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13 janvier 2016 3 13 /01 /janvier /2016 12:35

INTRO : Le régime de Sassou Nguesso incarne le mal originel traduit à partir de 1964 par la consécration du régime de parti unique (le MNR puis le PCT) ainsi que par l’immixtion de l’armée dans les affaires politiques sous le leitmotiv « le pouvoir au bout du fusil ». En effet, le renversement des institutions le 31 juillet 1968 par une faction de militaires ouvre la page de la plus funeste imposture...

Par ALEXIS MIAYOUKOU

« COUP D’ETAT CONSTITUTIONNEL ET VIOLATIONS DES DROITS DE L’HOMME AU CONGO – BRAZZAVILLE »

Assemblée Nationale Française

SAMEDI 9 JANVIER 2016, Paris

« Historique du régime politique de M. Denis Sassou – N’guesso »

Intervention de Alexis-Richard MIAYOUKOU

Ancien parlementaire congolais,

Ancien conseiller du Premier ministre de Transition, André MILONGO.

Mesdames, Messieurs

Chers compatriotes,

Permettez que je dise tous mes félicitations à notre compatriote et cher frère Mingua pour cette l’initiative louable de ce jour. Je remercie également l’honorable député Collard pour son soutien personnel à la cause du peuple congolais qui se bat pour sa liberté et sa souveraineté spoliés.

Je vous avoue qu’en acceptant de travailler sur le thème qui m’était proposé, je ne m’attendais pas à vivre un vif et troublant moment d’émotions. Des jours durant j’ai eu le sentiment, en m’y attelant, de fréquenter l’école du diable. C’était en fait plonger dans une bien d’une tragique histoire.

C’est pourquoi, en introduction de mon propos, il m’apparait nécessaire de rappeler que l’histoire politique du territoire de l’Afrique Équatoriale Française, le Moyen Congo devenu République du Congo en 1958, se nourrit de glorieuses épopées (Kimpa Vita, Matsoua André Grenard…) mais aussi de douloureux souvenirs, à l’exemple des échauffourées politico- ethniques de 1959.

Que cet héritage forge dans une certaine mesure le devenir de ce jeune pays après son accession à son indépendance en Août 1960, cela va sans dire. Ce qui est certain, c’est qu’une grande part de son évolution politique trouve son enracinement dans les balbutiements institutionnels d’une république naissante et surtout de l’exacerbation d’ambitions inavouées d’une génération d’hommes et de femmes aux parcours d’opportunistes.

Plus précisément, la rupture précoce en août 1963 du projet républicain des pères de l’indépendance, sera le point de départ de la perdition de la république. Ainsi commence, une « longue nuit » façonnée par les années charnières que seront : 1965, 1968, 1972, 1977, 1997.

Ainsi que vont le montrer les développements ultérieurs de mon exposé, le mode d’accès au pouvoir de Sassou Nguesso et la manière dictatoriale de l’exercer ne sont pas autre chose que la consécration institutionnelle d’un pouvoir autocratique aux pratiques tyranniques et qui s’avère une junte militaire mêlant à sa guise despotisme et stalinisme.

Pourquoi et comment Denis Sassou, membre actif du groupe factieux qui s’est emparé du pouvoir par la force le 31 juillet 1968, est devenu président de 1979 à 1991 (13 ans) et l’est redevenu depuis 1997 (plus de 18 ans), capitalisant ainsi à lui seul, plus de 32 ans cumulés à la tête du Congo, sur le total des 55 ans postindépendance ?

  1. Pour répondre à ce double questionnement, il est utile de comprendre la genèse du régime d’essence autocratique qu’incarne Sassou Nguesso.
  • Premièrement, il s’agit bien d’une histoire annoncée.

Le régime de Sassou Nguesso incarne le mal originel traduit à partir de 1964 par la consécration du régime de parti unique (le MNR[1] puis le PCT[2]) ainsi que par l’immixtion de l’armée dans les affaires politiques sous le leitmotiv « le pouvoir au bout du fusil ». En effet, le renversement des institutions le 31 juillet 1968 par une faction de militaires ouvre la page de la plus funeste imposture du Congo contemporain que va incarner durablement Sassou Nguesso, qui s’est initié précocement à la machination et au complot.

Un homme, un destin pourrait-on dire…mais l’ascension de Denis Sassou est bien loin du hasard. Au départ, titulaire d’un Brevet d’Etudes Elémentaires, devenu officier de réserve en 1962 et intégré la même année dans l’armée congolaise active. Trois faits liés à sa formation vont influencer sa carrière. D’abord, une humiliation de Bokassa (son formateur) pendant son stage militaire à Bouar (Centrafrique). Ce dernier ne lui trouve pas les aptitudes physiques du bon soldat, et va le qualifier de « femmelette », qualification qui va le coller longtemps. Ensuite, l’image du commandant des forces françaises (futur) général Bigeard, qu’il n’a, semble-t-il, jamais pu rencontrer. Enfin, il côtoie des militaires de l’Algérie libre qui, après la guerre de l’indépendance, ont un statut plus ou moins politisé. La relation de l’armée et le pouvoir va le fasciner. Il est même évoqué que c’est en Algérie qu’il serait, un peu plus tard recruté et formé par les Services Soviétiques justifiera quelques temps après sa nomination à la direction des services de renseignement.

Il faut retenir que c’est dès sa première année de service (1962), qu’il va conforter son positionnement en s’impliquant auprès des « réseaux progressistes » qui agissent en doublure du mouvement social des 13, 14 et 15 août 1963. Par ailleurs, certains observateurs, le compte parmi les artisans dans l’ombre des assassinats en février 1965 de Lazare Matsocota, anselme Massouémé et Joseph Pouabou. De cet épisode daterait vraisemblablement son initiation à l’élimination physique de ses concurrents ou adversaires. Ces « anciens » camarades et promotionnaires à l’armée ou « révolutionnaires » les plus méritants, tels Pierre Kiganga, Ange Diawara, Kimbouala Nkaya, Barthélémy Kikadidi, etc.… vont tôt ou tard compter parmi les victimes de sa félonie[3].

  • Deuxièmement, Sassou a très tôt des ambitions putschistes bien voilées

Très tôt, dans les mois qui suivent la « révolution de 1963, les autorités politiques civiles son préoccupés par les velléités menaçantes et de plus en plus manifestes, de certains jeunes militaires dont Denis Sassou. L’ancien président Pascal Lissouba, confiait qu’il suggéra à cet effet au président Massamba Debat, entre août 1963 et août 1964, divers décrets concernant les militaires portant : avancement en grade[4]; promotion à titre exceptionnel dans les ordres du dévouement ou du mérite congolais[5]; révision de la rémunération des militaires… Ces différents décrets vont s’avérer prémonitoires car ils annonçaient avec justesse les dérives militaires qui allaient suivre. Ainsi étaient démasqués les futurs protagonistes militaires des différents évènements politico-militaires de la période allant de l’année 1965 au début des années 80. On y trouve par exemple, 03 chefs d’’Etat (Ngouabi, Yhombi-opango, Sassou Nguesso ou 04 en ajoutant Alfred Raoul), 09 des 11 membres du Comité Militaire du Parti, tous les officiers impliqués dans des évènements politiques (Kikanga, Diawara, Kikadidi, Kimbouala Nkaya…) et autres

En réalité, ni théoricien ni un idéologue, à l’image de Staline, Denis Sassou pratique à la perfection de 1962 à 1972, le précepte de Napoléon 1er «L’art d’être tantôt très audacieux et tantôt très prudent est l’art de réussir ». Sassou s’accommode durant ces années de l’image « d’un obscur apparatchik sans grand avenir, méprisé par les ténors du PCT et les officiers sortis de saint-Cyr »[6]. Opportuniste mais discret, il participe aux différentes instances politiques issues de la « révolution » (MNR puis plus tard à la création du PCT) et s’initie à savoir « prendre ses adversaires à contre-pied et en faire « des traîtres » ».

Ainsi qu’il l’avoue en 1997, « ma formation de soldat m’avait appris l’importance des rapports de force, le parti que l’on pouvait en tirer d’une certaine faiblesse ou l’avantage de manœuvres tactiques inattendues.. »[7]. Alliant donc à la perfection l’intelligence de la souris et la ruse du renard, Denis Sassou arrive assez vite dès 1970 au sommet de la pyramide politico-militaire du régime monopartite prétendu « marxiste-léniniste » conduit par le commandant Marien Ngouabi et son principal compagnon d’armes Joachim Yhombi Opango. Plus révélateur est l’abandon de son service au sein de l’unité des « Paras » au profit d’une spécialisation des services de sécurité et de renseignements qu’il mettra très rapidement sous sa coupe. Qui a l’information tient le pouvoir. Denis Sassou devient pleinement maître du jeu.

Désormais au cœur du système, il se consacrera habilement à l’élimination progressive des principaux compagnons de « la révolution » qui font obstacles à ses visées. Ange Diawara, Marien Ngouabi et plus tard Yhombi Opango vont le vivre diversement.

  • Troisièmement, Sassou tire grandement profit de l’Oligarchie Bureaucratique Militaire et tribale (OBUMITRI) et de fin du projet révolutionnaire (1970-1977).

Tout compte fait, deux années d’exercice du pouvoir suffisent pour mettre à nu l’imposture du régime « révolutionnaire » censé réaliser « la république populaire » proclamée le 31 décembre 1969. Au sein du PCT, se dévoilent des luttes intestines sur fond de dénonciation de « la dérive droitière et tribale » incarnée par un groupe d’acteurs politiques et d’officiers du nord constitué autour de Marien Ngouabi sous l’instigation de Joachim Yhombi Opango et de Denis Sassou.

Les voix qui s’élèvent sous la houlette de Ange Diawara à partir de l’année 1971, mettent en cause l’existence d’une l’Oligarchie Bureaucratique Militaire et Tribale (OBUMITRI) constituée de cadres véreux. Ces derniers sont jugés coupables d’une part : de la mauvaise gestion des affaires publiques, d’embourgeoisement, de détournements des deniers publics, etc. Et, d’autre part, de la « tribalisation à outrance du régime » l’affirmation de plus en plus exacerbée de la concentration ethno régionaliste du pouvoir d’Etat qui fait la part belle aux ethnies du nord-centre notamment Mbochi et Kouyou.

  • Quatrièmement, la mise en échec d’Ange Diawara, suivi de la mort du Président Ngouabi , consacre le triomphe de l’OBUMITRI et la toute-puissance de Sassou Nguesso.

L’échec le 22 février 1972, de l’aile gauche du PCT, conduite par le lieutenant Ange Diawara en date puis du maquis baptisé « M22 » qui s’achève le 16 avril 1973 (sur fond d’un grossier mensonge d’Etat) profitent aux tenanciers de l’OBUMITRI, au centre desquels Denis Sassou (qui occupe à cette date les fonctions de chef des services de sécurité). Non contents d’avoir « savamment orchestré l’assassinat des membres du maquis », Yhombi-Opango, Sassou Nguesso et autres n’hésiteront pas à célébrer la victoire de l’OBUMITRI en exhibant au public les cadavres de leurs victimes enterrées à la sauvette dans une fosse commune au cimetière de la Tsiémé.

Les mois qui suivent l’échec du M22, donnent lieu à une impensable purge ethnique. L’arbitraire devient la règle. Des centaines de cadres civils et militaires subissent l’opération « épuration ».

Pour autant, le vent de remise en cause du régime continuera de souffler au sein même des organes dirigeants du PCT comme l’exprimera son président Marien Ngouabi dans son allocution à la conférence nationale du 15 avril 1972. Bien plus, les constats d’échec que livre Marien Ngouabi à l’occasion de la Session extraordinaire du PCT qui se tiennent à Brazzaville du 5 au 11 décembre 1975, rendent compte du pourrissement du climat politique et annoncent « la radicalisation de la révolution ». Le président Ngouabi stigmatise les comportements « rétrogrades » des cadres et conclue singulièrement que « la faiblesse de la Direction Politique constitue la cause principale du blocage du processus révolutionnaire ».

Cette évolution valide les thèses défendues par Ange Diawara contre l’OBUMITRI discrètement contrôlé par Sassou Nguesso. Mais tactiquement, ce dernier laisse dans un premier temps, le leadership à ses deux frères Ngouabi et Yhombi avant de les opposer par la suite.

La ruse du renard Sassou fonctionne à merveilles. Il est l’inspirateur malicieux des éléments d’analyses incriminant qui fondent la prise de position de Marien Ngouabi vis-à-vis des cadres et de l’appareil du parti. Ne doutant point de l’extrème manipulation qu’organise contre lui son bras droit Denis Sassou, devenu Commandant Sassou Nguesso, le président Marien Ngouabi croit nécessaire « de revoir de manière fondamentale toutes les structures au niveau du Parti, des organisations de masses et de l’appareil de l’Etat ». Ainsi, entre autres décisions importantes, un congrès extraordinaire du parti est convoqué, la dissolution du Bureau Politique, le changement du gouvernement. La radicalisation emporte le colonel Yhombi-Opango et bon nombre de responsables de la première heure du PCT dont Martin M’béri qui sont tous les deux exclus du Comité central.

Le vide institutionnel ainsi créé n’est pas anodin. Le 18 mars 1977, le Président Marien Ngouabi est assassiné dans des circonstances demeurées obscures. Sassou Nguesso se révèle alors le tout puissant décideur.

Le 18 mars 1977, quelques heures après l’assassinat du Président Ngouabi l’entreprenant Ministre de la défense et Sécurité réunit à son Ministère les membres de l’Etat-Major Spécial Révolutionnaire pour entériner l’institution d’un Comité Militaire du Parti. Celui-ci remplace le l’EMSR pour gérer la crise, organiser les obsèques du Président et gérer le pays jusqu’à nouvel ordre. Dans la nuit, les membres du Comité Central présents à Brazzaville sont réunis d’urgence pour entériner la décision de l’EMSR.

La ruse du renard s’illustre cette fois-ci encore. Il joue de l’OBUMITRI à sa guise. Alors qu’il a réussi à mettre en quarantaine le Parti Congolais du Travail ou tout au moins ce qu’il en reste et qu’il est désormais l’unique décideur sur les plans politiques et militaires dans la période allant du 18 mars au 02 avril 1977, (période pendant laquelle sont commandités les exécutions des témoins et de l’ancien président Massamba-Débat ainsi que l’assassinat crapuleux du cardinal Biayenda) ; Sassou Nguesso choisit de se placer en second et amène au pouvoir le Colonel Yhombi-Opango pourtant exclu du Parti. De même qu’il compose subtilement le fameux Comité Militaire en s’assurant en son sein une majorité ethno-régionaliste[8].

Cette gestion méthodique et presque parfaite de la crise liée a la mort de Marien Ngouabi ne manquera pas de poser question plus tard. La Conférence Nationale Souveraine (CNS) qui se tient en 1991, donne l’occasion aux Congolais de découvrir le pot aux roses. La thèse officielle sur la mort du président présentée au peuple le lendemain de cet assassinat est quasiment ébranlée par les nombreux témoignages recueillis et par les auditions des principaux acteurs politiques et militaires[9] en fonction à l’époque. Et, fort des indices sérieux et concordant mettant en cause Sassou Nguesso dans la liquidation de tous les témoins gênants de l’affaire, la CNS adoptera l’acte N°284-91-CNS-P-S déclarant le Ministre de la Défense et Sécurité en fonction en 1977, seul responsable des Assassinats commis par le C.M.P. entre le 18 mars et le 02 Avril 1977. Un autre acte demandera la révision du Procès Marien Ngouabi mené par une «Cour révolutionnaire d’exception» aux ordres du même homme-orchestre, le Colonel Denis Sassou Nguesso.

