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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 15:45
 
Sous ce titre se trouve l’histoire vaseuse du Congo politique des derniers jours du Président Marien Ngouabi (président du Congo de 1968 à 1977). Il ne s’agit pas d’un roman. Ce travail est le résultat direct des enquêtes menées dans le cadre de la Conférence Nationale Souveraine (1991), par la Commission « Assassinats ». Le dossier était et est toujours sensible...
 

 

                   Vie politique du Congo

Sous ce titre se trouve l’histoire vaseuse du Congo politique des derniers jours du Président Marien Ngouabi (président du Congo de 1968 à 1977).

Il ne s’agit pas d’un roman. Ce travail est le résultat direct des enquêtes menées dans le cadre de la Conférence Nationale Souveraine (1991), par la Commission « Assassinats ». Le dossier était et est toujours sensible. L'un des enquêteurs, membre et président de la Commission "Assassinats" est mort depuis…

La recherche de la paix avait fait que seuls les travaux de cette commission n’étaient pas passés en plénière, c'est-à-dire que leur Rapport ne fut distribué à aucun des Conférenciers, à l'exception des membres de la ladite Commission et de ceux du présidium qui en détenaient des exemplaires. Bien entendu M. Sassou et ses amis en possèdent par le truchement du présidium.

La lecture de ce document vous en donne la raison. Mais, pour la mémoire de ceux qui ont perdu leur vie, on peut aujourd’hui prendre connaissance de ces faits, tout en restant prudent si vous êtes au Congo.

Bonne et dramatique lecture. 

Au sortir de son audience avec Ngouabi, Massamba-Débat, l’illuminé est très satisfait. L’entretien a été très serein. Il a averti son hôte du danger qui le guettait et a accompli ainsi son devoir devant Dieu. De plus, il peut désormais mesurer le désastre et l’étendue des problèmes dans le pays et sait que le régime Ngouabi est devant un cul de sac. Le moment venu, il fera appel à lui, ne serait-ce qu’en tant que Premier-Ministre. Dieu qui sait faire les grandes œuvres l’arrangera. Et d’ailleurs, n’avait-il pas commencé comme Premier ministre ? Il s’en réjouit et informe son groupe à qui il demande de persévérer dans la prière.

De son côté, Ngouabi est aussi satisfait. Au moins il a pu sortir des tracas quotidiens et se confier à un homme plus âgé, à un homme ayant l’expérience des affaires, qui a su surmonter les tractations du pouvoir et a eu le courage de partir quand il a compris qu’il aurait été inutile d’insister.

Ngouabi qui s’était mépris instinctivement des intentions de Massamba-Débat à la première lecture de sa lettre comprend alors qu’il s’agit d’un grand homme qui ne veut que son bien et celui de la nation.

Ne l’a-t-il pas informé de ce qui se tramait dans son entourage, chose qu’il suspectait lui-même depuis longtemps ?[1] [1]

Comment a  t-il pu douter de la bonne fois de cet homme ?

Trois jours seulement après cet entretien, Ngouabi reçoit tard dans la nuit un coup de fil du Président Omar Bongo du Gabon (sans doute mis au courant par le S.A.C [2] [2] de Débizet et les réseaux Foccart et Pasqua) qui lui demande de faire très attention. Mais Bongo reste volontiers évasif, sur les dangers contre lesquels il veut prévenir son interlocuteur car il sait que le téléphone n’est pas à l’abri des indiscrétions. Il insiste cependant sur sa mise en garde et conseille la vigilance [3] [3] à son correspondant.

Cette demi-confidence du Président gabonais ébranle de plus belle Ngouabi, qui vit depuis un certain temps des choses étranges dans son palais : son gros chien de garde vient de mourir dans des conditions louches, un gros serpent et un petit animal ont été aperçus dans la cour mais, n’ont pu être retrouvés malgré des recherches minutieuses. Enfin, la foudre s’abat presque régulièrement sur le palais[4][4].

Tout cela entame suffisamment son moral. Ngouabi, franc-maçon et « fétichiste » comme la majorité des chefs d’états africains, qui était même arrivé, poussé par le zèle à affirmer qu’il rêvait les coups d’états,[5][5] y trouve là les signes précurseurs de sa fin prochaine.

            Le grand problème pour lui est de savoir d’où et de qui exactement vient le danger pour qu’il puisse agir. Impossible, car son frère « Sassou », Monsieur le ministre de la défense et de la sécurité ne lui adresse plus de fiches d’informations. Perplexe et convaincu qu’il est victime d’une grande machination dans son entourage, Marien requiert les services du sous-lieutenant Mboro qui semble lui être resté très fidèle et lui demande de surveiller discrètement ses proches parents et collaborateurs.

