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31 décembre 2013 2 31 /12 /décembre /2013 17:32
Congo-Brazzaville : La paix des cimetières règne

Une Correspondance de Brazzaville

Après l’assaut mené à la résidence du colonel Ntsourou quelques jours avant les fêtes de Noël et du Nouvel An, la paix règne dans la capitale du Congo. Il faut dire que les Congolais qui ne pensaient plus vivre le traumatisme du bruit des armes et autres détonations sont servis depuis deux ans. En 2012, c’étaient les terribles explosions de Mpila, un incendie des dépôts de munitions et d’armes de guerre de l’armée congolaise dû à la négligence des plus hauts dirigeants militaires maquillé en un complot contre le régime.

Il y a quelques jours donc, c’était l’opération « chasse au Ntsourou », du nom d’un colonel de l’armée membre du clan au pouvoir mais tombé en disgrâce. Un règlement de comptes en pleine ville qui s’est terminé, selon « La Semaine Africaine », bihebdomadaire catholique, en un « un effroyable bain de sang ayant entraîné plusieurs morts ».

Il faut dire que le pouvoir de M. Sassou n’y est pas allé de main morte dans sa tentative d’élimination d’un homme qui n’hésitait pas à traîner le chef de l'Etat dans la boue par médias interposés et, péché suprême, à menacer de révéler à un juge français ce qu’il savait au sujet du massacre des « Disparus du Beach ».

Notre confrère « La Semaine Africaine » a révélé au sujet de cette prétendue " opération de police " (sic) destinée à neutraliser l’officier qu’elle a été « menée par les policiers du G.r.b (Groupement de répression du banditisme) et un détachement militaire du G.p.c (Groupement para-commando), le corps d’élite des F.a.c (Forces armées congolaises), avec l’appui d’un hélicoptère ». Bref, Sassou n’a pas hésité à utiliser un bazooka… pour chasser des mouches. Cette disproportion des moyens déployés peut être interprétée de deux manières : soit il s’agit d’une marque de faiblesse et d’un manque de confiance en ses propres forces - car il n’est pas besoin d’asséner un marteau sur une fourmi pour l’écraser - soit Sassou a voulu de cette manière terroriser à la fois la population et d’autres officiers qui seraient tentés de menacer son pouvoir.

Quoiqu’il en soit, l’opération est en tout cas réussie de ce point de vue : certes la population de Brazzaville vaque de nouveau à ses occupations en cette fin d’année mais le cœur n’y est pas : « Laissez-le mourir au pouvoir si c'est la condition pour nous de vivre en paix », entend-on ici et là dans la rue. Des paroles qui confirment que l’objectif de la conservation du pouvoir par la terreur est une option qui marche.

Paradoxalement les officiers de l'armée, qui envisageraient un jour d'en découdre, savent à présent, s'il en était besoin, ce qu'il convient de ne pas faire...

Pour le reste, le Procureur Oko Ngakala, que l’on a vu exhiber Ntsourou à la presse s’est dorénavant tu. Peut-être est-il occupé, c’est humain, à se préparer à passer les fêtes de fin d'année en famille mais l’on ignore si Ntsourou, qui n’est plus depuis longtemps en garde à vue, a été présenté devant un juge, mis en examen et sous quels chefs d’inculpation. Ce que l’on sait en revanche c’est qu’il n'a pas été vu par ses avocats (1), ce qui est pourtant le moins dans un pays qui respecte un tant soit peu les droits de l’homme. Mais les droits de la défense, ça n’intéresse personne au sein du clan. Ntsourou est neutralisé, avec femme et enfants, les secrets du massacre des " Disparus du Beach " sont bien gardés, c’est cela l'essentiel. Pour le reste, la paix des cimetières règne dans la ville. On dit merci qui ?

Voir des images tournées juste après l'arrestation de Ntsourou

Suivre un débat consacré sur TV5 à cette affaire

(1) Maître Malonga, seul des avocats à avoir assisté Ntsourou lors du procès des explosions du 4 mars à être monté au créneau dans cette affaire, a déclaré : « Depuis cette date [le 16 décembre dernier, ndlr], je n’ai jamais obtenu le permis de visite (sic), je n’ai pu voir mon client. Mais par des personnes interposées, j’ai pu me faire une idée de ce qu’il était devenu. J’ai appris qu’il avait reçu une balle au pied. » Puis d'ajouter : « Nous avons ratifié des engagements internationaux. Au niveau de l’Assemblée, les députés devraient réagir devant cet état de fait. Dans un pays qui se dit un pays de droit, peu importe ce que vous reprochez à quelqu’un, la personne a le droit de choisir un avocat, la personne a le droit de parler à son avocat. »

De fait, le Procureur Oko Ngakala aurait convoqué Me Malonga le 31 décembre 2013, le sommant de se présenter à son bureau avec en main... le mandat le désignant comme conseil de Ntsourou.

Chacun l'aura remarqué : une dizaine de jours après l'interpellation musclée de Ntsourou, nul n'a entendu prononcer le mot de " juge " dans cette affaire. Echaudé par la justice lors du procès des explosions du 4 mars, le clan au pouvoir éprouve-t-il tant de mal à trouver un " bon" juge ? Bizarre.

(Extrait de mwinda.org)

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Congo-Mfoa - dans Congo-Brazzaville
24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 10:36
(France/Congo) Sassou Nguesso : Pas de soutien de Paris pour un nouveau mandat

SASSOU NGUESSO

Pas de soutien de Paris pour un nouveau mandat

C’est le sauve qui peut dans le royaume françafricain. Certes, le syndicat des chefs d’Etat existe toujours, mais, chacun, maintenant, cherche à sauver sa peau. On ne se mouille plus, forcément, pour les autres, comme avant. Dans ce royaume, les tenants des pouvoirs, qui piétinent les droits de l’homme, sont dans l’inquiétude au regard de la (stricte) neutralité qu’observe Paris dans la conduite des questions africaines.

Parmi les chefs d’Etat qui ont, déjà, perdu le sommeil à cause de la porte de l’Elysée qui leur reste hermétiquement fermée pour certaines questions sensibles ayant trait aux réformes constitutionnelles, on compte, dans le désordre, le Burkinabé Blaise Compaoré, le Burundais Pierre Nkurunziza et le Congolais Denis Sassou Nguesso. S’il y en a d’autres, ces trois sont devenus les spécimens grandeur nature par lesquels on évaluera le succès ou l’échec du président François Hollande à « rompre avec la Françafrique ». Chacun des trois se débat comme il peut pour s’en tirer rapidement à bon compte d’autant plus que les mandats des deux premiers arriveront à expiration en 2015 contre 2016 pour le troisième. Il faut donc faire (très) vite pour que le temps ne fasse pas son effet. Mais que faire alors que François Hollande, dans ce domaine, est intraitable ?

Chacun a sa stratégie. A défaut d’être gagnante, elle a le mérite d’exister au moins. Après avoir joué l’indifférence, l’intoxication à fond au travers d’une presse gouvernementale aux ordres, sans compter les valises de billets, Blaise Compaoré a vite déchanté et s’est résolu à rencontrer l’opposition. Un exercice d’évaluation et de jaugeage qui a eu le mérite de lui montrer qu’il avait intérêt à ranger son dossier de modification de la constitution dans un tiroir. Les Burkinabé ne veulent pas qu’il soit récidiviste. On sait qu’il n’avait pas respecté sa parole donnée au président Félix Houphouët-Boigny de faire un mandat et de passer le tour suivant à Me Hermann Yaméogo, avec qui il était en conflit ouvert dans les années 90. Décédé en décembre 1993 avant d’avoir pu arbitrer le match politique entre ces deux boxeurs burkinabé, Blaise n’a pas eu du mal à gagner le combat, après avoir volontairement faussé les données de base du départ. En 2005, alors qu’on lui demandait de ne plus se représenter pour avoir effectué ses deux mandats réglementaires, il avait rétorqué en disant que le décompte de mandats ne pouvait commencer qu’en 2005, et qu’en 2015, il quitterait le pouvoir, après avoir effectué ses deux mandats. La modification de la constitution ramenait la durée du mandat présidentiel de 7 à 5 ans. Nous serons, en 2015, dans deux ans. Voyant la fin de sa présidence se rapprocher inexorablement, Compaoré fait tout ce qui est possible pour rester au pouvoir. Sentant une résistance farouche à ses projets s’organiser en face de lui, à la fois politique (partis d’opposition), civile (syndicats, société civile) et militaire (les locataires des casernes avaient failli le déposer il y a deux ans), il a fait mine de prendre langue avec l’opposition. D’où la rencontre du 14 novembre 2013 pendant laquelle les leaders de l’opposition, conduits par Zéphirin Diabré, lui ont remis un mémorandum qui lui demande purement et simplement de quitter le pouvoir en 2015, ou avant, sans chercher, auparavant, à installer le sénat car si tel était le cas, il pourrait quitter le pouvoir par la petite porte. Se montrera-t-il à la hauteur des enjeux pour comprendre qu’il est temps pour lui de passer la main ?

Pierre Nkurunziza, pasteur d’une église de réveil, pendant ses heures perdues, et président du Burundi, à plein temps, va, aussi, terminer son deuxième et dernier mandat constitutionnel en 2015. Mais le pouvoir rendant visiblement fou (même les hommes de Dieu), il a pris la (mauvaise) décision de s’accrocher au pouvoir. Pour y parvenir, il veut complètement changer de régime et cherche, en ce moment, à faire voter une nouvelle constitution à l’Assemblée nationale. Un hold up (imparfait) qui fait jaser dans le pays. Le président français l’avait très bien reçu au début de cette année. Actuellement, il n’y a plus de chaleur entre les deux hommes comme lors de leur première rencontre. L’opposition a déjà dit qu’elle n’acceptait pas le contournement des institutions par Pierre Nkurunziza. Dimanche 8 novembre, c’est l’épiscopat qui a demandé au gouvernement d’enterrer cette réforme constitutionnelle à problème, comme le souhaite l’opposition.