  1. L’après OBUMITRI ou la une nouvelle ambition monocratique de Sassou appellée l’ « Oyocratie ».

Après l’élimination de Marien Ngouabi, L’OBUMITRI va perdre sa signification car l’oligarchie qui reposait sur la bureaucratie va changer de nature pour devenir plus affairiste et plus clannique / familliale que tribale. C’est ce qui accompagnera sans faille le reste du parcours et l’« irrésistible ascension » de l’enfant d’Oyo désormais identifié sous le patronyme de Sassou Nguesso (et pour cause ?).

Cette ascension est couronnée au mois de Février 1979 quand il s’impose à la magistrature suprême du pays par un habile putsch politique qui évince Yhombi-Opango sous le couvert de la reprise en main des affaires par le Parti. Comme Marien Ngouabi, ce dernier est tombé dans la nasse du pêcheur en eau trouble et n’avait pas réalisé l’étendu du piège tendu par Sassou Nguesso.

  • La dernière purge et la parenthèse 1991-1997.

A cette étape, Sassou Nguesso, n’hésite plus à ajouter une dose de stalinisme dans la coloration de sa pratique autocratique du pouvoir : culte de la personnalité, l’absence de débat et d’opposition au sein du parti unique dirigé par lui seul , une propagande très active, l’élimination systématique des opposants, des purges pour juger des « réactionnaires » dans des procès joués d’avance…

La liquidation du CMP en 1979 vient à point pour écarter définitivement ceux des concurrents survivants de l’OBUMITRI. Yhombi – Opango croupira ainsi en prison pendant 11 années. Le capitaine Pierre Anga, placé en résidence surveillée à Owando, qui n’a sans cesse clamer la culpabilité de Sassou Nguesso dans la mort de Marien Ngouabi et qui désapprouve les conditions de son arrivée au pouvoir, sera à son tour exécuté par une expédition militaire. A l’exception de quelques uns (généraux Damase Ngollo, Louis sylvain Ngoma), les autres membres du CMP, les capitaines Fançois-Xavier Katali, Okongo Nicolas, les commandants Bima, Mbia, le Colonel Jean Michel Ebaka connaitront des fortunes diverses.

Pour asseoir son pouvoir l’année suivant sa prise de pouvoir, Sassou Nguesso va s’assurer également le contrôle totale du parti Congolais du Travail en isolant puis expurgeant les derniers des Mohicans à l’instar de Thystère Tchicaya, Lekoundzou …etc. Le renard est vite devenu lion.

L’avènement de la CNS sonnera l’interruption de ce processus de consolidation du pouvoir autocratique devenu absolu de Sassou Nguesso. Le régime se trouve fortement décrié. Les langues se délient pour dénoncer les 13 années de règne de l’impunité et de détournements des deniers publics au profit d’un clan.

Les multiples contentieux et divergences entre les anciens « camarades membres » mettent à nue les dérives tyranniques du régime ; un décompte de plus de 3000 morts imputables à la violence politique ressort du bilan des dégâts humains qui rend compte également de l’étendu du préjudice subi par de nombreuses victimes directes et indirectes de l’oligarchie tribale.

La qualificatifs « Biens Mal acquis », « Mbochisation », « Oyocratie » vont symboliser le bilan général du pouvoir communément appelé Sassou 1.

Les élections pour la mise en place de nouvelles institutions sont organisées pendant la période de transition. L’élection en août 1992 du président pascal Lissouba met fin au règne présidentiel de Sassou mais ne ruine pas sa capacité de manigance et le mal originel de sa culture putschiste.

L’épisode est important pour le lion blessé qu’est devenu Sassou Nguesso.

  • Le retour au pouvoir par les armes en 1997.

Pour sa survie politique, Sassou Nguesso élabore une nouvelle stratégie d’alliance contre nature qui le rapproche de son grand ennemi de 30 ans, Bernard Kolelas devenu leader du parti MCCDI, à forte coloration de la région du Pool. Ils fondent ensemble deux semaines après la formation du nouveau Gouvernement Bongo Nouara, l’alliance URD-PCT.

Cette alliance sera l’instrument privilégié qui permettra à Sassou Nguesso de lancer le processus de déstabilisation du régime Lissouba sur le plan politique (motion de censure du gouvernement à l’Assemblée Nationale en Octobre 1992), sur le plan sécuritaire (formation et armement de milices Ninjas dès novembre 1992). Sur le plan diplomatique (duplicité des autorités françaises[10] et implication des réseaux françafricains).

Pendant ce temps, le pouvoir Lissouba commet, toute proportion gardée, les mêmes erreurs d’appréciation que les présidents Ngouabi et Yhombi. Il sous-estime le potentiel des réseaux « amis exterieurs » , les capacités stratégiques et d’infiltration de Sassou Nguesso.

Le lion blessé profitera de l’occasion qui lui est donné le 05 juin 1997 pour bondir sur sa proie. Ce qui arrive 5 mois après le début de cette guerre fracticide qui se termine par une défaite des forces loyalistes. Sassou Nguesso appuyé par de nombreuses forces étrangères gagne la guerre et se réinstalle par les armes sans autre forme de procès dans « son » fauteuil laissé 5 ans auparavant.

  • La marche vers un ordre monocratique (l’OYOCRATIE).

Redevenu président, le lion victorieux Sassou Nguesso devient plus féroce. Il décide d’annihiler l’aspiration à la démocratie pluraliste défendue et traduite dans la constitution du 15 mars 1992. Puis entreprend sans délai à recréer les conditions existentielles du seul régime qu’il lui convient, le sien ; celui autocratique d’avant 1991.

Ainsi qu’évoqué dans les développements précédents qui retracent son long parcours depuis 1968, Sassou Nguesso n’a connu qu’une seule forme de gouvernement et de pratiques qui en découlent. Son régime de prédilection est celui où sa personne seule ou, éventuellement, un groupe restreint à sa solde exerce la souveraineté et le pouvoir absolu.

Pensant désormais à la conservation à tout prix du pouvoir chèrement conquis, Sassou Nguesso s’emploie à partir de l’année 1998, après un simulacre d’ouverture politique, à asseoir une nouvelle variante de pouvoir autoritaire, arbitraire, oppressif, tyrannique, sur tous ceux qui lui sont soumis. Les tragiques évènements de Brazzaville Sud, du Pool, de la Bouenza, de la Lekoumou et du Niari entre 1998 et 2002 sont un témoignage de ce projet anti-démocratique.

C’est aussi sous cet angle des fondements existentiels du régime qu’il convient d’interpréter les artifices et soubresauts institutionnels que Sassou Nguesso imposent aux congolais depuis le coup d’état du 15 octobre 1997.

  1. Les stratégies de pérennisation du régime autocratique de sassou et leurs implications.

Il est une constante historique qui permet de caractériser l’exercice du pouvoir par Sassou Nguesso et de décrypter les stratégies qu’il a durablement mis en œuvre. Il ne trouve sa pleine réalisation que par la mise en œuvre de cinq principaux leviers : l’instabilité, l’absence de l’état de droit, la préférence ethnique, l’exacerbation de la répression, l’accaparation totale des moyens de l’État.

  • Le premier levier est la consécration existentielle de l’instabilité institutionnelle

Le règne de Sassou Nguesso repose essentiellement sur l’instabilité institutionnelle, laquelle lui permet de contourner à tous les coups tous les principes, droits et obligations fixés par la loi fondamentale. Pour ne pas appliquer une règle de droit, il la change ou la modifie à sa guise.

Cette stratégie héritée de 1963 explique l’inexplicable multiplication d’actes fondamentaux et de constitutions en République du Congo. Une dizaine de constitutions et plus de dix Actes en cinquante-quatre (54) ans, soit de la 1ère république (2 mars 1961) à la constitution du 20 janvier 2002.

Ci-après un décompte exact de ces changements intempestifs et leurs motivations sur la période de l’indépendance à 1977.

Avant la création du PCT :

  1. Constitution du 2 mars 1961 (1ère république)
  2. Abrogation de la constitution du 2 mars 1961 suite à l’insurrection populaire des 13, 14, 15 août 1963 mettant ainsi fin au régime en place depuis 1958.
  3. Constitution provisoire du 11 septembre 1963 sous le régime du (M.N.R) ;
  4. Constitution du 8 décembre 1963 (IIème République) votée par le peuple en remplacement) ;
  5. Acte fondamental du 14 août 1968 abroge partiellement la constitution du 8 décembre 1963, suite au mouvement insurrectionnel du 31 juillet 1968.

Sous l’Égide du PCT originel

  1. la constitution du 30 décembre 1969 (IIIème République) non votée par le peuple, adoptée par le congrès constitutif du P.C.T. Intervient après la dissolution du bureau politique du M.N.R, la destitution sans remplacement du Premier Ministre (le 18 janvier 1968), la dissolution de l’Assemblée Nationale (le 1er août 1968) ;
  2. la constitution du 24 juin 1973 (sous le régime du P.C.T) soumise au référendum populaire par le Comité Central du P.C.T suite aux deux évènements politiques importants à savoir le putsch militaire du 22 février 1972 «M22» et la Conférence Nationale de juillet 1972 ;

Sous l’Égide du CMP

  1. Acte fondamental du 5 avril 1977, 3 semaines après l’assassinat du Président Marien Ngouabi.
  • Le deuxième levier : le non-respect de l’État de droit ou « la république, c’est moi »
  • Absence d’élection réelle (c’est une façade démocratique),
  • refus de l’alternance au pouvoir,
  • Limitation des libertés publiques,
  • absence de pluralisme politique le non-respect de l’Etat de droit ou l’idée prépondérante de « la souveraineté ou la république, c’est moi ».
  • Le troisième levier : l’instrumentalisation de l’ethnie
  • Discrimination, mon ethnie d’abord.
  • Mensonge d’état, falsification de l’histoire comme socle idéologique justifiant le sort éhonté que doit désormais subir le bouc-émissaire par lui désigné : culpabilisation, Ba kongo Ba Bomi marien, « si ce n’est toi, c’est donc quelqu’un des tiens ». Alors que la vérité depuis la Conférence Nationale Souveraine est connue : Sassou-Nguesso est le centralisateur et l’organisateur de tous les assassinats qui vont du 18 mars 1977 au 02 avril 1977.

Exacerbation de la violence politique et de la répression

  • « Les larmes et le sang des autres »
  • Liquidation des adversaires,
  • répression des populations.

L’accaparation totale des moyens de l’Etat.

  • La devise du clan Sassou « être plus riche que l’État »-
  • l’aliénation du patrimoine national au profit du clan.
  • Paupérisation et clochardisation des élites et populations issues d’autres régions.

POUR NE PAS CONCLURE, DEUX QUESTIONS S’IMPOSENT :

Quiconque revisite la longue carrière de Sassou Nguesso finit par se demander pourquoi lui et pas un autre ? Et pourquoi un si long règne ?

Le sage enseignement de Condorcet datant de 1795 nous ouvre une première piste lorsqu’il nous invite à réaliser que :

« Toutes les fois que la tyrannie s’efforce de soumettre la masse d’un peuple à la volonté d’une de ses portions, elle compte parmi ses moyens les préjugés et l’ignorance de ses victimes. »

Ce parcours sur l’historique du régime politique de Sassou révèle in fine que celui-ci n’a su et pu régner que par le mensonge d’État, la falsification de l’histoire collective, ainsi que la désinformation sur sa propre histoire individuelle. Ce sont toutes ces mythomanies d’État, largement évoquées, lesquelles pointent du doigt certaines zones d’ombre dans sa vie, son parcours scolaire, ses origines, sa famille, qui se répercutent au plus haut sommet de l’État avec la gloutonnerie constitutionnelle de l’heure, plaçant notre pays dans un piège à cons. Le Congo est devenu la risée du monde entier. Par exemple, pourquoi Sassou Nguesso, n’abonde ni de souvenirs ni de symbole sur son père comparativement à sa mère ?

Au-delà de l’analyse intra-muros du régime, il importe de comprendre l’importance des facteurs exogènes qui influent sur la vie politique du Congo depuis l’indépendance. Ces facteurs relèvent à la fois de la géostratégie sous régionale et internationale, de la préservation des intérêts de l’ancienne puissance coloniale, des enjeux de la compétition économique et financière des firmes multinationales, des réseaux divers, etc.

Il conviendrait également de mieux éplucher les ressorts socio-psychologiques, ethnologiques ou anthropologiques, spirituels… qui concourent à la pratique politique de « l’humain » Sassou Nguesso, tels que notifiés ci-dessus.

Sassou Nguesso demeure l’un des rares survivants et acteurs de sa génération. Dans le but de perpétuer la domination des siens après lui, il est en train de manipuler une nouvelle classe politique plus jeune à laquelle il veut léguer son fonds de commerce idéologique de l’ethnie, qu’il a alimenté de toutes pièces.

Né en réalité vers 1938, de la même génération que Marien Ngouabi et Thystère Tchicaya, cet homme qui approcherait les 78 ans d’âge si non plus, est aujourd’hui usé et inapte à l’exercice d’une fonction présidentielle qui demande un investissement quotidien d’au moins 15 heures de travail…

Il n’y a qu’à observer la différence d’âge qui existe entre Sassou Nguesso et ses ministres, entre Sassou Nguesso et les députés qu’il nomme. Il apparait clairement qu’il y a un écart moyen de 30 années, car les hommes politiques de son âge ont soit quitté la politique active depuis une dizaine d’années, soit sont des opposants retraités ou inaptes, soit il les a tous liquidé.

Notre combat contre Sassou Nguesso est celui d’une génération qui doit réorienter la politique du Congo vers de nouvelles bases plus conviviales et plus objectives. Le Congo a besoin d’un renouvellement générationnel, d’un changement systémique, mais pas de la transmission d’une falsification de l’histoire à la sauce de Sassou pour continuer à paupériser le pays.

Stop au mensonge historique.

« Quiconque flatte ses maîtres les trahit » (Massillon).

« On n’est jamais trahi que par les siens » (Victor Hugo).

« Joindre l’impudence à l’adresse est le moyen de parvenir » (Michalet, le Peuple)

« Il faut pour triompher la force du lion, la ruse du renard » (Voltaire).

Alexis-Richard Miayoukou

Paris, Assemblée Nationale Française, le 09 janvier 2016.

(Extrait de Congo-liberty)

[1] Mouvement National de la Révolution crée en 1964.

[2] Parti Congolais du Travail en 1969.

[3] Plus de détails conf: « Sassou Nguesso, l’irrésistible ascension d’un pion de la Françafrique » (FCD) – Crimes de sang et pouvoir en Afrique (Albert Roger Massema)

[4] Cas du décret n°64/228 du 8 juillet 1964 (promotion d’officiers de l’armée active (armées de terre et de l’air).

[5] Cas du décret n°64/248 du 28 juillet 1964 (nomination à titre exceptionnel dans l’ordre du mérite congolais).

[6] Tiré du livre « Sassou Nguesso, l’irrésistible ascension d’un pion de la françafrique » FCD-L’Harmattan. P14-

[7] Extrait de son livre « Le manguier, le Fleuve et la souris » , P.37.

[8] Sur les 11 membres, sept d’entre eux sont membres du Comité Central. Fait remarquable, la forte prépondérance des officiers issus des régions du Nord du pays (7) contre 2 du Sud et 2 des Plateaux.

[9] Au nombre desquels l’importante déposition du capitaine Okongo Nicolas, ancien membre du CMP et à l’époque adjoint du Ministre de la Défense.