            L’après-midi du 9 Mars 1997, Marien Ngouabi fait un cauchemar au cour de sa sieste : un commando attente à sa vie et l’échauffourée s’achève par 5 morts. Affolé, il appelle son chef d’état major général et lui ordonne le renforcement de sécurité du Quartier Général édicté depuis le début de l’année à la suite de l’attaque du personnel du réalignement du CFCO par le FLEC. Le même jour, tard dans la soirée, il appelle le président Massamba-Débat et lui expose tout ses problèmes notamment ceux d’ordre spirituels. Après l’avoir écouté tranquillement, Débat lui recommande de se confier à Dieu et promet de l’aider efficacement dans la prière.

            « … Ne vous en faîtes pas Monsieur le Président le bon Dieu vous sortira de ce guêpier. Rappelez moi  dans une semaine nous saurons ce que nous devons faire conclue t-il ».

            Malheureusement ni Massamba-Débat, ni Ngouabi qui tentent de se rapprocher  ne se doutent qu’ils sont placés sur écoute téléphonique et que leur conversation loin d’être secrète a été enregistrée. Pas plus d’ailleurs qu’ils ne savent que Ibara Denis, l’homme que Sassou (ne pouvant cumuler les fonctions) fait nommer à la tête des services spéciaux, et qui a assisté à leur entretien du 3 Mars dernier, en a fait un compte rendu détaillé à son patron  immédiat( Sassou ) et à Yhombi qui fait office de chef de clan kouyou.

            Le 11 mars à 19 heures, Yhombi qui est informé de la conversation téléphonique de Ngouabi et de Débat, convoque d’urgence un « conseil de famille » à son domicile. Y participent tous les grands du nord du pays en dehors des hommes des plateaux dont la position géographique prête souvent à équivoque. Ces derniers issus du royaume Téké et ayant souvent donné des indices de modération, occupent le centre du pays et ont toujours entretenus des rapports pacifique avec les « Bakongo » du Sud du pays.[6][6] : N’assistent donc à la réunion que : Assemekang, Mouassiposso, Anga, Sassou Nguesso, Okoko jacques, Ibara Denis, Ebaka Jean-michel et Engobo Bonaventure …. Pas questions bien entendu d’associer ceux qui sont très proches de Ngouabi : Issambo, Eyabo, Ongouya, Ewoloetc, de peur qu’il n’y est une fuite.

« …Marien nous a trahi, entame Yhombi. Il s’est rapproché de Débat et est capable de le ramener au pouvoir. Enfin, je préfère laisser parler Ibara Denis qui suit toute la situation… ».

Ce dernier prend la parole, commente l’audience que Ngouabi a accordée à Massamba-Débat en insistant sur l’appréciation qu’il a faite de ses collaborateurs, et termine par une diffusion de la conversation téléphonique.

-          Nous pouvons tout perdre, sauf le pouvoir, sursaute Jean Michel Ebaka à la fin du récit.

-          Il faut l’enlever, le faire partir et le tuer, renchérit Anga Pierre.

-          Pas question, tranche Sassou, je ne marcherai avec vous que si vous garantissez la vie sauve à Marien. N’oublions pas qu’il a beaucoup fait pour nous tous.

-          Oui, qu’il ait beaucoup fait pour nous, je n’en disconviens pas. Mais n’empêche que pour moi, mieux vaut perdre un Kouyou que de perdre le pouvoir. Et, c’est clair précise Jacques Okoko.

-          Qu’allons-nous faire demande alors Yhombi ?

-          Va c’est l’affaire des militaires. Réglez nous ce problème. L’essentiel comme l’a dit le jeune Sassou, c’est que Ngouabi reste en vie sinon comment l’expliquerons nous au village. Les gens seront divisés et ça ne nous aidera. J’insiste là-dessus, conclut le vieux Assemekang.

Nos complices se séparent.

De cette réunion, Ngouabi est aussitôt informé par Mboro qui suit effectivement le groupe. Maintenant qu’il connaît les têtes d’affiche du complot que l’on prépare contre lui, il faut qu’il gagne du temps en louvoyant afin de pouvoir refaire son système de sécurité sans attirer l’attention des autres. Il faut donc les rassurer qu’il ne cédera pas le pouvoir à Massamba-Débat.

Le 13 mars, il décide donc de jouer le jeu, et au cours du meeting organisé à l’occasion du treizième anniversaire de l’URFC, il prononce un de ces discours musclés dont il avait seul le secret, dénonce les menaces d’assassinat qui pèsent sur sa personne et incrimine « l’impérialisme français et ses valets locaux » d’en être les promoteurs.

Il informe publiquement le peuple du fond de la lettre de Massamba-Débat, rejette l’hypothèse de sa démission et affirme qu’il ne sera pas question de céder le pouvoir. « … Lorsque ton pays est sale et manque de paix durable, tu ne peux lui rendre sa propreté, et son unité qu’en le lavant avec ton sang … (et plus loin), le pouvoir ne se donne pas, le pouvoir s’arrache … », conclue t-il les yeux grandement écarquillés.

Au cours de ce meeting, il y a un fait amusant. Ngouabi qui arrive et salue les officiels, lance à Sassou : « Alors Denis, on se retrouve maintenant chez Yhombi ! ».

Nous voulons mettre en place une association, mon Commandant répond ce dernier pris à contre-pied.

