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  • : Blog contre la corruption, la cupidité, l'avidité et la concussion (C.A.C.) au Congo-Brazzaville
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14 août 2017 1 14 /08 /août /2017 21:15
 
Depuis le fameux mouvement insurrectionnel du 31 juillet 1968, un groupe de parasites s’est installé au pouvoir avec la mitraille pour jouir sans travailler des deniers publics. Depuis lors, ils se maintiennent au pouvoir en terrorisant le peuple avec la complicité des majors de l’industrie pétrolière et au-delà les pays qu’ils représentent. Le business doit continuer mais sans le peuple.
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par Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

 

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Sassou le récidiviste et sa clique continuent de nous faire honte à travers le monde et le pire se prépare.

 

Maintenant plus personne ne connait l’ampleur de la dette congolaise tant les mensonges d’état n’en finissent plus. Et si cette dette était au-delà des 120 % du PIB comme annoncée ? Comme diraient les parieurs, les jeux sont ouverts tant l’escobarderie est devenue l’alpha et l’oméga de la politique des intermittents du spectacle congolais.

Au regard du train de vie mené par ces apparatchiks, le pire tant redouté est arrivé. Ce n’est une surprise pour personne puisqu’on a pris les mêmes et recommencé.

Depuis le fameux mouvement insurrectionnel du 31 juillet 1968, un groupe de parasites s’est installé au pouvoir avec la mitraille pour jouir sans travailler des deniers publics. Depuis lors, ils se maintiennent au pouvoir en terrorisant le peuple avec la complicité des majors de l’industrie pétrolière et au-delà les pays qu’ils représentent. Le business doit continuer mais sans le peuple.

Dans le monde feutré de la finance tout se sait. La gabegie congolaise était connue de tous. Mais au nom de la fameuse souveraineté des états, ils ont laissé faire. Nous savons bien que dans cet univers tout n’est pas perdu pour tout le monde. Ainsi, la dette du Congo fait des heureux quelque part, des experts après coup qui viendront nous expliquer moyennant des cargaisons de pétrole (la monnaie nationale congolaise), comment apurer cette dette. Les anciens du FMI (Fonds monétaire international) qui avaient aidé le Congo à se débarrasser d’une partie de sa dette (avec des données erronées devenues leur marque de fabrique) en étant éligible à l’initiative PPTE (pays pauvres très endettés) se retrouvent aujourd’hui à la solde du tyran de Mpila pour toujours continuer à piller le pays. Nul besoin de s’en étonner car le FMI à travers son histoire n’a jamais été une institution morale, à cheval sur la déontologie.

Le mal est fait pour le peuple congolais, mais pas pour eux. La pilule sera dure à avaler avec cette potion amère qu’est le plan d’ajustement structurel qui nous pend au nez. Nous voilà revenus dans les années 80. A croire que nous n’avons pas appris de nos erreurs puisque les acteurs restent les mêmes ; C’est tragique.

Il n’y a pas de développement sans justice sociale. Il serait incompréhensible que le FMI dans cette chienlit prête aux mêmes pyromanes dont la vocation première n’est pas d’éteindre le feu. Il y a lieu d’exiger comme préalable la libération de tous les prisonniers politiques, l’arrêt de la guerre dans le pool, la restauration de libertés fondamentales et un dialogue inclusif qui aboutira à la mise en place d’un gouvernement de transition composé d’experts afin de permettre au Congo de se relever. L’heure n’est plus aux egos mais à l’intérêt national. N’oublions jamais que le bonheur ne vaut que lorsqu’il est partagé.

Il est temps qu’ils comprennent que le Congo ne pourrait uniquement se résumer à la ville Oyo qui serait devenue sa vitrine dans un chaos généralisé. De Yamoussoukro à Gbadolite, les exemples sont légion de la folie clanique des présidents africains. L’histoire nous prouve que ces réalisations ne survivent pas à ces despotes.

Fidèles à leurs habitudes, ils vont mater le peuple au regard de la grogne sociale qui se profile, conséquence de leur incurie. L’exfiltration des mercenaires du Pool a pour but de freiner les revendications sociales et assurer la sécurité de son clan quand il quittera le pouvoir. Le gros des troupes restées à Ollombo et les pilotes d’hélicoptères biélorusses n’attendent que son ordre pour fondre sur Brazzaville et larguer les obus de la mort sur les populations civiles. Les mouvements de chars, les bruits de bottes de la soldatesque et le rapatriement des mercenaires du Pool vers Brazzaville, car le nombre n’y est pas pour contenir l’insurrection populaire, n’y changeront rien. Ils ont perdu la légitimité du peuple nonobstant les mascarades d’élections successives. Face à ce danger imminent, préparons-nous à des lendemains difficiles car il a décidé qu’après lui ce serait le désordre.

L’heure du choix a sonné. Ce sera soit l’anarchie ou la paix des braves. N’ayant jamais rompu le fil du dialogue, le moment est venu d’épargner aux populations congolaises démunies d’inutiles atroces souffrances.

 Comme disait John Fitzgerald Kennedy à son discours d’investiture le 20 janvier 1961 : "Ne demande pas ce que ton pays peut faire pour toi, demande ce que tu peux faire pour ton pays". C’est le moment de montrer notre patriotisme car la maison Congo brûle et nul ne peut détourner son regard devant cette tragédie.

Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

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Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT Françafrique Pool ONU dictature Oyo
17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 03:00

 

 

 
16/07/2017 20:16:08: VIOLENCES ÉLECTORALES, BOYCOTT ACTIF, REJET DES ELECTIONS BILAN DU 1ER TOUR DES LÉGISLATIVES TRUQUÉES

 

Ce premier tour des législatives truquées a tourné à l’insurrection citoyenne sur toute l’étendue du territoire national et marque la fin de l’idée d’un Nord acquis à Denis Sassou NGUESSO.

ET LA CUVETTE OUEST SE SOULÈVE

La journée s’est ouverte sur des violences électorales dans la Cuvette-Ouest au Nord du Pays. Les manifestants se sont emparés des urnes très tôt ce matin à KELLÉ contre une élection mal organisée en chassant les candidats du PCT le Parti au pouvoir. Les manifestants scandaient “Sous préfet corrompu, HOBIÉ ennemi de KELLÉ”.
Un manifestant arrêté par la milice a été frappé, des côtes cassées et se trouve en observation au centre médical de KELLÉ.
Des scènes similaires ont été signalées à EWO et MBOMO avec des tirs à balles réelles sur les populations.
À MBOMO refus par la population du candidat du PCT, OPIMBAT. Les urnes ont été brûlées.

LA SANGHA LÂCHE LES HOMMES-PANTHÈRES AUX TROUSSES DU PCT

Biens implantés dans la région, les Hommes-Panthères qui représentent le Collectif Sassoufit ont été d’une efficacité redoutable.

À OUESSO malgré le cambriolage de son QG de campagne par les hommes de main du régime, la liste du maire sortant, Thierry EBOME dit la tortue, est la plus populaire aux élections locales.

Les candidats du PCT aux législatives ont mis en place le stratagème de photographier les bulletins uniques pour être payé 5000 cfa. Boycott actif pour les uns, chasse aux candidats du pouvoir pour les autres.

À SOUANKÉ, le capitaine NZE RODIN gérant et propriétaire de l'hôtel LESSOAH situé en face de la mairie de SOUANKÉ est en garde à vue à la gendarmerie de SOUANKÉ. Il a été arrêté en train de bourrer les urnes en faveur de ZONIABIA Le candidat du PCT et homme de main de Denis Christel SASSOU NGUESSO.
Le capitaine a été appréhendé avec sur lui une forte somme d’argent et des bulletins pour le vote fictif.

LA LIKOUALA N’EST PAS À VENDRE

Zone de trafic de diamants et d’exploitation sauvage des ressources forestières, la LIKOUALA a vu s’affronter à Impfondo l’homme du régime Mr MOKA et le jeune avocat Steve BAGNE.
Malgré les intimidations et les menaces de mort, le dispositif de vigilance contre les fraudes a fonctionné.

Dans l’attente des résultats, les populations ont juré ne pas accepter les fraudes au profit au candidat du PCT Alain MOKA. De nouvelles violences en perspectives sont à craindre.

C’est dans la LIKOUALA que déjà les correspondants de TV5 monde avaient fait l’objet d’une incarcération arbitraire en 2016.

DUELS DE LA CUVETTE : OWANDO VILLE DES TROIS PRÉSIDENTS DIT #SASSOUFIT

Menaces, intimidations et tentatives d’achat de Jean-Jacques Serge Yhombi Opango par le tueur ENGOBO, retrait de candidature contre 100 millions de FCFA (environ 150.000€), ont émaillé la journée.

Des procurations blanches signées par Bernard ITOUA LEKONDZA, officier d'état civil, pour des électeurs fictifs ont circulé dès samedi soir.

À OWANDO les populations ont dit non au PCT, des urnes bourrées ont été trouvées chez les partisans du PCT, le risque d’affrontement est à son maximum.

NGOKO : On en reparlera de lui encore, Magloire DAMBENDZE, non pas pour ses uppercuts saillants mais comme candidat indépendant à NGOKO où il affronte le candidat sortant du PCT, un certain AMBETO.
Ce dernier très en difficulté a demandé l'intervention de NGOLO, premier secrétaire du PCT pour qu'on l'aide à gagner. Débordé de tous les côtés par des appels au secours des candidats PCT en déroute et des populations qui ne veulent pas de ces élections , il n'a pas trouvé mieux que de demander à MBOULOU le ministre de l'intérieur d'intervenir. C'est ainsi qu'à sa grande surprise, le nouveau sous-préfet, un colonel à la retraite au nom d'ONDZE reçoit un coup de fil de MBOULOU qui lui dit : “Monsieur le sous-préfet, est ce qu'on vous a mis là pour faire perdre Sassou? Donc, arrange-toi pour que le candidat du PCT l'emporte !"

Ce que MBOULOU ne sait pas, c'est que le suppléant de DAMBENDZE est l'oncle du sous-préfet ! Entre l'enclume et le marteau, le sous-préfet ne sait plus à quel saint se vouer.

À OLLOMBO le clan se déchire : Ça se passe entre le candidat indépendant Maître OKO Emmanuel et le candidat du PCT Bruno Jean Richard ITOUA, ministre de l’enseignement supérieur, cité dans l’affaire des Panama Papers.

Samedi 15 juillet 2017, Pierre NGOLO est descendu en personne à OLLOMBO pour demander à Maître OKO de faire le bilan général de ses dépenses afin de retirer sa candidature et se faire rembourser pour que Bruno ITOUA reste seul en lice. Il serait de facto élu au premier tour.

OKO, qui est très apprécié par la population d'Ollombo, n'a pas digéré cet affront et a aussitôt fait une crise qui l'a conduit à l'hôpital. Il est depuis à l'hôpital Édith Lucie Bongo d'Oyo.

BRAZZAVILLE : UNION SACRÉE DU NORD ET DU SUD

Une fois de plus le déploiement militaire a empêché toutes contestations de rue au rond point Koulounda à Ouenzé Brazzaville. Les Brazzavillois du Nord au Sud sont massivement restés chez eux suivant ainsi l’appel des Organisations de la société civile et des plateformes de la nouvelle majorité républicaine FROCAD-IDC-CJ3M.

