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22 septembre 2015 2 22 /09 /septembre /2015 09:54
(Congo-Brazzaville) Pourquoi les cessions d'intérêts d'ENI et de TOTAL E&P aux pilleurs du régime Sassou Nguesso constituent des crimes économiques ?

Par Alain MIZELLE -

Alain Mizelle -

Depuis le retour aux affaires du Président Denis Sassou Nguesso dans notre cher et beau pays en Octobre 1997, les intérêts pétroliers du Congo sont soumis à rudes épreuves. Une vraie mafia de cols blancs en bandes organisées, bien rodée, s’est installée au plus haut sommet de l’Etat et siphonne allègrement, en toute impunité, les ressources pétrolières de notre pays. Tout ceci se passe au vu et au su des membres du gouvernement et du Parlement Congolais qui sont, soit tous incompétents, ou se figent dans l’omerta alors qu’un petit groupe met les revenus pétroliers potentiels du Congo à sac. Quant aux brillants techniciens congolais du pétrole, ces chers collègues souvent aux ordres de la SNPC, de Total ou d’ENI, c’est bouche-cousue pour protéger leurs emplois et leur pécune ; mais ils sont également soumis aux clauses de confidentialité, ce qui ne saurait constituer véritablement des circonstances atténuantes ; on ne va pas leur en vouloir !

J’ai donc choisi de rompre ce silence des tombes et d’exposer chacune des transactions pétrolières mafieuses conclues au Congo depuis 1997, et ce sur la base de mes compétences pétrolières et d’informations glanées par mes recherches pour le reste de l’année 2015. Cet exercice commencera par les derniers Contrats de cession signés en 2014 et 2015 par ENI Congo et Total E&P Congo et d’expliquer pourquoi ces contrats constituent des crimes économiques potentiels.

En effet depuis 1997, on croit vivre un cauchemar, tant le pillage des intérêts pétroliers de notre pays a atteint des sommets invraisemblables, qui défient l’imagination aussi bien par leur audace que leur voracité. Alors que je me concentre exclusivement sur le secteur amont pétrolier, ces pillages affectent toute la chaine pétrolière incluant le trading pétrolier, le traitement et le raffinage, le transport et le stockage ainsi que la distribution des produits pétroliers. Dans n’importe quel pays normal au monde, la sonnette d’alarme aurait été tirée depuis 1998. Les pilleurs ont pris le silence du peuple et de la classe politico-intellectuelle du Congo comme une validation de leurs forfaits ; alors ils ont débordé d’imagination et d’ingéniosité. On est ainsi passé de commissions de quelques millions de dollars sur les enlèvements de cargos de l’Etat, sous le couvert des menaces de Fonds vautours, à la mainmise sur des participations dans les plus grands gisements de pétrole qui valent plusieurs milliards de dollars. C’est-à-dire, « le beurre et l’argent du beurre » ne leur suffisent plus, ils se sont donc attaqués à la crémière et ayant fini de la déboulonner, maintenant ils s’en prennent carrément aux vaches à lait. Tout naturellement, si ce processus n’est pas arrêté immédiatement, ils vont finir par vendre la ferme familiale, le Congo, notre pays.

Les oligarques russes, à la fin du régime de Boris Eltsine, étaient des cadres et des spécialistes initiés, chacun dans leur domaine, qui usant des informations privilégiées et un accès au sommet de l’Etat avaient mis la main sur des pans entiers de l’économie Russe, depuis les télécommunications, les sidérurgies jusqu’au pétrole par le biais de privatisations. Ce même schéma est en marche au Congo de Denis Sassou Nguesso ou des individus ayant des informations privilégiées sur le domaine pétrolier, et un accès au plus haut sommet de l’Etat, s’affairent à dépecer des morceaux entiers d’intérêts pétroliers qui, en conditions normales, reviennent à l’Etat pour le bénéfice du peuple Congolais.

Pourquoi donc les dernières cessions d’intérêts réalisées en 2014 et 2015 par ENI Congo et Total E&P Congo au profit des sociétés AOGC, Kontinent Congo et Petro Congo constituent des crimes économiques potentiels qui devront faire l’objet d’investigations et, si avérés, être punis dans le Congo post-Sassou Nguesso ? Eh bien, ce sera d’abord sur la forme et le fond de ces transactions et ensuite sur la taille et la valeur monétaire de celles-ci.

  1. Renouvellements des Permis ENI Congo Loango II and Zatchi II et Acquisition par AOGC de 9% en Moyenne dans les gisements Kitina-Djambala-Foukanda-Mwafi:

En ce qui est de cette transaction, pour rappel, en début de l’année 2014, la société ENI Congo (et son partenaire Total E&P Congo) négocient depuis plusieurs mois le renouvellement des CPP (Contrat de Partage de Production) portant sur les gisements Zatchi et Loango préalablement renouvelés le 15 Novembre 1995 sous le CPP Madingo Maritime. Ces deux gisements ont chacun plusieurs milliards de barils de pétrole en place dont seule une petite partie, moins de 20% a été récupérée, Loango est en production depuis 1977 soit depuis 37 ans et Zatchi depuis 1988 soit 26 ans. Sans grands travaux de redéveloppement de ces gisements, la production totale est en baisse et était de 20,000 barils/jour en 2013. Cependant les réserves résiduelles sont conséquentes et se trouveraient entre 300 et 500 millions de barils.

Sur la forme de cette transaction, après respectivement 37 ans et 26 ans d’exploitation, ces gisements dits matures, mais encore juteux, devaient revenir dans le domaine public et l’Etat d’en donner non seulement le titre minier à la SNPC, mais d’en transférer l’exploitation effective à sa société d’Etat. Après 25 ans d’exploitation, et au vu du prix record du baril des 10 dernières années, les opérateurs ENI et Total ont donc récupéré tous les capitaux investis (Capex, Opex, Admex) et fait des profits très respectables. L’Etat n’a donc aucune raison de renouveler ces permis pour un simple bonus de signature tout en laissant à la SNPC un maigre 15% d’intérêt. Dans la mesure où l’Etat se soucie de la baisse potentielle de sa production due à l’incompétence de la SONAREP à gérer des gisements, il y a possibilité de signer des contrats rémunérés O&M (Operations and Management) avec des firmes spécialisées qui continueraient à opérer et produire ces gisements clés en main pour son compte. L’Etat a donc choisi de renouveler ces gisements qui auraient apporté des recettes annuelles brutes – avant coûts – de 328,5 million de dollars US (pour un baril à $45) soit 190 milliards de FCFA.

L’Etat semble donc avoir fait une mauvaise opération au seul profit des opérateurs ENI et Total sur Loango et Zatchi, sauf si vous regardez ce qui vient après, et c’est bien le fond de cette affaire, c’est-à-dire l’entrée de AOGC (Africa Oil and Gas Corporation) dans les gisements Kitina (10%), Djambala (8%), Mwafi (10%) et Foukanda (8%). AOGC – société indexée par les ONG y compris Global Witness dans les scandales de détournements de fonds et des commissions de vente de cargaisons de pétrole, durant la période des fonds vautours entre 1999 et 2007 – est une société officiellement dirigée par Dieudonné BANTSIMBA et Narcisse LOUFOUA mais dont le propriétaire principal bien connu à Brazzaville, Paris et Rome n’est autre que Mr. Denis Auguste Marie GOKANA Chairman de la SNPC et Conseiller Spécial en matière d’Hydrocarbures du Président Sassou Nguesso. Au Congo les devoirs fiduciaires et les conflits d’intérêts n’existent pas. Il semblerait donc au fond, que les décideurs pétroliers du Congo que sont le Président Sassou Nguesso, son fils Denis Christel Nguesso et Mr. GOKANA aient décidé de renouveler les permis Loango et Zatchi en échange d’un bonus et de l’entrée de AOGC dans les gisements Kitina, Djambala, Mwafi et Foukanda. Vous vous dites peut être que les intérêts impliqués sont minimes de 8 à 10%, sauf si vous êtes du domaine et mesurez la valeur monétaire de telles transactions surtout à la lumière de la misère du peuple congolais.

Plateforme Gisement Kitina (voir photo en fin de page)

Voici donc les chiffres; En 2013, le gisement de Kitina produisait 15,000 barils/jour, tandis que les 3 autres gisements (Foukanda-Djambala-Mwafi) produisaient 7,300 barils/j. La production totale de ces gisements s’élevait donc à 22,300 barils/j en 2013. Les gisements pétroliers subissent un déclin naturel de 1-5% par an dépendant du type et des conditions du réservoir, alors en 2015 la production totale de ces gisements devrait être autour de 20,000 barils/j. AOGC engrangerait donc une production journalière brute d’environ 1,800 barils/j soit 657,000 barils/an. Si nous assumons un prix du baril de pétrole à $45/bbl, AOGC fera donc des entrées de trésorerie brutes annuelles de 29MM$ (17 milliards FCFA) avant déductions des royalties, profit oil de l’Etat et taxes. D’après Global Witness, ENI semble avoir divulgué auprès des media Italiens le paiement d’un bonus de signature de 22MM$ ; on se sait pas si celui ci correspond au renouvellement de Loango-Zatchi II ou Kitina-Djambala-Foukanda et Mwafi. Si ce montant a été payé par ENI et son associé, alors AOGC aurait payé au pro-rata 1.98MM$ de bonus pour ses 9% moyens sur les 4 gisements. Que nos vaillants économistes fassent le ratio profits sur investissements d’une telle transaction : autant dire qu’AOGC a été mis devant un tiroir caisse ! Dans l’industrie pétrolière, les réserves d’un gisement en production coûtent cher, les sociétés payent de 15-20$/baril. Moins de 50% des réserves initiales de Kitina ont été produites et les réserves totales des 4 gisements se situent donc au minimum à 100 millions de barils, ce qui donne à AOGC environ 10 millions de barils de réserves dont la valeur nominale non risquée se situe entre 150 et 200MM$ (87 et 116 milliards de FCFA).

Plateforme gisement Tchibouela (voir photo en fin de page)

  1. Renouvellement du Permis couvrant le Secteur Sud Total E&P Congo incluant les gisements Tchibouela, Tchendo, Tchibeli-Litanzi et Acquisition par AOGC, Kontinent Congo et Petro Congo d’un total de 25%:

Dans le cadre de cette opération, la troïka à la tête du pétrole des Congolais avait décidé d’ajouter à AOGC, déjà décrite ci-dessus, les sociétés inconnues Kontinent Congo et Petro Congo. Kontinent Congo, dont les véritables actionnaires ne sont pas apparents. Kontinent Congo, semble être une filiale de la petite société incorporée aux USA et basée à Washington D.C., Kontinent LLC (http://www.kontinentllc.com) qui elle est dirigée par Yaya MOUSSA. Mr. MOUSSA est camerounais et est l’ancien directeur du Bureau FMI (Fond Monétaire International) de Brazzaville à l’époque de Dominique Strauss Kahn avec qui il avait œuvré pour aider le Congo à atteindre le point d’achèvement de l’initiative PPTE. Mr. MOUSSA s’est tissé un réseau à la tête de l’Etat et une amitié avec Denis Christel Sassou Nguesso qu’il va utiliser à des fins personnelles quand il se retire du FMI. Il crée tout de suite une plateforme médiatique, Africa Today tv (http://africatodaytv.com) pour faire la gloire des dictateurs Africains et Kontinent LLC va se lancer dans les activités de conseil et trading pétroliers et de projets pétroliers et miniers par retour d’ascenseur. En clair derrière Kontinent Congo, se cache Denis Christel Sassou Nguesso. Nous creusons encore pour établir la propriété de Petro Congo qui semble être toujours détenue par le clan des Mapapa.