[10] Cf. révélations du canard enchainé – Editions du 28 mai 1997 et du 11 juin 1997

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Alxis Miayoukou - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT
6 janvier 2016 3 06 /01 /janvier /2016 18:52
(Congo-Brazzaville) La condamnation par contumace M. Boukadia est une honteuse bavure judiciaire

La Cour criminelle qui a siégé en dates à Pointe-Noire du 7 Avril au 9 Avril 2014, a prononcé contre Monsieur Modeste BOUKADIA, Président du CERCLE DES DEMOCRATES (CDRC), la condamnation par contumace à 30 ans de travaux forcés. L’issue de ce procès interpelle forcément tout juriste perspicace, et me force à quelques observations pertinentes.

Depuis son accession à la souveraineté internationale, le 15 août 1960, et singulièrement depuis l’arrivée des Mboshi au pouvoir, il y a un demi-siècle déjà, simple constat sans élan ethniciste cette fois-ci ; du fait de l’incapacité notoire, de la paresse ou simplement de la déficience de culture juridique de ce groupe ethnique, tout observateur le relèvera, forcément ; la République du Congo vit le malencontreux dilemme de la juxtaposition du Droit colonial dépassé, à la réalité socio-logique de l’univers social du pays, qui se vautre dans une bigarrure juridique accentuée par l’empreinte indélébile de la règle coloniale inadaptée, que l’on n’a même jamais osé tropicaliser. Notre Code pénal est encore celui promulgué par l’Empereur Napoléon.

Scrutant le curriculum vitae de Aimé Emmanuel YOKA: Moniteur supérieur d’abord, Magistrat ensuite, puis Avocat, il est vrai, l’homme n’a jamais exercé aucune de ces trois fonctions, mais quand même devenu Ministre de la Justice, le seul qui n’a pas à douter de la confiance du Prince, il avait paru légitime aux Congolais d’attendre de l’homme la réforme de notre système judiciaire ; et s’il l’a en effet réformé, c’est par une hyperbolique et dramatique ethinicisation, dont le pays aura peine à se relever. Depuis, le Droit a déserté nos tribunaux pour laisser la place au règlement de comptes. La sentence retenue par la Cour criminelle de Pointe-Noire contre Modeste BOUKADIA, donne toute la mesure de la médiocrité purulente du régime en place et me force à ce bref rappel des principes élémentaires qui fondent le Droit pénal.

Le principe de la légalité, élément basique du Droit pénal, signifie que l’administration de la justice est régie par la loi et seulement par celle-ci, de manière à en éliminer l’arbitraire. Ce principe a pour fonction de mettre le justiciable à l’abri des incriminations arbitraires et des détentions injustifiées. Ce sacro-saint principe comporte deux aspects fondamentaux : d’abord la prévisibilité de la loi, de manière à ce que le justiciable puisse régler sa conduite d’après celle-ci ; ensuite, le contrôle de la mise en œuvre de la loi par l’appareil répressif. Il s’infère de ceci que le principe de la légalité comporte des conséquences, tant sur la loi pénale elle-même que sur le processus pénal. Ce principe proclamé par toutes la Nations civilisées et reconnu par à la Constitution de la République du Congo en vigueur au moment des faits et du procès, comporte quatre exigences : la première, est la nécessité de la loi, autrement dit, l’existence d’un texte de loi, condition préalable à l’incrimination, l’infraction étant la violation d’une loi. De ce principe découle le sacro-saint adage : Nullum crimen sine lege, autrement dit, pas d’infraction qui n’ait été préalablement édictée par la loi ; Nulla poena sine lege, autrement dit, aucune peine ne peut être prononcée qui n’ait été prévue par la loi.

La seconde exigence, est la certitude de la loi, autrement dit, le principe de la légalité commande au législateur de rédiger la loi en termes suffisamment précis pour que le justifiable ne soit pas à la merci du caprice du poursuivant ou du juge. On arrive à troisième exigence : la spécificité de la loi. Cet aspect qui se justifie d’abord à partir d’un des fondements traditionnels du Droit pénal, veut que la définition légale d’une infraction et de la peine qui la sanctionne vaillent comme avertissement à l’égard des délinquants éventuels. Enfin, quatrième exigence, le principe de la légalité exclut du Droit pénal l’interprétation analogique, consistant à comparer deux phénomènes ou situations qui comportent une similitude quant à ces éléments jugés essentiels, et une dissemblance quant à des éléments accessoires, et à ne retenir que ce qui unit les phénomènes pour les traiter de façon analogue.

Toute loi pénale doit recevoir une interprétation stricte, autrement dit, le Juge doit déterminer si le fait incriminé tombe sous le sens ordinaire des vocables employés, sans toutefois étendre le sens sous prétexte qu’il y’a eu un oubli, le fameux casus omissus ou que le fait reproché tombe si manifestement sous le coup de l’incrimination que le législateur a sûrement eu l’intention de l’y inclure, et qu’il l’aurait fait s’il y avait pensé. La règle d’interprétation stricte s’inspire du principe qu’il appartient au législateur et seulement à celui-ci, en tout cas pas au Juge de définir l’infraction et de prescrire la peine. Jadis Portalis, jurisconsulte français avait prévenu : « En Droit pénal, il faut des lois précises et point de jurisprudence ». Le Droit pénal, faut-il le rappeler, est l’ensemble des règles de fond et de forme qui doivent présider à la répression des infractions. Les lois de forme tracent la procédure à suivre pour l’application de la pénalité, c’est en l’occurrence le Code de procédure pénale, et pour notre pays, c’est exclusivement la loi n°1-63 du 13 janvier 1963 portant Code de procédure pénale, qui régit notre Droit procédural, et qui en son article 765 déclare abrogées toutes dispositions antérieures, autrement dit, les dispositions procédurales coloniales en la matière jusque là applicables.

On le sait, dans tout Etat qui se veut un Etat de Droit, entre l’infraction commise et la peine, se situe un procès, le procès pénal. L’organisation, le déroulement et le jugement de ce procès sont régis par des règles dont l’ensemble constitue ce que l’on appelle la procédure pénale. Le Droit pénal est un Droit essentiellement judiciaire, en ce qu’il ne peut, en principe, car c’est un principe, recevoir son application que par un procès et à la suite d’un procès. Les règles de procédure pénale sont strictassimo interpretationis.

C’est le lieu de préciser la notion de CONTUMACE.

La contumace est une notion allogène à notre Droit pénal. Il me semble que par une mauvaise lecture de l’article 28 du Code pénal, qui mentionne la contumace, nos Juges ont cru devoir convoquer cette notion dans la procédure pénale. Or, d’une part, c’est par la procédure, règles de forme, que trouve application le Code pénal, règles de fond. D’autre part, on ne saurait faire grief au Code pénal édicté en AEF par le Décret du 1er juin 1878 portant réorganisation de la justice dans les Etablissements français du Gabon, par la puissance coloniale, de retenir la contumace qui existait alors. Le législateur congolais, il faut le constater, n’a pas cru devoir retenir la notion de contumace. Il est en tout cas constant que notre Code de procédure pénale ne porte aucune trace de la notion de contumace. Pour mieux saisir le sens de la notion de contumace, il nous faut, c’est nécessaire, désembourber des décombres de l’histoire du Droit, les origines de la procédure romaine, d’où s’origine cette notion. Chez les peuplades primitives, on le sait, on ne rencontre pas, comme dans les Etats modernes, une justice régulière rendue au nom de l’Etat. C’est encore le règne souverain de la justice privée ; celui qui se croit lésé dan ses intérêts ou ses affections, se fait justice à lui-même, généralement avec l’appui de sa famille, ce qui revêtait souvent le caractère d’une véritable guerre d’individu à individu ou de groupe à groupe.

L’évolution qui conduit plus tard de la justice privée à la justice publique a connu quatre phases : la régularisation de la justice privée par l’Etat, l’arbitrage facultatif, l’arbitrage obligatoire et enfin la mise à l’écart totale de la justice privée au profit de la justice d’Etat, qui interviendra, à Rome, par l’érection de la loi dite des douze tables. L’histoire de la procédure romaine est généralement divisée en trois phases : la procédure des actions de la loi, la procédure formulaire et la procédure extraordinaire. La place nous fait défaut pour nous étendre sur ces différentes phases. Il suffit simplement de retenir que sous la procédure des actions de la loi et la procédure formulaire, le fonctionnement de la justice est dominé par un ensemble de règles qui constituent tantôt l’ordo judiciorum privatorum ou l’ordre des instances privées, qui s’oppose à l’ordo judiciorum publicorum régissant le procès criminel. L’ordo qui à Rome connaîtra deux périodes : la procédure ordinaire qui régira la justice depuis la procédure des actions de la loi jusqu’à la procédure formulaire, est caractérisé par la division de l’instance en deux phases : le jus ou procédure in jure qui se passe devant le magistrat et qui a pour objet les prétentions contradictoires des parties, le judicium ou procédure apud judicem qui se déroule devant le juge, simple particulier chargé de trancher la question de fait et de rendre la sentence.

La première phase est la phase in jure (en Droit). Le plaideur qui a cité son adversaire en justice doit l’assigner avec lui devant le préteur. Dans le cadre de la loi des XII Tables, les parties devaient prononcer des paroles rituelles et accomplir des gestes prescrits sous peine d’invalidité de l’assignation en justice. Dans le cadre de la procédure formulaire, les parties se contentent simplement d’exposer leurs moyens, leur demande devant le magistrat, le préteur. Le magistrat apprécie la recevabilité de l’action puis rédige sa formule où il mentionne les demandes des parties et leurs moyens. Cette liberté là permet l’intervention d’un Avocat. Le préteur désigne le juge qui sera chargé de trancher le différend. Ce juré est proposé en général par un accord entre les parties. A Rome, le magistrat n’est pas celui qui décide de l’issue de l’instance. Celui qui juge à proprement parler, c’est le Juré.

La deuxième phase est la phase in judicio. Au jour fixé par la formule, les parties comparaissent devant le juré éventuellement dans un collège de jurés. Ils fournissent aux jurés toutes leurs preuves au moyen de la thèse qu’elles soutiennent. La preuve est absolument libre. Le procureur n’était pas vraiment libre du choix de la décision. Le juré agit dans le cas de la formule. Il ne peut se prononcer que sur des moyens de défense retenus par le magistrat. Autrement dit, le magistrat a déjà fait un tri. Et surtout il ne peut que prononcer la sentence prévue par le magistrat, par exemple condamner à la somme prévue si la demande du demandeur est fondée ou bien absoudre, débouter. Exemple : Quelqu’un vient devant le préteur qui demande le paiement des 100 sacs de blés d’Afrique. S’il apparait qu’il n’a livré que 80 sacs, le juré devra absoudre.

La question de contumace qui nous intéresse ici, concerne la seconde période de l’évolution de la procédure romaine, celle de la cognitio extra ordinem, ou la procédure extraordinaire, qui se caractérise par la disparition de la distinction du jus et judicium. Dans la procédure extraordinaire en effet, le magistrat juge désormais lui-même le procès en qualité de représentant de l’autorité publique. Si en effet, dans la procédure ordinaire, le plaideur qui a cité son adversaire en justice devait l’assigner avec lui devant le préteur, dans la procédure extraordinaire, désormais, le procès se déroule tout entier devant un fonctionnaire nommé par l’Empereur. Dans cette procédure apparaît la participation de l’autorité publique à la citation du défendeur. En effet, en vertu d’une Constitution du Roi Constantin de l’année 322, la privata testatio ou assignation privée est abolie et le système de transmission officielle de la denuntiatio, après enregistrement, est généralisé, c’est ce que l’on a appelé le système de la litis denuntiatio. La notification de la citation devra désormais être faite par l’intermédiaire d’un magistrat ou d’un fonctionnaire ayant pouvoir d’enregistrer les actes, qui le fera ensuite parvenir à la personne intéressée. Le magistrat, quand le demandeur réside dans la même circonscription que lui, lui adresse une invitation verbale à comparaître par l’un de ses appariteurs ; si le défendeur habite dans le ressort d’un magistrat subalterne, il remet au demandeur une réquisition écrite litterae que celui-ci devra faire parvenir au défendeur par l’intermédiaire du magistrat local ; enfin, si le défendeur est absent ou si la résidence est inconnue, la citation a lieu par voie d’édit proclamé par le héraut, mais affiché.

La denuntiatio avait pour but de faire connaître au défendeur, le genre d’action que l’on veut intenter contre lui ; avec pour effet de faire courir un délai de quatre mois en dedans duquel les parties doivent comparaître. L’arrivée du dernier jour du délai ou dies legitimus empêche le demandeur d’engager les débats devant le juge, avant d’être relevé de sa déchéance reparatio temporum. Au bout de deux reparationes successives, il perd son droit d’ester en justice. Si le défendeur ne comparaît pas, on peut alors employer contre lui la procédure dite contumacia, et le juge rend sa sentence malgré cette absence. Voilà donc l’origine de cette notion, devenue en Droit criminel français, une partie tout entière de la procédure, et qu’il est interdit d’assimiler au défaut retenu en Droit correctionnel.

En Droit français tel qu’édicté par le Code d’instruction criminelle alors applicable au Moyen-Congo, l’absent au correctionnel était condamné par défaut, et au criminel par contumace. Les règles relatives à la comparution et à la représentation du prévenu devant les Tribunaux correctionnels et de police, posées par les articles 410 à 416 et 544 du Code de procédure pénale de cette époque, établissent une distinction entre l’absence du prévenu et le défaut. Devant la Cour d’Assises en France, il y a absence de l’accusé et par là même contumace, lorsque l’accusé n’a pu être saisi ou ne s’est pas présenté dans les 10 jours de la notification faite à son domicile, ou après avoir été saisi et s’être présenté s’est évadé. L’accusé est alors jugé par contumace. Au moment de l’ouverture de l’audience, le Président constate l’absence de l’accusé par une ordonnance qui le déclare rebelle ; il est alors déclaré contumax. Cette formalité n’existe pas dans notre Code de procédure pénale. En cas de procédure par contumace, la Cour d’assises procède au jugement sans l’assistance du jury et sans que l’accusé puisse se faire représenter par un Avocat. Le contumax n’est pas recevable à se pourvoir en cassation. Aux termes de l’article 239 du Code de procédure congolais, devant la Cour criminelle, si l'accusé ne peut être saisi ou ne se présente pas, on procède contre lui par défaut. Par ailleurs, selon les termes de l’article 316 du même Code : « Les accusés qui, régulièrement cités, ne comparaissent pas, sont jugés par défaut ». Ainsi, en Droit positif congolais, au correctionnel comme au criminel, l’absent est jugé par défaut.

Dans les pays civilisés où les choses sont faites selon les normes établies, il faut une loi pour créer un terme et il faut encore une loi pour le remplacer. C’est le principe du parallélisme des formes. Ainsi, après avoir songé à la dignité et à l’honneur de la personne mise en cause, dans un pays où les mots ont un sens ; il est apparu au législateur français, que le vocable ‘’inculpé’’ qui désignait la personne mise en cause, évoquait la faute, du latin ‘’culpa’’, ce qui violait le sacro-saint principe de la présomption d’innocence. Le terme ‘’inculpé’’ fut donc remplacé par ‘’Mise en accusation’’. Le juge pénal congolais, ne peut lui, en revanche ordonner une ‘’mise en examen’’, expression étrangère à notre terminologie consacrée par le législateur. Le juge congolais ‘’inculpe’’, il ne met pas en examen.
Les termes ont leur sens en Droit, où il est interdit de prendre l’un pour l’autre, tout distingue la procédure devant la Cour d’assises en France, de la procédure devant la Cour criminelle au Congo, que toute assimilation paraît dangereuse. En effet, si devant la Cour d’Assises, l’absent est jugé sans jury et sans Avocat, il en est autrement en Droit congolais. Par ailleurs, il est de principe que l’accusé doit être initialement invité à choisir un Avocat pour l’assister dans sa défense. Ce n’est en effet que lorsque l’accusé n’a pas choisi d’Avocat que le Président de l’audience lui en désigne un d’office.

Il est essentiel d’indiquer qu’il faut que préalablement à cette désignation d’office, l’inculpé ait été interrogé s’il a constitué Avocat, cette question est un préalable. Tant que cette question n’a pas été ou n’a pu être posée à l’accusé, il ne peut lui être désigné d’Avocat d’office. Enfin, l’accusé ne peut être jugé par un jury en cas d’absence, car absent, il n’a pu ni manifester sa volonté de désigner ou nom un Avocat, ni son droit de récusation du jury. C’est pour ces deux raisons que devant la Cour d’Assises en France, le contumax est jugé sans Avocat ni jury.

Pour atténuer l’angoisse de nos Magistrats qui témoignent un véritable complexe devant le Droit de l’ancienne puissance coloniale, il faut rappeler que la Cour d’Assises en France ne condamne plus par contumace. En en effet, condamnées par la Cour européenne des droits de l’homme en raison de leurs législations sur la contumace, déclarée contraires aux exigences du procès équitable, la France et l’Italie ont du modifier leurs textes, la France en mars 2004 par la Loi PERBEN II et l’Italie en mars 2005. Désormais, en France, on condamne par défaut tant en matière correctionnelle comme criminelle. C’est probablement ce souci qu’avait témoigné en 1961 le législateur congolais, qui, un demi-siècle avant la France, avait justement prescrit de condamner par défaut tant en matière criminelle qu’en matière correctionnelle.

Ainsi pour avoir retenu contre Modeste BOUKADIA la peine par contumace, une peine inexistante en Droit pénal en vigueur au Congo, la Cour criminelle de Pointe-Noire s’est gravement fourvoyée, et a prononcé une sanction qui comporte un vice rédhibitoire. En d’autres termes la sanction prononcée par la Cour criminelle de Pointe-Noire contre Modeste BOUKADIA en date à Pointe-Noire du 9 avril 2014, est nulle de nullité absolue. L’intéressé n’a nullement besoin d’intenter un recours contre une telle bavure judiciaire, un pourvoi dans l’intérêt de la Loi, devra être intenté par le Garde des Sceaux. Les choses se passeraient ainsi, si nous étions dans un Etat de Droit. Hélas ! Les Congolais et les observateurs étrangers retiendront que la période SASSOU aura été celle pendant laquelle la règle aura été mise en congé. Le Congo étant devenu une véritable jungle, Modeste BOUKADIA pourra saisir la Commission des droits de l’homme des Nations Unies pour faire constater cette grosse bavure.

Daniel Nkouta

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6 janvier 2016 3 06 /01 /janvier /2016 17:53
(Congo-Brazzaville) Voeux au Peuple Kongo et au Peuple Nord-Sangha

https://musitsundi.wordpress.com/2016/01/06/modeste-boukadia-voeux-au-peuple-kongo-et-au-peuple-du-nord-sangha/ -

Mes chers Compatriotes du Sud Congo, Peuple du Nord-Sangha,

En ce début d’Année 2016, la coutume veut que l’on présente les Vœux. Je ne vais pas me soustraire à ce rituel mais je les adresserais à tout le Peuple du Congo de vive voix lorsque je serai rentré au pays natal, en qualité d’Autorité Politique du Sud Congo comme spécifié avec les Nations Unies.

Nous avons nos différences, n’en faisons pas des obstacles insurmontables. Aussi, au-delà de tous les dires, j’affirme, ma volonté d’une Union Nationale, entre le Nord et le Sud comme, cela a été voté, au moment de la proclamation de la République du Congo de jure, qui siège aux Nations Unies, le 28 Novembre 1958 dans l’après-midi.

Aujourd’hui, plus que jamais, il est indispensable pour chacun de nous tous, de revenir au carrefour de notre Histoire, l’histoire du Congo scellée par l’UDDIA, le PPC et le MSA au matin du 28 Novembre 1958.

Nous avons le devoir impératif d'OSER, d'EXPERIMENTER, pour une fois de notre histoire, L’UNION NATIONALE : le KONGO-SANGHA, l’union entre le Sud et le Nord. Pour protéger nos Populations des prédateurs avides de sang.

Revenir au carrefour c’est redonner la voix aux sans voix du Nord, pour tourner la page du passé sans le nier, tout en se projetant vers le futur, vers le IIIème millénaire.

Revenir au carrefour, c’est OSER UN MIEUX-VIVRE ENSEMBLE AUTREMENT !

C’est ce défi que Nous, hommes politiques d'avenir, devons relever pour les générations futures. Pour préserver les vies humaines du Nord comme du Sud. Pour le dépassement de chacun de nous.

A l’instar de Fulbert YOULOU, de Jacques OPANGAULT, de Simon-Pierre KIKOUNGHA-NGOT et de Félix TCHICAYA,

J'invite Ceux du Nord et du Sud, qui se reconnaissent dans les idéaux de nos Pères fondateurs à se surpasser pour faire aboutir, enfin, la gouvernance démocratique, sans chasse aux sorcières, où toutes les compétences, de quelque origine que ce soient et sans discrimination aucune, seront sollicitées pour œuvrer au BIEN COMMUN.

Vive l'Etat du Sud Congo de jure,

Vive l'Union Nationale entre Kongo et Sangha !

MEILLEURS VŒUX ET BUANANA 2016 A TOUS !

Modeste BOUKADIA,

Condamné par contumace le 8 avril 2014 à 30 ans de travaux forcés,

Président du Conseil de l’Etat du Sud Congo

Président du Cercle des Démocrates et Républicains du Congo

France, Terre des droits de l'Homme, Paris le 5 Janvier 2016

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N.B. : Le logo Union Congo, composition des emblèmes distinctifs de nos pères fondateurs, a été dessiné en 1998 par Madame Nadine Nagel pour l’Association "Union Congo" déclarée à la Préfecture de Paris ayant pour objet la mise en œuvre de la véritable Union Nationale en repartant au carrefour de notre Histoire. Ce logo est déposé et protégé. Il ne peut être utilisé sans autorisation expresse.

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6 janvier 2016 3 06 /01 /janvier /2016 16:59
(Congo-Brazzaville) Sud-Congo : L'arrivée confirmée de Modeste Boukadia

L’arrivée confirmée de Modeste BOUKADIA in journal Emmanuel N°198-2016 du 05 Janvier 2016

La Délégation du Conseil de l’Etat du Sud Congo, sous la conduite du Président du Cercle des Démocrates et Républicains du Congo (CDRC) et autorité politique de l’Etat du Sud Congo, M. Modeste BOUKADIA, arrive le 15 janvier prochain à Brazzaville. Cette information nous est parvenue à notre rédaction au moment où nous bouclons notre journal. Seulement, nombreux sont les lecteurs qui nous ont appelés suite à la publication de “la réponse du secrétariat Général des Nations Unies sur l’organisation du référendum d’autodétermination de l’Etat du Sud Congo” dans notre journal. Petit-Jo in journal Emmanuel N°198-2016 du 05 janvier 2016

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6 janvier 2016 3 06 /01 /janvier /2016 16:11
(Congo-Brazzaville) Sassou Nguesso : du braconnage constitutionnel au gangstérisme d'Etat

Par Olivier MOUEBARA -

Le dénominateur commun entre Placide Moudoudou, le juriste-plagiaire, et le général-dictateur Sassou-Nguesso est le suivant : Ce sont tous les deux des braconniers. C’est-à-dire, des usurpateurs.

Artisan de la Constitution fantôme du 06 novembre 2015, Placide Moudoudou a rabaissé les juristes, en combinant le droit à la perversion. Intéressé, il a perçu du général-dictateur Sassou-Nguesso, un nguiri bien garni de 150.000 euros, fruit de ses basses manœuvres anticonstitutionnelles qui finiront par mourir de leur propre poison.
Fausse valeur et fausse identité pour le Congo, artisan du « copier-coller », constitutionnaliste plagiaire, rédacteur en chef de la nouvelle Constitution mort-née du tyran, Placide Moudoudou, par ses travers, a contribué de toutes ses forces pour mettre le criminel Sassou-Nguesso à l’abri de toutes espèces de poursuites, aujourd’hui comme dictateur et demain, comme ancien président (articles 10 et 91 du fameux torchon).
Appelant à violer la Constitution de 2002 au nom de la sorcellerie, incapable d’assumer son zèle, Placide Moudoudou s’était réfugié après la colère populaire du 27 septembre dernier, dans le village de Mandou dans la région de Madingou (Sud-Est) du pays. Pour éviter le lynchage des villageois, craignant pour sa vie, il avait traversé le fleuve Congo pour se cacher dans le village appelé Marie.

Usurpateur lui-même, le dictateur Sassou-Nguesso aime s’entourer des collaborateurs au parcours douteux. Pratiquant approximativement le droit administratif, Placide Moudoudou est devenu l’anti-constitutionnaliste qui chuchote à l’oreille du criminel du bord de l’Alima.
Depuis le 30 décembre 2015, le dictateur Sassou-Nguesso mérite d’être hospitalisé d’office dans un centre psychiatrique.
En annonçant la date du premier tour de l’élection présidentielle au 20 mars 2016 alors qu’il est illégitime et largement rejeté dans l’ensemble du pays, le criminel Sassou-Nguesso défie les congolais. Sans annoncer la date du deuxième tour, le tyran anticipe sa tricherie et sa « victoire » au forceps dès le premier tour.
D’ores et déjà, il est impossible, voire surréaliste d’organiser une élection présidentielle en si peu de temps.
C’est pourquoi, si les conditions minimales d’organisation ne sont pas réunies (commission électorale indépendante, un fichier électoral et des cartes d’électeurs fiables), nul besoin pour une opposition responsable et crédible de participer à une mascarade d’élection. A défaut, le Peuple congolais devra se retourner contre toutes personnalités ou leaders de l’opposition qui participeront à cette mascarade électorale.

La bataille pour nous débarrasser du criminel Sassou-Nguesso, de son clan, de sa famille, de ses courtisans et de ses réseaux mafieux est et sera rude.
Sassou-Nguesso correspond à cette parabole empruntée à Robert Badinter s’agissant de Nicolas Sarkozy: « Quand une femme vit depuis longtemps avec un homme, elle hésite avant de s’en séparer, car l’habitude est là, même si la passion s’est éteinte ». Mais si une femme a quitté un homme et que celui-ci revient susciter ses faveurs avec insistance, elle se dit : « Mais comment ai-je pu aimer ce type? » C’est ce qui arrive au dictateur de Mpila. Les congolais ne l’aiment plus et ne le supportent plus.
Pour en découdre avec ce monstre qui n’a eu aucun mot de compassion pour tous nos morts, cessons de l’appeler « président ». C’est un dictateur-criminel qui doit être traité comme tel, et traduit devant la CPI.
Le Congo étant en faillite économiquement, tous ceux qui luttent pour le libérer doivent boycotter Ecair et Air France, au profit d’autres compagnies aériennes.
En lutte pour chasser le général-dictateur, tous les congolais qui se reconnaissent dans ce noble combat, doivent résilier, s’ils en sont détenteurs, les bouquets Afrique détenus par Bolloré. Les pertes abyssales de Bolloré, soutien actif du dictateur du bord de l’Alima, lui feront prendre conscience.
Maintenant que le général-dictateur méprise les congolais, force est de dire qu’il n’est point besoin de prendre des gants ou de tenir des propos académiques. Nous devons impérativement nous organiser pour affronter un cancer bien identifié. Disperser nos forces en plusieurs chapelles au profit de nos égos, ne fait que renforcer la dictature au Congo.

Ne voulant pas entendre « raison », encore moins la voix de la « sagesse », soutenu par de puissants lobbies français, le quai d’Orsay et l’Elysée, seule la solution militaire permettra de nous débarrasser du dictateur Sassou-Nguesso.
N’ayons pas peur. Le tyran est fragilisé. La démonstration de force du 27 septembre 2015 a signé le glas de sa prétendue « toute-puissance ». Lutter avec Sassou par la rhétorique ne suffit plus. Organisons-nous pour traquer ses enfants, ses cousins, son entourage… Polluons leur existence et leur arrogance par tous les moyens. Soutenons les combattants. Manifestons sans nous lasser devant l’ambassade après l’état d’urgence. Portons tant soit peu notre soutien à tous ceux qui luttent sur place.
Ayant massivement corrompu à l’intérieur et à l’extérieur du pays en affamant volontairement les congolais, le criminel Sassou-Nguesso prouve au quotidien que le Congo n’est pas sa tasse de thé. Le CHU de Brazzaville enregistre des décès tous les jours, faute d’électricité.

A force d’agiter la menace Nord-Sud, socle de la pérennité de sa dictature, le bourreau d’Oyo sera surpris. Notre détermination d’instaurer une démocratie au détriment de son gangstérisme d’Etat reste intacte. Laisser encore ce voyou asphyxier le pays, c’est accepter de voir le Congo disparaître de la carte.
Rejeter l’élection présidentielle relève du bon sens. Assainir le Congo est un devoir. Vivre ensemble fait partie de nos us et coutumes. Libérer notre beau pays est un impératif. Chasser le criminel Sassou-Nguesso par tous les moyens devient inéluctable.
Nous avons besoin de tous pour atteindre cet objectif. Le Congo est dans un coma dépassé. « Quand on sait que dans une forêt il y a des lions, on n’y envoie pas des chiens ». Que l’armée, la vraie, prenne ses responsabilités.

Olivier Mouebara.

(Extrait de congo-liberty)

(Congo-Brazzaville) Sassou Nguesso : du braconnage constitutionnel au gangstérisme d'Etat
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2 janvier 2016 6 02 /01 /janvier /2016 12:38
Congo-Brazzaville : Sassou Nguesso n’aura rien d’autre à offrir en 2016 que du sang et des larmes !

Par Rigobert OSSEBI -

Alors que les Panzers allemands commençaient à envahir la Belgique et la France, l’Angleterre restait alors le dernier rempart face à l’Allemagne nazie. Le 13 mai 1940 Winston Churchill, Premier Ministre depuis seulement trois jours, devant la Chambre des Communes prononça un discours resté célèbre. » Je n’ai rien d’autre à offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur « avait-il lancé.

Denis Sassou Nguesso ne saurait être comparé à l’immense homme d’Etat qu’avait été Winston Churchill. Pour s’inspirer de son courage il devrait tenir à son peuple le même langage : celui de la vérité ! Alors, il n’aurait point d’autre discours et d’autre promesse que de n’avoir rien d’autre à offrir que du sang, de la peine et des larmes car il a ruiné le pays ! Complètement ruiné !

Après une bonne décennie d’euphorie pétrolière et financière dont lui seul, sa famille et quelques membres de son clan ont réellement profitée, il s’annonce pour les Congolais une période cruelle, bien plus dure que tout ce qu’ils ont pu connaître ces dernières années. La République du Congo est ruinée. D’abord par les pillages et les détournements qui ont été permis aux privilégiés du régime, puis dans un second temps, cette période actuelle, du fait de la chute des prix du pétrole.

Une crise sans précédent s’est maintenant installée et il est aisé de constater que toutes les caisses publiques sont vides. Celles des entreprises privées le sont également parce que l’Etat congolais, éternel mauvais payeur sauf pour les voleurs, a suspendu tous ses paiements.

