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  • : Blog contre la corruption, la cupidité, l'avidité et la concussion (C.A.C.) au Congo-Brazzaville
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22 mai 2017 1 22 /05 /mai /2017 00:44
 
Les rafles font rage au Congo-Brazzaville, dans toute la partie sud du Congo, de Brazzaville à la ville de Pointe-Noire. Le régime de M. Sassou, produit de la françafrique, fait la chasse des Congolais présumés parents des Ninjas-Nsiloulou. La fable de La Fontaine "Le loup et l'agneau" est la devise clanique des Sassou & Nguesso : "SI CE N'EST TOI, C'EST DONC TON FRERE !".

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Nous attirons l'attention de Monsieur le Président de la République Française, de Monsieur le Premier ministre et son Gouvernement, notamment et très particulièrement de Monsieur Yves Le Drian, ancien ministre de la Défense, actuel ministre des Affaires étrangères, de MM. Delevoye et Jean-Yves Ollivier, etc., amis et vieilles connaissances françafricaines de M. Sassou Nguesso, de faire très attention sur les agissements de leurs protégés. Les crimes de cet homme, Sassou Nguesso et son clan, risqueront de rejaillir sur la France. Les "INTERETS DE LA FRANCE" ne sauront reposer sur les crimes et les massacres humains, même si Georges Clémenceau avait dit : "Une goute de pétrole vaut bien une goute de sang" (sic). Les temps évoluent.

 

LISTE DES DETENUS POLITIQUES AU CONGO BRAZZAVILLE ( récent) INCARCERES POUR AVOIR EU UN PARENT NINJA ( document reçu sous forme PDF)

N°, NOMS, PRENOMS, LIEU D'ARRESTATION

01 BIBOUMBOU André, Kinkala
02 BIBOUMBOU Adelaïde,  Kinkala
03 MATONDO Aimé,  Kinkala

INCITATION AU TROUBLE A L'ORDRE PUBLIQUE

N°, NOMS, PRENOMS, LIEU D'ARRESTATION

01 KONGO DIA DJOKOLO Lungela,  Bacongo le 15/01/2016

USURPATION DES INFORMATIONS ET TROUBLE A L'ORDRE PUBLIQUE

N°, NOMS, PRENOMS, LIEU D'ARRESTATION

01 GANGA DONGUI Christ Belvie Sydney, Palais du Parlement

ATTEINTE A LA SURETE DE L'ETAT
N°, NOMS, PRENOMS, LIEU D'ARRESTATION

01 KIALOUMBOU  Placide
02 NZINGOULA MIAKAMONA  Sylvain
03 MBANZA

ENFANT DE 15 ANS
N°, NOMS, PRENOMS, LIEU D'ARRESTATION

01 CYIMANA Prince Tharcisse

N°, NOMS, PRENOMS, LIEU D'ARRESTATION

01 MALIEMI Dieudonné Roger
02 MOUNGO Antoine
03 MONGOTO Samson
04 MBOUTOU Gaël
05 NKUNDIMANA Joseph
06 RUZINDONA Silas

DETENTION ILLEGALE D’ARMES ET MINUTIONS DE GUERRE ET AUTRES
N°, NOMS, PRENOMS, LIEU D'ARRESTATION

01 BAKADISSA  Gabriel
02 BAKEKOLO  Blaise
03 BAKOUAT  Jonas
04 BALEHOLA  Noél
05 BALOSSA Dumerland
06 BALOU rolvi
07 BANZOUNGOULA  Belvi Samarange
08 BANZOUNZI Déo Gracias
09 BANZOUNZI Grace
10 BATANTOU MILANDOU  Guibert
11 BAZOLO  Belvany
12 BITSINDOU Tachimy
14 BOUESSO NKOUSOU David
15 BOUKAKA  Sylvain
16 BOUTSINDI BANZOUZI  Fredelia
17 BOUZIKA  Ernest
18 DIAKOUKA  Belmi
19 DIAMONIKA Ardia
20 DIATOUBAKA  Gilbert
21 FOUANI Flavy Symplice
22 KIBEMBE BOUESSO  Stallone
23 KINKODA  Roland Armel
24 KOUBINDAMA  Arnaud
25 LOUBAKI gernese Duval
26 LOUHEMBA BOUBOTE Habib Rodriguez
27 MADIETA  Gislain
28 MAKITA  Jean Pierre
29 MALANDA MIATSOUKINA  Félie
31 MALONGA Doryon
32 MALONGA  Ghislain
33 MALONGA  Borgia
34 MAMONA  Dani
35 MAMPOUYA HOMBISSA Daniel
36 MASSENGO  Brisse
37 MATAMA MBODOU
38 MBENZA  Huvert
39 MBIZI  Trésor
40 MBOKO NKOMBO  Blanchard
41 MBOUMBOU NGANGA  Marnez
42 MENGA  Aurel
43 MEZA Constant Armel
44 MISSAKILA  Franck
45 MOANDA  Hermano Illicth
46 MOUANDA  Herman
47 MPONGUI  Jean Chéri
48 NDALA  Silaho
49 NDILA NGUILA  Dan Paul
50 NGOMA  Christ
51 NSOUZA  Bienvenu
52 NZOUNGA  Bienvenu
53 NZOUZI  Raphael
54 NZOUZI  Richard
55 SAMBA BABEKOUABO Brel
56 TELO  Christian
57 TITIANI  Rado
58 WAKALOUDI MPASSI  Hervé
59 WAMONAHO Ngampara
60 ZATAKINDILA MBEMBA  André

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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 19:48
 
Le texte ci-après est extrait du livre de Krysis Kilokila-Kiampassi, "Barbarie et folie meutrière au Congo-Brazzaville. Un châtiment collectif pour appartenance ethnique", Ed. L'Harmattan, Paris, 2005.

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Des voix se lèvent contre la violence armée dans le Pool (1998-2005)

A celles et ceux qui disent que personne ne parle, ne dit rien. Voici des extraits des réactions de Mgr Portella, Evêque de Kinkala et de feu Sage du Pool, M. Florent Mienantima. Cela fait 20 ans que M. Sassou Nguesso et son clan se livrent à l'extermination des Kongo dans la région du Pool. La guerre dans le Pool n'a vraiment jamais cessé. Les opérations "Colombe 1 et 2", "Hadès", "Hérode" et "Mouebara 1 et  2" suivent toujours leur cours. Mouebara est le nom de la mère de Sassou Nguesso. . A la France qui nous a "affecté" ce criminel en 1997 par le bout d'un canon sur fond de fleuve de sang et de larmes, et au président Hollande qui lui a donné le quitus, le permis de tuer en octobre 2015, au nom des INTERETS DE LA FRANCE, le peuple Congolais demande de retirer son criminel qu'il n'a pas choisi librement. Merci de partager ce document et de faire connaître ce livre-témoignage. Un livre à lire impérativement.

 

Châtiment collectif pour appartenance ethnique

 

La recrudescence de cette violence armée dans le Pool a de nouveau mobilisé toutes les forces vives de la nation pour tenter de trouver une solution définitive à cette crise. Au nombre des initiatives prises à cette fin, il y a eu les déclarations des Evêques du Congo et leurs prises de contacts avec les autorités politiques et civiles, les déclarations de certaines personnalités politiques et civiles, la Concertation pour la restauration de la paix au Pool, organisée du 14 au 18 novembre 2002, par les ressortissants du Pool et la marche citoyenne qui les a conduits à la résidence privée du Chef de l’Etat, le 18 novembre 2002. C’est donc au terme de toutes ces initiatives, notamment à l’issue de la marche citoyenne, que le Chef de l’Etat a annoncé sa volonté de mettre fin à la violence armée dans le Pool, en demandant aux jeunes qui ont pris les armes à rentrer de Brazzaville où il leur garantit la sécurité, l’amnistie et la réinsertion sociale. Cet appel a enclenché une réelle dynamique de résolution de cette crise armée, après avoir, au départ, semé la confusion et la panique dans les esprits des populations du Pool.

 

1. Appel à la responsabilité nationale et internationale de l’Evêque de Kinkala

  « C’est un cri que je lance à l’adresse de toute la nation congolaise et de tous ceux qui l’aiment. Ce qui se passe à présent dans la région du Pool est à peine supportable pour un cœur tant soit peu humain. Voilà déjà, en effet, plus de deux mois que cette région est l’objet d’une « sollicitude meurtrière » qui se manifeste dans un « pilonnage » assidu de plusieurs localités ; je cite, entre autres, Madzia (4 fois), Matoumbou, Yokama, les environs de Kololo, Ngandou, Malela…, sans oublier, bien sûr, « l’épicentre » même du drame : la région de Kindamba-Vindza.

Le motif déclaré de ces tristes opérations, c’est la présence incongrue et indésirable du chef de l’ancienne résistance et de ses jeunes adeptes qui, par leur marginalité parfois violente, il faut le reconnaître, dérangent la tranquillité des populations et ne contribuent pas du tout à la paix dans la région. Malheureusement, sans être familier de l’art militaire, on peut constater que ce ne sont pas ces cibles qu’on atteint, à cause de leur grande mobilité et de leur maîtrise incomparable du milieu. Ce sont plutôt les pauvres populations qui en subissent de graves conséquences : des vies humaines fauchées, des infirmités provoquées, des habitations détruites, des déplacements forcés, à pied, sur 50, 100 et même 200 km, avec des bagages de fortune, sans assistance médicale ni secours alimentaire (les ONG humanitaires n’y ont pas accès, semble-t-il, par manque de visa de sécurité), des décès en pleine route sans inhumation digne, un sol de plus en plus impropre à l’agriculture parce que saturé de bombardements. Il y a aussi la triste certitude de revoir, au retour, les maisons pillées, dépouillées du peu qui était resté, par ceux-là mêmes qui sont officiellement préposés à la protection des personnes et des biens.

Aujourd’hui encore, à cause des menaces de bombardement, au vu des engins lourds qui y sont acheminés, un véritable exode est en cours : des milliers de personnes se dirigent encore vers Brazzaville, désespérées, lassées de ce triste sort qui leur échoit. Ajouter à cela, l’angoisse de tous ces jeunes, obligés de vivre cachés dans les forêts, de peur d’être traités de « Ninjas infiltrés ou potentiels ». Quelques-uns ont été même portés disparus, par le fait de la force publique (question à instruire dans le droit et la justice).

Comment ne pourrait-on pas crier, avec le prophète : « Nous attendions la paix, et rien de bon ! le temps du remède, et voici l’épouvante ! » (Jérémie 14, 19).

Oui, voici l’épouvante ! C’est difficile à comprendre, surtout après les « professions de foi » de nos responsables sur la paix ! Annoncer et promettre la paix et en même temps décider des opérations, sources de tant de souffrances injustes pour des filles et des fils de la nation, relève d’une logique mystérieuse difficile à décrypter.