Sur la forme, grande a donc été ma surprise devant le discours tenu par Total Congo après les demandes de réponse pressantes de Global Witness et du Times of London quant à la propriété de ces entreprises choisies sans appel d’offres sur des intérêts aussi importants. Voici ce que Total a dit en substance dans l’article du Times de Londres, et je cite « Parmi les mesures prises, nous nous sommes efforcé à identifier les bénéficiaires ultimes de chacune des sociétés congolaises. A travers ces efforts Total a obtenu le confort nécessaire pour aller de l’avant avec l’association telle que structurée dans ces circonstances». La syntaxe clé de cette excuse de Total est «telle que structurée dans ces circonstances». Ni Total, ni moi même, ni aucun Congolais pourvu d’une petite parcelle de cervelle ne pouvait s’attendre que la troïka structure ces sociétés en montrant gratuitement les vrais actionnaires ! La troïka a structuré ces sociétés en plaçant les Narcisse LOUFOUA et Yaya MOUSSA comme directeurs de façade et en nommant des actionnaires fictifs dans les registres corporatifs et la « due diligence » de Total a vu ce qu’elle voulait voir ; ne dit-on pas «qu’il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir ?». Mais de grâce, que Total ou ENI ne nous disent pas qu’ils ne connaissent pas les vrais propriétaires de ces sociétés ! Qui est donc suffisamment puissant au Congo pour obliger Total Congo à regarder ailleurs alors qu’une transaction d’une valeur nominale de près de 4 milliards de dollars (2,300 milliards FCFA) est en marche ?

Le 14 Juillet 2015, alors que la France célébrait la Bastille, Total E&P Congo annonce la signature du Protocole d’Accord pour le renouvellement des permis d’exploitation Tchendo II, Tchibouela II, Tchibeli-Litanzi II dont les termes incluent des cessions aux sociétés congolaises AOGC (10%), Kontinent Congo (10%) et Petro Congo (5%). Comme dans le deal précédent qui impliquait ENI Congo, les gisements principaux de Tchendo et Tchibouela arrivent en fin de terme de leur permis d’exploitation après 30 ans. La pratique normale dans un pays pétrolier, qui se respecte, aurait voulu que ces gisements tombent dans le domaine public et que l’Etat les attribuent à sa société nationale qui continuera leur exploitation pour le grand bonheur des Congolais. Mais c’est sans compter avec le nouveau toupet et la gourmandise sans limite des rois du pétrole congolais qui semblent avoir convaincu Total du bien fondé de cette cession de 25% des parts du projet qui au pire devaient revenir à la SNPC et ce, sous le couvert de la Loi sur le local Content (Contenu Local) encore non promulguée au Parlement. Le fond de cette affaire semble donc être un deal noir opaque entre Total et la troïka, « renouvellement du permis couvrant le Secteur Sud sous de meilleurs termes fiscaux à condition que vous acceptiez l’entrée des sociétés que nous mettons sur table » comme dans les films d’Al Capone sur la mafia de Chicago, concussion, racket, extorsion et ormeta.

Dans la foulée, Pierre Jessua, le General Manager de Total E&P Congo nous annonce que Total a obtenu de meilleurs termes fiscaux dans le cadre de cette transaction et que les réserves qui restent à récupérer sur ce permis ne sont que de 100 millions de barils. Vraiment ? Voici les vrais chiffres de cette transaction : la production des gisements du secteur Sud est passée de 26,000 barils/j en 2012 à environ 22,608 barils/j en 2013, déclin naturel oblige. Nous pouvons assumer que cette production se situe aujourd’hui autour de 21,000 barils/j, ce qui donne à AOGC/Kontinent Congo/Petro Congo un total de 5,250 barils/j pour les 25%, soit une production annuelle de 1,916,250 barils générant un revenu brut de 86MM$ (50 milliards FCFA) avant déduction des royalties, profit oil de l’Etat et taxes avec un prix de baril conservateur à $45/bbl. Ce qui est intéressant c’est que ces gisements et notamment Tchibouela ont déjà récupéré 400 millions de barils sur 30 ans et ils devront encore produire pendant très longtemps avec des opérations de reprises/workovers et le forage de nouveaux puits tant les réserves résiduelles sont importantes. Le chiffre de 100 millions de barils de Pierre Jessua est archifaux ! Qu’il consulte ses géologues, géophysiciens et autres ingénieurs subsurface. Tchibouela et Tchendo ont ensemble tout près de 4 milliards de barils en place dont 400 millions récupérés jusqu’en 2015. Le gisement de Tchibouela seul a un STOIIP de 2.4 milliards de barils dont seulement 16% ont été récupérés. Or d’un réservoir de type Tchibouela on devrait récupérer un minimum de 25% de l’huile en place, soit 600 millions de barils. Donc les réserves résiduelles potentielles minimum de Tchibouela devraient être de 200 millions de barils (600MMBls moins 400MMBls déjà récupérés). Le gisement de Tchendo a 1,5 milliards de barils d’huile lourde en place encore non produits et qui peuvent être développés avec les puits horizontaux et les techniques de complétion/stimulation modernes, dont Tchendo Sénonien (850 MMBls en place et 85MMBls récupérables) et Tchendo Sendji C (635MMBls en place et 60MMBls récupérables) soit un total de 145 millions de barils de réserves additionnelles. Les réserves de Tchibouela et Tchendo seuls sont ainsi donc de 345 millions de barils. AOGC et compagnie s’octroient ainsi des réserves de 86 millions de barils soit en gros 100 millions de barils si nous ajoutons les réserves de Litanzi et Tchibeli par simple jeux d’écriture. En acceptant un prix du baril à 45$/bbl, ces réserves ont une valeur nominale non risquée, de 4.5 milliards de dollars (2600 milliards de FCFA) avant déductions des royalties, profit oil de l’Etat et taxes. La pratique dans l’industrie pétrolière est d’acheter les réserves en production à un prix de $15-20/bbl, ce qui fait que les 25% acquis valent entre 1.5 milliards de dollars US (1000 milliards FCFA) et 2 milliards de dollars US (1160 milliards de FCFA). Combien Gokana et Cie ont-ils payé à l’Etat?

La responsabilité corporative et fiduciaire des multinationales est désormais engagée. Aussi bien ENI Congo SA que Total E&P Congo en tant que sociétés européennes, tombent sous les dispositions des lois de l’OCDE, de l’Union Européenne et de leurs propres codes d’éthique portant sur la corruption active, passive ou autre. Le Code de Conduite du Groupe Total remis sur pied depuis l’an 2000 inclue des dispositions pratiques que les employés et responsables de Total doivent observer dans la conduite des affaires et la prise des décisions au quotidien. Ce Code dispose en particulier que «Total rejette la corruption sous toutes ses formes, publique et privée, active et passive». Il faut penser qu’au Congo de Sassou Nguesso de telles grossièretés se passent sans que personne au sein des partis politiques ne bronche, alors que le Président du Guatemala, Otto Perez Molina vient d’être destitué et incarcéré pour corruption dans les services douaniers d’un montant d’environ 3.7MM$ (moins de 2 milliards de FCFA). Un changement de régime au Congo permettrait de mettre à plat ces deals opaques iniques qui n’ont pour but que de perpétuer l’enrichissement illicite d’un clan au détriment du peuple qui continue de croupir dans la misère la plus totale. Entre-temps des associations congolaises et la société civile ont la possibilité d’interpeller ces majors pétroliers devant les instances européennes dont l’UE, L’OCDE, les Nations Unies pour arrêter la vente sur le marché international par AOGC, Kontinent Congo et Petro Congo, de barils de pétrole pillés, dont les bénéficiaires authentiques devraient être les populations du Congo qui manquent de tout, depuis l’eau potable, l’électricité, les infrastructures de santé de base et sont assujettis à un ’indice de développement humain parmi les plus bas de la planète.

POURQUOI LES CESSIONS D’INTERETS AUX PILLEURS DU REGIME SONT CRIMINELLES ( télécharger la version word)

Alain MIZELLE

(Extrait de congo-liberty)

A propos de l’Auteur: Né à Brazzaville au Congo,il passe sa tendre jeunesse dans les pays du Niari notamment à Dolisie, établi actuellement à Montréal au Canada. Homme d’affaires, PDG de la société Prevail Energy Limited (www.prevailenergy.com) et Pasteur Évangélique diplômé en Etudes Chrétiennes Hébraïques de Woodlands au Texas. Ingénieur Minier et géologue pétrolier détenteur d’un Master en Ingénierie Minier de Wits University, une Maitrise en Sciences de la Terre et une formation pétrolière à Oxford (Angleterre). Coordonateur pour le compte de la Société Pétrolière Sud Africaine Engen (Energy Africa) du projet d’exploration Haute Mer et du développement du gisement Nkossa entre 1996 et 2002, participe notamment aux découvertes des gisements de Moho-Bilondo. Recommande l’entrée de Energy Africa sur le permis Kouilou et le gisement M’Boundi, gère le gros du portefeuille exploration au Gabon et recommande l’entrée de Energy Africa en Guinée Equatoriale conduisant aux grandes découvertes des gisements Ceiba et le complexe Okoumé. Au Canada depuis 2003, fonde GGPC (Gulfofguinea Petroleum Corporation) qui négocie et signe des Contrats Pétroliers au Gabon en 2004 et entre à la Bourse AIM de Londres sous le nom FirstAfrica Oil Plc. Depuis 2005 dirige Prevail Energy Limited, société qui avait acquis 20% d’intérêts dans le projet MKB au Congo et négocie des projets Pétroliers partout en Afrique, USA et en Asie.

Plateformes gisements Kitina et Tchibouela
Plateformes gisements Kitina et Tchibouela

Plateformes gisements Kitina et Tchibouela

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18 septembre 2015 5 18 /09 /septembre /2015 16:11

Appel du Mouvement de Résistance des Intellectuels du Faso

Coup d’Etat au Burkina : la France doit poser des actes concrets contre les putschistes

17 septembre 2015 par Survie

Thèmes : Burkina FasoBlaise CompaoréCommuniqués de presseputsch

[Modification : 16h15 : l’arrestation de Sams’k le Jah n’est pas confirmée]

L’Association Survie, qui a dénoncé pendant plus de 20 ans la dictature de Blaise Compaoré et le soutien multiforme dont il a bénéficié de la part de la France, s’alarme du retour au pouvoir par la force de ses plus proches collaborateurs, moins d’un an après la révolte populaire qui les avait éloignés du pouvoir. Les autorités françaises, au-delà des déclarations de condamnation, doivent tirer les conséquences de leur dipomatie de complaisance à l’égard des dictateurs et prendre des mesures concrètes.

Solidaires du peuple burkinabè et des mouvements de la société civile qui se mobilisent en ce moment pour faire échec au coup d’État, nous nous inquiétons de la répression sanglante qui s’abat déjà sur la société civile et cible particulièrement les membres du Balai Citoyen : le studio de Smockey, rappeur et figure du mouvement, a été attaqué par le RSP et plusieurs de ses membres ont été gravement blessés. Au moins 10 personnes auraient été tuées à Ouagadougou.

Nous nous interrogeons sur les conditions qui ont permis aux militaires restés proches de Compaoré de renverser la transition. Ce renversement intervient après l’invalidation par le Conseil constitutionnel des candidatures aux prochaines élections du 11 octobre de ceux qui avaient soutenu le projet de tripatouillage de la Constitution par lequel Compaoré comptait rester au pouvoir. La principale mesure annoncée par les putschistes depuis leur prise de pouvoir, la tenue « d’élections inclusives » et permettant donc aux soutiens de l’ancien régime de se présenter, rejoint la position exprimée il y a quelques mois par des représentants français, refusant ainsi implicitement la légitimité des instances de transition.

L’instabilité politique et militaire que connaît le Burkina Faso résulte de l’impunité dont bénéficient le dictateur déchu et sa garde rapprochée, le Régiment de sécurité présidentielle (RSP). Exfiltré par l’armée française puis accueilli à bras ouverts par le président ivoirien Alassane Ouattara, échappant à toute justice nationale et internationale, Blaise Compaoré conserve une capacité de nuisance qui continue de déstabiliser le pays. D’autant plus que l’ex-rébellion ivoirienne favorable à Ouattara est née dans les beaux quartiers de Ouagadougou et qu’elle reste redevable au dictateur déchu.

Celui qui a été nommé « président » par les putschistes du RSP n’est autre que Gilbert Diendéré, ancien chef d’Etat major particulier de Compaoré et complice de la plupart des crimes commis par le régime depuis son accession au pouvoir par la force en 1987 [1]. Pour rappel, Gilbert Diendéré est un proche de plusieurs diplomates et militaires français. Il a même été décoré de la Légion d’honneur française [2], comme continuent de l’être des tortionnaires de dictatures françafricaines [3]. En mai 2012, la presse burkinabè racontait les sauts en parachute du général Emmanuel Beth, alors ambassadeur de France à Ouagadougou, avec son collègue Diendéré. Interrogé il y a un an, le général Beth, comme d’autres officiels français, continuait de défendre le régime déchu et son président Compaoré.