Le Congo des « Cigales Sassou Nguesso » a dépensé toutes ses recettes pétrolières dans des fêtes, des mariages, des forums. Le champagne a longtemps coulé à flots. Du monde entier des hommes et des femmes politiques, des chefs d’Etat et des ex-chefs d’Etat, des premiers ministres et des ex-premiers ministres, des prix Nobel etc. ont accouru auprès de celui qui a été surnommé le « DAB » (distributeur automatique de billets). Il suffisait de faire un peu son éloge pour que les poches, les sacoches et les mallettes soient remplies. Des centaines de milliards de FCFA ont été prêtées à des pays africains qui ne les rembourseront jamais. Des milliers de milliards de FCFA ont été gaspillé tout récemment pour les Jeux Africains ; évènement inutile à la gloire éphémère d’un homme qui a été incapable, en plus de trente années d’un pouvoir absolu, d’accorder des conditions de vie décentes à ses concitoyens.

Toutes les réserves, qui avaient été constituées lors des dernières années d’excédents budgétaires du fait du prix élevé du baril de pétrole, ont été dilapidées l’on ne sait ni où ni comment. Fait incroyable qu’il faut remarquer, le ministre des finances Gilbert Ondongo, valet et complice du dictateur, se plaindrait à voix haute de la mauvaise gestion de la manne pétrolière qui a maintenant fondu comme neige au soleil d’Afrique.

Afin que tout à chacun puisse comprendre dans quel gouffre le pays est actuellement plongé, il suffit de prêter un peu d’attention à quelques chiffres :

Il y a moins de deux années le prix du baril de pétrole oscillait entre 110 et 115 US dollars. A ce niveau de prix, compte tenu des contrats de partage production et des participations, le Congo (la SNPC de Kiki) percevait de 7 à 10 tankers, de près d’un million de barils, par mois de pétrole. Cela correspondait à des recettes de 600 millions de dollars à 1 milliard de dollars par mois (400 à 600 milliards de FCFA).

Aujourd’hui du fait de ces mêmes contrats de partage production, des coûts de production artificiellement gonflés du fait de la corruption et des prestations de services de l’incontournable gang des Nguesso, il n’y a plus qu’un seul bateau par mois, voire un et demi (2 en décembre 2015, 1 en Janvier 2016, 1 ou peut-être deux en Février 2016).

Le pire est qu’en terme de recettes ces cargaisons ne représentent plus, mensuellement, que 35 à 50 millions de dollars par mois (20 à 30 milliards de FCFA). Mais pire encore, ces cargaisons sont hypothéquées par les fournisseurs chinois (auxquels pour certains Jean Jacques Bouya et autres Claudia et enfants Nguesso sont associés) et surtout par GLENCORE et TRAFIGURA qui ont consenti au total un milliard deux cent millions de dollars (+ de 800 milliards de FCFA) de préfinancements pétroliers à Kiki – dont on ne sait exactement où ils seraient passés.

Au niveau actuel de 36 ou 37 dollars le baril de pétrole, le Congo de Monsieur Sassou Nguesso ne perçoit plus un cent de dollar ou un franc CFA de la production pétrolière. Peut-être quelques miettes pourraient passer au travers, mais elles devront d’abord nourrir les appétits voraces de la centaine d’enfants du dictateur.

Congolaises, Congolais, le pays est ruiné. Les opérateurs économiques représentés par Djibril Bopaka attendent 800 milliards de FCFA ; ils peuvent toujours attendre ! Ils n’auront rien en 2016, surtout avec Denis Sassou Nguesso toujours président du Congo. Commisimpex réclame à peu près le même montant en Dollars ou en Euros, il peut toujours rêver, il ne pourra que saisir des miettes par ci par là !

Les salaires vont avoir des mois de retard. Les hôpitaux, les écoles ne pourront pas fonctionner. Les Congolais n’auront d’autre choix que de se serrer encore plus la ceinture et de mourir au CHU de Brazzaville ou à l’Hôpital de Loandjili. Pourront-ils se nourrir convenablement ? Rien n’est moins sûr dans ce pays qui ne produit rien, où tous les aliments sont importés (par des associés du pouvoir) et où la seule ferme d’élevage en activité, propriété du dictateur, se trouve à Oyo.

Une incroyable crise humanitaire pourrait bien frapper très prochainement le Congo. Pas d’argent du pétrole, pas de salaires, pas de nourriture. La Direction des Impôts peut bien faire le siège des entreprises installées au Congo, elles ont quasiment toutes leurs recettes asséchées. Des sociétés comme Schlumberger ont licencié 4000 personnes à Pointe Noire. Les autres compagnies du secteur pétrolier ont réduit de 20% leur masse salariale malgré les investissements en cours pour les développements des nouveaux champs d’ENI et de TOTAL.

inauguration d’Alassane Ouattara du centre commerciale Playce Marcory à Abidjan (18 déc 2015) - Photo ci-dessous

Le pétrole devait permettre le développement du Congo, il n’aura permis, grâce à la complicité des pétroliers, que la fortune mal acquise des Nguesso avec tout leur luxe et apparat et avec toutes leurs armes et mercenaires pour les défendre.

Inauguration du marché de l’OCH à Pointe-Noire (Photo ci-dessous)

La Côte d’Ivoire qui avait connu une situation de guerre équivalente à celle que le Congo avait pu subir s’est remise de ses blessures et est repartie de l’avant notamment grâce à un prêt de la République bananière d’Oyo. Au bout seulement de quatre années de pouvoir de Ouattara, elle vient d’inaugurer après la réalisation de milliers de kilomètres de routes et d’un 3ème pont à Abidjan, un nouveau centre commercial de 20.000 m², avec un hypermarché, 55 boutiques, un espace de restauration de plus de 400 places assises, 550 emplois directs créés.(Quelques semaines après l’inauguration du ridicule Marché du Oui à Pointe Noire par Kiki 1er). L’ouverture du centre commercial PlaYce Marcory est sans conteste un atout économique pour ce pays. Carrefour y a implanté son 1er hypermarché en Afrique subsaharienne

Pendant que des pays comme la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et tous les autres pays anglophones vont de l’avant, pour que certains incapables restent indéfiniment au pouvoir le spectre du sang, de la faim et des larmes restera la seule promesse qui pourra être tenue aux Congolais. Dans la révolte ou dans l’acceptation de la loi du plus fort (Denis Sassou Nguesso) ils n’auront d’autre choix que celui de la mort : par les armes ou par la faim !

Bwnana 2016

Rigobert OSSEBI

(Extrait de congo-liberty)

Congo-Brazzaville : Sassou Nguesso n’aura rien d’autre à offrir en 2016 que du sang et des larmes !
Congo-Brazzaville : Sassou Nguesso n’aura rien d’autre à offrir en 2016 que du sang et des larmes !
Congo-Brazzaville : Sassou Nguesso n’aura rien d’autre à offrir en 2016 que du sang et des larmes !
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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 18:38
(France/Congo-Brazzaville/Françafrique) Bachar et Sassou, deux hommes d'exception française

Par Calixte Baniafouna -

HOLLANDE-SASSOU

L’un massacre son peuple et « doit » partir – l’autre massacre son peuple et il est adulé du « droit » de rester au pouvoir !

La fin de l’année est le moment où chacun fait le bilan des événements publics et privés qui ont marqué sa vie pour pouvoir partir du bon pied l’année qui commence. Mais, « les affaires privées se traitent en privé dans une intimité respectueuse de chacun », déclarait le président François Hollande, le 14 janvier 2014, refusant ainsi de répondre à une question sur la situation de son couple après les révélations du magazine « Closer ». Je m’en tiendrai donc à l’événement public – entre autres – qui a le plus heurté ma sensibilité vis-à-vis des décideurs, parfois aux airs de donneurs de leçons, qui prônent la « paix » et la « justice » dans le monde.

Vendredi 18 décembre 2015 à New York. Alors que le Conseil de sécurité de l’ONU vient d’adopter à l’unanimité un plan de paix en Syrie, après qu’une résolution a été prise appelant à un cessez-le-feu et à des négociations entre le régime Bachar et les opposants, et que l’ONU a pris soin de ne pas trancher le sort de Bachar Al-Assad, c’est le moment que le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a choisi pour chambouler la démarche diplomatique : « Comment un homme pourrait-il rassembler un peuple qu’il a en grande partie contribué à massacrer ? », déclara-t-il, au grand étonnement des participants dans la salle. La déclaration aurait pu être suivie des huées assourdissantes si elle était faite à La Courneuve, par exemple, en région parisienne. Mais les filles et garçons qui siègent à l’ONU sont de grandes filles et de grands garçons qui savent bien garder leur tête sur les deux épaules. S’il est vrai qu’ils n’ont pas hurlé d’ahurissement de voir la diplomatie française ainsi toucher le fonds, il est d’autant vrai qu’ils ont quitté la salle en ayant perdu toute illusion d’une France qui, sous des cieux lointains, leur a fait écouter un discours historique les ayant contraints aux applaudissements debout, nourris et prolongés. Mais ça c’était avant !

Le même étonnement s’était abattu sur le peuple congolais après avoir écouté la réponse du président François Hollande à la question d’un journaliste concernant le référendum que M. Sassou se préparait à organiser pour lui permettre de s’éterniser au pouvoir, dans une ambiance de contestations généralisées au Congo : « Le président Sassou peut consulter son peuple, ça fait partie de son droit et le peuple doit répondre […] Ensuite, une fois que le peuple aura été consulté, cela vaut d’ailleurs pour tous les chefs d’Etat de la planète, il faut toujours veiller à rassembler, et à respecter et à apaiser », déclara-t-il. La surprise était d’autant forte que les Congolais ont cru aux promesses du même président François Hollande qui, de Dakar à Kinshasa en passant par Cotonou ou Bamako, fustigeait les tripatouilleurs des constitutions pour se maintenir au pouvoir.

De Bachar à Sassou, l’un peut donc massacrer son peuple et doit partir car plus possible de rassembler, l’autre peut massacrer son peuple et doit rester au pouvoir pourvu qu’il puisse rassembler. L’ignorance pourrait tenir lieu d’excuse pour celui qui ne connaît que les massacres commis par l’un sans connaître ceux commis par l’autre. D’où l’intérêt ici de porter à la connaissance des « faiseurs d’ordre » des charges (voir Annexe) que pourrait oublier d’inscrire l’Élysée de M. François Hollande sur le blanc-seing donné à son ami à propos d’un peuple qu’il n’est malheureusement pas parvenu à consulter comme il le lui avait demandé, ni à rassembler, ni à respecter et encore moins à apaiser. Guerres civiles, assassinats, massacres de la population… le Saint Denis Sassou Nguesso comptabilise à lui tout seul près de 200 000 morts parmi ses concitoyens, soit 7% de sa population qui s’élève à 3 millions d’habitants, contre 250 000 morts, soit 1% de sa population qui s’élève à 22,850 millions d’habitants pour le Diable Bachar Al-Assad. Ah ! chanceux Congolais et pauvres Syriens !

Quant aux massacres économiques, ils sont tellement nombreux que certains ont pris le petit nom de Biens mal acquis… pour faire simple ! Châteaux et autres Biens recensés en France font même l’objet de poursuites judiciaires dans les tribunaux français. Mais, la garantie est quasi-nulle de voir aboutir ces dossiers aussi longtemps que la France aura besoin des services de l’ami Sassou Nguesso. Les dossiers apparaissent et disparaissent par moments au gré des intérêts en jeu.

Serait-il au nom de la seule démocratie que M. François Hollande l’a encouragé à organiser le référendum, et donc à modifier la constitution pour se maintenir au pouvoir, et donc à continuer de massacrer impunément son peuple ?

Eh ben ! la « démocratie », selon M. Sassou Nguesso, se résume en parodie de démocratie : répressions policières et militaires, contrôle des réseaux de télécommunications, dictature, tyrannie, etc. Et, l’élection signifie, selon lui, parodie électorale : recensement truqué, falsification des listes électorales, bourrage des urnes, vote gagné à l’avance même si les bureaux de vote sont à peu près aussi vides que le garde-manger de la plupart des Congolais. Mais, à l’annonce des résultats, la participation est, sans surprise, massive – de 97% à 72% – et la victoire, de 99% à 86% des voix, modestie de l’âge oblige, ou selon qu’il passe du monopartisme au « multi »-monopartisme. Les élus congolais sont nommés, et non votés, sur la base d’une liste préalablement établie par le seul Sassou Nguesso. L’Assemblée nationale est une assemblée de parodie. Au final, jamais en 32 ans de règne, M. Sassou Nguesso n’a été élu à la régulière. Jamais il n’a installé des institutions républicaines. Il tient son règne des coups d’État, des mascarades et du soutien indéfectible de la France. Dès qu’il a reçu le « OK » de son ami Hollande, le référendum mascarade dont les résultats étaient connus d’avance affichait un « oui » massif, le projet de la nouvelle constitution était adopté, la date des élections présidentielles gagnées d’office était ramenée d’août à mars 2016. L’ami Sassou a décidé de parer au plus pressé, n’importe où, n’importe quoi, n’importe comment pour conclure le fait accompli et laisser l’ami Hollande terminer son mandat… loin du « vacarme » des anti-sassou. M. François Hollande, qui connaît parfaitement ces pratiques, se contente de prendre note. Sa note à lui, c’est, de droit, la position de la France officielle et, par conséquent, celle de l’Union européenne et de la communauté internationale. Le Congo étant contrôlé par l’unique radar de l’Élysée, les médias français oublient leur devoir d’informer pour s’aligner systématiquement sur la position de l’Élysée.

On pourrait toujours en rajouter si l’on voulait savoir pourquoi la France de M. François Hollande rejette-t-elle M. Bachar Al-Assad et soutient-elle M. Sassou Nguesso.

La raison tient lieu de l’« ami » protégé ou de l’« ennemi » harcelé, selon les intérêts en présence. Tout dépend du bon ou du mauvais côté où l’on se situe sur la balance de l’Élysée. Accusé de crimes contre l’humanité pour avoir massacré 3000 Ivoiriens, Laurent Gbagbo, en attente de jugement dans les prisons de la CPI, en sait quelque chose ! La Russie de M. Vladimir Poutine soutient M. Bachar en lui apportant de l’aide militaire. M. Bachar est non seulement le maître de son pays. Il est également le maître des richesses de son sol et sous-sol, ou du moins ce qu’il en reste. En soutenant le Syrien Bachar, la Russie quoique de nature non donneur de leçons comme le serait une certaine puissance, ne s’acharne pas contre le Congolais Sassou Nguesso, protégé, lui, par la France de M. François Hollande. La France quant à elle soutient M. Sassou Nguesso. Leurs relations sont paternalistes conformément au système de la Françafrique, en marche depuis 1960 et plus que jamais en vigueur aujourd’hui, sous M. François Hollande. Ce système est devenu en effet la marque déposée des relations que la France entretient avec ses anciennes colonies d’Afrique noire. Ainsi, M. Sassou Nguesso s’investit-il à fonds, liant l’utile à l’agréable, pour le maintien du système dont il est conscient d’être l’unique levier de la pérennité de son règne. Ses calculs tombent souvent à point nommé.