BRAZZAVILLE NORD DIT #SASSOUFIT

À TALANGAI la fraude s’organise en faveur d’OBAMBI le poulain de NGAKALA.
Claudia SASSOU NGUESSO a envoyé les bérets rouges pour aller voter en faveur du candidat du PCT. Les militaires ont reçu leurs primes au domicile de Claudia SASSOU à MAYANGA et on été acheminés dans les bureaux de vote dans un coaster et les BJ de la DGSP.

Le président de Commission des Élections de TALANGAI a déserté son poste à cause de la pression.

À Djiri au Nord de Brazzaville, Exaucé NGAMBILI candidat PCT a été surpris en pleine fraude électorale par les militants de l'indépendant Gilles LATRAN. Exaucé NGAMBILI a voté deux fois dans une circonscription tenue par son directeur de campagne.
Plusieurs Irrégularités avant l'ouverture des bureaux de vote ont aussi été signalées.
Face à la foule, Exaucé NGAMBILI a pris la fuite en abandonnant son véhicule sur les lieux de son forfait.

Tricherie à Poto Poto 3 : 3 bureaux de vote fictifs découverts ce matin. Le suppléant du candidat du PCT Férréol NGASSAKYS, grand organisateur de la magouille, a fait voter des citoyens non inscrits sur les listes électorales.

Poto Poto 1 : Le colonel à la retraite EBA membre du PCT a gardé 1223 cartes d'électeurs chez lui à remettre aux jeunes moyennant 5000 FCFA ( environ 7 €) pour voter le beau fils des NGUESSO le nommé Kourissa Jean De Dieu.

La police, à l'appel des autres candidats, ont déplumé EBA de ses liquidités mais protégé directement par un NGUESSO, la police n’a pas pu l'arrêter pour fraude. Elle a juste retiré les cartes d’électeurs pour éviter l’agitation des autres candidats.

BRAZZAVILLE SUD VOMIT LES KOLELAS LANDRY ET GUY BRICE PARFAIT

Vive tension à MAKELEKELE, après la découverte d'un bureau de vote fictif au domicile de Landry KOLELAS, le frère de Guy Brice Parfait KOLELAS ancien candidat à l'élection présidentielle.

Des bureaux de vote fictifs ont été découvert au siège de Landry KOLELAS, situé à quelques mètres de l'église évangélique de MAKÉLÉKÉLÉ.

La population en colère a voulu saccager ce siège mais la milice, la BSIR et la police militaire ont dispersé la foule puis transporté ces urnes dans une direction inconnue.
Dans l’ensemble des circonscriptions de BRAZZAVILLE SUD bastion de Guy Brice Parfait KOLELAS les bureaux de vote sont restés désespérément vides. Le YUKI ne fait plus recette.

BRAVO AU CEMG OKOY

Le Chef d’état Major le Général OKOY réputé proche de Jean Marie MICHEL MOKOKO a demandé à la Commission sécurité des élections de faire la lumière sur la fraude massive orchestrée par le PCT malgré les interventions du Général à la retraite Jean François NDENGUET, criminel de guerre poursuivi pour crimes contre l’humanité dans l’affaire des disparus du BEACH.

Pour une première fois au Congo le commissariat Central est rempli de fraudeurs du PCT venus de tous les arrondissements par des membres de l’opposition.
30.159 cartes d’électeurs et environ 98 millions FCFA (près de 150.000 €) ont été retrouvés chez les fraudeurs du PCT transférés au commissariat central.

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La résistance congolaise - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso Pool PCT Afrique dictature
15 juillet 2017 6 15 /07 /juillet /2017 23:13

Par Pascal MALANDA

JDO et NDenguet : l’ivresse du pouvoir de 2 assassins notoires

Le Congo s’enfonce chaque jour un peu plus dans la crise. En 2014 quand apparaissent les premiers signes d’une tentative de changer la constitution afin de briguer un troisième mandat, nous nous sommes inscrits dans la démarche de « La voie du milieu ». L’idée fondamentale était et reste la consolidation de la démocratie à travers l’acceptation de l’alternance politique au sommet de l’Etat. Cela consiste à renforcer l’Etat de droit en respectant la Constitution. Le poids de la guerre de juin 1997 était tel que certains ont cru que le départ de Sassou du pouvoir allait déclencher une chasse aux sorcières par les perdants revanchards d’octobre 1997. L’épouvantail d’une déstabilisation du pays a été brandi avec une légèreté coupable. Aujourd’hui, après la violation de la Constitution en octobre 2015 et le hold-up électoral de mars 2016, le Congo traverse l’une des plus graves crises post-électorales de son existence.

Nous avons souligné à plusieurs reprises l’absurdité d’une fuite en avant dont les résultats sont connus d’avance. Nous avons montré comment d’un pouvoir du grand nord on est passé à un pouvoir de la Cuvette Centrale, puis au pouvoir centré autour d’Oyo que d’aucuns qualifient d’oyocratie. Aujourd’hui, nous avons entamé la dernière phase de concentration du pouvoir : le passage du pouvoir clanique au pouvoir familial dont la finalité est une succession dynastique annoncée et assumée. La preuve de cette évolution est la prétention vulgaire et sans gêne aucune, des membres de la famille régnante. Une bonne dizaine de fils, neveux, oncles, tantes, siègera probablement à la future assemblée qu’on pourrait dès lors qualifier de familiale. Si à cette belle brochette on ajoute les gendres, beaux-frères, courtisans qui s’assument, on arrive à une vingtaine ou une trentaine de députés capables de former un groupe parlementaire et peser sur les décisions d’un parlement-croupion. La voie d’une succession dynastique serait alors largement ouverte.

Sauf que dans cette machine trop bien huilée, quelques grains de sable sont apparus. On prête à JDO des ambitions présidentielles qui l’auraient poussé à un affrontement quasi ouvert avec Nianga-Mbouala . Le conflit a certes été gelé, mais le mal est fait ; sauf miracle l’un des deux aura la peau de l’autre avec les conséquences qui s’imposent : chasse à l’homme programmée. L’autre grain de sable est la guerre du Pool et la crise économico-financière gravissime qui commence à faire vaciller les bases du pouvoir. En effet, le pouvoir acculé craint comme la peste le déclenchement de grèves sauvages capables de l’emporter. C’est dans le cadre de l’une de ces grèves que monsieur Ndenguet en sa qualité de chef de la police a cru bon de menacer un syndicaliste étudiant en la personne de Mambéké.

L’élément sonore retraçant cette menace a circulé sur les réseaux. En l’écoutant, j’ai d’abord cru à un montage. En réécoutant le message mes doutes ont progressivement disparu. La reconnaissance vocale a entre-temps permis de confirmer l’originalité de l’orateur. A partir de ce moment une question s’est imposée : Ndenguet avait-il été piégé par ses détracteurs (ils doivent être nombreux par les temps qui courent) ou a-t-il agi en connaissance de cause sous l’ivresse du pouvoir ? L’histoire répondra à cette énigme. Pour l’heure, le constat est simple : monsieur Ndenguet s’est fourré dans une situation délicate. En est-il vraiment conscient ? Dans un Etat de droit, il y aurait une telle levée de bouclier de l’opposition qui aurait forcé le pouvoir à accepter ou forcer sa démission. Connaissant la faiblesse de l’opposition politique actuelle ainsi que le balbutiement de la société civile, le cas évoqué n’aura pas de retentissement particulier au Congo. Mais qu’en est-il sur le plan international ?

ECOUTER LA BANDE AUDIO DANS LAQUELLE NDENGUET MENACE LE SYNDICALISTE MAMBEKE : AUD-20170714-WA0005-1.mp3

C’est là où les choses risquent de se compliquer pour notre chevalier du pouvoir. A lire les réactions sur les réseaux, la question semble intéresser beaucoup d’activistes qui y voient le moyen idéal de confirmer les soupçons qui pesaient depuis longtemps sur les dérives sécuritaires du pouvoir. Monsieur Ndenguet a étalé à la face du monde le mode opératoire de la police nationale. Tous les masques sont tombés, aucun doute n’est plus permis. Arrestations arbitraires, enlèvements, disparitions, etc. tout y passe. Le sort réservé à monsieur Mambéké sera symptomatique. Nous espérons que monsieur Ndenguet reculera devant ce geste de trop.

Tout le monde a tiré une conclusion simple. Monsieur Mambéké était dans l’exercice de ses fonctions de syndicaliste dont les droits sont reconnus par la Constitution, même celle frelatée d’octobre 2015. Il n’avait violé aucune disposition juridique. Son interpellation enregistrée et publiée trahit un fonctionnement de la police qui en expose les acteurs à des poursuites judiciaires au niveau international.

Les défenseurs de Ndenguet ont allumé les contre-feux en arguant que les déclarations de leur maître ne signifiaient nullement une « liquidation » physique. A les croire, « liquider » signifie mettre en prison. Ce qu’ils ignorent, c’est que le message est d’une clarté effroyable qui donne l’impression que l’auteur offre à ses détracteurs la corde avec laquelle il sera pendu.

Ayant opté pour « la voie du milieu », nous avions cru qu’il était possible d’obtenir un départ pacifique de Sassou du pouvoir en garantissant sa sécurité et celle de ses proches collaborateurs et serviteurs zélés parmi lesquels se trouve vraisemblablement monsieur Ndenguet. La démarche a été condamnée en son temps comme un blanc-seing naïf offrant une impunité à une racaille qui devait être pendue haut et court jusqu’à ce que mort s’en suive. Il était déjà difficile de trouver des circonstances atténuantes aux agissements du pouvoir et de sa police. Depuis, la Constitution a été violée et un hold-up électoral a eu lieu. La guerre du Pool s’est enlisée. Au lieu de circonstances atténuantes, on assiste à une accumulation vertigineuse de circonstances aggravantes.

Maintenant que la guerre de succession est ouverte et fait rage au sein même du pouvoir, quel sera le sort réservé à Ndenguet et ses collaborateurs en cas de perte de pouvoir ? A lire les réactions sur les réseaux sociaux et à voir comment a été traitée l’ex-directrice du CHU, madame Ambiero, le mystère n’est pas très épais. Le Congolais est un peuple qui encense les vainqueurs, traque et lynche les vaincus.

Le drame pour monsieur Ndenguet, c’est qu’il est condamné à être du côté des vainqueurs pour sauver sa peau, ce qui n’est pas gagné d’avance. Or, dans la fuite en avant actuelle, les futurs vainqueurs seront obligés de marcher, comme en 1997-1998 sur les milliers de cadavres des vaincus. Une nouvelle victoire au prix du sang de certains vainqueurs d’octobre 1997. Oui, l’histoire est cruelle, elle qui a déjà conduit certains vainqueurs de 1997 en prison malgré les sacrifices et les services rendus. Qui de Nianga-Mbouala et de JDO sera le prochain vainqueur de 1997 à se retrouver en prison comme Ntsourou ? Quel sera le sort de Ndenguet dans ce combat de titans ? Nombreux sont les Congolais qui se réjouissent de cette guerre intestine. Ils rêvent en sourdine d’un troisième larron républicain et intègre qui viendra délivrer le pays  de la gangrène.

La politique est une question de conjoncture et de probabilité. Demain, monsieur Ndenguet se trouvera soit du côté des nouveaux vainqueurs, soit de celui des nouveaux vaincus. Dans un cas comme dans l’autre, partisan inconditionnel de l’Etat de droit, je condamnerai sans réserve le Ndenguet vainqueur ayant versé le sang et les larmes des autres pour consolider son pouvoir et je protégerai le Ndenguet vaincu voué à la vindicte populaire et condamné au lynchage d’un peuple lâche. Oui, c’est aujourd’hui qu’il nous faut nous lever tous comme un seul homme pour empêcher que Ndenguet lynche Mambéké devant nos yeux de lâches. Oui, demain, je me lèverai, seul si cela s’impose, contre tous pour protéger le Ndenguet livré à la vindicte populaire, car dans l’Etat de droit que nous voulons construire demain, et que nous appelons de tous nos vœux, même Ndenguet aura droit à un procès humain en respectant sa présomption d’innocence. Et si la cour constate et prouve sa culpabilité, qu’elle le condamne à purger sa peine, quelle qu’elle soit. Aucun peuple ne s’est construit par des exécutions extra-judiciaires qui nous rapprochent plus de la bestialité (et encore ?) que de l’humanité, la vraie humanité. Une nation est une patiente construction par quintessence, par élévation de l’animalité vers la divinité en passant par l’humanité.

Ayant dit ceci, je vous prie de m’épargner d’avance vos critiques infondées et désobligeantes. Je ne suis pas un défenseur de Ndenguet, JDO, Nianga-Mbouala,  etc. Ils sont adultes et responsables de leurs actes passés, actuels et futurs. La seule chose qui m’intéresse et pour laquelle je me bats, c’est l’avènement de l’Etat de droit, tout l’Etat de droit, rien que l’Etat de droit avec ses aspects agréables et moins agréables. Et parmi ces aspects de l’Etat de droit, il y a la présomption d’innocence dont bénéficie tout justiciable devant une Cour intègre. Et dans le cas d’espèce, Ndenguet, quels que soient les actes qui lui seront un jour reprochés devra bénéficier de la présomption d’innocence au lieu d’être pendu par une foule déchaînée telle qu’on l'a vue se défouler sur madame Ambiero il y a quelques jours dans l’enceinte du CHU.

Pour finir, aux compatriotes qui nous livrent un spectacle barbare et pitoyable de succession dynastique chaotique inavouée qui déshonore notre pays. Il paraît que vous vous êtes battus en juin 1997 pour réinstaurer la démocratie menacée par Lissouba. Qu’est-ce qui vous empêche aujourd’hui d’observer les exigences élémentaires de la démocratie obtenue au prix du sang de tant d’innocents ? Pourquoi imposer un tel calvaire à la région martyre du Pool ? Pourquoi toutes ces arrestations, toutes ces intimidations, tous ces prisonniers politiques (parmi lesquels tant de vos anciens compagnons de route) ? Croyez-vous sincèrement qu’un parlement de pacotille taillé sur la mesure de vos ambitions dynastiques sortira ce pays de la crise ? Pourquoi menacer de somaliser le Congo ; notre pays n’a-t-il pas assez souffert ?

Le Congo ne vous appartient pas, à vous et votre famille. Le CONGO ETERNEL qui nous survivra est un bien commun que nous devons préserver par un dialogue inclusif. Chaque jour qui passe nous éloigne d’une solution civilisée. Ressaisissons-nous, ressaisissez-vous, car vous ne serez pas les gagnants à tous les coups et l’histoire du Congo est faite de violences que nous devons apprendre à surmonter.

Pascal Malanda

LE CONGO ETERNEL

Nation et Démocratie

 

LE GENERAL NDENGUET PROMET DE TUER TOUS LES SYNDICALISTES © La Voix du Peuple Libre
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24 juin 2017 6 24 /06 /juin /2017 03:27

Par Pascal Malanda

 

Nianga Mbouala dans son Palais de Brazzaville

Analyse à froid du conflit avorté ou reporté entre Nianga-Mbouala et Jean Domique Okemba

A peine venons-nous de commémorer le quarantième anniversaire de la mort de Marien Ngouabi que les stratèges du PCT nous préparent un nouveau scénario macabre. Mais pour leur malheur, si en mars 1977 la seule source d’information au Congo était la presse officielle, 40 ans plus tard, l’apparition des réseaux sociaux et leur phénoménale puissance d’information est venue brouillée les cartes. Ces dernières semaines, la rumeur fait état de façon persistante d’un conflit larvé entre Nianga-Mbouala et Jean Domique Okemba  (JDO). Le conflit aurait même atteint des sommets avec la convocation de Nianga-Mbouala au parquet d’Oko Ngakala. Sachant comment se sont soldées les précédentes interpellations de personnalités, on était en droit de s’attendre à une arrestation pure et simple de Nianga-Mbouala. En effet, le scénario est rôdé et usé jusqu’à la corde depuis belle lurette.

Le féticheur jean dominique Okemba

D’abord, une cabale médiatique est montée contre la future victime à l’aide du journal le Troubadour. Une fois l’opinion publique « acquise » à la cause, on passe à la phase pratique : Convocations, inculpation, arrestation, emprisonnement. Cela s’est passé ainsi pour Paulin Makaya, Mokoko, Okombi et maintenant Nianga-Mbouala. Avant cela, le scénario a été appliqué avec la même précision du métronome au cas Ntsourou qui vient de mourir en prison. Quand est-ce que ce système arrêtera de torturer et tuer ses propres enfants ?

L’affaire Nianga-Mbouala n’est pas encore conclue qu’on entend déjà les rumeurs d’une éventuelle arrestation de Parfait Kolélas. Comme toujours, c’est le Troubadour qui monte à la charge. Serions-nous en face d’un vaste complot dont la finalité est la prise du pouvoir ? Si c’est le cas, de quel droit, ceux qui ont ramené Sassou au pouvoir par les armes au seul prétexte de mettre fin à sa « démocratie de l’intimidation » de Lissouba nous serviraient-ils ce désolant spectacle ? Pourquoi les différents courants qui s’affrontent désormais à découvert au sein du pouvoir ne passent pas par la voie démocratique en présentant chacun son projet de société au peuple, seul souverain primaire puisque c’était la raison du retour forcée en 1997 ?

On a l’impression d’être revenu en pire à la sinistre époque des Mabouaka, Ngayo et autres trublions de la JMNR. Sommes-nous un pays maudit incapable d’inventer une gouvernance civilisée ?

Il s’agit ici d’une analyse à froid d’une situation qui risque de replonger notre pays dans l’horreur. L’analyse est basée sur la presse locale et les éléments circulant sur les réseaux sociaux. Que vaut une rumeur au Congo ou ailleurs ? A l’heure de l’intox et des « fake news », on a le devoir d’avancer prudemment. Toutefois la presse ayant  pignon sur rue à Brazza agit ces derniers temps d’une façon qui ne laisse aucun doute : Elle est au service d’une cause obscure, use et abuse de la manipulation.

Pour revenir au cas Nianga-JDO, force est de constater qu’au sommet de l’Etat, une dérive est en train de s’installer au vu et au su de tout le monde. Tout le monde semble impuissant à arrêter cette tragicomédie destructrice, d’où ce cri de gueule pour interpeller la nation entière.

La rumeur, toujours la même, prête à certains cercles proches du pouvoir en 1977 l’affirmation suivante : « Mieux vaut perdre un homme que perdre le pouvoir. » C’est sur l’autel de cette ambition hégémonique que Marien aurait été sacrifié. Malheureusement, ces fameux cercles obscurs n’avaient pas eu le courage d’assumer leur forfait. Aujourd’hui, face à l’échec patent de Sassou sur le plan économique et sécuritaire d’une part  et d’autre part la velléité de plus en plus manifeste de son fils à prétendre au pouvoir suprême, des voix s’élèvent pour s’opposer à une succession dynastique.

Nous avons déjà exprimé ici-même notre opposition catégorique à toutes les démarches anticonstitutionnelles depuis la violation en octobre 2015 de la constitution de 2002 jusqu’au hold-up électoral de mars 2016. Tous les fallacieux prétextes avancés le 05 juin pour justifier l’injustifiable sont aujourd’hui mis à nue. Nous avons aussi montré comment le PCT est passé en 20 ans d’un pouvoir du grand nord à un pouvoir de la Cuvette Centrale et de ce dernier au pouvoir d’Oyo et environs. Aujourd’hui, nous sommes entrés dans la phase finale : concentration du pouvoir au sein de la famille biologique, d’où les tensions actuelles qui en sont un aboutissement logique. Ceux qui en doutent n’ont qu’à aller consulter les listes des candidats du PCT aux législatives. Ils y trouveront la main mise d’un clan sur tous les leviers du pouvoir.

On aurait pu se réjouir de ces conflits qui fragilisent un pouvoir autocratique et donc augmentent les chances d’un retour potentiel à la démocratie. Sauf que le risque est immense de voir le pays sombrer dans une nième guerre civile aux conséquences catastrophiques. Un ami parisien du PCT auquel je confiais récemment mon inquiétude de voir deux barrons d’un pouvoir illégitime prendre tout un pays en otage a éclaté de rire en me disant : « Laisse ces irresponsables s’entredéchirer, en politique, il faut une certaine dose de cynisme. » Combien de Congolais sont de cet avis ? Il est à craindre que la majorité de nos concitoyens soient aujourd’hui, de guerre lasse, acquis à cette thèse. Ce que cette probable majorité oublie, c’est qu’un conflit entre deux courants dans un pouvoir autocratique conduit rarement à une solution démocratique. En 1977, ceux qui ont sacrifié Marien pour conserver le pouvoir au nord n’ont pas fait grand-chose pour faire avancer le Congo sur le plan politique, économique et social. Bien au contraire ! Plus grave encore, ils ont réussi à faire passer leur complot pour un crime commis par les Bakongo : « Bakongo ba bomi Marien »

Bakongo ba bomi Sassou :

Je n’ai jamais adhéré à la pensée politique de Marien Ngouabi, mais je ne me suis jamais réjoui de sa mort ignoble. Bien au contraire, j’y trouve une des causes de notre drame actuel : l’incapacité de concevoir un système politique qui transcende les clivages ethnocentrés. Sassou Nguesso a accentué les clivages ethniques du Congo. Incroyable mais vrai, il a même réussi à détruire le socle de son pouvoir : « l’unité » politique du nord-Congo. Dans la dérive dynastique, il n’a pas hésité à sacrifier tous ceux qui l’ont accompagné dans sa difficile et douloureuse reconquête du pouvoir. Tout porte aujourd’hui à croire qu’il a définitivement cédé à la tentation d’une succession dynastique à la Bongo ou Eyadéma. La démarche en soi déjà est exécrable. Elle suscite en plus un rejet légitime d’une grande partie de la population. Le réflexe atavique d’une population qui a subi trois décennies d’un pouvoir autocratique aux résultats socio-économiques misérables est de se poser la question suivante : « Pour quelle raison et quel bénéfice nous taperions-nous le fils pendant des années après avoir subi le père pendant des décennies ? »

Aveuglés par l’ivresse du pouvoir d’une part et l’obsession de couvrir ses arrières d’autre part, père et fils se sont lancés dans une opération de charme vouée à l’échec car condamnée par sa nature antidémocratique. Sont-ils encore capables d’entendre la voix de la raison ? Je l’espère bien, mais j’y crois de moins en moins. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir milité depuis 2014 en faveur d’une sortie honorable de Sassou Nguesso. Inexorablement, le piège se referme sur les Nguesso et leurs affidés. L’unique issue pour eux est la sortie démocratique, un retour à octobre 2015, donc à l’ordre constitutionnel. L’alternative est une lutte fratricide au sommet, lutte dont ils sortiront laminés. Le phénomène est connu dans l’empire ottoman où celui qui accède au trône s’empresse de liquider tous ses rivaux, de peur de se faire tuer lui-même. Comme mentionné plus haut, on aurait pu s’en réjouir, sauf que la perfidie des courants qui se livrent à cette bataille de tranchée est telle qu’ils auront vite fait de faire porter le chapeau à leur souffre-douleur désigné : La région-martyre du Pool. En effet, quoi de plus facile que de pousser un Parfait Kolélas à la faute en privant son parti de compétition électorale ? Yuki qui a présenté un candidat à la magistrature suprême serait brusquement devenu un parti hors-la-loi. Casus-belli tout trouvé pour soulever Brazza-sud. Les pêcheurs en eau trouble n’auront plus qu’à laisser les hordes de Kolélas ou de Ntoumi avancer jusqu’à Mpila. Une fois sur place, dans la confusion la plus totale, on règlerait froidement le cas de Sassou comme ce fut pour Marien en mars 1977. Le reste ne serait qu’un petit jeu, lancer la chanson : Bakongo ba bomi Sassou »

Politique-fiction ? Je vous le concède. Cette analyse est cependant basée sur la stricte observation de la scène politique congolaise depuis des décennies. Une scène où la bassesse et l’hypocrisie le discutent à la félonie et à la lâcheté.