Aujourd’hui, la condamnation de ce putsch est unanime, y compris de la part de la France. Mais au-delà de ces déclarations, qui ne masquent pas le soutien historique apporté au clan Compaoré, un certain nombre de mesures concrètes doivent être prises : arrêt immédiat de toute coopération militaire et sécuritaire avec le régime, gel des avoirs financiers des putschistes, reconnaissance réaffirmée du président Michel Kafando, du gouvernement et du Conseil national de la transition.

L’association Survie s’associe aux appels à rassemblement qui sont organisés en solidarité avec le peuple du Burkina Faso.

Source: survie.org

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18 septembre 2015 5 18 /09 /septembre /2015 15:51
Diendéré, ancien chef d’une milice de tortionnaires et d’assassins, transformé en homme clé de la sécurité de la région par les Français et les Américains

Général Gilbert Diendéré

Burkina : Le Régiment de Sécurité présidentielle rappelle aux yeux du monde son passé putschisteLe coup d’Etat au Burkina Faso n’est pas tout à fait une surprise. La crise était annoncée car ce Régiment de la sécurité présidentielle, ses officiers et Gilbert Diendéré qui les contrôlaient sentaient leur fin proche s’ils ne tentaient pas quelque chose avant les élections qui étaient prévues pour le 11 octobre.

Les informations qui nous parviennent du Burkina restent parcellaires. Le RSP (Régiment de sécurité présidentielle) a pris en otage, mercredi soir, jour du Conseil des ministres, Le Président de la Transition, Michel Kafando, le Premier ministre Issac Zida, et les autres ministres présents. Des négociations se sont engagées avec la hiérarchie militaire sans succès.

Quelques heures plus tard, les preneurs d’otage précisaient leurs intentions. Ils déclaraient prendre le pouvoir, portaient à la présidence le Général Diendéré et annonçaient la mise en place d’un Conseil national de la démocratie dont la première mesure serait d’organiser des élections « inclusives ». Plusieurs maisons de leaders de la société civile ont été attaquées, les leaders du Balai citoyen particulièrement visés. Smockey nous a informés que la sienne a été attaquée au lance-roquettes, sa famille ayant pu s’enfuir par-dessus un mur. Un incendie a pu être court-circuité grâce à l’intervention du voisinage.

La réaction n’a pas tardé, des appels à se rassembler place de la révolution jeudi matin ont circulé. Des groupes de jeunes sont descendus dans la rue par petits groupes pour disperser les soldats du RSP. Les syndicats et la Coalition contre la vie chère ont immédiatement appelé à une grève générale illimitée. La répression aurait fait une dizaine de morts et de nombreux blessés, mais ne serait l’œuvre que des seuls éléments du RSP. Au nombre de 1300, ils ne contrôleraient en réalité que la capitale, et encore. Des internautes ont posté aussi des photos de manifestation dans plusieurs villes de province. Et vendredi matin, RFI annonçait des manifestations à Bobo Dioulasso, à Yako où la maison de Gilbert Diendéré a été incendiée et à Po.

Le Président du Conseil national de la Transition, Cheriff Sy, dans un communiqué à déclarer assumer « désormais les pouvoirs dévolus au chef de l’Etat », et « inviter le chef d’Etat-major des armées et les chefs d’Etat-major des différentes régions militaires à prendre immédiatement toutes les dispositions pour que cette forfaiture soit arrêtée puisque c’est un groupe armé qui s’oppose à la volonté du peuple ». Cheriff Sy n’est autre que le fils du général Baba Sy, qui a toujours été, de son vivant, très respecté par l’armée.

Un coup d’Etat probablement préparé depuis longtemps

Par trois fois déjà, le RSP, sous la houlette de Diendéré, ont perturbé le Conseil des ministres. On se rappelle que la nomination d’Issac Zida comme Président, lors de l’insurrection, résultait d’un consensus entre le RSP, et les autres chefs militaires. Mais rapidement Zida, peu connu bien que numéro deux du RSP, en mal de popularité parmi les insurgés, se lançait dans des déclarations fracassantes, teintées de populisme, affirmant sa volonté de prendre en compte les aspirations des insurgés. Il annonçait en particulier la réouverture des affaires Sankara, l’ancien président révolutionnaire dont l’assassinat n’est pas officiellement élucidé, et Norbert Zongo, le journaliste assassiné par des hommes de la sécurité présidentiel.

Zida épousant la cause des insurgés, les autres chefs du RSP, se sentant trahis, ont plusieurs fois séquestrés le Conseil des ministres, le Président et le Premier ministre, avançant à chaque fois de nouvelles revendications et s’opposant à la dissolution de leur régiment, demandée par la société civile. En réalité cette revendication est apparue la première fois parmi les propositions du Conseil des sages, mis en place la suite du puissant mouvement de protestation contre l’assassinat de Norbert Zongo.

Avec le recul, l’hypothèse d’une préparation minutieuse d’un coup d’Etat, par un affaiblissement progressif des forces au sein du gouvernement pouvant s’y opposer apparait crédible. Ainsi, en février 2015, à la suite du deuxième mouvement d’humeur du RSP, des proches de Blaise Compaoré furent nommés à des postes clé: Boureima Kéré, pourtant accusé de torture par deux témoignages très précis (voir http://www.thomassankara.net/spip.php?article1739 et http://www.thomassankara.net/spip.php?article1738 ) comme chef d’Etat major particulier du Président etle lieutenant-colonel Coulibaly, ancien aide de camp de Blaise Compaoré, comme chef de corps du RSP. Ce dernier devait partir en stage de formation en France.

En juillet dernier, les chefs du RSP exigèrent la démission des 4 ministres militaires du gouvernement. Les tractations durèrent cette fois plusieurs jours. Ils n’obtinrent pas totalement satisfaction, mais suffisamment pour pouvoir envisager un coup d’Etat dans de bonnes conditions. Le premier ministre fut déchargé de la Défense, et surtout le lieutenant-colonel Auguste Barry, le ministre le plus populaire parmi les insurgés, perdit son poste de ministre de l’intérieur et de la sécurité. Il venait de déjouer une première tentative de coup d’Etat. N’est-ce pas parce qu’il essayait de reprendre la main sur le système mis en place par Diendéré, chef de la sécurité intérieur du pays sous Blaise Compaoré, qui entretenait à ce titre des rapports étroits avec les officiers des troupes françaises et américaines ? Un des derniers obstacles de taille était levé qui permettait d’envisager un coup d’Etat victorieux.

Diendéré, ancien chef d’une milice de tortionnaires et d’assassins, transformé en homme clé de la sécurité de la région par les français et les américains

Gilbert Diendéré, avait remplacé Blaise Compaoré à la tête du CNEC (Centre national d’enseignement commando), lorsque ce dernier devint chef d’Etat après un coup d’Etat qui se solda par l’assassinat de Thomas Sankara en 1987. C’est lui qui est aussi à l’origine de l’exécution des capitaines Jean Baptiste Lingani et d’Henri Zongo, les deux autres leaders « historiques » de la révolution, aux côtés de Blaise Compaoré et de Thomas Sankara. Ce sont des hommes sous son commandement qui ont tué Thomas Sankara et ses compagnons. Il en était le chef au moment de la période la plus noire du régime, marquée par des assassinats politiques, et lorsqu’on torturait ceux qui se refusaient à déclarer allégeance au régime.

Le RSP est issu du CNEC et Gilbert Diendéré en a gardé le commandement jusqu’à sa nomination comme chef d’Etat-major particulier de Blaise Compaoré. De nombreuses exactions, commises par les hommes de ce régiment, sont restées jusqu’ici impunies. Le journaliste Norbert Zongo a lui aussi été assassiné par des hommes du RSP. Gilbert Diendéré a été plusieurs fois cité lors du procès de Charles Taylor, puis dans des rapports de l’ONU, pour avoir détourné l’embargo au profit des rebelles ivoiriens. C’est lui qui avait le premier retrouvé l’avion d’Air Algérie qui s’était crashé au Mali, révélant ainsi l’efficacité de son système d’information mis en place. Et c’est encore lui qui a organisé la fuite de Blaise Compaoré en collaboration avec les forces spéciales françaises basées non loin de Ouagadougou.

Mais Gilbert Diendéré est aussi un ami de la France, et la Transition, en tout cas son Président, joue plutôt la diplomatie que l’affrontement avec la France qui va financer en partie les élections. Nous écrivions en effet le 5 février 2015 : « C’est ce même Gilbert Diendéré qui a été décoré de La légion d’honneur en France en 2008. Il était proche du général Emmanuel Beth, premier chef de l’opération Licorne en Côte d’Ivoire, directeur de la Coopération militaire et de la défense au Quai d’Orsay qui sera nommé Ambassadeur de la France au Burkina en 2010, son frère Frédéric Beth dirigeant alors les COS (commandement des opérations spéciales basées à Ouagadougou) avant de devenir le numéro deux de la DGSE. Diendéré et Emmanuel Beth, très proches, avaient l’habitude de faire ensemble des sauts en parachute » (voir http://blogs.mediapart.fr/blog/bruno-jaffre/050215/burkina-faso-la-transition-entre-arrogance-du-regiment-de-securite-presidentielle-et, -volonte-de-re) .

Il est aussi l’ami des américains, dont des troupes sont aussi stationnées au Burkina. Ainsi peut-on lire dans un document du service de communication du RSP : « Pour le Général Gilbert Diendéré, qui n’est plus à présenter, il a été souhaité que l’on exploite ses compétences indéniables, comme conseiller par exemple ; au lieu de s’en débarrasser. Des américains auraient dit : « si vous n’en voulez plus, donnez-le nous… ». Il est l’un des rares officiers généraux de la sous-région qui maîtrise autant les questions sécuritaires dans la zone sahélo-saharienne » (voir http://www.lefaso.net/spip.php?article63183).

Elections inclusives, le faux prétexte

Le préambule de la Charte de la Transition, adoptée par consensus, quelques jours après l’insurrection affirme « la nécessité d’une transition politique, démocratique, civile, apaisée et inclusive ». Effectivement les partis de l’ex majorité ont pu bénéficier de 10 sièges de députés au Conseil national de la Transition.

Lorsque le Conseil national de la Transition (CNT) a modifié la loi électorale, interdisant aux anciens partisans de la modification de l’article 37, donc à Blaise Compaoré, de se représenter, les protestations se firent rares alors, pour s’amplifier légèrement, surtout parmi les partisans de l’ex majorité et la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) et finalement retomber tout récemment. En réalité, trois mois après l’insurrection, cette réforme fut la première qui apparaissait aller dans le sens de ce qu’attendaient les anciens insurgés. Pour eux, l’insurrection s’était soldée par une trentaine de morts et des centaines de blessés qui méritaient le respect. Il n’est pas possible de voir revenir par les urnes les principaux dirigeants du régime précédent, responsables du pillage des principales ressources du pays, ceux qui viennent d’être chassés du pouvoir par un rejet massif. Tous les partis politiques de l’ex-opposition soutenaient cette réforme. En terme, d’exclusion, il convient d’ ajouter que les autorités de la Transition, les ministres, les députés du CNT n’ont pas le droit non plus de se présenter.

La CEDEAO s’opposa aussi à cette loi, non sur le fond en réalité, mais pour son imprécision qui semblait écarter tous les partisans de la modification de l’article 37, sans exception. Le Président de la Transition déclara que son pays se soumettrait à l’avis de la CEDEAO. Mais finalement le Conseil constitutionnel, rejeta les candidatures des ministres et des députés ayant voté cette modification, précisant ainsi de fait le critère d’inéligibilité. Une quarantaine de députés furent écartés des législatives mais purent être remplacés par d’autres personnes. Quant aux présidentielles, les candidatures de plusieurs personnalités comme le Président du CDP(Congrès pour la Démocratie et le Progrès, Parti de Blaise Compaoré) Eddie Komboïgo, Djibril Bassolet, ancien ministre des affaires étrangères et Gilbert Ouedraogo , président du RDA (Rassemblement démocratique africain) furent aussi écartées.