Le cas Sassou est tout aussi inquiétant. Voilà un chef d’Etat qui ne sait plus quoi faire, pour rester légalement, légitimement, au pouvoir. Un jour, il dit à ses proches de faire savoir à l’opinion qu’il n’est âgé que de 60 ans, ce qui veut dire que son épouse, Antoinette, qui a fêté ses 70 ans, en mai dernier, à Saint-Tropez (France), en grandes pompes, en déboursant 4 milliards de f cfa (6 millions d’euros) pour nourrir 150 personnes triées sur le volet venues du Congo grâce à deux avions affrétés par ses soins, est son aînée de 10 ans. Mais mal lui en a pris de constater qu’il allait se faire ridiculiser. Car afficher aujourd’hui un âge de 60 ans voulait, aussi, dire que sa fille aînée, Edith-Lucie Bongo Ondimba née Sassou Nguesso, décédée en mars 2009, à Rabat, avait vu le jour quand, lui, Sassou, n’était âgé que de 11 ans. Un véritable record ? Il fallait trouver autre chose pour rester crédible aux yeux des observateurs internationaux de la scène politique congolaise. C’est ainsi que Sassou a actionné du côté des médias indépendants qui lui rendent la vie difficile. Par le biais du CSLC (Conseil supérieur de la liber té de communication), entre novembre et décembre 2013, il a frappé 5 hebdomadaires indépendants de neuf mois d’interdiction de paraître, parce qu’ils refusent de chanter ses louanges. Il a, aussi, « acheté » à coups de milliards de f cfa les hommes politiques congolais pour les rallier à sa cause. Il a fait mine de convoquer des séances de dialogue entre le pouvoir et l’opposition, à Dolisie et à Ewo, lesquelles séances n’ont abouti que sur des incompréhensions. Les opposants qui s’y étaient rendus ont d’ailleurs été qualifiés de traîtres à la cause nationale. La seule issue qui lui reste, c’est de modifier (sa) constitution de 2002. Certains lui conseillent d’adopter carrément une autre constitution (comme le pouvoir burundais essaie de le faire, actuellement, avec beaucoup de difficultés) qui permettrait la mise à plat de toutes les institutions. Le Congo repartirait, ainsi, sur un nouveau pied comme si le pays renaissait de ses cendres. Le dictateur qui sent que la communauté internationale l’a à l’œil, et que la droite française (protectrice de dictateurs africains) n’est plus au pouvoir pour couvrir de telles magouilles, abat ses dernières car tes. Il passe incontestablement un sale temps en cette fin de l’année 2013.

Les recettes pétrolières de 2013 du Congo prévoient un excédent faramineux de plus de 1.500 milliards de f cfa dont il ne sait quoi faire. Se substituant aux institutions de Bretton Woods auprès desquelles il a obtenu une forte réduction de la dette du Congo, il y a quelque temps, Sassou s’est mis, à son tour, à prêter de l’argent à tour de bras, aux dirigeants africains amis. C’est ainsi que les présidents du Sénégal, Macky Sall, guinéen, Alpha Condé, nigérien, Mahamadou Issoufou, malien, Ibrahim Boubacar Keïta, et ivoirien, Alassane Ouattara, sont déjà passés à la caisse. Le minimum qu’il prête est de 50 milliards de f cfa (34 millions d’euros). Alassane Ouattara, par exemple, a obtenu le double de cette somme. Le geste du dictateur n’est pas si désintéressé que cela. Sassou leur demande, automatiquement, absolument, de défendre son cas auprès de François Hollande, ce qui n’est pas difficile car la plupar t d’entre eux, membres de l’Internationale socialiste, connaissent le « camarade François » depuis, par fois, une trentaine d’années. En privé, on peut lui demander de faire un geste pour le frère de Brazzaville en difficulté.

Le locataire de l’Elysée aurait reçu des appels pressants venant de ses amis africains, d’être moins dur, moins sévère, à l’endroit de Denis Sassou Nguesso. De considérer les efforts qu’il déploie, au côté de la France, pour aider à la résolution de la crise au Mali et en Centrafrique.

Dans ce dernier pays, il a prêté 25 milliards de f cfa (17 millions d’euros) pour permettre le non-effondrement de l’administration. En quittant précipitamment Bangui, Bozizé que Sassou avait initié à la maçonnerie, à Brazzaville, a fui avec la caisse.

Plus rien pour payer les fonctionnaires.

Pour apparaître sous un nouveau jour, pendant le Sommet de l’Elysée, Sassou, le nouvel émir du Golfe de Guinée, n’a pas lésiné sur les moyens. Grâce à ses pétrocfa sonnants et trébuchants, il a mis plusieurs confrères français à contribution. Il a tenu, également, à être le premier chef d’Etat à témoigner, sur RFI, après la mort de Nelson Mandela. Alors qu’il avait déjà, résolument, tourné la page du grand homme, malgré ses multiples voyages en Afrique du Sud où il compte, plutôt, sur Jacob Zuma pour faire contrepoids aux Occidentaux, le jour où ça ne tournera pas rond, pour lui, au Congo-Brazzaville.

Dans le même ordre d’idée, Sassou a largement ouvert les portes de son pays aux investisseurs du Golfe persique dont les plus entreprenants, comme par hasard, sont les Qataris.

Ces derniers, qui ont signé, en novembre 2013, des accords d’exploitation du pétrole congolais avec la compagnie française Total, à Doha, investissent dans la construction d’un grand centre commercial, dans Brazzaville, avec des habitations et des terrains de jeu et de vie. Fait notable à souligner : ils ont aussi obtenu, de Sassou, la construction de la plus grande mosquée d’Afrique centrale, dans la capitale congolaise.

A côté d’elle, la mosquée Hassan II de Libreville ne sera qu’une bricole.

Une largesse sassouiste qui fait jaser au Congo, même, dans la mesure où ce pays ne compte à peine 3% de musulmans, qui appartiennent d’ailleurs pour la majorité d’entre eux aux pays de l’Afrique de l’Ouest. Les Congolais clair voyants pensent que Sassou joue avec le feu (juste pour sauver son pouvoir immédiat). On le compare volontiers à l’ancien président Amadou Toumani Touré du Mali, qui s’honorait, dans sa naïveté suprême, que l’émir du Qatar vienne chasser, chaque année, dans le très désertique Nord-Mali, l’outarde. Le djihadisme ambiant qui a provoqué l’intervention militaire française après la chute du pouvoir du général Touré, montre qu’il était inapte à diriger le Mali. Sa bêtise politique l’a conduit droit vers un exil de longue durée au Sénégal. Sassou, quant à lui, choisirait-il Doha, la ville où la consommation de l’alcool est totalement prohibée ? Si oui, qu’adviendrait-il de son amour pour le whisky- café qu’il affectionne pour se donner des forces ? Car à l’allure où se prennent les décisions à Mpila (lieu du pouvoir présidentiel congolais), dans ce contexte de sauve qui peut, il n’est pas exclu que d’ici très peu de temps, Brazzaville commence à compter de femmes entièrement voilées de la tête aux pieds, alors que cette ville est plutôt connue comme la capitale de la sape.

Pour terminer, les Congolais ne doivent pas être (très) étonnés de la bise (bien sympathique) que François Hollande a donnée à Sassou, en l’accueillant, vendredi 6 décembre après-midi, à l’Elysée, alors qu’une poignée de mains aurait suffi, comme il l’a fait pour tant d’autres chefs d’Etat africains, et non des moindres. Est-ce à dire que Sassou serait devenu fréquentable ? Que non ! Cette bise est suprêmement politique même si à Mpila, en tout cas, on jubile, avec l’espoir que les actions de lobbying pour adoucir les positions du chef de l’Etat français à l’endroit du dictateur de Brazzaville, soient, enfin, en train de payer. Pourtant, il n’en est rien. Sassou avait insisté auprès des services de l’Elysée pour avoir un entretien (ne serait-ce que de 15 mn) avec François Hollande, en marge du Sommet. Résultat, non seulement, il a été snobé par le président français, mais il l’a été aussi par les ministres français des Af faires étrangères et de la Défense, qui ne s’interdisaient pas de rencontrer les autres chefs d’Etat de la CEEAC.

Finalement, l’argent confié aux lobbyistes n’a servi à rien. Le président du Congo-Brazzaville est toujours aussi mal vu à Paris où il est considéré comme le prototype de chefs d’Etat qui font du tort à tout un continent qui ambitionne de prendre son destin en main.

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Afrique Education - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso
24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 08:44
Sassou Nguesso pète les plombs et accuse la France de déstabiliser la Centrafrique

Sassou à l’issue de la guerre civile en octobre 1997

Dans cette interview faite de questions complaisantes au dictateur Sassou Nguesso, jamais la journaliste ne parle des violations massives des droits de l’homme dans notre pays, et du bâillonnement de l’opposition. Probablement dû à une perte de mémoire, accusant la France de plusieurs coup d’état en Centrafrique, Sassou Nguesso oublie qu’il est revenu au pouvoir par un coup d’état sanglant, ayant fauché des milliers de Congolais, avec l’aide de la France de son ami Jacques Chirac !

Apparemment, le Journaliste n’était pas bien informé sur le profil et l’histoire du dictateur sanguinaire de Brazzaville.

