues se délient sur fond de partage du butin.
Un adage populaire bien de chez nous, dit : « Le cafard a beau s’oindre de farine, la poule fini toujours par le retrouver. » On pourrait ajouter cet autre adage populaire qu’aiment répéter les artistes des deux rives du Congo : «  le mensonge prend l’ascenseur. La vérité, elle, prend l’escalier  » (« Quel que soit le temps que prend la vérité, elle finit par arriver » disent les latins). Il ressort clairement que tout ou une partie de l’establishment ainsi que les proches du pouvoir savaient la réalité des résultats des urnes de l’élection présidentielle de mars 2016. Tous savaient pertinemment qui avait gagné, qui avait perdu. Qui était arrivé premier au premier tour et qui n’avait pas franchi le cap de ce premier tour. Beaucoup ont même craché le morceau dans certains cénacles. De Mvouba au général Ollessongo, en passant par l’épouse du candidat sortant, Clément Mouamba, Elvis Digne Okombi Tsalissant, Rodolphe Adada, tous étaient dans le secret des Dieux : le cambriolage électoral en mars 2016 était un fait avéré.

Sassou, lanterne rouge

Mais l’indignation n’étaient pas fondée sur les mêmes raisons éthiques « Avec tous les moyens qu’on a mis à votre disposition, le Président n’a pas pu gagner à Pointe-Noire ? Même ne pas arriver en tête ?  » a geint le général Ollessongo devant Isidore Mvouba sur le parvis de L’Hôtel Atlantic Palace de Pointe-Noire. Rappelons que Mvouba était le Directeur de campagne de Monsieur 8% à Pointe-Noire, Rodolphe Adada directeur à Brazzaville, l’apprenti milicien Elvis Digne Okombi Tsalissant s’était essuyé les pieds sur le dos d’Adada. Okombi Tsalissant n’avait pas hésité de sermonner en public le Directeur de campagne de la ville de Brazzaville pour n’avoir pas réussi à faire élire Sassou à Brazzaville. Puis, toute honte bue, tirant la couverture à lui, il lança à la cantonade qu’avec son Pona Ekolo, financé par le maire de Brazzaville, il se démenait comme un beau diable pour truquer les procès-verbaux afin d’inverser les résultats en faveur de Monsieur 8%. Épaulé par les spécialistes du scannage de documents et de falsifications des procès-verbaux, le vice-président de la CONEL et président de l’association Pona-Ekolo, n’a pas en effet lésiné sur les moyens pour modifier le cours des résultats de Sassou Nguesso à Brazzaville. Normal, qu’il « manque », (diraient les Ivoiriens), Rodolphe Adada ! Sous-entendu « manquer de respect. » Dans le lot de ceux qui savent ce qui s’est réellement passé, Adada figure en bonne place. Son honnêteté l’a même trahi. En recevant des journalistes, il avait laissé glisser en « Off » que même la Bouenza et le Niari n’avaient pas voté pour le candidat du PCT, que dans ces deux départements, il était arrivé loin derrière les candidats Mokoko, Okombi, Munari et Tsaty-Mabiala ! Lanterne rouge ! Oui, il s’agit d’une autocritique collective avec une once d’ironie socratique.

Antoinette dépitée

Abattue et groggy : telle était l’état d’Antoinette, l’épouse de Sassou, après l’annonce des résultats de l’élection présidentielle. Tout en dévissant avec les camarades de son « moziki  » pendant le débriefing d’après campagne, Antoinette Sassou-Nguesso se serait « lâchée ». Entre deux petits fours qui visiblement avaient le goût amer du fruit à pain, elle a eu la langue fourchue en interpellant ses amies dont certaines étaient originaires du Pool. Pourquoi, le Pool, tançait-elle, n’avait pas voté pour son mari, avant de se ressaisir et d’ajouter l’air dépitée : « Ah, je parle du Pool qui n’a pas voté pour mon mari. Et, mes propres parents du Kouilou ? Ils n’ont pas fait mieux !  » Puis d’ajouter, philosophe, « Quand on parle d’argent qui manquait pour mobiliser les équipes de campagne, etc. Laissez-moi rire. Mokoko, il avait quel argent ? Il n’a pas mis autant d’argent dans cette campagne comme nous l’avons mis ! Je ne comprends pas comment les gens ont pu voter pour Mokoko alors qu’il n’avait pas le sou. »

Tout va se savoir !

Qui se souvient des gémissements de Lili Loumande, la fille de Madame Sassou, belle-fille de Sassou Nguesso, himeself ! N’avait-elle pas chialé lorsqu’une traque en règle avait été organisée aux États-Unis contre sa maman par les avocats Américains de Hodjeij ! Les deux dames avaient dû passer par Bangui en Centrafrique pour rejoindre Brazzaville en pleurant comme une Madeleine : « Maman ne voulait pas de cette affaire. Elle ne voulait pas qu’il se représente. Maintenant c’est nous qu’on traque ! »

Passe d’armes à fleuret moucheté

« Mais vous aussi dans le Pool, tout ça c’est de votre faute. Vous n’avez pas voté pour le Président » aurait balancé à la figure jaune papaye de Mvouba, Clément Mouamba, premier ministre de Sassou Nguesso qui, bien qu’étant de l’Upads, semblait, lui, avoir voté pour l’homme d’Oyo ! Le sang de ce celui qui fut encore à une date récente la caution ethnique du Pool de Sassou, n’a fait qu’un tour. Sans mâcher les mots, il a répondu du tac-au-tac : « Et vous dans la Lekoumou ! Vous avez voté pour Sassou sans doute ? » Un aparté en marge de la rencontre initiée par les producteurs du « vivre ensemble  » à l’hôtel Ledger ex-Méridien entre les cadres du Pool qui étaient censés statuer sur l’affaire Ntumi a failli se transformer en pugilat. Comme quoi, les loups finissent parfois par se battre entre eux.

La Likouala Oye Oye Viva !

Le Kouilou, la Bouenza, le Niari, la Lekoumou, le Pool et même Brazzaville n’ont pas voté pour Sassou. Ces aveux sont faits par les tenants du pouvoir eux-mêmes à la suite d’une crise de conscience. Le candidat de « Allons Seulement » avait été disqualifié dès le premier tour. Ce ne sont ni les opposants ni les membres de la plate-forme IDC-FROCAD élargie à J3M qui l’ont dit. C’est encore moins la CTE (Commission Technique Électorale) qui a livré le secret de ses résultats compilés. C’est « Bango na Bango ! »

Alors si toutes les localités du Congo (70% de la population congolaise), n’ont pas voté Sassou-Nguesso, comment expliquer l les 60% attribués à l’auteur du « Manguier, la Souris et l’Alima » ? La réponse ? Il faut aller la chercher dans la Likouala ou le Préfet n’a pas fait dans le détail, allant jusqu’à faire voter les Nbgandés, les Bayas, les Babingas de Ndongo-Zaïre, les Réfugiés Rwandais et toute âme vivant dans le département en âge ou pas de voter. Le Préfet de cette contrée s’est appuyé sur ces populations pour obtenir le fantasmatique score de 200% au profit de Sassou. Grâce à l’ajustement électoral apporté par la Likouala et son Préfet, alias « Monsieur 48 heures ! »tout est bien qui finit bien.

Paroles prophétiques

Plusieurs mois après ce braquage électoral, les langues se délient et le bon sens est imploré afin que tous ceux qui se sont mis dans la peau des vainqueurs puissent se ressaisir et privilégier la voie du dialogue. L’idéal serait qu’ils fassent profil bas et mettent de côté leur amour-propre. C’est ce que l’ancien ministre, François Ibovi a dit à l’auteur du cambriolage électoral de mars 2016. Et si, par extraordinaire, François Ibovi venait à disparaître, le monde a le droit de savoir d’où vient le coup. En fait dans ce casse du siècle, les braqueurs refusent de partager le butin en jouant les gros bras !

L’opinion doit savoir aussi que si Mokoko, Banangazala, Jean Ngouabi, Modeste Boukadia, Paulin Makaya et d’autres, croupissent en prison c’est parce qu’ils sont du côté de la raison. Si Augustin Kalakala a eu le dos hachuré ce n’est pas parce qu’il a pour totem le zèbre, c’est parce qu’on a voulu atteindre André Okombi Salissan à travers lui. Si Munari, Mierassa, Bowao et Oba Blanchard vivent la peur au ventre avec pour probable destination finale, les geôles du pouvoir ou l’au-delà, c’est parce qu’ils ont en face d’eux des jusqu’au-boutistes. Si André Okombi Salissa vit en clandestinité et craint pour sa vie, c’est parce qu’il a vu clair dans le jeu de l’Homme de l’Alima. Si le Pasteur Ntumi a repris le chemin de la protestation armée c’est parce qu’il ne doit rien à Sassou, à l’inverse de Guy Brice Parfait Kolélas. Le fait est que les partisans du « Allons seulement  » veulent faire reculer la civilisation vers les confins de la sauvagerie. Tous ceux qui ont contesté la victoire de Sassou Nguesso lors de la présidentielle de mars 2016, sont des bêtes à abattre. Tant pis pour les effets collatéraux dont Kolélas et Tsaty-Mabiala, à leur corps défendant, feraient les frais. Le fin mot de l’histoire, reste la fourberie. Pour sortir de la crise par le haut, la solution passe par le dialogue inclusif. C’est ce que demandent également les membres mbochi lato sensu du cercle fermé du pouvoir, comme le prouve la courageuse prise de position de l’ancien ministre de la santé du Congo François Ibovi. Aujourd’hui, tous ses parents craignent pour sa vie car comme dans la mafia, en Sassouland c’est vite fait de se retrouver au fond d’une rivière le corps lesté d’une charge de 50 kg ! « Porté disparu » diront les bonnes âmes.

Luttes intestines

En réalité, se mène en filigrane une guerre de tranchées entre la lignée Nguesso d’Oyo/Edou dont se réclameraient les Ibovi et la lignée des Omouanga, père supposé de Mr 8%, originaire d’Owando selon les investigations du journaliste Elie Smtih. D’où cette grogne des véritables filles et fils d’Oyo qui supportent de moins en moins cette OPA lancée par les Sassou sur Oyo, offre public d’achat ayant pour effet de marginaliser les mbochi stricto sensu de cette localité d’anciens pêcheurs d’eau douce devenus milliardaires à Brazzaville grâce à la pêche au pétrole en haute mer.
Affaire à suivre !

Ossere Ondele

LIRE LA SUITE : http://www.congopage.com/Plus-rien-ne-va-dans-l-oyocratie-Faites-vos-jeux

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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 11:25
Combien de fois Tintin s’est-il retrouvé en mauvaise posture, piégé parce qu’il traquait l’information et la vérité ?­ Au moins une fois dans chaque volume.

Mais prenons le livre de Tintin au Congo, et lisons son histoire qui se déroule en 2016.

Au Congo, nous savons que le Conseil National de la Justice, organisme consultatif, veille à la bonne organisation et au bon fonctionnement de la Justice. Tintin n’a aucun tracas, puisqu’il sait qu’avec l’article 27, tout fonctionne parfaitement dans le meilleur des mondes. De plus, ce pays est membre permanent à l’ONU et applique la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. N’a-t-il pas été cette année, le pays hôte ? De fait, la commission africaine des droits de l’Homme siège en Gambie (Banjul). Bonne chose.

Mais voilà, cette fois-ci, il a été capturé et jeté dans une geôle du Congo sans autre forme de procès.

Cherchant toujours l’information, Tintin part muni d’une carte du Congo et du code. Dans ce lieu particulier, il y rencontre d’autres détenus. Reporter de renommée internationale, Tintin les écoute.

Il entend que les maisons d’arrêt sont surpeuplées. Celle de Brazzaville avait été construite pour 150 personnes et voilà que l’on en décompte quatre fois plus soit plus de 600 détenus (pas encore jugés) et prisonniers (qui purgent leurs peines). Pas mieux à Pointe Noire, la maison d’arrêt était prévue pour 75 – 130 incarcérés, plus de 300 y résident.