Messieurs Nianga et Okemba, arrêtez de prendre le peuple en otage. Arrêtez de croire que le peuple est idiot et ne voit pas vos magouilles cousues de fil blanc. Vous avez soi-disant ramené ou aidé à ramener la démocratie à coups de canon en 1997. Nous vivons en démocratie ? alors épargnez-nous vos postures belliqueuses. Présentez-nous plutôt vos projets de société, vos solutions de sortie de la crise aiguë où vous avez plongé le pays. Présentez-vous devant le peuple en personnes civilisées capables de ramener l’ordre constitutionnel d’avant octobre 2015. Le faire, c’est répondre à l’appel de Sassou qui disait : « Quand l’ordre constitutionnel est menacé, tous les républicains se lèvent. » Le peuple souverain vous en sera reconnaissant et vous accordera peut-être des circonstances atténuantes. Et pour cela, vous n’avez pas besoin de tuer Sassou. Vous pourriez alors braver les urnes placées par une commission électorale réellement indépendante dans un pays apaisé. De grâce, ne nous replongez pas dans les affres de 1977. L’analyse vaut bien sûr pour tous les officiers républicains soucieux de l’ordre constitutionnel.

Pascal Malanda

 

NOTRE COMMENTAIRE :

Sassou avait aussi dit : "Quand la constitution est violée, les démocrates ne doivent pas l'accepter" (sic).

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13 juin 2017 2 13 /06 /juin /2017 02:12
 
En 1977, Denis Sassou Nguesso est un colonel, ministre de la défense. Au prétexte de sauver le pouvoir marxiste-léniniste et de préserver le socialisme, avec quelques officiers congolais et pétroliers français complices, il lança son entreprise de conquête personnelle et d’appropriation d’un pays de 342.000 km2, riche de pétrole, de minerais et de forêts primaires pour 3 millions d’habitants...
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Par Rigobert OSSEBI

 

 

Bernard Madoff est un financier américain qui s’est révélé être un escroc lorsque son fonds d’investissements, basé sur un système « Ponzi » (les nouveaux entrants permettant le paiement d’intérêts élevés aux prédécesseurs), s’est écroulé. Son escroquerie a porté sur plus de 50 milliards de dollars. L’aigrefin américain a battu tous les records des grandes escroqueries financières mais Denis Sassou Nguesso, encore impuni, a-t-il été plus fort que lui ?

En 1977, Denis Sassou Nguesso est un colonel, ministre de la défense. Au prétexte de sauver le pouvoir marxiste-léniniste et de préserver le socialisme, avec quelques officiers congolais et pétroliers français complices, il lança son entreprise de conquête personnelle et d’appropriation d’un pays de 342.000 km2, riche de pétrole, de minerais et de forêts primaires pour 3 millions d’habitants, à cette époque.

Si l’on n’avait pas eu à déplorer tant d’assassinats, de crimes de guerres civiles, d’attentats, de malheurs accumulés, de misère, de pauvreté, de mépris des droits humains, Denis Sassou Nguesso aurait facilement pu être reconnu comme le maître incontesté de tous les escrocs et pilleurs de la planète. Devant Bernard Madoff !

Toutes les ressources du pays, depuis son retour au pouvoir en 1997, ont été destinées principalement à l’enrichissement de sa famille au détriment de 75% de la population congolaise qui connait maintenant l’extrême pauvreté. Les courtisans membres de son clan ont reçu des miettes consistantes qui leur ont permis un semblant d’opulence. Les complices n’ont pas manqué ; tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Le savoir-faire des pétroliers était à l’origine du complot de la prise du pouvoir, en 1977 et l’a été aussi vingt ans après, dès le 5 juin 1997.

Les proches de Sassou-Madoff n’ont pas été en reste. Hormis les célèbres méfaits du précurseur Willy Nguesso et du fiston Denis Christel, un de ses gendres (déjà dans le collimateur des justices nigérianes et italiennes)  s’est constitué une très solide fortune, dans des transactions douteuses, totalement sous le sceau d’un trafic d’influences au sommet des institutions corrompues de l’Etat congolais. Le Congo, débarrassé de Sassou Nguesso ne saurait tarder à rejoindre le Nigéria dans sa quête de justice. Un autre, un ami seulement, avait tellement bénéficié de sa proximité avec le président kleptocrate, qu’une de ses participations dans une opération pétrolière a attiré l’attention de la très redoutable S.E.C. (Securities and Exchange Commission) de New-York. Cette dernière, sûrement dépassée par l’ampleur des connections politico-maffieuses du secteur pétrolier au Congo ou peut-être simplement téléguidée par l’ancien patron d’EXXON, le Secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson, aurait saisi le Justice Department  à Washington pour enquêter sur les opérateurs pétroliers présents au Congo-Brazzaville. Cette information n’a pas encore été confirmée officiellement mais la source est de toute première qualité. Si tel était bien le cas, c’est un large pan des complicités, dont Denis Sassou Nguesso a bénéficié, qui sera révélé. Sans conteste possible, les sanctions seront lourdes, très lourdes … !

Les banques qui ont permis les préfinancements, les traders qui les ont organisés devraient se faire également un peu de mouron ; surtout ceux qui livraient à MPila, dans des petites valises à roulettes, un petit dollar en espèces par baril… Le petit péché mignon du tyran qui, en différentes devises, aimait savourer le goût délicieux de « son » juteux pétrole ! [i] D’autres banques, plus discrètes ont organisé le blanchiment de faux prêts mais avec de vrais remboursements de centaines de millions de dollars.

Ces affaires, les unes ou les autres, comme une marée noire, finiront bien un jour par remonter à la surface. Le plus tôt serait le mieux… L’impact médiatique sera énorme et contribuera largement à l’effondrement définitif d’un pouvoir moribond qui ne tient plus qu’à un fil. Le monde entier pourrait alors connaître les véritables méfaits de la tyrannie congolaise, l’ampleur de ses crimes et de ses détournements.

L’éducation nationale au Congo, dès que Sassou Nguesso avait pris le contrôle du pays, était une des meilleures d’Afrique. Une quarantaine d’années plus tard, sous sa botte taillée sur mesure, les élèves congolais s’entassent jusqu’à 398 par classe souvent à même le sol, sans banc ni table pour un pays qui exporte 2,5 millions de m3 de bois par an.

Par les armes, par son totalitarisme, le pillard de l’Alima, s’est assuré une impunité sur le plan national. Par sa complaisance sur les conditions de l’exploitation pétrolière, par la corruption d’élites et d’élus de toutes nationalités, français et européens en particulier, le dictateur kleptocrate a eu droit à une reconnaissance internationale, à des aides et à des éloges TOTALement usurpés. Des Evêques et des Cardinaux à l’intérieur même du Vatican ont servi cette même cause, avec les mêmes moyens et aux mêmes fins… Idem à Bruxelles, au siège de l’Union Européenne toujours silencieuse s’agissant des élections ou de la situation politique au Congo.

Exsangue financièrement et économiquement le pays est mort, complètement mort. Aucune structure de production agricole ou d’élevage n’existe réellement au Congo pour répondre aux besoins d’une demande intérieure et encore moins pour l’exportation.

Suscitées pour masquer la faillite financière, le pays est actuellement la proie de grandes violences. La tentation pourrait être grande chez certains de laisser, sans mot dire, le sang congolais couler à flots, comme nous le voyons déjà dans le Pool, et laisser le pays s’embraser dans un feu purificateur qui effacerait toutes traces de complicités, comme ce fut le cas en 1997-1998. Cela n’avait alors dérangé personne. Cependant, ce coup de poker sera très difficile à répéter.

Denis Sassou Nguesso n’est pas un dirigeant africain tout à fait comme les autres. Il est temps de démasquer l’escroc-dictateur congolais et de dresser son bilan catastrophique. La farce a assez duré : perte d’influence, instabilité politique, guerres à répétition, émigrations et sous-développement. La France derrière le Président Macron vient de se débarrasser de sa vieille classe politique. C’est un exemple qui devrait servir à toute l’Afrique et principalement au Congo avec ses vieux réseaux françafricains.

Par Rigobert OSSEBI  

(Extrait de congo-liberty)

[i] Tanker Suezmax = 1 million de barils

Tanker VLCC (Very Large crude carrier) = 2 millions de barils

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22 mai 2017 1 22 /05 /mai /2017 00:44
 
Les rafles font rage au Congo-Brazzaville, dans toute la partie sud du Congo, de Brazzaville à la ville de Pointe-Noire. Le régime de M. Sassou, produit de la françafrique, fait la chasse des Congolais présumés parents des Ninjas-Nsiloulou. La fable de La Fontaine "Le loup et l'agneau" est la devise clanique des Sassou & Nguesso : "SI CE N'EST TOI, C'EST DONC TON FRERE !".

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Nous attirons l'attention de Monsieur le Président de la République Française, de Monsieur le Premier ministre et son Gouvernement, notamment et très particulièrement de Monsieur Yves Le Drian, ancien ministre de la Défense, actuel ministre des Affaires étrangères, de MM. Delevoye et Jean-Yves Ollivier, etc., amis et vieilles connaissances françafricaines de M. Sassou Nguesso, de faire très attention sur les agissements de leurs protégés. Les crimes de cet homme, Sassou Nguesso et son clan, risqueront de rejaillir sur la France. Les "INTERETS DE LA FRANCE" ne sauront reposer sur les crimes et les massacres humains, même si Georges Clémenceau avait dit : "Une goute de pétrole vaut bien une goute de sang" (sic). Les temps évoluent.