Extrait de l’interview de Paris-Match du 4 décembre 2013

Vous-même vous êtes beaucoup impliqué en Centrafrique, pourquoi ce pays ne parvient-il pas à se stabiliser? Qui sont les responsables de son chaos ?
Ramener ça aux acteurs d’aujourd’hui, c’est faire trop court. Depuis l’indépendance, la RCA a connu un parcours confus, toujours en étroite relation avec la France. Le premier chef de cet état, Barthélemy Boganda, est mort dans un accident d’avion dont les circonstances n’ont jamais été élucidées peu de temps après son élection. Dacko lui succède, vite renversé par le calamiteux Bokassa dont la proximité avec la France n’est pas à démontrer. Le même Dacko est ensuite remis en place à Bangui, déposé par un avion venant de Paris. Un coup d’Etat le balaye, et c’est le général André Kolingba que l’on installe. Lui ne faisait même pas semblant de diriger. Quand nous, chefs d’états voisins, arrivions à l’aéroport, c’est un certain commandant français, Mansion, qui se présentait en short et en chemisette, pour nous accueillir. Puis Patassé est venu et il a fait son tour, avant d’être balayé par Bozizé, avec l’aide de l’armée française… Ce drame dure depuis cinquante ans.

Vous vous indignez qu’en France on puisse demander des comptes sur les frais de bouche de nos présidents, est ce dire que vous n’enviez pas leur sort?
Dans notre culture, nous avons une certaine idée du chef. Tout le monde n’est pas chef, et le chef n’est pas tout le monde, d’autant qu’en démocratie, une majorité le désigne. On lui doit donc de la considération. Imitant ce qui se fait chez vous, certains journaux africains commencent à traîner les dirigeants dans la boue. Cela n’amènera selon moi que ce que le général de Gaulle appelait la chienlit. Lui, lorsqu’il représentait la France à l’étranger, ne rechignait ni à la dépense, ni à donner des bals pour la valoriser.

Comment êtes-vous rémunéré ?
Je suis resté agent de l’Etat depuis le premier jour et jusqu’à aujourd’hui. L’Etat me verse un salaire qui me permet de vivre confortablement avec ma famille. L’argent m’est utile, mais ce n’est pas ce qui guide ma vie. Je me suis engagé dans des batailles autrement plus dures sans y penser.

Vous n’êtes pas dépensier?
Je n’en ai pas le loisir. Ce sont mes enfants qui, à l’occasion de leurs voyages, achètent et me ramènent ce dont ils estiment que j’ai besoin. Je ne vais jamais dans les magasins. Si vous me demandez comme aux Grosses têtes de vider mes poches, je n’en sortirais qu’un mouchoir.

Suite aux plaintes de deux ONG, Transparency International et Sherpa, qui vous accusent de recel, de détournement de fonds publics. Vous faites depuis 2008, l’objet d’une procédure judiciaire en France pour des biens mal acquis…
Cela s’est fait avec simplement la volonté de nuire. Et cela choque les Congolais. Si j’avais pillé des milliards au Trésor pour acheter des châteaux en France, c’est à notre justice de s’en emparer. Ne pas le reconnaître, c’est mettre en doute notre souveraineté. Pour instruire sur des sommes soi disant détournées au Congo, il faut aller constituer le délit au Congo.

Vos avocats ont plaidé cela et ont été déboutés…
Quand la cour de cassation ordonne la poursuite de l’instruction, on est au comble de la chose, non? C’est ce que je crois et c’est la raison pour laquelle nous allons saisir la justice internationale. On proclame que ce sont des biens mal acquis, à quel titre? Ce n’est même pas prouvé, que déjà on le tient pour une vérité. Où est la présomption d’innocence? Le vrai problème n’est pas juridique, il est politique et médiatique.

Dans cette enquête, on évoque 24 biens immobiliers en région parisienne et 112 comptes bancaires qui seraient détenus en France par votre famille…
J’ai fait une déclaration autorisant les banques à rendre publics les comptes éventuels que je pourrais détenir directement ou indirectement. A ce jour, je suis sans nouvelles de leur part, et vous aussi.

Et s’il s’avérait que ces biens appartiennent réellement à vos enfants ?
Il me semble que le fils de votre ministre des Affaires étrangères » Laurent Fabius » a commis quelques dépenses parfois inconsidérées, pour autant pointe-t-on du doigt son père au point de déstabiliser son pouvoir? Par ailleurs, mes enfants sont mariés, parents et même, pour certains, grands-parents. Ils ont le droit de vivre leurs vies, ce sont des citoyens libres. Certes il ne faut pas qu’ils commettent des excès, donnent le sentiment qu’ils ont volé quelque part. Mais je ne crois pas qu’ils méritent d’être traqués parce que ce sont mes enfants. Une de mes filles travaille avec moi, comme autrefois Claude Chirac auprès de son père. Elle a fait de brillantes études, elle a gagné cette place et ma confiance. Est-ce une raison pour que la police française aille fouiller dans les poubelles pour savoir où et combien elle achète ses chaussures? Quand leurs services font le tour des magasins puis des médias pour que finalement soit publiés le prix de nos chaussettes, de nos cravates, de nos bijoux, c’est un lynchage inacceptable. Lorsque les Etats du Golfe offrent traditionnellement des montres en or à leurs hôtes et visiteurs, ces derniers savent-ils qu’on pourrait considérer ces cadeaux comme des biens mal acquis? Pourquoi ne s’en prend-on qu’à des Africains? Les Russes et d’autres, les pays du Golfe notamment, rachètent tout Paris et même bientôt vos banlieues je crois, et personne ne vient crier au scandale? Quelle est la motivation qui perce derrière les plaintes déposées par des ONG qui ont pour principaux actionnaires des intérêts étrangers ? On s’en prend à l’Afrique parce qu’elle est faible, mais comme je vous l’ai dit, ce ne sera pas toujours le cas.

Si vous appreniez qu’un membre de votre famille était lié à cette société, ou à de tels détournements, le sanctionneriez-vous ?
Si mes enfants ont commis des fautes, c’est à la justice de mon pays de se prononcer.

Vous venez de fêter vos 70 ans et avez passé vingt-huit ans au sommet de l’Etat. Envisagez vous votre succession ?
Ce n’est pas à l’ordre du jour.

Un entretien avec Caroline Mangez « pour Paris Match »

Source : http://www.parismatch.com/Actu/International/On-s-en-prend-a-l-Afrique-parce-qu-elle-est-faible-540903

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Mingua Biango - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso
23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 17:39
(Congo-Brazzaville) Je ne savais pas Sassou Nguesso aussi conscient que ça
par Mbiki De Nanitélamio

Dans une interview que l’on peut qualifier de confession, SassouNguesso ne s’est pas gêner de faire sa CONTRITION, cette confession par laquelle une personne n’a plus rien à craindre pour dire la vérité, rien que la vérité pour prétendre bénéficier des circonstances atténuantes de la part d’un peuple qu’il a longtemps fait souffrir. Voilà, ce qui lui aurait poussé de neutraliser Marcel Ntsourou, une façon de l’empêcher de dire avant lui ce qu’ils connaissent tous les deux.

Se moquant des Centrafricains, Denis Sassou Nguesso dit ne pas craindre se trouver en face des milices anarchiques qu’il a su désorganiser au Congo. Personne dans son pays, n’a la carrure de déstabiliser son régime aujourd’hui où tous les acteurs qui lui faisaient ombrage ont tous disparus. Depuis leur arrivée au pouvoir en juillet 1968, le parcours politique du Congo n’a été tracé que par lui après s’être réjouit de reconnaître que l’assassinat de Marien Ngouabi dont les circonstances n’ont jamais été élucidées depuis qu’il avait réussi à tuer sans vergogne le cardinal Émile Biayenda et Alphonse Massamba Débat, deux grandes figures originaires du Pool qui lui ont été d’un grand couvert auprès de la population Nord en général, particulièrement Kouyou avec le slogan : Ba Kongo ba bomi Marien. Yhombi Opango le boukouteur qu’il a laissé remplacer le guide n’était qu’un jouisseur qu’il a vite renversé sans problème, Thyster Tchikaya et Jean Pierre Ngombé, membre influents de l’État major spécial étant vite écartés par la confiance qu’il avait gagnée de Jean Michel Bokamba Yangouma qui avait la maîtrise des travailleurs et ouvriers affiliés à la CSC l’unique syndicat du pays. Et comme l’argent fait le bonheur des prétendants, avec le pétrole et Elf, il était devenu le roi et, le meilleur préfet que la France n’avait jamais eu au Congo après Félix Éboué.

Se vantant n’avoir jamais étudié en URSS ou dans un pays de l’Est sous le contrôle de l’Union Soviétique, Sassou Nguesso est fier d’avoir appris le communisme qui lu a été et lui reste d’un grand secours pour faire face à la grogne causée par une fracture sociale qui ne l’inquiète nullement aujourd’hui où il est suprêmement armé jusqu’à ironiser sur l’action française qui l’a ramené au pouvoir. Quant aux biens mal acquis, Sassou Nguesso qui n’a jamais eu une seule parcelle avant 1968, se dit être traité comme tout fonctionnaire de l’État congolais, il ne détiendrait aucun patrimoine en dehors de ses nombreux enfants qui possèderaient des maisons en France ou en Europe, alors qu’ils n’ont pourtant jamais travaillé et dont il est fier de leur contribution pour son bien être actuel. Fauché comme un rat d’église, Sassou Nguesso est prêt à défier toute personne physique ou morale qui lui contesterait sa vérité, jusqu’auprès d’une juridiction internationale mais, refuse qu’un des siens ne soit trainé devant une autre juridiction autre que celle du Congo qui ne reçoit que son ordre pour prononcer son verdict.