Car, pour beaucoup d’entre nous : pour les évêques du Congo, pour le Conseil œcuménique, pour les sages des différentes régions de notre pays, pour les institutions nationales comme le Comité de suivi de la Convention pour la paix et la reconstruction du Congo et le Haut-Commissariat à la Réinsertion des ex-combattants, pour des associations comme le Comité des femmes pour la paix, le Mbongui du Pool, le Mopax, les femmes du Kouilou (1), le seul chemin capable d’apporter et de garantir une paix profonde et durable est celui du dialogue. La guerre, surtout celle-ci où les populations innocentes sont les premières victimes, n’accouche que de la destruction physique et morale. Elle ne fait qu’attiser les haines, développer les rancoeurs, faire naître, dans la région, la conscience d’être des « mal-aimés » de la République. La  solution est ailleurs. Elle est dans la reprise  du dialogue, elle est dans la réactivation de la réinsertion socio-économique des ex-miliciens, elle est dans le désenclavement de la région par la réfection urgente des routes, elle est dans l’éducation morale, civique et disciplinaire de nos jeunes et particulièrement des ex-miliciens déjà enrôlés dans l’armée qui, par leurs forfaits perpétrés (pillages, vols, viols), font honte à notre Force publique, elle est dans le développement humain harmonieux de toutes les régions du pays, elle est dans la justice et l’égalité de chance pour tous. C’est pourquoi, j’appelle de tous mes vœux un engagement plus clair et plus ferme de la part de tous ceux qui se sentent concernés par cette tragédie qui est nationale : filles et fils de toutes les régions du pays, représentants des pays amis, chrétiens et croyants, pour obtenir l’arrêt des combats et la reprise du dialogue. Oui, la paix n’a pas de prix, même si sa recherche doit mettre notre patience à rude épreuve, car ce sont des vies humaines qui sont en jeu. Et les souffrances des populations innocentes ne peuvent jamais être une bénédiction pour ceux qui les causent. Oui, au nom de Dieu entre les mains de qui le Congo a été placé, et dont « les pensées sont des pensées de paix et non pas de malheur » (Jérémie 29, 11), que cesse la guerre au Congo » (2).

Monseigneur Louis Portella Mbuyu

Evêque de Kinkala

 

2. Le président des sages du Pool sollicite du Gouvernement l’arrêt des violences

Devant le spectacle macabre qui se joue dans le Pool en général, et dans son propre village, en particulier, le président des Sages du Pool, Monsieur Mienantima Florent, réagit et demande au Ministre de l’Intérieur d’assurer la sécurité des populations du Pool. Il adresse également, au même ministre, un rapport d’assassinats perpétrés par la Force publique à Mpayaka, son village.

 

Première lettre :

« Mpayaka, le 20 juillet 2002.

A Monsieur le Ministre de l’Intérieur à Brazzaville.

Objet : Compte rendu d’assassinats perpétrés à Mpayaka par la Force Publique

 Nous avons l’honneur de vous rendre compte des événements survenus au village Mpayaka.

Dans la journée du samedi 6 juillet 2002, au matin, un contingent de militaires des Forces armées congolaises en service commandé a fait irruption au village Mpayaka, soi-disant à la recherche des Ninjas.

Cependant, à défaut des Ninjas, ils ont tué dix (10) personnes non armées :

1 - Nkodia Roméo, 17 ans, élève au CEG de Kibouendé ;

2 - Bibimbou Marcel père, 82 ans, tué et brûlé dans la maison ;

3 - Bibimbou fils, 18 ans, apprenti menuisier ;

4 - Nganga Emery, 25 ans, paysan, agriculteur ;

5 - Makoumbou Dieudonné, 18 ans, élève au CEG de Kibouendé ;

6 - Safoula, 17 ans, élève au CEG de Kibouendé ;

7 - Bantsimba Jean, 50 ans, Président des parents d’élèves de Mpayaka ;

8 - Lemina Albert, 70 ans, Chef de village Ngamalie ;

9 - Samba Kihanzi, 80 ans, brûlé dans sa maison ;

10 - Nsamoukounou-Wamba, femme de 65 ans, tuée mutilée par arme blanche ;

11 - Bissila, blessé par balle, non en danger de mort, est en train d’être soigné ;

En plus, ils ont torturé, battu violemment et menacé de mort un grand nombre et même le Président du comité de village, Monsieur Mienantima Florent âgé de 75 ans.

Toutefois, on peut noter que parmi les assassinés, seul Nganga Emery avait été un ex-combattant ninja qui avait rejoint ses parents et faisait ses champs.

Ensuite, ils ont brûlé toutes les maisons en toiture de paille des six quartiers de Mpayaka soit environ cent trente- cinq (135). Mpayaka a été brûlé à près de 80%. Des arbres fruitiers ont été coupés, les jeunes plants arrachés.

Mpayaka a été pillé de fond en comble avec les animaux. Après cette mise à sac, toute la population, soit environ quatre cents (400) personnes ont été contraintes d’aller à Kibouendé dans le dénuement total.

Monsieur le Ministre, vous êtes notre tutelle. La situation de Mpayaka est le sort subi par la plupart des populations et villages du Pool : un châtiment collectif pour appartenance ethnique. Bien que tard, nous implorons votre intervention contre cette manière de faire.

Le présent compte rendu vous est adressé à titre d’information et à toutes fins utiles.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, nos salutations distinguées.

Le Président du Comité de village Mpayaka

Mienantima Florent.

Ampliations :

Ministre de la Défense

Chef d’Etat Major Général FAC

Chef de District de Kinkala

Chef de Région Pool

Archives ».

 

Deuxième lettre :

« Mpayaka, le 17 août 2002.

 

A Monsieur le ministre de l’Intérieur,

Général Pierre Oba.

 

Monsieur le Ministre,

Au regard de la situation des populations du Pool qui, chaque jour devient plus dramatique que la veille, j’ai l’honneur de vous adresser la présente lettre parce que vous êtes notre Ministre de tutelle. Vous avez la responsabilité d’assurer notre sécurité.

Monsieur le Ministre, je suis Monsieur Mienantima Florent, Chef du village Mpayaka (Kinkala). J’ai 75 ans d’âge. J’ai été :

Chef de terre Mboleke (Kinkala) en 1963

Conseiller de district et de région de 1963 à 1978

Président du Tribunal de 1er degré de Kinkala de 1962 à 1977

Président du Comité de village Mpayaka de 1964 à nos jours

Député à l’Assemblée Nationale Populaire de 1973 à 1978.

A cause de ma petite expérience, j’avais été élu par mes pairs Président des sages du Pool.

 

 J’ai vécu les événements des 3 Francs en 1941, les abus de la J.M.N.R, en 1964, la recherche de Diawara dans les forêts de Goma-Tsétsé. Aucun de ces événements ne m’a inquiété personnellement. Seuls les mis en cause subissaient la répression de la loi.

En octobre 1998, les Ninjas m’ont brutalisé jusqu’à me ligoter en prétextant que j’avais conduit les Cobras qui avaient brûlé Kibouendé. Quand ils ont vérifié, ils se sont aperçus que je n’y étais pour rien. Pendant ce temps, ils avaient déjà anéanti mes biens et détruit mes trois (3) parcs avec cent vingt-sept (127) bœufs.

Cette fois-ci, les militaires des FAC [Forces armées congolaises] ont fait irruption dans mon village Mpayaka sous prétexte de rechercher les Ninjas. A défaut des Ninjas, ils ont assassiné dix (10) personnes gratuitement, blessé une par balles. Pendant ce raid, j’ai été violemment battu, sans considération de mon âge. J’ai eu quatre (4) côtes déformées. Ils ont pillé tous les biens du village. Ils ont volé mes vingt (20) cabris et mes moutons. Ils ont brûlé près de cent trente-cinq (135) maisons. Le village a été détruit à 80%.

Dans mon cas, traqué d’un côté par les Ninjas et de l’autre par les Cobras, sous la peau des FAC, je me demande de quel côté suis-je. Ceci est pour dire qu’il y a beaucoup d’innocents qui subissent dans le Pool.

Monsieur le Ministre, au cas où vous ne le sauriez pas, j’ai l’honneur de porter à votre connaissance qu’en ce moment, les populations du Pool sont victimes des exactions les plus sévères de la part des militaires de toutes nationalités confondues. Massacres, viols, rackets, bombardements d’hélicoptères, sont les maux auxquels on est soumis à tout moment. La mort est distribuée gratuitement et pour rien, selon le bon vouloir de la Force Publique. Une rencontre des FAC avec un jeune homme soupçonné d’être ex-Ninja signifie assassinat de ce dernier. Un ex-Ninja est automatiquement tué. Ils ne font pas de prisonniers. Ce système de rechercher tous les ex-Ninjas un à un est très dangereux. Ainsi traqués, bien qu'ayant déposé les armes, les Ninjas ne sortent plus. Cela signifie que le Pool perdra de ses jeunes d’ici là. Monsieur le Ministre, votre responsabilité est engagée, il faut réagir. Au village, la conclusion est que les militaires agissent ainsi selon les ordres bien reçus du gouvernement parce qu’ils ne sont jamais rappelés à l’ordre et cela dure depuis toujours. Chez le soldat, quand on dit : va ! il va, viens, il vient ; fais, il fait sinon il est sanctionné.

 Monsieur le Ministre, je voudrais aussi porter à votre connaissance que beaucoup d’hameaux ont déjà été effacés de la carte du Pool et du Congo. Les militaires passent et repassent dans les villages désertés, pillent et repillent et finissent par incendier les maisons et enlèvent les tôles. Kibouendé regroupe en ce moment les déportés de plus de vingt (20) villages de Kinkala-Nord et de Mayama. Comment vivent-ils ? Dans le plus grand dénuement. Ils ont abandonné leurs champs parce qu’une rencontre avec les FAC signifie la mort. Si la guerre s’arrête aujourd’hui, beaucoup de rescapés ne retrouveront plus de village ni de maison où habiter. Le gouvernement qui, en ce moment éprouve des difficultés pour assurer régulièrement les pensions des retraités, les bourses des étudiants, les salaires des fonctionnaires, sera incapable d’aider les paysans du Pool à rebâtir leurs maisons. Il serait donc temps que le gouvernement arrête net cette situation.

Monsieur le Ministre, une question fondamentale est de savoir si la région du Pool est en rébellion contre les institutions de la République. A mon avis, il n’en est pas question. Pourquoi alors faire subir une guerre si atroce, faire payer un si lourd tribut aux populations pour une personne que beaucoup ne connaissent même pas physiquement. Cette attitude nous fait conclure que le gouvernement nous fait subir un châtiment collectif pour appartenance ethnique. C’est dangereux pour une République.

Monsieur le Ministre, en ma qualité de Sage, je voudrais vous suggérer d’abord la résolution du problème du Pool par un autre biais : celui de l’amour. Ne considérez pas uniquement votre pouvoir à asseoir à tout prix quel que soit le nombre de morts dans le Pool et sa destruction matérielle. Considérer d’abord la population. Si vous avez un peu d’amour pour les habitants du Pool, faites que le gouvernement arrête son expédition. Quel plaisir éprouvez-vous en apprenant toutes les nouvelles macabres en provenance du Pool depuis 1998 ? Il n’y a aucune gloire d’avoir saccagé une région et d’entrer dans sa mémoire comme son destructeur. L’hécatombe du Pool et même le chaos du pays tout entier exigent du gouvernement de la hauteur et surtout beaucoup de lucidité. Si le gouvernement considère les personnes avant toute chose, il devra revoir sa copie. C’est alors que le gouvernement doit chercher et réexaminer toutes les données des problèmes jusqu’au bout du raisonnement. Chez les villageois, pour arriver jusqu’au bout du raisonnement dans un problème politique à plusieurs têtes, il n’y a qu’une seule approche : le dialogue. Le dialogue est le fruit de l’amour. Tout le reste n’est que perte de temps, d’énergie, de personnes et de biens. Ce que je dis est simple, mais il n’y a que ceux qui ont l’amour pour leurs semblables qui y arrivent. Un adage de nos villages dit que si le chemin se perd, il faut repartir à la croisée des chemins. Les problèmes politiques n’ont pas qu’une seule solution. Quand un schéma ne marche pas, on en prend un autre. Si on examine les accords déjà passés, on s’apercevra que certaines clauses ont été foulées aux pieds de chaque côté. Dans certains pays, par amour, pour sauver leur population, les gouvernements décrètent des cessez-le-feu unilatéraux. Pourquoi pas chez vous ?