Finalement, les exclus ont tous déclaré, il y a quelques jours, se ranger aux décisions du Conseil constitutionnel. Et l’on s’orientait vers des élections paisibles, d’autant plus qu’à sa dernière réunion, la CEDEAO avait finalement réitéré son soutien aux autorités de la Transition. C’est dans ce contexte que les putschistes disent vouloir organiser des élections « inclusives ».

Gilbert Diendéré sous la menace d’une inculpation

Un faux prétexte ! La réalité, c’est que la justice se rapprochait de Gilbert Diendéré, dont l’inculpation dans l’affaire Sankara devait se traduire à court terme par son inculpation. Le jour du coup d’Etat, les avocats devaient être informés des avancées de l’enquête et des résultats. D’autres témoins, victimes de tortures se sont fait connaitre et ont raconté les sévices qu’ils ont subis. De plus, , une commission d’enquête avait été annoncée, pour déterminer les responsabilités des tirs à balles réelles pendant l’insurrection causant la mort d’une quinzaine de personnes et de très nombreux blessés . Or ce sont encore les soldats du RSP qui en sont les auteurs. et pour couronner le tout, la Commission des réformes et de réconciliation, mise en place par la Transition avait déposé son rapport dans lequel la dissolution du RSP était de nouveau proposée.

Un dernier baroud suicidaire ?

Si Diendéré a pu séduire officiers des troupes étrangères pour ses compétences dans la sécurité de la région, s’il semble avoir bien préparé ce coup d’état militaire, on peut s’interroger sur ses qualités d’homme politique après ce triste épisode que connait aujourd’hui le Burkina. Certes sa proximité avec les services français et américains ont pu lui faire croire, non sans raison qu’ils le soutenaient encore.

Mais nous ne sommes plus au début des années 80, où quelques officiers arrivaient à contrôler un pays en quelques heures. La population est aujourd’hui beaucoup plus urbanisée, plus largement politisée, l’information circule rapidement. L’armée est certes composée d’officiers nommés sous Blaise Compaoré, mais peu d’entre eux se risqueraient à accompagner un putschiste dans une telle aventure tant les risques d’échec sont élevés. Le parti de Blaise Compaoré, Le CDP, a subi quelques revers ces derniers temps montrant que ses capacités de mobilisation déclinaient. Surtout, après avoir multiplié les déclarations affirmant vouloir respecter la démocratie et les institutions, quel homme politique serait assez bête pour déclarer soutenir les putschistes ? Il y en a bien quelques-uns que l’on entend déclarer soutenir le coup d’Etat, mais tout observateur politique sait qu’ils signent là la fin de leur carrière politique. Bien sûr certains se réjouissent, mais combien oseront s’afficher aux côtés de Gilbert Diendéré ?

L’affrontement était inévitable nous l’avions annoncé, car l’impunité de Diendéré ne pouvait durer bien longtemps. Fort de ses soutiens, sans doute s’est-il cru indispensable. Le RSP ne pouvait non plus continuer à séquestrer les Conseils des ministres, à chaque fois qu’il avait des revendications à faire valoir. Et la population qui a massivement participé à l’insurrection, ne pouvait supporter encore très longtemps que Diendéré puisse rester plastronner à Ouagadougou.

Isolé à l’intérieur du pays, déconsidéré à l’extérieur, en tout cas officiellement, ce putsch n’a guère d’avenir. Diendéré non plus, si ce n’est en prison ou dans un lointain exil, toujours sous la menace de la justice internationale. Et le peuple burkinabè, aux longues traditions de lutte, n’est pas prêt d’accepter une telle forfaiture. Il a besoin de notre solidarité.

Bruno Jaffré

Source: http://blogs.mediapart.fr/blog/bruno-jaffre/180915/burkina-le-regiment-de-securite-presidentielle-rappelle-aux-yeux-du-monde-son-passe-putschiste

Diendéré, ancien chef d’une milice de tortionnaires et d’assassins, transformé en homme clé de la sécurité de la région par les Français et les Américains
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18 septembre 2015 5 18 /09 /septembre /2015 09:22
Congo-Brazzaville/AfriqueCentrale : La culture du coup d'Etat en Afrique centrale

Les présidents de la Cemac (Cameroun, Tchad, Rca, Gabon, Guinée-équatoriale, Congo)

Alors que le monde entier (la CEDEAO, l’Union Africaine, l’Union Européenne, le Conseil de sécurité de l’ONU, le secrétaire général de l’ONU, les États Unis d’Amérique, la France et peut-être d’autres), de manière unanime, parle d’une seule voix pour condamner le coup d’état au Burkina Faso, la CEAC et la CEMAC brillent par un silence assourdissant.Ce coup d’état, qui profite à Blaise Compaoré, place la Côte d’Ivoire et Alassane Dramane Ouattara dans une situation embarrassante bien que la condamnation de la CEDEAO l’emporte sur la prise de position de la diplomatie de la Côte d’Ivoire d’Alassane Dramane Ouattara.Ainsi, bon gré malgré lui, Alassane Dramane Ouattara, dont l’arrivée au pouvoir est due en partie à l’implication personnelle de Blaise Compaoré, a implicitement condamné le coup d’état de la garde prétorienne de Blaise Compaoré.


Pourquoi donc la CEAC et la CEMAC sont muettes ?

La dernière édition de la lettre du continent révèle un passage récent de Blaise Compaoré à Brazzaville, y est-il allé pour obtenir l’appui du régime de Brazzaville ?Ces mêmes CEAC et CEMAC n’ont jamais condamné clairement et publiquement le coup d’état de Bozizé d’abord, et de son tombeur Djotodja.

Notez ceci :

- Ali Bongo Ondimba n’a pas de légitimité, il n’a jamais prouvé hors de tout doute qu’il est de nationalité gabonaise. C’est une forme de coup d’état car le candidat Bongo n’a pas satisfait aux exigences légales.

- Idriss Deby Itno est arrivé au pouvoir par un coup d’état, il a d’abord fait adopter une constitution limitant le nombre de mandats présidentiels pour ensuite faire sauter par «référendum» cette disposition. On sait que ce genre de référendum n’est pas crédible.

- Denis Sassou Nguesso est arrivé par un coup d’état et il en prépare un autre pour perpétuer sa présence au pouvoir.

- Teodoro Obiang Nguema Bazogo est arrivé au pouvoir par un coup d’état, son fils est vice-président. Lorsqu’on travaille pour une possible succession dynastique, on est dans la logique de coup d’état

- Paul Biya est arrivé au pouvoir à la suite d’un imbroglio; il a ensuite verrouillé toute possibilité d’accession au pouvoir par les urnes. C’est une forme de coup d’état.

Voilà pour la CEMAC et gardons nous d’évoquer la situation du très controversé Paul Kagamé.


La CEAC et la CEMAC sont dans le coup d’état permanent.

Le RSP du Burkina Faso n’est rien d’autre que l’équivalent de l’ancienne garde présidentielle du Congo jusqu’à la conférence nationale souveraine de 1991. Un acte de la conférence nationale souveraine a dissout la garde présidentielle au profit d’une garde républicaine.

Cet acte de la Conférence nationale souveraine était une victoire face à toute velléité de confiscation de pouvoir par la force. La limitation du nombre de mandats présidentiels a obéi à la même vision.


Qu’observe t-on au Congo ?

1. Une possibilité réelle de coup d’état militaire en raison de l’allégeance que voue la garde républicaine à la personne du président de la République. Elle a les moyens en hommes et en matériels pour réaliser l’aventure sans issue du RSP de Blaise Compaoré avec pour conséquence une perte de temps pour le pays comme on l’observe à Ouagadougou où des élections étaient prévues pour le 11 octobre 2015.

2. Une option annoncée de coup d’état constitutionnel en attente d’une confirmation du président de la République qui va s’appuyer pour cela sur le dialogue de Sibiti dont il avait dit le 12 août 2015 qu’il aurait un écho. C’est ce qu’il entend faire après les flonflons des jeux africains.

Alors si les pouvoirs en place en Afrique centrale entérinent les coups d’état, il revient aux oppositions républicaines de ces pays d’exprimer le dégoût des peuples face aux coups d’état.

Ce sera une manière d’étouffer dans l’œuf le coup d’état en cours au Burkina Faso qui va s’arrêter à cause de sa propre bêtise.

Par Salomon Lasagesse -

(Extrait de congo-liberty)

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16 septembre 2015 3 16 /09 /septembre /2015 09:28
Congo-Brazzaville : Etat de la Nation

Par Calixte BANIAFOUNA -

Je rentre de Pointe-Noire au Congo Brazzaville où je viens de séjourner pendant six semaines comme j’ai pris l’habitude d’y passer mes vacances d’été depuis 10 ans sans interruption. Dans les discours politiques, on évoque la paix, la modernité, l’État, les grands travaux, la gestion du pays, etc. qui connaîtraient des « avancées très significatives ». Point par point, je reviendrai sur ce que j’ai pu voir, entendre et toucher du doigt sur chacun de ces « slogans ». Je signale d’emblée que l’œil qui a vu, l’oreille qui a entendu et la bouche qui parle sont strictement miens et ne sauraient s’identifier à ceux d’un quelconque autre observateur que moi-même. Raison pour laquelle j’illustrerai certains de mes propos par du vécu personnel. Qu’ai-je vu, qu’ai-je entendu et qu’ai-je dit ?

Cette paix, parlons-en !

La paix n’est pas exclusivement synonyme d’absence de guerre armée. N’est pas en paix le chômeur ou le diplômé qui n’a jamais trouvé du travail ; n’est pas en paix celui qui manque à manger, celui qui n’accède ni à l’électricité ni à l’eau courante, celui qui a du mal à boucler la fin du mois, celui qui n’a pas la liberté de parole, celui qui ne peut pas payer son loyer par manque d’argent, celui qui subit les tracasseries quotidiennes de la police et de la gendarmerie du régime, etc. Or, entre ceux qui mangent à satiété et ceux qui dorment affamés, ceux qui accèdent à l’eau potable à foison et ceux qui boivent l’eau des puits non traitée, ceux qui dorment sous la lumière et ceux qui passent les nuits de tombeaux, entre ceux qui s’accaparent l’essentiel du revenu national et ceux qui ignorent tout des fruits tirés des richesses du pays, ceux qui trouvent la solution au moindre problème qui se pose dans le quotidien de leur vie et ceux qui sont infichus de résoudre le plus petit problème qui se pose en eux… s’articulent respectivement la paix et son opposé. C’est dire que l’idéal social ou politique qui s’identifie au calme, à la tranquillité, à l’absence de perturbation ou d’agitation est loin d’être le même pour tous au Congo Brazzaville. La paix désignant l’état d’un esprit placide et serein, des sentiments enthousiastes et positifs n’est pas donnée à tous les Congolais. Ainsi, la guerre, la violence, le conflit et la colère psychologiques et sociaux sont-ils implantés de façon permanente dans l’esprit de la majorité des Congolais depuis la fin de la guerre armée.

De la modernité et des grands travaux

Du fait de la modernité et des grands travaux, on cite les petits bâtiments des aéroports de Brazzaville ou de Pointe-Noire coincés au milieu des quartiers populaires à l’endroit même où les colons français s’en servaient comme aérogares dans une zone jadis non habitée, des pistes dans les axes nord du pays ou de Brazzaville/Pointe-Noire au bitumage inachevé, des petites villas individuelles dispersées ici et là dans le nord du pays ou en bordure du fleuve et des plages non sécurisées… rien que ça en 50 ans de règne sans partage, et dire qu’on se bat pour se maintenir au pouvoir ! Ordures, sable, poussière et odeurs nauséabondes en saison sèche, boue et mares en saison des pluies… quand vous circulez dans les quartiers populaires des principales villes du pays, de loin plus sales que toutes les poubelles européennes réunies, vous n’avez qu’un constat à l’esprit : « la population congolaise survit par l’amour de Dieu ! » Inutile de penser à suivre télé Congo, la plus pauvre et la plus minable des télévisions d’Afrique avec, au programme, trois émissions : la gloire du roi du Congo, le sport hippique et les communiqués nécrologiques… puis, fin des programmes au moment même où toutes les autres télévisions africaines émettent 24 h sur 24 avec des débats et une variété d’émissions politiques, économiques, culturelles, etc. ! Tout constat fait, il n’est pas bien méchant d’affirmer avec certitude que le Congo n’est pas gouverné par des Congolais car la simple incompétence ne suffit pas à expliquer que le pays soit laissé en si pitoyable état de poubelle !