Fier de s’être donnée une ville à l’image de Louix XVI, Sassou Nguesso parle aussi de son village Oyo qui se situerait aux alentours du campement des pêcheurs, au passage de la barge sur l’Alima. Ce qui est très intéressant dans le passage qu’il a réservé à sa mère qui a toutes les mérites que toutes nos braves maman, c’est de ne pas suivre tous ces bons conseils que chaque congolais a reçu de ses parents à savoir :

1- Ne pas voler. Or, il est le plus grand voleur du pays, qualité qu’il a transmise aux siens en toute impunité;

2- Ne pas tricher. Là aussi, notre khani national excelle sans adversaire, pour le confondre, il suffit de voir comment réussi-t-il à éliminer tous ceux qu’il juge hostile à ses plans : Ntsourou est le dernier qui ne puisse pas me contredire.

3- Ne pas mentir. C’est l’une des qualités qu’un enfant ne peut même pas lui reconnaître tellement que mentir est l’un de ses meilleurs poisons pour atteindre sa plus grande qualité : tuer autrui qui ne lui donne même pas la chair de poule.

Enfin, Denis Sassou Nguesso a beau faire valoir la menace de ne pas :

- restituer les restes de De Brazza sous prétexte de changer la dénomination de Brazzaville, Sassou qui se moque aussi des membres de l’explorateur colonial qui ne savaient pas où se reposait leur ancêtre, lui qui ne veut pas montrer aux enfants Massamba Débat où a t-il laissé les restes du Président;

- avoir peur de la justice française qu’il veut traduire auprès d’une juridiction internationale alors qu’il refuse de faire valoir ses droits qui sont garantis dans ce pays;

Sassou Nguesso qui veut se servir du pétrole congolais et des autres richesses de ce pays, a aujourd’hui une grande peur de se sentir abandonné par la France de Hollande qu’il cherche à séduire qui à laisser comme dans le passé, 92% de la production du pétrole et toute recherche dans ce domaine, pour demeurer au pouvoir par tous les moyens, l’âge et la Constitution ne lui faisant plus peur maintenant qu’il est sure de prouver qu’il serait né en 1955, lui qui est rentré dans l’armée en dessous de ses 10 ans.

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Mon cher Mbiki, voici la vérité :

-1) Neutraliser Ntsourou afin de l’empecher de dire avant lui tout ce qu’ils connaissent tous les deux ;

- 2) Personne au Congo pays n’a la carrure de déstabiliser son régime aujourd’hui ou tous les acteurs qui lui faisaient ombrage ont tous disparus (a citer entre autre : Kikanga, Diawara, Kibouala Nkaya, etc….).

En tout cas c’est vrai car Sassou est convaincu qu’aucun des ces officiers superieurs des forces armees et de la police qu’il a forme et ils les a promi aux grades superieures comme Ntsourou, ne peuvent pas lui faire face, il en est de toutes les fonctions civiles aussi.

-3) Depuis leur arrive au pouvoir en Juillet 1968 le parcours politique du Congo n’a ete trace que par lui après s’etre rejouit de reconnaitre que l’assassinat de Marien Ngouabi don’t les circonstances n’ont jamais ete elucidees depuis qu’il avait reussi a tuer sans vergogone le President Massamba Debat et le Cardinal Emile Biyenda, deux grandes figures originaires du Pool qui lui ont ete d’un grand couvert aupres de la population Nord en general, particulierement kouyou avec le slogan : Bakongo ba bomi Marien

- 4) Yhombi Opango le boukouteur qu’il a laissé remplacer le guide n’était qu’un jouisseur qu’il a vite renversé sans problème, Thyster Tchikaya et Jean Pierre Ngombé, membre influents de l’État major spécial étant vite écartés par la confiance qu’il avait gagnée de Jean Michel Bokamba Yangouma qui avait la maîtrise des travailleurs et ouvriers affiliés à la CSC l’unique syndicat du pays.

- 5) Il était devenu le roi et, le meilleur préfet que la France n’avait jamais eu au Congo après Félix Éboué

- 6) Sassou Nguesso est fier d’avoir appris le communism ( bien que n’avoir jamais étudié en URSS ou dans un pays de l’Est sous le contrôle de l’Union Soviétique), qui lui a été et lui reste d’un grand secours pour faire face à la grogne causée par une fracture sociale qui ne l’inquiète nullement aujourd’hui où il est suprêmement armé jusqu’à ironiser sur l’action française qui l’a ramené au pouvoir.

- 7) Sassou Nguesso qui n’a jamais eu une seule parcelle avant 1968, se dit être traité comme tout fonctionnaire de l’État congolais, il ne détiendrait aucun patrimoine en dehors de ses nombreux enfants qui possèderaient des maisons en France ou en Europe, alors qu’ils n’ont pourtant jamais travaillé et dont il est fier de leur contribution pour son bien être actuel. Fauché comme un rat d’église, Sassou Nguesso est prêt à défier toute personne physique ou morale qui lui contesterait sa vérité, jusqu’auprès d’une juridiction internationale mais, refuse qu’un des siens ne soit trainé devant une autre juridiction autre que celle du Congo qui ne reçoit que son ordre pour prononcer son verdict.

- 8) Sassou est fier de s’être donnée une ville à l’image de Louix XVI, Sassou Nguesso parle aussi de son village Oyo qui se situerait aux alentours du campement des pêcheurs, au passage de la barge sur l’Alima.

- 9) Ce qui est très intéressant dans le passage qu’il a réservé à sa mère qui a toutes les mérites que toutes nos braves maman, c’est de ne pas suivre tous ces bons conseils que chaque congolais a reçu de ses parents à savoir :

a)- Ne pas voler. Or, il est le plus grand voleur du pays, qualité qu’il a transmise aux siens en toute impunité;

b)- Ne pas tricher. Là aussi, notre khani national excelle sans adversaire, pour le confondre, il suffit de voir comment réussi-t-il à éliminer tous ceux qu’il juge hostile à ses plans : Ntsourou est le dernier qui ne puisse pas me contredire.

c)- Ne pas mentir. C’est l’une des qualités qu’un enfant ne peut même pas lui reconnaître tellement que mentir est l’un de ses meilleurs poisons pour atteindre sa plus grande qualité : tuer autrui qui ne lui donne même pas la chair de poule.

Enfin, Denis Sassou Nguesso a beau faire valoir la menace de ne pas :

d)- restituer les restes de De Brazza sous prétexte de changer la dénomination de Brazzaville, Sassou qui se moque aussi des membres de l’explorateur colonial qui ne savaient pas où se reposait leur ancêtre, lui qui ne veut pas montrer aux enfants Massamba Débat où a t-il laissé les restes du Président;

e) avoir peur de la justice française qu’il veut traduire auprès d’une juridiction internationale alors qu’il refuse de faire valoir ses droits qui sont garantis dans ce pays;

- 10) Sassou desire demeurer au pouvoir par tous les moyens, l’âge et la Constitution ne lui faisant plus peur maintenant qu’il est sure de prouver qu’il serait né en 1955, lui qui est rentré dans l’armée en dessous de ses 10 ans.

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Mbiki de Nanitelamio - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso
23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 11:04
(Congo-Brazzaville) Pourquoi l’affaire des Biens Mal Acquis met Sassou NGuesso hors de lui ?

Par RIGOBERT OSSEBI

Libération, le 16 décembre 2013, avait sorti 4 pages exceptionnelles sur l’affaire des Biens Mal Acquis et sur le Congo, dans la ligne de mire des juges français. Une série d’articles dont la publication était programmée pour le Sommet de l’Elysée mais, du fait de la mort de Nelson Mandela, il a fallu attendre une dizaine de jours pour la lire.

Cependant, Denis Sassou NGuesso en avait été informé, ce qui le poussa à écourter son séjour parisien et à renoncer à une émission de télévision, le dimanche 8 décembre avec RFI sur TV5. Depuis, le président congolais n’a pas décoléré de n’avoir obtenu satisfaction, auprès de François Hollande, pour la suspension des enquêtes et des poursuites dans les affaires citées plus haut. Dans une interview reprise par Reuters et publiée par Zonebourse, il s’en est même pris à Laurent Fabius et à son fils Thomas . Il ne risque pas de voir de sitôt Yamina Benguigui à Brazzaville ! (http://tinyurl.com/mjqqyj3 )

La dureté de la réaction de l’ex-homme de la paix à l’encontre du Colonel Ntsourou est-elle imputable à la détérioration de la relation du dictateur congolais avec la France, maintenant socialiste et à cette affaire des BMA ? Sûrement !

L’orgueilleux président sent qu’il n’a plus rien à perdre et il lui faut montrer qu’il est prêt à garder, à tout prix, son pouvoir. L’assaut brutal du même 16 décembre en a été une évidente démonstration.

L’autocrate de l’Alima a bien compris que les filets d’une coopération judiciaire internationale se resserrent sur lui et sur les siens. Libération en dit trop, malheureusement beaucoup trop pour que tout le monde comprenne. Les enquêteurs ont mis des mois et des années afin d’établir les faits ; les journalistes et les lecteurs n’ont pas tout ce temps pour une bonne lecture et une bonne compréhension.

Un petit exemple, l’on peut lire à la page 4 de ce numéro de Libération : « Près de 1million d’euros ont aussi été virés à la Réserve, une entreprise de location d’appartement de grand luxe dans la capitale. » Qui sait, qui a compris à quoi ce million d’euros correspond ?

Alors qu’au Congo, des jeunes, des vieux mouraient faute de soin, dans le meilleur quartier de la capitale française, au Trocadéro, face à la Tour Eiffel, Edgard NGuesso louait ( et loue ?) à l’année un appartement à la Réserve, 2 avenue d’Eylau 75016 Paris, un palace résidence-hôtel 5 étoiles*****.

Le prix oscille autour de 11.000 euros la nuit soit 7,5 millions de Fcfa. Le virement de 665 millions de Fcfa correspondait à seulement quelques mois de location de son appartement. Cette location était facturée même lorsque le neveu du président longtemps marxiste (qui n’a jamais renoncé à ses idéaux – interview Paris Match) était absent de Paris. Pour cette modeste somme, Edgar NGuesso pouvait laisser ses véhicules dans le garage de l’hôtel, une Ferrari, une Maybach et une Aston Martin.