Monsieur le Ministre, je sais que des voix plus autorisées que la mienne ont déjà parlé dans le même sens. J’ai tout simplement voulu vous rappeler que les populations du Pool sont aussi vos citoyens et que vous avez la responsabilité de leur sécurité.

Encore une fois, Monsieur le Ministre, nous vous implorons de faire arrêter le châtiment collectif pour appartenance ethnique des populations du Pool. Soyez notre Avocat auprès du gouvernement et surtout auprès du Président de la République.

Entre-temps, veuillez agréer, Monsieur le Ministre, mes remerciements anticipés.

Mienantima Florent ».(*) 

 (Extrait du livre de Krysis Kilokila-Kiampassi, Barbarie et folie meurtrière au Congo-Brazzaville. Un châtiment collectif pour appartenance ethnique, L’Harmattan, Paris, 2005)

-----------------------------------------

(*) M. Florent Mienantima, le Sage du Pool, est décédé l’année dernière (2016), à la suite d’une longue maladie.

(1) - Cf. : La Semaine Africaine, n° 2362 du 16 mai 2002.

(2) - Cf. : La Semaine Africaine, n° 2363 du 23 mai 2002

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 10:13

Monsieur Emmanuel Macron,
Bonjour,

Nous, Citoyens franco-congolais, Congolaises et Congolais rassemblés au sein des Assises Nationales du Congo, venons à vous, candidat porté au second tour de l’élection présidentielle par le peuple français, et susceptible, de présider aux destinées de la République Française.

Conscients du caractère décisif de ce rendez-vous historique, nous restons attentifs aux orientations politiques et stratégiques que vous formulez concernant les relations extérieures de la France avec l’Afrique. Et, parce que nous sommes dubitatifs au sujet des rémanences et de l’inéluctabilité des ruptures qu’impliquent vos engagements, nous venons vous faire part des attentes du peuple de la République du Congo qui vit et survit sous une tyrannie dont le chef de file est le principal pilier de la Françafrique, avec 33 ans d’exercice du pouvoir au sommet de l’Etat.

En considération de votre discours qui appelle à l’aggiornamento de la politique africaine de la France, l’histoire vous appelle à prendre des engagements sur le Congo compte tenu de ce que relève le premier rapport d’évaluation stratégique pour la sous-région Afrique Centrale du PNUD de mars 2017 ; « En République du Congo, une dynamique de changement hautement organisée s’est formée sous le cri de ralliement #SassouFit (…) Néanmoins, elle s’est finalement sentie trahie par des partenaires internationaux clés, notamment la France qui fournit un appui continu et sans équivoque à Sassou Nguesso… ».

Monsieur Emmanuel Macron,

Vous dites : « Je veux écrire une nouvelle page dans notre relation avec l’Afrique… Je tiens à agir dans la transparence, loin des réseaux de connivence franco-africains.  » (Marwane Ben Yahmed, Jeune Afrique, 24/04/17). Vos prédécesseurs ont solennellement dit autant, pour un agir à l’opposé des promesses. Et, pour cause ! Cette « nouvelle page » ne s’écrira pas sans transformation des principes structurels appelés « accords de coopération », qui lient depuis son accession à la Souveraineté Internationale le Congo et la France. Lesquels produisent les rémanences synthétisées sous le vocable emblématique de la Françafrique. L’illustration en est donnée par le soutien à Sassou Nguesso des autorités françaises depuis le coup d’Etat du 24 octobre 1997. Et ce, au mépris des dispositifs constitutionnels issus de la Conférence Nationale Souveraine de 1992 et des règles de l’Organisation Internationale de la Francophonie, pourtant inspirés par le mémorable discours de La Baule, du Président François Mitterrand le 20 juin 1990, en matière de démocratie et de bonne gouvernance.

Monsieur Emmanuel Macron,

Les défis de la politique française à l’égard du continent africain, que vous portez, ne pourraient ouvrir une perspective de réconciliation avec les peuples d’Afrique, que s’ils répondent à certaines exigences éthiques. Les priorités que vous retiendriez dans votre agenda de Président ne cesseront de nous préoccuper au-delà du 07 mai 2017. C’est pourquoi, nous croyons fermement que votre action inscrira positivement votre nom dans l’histoire contemporaine de l’Afrique, et rehaussera le rôle et la place de la France dans le monde actuel. Pour ce faire, nous vous proposons les trois axes majeurs suivants, cadre principiel de nos doléances pour votre présidence.

1- Sur les libertés, la sécurité et les droits humains :

La publication intitulée L’Année Stratégique 2017 de l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS), montre que le Congo a le niveau le plus élevé de « Budget de la Défense par Habitant  » dans toute la Zone Franc. Avec 147,21 $ par habitant contre 106,21 $ par habitant en Chine, le Congo est un cas d’autant plus étonnant que même la Corée du Nord ne compte que 92,06 $ par habitant à ce titre.
Dans la mesure où l’accumulation injustifiée d’un tel armement n’a pour principal objectif que la privation des libertés et des droits humains des populations, nous souhaitons vivement que vous agissiez pour :

1-1 Obtenir un embargo dans le cadre de l’ONU concernant la vente d’armes à l’État congolais jusqu’à nouvel ordre, et suspendre la coopération militaire avec le Congo ;

1-2 Obtenir la fin de la campagne militaire d’épuration ethnique planifiée, menée depuis le hold-up électoral de mars 2016 dans le département du Pool, et obtenir des Organisations humanitaires internationales (Médecins Sans Frontières, Croix Rouge, PAM, Amnesty International, Unicef, …) qu’elles puissent se déployer sans entraves au Congo, en envoyant leurs représentants sur le terrain ;

1-3 Obtenir qu’une Enquête Internationale soit diligentée pour crime contre l’humanité, dans le département du Pool, dans le cadre de l’article 7 du Statut de Rome ;

1-4 Obtenir la libération sans condition, des prisonniers politiques au Congo. Il s’agit, des leaders politiques et d’opinions, des journalistes et autres acteurs de la société civile, arrêtés, emprisonnés et torturés depuis le hold-up électoral de mars 2016, qui ne reconnaissent pas Monsieur Sassou Nguesso comme Président de la République, et qui ne reconnaissent pas non plus la légalité du référendum anti constitutionnel d’octobre 2015.

1-5 Assurer la protection de tous les activistes et promoteurs de la liberté au Congo (Franco-Congolais, Congolais, réfugiés politiques, Étudiants et autres…), résidant en France.

2- Sur la responsabilité politique et l’Etat de Droit
Pour que vous preniez vos responsabilités politiques devant l’histoire, nous sommes convaincus, comme vous-mêmes d’ailleurs, qu’il est nécessaire de mettre fin « aux réseaux de connivence franco-africains », qui constituent la Françafrique. Pour ce faire, il s’agit :

2.1 De dévisser l’écrou des mécanismes qui assujettissent l’Afrique depuis les années 1960 dans le cadre des « accords de coopération  » ;

2-2 De ne point mettre des entraves « politiques  » à la poursuite des procédures en cours, au niveau des tribunaux français, sur les affaires dites des « Disparus du Beach  » et des « Biens Mal Acquis  » ;

2-3 D’imposer un principe de conditionnalité, pour que l’aide financière publique, de la France et des institutions internationales au profit de la République du Congo (en particulier le FMI, Banque Mondiale) soit liée aux actes posés dans le sens de la restauration des libertés et de la démocratie dans le cadre d’un État de droit.

3- Pour une initiative concernant l’implication de l’ONU dans le règlement de la crise congolaise

Pour dégager la responsabilité de votre futur gouvernement dans les crimes de masse en cours dans le département du Pool notamment, la France, en sa qualité de membre permanent du Conseil de Sécurité des Nations-Unies, devrait initier une résolution condamnant le régime de Monsieur Sassou Nguesso, au même titre que les résolutions concernant le Burundi et la République Démocratique du Congo par exemple. Cette résolution devrait par ailleurs préconiser, d’une part l’envoi d’une force militaire de maintien de la paix, en vue d’assurer la sécurité des populations, et d’autre part le lancement d’un processus politique de restauration de la démocratie.

Monsieur Emmanuel Macron,

Nous, Citoyens franco-congolais, Congolaises et Congolais, avons la conviction que le règlement de la crise congolaise sera la véritable preuve de la rupture avec la Françafrique, cette rupture que vous prônez à juste titre dans votre programme. Le nouveau contexte qui s’ouvrira ainsi, permettra un processus de coopération gagnant-gagnant à travers la bonne gouvernance, loin des scandales actuels, et garantissant les intérêts économiques de la France au Congo.

A une période où la Chine devient le premier partenaire commercial et financier du Congo et d’autres pays africains, il vous appartient de panser les blessures qui rongent la mémoire collective des populations africaines francophones, au moment où les Etats anglophones d’Afrique avancent remarquablement dans la voie de l’implantation de la démocratie durable. Vous pouvez, en faisant du cas de la République du Congo une priorité, apporter les innovations politiques qu’attendent les Africains, jeunes et vieux, dans la voie enrichissante de la liberté, de la démocratie, et du respect des droits humains au service des intérêts bien compris de tous et de chacun.

Monsieur Emmanuel Macron,

Le Général De Gaulle, qui a été abondamment invoqué durant la campagne électorale, avait fait de Brazzaville la capitale de la France Libre en 1940, et avec la Conférence de Brazzaville de 1944, il avait pris en compte l’idéal de liberté des peuples colonisés.
Cette année 2017, face à la tyrannie et à la mauvaise gouvernance dont est victime le Congo dans le cadre de la Françafrique, les patriotes et démocrates congolais demanderont au nouveau Président de la République Française et au peuple français, de les soutenir dans leur lutte pour la liberté. Les signataires de la présente lettre agissent dans ce sens, en étant conscients que le Congo doit retrouver, sur tout son territoire, cette liberté qu’avait incarnée Brazzaville, cette « … ville pour toujours illustre dans le monde des peuples libres, hier haut lieu de la France combattante... » (Extrait du message du Général De Gaulle à l’occasion de la proclamation de l’indépendance nominale de la République du Congo, le 15 août 1960).

Nous sommes des Résistants. Votre temps est précieux dans cette quête présidentielle. Un vis-à-vis avec vous-même ou votre Conseiller aux affaires internationales, Monsieur Aurélien Lechevallier par exemple, nous permettrait de passer en revue diverses préoccupations politiques légitimes. Nous vous proposons donc de prendre date pour ce rendez-vous que nous désirons, le plus tôt possible, après votre installation à l’Élysée.

Tout en vous souhaitant des pleins succès au scrutin du 7 mai prochain, nous vous prions de croire, Monsieur Emmanuel Macron, en l’expression de notre très haute considération.

Fait à Paris, le 1er mai 2017

Pour les Assises Nationales du Congo

Le Délégué Général Mawawa Mâwa-Kiese

Le Délégué Secrétaire Permanent Ferdinand Justice Moukala

Le Président d’Honneur Jean-Édouard Sathoud

Assises Nationales du Congo
83, rue de Reuilly,
ACDE Impasse du Mousset
75012 Paris (France) Association Loi 1901, déclarée à la Préfecture de Police de Paris,
Récépissé n°W7512246551
du 20 mai 2014
Mail : assises.secretariat@gmail.com
Paris le 1er mai 2017

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Assises nationales du Congo - dans Congo-Brazzaville Françafrique Afrique France
21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 01:16

ETATS D’AME ET PRISE DE CONSCIENCE

PAR CEUX DE NOS COMPATRIOTES AU NORD DU CONGO ?

par Jean-Claude MAYIMA-MBEMBA

 

Cela fait vingt-quatre ans depuis que le phénomène des milices privées est né au Congo-Brazzaville, sous le régime du président Pascal Lissouba. Nous étions en 1993.

 

Naïveté, mauvaise foi ou volonté délibérée, nous ne le saurons jamais. Les responsables politiques de l’époque étaient tombés dans le traquenard tendu par leur adversaire du Pct, en l’occurrence Denis Sassou Nguesso. S’en suivirent les tragédies successives vécues par les populations au sud Congo et notamment, celle de la région du Pool.

A l’origine, la création des milices privées en raison de la guerre de 1993-1994 provoquée par M. Sassou Nguesso dans sa stratégie de reconquête du pouvoir perdu par en 1992.

Cependant, sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook, il se trouve, malheureusement, des individus sans discernement mus par une haine aveugle, incurable et indécrottable qui ne comprennent pas et n’ont jamais cherché à comprendre comment est né le phénomène des milices privées.

Devant des évidences et la réalité quotidienne, ceux de nos compatriotes au nord du Congo, fer de lance dans la reconquête du pouvoir par Denis Sassou Nguesso, s’interrogent et acceptent aujourd’hui sur le fait que l’homme qu’ils avaient soutenu jusqu’ici est dangereux, très dangereux pour l’union des congolais et pour eux-mêmes.

A cet effet, un document/témoignage, sous le titre : Cet homme nous met tous en danger, circule en ce moment dans les réseaux sociaux, notamment sur Facebook.

En s’attaquant et éliminant, l’un après l’autre, tous ceux de son camp avec qui ils ont repris le pouvoir, fut-il par la violence, ils ont donc mis en place la machine à broyer. Cette politique d’élimination des témoins, de peur qu’ils ne parlent et ne témoignent un jour des crimes qu’ils ont commis ensemble, va provoquer le tsunami qui les emportera.

Ce document,  Cet homme nous met tous en danger, sera suivi d’un autre, intitulé : “Lettre ouverte au Général Paul Mbot, un courrier effectivement adressé au Général Paul Mbot, alors directeur général de la police nationale, sous le président Lissouba. Il est, ici aussi, question de création de milices et notamment : reproche lui est fait d’avoir conseillé au président Lissouba et à son ministre de l’intérieur, Martin Mberi, de créer une milice privée, désignée à l’époque sous l’appellation de Réserves ministérielles, les fameux Aubevillois qui deviendront successivement : Zoulous, Mamba, etc. Début du calvaire insurrectionnel que connaissent aujourd’hui les congolais.

C’est donc ainsi que tout le monde a eu sa milice privée : les Ninjas pour Kolelas ; les Condors et Cobras pour Sassou Nguesso ; les Mambas pour Thystère-Tchicaya, etc.

A tous ceux et celles qui, enfin, aujourd’hui, s’aperçoivent qu’il faut changer de trajectoire, de voie, pour la paix et l’UNION NATIONALE, le moment est venu, non pas de tendre la main,  mais de reconnaitre que nous avons tous fait fausse route, certains plus que d’autres.

Jean-Claude MAYIMA-MBEMBA

-       Auteur,

-       Ancien Représentant Permanent de l’Opposition Congolaise

auprès de l’union Européenne (1994-2005),

-       Ancien Rapporteur de la Commission Ad hoc « Assassinats » de la CNS (1991),

     Président de l’Association UNION-CONGO

 

***

 

DOCUMENT 1

 

Cet homme nous met tous en danger,

document signéBRDiem

Cet homme, celui dont il est ici question n’est autre que Sassou Nguesso Denis.

 

Extrait :« Pour nous qui lui sont si proche, nous l’appelons Mouène, pour d’autres, il est l’os Lekoubèou encore la belle noix de palme Otsouèmbè. Malgré tous ces noms attirant, l’homme est une bombe ambulante et une machine répression machiavélique.

 

Avec un recul, je me rends compte que Mouènen’a jamais aimé personne. Nous sommes beaucoup à le penser. Mais, avec l’infiltration bien profonde du système, nous ne nous faisons plus confiance. Nous nous espionnons entre frères, entre amis, entre parents.

J’ai approché Mouène après avoir été viré de mes fonctions militaires, suite au fameux code 104. A cette époque, je n’étais qu’Adjudant. J’ai été parmi de ceux qui ont aidé Mouène“. Nous avons commencé par la formation des jeunes pour la résistance. Ceux que nous appellerons par la suite Condors et Cobras. Nous avons fait des erreurs de jugement, aujourd’hui je le sais.

Tout est parti de la création de cette résistance dite Cobra, malheureusement Mouène avait son plan. Je parle aujourd’hui de Plan, je vois tout ce qui se passe. Rien ne va dans le plan qu’il nous avait présenté. Nous avons formé et détruit la jeunesse de ces jeunes congolais. Aujourd’hui, tout ne tourne qu’autour de sa famille et des amis. Nous les fidèles, nous qui avons pris des risques depuis 1993, nous ne sommes que pour la forme.

Si cela continue, nous aussi allons devenir des victimes. Victimes, parce que : Yves Motando, Blaise Adoua, Emmanuel Avoukou, Fréddy Menga… Toutes ces personnes de valeurs, ayant donné jusqu’à la dernière énergie, ont péri pour avoir un jour soit donné conseils ou tenu tête à Mouène.

Partant du grade d’adjudant, considérant la traversée du désert et aujourd’hui Lieutenant-Colonel, vous vous doutez que j’ai vécu des choses ? Oui j’en ai vécu, c’est pourquoi, je m’exprime. Pour l’instant, mon nom ne vous sera pas révélé. Pour des raisons de sécurité, je ne citerais pas d’autres personnes, pour ne pas mettre au péril des familles. Je vais donc commencer par relater les opérations et tout le cheminement des opérations depuis 1994 jusqu’à ce jour. Vous allez bien comprendre qui est Mouène ?

La peur de perdre le pouvoir : Après les événements de Bacongo (Sarajevo) en 1993, nous avons reçu mandat d’empêcher à Lissouba de travailler. Le maintien de la pression par des braquages et des tueries, malgré la création des forces d’interposition ont dégradé la situation sécuritaire du pays. Voir les Aubévillois à Gamboma n’arrangeait nos déplacements. Entre Brazzaville et Oyo, il nous fallait maitriser les allées et venues des personnes. Une propagande anti Lissouba a vite été mise à pied d’œuvre. Tous nos jeunes, condors, cobras, recherchés étaient soit à Mpila, pour des opérations ou encore à Oyo pour formation. Beaucoup de Jeunes des quartiers nord de la capitale (Mpila, Ouénze, Talangaï, Texaco, Mikalou, Kombo, Petit-chose, Mamboualé …) allaient à Oyo pendant les vacances scolaires pour ne pas éveiller les soupçons. Mpila était une bonne position, nous bénéficions des appuis des quartiers comme Poto-Poto (la porte d’entrée), Mpila (la porte de sortie), Ouénzé (Bretelle de dégagement), les autres quartiers venaient en support en cas d’attaque.  Tous les quartiers acquis à notre cause étaient minés d’armes. Ces armes que nous sortirons en juin 1997, même dans certaines églises de réveil.

Après le retour aux affaires, Mouène a commencé à nous montrer son vrai visage. Nous pensions qu’il s’agissait  de la gestion d’après-guerre. Mais, nous n’avions rien compris. Seul Blaise Adoua à l’époque l’avait compris. Les personnes ayant fait un nom pour bravoure en pleine guerre se sont vu pousser des ailes. Cela dérangeait Mouène. Le général Blaise Adoua, a aidé beaucoup de jeunes à sortir du pays, ce qui lui valut cette  notoriété. Hélas, il est mort parce qu’il devenait populaire, de peur qu’il prenne le pouvoir un jour.

Jean Marie  Tassoua, aussi populaire a commencé lui aussi à avoir des soucis, il a été accusé de tout. Mouène a vite oublié le rôle qu’’il a joué pendant les hostilités. La proximité entre Tassoua et Motando, un autre homme fort, a précipité Yves Motando dans la tombe. Car il était, lui, considéré comme le soutien armé de Tassoua. On a commencé à l’accuser d’infiltré. Le Saboter en habillant les ninjas acquis à notre cause en tenue Mongounia a leka te“ (l’ennemi ne passeras), la tenue que nous portions pendant les événements de 1998. Il a même été accusé d’avoir voulu tuer Mouène pendant la guerre du 5 juin à Kombo, dans la maison de Jean Marie TASSOUA.

Nous avons joué le meilleur des atouts qui se présentaient à nous. Il fallait commencer par émietter les partis forts du moment. Il y a eu beaucoup d’argent, pour bousculer l’UPADS, le MCDDI, UDR-MWINDA, le RDPC et le PCT. Avec les tensions internes, Mouène était tranquille.

Ensuite, nous sommes passés par l’épreuve des intimidations. Un budget a été mis en place pour faire venir les guerriers se trouvant hors du pays, pour intimider les hommes politiques, qui ne rentraient dans la boite. C’est lorsque nos propres petits ont commencé à mourir, par décision de Mouène, ou du maître moro a nzambéJDO, que même nous sentons déjà en insécurité. Si eux sont traités comme ça, pourquoi pas nous ?, entre eux et nous y a pas de différences. Gaulois Freddy Menga, Seigneur Willy Matsanga et bien d’autres …

Simulacre d’une opposition : Il fallait créer une opposition pour rendre crédible un changement de textes de lois, la constitution. Tout avait été orchestré, pour arriver au plan de  Mouènè. Mais, il y a des gens qui ne pouvaient être manipulés ou nguirisés. Il s’agit de certaines personnalités de l’IDC-FROCAD, de madame Aimé Mambou-Gnali, et bien d’autres jeunes que nous ne contrôlons pas. Ceux même qui sont fatigués de la politique de Mouène.

La technique adoptée était de préparer une élection avec un deuxième tour entre Mouène et Pako Parfait Kolélas, puisque Okombi Salissa échappait à tout contrôle. Même la proposition d’un deuxième tour entre lui Mouènè ne l’ébranlait pas. Dans le milieu, on disait qu’il était un petit incontrôlable. On ne peut pas faire de lui un enfant prodige. Il risque de s’allier avec l’aille du PCT des amis de Marien Ngouabi. Si c’est le cas, Le projet de la Nouvelle Espérance, celle qui a but d’être remplacé par ses propres enfants, tombera à l’eau.    C’est comme ça qu’un pacte secret a été mis en place : Il fallait infiltrer l’opposition. Préparer un second tour entre Sassou – Kolelas.

Un opposant inattendu : L’arrivé de Mokoko dans la course au pouvoir a tout changé. Tous les plans et projets ont été révisés. Il a bien été infiltré à Bangui, comment avons-nous laissé échapper de telles informations ? Comment Léonard Essongo, avec tout le budget pour le surveiller a failli ? A toutes ces questions, nous ne pouvions répondre. Mokoko a toujours fait l’objet d’une surveillance particulière et accrue. Avec son arrivé dans la course, le projet du 2è tour à la présidentielle devait disparaître. C’est comme ça qu’est né le Coup KO. Il fallait commencer par l’intimider. La mission a été confiée à Barack Obama Philippe Obara qui chargea Jean François Ndenguet, ordres donnés par JDO. Grosse erreur, il ne fallait pas l’attaquer. Après cette attaque, tout ce que nous avons ventilé comme informations, que Mokoko était avec nous, qu’il jouait un double jeu, n’avait plus d’échos. Nous avons-nous-mêmes tué notre stratégie. Mouène  était très en colère.

Changement de stratégie et perte de contrôle : Avec l’arrivée de Mokoko, C’est là que j’ai compris que Même Mouène avait peur de Mokoko. La machine a été mise en marche. Une machine aujourd’hui contrôlée par des personnes qui ne maîtrisent rien. Ils ont commencé par les problèmes de coup d’état et de guerres. Tout portait sur la sécurité nationale. Quelle sécurité ? Nous sommes jetés dans le jeu d’accuser tous nos voisins, RCA, RDC, Angola, Gabon et même les sud-africains, dans de prétendues préparations de guerre. Même nos propres frères d’armes sont devenus des suspects. L’armée s’est vu le retrait de son matériel de travail : son armement. Le vrai problème, c’est que Mouène a perdu toute crédibilité chez les congolais, du nord au sud. Il fallait revoir les stratégies : Infiltration des opposants, surveillance, espionnage, intimidation, incarcération, soudoyer la population …

Mon récit ne s’arrête pas là, vous aurez la suite si je vous juge digne de confiance. Le comment et les procédures vous seront révélés …

Pour l’instant je suis BRDiem, pour vous.

 

***

 DOCUMENT 2.

RETROSPECTIVE : LA GENESE DES MILICES PRIVEES

LETTRE OUVERTE AU GENERAL PAUL MBOT, Directeur Général de la Police Nationale (publiée dans “Le Combat”, Bulletin d’information et d’opinionde l’Opposition congolaise, Numéro Spécial - Août 1993)

Le document qui suit avait été publié, pour la première fois, dans un Bulletin de l’Opposition, en 1993, dans le but de faire comprendre au Directeur Général de la Police Nationale de l’époque, le Général Paul MBOT, que le conseil qu’il venait de donner au Président Lissouba était contraire aux dispositions de la Constitution et un crime contre la paix, un crime contre l’humanité.

Après avoir servi “loyalement” le Président Lissouba à la tête de la Police Nationale, après avoir été nommé “loyalement” Préfet de la Région de la Sangha par le même Président Lissouba, le Général Paul MBOT est passé du côté de l’ex-Président Sassou Nguesso qui, actuellement, affronte les milices privées de son protagoniste, créées et formées sur les conseils du même Général Paul Mbot. Ce dernier est donc aujourd’hui, en 1997, obligé de se battre contre sa propre création, ses propres créatures.

Paris le 25 août 1993,

“Mon” Général,

Suite à la lettre commune de Monsieur le Président de la République aux Ministres d’Etat respectivement de la Défense et de l’Intérieur, en date du 3 août 1993, permettez que je me donne la liberté de vous adresser cette lettre que j’ai voulue ouverte afin que l’opinion nationale et internationale le sache également.

“Mon” Général, à la Conférence Nationale Souveraine, en 1991, dans ma lecture du Rapport de la Commission Ad hoc “Assassinats”, par une improvisation voulue, citant un philosophe de notre temps, Lanza Del Vasto, j’ajoutai en fin de lecture, en guise de conclusion, ceci :

- “Changer de régime et améliorer les lois sans changer les hommes et les rendre meilleurs, c’est comme balayer la chambre sans ouvrir la fenêtre; la poussière soulevée (celle du moins qu’on n’aura pas avalée) retombera d’où elle vient”.

Au cours de ce même Grand Forum, citant toujours le même penseur, je disais :

- “Pour supprimer les abus, il ne suffit pas de supprimer ceux qui abusent. Il faut bien prendre garde à ceux qui les remplaceront et se demander quelle discipline, quelle purification les aura rendus meilleurs, et quelle doctrine, plus sages”.

Ce furent-là deux avertissements qui s’adressaient non seulement au Peuple Congolais dans son intégrité et toute son intégralité, mais à vous aussi qui en êtes une partie intégrante.

Aujourd’hui, au regard de la situation qui prévaut dans notre pays, je constate avec une stupéfaction et une horreur non feintes, mais très profondément ressenties, que vous êtes devenu (depuis quand cela ?) le Conseiller, l’éminence grise, le cerveau-penseur-auteur d’une stratégie lugubre pour les besoins du pogrom mis en œuvre par un régime qui agit dans l’illégalité la plus totale. D’un côté, l’application des accords de Libreville et, de l’autre, les préparatifs pour un génocide national programmé.

“Mon” Général, me référant donc à la lettre ci-dessus référencée relative au recrutement des éléments devant composer une police parallèle (milice) - les salaires des fonctionnaires déjà existants sont impossibles à payer -, ma stupéfaction et mon horreur sont aussi grandes et profondes que j’ai du mal à croire que vous, l’initiateur, l’instigateur, le meneur en 1973 d’une grève “congolaise” à l’Académie Militaire (Section Police) de Bucarest (Roumanie), où vous étiez en formation, pour revendiquer l’égalité des droits et de traitement, le respect de la dignité humaine et luttiez donc contre l’injustice, la brimade et le mauvais traitement, soyez passé du côté de la barbarie, des bourreaux.

En effet, en ce temps-là, par rapport à ce qui se passe aujourd’hui dans notre pays, vous n’étiez pas, à ce que je sache, vous et vos quatre autres collègues, menacés de mort. Pourtant, malgré l’absence de cet argument majeur - menace de mort -, vous n’aviez pas hésité de vous révolter, de vous rebeller. Dans votre rébellion, vous vous étiez même convenus de rentrer au bercail, ce quel que soit le résultat des négociations qui furent d’ailleurs bien menées par le très regretté et courageux Ambassadeur, Eugène MANKOU. De vous tous, dans ces turpitudes, un seul avait le sens de l’honneur, de la parole donnée et surtout de celle d’Officier. Ce Congolais dont je tais volontairement le nom - pour des raisons de sécurité - rentra au Congo. Rien pourtant ne l’obligeait à le faire, puisque tout était rentré dans l’ordre. Mais sa conscience, l’honneur d’Officier et le sens de la dignité avaient pris le dessus. Il appliqua, seul, à la lettre, ce que d’un commun accord vous aviez décidé.

En fait, en d’autres temps et dans une Armée digne et respectable, appliquant scrupuleusement les règles disciplinaires qui régissent une Armée Nationale ou une Police Nationale digne du nom, rien qu’à considérer cet acte d’insoumission, vous ne seriez même plus, ni dans l’Armée, ni dans la Police; vous ne seriez même pas nommé “Général” aujourd’hui, car vous auriez été radié du Corps de la Police, voire de l’Armée tout court, pour mutinerie, rébellion et félonie, surtout que cela se passait en terre étrangère où vous aviez souillé l’image et de la Police et de l’Armée, mais aussi et surtout celle de notre pays. C’était de l’indiscipline caractérisée intolérable. Ceci dit, je vous laisse, “mon” Général, la liberté d’expliquer ce fait à tous ceux qui liront la présente Lettre Ouverte.

"Mon" Général, ma stupéfaction et mon horreur sont d’autant plus grandes et profondes, disais-je, que pour un strapontin somme toute éphémère et pour quelques malheureuses miettes - même si, pour acheter votre conscience, on vous donne 10 ou 20 milliards de Francs CFA (pour services rendus), ce sont toujours des miettes -, vous conseillez au Président Lissouba de constituer un Corps Spécial de Police - en somme une milice privée, parallèle, personnelle du Chef de l’Etat - dont vous n’aurez même pas le contrôle, afin de mâter tous ceux et toutes celles qui se battent pour la démocratie, la liberté et la paix dans notre pays, cela ne fait que faire se retourner dans leur tombe tous les martyrs de notre pays, desquels vous vous en foutez d’ailleurs puisque vous en fabriquez d’autres.

"Mon" Général, loin de vouloir faire de cette lettre ouverte un blâme public, mais plutôt un Appel à la prise de conscience patriotique, je voudrais surtout que vous vous rappeliez, à tout moment, de ceci :

- “Tant que la confiance, l’affection, le respect ou la puissante habitude, lient les sujets à cet autre arbitre, l’Etat subsiste : il se défait sitôt que l’autorité du Souverain se perd sur une autre partie du peuple qui porte son allégeance ailleurs : il y a dès lors, à vrai dire, non plus un Etat mais deux; ou, du moins, deux Etats tendent à se former à partir d’un seul, et l’un d’eux sera étouffé par l’autre à l’aide de moyens violents. Il y a là un processus affreux dans son cours et dont l’achèvement laissera d’ineffaçables rancunes. Jamais plus les citoyens ne seront unanimes dans la célébration des anniversaires, les jours de gloire des uns étant jours de deuils pours les autres. Rien n’est donc plus important à la santé d’un Etat que de procurer un accord perpétuel des citoyens sur l’identité du Souverain, c’est-à-dire d’établir et de consacrer un principe de légitimité” (Bertrand De Jouvenel).

"Mon" Général, ceci dit, en conseillant au Président Lissouba (Cf. sa Lettre du 03/08/1993 aux Ministres d’Etat de la Défense et de l’Intérieur) de créer un Corps parallèle de la Police (milice privée) qui sera sous les contrôle et ordres exclusifs de M. Jean Da Costa (frère de l’autre ancien Premier Ministre) qui s’était déjà illustré, de triste mémoire, dans les années 1964-1965 et hier maquisard dans le F.L.C. du Cabinda, qui croyez-vous libérer par l’assassinat, le génocide et le pogrom déjà organisés et institutionnalisés ?

En tout état de cause, disait Mô-Tsé, je cite : - “Tuer un homme pour le bien du monde, ce n’est pas faire le bien du monde. S’offrir soi-même en sacrifice pour le monde, voilà qui est bien faire”.

Et Gandhi d’ajouter : - “(...) Il est lâche de tuer les autres. Qui croyons-nous libérer par l’assassinat ?”

Or, "Mon" Général, depuis le 30 novembre 1992 à ce jour, comme en 1965, le Congo ne compte plus ses morts. Plus de 1000 citoyens congolais sont morts, assassinés, partout, sur toute l’étendue du territoire national, en moins d’un an de pouvoir Lissouba. Les uns sont jetés, enfermés vivants ou décapités dans des sacs, dans le fleuve Congo; d’autres sont purement et simplement enterrés vivants ou décapités aussi. Ceci se passe dans les pays du Nibolek et à Brazzaville, sous vos yeux, allant inspecter quotidiennement les victimes, les suppliciés dans les divers centres de tortures, sans doute pour vous assurer de l’efficacité du travail qui y est effectué par les nombreux “Ngayo” qui y opèrent en toute impunité. 

Dans les Services d’Etat, tous les cadres de la Mouvance présidentielle (civils et militaires) se promènent avec des pistolets. Dans le même temps, au lieu d’obliger ces civils partisans de la Mouvance présidentielle à rendre ces armes de guerre qu’ils trimbalent dans les rues jusque dans les bureaux, au vu et au su de tous, vous préférez organiser des razzia sous le prétexte d’aller ramasser les armes de guerre que détiendraient les membres et partisans de l’Opposition. Voilà l’injustice et la ségrégation ethno-tribale. 

Je ne parle même pas des quatorze (14) malheureux citoyens congolais, extraits de votre Commissariat Central et remis à l’un de vos Corps de police : le S.A.S.P.N., aujourd’hui portés disparus (Cf. Documents du Commissariat Central), selon le Rapport d’Activités de la Commission de Médiation et de Négociation menée du 29 au 30 juillet 1993. Vous savez où ils se trouvent, ces 14 disparus de vos geôles. Depuis cette date à ce jour, ce nombre peut être multiplié par 10, 20, 30 voire 100 fois, au train où va la barbarie à visage humain.

Général MBOT, vous savez autant que moi que “plus un ordre viole la nature, l’habitude et la norme, et plus l’usage de la violence lui est indispensable” (Lanza Del Vasto).

