Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : LA LETTRE DU CONGO-MFOA
  • LA LETTRE DU CONGO-MFOA
  • : Blog contre la corruption, la cupidité, l'avidité et la concussion (C.A.C.) au Congo-Brazzaville
  • Contact

Divers

Recherche

19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 21:44

 

LA CIGALE SASSOU ET LAGARDE (rigolons un peu !)

-------------------------------------------

 

19/03/2017 19:23:22: Dr Moka: Un jour si je croise l'abbé Fulbert Youlou, je lui dirai qu'il avait raison en disant : un jour vous applaudirez les fous, vous allez vendre le manioc en morceaux..." car aujourd'hui même deux ndzénga ne suffisent plus à un enfant de 4 ans

Un jour si je croise Alphonse Massamba Débat, je lui dirai que les infrastructures, les bâtiments publiques, les écoles...qu'ils avaient laissés n'existent plus que de nom, faute d'entretien.

Un jour si je croise Marien Ngouabi, je lui dirai que son slogan de : "Tout pour le peuple, rien que pour le peuple" n'est plus qu'un lointain souvenir car actuellement rien n'est pour le peuple à part la souffrance.

Un jour si je croise Joachim Yombi Opango, je lui rappèlerai ses paroles: "vivre durement aujourd'hui pour mieux vivre demain" ou encore " il ne faut pas rater le début"...mais les congolais vivent déjà durement et attendent toujours que demain arrive pourtant on n'a pas raté totalement le début.

Un jour si je croise Augustin Poignet, Alfred Raoul, Jean-Pierre Tchistère Tchikaya, André Milongo, je leur dirai au moins ils ont goûté au pouvoir, en dirigeant le pays pendant très peu de temps, car aujourd'hui tout le monde ou presque veut être président.

Un jour si je croise Sassou Ngesso, je lui dirai que les congolais attendent toujours l'autosuffisance alimentaire d'ici l'an 2000 qu'il avait promise car les aliments ne font qu'augmenter. Je lui demanderai aussi si après avoir dit" J'assume" à la fin de la conférence nationale, il s'était lavé les mains avec l'eau du robinet ou avec du champagne? Car les robinets sont toujours secs, l'eau à boire est presque un luxe, heureusement qu'il y a l'eau des pluies

Un jour si je croise Pascal Lissouba, je lui dirai que les congolais attendent toujours que le pays devienne "une petite Suisse", on attend toujours que le caca de moutons soit transformé en goudron, ils attendent aussi d'avoir comme il avait dit " à Nkossa chacun aura sa part " car aujourd'hui, les Congolais attendent toujours..., à part les prédateurs du clan et leurs "amis".

La Cigale Sassou, ayant dansé
Pendant quarante années,
Se trouva fort dépourvue
Quand la crise fut venue.
Pas un seul petit tonneau
De pétrole ou de milliard d’euros.
Elle alla crier famine
Chez Lagarde sa voisine,
La priant de lui dresser
Quelque plan de sauvetage pour résister
Jusqu’aux élections nouvelles.
Je vous paierai, lui dit-elle,
Avant l’août (2), foi d’animal,
Intérêt et principal.
Lagarde bonne prêteuse ;
C’est là son moindre défaut.
Que faisiez-vous quand le baril était haut ?
Dit-elle à cette emprunteuse.
Nuit et jour à tout venant
Je dépensais, ne vous déplaise.
Vous dépensiez ? j’en suis fort aise :
Et bien ! effaçons vos dettes maintenant.

Parodie de la fable de La Fontaine ( La cigale et la fourmi)

Par Rigobert Ossebi 

**************************************************

SASSOU ZOBA !

Un médecin sénégalais a déclaré: «Au Sénégal, la médecine est si avancée que nous avons coupé le foie d’un homme et l’avons mis sur un autre homme, et en six semaines, il cherche du travail.

Le médecin Camerounais  dit: «Ce n’est rien, Au Cameroun , nous prenons une partie d’un cerveau, le mettons dans un autre homme, et en 4 semaines, il cherche du travail.

Le médecin Égyptien dit: «Messieurs, nous prenons un demi-cœur d’un homme, le mettons dans la poitrine d’un autre, et en 2 semaines, il cherche du travail.

Le docteur Congolais rit et dit: «Vous êtes tous derrière nous … Il y a plus de 25 ans au Congo, nous avons pris un homme sans cerveau, sans cœur, sans foi, et fait de lui le président.

Maintenant, tout le pays cherche du travail !

Diffusé le 19 mars 2017, par www.congo-liberty.com

Repost 0
19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 18:30

Par Rigobert OSSEBI

Fonds bleu Duc de Kent – Jean Yves Ollivier Faure Eyadema

Ceux qui s’intéressent à notre pays, ou s’inquiètent pour leur famille, savent bien qu’une crise profonde sévit au Congo. Même si, systématiquement, tout ce qui l’agite réellement n’est pas révélé par les grands médias internationaux ou dénoncé par de grandes institutions ; les crimes de toutes sortes s’y confondent dans l’impunité la plus totale. Rien ou si peu n’échappe à la noirceur du tableau !

Des scandales financiers, se chiffrant en centaines de millions d’Euros, sont révélés quasiment tous les jours et il faudrait un temps infini pour aller au fond de chaque dossier. Signe des temps ou succès à mettre au crédit de nos lanceurs d’alertes : Willy Nguesso, persona non grata au Canada, vient d’être mis en examen par le Parquet de Paris pour « blanchiment de détournements de fonds publics ». Depuis 1998, au travers de sa société SOCOTRAM, il rackette, très officiellement, tout transport aérien ou maritime par une taxation des marchandises, à l’export ou à l’import, dont le pétrole. C’est un merveilleux signal qui vient d’être adressé à tout un clan de prédateurs qui se croyait intouchable ! Et ce n’est que justice que Willy soit le premier ciblé, car il fut également le tout premier grand bénéficiaire de la débauche financière du Congo. En presque 20 années, c’est aisément un total de plus de 500 millions de dollars (+/- 300 milliards de FCFA) qui a été soutiré au travers de son système de taxation incontournable.

En attendant qu’un grand ménage puisse se faire, dans un pays qui a été amené à la cessation de paiement du fait de la prédation des Nguesso, on ne peut qu’observer un Premier ministre, Clément Mouamba, très serein et confiant dans l’obtention d’un plan de sauvetage par le Fonds Monétaire International.

Pourrait-il contredire ce qui précède ? Il n’en a que faire ! Les habituels réseaux internationaux corrompus œuvrent, en coulisses, au secours scélérat. Afin que la pilule passe sans encombre, parce que seulement aider l’Etat voyou du Congo finirait par faire jaser, il a été décidé par les bons samaritains de la finance d’établir un plan de sauvetage régional : celui de la CEMAC et ainsi d’y noyer le requin, plutôt que le poisson, Denis Sassou Nguesso ! Tout ce beau monde marche de concert… Le dictateur congolais, corrupteur notoire, leur a déjà enseigné une belle partition à suivre afin de recevoir leur récompense. Hommes, femmes, politiques du monde entier se sont toujours pressés à sa Cour pour recevoir des bribes, des 30 milliards de dollars qu’il a détournés ces 20 dernières années, en échange de leur silence ; ou pour certains de leur complicité active… !

Dans des affaires comme l’effacement de la dette congolaise, la corruption a été massive. C’est une notoriété brazzavilloise du premier cercle des gens un peu avertis, que l’accès et l’obtention du programme PPTE ont été monnayés au prix fort. Certains ont appelé « rétro-charité » cet échange de bons procédés.

Un petit exemple de rétro-charité, fut lorsque le Représentant Résident du FMI au Sénégal, Alex Ségura, s’était fait pincer à l’aéroport CDG de Paris avec une mallette pleine de billets (au total l’équivalent de 133.000 euros), le 25 septembre 2009. Il avait été blanchi par le Conseil d’administration du FMI, en décembre de la même année, alors que Dominique Strauss Kahn s’apprêtait à faire un cadeau de 5 milliards de dollars à Sassou Nguesso ; avec pour conséquence une débauche économique et financière que cette mauvaise décision déclencha dans notre pays. La reconnaissance du kleptocrate-dictateur, et la rétro-charité sonnante et trébuchante, furent proportionnelle à sa très grande satisfaction. Son Neveu Edgar, Directeur du domaine présidentiel, affirmait même en 2009 à qui voulait l’entendre : « Vous ne pouvez pas imaginer à quel(s) niveau(x) cela se passe ! (Ndlr : la combine de l’effacement) ». Sûr qu’aujourd’hui, il brûle d’envie d’en dire de même !

Pour bien prouver que ce plan de sauvetage n’a pas lieu d’être et que Sassou Nguesso et sa clique ne manquent pas d’argent, Oyo, la nouvelle capitale congolaise, ces derniers jours a été au centre de trois manifestations majeures, totalement surréalistes, complètement déconnectées de la crise profonde à laquelle la population est confrontée :

  • la présentation du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo guidée par le même sulfureux mécène de l’orchestre de Madame Valls,
  • l’inauguration de l’hôpital général d’Oyo (alors que dans le reste du pays les structures hospitalières sont exsangues financièrement et que la plupart des personnels y sont en grève)
  • le Musée de N’Gol’Odoua dédié au KIebe-Kiebe avec une réelle destination comme toujours obscure…parrainée par Jean Paul Pigasse. Une exhibition indécente « au cœur de la végétation pour faire entrer les sculptures Kiebe-Kiebe dans l’histoire de l’humanité» alors que la jeunesse congolaise s’entasse par plus de cent élèves dans des classes sans banc. Humanité très sélective des cautions morales du régime de Brazzavole…

Pour s’y presser, des invités du monde entier sont venus en avions privés, payés pour la plupart par la kleptocratie présidentielle. Il y en avait une multitude sur le tarmac de l’aéroport international et quasiment privé de Denis Sassou Nguesso à Ollombo. Pour couvrir ces évènements  la presse étrangère (Africa24, Les Echos, Paris Match, Jeune Afrique, Forbes Afrique, Télé Congo, Vox Africa, Africa Numéro 1, Canal 2) a été conviée. Elle a été traitée  aux petits oignons pour sa plongée dans les profondeurs de l’Afrique : vols aller-retour en jet-privé et séjour au Palace 5 étoiles de l’Alima, dans cette partie du Congo aseptisée pour l’occasion ; loin des tueries du Pool et des bombardements des populations civiles. Du bon temps assurément, Oyo ne souffre d’aucune pénurie et ne manque ni de caviar, ni de champagne millésimé ; même le Whisky, qui y est servi, est garanti hors d’âge… !

Quant à la Cour habituelle et personnelle du tyran de la Cuvette, elle était presque au complet. Christine Ockrent pour une fois absente, mais Madame et Monsieur Richard Attias, Yamina Benguigui (comme toujours) avaient répondu « présent ». Faure Eyadema n’aurait raté pour rien au monde ce déplacement. Michel Roussin représentait le Groupe Bolloré pour accompagner le dictateur dans sa distraction favorite, le gaspillage de la richesse nationale. En hôte de marque exceptionnel, et au centre de toutes les attentions, se distinguait  le Duc de Kent, cousin de la Reine Elisabeth II, qui est aujourd’hui (et depuis 45 ans, la plus longue période de l’histoire), le Grand Maître de la Grande Loge Unie d’Angleterre. Sur le plan international, il est, on peut le dire,  le pape de la Franc-maçonnerie. Curieusement, il a effectué cette visite au pandémonium d’Oyo au moment même où le Pape François renonçait à se rendre à Kinshasa et à Brazzaville.

fonds bleu Attias Richard Cecilia

La Fondation Brazzaville parrainait l’évènement du Fonds Bleu toujours dans sa logique, par tous moyens, de soutien inconditionnel à la dictature congolaise ; Denis Sassou Nguesso qui n’a pas su gérer le pétrole congolais, ni la santé de ses citoyens, ni l’avenir de sa jeunesse, veut apparaître comme le sauveur de l’Afrique Centrale et de son environnement. C’est un peu vite oublier que, depuis le retour sanglant du dictateur, la production forestière, presque entièrement dans les seules mains de sa famille, est passée de 500.000m3 par an à plus de 2,5 millions m3, sans compter les coupes clandestines.

Ce Fonds Bleu, comme tous les autres fonds ou structures gérés par Sassou Nguesso, est condamné à la faillite. Ce ne sera certes pas un handicap pour accéder à un plan de sauvetage par le FMI, qui au prétexte de vouloir aider la CEMAC, sauvera la tyrannie congolaise sans avoir exigé la moindre contrepartie de transparence de gestion ou d’avancée démocratique. Les prisonniers politiques et le véritable vainqueur de la dernière élection présidentielle peuvent bien rester en prison. Les boucheries humaines et abus contre les Droits de l’Homme, récemment dénoncés par le Département d’Etat à Washington, pourront se poursuivre… Grâce à la très trop généreuse bénédiction financière du FMI et de Madame Lagarde.

Un véritable Etat de Droit, demain à la tête du Congo, ne se privera pas d’imposer ses arguments juridiques ou autres au FMI et à son actuelle General Manager, avec toutes ses conséquences pour les uns et pour les autres… !

Rigobert OSSEBI

(Extrait de liberty.com)

------------------------------------------------

NOTRE COMMENTAIRE :

Le pays est au bord du gouffre pour cause de banqueroute, voilà que les cigales du Congo qui ne tirent aucune leçon de leur goinfrerie, n'arrêtent pas d'organiser des "bamboula" avec tous les truands et escrocs bien connus... Dans le même temps, le FMI prépare des potions amères pour les populations congolaises, comme dans les années 1980...

Repost 0
15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 20:57

 

A l’occasion du quarantième (40ième) anniversaire de l’assassinat de Monseigneur Emile BIAYENDA, le kongologue Rudy MBEMBA-DYA-BÔ-BENAZO-MBANZULU, de par la publication de son ouvrage aux éditions les Impliqués-L’Harmattan, nous invite une fois de plus, à la découverte de ce vénéré Cardinal qui a été non seulement un bon pasteur mais également un excellent passeur spirituel.

« Le testament socio-institutionnel du cardinal Emile BIAYENDA : le sacre du Mpfumu Mpu ou du chef à couvre tête », tel est en effet le titre du remarquable ouvrage de notre kongologue avisé. L’originalité dudit ouvrage, porte non seulement sur la réflexion du Cardinal BIAYENDA mais également et surtout sur sa conviction aux termes de laquelle :

« Les coutumes révèlent l’âme profonde d’un peuple. La connaissance profonde d’un peuple permet de l’aiguiller, de discipliner ses instincts, de tenir compte de ce qu’il est, de ce qui constitue sa note individuante : ce qui le caractérise et le distingue des autres. »

Ainsi, l’étude de l’élection du Mpfumu Mpu, chez les KOÔNGO, par le Cardinal Emile BIAYENDA, apparaît, selon Rudy MBEMBA-DYA-BÔ-BENAZO-MBANZULU, comme une manière voire une sorte d’invitation au voyage, pourrait-on dire, de la société Congolaise vers sa propre histoire pour mieux penser ses institutions [ puisque au terme de la réflexion du cardinal BIAYENDA, l’on est tenté de dire qu’avec lui les PENSEES SE PENSENT POUR MIEUX PANSER LES PLAIES DES HOMMES POUR ALLER, AU FINAL VERS UN MEILLEUR VIVRE ENSEMBLE QUI N’EST POSSIBLE QUE DANS LA CONSTRUCTION DE L’HARMONIE, EN L’OCCURRENCE DE L’HARMONIE SOCIO-INSTITUTIONNELLE ] et pour aboutir à une gouvernance paisible et raisonnable et qui, par voie de conséquence contribuerait à l’épanouissement de l’être ou du MUUNTU dans tous les aspects de son existence.

Ntu buzitu, Mpu buzitu, selon un adage KOÔNGO, autrement dit, le respect et le rayonnement de la couronne dépendent intimement de la personnalité et de la sagesse de l’être qui en est investi. C’est aussi le message que l’auteur entend véhiculer au travers des mots limpides qui gouvernent tout son propos.

D’après la réflexion du cardinal BIAYENDA, telle qu’elle ressort de l’ouvrage de Rudy MBEMBA-DYA-BÔ-BENAZO-MBANZULU, la tenue de l’élection d’un chef KOÔNGO, le Mpfumu Mpu, les critères qui conduisent au choix des prétendants sont une leçon à retenir pour le Congo-Brazzaville, aux fins de mieux préparer son présent ou son avenir.

Comme le souligne parfaitement bien le préfacier du nouveau livre de Rudy MBEMBA-DYA-BÔ-BENAZO-MBANZULU, le professeur Henri Louis CANAL,

« Le vénérable Abbé Emile BIAYENDA est l’un de ces êtres exceptionnels souvent appelés guides de lumière ou tout simplement Sages, Philosophes, Inconnus…, Adeptes du lignage du Primordial… Leur Réminiscence est claire. Celles ou ceux qui savent se Souvenir loin, des Réminiscents, sont plus aptes à construire l’avenir d’ici ou d’ailleurs avec pertinence et durée que les savants habituels. Ils sont la Confiance même du Chemin harmonieux qui, tout en étant là, se trouve en communication cosmique du seul fini. » P .18

Visionnaire à l’instar d’un prophète des temps sans fin ou d’un véritable NGUNZA, le Cardinal était certainement un adepte  d’union harmonieuse entre l’invention et la sagesse en matière institutionnelle qui, au final aurait dégagé un système de gouvernance au Congo qui lui serait propre, original, fortement équilibriste, de nature à faire participer toutes les forces vives de la Nation Congolaise à son développement.

Je recommande vivement la lecture de cet ouvrage qui nous présente une fois de plus un Cardinal Emile BIAYENDA comme un grand intellectuel avisé et très soucieux du devenir de son pays, le Congo-Brazzaville, pour lequel d’ailleurs, il n’a pas hésité à donner de son sang pour le préserver des divisions, des guerres fratricides ou des maux qui font mal et dont les cicatrices restent éternellement indélébiles. Je m’adresserai spécialement à tous les acteurs sociaux de la Société Congolaise qui, d’une manière ou d’une autre, cherchent à bâtir un meilleur vivre ensemble qui permettrait au MUUNTU, une expression si chère à Rudy MBEMBA-DYA-BÔ-BENAZO-MBANZULU de connaître une jouissance paisible de bonheur et de justice sociale.

ELIEZERE BAHADILA (Licenciée en psychologie)

Repost 0
15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 01:20

9 mars, 12:32 ·

« OUI MON MARI EST EN DANGER DE MORT ! »
Interview exclusive : Mme Boukadia Parle !

#Congointelligence #Congomedia1 #CongoBrazza

 

Mme Nadine Boukadia Mme Nadine Boukadia
Modeste Boukadia Modeste Boukadia
 
Âgé 62 ans, Modeste Boukadia, leader d’un petit parti d’opposition – le Cercle des Démocrates et Républicains du Congo (CDRC) – vit des heures difficiles. Condamné à 30 ans de travaux forcés, incarcéré depuis 15 mois, sa santé s’est considérablement dégradée à la maison d’arrêt de Pointe-Noire. Son épouse a reçu « Congo Intelligence » dans le cabinet de son avocate parisienne, maître Clamagirand, afin de faire un point précis de la situation sanitaire et judiciaire de son mari. Une certitude, après le décès de Marcel Tsourou, le cas Boukadia pose bien des questions sur le fonctionnement de la justice congolaise et aussi sur le peu d’intérêt porté par la France au sort de l’un… de ses concitoyens.

 

« OUI, MON MARI EST EN DANGER DE MORT »

Congo Intelligence : Quelles nouvelles avez-vous de votre mari ?
Mme Boukadia : Modeste est actuellement hospitalisé à la clinique Guénin de Pointe-Noire, c’est la clinique référente du consulat de France. Il y a passé de nombreux examens qui établissent que son état de santé est très inquiétant et que cela impose son transfert en France pour y être soigné. Il est clairement en danger.

CI : De quoi souffre-t-il exactement ?
Nadine Boukadia : Outre des douleurs lombaires suite à une agression dont il a été l’objet en prison, sa principale pathologie est d’ordre cardiaque et le certificat médical que je vous remets l’établit. Le diagnostic de la clinique est clair : « nombreuses extrasystoles ventriculaires et supra-ventriculaires ». Le compte-rendu médical du 2 janvier dernier souligne le risque d’une embolie pulmonaire ainsi que celui d’un arrêt cardiaque.

CI : Vous parlez d’une agression ? D’autres sources évoquent des actes de tortures ? Qu’en est-il précisément ?
Nadine Boukadia : De torture et d’une violente agression. Le 15 novembre 2016, à la suite d’un ordre réclamant la présence de mon mari dans une zone qui lui était interdite, il refusa de se présenter à Pierre Pongui, directeur de la maison d’arrêt et incidemment oncle du ministre de la Justice, Pierre Mabiala. Mon époux a été violement jeté à terre, menotté les mains dans le dos et jambes repliées. Son tronc a été écrasé par le poids des gardes. Son insuffisance cardiaque actuelle, une subite hypertension artérielle sévère et ses lombaires endommagées découlent de cette agression.

CI : Le ministre de la Justice Pierre Mabiala a publiquement indiqué qu’il allait s’informer de l’état de santé réel de Modeste Boukadia ?
Nadine Boukadia : Il y a ce que l’on déclare et ce que l’on fait. M. Mabiala a en effet demandé une expertise médicale. Il l’a eue. Comme elle ne lui plaisait pas, il en a demandé une autre.