On comprend maintenant aisément pourquoi Denis Sassou NGuesso veut que cette enquête s’arrête ! Cette petite ligne, que seuls quelques rares initiés pouvaient comprendre, témoigne à elle seule que les Congolais, qui sont dans la souffrance, ne sont pas maltraités mais persécutés par une famille de pillards sans foi ni loi et qu’il faudra bien une justice, peu importe où elle se trouve, pour les juger tous !

EDGAR NGUESSO

A l’Ecole des Cadets, rien ne distinguait Edgar NGuesso de ses camarades de promotion. Il se contentait comme les autres, bien souvent, de l’ordinaire et se régalait de sa ration de riz à la sardine à l’huile. Il fut quasiment le seul de la famille à avoir fait le coup de feu durant la guerre civile déclenchée par son oncle le 5 juin 1997. Ses frères et cousins avaient pris leurs distances avec l’ex-président qui s’était enfoncé dans la dépression, avenue Rapp à Paris, avant de regagner Brazzaville. Il fut alors, à la fin de cette guerre, le premier à être récompensé en obtenant la gestion du Domaine Présidentiel, quasi siège social de l’entreprise de pillage familial.

Quiconque avait connu le personnage avant cette promotion ne pourrait jamais croire à la folle dérive de l’aspirant. Très vite, son appétit de la sape fut assouvi ; les plus belles chaussures sur-mesure à ses pieds en provenance des plus grands bottiers européens. Une paire de chaussures à 10 ou 15 millions de francs CFA (15.000€ à 30.000€) ne l’effrayait en aucun cas. Il les achetait par collections entières lorsque le Trésor n’avait pas d’argent pour soigner des enfants malades ou aveugles. Pareil pour les costumes et pour les voitures.

Les Congolais réduits à la mendicité à Pointe-Noire

« Je suis tellement riche que je ne peux même pas compter mes milliards ! » aimait à se vanter, auprès de ses anciens camarades, Edgar NGuesso. Effectivement, il en avait tellement qu’il valait mieux les cacher. Les villas par dizaines qu’il compte à Pointe Noire, toutes louées à des pétroliers ainsi que ses affaires de locations de voitures sont gérées par un Français, Marc E., au très fort accent marseillais. Le responsable du Domaine Présidentiel, Edgar NGuesso, l’avait aussi imposé comme Directeur à la tête de la société russe GUNVOR au Congo afin de mieux détourner les cargaisons de souveraineté (quantité de pétrole hors comptabilité offerte à la Présidence). Chaque cargaison tourne autour de 100 millions de dollars soit 50 milliards de Fcfa !

Aujourd’hui tout ce beau monde voyage en jets-privés. A Maya-Maya, Edgar en aurait toujours deux prêts à décoller, avec son homme de paille-tirelire, au cas où le vent se mettrait soudain à mal tourner !

Par Rigobert OSSEBI

(Congo-Brazzaville) Pourquoi l’affaire des Biens Mal Acquis met Sassou NGuesso hors de lui ?
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Rigobert Ossebi - dans Congo-Brazzaville
21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 20:02
[Congo-Brazzaville] Sassou joue de l'humiliation et l'intimidation avec Ntsourou

L’Histoire politique du Congo-Brazzaville, depuis l’indépendance, est marquée du sceau de la violence. Et, dans cette violence qui est allée crescendo, un homme est toujours en embuscade : Denis Sassou Nguesso. Plusieurs hommes politiques ont été victimes de cette violence avec en prime l’ultime humiliation. Kinganga Siroco, Ange Diawara, Ikoko, Olouka, Pierre Anga, Marien Ngouabi, Cardinal Emile Biayenda, Kikadidi, Alphonse Massamba Débat... Le dernier à subir les affres de cette violence dont, il a été l’une des chevilles ouvrières, à un moment donné de l’Histoire du Congo-Brazzaville, est le colonel téké Marcel Ntsourou.

Ntsourou arrêté, Ntsourou humilié

Pour le colonel téké Marcel Ntsourou, le répit aura été de courte durée. Le 16 décembre 2013 au matin, Denis Sassou Nguesso s’est délesté de son uniforme d’homme de paix et de négociateur des crises en Afrique centrale. En plein centre-ville de la capitale du Congo-Brazzaville, une démonstration de force a été ordonnée par Sassou-Nguesso contre un homme tombé en disgrâce et qui réclamait à cor et cri le grade de général. Marcel Ntsourou avait personnifié et personnalisé son différend avec Sassou Nguesso. Marcel Ntsourou n’avait pas de discours politique élaboré. Toutes ses interventions sur les médias étaient axées autour de sa personne, de sa souffrance et de sa marginalisation. Dès lors, les populations du Congo-Brazzaville ne se sentaient nullement concernées par le conflit qui l’opposait à ses anciens amis d’armes. En outre, les populations du Congo-Brazzaville n’ont pas une petite cervelle. Elles ont en mémoire les massacres de la région du Pool, des pays du Niari et les Disparus du Beach dont le colonel Marcel Ntsourou a été l’un des plus ardents artisans. Dès la fin des cérémonies des funérailles de Nelson Mandela, Denis Sassou NGuesso s’est débarrassé définitivement de son déguisement, encombrant, de pacifiste qu’il n’a jamais été. Sous son vrai visage, celui du doublement putschiste, celui du déclencheur de guerres civiles, d’attentats et assassinats en tous genres, il décida d’employer la manière forte contre Marcel Ntsourou. Tirs à l’arme lourde, survol de la capitale du prétendu-futur-pays-émergent par des hélicoptères de combat pilotés par des ukrainiens, la poudre servie par des mercenaires rwandais déguisés en soldats de l’armée congolaise ; le sang congolais pouvait couler en abondance : près d’une centaine de morts selon des sources qui ont requis l’anonymat, sans compter les blessés (Congo-liberty.com, 18 décembre 2013).

Com a outrance

Marcel Ntsourou qui a usé et abusé des medias au point de dévoiler sa stratégie à l’ennemi et adversaire, n’a eu la vie sauve que grâce à son intervention sur les ondes de RFI. La communauté internationale ayant été informée à temps, le clan au pouvoir aura été contrarié dans sa stratégie d’élimination de Marcel Ntsourou. Car, les consignes étaient claires : faire taire définitivement le colonel téké Marcel Ntsourou qui commençait à avoir la langue fourchue. D’où l’humiliation faite à ce colonel récalcitrant et téméraire dont les images, menottes aux poignets, ont tourné en boucle sur Télé Congo. Et, pour couronner le tout, le colonel Marcel Ntsourou, les mains liées, a été exhibé comme un trophée dans la cellule de la DGST (Mwinda.org, 18 décembre 2013).

L’illusion de la force

Les casernes militaires du Congo-Brazzaville et la proximité avec Sassou Nguesso permettent-ils des miracles et des régénérescences aussi spectaculaires que les plus mystérieuses métamorphoses cachées dans la nature ? Le comportement des hommes en uniformes proches du pouvoir donnent le sentiment de toute-puissance. L’arrogance de Ntsourou hier et aujourd’hui de Ndéngué, Obara, Obbouéndé, Oko Ngakala, Nianga Mbouala en est la parfaite illustration. D’autres encore avant eux ont affiché le même sentiment d’impunité avant de tomber dans l’anonymat (Mayoulou, Ibala, Nguembo, Mbengo, Mbaou…). Le colonel Marcel Ntsourou s’est-il crû être cette chenille qui se fait oublier dans sa chrysalide et, un beau jour devenu papillon, surprend tout le monde par son envergure et l’éclat de ses pigments. La caricature peut aussi être quasi mortelle quand la victime s’y conforme. Elle devient elle-même caricaturale. Ce qui a fini à arriver au colonel téké Marcel Ntsourou, affublé à tort d’un costume de super héros.

Message Sassou Nguesso a adressé à la classe politique du Congo-Brazzaville, en tonnant le feu et la foudre, un message on ne peut plus clair : « j’y suis, j’y reste ». Et, même au-delà de 2016. A ceux qui lorgnent le fauteuil de Sassou-Nguessso, leur sort est connu. Le message est passé 5/5. Aucun homme politique, de l’opposition comme de la majorité, n’a osé lever le petit doigt. Seul, Ambroise Malonga s’est exprimé en qualité d’avocat de Marcel Ntsourou. Les déclarations de Dzon, Okombi Salissa, Miérassa, Kinfoussia, Tamba Tamba, Moukouéké, Massengo Tiassé se font attendre. Ils rasent les murs. Les populations du Congo-Brazzaville son traumatisées par la brutalité et la violence de l’attaque du domicile du colonel Marcel Ntsourou. La disproportion des moyens utilisés (blindés, hélicoptères de combat) pour l’interpellation d’un homme, fut-il armé et entouré d’un carré d’irréductibles, a pétrifié les populations et les observateurs politiques. Dans ce contexte et ce climat de terreur, quel homme politique du Congo-Brazzaville pourrait mobiliser les populations contre le régime de Sassou Nguesso ?

Enfin l’enseignement qu’on peut tirer de ce duel est que si Ntsourou a perdu la bataille militaire, Sassou n’a pas gagné la bataille médiatique. Son image de médiateur et de sage a volé en éclats. Que les partisans de Sassou ne s’avisent pas de « rouler les mécaniques ». En définitive, les deux bouchers ont joué à « qui perd gagne » ou à « qui gagne perd », c’est selon.


Benjamin BILOMBOT BITADYS

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Benjamin Bilombot-Bitadys - dans Congo-Brazzaville
21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 08:24

CONGO-BRAZZAVILLE: DEJA 11.000 RÉFUGIÉS SELEKA A BETOU DANS LA LIKOUALA

Quelque 11.000 Centrafricains ont trouvé refuge à Bétou, localité située à l' extrême nord-est du Congo, dans le département de la Likouala, selon un communiqué du Haut commissariat des Nations Unies aux réfugiés (HCR) mercredi à Brazzaville.