Alors, informez tout le monde, au lieu de le faire en cachette commente Ngouabi avant de s’installer sur son fauteuil. Mboro qui assure la  « couverture » de la manifestation dans le périmètre rapproché du Président, croise le regard de Sassou, sourit et se « grille » par cette maladresse. Il n’échappera pas à la purge.

Le meeting passé, Ngouabi appelle Massamba-Débat dans la soirée, lui explique qu’il est obligé de jouer le double jeu et le rassure du maintien du rendez-vous pris en semaine. A la suite de quoi, notre groupe qui suit attentivement faits et gestes de Ngouabi se réunit encore le 14 mars et décide d’agir.

Un plan est élaboré après maints débats, les uns proposant une action dans le palais, les autres penchant pour son arrestation en dehors de sa résidence.

Il faut le prendre dans sa résidence, devant sa femme et ses enfants. Je connais le terrain et je puis proposer un plan suggère Anga, de plus nous l’avons eu mystiquement ; ce sera facile ajoute t-il.

-          Non, il y aura trop de risques. N’oublions pas qu’il nous le faut vivant précise Sassou.

- Dans ce cas propose Yhombi, je vais l’inviter à inaugurer le tronçon Obouya Owando qui est presque achevé. Il suffira seulement de bien choisir l’équipe qui l’accompagnera. Nous l’arrêterons sans problèmes, et l’assignerons à résidence à Owando, pendant que nous occuperons Brazzaville.

-          Avez vous pensé à la réaction de la population interroge Sassou . Comment serons-nous considérés par nos parents ? Comme des traîtres évidemment. Je crois savoir que Marien a encore sa côte au village. Non, il vaut mieux que ça soit ici et nous l’expliquerons après aux parents. Il suffira alors de dire que Ngouabi s’apprêtait à trahir la révolution, à remettre le pouvoir à Massamba-Débat et que le haut commandement avait été obligé de l’arrêter. Et puis, je m’en doute qu’il puisse accepter la proposition d’aller sur Obouya maintenant qu’il se méfie de nous.

-          Que faire alors Denis, demande Ebaka ?

-          Je ne sais pas encore répond Sassou. Je n’ai pas de plan précis. Ce que je sais, c’est qu’il faut agir vite, en tout cas dans la semaine. Il faut éviter que Marien ne se ressaisisse et ne bouleverse son système de sécurité. La première des choses à faire serait à mon avis de déstabiliser la garde, d’éviter une concentration des troupes autour de Marien, de créer une sorte d’activité de divertissement.

-          On pourrait proposer l’organisation d’un festival sportif à l’occasion de l’anniversaire de son accident d’avion[7][7], avance Engobo Bonaventure. Cela fait exactement un an que le truc a eu lieu et le chef ne se doutera de rien. Bien au contraire il s’en réjouira.

-          Tâchez de le convaincre reprend Sassou, surtout soyez prudent car il ne faut pas qu’il se doute de quelque chose. Par ailleurs, il nous faut discuter avec l’étranger, pour bénéficier de son soutien en cas de besoin. Il nous faut par exemple débloquer la situation avec les pétroliers afin de payer les salaires dès notre prise de pouvoir si l’on veut être accepté par le peuple.

Le grand frère Ebaka ira dans la semaine en France pour cela. Ngouelondelé y a pris déjà des contacts sûrs. Ibara Denis ira dès demain en Côte d’Ivoire, et informera le Président Houphouet Boigny. Inutile cependant de saisir les chefs d’Etats d’Afrique centrale ; ils sont tellement liés et risquent de le prévenir. Le président Bongo a déjà tenté de le faire. Je me chargerai d’informer nos amis de l’Est en passant par les Cubains avec qui j’ai déjà des contacts. Nous agirons à la première occasion. Gardons donc le contact.

-          Dois-je annuler l’inauguration d’Obouya ? demande Yhombi qui n’a plus de contact avec l’armée et accepte donc de se fier à l’action de Sassou qu’il sous-estime. Après tout c’est un cadet, de surcroît moins gradé, il ne peut travailler que pour moi et d’ailleurs qui voudra d’un coureur de jupons à la tête du pays ?

-          Surtout pas, reprend Sassou qui entend être au centre de l’organisation et s’imposer après. Marien risquera de se douter de quelque chose et nous aurons des difficultés à agir. N’oubliez pas qu’il m’a déjà interpellé à propos de notre dernière réunion. J’ai été obligé de répondre que nous entendons former une association. Sans doute il nous fait suivre, et.. je suis même sûr que c’est le lieutenant Mboro qui s’en charge. Enfin… on verra.

La réunion terminée, le groupe s’affaire, Engobo Bonaventure, le chef de la sécurité rapprochée et Mouassiposso le chef du protocole, finissent par convaincre Ngouabi de l’organisation d’un festival sportif, et en confient la responsabilité à Ewolo Oscar le chef de la garde présidentielle. Il s’ouvrira le 16 mars 1977 sous la présidence de Mouassiposso.