Dans le cas d’espèce, d’abord, M. François Hollande a pris goût à la guerre depuis sa déclaration au Mali du « jour le plus beau de sa vie politique ». Or, pour faire la guerre, il faut disposer de l’argent, de beaucoup d’argent. M. Sassou Nguesso, à la tête de l’une des populations les plus pauvres de la planète Terre, au milieu d’immenses ressources naturelles et pour se maintenir au pouvoir, reçoit les ordres de son patron Hollande pour distribuer l’argent du Congo en faveur de telle ou telle autre cause : tripatouilleurs des constitutions avec qui il cherche à former le réseau, effort de guerre (Centrafrique) pour soulager son maître François Hollande qui y a envoyé des combattants pour défendre les intérêts français, aide au développement (Côte d’Ivoire) pour éviter de mettre en difficulté la France souteneuse qui n’a plus les moyens de prêter… Toutes ces actions le sont au détriment du peuple congolais.

Ensuite, M. Sassou Nguesso a fait ses preuves de bon gardien des champs pétroliers français installés au Congo. La France est le premier partenaire commercial du Congo, premier fournisseur, premier investisseur, premier créancier. S’il y a une chose que M. Sassou Nguesso a le mieux comprise des relations internationales, ce sont les termes de l’échange : « pétrole contre maintien au pouvoir ». La multinationale Total a la mainmise sur le pétrole congolais dans des conditions d’opacité : l’américain Oxxy en sait quelque chose !

Toutes ses contributions font de M. Sassou Nguesso un bon contribuable en France. Pourquoi, bon sang, chercher à se débarrasser de quelqu’un qui paie bien ses impôts ? M. Sassou Nguesso qui, de surcroît, a obtenus l’aval de l’ami Hollande, peut donc écraser à volonté vermines et moutons qui rôderaient autour des champs pétroliers sans craindre de rien tant que ces derniers, matés, maltraités, affamés, cloués au silence et massacrés, ne troublent pas le sommeil du peuple français. Pourquoi alors se préoccuper de leur sort si leur malheur ne traverse pas les frontières pour attirer l’attention du monde ? C’est là, au personnage identique, toute la différence entre les victimes de M. Bachar et celles de M. Sassou ! C’est là, toute la différence entre les deux hommes… tout simplement !

Par Calixte Baniafouna

(France/Congo-Brazzaville/Françafrique) Bachar et Sassou, deux hommes d'exception française
(France/Congo-Brazzaville/Françafrique) Bachar et Sassou, deux hommes d'exception française
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Calixte Baniafouna - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT Sud-Congo
31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 06:39
(Congo-Brazzaville) Sassou Nguesso, l'homme qui se croit au-dessus des normes

alphonse-souchlaty-poaty


Alphonse Souchlaty-Poaty

Il y a du côté de l’Afrique Centrale, un potentat qui se prend pour le nombril du monde. Il ne respecte ni vies humaines, ni lois, ni biens publics, ni libertés publiques, ni engagements politiques, ni serments constitutionnels.

Il se plait à distribuer ça et là de l’argent tiré du Trésor public pour assurer sa pérennité au pouvoir et satisfaire son égo.

SASSOU-NGUESSO EST A SA NEUVIEME CONSTITUTION, RECORD HISTORIQUE MONDIAL

Son système déjà bien rodé consiste à changer de constitution, souvent par acte fondamental taillé à sa mesure. Ainsi du sinistre acte attribuant les pleins pouvoirs au CMP (Comité Militaire du Parti) à la mort de Marien Ngouabi le 17 Mars 1977, de l’acte instituant un Régime de Transition à la fin de la guerre du 5 Juin 1997 et de la Constitution du 20 Janvier 2002 ayant exclu les candidatures de ses principaux concurrents Lissouba, Kolélas et Yhombi pour raison d’âge de plus de 70 ans, séjour de 2 ans consécutifs à l’Etranger et condamnation pour crimes économiques, avant que la condition d’âge ne se retourne contre lui- même aujourd’hui, avec l’exigence de 2 mandats.

Depuis l’année dernière, il s’est mis à l’idée, sous de fallacieux prétextes, de changer la Constitution de son pays, quand bien même elle était sortie de son cru, la dernière parmi les neuf qu’il avait successivement imposées pour accéder et se maintenir au pouvoir en éliminant ses amis politiques.

Or, la constitution d’un pays, loi suprême s’il en est, ne peut être changée par la simple volonté d’un individu si puissant soit-il, sans qu’il y ait de crise constitutionnelle ou d’événement politique de force majeure. Alors même que tout le monde s’accorde à reconnaitre que le pays avait recouvré 15 ans durant une certaine stabilité dans la paix, loin des guerres à répétition qui avaient naguère endeuillé toutes les familles.

Evidemment, comme d’habitude dans les régimes de dictature, on prend soin de couvrir ce changement par un prétendu appel du peuple et on l’enrobe ensuite du vernis de la Justice.

Mais voilà, l’homme politique en question, qui s’était fait auparavant épingler les galons de Général d’Armée, sans les avoir mérités, avait accaparé le pouvoir par les armes au terme d’une guerre atroce, après l’avoir perdu démocratiquement par l’élection.

En passe de terminer le mandat qu’il avait cafouillé dans les urnes, il s’est trouvé à la croisée des chemins. Quitter le pouvoir ou s’y incruster par tous les moyens, y compris par la force et sous les couleurs du Droit.

Ayant eu maille à partir avec les institutions, le peuple et les instances internationales, il crut bon de s’accrocher au pouvoir après s’être crée une impunité juridictionnelle dans le cadre d’une nouvelle constitution, fabriquée pour la circonstance et votée subrepticement au cours d’un faux référendum organisé dans le sang, l’opacité hors de toute discussion publique contradictoire, la privation de libertés publiques et le boycott populaire.

Plusieurs interventions raisonnables, tant nationales qu’étrangères s’étaient levées contre cette façon hégémonique de faire la politique, et avaient instamment demandé à l’obsédé politique de prendre sa retraite, après 45 ans de présence en haut de l’affiche.

Certaines personnes en sont venues à lui proposer même une retraite paisible et dorée dans son village Oyo dont on pensait qu’il a été modernisé en conséquence, pour respecter la loi suprême du pays et assurer l’indispensable alternance au pouvoir. Mais rien n’y fit.

La Constitution du 20 Janvier 2002 avait prévu le mécanisme de sa révision et écarté toute modification touchant au nombre de mandats présidentiels fixés à deux et à l’âge des candidats limité à 70 ans. Elle ne pouvait donc être déchirée purement et simplement puis jetée aux orties avec tant de mégalomanie, pour la remplacer par une constitution permissive, teintée de démagogie.

Parce que telle est la volonté personnelle du Président Denis Sassou-Nguesso, c’est de lui qu’il s’agit, alors que ces verrous dirimants s’inscrivaient tout à l’encontre.

LE CHANGEMENT DE CONSTITUTION S’EST OPERE DE FACON INSIDIEUSE, SOUS LE PRETEXTE FALLACIEUX QUE CERTAINS CORPS INTERMEDIAIRES, CERTAINES COUCHES SOCIALES ONT ETE LAISSEES SUR LE BORD DU CHEMIN.

On voit institués dans la nouvelle constitution des conseils nationaux consultatifs des Femmes, des Jeunes, des Sages, des Handicapés, de la Société Civile, des ONG, du Dialogue national qui, dans sa marche royale pour la perpétration du coup d’Etat constitutionnel, ont été, parfois malgré eux autant de foyers de corruption.

C’est eux qui ont été à l’avant-garde de la chienlit organisée par le Président et le PCT dès 2014 pour la campagne ayant conduit au changement illégal et osé de la Constitution du 20 Janvier 2002.

Le problème est que leur cristallisation dans un texte normatif risquera d’être une source de chahut incontournable dans la prise de décisions générales aussi bien politiques qu’administratives pour la bonne marche de l’Etat et du Pays.

Et puis, on voit transparaitre la main du diable pour embrigader dans un cadre étatique la « Société Civile » et les ONG qui, par définition sont des électrons libres aussi bien dans leurs mouvements que dans leur lutte contre la mauvaise gouvernance. Le Tyran de l’Alima sait ce que la Société Civile et les ONG ont été dans la contestation qui a entrainé le départ du pouvoir de Blaise Compaoré au Burkina Faso, et même pour la conquête du pouvoir par Macky Sall au Sénégal.

L’on a prétendu à tort ou à raison que ces corps intermédiaires ont été laissés en marge de la distribution du gâteau national. Mais qui les a laissés ainsi? N’est- ce pas Sassou- Nguesso qui a privatisé le patrimoine national ? Qui dirige le pays de mains de fer depuis plus de 32 ans, qui est à la tête de tous les exécutants ? Oyons ! Un criminel qui se fait juge de petits délinquants !

Les textes ne manquaient pas, qui préservaient l’intérêt bien compris de toutes les catégories socio- professionnelles. A commencer précisément par la Constitution du 20 Janvier 2002, devenue bouc émissaire et objet de tous les sarcasmes, alors que, du point de vue de son préambule et notamment de ses articles 1er, 3, 4, 8, 24, 40, elle est censée avoir crée un Etat égalitaire, social, juste, démocratique et de dialogue permanent.

Il fallait donc, mais il suffisait simplement que le gouvernement s’assurât par des lois et règlements de caractère évolutif, l’application de ces dispositions en faveur des catégories visées par les conseils consultatifs ci - dessus, plutôt que d’en faire des structures normatives, venant en doublure avec les organes déjà existants et obérant le budget de l’Etat.

Que font le Conseil Economique et Social, la Médiation de la République et le Conseil des Sages organisé en Mars 2014 ? N’est-ce pas de servir d’interface entre les populations et les organes délibérants de l’Etat, de discuter de tous les problèmes, en particulier ceux des couches déshéritées ? Et le Parlement bicéphale, quelle est sa mission ? L’Assemblée et le Senat sont-ils ou non accessibles par la voie élective à tous, femmes, jeunes, vieux, handicapés. On aurait pu éventuellement y prévoir des quotas, dans le cadre d’une discrimination positive en leur faveur. Et les conseils locaux de district, de préfecture et d’arrondissement, ne sont- ce pas là des lieux de discussion favorisant la prise en compte des causes spécifiques dans le cadre des lois et règlements en vigueur?

Non, Sassou-Nguesso veut quelque chose qui lui convienne le mieux, qu’il peut manipuler à loisir, «nguiriser » à foison, (corrompre), appeler dans son palais quand il veut pour lui rendre un tribut ou pour pouvoir ébruiter comme émanant du peuple, la volonté du tyran (cas de la nouvelle constitution).

Une constitution s’apprécie plus dans son Esprit que dans sa Lettre. Qu’est-ce donc la Constitution du 25 Novembre 2015, sinon, à y regarder de près, un recueil de dispositions disparates, vaines et démagogiques, propres à flatter l’inconscient militant de l’électeur moyen. Celui-ci va rapidement déchanter parce que Sassou-Nguesso, fidèle à lui-même, n’aura pas assez de constance pour assouvir son attente, même si, par un heureux hasard le pétrole et le gaz devaient continuer à couler et à bien se vendre sur le marché international.

Sassou-Nguesso a déjà mis en place des chefferies et mairies de village, de district, de ville, truffé l’Administration Centrale de directions et services qui sont autant de gouffres à millions. Il continuera d’en mettre sous l’égide de la nouvelle constitution, sans résultat tangible, hormis les détournements et le farniente doublés d’une impunité vertigineuse.

Le tout pour que les gens nommés servent de relais politiques en faveur du dirigeant suprême ?

SASSOU-NGUESSO GERE L’ETAT AVEC BEAUCOUP TROP D’APPROXIMATION

Mais on ne crée pas un Etat en fonction des objectifs à court-terme de son Chef du moment ; on crée un Etat si du moins on veut qu’il soit fort, sur la base de la superstructure durable économique et sociale, en sauvegardant l’avenir et en tenant compte des moyens matériels, financiers, humains disponibles et prévisibles.

La cinquième République Française si souvent citée en exemple, n’est pas une œuvre rocambolesque et démagogique. René Coty, en 1958, ne s’était pas maintenu à la tête de l’Etat en enjambant la quatrième République. Parce que c’est la logique interne des institutions qu’un chef d’Etat ne survive au changement de la constitution en vertu de laquelle il a été placé au pouvoir, en l’occurrence la Constitution du 27 Octobre 1946.

En somme, le changement de constitution en démocratie, induit un changement de régime. Et le changement de régime implique un changement des institutions qui en sont l’émanation juridique et politique. C’est donc une hérésie institutionnelle que de vouloir à tout prix un changement de constitution, tout en introduisant dans la nouvelle loi fondamentale une disposition transitoire qui maintient en fonction tout le Système politique ayant prévalu dans le cadre de l’ancienne norme.

Il en serait autrement si le changement était consécutif à un événement majeur de nature politique : guerre, coup d’Etat, sécession, redéfinition du cadre territorial et politique, etc.. Dans le cas présent, c’est une simple révision qu’il convenait de faire si Sassou-Nguesso n’avait pas manigancé pour pouvoir se maintenir au pouvoir en créant comme à son habitude une situation de table rase.

Sassou-Nguesso n’avait qu’une seule issue : Puisqu’il a voulu changer de constitution, ou « faire évoluer les institutions », pour emprunter son jargon, il n’avait pas d’autre choix que de démissionner, pour pouvoir se représenter à la prochaine élection présidentielle.

D’ailleurs, l’élection présidentielle suppose un minimum d’égalité de chance entre candidats potentiels, ce qui, en l’occurrence n’est pas le cas d’un président en exercice, fixant lui- même les règles du jeu et la date de l’élection comme au bon vieux temps du monopartisme régnant.

Le Congo est actuellement à cheval entre deux constitutions, circonstance extraordinaire qui crée un conflit de lois, tant redouté par les juristes. La constitution prétendument votée le 25 Novembre 2015 et mise en application le 6 Décembre 2015 est à hue et à dia, avec sa devancière du 20 Janvier 2002 toujours en vigueur.

A titre d’exemple, tandis que la Constitution du 20 Janvier 2002 impose au Chef de l’Etat de déclarer son patrimoine dès sa prise de fonctions, sans autres indication, celle du 25 Novembre subordonne cette disposition au vote d’une loi qui doit déterminer les fonctions concernées et les modalités de déclaration. Quid d’une éventuelle action judiciaire pour l’y contraindre étant donné qu’il ne l’a pas encore fait?

De même, la Constitution du 25 Novembre 2015 le met hors d’atteinte des juridictions internationales, tandis qu’à l’égard de celle du 20 Janvier2002, il n’est qu’un justiciable de droit commun, hormis l’immunité attachée à son titre de chef d’Etat en exercice.

Enfin, si d’aventure le Chef de l’Etat, ses Ministres et autres responsables politiques devaient être traduits pénalement devant les juridictions congolaises, quelle constitution serait invoquée ?

Voila pourquoi, mise à part l’intention à peine voilée de vite rempiler, Sassou- Nguesso veut ramener la date de l’élection présidentielle au 1er trimestre, au lieu d’en référer à la date constitutionnelle du 31 Juillet 2016.

N’empêche : le Chef de l’Etat s’emmêle les pinceaux, à l’écouter lors de son discours à l’Assemblée Nationale le 22 Décembre 2015 qu’il aurait convoquée en vertu de la nouvelle constitution alors que la Constitution du 20 Janvier le lui interdit, sauf réunion en congrès une fois l’an.

En effet, tant que le Président de la République n’a pas prêté serment sur la nouvelle constitution, aucune Autorité ne peut se prévaloir de ses dispositions. Mais il ne peut encore prêter un nouveau serment au cours d’un même mandat, pendant que la Constitution du 20 Janvier 2002 qu’il avait juré de respecter a encore un souffle de vie.