"La République du Congo a accueilli environ 11.000 nouveaux réfugiés centrafricains depuis mars dernier. La majorité de ces réfugiés sont installés à Betou, dans le département de Likouala. L'afflux de réfugiés qui s'était calmé depuis quelques mois a repris la semaine dernière", précise le communiqué.

Selon le communiqué, depuis le 13 décembre, le HCR et les autorités congolaises ont reçu plus de 400 personnes originaires de Mbata, Bolo Loké ou encore Mongoumba, dans la région de Mbaiki. Des dizaines de familles sont arrivés à Bétou après plusieurs jours de marche dans la forêt de la Lobaye.

Elles racontent avoir été guidées par des populations autochtones vers la localité congolaise de Ngongo, dans le département de Likouala, où ces derniers avaient aperçu une mission du HCR. De nombreux réfugiés signalent que leurs villages ont été l'objet de pillages ces deux dernières semaines suite à l'arrivée d'hommes ex-Seleka fuyant l'opération de désarmement à Bangui.

A Bétou, le HCR et ses partenaires apportent de l'assistance en vivres, non vivres et des soins médicaux à tous les réfugiés.

Des abris familiaux durables sont en construction dans les deux sites de réfugiés (à Betou centre et Ikpengbele, au nord de Bétou) aménagés pour accueillir les 40% des ménages qui n'ont pas de connaissances ou de familles chez qui résider.

http://www.afriquinfos.com/articles/2013/12/18/congo-11000-centrafricains-refugies-sont-entres-nord-est-pays-240381.asp

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Congo-Mfoa - dans Congo-Brazzaville
20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 17:34

Tribune libre

Ce 18 décembre, à une semaine des fêtes de Noël, les grandes villes du Congo sont en effervescence. Ceux qui ont des moyens financiers s’adonnent au plaisir d’acheter tout ce qu’il leur faut pour agrémenter la fête de Noël, qui est d’abord une fête religieuse, commémorant la naissance de Jésus à Bethléem, il y a plus de deux mille ans.

Mais l’on oublie que l’ENFANT-DIEU de Bethléem en a ras-le-bol de la bouffe, des cadeaux, du champagne, du caviar et du fric ; il n’est pas né pour en arriver là. C’est ce que je voudrais dire, à ma manière, moi qui ai choisi de passer Noël parmi les chômeurs, les diplômés sans emploi, les veuves, les orphelins, les retraités, bref parmi les exclus de la société, parmi tous ceux qui vivotent pour survivre et dont les lendemains incertains sont synonymes de misère et de pauvreté.

A cette occasion, je voudrais aussi rappeler que le chômage, la misère et la pauvreté sont insupportables. Ils portent atteinte à la dignité des citoyens en même temps qu’ils compromettent leur existence. Je mets en cause Sassou ‘’l’Homme de bonnes mœurs, aux mains pures, non tachées de sang, l’Homme des masses, l’Homme aux actions concrètes, le bâtisseur’’ qui est revenu au pouvoir, il ya 16 ans, sans coup férir et sans marcher sur les cadavres de ses compatriotes. Je mets aussi en cause les ministres, les députés, les sénateurs et tous ceux qui nous gouvernent avec lui, car c’est bien leur politique, leur manière de gouverner qui conduit quotidiennement à un tel gâchis.

Il est temps que soit rendu à Noël sa vérité et son actualité. Sa vérité, car si Dieu s’est fait homme comme l’annonce l’Evangile, Noël est d’abord la fête de l’homme et de ses droits qui prennent ce jour-là, une dimension d’éternité. Cette dimension est aussi évangélique puisque à travers l’annonce faite par l’Ange aux bergers de Bethléem, l’humain reçoit la Bonne Nouvelle qui affirme la reconnaissance de sa dignité, caractéristique de sa relation avec ce qui est intrinsèquement divin en lui. Son actualité, car Dieu sait si les droits de l’Homme et du Citoyen, solennellement déclarés en 1948, vivent aujourd’hui des temps incertains. Des hommes fuient leur pays au risque de leur mort parce que la vie est insupportable ou impossible chez eux. Ce sont les réfugiés politiques. Ils sont des milliers à travers le monde cherchant une terre d’asile, et pleurant leur pays perdu. D’autres qui n’ont eu ni la chance ni le temps de fuir, sont en prison, oubliés et souvent torturés.

L’exil et son angoisse, la prison et son horreur, atteignent l’homme au cœur de lui-même. On ne le dira jamais assez, comme l’on ne combattra jamais assez pour la liberté. Mais les droits de l’homme ne s’arrêtent pas là où finissent la prison ou l’exil. Ou plutôt il existe d’autres exils. Comme ceux de ces pères de famille congolais qu’un pouvoir irresponsable de prédateurs et de corrompus laisse affamés et sombrés dans la misère et dans la pauvreté. Ils sont exilés et exclus au Congo, dans leurs villages, dans leurs villes et dans leurs propres quartiers. Mes compatriotes qui marchent à la recherche d’un meilleur avenir où seront reconnus leurs droits au bonheur, à l’existence en même temps que leur dignité. Et que dire de la jeune fille qui dès 15 ans se prostitue ou du jeune garçon réduit à mendier, réduit au chômage avant même d’avoir travaillé et survivant grâce aux revenus maigres et aléatoires ?

Jamais de mémoire de Congolais, je n’ai jamais vu autant de détresse chez mes compatriotes. Ce qui me choque et m’amène à rédiger cet article, avec la conscience aigüe de ce décalage permanent entre l’idée qu’on peut se faire de la fête et du bonheur et la réalité d’une société trop dure pour tous ceux qui vivent dans ses marges. La conscience aussi du poids des mots pour répondre aux détresses plus vraies et plus inacceptables encore en ces temps du soi-disant ‘’Chemin d’Avenir ‘’ après celui de la soi-disant ‘’ Nouvelle Espérance’.

L’on a souvent parlé des goulags à l’époque stalinienne. Le plus grand goulag du monde est, selon moi, celui où sont enfermés les affamés et les « sans avenir ». Ils sont nombreux dans mon pays, le Congo, en quête de ce que les experts appellent la ligne de survie. On voit quotidiennement des femmes et des enfants pleurer pour obtenir un morceau de manioc et un verre d’eau potable qui leur permettraient de survivre un jour de plus. Pour eux, demain, tout recommencera comme hier ; quand donc fera-t-il jour pour eux ? Et quand fera-t-il jour pour ces jeunes des régions du sud du Congo, aujourd’hui âgés de 16 ans voire plus et qui n’ont jamais été à l’école à cause du coup d’état sanglant du 5 juin 1997 ? Et quand fera-t-il jour aussi pour tous ces milliers de jeunes qui s’assoient à même le sol dans des salles de classes bondées et sans tables ni bancs ?

Les droits de l’homme : oui, mais tous sans exception. Ceux-ci comprennent aussi le droit de rire et de dire publiquement ce qu’on pense, le droit de rire et de chanter, ainsi que le droit de travailler, de percevoir son salaire tous les mois, d’aller à l’école, d’être soigné lorsqu’on est malade et de se reposer, de jouir de sa retraite, de percevoir sa pension et d’abord de manger. Ces droits n’ont pas la moindre chance d’être respectés et garantis à tous, aussi longtemps que le Congo marchera la tête en bas, aussi longtemps que la richesse et le bonheur de quelques-uns seront nourris et assurés par la misère des autres. A quoi a servi de discourir hier sur la « Nouvelle Espérance » et à quoi sert aujourd’hui de discourir sur « le Chemin de l’Avenir » dont on espère secrètement qu’il sauvegardera les privilèges des nantis, des thuriféraires et des courtisans, alors qu’il s’agit de changer le Congo pour changer la vie, en acceptant les risques de ce choix ?

Voici le quinzième Noël que les Congolais fêteront avec Sassou II alias « le bâtisseur, l’Homme des actions concrètes ». Le deuxième Noël, celui de 1998 fut de triste mémoire ; c’est celui d’après le 18 décembre 1998 qui fut le plus sanglant voire le plus barbare où les milices Cobra et les mercenaires de M. Sassou excellèrent dans des violences gratuites et inouïes sur les habitants des quartiers sud de Brazzaville : sacs, pillages, destructions et incendies des maisons, massacres, incestes forcés et publics, viols et crémation à vif des êtres humains sans défense, soupçonnés d’être des « Ninjas » potentiels ou en herbe, appartenant pour la plupart aux ethnies du sud en général et à l’ethnie KONGO, en particulier.

Alors, quelle est aujourd’hui la signification de Noël pour la majorité des Congolais ? Il n’est pas un jour différent des autres. Pas de trêves pour les affamés, les malades, les brimés, les exclus, les retraités sans pension, les veuves oubliées et les orphelins du 18 décembre 1998 qui, comme d’autres dont tout bascula dans le tragique, et qui commémoreront le 15ème anniversaire de la disparition de leurs époux et pères, leurs parents, connaissances et amis, tous tués dans les fameux couloirs dits humanitaires, ou tués et jetés carrément dans le fleuve Congo ou dans le Djoué où ils gisent sans sépulture. Pas de rêves non plus pour des diplômés sans emploi, des chômeurs désespérés qui devront se contenter du spectacle de l’opulence des hédonistes et de nouveaux riches dont les devises sont : « Ebonga ebonga te toujours meilleur ! » et « Le chien aboie, la caravane passe ! ».