Entre temps, Ibara et Ebaka ont voyagé[8][8], Yhombi s’en est allé à Owando pour l’inauguration de son tronçon, et les conjurés guettent l’occasion propice.

Dans la soirée du 16 mars, Ngouabi qui ne cesse d’être inquiet sur sa situation et ne dort presque plus, reprend contact avec Débat comme convenu. Ce dernier lui rend compte de la réponse apportée par le Seigneur sur son cas en ces termes :

      « … Monsieur le Président, le danger qui vous menace est toujours là, présent et se rapproche même. Mais gardez votre foi en Dieu ; il nous aidera. Ce qu’il nous reste à faire, c’est de vous joindre à nous dans la prière. Il vous faut intégrer le cercle afin de vous placer sous la protection de Dieu. Et cela le plus rapidement possible. C’est en tout cas la réponse que nous avons reçu après nos prières…

- Mais doyen, vous savez bien que c’est impossible. Officiellement, je suis marxiste et je ne prie pas. Que diront les autres ? Ce sera l’occasion où jamais pour eux de me débouter du parti et me déposer.  Non, vraiment, je crois que c’est impossible.

- Peut-être, mais c’est la seule solution. Nous aurons beau prié pour vous et c’est d’ailleurs ce que nous n’avons cessé de faire depuis que vous nous l’avez demandé. Mais votre participation personnelle est indispensable. Et puis, il y a une cérémonie d’imposition des mains, une sorte d’exorcisme que nous devons faire sur vous. C’est la voie indiquée par le Seigneur. Comment pourrions-nous le faire si vous n’êtes pas là ?

N’oubliez pas que le Seigneur a dit :

« Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux … et aide toi, le ciel t’aidera

- Oui, je comprend doyen ; je suis en train de voir comment le faire sans attirer l’attention des autres et surtout de la direction du parti. Et, ça se passerait où, quand et à quelle heure ? Peut-être qu’on pourrait alors voir…

- Quand ? En tout cas comme je l’ai dit tout à l’heure, le plus rapidement possible. Disons dès demain ou après-demain. Où ? Chez moi. Ce serait plus prudent et plus sécurisant. A quelle heure ? dans la journée. Ce serait anonyme et les gens éviteront de vous prêter des intentions. La seule chose sur laquelle j’insisterai c’est le temps. Il faut que l’on commence vite.

- Hum ! Bon. Après tout, je n’ai pas le choix. Disons …, vendredi, c’est-à-dire après-demain dans l’après-midi à 15 heures. Est-ce que ça vous va ? … L’ennui, maintenant que j’y pense, c’est que je serai obligé de venir seul. Avec tout ce qui se passe autour de moi, je n’ai plus confiance en personne et d’ici que toute la ville en parle… ; ce ne serait pas étonnant.

    - Ah non ! Il n’est pas question que vous venez seul. Ce serait trop risqué. En tout cas, je ne veux pas partager ce risque avec vous. Il faut être très prudent maintenant. N’oubliez pas que tout en étant fils de Dieu, l’on avait été obligé de protéger Jésus pour éviter qu’on lui tranche la tête par …

Je vous enverrai des frères, les mêmes que ceux qui constituent le groupe pour assurer votre couverture. Ils seront conduit par Kikadidi que vous connaissez très bien et pourront se déguiser en militaires pour qu’ils ne soient pas reconnaissables…

-          Ah ! Akim ! Oui c’est un collègue, même s’il m’en veut un peu de l’avoir sorti de l’armée. Nous en reparlerons d’ailleurs. Qu’ils soient là entre 14 heures et 14 heures 30 minutes. Je donnerai des instruction pour qu’on les laisse passer.

-          Ok, monsieur le Président. Entendu comme ça. Bonne nuit et que la paix du Seigneur soit avec vous. Surtout ne désespérez pas et remettez tout à Dieu.

-          Merci beaucoup doyen. Bonne nuit à vous également… »

Aussitôt la machine de Sassou qui bénéficie de l’écoute téléphonique se met en branle. Il ne faut point autoriser cette rencontre avec Débat et arrêter ce traître de Ngouabi. Mais comment procéder ? Quel type de piège lui tendre ?

Pour répondre à cette embarrassante question, Sassou consulte l’agenda de Ngouabi. Aucune sortie n’est programmée le 17. Par contre, le 18, Ngouabi doit dispenser un cours à l’université[9][9], mais il n’est pas possible d’y opérer. Merde ! Que faire alors ?

A force de creuser. Youpi ! C’est trouvé, le calendrier des opérations militaires annonce pour le 18 un exercice au champ de tir sous la direction du capitaine Motando, ce jeune officier de la Likouala, sorti nouvellement de l’académie militaire soviétique, que Marien se propose de nommer Chef d’état major particulier à la présidence. Il serait en quelque sorte un conseiller militaire du chef de l’Etat et devrait réorganiser sa garde et sa sécurité.

Tenant compte de la sympathie que Ngouabi a pour ce jeune, il se précipitera dès qu’il sera question de lui. On lui dira qu’il a eu un incident au champ de tir et il s’y rendra. Mais comment l’arrêter au champ de tir ? L’endroit est désert et Ngouabi apercevra de loin le comité d’accueil qui sera mis en place pour la circonstance. Il pourra alors rebrousser chemin.

Et si on l’invite dans un domicile ? Oui, mais ce domicile devra être vide si l’on doit éviter les témoins gênants et s’il est vide, Ngouabi risquera aussi de s’en méfier. Quelle impasse ?

Puis soudain, tiens, tiens, tiens. Utiliser le même argument et l’inviter dans un hôtel le «  Mistral » où Lekoundzou directeur de la SICAP [10][10] à Pointe-noire en mission à Brazzaville est  descendu. L’hôtel sera fermé toute la matinée pour des raisons d’Etat afin qu’il n’y est presque pas de monde et utiliserons la chambre numéro 8 de Lekoundzou pour lui tendre un guet-apens.

Dans un hôtel et en plein jour, Marien ne se doutera de rien et tombera dans le panneau. Mais il faut veiller à ce qu’il vienne seul. Il faut donc l’isoler. Assis Engobo Bonaventure s’envole t-il le 17 mars pour Owando, où il doit récupérer l’épave de l’hélicoptère dans lequel Marien Ngouabi avait failli trouver la mort.

Parti en réalité pour informer  Yhombi de l’évolution de la situation et des dernières dispositions arrêtées pour le putsch, Engobo qui rentre de cette prétendue mission [11][11], le lendemain 18 mars au environ de 11 heures, ne fera jamais signe de vie avant 15 heures, c’est-a-dire avant que le crime ne soit consommé. Il sera d’ailleurs promu officier d’ordonnance de Yhombi après le coup d’état. Okemba Maurice, l’officier d’ordonnance de Ngouabi a, lui, sollicité une permission d’absence auprès du président pour aller jouer au ballon militaire et retirer ensuite les examens de son fils au laboratoire national[12][12].

Après ses courses, Okemba qui sera nommé quelque temps après Directeur de la radio puis, Attaché militaire à Moscou, aurait téléphoné à son service pou savoir si le président avait besoin de lui. Et, comme ce n’était pas le cas, il serait allé se reposer chez lui . Le lieutenant Tsangabeka qui avait été désigné pour remplacer Okemba prétendra à son tour être allé prendre son repas au moment où Ngouabi aurait trouvé  la mort .

Mouassiposso, le chef de protocole aurait achevé sa demi-journée et laissé le président à table[13][13]. Enfin, Itoua Ndinga, un autre membre de la sécurité rapprochée de Ngouabi , se serait retrouvé en manœuvre militaire sur la route du Nord dans le cadre d’une formation militaire.

En somme, un véritable vide créé intentionnellement autour de Ngouabi qui  ne s’en inquiète pas outre mesure puisqu’il lui facilite son rendez-vous avec « Akim ».

Ce qui arrange aussi ses protagonistes, décidés à le prendre dans leur filets.

Vendredi 18 mars 1977 à 9 heures, le président Ngouabi est allé donner son cours à la faculté des Sciences de Brazzaville. Il est accompagné de Pereira (un beau frère) qui fait office de chauffeur, et de Tsangabeka, comme aide de camp. Son cours fini, il rejoint directement son bureau. Il est 11 heures passées de quelques minutes ; il signe son courrier et entreprend d’accorder des audiences.

De 11 heures 30 minutes à 12 heures 30 minutes, il reçoit d’abord le commandant Mbia, chef d’état major de l’ armée de terre qu’il a fait prévenir dans la journée[14][14] et qui doit lui rendre compte de l’état d’avancement du document sur la réorganisation de l’armée qu’il lui a demandé de concevoir. Pendant qu’ils discutent, est annoncé le président de l’Assemblée nationale, Alphonse Mouissou-Poaty ; Mbia se retire par courtoisie et Ngouabi accorde une trentaine de minutes à son nouveau visiteur avec qui il traite de l’atmosphère politique qui prévaut dans le pays.

Peu avant 13 heures, Ngouabi reçoit le cardinal Emile Biayenda que Mouassiposso a introduit avant de s’éclipser furtivement. L’archevêque de brazzaville est venu solliciter la restitution au clergé d’une concession appartenant au couvent Jahavouey et expropriée par l’Etat congolais après la nationalisation de l’enseignement en 1964. Cependant, l’entretien ne dure pas car dix minutes après, le président reçoit un coup de fil[15][15], décroche le téléphone et suit son interlocuteur ; son visage s’assombrit et il coupe la communication en disant : « bien j’arrive tout de suite… ».

Marien Ngouabi qui semble abattu par la nouvelle qu’on vient de lui communiquer rejoint le prélat resté assis au salon et s’excuse en ces termes : « Monseigneur, je m’excuse d’être obligé d’interrompre notre entretien. Je vous recontacterai mais vous pouvez être tranquille, votre problème sera réglé. Je suis obligé de partir d’urgence car un de mes collaborateurs a eu un incident au champ de tir où des éléments se sont canardés entre eux. Je dois donc aller m’enquérir sur le terrain… » Le cardinal se lève, remercie sincèrement son hôte et s’en va.

Marien Ngouabi par son secrétariat donne des instructions à propos de l’arrivée d’une 404 blanche. Les visiteurs doivent l’attendre, il demande à Ntsangabeka de décommander le rendez-vous pris avec le docteur Lomina et livre à Ontsou qu’il vient de recevoir un message du ministre de la défense selon lequel le capitaine Motando aurait eu des problèmes avec la troupe au champ de tir et se serait réfugié à l’hôtel Mistral. Conduit par Pereira et couvert par Okamba, un jeune élément de la garde présidentielle qu’il désigne au hasard pour l’accompagner, Marien, ha       billé en abacost de couleur rouge-bordeaux depuis le matin, très inquiet pour Motando, oublie de prendre les précautions d’usage et fonce à l’hôtel Mistral.

Après tout, le message ne vient-il pas de Sassou en qui il a encore un minimum de confiance, même si ce dernier avait eu entre temps le culot de draguer[16][16] sa femme. D’ailleurs, il ne croit pas que Sassou pousserait le bouchon jusqu’à le déposer. Il est beaucoup plus préoccupé par les femmes que par le pouvoir. Yhombi oui, mais pas Sassou ; il est encore trop jeune et le prouve par son comportement.

Le voici à l’hôtel Mistral qui semble désert. Dans la cour, quatre voitures anonymes dont celle de Mouassiposso. Ngouabi ouvre la portière et descend promptement pendant que le chauffeur se gare et attendra là le retour de son chef. Devant le perron apparaît Lekoundzou qui vient à la rencontre du président.

-          Alors Justin, où sont-ils ?

-          Ils sont dans ma chambre chef ! Au premier.

-          Que s’est-il passé ?

-          Je ne sais pas exactement chef !

Les deux hommes discutent, entrent dans l’hôtel et gravissent les marches suivis à cinq mètres du jeune Okamba qui par respect reste à l’écart et ne capte rien de la conversation. Lekoundzou ouvre la porte et invite le président à entrer. Ce dernier qui ne se doute de rien, trop préoccupé par la situation de son poulain Motando franchit ainsi le seuil. Lekoundzou referme la porte derrière lui. Le garde restera dans le couloir.

(Suite voir Deuxième Partie)
 
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Jean-Claude MAYIMA-MBEMBA - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT Marien Ngouabi
18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 11:39

Il y a 40 ans, la mort d’un président au marxisme «bien tempéré» à Brazzaville

 

Marien Ngouabi, le 23 mars 1970 à Brazzaville

Le « chef de la révolution congolaise » avait été si populaire en son temps que ses jeunes partisans avaient proposé, après son assassinat, de débaptiser Brazzaville pour la nommer Ngouabiville. Toujours inexpliquée après 40 ans, la mort du commandant Marien Ngouabi, le 18 mars 1977, à Brazzaville, reste empreinte de mystère. Les télégrammes diplomatiques français que RFI a pu consulter décrivent les lendemains de l’assassinat, alors que le pouvoir se réorganise, qu’une chasse aux sorcières est lancée et que la rivalité s’installe entre deux officiers : Joachim Yhombi-Opango et le jeune Denis Sassou-Nguesso. Jusqu’à la victoire de ce dernier.

Les colonels Sassou- Yhombi- NGoma du CMP (de gauche à droite en 1er plan)

19 mars 1977. L’annonce est faite sur la radio officielle congolaise. Un commando-suicide à la solde de « l’impérialisme aux abois » a tiré à bout portant sur le « camarade Ngouabi ». Moins de 12 heures après sa mort, un comité militaire du Parti congolais du travail, la formation marxiste-léniniste que Ngouabi a fondée en 1969, s’est octroyé les pleins pouvoirs. Composé de 11 personnes, ce comité porte à la tête de l’État le ministre de la Défense, le commandant Denis Sassou-Nguesso.

Le jeune officier devient chef de l’Etat – du moins pendant quelques jours. Ce qui, en pleine Guerre froide, inquiète le Quai d’Orsay. La garde personnelle de Denis Sassou-Nguesso est composée de militaires cubains. Il passe pour prosoviétique. Il est réputé être « radical ».

« Ce que nous savons de la personnalité du commandant Sassou-Nguesso laisse prévoir une nouvelle radicalisation d’un pouvoir qui se préparait à revenir à la modération, soutient une note du Quai d’Orsay du 25 mars 1977. La ligne générale politique du pays ne devrait cependant pas subir de modification fondamentale. On peut simplement craindre un accroissement de la présence soviétique et cubaine. »

Même si l’économie congolaise connaît des difficultés (dues à la chute de la production pétrolière et à la fin de l’exploitation des mines de potasse, notamment), beaucoup de Congolais pleurent un chef d’État qui jouit d’une véritable popularité. D’origine modeste, ce militaire préférait les treillis aux tenues d’apparat, les casquettes en toile aux képis. Il lui arrivait même de travailler aux champs.