Tintin s’aperçoit qu’humainement la vie carcérale est un enfer. Même si les condamnés doivent payer leurs méfaits, privés de liberté. Mais les conditions ne correspondent plus à l’article 3, dans lequel est inscrit que les maisons d’arrêt sont chargées de veiller aux conditions humaines en vigueur. Tintin s’interroge sur ce que l’on peut sous-entendre par conditions humaines en vigueur.

Promiscuité, dormir à même le sol, cellules surchauffées par un toit en tôle qui ressemble la journée à une plaque électrique chauffante où, lors de la saison des pluies, les fuites rendent ce lieu malsain et nauséabond, sont des réalités qui sont loin des textes de lois.

Tintin, qui vient d’arriver, ne connait pas les habitudes et se renseigne. Si en théorie, l’hygiène, la santé et la bonne alimentation sont inscrites dans ce même article, en réalité, il n’en est rien, pas plus que de favoriser l’équilibre relationnel avec la famille. Par exemple, des détenus/prisonniers de Brazzaville séjournent à Pointe Noire et réciproquement. Comment les familles entretiennent-elles ces relations familiales pour le bien-être psychique du détenu ou du prisonnier ? Surtout que Tintin apprend que les incarcérés sont en réalité à la charge de la famille.

Pourquoi ?, demande Tintin ?

L’Etat du Congo n’a plus d’argent dans les caisses et certains détenus/prisonniers ne mangent qu’un jour sur deux du riz bouilli parce que personne ne peut rien lui apporter, pas même un fruit de saison. Et les fruits…, il y en a beaucoup toute l’année. C’est pour cela que de nombreux pensionnaires des maisons d’arrêt sont malades et personne ne le dit, personne ne les soigne. Pour avoir le privilège d’être ausculter par un médecin, il faut payer entre 10 000 et 20 000 FCFA. C’est beaucoup même pour la population qui ne travaille pas toujours, car il n’y a pas de travail pour tout le monde, alors imagines Tintin, pour un résident de la maison d’arrêt, c’est une fortune.

Mais Tintin s’interroge. Les maisons d’arrêt doivent collaborer avec les associations des Droits de l’Homme ? Pourquoi tant de chômage ?

Avant, tout le monde travaillait. On était heureux. Et puis est arrivé un Attila et sa horde de Huns. C’est peut-être à cause de ce nom qu’il y a eu confusion en

Sassou : "ONU ? Connais pas !" Sassou : "ONU ? Connais pas !"
tre Huns, un et Unité. Tout le monde devait devenir son esclave ou fuir. Mais pour toucher les associations et organismes internationaux, il nous faut un porte-voix à l’extérieur, quelqu’un qui n’aura pas peur de s’exprimer. Ceux qui utilisent leurs droits d’expression, cette liberté qui existe chez toi Tintin, ici, ils sont enfermés, en espérant que la société les oublie. Je te donne un exemple, des membres d’un parti politique indépendant, le CDRC, ont fait une manifestation autorisée à Brazzaville puis a Pointe Noire, en 2013. Ils avaient des pancartes ‘’carton rouge’’ ou ‘’Gouvernement d’Union Nationale’’. Ils ont été kidnappés chez eux un matin et six mois plus tard, ils ont été jugés pour atteinte à la sureté de l’Etat. Ils ont été transférés dans différentes prisons/maisons d’arrêt, loin de leurs familles. Plus de la moitié de ces membres sont malades et personne ne fait rien malgré que le président de leur parti avait écrit à l’ONU. La commission des Droits de l’Homme de l’ONU avait répondu au président du CDRC, Modeste Boukadia, que c’était des arrestations arbitraires et abusives. Ce courrier est arrivé sur le bureau du Président de la République, 1er magistrat qui doit aider à bien gérer la justice de son pays, mais rien n’a changé, puisqu’il a fait dire ‘’ONU, connait pas !’’.

 

Et puis ici, il y a des détenus qui attendent depuis des années leur jugement. S’ils meurent avant le jugement, cela fera des économies pour l’Etat.

Comment, questionne Tintin ? Il me semblait que l’article 2 permettait à tous les citoyens congolais d’être égaux devant la loi et devant la juridiction. L’accès à la justice n’est-elle pas gratuite pour toutes les instances ?

Récemment, il devait y avoir un procès. Le transfert d’argent s’est effectué du ministère au palais de justice. Mais lors du trajet, l’argent avait disparu ….pas pour tout le monde. La personne attend toujours son procès, si et seulement si le procureur veut le recevoir.

C’est comme ce président du CDRC, Modeste Boukadia, qui habite en France et au Congo, puisqu’il est franco-congolais, est venu voir sa maman malade, en janvier 2016. Il s’est fait arrêter à la descente de l’avion sous prétexte qu’il avait été jugé par contumace pour lui aussi, atteinte à la sureté de l’Etat, avec une peine de 30 ans de travaux forces. C’est un homme politique qui n’était pas d’accord avec la gestion et le bilan du pays du Président de la République, ni de sa volonté de changer sa constitution. Cela fait 10 mois qu’il est enfermé en attente de son jugement. Il doit leur faire peur car le 20 juin 2016, son avocat avait enfin réussi à lui obtenir une libération provisoire, puisqu’il était incarcéré depuis plus de 4 mois en attendant son jugement. Mais le ministre de la justice, a non seulement insulté les juges au téléphone, mais a fait un pourvoi en cassation.

Sans jugement, qu’est-ce que l’on peut casser, demande Tintin stupéfait ?

Rien, en dehors du temps que la justice croit gagner et peut-être les convictions de cet homme. Mais il est solide.

Mais Tintin s’étonne. Dans ce cas, il n’y’a plus de respect de l’individu, de la liberté d’expression !

Tu sais Tintin, être reporter, journaliste, homme politique au Congo et tous ceux qui défendent les droits, la liberté sont en danger. Sauve-toi pendant que tu le peux, Tintin. Tu pourras faire un article avec un beau titre, ‘’Liberté, j’écris ton nom’’.

Jean-Claude Mayima-Mbemba

Ecrivain congolais

in Journal La Griffe

 

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24 octobre 2016 1 24 /10 /octobre /2016 16:31
 

Par Djess dia Moungouansi

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« Les barbares n’ont pas de champs, le massacre est pour eux ce que le labour est pour nous » LI Po

L’horreur absolue ! Le système Sassou a désormais un visage : celui de la barbarie.  De fait, c’est avec un cœur épris de compassion et d’angoisse que nous avons tous découvert l’étendue des sévices que Sassou et ses spadassins ont infligés à notre compatriote Augustin KALA-KALA. Son état moribond nous renseigne sur le profil psychologique des membres de cette organisation criminelle ; déshumanisés, cruels, tous friands « du sang et des larmes des autres ». Etre capable de telles ignominies, dépasse tout entendement.  Le peuple congolais prend son mal en patience, en attendant que le «  Trio dasufa » (composé du Colonel-aux-ordres Oko Ngakala, du dernier de sa promotion en 3e année de droit Pierre Mabiala  et du Goebbels de service Thierry Moungalla) vienne nous gaver de pestilence, par la spéciosité  de leur discours.

« La domestication » de la société congolaise

On ne le dira jamais assez, le niveau de violence atteint par ce régime est parmi les plus élevés du monde des tyrannies. Bon an, mal an, il a bénéficié d’une relative impunité sur la scène internationale, malgré des mises à l’index régulières. Tout donne l’impression qu’il s’agit d’un régime somme toute préservé alors qu’il est engagé dans la répression massive et sanglante de sa population.

La société congolaise, jadis caractérisée par une grande vitalité, est peu à peu soumise à un musellement progressif,  puis brutal, de toute  velléité d’opposition au régime. Depuis le référendum sanglant de novembre 2015 , suivi du braquage des urnes du 20 mars 2016, ce gang des criminels   utilise des « techniques » qui dessinent par touches ce qui forme la substance même d’un régime d’oppression : un mélange de personnification du pouvoir qui fait de Sassou la source de toute chose et l’origine de toute réussite, de suspension du temps ( puisque le régime est là « pour l’éternité » pensent-ils, ce que la mise en jambe de « KIKI le faux pétrolier », semble accréditer),de contrôle absolu de l’espace social et physique, de la confiscation du domaine public, et de monopole de la narration du réel. Enfin l’institutionnalisation des instruments de répression  et de surveillance a instillé au cœur de la société congolaise la menace potentielle à tout instant, la méfiance généralisée, et la peur, afin d’obtenir l’obéissance.

La collusion entre le pouvoir de Sassou et les sectes religieuses n’est pas fortuite. Ces deux pouvoirs persécutent le citoyen, où qu’il soit. Alors que le pouvoir militaire menace la sécurité et la vie des gens, sur terre, le pouvoir religieux  hypothèque leur bien être dans l’au-delà. Le cumul de ces pouvoirs constitue une force beaucoup plus considérable que ces mêmes pouvoirs opérant séparément.

Toutefois, contre toute attente, un grain de sable vient de caler la machine à tuer. Un crime n’est jamais parfait. C’est le moins qu’on puisse dire. Désormais, il y aura « un avant » et « un après » KALA-KALA. Sans céder à toute superstition, on a la nette impression  que l’âme des   353 disparus du Beach, ou l’esprit jusque là sans sépulture  du  vertueux Massamba Débat  et d’autres victimes de ces assassins de bas étage,  lui avaient  confié cette délicate mission de venir témoigner, en  livrant  aux Congolais de quoi est fait la géhenne oyocratique.

L’image d’un  KALA-KALA squelettique,  la peau déchiquetée, les mains et pieds abimés, restera à jamais collée à la peau de ce régime jusqu’à sa chute. Peu de personnes se souviennent du nettoyage ethnique, en bonne et due forme,  opéré par ce même système et par les mêmes criminels en décembre 1998 à Bacongo-Makélékélé. Aucune image, donc pas d’incidence dans l’opinion. Les révélations rétrospectives n’ont que peu de valeur pratique. Le choc émotionnel, l’indignation, l’horreur causés par une atrocité ne seront jamais les mêmes selon qu’on suive les évènements à chaud et « en direct », ou après coup et « en différé ». Cette fois-ci, cette image effroyable fera le tour du monde et sera l’une des pièces maîtresses d’un dossier qui gagne chaque jour  en épaisseur à la CPI.

Dans le Pool, les massacres s’enchainent avec une régularité de métronome

Le plan méphistophélique de Sassou visant à déclencher une guerre picrocholine dans  le Pool est prêt depuis belle lurette. Persuadé qu’il ne peut jamais gagner une quelconque élection au Congo,  le Pool étant l’obstacle qui se dresserait contre  tout hold up électoral. Deux choses  semaient le doute dans son esprit: la proximité de  Brazzaville  qui est-  disons-le franchement – dans  le Pool  et la facilité qu’aurait un quelconque leader de cette région  à mobiliser ses troupes qui ont la légendaire réputation d’obéir scrupuleusement aux mots d’ordre. Son crédo :neutraliser de manière préventive ce foyer de contestation par excellence, y compris en y accentuant la dysharmonie sociale.

Ses sbires avaient prévenu : «  Vous repartirez en forêt si vous ne votez pas Sassou ! ». Nous y sommes !. Mais pourquoi donc cet acharnement alors qu’il a réalisé son braquage électoral ? De tout temps, au Pool aujourd’hui et à Ikonongo hier, Sassou a toujours assouvi son obsession du sang en utilisant la violence contre les civils et la destruction de leurs habitations comme une arme de guerre.

Aucune opération de police ne peut être menée avec des hélicoptères qui effectuent des bombardements massifs des zones habitées. Ni même, peut-on prétendre être du côté des populations quand on les contraint   d’aller en forêt,  abandonnant vivres et confort  alors que plus de 5000 miliciens censés les protéger, écument  les villages ?

L’épisode symptomatique d’une barbarie d’Etat s’est déroulée  au village Ngandou Boudzoua près de Mindouli. Après une série de viols et autres traitements inhumains sur les populations désemparées, la police tribale de Sassou s’est acharnée, sans gêne  sur le vieux  Nkouma,  un paysan  de 75 ans, accusé de tous les péchés d’Israël. Pour masquer son incompétence, la pseudo-police le soupçonnait d’être,  ni plus ni moins,  le féticheur de NTOUMI. Ce pauvre hère rendrait NTOUMI  invisible et  insaisissable. Pathétique !

Les officines d’Oyo ont tout bonnement érigé la barbarie en meilleur levier pour soumettre les populations psychologiquement amoindries par les affres d’un pouvoir illégitime. Qu’il s’agisse de détourner l’attention de la population, après l’échec cuisant du 20 mars 2016 ou qu’il entreprenne de faire accepter les brimades et autres mesures impopulaires, le boutefeu d’Oyo agite le chiffon rouge des évènements dramatiques, réels ou annoncés.  Graduellement, en maintenant les populations dans un état d’appréhension constant, ce régime gruge les libertés individuelles au profit du clan au pouvoir et de la bureaucratie gouvernementale. Il reste que, dans l’histoire des tyrannies, chaque fois que l’avenir d’un peuple est  en péril,  celui-ci sait  exhumer cette force enfouie dans ses entrailles et relever tous les défis qui se posent à lui, notamment pour conjurer la peur et la  perte totale liberté. C’est en cela que l’on reconnait  la dignité et la force d’un peuple.

Djess dia Moungouansi

(Extrait de congo-liberty)

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23 octobre 2016 7 23 /10 /octobre /2016 20:42
 
Me Massengo-Tiassé répond au gouvernement dictatorial du Congo, sur le mandat d'arrêt, la pratique de la torture et le génocide en cours au Congo
 

Me Massengo-Tiassé poursuivi pour avoir soutenu le général Jean Marie Michel Mokoko vainqueur des élections présidentielles actuellement en prison (pendant la campagne dans le pool le 7 mars 2016) (Violations des Droits de l'Homme en Afrique et dans le monde)

Me Massengo-Tiassé poursuivi pour avoir soutenu le général Jean Marie Michel Mokoko vainqueur des élections présidentielles actuellement en prison (pendant la campagne dans le pool le 7 mars 2016)

En réponse au Gouvernement dictatorial du Congo, la déclaration de Me Massengo-Tiassé sur le mandat d’arrêt international sur la pratique de la torture et du génocide en cours au Congo

Les autorités de la nouvelle république du Congo ont lancé contre ma personne un mandat d’arrêt international pour détention illégale d’armes de guerre. Cela me fait sourire. Je crois que c’est un canular, si c’en est pas un, dans ce cas je doute que ce ministre jouisse de toutes ses facultés ? Moi je suis persuadé qu’il est incapable de répondre aux faits évoqués dans le rapport de plus de 43 pages, déposé à l’ONU et à La CPI et qui a été remis dans plusieurs chancelleries en Europe, qui semble t-il fait trembler le pouvoir.

En expert des droits de l’homme nous avons consigné avec précision toutes les exactions d’un pouvoir usé devenu tyrannique. Il faut bien entendu une bonne dose de mauvaise foi pour voir dans la dénonciation des violations des droits de l’homme au Congo et des crimes contre l’humanité en cours dans le pays et particulièrement au Pool et dans la Bouenza, une quelconque responsabilité dans ce qui s’est passé le 4 avril 2016 à Brazzaville, alors que je n’étais plus dans la capitale depuis le saccage de ma résidence de Mayanga.

A trois reprises les escadrons de la mort sont venus chez moi de jour comme de nuit. Ils n’ont jamais trouvé des armes. Ils se sont même rendus à l’hôtel Saphir, à ma recherche. Les armes dont on m’accuse de détenir proviennent d’où ? Le rapport déposé aux Nations Unies et à la CPI fait allusion à toutes ces opérations des milices du pouvoir qui avaient pour but également de m’attraper ou de m’éliminer physiquement et faire croire que je détenais des armes de guerre pour le compte du Général Mokoko dont j’étais le Conseiller pendant sa campagne des présidentielles. La preuve lorsque la police politique et les escadrons de la mort sont arrivés à Mayanga avec plus de deux cents éléments représentants toutes les milices, j’étais sur place, je me suis éclipsé, sans qu’ils ne me voient. J’ai eu la vie sauve parce que Dieu m’aime, mes ancêtres et les victimes de ce pouvoir veillent sur moi. Ils m’ont aidé à quitter le pays, c’est aussi cela la vérité. Le Saint Emile Cardinal BIAYENDA, martyr de la foi m’a toujours protégé il ne m’abandonnera jamais. C’est aussi cela mon témoignage.

Tant pis pour ceux qui ne veulent pas croire. C’est pourquoi par la vérité de la miséricorde de Dieu, nous membres de l’association Emile Biayenda Santo Subito, interpellons le Vatican de proclamer la canonisation de ce martyr de la foi tué par Sassou Nguesso voici bientôt 40 ans.
Ma vie était mise en danger à plusieurs reprises par des tentatives d’enlèvements nocturnes. Je n’ai pas fui le Congo, je suis parti en France pour un contrôle médical que je devais effectuer en décembre 2015, suite à l’empoisonnement dont j’étais victime en 2012, lorsque j’étais empêché de prendre le vol AF 897 du 5 décembre 2015. J’ai été persécuté durant une longue période d’octobre 2015 au 31 mars 2016. Après l’interpellation ratée du 28 mars 2016 à Mayanga où ils ont tenté de déposer deux caisses d’armes et de munitions, j’ai décidé de quitter Brazzaville le jeudi 31 mars 2016 en me réfugiant d’abord dans le Pool. Mon voyage en Europe était bel et bien prévu, afin d’une part, d’effectuer mes contrôles et soins médicaux attestés par mes Médecins et d’autre part, de fêter en famille les 30 ans de ma soutenance de thèse de doctorat d’Etat en droit dans la nouvelle spécialité du droit international des droits de l’homme.

Le juriste Mabiala, non expert sur les questions des droits de l’homme, est incapable de répondre ou de contredire les faits évoqués dans ce rapport, faits qui sont incontestables, irrécusables, irréprochables, irréfragables, irréfutables et inattaquables. Ce gouvernement illégitime qui pue le mensonge, la tricherie et les crimes en se servant des montages policiers pour étouffer la vérité, est réputé dans la théorie du complot initiée en mars 1977, par Sassou Nguesso chef de la junte militaire, reconnu responsable, par la conférence nationale souveraine, des assassinats des Présidents Marien Ngouabi et Alphonse Massamba Débat, du Cardinal Emile Biayenda , du Capitaine Luc Kimbouala Nkaya Saint cyrien, Ancien Chef d’Etat Major Général, Kikadidi, Samba dia Nkoumbi,Ndoudi Nganga et d'autres victimes innocentes.
J’avais toujours dit que la confiscation du pouvoir ne passera pas. Très tôt je l’avais dénoncé le 6 mai 2012 à RFI en tant qu’invité de Christophe Boisbouvier. C’est pourquoi je me suis rangé du côté du peuple, de l’opposition et du Général Jean Marie Michel Mokoko qui incarne l’assurance et l’espoir de voir un véritable Etat de droit au Congo avec une bonne administration de la justice et une force publique républicaine.

Je fais partie des Congolais qui résistent et résisteront jusqu’à la fin du régime oppressif et sanguinaire de Sassou Nguesso. Je le sais aussi qu’on a planifié et programmé mon assassinat à défaut de tenter un nouvel empoisonnement, car le premier a été un échec, mon organisme a résisté et digéré le poison qui n’a pas laissé les séquelles grâce à Dieu.
Moi je me bats pour faire valoir les droits de l’homme, c’est-à dire les droits humains qui sont différents des droits humanitaires, que le ministre ignorant confond aux droits de l’homme l’autre appellation « droits humains » adoptée à la conférence mondiale des droits de l’homme du 14 au 25 juin 1993 à Vienne en Autriche.

Le régime qui s’est imposé par les armes le 4 avril 2016 veut légitimer son pouvoir qualifié de tyrannique en nous donnant une leçon dans un domaine que son ministre de la justice ne maîtrise pas, ni même son ministre de la communication. Je connais les règles du droit international et particulièrement le droit international des droits de l’homme dont je suis le premier spécialiste francophone depuis mars 1986. Ce pseudo mandat d’arrêt sera voué à l’échec. Ce n’est pas la première fois que je suis confronté à ce genre de poursuite illégale. Me reprochant de faire valoir ma liberté d’expression, en octobre 1994, le régime du Professeur Pascal Lissouba, qui pourtant assista à ma soutenance de thèse, avait lancé un mandat d’arrêt contre moi. Monsieur Mabiala était l’avocat de l’Etat et le mandat d’arrêt était nul et non avenu.

Il faut que le Ministre sache que le droit international des droits de l’homme est un droit de protection permettant à l’individu d’obtenir le rétablissement de ses droits fondamentaux, c’est pourquoi en ma qualité de spécialiste et défenseur des droits de l’homme, je ne peux pas me taire et boucher les oreilles lorsque j’ai connaissance des exactions dans un pays et surtout le mien. Je considère ce qu’on me reproche comme un grossier montage policier, qui trouve probablement sa source en faisant avouer par la torture des jeunes desperados ou des pauvres jeunes innocents, et d’affirmer qu’ils ont reçu des armes et de la drogue de ma part.
La fachosphère actuelle du Congo poursuit tous ceux qui résistent contre la tyrannie de Sassou et son clan. La preuve nous est donnée par les enlèvements des opposants ou des cadres qui n’adhèrent pas à son projet de confiscation du pouvoir et d’épuration ethnique. Le Colonel Loembé et le Docteur Augustin Kalla Kalla ont été sauvagement torturés à mort. De nombreux anonymes subissent le même sort, récemment des dizaines de jeunes de Mouyondzi.

Je ne suis pas un criminel et je ne crois pas que le Pasteur Ntumi soit un terroriste. Il ne fait que résister comme l’a fait Sassou Nguesso de juin à octobre 1997, contre le pouvoir de Lissouba. A cette époque j’étais le premier à alerter l’opinion internationale pour l’attaque de sa résidence de Mpila. Et pourquoi aujourd’hui on me reproche de me placer du côté des résistants contre la tyrannie. Le 26 septembre 1992, le général Sassou avait déclaré: « j’insiste pour dire, lorsque la Constitution est violée, les démocrates ne doivent pas l’accepter ! Nous prenons l’opinion internationale à témoin… Pour la défense de la démocratie et de la constitution nous ne céderons jamais. » .

Aujourd’hui, nous démocrates sommes dans cette logique de la résistance contre la tyrannie de Sassou. Nous ne céderons jamais face à la folie meurtrière de Sassou dont l’objectif final est de dépeupler le Pool et le nord de la Bouenza en donnant la mort ; - par des bombardements aveugles ; - par l’empoisonnement des sources d’eau ; - par le maintien des déplacés dans les forêts par la terreur du pilonnage des villages et les pousser à la mort lente par la famine et les maladies ; par l’achat aux chinois et autres étrangers des milliers d’hectares dans la zone dépeuplée et enfin terroriser les résistants de l’étranger. Voici un plan concerté et des meurtres que ne peuvent nier les 3M, Mouamba, Mabiala et Moungala, les corrompus qui se sont embarqués dans cette barbarie de Sassou. Le gouvernement est responsable du génocide en cours dans le pays. Il répondra un jour de ce crime, nous en avons déjà les preuves.

S’il y avait une justice digne de ce nom, j’aurais pu affronter mes accusateurs,car on ne peut pas continuer de diriger un pays dans le mensonge. Je sais que le système est habitué à fabriquer et monter les preuves. C’est facile de prendre des desperados dans la rue et leur remettre lad rogue ou des armes et leur faire dire ceci: « nous avons été armé par untel». Depuis mars 1977, un mois particulièrement sanglant, la règle et les méthodes du système Sassou, ce sont les fausses accusations, les montages policiers, la falsification, les faux coups d’état et surtout son plan de génocide contre les populations du pool et de la Bouenza. Qu’on ne se trompe pas et qu’on ne dise pas de mensonges sur le Pasteur Ntumi. Ce plan diabolique d’extermination des populations civiles au Pool et une partie de la Bouenza est de la seule responsabilité de Sassou Nguesso qui tient coûte que coûte à modifier la démographie de cette partie du territoire. Connaissant ce plan concerté, son ami,le Général Bouissa Matoko alias Casis a été tué mercredi 5 avril 2006, des suites d’un empoissonnement imputé à Sassou Nguesso.

Nul n’ignore au Congo que Sassou a préparé la situation actuelle de trouble et de génocide, d’abord en recrutant massivement dans la fameuse pseudo force publique, milices secrètes, entre juillet et novembre 2015, des jeunes gens issus de l’espace utile de la Cuvette Ouest, ensuite a provoqué des vraies et fausses attaques le 4 avril 2016 à Brazzaville. Ce qui lui a donné l’occasion de brandir « le fait d’un tiers ». Ntumi et les anciens combattants constituent la cible désignée pour justifier les attaques dans le Pool et entamer une épuration ethnique dans le silence de la communauté internationale à qui on veut faire croire, que le Pool est en proie au terrorisme de Boko Haram. Et pourquoi interdire une commission d'enquête internationale libre de ses mouvements au Congo?

La proclamation de l’état d’urgence a permis d’opérer des arrestations arbitraires des opposants. Souvenez vous que le 18 mars 1977, après avoir assassiné Marien Ngouabi, le faux tiers comme l’écrit Moudileno Massengo, « ce faux tiers fut l’impérialisme international dit aux abois, puis Massamba-Débat. En 1979, il fut Yhomby Opango, le traitre de la vie exemplaire de Marien Ngouabi. Le 5 juin 1997, il a été Pascal Lissouba, le traitre de la démocratie. En 1998-1999, ce furent les exilés revenus dans leur pays, après promesse d’une amnistie, puis les populations du Sud, qui devaient être exterminées, aveuglement dans le cadre des opérations Mouébara etc. » Référence Afrique Education N°379 du 1er au 15 novembre 2013.

Le 4 mars 2012 une explosion est organisée à Mpila et le coupable désigné est le Colonel Marcel Ntsourou, un brillant officier supérieur qui n’adhère pas au projet de la confiscation du pouvoir par le clan Sassou. Sassou a fait comme Néron qui a brûlé Rome à l’an 64 afin d’incriminer les chrétiens et de les envoyer à la mort. Aujourd’hui sous le prétexte de chercher le Pasteur Ntumi, « responsable désigné des attaques du 4 avril 2016 », Sassou poursuit son plan d’extermination des BaKongos en bombardant les villages du Pool et de la Bouenza. On comptabilise déjà plus de 3000 morts et disparus.

Au lieu de lancer un mandat d’arrêt qui ne va pas aboutir, pourquoi ne pas accepter les observateurs et les Organisations humanitaires pour aider les populations en détresse.
Atteinte à la sûreté de l’Etat est le chef d’accusation qui est retenu contre tous ceux qui s’opposent à la dictature de Sassou, c’est le cas du Général Jean Marie Michel Mokoko en tête au 1er tour des élections du 20 mars 2016, c’est le cas de Paulin Makaya qui a eu le mérite de mobiliser des foules pour contester le référendum constitutionnel, c’est aussi le cas d’Okombi Salissa, aujourd’hui dans la clandestinité pour avoir refusé d’accompagner le hold- up électoral de Sassou Nguesso, et aujourd’hui c’est moi qui suis dans le collimateur de la justice. Le peuple n’est pas dupe. Il sait que ce gouvernement est incapable de lui donner l’eau potable, l’électricité, les soins de santé primaire, l’emploi, les lieux culturels comme des salles de cinéma, les bureaux de postes pour la distribution des courriers, les services d’hygiène etc…
Aujourd’hui, ce sinistre ministre de l’injustice aux méthodes du 3è Reich aurait pu autoriser les enquêtes sur toutes les allégations de torture et de décès en détention et poursuivre les auteurs d’actes de torture dans les prisons. La torture et le crime dans la république des barbares sont complètement banalisés. Le ministre se tait sur le cas de mon ami le Docteur Augustin Kalla Kalla torturé sauvagement et laissé pour mort à l’entrée de la morgue de Brazzaville. Ecoutons le récit très choquant fait par son épouse qui l’a récupéré en pleine nuit à la morgue :
« A 22 heures, je reçois un coup de fil et c’est la voix de mon mari : Chérie viens vite, vite viens vite. On s’est rendu sur les lieux et quand on lui a demandé, mais comment ça s’est passé ? Ils sont venus me jeter ici et j’ai vu des petits qui passaient ; je leur ai demandé un service, si vous avez un téléphone de passer un coup de fil pour appeler ma femme. Mon mari était si mal en point que j’ai eu du mal à le reconnaître. Il était vraiment dans un état critique. On ne savait même pas qu’il allait vivre jusqu’à aujourd’hui. Il ne pouvait pas marcher, il avait de grosses plaies partout surtout au dos, les pieds enflés ».

Augustin Kala Kala a raconté les séances de torture et les interrogatoires qu’il dit avoir subis.
« Il articule difficilement. Il a tout de même pu dire qu’on le baladait d’un coin à un autre, de nuit comme de jour. On le déplaçait et comme il était cagoulé, il ne pouvait pas savoir où on l’amenait. Et lorsqu’on l’enfermait dans un petit container, il était interrogé et on lui posait des questions pour savoir où se trouvait monsieur Okombi Salissa, quel était le soutien de l’opposition, où est-ce que nous trouvions de l’argent pour faire ce que nous faisons, est-ce qu’il y a des puissances étrangères qui nous soutiennent? Puis, il a pu aussi nous dire ces tortionnaires lui ont proposé un marché, c’est à dire de quitter les rangs de l’opposition, comme ça il pourrait bénéficier des soins intensifs et de l’argent et qu’il quitte l’opposition en dénonçant ce que l’opposition était en train de faire». Fin du récit.

Voici une autre preuve de l’Etat de non droit instauré par la nouvelle République.
Et le gouvernement ose nier que les forces de l’ordre ne sont pas concernées par cette affaire. En racontant une fois de plus des inepties du genre : « qu’Augustin Kala Kala avait choisi de se soustraire volontairement à la vie publique depuis la présidentielle avant de réapparaître gravement blessé, mais qu’il n’est ni recherché ni poursuivi par aucune force de police».
Le mercredi 19 octobre 2016 un hélicoptère de la milice tribale de Sassou Nguesso et piloté par les mercenaires ukrainiens a atterit dans Mouyondzi village. Les miliciens ont fouillé maisons par maisons, embarquant les jeunes gens valident pour le village Bantounga où ils ont subi des tortures pendant toute la nuit, trois d’entre eux ont succombé des suites de la torture. Un grand nombre de jeunes ont été déférés à Brazzaville.

Voilà comment ce pouvoir sanguinaire qui a tenté de m’appréhender et de m’éliminer physiquement aurait pu justifier son forfait. Et aujourd’hui gêné par tous les témoignages rapportés dans le rapport, il ose me traduire en justice pour des faits que je ne reconnais pas.
Aujourd’hui, nous demandons aux jeunes de résister contre la barbarie de Sassou.
Le droit international des droits de l’homme et le droit international humanitaire sont deux branches du droit distinctes, mais complémentaires. Toutes les deux traitent de la protection de la vie, de la santé et de la dignité des personnes. Le droit humanitaire s’applique en situation de conflit armé, tandis que les droits de l’homme s’appliquent en temps de paix comme en temps de guerre.

Le « droit de résistance à l’oppression » est un des droits naturels et imprescriptibles cités au 3è considérant du préambule de la Déclaration universelle des droits de l’homme. La résistance à l’oppression relève, du fait des expressions du préambule de cette Déclaration, de ces droits inaliénables et sacrés qui encadrent l’action des pouvoirs publics et fondent les réclamations des citoyens. Son objet est de lutter contre les abus et privilèges, de s’opposer au despotisme, à la tyrannie, de rappeler à tout système de gouvernement que la cause principale des malheurs publics sont « l’ignorance, l’oubli et le mépris des droits de l’homme ».
Le droit de poursuite est nul et non avenu à ceux qui revendiquent leurs droits et qui dénoncent un régime dictatorial. Le Congo est-il dans une démocratie pluraliste? Je ne le pense pas.

La démocratie est une expression du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes; Le peuple congolais avait disposé de sa souveraineté en écartant Sassou Nguesso le 20 mars dernier. Rien ne me fera changer d’opinion, comme en 1994, quand j’ai commencé à dénoncer les dérives du régime Lissouba, qui avait institué les milices. Imposer la dictature, c’est donc méconnaître le droit des congolais de disposer d’eux-mêmes. Le droit de poursuite qu’évoque Mabiala pour le Pasteur Ntumi, n’a pas de fondement juridique. Tout acte juridique ou toute décision imposant le droit de poursuite des citoyens résistants à une tyrannie et une oppression reconnue est nulle et de nul effet sur le plan international. Ce ne sont pas des manœuvres des tricheurs, des néo nazis et des franquistes qui peuvent nous apeurer, en utilisant la presse comme la DINA, la police politique du dictateur Pinochet.

Quand le gouvernement ne s’acquitte pas de ses obligations fondamentales envers l’ensemble de la population, quand un dirigeant s’impose par les armes pour se maintenir au pouvoir, quand les milliers d’individus souffrent de la faim lorsqu’il est possible de les nourrir, quand les jeunes gens sont exposés à la fureur du tyran Sassou Nguesso, par les arrestations arbitraires, détentions abusives les brutalités inadmissibles et assassinats aveugles par les forces dites publiques, on ne peut que contester cette démarche. Le parlement n’est qu’une chambre d’enregistrement des décisions d’un régime dictatorial. La justice est entre les mains de la dictature. les magistrats au lieu d'appliquer la loi et de dire le droit, ils sont instrumentalisés et intimidés. Aucun gouvernement respectueux des principes du droit international des droits de l’homme ne peut vous suivre dans cette aventure du droit de poursuite. Poursuivre qui? un opposant politique, un résistant ou un défenseur des droits de l'homme?

Le droit international relatif aux droits de l’homme énonce les obligations que les États sont contraints de respecter. En devenant parties aux traités internationaux, les États assument des obligations et des devoirs au titre du droit international et s’engagent à respecter, protéger et satisfaire les droits de l’homme. L’obligation de respecter signifie que l’État doit se retenir d’intervenir dans l’exercice des droits de l’homme ou de les restreindre. L’obligation de protéger exige de l’État qu’il protège les personnes et les groupes contre les violations des droits de l’homme. L’obligation de satisfaire signifie que l’État doit prendre des mesures positives pour faciliter l’exercice des droits de l’homme fondamentaux. Ce n’est pas le cas dans ce régime autoritaire où l’administration de la justice est inexistante ou c’est la loi de l’arbitraire de la police qui est la règle.

Les droits de l’homme sont inexistants au Congo.

1- Il n’existe pas une société organisée sous forme d’un Etat de droit, c’est-à dire un état dans lequel toutes les autorités et tous les individus se trouvent liés par la loi. Dans la fraude, Sassou a changé la première loi, la constitution pour se représenter.

2 - A l’intérieur de l’Etat, les droits de l’homme ne sont pas exercés dans un cadre juridique préétabli, l’administration de la justice est supplantée par l’arbitraire de la police politique ;

3 - L’exercice des droits de l’homme par les Congolais qui en sont les titulaires n’est pas assorti de garanties juridiques précises. Des recours pour en obtenir le respect sont négligés d’où l’immixtion de la police politique dans les décisions de justice.

En ratifiant les traités internationaux relatifs aux droits de l’homme, le gouvernement congolais s’est engagé à mettre en place des mesures et une législation nationales compatibles avec les obligations et les devoirs inhérents à ces traités. Malheureusement le système juridique du Congo ne fournit pas la protection juridique principale des droits de l’homme garantis par le droit international. Au contraire les procédures juridiques que défendent le gouvernement tyrannique et répressif ne remédient pas aux violations des droits de l’homme, il encourage les montages policiers et les arrestations arbitraires.
Voilà un montage grossier et grotesque qui me fait passer pour un criminel ayant armé les jeunes gens le 4 avril 2016.
Ce fameux mandat d’arrêt « international » n’a aucun fondement juridique, car délivré par un régime criminel. Il repose sur rien. Il est le fruit de l’imagination d’une police politique spécialisée dans l’extorsion des aveux des jeunes gens sous la torture.

Comment peut-on faire passer un vice président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme du statut de défenseur des droits à celui de criminel armant les jeunes drogués? Il y a que dans une tyrannie où l'on vivre ce genre de situation. Son rapport de 43 pages remis à l’ONU et à la CPI a offert à la meute de Sassou Nguesso de se lancer sur ses traces et d’aboyer à ses chausses.

Ne vous étonnez pas que Denis (Congo) emboite le pas de la folie de Pierre et de Jacob (Burundi et Afrique du Sud) en quittant la CPI. Ces maîtres chanteurs oublient que leurs crimes restent imprescriptibles et leur retrait de la CPI n’entraine aucun effet rétroactif. Peine perdue.
Le chemin de la paix reste une voie difficile et impossible à atteindre par ce pouvoir tyrannique qui a décidé d’exclure le pluralisme politique de son projet.

Qu’est-ce que le pervers ministre sait d’une bonne administration de la justice, de la primauté du droit et de la protection des droits de l’homme, pour me donner une leçon sur la défense des droits de l’homme. Ce n’est pas son petit confort acquis par des pratiques douteuses qui peut m’ébranler. Ce n’est pas son discours creux, forcément lénifiant et mensonger qui peut m’ébranler. Moi je me bats pour faire valoir les droits de l’homme qui sont différents des droits humanitaires.

Aujourd’hui ce pouvoir en contestant mon engagement pour les droits de l'homme, me pousse dans l'activisme politique soit à créer ou à rejoindre un mouvement politique, afin de répondre aux nombreux appels des Congolais résignés, qui m’apportent un grand soutien dans ce combat contre la dictature implacable au Congo Brazzaville. Je suis prêt pour défendre les Congolais opprimés, du pouvoir sanguinaire, par un engagement actif dans la politique de mon pays.

Je termine cette mise au point en renouvelant mes propositions contenues dans ma déclaration de candidature au poste de Premier Ministre du Congo à la Conférence Nationale Souveraine le 7 juin 1991:

« … Il est temps pour nous Congolais de nous mettre à la tâche car la liberté ne saurait s’établir sans de solides institutions dirigées par des hommes et des femmes à la probité sans tâche et sans défaillance comme l’a exigé notre Conférence nationale souveraine. L’ère du monopartisme est révolue. Ainsi ceux d’entre nous qui ont agi par le passé en accord avec les pouvoirs que nous avons dénoncés doivent comprendre que leur présence au gouvernement de transition serait une insulte au peuple, une honte pour le Congo. Ce serait indigne de nous, nous conférenciers qui avons la mission de mettre en place et de développer des institutions démocratiques qui seront la colonne vertébrale du Congo de demain. Pas de cohabitation avec les hommes de dictature. Ainsi, chers compatriotes, j’ai l’impérieux devoir de vous mettre en garde contre la stérilité de certaines actions et de certaines promesses. Le Congo profond ne nous pardonnera jamais une quelconque complicité avec les hommes usés qui comportent le risque évident de bloquer le processus démocratique par leurs calculs politiciens et par leurs intérêts égoïstes qui empêcheront pour cela toute procédure de récupération des fonds pillés….

« Je suis fier en tant que défenseur des droits de l’homme de contribuer aux grands changements démocratiques intervenant dans notre continent. Je serai encore plus fier demain dans douze mois de donner aux congolais les moyens d’affronter l’ère démocratique dans la liberté, la paix et la dignité… Nous avons été de ceux qui ont demandé à la France d’avoir une attitude claire par rapport aux Etats africains qui favorisent les libertés et les droits de l’homme et d’appliquer le principe de la conditionnalité liant la coopération économique aux progrès des libertés et des droits de l’homme et pour cela , j’espère que la France nous comprendra, et nous ferons jouer toutes nos relations dans les milieux parlementaires européens, américains et auprès des hommes d’affaires pour obtenir des moyens de faire asseoir notre jeune démocratie, conformément au sommet de la Baule et aux décisions de la CEE …

« En effet depuis 1988, je suis de ceux qui réclament dans toutes les instances internationales, l’adoption d’une Convention internationale sur le rapatriement des fonds provenant du Tiers Monde… Le premier acte de mon gouvernement serait de traduire en justice toutes les personnes qui ne nous remettrons pas dans un délai de 15 jours un ordre de virement de leurs fonds à l’étranger au Trésor public…. Le recouvrement de ces centaines de milliards spoliés donnera à notre pays un certain crédit moral à l’égard des institutions financières internationales afin d’enclencher le démarrage économique qui favorisera, le plein emploi, la gratuité des soins au plus démunis de notre société, le droit au logement salubre, le droit d’être à l’abri de la faim et à la réalisation d’autres droits de l’homme…

« Nous allons dans l’immédiat réorganiser notre administration afin de mettre tous les fonctionnaires au travail productif. Afin de renflouer les caisses de l’Etat, les services des impôts et des douanes seront mieux structurés.

« Pour le respect du droit à l’information, une attention particulière sera accordée à la presse afin de faire échec à la désinformation et à la manipulation des journalistes… A vous chers amis journalistes de favoriser la naissance d’une véritable démocratie dans notre pays. Dans une démocratie, lorsqu’il y a un scrutin, les candidats à ce scrutin doivent avoir le même traitement. Je m’adresse à vous jeunes du Congo, courageux dans cette salle, ne ratez pas cette occasion pour mettre fin à jamais la tyrannie, le tribalisme, le régionalisme et empêcher enfin ceux qui veulent toujours confisquer les postes que vous devriez occuper. Ceux là même qui n’ont pas dit la vérité sur certaines affaires…. ».

Fait à Genève le 23 octobre 2016
Maître Maurice MASSENGO-TIASSE
Docteur d’Etat en droit
2è Vice Président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme

LIRE LA SUITE : http://www.frtdh.org/fr/article/me-massengo-tiasse-repond-au-gouvernement-dictatorial-du-congo-sur-le-mandat-d-arret-la-pratique-de-la-torture-90.html

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23 octobre 2016 7 23 /10 /octobre /2016 12:33

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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 16:23

Pilonnage et pulvérisation du Pool par des mercenaires Ukrainiens

 

 
 Derrière les discours et les déclarations de circonstance, se cache une triste réalité, celle d’une opposition du Congo-Brazzaville à la peine et une majorité présidentielle sans foi ni loi.

Hold-up réussi

En Afrique, les séquences post-électorale constituent un cauchemar pour les leaders politique à la quête d’un point de chute pour s’assurer des meilleurs lendemains dans la perspective d’échapper au théorème suivant lequel : « ceux qui l’emportent, gagnent tout et les malheureux perdent tout  ». Au Congo-Brazzaville, la situation de la plate-forme IDC-FROCAD élargie à la composante JMMM relève d’un positionnement politique nuancé. Mais, en politique, les nuances comptent, elles parlent et elles disent quelque chose. La bataille des leaders pour le positionnement politique qui fait rage sous les yeux hagards des populations du Congo-Brazzaville participe de cette logique. La période post-présidentielle a tourné à une foire d’empoigne pour l’alliance IDC-FROCAD et la composante JMMM. Denis Sassou Nguesso qui s’agrippe au pouvoir et qui manie le bâton et la carotte, est en passe de réussir son hold-up électoral du 20 mars 2016 c’est-à-dire la pulvérisation de l’Opposition et la tétanisation de l’Eglise (sans parler d’anathème).

L’Opposition sens dessus-dessous

 La plate-forme IDC-FROCAD a été transformée en une hydre à trois têtes. Mathias Dzon, donnant du « A son Excellence, Monsieur le Président » à Denis Sassou Nguesso, qui balaye d’un revers de la main l’idée d’un chef de file de l’opposition. L’IDC-FROCAD incarnée par Claudine Munari Mabondzo droit dans ses baskets et Serge Blanchard Oba qui s’est prononcé pour le maintien de Sassou Nguesso jusqu’en 2020 sans que cette sortie ne suscite des remous. Et, enfin, Guy Brice Parfait Kolelas qui prône une large opposition allant de Pascal Tsaty Mabiala, Paul-Marie Mpouélé qualifié naguère de « mountoudia » (sangsue ) par le patron de « Youki » , à Jean Michel Bokamba yangouma, Anguios Nganguia Engambé en passant par Kinioumbi Kia Mboungou et Nicéphore Fyla de Saint Eudes. Si la convention proposée par Guy Brice Parfait Kolelas devrait se tenir, elle se résumerait à un ramassis de personnalités ayant cautionné le changement de la Constitution du 20 janvier 2002 et reconnu la victoire de Denis Sassou Nguesso. En effet, par-delà les nuances programmatiques, les divergences de gouvernance et même les désaccords de valeurs, les leaders de l’alliance IDC-FROCAD et la composante JMMM ne savent pas où donner de la tête ou plutôt s’interrogent sur la stratégie à amorcer après le passage en force du khalife d’Oyo, Denis Sassou Nguesso qui dispose de mercenaires, d’une police politique et d’un arsenal militaire impressionnant.

« Dialogue », vous avez dit dialogue ?

S’il existe un point de litige entre les leaders de l’opposition, c’est bien entendu le dialogue. Denis Sassou Nguesso qui est passé maître dans l’art de l’esquive a déjà trouvé une martingale à la crise politique post-électorale du Congo-Brazzaville : le vivre ensemble. Quoiqu’en ordre dispersé, l’appel au dialogue sans exclusive a été substitué au concept de « vivre ensemble  » par Denis Sassou Nguesso et son premier ministre Clément Mouamba qui a reçu l’assentiment de Serge Blanchard Oba, ci-devant porte-parole de l’IDC en l’absence D’André Okombi Salissa disparu des écrans radars. Les populations du Congo-Brazzaville connaissaient l’aversion de Denis Sassou Nguesso à toute idée du dialogue, synonyme de la perte du pouvoir à l’instar de la conférence nationale souveraine de 1990. Le prétexte a été vite trouvé. « Pas de dialogue dans le sang  » a déclaré Clément Mouamba, premier ministre de fait de Sassou Nguesso à l’occasion de la cérémonie des hommages des victimes tombées dans le champ du Pool du 11 octobre 2016. Fermez le banc.

Clément Mouamba versus Thierry Moungalla

A quand les hommages pour les autres victimes ? Y aurait-il deux catégories de victimes ? Les bonnes et les mauvaises ? Evidemment, Clément Mouamba, instruit par Sassou Nguesso, et enfermé dans une bulle de kevlar, a une autre lecture des événements dans la région du Pool. « Il n’y a jamais eu de bombardement dans le Pool ni d’État de siège. Je suis désolé d’entendre pareilles choses au niveau de la représentation nationale », a-t-il déclaré (Les Dépêches de Brazzaville, 20 octobre 2016), en réponse à l’une des questions du député de Kinkala Guy Brice Parfait Kolelas sur les bombardements dans le Pool et l’État de siège dont ferait l’objet cette partie du pays.

Que font donc les hélicoptères de combat pilotés par des ukrainiens dans le ciel du Pool ? Difficile de faire croire que ces engins de mort se livrent à des baptêmes de l’air dans les localités du Pool. Devant la représentation nationale, Clément Mouamba nie l’évidence et la réalité des faits contredisant le porte-parole du gouvernement Thierry Moungala et le colonel Moukala Tsoumou, porte-parole de la police, qui ont, eux, par contre, justifié les bombardements dans le Pool sans pudeur.

Comment rendre hommage à d’autres morts si on nie qu’il y a une guerre dans la région du Pool ? Apparemment les paradoxes ne semblent pas impressionner les partisans du « vivre ensemble. »

L’Eglise

Denis Sassou Nguesso a réussi la performance de diviser l’Eglise catholique en instillant la graine de l’ethnocentrisme. « La hiérarchie semble paralysée par des contradictions internes. Les neuf évêques de la conférence épiscopale sont divisés  », témoigne un acteur de l’Église congolaise, « les deux originaires du nord, la région de Sassou Nguesso, penchent plutôt du côté présidentiel. Les trois évêques européens, deux Français et un Espagnol, ne se sentent pas autorisés à dénoncer les dérives actuelles au motif qu’ils ne sont pas Congolais. Enfin, les quatre évêques du sud ne veulent pas braquer leurs collègues du Nord (La Croix, 18 avril 2016). ». Ce mal est aussi présent au niveau de l’Eglise. L’épiscopat du Congo-Brazzaville, traversé par des divisions ethniques, après un long silence, est sorti du bois et a planté le théâtre de la sortie de crise dans le message du 16 octobre 2016 : le dialogue. « Nous, Evêques du Congo, vous rappelons que le dialogue véritable constitue la pierre angulaire de toute vraie démocratie. Nous demandons vivement à nos responsables politiques d’œuvrer dans ce sens en vue du retour définitif de la paix au Congo en général et dans le Pool en particulier. Que l’Etat prenne ses responsabilités de garant de la paix et de l’unité nationale  ».

Législatives

Certains leaders politiques de l’opposition se situent déjà dans la perspective des législatives de 2017. C’est le cas de Pascal Tsaty Mabiala qui bat déjà campagne dans le « Niboland » et l’UPADS, de manière insidieuse, et sans le dire, c’est l’horizon vers lequel se tourne désormais le « Youki » de Guy Brice Parfait Kolelas. Entre Pascal Tsaty Mabiala et Guy Brice Parfait Kolelas, une course à l’échalote est engagée. A qui échoira le statut du chef de l’opposition et les avantages qui vont avec ? Qui tiendra le haut du pavé de l’échiquier de l’opposition ? D’autres clament le dialogue sans exclusive, la mise en place d’un gouvernement de transition qui déboucherait sur l’organisation de l’élection présidentielle sans Denis Sassou Nguesso. Vaste programme. C’est la posture défendue par Mathias Dzon et les Assises dirigée désormais par Gabriel Mawawa Mawa Kiéssé.  

Benjamin BILOMBOT BITADYS

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21 octobre 2016 5 21 /10 /octobre /2016 00:44

Assises Nationales du Congo

 

assises-logo

 

 

Appel au sursaut national et patriotique contre le terrorisme d’Étatau Congo Brazzaville et l'épuration ethnique planifiée dans le Pool.

La République du Congo, notre pays, connaît un destin tragique par la folie d'un seul homme, Sassou Nguesso qui pour sa gloire, bafoue, depuis plus de 45 ans, les valeurs fondatrices de la république, pille les richesses nationales, complote, emprisonne et tue impunément qui il veut, quand il veut et comme il veut. Il a érigé un système à sa dévotion pour son règne personnel.

Demain jeudi 20 octobre 2016 retentiront dans notre mémoire et dans nos cœurs meurtris de citoyennes et de citoyens du Congo-Brazzaville, ces cris désespérés de jeunes gens sauvagement abattus en plein jour le 20 octobre 2015 à Brazzaville, à Pointe-Noire, à Madingou, à Owando et dans bien d'autres contrées par la horde de barbares en uniformes à la solde du régime tyrannique du dictateur Denis Sassou Nguesso.

Aujourd'hui, ces mêmes cris de nos compatriotes victimes de l'épuration ethnique planifiée retentissent encore plus dans le Département du Pool où femmes, vieillards, enfants, adolescents et surtout des jeunes compatriotes sont chaque jour, depuis plus de six mois, arrachés à la vie par des exécutions sommaires, des bombardements incessants à l'arme lourde et par hélicoptère. Ceux qui échappent à ces massacres, ne sont plus ou moins qu'abandonnés dans la pire précarité des savanes, des forêts humides et hostiles à la vie comme cela s'est déjà produit entre 1997 et 2005.

L’histoire retiendra que l’impulsion belliqueuse et itérative de Sassou Nguesso, a mis en œuvre, tout au long de son règne, un mode opératoire bien rodé : la fabrication du bouc émissaire. C’est ce que rappellent les tragédies vécues : de 1977 à 1979 à la suite de l'assassinat du Président Marien Ngouabi suivi des exécutions commandées de l'ancien Président Alphonse Massamba Débat et du Cardinal Emile Biayenda ; de 1987 à 1988 à Ikonongo où des villages entiers ont été rasés faisant des centaines de morts jusqu'à l'exécution du capitaine Pierre Anga ; de 1997 à 1999 dans le Pool et à Brazzaville avec l'élimination systématique des jeunes gens dont l'affaire du Beach est le grand témoignage ; et plus récemment le 16 décembre 2013 avec les massacres à l'arme lourde de citoyens inoffensifs au domicile du Colonel Ntsourou.

Que de victimes innocentes, que de familles endeuillées, que de larmes et du sang des autres !

Les Assises Nationales du Congo s'inclinent devant la mémoire de tous ces martyrs, victimes de l'exercice tyrannique du pouvoir et de l'usage de la violence politique par Sassou Nguesso comme moyen d’accession et de conservation du pouvoir.

Plus que jamais, les Assises Nationales du Congo réaffirment le caractère sacré de la vie humaine. Elles condamnent avec énergie les tueries aveugles et les nombreuses exactions à huits clos qui se multiplient sans cesse dans le Département du Pool, et sur l'étendue du territoire national notamment à Brazzaville, à Pointe-Noire, à Lékana, et à Makoua.

Denis Sassou Nguesso et ses valets violent ainsi impunément les principes fondamentaux proclamés et garantis par la Charte des Nations uniesdu 24 octobre 1945, la Déclaration universelle des droits de l'hommedu 10 décembre 1948, la Charte africaine des droits de l'homme et des peuplesdu 26 juin 1981 ; textes internationaux signés et ratifiés par la République du Congo.

Pour l’histoire, les Assises Nationales du Congo réaffirment :

-              Que la situation dramatique imposée au département du Pool est un vernis du pouvoir pour détourner l’opinion nationale et internationale de la fin de règne du système Sassou, décidée dans les urnes par le peuple souverain à l’élection présidentielle anticipée du 20 mars 2016.

En effet, le Pasteur Ntumi n’est que l’alibi dans cette tragédie qui frappe le Pool. C’est pour conforter le hold-up électoral que le dictateur en place met en musique le grossier mensonge d'une attaque terroriste des quartiers sud de Brazzaville. En réalité il a organisé une milice, dirigée par le député Mouagny Hydevert qui a incendié et saccagé plusieurs commissariats et mairies de Brazzaville Sud, dans la nuit du 03 au 04 avril 2016 ; Pendant que certains jeunes Ninjas/Nsilulu, instrumentalisés par les hauts gradés de la police nationale, simulaient une attaque des quartiers sud de Brazzaville.Cette milice continue de semer la terreur dans les villes de Brazzaville et de PointeNoire.

Aussitôt est née l’affabulation sur Ntumi, commanditaire depuis sa base arrière de Soumouna. Le bouc émissaire est ainsi fabriqué pour mettre à feu et à sang, avec l'appui de milliers de mercenaires étrangers, le département du Pool et par ricochet, apeurer l'ensemble de la population congolaise qui lui est très majoritairement  hostile. Ainsi se poursuivent depuis plus de six mois, les bombardements et destructions des villages situés tout au long et dans les environs de la route Nationale n°1.

-              Que l’on ne peut parler de guerre dans le Pool. Il s’agit d’une campagne d’épuration ethnique planifiée. On comprend dès lors pourquoi, aucune ONG internationale sérieuse n'a été autorisée depuis le 06 avril 2016, d'enquêter ou simplement de secourir ces populations civiles en détresse sociale aggravée.

Ainsi entendu, Sassou-Nguesso a construit son idéologie politique dans le crime organisé. Il vit du crime et ne peut pas s’en défaire. Telle est la véritable nature de ce monstre froid qui adore exhiber ses victimes à des rituels macabres pompeux, dont le dernier en date est celui du 11 octobre 2016, qui concernait des jeunes militaires congolais qu’il a une fois de plus sacrifiés pour ses fins personnelles, endeuillant de nouveau des familles congolaises.

En conséquence,

Les Assises Nationales du Congo s'associent au valeureux peuple congolais et à toutes les forces politiques et sociales qui refusent de se soumettre au diktat d'un régime illégal, illégitime et inhumain aux abois, qui œuvre pour la balkanisation du pays.

Notre pays est en danger.

Les Assises Nationales du Congo restent convaincues que la soif de liberté, de solidarité nationale et de changement véritable, exprimée tout au long de l’année 2015, et au premier trimestre 2016 par les populations, du nord au sud, de l’est à l’ouest, commande à un renforcement sans équivoque de la lutte de libération nationale.

Éloignons nous de toute forme de résignation car : « ... Un gouvernement qui tire sur le peuple doit être renversé par le peuple... ».

Il est temps de réaliser qu'une dictature, telle celle de Sassou Nguesso, ne repose jamais sur l'idée de construction d'une Nation mais règne sur la division à partir d'un agrégat de situations composites selon la célèbre maxime « diviser pour régner ».

C'est aussi le lieu de rappeler qu'un dictateur ne quitte jamais le pouvoir de son plein gré. Le croire, est simplement naïf et une illusion suicidaire sacrifiant davantage les intérêts majeurs du peuple sur l'autel de la barbarie.

Fort de ce qui précède, les Assises Nationales du Congo :

    Réaffirment que le pouvoir de Denis Sassou-Nguesso, rétabli en tant que régime d'exception suite au coup d'état d'octobre 1997, prolongé par la forfaiture du 25 octobre 2015 et le holdup électoral à l'issu du scrutin anticipé du 20 mars 2016, est illégal et illégitime. Par voie de conséquence, les Assises Nationales du Congo ne reconnaissent pas Denis Sassou Nguesso comme président du Congo Brazzaville car frappé d'indignité.

    Condamnent le terrorisme d’État qui engage la responsabilité personnelle de Sassou Nguesso et de tous les cadres militaires, politiques et civils, complices des crimes humains et des violations des droits fondamentaux sur toute l’étendue du territoire national.

    Se félicitent que des procédures judiciaires internationales (CPI) aient été engagées et que celles-ci poursuivent leur cours pour mettre définitivement fin à la cruauté humaine exacerbée dans le pays.

Enfin, les Assises Nationales du Congo

    Appellent à un sursaut national et patriotique contre le terrorisme d’État au Congo Brazzaville et contre l'épuration ethnique planifiée dans le Pool ;

    Demandent à tous les officiers et hommes de rang, congolais et républicains, qui se reconnaissent dans les idéaux défendus jusqu'à ce jour par le Général Mokoko, de désobéir aux ordres injustes et anti républicains. Ils sont vivement appelés à s’organiser pour sécuriser et protéger les populations congolaises contre le terrorisme d’État. C’est cela le rôle sacré de défense de la patrie que commande le noble métier des armes en République.

    Soutiennent et encouragent les efforts de rassemblement et de résistance déployés par les forces politiques et sociales regroupées au sein de la coalition IDC – FROCAD- Composante J3M.

    Renouvellent leur soutien à toutes les initiatives visant l’intensification de la désobéissance civile pour faire triompher la volonté du peuple.

Fait à Paris le 19 octobre 2016

Pour les assises Nationales du Congo

Le Délégué Général

Mawawa Mâwa-Kiese

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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 00:01

 cec

Thème : «La paix est un don du Dieu unique. Croyants (chrétiens et musulmans), consolidons ce don au Congo-Brazzaville et dans nos communautés à travers le dialogue. «Je vous laisse la paix. Je vous donne ma paix» (Jn 14, 27). 

PREAMBULE

  1. Réunis pour la 45ème Assemblée plénière de la Conférence Episcopale du Congo, à Brazzaville, du 10 au16 octobre 2016, nous Évêques du Congo, vous adressons à vous tous Prêtres, Personnes consacrées, Fidèles laïcs, femmes et hommes de bonne volonté, ce message d’espérance en vue de promouvoir le dialogue interreligieux pour la paix dans notre pays. Le thème choisi nous invite au dialogue entre les religions comme instrument efficace pour parvenir à la paix : « le dialogue interreligieux est une condition nécessaire pour la paix dans le monde » (Pape François, Evangelii Gaudium, n. 250).
  1. La montée dans le monde du fondamentalisme religieux, notamment islamiste, fait de plus en plus apparaître les religions sous un jour qui tend à laisser croire que celles-ci ne seraient, dans leur prétention universaliste, que des facteurs de division sociale et de violence. Or, comme le dit si bien le pape François dans son discours à Assise le 20 septembre dernier : « La guerre au nom de Dieu est la guerre contre Dieu lui-même… Nul ne peut justifier la violence au nom de Dieu, car seule la paix est sainte et non la guerre. »
  1. Le Congo, notre pays, continue depuis plus d’une décennie de traverser des tribulations sociopolitiques émaillées de violences et d’atteintes à la vie et aux droits humains fondamentaux. Certes, ces violences ne revêtent pas un caractère religieux. Mais l’Eglise Catholique qui est  au Congo ne peut se soustraire à son devoir de solidarité avec l’Eglise universelle, plus particulièrement avec les Eglises sœurs  d’Afrique directement confrontées à des conflits armés à caractère religieux (Cameroun, Nigéria, Niger, RCA, Tchad).
  1. Voilà pourquoi, nous, évêques du Congo, partageant la conviction des Pères conciliaires, à savoir: «Nous ne pouvons invoquer Dieu, Père de tous les hommes, si nous refusons de nous conduire fraternellement envers certains des hommes créés à l’image de Dieu» (Nostra Aetate, 5), avons voulu focaliser notre réflexion sur le thème du dialogue interreligieux, avec un accent particulier sur le dialogue islamo-chrétien en vue d’une paix véritable au Congo et dans le monde.
  1. Pour le bien social de notre pays, nous vous invitons à promouvoir le dialogue et à opter définitivement pour la paix: «Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix» (Jn 14, 27). Ces mots de Jésus, nous rappellent que la paix demeure un don de Dieu, bien précieux, don unique et un héritage donné à l’humanité, héritage que malheureusement nous n’arrivons pas toujours à valoriser; d’où les guerres fratricides et les luttes interminables entre frères qui empêchent finalement le bien vivre social et est par conséquent un obstacle véritable au dialogue et à la paix.
  1. PAIX ET DIALOGUE DANS LA BIBLE

 

  1. L’Eglise notre mère puise son enseignement et la force de son engagement dans les Saintes Ecritures : « Ta parole est une lampe pour mes pas, une lumière pour ma route » (Ps 119, 105). Depuis le livre de la Genèse jusqu’à l’Apocalypse, la Bible contient plusieurs épisodes de dialogue (Gn 32, 4-22 ; 33, 1-11 ; Gn 22, 22-33 ; Jos 9, 3-27 ; Ruth 4, 1-17 ;Jn 4, 7-26; Jn 8, 1- 11 ; Lc 19, etc) ; que ce soit entre Dieu et l’homme ou les hommes entre eux. La Bible, en effet, n’est pas un long discours de Dieu adressé aux hommes, ni un monologue, mais un dialogue où différents protagonistes entrent en communication. Ces différents dialogues apparaissent dans leur richesse, leur diversité et leur complexité. Le Christ ne se prive pas d’entrer en dialogue avec l’homme en vue de son salut. C’est dire que Dieu qui a créé l’homme doté de parole, l’a rendu en même temps capable de parler avec lui et de parler avec ses semblables.
  1. Le livre de la Genèse donne quelques exemples, tel que le dialogue entre Abraham et Abimélek qui établissent un pacte de non agression. Ils se jurent mutuellement fidélité et aplanissent ainsi un différend qui aurait entrainé un conflit au sujet d’un puits d’eau. Pour marquer cette entente obtenue à l’issue d’un dialogue, ils concluent une alliance (Gn 21,22-34). Un autre modèle de dialogue nous est donné par le livre de Ruth (Ruth 1,15-17 ; Ruth 4).
  1. Nous pouvons mentionner encore d’autres types de dialogue qui donnent la paix, le salut; par exemple, le dialogue de Jésus avec Zachée (Lc 19,1-10) et avec la Samaritaine (Jn 4,7-26). En dialoguant avec ces catégories de personnes très peu considérées par la société, Jésus montre que le dialogue fait tomber les murs. La personne qui dialogue avec Jésus se sent revalorisée et retrouve la paix intérieure, si elle s’ouvre au message qui lui est annoncé et l’accueille de tout son cœur (Ep 2,11-18), car le Christ est notre paix (Eph 2, 14).
  1. LA MISSION DE L’EGLISE
  1. « L’Eglise proclame l’évangile de la paix » (Eph 6, 15) et invite ainsi ses fils et filles au dialogue comme contribution à la paix (Cf. Evangelii gaudium, n. 239). Dans ce sens, l’Eglise invite tous les croyants à dialoguer davantage, pour être effectivement des «instruments de paix » au Congo et dans le monde. Dès lors, si le dialogue interreligieux est une condition nécessaire pour la paix dans le monde, il devient de manière irréversible un «impératif pour les chrétiens comme pour les autres communautés religieuses» (E G, 250). A travers le dialogue interreligieux, l’Eglise cherche la cohabitation pacifique entre les croyants et entre les citoyens, fils et filles d’une même nation et d’un même Dieu. Ainsi, l’Eglise engagée dans la voie de la nouvelle évangélisation est consciente que «l’évangélisation et le dialogue interreligieux, loin de s’opposer se soutiennent et s’alimentent réciproquement» (E G, 251). Bref, par ce message, nous vos Pasteurs vous invitons au dialogue qui mène à la paix : «Heureux les artisans de paix» nous dit Jésus (Mt 5, 9).

III: PAIX ET DIALOGUE DANS LA SOCIETE

  • La paix n’est pas un simple slogan
  1. 10. La paix que Dieu donne gratuitement à toute personne se manifeste à travers la vie heureuse dans les sociétés, les villes, les villages et les familles. Il s’agit là d’une sorte de présence de Dieu le Père dans toute société humaine. Saint Paul y fait allusion en invitant les familles à conserver le principe de l’unité comme gage des relations durables dans les communautés humaines (Ep 1, 2 ; 2 Th 1, 2). Cela signifie que seul le lien de la paix, par l’Esprit, soutient les mêmes relations entre les sociétés, entre membres de la famille, entreprises, associations ou mutuelles. C’est cette paix à laquelle aspire le peuple congolais, après des périodes prolongées de troubles sociopolitiques, qui perdurent ici et là. Pourtant, nul ne doit perturber la paix de Dieu dans la société.

B/ Paix et développement

  1. Le discours sur le développement des nations a toujours préoccupé la doctrine sociale de l’Eglise et cela apparait clairement avec le Pape Paul VI dans son Encyclique Populorum Progressio (1967) : « le développement estle nouveau nom de la paix»  (PP, n. 76). Les pouvoirs publics sont tenus de promouvoir le développement intégral du peuple congolais. Malheureusement, le constat est amer, malgré quelques progrès à féliciter dans la mise en place des infrastructures de base (routes, ponts, etc); notre pays est encore loin  des objectifs de développement. Car le vrai développement garantit les biens élémentaires de l’homme (droit à l’alimentation, droit à l’éducation, droit aux soins de santé de qualité, droit à la justice, bref droit à la vie). L’homme n’est en paix que quand il a le nécessaire pour vivre. Malheureusement, comme signalé plus haut, le niveau de vie dans la plupart des familles congolaises laisse à désirer. Il est incontestable qu’au Congo la pauvreté est grandissante, le chômage des jeunes semble sans issue, même celui des diplômés et cela constitue un obstacle majeur à la consolidation de la paix. Elle n’est pas l’absence de guerre, c’est une vertu, un état d’esprit, une volonté de bienveillance, de confiance, de justice.
  1. LE CROYANT ET LA PAIX

A/ Le croyant, protagoniste de la paix 

  1. Croyants, nous avons tous quelque chose en commun : la foi en Dieu, quelle que soit l’appellation des uns et des autres. Nous avons la mission de promouvoir le don de la paix (salaam, shalôm, boboto, kidzunu, etc). Le chant des anges accorde une part belle aux hommes de paix : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime» (Lc 2, 14). Cela signifie que Dieu veut le bien de ses enfants, il veut la paix et ceux qui croient en lui doivent témoigner de cette vertu de paix, d’unité et du dialogue. Cependant, la réalité actuelle contredit cette volonté divine. Elle nous montre un monde déchiré par des conflits, alimentés par la violence et curieusement parfois au nom de Dieu. Le Pape François, à la suite de ses prédécesseurs, ne cesse de répéter que «la guerre au nom de Dieu est la guerre contre Dieu lui-même… Nul ne peut justifier la violence au nom de Dieu, car seule la paix est sainte et non la guerre» (Pape François, Discours à Assise du 20 septembre 2016). De même, au cours de la journée mondiale de prière pour la paix à Assise le Pape François exhorte : « Que les croyants soient des artisans de paix dans l’invocation à Dieu et dans l’action pour l’homme». La paix du monde serait ainsi l’œuvre de Dieu et la réponse de ceux qui croient en Lui. Elle se traduit dans les actes de bonté, dans l’ardent désir du bien commun et dans le banissement sans cesse du mal. Que ceux qui adorent Dieu, le montrent aussi par le témoignage de leur vie.

B//Quelques pistes pour une culture et une éducation véritable à la paix

  1. La paix authentique et durable ne peut pas être le résultat du  travail  d’un groupe de personnes, d’un parti politique, même pas des seuls chrétiens rassemblés au nom de Jésus- Christ, ou des grands leaders récipiendaires du prix Nobel de la paix.  La paix est une œuvre communautaire, collégiale qui requiert une grande vigilance et surtout des politiques adéquates de protection de la dignité des personnes et une garantie des libertés fondamentales. La paix véritable est certes difficile, mais possible à construire.  Elle se construit minutieusement: «La paix est artisanale», dit le Pape François
  1. Notre monde a besoin de paix ; chrétiens et non chrétiens, notre mission dans le monde est intrinsèquement liée à un engagement concret pour la paix. A ce titre, le dialogue interreligieux trouve sa légitimité et sa raison d’être dans une volonté de travailler afin de garantir «l’être-ensemble». Le Concile Vatican II déclare: « Les hommes attendent des diverses religions la réponse aux énigmes cachées de la condition humaine, qui, hier comme aujourd’hui, agitent profondément le cœur humain ; parmi ces énigmes, il y a bel et bien la question de la paix et du dialogue» (Nostra aetate, n. 1). Aussi, que l’on soit chrétiens, musulmans ou adeptes des religions traditionnelles africaines, nous sommes appelés à vivre ensemble dans un même monde, dans les mêmes pays et de plus en plus fréquemment dans les mêmes familles. Il nous faut cultiver les attitudes qui poussent à la paix, qui favorisent la rencontre et la cohabitation, bref « la fraternité universelle », comme dit le Concile Vatican II.

IV : APPELS

  1. Peuple de Dieu, au terme de notre Assemblée plénière et par souci de notre peuple et de notre pays, nous lançons un appel pressant à toutes et à tous, à repousser la violence sous toutes ses formes, à privilégier le dialogue, à promouvoir l’unité et à désirer inlassablement la paix.

A/ Aux ouvriers apostoliques : prêtres et personnes consacrées  

  1. La paix est au cœur du message évangélique. Le Christ qui nous a apporté la paix qui vient de Dieu, l’a annoncée et nous l’a laissée: « je vous laisse la paix, je vous donne ma paix » (Jn 14, 27). C’est ce message que nous devons accueillir chaque jour, le méditer, nous en approprier et l’annoncer aux autres. Aussi, vous êtes appelés à vivre, à dialoguer avec tout le monde et à promouvoir toutes les bonnes initiatives en vue de la paix authentique.
  1. Dans votre apostolat, encouragez le dialogue avec les autres religions. La différence de religion et de culture n’est pas un obstacle pour le dialogue. Loin d’être une menace, elle est à prendre comme une richesse. Nous avons tous besoin de la paix ; nos familles, nos communautés, comme notre société en ont besoin. Soyez donc de vrais artisans de paix dans vos communautés sacerdotales, paroisses, instituts, vos écoles, vos familles et dans la société. Soyez de vrais modèles de paix et de tolérance. Soyez vous-mêmes témoins du dialogue, de la paix et de l’unité avant de l’annoncer aux autres.
  1. Priez pour la paix dans notre pays et dans le monde. Demandez-la inlassablement au Seigneur et recherchez-la à travers vos multiples initiatives. Nous encourageons le travail que certains d’entre vous accomplissent déjà dans ce domaine. Nous invitons les autres à faire de même et prions le Dieu de paix pour qu’il vous donne chaque jour la force d’être des apôtres de la paix.

B/ Aux enfants  et aux jeunes 

  1. Chers enfants et jeunes, gardez présent à l’esprit que la paix est plus qu’une absence de guerres. Elle est un processus positif, dynamique, participatif qui favorise le dialogue et le règlement des conflits dans un esprit de compréhension et de coopération mutuelle. Unissez vos forces pour l’épanouissement d’une culture de la paix fondée sur des valeurs, des attitudes et des comportements qui contribuent à promouvoir la paix en milieu juvénile.
  1. Chers enfants et jeunes, ayez le courage de dire non à la violence et à la guerre ; qu’aucun pouvoir politique ou militaire n’instrumentalise votre enfance et votre jeunesse pour ses propres intérêts; suivez les bons exemples de vie. Le pape François, dans son message lors de la célébration de la journée mondiale de la paix 2016, vous invitait à faire de l’amour, de la compassion, de la miséricorde et de la solidarité, un vrai programme de vie, un style de comportement, dans vos relations les uns avec les autres.
  1. Retenez que vous êtes le présent et l’avenir du Congo et de l’Eglise. Méfiez-vous donc des courants idéologiques qui vous désorientent du vrai chemin. Nous reconnaissons que vous êtes une force dynamique. Mais en même temps vous constituez la couche la plus vulnérable et la plus malléable au regard des manipulations que vous font subir certains acteurs politiques pour satisfaire leurs ambitions personnelles.
  1. Consolidez la paix au Congo, chers enfants et jeunes, en disant non à l’expansion du phénomène des «kata-kata» ou «bébés noirs», «bébés lilis», «douze apôtres» qui terrorisent encore certains quartiers de Brazzaville. Nous condamnons, comme dans le message précédent, ce phénomène et tous les réseaux mafieux qui l’entretiennent (Message de la 44ème Assemblée plénière, n. 27). Parmi vous, que les différends se règlent par des moyens pacifiques, loin de la violence et dans des espaces de rencontre qui favorisent le dialogue et la paix entre vous les enfants et les jeunes des autres religions.

C/Aux familles

  1. Chères familles, dans nos dernières Assemblées plénières, nous n’avons cessé de vous rappeler votre mission dans la société et dans l’Eglise. La famille est « la première cellule de la société et la première école de la vie». Ecole d’enrichissement humain, elle est la «première et irremplaçable éducatrice à la paix » (Benoît XVI, Africae Munus n. 43). La famille est aussi le lieu de rencontre de plusieurs générations  où l’on trouve parfois une diversité de croyances, ce qui rend parfois la cohabitation difficile et trouble la paix. Faites de vos familles des lieux de dialogue, d’entente, au-delà de vos croyances religieuses. Que nos  familles soient et deviennent davantage des «Eglises domestiques», lieux d’accueil réciproque, de pardon, d’unité et d’amour. Ainsi, faisons de nos familles des lieux où l’on respire la paix. N’oublions pas qu’il n y a pas de paix sans justice, pas de paix sans tolérance, pas de paix dans le mensonge, pas de paix dans les accusations de sorcellerie, pas de paix dans la convoitise, bref pas de paix sans Dieu.  Nous sommes convaincus que seuls nous ne pouvons  rien faire (Jn 15, 5), mais avec la grâce de Dieu nous sommes capables de beaucoup d’exploits dans ce domaine (Ps 60, 14).

D/ Aux chrétiens et aux musulmans 

  1. Le dialogue interreligieux et, particulièrement, la rencontre entre chrétiens et musulmans, constitue un des axes majeurs de la pastorale de l’Eglise depuis le Concile Vatican II  (cf. la Déclaration Nostra aetate). Musulmans et chrétiens, nous faisons référence à Abraham, nous avons tout avantage à mieux nous estimer et pouvoir travailler ensemble au développement de notre société et bâtir ensemble la Cité de Dieu. Nous avons ensemble un grand sens de la transcendance de Dieu qui nous invite à faire route ensemble tout au long de notre pèlerinage sur la terre. Aujourd’hui nous sommes des voisins dans nos quartiers, des collègues sur nos lieux de travail, nous partageons espoirs et souffrances, joies et peines et ce n’est pas toujours facile. La paix du monde dépend aussi de la paix entre nous; « en marchant ensemble sur la voie de la réconciliation et en renonçant, dans une humble soumission à la volonté divine, à toute forme de violence comme moyen pour résoudre les différends, les deux religions pourront offrir un signe d’espérance, en faisant resplendir dans le monde la sagesse et la miséricorde de cet unique Dieu qui a créé et qui gouverne la famille humaine» (Jean Paul II, Message sur le dialogue islamo-chrétien, novembre 2002). De nos milieux, bannissons tout acte contraire à la paix. Et travaillons ensemble pour la consolider.

E/ Aux hommes politiques

  1. La raison d’être du pouvoir politique, dans toutes les sociétés humaines, est l’établissement de l’équilibre nécessaire entre l’ordre social et la liberté individuelle ; car l’obéissance individuelle à la loi de la cité est conditionnée par la capacité du pouvoir de l’état d’assurer la sécurité de chacun et de tous. Et la légitimité d’un pouvoir politique se vérifie par le niveau et la qualité d’une paix sociale pérenne. Aujourd’hui, la paix est menacée dans notre pays à cause, entre autres, de l’absence d’un dialogue national sans exclusive, de l’utilisation de la force pour résoudre les différends politiques, de l’emprisonnement sans procès de certains acteurs politiques, des groupes armés dans le département du Pool (comme les ninjas-nsiloulou).

Appel pressant pour la paix 

  1. Nous, Evêques du Congo, vous rappelons que le dialogue véritable constitue la pierre angulaire de toute vraie démocratie. Nous demandons vivement à nos responsables politiques d’œuvrer dans ce sens en vue du retour définitif de la paix au Congo en général et dans le Pool en particulier. Que l’Etat prenne ses responsabilités de garant de la paix et de l’unité nationale.

Libération des prisonniers politiques 

  1. La présence en prison de leaders politiques, de responsables de partis politiques, de candidats aux élections présidentielles et de membres des équipes de campagne des candidats, constitue une souffrance insurmontable, non seulement pour leur famille mais aussi pour tout congolais épris de paix. Cette situation ne peut nous laisser indifférents. Nous, Evêques du Congo, en cette année du jubilé extraordinaire de la miséricorde, demandons au Président de la République, de libérer tous les prisonniers politiques non régulièrement jugés.

-Le devoir de s’asseoir

  1. La classe politique a le devoir de s’asseoir dans l’humilité et de dialoguer sereinement en pensant à sa responsabilité de conduire notre peuple, notre pays vers le bonheur qui passe par la justice, le pardon et la réconciliation : cette réconciliation sans laquelle il n’y a pas de paix.

F/ Aux acteurs des médias

  1. Journalistes, femmes et hommes des médias, nous saluons la grandeur de votre tâche. En même temps nous reconnaissons les risques que vous courrez dans l’exercice de votre mission. Soyez toujours à la hauteur de ce que vous devez être, vivez votre engagement comme un sacerdoce. N’ayez pas peur de dire la vérité ; le grand péché serait pour vous de voiler la vérité et d’être au service d’une idéologie quelconque. Que vos médias soient des instruments de dialogue, de pacification et d’unité.
  1. Nous vous invitons à utiliser les médias à bon escient (internet, télé, radio, facebook, twitter, viber, whatsApp, etc.) ; aidez le peuple à s’informer et à se former, aidez-le à connaître la vérité. Le Pape François vous  fait l’observation suivante : « Il est facile de céder à la tentation….d’alimenter les flammes de la défiance, de la peur, de la haine. Il faut, au contraire du courage pour orienter les personnes dans des processus de réconciliation; et c’est justement cette audace positive et créative qui offre de vraies solutions à de vieux conflits et l’occasion de réaliser une paix durable»  (Pape François, Message à l’occasion de la 50 ème journée mondiale de la communication). Aujourd’hui comme hier, l’importance de votre métier n’est plus à démontrer; soyez tout simplement des femmes et des hommes de média compétents;  distinguez-vous par le savoir-faire et la qualité de vos informations. Mettez-vous ensemble pour résister aux pressions contraires à votre déontologie. Dieu seul vous récompensera et tout  le peuple de Dieu vous en sera reconnaissant.

G/Aux forces de l’ordre 

  1. C’est pour nous un devoir, comme Évêques et Pasteurs, de vous rappeler que vous êtes au service de la nation. Votre mission première est de garantir l’ordre social et d’assurer la sécurité des citoyens. Nous félicitons tous ceux d’entre vous qui exercent leur mission avec dextérité. Malheureusement force est de reconnaître que certains d’entre vous sont loin de cet idéal. Ils brillent par des comportements contraires aux normes militaires. Le Pape Jean-Paul II, dans la Constitution apostolique spritituali militum curae, du 24 avril 1986, relève deux valeurs fondamentales qu’aucune force de l’ordre ne peut perdre de vue: la valeur de la personne et la valeur de la paix. Ainsi, au nom de Dieu, nous vous supplions, d’être plus proches de la population pour la rassurer, la protéger, la sécuriser. Parmi vous, certains ignorent la déontologie, exploitent la population jusqu’à la terroriser. Votre crédibilité dépend de la qualité de votre service; un militaire ou un policier braqueur ou voleur n’a pas sa place dans l’armée. Que Dieu vous aide, par l’intercession de Saint Michel, des Anges Gardiens et de vos Saints Patrons, à veiller sur les populations; elles comptent sur vous.

H/ Aux femmes et aux hommes de bonne volonté

  1. L’exigence et l’impératif du dialogue dans la vie en société sont sans nul doute, un des gages de la paix véritable et durable. « L’être-ensemble» / « vivre-ensemble » (concept à la mode aujourd’hui) qui est une aspiration naturelle de la vie en société, n’est possible que là où il y a la volonté de dialogue et d’ouverture à l’autre. Nos différences ne doivent pas nous empêcher de dialoguer avec les autres. C’est autant dire que dialoguer et passer par le dialogue pour sauvegarder «la vie commune» est un impératif. Le Pape Paul VI, dans sa lettre encyclique «Ecclesiam Suam», soulignait avec insistance que les chrétiens sont appelés au dialogue, avec tout le monde et dans toutes les directions, notamment avec l’Islam et les autres religions.
  1. Aux Femmes, à vous, Dieu a confié le don de la maternité. Vous, femmes du Congo et particulièrement les femmes catholiques, la paix dépend aussi de vous. Impliquez-vous dans le processus du dialogue avec les autres femmes. Eduquez vos enfants et aidez les hommes à la culture du dialogue. Vous ne devez pas rester indifférentes ni en marge. Pour le Congo, soyez la mère qui enfante, qui éduque et qui encourage toutes les initiatives de justice, de dialogue et de paix. A l’exemple de Marie, ne vous lassez pas d’intercéder pour la paix dans notre société. Que le Seigneur soutienne vos actions et fasse de vous des artisans de paix.

CONCLUSION

  1. Filles et fils bien aimés, au terme de ce message, nous disons avec François notre Pape que : «le monde a besoin de paix, il a une soif ardente de paix» ; une paix qui passe par le dialogue, crée l’unité, éloigne la violence, abolit les divisions et crée des ponts. Ainsi, nous vous invitons, à repousser vigoureusement toutes formes de violence et à privilégier le dialogue dans la résolution des conflits. Le monde a besoin d’amour, le monde veut la paix ; construisons notre pays dans l’unité, le dialogue, la justice et la paix. Que le Dieu de la paix inonde de sa paix le Congo, nos familles et nos communautés. Que Marie Regina pacis (Reine de la paix) intercède pour le Congo.

Fait à Brazzaville, le Dimanche  16 Octobre 2016

Les Évêques du Congo

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