Tous ces chants qui seront exécutés en cette fête de Noël dans les églises et les temples du Congo ne couvriront pas les cris de détresse qui montent du peuple, de nos quartiers, de nos villes et de nos villages, ni les larmes silencieuses des veuves, des orphelins du 18 décembre 1998, des pauvres avec leurs conjoints et leurs enfants, des vieillards solitaires, des retraités sans pensions régulières et des couples brisés par les atrocités gratuites du 18 décembre 1998 (que Sassou a qualifiées cyniquement et ironiquement de bavures policières.)

Néanmoins Noël, reste avant tout, une fête religieuse au cours de laquelle les chrétiens fêtent un grand événement : la naissance, pauvre parmi les pauvres, d’un Enfant-Dieu venu apporter aux hommes un message d’amour et de paix : « PAIX SUR LA TERRE AUX HOMMES DE BONNE VOLONTÉ ; IN TERRA PAX HOMINIBUS BONAE VOLUNTATIS ». Message si souvent déformé, confisqué, dénaturé par ceux-là même qui ont en charge de le défendre. Oh, l’exécrable collusion encore trop réelle entre l’Eglise et l’Argent - Jésus et Mammon !

Comment les évêques, les prêtres, les pasteurs, les « nouveaux prophètes » et les chrétiens, oublient-ils que cet enfant, dont ils fêtent la naissance, tous les 25 décembre, fut aussi cet homme en colère qui maniait le fouet pour chasser les marchands du temple ? Sans prophètes, l’Eglise tombe dans le cléricalisme, a dit récemment le Pape François. Il est temps que des voix s’élèvent au sein de l’Eglise et du conseil Œcuménique pour prophétiser en rappeler cette vérité-là : qu’il n’est pas de foi qui vaille qui ne se situe, par principe, du côté des faibles et des opprimés. Que la dévotion des riches et des puissants ne pèse guère, qui ignore les « Lazare Congolais » aux portes de leurs banquets.

Le seul message de Noël est commun à tous et invite « les hommes de bonne volonté », qu’ils soient chrétiens, athées, agnostiques, qu’ils croient au ciel ou qu’ils n’y croient pas. Il est aussi ma raison d’être, moi qui ne me lasserais pas de le clamer, d’un Noël à l’autre, et tous les jours que Dieu fait : c’est l’exigence de la justice, de l’égalité, de la fraternité et de l’amour entre les hommes. Cette exigence qui devrait être au cœur de tous les Congolais, croyants et incroyants.

En ce 15ème anniversaire du 18 décembre 1998, ayons une pensée particulière pour toutes ces victimes dont ‘’l’anniversaire’’ de leur départ ad patres, risque d’être ignoré et enfoui dans les oubliettes par ceux qui veulent en faire sciemment, non pas un jour de souvenir et de prières pour nos morts, mais un jour ordinaire ou d’agapes.

MESO MA NKOMBO.

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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 16:54
Congo-Brazzaville : Le train de vie fastueux du clan Sassou dévoilé par les enquêteurs français

Écrit par Moleki Nzéla

La folie des grandeurs du clan Sassou en France a été passée au crible par les enquêteurs de la police française. Le quotidien français " Libération " (16/12) y consacre sa Une.

Au bas mot, ce serait 60 millions d’euros, soit plus de 39 milliards de FCFA que le clan Sassou aurait consacrés dans la capitale française sur huit ans en achat de logements, bijoux, montres de luxe, boutons de manchettes... On ne parle pas de ce qui est dépensé en Chine, en Espagne, au Maroc, au Brésil, à Dubaï...

Plus de 5 milliards FCFA pour cette cabane de la fifille Julienne...

Une vingtaine de logements aurait été répertoriée dans Paris et à Neuilly Sur Seine.

Dans le clan Sassou, les plus dépensiers seraient Sassou lui-même, lequel aurait, rien que pour son habillement, acheté pour 1,18 million d’euros (plus de 774 millions de FCFA) de costumes et chemises chez Pape (avec inscrites dessus ses initiales " DSN " pour Denis Sassou Nguesso..), une boutique parisienne.

Son fils, Denis Christel n’est pas en reste. Il aurait dépensé 473 796 euros (plus de 310 millions de FCFA) en chemises car, selon un de ses proches « Il change de chemises trois ou quatre fois par jour, et se vante de ne jamais les laver et de les utiliser comme des kleenex »…

Les enquêteurs seraient tombés sur des factures du fiston de Sassou pour 257 000 euros (plus de 168 millions de FCFA) correspondant à des achats de chemises, de montres de luxe, de boutons de manchettes en or et pierre.

Un autre fou de la dépense : Jean Jacques Bouya. Il posséderait deux BMW et deux Maserati à Paris. C’est lui qui serait au cœur du système de corruption, selon Serge Berrebi, un créancier de l’Etat congolais. Et pour cause, le système de corruption se nourrit de surfacturation des grands projets. Or Bouya est justement chargé des grands projets du clan.

Dans le clan on n’oublie pas non plus Julienne Sassou, épouse Johnson. Elle est agent d’assurances mais surtout fille de son père. Lui et son mari auraient rénové depuis 2006 un hôtel particulier à Neuilly, sans emprunt, pour 8 millions d’euros (plus de 5 milliards de FCFA). Selon l’enquête, l’argent proviendrait d'une vaste opération de corruption sur la téléphonie au Congo…

Après toutes ces révélations, les Congolais n’ont plus que leurs yeux pour pleurer, et ils n'ont pas fini de payer, c'est-à-dire de se faire voler. Sassou le leur a d'ailleurs dit, avec franchise, lors de son discours aux « sages » Mboshi :“ Pour l’instant, à cette place [le fauteuil présidentiel, Ndlr], il n’y a personne pour me supplanter. Je vous le dis, cette personne à ce jour n’existe pas ! ”. On ne peut pas être plus clair.

Fermez le ban !

(Extrait de mwinda.org)

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Moleki Nzéla - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso
16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 19:50

Tout commence au cours d'un mois de mai 1997. Je parle de la calamité nationale. Des citoyens congolais sont assassinés à Owando pour une affaire de tipoye. Nous sommes le 9 mai 1997. Le Mbochi Sassou souhaite être transporté sur un tipoye par les Kouyou d'Owando. Mais le Mbochi Sassou sait que les Kouyou ne s'y plieront pas. Un scénario bien monté pour la suite des événements. Le prétexte pour...

L'on sait que dans les traditions ethno-tribales ancestrales Kouyou-Mbochi de nos compatriotes de la région de la Cuvette, cette exigence est considérée et regardée, aux yeux des Kouyou, comme un acte de soumission, de dénigrement et d'abaissement. Ce qui équivaut à un acte d'allégeance envers les Mbochi.

Devant le refus des Kouyou de se soumettre à cette humiliation, car pour eux c'en était une, un membre du convoi qui accompagne Sassou dans cette localité d'Owando ouvre le feu, tuant près de dix personnes. D'autres sources donnent le chiffre de douze tués.

Quelques jours plus tard, ne supportant pas l'affront qui leur est fait, la vindicte Mbochi contre les Kouyou suit son cours. Cette fois ça se passe à Oyo. D'autres Congolais, d'origine Kouyou, y sont assassinés, en guise de leçon. Est-ce une façon comme une autre de leur faire comprendre qu'un Kouyou n'est pas l’égal d’un Mbochi ? Qu'ils n'ont donc que le devoir d'obéissance et de soumission envers les Mbochi ?

Toujours au cours de ce mois de mai, en ma qualité de Représentant de l'Alliance URD-PCT et Apparentés (devenue entre temps URD-FDU) auprès de l’Union Européenne, au fait de ce qui se tramait, j'ai interpellé par courrier postal, courant mai 1997, M. Dominique de Villepin, alors Secrétaire général de l'Élysée. Ma lettre attend toujours une réponse. On peut donc y voir l'arrogance et le mépris. Mais sans doute vient-elle à pied. Il y a cinq cents kilomètres entre Paris et Strasbourg, la même distance entre Brazzaville et Pointe-Noire, une distance où, en France, les trains ne mettent plus que 2 h 20 minutes au lieu de quatre auparavant, et où là-bas, au Congo-Brazzaville, il faut une semaine pour la même distance, parfois plus, pour arriver à destination, dans l'un ou l'autre sens.

Bref, dans ma lettre de ce mois de mai 1997 à M. De Villepin, alors Secrétaire général de l'Élysée, j’écrivais : « (…) Telle que la situation se présente au Congo-Brazzaville, demain nous risquerons de ramasser des morts à la pelle... » (Fin de citation).

Hélas, je ne m'étais pas trompé. La suite est plus horrible et atroce qu'on ne pouvait l'imaginer. Pour preuve, l'existence de nombreux charniers et autres fosses communes non encore identifiés ni répertoriés, mais tenus secrets jusqu'à ce jour. Le peuple congolais et les familles des victimes ainsi suppliciées ont-ils le droit de savoir, connaître la vérité ? L’impunité doit-elle prendre le pas sur la transparence, le Droit, la justice ?

Un mort est inoffensif. Quand ou combien de temps faut-il encore attendre pour donner à ces malheureux compatriotes, victimes de la haine et de l'intolérance ethno-tribales, une sépulture digne de foi ? Les us et coutumes traditionnelles ancestrales commandent-elles l'humiliation du vivant jusque dans sa mort par assassinat ? La quête de la paix et de la réconciliation nationale doit-elle passer par ces ignominies-là ? Cette quête exige-t-elle l'impunité, l'oubli de tous ces crimes et l'effacement de ces charniers qui, pourtant, existent bel et bien ? Sans doute devons-nous attendre le feu vert de Paris, notre distributeur de pouvoir en Afrique, puisque toute accession au sommet de nos États découle de lui !