Par ailleurs, si le sang donne droit au pouvoir, celui qui détient le pouvoir n’a pas de pire rival que son plus proche par le sang; et ce droit de vie et de mort que les puissants s’arrogent finit par se retourner contre leur propre sang, avait écrit Lanza Del Vasto.

Par exemple, Saturne dévorait ses enfants jusqu’à ce que l’un d’eux qui lui avait échappé, Jupiter, le vainquît de sa foudre et l’enfermât dans les lieux infernaux.

"Mon" Général, aujourd’hui vous ressemblez à cet homme qui tombe au pouvoir d’un Mage; car en effet, un homme qui tombe au pouvoir du Mage (pour un strapontin éphémère, un galon et quelques miettes qu’il ramasse sous la table où mange le roi) perd la conduite de sa vie parce que la volonté d’un autre s’est projetée au cœur de son être, à la source de sa conscience qu’elle capte, et l’autre joue de lui comme d’un instrument.

Je crois, "mon" Général, vous avoir assez dit. Mais en guise de conclusion, pour avoir fait votre choix comme moi aussi j’ai fait le mien depuis plus de 20 ans aujourd’hui, il n’est nullement besoin de vous rappeler les principes qui régissent votre Corps de métier, si ce n’est faire appel à votre conscience d’homme et de citoyen et vous répéter ce qui suit :

- “La justice est la substance de toutes les vertus. (...) La justice est la substance du devoir. Il est juste de remplir son devoir d’état, mais le premier devoir est de vous demander si votre état est justifié. Vous avez le devoir d’obéir à vos Chefs pourvu que leur autorité soit légitime, mais cela ne vous dispense pas du devoir de vous demander (Ndlr : même si vous en êtes devenu le Conseiller, le Cerveau penseur, l’Eminence grise) si l’ordre qu’ils vous donnent est juste. C’est devoir de se soumettre à la loi du pays, mais avant tout, de se demander si cette loi ou cet ordre est juste. Car elle peut bien avoir été imposée par des tyrans ou des conquérants, par un imposteur ou par des profiteurs, ou n’être due qu’à des superstitions ou à d’anciennes erreurs. Le premier devoir est peut-être alors de désobéir ouvertement, ou d’attaquer la loi ou l’ordre inique de quelque autre façon” (Lanza Del Vasto).

En clair et en d’autres termes, notre premier devoir à tous, en tant que citoyens, est d’observer la justice - la vraie -, et notre second devoir est de ne pas tolérer qu’on la viole.

En tout cas, le témoin d’une injustice qui détourne la tête sous prétexte que cette affaire ne le regarde pas ou y contribue, sous couleur de discrétion ou d’intérêts véreux, ou d’impassibilité, n’est qu’un lâche. Sa non-intervention, loin de le mettre hors de cause, le compromet au contraire avec l’injustice.

C’est pourquoi je dis que la vie et la survie de notre patrie est une perpétuelle bataille, et la guerre patriotique pour la sauvegarde des acquis démocratiques, la paix et la liberté le haut devoir du Citoyen, le vrai et digne de foi.

En espérant vous avoir dit tout haut ce que tous les Congolais pensent tout bas - du moins ceux qui ne pensent pas et n’agissent pas comme vous et ils sont majoritaires -, je vous prie de recevoir, "mon" Général et cher ami, l’expression de mes sentiments très patriotiques.

Paris, le 25 août 1993

Jean-Claude MAYIMA-MBEMBA

Chef du Département de la Communication

Coordination Europe de l’Opposition Congolaise

 

***

 Deux documents, l’un récent et anonyme, l’autre plus ancien et "sourcé". A ces deux documents, pour une meilleure compréhension, il nous faudrait peut-être adjoindre un 3ème, plus récent que les deux premiers : l’interview de Claude Ernest Ndalla, Conseiller de Denis Sassou Nguesso, sur une chaine Web de la diaspora congolaise en France. 

L’analyse du document de "Brdiem" et celui de Claude Ernest Ndalla montre une convergence qui ne peut qu’en troubler plus d’un.

Constat non exhaustif :

·         Les batailles dites de libération du pays ont toutes été des guerres tribales menées par des milices ethniques dédiées et formées à dessein

·         Le document de "Brdiem", s’il fait part d’une désillusion, ce n’est pas dans les atrocités commises mais dans le partage du butin de l’après-guerre. Le remord y est absent.

 ·         Dans ce document tout comme dans l’interview de Claude Ernest Ndalla, un président ressortissant du nord du Congo est perçu comme "la caution nationale" à la quiétude, entérinant de ce fait le terrifiant pronostic, pour l’unité d’un pays, que ceux du sud en veulent à ceux du nord. Remarquez que Tony Moudilou, dans la préparation de son coup d’Etat qui avait avorté, en était arrivé à cette conclusion-là aussi, si nous en croyons ce qu’en affirme Jean Marie Michel Mokoko dans la vidéo.

·         Dans les 3 cas donc (celui de Tony Moudilou en plus), Jean Marie Michel Mokoko, homme du nord du Congo et militaire est perçu comme un moyen sans que l’on ne s’interroge sur ce fait-là, précisément.

Questions non exhaustives :

·         Est-ce un énième coup d’Etat qui se joue pour le compte des mêmes ? Quid alors de l’Unité et de l’indivisibilité de la Nation ? Tous Congolais ?

 

Etats d'âme et/ou prise de conscience par ceux de nos compatriotes au Nord du Congo ? (pdf, 546.8 kB)

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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 20:47
Congo : Début des procès des prisonniers politiques d’opinion, otages de l’arbitraire

Comme l’a annoncé l’Association UNION-CONGO le 16/04/2017, est-ce les prémices du début des procès concernant les prisonniers politiques d’opinion, otages de l’arbitraire ?

Il n’y a pas besoin de faire des commentaires. La Cour d’Appel de Pointe-Noire vient de confirmer le programme des procès envisagés contre les prisonniers politiques. Celui de M. Modeste BOUKADIA aura lieu le mercredi 03 mai 2017, à Pointe-Noire.

Les vrais criminels vont juger un innocent, une victime expiatoire, comme toujours !

Projet de rôle des audiences criminelles
 
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21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 23:52

Sans cette phrase assassine : "Le président Sassou Nguesso a le droit de consulter son peuple. Et le peuple doit répondre...", le Congo-Brazzaville, et notamment la région du Pool massacrée, n'en seraient certainement pas là et ne connaîtraient pas la situation qu'on connaît aujourd'hui.

Certes, Sassou en aurait fait à sa tête. Mais ce soutien macabre du président Hollande a donné le coup de pouce au plan macabre et nauséabond de l'ogre soutenu par la France et ses lobbies militaro-politico-mafieux.

La Constitution de 2002, conçue et taillée sur mesure, ne permettait pas à Sassou Nguesso de changer de constitution, ni de briguer un autre mandat. Mais voici que le président Hollande s'en mêle. Son QUITUS a valu permis de tuer, d'assassiner...

Aujourd'hui, les disparitions forcées ne se comptent plus, les arrestations arbitraires sont devenues quotidiennes, les assassinats dans les prisons et les commissariats et postes de police sont devenus des pratiques courantes. Tous ces faits sont impunis parce que ceux qui les commettent appartiennent soit au Clan au pouvoir, soit sont membres de la tribu au pouvoir.

Le régime de Brazzaville, par la voix de son ministre de la justice et qui se dit être aussi ministres des droits humains, Pierre MABIALA, soutient qu'il n'y a pas de prisonniers politiques au Congo. Pour lui, tous ces hommes, toutes ces femmes et tous ces enfants enlevés et embastillés, car il y a aussi des enfants en prison, sont des prisonniers de droit commun.

Alors, une question :

Qui ont-ils assassinés, qu'ont-ils volé ou détourné ou avec qui se sont-ils bagarrés pour justifier leur état de prisonnier de droit commun ?

M. Pierre MABIALA n'a pas encore ouvert le dossier des "Panama papers". Qu'attend-il pour le faire ?

Le dossier des "Biens Mal Acquis" (BMA) est toujours là. Willy Nguesso vient d'en être mis en examen (inculpé) en France. Qu'attend le gouvernement auquel il appartient pour s'y intéresser ?

Non, il préfère intimider, voire tenter de soudoyer (corrompre) les Responsables des ONG défenseurs des droits de l'homme.

LIRE LA SUITE :

http://www.liberation.fr/planete/2017/03/19/un-an-apres-sa-reelection-contestee-sassou-nguesso-toujours-maitre-du-congo_1556875?xtor=rss-450&utm_source=dlvr.it&utm_medium=twitter

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8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 13:49
 
(CONGO-BRAZZAVILLE) DROIT DE REPONSE SUITE A LA DECLARATION DE M. PIERRE MABIALA RELATIVE A L’ETAT DE SANTE DE M. MODESTE BOUKADIA, DETENU DEPUIS LE 15 JANVIER 2016, SANS JUGEMENT...
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DROIT DE REPONSE

SUITE A LA DECLARATION DE M. PIERRE MABIALA

RELATIVE A L’ETAT DE SANTE DE M. MODESTE BOUKADIA

1) - Dans sa déclaration à RFI, en date du 05/03/2017, concernant l’état de santé de M. Modeste BOUKADIA, incarcéré illégalement et illégitimement à la maison d’arrêt de Pointe-Noire, M. Pierre MABIALA, ministre de la justice et des droits humains du régime de M. Sassou Nguesso, a dit attendre une contre-expertise médicale avant de statuer et que le Congo a de bons hôpitaux (sic).

2) - S’agissant du passage à tabac et de la tentative d’assassinat dont M. Modeste BOUKADIA a été l’objet de la part de M. Pierre Pongui, directeur de la maison d’arrêt de Pointe-Noire et ses agents, M. Pierre MABIALA déclare qu’ « on n’enquête pas sur du néant » et que ces allégations seraient donc des « mensonges » (sic).

Au regard de la désinvolture de M. MABIALA qui se moque des citoyens Congolais embastillés dans des conditions inhumaines dans des établissements qui relèvent de sa juridiction où ils sont quotidiennement battus, torturés et ensuite privés de soins au cours de leur séjour carcéral, l’Association UNION-CONGO fait remarquer :

-          M. MABIALA ne veut pas ouvrir une enquête sur les sévices subis par M. Modeste BOUKADIA, mais il veut une contre-expertise sur son état de santé parce que nous exigeons que M. BOUKADIA soit soigné hors du Congo. Pourquoi faire une contre-expertise sur du néant ? M. MABIALA se contredit.

-          Si vous voulez mourir plus tôt que prévu, il suffit simplement d’aller dans les hôpitaux du Congo. La grève du personnel de l’hôpital A. Cissé de Pointe-Noire est un exemple palpable.

-          Pourquoi l’oncle de M. Pierre MABIALA, Pierre Pongui, ci-devant directeur de la maison d’arrêt de Pointe-Noire, va-t-il suivre ses traitements en France, puisqu’il y a de bons hôpitaux au Congo ?

-           M. Pierre MABIALA peut-il expliquer pourquoi tous les jours y a-t-il des cohortes d’évacués sanitaires, membres du pouvoir, qui vont se faire soigner en Europe, notamment en France ou en Espagne ?

-          Pourquoi Mme Antoinette Sassou n’est-elle pas soignée dans un hôpital du Congo, voire dans celui d’OYO ?

-          L’Association Union-Congo, en accord avec d’autres Associations du Congo, s’adressera au Ministère français de la Santé pour lui demander de publier la liste des ressortissants Congolais évacués sanitaires soignés en France. Elle mènera la même démarche auprès de l’Union Européenne. Le peuple Congolais a le droit de savoir.