Dans les administrations

Comme tout Congolais désireux d’entreprendre, j’ai décidé de créer une entreprise dans l’espoir d’occuper un bel échantillon parmi les jeunes diplômés ou détenteurs d’un métier (maçonnerie, charpenterie, peinture, électricité, plomberie, etc.) sur un marché encore vierge et sans concurrence. Renseignement pris auprès de l’autorité de l’État sur l’activité que je désirais exercer, il m’a été demandé de commencer par me procurer la photo encadrée du « président de la République ». Je me suis présenté à la préfecture qui se charge de la fournir. Dans le couloir du premier étage, un employé m’a demandé de le suivre. Après m’avoir fait attendre à 5 mètres du bureau du fournisseur présumé, tous deux en sont sortis pour m’informer que la photo coûtait cher mais qu’ils pouvaient me la négocier à 70 000 FCFA et me la remettre immédiatement si je faisais un « geste ». J’ai payé les 70 000 FCFA. Pour n’avoir pas compris ce que « faire un geste » signifiait, ils m’ont demandé d’attendre le « chef ». Comme celui-ci avait « bougé », je n’ai pu me procurer la photo du « président de la République » que deux jours après.

Il m’a ensuite été exigé une autorisation du ministère avant d’entreprendre une quelconque activité. L’autorisation devait être signée depuis Brazzaville par le ministre en personne, quel que soit le coin d’implantation de l’entreprise en création. Dans l’un des bureaux du rez-de-chaussée qui m’était indiqué pour commencer à effectuer mes formalités, un espace de 9 m² où s’étaient confinés 5 femmes et 7 hommes qui y travaillent de façon permanente, des dossiers papiers entassés à même le sol sous une épaisse poussière, je me suis passé du vacarme assourdissant qui y régnait chacun évoquant qui un problème de deuil dans son quartier, qui un problème de voisinage, qui un problème de mariage, qui un problème de ménage, qui un cas divers… pour me concentrer à l’écoute de la personne indiquée qui venait de me remettre la liste des documents à fournir. Une douzaine de documents techniques et administratifs, 350 000 FCFA de frais d’études et 15 000 FCFA de frais d’enquête. Mais rien de bien grave si les frais d’études faisaient défaut dans l’immédiat. Il y avait possibilité de commencer avec une attestation au démarrage de mes activités, attestation susceptible d’être délivrée le jour même et devant me couvrir pendant un an, à condition de s’acquitter d’une somme de 50 000 FCFA. J’ai payé la somme en échange d’une décharge signée par l’employé au dos de la liste des documents et d’un rendez-vous pour le retrait de l’attestation le lendemain, le temps que le « chef » signe. Le retrait de l’attestation n’a pu se faire que deux semaines plus tard, à la chaise vide de l’employé qui suivait l’affaire lors de mes nombreux passages chaque jour se répétait la même réponse : « le chef a bougé ». Il m’a été signifié le jour de la visite sur le terrain qu’il me fallait verser au ministère une taxe mensuelle correspondant à 10% de la recette mensuelle (bonjour courage !). Toutefois, comme c’est encore le démarrage, la Direction régionale aurait la prérogative de décider d’accord partie avec moi d’une taxe forfaitaire, qu’en plus les frais des déplacements de l’employé lors de ses différents contrôles sur le terrain n’étaient pas conventionnels, ce serait à moi de voir ! « Affichez cette attestation au mur pour vous prémunir des pickpockets (militaires, gendarmes, policiers, contrôleurs des impôts, autres agents de l’État) qui sillonnent partout pour racketter les commerçants », m’a conseillé l’employé du ministère. Reste à constituer le dossier définitif.

Attestation du ministère à la main, je me suis présenté au Centre des formalités administratives des entreprises (CFE) pour me faire établir le Registre du commerce. Accueilli dans un bureau de 24 m² que se partagent 5 femmes et 4 hommes, des dossiers papiers rangés au sol, une liste d’une dizaine de documents à fournir m’a été remise dans laquelle figurait une taxe unique de 100 000 FCFA de création d’entreprise. Mais il fallait payer en plus et dans l’immédiat la somme de 50 000 FCFA pour me faire délivrer dans l’après-midi un Extrait de registre du commerce et du crédit mobilier. J’ai payé les 50 000 FCFA sans qu’il ne me soit donné de reçu ni de décharge. Le « chef » ayant « bougé » chaque jour lors de mon passage, l’extrait n’a pu être délivré qu’au bout d’une semaine. « Cet Extrait vous servira pour lancer votre activité et vous protéger contre les pickpockets de l’État qui sont omniprésents dans la zone », m’a rassuré l’employée du CFE. Reste à constituer le dossier définitif.

Mes activités n’étaient pas encore lancées que j’ai « osé » me présenter à la Direction des impôts pour en savoir de ce que cela me coûterait en termes de patente, licence ou autres taxes. Tels des démarcheurs en quête de la clientèle, hommes et femmes employés des impôts attendaient dans le hall du bâtiment l’arrivée d’éventuels contribuables. J’ai été pris en charge depuis l’entrée du hall par une dame qui m’a conduit dans son bureau de 8 m² qu’elle partage avec 2 autres femmes et 2 hommes, des dossiers papiers rangés dans un armoire commun placé dans le couloir. Après avoir rempli le Bordereau de versement, elle m’a prié de l’accompagner auprès du directeur qui, seul, devait évaluer le montant de la taxe à payer. Curieux de me voir, le directeur a cherché à savoir auprès de la dame si je m’y étais rendu sous « contrainte » à la suite d’un contrôle par les inspecteurs des impôts, ce qui n’était pas le cas, les activités n’ayant même pas encore commencées. Il m’a alors remercié et m’a félicité pour mon civisme : « il n’est pas donné à n’importe quel Congolais de se présenter librement aux services des impôts pour déclarer son activité » a-t-il commenté. Qu’à cela ne tienne et comme je n’étais qu’en phase de projet, il m’a demandé de verser la somme de 100 000 FCFA d’Impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP) plus 72 000 FCFA de patente par anticipation, soit un total de 172 000 FCFA du fait de ma bonne foi au lieu de 350 000 FCFA si je m’y étais contraint. Et le directeur de conclure : « prenez garde contre les pickpockets de l’État, vous devez leur exiger une Lettre de mission à chaque passage ! » Le Bordereau de versement signé m’a été remis en échange du paiement avec à la clé la promesse d’une Quittance qui me serait délivrée le lendemain après la signature du « chef ». Sans compter que le jour même, l’annonce du décès par accident de l’une des collègues venue de Brazzaville en week-end à Pointe-Noire aurait terriblement attristé le « chef » au point de le plonger dans l’incapacité de signer le moindre document déposé sur son bureau. Je suis donc rentré à Paris après trois semaines d’attente de la signature sans avoir jamais vu la couleur de la Quittance des impôts.

Absence de volonté politique et non de moyens économiques

Si, de manière générale et par la technique de délestage, des quartiers entiers sont laissés dans le noir et la soif par manque d’électricité et d’eau courante, les techniques de barrières policières et de péage consistent, elles, à engraisser les virtuoses du régime en extorquant de l’argent à la population au nom de la loi pour compenser la non-redistribution du revenu pétrolier devenu propriété privée du clan au pouvoir. Des points de pillage officiels sont donc installés dans l’ensemble et à la périphérie de la ville de Pointe-Noire. Le quartier Ngoyo, par exemple, situé en pleine ville de Pointe-Noire, a été divisé en deux par le système de péage qui contraint tout automobiliste petit gabarit de s’acquitter d’une somme de 500 FCFA, 1000 FCFA aux automobilistes grand gabarit à chaque passage-allée et d’une somme équivalente à chaque passage-retour : 100 fois vous y passez dans la journée, 100 fois vous payez ; 100 fois vous y retournez, 100 fois vous payez.

À 1 km du péage de Ngoyo sur la route de la frontière, gendarmes et policiers s’alternent chaque jour, du lundi au samedi, de 7h00 à 18h00, sur un point de pillage d’automobilistes en règle ou non (ils trouvent toujours une raison). Une fois le sifflet retentit, vous glissez dans le dossier réclamé la somme allant de 2 000 FCFA à 10 000 FCFA si vous voulez éviter de payer jusqu’à 10 fois plus ou de voir votre voiture embarquer à la fourrière. Le vol est officiellement organisé d’autant que le total de la somme d’ordre macroéconomique extorquée dans la journée est réparti entre le « chef » resté dans son bureau et les « pilleurs d’État » qui opèrent sur le terrain. Rien de surprenant si la cotisation individuelle au sein de la tontine des policiers de Pointe-Noire s’élève à 25 000 FCFA par jour. Allez-y comprendre, vous qui connaissez le niveau des salaires des fonctionnaires congolais ! Le régime de Brazzaville est parfaitement au courant de ces pratiques des brigands d’État pour ne pas dire qu’il en est le principal instigateur. Mais qui reprocherait à un père malfrat de fermer les yeux face à ses enfants pickpockets ? Les exclus du butin se livrent quant à eux à la débrouillardise comme ils peuvent. C’est ainsi qu’on nomme « emplois de Sassou » la vente à la sauvette pratiquée dans les rues de Pointe-Noire par les « pâyets-pâyets, lire paillets paillets ».

Du fait de la bonne gestion

Il s’agit en réalité de mettre la main dans la poche pour la tendre aux pickpockets de l’État qui sont positionnés aux points de pillage respectifs, points de pillage organisés en fonction de l’activité de chacun, du chef de l’État lui-même (son point de pillage s’appelle puits de pétrole) au plus petit voleur de la rue en passant par le haut fonctionnaire (Trésor public), le directeur général (entreprise) ou l’employé de bureau (petits papiers).

Face aux Congolais qui travaillent bien (rares mais il y en a !), il est quand même conseillé de bien comprendre le sens des mots et d’en maîtriser le vocabulaire officiel pour éviter d’être surpris ou envoyé au cran supérieur voir le « chef » avec le risque que celui-ci ait « bougé ». « Faire un geste, faire quelque chose, voir le cas du colonel X ou du général Y, veiller au dossier du chef, etc. » sont autant d’expressions dont il faut comprendre le sens pour mieux opérer au Congo Brazzaville.

Nous avons tous du pain sur la planche pour remettre le Congo sur les rails mais il le faut : c’est notre devoir car ce pays n’est pas un héritage de nos ancêtres mais nous l’avons emprunté de nos enfants !

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14 septembre 2015 1 14 /09 /septembre /2015 16:58
(Congo-Brazzaville) PENURIES DE CARBURANT : Aquoi jouent Denis Sassou Nguesso et ses sbires ?

Par Rigobert Ossebi -

Depuis des mois, des pénuries de carburant récurrentes semblent s’éterniser à Brazzaville. De longues files d’attente prennent racines devant les rares stations approvisionnées au compte-gouttes. Dans notre pays pétrolier, le quatrième d’Afrique sub-saharienne, dont les gisements et les revenus peinent à suffire aux appétits démesurés d’un petit clan de prédateurs, on s’interroge sur quelles pourraient en être les vraies raisons ?
Brazzaville est alimenté en produits blancs (carburants et kérosène) par Kinshasa. La RDC est le premier importateur d’Afrique Centrale et elle a réussi à imposer son réseau d’approvisionnement tant au Centrafrique qu’à la République du Congo-Brazzaville pour sa capitale et sa zone Nord.
80.000 tonnes sont importées chaque mois. 15 à 20.000 sont réservées à Brazzaville. Environ 5.000 tonnes suffisent à Bangui et le solde, en constante augmentation, alimente la RDC. Les produits importés par cargo-tankers sont d’abord déchargés à Moanda-Matadi auprès de la SOCIR (sous l’assistance maintenant de Glencore-Trafigura-X-Oil) stockés puis acheminés par barges jusqu’au terminal pétrolier de Ango-Ango dans les installations de la PEP. Un pipeline long de 720 kms emmènera les précieux carburants automobile et aviation près de Kinshasa et de Njdili.