Tantôt il dit que la nouvelle Constitution ne produira ses effets qu’avec la mise en place ultérieure des nouvelles institutions et en particulier de l’élection du nouveau Président et de celles de l’Assemblée nationale et du Senat, tantôt il se prévaut de l’article 244 de la Nouvelle constitution pour asséner que tous les organes issus de la Constitution du 2 Janvier 2002 demeurent en fonction.

Et de demander au Ministre de l’Intérieur de produire un texte de loi électorale à partir de la nouvelle constitution sans y associer préalablement l’Opposition politique, en se référant au dialogue, plutôt au « monologue de Sibiti », selon l’opposition démocratique qui n’y avait pas pris part.

Dans ces conditions même ceux qui croyaient encore au consensus en ont pour leurs conseils. Comme quoi ouvrir une fenêtre d’opportunité à un tyran n’amène qu’à un sauf- conduit dommageable, mieux à la boite de Pandore.

Les institutions actuelles qui subsistent en porte- à-faux avec la nouvelle constitution ne sont là que pour un temps, afin d’expédier, si je ne me trompe, les affaires courantes car dès sa publication la nouvelle constitution est censée produire tous ses effets, du moins si j’en crois son article final 246 « La présente loi, qui entre en vigueur dès sa promulgation, sera exécutée comme constitution du Congo ».

Il parait évident que de nombreuses affaires importantes d’Etat doivent attendre, si elles ne sont pas traitées dans le cadre du consensus. Si donc la nouvelle avait un esprit, ce serait celui du Consensus.

Or, un véritable changement de constitution n’eût pas permis aux institutions actuelles maintenues en vie, de continuer leur office, concurremment avec celles devant résulter de la constitution du 25 Novembre 2015. Alors que la base sur laquelle repose leur pouvoir a été trucidée par la seule volonté du tyran de Brazzaville.

Pour que l’institution présidentielle fût véritablement la «Clef de voûte » de la Constitution du 25 Novembre 2015, comme c’était le cas du Président de la République Française dans la Constitution du 4 Octobre 1958, il ne suffirait pas que Sassou-Nguesso eût cité l’expression évocatrice de cette dernière, conçue par Charles de gaulle à partir de son discours de Bayeux le 16 Juin 1946, dans un esprit novateur et de responsabilité.

Michel Debré, alors Ministre de la Justice, qui fut la cheville ouvrière de l’élaboration de cette constitution, entouré d’éminents spécialistes du Droit comme René Cassin, n’avait pas ouvert une voie royale permettant au fondateur de la 5è République, respectueux des lois et du génie de la France, d’enjamber les morts et la constitution de 1946 comme on l’a vu récemment au Congo avec le malheureux référendum qui a aboli la Constitution du 20 Janvier 2002 envers et contre tout.

Au contraire, la Constitution du 4 Octobre 1958, en jetant les bases du Renouveau, opéra une véritable césure avec le passé, sans maintenir en fonction, de quelque manière que ce fût le Président René Coty et son équipe, emportés par la guerre d’Algérie.

SASSOU N’GUESSO N’EST PAS COMPETENT POUR RAMENER LA DATE DE L’ELECTION DU 31 JUILLET AU 1ER TRIMESTRE 2016

Le comble de l’incurie est que Sassou-Nguesso, acculé à naviguer entre deux eaux, se permet d’écourter son mandat à la tête de l’Etat, alors que le mandat présidentiel est juridiquement impératif dans sa durée comme dans son essence. Sa validité est de 7 ans.

Il ne peut être prolongé ni écourté hors le cas de décès, d’invalidité, de démission volontaire, de forfaiture dûment constatée. L’article 68 de la Constitution du 20 janvier 2002 est d’ailleurs sans équivoque sur ce point :

« Le mandat du Président de la République débute le jour de sa prestation de serment et prend fin à l’expiration de la septième année suivant la date de son entrée en fonction ».C est clair comme l’eau de roche.

Cette disposition est reprise in extenso par la nouvelle constitution en son article 76, de sorte que Sassou-Nguesso ne peut s’y réfugier pour prétexter un raccourcissement injustifiable et injustifié de son mandat.

C’eût été exorbitant du droit commun que celui qui exerce le mandat suprême s’arrogeât le droit de fixer proprio motu la date de l’élection présidentielle hors du cadre constitutionnel. Il se perpétuerait ainsi au pouvoir en déterminant par opportunisme politique et électoraliste le moment de la prochaine consultation.

De plus, dans le cas particulier de Sassou-Nguesso, il prend de court tous ses concurrents potentiels qu’il surprend à la fois sur le plan de l’organisation de la campagne et des moyens matériels et financiers. Et en dépit du bon sens, il parle néanmoins de dialogue et de consensus…

Autant dire en bafouant les règles élémentaires d’égalité et de bienséance politiques, à moins qu’il ne se joue de l’Opposition supposée faible et incapable de lui porter l’estocade qui convient.

Il en irait autrement de la date des élections législatives qui elle, est à la merci de l’Exécutif au pouvoir lequel peut éventuellement l’écourter en fonction du climat politique et souvent de l’état des sondages d’opinion.

En effet, le mandat de député n’a pas de caractère impératif. Sa date de validité quoique prévue par la loi, n’est qu’indicative.

On le voit, tout ce micmac politico-structurel est la résultante d’une décision irréfléchie d’un homme qui considère le Congo comme son entreprise familiale sur laquelle nul autre que lui n’a de prise. Et qui peut l’organiser et la réorganiser à sa guise, sans tenir compte de toutes les considérations de principe qui président à la mise en place des normes constitutionnelles.

Pour paraphraser Georges Clémenceau qui parlait de guerre pour les militaires, je dirais que la question constitutionnelle est une chose trop sérieuse pour être confiée aux politiciens, même et surtout, entourés de juristes partisans.

L’OPPOSITION DOIT SE PREPARER POUR AFFRONTER L’ELECTION PRESIDENTIELLE

Alors, que reste-t-il à faire pour l’Opposition devant pareille occurrence? Dans les pays de Droit, des organes juridictionnels de régulation appropriés devraient être saisis, et toute cette manigance de passage en force anticonstitutionnel, voire de brigandage politico-juridique devrait encourir une sanction immédiate, allant jusqu’à la forfaiture.

Je crois que l’Opposition devrait intenter un recours devant le Conseil Constitutionnel au moins pour le respect de la date limite du 31 Juillet 2016.

Mais nous ne savons que trop ce qui peut advenir d’un recours dans un pays aussi « sous-géré » que le Congo, pour employer le terme d’un grand intellectuel congolais aujourd’hui rentré dans les rangs.

Bouder l’élection ? Certainement pas, si tant est que l’Opposition ne puisse réussir à l’empêcher, comme je le crains, pour la date imposée par le Tyran. Mais elle ne peut s’y prêter, tels des moutons de panurge.

Sassou-Nguesso, de toutes les façons, habitué au boycott et aux désistements, n’attend que sa posture habituelle de candidat exclusif, quasiment seul sur le ring, pour se battre avec quelques sparring-partners de son choix.

L’Opposition doit se préparer pour affronter cette élection. D’abord et avant tout, elle doit se regrouper autour d’un seul et unique candidat crédible en vertu du principe de « l’union fait la force ». Et pour minimiser tout risque de corruption de candidat pris individuellement comme on l’a vu dans un passé récent. Elle éviterait ainsi la tentation suicidaire de candidatures multiples et neutralisantes.

Personne actuellement dans l’Opposition ne peut se targuer de mener un combat solitaire envers et contre tous, en faisant fi de l’unité de rang qui mène à la victoire commune. C’est un impératif qui s’impose à toutes les composantes du FORCAD- IDC.

Celles-ci doivent ratisser large parmi les autres partis et associations politiques quelles que soient la couleur politique et l’ethnie de leurs dirigeants, pourvu qu’ils aient pour leitmotiv l’Alternance politique, la bonne gouvernance et l’unité nationale.

Bien plus, le caractère national d’un parti politique constituera, à n’en point douter, l’un des facteurs déterminants dans le choix de l’homme ou de la femme qui dirigera demain le Congo, pour trancher avec la vision obtuse et la politique sournoisement sinon ouvertement régionaliste de Sassou- Nguesso et du PCT, son bras séculier.

Pour autant, le gouvernement devrait se garder de décisions hâtives, à la veille de ces élections, quant à l’implantation des organes des partis politiques sur l’étendue du territoire national.

L’exemple du PCT n’est pas caractéristique d’une bonne organisation nationale, et d’un a priori détribalisé, ce parti politique naguère institution nationale, étant demeuré sur les plates-bandes étatiques qui l’ont vu naitre en 1969 sous le monopartisme.

Son financement est encore de nos jours assuré sur fonds publics, de façon plus ou moins déguisée et ses cadres sont des fonctionnaires émargeant au budget de l’Etat, à commencer par son Président qui n’est autre que le Président de la République, contrairement à la Constitution du 20 Janvier 2002 et même à celle du 25 Novembre 2015.

L’Opposition doit, quoi qu’il en soit, lutter pour que l’élection présidentielle ait lieu dans le délai constitutionnel proche de Juillet 2016 et qu’elle se tienne notamment sous l’égide des Nations Unies et de l’UA, ainsi que des Organisations internationales comme la Fondation Carter, spécialisées dans les questions électorales dans les pays de peu de fiabilité démocratique.

SASSOU NGUESSO EST EN SITUATION DE SURVIE POLITIQUE

Le Congo, plus que d’autres pays du Continent Africain, n’inspire pas confiance pour une élection inclusive et transparente. Il ne peut soulever le prétexte de souveraineté nationale. L’on sait que Sassou-Nguesso est passé maitre dans ce jeu de souveraineté factice quand cela l’arrange tout en étant prompt à ameuter les armées extérieures et les mercenaires pour lui venir au secours en cas de conflit interne.

On l’a entendu maugréer lorsqu’il est passé en force sur les interdits constitutionnels, pour organiser un faux référendum, sous prétexte que le Congo est un pays souverain, même au prix de plusieurs dizaines de morts. Comme si la souveraineté nationale incluait le droit pour un tyran notoire d’assassiner, d’emprisonner, de piller et de violer à sa guise les lois qui fondent un pays membre des Nations unies et de l’UA régies par des textes internationaux.

Sur ce plan au moins, il est disqualifié d’office pour pouvoir s’opposer à une intervention extérieure de nature technique, démocratique et paisible.

Je dois souligner avec force que Sassou-Nguesso est en situation de survie politique. Sa carrière de dictateur ne tient plus qu’à un fil. Mais il fera tout pour se sortir du guêpier, y compris par des actions d’illégalité flagrante, par exemple en écartant ou en corrompant certains candidats valeureux.

Il appartient donc à l’Opposition de le contrer sur le terrain de la légalité et des principes, sans rien exclure de tout ce qui peut permettre au pays de sortir la tête du bourbier dans lequel il a été plongé.

Un regroupement de forces opposées au PCT devrait être recherché méthodiquement en évitant toutefois des loups dans la bergerie, forces acquises aux idées novatrices d’alternance politique, insusceptibles de corruption et de trahison dans le climat délétère actuel qui constitue le champ traditionnel de prédilection de ce personnage absolutiste.

On le sait nageur en eau trouble, fomentant la division dans les rangs des militants des partis de l’Opposition, distillant le mensonge, semant la terreur et la peur dans les masses populaires pour mieux les dominer, surtout dans une situation aussi grave qui engage le Destin d’une Nation.

C’est ici le cas de souligner que les médias publics doivent être sollicités et mis à contribution avec le maximum d’efficacité, non seulement pour rejeter sa propagande brumeuse et envahissante, mais aussi et surtout pour faire passer les récriminations jusqu’ici étouffées de mauvaise gouvernance, de pillage, d’impunité et de clanisme exacerbé dont il est le champion hors catégorie.

Qu’on ne se méprenne pas sur le discours lénifiant du Ministre de l’Intérieur relatif au bulletin unique et à la mise en place de la commission électorale dite indépendante, dont il n’est pas encore certain qu’elle sera présidée par un membre désigné par l’Opposition comme ce fut le cas en 1992.

Il faut aussi et surtout nettoyer le fichier électoral de toutes ses scories, de ses faux électeurs, venant des pays frontaliers ou faisant doublon avec d’autres inscriptions. Il faut se méfier de l’intrusion des militaires dans les opérations électorales annexes, notamment dans le transport des urnes et dans la surveillance des bureaux de vote.

Et l’on ignore tout du vote électronique qui figure dans le cahier de charges de l’Opposition.

Doivent être exclues ou à tout le moins empêchées, les mains malhabiles ou malintentionnées dans la compilation et le décompte des résultats. Ce sont les mêmes qui falsifient les procès- verbaux avant leur publication officielle et qui parfois les brûlent purement et simplement pour éviter des contrôles ultérieurs de conformité.

Car il est évident que le tyran ne manquera pas de se proclamer élu dès le premier tour même avec le chiffre devenu proverbial de 5 % des suffrages exprimés, depuis son retour au pouvoir par les armes et les élections subséquentes.

JOSEPH STALINE, MEME MORT, EST TOUJOURS AU SECOURS DU PCT DANS L’ORGANISATION DE LA FRAUDE ELECTORALE

Révulsé par le scrutin de 1992 qui l’avait laissé pantois sur le tapis démocratique, il a juré de ne plus perdre une élection, surtout organisée par son régime. Qui dit mieux sur l’intention falsificatrice des résultats sortis des urnes ?

Ô fraude ! Ô infâme supercherie ! Comment éviter l’éventualité inimaginable à mes yeux de : « un coup- chaos » qui se mijote déjà dans les coins et recoins du pays occupé par les tentacules de la pieuvre sassouiste ?

Même si l’on peut penser que le fruit est mûr et qu’il ne lui reste plus qu’à tomber, il peut tomber sur une branche en s’y accrochant. Ne faudrait- il pas alors secouer vigoureusement l’arbre, afin qu’il ne soit pas comme ce coq à la tête coupée qui néanmoins continue de marcher ?

L’opposition et le vaillant peuple congolais doivent se souvenir opportunément de ce qu’avait dit Joseph Staline : « Il est déjà bien suffisant que les gens sachent qu’il ya eu une élection. Les gens qui votent ne décident rien. Ce sont ceux qui comptent les votes qui décident de tout ».

Le Parti Congolais du Travail et son Chef sont en Afrique de grands héritiers de cette pratique soviétique de triste mémoire.

Je ne saurais trop inciter à la vigilance d’autant que la justice est loin d’être favorable à l’Opposition, c’est le moins qu’on puisse dire. L’Opposition doit gagner haut la main l’élection présidentielle et plus tard le scrutin législatif.

Elle doit obtenir une victoire écrasante incontestable, car un résultat à l’arraché ne lui serait pas reconnu par la fameuse commission électorale indépendante, et par la Justice, du moins tant que Sassou-Nguesso sera à la tête des institutions, même dans l’hypothèse où il ne serait pas lui- même candidat, au profit de Denis Christel, dit KIKI, à supposer qu’il en vienne à devancer le programme d’accréditation de son rejeton.

Un tyran n’est pas un enfant de chœur. C’est un état d’esprit et une pratique quotidienne dans tous les domaines, dans toutes les circonstances de la vie ; il tient toutes les institutions en laisse, aussi bien politiques, civiles, militaires, administratives que judiciaires ; il n’hésite pas à mâter, à tuer et à défier même ceux qui l’ont placé sur le trône.

Son objectif est de durer encore dans son réduit fortifié, avec sa garde prétorienne, ses miliciens, ses mercenaires, sa police « nationale », son Armée « nationale », sa gendarmerie « nationale », son carré de partisans civils, son cercle mystico- fétichiste, son Trésor « public », Son pétrole « national », son poison, sa conception politique proche de l’homme des cavernes et son impressionnant carnet d’adresses extérieures.

Toutefois, ce dernier atout a commencé par s’effilocher depuis le jour de ses manigances anticonstitutionnelles.

S’il a déjà créé 9 constitutions et actes fondamentaux, pourquoi ne pourrait-il pas en créer une dixième pour pouvoir « continuer son œuvre », toujours inachevée, jusqu’à ce que mort s’ensuive sur le métier. Au point où en sont les choses aucune hypothèse n’est exclue.

Il faut donc l’arrêter net ici et maintenant par un rejet électoral sans ambages, car cet homme est dangereux, faute de quoi il mènera le Congo vers « l’immergence » c'est-à-dire à la noyade, dans l’Alima sans doute, à défaut de l’émergence économique et sociale, attendue pour l’horizon 2025.

L’attention du Peuple congolais est particulièrement attirée. A lui de prendre ses responsabilités.

A cette date, en effet, il aura accompli ses deux nouveaux mandats de 5 ans chacun, si on le laisse de nouveau s’autoproclamer élu demain. Ce qui lui permettra plus tard d’instituer, avec une Opposition blasée, un Peuple interloqué et une Communauté internationale noyautée, soit son Royaume d’Oyo, soit sa Présidence à vie, soit une Vice- présidence de la République confiée à KIKI dans l’optique d’une Dyarchie, comme c’est actuellement le cas d’Andorre et de Saint Martin, survivances de l’Antiquité Romaine et Carthaginoise.

Et ce, moyennant tenez vous bien, un changement de la Constitution du 25 Novembre 2015.

Tous mes meilleurs vœux de bonheur et de prospérité pour le nouvel An à vous tous, chers frères et sœurs, chers amis, qui liront ces lignes ou qui en entendront parler.

Alphonse Souchlaty Poaty, le 27 Décembre 2015

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Alphonse Souchlaty-Poaty - dans Sassou Nguesso Congo-Brazzaville PCT Sud-Congo
28 décembre 2015 1 28 /12 /décembre /2015 17:33
(Congo-Brazzaville) Déclaration des Laïcs Chrétiens

ET NOUS Y VOICI !

DFPN 06

Dans la déclaration du 7 Novembre 2015 (DFPN 02), les Laïcs Chrétiens, ont fait le constat qu’avec l’adoption très contestée de la nouvelle constitution, « Le Congo plonge dans une grande incertitude ».

En effet, toutes les institutions issues de la constitution de 2002 auraient du prendre fin avec celle-ci. « La nouvelle constitution » précise toutefois qu’elles demeurent valides jusqu’à la mise en place des nouvelles.

En réalité, leur existence légale se fonde sur la notion de la continuité de l’Etat et non pas sur une quelconque légitimité, celle-ci étant automatiquement perdue. De ce fait, on ne peut alléguer, pendant la période transitoire qui s’est ouverte, d’une majorité et d’une opposition politique ou électorale.

Le Congo vit alors des moments très incertains. Adoptée dans les conditions les plus incertaines, la constitution nouvelle reste très contestée et ne fait pas, elle-même, consensus.

La transition en découlant ouvre une période délicate où toutes les forces politiques et même sociales, qui se valent par ailleurs, s’affrontent sans consensus politique sur l’aujourd’hui et le demain de la nation congolaise.

  1. Et nous y sommes !

Le malheur du Congo vient du fait que la classe politique et les gouvernants congolais souffrent de deux graves maux : l’autisme et l’orgueil.

Dans toutes les circonstances, ils ont raison, même quand les morts s’amoncellent. Ils ont toujours raison contre tous, même contre Dieu. Ils ont raison, puisqu’ils sont la raison.

Devant ladite raison devenue « divine », même le droit disparait. Nous nous rappelons qu’au terme du mandat du Président Pascal Lissouba, des sommités du droit de la Cour constitutionnelle, arguant, en réalité, de la turpitude de celui-ci, s’étaient permis, en dépit des règles de droit, de lui accorder une prolongation de magistrature.

De nos jours, deux constitutions continuent de régir la vie de la nation congolaise : la constitution de 2002 et celle de 2015.

La constitution de 2002 n’avait prévu aucune disposition sur sa disparition sinon qu’un processus évolutif avec un noyau dur auquel on ne peut toucher. De cette constitution découle toutes les institutions actuelles.

La nouvelle constitution de 2015 vient radicalement changer ou mieux rompre d’avec l’ordre constitutionnel établi en 2002.

Toutefois, les géniteurs de la constitution de 2015 sont restés conscients sur la faiblesse originelle de leur création. En effet, la naissance de cette constitution reste un acte purement politique qui, malheureusement, ne se fonde sur aucun consensus politique, lequel consensus aurait pu déterminer à l’avance les étapes de la marche à suivre.

A défaut de ce chronogramme consensuel, ils ont inscrit dans leur œuvre constitutionnelle que les institutions issues de la constitution de 2002 demeurent valides jusqu’à la mise en place des nouvelles.

Les braves géniteurs de la nouvelle constitution de 2015 restent toutefois conscients que ces institutions de 2002 ont perdu toute légitimité. Aucune disposition de la nouvelle constitution n’autorise la plus haute institution, le Président de la République actuel, en fonction, de prêter serment en tant que tel sur cette nouvelle constitution.

  1. En réalité, les institutions issues de la constitution de 2002 sont devenues provisoires. Elles n’assument donc que la continuité du service public.

Du point de vue du droit, ces institutions n’assument que la continuité du service public. Leur capacité est donc limitée à ce rôle. Elles ne peuvent s’autoriser de le dépasser. Tout dépassement est un forfait, et même un coup d’état, qui engage la responsabilité collective et personnelle des auteurs.

La formule large de continuité usitée par les géniteurs de cette constitution de 2015 prête à équivoque. Etant donné qu’il s’agit de la continuité du service public, une institution, le Président de la République et trois organes de gestion (le gouvernement, l’organe judiciaire et la force publique) sont indispensables. Tout le reste est facultatif, surtout ne dispose d’aucun pouvoir de décision.

Les actes liés à la votation du peuple, à savoir le recensement électoral, la loi électorale, la fixation des circonscriptions, les conditions d’équité et de transparence, les conditions d’expression du citoyen et des candidats, les conditions pratiques du vote ne sont nullement des actes de gestion courante du service public. Ils sont des actes organiques et déterminants pour la mise en oeuvre de la constitution de 2015. En conséquence, les institutions provisoires ne peuvent se saisir elles-mêmes de ses questions et trancher. Ces questions dépassent leur compétence propre d’institutions et organes provisoires.

  1. La consultation référendaire de 2015 reste un acte politique

La constitution de 2015 ne trouve nullement sa source dans les dispositions constitutionnelles de 2002. La consultation référendaire de 2015 est un fait politique.

Ce fait politique a donné naissance à la constitution de 2015. Cependant, celle-ci n’a pas guéri le fait politique de sa maladie congénitale : l’absence de consensus politique national, lequel aurait pu seul déterminer les étapes à franchir dans la période transitoire.

Cette grave faiblesse semble obliger les institutions provisoires, ces derniers temps, à outrepasser leur unique rôle de gestion de continuité du service public. Quelque soit la force de dissuasion de ces institutions provisoires, il n’en demeure pas moins qu’une république démocratique se fonde sur le droit. – Simple rappel : Le Congo Brazzaville n’est plus régi sur des principes marxistes.

Les institutions et organes transitoires actuels doivent, dans tous les cas, se retenir de tout forfait et de tout coup d’état contre la République.

Les Laïcs Chrétiens attirent tout particulièrement l’attention des éminents juristes du pouvoir judiciaire et des autres Cours du droit sur leur responsabilité dans la dérive de la démocratie congolaise depuis les années 1997.

  1. Le consensus politique national réel est la seule solution

Les Laïcs Chrétiens exhortent la classe politique et les gouvernants congolais à sortir de leur autisme et leur orgueil, à écouter humblement le peuple congolais dans sa diversité et dans ses différences.

La situation de blocage national dans laquelle vous avez délibérément plongé la nation et la république congolaise exige un effort sur vous-mêmes, celui de consentir à un dialogue à « l’Otwèrè », devant établir un consensus politique national véritable. (Otwèrè, Mgr B. Gassongo, les Lianes B.P. 2301 Brazzaville, 10 Mars 1979)

La nation congolaise est notre maison commune, notre « Mbongui » et nos problèmes se règlent à « l’Otwèrè ». Pourquoi avons-nous oublié notre culture bantoue-autochtone, rien que par autisme et orgueil ? Où allons-nous ?

Les Laïcs Chrétiens soulignent la responsabilité du monde occidental chrétien. Celui-ci semble porter les valeurs démocratiques à travers le monde. Son soutien expressif au début, tiédit et s’évanouit ensuite lorsque ses intérêts économiques immédiats le commandent. De plus et depuis, l’occident démocratique s’affaiblit et même se bloque devant ce que Jean-François Revel qualifie de « fait accompli » (Jean-François Revel, Comment les démocraties finissent, presse Cameron, mars 1985).

Afin de porter de manière plus crédible ses valeurs, l’Occident démocratique doit redéfinir sa stratégie d’action dans ce monde qui, de nos jours, s’engage dans une longue période de grands périls.

Les Laïcs Chrétiens invitent tous les acteurs de la scène politique congolaise, nationaux et internationaux, à se ressaisir et travailler fermement pour instaurer un véritable renouveau au Congo.

Ils déclarent, en cas d’accord des parties concernées, leur disponibilité quant à faciliter le rapprochement et le dialogue à « l’Otwèrè ».

Fait à Brazzaville, le 26 Décembre 2015

Le Président de la Fondation Pro Novis

ANDELY-BEEVE

NB. Fondation Pro Novis reconnue par l’Etat congolais le 27 juillet 2012 et revêtue de la personnalité juridique au sein de l’Eglise catholique en vertu du canon 312 (Décret d’approbation ecclésial du 3 Janvier 2013)

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28 décembre 2015 1 28 /12 /décembre /2015 09:30
Congo-Brazzaville : Le piège de la CENI et du bulletin unique

L'histoire n'est pas linéaire. Elle fait du surplace puis accélère. L’année 2015 va-t-elle être pour le Congo-Brazzaville celle où Denis Sassou Nguesso a réussi son coup d’Etat constitutionnel là où Blaise Compaoré au Burkina Faso a échoué ? Tout pousse et force à le croire. Tant Denis Sassou Nguesso déroule avec une facilité déconcertante son calendrier. Rien ne semble stopper net sa volonté de briguer un troisième mandat.

Chocs


Au Congo-Brazzaville, il ne faut pas seulement renverser la table, mais changer la table et le mobilier qui va avec. Les populations du Congo-Brazzaville et beaucoup de politiques, de chaque camp, le pensent, mais ils sont otages de leurs habitudes et de nos institutions.
L’année 2016 va-t-elle être ainsi celle de chocs institutionnels avec la mise en place de la CENI et l’adoption du bulletin unique qui vont transformer de façon irréversible le Congo-Brazzaville ? C’est l’annonce tonitruante faite le 23 décembre 2015 à Brazzaville par le conseil des ministres en sus de la présidentielle anticipée faite par Denis Sassou Nguesso le 22 décembre 2016. Que vaudraient la CENI et le bulletin unique sans la réfonte du fond en comble du fichier électoral ? La CENI sera-t-elle composée des personnalités indépendantes de la trempe de Monseigneur Louis Portella Mbuyu ? L’évêque de Kinkala est taillé pour le job. Il choisira ses collaborateurs et gérera les finances de sa structure. toutefois, la simple évocation du nom de Monseigneur Louis Portella Mbuyu à la présidence de la CENI fera hurler dans les chaumières du PCT. Qui nommera les membres de la CENI ? Quels seront les critères de leur choix ? Qui la dirigera ? La CENI prendra-t-elle le train des opérations électorales (recensement, fichier, découpage) en marche, opération enclenchée par la CONEL de Henri Bouka ? Les opérations électorales supervisées par la CONEL d’Henri Bouka avaient consacré la supériorité numérique de la partie septentrionale par rapport à la partie méridionale. A l’époque, hormis Clément Miérassa, Guy-Romain Kinfoussia et Mathias Dzon, très peu de voix s’étaient élevées pour dénoncer cette forfaiture. D’ailleurs, les députés de l’alliance IDC-FORCAD ont été élus sur la base de ce fichier électoral tronqué. D’où la gêne de monter au créneau sur ce plan. La CENI aura-t-elle la maîtrise du processus électoral du début jusqu’à la proclamation des résultats ? Ce qui suppose et implique la reprise du recensement de la population dans toute l’étendue du terrritoire du Congo-Brazzaville. Une situation qui remmettrait en cause le découpage et le fichier électoral actuel sur la base duquel s’est tenu le référendum du 25 octobre 2015. La CENI et le bulletin unique est un piége tendu par Denis Sassou Nguesso, le PCT et les épigones du « chemin d’avenir ».

Boycott v/s participation

L’opposition du Congo-Brazzaville rassemblée au sein de l’alliance IDC-FROCAD succombera-t-elle aux sirènes de la CENI et de l’adoption du bulletin unique ? La participation à la présidentielle anticipée de 2016 équivaut à tomber pieds et poings liés dans le panneau . Elle correspondrait de facto à reconnaître la nouvelle Constitution du 6 novembre 2015.
Au sein de la plate-forme IDC-FROCAD deux opinions s’affrontent. Celle des partisans du boycott et donc de la politique de la chaise vide et celle des adeptes de la participation à la présidentielle anticipée et donc de la figuration sachant que la victoire de Denis Sassou Nguesso est connue d’avance. Et, ceci, dès le premier tour. C’est la mode aujourd’hui dans les républiques bananières en Afrique.

Rôle

Les membres de la plate-forme IDC-FROCAD qui prônent la présentation d’un candidat et la participation à la présidentielle anticipée de 2016 sont-ils dans un jeu de rôle ? Sont-ils en service commandé ? Dans la configuration politique actuelle au Congo-Brazzaville dominée par le PCT dans toutes les instances politiques et administratives, candidature unique ou pas de l’alliance IDC-FROCAD, le succès de Denis Sassou Nguesso à la présidentielle anticipée de 2016 est garantie. Denis Sassou Nguesso, le PCT et les épigones du « chemin d’avenir » n’organiseront pas la présidentielle anticipée pour la perdre. Le principe d’une candidature unique n’est pas encore acquis que le débat fait déjà rage. Claudine Munari Mabonzo s’est prononcée pour la participation, Guy-Romain Kinfoussia a rejeté l’idée de la présidentielle anticipé et Romain Bédel Soussa a déclaré sa candidature. Sous nos yeux, l’unité du FROCAD et de l’IDC est en passe de voler en éclats. Sourrire en coin, l’homme d’Edou/Penda pousse un ouf de soulagement et savoure avec délectation la débandade qui commence à gagner l’alliance IDC-FROCAD. Denis Sassou Nguesso est un orfèvre dans l’art de placer les peaux de banane. Qui dira pire ?
La crédibilité de l’alliance IDC-FROCAD passe par l’obtention de la révision des listes électorales , du recensement, du découpage électoral couplés à la CENI et à l’adoption du bulletin unique ainsi que du système biométrique. Ce qui nécessite une période de transition sans Denis Sassou Nguesso. C’est ce que suggèrent les Assises nationales pour l’alternance au Congo-Brazzaville de Jean-Luc Malékat (congopage.com, 24 décembre 2015). Comment y parvenir ?


Benjamin BILOMBOT BITADYS

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