-          M. MABIALA considère que la détérioration de l’état de santé de M. BOUKADIA est un prétexte. Pourquoi ces centaines de morts dans les prisons, les Commissariats et postes de police (Cf. Rapport 2016-2017 de la FIDH, pp. 155-157 ; Rapport 2015 AMNESTY INTERNATIONAL ; Rapport 2017 du CIAN, p. 92 MOCI 12/2016, sur le climat des affaires ; Rapports 2016 de l’OCDH) ?

-          M. Pierre MABIALA déclare que le passage à tabac de M. Modeste BOUKADIA est un mensonge. Le directeur de la maison d’arrêt de Pointe-Noire, M. Pierre PONGUI, est l’oncle du ministre de la justice et des droits humain, M. Pierre MABIALA, lui-même. On comprend qu’il ne peut que protéger son oncle auquel il a donné les ordres de liquider physiquement l’opposant Modeste BOUKADIA, ancien candidat à l’élection présidentielle en 2009. Comme pour les Disparus du Beach qui se seraient suicidés tous seuls, M. MABIALA voudrait-il dire que M. Modeste BOUKADIA se serait tabassé tout seul ?

Quant à l’évacuation sanitaire de M. BOUKADIA, aux dernières nouvelles, c’est M. MABIALA lui-même qui s’opposerait à l‘évacuation de Modeste BOUKADIA, en représailles à la plainte portée contre « X » sur cette nette et abominable agression physique subie par M. Modeste BOUKADIA.

Et ce qui est pathétique et indigne, malgré ce qui précède, c’est de voir des pays comme la France décorer des criminels de la Légion d’Honneur !

Enfin, l’Association UNION-CONGO, en accord avec d’autres association du Congo, s’adressera à l’OMS, au PNUD, l’UNICEF, l’U.E., l’U.A., l’UNESCO et l’ONU pour leur demander de nommer des Commissions d’enquête internationale sur les systèmes carcéral, éducatif et de santé en République du Congo, pour établir la vérité sur la gouvernance de M. Sassou et son clan depuis 1977, à laquelle contribue M. Pierre MABIALA.

Paris, le 08 mars 2017 

Jean-Claude MAYIMA-MBEMBA

Président de l’Association UNION-CONGO

 

LARGE DIFFUSION

 
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24 février 2017 5 24 /02 /février /2017 22:52
Sassou à la Hitler Sassou à la Hitler

Dans la lettre ouverte ci-dessous adressée au président congolais, Denis Sassou N’guesso, l’auteur lui demande d’arrêter de harceler ses opposants dont certains dans le meilleur des cas, croupissent en prison. D’autres, au pire des cas, sont tout simplement envoyés ad patres. C’est pourquoi l’auteur lui demande d’assumer avec courage son passé. Car, comme on aime à le dire, Sassou peut échapper à la justice des hommes mais pas à la justice immanente. Lisez !

Excellence Monsieur le président, votre pays est sous les feux de la rampe, ces derniers temps, et cette situation n’est pas étrangère à votre gouvernance. On le sait,  vous totalisez plus de trois décennies de pouvoir  à la tête du Congo Brazza.  Arrivé au sommet de l’Etat en 1979 par la force des armes plutôt que par celle des arguments, vous vous êtes ensuite mordu le doigt d’avoir permis une ouverture démocratique qui aura entraîné votre défaite  dans les urnes et provoqué l’arrivée du brillant généticien de son état, Pascal Lissouba.

Vous semblez vous être juré de ne plus jamais vous laisser avoir par le maudit jeu de la démocratie

Du fait de votre goût très prononcé du pouvoir,  vous avez vécu cela comme une humiliation. Par tous les moyens, il vous fallait reprendre votre « dû » et c’est ainsi que vous parviendrez à reconquérir le pouvoir par les canons en 1997, avec la complicité de la France  de  Jacques  Chirac. Depuis lors, vous ne  manifestez aucune intention de  faire valoir vos droits à la retraite, bien au contraire,  vous semblez vous être juré de ne plus jamais vous laisser avoir par le maudit jeu de la démocratie.  A présent, c’est  visiblement  la logique absolue du « J’y suis et j’y reste forever ». Vous régnez donc en maître absolu sur la nation congolaise qui se gargarise injustement d’être une République. Mais cela crève les yeux, sous votre magistère,  le Congo Brazza est aujourd’hui tout, sauf une République du fait de vos lubies et autres excès de potentat.   Trois décennies de pouvoir !  C’en est trop ! Dans votre for intérieur,  vous ne vous faites certainement pas d’illusions : vous êtes craint  plutôt qu’aimé des Congolais.   Et comble de malheur, ils semblent s’être résignés à la réalité qu’il n’y a plus rien à faire. Ils ont donc fini par abdiquer.   Sachant à quel type de satrape  ils ont affaire, ils ont fini par se faire une religion : Brazzaville n’est pas Ouagadougou et Sassou Nguesso n’est pas Blaise Compaoré. Car, si Blaise Compaoré a renoncé à tenter la solution du pire quand le pouvoir avait pratiquement  achevé de lui filer entre les doigts et que les carottes étaient quasiment cramées pour son pouvoir, les Congolais savent que vous, au contraire, êtes prêt à tout, y compris à enjamber leurs cadavres pour  rester le chef incontesté.   

Le colonel Marcel Ntsourou mort  récemment et de façon mystérieuse en détention

 A ceux   donc qui disent que vous ne supportez ni ne souffrez la contestation, il est difficile de ne pas leur donner raison. Du reste,  quel sort réservez-vous  à ceux qui osent s’affranchir de votre  tutelle et se dresser sur votre chemin ? Beaucoup l’ont payé de leur vie. A l’instar de votre ex-bras droit,  le colonel Marcel Ntsourou, mort  récemment et de façon mystérieuse en détention, certainement parce qu’il fallait à tout prix le faire taire à jamais ; lui qui en savait un peu trop sur vous.  Quid de l’un de ses avocats, aujourd’hui en prison, qui  devrait  avoir de sérieuses raisons de craindre pour sa vie ?  Comme lui, les plus chanceux croupissent en ce moment derrière les barreaux, à l’image du  général Jean-Marie Michel Mokoko dont les malheurs d’aujourd’hui ne sont pas étrangers à son rêve d’avoir voulu être calife à la place du calife. 

Vous vous souciez comme de vos vieilles godasses, de votre image à l’extérieur.

Et que dire de  Paulin Makaya, le leader de l’Union pour le Congo (UPC) qui, lui aussi,  a maille à partir avec la Justice du Congo ?  Tout se passe comme si, malgré les nombreuses critiques internationales, vous vous souciez comme de vos vieilles godasses, de votre image à l’extérieur. Bien entendu, vous et votre entourage ne manquerez jamais d’arguments pour accabler tous vos anciens collaborateurs, ceux qu’il faut tuer en les  accusant de rage.   Mais nul n’est dupe.   Tous ces anciens proches aujourd’hui en dissidence, doivent aujourd’hui leur calvaire à leur audace ou plutôt à ce que vous percevez aujourd’hui comme de l’ingratitude à votre égard !

Excellence Monsieur le président, quelle image renvoyez-vous au reste du monde ? Vous en souciez-vous seulement ? 

L’Afrique de l’Ouest continue à faire des progrès énormes en matière de démocratie et d’alternance, à l’exception toutefois du Togo

On dit des dirigeants d’Afrique centrale  qui passent pour être les « Toto » de la démocratie sur le continent noir, qu’ils ne se rassasient jamais de pouvoir, et par conséquent, ils abhorrent l’alternance démocratique.  Et il faut craindre qu’il en soit ainsi, pour longtemps encore, alors que, pendant ce temps,  l’Afrique de l’Ouest continue à faire des progrès énormes en matière de démocratie et d’alternance à l’exception toutefois du Togo dont la Constitution  a servi sur un plateau d’or, le caviar de la non-limitation des mandats au bénéfice de  Faure Gnassingbé qui a toute la latitude de renouveler ad vitam aeternam son bail au palais de Lomé II.   

Excellence  Monsieur le président, quand consentirez-vous enfin à passer la main pour ne pas donner l’impression que ce qui est  bon, ne doit l’être que pour vous et votre clan ?  J’ai suivi un documentaire datant des années 80, dans lequel vous vous affichiez fièrement aux côtés du président Thomas Sankara en visite officielle chez vous à Pointe-Noire. Le jeune président  burkinabè brillait de mille feux au point qu’il paraissait avantageux, pour vous, de montrer  à votre peuple que vous étiez en totale phase avec lui. Les dividendes politiques étaient énormes. De ces années à ce jour, convenez qu’il y a toute une éternité ! Toute une génération n’aura connu que vous, comme président.  Bien sûr, vos partisans et autres Raspoutine ne manqueront pas de rétorquer que vous n’êtes pas le seul à avoir passé tant d’années au pouvoir. Car, après tout, vous ne détenez pas la palme  en matière de longévité au pouvoir en Afrique, à côté des présidents Paul Biya, Dos Santos, Mugabe,  Obiang Nguéma et autres.  

Vous êtes toujours prêt à resservir  l’argument spécieux, comme vous l’aviez dans le temps souligné, que même en Allemagne, il n’y a pas de limitation de mandats. Sauf que  ce pitoyable mémoire en défense cache bien mal une réalité sordide : le peuple congolais est sous votre férule, contrairement au peuple allemand totalement libre de choisir ses dirigeants. Et la chape  de plomb qui n’en finit pas d’étouffer le peuple congolais,  a quelque chose de  moralement abject. Votre comportement peut être expliqué par le fait que vous n’êtes pas un homme tranquille.    Car,  on peut imaginer qu’un éventuel après-pouvoir, pour vous, sonnerait le début de tous vos malheurs. En un mot comme en mille, à l’idée de penser à une vie en dehors du pouvoir,  vous en êtes malade ; une épouvante s’il en est ! Surtout que vos placards pourraient  crouler sous le poids de vos nombreux cadavres, compte tenu des nombreuses affaires d’Etat auxquelles vous pourriez être associé, dont « les disparus du  Beach », l’explosion du dépôt d’armes de Mpila et j’en passe. On peut donc imaginer que vous ne voulez pas prendre le risque de vous exposer ; de vous lever de la dalle sur laquelle vous êtes assis et sous laquelle vous cachez bien des dossiers  ténébreux de la République !

 Excellence Monsieur le président,  le peuple congolais doit-il, pour autant, payer pour vos fautes ?  N’y a-t-il pas lieu, pour vous, d’assumer avec courage votre passé ? Sans doute en désespoir de cause, ce peuple attend-il à présent que Dame nature fasse son oeuvre pour résoudre « le problème Sassou ».  Et l’on présume que c’est même votre souhait ;  la mort deviendrait  alors une bienheureuse transition entre votre pouvoir et le voyage sans retour, loin des tracas de la vie terrestre ; un scénario qui ne serait pas sans avantage pour vous : ne pas avoir à rendre des comptes et mieux, bénéficier de funérailles nationales et grandioses dignes de votre rang.  Mais à propos du Ciel, si vous y pensez encore – car certains de vos pairs en sont arrivés à penser qu’ils sont immortels - je me pose la question de savoir si vous êtes vraiment croyant. Et si oui, craignez-vous  Dieu ?  Je me permets d’en  douter. Car, au Congo, rien ne peut vous être refusé ; et dans cette posture de toute puissance,  bien des dirigeants en viennent à croire qu’ils sont Dieu incarné sur terre. Peut-être est-ce aussi votre cas.  En tout état de cause, à ceux qui vous font penser cela, opposez-leur l’évidente réalité que vous êtes bel et bien mortel. Et comme tel, aujourd’hui suffisamment avancé en âge, tout ce qui devrait paraître primordial à cet âge, devrait être de  rechercher le Ciel, après avoir tout eu sur  terre.  Cette lettre n’a nullement pour intention de monter votre peuple contre vous. Car,  après tout, c’est à lui de prendre ses responsabilités et nulle autre personne ne le fera à sa place.  Elle n’a pas non plus pour objectif de susciter des troubles à l’ordre public comme on l’entend couramment chez vous.  Elle vise seulement à souligner qu’il n’est peut-être pas tard pour vous ! Dieu a-t-il encore une place dans votre cœur ?  Si oui, il serait plus judicieux de faire comme l’enfant prodigue dans les Saintes Ecritures.

Par Cheick Beld’hor SIGUE

SOURCE : http://lepays.bf/lettre-ouverte-au-president-denis-sassou-nguesso-le-peuple-congolais-doit-il-payer-pour-vos-fautes/

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18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 06:50
 
A Pointe-Noire, le Directeur de la maison d'arrêt, Pierre PONGUI, a attenté à la vie de M. Modeste Boukadia, prisonnier d'opinion. Aujourd'hui, il fait des va-et-vient entre la prison et la clinique. Aujourd'hui, Marcel Ntsourou est mort en prison, suite à des nombreuses tortures... Que ceux qui ont placé Sassou à la tête du Congo et qui vivent de lui comprennent qu'un jour... la JUSTICE !
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AUJOURD'HUI MARCEL NTSOUROU EST MORT ASSASSINE DANS SA CELLULE, SOUS LA TORTURE.

 

Marcel Nrsourou à son procès Marcel Nrsourou à son procès

 

DEMAIN A QUI LE TOUR ?

MAIS, SOUVENONS-NOUS !

N’OUBLIONS JAMAIS !

 

DEVINETTES

Devinettes
 

 

SERMENT DE SASSOU NGUESSO OU PROMESSE ?

 

Serment ou promesse ? Serment ou promesse ?
 

 

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 10:16

« La colonisation a été un crime contre l’humanité », déclare Emmanuel MACRON

Les mains coupées de l’Etat indépendant du Congo

« La colonisation a été un crime contre l’humanité », déclare le candidat d’En Marche !, suscitant un tollé. Quelques éléments de rappel pour les oublieux.

On ne les comprend. M. Macron va en Algérie et y déclare – incroyable scandale ! – que la « colonisation a été un crime contre l’humanité ». Pour eux, c’est trop beau. Mme Le Pen, fille de l’OAS par son père, se retrouve sur un terrain qui plaira à sa base historique qui n’a toujours pas digéré les accords d’Evian. Elle peut lâcher ses aboyeurs : scandale ! Traître qui « tire dans le dos de la France », etc. Et M. Fillon, l’homme qui, en septembre dernier, affirmait sans rire que la France n’avait pas à rougir d' »avoir partagé sa culture aux peuples l’Afrique », trop content de trouver n’importe quoi qui lui permette d’échapper dix minutes aux questions sur sa femme, jugeles déclarations de son rival « indignes d’un candidat à la présidence de la République ».

On les comprend et on les remercie, car sans leurs ululements, on n’aurait sans doute prêté qu’une attention distraite aux propos effectivement prononcés par l’ancien ministre de l’Economie à Alger, et on aurait raté quelque chose. Face aux caméras de la télé privée « Echourouk news », M. Macron a-t-il bien déclaré que la colonisation était un « crime contre l’humanité » ? Oui, mais contrairement à ce que l’on voudrait faire croire, cette phrase s’inscrit dans un raisonnement dont on avoue bien volontiers qu’on le trouve d’une grande finesse et d’une grande exactitude.

Cela fait des décennies que la classe politique cherche à se dépatouiller du souvenir complexe de l’histoire coloniale. En moins de deux minutes, le jeune candidat nous indique avec brio la voie à suivre pour le faire. Oui, dit-il en substance, la colonisation a été une horreur, une « barbarie », un « crime contre l’humanité », mais il ne faut pas enlever à cet épisode sa complexité en refusant de voir qu’il a été fondé sur un projet qui a pris le masque de l’émancipation (c’est ce qu’il résume par l’élégante formule : « La France a apporté les droits de l’homme mais elle n’a pas su les lire ») et enfin, il faut réussir à dépasser enfin cette histoire pour sortir de la « culture de la culpabilisation sur laquelle on ne construit rien ». Reprenons l’un après l’autre chacun de ces trois points.

Oui, la colonisation a représenté une forme de « barbarie »

La colonisation, c’est-à-dire ce long phénomène historique qui voit l’Europe réussir progressivement, à partir du XVIe siècle (conquête de l’Amérique), à dominer, en trois siècles, la quasi totalité de la planète peut-elle être considérée, dans son ensemble comme un « crime contre l’humanité » ?

Sur un strict plan juridique, c’est difficile à affirmer de façon globale : le « crime contre l’humanité », tel qu’il est défini après la Seconde guerre mondiale au procès de Nuremberg, implique une volonté d’exterminer une population ou de l’asservir. Le projet général des puissances coloniales était de dominer et d’exploiter à leur profit, les pays colonisés, non pas d’éliminer leurs populations de la surface de la Terre, d’autant qu’elles pouvaient leur servir.

Il est clair néanmoins que l’histoire coloniale dans son ensemble est jalonnée d’épisodes qui méritent largement le qualificatif de barbares. Rappelons le bilan du moment inaugural de la colonisation européenne, la conquête des Amériques par les Espagnols : en un siècle, la population indienne chute d’environ 90% ! Cet effondrement est dû au « choc microbien », bien sûr, aux maladies importées à leur corps défendant par les conquistadors, mais aussi à leurs pratiques : les Espagnols n’avaient d’autres projets pour les populations soumises que de les soumettre à l’esclavage. Nombre d’Indiens, ne pouvant y résister, en sont morts.

Citons encore deux pages atroces de la colonisation de l’Afrique, au XIXe siècle. Dans les années 1880, le roi des Belges Léopold II acquiert le Congo, un domaine d’une surface 80 fois supérieure à la Belgique, et il en laisse l’exploitation économique à des sociétés privées – dites « concessionnaires » – qui ont tout pouvoir pour contraindre les populations à procéder aux récoltes de l’ivoire, d’abord, puis du latex, pour faire le caoutchouc. Leur brutalité dépasse l’entendement. La méthode la plus classique utilisée par les agents de Léopold pour soumettre les villages consiste à couper les mains des récalcitrants.

Quelques photos montrent les membres coupés, dressés en pyramides. Au total, les massacres du Congo font des millions de victimes. Citons aussi la façon dont les Allemands, à partir de 1904, ont écrasé, dans leur colonie de Namibie, la révolte des Hereros : leur population passe, en quelques années de 80.000 à 15.000 individus.

  • Le sinistre exemple de l’Algérie

On dira que ces exemples ne concernent pas la colonisation française. C’est vrai. Faut-il pour autant en faire un modèle de vertu ? Ce serait oublier une réalité constante. La colonisation procède de la conquête et impose une domination. L’une et l’autre ne sont jamais allées sans la plus grande brutalité.

On pourrait prendre des exemples dans l’ensemble des colonies. De l’Indochine à l’Afrique Noire, de la Nouvelle Calédonie à Madagascar, aucune n’a échappé à ce sinistre lot. Restons en au seul exemple de l’Algérie. Toute l’histoire coloniale y est scandée, du début à la fin, par la violence.

Une décennie après la conquête, dans les années 1840, quand il faut « pacifier », le territoire, les généraux français mettent au point une technique particulière, utilisée au moins à trois reprises : alors que des villages entiers se sont réfugiés dans des grottes, on allume le feu devant. Ce sont les « enfumades ». En 1871, a lieu la « grande révolte kabyle », dernier sursaut pour chasser les occupants.

Massacre de Sétif et Guelma (Domaine public)

Les Français n’hésitent pas, pour repousser les populations, à brûler massivement leurs terres, qui seront par la suite données aux colons. Le 8 mai 1945, le jour même de la défaite du nazisme, à la suite du coup de feu tiré par un gendarme sur un enfant portant un drapeau algérien lors d’un défilé, des émeutes ont lieu à Sétif et Guelma, faisant une centaine de victimes européennes. La répression se déchaîne. L’armée s’en mêle. Les historiens les plus prudents parlent de milliers de morts parmi les musulmans. Moins de dix ans plus tard, commençait la guerre d’Algérie, avec son nouveau cortège d’horreur. Les épouvantables exactions commises par le FLN – qu’il ne faut évidemment pas oublier – et, du côté français, la généralisation de la torture et les bombardements de populations civiles.

Oui, la colonisation s’est parée du masque de la « civilisation »

La droite, il y a dix ans, voulait imposer aux manuels scolaires de rappeler les « effets positifs de la colonisation ». Elle montrait en cela qu’elle était restée très années 30. Elle vivait encore au temps des belles brochures  de l’Exposition coloniale qui vantait « l’œuvre accomplie par la France » en montrant des photos de magnifiques chemins de fer construits à travers la jungle africaine, et de généreux médecins vaccinant des petits Noirs dans les villages de brousse.

Il ne faut pas l’oublier en effet, le projet colonial s’est toujours pensé comme un projet bienfaisant. Au XVIe siècle, derrière la croix des évangélisateurs, on faisait le bien en apportant à des païens les lumières de la Vraie Foi. Au XIXe, au temps où l’Occident invente le « progrès », on faisait la même chose dans une version laïcisée : on apportait la civilisation à des peuples « en retard », on allait les aider à sortir de leur horrible sauvagerie.

C’est la philosophie résumée par Jules Ferry dans sa célèbre formule (1885) sur « les races supérieures » qui ont « le devoir de civiliser les races inférieures ». Il ne s’agit pas de déconsidérer ce propos avec nos yeux d’aujourd’hui. Bien des individus ont cru sincèrement à ce projet qu’ils considéraient comme humanitaire. D’innombrablesinstituteurs, fonctionnaires, médecins ont pris le chemin de l’école coloniale car ils croyaient sincèrement à cette mission civilisatrice. Les plus intelligents d’entre eux ont compris assez vite ce qu’elle recouvrait en réalité. Tout ce discours humanitaire n’était qu’une fausse barbe masquant la réalité d’une entreprise de soumission et d’exploitation qui, sur place, se cachait fort peu.

Ainsi par exemple, toute la colonisation de l’Afrique noire, entreprise à partir des années 1880, s’est faite, du côté de tous les Européens, Français, Belges, Anglais, etc. sur un prétexte répété sans cesse, dans toutes les conférences internationales, dans toute la littérature coloniale : lutter contre l’horrible esclavage toujours pratiqué là-bas. Sitôt la conquête faite, toutes les puissances coloniales mettent en place le système du travail forcé : pour « aider » à doter ces pays d’infrastructures qu’ils n’avaient jamais demandées et qui servirent essentiellement à piller plus facilement les ressources locales, les nouveaux maîtres imposent aux populations de donner des jours ou des semaines de corvées.

Nombreux sont ceux qui tentent d’y échapper et s’enfuient. Partout les autorités recourent à des techniques pour les faire revenir, comme de prendre en otage les familles. Nombreux sont ceux qui se soumettent, et ne reviennent jamais. Les travaux exigés sont harassants. La construction du chemin de fer « Congo océan », qui a lieu dans les années 1920, a coûté, dit on, « un homme par traverse ». Lire l’intégralité de l’article…

 

Par François Reynaert

Journaliste

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