Préliminaires et signes avant-coureurs

Avant que la guerre commencée à Owando entre frères ethno-tribaux n'éclate au grand jour et ne se transporte à Brazzaville, à un moment où personne ne s'en doutait le moins du monde, le Bulletin Nord-Sud Exports, dans un article paru dans sa livraison de mai 1996, révélait que les Etats-Unis et la France auraient demandé aux deux protagonistes (Sassou et Lissouba) de limiter la guerre qu'ils devaient se livrer plus tard à la seule ville de Brazzaville et pas jusqu'à Pointe-Noire. Et pour cause !

Piège et prétexte pour déclencher la guerre

Au Congo-Kinshasa (RDC ex-Zaïre), la situation politique est très instable. L'Occident (États-Unis, Belgique, France), soucieux de la sécurité de ses ressortissants, dépêche en République du Congo-Brazzaville, des contingents armés dans le but de les exfiltrer, officiellement pour les évacuer, selon le terme consacré.

Aujourd'hui, du moins en Afrique, tout le monde sait ce que renferment exactement ces expressions. Prétexte ou pas pour justifier la suite, le non-dit ? Certainement, car jamais personne, sauf les commanditaires et leurs complices, ne le saura.

Advienne que pourra ! Le 5 juin 1997, les hostilités sont déclenchées. Mais, quelques jours avant l'attaque programmée, les contingents armés occidentaux, américains et belges, concertés ou pas, plient bagages, se retirent de Brazzaville. Ne reste que le contingent militaire français.

Ce jour-là, le 5 juin 1997, fort de son droit d'incarner, d'exercer et de faire respecter l'autorité de l'Etat, le gouvernement Lissouba, selon la version officielle, décide d'appréhender et mettre aux arrêts les auteurs des tueries d'Owando et Oyo. Les assassins présumés sont dans la résidence de Mpila de l'ex-président Sassou Nguesso.

Côté Sassou, on objecte : « Ce n'est pas pour arrêter quelqu'un qu'on m'a réveillé à 4 heures du matin. Les opérations de police obéissent à des règles précises qui n'ont pas été appliquées ici. Et qui a dit qu'Aboya et Engobo étaient chez moi ? Ils m'ont agressé et j'ai décidé de me défendre »[1].

Lissouba et son gouvernement savaient-ils qu'ils fonçaient, tête baissée, dans un piège tendu et mûri de longue date ? J'en doute fort, puisque certaines révélations venues plus tard, nous ont apporté la confirmation de nos doutes. Par exemple, M. Jean-François Probst qui, longtemps très proche de Jacques Foccart et de Jacques Chirac, à travers « Chirac, mon ami de trente ans »[2], nous éclaire sur ce qui s'était passé réellement et sur ce qui se tramait, pour leur plus grand malheur, sur le dos des Congolais, et sur la tragédie que devait connaître le pays. A ce sujet, il écrit :

(…) Jacques Foccart n'allait pas voir Denis Sassou Nguesso, Omar Bongo, Abdou Diouf ou Abdoulaye Wade. C'était eux qui venaient rue de Prony.

(…) A cette époque, Jacques Foccart m'avait confié pour mission de m'occuper de Denis Sassou Nguesso, le président du Congo-Brazzaville. « Est-ce que vous connaissez Sassou ? » m'avait-il demandé. J'avais connu le dictateur-président[3], alors marxiste-léniniste « pur » et dur, en 1982. Je lui avais rendu visite avec Jérôme Monod, à propos de la gestion des eaux de Brazzaville. Nous avions été reçus par un homme en costume gris, austère. J'avais pris connaissance de son dossier au Quai d'Orsay…

(…) Après une première « révolte des jeunes gens », Sassou et ses amis avaient amené au pouvoir un premier président marxiste orthodoxe, Marien Ngouabi. Et un an plus tard, ils l'avaient éliminé. Selon le dossier du Quai, Sassou avait été l'exécutant[4]. (…) Pendant toutes ces années, Denis Sassou Nguesso avait soutenu Chirac… A la suite de sa défaite à l'élection présidentielle de 1992, il était devenu un Africain en exil.

« Est-ce que vous lui donneriez un coup demain ? » m'a demandé Foccart. J'ai donc aidé l'ancien président à partir de la fin 1995 jusqu'à son retour au pouvoir en 1997.

(…) Il (Sassou) n'était pas interdit de séjour là-bas, mais ayant tenu le Congo d'une main de fer, il ne supportait guère l'idée de revenir dans un pays « démocratique »… Et puis, il avait pris des goûts de luxe, ce qui l'avait fait évoluer idéologiquement.

(…) En sous-main, Jacques Foccart ne lui avait pas retiré sa confiance. Au contraire. J'ai donc préparé son retour médiatique, en janvier 1997…

(…) Les élections ont donné l'occasion du coup d'Etat. L'histoire officielle dit que le président Lissouba a engagé un char contre la villa de Sassou, en réalité il s'agissait d'une provocation montée de toutes pièces par la milice Cobra. Sassou était de l'autre côté du fleuve Congo, avec des jumelles. Le président Lissouba (…) et sa directrice de cabinet, Claudine Munari, n'ont pas compris ce qui était en train de leur arriver et ils ont été renversés. En juillet 1997, la guerre a commencé. Les combats ont duré tout l'été. J'ai aidé le clan Sassou à revenir là-bas. Et je lui ai trouvé des armes au mois d'août 1997, après le décès de Jacques Foccart, à la demande de Pierre Oba, le ministre de l'Intérieur… Il fallait trouver de l'artillerie. Je n'ai jamais été marchand de canons, mais j'ai aiguillé Oba vers un spécialiste à Monaco. Et le président angolais José Eduardo Dos Santos a aidé Sassou à donner le dernier coup de reins…[5].

C'est un aveu, une signature. Incontestables. Mais les dénégations ne manquent pas malgré ces aveux, comme le refus de la repentance, par exemple.

Bref, pendant ce temps, que fait l'armée française restée à Brazzaville après le départ des contingents américain et belge ?[6]

Après l'évacuation des ressortissants occidentaux et autres étrangers de Kinshasa et de Brazzaville (version officielle), le contingent français se retire, laissant derrière lui un pays à feu et à sang, et abandonnant un peuple à son sort, à l’agonie, à la folie meurtrière d'un homme que la France, commanditaire des massacres humains qui s'ensuivirent, ne connaissait que trop bien[7]. Mais en prenant tout de même le soin de lui laisser son armement, toute sa logistique.

Au regard de ce qui précède, le reste, par exemple la situation en RDCongo-Kinshasa et l'évacuation des occidentaux provenant de Kinshasa, n'était donc qu'un prétexte, puisque la France n'a pas pris en charge les évacués de Brazzaville à partir de Kinshasa. Ceux qui suivent ce développement comprennent bien les enjeux commandés par la cupidité, l'avidité et la concussion au détriment et au grand mépris des vies humaines ainsi sacrifiées. Seulement voilà ! Bien que connaissant son homme lige quant à sa propension à la violence et aux crimes, Paris (la France) connaissait-elle les intentions profondes et les non-dits de l'homme qu'elle remettait au pouvoir au Congo-Brazzaville ? Nous pouvons répondre par l’affirmative, puisque dans ses mémoires posthumes publiés par Jeune Afrique (B.B.Y.), Foccart aurait confié à ses scribes « héritiers » que Sassou Nguesso était un homme dangereux et très rancunier, et qu'il doutait de ses capacité et volonté de rassemblement et de restauration de la paix et de la démocratie dans son pays.

Pour preuve, la demande de Sassou Nguesso adressée à Elf pour assassiner des opposants trop remuants et gênants[8].

Ceci confirme ce qu'avait déjà exprimé sur son lit d'hôpital à Paris, feu président Jacques Opangault, qui avait dit : « Tant que le petit au signe du diable sur le front sera toujours là, le Congo ne connaîtra jamais de paix, encore moins de réconciliation nationale »[9].

Jean-Claude Mayima-Mbemba

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N.B. :Si le président Lissouba n’a rien vu venir du complot qui se tramait contre lui et son régime, il est fort à parier que sa Directrice de Cabinet, Mme Munari, et son ministre de l’Intérieur, M. Martin Mberi, savaient ce qui se préparait et qui devait advenir. A bien y regarder, ils étaient les yeux et les oreilles de M. Sassou au sein du régime Lissouba. Si non, comment expliquer que M. Sassou les ait repris et nommés ministres dans ses gouvernements ? A chacun des Congolais d’y réfléchir.

[1] Jean-Pierre Makouta-Mboukou, La destruction de Brazzaville ou la démocratie guillotinée, L’Harmattan, Paris, 1999.

[2] Jean-François Probst, Chirac, mon ami de trente ans, Denoël, Paris, 2007, pp. 151-159.

[3] Au lieu de dictateur-président, M. Jean-François Probst aurait été mieux inspiré d’écrire : « Gouverneur Général Dictateur-Président » du Territoire Français du Moyen-Congo dit République du Congo.

[4]Pour plus de précisions sur l’assassinat du président Marien Ngouabi, Cf. Jean-Claude Mayima-Mbemba, Assassinats politiques au Congo-Brazzaville. Rapport de la Commission ad’hoc « Assassinats » de la Conférence Nationale Souveraine (25 février – 10 juin 1991). Tome 1, ICES, Corbeil-Essonnes, 2004

[5] Jean-François Probst, op. cit.

[6] Jean-Pierre Makouta-Mboukou et Jean-Claude Mayima-Mbemba, Les derniers massacres du Congo-Brazzaville, L’Harmattan, Paris, 1999.

[7] Cf. : Extrait du discours de Jacques Chirac à Luanda, le 30 juin 1998. Voir Chapitre XI ci-devant.

[8] François-Xavier Verschave, L’envers de la dette. Criminalité politique et économique au Congo-Brazzaville et en Angola, Agone, Marseille, 2001, p. 31.

[9] Propos tenu par le président Jacques Opangault sur son lit d’hôpital à Paris.

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Jean-Claude Mayima-Mbemba - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso