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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 11:31
(Françafrique) De la Côte d'Ivoire au Gabon, la françafrique craque : AFRICA

De la Côte d’ivoire au Gabon, la francafrique craque :: AFRICA -


Des opinions embarrassées et contradictoires sur le conflit électoral au Gabon traversent les milieux progressistes africains. Les uns appellent à en finir avec la dynastie Bongo et les autres se méfient de Jean Ping qui fut membre de la garde rapprochée de feu Omar Bongo. La manipulation de la "gabonité" qui rappelle l’ethnicisme politique qui a marqué les affrontements électoraux en Côte d?Ivoire ajoute à la confusion. Mais quels sont les enjeux pour l’Afrique et les peuples d’Afrique qui se cachent derrière les apparences trompeuses du conflit électoral au Gabon ? Quelles sont les contradictions qui agissent sous le spectacle des quolibets polémiques des joutes et luttes politiques dans ce pays qui fut dirigé par l’une des figures les plus marquantes de la Françafrique, le père Bongo ?

#AliBongo L’impérialisme source de l’ethnicisme ivoiritaire et gabonitaire


En Côte d?Ivoire, L. Gbagbo, sans être un chantre de « l’ivoirité », a concilié avec l’ethnicisme ivoiritaire dans le contexte de la partition de fait du pays et d’une rébellion fomentée pour l’empêcher de gouverner et lui imposer le processus électoral piégé qui lui sera ensuite fatal. Au départ le conflit politico-judicaire sur la question absurde et dangereuse de « l’ivoirité » reflète l’incapacité de la classe politique néocoloniale ivoirienne a solutionné la crise économique, sociale et politique née des diktats libéraux du FMI. De façon générale le système néocolonial a fait se succéder des dictatures militaires ou civiles des années 60/70, le « multipartisme des gestionnaires et technocrates » dans les années 80/90, puis maintenant le « multipartisme ethnique, religieux et/ou régionaliste ». C’est ce que confirme le socialiste français Guy Labertit en avouant que « le concept de l’ivoirité est venu de certaines institutions internationales qui ont trouvé cette formule tristement géniale pour répondre à une situation de crise économique en Côte d?Ivoire ». C’est le Journal patronal Français les Echos du 27/12/99 qui montrent l’imbrication totale entre les intérêts de la Françafrique et les contradictions internes en Côte d?Ivoire pour expliquer le coup d’état de « Noël 99 « du Gl Gueï : « Comme le général Gueï, Paris avait pourtant contribué à installer Henri Konan Bédié dans le fauteuil vacant de Félix Houphouët Boigny...parce qu’il risquait de faire voler en éclats la « vitrine » de son pré-carré en Afrique. Parce que l’instabilité politique croissante à Abidjan commençait à porter préjudice aux importants intérêts économiques tricolores dans le pays. La Côte d?Ivoire est le deuxième client de la France en Afrique Noire (5,3 milliards de francs d’achats en 1998). L’Hexagone y détient une part de marché de près de 30%... ».

Comme on le voit le Gabon n’échappe pas à cette stratégie oppressive de l’impérialisme Françafricain notamment. En effet, c’est dans son livre intitulé "Nouvelles Affaires africaines. Mensonges et pillages au Gabon" édité chez Fayard, en octobre 2014 que Pierre Péan, un des experts Françafricain, affirme que M. Ali Bongo ne serait pas un Gabonais d’origine. Aussitôt les transfuges écartés du pouvoir qui forment pour l’essentiel l’opposition gabonaise actuelle en ont fait un discours de campagne en se référant à la constitution gabonaise qui dit que le président de la République doit être un Gabonais de naissance. C’est ainsi qu’est importée de France de toute pièce la pathologie politique de la "gabonité" qui dénie à Ali Bongo d’être le fils de son père tout comme le fait l’opposition Mobutiste à J. Kabila au Congo Démocratique. Il est même organisé le dépistage d’une "légion étrangère" de Béninois qui règnerait sur le Gabon tout comme hier de Burkinabés ou de Maliens en Côte d?Ivoire.

Le nouveau Foccard de la politique africaine de l’impérialisme Français, Albert Bourgi, va entrer en scène comme l’écrit : "Du coup en France, il a été décidé de renouveler le personnel politique en écartant Ali Bongo et Jean Ping a été préparé, puis, à lui, ont été joints Casimir Oyé Mba et l’ex-président de l’Assemblée Nationale du Gabon. Rappelons que toute cette clique de politiciens réactionnaires ont eu à servir et cirer les bottes du père Bongo qui les a fabriqué durant tout son règne. Casimir Oyé Mba fut gouverneur de la BEAC à Yaoundé, il fut d’ailleurs le premier gouverneur noir de cette banque centrale. Jean Ping a été le gendre de Bongo Omar puisqu’il a épousé Pascaline Bongo, celle là même qui du temps du père Bongo controlait tous les marchés. C’est donc une affaire entre beaux parents ?".

Rappelons le précédent génocidaire de l’implication et de la responsabilité de l’impérialisme Français : Au Rwanda, c’est l’impérialisme Français dirigé par le social-démocrate impérialiste Mitterrand qui a formé et préparé le Hutu Power pour la réalisation de ce crime contre l’humanité en terre d’Afrique en 1994 avant de protéger et de exfiltrer les génocideurs au Kivu en République Démocratique du Congo (RDC). Une conclusion s’impose : plus vite les troupes Françaises partiront, plus on peut espérer qu’une telle menace s’éloignera.

L’unité ou la désunion dans les Etats post-coloniaux d’Afrique pour l’impérialisme, c’est selon son intérêt. L’AOF, l’AEF ont été unies sous la domination coloniale et quand il a été question, après le congrès fondateur du RDA à Bamako en 1946, d’aller unis vers l’indépendance, l’impérialisme a balkanisé en créant les actuels Etats en s’appuyant sur des bourgeois compradores, Houphouêt, Senghor, etc., tout en les « unifiant par la monnaie unique le franc cfa avec l’Uemoa et puis dans la Cedeao, et par les accords de présence militaire imposés par la Françafrique.

Pourquoi avoir capturé Gbagbo et cherché à écarter Ali Bongo ?

Ceux et celles qui hier s’étaient laissés abusés par le « tout contre Gbagbo » au nom de la lutte contre le fascisme ivoiritaire ont pu après coup regretter leurs positions naïves au vu des résultats objectifs que cela a produit. Les manigances ouvertement anti-Gbagboistes de l’ONUCI et de l’opération Licorne ont clairement servi le plan des impérialistes d’utiliser les élections pour se débarrasser, puis de capturer et d’embastiller Gbagbo avec en prime le scandale d’un procès où toute l’accusation se révèle un grossier mensonge fabriqué de toute pièce. Le "tout sauf Ali Bongo", si il abouti conformément au plan des impérialistes Français, finira aussi pareillement. A la différence de Gbagbo, Ali Bongo, successeur de son père tout comme le fils Eyadéma, est un élément des réseaux Françafricains. Mais le passage en cours du monde unipolaire dominé sans partage par les USA alliés à l’UE au monde multipolaire fait ses effets. Les pays "émergents" comme la Chine, l’Inde, la Russie, le Brésil, etc, investissent de plus en plus en Afrique où les parts de marchés et la mainmise Occidentale recule sur le plan économique. Les Etats néocoloniaux Africains ont ainsi de nouvelles opportunités de financements et de faire des "affaires". L. Gbagbo envisageait de tourner le dos à la Françafrique, à l’Eurafrique et à l’Usafrique. Ali Bongo lui a choisi de diversifier les relations économiques au point que la Chine est devenue le premier investisseur et partenaire économique du Gabon. Le coup d’état en Centrafrique qui a chassé Bozizé, prélude aux affrontements armés entre milices armées Séléka et Anti-Balakat, a été provoqué parce que la Françafrique perdait des parts de marchés, notamment les contrats sur l’exploitation du pétrole récemment découvert.

Voilà ce qu’évoque un partisan d’Ali Bongo pour expliquer l’opposition de l’impérialisme Français :"Ali ira chercher de nouveaux partenaires, mettant en concurrence des entreprises asiatiques ou nord-africaines avec les entreprises françaises. Il en sera ainsi dans le pétrole dont le Gabon est le quatrième producteur subsaharien, après le Nigéria, l’Angola et le Congo. Ainsi, dès 2009, le chinois Sinopec rachète Addax. Il suffit de voir la nationalité des entreprises qui prospectent actuellement au Gabon pour savoir qu’Ali Bongo cherche une réelle diversification. D’après le Trésor public français, “on recense la présence d’une dizaine de compagnies actuellement en phase d’exploration” et aucune d’elles n’est française. Il y a les entreprises chinoises Sino Gabon Oil and Gas et Sinopec Overseas, la sud-africaine Sasol, les américaines Forest Oil et Anadarko, l’australienne Sterling Oil, la canadienne Canadian national resources, qui a racheté les actifs de Pionner, la japonaise Mitsubishi Petroleum, la britannique Ophir et enfin l’indienne Oil India international. Ali Bongo veut que désormais 40% des recettes du pétrole restent au Gabon, contre 20% auparavant. Dans cet objectif, dès 2010, il crée “la Société nationale de pétrole, dénommée Gabon Oil Company (GOC), dont la vocation consiste à développer les participations de l’Etat gabonais dans le secteur pétrolier”, affirme toujours le Trésor français, qui suit avec beaucoup d’intérêt tous ces changements pas forcément dans l’intérêt des entreprises françaises comme Total, Maurel et Prom. Rattachée à la Présidence de la république, et sous tutelle de la Direction générale des hydrocarbures, la GOC veille au grain, ou plutôt à l’or noir et au gaz. Aujourd’hui, la GOC commercialise directement sur les marchés internationaux 7 millions de barils par mois pour le compte de l’Etat gabonais. Mais ce qui a le plus mis en rogne les groupes français, ce sont les contrôles fiscaux et le redressement qu’ils ont subis. Ainsi, en 2014, le fisc gabonais a réclamé quelques 805 millions de dollars à Total. Ce redressement a fortement détérioré les relations avec cette multinationale qui a bien sûr activé tout ce que la Françafrique compte en réseaux occultes pour résoudre le problème, y compris “à l’amiable”” (Source : afrique.le360.ma).
C’est le parti Socialiste Français lui même qui dévoile son parti pris anti-Bongo dans la crise post-électorale au Gabon comme le démasque le 30 août 2016 Fanny Pigeaud : “Quelle mouche a piqué le Parti socialiste français ? Dimanche, le PS s’est invité dans l’élection présidentielle du 27 août au Gabon en prenant parti contre l’un des candidats, le président sortant Ali Bongo Ondimba, et ce bien avant la proclamation officielle des résultats, d’abord attendue mardi 30 août en fin d’après-midi puis différée. « Alors que les premières estimations indiquent que le président sortant Ali Bongo serait battu au profit de Jean Ping, la sérénité doit présider à l’issue du scrutin », professe le parti dans un communiqué aux accents paternalistes. « Le vote libre des citoyens est l’outil par lequel la démocratie s’exprime et l’alternance, quand ils le décident, doit fonctionner. Voilà pourquoi la démocratie doit triompher au Gabon comme c’est déjà le cas dans plusieurs États et ce mouvement doit s’amplifier. Voilà plus d’un demi-siècle que la famille Bongo gouverne le Gabon. Une alternance serait signe de bonne santé démocratique et un exemple”.