La SEP est une société d’économie mixte (capital majoritairement privé) qui assure une mission d’intérêt public dans l’approvisionnement en produits pétroliers pour l’ensemble du territoire de la RDC. Elle s’en tire plutôt bien pour la RDC qui ne subit pas les pénuries que nous connaissons de l’autre côté du fleuve. Pourtant, il ne suffit que d’un transport de moins d’une heure par barge du précieux liquide pour que la pénurie n’ait plus lieu.

Du point de vue de l’organisation, la SNPC, à qui échoit la même mission, devrait en prendre de la graine. Cette société acronyme de Sassou Nguesso Pétrole du Congo ou Parrain du Congo, est racketté dans l’Amont au travers de participations dans les permis et dans l’Aval directement dans la vente des cargaisons par des Nguesso et l’approvisionnement du pays en carburant ; ce qui est une garantie d’incompétence avérée et de pillage assuré.

L’approvisionnement juteux en produits blancs pour Brazzaville a été confié à deux opérateurs qui n’ont, prétend-on, strictement rien à voir avec Denis Christel Sassou Nguesso, (Willy Etoka), et Denis Sassou Nguesso, (Lucien Ebata). Dans les places pétrolières, principalement celle de Genève dans laquelle leur réputation est devenue grande, ces derniers achètent sans cesse d’importantes quantités de carburant et de kérosène qui très curieusement ne semblent pas atteindre Brazzaville.

Alors rien de plus simple que de faire une petite enquête de l’autre côté du Pool: à tous les niveaux les intervenants disent « n’attendre que les ordres pour que les produits raffinés effectuent la traversée… ! »

Rien de plus clair, les produits destinés au marché congolais de Brazzaville sont là, à Kinshasa en stock, presque en souffrance pourrait-on dire. Il suffirait simplement qu’un feu vert soit donné par Mpila, à ses sbires, pour que le carburant, après des milliers de kilomètres de voyage par tanker, barge et pipeline, effectue le dernier petit parcours d’une dizaine de kilomètres pour répondre aux besoins et aux attentes de la population brazzavilloise.

Alors, nous pouvons nous demander : « A quoi joue Denis Sassou Nguesso ? »

Veut-il rire toujours plus des Congolais, déjà privés d’eau et d’électricité, de les voir s’humilier pour un plein d’essence ? Ou, qu’ils doivent annuler un déplacement en avion du fait du manque de carburant ?

Ou alors, se peut-il qu’un plan plus encore machiavélique se dessine dans la raréfaction d’un produit stratégique en cas de « crise » ? Difficile de le savoir pour le moment.

Rien ne peut se faire, dans l’enfer congolais, sans l’accord du dictatueur suprême, même un plein d’essence. L’humiliation permanente dans laquelle nous vivons à cause d’un petit clan d’irresponsables doit s’achever au plus vite… Il est plus que temps que les « leaders » de l’opposition accélèrent au plus vite le mouvement. Ces plaisanteries, de très mauvais goût, n’ont que trop duré !

Rigobert OSSEBI

(Extrait de congo-liberty.com)

(Congo-Brazzaville) PENURIES DE CARBURANT : Aquoi jouent Denis Sassou Nguesso et ses sbires ?
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9 septembre 2015 3 09 /09 /septembre /2015 15:20
(Congo-Brazzaville) Sassou Nguesso en échec à Rome : le Pape François ne se rendra pas à Brazzaville en novembre prochain

Par Rigobert Ossebi -

Benoit XVI -

Le Pape François ne se rendra pas à Brazzaville en novembre prochain !

La défaite est cinglante pour le pouvoir du dictateur Sassou Nguesso ! Mais c’est avant tout une victoire de la « résistance congolaise » à sa tyrannie qu’il cherche par tous moyens à imposer indéfiniment à notre pays. Un joli travail d’équipe qui rejaillit sur toute l’opposition sans exception !

Merci à Sa Sainteté le Pape François d’avoir été réceptif aux appels et aux prières des Congolais de tous horizons, de toutes confessions. Merci de ne pas avoir cédé aux sollicitations et pressions venues de toutes parts pour qu’il effectue, dans ce premier et prochain voyage papale en Afrique, une escale à Brazzaville.

Merci au Très Saint Père d’avoir accepté qu’on lui rappelle, dans tous ses détails, le martyr dont a été victime, il y a plus de trente-huit ans, notre très regretté Cardinal Emile Biayenda et d’avoir pris la mesure de la chape de plomb dont son sacrifice a été sciemment recouvert.

Pourtant de longue date, notre dictateur cardinalicide, fossoyeur d’Emile Biayenda, avait énormément investi dans cette requête. Il avait personnellement effectué de nombreux voyages à Rome et beaucoup de moyens financiers avaient été débloqués pour atteindre cet objectif y compris la construction, à Brazzaville, d’un immeuble moderne pour le siège de la Commission épiscopale de l’Afrique centrale.

Point d’orgue de cette dernière année avant les élections présidentielles, la venue du Pape François dans notre capitale devait consacrer le pouvoir de Sassou Nguesso, le pseudo « ami de la paix et de l’Eglise ».

Dans un pays très majoritairement catholique, dans le grand stade des Jeux Africains de Kintélé, le passage du Saint Père au Congo devait envoyer au monde l’image d’un pays uni et heureux derrière son président, prétendument « homme de paix ». Il ne fait pas l’ombre d’un doute qu’une grande messe célébrée par le Pape François à Brazzaville, devant Sassou Nguesso, n’aurait pas laissé la moindre chance à l’opposition de se débarrasser de sa gangrène corruptrice.

Si Benoît XVI, le prédécesseur, avait peut-être fait cette promesse, dans un entourage et dans un environnement particulier, il ne pouvait en être de même avec le Pape François qui l’a récemment remplacé.

Finalement, nous avons pu apporter au Vatican le bon éclairage sur la réalité du régime congolais et sur la relation réelle qu’avait eu le Colonel Denis Sassou Nguesso, jadis ministre de la défense du Défunt Marien N’Gouabi, avec l’Eglise et les persécutions qu’il lui avait infligées.

Tous les Camarades, Frères et Amis opposants, tous sont parvenus à soulever une montagne ! Face à eux, figuraient les gens parmi les plus puissants de la Terre ; petits leviers actionnés par la poche de Denis Sassou Nguesso, notre grand kleptocrate-corrupteur. Des Banquiers, des Pétroliers, des Industriels, des Financiers, des (jeunes) Premiers Ministres européens en poste et des ex-Présidents, des Cardinaux et des Evêques ; tous à la botte de Sassou Nguesso et de ses moyens quasiment illimités ! »

Nous les avons vaincus ! Rendons grâce au Saint Père et à tous les amis qui nous ont aidés ! Savourons cette victoire, nous en aurons d’autres ! (Très certainement en Italie où la Justice et de vrais démocrates s’inquiètent du comportement de certains de leurs compatriotes dans le domaine pétrolier…)

Pigasse en avait eu principalement la charge. Pour encore mieux saisir la portée de notre succès et donc de son échec, il suffit de prendre connaissance de la publication de cette information par les Dépêches de Brazzaville du 7 septembre 2015, en dixième page. Nul doute qu’une visite papale aurait fait la première page, la Une. Le rédacteur en chef de cette Pravda à peine déguisée, le moins que l’on puisse dire, a très mal encaissé le coup ! Comme les soudards qu’il sert, formés à Moscou ou à Alger, il a la défaite amère et rancunière. Oubliés les termes déférents, mielleux et respectueux dont il avait usés dans sa merveilleuse lettre ouverte du 3 août 2015

A Sa Sainteté le Pape François …

Très Saint Père, pardonnez à l’humble fidèle que je suis de s’adresser directement à vous. Mais depuis votre élévation au Trône de Pierre, il y a un peu plus de deux ans, vous avez témoigné d’une telle attention, d’une telle bienveillance, d’une telle écoute à l’égard de ceux qui croient comme vous en un Dieu unique que tout naturellement ils se tournent vers vous lorsqu’ils ont une prière à adresser aux plus hautes autorités de l’Église.

Que de respect ! Que d’humilité dans sa plume et dans ses mots !

Et il en avait été ainsi tout au long de sa lettre bourrée d’éloges et de prières. Quel saint homme que ce Pigasse ! Enfin, jusqu’à ce que le Vatican ne décline l’invitation qui lui avait été faite.

Curieusement pour ce faire-part du décès de ses attentes (ci-dessous), le Pape François n’a plus eu droit à la moindre majuscule. Son nom en français ou en italien complètement ignoré n’est jamais cité. Et comble de mépris, d’effronterie et surtout d’incorrection, l’article est illustré d’une photo du Pape Benoit XVI.

« L’humble fidèle » rédacteur en chef des Dépêches de Brazzaville semble tout d’un coup avoir perdu la foi… il en dégainerait son revolver !

La déception est certes à la hauteur des moyens considérables qui avaient été mobilisés pour permettre d’emporter la décision. Il était capital pour le pouvoir de Brazzaville, catalogué maintenant « infréquentable » que la visite papale s’effectue et qu’il bénéficie d’une couverture médiatique planétaire, qu’il ne pourra jamais obtenir grâce à ses Jeux Africains.

Pigasse s’adressait ainsi au Saint Père dans la lettre d’invitation : « Les visites que vous avez effectuées récemment en Amérique Latine et en Asie du sud ont montré, en effet, que vous êtes plus proche que jamais des peuples qui ont la religion catholique en partage, que tout en étant désormais au sommet de l’Église vous restez à l’écoute des plus humbles,… »

Le Saint Père n’aura jamais été aussi proche du peuple congolais qu’en refusant de se rendre à Brazzaville et tous, nous tous, nous l’en remercions très vivement et bien sincèrement.

Et ne nous arrêtons pas en si bon chemin : « Cardinal Emile Biayenda Santo Subito ! » sera notre prochaine étape.

Rigobert OSSEBI

(Extrait de congo-liberty)

(Congo-Brazzaville) Sassou Nguesso en échec à Rome : le Pape François ne se rendra pas à Brazzaville en novembre prochain
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6 septembre 2015 7 06 /09 /septembre /2015 09:59
(Congo-Brazzaville) Le procès des responsables de la première république du Congo : Au temps où l'impunité n'était pas de mise

Par WILFRID SATHOUD

Deux ans après le renversement de la première République du Congo, le nouveau régime « révolutionnaire » institué par le MNR [1] sous la conduite du président Alphonse Massamba Débat, installera une Cour d’exception, pour juger les principaux responsables du pouvoir déchu.
Du 8 au 14 Juin 1965, au « Tribunal Populaire de Brazzaville » sous la présidence de Stanislas Batchy, se déroulera leur procès. Outre 14 membres du gouvernement Youlou, dont le président lui même, 5 hauts fonctionnaires seront présents sur le banc des accusés. Fulbert Youlou, exilé à Madrid (Espagne), sera condamné à mort par contumace, tous ses biens tant au Congo, qu’a l’étranger seront confisqué
s.

Nous publions à la suite de cet article, quelques extraits de sa position exposée dans son livre « J’accuse la Chine » [2] ; l’audition à la barre du ministre de l’information Apollinaire Bazinga ; les peines infligées à l’issue du dit procès ; la déclaration du ministre de la fonction publique puis du plan et de l’équipement, Victor-Justin Sathoud, après sa libération. [3]

Extrait du livre de l’Abbé Fulbert Youlou [4]

« Je suis accusé d’avoir utilisé à mes fins un avion de guerre de type Héron, que j’aurais reçu du gouvernement français. Je demande aux membres de ce soi-disant tribunal de s’informer auprès de ce gouvernement du jour et de la date où un avion de guerre m’aurait été donné par lui ? En tout cas, sur mon honneur, je déclare n’avoir jamais reçu d’avion de ce type. Mais je reconnais avoir reçu de la France trois ou quatre petits avions Broussards. Et ils sont à Brazzaville ;

Atterrissage de l’un des fameux avions broussards, conduisant l’Abbé Fulbert Youlou à l’aéroport de Dolisie, ou il est reçu par le Maire Délégué Hilaire Mavioka, à coté de Victor Sathoud (1961).

Je suis accusé d’avoir apporté mon soutien à MM. Kasavubu et Tshombé. C’est exact. Je suis anti-communiste et je le serai toute ma vie. Je soutiendrai, tant que je vivrai, tous ceux qui défendent la même cause que moi.

