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  • : Blog contre la corruption, la cupidité, l'avidité et la concussion (C.A.C.) au Congo-Brazzaville
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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 00:00

Moi, Michel Terrot, député français et complice d'épuration ethnique

 

Touche pas à l'Article 57·jeudi 8 décembre 2016

 

Député Michel Terrot Député Michel Terrot

Une délégation des députés français conduite par Michel Terrot, président du groupe d’amitié France-Congo, a été reçue par le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Congolais de l’étranger, Jean-Claude Gakosso. Que cherche donc Monsieur Terrot, soutien de François Fillon, à Brazzaville dans l'une des dictatures les plus corrompues de la planète ? Les voies du Nguiri sont insondables.

Michel Terrot n'est plus un inconnu pour les activistes de la cause du Congo libre. En 2013 lors d'un voyage avec M. Gerard Charasse, Avi Assouly et Boinali Saïd, il avait marqué son appétence pour la censure des réseaux sociaux et son intérêt pour les bonnes relations entre le dictateur et l'exécutif français.

"Il importe que les relations se maintiennent entre nos deux pays et que le Président N’Guesso soit reçu au plus haut niveau." - Rapport parlementaire 2013

Cette curieuse visite qui se passe juste un an jour pour jour après les explosions du 4 mars 2012 à Brazzaville, ne fait aucune mention de la précarité dans laquelle vivent les victimes de l'explosion. Ce curieux voyage a été prolongé le samedi 9 mars pour Monsieur Terrot et Boinali, la visite s'arrêtant pour Monsieur Charasse visiblement gênant sous l'oeil de monsieur Assouly dès le vendredi 8 mars. Il est clair pour nous aujourd'hui que Michel Terrot a été un des artisans de la réception de Sassou Nguesso à l'élysée et un soutien fervent à son 3eme mandat.

Michel Terrot est peut être aussi un raciste notoire. Dans un interview que nous avions dénoncer il dit :

"La démocratie que nous connaissons en Occident ne peut s'appliquer stricto sensus en Afrique ou ailleurs, car il faut tenir compte des aspects culturels." - Entretien Les Afriques

La récidive dans le soutien au troisième mandat de son ami et potentiel financier Sassou est totale. Cet entretien scandaleux est publié le 27 mai 2016 alors que les bombardements, enlèvements et emprisonnement battent le plein à Brazzaville.

Nous ne sommes pas en face de quelqu'un qui, ignorant la réalité locale se serait trompé. Nous sommes en face d'un relais endurci de la dictature Brazzavilloise pour qui, une vie à Oullins a plus de valeur que celle d’un nègre à Bacongo ou Kinkala.

Il faut se douter que comme le révèle l'affaire de la Route de l'Atlantique actuellement en jugement au Portugal, l'argent sale congolais influence déjà l'élection présidentielle française comme il a à travers le financement illicite du parti des Travailleurs de Lula et Rousseff influencé la politique brésilienne.

Michel Terrot est donc bien pour suivre le jugement de la cour canadienne sur Wilfrid Nguesso Membre d'un clan Mafieux et complice d'épuration ethnique, fraude, fraude fiscale et recyclage des produits de la criminalité. Sa visite pour louer la contribution du Congo à la MINUSCA est une injure supplémentaire aux victimes des exactions des troupes congolaise en RCA.

"Une fosse commune découverte près d’une base des forces de maintien de la paix à Boali et exhumée le 16 février 2016 a révélé les restes de 12 personnes identifiées comme celles ayant été détenues par les soldats de maintien de la paix en mars 2014."- RCA : Des meurtres commis par des soldats de maintien de la paix

Tant d'aveuglement, tant de mauvaise foi :

"En vertu de quel principe la France peut s’opposer au choix qui relève de la souveraineté pleinement entière du peuple congolais », s’est-il [ Michel Terrot ] interrogé. - Les dépêches de brazzaville Michel Terrot salue l’engagement du Congo dans la stabilisation de l’Afrique centrale

En vertu des conventions et des traités internationaux sur la protection des droits humains, en vertu de l'humanisme dont visiblement Monsieur Terrot semble dépourvu. Ni le corps meurtri d'Augustin Kala-Kala et de Jugal Mayangui, ni le témoignage de la volonté d'extermination des Bakongos n'infléchissent la ligne de l'amoureux du nguiri.

Monsieur Terrot doit savoir que sa guerre contre le peuple congolais aura des conséquences désastreuses pour lui. Il n'y a pas d'avenir pour la Françafrique au Congo. Nous prenons l'engagement solennelle de le faire juger au Tribunal Pénal international de Brazzaville qui sera chargé de juger ce régime et ses complices. Si par malheur sa mort interviendrait avant la libération du Congo, ses ossements seront profanés et juger comme ont pu l'être les grands criminels du 20e siècle pour que demeure à jamais le souvenir de sa félonie et de son inhumanité.

Vive le Congo Libre !

#Appeler à la permanence de monsieur Michel TERROT. Une plainte sera déposée contre lui pour corruption avérée et complicité de crimes contre l'humanité au Congo.

8 rue Victor Hugo 69600 Oullins tel 04 78 50 50 50 fax 04 78 86 00 44 mail : terrotmichel@gmail.com

LIRE LA SUITE : https://www.facebook.com/notes/touche-pas-%C3%A0-larticle-57/moi-michel-terrot-d%C3%A9put%C3%A9-fran%C3%A7ais-et-complice-d%C3%A9puration-ethnique/915507708551233

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NOTRE REACTION : Nous recommandons à M. Le Député Terrot et ses collègues de visionner et écouter cette vidéo :

DEMOCRATIE, GOUVERNANCE, CONFLIT ET PAIX EN AFRIQUE CENTRALE AVEC LESLIE VARENNE : https://youtu.be/7lTAFneZCvg

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7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 00:54

ALERTE ! ALERTE ! ALERTE !

CONGO-BRAZZAVILLE : Modeste BOUKADIA, président du CDRC, emprisonné à la maison d’arrêt de Pointe-Noire pour délit d'opinion, a été enlevé à la clinique Guenin où il a été hospitalisé, suite à l'agression et tentative d'assassinat par le directeur de la maison d'arrêt de Pointe-Noire.

Modeste BOUKADIA hospitalisé à la clinique Guenin de Pointe Noire, a été enlevé ce soir 5 décembre 2016 par des policiers à bord de 3 BJ alors qu'il était sous perfusion, laquelle perfusion a été arrêtée vers 19h00 par les kidnapeurs pour le ramener de force à la maison d’arrêt, malgré les protestations du corps médical. Les policiers ont déclaré : « ils  ont reçu des ordres de le ramener en prison, dans sa cellule. Il n'a qu'à mourir en prison sans soins ce Moukongo qui prône la division du pays ».

Actuellement, aux dernières nouvelles, M. Modeste BOUKADIA est de nouveau admis à la clinique Guenin suite à la pression des médecins.

Avis à celles et ceux qui soutiennent et protègent ce régime criminel aux méthodes et pratiques inhumaines.

L'EQUIPE DU RESEAU CONGO-MFOA

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15 juillet 2016 5 15 /07 /juillet /2016 10:38
Afrique/Congo-Brazzaville : Histoire, économie, politique

1998-2001

C'est depuis 1998 que Modeste Boukadia parle de créer un Gouvernement d'Union National regroupant toutes les tendances politiques du Congo pour que tous travaillent ensemble a l'Unité du Congo. Merci de lire cet article du Monde Diplomatique publie en 2001 expliquant la démarche originale de Modeste Boukadia http://afriquepluriel.ruwenzori.net/congo-d.htm


ARTICLES EXTRAITS DE LA PRESSE INTERNATIONALE

1992
Un des premiers pays d'Afrique à avoir tenu une conférence nationale, le Congo, entame ce mois-ci une nouvelle étape de sa transition démocratique, avec l'élection d'un nouveau président de la République. Mais les illusions des premiers mois ont disparu, laissant libre cours au désenchantement; certains dénoncent déjà la renaissance d'un discours tribaliste et régionaliste. Cette vision ethnique des luttes en cours est-elle pertinente, ou reflète-t-elle la difficulté à rompre avec les vieux schémas issus de la colonisation?

Commencé au début de l'année 1991, avec la tenue d'une conférence nationale souveraine, la première étape de la démocratisation au Congo s'achève ce mois-ci par l'élection du président de la République. En mai, juin et juillet se sont déroulés deux scrutins, l'un municipal, l'autre législatif, qui ont vu s'affirmer des partis et associations politiques à forte coloration ethnique. Les vraies questions liées à l'indépendance économique du pays et à la maîtrise de ses ressources pétrolières sont occultées par une classe politique davantage préoccupée par son destin que de l'avenir d'un Congo parvenu au bord du gouffre avec une dette extérieure avoisinant les 1 500 milliards de francs CFA (1). Si le règne sans partage du Parti congolais du travail (PCT) qui avait été créé en 1969 et avait voulu engager le pays sur la voie du marxisme-léninisme semble s'achever, toutes les hypothèses restent envisageables, d'un nouveau départ à la restauration sous une forme aménagée de l'ancien régime (2).

Le vide politique favorise une présentation simplifiée des luttes en cours: Nordistes et Sudistes s'affronteraient pour le pouvoir. Un même schéma est souvent appliqué aux autres pays du continent: en Centrafrique, les peuples riverains de l'Oubangui s'opposeraient à ceux de la forêt et de la savane, tandis qu'au Rwanda irréductible serait l'antagonisme entre les Tutsi et les Hutu. Aussi séduisante qu'elle soit, cette grille de lecture conduit à masquer les enjeux des conflits. Et d'abord parce que dresser une carte ethnodémographique du Congo relève d'une véritable gageure.

Les spécialistes qui s'y sont employés ont abouti à des résultats sensiblement différents, faute de recourir aux mêmes modalités de classement. Selon qu'on rattache certaines communautés à des ensembles plus vastes ou qu'on les appréhende comme des groupes à part entière, le paysage se modifie profondément. De plus, les observateurs ont souvent eu tendance à voir dans les particularismes tribaux une persistance de comportements hérités de l'époque coloniale et qu'il s'agirait d'éradiquer au nom d'une unité nationale imposée comme un dogme (3).

Ainsi, s'inscrivant dans un courant progressiste à coloration marxiste, les écrivains Henri Lopes, dans Tribaliques (4), et Jean-Baptiste Lati-Loutard, dans Chroniques congolaises (5), dénonçaient les survivances du passé et s'attachaient à définir une personnalité congolaise en prise avec le monde moderne. Au nom d'une "mission historique de la classe ouvrière", les marxistes combattaient des pratiques pourtant inséparables d'une identité culturelle qu'ils déclaraient, à chacun des congrès du PCT, vouloir préserver.

A contre-courant de bien des interprétations, un chercheur, Marie Eliou, montra dès 1977 comment la conception de l'éducation au Congo pouvait constituer un frein à l'affirmation de la conscience nationale (6). Pointant l'inadéquation d'une structure "qui implique l'abandon sinon le mépris de la culture et des valeurs autochtones", Marie Eliou soulignait le paradoxe d'un système dans lequel "la fierté d'être congolais voisine avec une sorte de regret de n'être pas français".

Il ne faut pas non plus oublier que les catégories mêmes d'ethnie et de tribu découlent d'une conception coloniale de l'histoire qui recensait les peuples en les abaissant. Sur les premiers papiers d'identité était mentionnée "la race", ce terme étant employé pour tribu. Chaque monographie établie sur un groupe vérifiait dans l'esprit du colonisateur la supériorité des sociétés étatiques et de l'Etat-nation sur les autres formes d'organisation de la société.

Ces approches renvoyaient aussi à un passé hypothétique dans lequel les ethnies apparaissaient comme des entités figées, jamais comme des groupes sociaux en devenir. Or cette société traditionnelle n'a jamais existé: au contraire, les collectivités précoloniales, affectées par de grandes migrations et un incessant brassage, s'imbriquaient dans une "chaîne de sociétés" et connaissaient un flux continuel d'échanges (7).

Ces réserves ne conduisent pas à nier l'importance de la question ethnique au Congo. Mais l'histoire ne se contente pas de reproduire d'anciennes querelles, et le tribalisme se développe contradictoirement à partir des revendications des populations en butte à la construction d'un Etat centralisateur et niveleur. On peut donc distinguer une conscience ethnique spontanée, liée au sentiment d'appartenir à une communauté linguistique, historique et culturelle, et le nouveau tribalisme politique qui, tout en se drapant dans les plis de la tradition, se nourrit des frustrations engendrées par une modernité économique et sociale renforçant les inégalités entre les individus, les peuples et les régions.