 

LISTE DES DETENUS POLITIQUES AU CONGO BRAZZAVILLE ( récent) INCARCERES POUR AVOIR EU UN PARENT NINJA ( document reçu sous forme PDF)

N°, NOMS, PRENOMS, LIEU D'ARRESTATION

01 BIBOUMBOU André, Kinkala
02 BIBOUMBOU Adelaïde,  Kinkala
03 MATONDO Aimé,  Kinkala

INCITATION AU TROUBLE A L'ORDRE PUBLIQUE

N°, NOMS, PRENOMS, LIEU D'ARRESTATION

01 KONGO DIA DJOKOLO Lungela,  Bacongo le 15/01/2016

USURPATION DES INFORMATIONS ET TROUBLE A L'ORDRE PUBLIQUE

N°, NOMS, PRENOMS, LIEU D'ARRESTATION

01 GANGA DONGUI Christ Belvie Sydney, Palais du Parlement

ATTEINTE A LA SURETE DE L'ETAT
N°, NOMS, PRENOMS, LIEU D'ARRESTATION

01 KIALOUMBOU  Placide
02 NZINGOULA MIAKAMONA  Sylvain
03 MBANZA

ENFANT DE 15 ANS
N°, NOMS, PRENOMS, LIEU D'ARRESTATION

01 CYIMANA Prince Tharcisse

N°, NOMS, PRENOMS, LIEU D'ARRESTATION

01 MALIEMI Dieudonné Roger
02 MOUNGO Antoine
03 MONGOTO Samson
04 MBOUTOU Gaël
05 NKUNDIMANA Joseph
06 RUZINDONA Silas

DETENTION ILLEGALE D’ARMES ET MINUTIONS DE GUERRE ET AUTRES
N°, NOMS, PRENOMS, LIEU D'ARRESTATION

01 BAKADISSA  Gabriel
02 BAKEKOLO  Blaise
03 BAKOUAT  Jonas
04 BALEHOLA  Noél
05 BALOSSA Dumerland
06 BALOU rolvi
07 BANZOUNGOULA  Belvi Samarange
08 BANZOUNZI Déo Gracias
09 BANZOUNZI Grace
10 BATANTOU MILANDOU  Guibert
11 BAZOLO  Belvany
12 BITSINDOU Tachimy
14 BOUESSO NKOUSOU David
15 BOUKAKA  Sylvain
16 BOUTSINDI BANZOUZI  Fredelia
17 BOUZIKA  Ernest
18 DIAKOUKA  Belmi
19 DIAMONIKA Ardia
20 DIATOUBAKA  Gilbert
21 FOUANI Flavy Symplice
22 KIBEMBE BOUESSO  Stallone
23 KINKODA  Roland Armel
24 KOUBINDAMA  Arnaud
25 LOUBAKI gernese Duval
26 LOUHEMBA BOUBOTE Habib Rodriguez
27 MADIETA  Gislain
28 MAKITA  Jean Pierre
29 MALANDA MIATSOUKINA  Félie
31 MALONGA Doryon
32 MALONGA  Ghislain
33 MALONGA  Borgia
34 MAMONA  Dani
35 MAMPOUYA HOMBISSA Daniel
36 MASSENGO  Brisse
37 MATAMA MBODOU
38 MBENZA  Huvert
39 MBIZI  Trésor
40 MBOKO NKOMBO  Blanchard
41 MBOUMBOU NGANGA  Marnez
42 MENGA  Aurel
43 MEZA Constant Armel
44 MISSAKILA  Franck
45 MOANDA  Hermano Illicth
46 MOUANDA  Herman
47 MPONGUI  Jean Chéri
48 NDALA  Silaho
49 NDILA NGUILA  Dan Paul
50 NGOMA  Christ
51 NSOUZA  Bienvenu
52 NZOUNGA  Bienvenu
53 NZOUZI  Raphael
54 NZOUZI  Richard
55 SAMBA BABEKOUABO Brel
56 TELO  Christian
57 TITIANI  Rado
58 WAKALOUDI MPASSI  Hervé
59 WAMONAHO Ngampara
60 ZATAKINDILA MBEMBA  André

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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 19:48
 
Le texte ci-après est extrait du livre de Krysis Kilokila-Kiampassi, "Barbarie et folie meutrière au Congo-Brazzaville. Un châtiment collectif pour appartenance ethnique", Ed. L'Harmattan, Paris, 2005.

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Des voix se lèvent contre la violence armée dans le Pool (1998-2005)

A celles et ceux qui disent que personne ne parle, ne dit rien. Voici des extraits des réactions de Mgr Portella, Evêque de Kinkala et de feu Sage du Pool, M. Florent Mienantima. Cela fait 20 ans que M. Sassou Nguesso et son clan se livrent à l'extermination des Kongo dans la région du Pool. La guerre dans le Pool n'a vraiment jamais cessé. Les opérations "Colombe 1 et 2", "Hadès", "Hérode" et "Mouebara 1 et  2" suivent toujours leur cours. Mouebara est le nom de la mère de Sassou Nguesso. . A la France qui nous a "affecté" ce criminel en 1997 par le bout d'un canon sur fond de fleuve de sang et de larmes, et au président Hollande qui lui a donné le quitus, le permis de tuer en octobre 2015, au nom des INTERETS DE LA FRANCE, le peuple Congolais demande de retirer son criminel qu'il n'a pas choisi librement. Merci de partager ce document et de faire connaître ce livre-témoignage. Un livre à lire impérativement.

 

Châtiment collectif pour appartenance ethnique

 

La recrudescence de cette violence armée dans le Pool a de nouveau mobilisé toutes les forces vives de la nation pour tenter de trouver une solution définitive à cette crise. Au nombre des initiatives prises à cette fin, il y a eu les déclarations des Evêques du Congo et leurs prises de contacts avec les autorités politiques et civiles, les déclarations de certaines personnalités politiques et civiles, la Concertation pour la restauration de la paix au Pool, organisée du 14 au 18 novembre 2002, par les ressortissants du Pool et la marche citoyenne qui les a conduits à la résidence privée du Chef de l’Etat, le 18 novembre 2002. C’est donc au terme de toutes ces initiatives, notamment à l’issue de la marche citoyenne, que le Chef de l’Etat a annoncé sa volonté de mettre fin à la violence armée dans le Pool, en demandant aux jeunes qui ont pris les armes à rentrer de Brazzaville où il leur garantit la sécurité, l’amnistie et la réinsertion sociale. Cet appel a enclenché une réelle dynamique de résolution de cette crise armée, après avoir, au départ, semé la confusion et la panique dans les esprits des populations du Pool.

 

1. Appel à la responsabilité nationale et internationale de l’Evêque de Kinkala

  « C’est un cri que je lance à l’adresse de toute la nation congolaise et de tous ceux qui l’aiment. Ce qui se passe à présent dans la région du Pool est à peine supportable pour un cœur tant soit peu humain. Voilà déjà, en effet, plus de deux mois que cette région est l’objet d’une « sollicitude meurtrière » qui se manifeste dans un « pilonnage » assidu de plusieurs localités ; je cite, entre autres, Madzia (4 fois), Matoumbou, Yokama, les environs de Kololo, Ngandou, Malela…, sans oublier, bien sûr, « l’épicentre » même du drame : la région de Kindamba-Vindza.

Le motif déclaré de ces tristes opérations, c’est la présence incongrue et indésirable du chef de l’ancienne résistance et de ses jeunes adeptes qui, par leur marginalité parfois violente, il faut le reconnaître, dérangent la tranquillité des populations et ne contribuent pas du tout à la paix dans la région. Malheureusement, sans être familier de l’art militaire, on peut constater que ce ne sont pas ces cibles qu’on atteint, à cause de leur grande mobilité et de leur maîtrise incomparable du milieu. Ce sont plutôt les pauvres populations qui en subissent de graves conséquences : des vies humaines fauchées, des infirmités provoquées, des habitations détruites, des déplacements forcés, à pied, sur 50, 100 et même 200 km, avec des bagages de fortune, sans assistance médicale ni secours alimentaire (les ONG humanitaires n’y ont pas accès, semble-t-il, par manque de visa de sécurité), des décès en pleine route sans inhumation digne, un sol de plus en plus impropre à l’agriculture parce que saturé de bombardements. Il y a aussi la triste certitude de revoir, au retour, les maisons pillées, dépouillées du peu qui était resté, par ceux-là mêmes qui sont officiellement préposés à la protection des personnes et des biens.

Aujourd’hui encore, à cause des menaces de bombardement, au vu des engins lourds qui y sont acheminés, un véritable exode est en cours : des milliers de personnes se dirigent encore vers Brazzaville, désespérées, lassées de ce triste sort qui leur échoit. Ajouter à cela, l’angoisse de tous ces jeunes, obligés de vivre cachés dans les forêts, de peur d’être traités de « Ninjas infiltrés ou potentiels ». Quelques-uns ont été même portés disparus, par le fait de la force publique (question à instruire dans le droit et la justice).

Comment ne pourrait-on pas crier, avec le prophète : « Nous attendions la paix, et rien de bon ! le temps du remède, et voici l’épouvante ! » (Jérémie 14, 19).

Oui, voici l’épouvante ! C’est difficile à comprendre, surtout après les « professions de foi » de nos responsables sur la paix ! Annoncer et promettre la paix et en même temps décider des opérations, sources de tant de souffrances injustes pour des filles et des fils de la nation, relève d’une logique mystérieuse difficile à décrypter.

Car, pour beaucoup d’entre nous : pour les évêques du Congo, pour le Conseil œcuménique, pour les sages des différentes régions de notre pays, pour les institutions nationales comme le Comité de suivi de la Convention pour la paix et la reconstruction du Congo et le Haut-Commissariat à la Réinsertion des ex-combattants, pour des associations comme le Comité des femmes pour la paix, le Mbongui du Pool, le Mopax, les femmes du Kouilou (1), le seul chemin capable d’apporter et de garantir une paix profonde et durable est celui du dialogue. La guerre, surtout celle-ci où les populations innocentes sont les premières victimes, n’accouche que de la destruction physique et morale. Elle ne fait qu’attiser les haines, développer les rancoeurs, faire naître, dans la région, la conscience d’être des « mal-aimés » de la République. La  solution est ailleurs. Elle est dans la reprise  du dialogue, elle est dans la réactivation de la réinsertion socio-économique des ex-miliciens, elle est dans le désenclavement de la région par la réfection urgente des routes, elle est dans l’éducation morale, civique et disciplinaire de nos jeunes et particulièrement des ex-miliciens déjà enrôlés dans l’armée qui, par leurs forfaits perpétrés (pillages, vols, viols), font honte à notre Force publique, elle est dans le développement humain harmonieux de toutes les régions du pays, elle est dans la justice et l’égalité de chance pour tous. C’est pourquoi, j’appelle de tous mes vœux un engagement plus clair et plus ferme de la part de tous ceux qui se sentent concernés par cette tragédie qui est nationale : filles et fils de toutes les régions du pays, représentants des pays amis, chrétiens et croyants, pour obtenir l’arrêt des combats et la reprise du dialogue. Oui, la paix n’a pas de prix, même si sa recherche doit mettre notre patience à rude épreuve, car ce sont des vies humaines qui sont en jeu. Et les souffrances des populations innocentes ne peuvent jamais être une bénédiction pour ceux qui les causent. Oui, au nom de Dieu entre les mains de qui le Congo a été placé, et dont « les pensées sont des pensées de paix et non pas de malheur » (Jérémie 29, 11), que cesse la guerre au Congo » (2).

Monseigneur Louis Portella Mbuyu

Evêque de Kinkala

 

2. Le président des sages du Pool sollicite du Gouvernement l’arrêt des violences

Devant le spectacle macabre qui se joue dans le Pool en général, et dans son propre village, en particulier, le président des Sages du Pool, Monsieur Mienantima Florent, réagit et demande au Ministre de l’Intérieur d’assurer la sécurité des populations du Pool. Il adresse également, au même ministre, un rapport d’assassinats perpétrés par la Force publique à Mpayaka, son village.

 

Première lettre :

« Mpayaka, le 20 juillet 2002.

A Monsieur le Ministre de l’Intérieur à Brazzaville.

Objet : Compte rendu d’assassinats perpétrés à Mpayaka par la Force Publique

 Nous avons l’honneur de vous rendre compte des événements survenus au village Mpayaka.

Dans la journée du samedi 6 juillet 2002, au matin, un contingent de militaires des Forces armées congolaises en service commandé a fait irruption au village Mpayaka, soi-disant à la recherche des Ninjas.

Cependant, à défaut des Ninjas, ils ont tué dix (10) personnes non armées :

1 - Nkodia Roméo, 17 ans, élève au CEG de Kibouendé ;

2 - Bibimbou Marcel père, 82 ans, tué et brûlé dans la maison ;

3 - Bibimbou fils, 18 ans, apprenti menuisier ;

4 - Nganga Emery, 25 ans, paysan, agriculteur ;

5 - Makoumbou Dieudonné, 18 ans, élève au CEG de Kibouendé ;

6 - Safoula, 17 ans, élève au CEG de Kibouendé ;

7 - Bantsimba Jean, 50 ans, Président des parents d’élèves de Mpayaka ;

8 - Lemina Albert, 70 ans, Chef de village Ngamalie ;

9 - Samba Kihanzi, 80 ans, brûlé dans sa maison ;

10 - Nsamoukounou-Wamba, femme de 65 ans, tuée mutilée par arme blanche ;

11 - Bissila, blessé par balle, non en danger de mort, est en train d’être soigné ;

En plus, ils ont torturé, battu violemment et menacé de mort un grand nombre et même le Président du comité de village, Monsieur Mienantima Florent âgé de 75 ans.

Toutefois, on peut noter que parmi les assassinés, seul Nganga Emery avait été un ex-combattant ninja qui avait rejoint ses parents et faisait ses champs.

Ensuite, ils ont brûlé toutes les maisons en toiture de paille des six quartiers de Mpayaka soit environ cent trente- cinq (135). Mpayaka a été brûlé à près de 80%. Des arbres fruitiers ont été coupés, les jeunes plants arrachés.

Mpayaka a été pillé de fond en comble avec les animaux. Après cette mise à sac, toute la population, soit environ quatre cents (400) personnes ont été contraintes d’aller à Kibouendé dans le dénuement total.

Monsieur le Ministre, vous êtes notre tutelle. La situation de Mpayaka est le sort subi par la plupart des populations et villages du Pool : un châtiment collectif pour appartenance ethnique. Bien que tard, nous implorons votre intervention contre cette manière de faire.

Le présent compte rendu vous est adressé à titre d’information et à toutes fins utiles.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, nos salutations distinguées.

Le Président du Comité de village Mpayaka

Mienantima Florent.

Ampliations :

Ministre de la Défense

Chef d’Etat Major Général FAC

Chef de District de Kinkala

Chef de Région Pool

Archives ».

 

Deuxième lettre :

« Mpayaka, le 17 août 2002.

 

A Monsieur le ministre de l’Intérieur,

Général Pierre Oba.

 

Monsieur le Ministre,

Au regard de la situation des populations du Pool qui, chaque jour devient plus dramatique que la veille, j’ai l’honneur de vous adresser la présente lettre parce que vous êtes notre Ministre de tutelle. Vous avez la responsabilité d’assurer notre sécurité.

Monsieur le Ministre, je suis Monsieur Mienantima Florent, Chef du village Mpayaka (Kinkala). J’ai 75 ans d’âge. J’ai été :

Chef de terre Mboleke (Kinkala) en 1963

Conseiller de district et de région de 1963 à 1978

Président du Tribunal de 1er degré de Kinkala de 1962 à 1977

Président du Comité de village Mpayaka de 1964 à nos jours

Député à l’Assemblée Nationale Populaire de 1973 à 1978.

A cause de ma petite expérience, j’avais été élu par mes pairs Président des sages du Pool.

 

 J’ai vécu les événements des 3 Francs en 1941, les abus de la J.M.N.R, en 1964, la recherche de Diawara dans les forêts de Goma-Tsétsé. Aucun de ces événements ne m’a inquiété personnellement. Seuls les mis en cause subissaient la répression de la loi.

En octobre 1998, les Ninjas m’ont brutalisé jusqu’à me ligoter en prétextant que j’avais conduit les Cobras qui avaient brûlé Kibouendé. Quand ils ont vérifié, ils se sont aperçus que je n’y étais pour rien. Pendant ce temps, ils avaient déjà anéanti mes biens et détruit mes trois (3) parcs avec cent vingt-sept (127) bœufs.

Cette fois-ci, les militaires des FAC [Forces armées congolaises] ont fait irruption dans mon village Mpayaka sous prétexte de rechercher les Ninjas. A défaut des Ninjas, ils ont assassiné dix (10) personnes gratuitement, blessé une par balles. Pendant ce raid, j’ai été violemment battu, sans considération de mon âge. J’ai eu quatre (4) côtes déformées. Ils ont pillé tous les biens du village. Ils ont volé mes vingt (20) cabris et mes moutons. Ils ont brûlé près de cent trente-cinq (135) maisons. Le village a été détruit à 80%.

Dans mon cas, traqué d’un côté par les Ninjas et de l’autre par les Cobras, sous la peau des FAC, je me demande de quel côté suis-je. Ceci est pour dire qu’il y a beaucoup d’innocents qui subissent dans le Pool.

Monsieur le Ministre, au cas où vous ne le sauriez pas, j’ai l’honneur de porter à votre connaissance qu’en ce moment, les populations du Pool sont victimes des exactions les plus sévères de la part des militaires de toutes nationalités confondues. Massacres, viols, rackets, bombardements d’hélicoptères, sont les maux auxquels on est soumis à tout moment. La mort est distribuée gratuitement et pour rien, selon le bon vouloir de la Force Publique. Une rencontre des FAC avec un jeune homme soupçonné d’être ex-Ninja signifie assassinat de ce dernier. Un ex-Ninja est automatiquement tué. Ils ne font pas de prisonniers. Ce système de rechercher tous les ex-Ninjas un à un est très dangereux. Ainsi traqués, bien qu'ayant déposé les armes, les Ninjas ne sortent plus. Cela signifie que le Pool perdra de ses jeunes d’ici là. Monsieur le Ministre, votre responsabilité est engagée, il faut réagir. Au village, la conclusion est que les militaires agissent ainsi selon les ordres bien reçus du gouvernement parce qu’ils ne sont jamais rappelés à l’ordre et cela dure depuis toujours. Chez le soldat, quand on dit : va ! il va, viens, il vient ; fais, il fait sinon il est sanctionné.

 Monsieur le Ministre, je voudrais aussi porter à votre connaissance que beaucoup d’hameaux ont déjà été effacés de la carte du Pool et du Congo. Les militaires passent et repassent dans les villages désertés, pillent et repillent et finissent par incendier les maisons et enlèvent les tôles. Kibouendé regroupe en ce moment les déportés de plus de vingt (20) villages de Kinkala-Nord et de Mayama. Comment vivent-ils ? Dans le plus grand dénuement. Ils ont abandonné leurs champs parce qu’une rencontre avec les FAC signifie la mort. Si la guerre s’arrête aujourd’hui, beaucoup de rescapés ne retrouveront plus de village ni de maison où habiter. Le gouvernement qui, en ce moment éprouve des difficultés pour assurer régulièrement les pensions des retraités, les bourses des étudiants, les salaires des fonctionnaires, sera incapable d’aider les paysans du Pool à rebâtir leurs maisons. Il serait donc temps que le gouvernement arrête net cette situation.

Monsieur le Ministre, une question fondamentale est de savoir si la région du Pool est en rébellion contre les institutions de la République. A mon avis, il n’en est pas question. Pourquoi alors faire subir une guerre si atroce, faire payer un si lourd tribut aux populations pour une personne que beaucoup ne connaissent même pas physiquement. Cette attitude nous fait conclure que le gouvernement nous fait subir un châtiment collectif pour appartenance ethnique. C’est dangereux pour une République.

Monsieur le Ministre, en ma qualité de Sage, je voudrais vous suggérer d’abord la résolution du problème du Pool par un autre biais : celui de l’amour. Ne considérez pas uniquement votre pouvoir à asseoir à tout prix quel que soit le nombre de morts dans le Pool et sa destruction matérielle. Considérer d’abord la population. Si vous avez un peu d’amour pour les habitants du Pool, faites que le gouvernement arrête son expédition. Quel plaisir éprouvez-vous en apprenant toutes les nouvelles macabres en provenance du Pool depuis 1998 ? Il n’y a aucune gloire d’avoir saccagé une région et d’entrer dans sa mémoire comme son destructeur. L’hécatombe du Pool et même le chaos du pays tout entier exigent du gouvernement de la hauteur et surtout beaucoup de lucidité. Si le gouvernement considère les personnes avant toute chose, il devra revoir sa copie. C’est alors que le gouvernement doit chercher et réexaminer toutes les données des problèmes jusqu’au bout du raisonnement. Chez les villageois, pour arriver jusqu’au bout du raisonnement dans un problème politique à plusieurs têtes, il n’y a qu’une seule approche : le dialogue. Le dialogue est le fruit de l’amour. Tout le reste n’est que perte de temps, d’énergie, de personnes et de biens. Ce que je dis est simple, mais il n’y a que ceux qui ont l’amour pour leurs semblables qui y arrivent. Un adage de nos villages dit que si le chemin se perd, il faut repartir à la croisée des chemins. Les problèmes politiques n’ont pas qu’une seule solution. Quand un schéma ne marche pas, on en prend un autre. Si on examine les accords déjà passés, on s’apercevra que certaines clauses ont été foulées aux pieds de chaque côté. Dans certains pays, par amour, pour sauver leur population, les gouvernements décrètent des cessez-le-feu unilatéraux. Pourquoi pas chez vous ?

Monsieur le Ministre, je sais que des voix plus autorisées que la mienne ont déjà parlé dans le même sens. J’ai tout simplement voulu vous rappeler que les populations du Pool sont aussi vos citoyens et que vous avez la responsabilité de leur sécurité.

Encore une fois, Monsieur le Ministre, nous vous implorons de faire arrêter le châtiment collectif pour appartenance ethnique des populations du Pool. Soyez notre Avocat auprès du gouvernement et surtout auprès du Président de la République.

Entre-temps, veuillez agréer, Monsieur le Ministre, mes remerciements anticipés.

Mienantima Florent ».(*) 

 (Extrait du livre de Krysis Kilokila-Kiampassi, Barbarie et folie meurtrière au Congo-Brazzaville. Un châtiment collectif pour appartenance ethnique, L’Harmattan, Paris, 2005)

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(*) M. Florent Mienantima, le Sage du Pool, est décédé l’année dernière (2016), à la suite d’une longue maladie.

(1) - Cf. : La Semaine Africaine, n° 2362 du 16 mai 2002.

(2) - Cf. : La Semaine Africaine, n° 2363 du 23 mai 2002

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18 mai 2017 4 18 /05 /mai /2017 11:58
 
Le dictateur-tyran Sassou Nguesso est en train d'opérer un véritable nettoyage ethnique dans la région du Pool. Il s'en prend aux enfants. Opération dite "HERODE". Après le Pool, ce sera où, dans quelle région ?

Congo-Brazzaville : la preuve par les images...

Nous ne faisons aucun commentaire. Nous faisons parler les images !

L'homme placé par la françafrique au Congo-Brazzaville en 1997 dans les conditions que l'on sait, sur fond de guerre, de fleuves de sang et de larmes, soutenu ensuite par le président Hollande en octobre 2015, continue ses massacres humains, sans que personne ne s'en émeuve... Après tout, ils valent combien ces N... !

Mais, nous en appelons aux personnes éprises de paix et de bonne volonté d'aider autant qu'elles le peuvent !