CI : Votre mari est détenu et a été jugé pour des faits graves « atteinte à la sûreté de l’État ». N’est-il pas normal qu’il réponde de ses actes ? Qu’avez-vous à répondre à cela ?
Nadine Boukadia : Mon mari a été condamné à 30 ans de travaux forcés pour l’organisation en juin 2013 d’un meeting public. Il a été condamné sans en être informé officiellement par contumace le 7 avril 2014, c’est-à-dire hors de sa présence sans pouvoir présenter sa défense. Il est incarcéré depuis plus d’un an. Or, la loi congolaise est parfaitement claire. La contumace tombée, il doit impérativement être rejugé dans un délai de trois mois ou être remis en liberté. Il n’a pas été rejugé, il n’a pas été libéré. Le pouvoir ne souhaite pas qu’il y ait un procès tant le chef d’inculpation est ridicule. Pour ne prendre qu’un exemple, Modeste Boukadia a pris 30 ans, soi-disant pour une manifestation interdite. Je vous remets le document qui atteste que cette manifestation était parfaitement autorisée ! Le ministre de la Justice ne veut pas de procès car il ne veut pas s’exposer au ridicule. Il préfère bafouer la loi. C’est pourquoi je suis terriblement inquiète car pour en sortir, je comprends qu’un malheureux « accident de santé » est vite arrivé, et permettrait au pouvoir de s’extirper de la situation dans laquelle il s’est enferré.

CI : Vous parlez de ridicule, mais la justice dit qu’on a retrouvé des armes chez certains militants du parti politique dirigé par votre mari ?
Nadine Boukadia : Pas à ma connaissance, des cadres comme un médecin n’en ont pas. Mais ce sont les mêmes armes que l’on retrouve systématiquement chez tous les membres de l’opposition arrêtés, et ceci quelle que soit leur appartenance politique. De toute façon, Modeste Boukadia n’est pas concerné. Je vous rappelle que nous sommes arrivés de Paris, le 15 janvier 2016 par un vol régulier d’Air France. 2000 militaires nous attendaient à l’aéroport. Il a été aussitôt arrêté et envoyé à Pointe-Noire.

CI : Justement, votre mari est titulaire de la nationalité française. Que dit-on à Paris de la détention d’un citoyen français, illégale au regard même du droit congolais ?
Nadine Boukadia : Je vais essayer de vous répondre « diplomatiquement ». Disons que la France n’a pas d’amis, uniquement des intérêts. À Pointe-Noire, le consul a fait le job. J’ai écrit à M. François Hollande qui a fait suivre… J’ai rencontré l’ambassadeur qui m’a expliqué que mon mari n’était français « que depuis une dizaine d’années » ! (sic). Vous vous rendez compte !? Au demeurant, c’est faux, nous sommes mariés depuis 20 ans. Ce qui domine, c’est l’embarras, trop d’intérêts croisés. Cela me rend d’autant plus inquiète, tant je perçois qu’un décès « accidentel » arrangerait tant ces mêmes intérêts. Une précision, si la clinique Guenin est un excellent établissement au Congo, elle n’a pas les équipements adaptés pour le soigner. Par ailleurs, il y a l’aspect financier, pour le seul mois de février, j’ai dû débourser 7 200 euros pour la clinique. Que se passera-t-il quand je ne pourrai plus payer ?

CI : Votre mari était en France à l’abri de cette condamnation à 30 ans de prison. Pourquoi est-il donc venu se jeter délibérément dans la gueule du loup ?
Nadine Boukadia : Pour trois raisons. Par solidarité avec les 14 militants de son parti incarcérés. Et d’autre part, revoir sa mère, et il entendait se présenter à l’élection présidentielle.

CI : Modeste Boukadia est connu comme militant de la partition de la République du Congo. N’est-ce pas en soi une activité hautement séditieuse, porteuse en germe de la guerre civile ?
Nadine Boukadia : La partition est le soubassement pour fédérer les régions du Congo et avoir une Union de régions capables d’évoluer, pour le renouvèlement constructif du pays. Chaque région se développera dans la paix et la sérénité. La France a établi la régionalisation incluant Bretons, Basques, Corses, etc. et le tout valorise l’Hexagone. C’est le même principe. La France a su protéger son patrimoine multiculturel. Il en sera de même pour le Congo par cette partition.

SOURCE : https://blogs.mediapart.fr/jecmaus/blog/150317/france-congo-nadine-boukadia-oui-mon-mari-est-en-danger-de-mort

 

Repost 0
10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 10:33

Un fait judiciaire a failli passer inaperçu hier mardi 7 mars 2017 au Tribunal Correctionnel de Rouen à 13 h30. Un Congolais, David Bikouma, est passé en audience pour une affaire l’opposant à Mme Valls, épouse de l’ancien Premier ministre de François Hollande. Radio Normandie en a parlé dans son édition du soir. Verdict attendu le 25 avril 2017.

Le jeune Congolais s’est retrouvé au Tribunal pour avoir menacé au téléphone Anne Gravoin épouse de Manuel Valls.

Me Philippe Youlou, avocat au Barreau de Nice, sans être le conseil de David Bikouma, s’est intéressé à l’affaire par solidarité patriotique. « Je me suis entretenu avec ce compatriote dès que j’ai été informé de son cas. » s’est confié l’avocat à Congopage. Son avocat attitré Me Sylvie Glinel Morteuil du Barreau de Rouen a dû entendre les conseils que Me Youlou n’a pas manqué prodiguer au jeune congolais. « Dans la mesure où le numéro de téléphone de David Bikouma n’était pas masqué (ce qui est une bonne chose), le caractère délictueux du coup de fil n’est alors pas avéré  » a estimé Me Youlou. « La personne a appelé Mme Valls deux fois. La première fois, ce compatriote a eu un entretien de 15 secondes ; la deuxième fois le coup de fil a duré 16 secondes. Comment peut-on menacer quelqu’un de mort en 15 ou 16 secondes ? » s’est demandé l’avocat congolais. Le caractère de l’infraction de mort n’est pas fondé. Selon Me Youlou il n’y a pas délit. L’élément «  vouloir donner la mort » est totalement absent. Soyons clair, David Bikouma n’avait aucune intention de menacer Mme Valls de mort.
JPEG

Crise du Pool

Pour quelles raisons Mme Valls s’est-elle permis de porter plainte alors que David Bikouma voulait parler de la situation du Pool à une personne (en l’occurrence Mme Valls) qui dit « aimer les Africains  ». Pire ; ce compatriote a perdu ses deux parents dans la crise qui sévit dans cette région au sud de Brazzaville. Amie du Congo qui donne des concerts pour « diffuser un message de paix  » (sic) Mme Valls peut influer auprès de Sassou-Nguesso afin que notre tyran national retienne son bras armé au moment de frapper les pauvres populations du Pool.
Voilà l’objet des deux brefs appels de David Bikouma. Pas de quoi en faire un foin.

Séance de nuit

A force d’avoir attendu, en vain, Mme Valls et son avocat, la séance au tribunal s’est déroulée de nuit (jusqu’à 20 h). Pourquoi porter plainte sans se constituer partie civile, ne serait-ce que pour demander des dommages et intérêts, à titre symbolique 1 euro ! Peut-être que l’artiste ayant joué avec Johny Halliday était en tournée quelque part en Afrique avec son orchestre philarmonique dont elle est…premier violon.

Terrorisme

Une question a été posée au prévenu : « faisait-il partie d’une association terroriste visant à déstabiliser le pouvoir de Sassou ? » La perquisition au domicile du Congolais n’a pas donné grand-chose. Rien n’a été trouvé si ce n’est un article qu’était en train de rédiger le supposé terroriste. Comme nombre de Congolais anti-Sassou, David Bikouma est un intellectuel qui se livre à des réflexions littéraires, poétiques, parfois teintées de remarques politiques. Est-ce là un crime ?

Verdict

En définitive, le ministère public a requis 3 mois de Travail d’Intérêt Général. L’avocat de David Bikouma a demandé la relaxe. Autrement dit, le ministère public a minimisé la plainte en la ramenant à un travail d’intérêt général. Une manière de désavouer Mme Valls dont la partition qu’elle a voulu jouer est sillonnée de fausses notes. Cette musicienne ne doit pas avoir la conscience tranquille. Elle a pour mécène Denis Sassou-Nguesso qu’on ne pouvait pas pourtant soupçonner avoir du béguin pour la musique classique. Comme quoi on n’a pas fini de découvrir notre Khalife d’Oyo qu’on confinerait naturellement dans l’amour du ndombolo.

Soutiens

Les Indignés du 242 étaient présents ce mardi 7 mars à l’audience. David Bikouma a été également soutenu par l’association citoyenne de solidarité du Congo-Brazzaville (ACSCB). Il a été défendu par Me Sylvie Glinel-Morteuil du Barreau de Rouen et soutenu de loin par Me Philippe Youlou qui s’est dit prêt à le défendre sans honoraires. C’est cela aussi la contribution à la lutte de libération du Congo-Brazzaville.

Anne Gravoin

Qui est Anne Gravoin ? Voici ce qu’en disent Davis Le Bailly et Caroline Michel : « L’épouse du Premier ministre rêvait de jouer avec les plus grands musiciens. Un jour, un homme d’affaires providentiel lui a proposé de créer un orchestre classique dont elle aurait la direction artistique : l’Alma Chamber Orchestra. La violoniste n’a pas hésité et s’est retrouvée au cœur des réseaux de la Françafrique. » (Obs , publié le 30 mars 2016 )

Thierry Oko

SOURCE : http://www.congopage.com/Me-Philippe-Youlou-donne-son-sentiment-sur-le-proces-de-David-Bikouma

Repost 0
8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 13:49
 
(CONGO-BRAZZAVILLE) DROIT DE REPONSE SUITE A LA DECLARATION DE M. PIERRE MABIALA RELATIVE A L’ETAT DE SANTE DE M. MODESTE BOUKADIA, DETENU DEPUIS LE 15 JANVIER 2016, SANS JUGEMENT...
--------------------------------------------------------

 

DROIT DE REPONSE

SUITE A LA DECLARATION DE M. PIERRE MABIALA

RELATIVE A L’ETAT DE SANTE DE M. MODESTE BOUKADIA

1) - Dans sa déclaration à RFI, en date du 05/03/2017, concernant l’état de santé de M. Modeste BOUKADIA, incarcéré illégalement et illégitimement à la maison d’arrêt de Pointe-Noire, M. Pierre MABIALA, ministre de la justice et des droits humains du régime de M. Sassou Nguesso, a dit attendre une contre-expertise médicale avant de statuer et que le Congo a de bons hôpitaux (sic).

2) - S’agissant du passage à tabac et de la tentative d’assassinat dont M. Modeste BOUKADIA a été l’objet de la part de M. Pierre Pongui, directeur de la maison d’arrêt de Pointe-Noire et ses agents, M. Pierre MABIALA déclare qu’ « on n’enquête pas sur du néant » et que ces allégations seraient donc des « mensonges » (sic).

Au regard de la désinvolture de M. MABIALA qui se moque des citoyens Congolais embastillés dans des conditions inhumaines dans des établissements qui relèvent de sa juridiction où ils sont quotidiennement battus, torturés et ensuite privés de soins au cours de leur séjour carcéral, l’Association UNION-CONGO fait remarquer :

-          M. MABIALA ne veut pas ouvrir une enquête sur les sévices subis par M. Modeste BOUKADIA, mais il veut une contre-expertise sur son état de santé parce que nous exigeons que M. BOUKADIA soit soigné hors du Congo. Pourquoi faire une contre-expertise sur du néant ? M. MABIALA se contredit.

-          Si vous voulez mourir plus tôt que prévu, il suffit simplement d’aller dans les hôpitaux du Congo. La grève du personnel de l’hôpital A. Cissé de Pointe-Noire est un exemple palpable.

-          Pourquoi l’oncle de M. Pierre MABIALA, Pierre Pongui, ci-devant directeur de la maison d’arrêt de Pointe-Noire, va-t-il suivre ses traitements en France, puisqu’il y a de bons hôpitaux au Congo ?

-           M. Pierre MABIALA peut-il expliquer pourquoi tous les jours y a-t-il des cohortes d’évacués sanitaires, membres du pouvoir, qui vont se faire soigner en Europe, notamment en France ou en Espagne ?

-          Pourquoi Mme Antoinette Sassou n’est-elle pas soignée dans un hôpital du Congo, voire dans celui d’OYO ?

-          L’Association Union-Congo, en accord avec d’autres Associations du Congo, s’adressera au Ministère français de la Santé pour lui demander de publier la liste des ressortissants Congolais évacués sanitaires soignés en France. Elle mènera la même démarche auprès de l’Union Européenne. Le peuple Congolais a le droit de savoir.

-          M. MABIALA considère que la détérioration de l’état de santé de M. BOUKADIA est un prétexte. Pourquoi ces centaines de morts dans les prisons, les Commissariats et postes de police (Cf. Rapport 2016-2017 de la FIDH, pp. 155-157 ; Rapport 2015 AMNESTY INTERNATIONAL ; Rapport 2017 du CIAN, p. 92 MOCI 12/2016, sur le climat des affaires ; Rapports 2016 de l’OCDH) ?

-          M. Pierre MABIALA déclare que le passage à tabac de M. Modeste BOUKADIA est un mensonge. Le directeur de la maison d’arrêt de Pointe-Noire, M. Pierre PONGUI, est l’oncle du ministre de la justice et des droits humain, M. Pierre MABIALA, lui-même. On comprend qu’il ne peut que protéger son oncle auquel il a donné les ordres de liquider physiquement l’opposant Modeste BOUKADIA, ancien candidat à l’élection présidentielle en 2009. Comme pour les Disparus du Beach qui se seraient suicidés tous seuls, M. MABIALA voudrait-il dire que M. Modeste BOUKADIA se serait tabassé tout seul ?

Quant à l’évacuation sanitaire de M. BOUKADIA, aux dernières nouvelles, c’est M. MABIALA lui-même qui s’opposerait à l‘évacuation de Modeste BOUKADIA, en représailles à la plainte portée contre « X » sur cette nette et abominable agression physique subie par M. Modeste BOUKADIA.

Et ce qui est pathétique et indigne, malgré ce qui précède, c’est de voir des pays comme la France décorer des criminels de la Légion d’Honneur !

Enfin, l’Association UNION-CONGO, en accord avec d’autres association du Congo, s’adressera à l’OMS, au PNUD, l’UNICEF, l’U.E., l’U.A., l’UNESCO et l’ONU pour leur demander de nommer des Commissions d’enquête internationale sur les systèmes carcéral, éducatif et de santé en République du Congo, pour établir la vérité sur la gouvernance de M. Sassou et son clan depuis 1977, à laquelle contribue M. Pierre MABIALA.