Fulbert Youlou a gauche avec le président Kasavubu du Congo-Léopoldville et, à droite avec le leader sécessionniste katangais Moise Tshombe assistant à la cérémonie officielle de lancement des travaux de construction du barrage de Sounda sur le Kouilou.

Ce tribunal ose me condamner à mort pour avoir toléré à Brazzaville l’installation de la Radio-Makala. Mais que dit ce tribunal de ce qui est diffusé sur les antennes de la Radio du désordre pour le compte des rebelles installés là-bas ? Que pense ce tribunal sur le fait que les rebelles de Léopoldville aient des bases militaires partout au Congo-Brazzaville, utilisant armes et munitions de l’armée congolaise avec tous les soutiens logistiques ?

Oui, un tribunal dont le jugement rendu n’est que le reflet évident de la haine ne peut être équitable et juste car, avant de se prononcer sur la nationalisation de tous mes biens, ce tribunal aurait dû savoir que c’est en 1946 que j’ai acheté la ferme de Madibou, grâce aux dons que j’avais reçus alors des chrétiens, que le petit hôtel de Bacongo a été construit en 1956 grâce à un crédit de deux millions sollicité à la banque qui s’appelait alors Crédit d’A.E.F. et ce crédit a été entièrement remboursé. L’hôtel du Pool n’est pas encore entièrement payé, je suis satisfait de ce que Massamba-Débat prendra sur toutes mes dettes.

Ce que ce tribunal ne veut pas savoir et ne veut pas dire, c’est que j’étais régulièrement salarié et que j’avais le droit d’user de ma solde. Ce tribunal ne démontre pas non plus combien j’ai volé et sur quel chapitre cette somme a été défalquée.

Je suis condamné à mort pour avoir demandé de maintenir l’ordre le 13 août, alors que je représentais le pouvoir légal… ».

Extrait de l’audition de Monsieur Apollinaire Bazinga, ancien Ministre de l’Information

Accusé, vous êtes inculpé d’avoir matériellement ou moralement aidé ou assisté l’ancien Président dans sa politique Katangaise, à la mise à la disposition à une mission étrangère d’une partie du territoire au profit d’une province sécessionniste : le Katanga, pour le trafic d’armes de guerre, à la prestation du sol national pour l’installation d’une station de radio dénommée Makala au service de l’étranger et à l’aide des forces armées d’avoir causé la mort à trois congolais, lors des journées révolutionnaires d’août 1963. Accusé répondez !

Monsieur le Président,

1) Je ne reconnais pas avoir aidé ou assisté l’ex Président YOULOU à la cession d’un terrain militaire au gouvernement du Katanga.
Cette cession ou cette aide, je les ignore totalemen
t.

2) Je reconnais avoir été Ministre de l’Information à une époque, mes attributions étaient les suivantes : responsable de la direction du service de l’information, j’avais à exercer la tutelle de la Radio Télévision Congolaise et de l’Agence Congolaise de l’Information. Quant à l’installation de Radio Makala, je l’ignore complètement,…était t’elle exploité par le Congo ou par le Katanga ou par une nation étrangère.

3) En ce qui concerne l’intervention armée contre le peuple sans armes,

Monsieur le Président sur ce point, je ne pouvais dire aucun mot. Pour la bonne raison que je me trouvais en mission à l’étranger, précisément à Dakar ou se réunissait un Conseil de ministres des affaires étrangères de l’OUA (S’il s’était tenu un conseil des ministres pour décider de l’usage des armes contre les manifestants, parmi lesquels trois braves congolais ont trouvé la mort, je l’ignore.

Accusé BAZINGA, avez-vous entendu parler d’une radio dénommé Makala en votre qualité de ministre de l’information ?

Monsieur le Président, en ma qualité de ministre, je ne reconnais pas avoir enregistré la présence de Radio Makala. Mais en ma qualité de simple citoyen, j’ai entendu qu’il existait une telle radio, je m’étais inquiété, en tant que ministre de l’information de ne pas l’avoir su.

Sentences du procès des responsables du régime de la première République du Congo devant le tribunal populaire de Brazzaville siégeant du 8 au 14 Juin 1965

NOM & FONCTION

CHEFS D’ACCUSATION

PEINE INFLIGEE

1 Abbé Fulbert YOULOU, Président de la RépubliqueHaute trahison, cession d’une portion du territoire national au profit de la sécession Katangaise ; *Installation d’un poste émetteur appelé Makala en vue de créer la subversion au Congo-Léopoldville ; *Détournement des deniers publics. Condamné à mort par contumace, confiscation de tous les biens tant au Congo qu’à l’étranger

2 Stéphane Tchitchelle, Vice Président de la République, Ministre des Affaires Etrangères*Participation à la cession d’une portion du territoire national au profit de la sécession Katangaise ; *Participation à l’installation d’un poste émetteur radio appelé Makala en vue de créer la subversion au Congo-Léopoldville ; *Détournement des deniers publics 15 ans de Prison ferme avec confiscation de la ferme de Hinda

3 Dominique NZALAKANDA, Ministre de l’Intérieur et de la JusticeParticipation à la cession d’une portion du territoire national au profit de la sécession Katangaise ; *Participation à l’installation d’un poste émetteur radio appelé Makalu en vue de créer la subversion au Congo-Léopoldville ; *Détournement des deniers publics 15 ans de prison ferme avec confiscation de ses deux voitures

4 Joseph SENSO, Ministre de l’Intérieur et de la Justice*Participation à la cession d’une portion du territoire national au profit de la sécession Katangaise ; *Participation à l’installation d’un poste émetteur radio appelé Makala en vue de créer la subversion au Congo-Léopoldville 10 ans de prison ferme

5 Prosper GANDZION, Ministre de l’Education Nationale*Participation à la cession d’une portion du territoire national au profit de la sécession Katangaise ; *Participation à l’installation d’un poste émetteur radio appelé Makala en vue de créer la subversion au Congo-Léopoldville ; *Détournement de deniers publics 10 ans de prison ferme avec privation des droits civiques

6 Victor SATHOUD, Ministre de la Fonction Publique, du plan et de l’équipement*Participation à la cession d’une portion du territoire national au profit de la sécession Katangaise ; *Participation à l’installation d’un poste émetteur radio appelé Makala en vue de créer la subversion au Congo-Léopoldville ; *Détournement de deniers publics 10 ans de prison ferme

7 Alphonse NZINGOULA, Directeur de Cabinet de l’ancien Président de la République*Participation à la cession d’une portion du territoire national au profit de la sécession Katangaise ; *Participation à l’installation d’un poste émetteur radio appelé Makala en vue de créer la subversion au Congo-Léopoldville 8 ans de prison ferme

8 Eugène GOMA, Directeur de la Sûreté Nationale*Participation à la cession d’une portion du territoire national au profit de la sécession Katangaise ; *Participation à l’installation d’un poste émetteur radio appelé Makala en vue de créer la subversion au Congo-Léopoldville 5 ans de prison ferme

9 Isaac IBOUANGA, Ministre de la Production Industrielle*Participation à la cession d’une portion du territoire national au profit de la sécession Katangaise ; *Participation à l’installation d’un poste émetteur radio appelé Makala en vue de créer la subversion au Congo-Léopoldville 3 ans de prison ferme

10 Marc DELLHOT, Secrétaire particulier de l’ancien président de la République*Participation à la cession d’une portion du territoire national au profit de la sécession Katangaise ; *Participation à l’installation d’un poste émetteur radio appelé Makala en vue de créer la subversion au Congo-Léopoldville ; *Détournement de deniers publics 3 ans de prison ferme avec confiscation de ses deux voitures

11 Antoine LETEMBET AMBILY, Directeur de Cabinet du Ministre de l’Intérieur. Trafic d’influence, accession illégale à la fonction publique3 ans de prison ferme

12 Pierre GOURA, Ministre des Finances*Participation à la cession d’une portion du territoire national au profit de la sécession Katangaise ; *Participation à l’installation d’un poste émetteur radio appelé Makala en vue de créer la subversion au Congo-Léopoldville ; *Détournement des deniers publics 2 ans de prison ferme, avec sursis

13 Jacques OPANGAULT, Vice-président de la République*Participation à la cession d’une portion du territoire national au profit de la sécession Katangaise ; *Participation à l’installation d’un poste émetteur radio appelé Makala en vue de créer la subversion au Congo-Léopoldville Acquitté, relaxe pure et simple

14 Simon Pierre KIKHONGA NGOT, Ministre du Travail et de la Prévoyance Sociale*Participation à la cession d’une portion du territoire national au profit de la sécession Katangaise ; *Participation à l’installation d’un poste émetteur radio appelé Makala en vue de créer la subversion au Congo-Léopoldville Acquitté, relaxe pure et simple

15 Apollinaire BAZINGA, Ministre de l’information*Participation à la cession d’une portion du territoire national au profit de la sécession Katangaise ; *Participation à l’installation d’un poste émetteur radio appelé Makala en vue de créer la subversion au Congo-Léopoldville. Acquitté, relaxe pure et simple

16 Germain SAMBA, Ministre de l’Agriculture*Participation à la cession d’une portion du territoire national au profit de la sécession Katangaise ; *Participation à l’installation d’un poste émetteur radio appelé Makala en vue de créer la subversion au Congo-Léopoldville Acquitté, relaxe pure et simple

17 Faustin OKOMBA, Ministre des Travaux Publiques*Participation à la cession d’une portion du territoire national au profit de la sécession Katangaise ; *Participation à l’installation d’un poste émetteur radio appelé Makala en vue de créer la subversion au Congo-LéopoldvilleAcquitté, relaxe pure et simple

18 René KINZOUZA, Ministre de la Santé*Participation à la cession d’une portion du territoire national au profit de la sécession Katangaise ; *Participation à l’installation d’un poste émetteur radio appelé Makala en vue de créer la subversion au Congo-LéopoldvilleAcquitté, relaxe pure et simple

19 Michel KIBANGOU, Ministre des Affaires Economiques*Participation à la cession d’une portion du territoire national au profit de la sécession Katangaise ; *Participation à l’installation d’un poste émetteur radio appelé Makala en vue de créer la subversion au Congo-Léopoldville.Acquitté, relaxe pure et simple

Déclaration de Monsieur Victor-Justin Sathoud [5] détenu politique et ancien ministre à l’occasion de sa libération (Brazzaville le 14 Août 1968)

« Les émotions les plus profondes sont muettes », a dit un sage. L’on comprendra donc facilement pourquoi les mots ne m’arrivent pas aisément, pour exprimer ma gratitude à l’endroit des dirigeants du Parti, de ses organismes parallèles et du Peuple Congolais tout entier, pour les mesures qu’ils ont bien voulu prendre en notre faveur. Aussi, vais-je me borner à adresser à tous ce petit mot, d’usage très courant, mais qui sortent du plus profond de mon âme et traduisent une reconnaissance sincère : Merci !

En effet, père de neuf enfants tous en bas âge qui, depuis quatre ans sont livrés à eux-mêmes, avec les déboires que cette situation comporte, je n’apprécierai jamais assez le caractère magnanime de ces mesures. C’est pourquoi, pour moi, tels les flots du Congo charriant les jacinthes qui salissent à certaines périodes notre beau fleuve, pour les jeter dans l’océan, ces mesures emportent pour toujours, tout ce dont j’ai souffert, et tous les préjudices que j’ai subis vers cet autre océan qu’est l’oubli total, le passé.

C’est donc sans acrimonie, ni nostalgie, sans rancœur ni haine contre qui que ce soit que je réintègre la nouvelle société congolaise, et pourrais dans la mesure ou il me serait donné de le faire, apporter loyalement ma modeste contribution à cette œuvre exaltante, mais combien délicate, difficile, voir même ingrate, l’œuvre de construction nationale à laquelle le gouvernement s’est attelé sous l’impulsion du Parti avec l’appui de tout le Peuple.

J’ose espérer que nous trouverons en chacun un frère honnête et compréhensif, débarrassé de l’égoïsme, des suspicions non fondés et préjugés de toutes sortes, qui se fera un devoir patriotique de faciliter notre réadaptation.

En d’autre termes, je formule le vœu que dans les jours à venir, nous soyons jugés en fonction des actes concrets que nous commettrons par rapport aux intérêts bien compris du Congo, et non en fonction de ce que nous étions dans l’ancien régime, ou, encore moins, sur de simples procès d’intentions.

Car j’estime pour ma part, que tous les congolais doivent plus que jamais, comme l’a dit un grand penseur de notre siècle, « devenir des maçons pour bâtir non pas des murs, pour nous séparer, mais des ponts pour nous unir ».

Alors, les termes sœurs sœur et frère ne seront jamais des vains mots qui sortent de nos bouches, mais toujours l’expression vivante de notre solidarité, et de notre cohésion agissante.

Je suis profondément convaincu que c’est dans l’union sincère, fraternelle et confiante de tous les congolais que nous combattrons efficacement les sous développement de tous ordres qui accablent si atrocement notre pays, qu’il soit économique, social, culturel, moral, spirituel ou idéologique, afin de préparer à nos enfants des lendemains enchanteurs, pour que vive le Congo.

Wilfrid Sathoud

[1] Le MNR est la première formation politique monopartite du Congo, crée en 1965, sous la direction d’Alphonse Massamba-Débat, avec ses principales tendances incarnées par Pascal Lissouba et Ambroise Noumazalaye

[2] Fulbert Youlou,« J’accuse la Chine » éditions Table Ronde, Paris (1965)

[3] Après l’amnistie décrétée, en 1968, par le Président Marien Ngouabi en faveur de tous les détenus politiques.

[4] Assigné à résidence surveillé au camp militaire qui portait son nom après la révolution, Fulbert Youlou s’évadera de sa villa prison le 25 mars 1965, pour s’exilé à Madrid (Espagne) Via Léopoldville (actuel Kinshasa en RDC), au lendemain du triple assassinat des hauts fonctionnaire Pouabou (Président de la Cour Suprême), Son neveu éventuel successeur Matsokota (Procureur de la République), et Massoueme (Directeur de l’Agence congolaise de l’information).

[5] Incarcéré après la révolution, Victor Sathoud, ancien ministre de la fonction publique, puis du plan et de l’équipement (en remplacement de Massamba Débat) sera détenu à la maison d’arrêt de Brazzaville, avant d’être transférer à Kidamba dans le Pool et, assigné à résidence à Sibiti dans la région de la Lekoumou. Il recouvrera la liberté en 1968, à la faveur d’une amnistie générale décrétée par Marien Ngouabi à son arrivée au pouvoir.

1er Gouvernement d’union nationale de l’histoire du Congo.

On reconnait de la gauche vers la droite, au 1er rang : L’Abbé Fulbert Youlou (Premier président de la République du Congo, Chef du gouvernement et député-maire de la ville de Brazzaville) entouré de Jacques Opangault (Vice-président de la République, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice) et de Marcel Ibalico (Président de l’Assemblée Nationale).

Au 2e rang : Pierre Goura (Ministre des Finance et Député Maire de Dolisie) ; Faustin Okomba (Ministre du Travail et de la Prévoyance Sociale) ; Germain Samba (Ministre de l’agriculture et de l’élevage) ; Raymond Mahouata (Ministre de la Santé Publique) ; Alphonse Massamba-Debat (Ministre du Plan et de l’Equipement) ; Simon-Pierre Kikhounga-Ngot (Ministre des Affaires Economiques, et des Eaux et Forêts) ; Paul Ngouala (Ministre de la Jeunesse et des Sports) ; Victor Sathoud (Ministre de la Fonction Publique).

Au 3e rang : Isaac Ibouanga (Ministre de la Production Industrielle) ; Michel Kibangou (Secrétaire d’Etat à la Présidence de la République, chargé de la construction, de l’urbanisme et de l’habitat) ; Philippe Bikoumou (Secrétaire Particulier à la Présidence de la République) ; Germain Bicoumat (Ministre des Travaux Publics et des relations avec l’ATEC) ; Dominique N’ZALAKANDA (Ministre de l’Intérieur) ; Apollinaire Bazinga (Ministre d’Etat, Ministre de l’information) ; Prosper Gandzion (Ministre de l’Education Nationale)

NB : Il convient de noter l’absence remarquable de Stéphane Tchitchelle (Vice-président de République, Ministre des Affaires Etrangères, et Député Maire de Pointe-Noire, vraisemblablement en mission à l’étranger, au moment de la prise de cette photo historique.

Par Wilfrid SATHOUD

(Extrait de congo-liberty)

(Congo-Brazzaville) Le procès des responsables de la première république du Congo : Au temps où l'impunité n'était pas de mise
(Congo-Brazzaville) Le procès des responsables de la première république du Congo : Au temps où l'impunité n'était pas de mise
(Congo-Brazzaville) Le procès des responsables de la première république du Congo : Au temps où l'impunité n'était pas de mise
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4 septembre 2015 5 04 /09 /septembre /2015 15:31
(Congo-Brazzaville) La saga des Nguesso : Wilfrid Nguesso, l'un des kleptocrates congolais, veut fuir au Canada, à Montréal...

Le fils du président du Congo-Brazzaville tente de s'établir à Montréal -

Wilfrid Nguesso est le fils adoptif du président du Congo-Brazzaville. Sa famille est soupçonnée d'avoir détourné les fonds publics de ce pays.

Visé par une vaste enquête de la justice française sur le pillage de son pays, le fils adoptif du président du Congo-Brazzaville veut déménager ses affaires à Montréal, où il a déjà installé sa famille et une partie de sa fortune, a appris La Presse. Les autorités canadiennes aimeraient bloquer la venue de celui qu'elles soupçonnent d'être un véritable kleptocrate, mais elles viennent d'essuyer un revers devant la cour.

Lire l'intégralité de l'article : http://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-affaires-criminelles/actualites-judiciaires/201509/03/01-4897533-le-fils-du-president-du-congo-brazzaville-tente-de-setablir-a-montreal.php

Notre commentaire :

Nous espérons que les autorités françaises empêcheront ce kleptocrate d'échapper aux poursuites judiciaires qui le concernent, lui, et toute sa famille, d'autant qu'une enquête est en cours. A moins que leurs protecteurs de la droite française du parti LES REPUBLICAINS, anciennement RPR/UMP, interviennent en sa faveur... Ce n'est pas exclu...

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Vincent Larouche - La Presse - Canada - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT
3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 09:33
Congo-Brazzaville : M. Sassou Nguesso et son régime ne reconnaissent pas la compétence de l'ONU

Pour mémoire, en août 2013, les services de Jean-François Ndengué, sur ordre express de M. Sassou Nguesso, opéraient des rafles à Pointe-Noire et les membres du CDRC furent arrêtés et embastillés avec pour seul motif d'avoir manifesté pacifiquement et demandé la mise en place d'un gouvernement d'union nationale.

En novembre 2014, le Groupe de travail de la Commission des Droits de l'Homme des Nations Unies émettait un Avis sur la détention arbitraire des membres du CDRC et demandait leur libération immédiate en plus de leur indemnisation.

Le 31 août 2015, s'est tenue, à Brazzaville, une réunion au Ministère de la Justice et des Droits humains (Chancellerie) autour de laquelle se sont retrouvés M. Alphonse Dinar MOBANGA, Directeur de Cabinet du Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et des Droits humains et la Représentation permanente de l'Union Européenne au Congo, entre autres.

La réunion avait pour objet : la libération des prisonniers politiques détenus arbitrairement, notamment ceux du C.D.R.C. de M. Modeste BOUKADIA, conformément à l'Avis du groupe de travail de l'ONU sur la détention arbitraire des membres du CDRC.

Au cours de la réunion, le Directeur de Cabinet du Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et des Droits humains, M. Aimé-Emmanuel YOKA, a marqué son étonnement, et a voulu savoir pourquoi l'ONU et l'Union Européenne s'occupaient directement du dossier de ces prisonniers politiques ?

S'agissant de l'Avis des Nations Unies, il a simplement dit, publiquement :

- « le Gouvernement congolais, présidé par M. Sassou Nguesso, ne reconnaît pas la compétence de l'ONU sur ce qu'il se passe au Congo-Brazzaville ».

Par cette réaction, il convient de remarquer ici et noter que le régime dictatorial de M. Sassou Nguesso se trouve donc le dos au mur, quant au respect des Droits de l'Homme et aux enlèvements et séquestrations des citoyens congolais opérés par lui. Il est pris la main dans le sac. C'est une signature !

- « Quant à l'avis des Nations Unies, nous ne le reconnaissons pas. Ils n'ont pas voulu faire appel de leurs condamnations, maintenant on nous parle de l'ONU… Pourquoi M. Boukadia n'a-t-il pas écrit pour solliciter un non lieu ? »

L'ignorance et aussi l'incompétence du Directeur de Cabinet de M. Yoka sont telles qu'il oublie qu'en matière judiciaire l'appel n'est pas obligatoire, surtout lorsqu'il s'agit d'un procès politique inique pour des motifs bidons et donc, en conséquence, on interjette pas Appel lorsque le procès et la condamnation sont arbitraires.

- « Pour ceux qui sont malades, nous allons nous en charger… »

C'est ce qu'on verra quand on sait le cynisme, le caractère criminel des système et régime de M. Sassou Nguesso !

- « Quant à ceux qui ont totalisé leurs peines, ils doivent écrire à l'Administration pénitentiaire de Pointe-Noire pour chercher leur libération... ».

Pour être libéré de son emprisonnement, cette tâche revient à l'institution qui a pris la décision d'embastiller le citoyen. C'est à la Chancellerie qu'il revient de prononcer la libération du condamné, la gestion de ces dossiers étant à sa charge pleine et entière. A se demander s'il y a des Juges des Libertés et/ou d'application des peines devant faire le suivi quotidien de tous les détenus et condamnés dans le pays ! Comme quoi, la justice ethno-tribalo-clanique n'a pas de loi, en dehors de l'application des us et coutumes traditionnelles ethno-tribalo-claniques en vigueur dans le pays sous le règne clanique de M. Sassou Nguesso.

Dernièrement à Genève (Suisse), au Siège de la Commission des Nations Unies pour les Droits de l'Homme, le Congo avait déclaré qu'il n'y avait pas de prisonniers politiques dans le pays. Cependant, les becs se sont cloués dès que la Commission des Droits de l'Homme avait présenté l'Avis des Nations Unies concernant les prisonniers politiques congolais, notamment ceux du CDRC.

Il convient de noter que le Congo est membre des Nations Unies et préside en ce moment la Commission des Droits de l'homme de l'ONU. Quel paradoxe !

Au moment même où nous écrivons ce document, nous apprenons qu'un des membres du CDRC, M. Valentin TSIAKAKA, arbitrairement embastillé à Impfondo, serait très gravement malade… Il a été empoisonné, conformément au mode opératoire de M. Sassou Nguesso. Il s'agit en effet, souvenez-vous-en, du père de Modeste BOUKADIA, ce bébé âgé de 8 mois qui avait été emprisonné avec sa mère pour délit d'homonymie avec M. Modeste BOUKADIA, le président du CDRC. Malgré le fait que la vie de l'otage TSIAKAKA soit profondément menacé, et donc en grand danger de mort, le gouvernement de M. Sassou et les Services de M. Emmanuel Yoka refusent de le transférer dans un hôpital pour le faire soigner dignement. Sa vie est donc livrée aux caprices de M. Emmanuel YOKA, Député de Vindza (région du Pool) et Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits humains (Mbochi de la région de la Cuvette, oncle de Sassou Nguesso).

Peuples et amis du Congo, vous pouvez mesurer le degré de cynisme, de barbarie et de bestialité incarnées par les système et régime de M. SASSOU NGUESSO et son oncle M. Aimé-Emmanuel YOKA. Incapables de bien diriger le pays de façon démocratique depuis près de 40 ans, un pays où il n'y a même pas d'eau potable ni d'électricité, M. Sassou et son oncle, M. Yoka, ne trouvent comme méthode et moyens pour se maintenir au pouvoir que l'intimidation, la violence, les prises d'otages et les crimes tous azimuts.

Les Peuples du Congo-Brazzaville remercient vivement celles et ceux qui ont aidé, en ce jour du 5 juin 1997, au catapultage du monarque d'Oyo, à Brazzaville, par le bout d'un canon français de la Droite dite républicaine, avec le concours et l'appui logistique du président Jacques Chirac, Jacques Foccart et d'autres éminents Faucons du RPR/UMP…, etc.

L'EQUIPE DU RESEAU CONGO-MFOA

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