Dans les cercles du pouvoir, toutefois, Ngouabi ne faisait pas l’unanimité. Il a dû déjouer une dizaine de tentatives de coup d’État et a même échappé à un accident d’hélicoptère.

Il n’était pas, non plus, en odeur de sainteté à Paris. Cet ancien chef de bataillon, bien que formé en France, ne cessait de dénoncer le «néocolonialisme ».

Chasse aux sorcières

Au lendemain de son assassinat, les nouvelles autorités mettent en cause un commando qui aurait eu des complices au sein de la garde présidentielle. Soupçonné d’être de mèche avec les assassins, l’ancien président Alphonse Massamba-Débat est vite arrêté. Le défenseur du « socialisme bantou » — à la différence du « socialisme scientifique » prôné par Ngouabi — reconnaît avoir trempé dans une cabale, toujours selon la thèse officielle. Ses « aveux », qui donnent la curieuse impression d’être lus, sont même diffusés à la radio.

« Il s’agit en fait d’un montage de déclarations […] qui ne peut convaincre aucun observateur de bonne foi et laisse une impression pénible », rapporte l’ambassadeur de France, Bertrand Dufourcq, le 24 mars 1977.

Massamba-Débat sera sommairement jugé par une cour martiale et fusillé. Son ancien Premier ministre, Pascal Lissouba, lui aussi arrêté, sera condamné à mort, une peine qui sera commuée en détention à perpétuité. Il sera libéré deux ans plus tard.

Quelques jours après la mort de Ngouabi, le cardinal Émile Biayenda est lui aussi assassiné. Des fidèles en colère assistent aux funérailles du jeune et populaire prélat. « Ce jour-là, j’ai vu, ce qui ne m’était jamais arrivé jusqu’alors, la détresse et la colère de tout un peuple », peut-on lire dans un message conservé aux archives du Quai d’Orsay et non signé, en date du 28 avril 1977. Le vicaire général, qui préside la cérémonie religieuse, calmera ses ouailles.

L’ascension de Denis Sassou-Nguesso

Après le bref intérim de Sassou, un colonel Yhombi Opango, succède à Ngouabi, mais le commandant Sassou-Nguesso veille au grain. Ce dernier redouterait « la réapparition de l’influence occidentale » à Brazzaville, selon une note pour le ministre des Affaires étrangères (Jean-François Poncet) datée du 26 décembre 1978 : « Le clan radical du comité militaire du Parti, animé par le colonel Sassou-Nguesso, et les organisations de masse (jeunesse et syndicats) inféodés aux Soviétiques, exercent une surveillance de tous les instants sur le chef de l’État. »

Ce commandant n’inspire guère confiance au Quai d’Orsay. Cet officier est « fortement soutenu par les Soviétiques et les Cubains », selon une note du 31 mars 1977. L’auteur du texte voit se dessiner une « âpre » lutte pour le pouvoir entre radicaux et modérés « car ce que nous savons de la personnalité du commandant Sassou-Nguesso laisse prévoir une nouvelle radicalisation d’un pouvoir qui se préparait à revenir à la modération ».

Le ministère des Affaires étrangères craint une nouvelle flambée de « passions » dans cette ancienne colonie du « Moyen-Congo ». Elles seraient monnaie courante depuis la chute de l’abbé Fulbert Youlou, en 1963 : « Règlements de comptes au sein du parti unique, purges dans les rangs de l’armée, remaniements ministériels en chaîne, ‘valse’ des premiers ministres […] tandis qu’à plusieurs reprises les détenteurs du pouvoir devaient faire face à des tentatives de putsch, voire à des mouvements de rébellion armée », explique une longue note datée du 30 mars 1977.

Au Quai d’Orsay, on attribue cette instabilité à « un phénomène de décomposition interne » : « Le président Ngouabi, dont tout le monde s’accorde à reconnaître le courage physique, avait, avant de tomber sous les balles de l’un de ses compagnons d’armes, déjà dû affronter plusieurs conspirations tramées pour la plupart, non pas par des civils, mais par ses pairs. »

Marxisme « bien tempéré »

Les diplomates français estiment d’ailleurs que la classe politique à Brazzaville était, depuis longtemps, plus révolutionnaire en paroles qu’en actes. Pierre Hunt, ambassadeur à Brazzaville et futur porte-parole de l’Élysée (sous Valéry Giscard d’Estaing), l’avait constaté dès le début des années 1970.

Le marxisme du président Ngouabi était « bien tempéré», écrivait-il le 4 avril 1973 : « Déçu par le manque d’efficacité des entreprises d’État, inquiet de la démagogie syndicale, le président congolais veille par une navigation un peu sinueuse à éviter les récifs. Ses adversaires du moment, appuyés sur un radicalisme juvénile, ne veulent point d’un ménagement et appellent par tous les moyens les grands bouleversements générateurs de la société prolétarienne. »

L’avènement d’une démocratie populaire ne fait pas rêver le colonel Yhombi-Opango, qui succédera au « camarade Ngouabi » le 6 avril 1977. « Le nouveau chef d’État […] est, de loin, le plus intelligent, le plus faisandé aussi, assure le document non signé du 28 avril 1977. Il semble, en particulier, qu’il ait magistralement doublé l’homme des Russes et des Cubains, Sassou-Nguesso. Il a la réputation d’être pro-occidental mais se garde bien de le dire. »

Pro-occidental? Il l’est sûrement puisque le nouveau président se rapprochera vite de Paris, où il rencontre, dès juin 1977, le président Valéry Giscard d’Estaing. Ce dernier donnera le feu vert à l’envoi à Brazzaville de deux commissions d’experts, l’une pour relancer l’exploitation de la potasse, l’autre pour apprécier la situation économique du pays.

Opango vs Sassou

Denis Sassou-Nguesso – un ministre qui « ne semble pas jouir d’une grande popularité ni dans le parti, ni surtout dans l’armée », soutient un document « confidentiel défense », daté du 7 juillet 1977 – éprouve, selon la diplomatie française de l’époque, une animosité notoire pour le président Yhombi.

Un autre document « confidentiel défense » daté du 11 août 1978 prédit la suite : « Les rivalités qui opposent le président Yhombi-Opango à son ministre des Armées, Sassou-Nguesso, soutenu par les Cubains, prennent un ton aigu et pourraient déboucher sur une épreuve de force. » Le président Yhombi sera effectivement remplacé, deux ans plus tard, par Denis Sassou-Nguesso.

Par Michel ARSENAULT 

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RFI in Congo-Liberty - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT Marien Ngouabi
18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 18:52
[Congo-Brazzaville] 18 mars 1977, assassinat de Marien Ngouabi, par Mbiki de Nanitelamio

18 MARS 1977 – 18 MARS 2014 = 37 ANS LE CONGO A T-IL ENCORE DES VRAIS KOUYOUS ET DES VRAIS MBOSHIS POUR HONORER LA MÉMOIRE DE MARIEN NGOUABI?

Plusieurs cultures développent dans notre pays un rapport sacré à leurs défunts, comme ne cesse de le démontrer avec arrogance Denis Sassou Nguesso : une ou 2 fois par an en mémoire des membres de sa famille. Ce geste, il l’a fait pour l’immortel Marien Ngouabi jusqu’en 1992 pour distraire le peuple Congolais qui lui reproche de l’avoir assassiné. Mais à l’instauration de la Démocratie conformément aux acquis de la Conférence Nationale souveraine, seuls les membres de la famille du Commandant entourés de quelques militants du PCT s’étaient rendu au mausolée. Malheureusement depuis son retour au pouvoir par les armes, Sassou Nguesso a préféré laisser le mausolée à l’abandon avec le tombeau de l’illustre disparu vidé de ses restes.

Selon une certaine tradition, les Kouyou faisaient partie de ces congolais qu’on ne pouvait humilier en public. Mais depuis 37 ans, papa Ossombo qui faisait la fierté de cette communauté redoutable est en train de se retourner dans sa tombe et pour preuve : il n’y a plus de danse dominicale à la grande école officielle de Poto-poto ni d’Ékongo dans la rue Mbochi, près du pont de Madoukou Tsiékélé qui sépare la mini-Nation de l’arrondissement n°5 Ouénzé.

Me Jacques Okoko le fameux parent de Marien Ngouabi encadré par la veuve et les enfants

En effet depuis le 18 mars 1977 date de l’assassinat du Commandant Marien Ngouabi par celui que la plupart de nos compatriotes du Nord considérait d’inoffensif, tous les Kouyou sont aujourd’hui à nos yeux : de pauvres types depuis que Yhombi Opango et Jacques Okoko ont fait allégeance au commanditaire qui était considéré par ces derniers de sous homme parce que issu des Batéké Alima devenus Mboshi depuis qu’il s’est autoproclamé khani.

Me Massengo Tiassé constatant la disparition des restes de Marien Ngouabi

Ah Marien! Comment comprendre la lâcheté des membres de ta tribu qui n’osent même pas revendiquer tes ossements aujourd’hui où ta petite-fille clame haut et fort que ton assassin n’a pas fini de t’assassiner? Ne peux-tu pas aujourd’hui demander à ton Dieu d’intercéder pour que cette communauté de ta tribu se libère de ton assassin leur oppresseur qui ne cesse de détruire aussi notre cher et beau pays! Gloire et honneur à toi Marien Ngouabi et honte aux membres de ta tribu complices de ton assassinat et à tous les collabos qui sont là à défendre ton assassin qui va très bientôt rendre compte de tous ses crimes.

http://youtu.be/rvzydhytEls

[Congo-Brazzaville] 18 mars 1977, assassinat de Marien Ngouabi, par Mbiki de Nanitelamio
[Congo-Brazzaville] 18 mars 1977, assassinat de Marien Ngouabi, par Mbiki de Nanitelamio
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Mbiki de Nanitelamio - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT Marien Ngouabi