"Un syndicat de dictateurs"

De nombreux intellectuels sont réticents à adopter un vocabulaire qui avalise, sous couvert de scientificité, les clichés les plus éculés de la pensée coloniale. "Dans le discours politique, note l'écrivain Tchichelle Tchivela (8), lorsqu'on parle de tribalisme, c'est généralement pour dénoncer des attitudes jugées rétrogrades et qui tendent à favoriser les seuls membres d'une tribu au détriment des autres ressortissants du pays." Il préfère le terme d'ethnie, "moins péjoratif et moins connoté", mais il estime que les maux du Congo ne sont pas imputables à une rivalité ethnique mais à un régionalisme apparu au lendemain de la seconde guerre mondiale quand ses concitoyens ont obtenu le droit d'élire leurs représentants: "La concurrence entre les divers partis a durablement cristallisé l'opposition entre Nordistes et Sudistes. Les conflits auxquels nous assistons aujourd'hui plongent leurs racines dans ce passé récent." En 1958, le Congo devient autonome au sein de la Communauté française sous la direction de l'abbé Fulbert Youlou, un Lari, avant d'accéder le 15 août 1960 à l'indépendance. De violents affrontements entre ses partisans et ceux de son rival Jacques Opangault en février 1959 laisseront de profondes blessures.

Romancier et dramaturge, Sony Labou Tansi pense pour sa part que tout s'est joué en amont, avec l'intrusion des Européens et de la colonisation. Il récuse la pertinence des frontières qui ont taillé dans le vif des cultures: "L'effondrement du mur de Berlin a réjoui la planète. Mais n'oubliez pas que, en 1885, à Berlin (9), on a érigé d'autres murs, au coeur de l'Afrique." Sony Labou Tansi ne nie pas les responsabilités des régimes dans l'atomisation des peuples: "Ces barrières, les années 60 les ont consolidées. L'ethnisation des nations du Kongo a été favorisée par le manque d'audace de l'Organisation de l'unité africaine, qui s'est comportée comme un syndicat de dirigeants, voire de dictateurs."

Depuis lors, le fleuve Congo - frontière entre le Congo et le Zaïre - sépare des peuples que tout rapproche. En distribuant des cartes d'identité à des communautés qui n'avaient jamais cru changer de contrée en passant d'une rive à l'autre, les pouvoirs successifs ont voulu les enrégimenter, les dresser les unes contre les autres. Pourtant, le chauvinisme entretenu et exploité par les politiques ne doit pas faire illusion. La fibre patriotique peut certes vibrer le temps d'une compétition sportive, les réalités du quotidien tempèrent ces enthousiasmes.

Pour peu qu'il parle le kikongo, un Congolais de la région du Pool - celle de Brazzaville - peut dialoguer avec un ressortissant du nord de l'Angola ou du Bas-Zaïre. Et sur le plateau des Cataractes, là où le tracé de la frontière entre Congo et Zaïre est purement arbitraire, les parents scolarisent moins leurs enfants en fonction de leur nationalité que par rapport à la distance qui sépare l'école du village. De même, au-delà de Mossaka, les pêcheurs du Congo et de l'Oubangui ne se préoccupent pas des limites territoriales.

Quant au spectacle offert par les débarcadères de Kinshasa ou de Brazzaville, il est de nature à relativiser la fierté d'être né sur l'une ou l'autre rive du Congo: des deux côtés, on y entasse sans ménagement, sur des barges antédiluviennes, des grappes humaines vouées aux mêmes vexations. Cette commune infortune, conjuguée à des conditions d'existence similaires, détermine des solidarités bien plus fortes que la raison des gouvernements.

Le rêve de Sony Labou Tansi est au diapason du Congo profond, de la persévérance de peuples qui refusent d'être dessaisis de leur histoire. Il prolonge la vision d'un Congo des deux rives chère à l'écrivain et dramaturge Tchicaya U Tam'si (10). Pour autant, Sony ne prêche aucun séparatisme, ne revendique aucune hégémonie pour les siens. Sa conviction est que, un jour ou l'autre, les Africains sauront inventer des formes nouvelles de communication transcendant les Etats actuels: "Ce que l'économie semble édicter, les hommes sauront demain l'expérimenter."

Le Congo n'est pas une entité incréée; on ne peut renforcer son unité en gommant tout ce que la mémoire collective a conservé depuis des siècles. Malheureusement, l'Etat a avivé les tensions en favorisant l'emploi du lingala (qu'aucun groupe ethnique congolais n'a pour langue maternelle) et du munukutuba (qui est un créole) en leur accordant statut de "langues nationales"; à terme, l'un des deux devrait devenir "langue officielle". C'est surtout au lingala qu'on a, de manière feutrée, donné la primauté: dans la présentation des journaux parlés et télévisés, dans la traduction d'ouvrages français, dans les discours destinés "aux masses", etc. Cette prépondérance a été facilitée par la prégnance de la musique du Congo-Zaïre, diffusée principalement dans cette langue.

Cette volonté de légiférer au détriment des pratiques des populations a été dénoncée encore récemment par la Semaine africaine, l'hebdomadaire publié par la Conférence épiscopale: "N'a-t-on pas un moment, sur l'audiovisuel d'Etat, interdit par exemple la diffusion d'oeuvres musicales composées en langues maternelles? Etait-elle différente, la logique coloniale consistant à dépouiller un groupe humain de sa culture, de sa mémoire, de sa fierté (11)?"

Parce que les différences ne menacent pas forcément la nation, il aurait fallu respecter la part prise par chacun dans l'histoire. Un effort d'objectivité exigerait d'admettre, par exemple, que les Kongo-Lari ont été au premier rang de la lutte contre l'administration coloniale. A bien des égards, on n'a commencé à se sentir congolais (et non plus kongo, vili, bembe, teke ou m'bochi) qu'à partir du moment où cette résistance s'est développée. Cette vitalité du groupe kongo-lari apparaît comme celle d'un rameau ethnique qui a, plus que les autres, su défendre son être communautaire. Mais la peur qu'il inspire - on le soupçonne de visées hégémoniques - est utilisée et manipulée: "Le tribalisme dénoncé au Congo a toujours été le tribalisme de l'autre", note Jean-Pierre Thystère-Tchicaya, un des principaux animateurs des forces démocratiques. Le sociologue Henri Ossebi ne dit pas autre chose quand il analyse le discours du PCT sur la question: "Le brouillage opère à la fois par défaut et par excès. Dans le premier cas, il prend l'allure d'une dénégation: à aucun moment le discours officiel ne désigne les détenteurs du pouvoir comme acteurs"tribalistes"ou"régionalistes". Ce sont toujours les autres, dans une"langue de bois"qui fonctionne en permanence à l'exclusion et à l'accusation. Dans le second cas, il consiste à voir partout, dans tout conflit ou toute prétention concurrente, la figure de l'"ethnie"ou de la région (12)."

Responsable de la faillite: le régionalisme

Pour vivre ensemble et exorciser tout esprit tribal, il convient de laisser chaque communauté libre de pratiquer sa langue et d'honorer ses traditions. Mais les indépendances ont tourné le dos à ces principes, et les couches dirigeantes ont tenté de consolider la nation en interdisant toute référence à la diversité ethnique. Dans le même temps où elles géraient l'appareil d'Etat et les finances publiques comme ceux d'un "petit village", elles niaient l'être pluriel des populations sous leur autorité.

Comme ailleurs sur le continent, le pouvoir politique au Congo a tenté d'asseoir sa légitimité en recourant au clientélisme. Il a allié un népotisme régional - une place prépondérante réservée aux Nordistes dans l'administration et les entreprises - à une gestion démagogique de l'administration faisant de l'ensemble des fonctionnaires, toutes ethnies confondues, sa base sociale. Ce que les Congolais synthétisent par cette formule: "Payer régulièrement les salaires des fonctionnaires, c'est assurer la pérennité du gouvernement."

Pour le sociologue Côme Mankassa, ce fonctionnement renvoie à une tare congénitale. Le système lignager imprime encore sa marque sur la vie sociale: quand on est m'bochi comme le président de la République "on a l'impression de gouverner, de participer directement au pouvoir". "Si le Congo est en faillite, ajoute-t-il, il le doit au régionalisme. L'unité nationale doit être regardée non comme une donnée mais comme un devenir."

Avec le début de la démocratisation en 1991, le débat s'est brusquement infléchi. Ayant le sentiment d'être les laissés-pour-compte de la vie politique, certains ont réclamé le pouvoir pour leur région. Ils ont ainsi rejoint les tenants de l'ancien régime, effrayés par la perspective d'une longue traversée du désert, ont dénoncé chez leurs adversaires les plus décidés originaires du Pool une tendance au tribalisme, à l'intégrisme et à l'esprit de revanche. Cette prévention à l'endroit des forces déterminées à rompre avec le passé a incontestablement fait diversion, dissimulant les véritables enjeux du moment, ceux qui touchent à l'indépendance économique du pays.

Notes:
(1) 1 FCFA = 0,02 franc français.
(2) Lire Jean-Michel Devésa, "Dans le jardin privé de la littérature congolaise", le Monde diplomatique, octobre 1991. On y trouvera une liste des plus grands écrivains congolais et de leurs oeuvres.
(3) Sur le débat Etat, nation, ethnies, lire Michel Cahen, "Ce que l'Afrique noire pourrait apprendre à l'Europe", le Monde diplomatique, juillet 1992.
(4) Editions Cle, Yaoundé, 1971.
(5) L'Harmattan (Fonds Oswald), Paris, 1978.
(6) La Formation de la conscience nationale en République populaire du Congo, Anthropos, Paris, 1977.
(7) Jean-Loup Amselle et Elikia M'Bokolo, Au coeur de l'ethnie, ethnies, tribalisme et Etat en Afrique, La Découverte, Paris, 1985.
(8) Auteur de l'Exil ou la Tombe, Présence africaine, Paris, 1986.
(9) C'est au congrès de Berlin, en 1885, que les grandes puissances européennes décidèrent du partage de l'Afrique.
(10) Lire "Les origines sacrées de notre théâtre", le Monde diplomatique, décembre 1987.
(11) I'boto, "Top-média: les intégristes arrivent!", la Semaine africaine, Brazzaville, 13-19 février 1992.
(12) "Etat et ethnie au Congo: nouvelles situations, vieux démons", Revue de l'Institut de sociologie, n° 3-4, 1988, Bruxelles.

Processus démocratique
A l’instar de nombreux pays africains, le Congo connaît à partir de 1990, une vague de mouvement revendiquant la démocratie. Dans cette République populaire qui se réclamait alors de l’idéologie marxiste-léniniste, les bouleversements sur la scène internationale et un contexte économique interne difficile, ont stimulé la multiplication des grèves, des revendications estudiantines ainsi que l’apparition d’une opposition qui réclame une conférence nationale et le départ du Président Denis Sassou Ngesso.

Le comité central du Parti congolais du travail (PCT) se prononce en faveur du multipartisme au début du mois de juillet, mais la révision de la Constitution dans ce sens n’intervient qu’en décembre. Le PCT renonce à l’idéologie marxiste et à son rôle dirigeant. Plusieurs formations politiques sont alors reconnues. Le Président Denis Sassou Nguesso annonce finalement la tenue d’une conférence nationale lors de sa présentation des voeux du nouvel an à la nation.

Le 25 février 1991, la Conférence nationale congolaise s'ouvre à Brazzaville. Elle va durer 3 mois, jusqu'au 10 juin 1991. Elle sera présidée par Monseigneur Ernest Kombo, évêque d'Owando. Elle a pour " mission essentielle de redéfinir les valeurs fondamentales de la nation et de créer les conditions d'un consensus national en vue de l'instauration d'un Etat de Droit ". Cette institution regroupe les membres des partis déclarés, des associations indépendantes, des organisations non gouvernementales et confessionnelles, soit environ 1 200 délégués. La Conférence proclame sa souveraineté et adopte un Acte fondamental suspendant la Constitution de 1979 ainsi qu’une Charte des Droits et Libertés.

La Conférence met en place trois organes : la présidence de la République, assurée par Denis Sassou Nguesso qui reste à son poste mais se voit retirer certaines de ses prérogatives, le gouvernement de transition avec à sa tête le Premier ministre André Milongo, ancien administrateur à la Banque Mondiale, le Conseil supérieur de la République (CSR), présidé par Mgr Kombo et composé de 153 membres, représentants les différents groupes présents lors de la Conférence nationale. Il doit s'assurer de l'exécution des décisions prises pendant la Conférence, suppléer l'absence du Parlement et faire voter les lois.

La transition congolaise est marquée dès le départ par de nombreux ratés tels que l'affrontement, en septembre 1991, entre le gouvernement et la Confédération syndicale congolaise qui s'oppose au plan de restructuration des entreprises et de la fonction publique. Des tentatives de coups d'Etat, contre André Milongo lors de son voyage aux Etats-Unis en décembre 1991 et contre Denis Sassou Ngesso, en janvier 1992 sont à noter. Le mois de janvier 1992 est aussi marqué par un remaniement ministériel dû à une crise politico-militaire. C'est enfin sur fond d'ethno-régionalisme et de relations conflictuelles entre le gouvernement de transition et les groupes pétroliers Elf et Agip que se déroule la transition.

Le 15 mars 1992, un référendum a lieu, aboutissant à l’adoption de la Constitution de la quatrième République avec 96,3 % des suffrages. Les mois d'avril et de mai sont marqués par de nombreuses grèves et un conflit entre le gouvernement et le CSR. En mai, les élections municipales confirment l'effondrement du PCT qui conteste le scrutin face à la montée de nouveaux partis, notamment le Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral (MCDDI) de Bernard Kolélas et l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS) de Pascal Lissouba. Le premier tour des élections législatives confirme ces tendances avec toujours les protestations de l’ancien parti unique. Le 19 juillet 1992, c'est le deuxième tour des législatives ; il est couronné par le succès de l’UPADS qui obtient 39 des 125 sièges contre 29 pour le MCDDI et 18 pour le PCT, le reste des sièges revenant à de nombreux autres partis. La contestation est toujours de rigueur. Les élections sénatoriales du 26 juillet confirment la même tendance.

Aux élections des 2 et 16 août 1992, Pascal Lissouba est élu Président de la République avec 61,3 % des voix. Mais même si elle est menée à son terme, la transition démocratique au Congo aura été très mouvementée, tout comme le nouveau mandat de Lissouba sera marqué par de nombreuses crises. Fin octobre, c'est le renversement du gouvernement Bongo-Nouarra, suivi, le 17 novembre par la dissolution de l'Assemblée nationale, dissolution déclarée illégale par l’opposition. En juin 1993, celle-ci boycotte le deuxième tour des législatives, n’ayant pas reconnu les résultats du premier tour tenu le 2 mai. S'en suivent des émeutes et l'annulation de ce tour des élections. En juillet, l'état d'urgence est décrété à la suite des affrontements entre milices, marquant le début du cycle des guerres civiles.

La médiation du Président gabonais Omar Bongo permet d’organiser à nouveau un deuxième tour, encore contesté, conduisant une fois de plus à la reprise des affrontements armés. La fin de l’année 1993 et le début de l’année 1994 sont marqués par la guerre malgré l’arbitrage d’un collège international de juristes sur les élections. L’année 1995 voit de nombreuses dissensions apparaître dans la mouvance présidentielle. L’opposition semble se revigorer. Le gouvernement est ouvert à quelques opposants et les deux parties signent en décembre un pacte de paix prévoyant le désarmement des milices. Mais la stabilité n’est décidément pas au rendez-vous car, dès le début de l’année 1996, des mutineries ont lieu dans l’armée.

Avec le retour de Denis Sassou Ngesso à Brazzaville en janvier 1997 dans la perspective de la présidentielle de juillet, les affrontements se multiplient entre ses milices " Cobras ", les " Ninjas " de Bernard Kolélas, maire de Brazzaville et les " Zoulous " du Président Lissouba. La guerre civile devient générale à partir de juin 1997 lorsque la résidence de Sassou Ngesso est attaquée. Après quatre mois et demi de guerre civile, les forces fidèles à ce dernier prennent Brazzaville en octobre, aidées par le troupes angolaises. L’élection présidentielle prévue pour les mois de juillet et août n’a pu se tenir et le général Sassou Ngesso est investi des charges présidentielles. Un forum tenu en janvier 1998 a fixé la période de transition à trois années au terme desquelles, en l’an 2000, doivent se tenir des élections générales.

La victoire militaire de Sassou Ngesso n’a pas pour autant ramené la stabilité politique. L’opposition se fait entendre de l’extérieur par la voix de l’ancien Président Lissouba, exilé en Grande-Bretagne, et celle de Bernard Kolélas, exilé aux Etats-Unis entre autres. Les milices fidèles à ce dernier mènent une guérilla sur fond ethno-régional dans le Pool, région qui comprend la capitale. En décembre 1998, ils ont tenté de renverser Sassou Ngesso, absent du pays. Cette action s’est soldée par une contre-offensive à l’arme lourde dans les quartiers sud de Brazzaville avec un coût en vies humaines des plus élevés et une exacerbation des tensions ethniques. Le Congo reste un pays dévasté, où la réconciliation sera difficile à obtenir. Le processus de démocratisation est avant tout subordonné à une paix qui n’est pas encore d’actualité, comme on a pu le vérifier encore avec les attaques des " Ninjas " de Bernard Kolélas, suivies d’une contre offensive de l’armée en mai 1999.

JUILLET 1999

Pour sortir de cette tragique impasse par une approche novatrice de la situation, des voix de plus en plus nombreuses s'élèvent. Ainsi, le 19 juin, un colloque organisé par le Club des Amis du Congo-Brazzaville s'est tenu à Paris. Son thème: Le Congo-Brazzaville, enjeux géopolitiques, démocratie et développement. Des universitaires, des politologues, des membres d'association et des Congolais de toutes obédiences ont échangé leurs points de vue, loin de tous les conformismes.
Ouvertement, dans le concert congolais, une autre démarche atypique, celle de Modeste Boukadia-Loutaya, Président du Cercle des Démocrates et Républicains du Congo-Brazzaville (CDRC), une association dont la création remonte au 18 août 1992. Dans la jungle qu'est devenue aujourd'hui la vie politique congolaise, où l'ostracisme a figé les positions, le CDRC se révèle une force de proposition, loin des sentiers battus, faisant preuve d'un effort d'imagination qui va dans le sens d'un renouvellement du discours et de la classe politique. « Sous prétexte de défendre ou de protéger la démocratie et l'unité nationale, la classe politique traditionnelle et partisane entretient sciemment l'insécurité, l'instabilité et la terreur dans le pays par des querelles de personnes. »
Le CDRC pose des questions de fond: le gouvernement actuel issu d'un putsch militaire n'a, à ce jour, aucune légitimité. Comment négocier avec un tel gouvernement ? Faut-il demander au Président renversé et en exil, alors que son mandat officiel a pris fin en août 1997, de restaurer un gouvernement provisoire, avec pour mission d'organiser immédiatement des élections présidentielles ?

Le CDRC propose à la classe politique, aux syndicats, à la société civile, un modus vivendi ou une convention pour un contrat de confiance, qui ne devra ni juger ni condamner, mais doit simplement exprimer la volonté de négociation, de dialogue. Ce contrat ne pourra avoir de signification que si certaines conditions préliminaires sont réalisées.
Créer les conditions de la démocratie et de l'unité nationale
Au plan de la sécurité : signature d'un accord de cessez-le-feu accompagné du retrait de toutes les troupes étrangères et du déploiement d'une force d'interposition internationale de maintien de la paix sous la responsabilité de l'OUA et de l'Onu.

Au plan politique: instauration d'une période de transition de trois ans, nomination d'un Premier ministre civil, chef de gouvernement et constitution d'un Gouvernement de transition dont les missions seront définies par les signataires du modus vivendi. Avec à l'issue de la transition, l'organisation d'élections générales (municipales, législatives, régionales et présidentielles).

Au plan institutionnel: abrogation de l'acte fondamental de 1997 et réhabilitation de la constitution du 15 mars 1992 ; adoption d'une ordonnance constitutionnelle portant création d'un Conseil d'Etat de transition, assumant les fonctions de Président de la République; création d'une commission électorale indépendante et institution d'un organe de régulation de la presse et des médias audiovisuels.

Au plan économique: redéfinition du statut du Trésor public qui doit jouer le rôle d'une banque de la nation et mise sur pied d'une holding financière dans le rôle d'une banque de commerce extérieur pour lancer la politique des grands travaux de reconstruction.
Des propositions qui ont le mérite de la cohérence, même si certaines d'entre elles pêchent par idéalisme. Car il est bien évident que le pouvoir de Sassou Nguesso, engagé dans une fuite en avant éperdue, ne se laissera pas émouvoir par de bons sentiments. Reste donc à trouver les moyens de lui faire entendre raison. C'est là où le rôle de l'opinion internationale devient primordial. .

AOUT 1999

La guerre qui se poursuit au Congo-Brazzaville depuis neuf mois donne lieu aux excès les plus inhumains. Il est patent que toutes les milices qui s'affrontent portent de lourdes responsabilités. Les partisans de l'actuel chef de l'Etat ont, autant que ceux de l'opposition, commis des viols et des pillages, et massacré des milliers de civils. Au point où en est le Congo-Brazzaville, il est plus qu'urgent d'élucider les raisons pour lesquelles la «classe politique» de ce pays s'est muée en une thanatocratie.
D'aucuns prétendent que les événements récents sont les effets d'une longue tradition «tribaliste» : les «Nordistes» et les «Sudistes» (sic) ne pourraient vivre ensemble et seraient condamnés à s'affronter. C'est méconnaître une histoire multiséculaire. Il suffit de lire Georges Balandier, Luc de Heusch ou Jan Vansins pour comprendre que l'Afrique centrale est, depuis près de mille ans, un espace au sein duquel des forces ou des formations de tous types ont pris naissance ou se sont effondrées. Certaines de ces forces ou de ces formations ont érigé les fameux royaumes ou «Etats de la savane». Le royaume du Kongo et le royaume Téké ne sont que quelques exemples de cette dynamique. Dans d'autres cas, des structures d'une autre nature ont vu le jour, entretenant d'autres rapports avec les phénomènes de territorialisation et avec les modèles de l'autorité ou de la cité. Les événements actuels restent marqués par ces processus. Mais l'on ne peut se contenter de renvoyer à ce passé pour comprendre les mutations qui affectent l'Afrique centrale et le Congo-Brazzaville en particulier.

Impact de la colonisation

On a du mal à imaginer ce que la colonisation a pu induire en Afrique. Les systèmes mis en place par les puissances européennes ont accéléré la dégradation, la destruction et la désintégration de véritables structures anthropologiques. Cependant, l'on ne peut imputer à la colonisation seule la responsabilité de tout ce qui advient. D'autres mouvements ont poursuivi une œuvre de déshumanisation dans le cadre des luttes anticoloniales, puis après l'obtention des indépendances. Les factions qui se défient ou se combattent actuellement au Congo-Brazzaville ont longtemps instrumentalisé des rhétoriques simplifiées à l'extrême. Si Bernard Kolebas (principal dirigeant de l'opposition) et ses Ninjas abusent d'une rhétorique messianique excellemment étudiée par Martial Sinda, Denis Sassou Nguesso (l'ex et actuel chef de l'Etat) et ses Cobras ne seraient pas ce qu'ils sont sans cette rhétorique révolutionnaire qui n'a été qu'une arme pour la prise du pouvoir et l'instauration d'un système de terreur.

«Tribalisme» et «révolution»

Pour les aveugles et les demi-savants, le fait que Kolebas soit du Sud et Sassou Nguesso du Nord prouve que le «tribalisme» continue à faire des ravages. Mais ces aveugles et ces demi-savants occulteront, du coup, une autre dimension de l'histoire congolaise. Au Congo-Brazzaville, l'antitribalisme occupe, depuis des décennies, une place de choix. Si longue est la liste des proclamations antitribalistes égrenées par les politiques de ce pays que beaucoup ne parviennent toujours pas à comprendre pourquoi l'Etat-nation n'a pu ni y être consolidé, ni y voir le jour. En fait, la thématique antitribaliste n'a été massivement utilisée, après 1968, que pour contrer un messianisme d'autant plus menaçant qu'il mettait en cause le partage colonial des frontières, et perpétuait un idéal théologico-politique propre aux populations kongo vivant en Angola, dans l'actuelle République démocratique du Congo (RDC) et au Congo-Brazzaville. Mais le projet révolutionnaire, réduit par le Parti congolais du travail (PCT, ex-parti unique) au rang d'un outil démagogique, n'a été qu'un échec. En quelques décennies, ce parti a transformé le Congo en un champ de bataille où des bureaucrates et des militaires incultes et véreux sévissaient sans vergogne.

Le faux espoir de 1992

Après la Conférence nationale, et l'élection de Pascal Lissouba à la présidence, en 1992, certains croyaient qu'un tournant s'était produit. Il a vite fallu déchanter : en 1993-1994, peu après l'élection de Lissouba, ses partisans, grisés par la victoire, se sont empressés d'affronter les partisans de Kobelas dans une nouvelle escalade autodestructrice. Jusqu'en 1997, les milices congolaises se sont acharnées à restaurer des rites sacrificiels datant d'un autre âge. Parallèlement, le déclin de l'Etat a poursuivi son cours. L'«après-culture» (George Steiner) a accru son emprise, métamorphosant implacablement une jeunesse d'autant plus manipulable qu'elle avait, depuis belle lurette, perdu l'essentiel de ses repères.

L'instabilité institutionnelle et les déséquilibres interrégionaux s'aggravant, Sassou Nguesso a su, comme lors de sa première prise de pouvoir en février 1979, tirer profit du déchaînement des énergies guerrières et a passé une alliance avec des puissances farouchement opposées au projet messianique incarné par Kobelas. Ces puissances n'ont fait qu'une bouchée d'un Lissouba dont l'arrogance ou l'inconstance et l'impéritie se paraient d'un sabir technoscientifique. L'histoire congolaise s'étant mise à bégayer, les anciens membres du PCT, revenants skakespearo-wagnériens soutenus par l'armée congolaise, pouvaient s'emparer des principaux rôles d'un drame qui n'a pas encore pris fin.

Si plusieurs organisations des droits de l'homme ont déjà publié des rapports accablants sur les crimes commis dans la capitale congolaise lors de la «guerre des milices» de 1997, seule une commission d'enquête internationale éclairera l'ensemble de la communauté mondiale sur les événements survenus depuis décembre 1998, à Brazzaville dans les quartiers de Bacongo et Makélékélé et dans les régions opposées au retour de Sassou Nguesso au pouvoir.

Dans une série d'interviews accordées dernièrement, l'actuel chef de l'Etat n'a cessé de mettre sur le compte de l'opposition tous les massacres commis au Congo-Brazzaville. Le fait d'exiger qu'une commission d'enquête internationale se rende dans toutes les régions martyrisées par la guerre ne revient nullement à faire le jeu de l'opposition. C'est, au contraire, travailler en vue de la création de nouvelles conditions favorisant le retour des milliers de réfugiés fuyant les combats.

Dialogue et désintégration

Plusieurs dirigeants d'Afrique centrale, réunis à Libreville le 6 août 1999 autour du chef de l'Etat gabonais Omar Bongo, ont reconnu que les conflits armés qui se poursuivent au Congo-Kinshasa et au Congo-Brazzaville déstabilisent toute la région. Mais l'inaptitude au dialogue perdure à Kinshasa comme à Brazzaville.

A de rares exceptions près, les différentes versions de la «politique» africaine contemporaine n'ont fait que promouvoir un processus de désintégration qui a souvent favorisé l'émergence ou la résurgence des pires figures du nihilisme et du Mal. La question qui se pose désormais à tous les Congolais est celle de savoir si leur pays a été englouti au cours des dernières années, ou si, échappant à des mythes obsolètes et s'émancipant de l'emprise de chefs pour qui l'exercice d'un pouvoir de mort est la seule règle, ils sauront et pourront reconstruire le Congo-Brazzaville.

FEVRIER 2000

Malgré les deux cessez le feu conclus en novembre et décembre 1999 entre l'armée et les milices, le Congo Brazzaville ne parvient pas à sortir du conflit qui l'a ensanglanté à 3 reprises depuis 1993. Le coordinateur humanitaire de l'ONU pour le Congo, Bill Paton, a dressé lundi 21 février un bilan mitigé de la situation. D'un côté, il a dénoncé le manque d'intérêt de la communauté internationale pour un pays ou des dizaines de milliers de viols ont été commis en 1999 et ou des meurtres sont encore perpétrés et, de l'autre, il a noté avec satisfaction que 400 000 des 800 000 personnes déplacées étaient rentrées chez elles ces dernières semaines. Le président congolais, Nguesso, a pour sa part appelé le mardi 22 février à un dialogue national comprenant ses ennemis Pascal Lissouba et Bernard Kolélas, sans toutefois lever l'ambiguité sur un éventuel retour de ses deux opposants, le premier ayant été condamné par contumace et le second étant poursuivi par la justice de Brazzaville.
La route nationale n°1 n'existe plus. Les ornières ont des dimensions impressionnantes. Le goudron qui affleure par endroits est troué et coupant. Un désastre !! Il faut trois heures pour couvrir les 75 Km qui séparent la capitale de Kinkala, le chef lieu du Pool.
Les villages sont déserts. Les populations actuels ont fui la violence des combats et le comportement odieux des belligérants au fur et à mesure que la guerre approchait, préférant se réfugier dans les forêts que de subir la mitraille et l'arbitraire. Les miliciens de l'ancien président Lissouba, les Cocoyes, et ceux de son premier ministre Bernard Kolélas, les Ninjas, utilisaient les habitants de la région comme bouclier. Les milices du président Nguesso, les Cobras, leurs alliés angolais et les supplétifs zaïrois, rwandais et tchadiens, les considéraient comme complices de leurs ennemis.
Des milliers de familles ont passé plusieurs mois à couvert des arbres, subissant les intempéries, campant sous les pluies tropicales, se nourrissant de feuilles...Ils ont commencé à sortir des forêts en mai, après que Nguesso eut tenu des propos rassurants et que les forces gouvernementales eurent affermi leur emprise sur le sud de la région du Pool.
L'habitat est clairsemé. Les maisons en dur sont occupées par des hommes en uniformes. Les 10 000 habitants de Kinkala ont fui, eux aussi. Peu sont revenus. En fait, la population ne sait pas qui elle doit craindre le plus : Ninjas, Cobras, Angolais...!!
Un congolais témoigne : " Les unités de la Garde républicaine ont trié, interrogés, arrêtés et fait disparaitre systématiquement ceux qui étaient en âge de porter des armes, les accusant d'être des Ninjas. C'était l'époque ou des voyous, incorporés dans la force publique, se comportait comme des sauvages, découpant les corps de leurs victimes et accrochant les membres et les têtes sur les calandres des voitures des Cobras, avant de jeter les restes des corps dans le fleuve".

Source :
Le Monde Diplomatique 1987-1997

SOURCE :http://afriquepluriel.ruwenzori.net/congo-d.htm

http://afriquepluriel.ruwenzori.net/

Contenant et contenus conçus et réalisés par Olivier Bain; tirés de l'oubli, toilettés et remis en ligne par Jean-Marc Liotier

Afrique/Congo-Brazzaville : Histoire, économie, politique
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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 18:29
(Congo-Brazzaville) COMMUNIQUE DE PRESSE RELATIF A LA CREATION DE L’ETAT DU SUD CONGO

A ECOUTER : http://www.youtube.com/watch?v=sS1DE_PbiNY -

COMMUNIQUE DE PRESSE

Relatif à la création de l’Etat du Sud Congo pour préserver

le génome du Sud Congo de l’extermination programmée

CONSIDERANT :

- Les coups d’Etat à répétition du général Denis Sassou Nguesso ;

- Les résultats du dernier recensement 2013 publiés le 6 mars 2014 par le ministère de l’Intérieur du gouvernement de Monsieur Denis Sassou Nguesso qui mettent en évidence les preuves irréfragables du programme d’extermination du génome du Peuple du Sud Congo ;

- La disparition de 353 jeunes gens triés sur le critère de leur origine ethnique, communément appelé « Affaire des disparus du Beach » dont le dernier rapport des Nations Unies reconnaît et recommande le droit des parents des victimes à connaître la vérité ;

- Le rapport 1995-2000 du programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), les projections des Nations Unies et le programme post-conflit pour le développement économique et social du Congo signé en novembre 1999 par le gouvernement de Monsieur Denis Sassou Nguesso qui mettent en évidence la baisse démographique de plus de 25% dans le Sud Congo soit près de « 750 000 personnes qui manquent à l’appel » par rapport aux classes d’âge se situant entre 20-40 ans ;

- L’existence de fait de l’Etat du Nord Congo avec son gouvernement clanique, un haut commandement militaire et des hauts fonctionnaires de l’Etat tous originaires Mbochi d’Oyo et du Nord Congo et dont la capitale a été de facto transférée à Oyo qui a maintenu la pauvreté des Congolais ;

- La volonté de Monsieur Sassou Nguesso à poursuivre l’extermination du génome du Peuple du Sud Congo exprimée à Bruxelles le 2 avril 2014 « qu’il devait achever ce travail commencé, mais il ne voyait pas comment débuter un travail et le laisser inachevé. » ;

- La modification ou le changement de la Constitution du 20 Janvier 2002 ;

- La requête de la déclaration de la République de l’Etat du Sud Congo en date du 14 Avril 2014 remise au Secrétaire Général des Nations Unies, Monsieur Ban Ki-moon, et communiquée à la Communauté Internationale ;

- La réception de la requête par Monsieur Denis Sassou Nguesso, actuel Président de la République du Congo, par les Présidents de l’Assemblée Nationale, du Sénat, de la Cour Constitutionnelle et du Conseil Economique et Social, ainsi que par Monsieur l’Ambassadeur du Congo en France ;

- Monsieur Denis Sassou Nguesso, qui en a pris acte, formalise ainsi l’existence des deux Etats, Nord Congo et Sud Congo, en entités séparées.

NOUS, PEUPLE DE LA REPUBLIQUE SUD CONGO, tenant compte de la sauvegarde de notre génome et du droit des peuples à l’autodétermination :

- PROCLAMONS solennellement l’existence de l’Etat du Sud Congo souverain sur les terres des cinq (5) régions du sud de l’actuelle République du Congo Brazzaville ;

- APPELONS le Peuple du Sud Congo de l’intérieur au calme le plus absolu ;

- DEMANDONS à la diaspora dispersée de par le monde d’œuvrer à la tâche exaltante de la reconstruction de la Nation du Sud Congo pour réaliser le rêve poursuivi de génération en génération que Nous pensions réalisable en 1960 dans le cadre de la République du Congo ;

- AFFIRMONS que les modalités pratiques seront vues entre l’Etat du Nord Congo et l’Etat du Sud Congo sous l’égide des Nations Unies.

Fait et Scellé à PARIS, Terre de la Patrie des Droits de l’Homme, le 10 Mai 2014.

Pour LE PEUPLE SOUVERAIN DU SUD CONGO. Le Conseil provisoire. Les porte-paroles :

Robert POATY PANGOU Modeste BOUKADIA

Phones : +33662929540 / +33647011908Blog : http://sudcongo.wordpress.com - Email : sudcongo@gmail.com /

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Etat du Sud-Congo - Boukadia - dans Congo-Brazzaville Congo-Régions
1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 19:12

LA MUNICIPALISATION ACCELEREE AU POOL

NE DEVRA PAS ETRE UN GUEPIER

par Daniel Nkouta

 

dnkta Depuis cinquante et un ans aujourd’hui, l’histoire politique du Congo-Brazzaville se trouve en permanence faite de guerres dites fratricides. Dans toutes ces guerres, sans aucune exception, un peuple est omniprésent, payant chaque fois le plus lourd tribut : il s’agit du peuple KOONGO. Dans sa témérité souvent insensée et suicidaire, obnubilé par le sentiment religieux son unique et génétique faiblesse, enfourchant une outrecuidance enfouie dans les chromosomes ; ce peuple qui a toujours voulu récrire l’histoire, vient de récidiver en s’enfonçant les yeux fermés dans la dernière tragédie qui a endeuillé le pays ; celle de juin 1997, une guerre, il faut le dire, comme l’a affirmé SASSOU-NGUESSO lui-même, qui ne le concernait nullement, mais dont curieusement ce peuple a fini par prendre la tête.

 

Pendant plusieurs mois en effet, la région du Pool-koongo a vécu un véritable drame. Des éléments armés réputés avoir appartenu à l’ex-milice de Bernard KOLELAS, arguant de l’exécution sommaire par le Directeur régional de la Police dite Nationale, de quelques uns de leurs camarades coupables d’actes de banditisme, avaient, dit-on par vengeance, décidé de semer la terreur dans toute la région. Aucun District n’avait alors été épargné. La Force réputée Publique dépêchée sur les lieux pour rétablir l’ordre nous avait-t-on dit, aurait subi une série d’embuscades particulièrement meurtrières. Cette fameuse Force Publique, n’ayant jamais reçu la formation militaire et la discipline qu’elle est supposée avoir acquises, à défaut de mettre la main sur les bandits armés recherchés, s’est livrée à des représailles elles aussi meurtrières sur la population sans défense. Les localités de Mindouli, Kindamba, Matoumbou, Kibouendé, Kibosi, Tâba, Kinkala, Koubola, Makâna, Mbanza-Ndounga etc. ont été complètement désertées par leurs populations qui, fuyant les exactions, ont trouvé refuge dans la forêt.