Paris, le 08 mars 2017 

Jean-Claude MAYIMA-MBEMBA

Président de l’Association UNION-CONGO

 

LARGE DIFFUSION

 
Repost 0
8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 11:39

Sony Labou Tansi et Dieudonné Niangouna

Frères de scène et de combat

par Marina Da Silva, 7 mars 2017

Le Monde diplomatique

Frères de scène et de combat

 

JPEG - 129.3 ko

Toutes les photos du billet sont de Christophe Raynaud de Lage

Le premier est un immense écrivain congolais né en 1947 à Kinwanza (Zaïre) et mort le 14 juin 1995 au Congo-Brazzaville à l’âge de 47 ans. Poète et aussi dramaturge, metteur en scène et fondateur du Rocado Zulu Théâtre, Sony Labou Tansi laisse une œuvre forte et flamboyante : six romans, une quinzaine de pièces et des poèmes à l’infini dont le fil rouge est la révolte et l’engagement. Contemporain de son aîné Aimé Césaire dont il disait qu’il lui avait emprunté « trois petites choses qu’il aura été grandiosement : c’est-à-dire un poète, un penseur et un homme », on ne peut que s’étonner du manque de reconnaissance que son œuvre, de la veine de celle de Césaire, eut de son vivant, une grande partie n’ayant été éditée qu’après sa mort. Sa notoriété n’a pris vraiment son envol que depuis quelques années, notamment grâce à la découverte récente de plusieurs manuscrits, dont certains ont été publiés en 2015 comme Encre, sueur, salive et sang, dans une édition établie et présentée par Greta Rodriguez-Antoniotti, au Seuil.

Lire aussi Boubacar Boris Diop, « Qui a peur du wolof ? », Le Monde diplomatique, mars 2017. Le second, Dieudonné Niangouna, est également auteur et poète, acteur et metteur en scène, directeur du festival international de théâtre de Mantsina-sur-scène à Brazzaville, où il est né en 1976, et a grandi au milieu des guerres qui ont ravagé son pays tout au long des années 1990. Avec son frère Criss, il a crée sa compagnie Les Bruits de la Rue pour ancrer son théâtre dans le monde qui les entoure, les rues de leur ville, et faire naître une écriture et une esthétique nouvelles. Il a mis ses pas dans ceux de Sony en lui disant « : t’inquiète, mon vieux, je fais mon œuvre mais je termine la tienne ». C’est le prélude de la pièce Antoine m’a vendu son destin/ Sony chez les chiens que l’on peut voir jusqu’au 18 mars au Théâtre de la Colline.

LIRE LA SUITE (cliquer sur le lien) : http://blog.mondediplo.net/2017-03-07-Freres-de-scene-et-de-combat

Repost 0
8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 09:12

 

By Elsa Buchanan

Congo Brazzaville violence

Residents of the southern districts of Brazzaville flee clashes between Congolese security forces and unknown assailants on 4 April 2016, following an official announcement that President Denis Sassou NGuesso had been re-electedStringer/AFP/Getty

As all eyes are turned to the vast Democratic Republic of Congo which is today facing a pivotal moment, neighbouring resource-rich Congo-Brazzaville's ongoing deadly political crisis seems forgotten.

Formerly named the French Congo after 1882, modern-day Congo-Brazzaville (or Republic of the Congo) was rocked by a significant outbreak of violence on 4 April 2016 on the day the Constitutional Court published final election results showing President Denis Sassou-Nguesso had won a hotly contested March presidential poll after he amended the constitution to remove presidential term limits.

More from IBTimes UK

Why advertise with us

"To normalise the situation, Sassou Nguesso started arresting the main opposition leaders, whom he deemed most dangerous, including Paulin Makaya, Gerenal Mokoko and his collaborators, but he realised this wouldn't be enough when he faced another form of resistance, this time para-military, organised by Pastor Ntumi in the Pool region," Andréa Ngombet, a young Congolese activist now living in Paris, exclusively told IBTimes UK. "So, he did what he knows how to do best: repression."

While the former French colony of four million rarely captures global attention, the Congolese opposition and several rights groups claim hundreds of civilians may have been killed and thousands more displaced in security operations carried out by Sassou Nguesso's government, including in Pool, the south-eastern region of Congo-Brazzaville.

The Pool, which the authorities describe as "terrorist command centres", is home to former rebel leader, Pastor Frederic Ntumi, whose suspected former rebels known as the 'Ninjas' are blamed for post-electoral fighting. The Ninjas signed agreements with the government to stop fighting in 2003, after wars and insurgencies dating back to the 1990s.

Map of Congo-BrazzavilleIBTimes UK

Now, the United Nation's Refugee Agency even talks of more than 13,000 displaced. With nowhere to go, they were forced into the forests. Now, with the rainy season they find themselves in an extremely precarious situation, with little water and food provisions running out.

The displaced told the UNHCR 50% of houses in some targeted villages were burned and they were scared to return. These war refugees now face famine and related conditions including acute malnutrition.

From August, the crisis took an international dimension, after an attack on the Congolese embassy in Paris, France, following which Sassou Nguesso allegedly looked for culprits.

André Okombi Salissa, another unsuccessful presidential candidate went into hiding, but members of his family and close associates have been arrested, including Augustin Kala Kala who was allegedly kidnapped on 29 September before he was found, almost tortured to death, in critical condition on 13 October on the doorstep of Brazzaville's morgue. Roland Gambou, Okombi Salissa's brother, died earlier this month following violent treatment in prison.

Makaya was sentenced to 24 months in prison and fined FCFA2.5m (£3,260, $4,005) in July this year for having organised and participated in a demonstration against the October constitutional referendum — a reform which allowed Sassou Nguesso to run again for presidency. Authorities accused Makaya, leader of Unis pour le Congo (UPC) party, of "incitement to public unrest" after the protest turned violent. Makaya appeared before a court of appeal to challenge his sentence less than 10 days ago, on 21 December. His bail application was denied. Makaya's appeal hearing will resume on 17 January 2017.

Accurate numbers are difficult to come about, but the Observatoire Congolais des Droits de l'Homme (OCDH), a local rights organisation, estimates there currently are some 100 political prisoners.

Last month, two rights organisations including OCDH received the testimony of Jugal Mayangui, a junior police staff officer, who was also severely tortured and left for dead some eight days later. According to his family, Mayangui was suspected of colluding with Pastor Ntumi. Trésor Chardon Nzila, OCDH's director, later reported military officials, who he alleged tortured Mayangui, told him: "You, Bakongo, we will exterminate you."

Congo Brazzaville

Police officers search residents of the southern districts of Brazzaville fleeing clashes between Congolese security forces and unknown assailants on 4 April 2016STRINGER/AFP/Getty Images

What do world leaders say?

"Despite these horrific crimes, the Congolese crisis is taking hold and is being forgotten for financial reasons, due to international corruption," Ngombet explained, highlighting several recent scandals.

These include the Rota do Atlantico (Route de l'Atlantique, or Atlantic road) case of alleged corruption between former Portuguese football manager José Veiga — nicknamed 'Monsieur Afrique ' — and Congolese officials.

Revealed in the Panama Papers expose, the so-called Chironi scandal established a link between Philippe Chironi, a French citizen living in Switzerland and Congo's ruling family. French courts suspect Chironi "of having participated in laundering operations of the misappropriation of public funds for the benefit of the Sassou-Nguesso family" — estimated at tens of thousands of euros, according to Le Monde. The Congolese president has denied any wrongdoing.

"Considering the sums revealed in the Panama Papers, we are talking about such wide international corruption that we understand that it is difficult, for many (political) actors to speak, because they may or may not be closely linked to some of these cases," Ngombet added.

With tensions running high, France, Congo's principal foreign ally, is struggling to take a defined stand because of a number of economic interests in the oil-rich region. Activists have urged President Francois Hollande to stop France's alleged support to Sassou-Nguesso.

Despite earlier reports of a meeting between US President-elect Donald Trump and the embattled Congolese leader, Trump's spokeswoman Hope Hicks on 27 December confirmed no meeting would take place. This decision, Ngombet said, may be attributed to activists' calls for the US not to associate itself with the Congolese head of state.

In addition to this, the country, on the verge of bankruptcy is facing floods and a deepening economic crisis, due to lower oil prices — the country's main source of revenue. "We are facing harsher days ahead, because the economic crisis is hurting us hard," Ngombet said. "We are just hoping that, as eyes turn to Kinshasa (DRC's capital) on the other side of the Congo river, they will sooner or later take a real interest in our situation".

This article was first published on December 30, 2016

Related topics : DRC

LIRE LA SUITE : http://www.ibtimes.co.uk/congo-brazzaville-corruption-epicentre-africas-forgotten-deadly-crisis-1598658?utm_source=social&utm_medium=facebook&utm_campaign=%2Fcongo-brazzaville-corruption-epicentre-africas-forgotten-deadly-crisis-1598658

Repost 0
24 février 2017 5 24 /02 /février /2017 22:52
Sassou à la Hitler Sassou à la Hitler

Dans la lettre ouverte ci-dessous adressée au président congolais, Denis Sassou N’guesso, l’auteur lui demande d’arrêter de harceler ses opposants dont certains dans le meilleur des cas, croupissent en prison. D’autres, au pire des cas, sont tout simplement envoyés ad patres. C’est pourquoi l’auteur lui demande d’assumer avec courage son passé. Car, comme on aime à le dire, Sassou peut échapper à la justice des hommes mais pas à la justice immanente. Lisez !

Excellence Monsieur le président, votre pays est sous les feux de la rampe, ces derniers temps, et cette situation n’est pas étrangère à votre gouvernance. On le sait,  vous totalisez plus de trois décennies de pouvoir  à la tête du Congo Brazza.  Arrivé au sommet de l’Etat en 1979 par la force des armes plutôt que par celle des arguments, vous vous êtes ensuite mordu le doigt d’avoir permis une ouverture démocratique qui aura entraîné votre défaite  dans les urnes et provoqué l’arrivée du brillant généticien de son état, Pascal Lissouba.

Vous semblez vous être juré de ne plus jamais vous laisser avoir par le maudit jeu de la démocratie

Du fait de votre goût très prononcé du pouvoir,  vous avez vécu cela comme une humiliation. Par tous les moyens, il vous fallait reprendre votre « dû » et c’est ainsi que vous parviendrez à reconquérir le pouvoir par les canons en 1997, avec la complicité de la France  de  Jacques  Chirac. Depuis lors, vous ne  manifestez aucune intention de  faire valoir vos droits à la retraite, bien au contraire,  vous semblez vous être juré de ne plus jamais vous laisser avoir par le maudit jeu de la démocratie.  A présent, c’est  visiblement  la logique absolue du « J’y suis et j’y reste forever ». Vous régnez donc en maître absolu sur la nation congolaise qui se gargarise injustement d’être une République. Mais cela crève les yeux, sous votre magistère,  le Congo Brazza est aujourd’hui tout, sauf une République du fait de vos lubies et autres excès de potentat.   Trois décennies de pouvoir !  C’en est trop ! Dans votre for intérieur,  vous ne vous faites certainement pas d’illusions : vous êtes craint  plutôt qu’aimé des Congolais.   Et comble de malheur, ils semblent s’être résignés à la réalité qu’il n’y a plus rien à faire. Ils ont donc fini par abdiquer.   Sachant à quel type de satrape  ils ont affaire, ils ont fini par se faire une religion : Brazzaville n’est pas Ouagadougou et Sassou Nguesso n’est pas Blaise Compaoré. Car, si Blaise Compaoré a renoncé à tenter la solution du pire quand le pouvoir avait pratiquement  achevé de lui filer entre les doigts et que les carottes étaient quasiment cramées pour son pouvoir, les Congolais savent que vous, au contraire, êtes prêt à tout, y compris à enjamber leurs cadavres pour  rester le chef incontesté.   

Le colonel Marcel Ntsourou mort  récemment et de façon mystérieuse en détention

 A ceux   donc qui disent que vous ne supportez ni ne souffrez la contestation, il est difficile de ne pas leur donner raison. Du reste,  quel sort réservez-vous  à ceux qui osent s’affranchir de votre  tutelle et se dresser sur votre chemin ? Beaucoup l’ont payé de leur vie. A l’instar de votre ex-bras droit,  le colonel Marcel Ntsourou, mort  récemment et de façon mystérieuse en détention, certainement parce qu’il fallait à tout prix le faire taire à jamais ; lui qui en savait un peu trop sur vous.  Quid de l’un de ses avocats, aujourd’hui en prison, qui  devrait  avoir de sérieuses raisons de craindre pour sa vie ?  Comme lui, les plus chanceux croupissent en ce moment derrière les barreaux, à l’image du  général Jean-Marie Michel Mokoko dont les malheurs d’aujourd’hui ne sont pas étrangers à son rêve d’avoir voulu être calife à la place du calife. 

Vous vous souciez comme de vos vieilles godasses, de votre image à l’extérieur.

Et que dire de  Paulin Makaya, le leader de l’Union pour le Congo (UPC) qui, lui aussi,  a maille à partir avec la Justice du Congo ?  Tout se passe comme si, malgré les nombreuses critiques internationales, vous vous souciez comme de vos vieilles godasses, de votre image à l’extérieur. Bien entendu, vous et votre entourage ne manquerez jamais d’arguments pour accabler tous vos anciens collaborateurs, ceux qu’il faut tuer en les  accusant de rage.   Mais nul n’est dupe.   Tous ces anciens proches aujourd’hui en dissidence, doivent aujourd’hui leur calvaire à leur audace ou plutôt à ce que vous percevez aujourd’hui comme de l’ingratitude à votre égard !

Excellence Monsieur le président, quelle image renvoyez-vous au reste du monde ? Vous en souciez-vous seulement ? 

L’Afrique de l’Ouest continue à faire des progrès énormes en matière de démocratie et d’alternance, à l’exception toutefois du Togo

On dit des dirigeants d’Afrique centrale  qui passent pour être les « Toto » de la démocratie sur le continent noir, qu’ils ne se rassasient jamais de pouvoir, et par conséquent, ils abhorrent l’alternance démocratique.  Et il faut craindre qu’il en soit ainsi, pour longtemps encore, alors que, pendant ce temps,  l’Afrique de l’Ouest continue à faire des progrès énormes en matière de démocratie et d’alternance à l’exception toutefois du Togo dont la Constitution  a servi sur un plateau d’or, le caviar de la non-limitation des mandats au bénéfice de  Faure Gnassingbé qui a toute la latitude de renouveler ad vitam aeternam son bail au palais de Lomé II.   

Excellence  Monsieur le président, quand consentirez-vous enfin à passer la main pour ne pas donner l’impression que ce qui est  bon, ne doit l’être que pour vous et votre clan ?  J’ai suivi un documentaire datant des années 80, dans lequel vous vous affichiez fièrement aux côtés du président Thomas Sankara en visite officielle chez vous à Pointe-Noire. Le jeune président  burkinabè brillait de mille feux au point qu’il paraissait avantageux, pour vous, de montrer  à votre peuple que vous étiez en totale phase avec lui. Les dividendes politiques étaient énormes. De ces années à ce jour, convenez qu’il y a toute une éternité ! Toute une génération n’aura connu que vous, comme président.  Bien sûr, vos partisans et autres Raspoutine ne manqueront pas de rétorquer que vous n’êtes pas le seul à avoir passé tant d’années au pouvoir. Car, après tout, vous ne détenez pas la palme  en matière de longévité au pouvoir en Afrique, à côté des présidents Paul Biya, Dos Santos, Mugabe,  Obiang Nguéma et autres.  

Vous êtes toujours prêt à resservir  l’argument spécieux, comme vous l’aviez dans le temps souligné, que même en Allemagne, il n’y a pas de limitation de mandats. Sauf que  ce pitoyable mémoire en défense cache bien mal une réalité sordide : le peuple congolais est sous votre férule, contrairement au peuple allemand totalement libre de choisir ses dirigeants. Et la chape  de plomb qui n’en finit pas d’étouffer le peuple congolais,  a quelque chose de  moralement abject. Votre comportement peut être expliqué par le fait que vous n’êtes pas un homme tranquille.    Car,  on peut imaginer qu’un éventuel après-pouvoir, pour vous, sonnerait le début de tous vos malheurs. En un mot comme en mille, à l’idée de penser à une vie en dehors du pouvoir,  vous en êtes malade ; une épouvante s’il en est ! Surtout que vos placards pourraient  crouler sous le poids de vos nombreux cadavres, compte tenu des nombreuses affaires d’Etat auxquelles vous pourriez être associé, dont « les disparus du  Beach », l’explosion du dépôt d’armes de Mpila et j’en passe. On peut donc imaginer que vous ne voulez pas prendre le risque de vous exposer ; de vous lever de la dalle sur laquelle vous êtes assis et sous laquelle vous cachez bien des dossiers  ténébreux de la République !

 Excellence Monsieur le président,  le peuple congolais doit-il, pour autant, payer pour vos fautes ?  N’y a-t-il pas lieu, pour vous, d’assumer avec courage votre passé ? Sans doute en désespoir de cause, ce peuple attend-il à présent que Dame nature fasse son oeuvre pour résoudre « le problème Sassou ».  Et l’on présume que c’est même votre souhait ;  la mort deviendrait  alors une bienheureuse transition entre votre pouvoir et le voyage sans retour, loin des tracas de la vie terrestre ; un scénario qui ne serait pas sans avantage pour vous : ne pas avoir à rendre des comptes et mieux, bénéficier de funérailles nationales et grandioses dignes de votre rang.  Mais à propos du Ciel, si vous y pensez encore – car certains de vos pairs en sont arrivés à penser qu’ils sont immortels - je me pose la question de savoir si vous êtes vraiment croyant. Et si oui, craignez-vous  Dieu ?  Je me permets d’en  douter. Car, au Congo, rien ne peut vous être refusé ; et dans cette posture de toute puissance,  bien des dirigeants en viennent à croire qu’ils sont Dieu incarné sur terre. Peut-être est-ce aussi votre cas.  En tout état de cause, à ceux qui vous font penser cela, opposez-leur l’évidente réalité que vous êtes bel et bien mortel. Et comme tel, aujourd’hui suffisamment avancé en âge, tout ce qui devrait paraître primordial à cet âge, devrait être de  rechercher le Ciel, après avoir tout eu sur  terre.  Cette lettre n’a nullement pour intention de monter votre peuple contre vous. Car,  après tout, c’est à lui de prendre ses responsabilités et nulle autre personne ne le fera à sa place.  Elle n’a pas non plus pour objectif de susciter des troubles à l’ordre public comme on l’entend couramment chez vous.  Elle vise seulement à souligner qu’il n’est peut-être pas tard pour vous ! Dieu a-t-il encore une place dans votre cœur ?  Si oui, il serait plus judicieux de faire comme l’enfant prodigue dans les Saintes Ecritures.

Par Cheick Beld’hor SIGUE

SOURCE : http://lepays.bf/lettre-ouverte-au-president-denis-sassou-nguesso-le-peuple-congolais-doit-il-payer-pour-vos-fautes/

Repost 0
22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 17:44

Silence ! Sassou tue au Congo-Brazzaville

 

L’ambiance n’est pas à la fête au Congo-Brazzaville. L’atmosphère politique est suffocante. Le pays du khalife d’Oyo est devenu un baril de poudre prêt à consumer. Denis Sassou Nguesso est de sortie. Et, il a sorti les crocs. Sassou Nguesso donne des coups tous azimuts. Un jour, c’est Paulin Makaya. Un autre jour, c’est Jean Marie Michel Mokoko. Le lendemain, c’est Modeste Boukadia. Le surlendemain, c’est André Okombi Salissa. Et, le 17 février 2017 , c’est l’annonce de la mort du colonel Marcel Ntsourou en prison. Les têtes commencent à tomber de nouveau. En bon dictateur, le kalife d’Oyo, Denis Sassou Nguesso n’apprécie pas la concurrence politique.

 Purge

 Le grand nettoyage entrepris en mars 1977 avec l’assassinat du commandant Marien Ngouabi, du président Alphonse Massamba Débat et du Cardinal Emile Biayenda et à son arrivée au pouvoir en février 1979 avec l’éviction de Joachim Yhombi Opango se poursuit. Il n’est donc pas surprenant de le voir repartir épée à la main sur les traces de ses adversaires politiques en renouant avec le coup de l’empoisonnement et des privations des soins médicaux à l’endroit de ses adversaires politiques. Le dernier à en faire les frais est le colonel Marcel Ntsourou, ancien secrétaire adjoint du conseil national de sécurité. Tout cela pour préparer la succession de son fils Christel Sassou.

 Traits distinctifs d’un dictateur

 Mettre en scène sa grandeur, refuser de se dédire, diviser pour mieux régner, sont des incontournables de tout homme fort qui se respecte. Denis Sassou Nguesso coche toutes les cases. Il y a bien longtemps que le Congo-Brazzaville a cessé d’être une démocratie en construction. La parenthèse démocratique ouverte en 1990 avec la tenus de la Conférence nationale souveraine, la période de transition et l’élection présidentielle de 1992 s’est refermée dans le sang le 5 juin 1997 avec l’arrivée au pouvoir de Denis Sassou Nguesso en octobre 1997. Depuis, le Congo-Brazzaville porte bien son nom : une dictature.

 Comment appeler autrement un pays qui ne rend plus la justice équitablement, qui musèle ses journalistes et ses écrivains, et emprisonne ses avocats (Ludovic Désiré Essou en détention, Amedée Bernard Nganga réfugié en France, Hervé Ambroise Malonga un habitué des geôles de Sassou Nguesso) et des fonctionnaires par dizaines ? Comment appeler autrement un pays, le Congo-Brazzaville, où le Président s’arrogerait les pleins pouvoirs et où les militaires seraient à ce point sous pression que certains chercheraient à obtenir l’asile politique dans les pays occidentaux ? Denis Sassou Nguesso s’est emparé de tous les leviers du pouvoir qu’il utilise à sa guise. Le virage pris par l’homme d’Edou-Penda depuis octobre 1997 est si dangereux que la communauté internationale, notamment la France, devrait se poser la question de l’inscription du Congo Brazzaville dans la liste des dictatures tropicales au même titre que le Zimbabwé de Robert Mugabe. Jusqu’à quand les grands pays de la communauté internationale et notamment la France vont-ils faire semblant de ne rien voir et rien entendre ?

   Benjamin BILOMBOT BITADYS

Repost 0