C'est un S.O.S., un appel au secours !

Il leur reste combien de temps à vivre à cette mère et son enfant ?

 

Cet enfant ne verra plus jamais la lumière du soleil. Ses yeux ont été crevés par les milices de Sassou Nguesso. Ceci se passe dans la région du Pool. Parce qu'il est de l'ethnie Kongo du Pool.

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En effet, Brazzaville est, déjà, en état de siège. Précisément, dans les quartiers Sud comme Bacongo et Makélékélé. Tout se passe comme si l'attaque de la capitale congolaise était imminente. Des murets de sacs de sables sur certains ronds points, montrent à la population apeurée que le pire est à venir et qu'il n'est plus exclu qu'elle revive le même calvaire que celui de la guerre de 1998-2005.

Bien que préoccupé par cette situation, Sassou-Nguesso a été obligé de se rendre à Oyo mardi pour assister à l'anniversaire de la mort de sa maman, Madame Mouébara, survenue, en 1982, à Paris. Mais, en vérité, le dictateur n'a pas le cœur en place. Pendant que son corps dort à Oyo, son esprit rôde dans les faubourgs de Brazzaville et dans le département du Pool où un génocide en vase clos est en train de se commettre.

Plusieurs charniers y ont été creusés pour dissimuler des dizaines et des centaines de corps que l'état-major ne pouvait remettre aux familles, de peur de provoquer la colère de ces dernières. On sait, d'autre part, que le fleuve Djoué a charrié plusieurs corps de personnes tuées dans le Pool, que le pouvoir voulait cacher.

Des dossiers sur ce génocide sont d'ailleurs en train d'être constitués, avec des photos très parlantes à l'appui sous la direction de l'intraitable Me Maurice Massengo-Tiassé. Une enquête de la CPI, sur les massacres des populations civiles au Congo-Brazzaville, n'est plus à exclure. Des albums photos montrent le degré d'horreur que vivent les populations civiles du Pool depuis un an. Dans un silence de cathédrale de la communauté internationale.

En septembre dernier, déjà, Me Tiassé, en sa qualité de deuxième vice-président de la Commission nationale des droits de l'homme du Congo, avait pu remettre un rapport d'une gravité extrêmement insolente, à la Commission des Nations-Unies pour les droits de l'homme, à Genève, sur les massacres du président, Sassou Nguesso, contre les populations civiles. Ce même rapport a, également, atterri à la CPI où il suit, toujours, son cours.

Après l'assassinat par balle, dans le Pool, la semaine dernière, d'une petite fille de trois ans (dont la photo a fait le tour du monde), à cause, semble-t-il, d'une « balle perdue » de la police, voici une autre photo d'un enfant du même âge à qui les soldats de Sassou ont crevé les deux yeux (voir photo ci-dessus). Pour punir son père suspecté d'être un milicien de Ntumi ? Il faut noter que le dictateur compte des dizaines et des dizaines de petits-enfants du même âge, qui, eux, ne manquent de rien, et dont le mot souffrance est inconnu de leur vocabulaire.

L'horreur a atteint son paroxysme dans le pays...

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10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 15:27

CONGO/SITUATION CRITIQUE : TOT OU TARD, LES FALC ENTRERONT A BRAZZAVILLE

Depuis l'attaque des positions de la milice de l'ethnie-Etat par les forces du pasteur Ntumi, les Forces Armées pour la Libération du Congo, à Missafou, les supputations vont bon train. On parie sur l'entrée des Ninjas Nsiloulous à Brazzaville. Une chose est sûre, les forces du pasteur Ntumi ne se contentent plus de rester dans la défensive : elles sont passées à l'offensive - ce que nous avons appelé de nos voeux depuis très longtemps. En position de légitime défense, ils viennent, attaquent, tuent, détruisent des véhicules et emportent des armes et des équipements militaires. Denis Sassou Nguesso compte avant tout sur son aviation terroriste qui bombarde tous azimuts, sans distinction. L'ennemi n'est pas distinguable. Il n'y a pas plus ressemblant à un Mukongo qu'un autre Mukongo. L'ordre est de massacrer tous les Bakongo à défaut de distinguer le bon Mukongo du mauvais. Dans le doute, tuer. Même les vieillards, les femmes et les enfants car un Mukongo reste un Mukongo, c'est-à-dire, de la mauvaise graine qui engendre de la résistance. Ce qui se déroule dans le Pool, c'est un génocide programmé, un holocauste au nom de la mère car nous sommes à nouveau dans l'Opération Mouébara dont l'objectif final est de raser le Pool. TOTALEMENT. Denis Sassou Nguesso veut terminer son crime de massacre de masse au plus vite pour éviter que la communauté internationale ne finissent par tourner les regards vers le Congo. La France a un nouveau président de la république. Trump est aux manettes aux Etats-Unis. A un moment ou un autre, la communauté internationale finira par s'intéresser à ce qui se passe au Congo sur le plan des violations des droits de l'homme. Il faut donc se dépêcher. Ce coup-ci, le monstre de l'Alima ne veut plus que l'hydre Pool se relève et se reconstitue. Du coup, il rase et brûle tout !

Denis Sassou Nguesso doit savoir que la crise qu'il a créée et qu'il entretient volontairement pourrait très bien se retourner contre lui. Toutes les conditions sont réunies pour la grande explosion finale. Financièrement, le Congo est en faillite avec perte de la confiance même des fonds vautours - ce qui paralyse toute l'économie nationale qui tourne au ralenti depuis la baisse drastique du prix du baril de pétrole. Politiquement, le pouvoir est affaibli car tous savent que Denis Sassou Nguesso n'a pas gagné l'élection présidentielle du 20 mars 2016, c'est donc un dictateur diminué qui est aux commandes de l'ethnie-Etat. le PCT se prépare à aller aux législatives en désordre. Socialement, le pays souffre du manque de carburant, de la pénurie d'eau et d'électricité, de la vie chère, de la corruption, de la violence arbitraire. A l'intérieur de la "faiblesse" publique, ça murmure, même si ça ne gronde pas encore car la soldatesque ethnique bien que formée pour obéir aux ordres, pose désormais des questions et tire en l'air. Certains vont jusqu'à la désobéissance suprême : refuser de tuer et de mourir au nom du Nkani dieu Denis Sassou Nguesso, Otsombé !

Les Ninjas Nsiloulous sont passés à l'offensive comme nous l'avons suggéré dans un de nos articles pour éviter de subir les attaques du régime. La rumeur de leur entrée à Brazzaville enfle. Nous avons à une époque indiqué qu'il y avait déjà cinq mille membres des FALC qui sont à Brazzaville et qui attendent patiemment que les tensions militaires atteignent la capitale pour sortir de leurs cachettes. C'est une question de temps : si le régime n'implose pas, il explosera. La seule supériorité offensive qui maintient le régime la tête hors de l'eau, ce sont les hélicoptères de combat pilotés par des mercenaires ukrainiens mais, en milieu urbain, une attaque de nuit, notamment quand Brazzaville est dans le noir, peut faire toute la différence. 

Nous appelons au sabotage de l'équipement et de la logistique de l'armée par la soldatesque ethnique de Denis Sassou Nguesso. Les petits sabotages suffisent à causer de grands dégâts. Si vous ne voulez pas vous rendre dans le Pool, chers miliciens de Tsambitso, il vous suffit de saboter les véhicules militaires, les chars, les hélicoptères et tout le reste. C'est facile : du sucre, du sel, du sable,  de l'eau, etc.

Au sein de la milice ethnique de Tsambitso, les gens ont de plus en plus de mal à accepter d'aller se faire tuer dans le Pool pour rien. La révolte peut venir de l'intérieur de l'armée - même si nous savons que les vrais soldats de la république sont désarmés. C'est la milice ethnique qui pourrait bien craquer. Si les FALC entrent à Brazzaville, nombreux parmi les miliciens du régime prendront la fuite car ils ne savent même pas pourquoi ils se battent.

La situation injuste dans le Pool produit désormais des effets pervers qui viennent ajouter à la morosité ambiante. On ne se demande plus si oui ou non Ntumi poussera ses FALC à entrer dans Brazzaville mais quand cela surviendra.

S'en prendre à des pauvres paysans, bombarder aveuglement ne vous fait pas gagner une guerre. La preuve, ça dure depuis plus d'un an.

Denis Sassou Nguesso ne peut pas être vaincu politiquement, son régime étant une dictature militaire. Pour en finir, il faut une insurrection armée comme nous l'avons dit à l'assemblée nationale française bien longtemps avant la crise du Pool. Si la dichotomie nord-sud ne fragmentait pas le pays, de nombreux soldats et miliciens auraient déjà rejoint les FALC. Nous souhaitons que certains soldats loyalistes se préparent à prendre le parti de leur peuple.

Les FALC ont commencé à attaquer les positions de la milice ethnique maquillée en armée nationale et on se dit qu'elles ne vont pas s'arrêter en si bon chemin. Même si Denis Sassou Nguesso appelle les siens au sacrifice suprême, tous ne sont pas prêts à mourir pour le Nkani et pour son pouvoir. LIWA YA OFELE pour que ses enfants narguent les vôtres après votre suicide pour rien ? Té !  BO BOYA NA BINO ! 

Cette situation est explosive à plus d'un titre. Tôt ou tard, elle explosera à la figure de Denis Sassou Nguesso. Il suffira juste que le monstre de l'Alima ne parvienne plus à payer sa milice privée. Aussi, nous dénonçons l'aide que madame Christine Lagarde, patronne du FMI, veut apporter à Denis Sassou Nguesso. Il faut laisser le ndzokou se dépatouiller dans sa propre grosse merde. L'éléphant finira par s'écrouler après avoir glissé sur sa propre grosse merde. La mère des questions est juste : Quand ?

LION DE MAKANDA, MWAN' MINDZUMB', MBUTA MUNTU.

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29 avril 2017 6 29 /04 /avril /2017 01:13

Par David LONDI

La mauvaise gestion du pays se traduit par  le tarissement des ressources budgétaires qui précipite les pans entiers de l’économie dans une descente aux enfers laissant sur le carreau des milliers de Congolais , déstructurant tous les services éducatifs et sanitaires alors que notre pays a des atouts économiques formidables :   ressources naturelles abondantes (minerais, pétrole, bois) donnant un  PIB de 14,135 milliards au 122ème sur 248 devant le Gabon, la Syrie, l’Albanie, la Macédoine, les Bahamas, le Rwanda, la  Namibie, par exemple. Si cette richesse était équitablement répartie le congolais disposerait d’un PIB / habitant de 3073 $USD (2014) devant le Maroc, Nigeria, Vietnam, Philippines, Ghana, Kenya, Cameroun, Sénégal, etc.  Où peut donc passer toute cette richesse créée par les hausses des prix des matières premières, pétrole en tête, de la dernière décennie ?  Les infrastructures sont en-deçà de ce que l’on pourrait attendre d’un pays riche en ressources et dont le développement économique, même s’il repose sur l’exportation de cette richesse brute, est en pleine expansion : Transports, écoles, hôpitaux, tout manque et n’est pas à la hauteur des attentes de la population, dont la misère est indescriptible ; taux de mortalité infantile (57,92%), taux d’alphabétisation 79,31% (2015), IDH : Indice de Développement Humain (138ème rang) 0,592 / 1 (2015). A tout ceci viennent s’ajouter la non existence des politiques de gestion d’exode rural impactant directement l’urbanisation des grands centres urbains et le développement stratégique de l’ensemble du territoire national, amorcé par Massamba Débat pour fixer les populations, surtout jeunes, sur leur lieu de naissance et éviter ainsi l’engorgement des villes insalubres : Brazzaville : 1 716  728 habitants, Pointe-Noire : 1 063 054 habitants, Dolisie : 83 798 habitants pour une densité de 14 h / km2 sur une superficie de 341 821 km2, l’une des plus faibles d’Afrique. Sur le plan industriel et commercial, l’impact est encore plus frappant, jugez-en vous-mêmes :

Baker Huhes a perdu 85% de son personnel en l’espace de 4 mois ;

Halliburton a perdu 45% de son personnel ;

Schlumberger a perdu 47% de son personnel ;

WireGroup et Panalpina sont en train de fermer leurs protes ;

Weatherford a perdu 65% de son personnel ;

SPIE Congo a perdu 65% de son personnel ;

Niledutch est en pleine négociation de départ avec ses employés ;

MAERSK a perdu 20% de ses employés ;

RENCO a perdu 40% de ses employés ;

SICIM a perdu 40% de ses employés ;

MPD, Congo Mining, Magalloy, Exxaro ont fermé leurs portes

SCPE a fermé ses portes ;

MURPHY a fermé ses portes ;

SESI CONGO – SOCIETE D’ENTRETIEN ET DE SERVICES INDUSTRIELS a licencié plus de 30% de ses employés.

Tous les indicateurs économiques sont au rouge. Aujourd’hui, les banques (LCB Bank, BMCE, BGFI Bank, etc.) qui lui prêtaient avec une certaine complaisance ont peur d’éroder en totalité les dépôts de leurs clients, au risque de se faire tirer les oreilles par la COBAC, se rétractent devant une nouvelle sollicitude du boucher de Brazzaville. Sur congo-liberty, la position du FMI a été exposée et nous n’y reviendrons donc plus parce que ce n’est pas le propos principal de cet article. Comment en sommes-nous donc arrivés à une situation aussi désastreuse ? Quelle est la part du tribalisme politique dans cette banqueroute économique annoncée ?

Le Congo a des richesses énormes. Mais celles-ci sont peu ou mal redistribuées. Où peut donc passer toute cette richesse créée par les hausses des prix des matières premières, pétrole en tête, de la dernière décennie ?

Aujourd’hui les faits démontrent que le Congo est mal géré par un clan qui vit de collusion, de corruption, de concussion, d’enrichissement illicite et de gaspillage des ressources.  Des entrepreneurs véreux ont fleuri, issus tous du même clan : Christel Denis Sassou Nguesso, Maurice Nguesso, Pierre Oba, Jean-François Ndenguet pour ne citer que ceux-là. Ces messieurs ayant encaissé des milliards de FCFA en exploitant une activité entrepreneuriale rechignent à verser les droits de licenciement et s’affranchissant de toutes les règles économiques et administratives d’attribution des marchés publics et de la gestion des compétences. Ce pays qui possède des structures de formation dans tous les domaines a négligé la compétence des cadres nationaux tout simplement parce qu’ils ne venaient pas du clan. L’érection du Tribalisme en système de gouvernement d’où qu’il vienne a fatalement des impacts dans le développement économique et social d’un pays. Il est donc temps de s’y pencher sérieusement et d’en faire un élément de réflexion sous l’angle économique.

Le tribalisme au sens négatif (survalorisation de son identité propre, négation et rejet de l’autre) est connu pour être un obstacle à la démocratisation car contraire à la culture de l’acceptation de la différence d’autrui et de l’alternance pacifique du pouvoir. Mais ce tribalisme est aussi un obstacle au développement économique.

Comment ?

Le tribalisme nourrit le patronage dans la société s’éloignant ainsi de la méritocratie. Que ce soit pour un emploi ou un appel d’offres dans le secteur public et privé, ce qui compte n’est pas ce que l’on sait faire, mais celui que l’on connaît. Par conséquent, ce ne sont pas les plus compétents qui sont engagés et ce ne sont pas les entreprises les plus efficientes qui accèdent aux opportunités des affaires. Dès lors, plus que la compétence et l’efficacité, c’est l’origine ethnique ou régionale, la filiation  qui deviennent le critère de l’allocation des ressources. Autant dire un non sens économique parce que les ressources ne reçoivent pas leur meilleure valorisation, ouvrant la porte aux gaspillages et à la gabegie.

Cet accès aux ressources fondé sur l’identité sociale nourrit les ressentiments car ce patronage à base tribale ou ethnique conduit à l’exclusion politique et économique des compétences des autres tribus ou ethnies éloignées du cercle du pouvoir. Ainsi, dans un contexte de rareté de ressources et de méfiance généralisée, le tribalisme conduit chaque groupe à voter sur une base ethnique afin de placer leur représentant dans les rouages de l’appareil étatique. Ce faisant, ils vont tenter via leur représentant élu de capter les subventions, les nominations et les services publics pour les détourner vers leurs groupes au détriment du reste des autres factions. Il en découle une sorte de course effrénée à l’appropriation de l’État car c’est le seul moyen de contrôler les ressources publiques et de s’enrichir. D’où l’émergence d’une économie rentière fondée sur le patronage, le clientélisme et la corruption. Cette situation contribue aussi à généraliser l’incompétence parce que l’on trouve rarement l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. C’est ainsi que l’on retrouve à la tête des grandes entreprises stratégiques des incompétents qui précipitent l’économie dans les fonds abyssaux laissant sur le carreau des milliers de nos concitoyens.

Le tribalisme, en justifiant la fermeture des communautés les unes aux autres, limite les opportunités d’échange entre elles, ce qui rend la taille du marché restreinte. Cela réduit les débouchés pour les entrepreneurs et donc les opportunités d’investissement. Avec un marché à taille réduite, il n’est pas rentable d’investir en technologie et en innovation en raison des coûts fixes élevés. Ceux-ci ont besoin d’un volume de production conséquent pour être amortis, donc des  marchés plus grands afin de rentabiliser les investissements. C’est la raison pour laquelle les marchés domestiques africains demeurent exigus. Cette étroitesse des marchés, combinée à la fragmentation des économies africaines, constituent un réel obstacle au décollage économique de l’Afrique. En effet, comme l’a bien expliqué Adam Smith, l’origine du développement vient de l’accroissement de l’étendue du marché qui permet d’élever le degré de division du travail et de spécialisation – donc de productivité et in fine d’augmentation des revenus. Malheureusement, la fragmentation des économies africaines illustrée parfaitement par la faiblesse du commerce intra-africain qui est de 11,3%, contre 50% en Asie et 70% en UE, prive les entreprises africaines d’économies d’échelle permises par une taille plus étendue du marché. Cela trouve son origine dans le tribalisme qui empêche la consolidation de l’économie de marché.

Si celle-ci n’est pas développée en Afrique, c’est parce que  l’économie de marché est un grand réseau de relations anonymes. Or, par définition, le tribalisme limite les relations, en l’occurrence économiques, aux membres de la famille, du clan ou de la tribu. En instaurant une sorte de méfiance généralisée, le tribalisme empêche d’échanger avec les étrangers. Il empêche aussi de conclure des contrats avec les étrangers. La dynamique de densification des réseaux d’échange, de partenariats et d’association entre les différents acteurs économiques, s’en trouve dès lors limitée. D’ailleurs, si la plupart des entreprises en Afrique sont familiales et de petite taille c’est en raison de ce manque de confiance en autrui. Une méfiance qui est portée par ce tribalisme pénalisant la dynamique d’investissement dans les économies africaines car plusieurs projets sont abandonnés faute de pouvoir faire confiance à quelqu’un d’étranger.

Ces replis et isolement économiques nourris par le tribalisme expliquent la marginalisation économique de l’Afrique qui a raté le train de la mondialisation comparativement aux pays asiatiques par exemple. Ainsi, L’Afrique ne reçoit que 2% des IDE dans le monde et sa part dans le commerce mondial ne dépasse pas les 3%.

Si le tribalisme a été utilisé jadis par les colons pour garder leur mainmise sur les pays africains, depuis l’indépendance il a été instrumentalisé par les dirigeants africains aussi pour garder leur pouvoir selon le principe « diviser pour mieux régner ». Ainsi, le tribalisme a justifié le nationalisme et le chauvinisme, ce qui a fait le lit du protectionnisme. Au lieu de s’ouvrir et d’apprendre des autres, nos dirigeants nous ont enfermé dans des logiques réactionnaires de type « Nous contre eux », « nous devons faire tout nous mêmes », « nous n’avons pas besoin des autres ». Cela s’est traduit par de mauvaises stratégies et politiques de développement : l’auto-suffisance, la substitution aux importations, les industries industrialisantes, etc. Des politiques qui n’ont fait au final que consolider la dépendance économique de l’Afrique, exacerber la pauvreté et creuser les inégalités, poussant les africains à se réfugier dans un tribalisme protecteur. Un véritable cercle vicieux !

Maintenant, ce n’est qu’en dépassant la voie étroite du tribalisme que nous serions en mesure d’offrir plus d’opportunités de créer de la richesse et des emplois. La reconstitution d’un grand marché africain boostera non seulement nos investisseurs, mais surtout offrira aux dirigeants africains un plus grand pouvoir de négociation lorsqu’il s’agit de défendre les intérêts de leurs pays. C’est cela qui a permis à la Chine de s’imposer comme la seconde puissance économique mondiale, et non pas de simples slogans creux de chauvinisme et de sectarisme qu’ils soient à base religieuse, nationaliste, ethnique ou tribale.

Arrêtons de nous décharger systématiquement sur la France ou les pays occidentaux quand nous créons, nous-mêmes, les conditions qui  nous maintiennent dans un sous-développement chronique. Nous tolérons à la tête de nos états une classe d’assoiffés du pouvoir qui ont fait du tribalisme politique leur fonds de commerce. Cette nouvelle classe interéthnique allant de Sassou à Kolélas en passant par Tsaty et Dzon constitue autant de béquilles qui vont tenir ce pouvoir encore debout. Il est temps de considérer maintenant que le Tribalisme politique est le tremplin de chacun d’entre eux pour arriver aux responsabilités dans le pays ou pour jouir des largesses économiques et sociales de celui-ci. Toute la violence sociale et économique qui se déchaîne dans le pays n’est destinée qu’à la préservation des intérêts des uns et des autres. Aucun d’eux n’a intérêt à ce que ce système disparaisse du haut de leurs partis éthnocentrés, c’est leur Graal et le peuple trinque. Mais pour combien de temps encore ? Nous devons résister. Résister, c’est le début de la victoire, a déclaré Adolf Pérez Esquivel. C’est effectivement le début d’une grande transition à l’aube du XXIe siècle, de sujets soumis à citoyens, de spectateurs impassibles à acteurs. La résistance civile pour vaincre l’oppression, l’imposition, la violence de l’indiscutable… De la peur et la résignation à l’action résolue. Nous avons ce devoir de dénoncer cet état de faits pour chasser cette classe confortablement installée sur la misère du peuple du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. Nous devons déciller les yeux du peuple pour qu’il se mobilise et les dégage tous, comme le dit Mélenchon !

Par David LONDI

Sources : Dr. Hicham El Moussaoui, Maître de conférences en économie à l’université Sultan Moulay Slimane (Maroc) – 2 avril 2014

Congo-Brazzaville : Les effets de la mauvaise gestion politique et économique (Jean-Claude Beri et Elie Smith (Lettre du Congo-mfoa))

www.poulationdata.net

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