 

Situation atypique, le premier Gouvernement de SASSOU-NGUESSO au lendemain de sa victoire militaire sur les troupes de LISSOUBA, se composait, il faut le dire, de sept Ministres originaires du Pool-koongo. Je vais devoir citer ici leurs noms à tous, afin que l’histoire se souvienne, et que de génération en génération, leur responsabilité voire leur culpabilité individuelle et collective soit retenue. Il s’agit de : Isidore MVOUBA, Gérard BITSINDOU, Claude Ernest NDALLA, François LOUMOUAMOU, Michel MAMPOUYA, Céline MATINGOU, Jean-Martin MBEMBA.

 

Cette situation atypique dont notre région, comme sa population, portent désormais définitivement les stigmates indélébiles, que nous n’avons ni le droit ni le devoir d’oublier, et qui requièrent réparation, situation dont les évènements de BACONGO de décembre 1998 constituent l’épicentre ; imposent aujourd’hui plus qu’hier, à toutes les filles et tous les fils de cette région, la considération de tous les paramètres qui ont généré hier, les conditions permissives de la dégradation du climat et du développement de la crise jusqu’à la catastrophe. Des interprétations diverses sur la nature réelle de la genèse de cette crise s’étaient répandues dans la population à une vitesse et une force telles, que si nous n’y prenons garde, nous engonceront dans un byzantinisme rendant impossible une réflexion rapide et profonde, sur le devoir qui nous échoit, la mission qui nous incombe à tous, dans la recherche d’une solution immédiate et pérenne à cette crise, pour faire qu’enfin, nous tirions des leçons de ces terribles événements.

 

Une kyrielle d’éléments tangibles pouvaient être sans difficulté recensés qui permettaient de voir nettement peu à peu, cette crise poindre à l’horizon. Chacun et chacune de nous donc, là où il se trouve, en porte désormais une parcelle de responsabilité car, l’on pourrait raisonnablement aujourd’hui se demander : mais pourquoi donc avons-nous laissé se rassembler patiemment les conditions de la commission de ce crime programmé contre notre peuple ? Des signaux d’agitation étaient pourtant parfaitement perceptibles dans la région depuis quelque temps. Ceux qui, par des feintes politiciennes affirmeront ne les avoir pas perçus, ne seront jamais crus.

 

En effet, inquiet de nombreuses rumeurs qui circulaient dans le pays depuis plusieurs mois, un comité de bons offices, composé de quelques dignitaires du Pool-koongo, composé de Monseigneur Anatole MILANDOU Evêque de KINKALA, Florent MIEKOUNTIMA, Antoinette BAKOUETELA et Jean-Claude NGANGA, s’était rendu à Abidjan en Côte d’ivoire, à la rencontre de Bernard KOLELAS du lundi 9 au mardi 10 mars 1998. La rencontre avait eu lieu à la résidence du Ministre Ivoirien des Affaires étrangères, ami personnel de Jean-Claude NGANGA. La mission de ce comité consistait à ramener Bernard KOLELAS sur la voie de la raison, l’inviter à prendre conscience de sa responsabilité en tant que leader politique, dont le devoir consiste à faire preuve de sagesse, et lui arracher surtout la promesse ferme qu’il renonçait à l’option de la guerre comme moyen de règlement des différents politiques. Ces dignitaires ont clairement indiqué à l’occasion à Bernard KOLELAS, qu’il devait prendre garde aucun geste déraisonnable de sa part vienne compromettre la paix et la sécurité déjà fragiles des filles et fils du Pool-koongo. Bernard KOLELAS qui dit alors avoir compris, et prenant nos mânes à témoins conformément à la coutume, jurant de se conformer à cette sage position, a versé du vin traditionnel au sol pour marquer l’événement.

 

Mais voilà, qu’à peine lui ont ils tourné le dos pour rentrer au pays, infidèle à sa promesse et comme de coutume, Bernard KOLELAS, dans un élan manifestement provocateur, a multiplié des déclarations agressives à l’endroit du pouvoir Mboshi, qui a entendu chaque propos comme étant l’émanation du peuple koongo tout entier. Tout un peuple est ainsi mis au ban des accusés, par la folie d’un seul homme dont au demeurant, les origines koongo sont douteuses. Ce que l’on a pu lire alors dans quelques journaux de la place est très révélateur :

 

« Le Pool a-t-il le monopole du crime politique ? Depuis l’accession à l’indépendance, même sous le régime des Présidents Youlou et Massamba-Débat, le Pool a copieusement servi aux Congolais des coups d’Etat à répétition, sous le Président Marien Ngouabi. Les guerres civiles de 1959, 1993, 1994, 1997, sous les Présidents Youlou et Lissouba. Des assassinats gratuits sous Massamba-Débat et plus récemment près de 15 morts en un mois sous Sassou II, malgré la main tendue de ce dernier à tous les Congolais après la victoire à l’issue de la guerre du 5 juin 1997. Ni la présence massive de ses originaires dans les organes de l’Etat, ni la volonté de réconciliation prônée par le Chef de l’Etat n’ont eu raison de son fanatisme outrancier... » (Le Gardien n°050 du 02 octobre 1998 sous la plume de Ernest Ekani).

 

« L’hypocrisie légendaire qui caractérise bon nombre des ressortissants de la région du Pool, ne cessera de produire l’effet boomerang subséquent à leurs aspirations et idéaux intégristes. Cet intégrisme obtus dévoilé au grand jour pendant la Conférence Nationale Souveraine avait d’ailleurs soulevé des protestations parmi les Congolais épris de justice et d’équité lorsqu’un cadre ‘’défenseur’’ des droits du Pool avait déclaré sans vergogne que le ‘’Pool’’ a trop souffert.

 

Kolélas est un leader incontesté du M.C.D.D.I. ceci quelques soient ses idéaux. Comme Hitler il peut conduire le Pool au suicide collectif et celui-ci obtempérera car après André Matsoua et Fulbert Youlou c’est lui. Des milliers des sinistrés de Bacongo et Makélékélé sont bel et bien ‘’adeptes’’ du prophète Kolélas. Le ninja n’est pas seulement celui qui a tenu l’arme, mais aussi, celui qui dans ses veines coule un sang édulcoré d’intégrisme et de messianisme politique, y compris ces hommes d’église. c’est toute une culture à l’instar des Diables Noirs qui politisent leur victoire à l’issue des matches Etoile du Congo-Diables-Noirs.

 

Ganao est bel est bien en exil, le peuple Batéké, très pacifique n’a jamais fait la guerre aux nouvelles institutions. Yhombi et Lissouba sont partis, la vie continue normalement dans leurs régions respectives. Pourquoi seulement le Pool depuis 1959, 1993, 1994, 1997, 1999 et peut-être jusqu’au 3eme millénaire. Le Pool a participé à toutes les guerres qui ont endeuillé notre pays et n’a jamais remporté. Que ce peuple comprenne qu’il n’est en réalité pas guerrier. » (Le Gardien n°050 du 02 octobre 1998 sous la plume de Ernest Ekani)

 

Si l’auteur de ces propos s’est exprimé dans un piètre français qui donne toute la mesure de son inculture et de la sédimentation de la médiocrité dans sa cosmogonie tribale, de la faiblesse de son coefficient intellectuel, qui au passage laisse transparaître le complexe que lui et ses congénères entretiennent face au Pool-koongo, si cet ahuri manifeste une incapacité notoire à se souvenir que la guerre de 1997 a pour origine non les fils du Pool-koongo mais YHOMBY et OKOKO, et que la région de Pascal LISSOUBA, contrairement à ses affabulations, fut plus que le Pool-koongo concernée par la guerre de Juin 1997, et qu’elle a effectivement été en guerre après la fuite de Pascal LISSOUBA ; il faut tout de même reconnaître que certaines de ses affirmations, même dites de manière peu élégante, reflètent la vérité. Nous devons assumer.

 

Quant à l’affirmation de ce piètre journaliste qui prétend que notre peuple, le peuple Koongo ne serait pas un peuple guerrier ; il y a lieu de faire une mise au point. Si ce journaliste entend par  là, que nous ne sommes pas belliqueux et portés à la violence ; les faits auront beaucoup de mal à le contredire. Nous sommes un peuple paisible, nous avons le culte de la paix. Mais attention ! lorsque l’on nous agresse, nous sommes terribles dans la vengeance. Et je prends à témoin les Congolais dans leur ensemble, car le moment viendra pour en faire la démonstration. De toutes les guerres qui ont endeuillé le pays, auxquelles le Pool-koongo aurait participé et répertoriées par l’auteur de cet article acrimonieux, je n’ai souvenir d’aucune en tout cas aucune que nous ayons perdue.

 

Dans la guerre de juin 1997, prolongée par celle de décembre 1998, tout le monde sait, qu’il a fallu au pouvoir du Nord l’aide des troupes angolaises, des spadassins ruandais, tchadiens, zaïrois et autres, contre une poignée de civils armés de fusils de chasse et sans le moindre entraînement militaire ni encadrement d’un seul soldat régulier. Malgré cette puissance de feu ; le pouvoir du Nord, lourdement armé, usant de tout l’arsenal militaire de l’Etat, avec des pseudos Généraux  dont certains sont hélas, véritables traitres issus de notre peuple, et formés aux frais du contribuable, n’a pu depuis, parvenir à bout de quelques éléments médiocrement armés. Alors qui est guerrier et qui ne l’est pas ?

 

Il nous faut disais-je, malgré tout reconnaître que certaines affirmations contenues dans cet article, sont fondées. En effet, il demeure constant, que dans la guerre de décembre 1998, c’est bien, Bernard KOLELAS qui, avec ses multiples déclarations provocatrices, a préparé notre suicide collectif. Pendant que dans sa verbite vénéneuse aiguë, Bernard KOLELAS multipliait des déclarations à RFI et à la Voix de l’Amérique ; l’Hebdomadaire brazzavillois Le FLAMBEAU, tenu par un fils du Pool-koongo, véritable organe pyromane, s’activait à jeter l’huile au feu, se faisant le relayeur patenté de toutes les déclarations provocatrices de Bernard KOLELAS et LISSOUBA à l’étranger, propageant les rumeurs les plus mensongères et dangereuses sur le retour imminent de KOLELAS au pays, puis faisant ostensiblement le panégyrique des ninjas qui tendaient fréquemment des embuscades meurtrières à la Force dite publique.

 

Cette propagande provocatrice en réalité organisée par le pouvoir lui-même dans le but exclusif de réunir les conditions pour exécuter son plan macabre du génocide contre notre peuple, a fini, comme il fallait s’y attendre, par l’écho qu’elle a eu tant dans la population dite nationale qu’à l’étranger, par donner à penser qu’elle exaspérait le pouvoir qui devait faire payer la facture à la région tout entière. La presse acquise au pouvoir de son côté, s’est saisie des déclarations de KOLELAS et du Journal Le FLAMBEAU, pour inciter à la haine. La Rue meurt dans son numéro 254 du 08 au 14 octobre 1998, stigmatisant Le Journal LE CHOC écrit : « ...Pendant ce temps, la presse forcenée continue l’agitation, sème la haine, harangue, incite à la correction... »

 

SASSOU qui, en réalité, par un discours apaisant trompeur jetait la pierre en cachant par la suite la main coupable dans son dos, recevra par pure stratégie à Mpila, un groupe de prétendus sages du Pool avec la présence d’un Evêque, pour appeler, par ce canal, notre attention à tous, que des armes circuleraient dans la région, que le Pool risquait d’être le point de départ d’une nouvelle guerre. Lui seul avait vu ces armes.

 

Le FLAMBEAU encore lui, pour mieux inciter le pouvoir aux représailles, titre un jour que Kinkala, Chef-lieu de la région du Pool est tombé entre les mains des ninjas. Il parle avec une certaine fierté, de la Force publique qui serait en débandade. A cet aveu, a fini par déférer le Gouvernement de SASSOU, car tel était le but. C’est donc la guerre ! Les conditions pour que Bacongo et Makélékélé deviennent Hiroshima et Nagasaki du Congo se réunissent peu à peu sous nos yeux. Le Directeur de l’Hebdomadaire Le FLAMBEAU, après avoir longuement incité le pouvoir aux représailles, diffusant régulièrement des informations donnant à penser que cette entreprise était faite au profit de la région du Pool-koongo et pour la démocratie, une fois l’hécatombe survenue, ce journaliste de rencontre a, sans le moindre remords et sans scrupule, amorcé le virage vers le pouvoir, sans clignoter, battant campagne en faveur de SASSOU, pour espérer entrer au Gouvernement. Il a même poussé le ridicule jusqu’à diffuser la liste de prétendus personnages ministrables dont lui-même.

 

Exaspéré par cette conduite irresponsable et assassine, j’ai décidé personnellement de me rendre à Brazzaville où j’ai rencontré en ses bureaux sis face TERINKIO ce journaliste, le sieur NSANA, à qui, en présence d’un témoin dont je  tais le nom pour raison de sécurité, la gravité de la situation l’exige, j’ai demandé des explications sur le harcèlement du pouvoir par son Journal, qui me paraissait manifestement manquer de franchise. C’est alors, que NSANA m’avouera, que ses diatribes envers le pouvoir, étaient l’expression de la colère qu’il entretenait à l’égard d’Isidore MVOUBA, qui aurait détourné la somme de Deux Millions que SASSOU aurait ordonné à MVOUBA de remettre à NSANA, qui venait d’être reçu par SASSOU à Oyo. Voilà la vérité meurtrière !. Mais NSANA n’est pas le seul coupable d’un tel comportement, car  tous les ressortissants du Pool-koongo qui détenaient à cette époque des organes de presse écrite et qui dans des articles incendiaires électrisaient notre peuple, entretenaient en réalité des relations occultes mais suivies avec le pouvoir qui leur servait des prébendes. Ils ont tous été à un moment ou à un autre, membres du Parti Congolais du Travail dont ils sont le produit ; ne nous y trompons pas !

 

Ce bref rappel historique me conduit à appeler l’attention de toutes et de tous, afin que nous ne tombions plus jamais dans le piège du PCT. Chers parents ! Sachons tirer les leçons du passé et lire dans les signes et les discours. Depuis quelque temps en effet, est répandu le propos selon lequel, des dignitaires du Pool-koongo auraient exprimé le désir de voir gérer par un Comité des fils et filles du Pool-koongo, la faramineuse et scandaleuse somme de  Sept cent milliards (700.000.000) FCFA, telle est le montant qui circule, de la somme prévue pour la célébration du cinquante deuxième anniversaire de l’indépendance, dans le cadre de la municipalisation accélérée. Nous ne voulons pas chez nous des éléphants blancs auraient déclaré ces fameux sages. Il n’est est rien !

 

Cette rumeur, pure imagination des agitateurs en mission du PCT, n’est en réalité qu’une opération de désinformation destinée à donner à penser que le turbulent peuple du Pool-koongo, une fois de plus, envisagerait de créer l’agitation à l’occasion de cette fête nationale. Que cache cette rumeur ?  Sassou a conscience que son mandat arrive lentement mais sûrement à l’échéance. Sa propre Constitution lui interdit de briguer un autre mandat. Il sait aussi que désormais, l’environnement international très regardant et exigeant sur les principes démocratiques, rend de plus en plus difficile le bricolage électoral. Il ne reste plus à notre monarque, bourreau du peuple koongo, que de créer de l’agitation dans le pays, qui justifierait une nouvelle intervention militaire dans le Pool-koongo, rendant ainsi impossible devant l’opinion internationale, l’organisation de l’élection présidentielle, d’autant plus qu’il est plus certain que SARKOZY son parrain ne sera plus à l’Elysée.

 

C’est l’occasion de dire à Sassou et ses comparses, que la cannibalisation du Trésor public, en usant de des travaux imaginaires de municipalisation accélérée qui ne sont jamais achevés, ne concerne pas notre peuple. Qu’il poursuive son opération de vidange du Trésor entamée depuis son retour au pouvoir, cela n’est pas notre souci. Ceux des filles et fils du Pool-koongo, Isidore MVOUBA,  Adélaïde MOGANI, TCHIMBAMBELELA et autres traitres de la région qui ont été choisis par le pouvoir pour justifier cette arnaque répondront le moment venu devant notre peuple. Notre seule préoccupation est désormais, notre autonomie. Nous y réfléchissons et de nombreux contacts utilitaires sont pris, pour saisir les Institutions Internationales compétentes sur la question. Aucun sage koongo n’a le moindre regard, ni la moindre préoccupation sur la manière dont il envisage de dilapider les fonds publics à l’occasion de ces fameux travaux de municipalisation accélérée au Pool. Pillez ! Pillez ! et Pillez encore ! Vous ne savez rien faire d’autre. Les Congolais vous regardent. Les Koongo n’ont absolument rien à foutre de votre fausse municipalisation. Vous pouvez même changer de région et voler au nom d’une autre région. Cette fois, aucune arme ne circule chez nous, nous voulons la paix, alors foutez nous la paix !

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Congo-Mfoa - dans Congo-Régions
29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 17:36

APPEL A LA VIGILANCE

DES FILLES ET FILS DU POOL-KOONGO

 

 

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DANIEL NKOUTA

 

 

Dans chacun des douloureux événements qui jalonnent l’histoire politique du Congo, se trouve la trace du sang des filles et fils du Pool-koongo. L’on peut lire dans l’introduction un ouvrage paru chez l’Harmattan intitulé : « Le Congo de Pascal Lissouba », sous la plume d’un collectif d’Intellectuels Congolais (C.I.C.) conduit par René Babu-Zalé : « Le Congo connaît, depuis toujours, une histoire politique effervescente. Trente quatre ans de sang versé, gratuitement, depuis le jour de l’indépendance. Les Congolais, et principalement leurs responsables politiques, n’ont jamais tiré de ces malheurs la leçon salutaire pour améliorer la marche de leur histoire. »

 

En effet, depuis cinquante et un ans aujourd’hui, l’histoire politique du Congo-Brazzaville se trouve en permanence faite de guerres dites fratricides. Dans toutes ces guerres, sans aucune exception, un peuple est omniprésent, payant chaque fois le plus lourd tribut : il s’agit du peuple KOONGO. Ce peuple qui a toujours voulu récrire l’histoire ; dans sa témérité souvent insensée et suicidaire, obnubilé par le sentiment religieux son unique et génétique faiblesse, enfourchant une outrecuidance enfouie dans les chromosomes ; ce peuple vient de récidiver en s’enfonçant les yeux fermés dans la dernière tragédie qui a endeuillé le pays ; une guerre, il faut le dire, comme l’a affirmé SASSOU-NGUESSO lui-même, qui ne le concernait nullement, mais dont curieusement ce peuple a fini par prendre la tête.

 

Pendant plusieurs mois en effet, la région du Pool-koongo a vécu un véritable drame. Des éléments armés réputés avoir appartenu à l’ex-milice de Bernard KOLELAS, arguant de l’exécution sommaire par le Directeur régional de la Police dite Nationale, de quelques uns de leurs camarades coupables d’actes de banditisme avaient, dit-on par vengeance, décidé de semer la terreur dans toute la région. Aucun District n’avait alors été épargné. La Force réputée Publique dépêchée sur les lieux pour rétablir l’ordre, nous avait-t-on dit, aurait subi une série d’embuscades particulièrement meurtrières. Cette fameuse Force Publique, n’ayant jamais reçu la formation militaire et la discipline qu’elle est supposée avoir acquises, à défaut de mettre la main sur les bandits armés recherchés, s’est livrée à des représailles elles aussi meurtrières sur la population sans défense. Les localités de Mindouli, Kindamba, Matoumbou, Kibouendé, Kibosi, Tâba, Kinkala, Koubola, Makâna, Mbanza-Ndounga etc. ont été complètement désertées par leurs populations qui, fuyant les exactions, ont trouvé refuge dans la forêt.

 

Situation atypique, le premier Gouvernement de SASSOU-NGUESSO au lendemain de sa victoire militaire sur les troupes de LISSOUBA, se composait, il faut le dire, de sept Ministres originaires du Pool-koongo. Je vais devoir citer ici leurs noms à tous, afin que l’histoire se souvienne, et que de génération en génération, leur responsabilité voire leur culpabilité individuelle et collective soit retenue. Il s’agit de : Isidore MVOUBA, Gérard BITSINDOU, Claude Ernest NDALLA, François LOUMOUAMOU, Michel MAMPOUYA, Céline MATINGOU, Jean-Martin MBEMBA.

 

Cette situation atypique dont notre région, comme sa population, portent désormais définitivement les stigmates indélébiles, que nous n’avons ni le droit ni le devoir d’oublier, et qui requièrent réparation, situation dont les évènements de BACONGO de décembre 1998 constituent l’épicentre ; imposent aujourd’hui plus qu’hier, à toutes les filles et tous les fils de cette région, la considération de tous les paramètres qui ont généré hier, les conditions permissives  de la dégradation du climat et du développement de la crise jusqu’à la catastrophe. Des interprétations diverses sur la nature réelle de la genèse de cette crise s’étaient répandues dans la population, à une vitesse et une force telles, que si nous n’y prenons garde, nous engonceront dans un byzantinisme rendant impossible une réflexion rapide et profonde, sur le devoir qui nous échoit, la mission qui nous incombe à tous, dans la recherche d’une solution immédiate et pérenne à cette crise, pour faire qu’enfin, nous tirions des leçons de ces terribles événements.

 

Pourtant, une kyrielle d’éléments tangibles pouvaient être sans difficulté recensés qui permettaient de voir nettement, peu à peu, cette crise poindre à l’horizon. Chacun et chacune de nous donc, là où il se trouve, en porte désormais une parcelle de responsabilité, car, l’on pourrait raisonnablement aujourd’hui se demander : mais pourquoi donc avons-nous laissé se rassembler patiemment les conditions de la commission de ce crime programmé contre notre peuple ? Des signaux d’agitation étaient pourtant parfaitement perceptibles dans la région depuis quelque temps. Ceux qui, par des feintes politiciennes affirmeront ne les avoir pas perçus, ne seront jamais crus.

 

En effet, inquiet de nombreuses rumeurs qui circulaient dans le pays depuis plusieurs mois, un comité de bons offices, composé de quelques dignitaires du Pool-koongo, composé de Monseigneur Anatole MILANDOU Evêque de KINKALA, Florent MIEKOUNTIMA, Antoinette BAKOUETELA et Jean-Claude NGANGA, s’était rendu à Abidjan en Côte d’ivoire, à la rencontre de Bernard KOLELAS du lundi 9 au mardi 10 mars 1998. La rencontre avait eu lieu à la résidence du Ministre Ivoirien des Affaires étrangères, ami personnel de Jean-Claude NGANGA. La mission de ce comité consistait à ramener Bernard KOLELAS sur la voie de la raison, l’inviter à prendre conscience de sa responsabilité en tant que leader politique, dont le devoir consiste à faire preuve de sagesse, et lui arracher surtout la promesse ferme qu’il renonçait à l’option de la guerre comme moyen de règlement des différents politiques. Ces dignitaires ont clairement indiqué à l’occasion à Bernard KOLELAS, qu’il devait prendre garde qu’aucun geste déraisonnable de sa part ne vienne compromettre la paix et la sécurité déjà fragiles des filles et fils du Pool-koongo. Bernard KOLELAS qui dit alors avoir compris, et prenant nos mânes à témoins conformément à la coutume, jurant de se conformer à cette sage position, a versé du vin traditionnel au sol pour marquer l’événement.

 

Mais voilà, qu’à peine lui ont ils tourné le dos pour rentrer au pays, infidèle à sa promesse et comme de coutume, Bernard KOLELAS, dans un élan manifestement provocateur, a multiplié des déclarations agressives à l’endroit du pouvoir Mboshi, qui a entendu chaque propos comme étant l’émanation du peuple koongo tout entier. Tout un peuple est ainsi mis au ban des accusés, par la folie d’un seul homme dont au demeurant, les origines koongo sont douteuses. Ce que l’on a pu lire alors dans quelques journaux de la place est très révélateur :

 

« Le Pool a-t-il le monopole du crime politique ? Depuis l’accession à l’indépendance, même sous le régime des Présidents Youlou et Massamba-Débat, le Pool a copieusement servi aux Congolais des coups d’Etat à répétition, sous le Président Marien Ngouabi. Les guerres civiles de 1959, 1993, 1994, 1997, sous les Présidents Youlou et Lissouba. Des assassinats gratuits sous Massamba-Débat et plus récemment près de 15 morts en un mois sous Sassou II, malgré la main tendue de ce dernier à tous les Congolais après la victoire à l’issue de la guerre du 5 juin 1997. Ni la présence massive de ses originaires dans les organes de l’Etat, ni la volonté de réconciliation prônée par le Chef de l’Etat n’ont eu raison de son fanatisme outrancier... » (Le Gardien n°050 du 02 octobre 1998 sous la plume de Ernest Ekani).

 

« L’hypocrisie légendaire qui caractérise bon nombre des ressortissants de la région du Pool, ne cessera de produire l’effet boomerang subséquent à leurs aspirations et idéaux intégristes. Cet intégrisme obtus dévoilé au grand jour pendant la Conférence Nationale Souveraine avait d’ailleurs soulevé des protestations parmi les Congolais épris de justice et d’équité lorsqu’un cadre ‘’défenseur’’ des droits du Pool avait déclaré sans vergogne que le ‘’Pool’’ a trop souffert.

 

Kolélas est un leader incontesté du M.C.D.D.I. ceci quels que soient ses idéaux. Comme Hitler il peut conduire le Pool au suicide collectif et celui-ci obtempérera car après André Matsoua et Fulbert Youlou c’est lui. Des milliers des sinistrés de Bacongo et Makélékélé sont bel et bien ‘’adeptes’’ du prophète Kolélas. Le ninja n’est pas seulement celui qui a tenu l’arme, mais aussi, celui qui dans ses veines coule un sang édulcoré d’intégrisme et de messianisme politique, y compris ces hommes d’église. c’est toute une culture à l’instar des Diables Noirs qui politisent leur victoire à l’issue des matches Etoile du Congo-Diables-Noirs.

 

Ganao est bel est bien en exil, le peuple Batéké, très pacifique n’a jamais fait la guerre aux nouvelles institutions. Yhombi et Lissouba sont partis, la vie continue normalement dans leurs régions respectives. Pourquoi seulement le Pool depuis 1959, 1993, 1994, 1997, 1999 et peut-être jusqu’au 3eme millénaire. Le Pool a participé à toutes les guerres qui ont endeuillé notre pays et n’a jamais remporté. Que ce peuple comprenne qu’il n’est en réalité pas guerrier. » (Le Gardien n°050 du 02 octobre 1998 sous la plume de Ernest Ekani)

 

Si l’auteur de ces propos s’est exprimé dans un piètre français qui donne toute la mesure de son inculture et de la sédimentation de la médiocrité dans sa cosmogonie tribale, de la faiblesse de son coefficient intellectuel, qui au passage laisse transparaître le complexe que lui et ses congénères entretiennent face au Pool-koongo, si cet ahuri manifeste une incapacité notoire à se souvenir que la guerre de 1997 a pour origine non les fils du Pool-koongo mais YHOMBY et OKOKO, et que la région de Pascal LISSOUBA, contrairement à ses affabulations, fut plus que le Pool-koongo concernée par la guerre de Juin 1997, et qu’elle a effectivement été en guerre après la fuite de Pascal LISSOUBA ; il faut tout de même reconnaître que certaines de ses affirmations, même dites de manière peu élégante, reflètent la vérité. Nous devons assumer.

 

Quant à l’affirmation de ce piètre journaliste qui prétend que notre peuple, le peuple Koongo ne serait pas un peuple guerrier ; il y a lieu de faire une mise au point. Si ce journaliste entend par  là, que nous ne sommes pas belliqueux et portés à la violence ; les faits auront beaucoup de mal à le contredire. Nous sommes un peuple paisible, nous avons le culte de la paix. Mais attention ! lorsque l’on nous agresse, nous sommes terribles dans la vengeance. Et je prends à témoin les Congolais dans leur ensemble, car le moment viendra pour en faire la démonstration. De toutes les guerres qui ont endeuillé le pays, auxquelles le Pool-koongo aurait participé et répertoriées par l’auteur de cet article acrimonieux, je n’ai souvenir d’aucune en tout cas aucune que nous ayons perdue.

 

Dans la guerre de juin 1997, prolongée par celle de décembre 1998, tout le monde sait, qu’il a fallu au pouvoir du Nord, l’aide des troupes angolaises, des spadassins ruandais, tchadiens, zaïrois et autres, contre une poignée de civils armés de fusils de chasse et sans le moindre entraînement militaire ni encadrement d’un seul soldat régulier. Malgré cette puissance de feu ; le pouvoir du Nord, lourdement armé, usant de tout l’arsenal militaire de l’Etat, avec des pseudos Généraux  dont certains sont hélas véritables traitres issus de notre peuple, et formés aux frais du contribuable, n’a pu depuis, parvenir à bout de quelques éléments médiocrement armés. Alors qui est guerrier et qui ne l’est pas ?

 

Il nous faut disais-je, malgré tout reconnaître que certaines affirmations contenues dans cet article, sont fondées. En effet, il demeure constant, que dans la guerre de décembre 1998, c’est bien, Bernard KOLELAS qui, avec ses multiples déclarations provocatrices, a préparé notre suicide collectif. Pendant que dans sa verbite vénéneuse aiguë, Bernard KOLELAS multipliait des déclarations à RFI et à la Voix de l’Amérique ; l’Hebdomadaire brazzavillois Le FLAMBEAU, tenu par un fils du Pool-koongo, véritable organe pyromane, s’activait à jeter l’huile au feu, se faisant le relayeur patenté de toutes les déclarations provocatrices de Bernard KOLELAS et LISSOUBA à l’étranger, propageant les rumeurs les plus mensongères et dangereuses sur le retour imminent de KOLELAS au pays, puis faisant ostensiblement le panégyrique des ninjas qui tendaient fréquemment des embuscades meurtrières à la Force dite publique.

 

Cette propagande provocatrice en réalité organisée par le pouvoir lui-même, dans le but exclusif de réunir les conditions pour exécuter son plan macabre du génocide contre notre peuple, a fini, comme il fallait s’y attendre, par l’écho qu’elle a eu tant dans la population dite nationale comme à l’étranger, par exaspérer le pouvoir qui devait faire payer la facture à la région tout entière. La presse acquise au pouvoir de son côté, s’est saisie des déclarations de KOLELAS et du Journal Le FLAMBEAU, pour inciter à la haine. La Rue meurt dans son numéro 254 du 08 au 14 octobre 1998, stigmatisant Le Journal LE CHOC écrit : « ...Pendant ce temps, la presse forcenée continue l’agitation, sème la haine, harangue, incite à la correction... »

 

SASSOU qui en réalité par un discours  apaisant trompeur, jetait la pierre en cachant par la suite la main dans son dos. Il recevra par pure stratégie à Mpila un groupe de prétendus sages du Pool avec la présence d’un Evêque, pour appeler, par ce canal, notre attention à tous, que des armes circuleraient dans la région, que le Pool risquait d’être le point de départ d’une nouvelle guerre. Lui seul avait vu ces armes.

 

Le FLAMBEAU encore lui, pour mieux inciter le pouvoir aux représailles, titre un jour que Kinkala, Chef-lieu de la région du Pool est tombé entre les mains des ninjas. Il parle avec une certaine fierté, de la Force publique qui serait en débandade. A cet aveu, a fini par déférer le Gouvernement de SASSOU, car tel était le but. C’est donc la guerre ! Les conditions pour que Bacongo et Makélékélé deviennent Hiroshima et Nagasaki du Congo se réunissent peu à peu sous nos yeux. Le Directeur de l’Hebdomadaire Le FLAMBEAU, après avoir longuement incité le pouvoir aux représailles, diffusant régulièrement des informations donnant à penser que cette entreprise était faite au profit de la région du Pool-koongo et pour la démocratie, une fois l’hécatombe survenue, ce journaliste de rencontre a, sans le moindre remords et sans scrupule, amorcé le virage vers le pouvoir, sans clignoter, battant campagne en faveur de SASSOU, pour espérer entrer au Gouvernement. Il a même poussé le ridicule jusqu’à diffuser la liste de prétendus personnages ministrables dont lui-même.

 

Exaspéré par cette conduite irresponsable et assassine, j’ai décidé personnellement de me rendre à Brazzaville où j’ai rencontré ce journaliste, le sieur NSANA, à qui, en présence d’un témoin dont je  tais le nom pour raison de sécurité, la gravité de la situation l’exige, j’ai demandé des explications sur le harcèlement du pouvoir par son Journal, qui me paraissait manifestement manquer de franchise. C’est alors, que NSANA m’avouera, que ses diatribes envers le pouvoir, étaient l’expression de la colère qu’il entretenait à l’égard d’Isidore MVOUBA, qui aurait détourné la somme de Deux Millions que SASSOU avait ordonné à MVOUBA de remettre à NSANA qui venait d’être reçu par SASSOU à Oyo. Voilà la vérité meurtrière !. Mais NSANA n’est pas le seul coupable d’un tel comportement, car  tous les ressortissants du Pool-koongo qui détenaient à cette époque des organes de presse écrite et qui dans des articles incendiaires qui électrisaient notre peuple, entretiennent en réalité des relations occultes mais suivies avec le pouvoir qui leur servait des prébendes. Ils ont tous été à un moment ou à un autre membre du Parti Congolais du Travail dont ils sont le produit ; ne nous y trompons pas !

 

Ce rappel me conduit à appeler l’attention de tous, afin que nous ne tombions plus dans le piège du PCT. Chers parents ! Sachons tirer les leçons du passé et lire dans les signes et les discours. Depuis quelque temps en effet, est répandu le propos selon lequel, des dignitaires du Pool-koongo auraient exprimé le désir de voir gérer par un Comité des fils et filles du Pool-koongo, la faramineuse et scandaleuse somme de  Sept cent milliards (700.000.000) FCFA, telle est le montant qui circule, de la somme prévue pour la célébration du cinquante deuxième anniversaire de l’indépendance, dans le cadre de la municipalisation accélérée. Nous ne voulons pas chez nous des éléphants blancs auraient déclaré ces fameux sages. Il n’est est rien !

 

Cette rumeur, pure imagination du PCT, n’est en réalité qu’une opération de désinformation, destinée à donner à penser que le turbulent peuple du Pool-koongo, une fois de plus, envisagerait de créer l’agitation à l’occasion de cette fête nationale. Que cache cette rumeur ?  Sassou a conscience que son mandat arrive lentement mais sûrement à l’échéance. Sa propre Constitution lui interdit de briguer un autre mandat. Il sait aussi que désormais, l’environnement international très regardant et exigeant sur les principes démocratiques, rend de plus en plus difficile le bricolage électoral. Il ne reste plus à notre monarque, bourreau du peuple koongo, que de créer de l’agitation dans le pays, qui justifierait une nouvelle intervention militaire dans le Pool-koongo, rendant ainsi impossible devant l’opinion internationale, l’organisation de l’élection présidentielle, d’autant plus qu’il est plus certain que SARKOZY son parrain ne sera plus à l’Elysée.

 

C’est l’occasion de dire à Sassou et ses comparses, que la cannibalisation du Trésor public, en usant de des travaux imaginaires de municipalisation accélérée qui ne sont jamais achevés, ne concerne pas notre peuple. Qu’il poursuive son opération de vidange du Trésor entamée depuis son retour au pouvoir, cela n’est pas notre souci. Notre seule préoccupation est désormais, notre autonomie. Nous y réfléchissons et de nombreux contacts utilitaires sont pris, pour saisir les Institutions Internationales compétentes sur la question. Aucun sage koongo n’a le moindre regard, ni la moindre préoccupation sur la manière dont il envisage de dilapider les fonds publics à l’occasion de ces fameux travaux de municipalisation accélérée au Pool. Pillez ! Pillez ! et Pillez encore ! Vous ne savez rien faire d’autre. Les Congolais vous regardent. Les Koongo n’ont absolument rien à foutre de votre fausse municipalisation. Vous pouvez même changer de région et voler au nom d’une autre région. Cette fois, aucune arme ne circule chez nous, nous voulons la paix, alors foutez nous la paix !

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Congo-Mfoa - dans Congo-Régions
27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 21:59

CE QUE LES FILLES ET FILS

DU POOL-KOONGO DOIVENT SAVOIR

  

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DANIEL NKOUTA

 

Je suis totalement écœuré de constater que malgré les coups récurrents des évènements douloureux vécus, les filles et fils du Pool-koongo demeurent et vivent au quotidien dans un nominalisme politique qui leur fait croire naïvement que le politique est un être de raison. En réalité, loin d’être un être de raison, le politique est un homme de passion, un calculateur qui échappe aux classifications. C’est le jeu auquel hélas, notre peuple ne semble pas être prêt, confondant la politique avec la religion.

 

Alors que, prenant prétexte de la violation par Bernard KOLELAS du fameux accord de Sangolo entre le MCDDI et le PCT, statuant que toutes les filles et tous les fils du Pool-koongo sont militants naturels du MCDDI, le pouvoir mboshi en place a simplement décidé de mener une campagne de représailles contre nous tous, tuant, violant, détruisant jusque y compris nos arbres fruitiers. Notre seul crime, qui nous a valu ce carnage sans précédant dans toute l’histoire du pays, est d’avoir admis comme fils koongo, Bernard KOLELAS, téké de son Etat.

 

J’avais espéré qu’avec ces massacres, que rien d’autre de raisonnable n’explique, qui ont totalement décharné notre peuple rendu en l’état que voici :

  

mort-en-squelette.gif 

 

Oui, j’avais donc espéré que nous prenions enfin conscience que la cohabitation forcée avec ceux du Nord n’est pas seulement impossible, mais, mieux, elle est nuisible à la santé de notre peuple.

 

Mais, voilà qu’enjambant nos douleurs qui pourtant nécessitent réparation car, comme le dit cette invocation :

 

« Seigneur, fais que la haine ne soit pas notre legs à la postérité ! il n’y a pas loin de l’homme d’honneur que l’on cherche à être, au criminel que l’on pourrait devenir, car il est des blessures que seule la vengeance peut refermer.»  

 

Quelques fils du Pool-koongo témoignent encore de la naïveté en espérant régler ce contentieux par la prière. Le message placé en ligne par notre frère Brice Sylvestre appelant les fils du Pool témoigne de la bêtise. Voici ce message abscons après ce que notre peule a vécu :

 

« Réunion des enfants du Pool dans le cadre de la société civile

Le Pool, notre département est à genoux et il y a des plus en plus d’incertitudes sur l’avenir collectif, individuel, social, économique et culturel de notre département ; car, plus les années passent, plus le drame est loin et la solidarité nationale disparaît.

C’est pourquoi, le « comité des enfants du Pool débarrassés des traîtres et des corrompus » invite les enfants du Pool présents à la dernière messe des martyrs du Pool et ceux qui sont intéressés à un échange dans le cadre de la société civile pour ne pas tuer l’espoir suscité par cette dernière comme convenu le 30/07/2011.

Jour : Samedi 1 octobre 2011

Heures : 14H00 à 18H00

Lieu : C.C.D.A (Communauté Chrétienne des Africains)

Adresse : 46, rue de Romainville

75019  Paris

Téléphone : 01-42-08-54-70

Moyens d’accès :

Métro:

Télégraphe (Ligne 11)

Porte des Lilas (Ligne 11)

Pré St. Gervais (Ligne 7 b)

Bus:

Hôpital Robert Debré

(PC 2 – 48)

Pelleport – Belleville (60)

Contact :

( NKEOUA : 06-22-53-84-20 ; SITA : 06-15-20-79-95 ; KOLO : 07-51-07-80-48) »

« NB : Toutes les dispositions ont été prises sur le plan sécuritaire »

 

Oui, cette invite me paraît une blague de très mauvais goût. Nos Anciens dont nous vantons la prestation politique face à l’acharnement colonial : Mbiemo, Milongo, Kongo, Mi-Mpangala, Nkeoua, Mabiala ma Nganga, Matouba, Moundongo, Makoumbou ma Mpombo, Matsoua, Samba-Ndongo, Biza, Nganga-Lounoungou, Mi-Mpanzu alias Boueta-Mbongo, Nganga-Kobo, Kimbangu alias Ngunza, etc., sans prendre les armes, ont opposé à l’Administration coloniale une farouche résistance et détermination qui fait notre fierté à tous. Ils n’ont jamais organisé des messes ou toutes les autres conneries. Monseigneur Ernest NKOMBO qui s’était trompé de Cosmogonie cultuel, en imposant aux Mboshis le rituel de lavement de mains inconnu chez eux, s’en est allé laissant les mains et les cœurs mboshis dans l’état où ils se trouvaient avant la Conférence Nationale Souveraine.

 

Ayant l’âme trop fière, militaire, juridique et koongo, je refuse la capitulation et je réaffirme ce que j’ai toujours clamé.

 

« Notre dignité, nous ne la recouvrirons ni par la prière, ni par des discours, ni par des tribulations, des conférences ou dialogues nationaux. C’est par le combat politique effectif qu’elle viendra. Il nous faut désormais, à l’instar des autres, croire que pour nous Koongo, le Droit, c’est ce qui sert notre peuple, l’injustice, c’est ce qui lui porte dommage.

 Le peuple  Koongo doit se reconstituer en un espace territorial unique. Le même sang coule dans les veines de ceux qui vivent au Nord de l’Angola, au Sud du Congo Démocratique et ceux de la région du Pool-koongo. Nous n’aurons droit à aucune dignité tant que notre peuple ne sera pas réuni en un seul Etat. Partout nous avons versé suffisamment de larmes qui devront avoir Préparé les moissons de notre avenir».

 

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« Le Pool, l’avez-vous regardé attentivement ? Il a la forme d’un cœur. Le Pool est un cœur. C’est le cœur de tout un peuple, le peuple koongo. Tant qu’il ne sera pas autonome, jamais nous ne serons libres. C’est pourquoi il est de notre devoir de nous battre pour cet idéal ou mourir »

 

Je redis que notre désir de l’érection d’une nation congolaise pluriethnique, quelque ardent qu’il soit, ne doit pas conduire à nous désintéresser de ce que chaque composante de notre société actuelle a de spécifiquement original, et tant qu’il représente une étape de l’histoire de notre pays. La condition préalable de toute indépendance pour une société réside dans l’équilibre de son économie et de son progrès social, corollaire de la défense de ses institutions, qui sont, si l’on permet la métaphore, les chromosomes de la moralité solidement enracinée dans l’esprit des hommes et des femmes.

 

Il faut dire que si le continent européen nous a apporté, certes, le progrès scientifique et technologique ; le modèle de nation qu’il nous a importé et imposé par le fait colonial, national au contraire a corrompu nos mœurs, dégradant nos valeurs morales, altérant insidieusement le tissu social. A mesure que les années s’écoulent, notre histoire, l’histoire de notre peuple, le peuple koongo s’analyse en une dissipation de la personnalité humaine. La logique nationale européenne a donné au vice et au désordre, l’aspect, le relief de l’usuel et du normal. Cette logique est dans son emploi, si elle ne l’est pas dans son essence, une série de moyens de désagrégation sociale qui chez nous koongo, conditionne adroitement et insensiblement les jeunes esprits dépourvus d’archétype moral, celui de nos ancêtres, qui était armé de discipline rigoureuse de probité, d’intelligence critique en perpétuelle alerte.

 

La connaissance des origines et donc de la nature du comportement de chaque peuple est avant tout la manifestation d’une culture. C’est le lieu de signaler par exemple que chez le peuple koongo, le vol et le viol étaient punis de mort, le parricide ou le fratricide étaient inimaginables. Celui qui avait offensé sa mère ou son père par simple injure avait par là commis un crime inexpiable. Regarder fixement dans les yeux son père ou sa mère en train de vous réprimander ou simplement de vous parler, constituait une attitude insolente donc blâmable. Dans la logique des autres, l’inverse dénote un manque de courage ; le viol et le vol, le parricide et le fratricide ne sont chez eux que de simples fautes contre la discipline sociale. L’inceste entre chez eux dans la normalité.

 

Ce sont ces multiples contradictions qui font que la société congolaise actuelle à laquelle nous appartenons et que nous espérons transformer en une nation, se trouve précisément, et je choisis à dessein les termes, dans un état très avancé de décrépitude morale. Le respect pour les Aînés et pour les choses sacrées n’existe plus. Garçons et filles vautrés dans des tenues indécentes se promènent presque sexe au vent. On parle désormais de conflit de générations, un complexe inconnu jadis dans la cosmogonie koongo.

 

Mais, que l’on me comprenne bien ! Ma démarche n’est pas un apostolat pour un retour à l’authenticité ; je ne clame point un retour à nos valeurs initiales qui se sont perdues dans ce métissage assassin. La génération à qui s’adresse ce message d’ailleurs, victime de la dépravation et de la pollution des mœurs consécutives à une cohabitation hétéroclite, n’a plus l’aptitude naturelle à assimiler le code moral koongo.

 

Ce que j’espère en revanche, c’est que l’on se souvienne, pour ceux qui en ont l’âge, que dans les années cinquante, encore c’est vrai, régnait chez le peuple Koongo, une société où se conjuguaient artistiquement la polychromie limpide du panorama avec, il faut le dire, les mœurs harmonieuses des hommes et des femmes ; une société koongo dans laquelle prédominaient une sérénité et une compréhension mutuelle. Aujourd’hui hélas ! cette société dans laquelle nous cohabitons avec les autres, est une confluence de mœurs fortement contradictoires ; ce qui a désaxé, on croit à tort, seulement notre jeunesse ; je dirais plutôt notre peuple tout entier, le peuple koongo, jeunes comme vieux, car désormais, délinquance juvénile rivalise ostensiblement avec délinquance sénile.

 

C’est pourquoi ma démarche constitue en fait un cri d’alarme contre l’oubli de nos racines, qui favorise la déchéance morale de notre peuple. Au moment où l’Afrique cherche péniblement sa voie, au moment où nos diverses composantes ethniques aux cultures claustrées dans les frontières évidemment artificielles tracées au pantographe des intérêts coloniaux sont condamnés à former des peuples homogènes, au moment où les linéaments de cette difficile, douloureuse mais inéluctable mutation se dessinent résolument, mutation qui donnera le branle, nous osons tous l’espérer, à l’évolution sociale, au moment où l’avenir se prépare et que des ferments d’évolution agitent sourdement notre jeunesse ; au moment enfin où il est acquis que dans cette mutation, chaque peuple, chaque civilisation a sa richesse propre à communiquer aux autres ; il est plus que jamais opportun de nous souvenir, dans la conscience de nos lacunes et la fierté de l’éloquence de nos vertus, que notre culture, la culture koongo constitue notre étendard pour la défense duquel nos Anciens ont investi de leur sang, pour épargner notre peuple, le peuple koongo de la honte, de la souillure, de la faiblesse et de la compromission.

 

Que cet étendard qui nous a été transmis dans l’honneur, l’unité et la pureté, nous avons à l’entretenir, le défendre. Il nous faut par conséquent, dès aujourd’hui, nous pencher sur notre passé, sur ce qu’en tant que peuple nous avons de spécifiquement original : la vie intellectuelle et sociale, nos croyances, notre coutume, notre langage, notre folklore etc. Il nous faut recueillir les témoignages déjà forts rares d’une tradition hélas vouée à la déperdition, écrire au profit de la postérité cet important legs, avant que les témoins aient tous disparu. Voilà l’héritage qui nous échoit, la mission qui nous incombe, avant de cheminer avec les autres dans cette aventure de l’érection d’une nation congolaise qui ne me paraît même pas évanescente.

 

C’est le lieu de rappeler que l’on a souvent affirmé que les Koongo stricto sensu sont les fameux trois groupes ethniques couramment appelés : Koongo (Boko) ; Laadi (Kinkala) ; Sundi (Contrée de Mpangala) et Hangala (Mindouli). Cette curieuse affirmation est due à l’historiographie coloniale qui signait ainsi sans le savoir, un sévère constat d’ignorance de notre histoire et notre sociologie. Malheureusement, de nos jours, elle est reprise par nous tous sans la moindre censure intellectuelle, consacrant ainsi une erreur voire une faute qui risque finalement d’éclipser définitivement la réalité. Je crois ainsi, qu’un détour par l’histoire vraie est la seule démarche qui permette de rétablir la vérité. L’interrogation impartiale de l’histoire, abrite la réponse à cette redoutable question. Redoutable, parce que de nombreuses déformations hélas souvent volontaires, ont contribué à générer une image qui, depuis longtemps, a infecté gravement le tissu de la conscience collective de tout un peuple.

 

Depuis longtemps en effet, par la faute de l’Europe qui a placé l’histoire au service de la politique, ravissant cette science des mains prudentes et expertes des chercheurs qualifiés, au profit des historiens de rencontre doués de mentalité peu objective ; un cénacle d’intellectuels avachis par des lectures délétères, ont entrepris d’abuser notre peuple par des affirmations prétendant sans rire, que l’avenir du pays et par conséquent de notre peuple, le peuple koongo, réside en l’avènement d’une nation du Nord au Sud.

 

Cette affirmation aussi comique que niaise, se fonde sur l’argumentaire selon lequel le monde actuel chemine irrémédiablement vers les grands ensembles : foutaise !

 

Non ! la République du Congo dans son schémas actuel est une potence sur laquelle notre peuple le peuple koongo sera pendu si nous n’y prenons garde.

 

C’est pourquoi je propose, la seule et unique démarche qui nous mettra définitivement à l’abri de cette pendaison certaine. Un groupe de frères et sœurs et moi-même, du Bas-koongo en République Démocratique du Congo et du Congo-Brazzaville, réfléchissons depuis quelques mois, à un projet de Déclaration solennelle à déposer devant les Nations Unies, dans laquelle nous réaffirmons notre refus intégral et irréversible de poursuivre cette amère et douloureuse tentative de construction d’une nation avec ceux du Nord. Nous allons exiger par la force des arguments et sans fusil, car, l’usage des armes n’a jamais été, depuis Mbanza-Koongo dans notre civilisation, que de la responsabilité de la France et de la Belgique, puissances colonisatrices responsables de ce mélange contre nature, soit invoquée, et qu’elles réparent ce mal en restituant notre souveraineté au moins, par un Acte des Nations Unies, ordonner notre autonomie en tant que peuple.

 

 

PATIENCE ! CONFIANCE ! PERSEVERANCE !

 

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