L’autre facteur qui explique une distanciation progressive de plusieurs chefs d’Etats africains vis à vis des USA et de l’UE trouve sa source dans ce qu’on peut appeler le syndrome Libyen, l’assassinat crapuleux de Khaddafi qui a créé la peur sur le mode de ce qui lui est arrivé peut nous arriver. Le chaos qui s’en ait suivi, avec l’expansion des "djihadistes-terroristes" financés et armés par les alliés des Occidentaux que sont les pétromonarchies Wahabites et Salafistes, a été instrumentalisé par l’impérialisme Français pour lancer l’opération d’oocupation militaire de tout le Sahel du Mali à la Centrafrique dénommée Barkhane (dunes de sables qui se déplacent au gré des vents dans le désert) et par l’impérialisme US pour implanter l’USAFRICOM en Afrique. Le cas libyen montre que les impérialistes n’ont pas "d’amis", ils n’ont que des intérêts.

La crise de l’impérialisme parasitaire, décadent et le passage au monde multipolaire

La stratégie guerrière du chaos est la réponse systémique au remplacement progressif du monde unipolaire issu de la défaite du camp socialiste, de l’URSS par le monde multipolaire. Jusqu’à la guerre contre la Libye, y compris au Conseil de Sécurité de l’ONU la dite « communauté internationale » se résumait de fait à l’UE et les USA, lesquels se partageaient les rôles selon leurs intérêts contre le reste du monde. Mais comme on le voit en Syrie et en Ukraine, la Russie et la Chine et les résistances des Etats – Nations commencent à changer cette donne. Du Sahel, au Golfe de Guinée, en Afrique centrale et de l’est, mais aussi au Moyen-Orient, en Asie ex-Soviétique et en Amérique du Sud, le bloc impérialiste décadent et parasitaire USA/UE joue la carte agressive des guerres et des coups d’états (institutionnels ou pas) pour contrôler les sources de matières premières afin de préserver son hégémonie qui perdure depuis 500 ans.

Ces guerres ou destabilisations de conquêtes ou de préservation néo-coloniales du joug Occidental impérialiste rencontrent de plus en plus partout des résistances. C’est l’extension même du domaine des interventions impérialistes, l’USAFRICOM et de l’OTAN, y compris en mer de Chine et dans la péninsule coréenne, pour empêcher l’accès des puissances émergentes non impérialistes aux matières premières qui suscite les contradictions montantes au sein des réseaux Françafricains, Eurafricains et Usafricains.

Cette tendance agressive et déstabilisatrice est aggravée par l’actuelle crise systémique de surproduction du capitalisme. La contradiction entre la socialisation toujours plus poussée de la production, de l’activité économique et l’accaparement privée monopolisée de celle-ci rend de plus en plus insupportable à des millions de travailleurs et de peuples l’exploitation capitaliste et impérialiste.

Le libéralisme est la politique économique du capital pour contrée la loi de la baisse tendancielle du taux de profit des Firmes Transnationales. Tout ce qui de prés ou de loin échappe à cette soumission au libéralisme outrancier est à éliminer parce que le mouvement actuel vers le multilatéralisme est suicidaire pour l’hégémonie Occidentale sur le monde. Or le libéralisme est une politique économique qui livre les économies nationales au pillage des Firmes Transnationales et ne sert ainsi qu’à développer le sous-développement, la dépendance à l’étranger et l’oppression nationale. Ces facteurs sont à la base des contradictions qui minent la remondialisation actuelle du capitalisme entre le centre impérialiste et la périphérie. Il faut situer les crises électorales ivoirienne et gabonaise ainsi que celle qui se profile en RDC dans un tel contexte évolutif. On voit ainsi le système Françafricain craquer de plus en plus sous la différenciation d’intérêts qui s’opère au sein même des clans mafieux qui gouvernent les néocolonies. Les luttes des peuples contre les effets désastreux de la gouvernance libérale viennent bousculer les élites au pouvoir et pousser à des recompositions politiques que les offres d’investissements des pays émergents comme la Chine rendent opportunes.

Les forces progressistes patriotiques, antilibérales et anti-impérialistes doivent profiter de ces contradictions internes au système néocolonial pour frayer la voie à l’alternative populaire et indépendantiste, étape vers le socialisme. Malgré la complexité de la situation, les exemples actuels de la Chine, du Vietnam, de la Corée du Nord et de Cuba montrent que c’est possible.
Le libéralisme a dominé sans partage avant et après la défaite du socialisme durant les 30 dernières années. Puis les pays rescapés du camp socialiste vaincu et d’ex-pays colonisés et dominés ont opposé et opposent le capitalisme d’état (plus la planification d’état dans le cas des ex-pays du camp socialiste) au libéralisme dominant comme politique et stratégie économique qui indéniablement leur permettent de sortir du sous développement. C’est le cas des pays de démocraties populaires comme la Chine, le Vietnam, Cuba et la Corée du Nord dans lesquelles cohabitent différentes formes de propriétés mais avec comme secteur stratégiquement dominant les secteurs socialistes et capitalistes d’état contrôlés par un Parti Communiste au pouvoir.

Cet anti-libéralisme appuyé sur la réaffirmation de la souveraineté nationale et populaire explique le caractère progressiste, anti-libéral et anti-impérialiste des pouvoirs patriotiques au Venezuela, en Bolivie, en Equateur, au Nicaragua, au Salvador, au Brésil (de Lula, Dilma), l’Inde, la Russie, etc.

Force est aussi de constater que même les pays capitalistes « classiques » comme l’Inde, le Brésil et la Russie, etc., utilisent aussi le capitalisme d’état pour aller de l’avant sur le plan économique. C’est là la nouvelle configuration évolutive des contradictions actuelles capital/travail, impérialisme/peuples opprimés et même capitalisme/socialisme (objectif déclaré par les expériences Chinoises, Vietnamienne, Nord Coréenne, Cubaine en cours).

Bien entendu comme le montre le coup d’état institutionnel contre Dilma Roussef ces expériences patriotiques alternatives au libéralisme en cours n’échapperont pas à la question fondamentale que la vie elle même posera tôt ou tard : QUI L’EMPORTERA au sein de chacun de ces pays entre anti-libéraux et libéraux soutenus par les impérialistes, entre Socialisme et Capitalisme, entre le PC et les forces du capital interne et externe ?

LIRE LA SUITE : http://www.camer.be/54838/30:27/de-la-cote-divoire-au-gabon-la-francafrique-craque-africa.html

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4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 18:34
(Congo-Brazzaville/Centrafrique) République centrafricaine: Des soldats chargés du maintien de la paix accusés d'exactions...

LES TROUPES DU MEDIATEUR EN RCA: LE RECIT SUR LE SITE DE HRW

République centrafricaine: Des soldats chargés du maintien de la paix accusés d'exactions

Au moins 11 personnes sont portées disparues après avoir été arrêtées par des militaires congolais

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    Un contingent de soldats congolais (originaires de Congo-Brazzaville) de la Mission Internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine, ou MISCA, chargée du maintien de la paix dans ce pays déchiré par les affrontements entre combattants de la Séléka et miliciens anti-balaka, photographié à Bossangoa le 5 décembre 2013.

    © 2013 Peter Bouckaert/Human Rights Watch

More Coverage:

PAGE RCA

JournaldeBrazza.com 02.06.14

L'Union africaine doit divulguer ce qu'il est advenu de ce groupe de personnes qui ont été arrêtées et emmenées par des militaires congolais chargés du maintien de la paix. Les soldats de la paix sont là pour protéger la population civile, pas pour lui faire subir de nouvelles exactions.

Peter Bouckaert, directeur de la division Urgences

(Johannesburg) – Des troupes de maintien de la paix de l'Union africaine appartenant à un contingent fourni par la République du Congo (Congo-Brazzaville) ont été mises en cause dans les disparitions forcées, le 24 mars 2014, d'au moins 11 personnes en République centrafricaine, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui.

Une vingtaine de militaires de la force de maintien de la paix de l'Union africaine, la MISCA, ont appréhendé ce groupe de 11 personnes, parmi lesquelles figuraient quatre femmes, au domicile d'un chef de milice local à Boali, ville située à 80 kilomètres au nord de la capitale, Bangui, selon les récits de témoins recueillis par Human Rights Watch.

Les militaires chargés du maintien de la paix ont arrêté ces hommes et ces femmes après que des membres de la milice connue sous le nom d'anti-balaka, composée de combattants rebelles majoritairement chrétiens et animistes, eurent tué un soldat de la paix congolais et blessé quatre autres, le 24 mars. Depuis lors, on est sans nouvelles des personnes arrêtées, bien que leurs familles aient cherché à se renseigner sur leur sort à la base de la MISCA et dans les postes de police de la région.

« L'Union africaine doit divulguer ce qu'il est advenu de ce groupe de personnes qui ont été arrêtées et emmenées par des militaires congolais chargés du maintien de la paix », a déclaré Peter Bouckaert, directeur de la division Urgences à Human Rights Watch. « Les soldats de la paix sont là pour protéger la population civile, pas pour lui faire subir de nouvelles exactions. »

Human Rights Watch a appelé à l'ouverture d'une enquête internationale indépendante et impartiale sur cet incident, et à ce que les troupes impliquées soient immédiatement suspendues de leurs fonctions de maintien de la paix.

Human Rights Watch a mené de son côté une enquête approfondie sur cet incident et s'est entretenu avec cinq témoins. De nombreux autres habitants de la région, y compris des responsables et des militants locaux, ont indiqué à Human Rights Watch qu'ils craignaient de mener leur propre enquête ou même de discuter de l'incident, compte tenu de la réputation des troupes congolaises de la MISCA de recourir à l'intimidation et à la violence. Confirmant cette atmosphère d'hostilité alors que Human Rights Watch enquêtait le 25 mai sur l'incident du mois de mars, des militaires congolais de la MISCA ont violemment passé à tabac un agent de police local à un point de contrôle routier à la suite d'une querelle, et l'ont blessé en lui brisant une bouteille de bière sur la tête.

Contactée par Human Rights Watch, la hiérarchie de la MISCA a annoncé qu'une enquête sur l'incident avait été ordonnée et qu'elle serait menée par la section de la MISCA chargée des droits humains. Human Rights Watch coopère pleinement avec les enquêteurs.

Les anti-balaka sont des combattants, chrétiens et animistes pour la plupart, qui se sont engagés dans la lutte contre les forces de la coalition Séléka à dominante musulmane, qui a renversé le précédent gouvernement en mars 2013 à l'issue d'une campagne militaire. Les deux groupes ont commis des violations des droits humains à grande échelle contre les populations locales au cours de l'année écoulée. Des forces de maintien de la paix de l'Union africaine et françaises ont été déployées dans le pays pour aider à stabiliser une situation très volatile et protéger les civils.

Ce n'est pas la première fois que Human Rights Watch enquête sur des abus commis par les forces congolaises. L'organisation a recueilli des preuves qu'en décembre 2013, des troupes congolaises stationnées dans la ville de Bossangoa ont torturé à mort deux dirigeants du mouvement anti-balaka à la suite du lynchage d'un soldat congolais de la MISCA commis le même jour.

Une disparition forcée se produit lorsqu'une personne est privée de sa liberté par des agents de l'État, qui refusent ensuite de reconnaitre cette privation de liberté ou maintiennent le secret sur le sort de la personne disparue ou le lieu où elle se trouve. Aux termes du droit international coutumier, les disparitions forcées sont totalement interdites et leurs auteurs sont passibles de poursuites pour crime devant la Cour pénale internationale (CPI). Bien qu'étant par essence un crime discret, l'acte de faire disparaître une personne par la force constitue également une violation de nombreux droits humains, y compris les droits à la protection contre la torture et contre l'arrestation et la détention arbitraires.

« Les disparitions forcées, les actes de torture et les assassinats extrajudiciaires de civils constituent de graves crimes contre les droits humains et bafouent de manière flagrante le mandat de la MISCA », a affirmé Peter Bouckaert. « L'Union africaine doit immédiatement enquêter sur ces crimes et punir leurs auteurs. L'enjeu est rien de moins que la réputation et la légitimité de la force de maintien de la paix dans un pays qui a désespérément besoin de protection. »

Disparitions forcées à Boali
Les cinq témoins interrogés par Human Rights Watch ont déclaré que les tensions ont éclaté à Boali le 24 mars 2014. Un chef anti-balaka local, le « général » auto-proclamé Maurice Mokono, qui avait beaucoup bu, a tiré en l'air deux cartouches d'un fusil mitrailleur AK-47 rouillé qu'il avait récemment réparé.

Les militaires de la MISCA ont rapidement réagi et enquêté sur ces coups de feu. Quand il est apparu clairement que la provenance des tirs était la maison du chef anti-balaka, les soldats ont tenté de confisquer l'arme. Le général Mokono a refusé de la leur remettre et une violente querelle s'en est suivie, partiellement alimentée par l'état d'ébriété du général et sa capacité limitée à communiquer en français, selon les témoins.

Alors que la querelle s'envenimait, le chef anti-balaka a suivi les troupes de la MISCA jusqu'à leur base, où il a continué à se disputer avec le commandant du contingent congolais de la MISCA, que les témoins ont identifié sous le nom de capitaine Abena. Le général Mokono a alors ordonné aux combattants anti-balaka de prendre leurs armes, d'édifier des barricades et de « partir en guerre » contre les soldats de la MISCA.

Un prêtre catholique local respecté, le père Xavier-Arnaud Fagba, qui a abrité 700 musulmans dans son église de janvier à mars pour les protéger des attaques des anti-balaka, a déclaré que le capitaine Abena et le général Mokono lui avaient alors demandé d’intervenir en tant que médiateur. Le prêtre a immédiatement remarqué que le général Mokono était très ivre, et lui a conseillé de se calmer. Le général a semblé comprendre et est rentré chez lui vers 17h00, selon des témoins.

« Nous avons rencontré le prêtre et le capitaine, nous avons arrangé les choses et nous nous sommes réconciliés », a déclaré un membre de la famille du général anti-balaka. « Le général est alors rentré chez lui et est allé se coucher – il avait beaucoup bu ce jour-là. Il s'est couché et c'est à ce moment-là que j'ai quitté son domicile. »

Peu après que le général soit rentré chez lui, un groupe de combattants anti-balaka a lancé une grenade sur un véhicule des troupes congolaises de la MISCA dans le quartier du marché central de Boali, et a ouvert le feu sur eux avec des armes automatiques. Un soldat de la MISCA a été tué dans cette attaque et au moins quatre autres ont été blessés. Un témoin a affirmé que les combattants anti-balaka ont également volé deux fusils mitrailleurs aux troupes de la MISCA.

L'un des militaires blessés a montré à Human Rights Watch les traces d'une blessure par balle reçue dans le haut de la cuisse, et a indiqué qu'il avait passé plusieurs semaines à l'hôpital. À la suite de cette embuscade mortelle, un groupe d'environ 20 militaires congolais de la MISCA a encerclé le domicile du général anti-balaka. Un témoin a déclaré à Human Rights Watch:

Ils sont venus au domicile du général et ont emmené toutes les personnes qui se trouvaient à l'intérieur. Un garçon qui les a vus arriver a tenté d'avertir le général mais les soldats de la MISCA lui ont ordonné de s'arrêter et de s'asseoir, et alors qu'il refusait d'obéir à leur ordre, ils l'ont abattu. Il n'était pas de Boali; il venait [d'un village proche].

J'étais tout près. Je les ai vus emmener 11 ou 12 personnes de la maison, mais j'ai appris plus tard qu'ils avaient aussi capturé d'autres personnes sur la route.

Ils ont trouvé Téké, l'aide de camp du général, devant la maison et ont commencé à le frapper. Le général est alors sorti et ils l'ont emmené, puis ils sont entrés dans la maison et sont ressortis avec les femmes, le frère aîné du général et d'autres personnes qui résidaient dans la maison.

Ce témoin, une amie du général, a déclaré qu'elle avait reconnu 10 des personnes appréhendées dans la maison: le général Maurice Mokono; son frère Zaboro, âgé de 60 ans; l'aide de camp de Mokono, Téké, 29 ans; le jeune frère de Mokono, Gbagéné, 32 ans; un combattant anti-balaka nommé Grâce à Dieu, 19 ans; le garde du corps du général, nommé Risquer, âgé de 30 à 40 ans; Laurie, 22 ans, la femme du général qui était enceinte; Ingrid, une survivante musulmane d'un massacre anti-balaka âgée de 18 ans que le général avait obligée à épouser son fils; Jalina, 24 ans, la femme d'un commandant anti-balaka tué dans des combats à Bangui; et la femme âgée de 25 ans de Téké, dont le témoin ne connait pas le nom. D'autres témoins ont affirmé qu'un combattant anti-balaka nommé Bruno a également été appréhendé dans la maison du général.

Trois témoins différents ont affirmé que les militaires de la MISCA ont arrêté au moins sept autres personnes le long de la rue principale, probablement parce qu'elles portaient des gris-gris traditionnels associés aux milices anti-balaka. Leurs noms ne sont pas connus car ils ne sont pas de Boali.

Depuis le 24 mars, on est sans nouvelles des personnes appréhendées. Les membres de leurs familles se sont rendus à la principale base de la MISCA à Bangui, le Camp M’poko, et dans tous les postes de police de Bangui, mais n'ont trouvé aucune trace de leurs proches, dont ils craignent qu'ils aient été exécutés par les militaires de la MISCA, à moins qu'ils ne soient détenus dans un lieu secret.

Lors d'une rencontre avec Human Rights Watch le 26 mai, le captaine Abena, commandant des troupes congolaises à Boali, et son supérieur, qui selon les témoins s'appelle le colonel Léo, ont refusé de répondre aux questions sur le sort des personnes arrêtées et sur le lieu où elles se trouvent. Ils se sont contentés de reconnaître que l'incident faisait l'objet d'une enquête, avant de mettre fin brusquement à la réunion.

Meurtres commis à Bossangoa le 22 décembre 2013
L'incident du 24 mars 2014 est le second incident sur lequel Human Rights Watch a enquêté et ayant suscité de graves allégations contre les troupes de maintien de la paix en provenance de la République du Congo. Lors d'un précédent incident dans la ville de Bossangoa, dans le nord de la République centrafricaine, le 22 décembre 2013, des troupes congolaises sont réputées avoir torturé à mort deux chefs anti-balaka à la suite du lynchage brutal d'un militaire congolais de la MISCA, commis le même jour.

Quatre témoins ont déclaré que le commandant des troupes de la MISCA à Bossangoa à l'époque, le capitaine Mokongo, a ordonné un raid le 22 décembre contre un lieu connu pour être une base anti-balaka dans la ville. Trois dirigeants anti-balaka ont été capturés et leurs armes confisquées. À la suite du raid, des habitants de Bossangoa ont protesté, demandant la libération des responsables anti-balaka.

Par mesure de précaution, le capitaine Mokongo et son collègue, le capitaine Wilson Aboni, ont ordonné aux troupes de la MISCA de retourner à leur base. Les troupes avaient été stationnées à l'église catholique, où quelque 40 000 personnes, des chrétiens pour la plupart, s'étaient installées dans un camp improvisé pour personnes déplacées. Un officier de la MISCA, le sergent Juif Ngali, qui était attablé à un bar de fortune installé dans le camp, s'est trouvé isolé de ses camarades qui se repliaient. Il a tenté de les rejoindre mais a été rapidement encerclé par une foule hostile. Ngali a alors tiré un coup de fusil en l'air puis un autre en direction d'un jeune, qu'il a tué. La foule lui a alors arraché le fusil, l'a abattu et a mutilé son corps à coups de machette.

Quand le cadavre mutilé a été récupéré et transporté à la base, les soldats ont voulu se venger en s’en prenant aux trois dirigeants anti-balaka capturés qui se trouvaient déjà dans le camp. À l'époque, de nombreux employés locaux de l'ONU résidaient à la base de la MISCA pour leur sécurité, suite à de violents affrontements survenus dans la ville entre des combattants de la Séléka et des anti-balaka. Des témoins ont indiqué à Human Rights Watch que les militaires de la MISCA ont ordonné à tous les employés du secteur humanitaire de leur remettre leurs téléphones portables et ont enfermé tout le personnel dans une pièce. Les soldats de la MISCA ont ensuite ordonné aux agents de la police locale de leur remettre leurs armes et leurs téléphones et d'ôter leurs uniformes, et les ont rassemblés dans une autre pièce.

Pendant la soirée, un groupe de soldats de la paix français de la mission Sangaris est arrivé et a obtenu la remise en liberté d'un des trois dirigeants anti-balaka dont ils savaient qu'il était détenu par les troupes de la MISCA. Puis ils sont partis, ignorant que deux autres dirigeants anti-balaka se trouvaient dans le camp de la MISCA. Selon des témoins, ces deux hommes étaient ligotés selon la très douloureuse technique « arbatasher », bras et jambes étroitement attachés dans le dos.

Les travailleurs humanitaires et les gendarmes ont alors entendu les militaires de la MISCA torturer les deux dirigeants anti-balaka pendant toute la nuit. Les soldats versaient du plastique fondu et brûlant sur les deux détenus, qui hurlaient de douleur et les suppliaient d'arrêter, selon des témoins. Après des heures de torture, les deux hommes ont succombé à leurs blessures. Leurs cadavres brûlés et mutilés ont été retrouvés le lendemain et vus par de nombreux témoins, y compris des responsables de l'église catholique et des humanitaires, qui ont confirmé que les deux hommes avaient subi des brûlures très importantes.

Human Rights Watch a rencontré le capitaine Mokongo le 14 mars 2014. Il a affirmé que les deux combattants anti-balaka avaient été blessés en tentant d'attaquer l'hôpital local. Il a ajouté que les troupes de la MISCA avaient repoussé les anti-balaka et les avaient emmenés à l'hôpital, où ils avaient succombé à leurs blessures. « La MISCA ne peut pas détenir de prisonniers et ils étaient blessés », a-t-il dit. « Nous avons vu dans quel état ils étaient, et notre médecin les a emmenés lui-même à l'hôpital. C'est là qu'ils sont morts. »

Le capitaine Mokongo a nié les allégations selon lesquelles ses hommes avaient torturé à mort les deux combattants anti-balaka. De nombreux anti-balaka et leurs partisans ont perdu confiance envers les forces de la MISCA, qu'ils croient soutenues par les musulmans du pays, a-t-il dit, affirmant que ceci était à l'origine des rumeurs de torture.


SOURCE : http://www.hrw.org/fr/news/2014/06/02/republique-centrafricaine-des-soldats-charges-du-maintien-de-la-paix-accuses-dexacti

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12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 19:31

Afrique/Congo-Brazzaville/Centrafrique : Quel gâchis... pour la RCA

Quel gâchis… pour la RCA !

Nous l’avons prévu et avons espéré que Mama Catherine SAMBA PANZA, la présidente élue par le Parlement de transition de RCA ne franchirait pas le pas. Hélas, il semble que son premier voyage officiel de Présidente de la Républicaine Centrafricaine sera pour Sassou Nguesso. Pour aller recevoir le chèque de contribution de 50 millions d’euros offert par Sassou Nguesso et non par le Congo puisque cette contribution n’a pas été votée par l’Assemblée Nationale qui d’ailleurs a été nommée par lui.

Dommage que Mama Catherine SAMBA PANZA n’a pas compris le jeu de Monsieur Sassou Nguesso pour son pays.

- Premier voyage de BOZIZE après la prise de pouvoir : chez Sassou Nguesso.
Le président BOZIZE avait été mis en place par Sassou Nguesso et Omar Bongo. Le premier voyage de Bozizé fut d’ailleurs d’aller voir son frère Sassou Nguesso. Après lui avoir donné des sous, beaucoup de sous, et voyant que Bozizé devenait un peu trop indépendant, il y a eu la création de la SELEKA pour lui faire comprendre qu’il était sur un siège éjectable.

- Premier voyage après la prise de pouvoir de DJOTODIA : chez Sassou Nguesso.
Puis vint DJOTODIA après la victoire de la SELEKA dont le débarquement de BOZIZE fut scellé à Libreville. Le premier voyage de DJOTODIA fut d’aller remercier Sassou Nguesso à Oyo.

- Premier voyage de Catherine SAMBA PANZA : chez Sassou Nguesso.
Voyant aussi qu’il ne faisait pas trop le jeu de Sassou, la SELEKA a été infiltrée. La suite est connue. DJOTODIA a été débarqué après la convocation du Parlement de transition de RCA au Tchad où il a été sommé de constater la démission de DJOTODIA et d’élire Mama Catherine SAMBA PANZA à la tête de l’Etat de RCA.

Pour son premier voyage, Mama Catherine SAMBA PANZA se rend chez… Sassou Nguesso. Depuis, les violences ont redoublé à Bangui… en s’excusant :

"C’est un Séléka", "il est infiltré !",

exactement ce que disaient les Cobras de Sassou Nguesso dans sa guerre contre les civils du Sud Congo. Les mêmes méthodes, les mêmes slogans et les mêmes excuses.

Avons-nous cru trop rapidement que Mama Catherine SAMBA PANZA pouvait aider la RCA à s’en sortir en lui faisant des éloges…? Parce qu’à chaque fois qu’un Président de la RCA se déplace chez Sassou Nguesso, il se repart avec beaucoup de millions d’euros dans les malettes. Et à chaque fois, les tensions se ravivent de plus belle à Bangui. Aujourd’hui, une partie de la SELEKA se campe au nord du Congo. Pour quelle raison et sur ordre de qui ?

Si on s’en tient à l’adage “jamais deux sans trois”, alors, là c’est un vrai gâchis… Mais une maman a beaucoup de ressources… Aussi, nous continuons d’espérer pour le Peuple de RCA qu’il retrouve la paix, l’unité et surtout la sécurité.

La France hausse le ton

La crise de RCA se radicalise puisque les deux communautés (Chrétiens au Sud et Musulmans au Nord) revendiquent la partition du pays. Il semble que la Seleka dite "originelle" est mise hors de cause sur les violences atroces. C’est la raison pour laquelle la communauté internationale par le biais de l’armée française met pression sur les anti-balaka. Par-là, il faut entendre les hommes de l’ancien président Bozizé qui prennent refuge après leur forfait dans le nord du Congo contrôlé par les miliciens Cobras. D’où la déclaration du ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian à Brazzaville sans grande précaution diplomatique : « La ligne de la France en Centrafrique est claire. Sa mission est de faire que la sécurité revienne, que le désarmement (des milices) ait lieu et se fasse de façon impartiale, et que la transition politique puisse se mettre en œuvre pour que ce pays retrouve enfin un minimum de sécurité et des conditions humanitaires acceptables. »

Si la France ne prend pas l’ampleur de cette crise, il y a le risque majeur de l’enlisement… Mais Paris peut-il se le permettre ?

PM LEHO-OUAMBA, Femme, Amie et Maman (FAM).
Moungali à Brazzaville, le 09/02/2014.

Contact :
Twitter : @PMLeho
Facebook : http://www.facebook.com/pauline.leho

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Paulibe Leho-Ouamba - dans Congo-Brazzaville Centrafrique
2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 07:50
[Afrique centrale) Air CEMAC dans les soutes d'Air France

Ainsi, pour assurer l’envol d’Air CEMAC, société aérienne sous-régionale, un partenariat public-privé a été conclu entre celle-ci et la compagnie aérienne française Air France, sur instructions des chefs d’Etat de la CEMAC, lors de la session extraordinaire tenue le 14 juin 2013, à Libreville au Gabon.

Complexe du colonisé

Au terme d'une psychothérapie de groupe poussée, on croyait naïvement que les chefs d’Etat de la CEMAC à la conciliabule de Libreville du 14 juin 2013, tirant les leçons de l’expérience foireuse et scandaleuse d’Air Afrique avec le français Yves Roland-Billecart (mars 1989-février1997) comme PDG, après la gestion chaotique d’Air Afrique par l’ivoirien Aoussou Koffi (1973-1985) et le congolais Auxence Ikonga (juin 1985-mars 1989). On croyait que ces chefs s'affranchiraient du complexe du colonisé qui pousse les plus fébriles d'entre eux à courir après la vague de l’eldorado et du succès industriel français. On aurait cru que ces derniers parviendraient ainsi à rompre leur addiction à la potion prétendument « magique » du druide de la France.

Bref, un magnifique mouvement d'émancipation de l’Afrique francophone vis-à-vis de l’Hexagone adviendraitaprès cinquante ans d’indépendance. Erreur !

C’était sans compter avec ce qu’Albert Memmi appelle « portrait du colonisé » En effet,le sursaut d’émancipation n’a pas eu lieu. Preuve que jamais la colonisation ne s’est mieux porté depuis sa fin, en 1960. La « mère-patrie » continue de chaperonner les membres de son ancien Empire.

Dans la gueule du loup

Les chefs d’Etat de l’Afrique Centrale, pieds et poings liés, ont jeté Air CEMAC dans la gueule du loup dans un secteur oligopolistique et concurrentiel coiffés par American Airline, British Aorways et Lufthansa. Partenaire stratégique d’Air CEMAC, Air France détient 34 % du capital d’Air CEMAC, les pays de la communauté 5 %, la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) 15 %, le reste des parts, soit 46 %, sera réservé au secteur privé ( congosite.com, 27 juin 2013). L’analyse de la composition du capital d’Air CEMAC fait apparaître que la société aérienne française Air France qui n’affiche pas une santé financière mirobolante est majoritaire avec 34 %.

Historique

Air France est fondé en 1933.Ses activités se divisent en trois branches : le transport de passagers (77%), de marchandises (13%) ainsi que de l’entretien et la maintenance aéronautique (4%) et autres (6%). Au travers d’un bref historique, il est possible de relever quelques éléments marquants tel que la fusion en 1997 de Air France avec Air Inter ; en 1999 Air France rentre en bourse. Entre 1999 et 2008, Air France multiplie les alliances, les acquisitions et les fusions (Alliance avec Delta Airline, avec Skyteam ;fusion avec KLM ; acquisition de Martinair ; création d’une division Low cost, Transavia).

Air France a toujours eu une politique d’expansion par ses alliances et ses prises de pouvoirs. La participation de 34 % d’Air France au capital d’Air CEMAC obéit bien à cette logique.

L'enjeu est immédiat: "stopper l'hémorragie" de trésorerie qui pourrait faire sombrer la compagnie tricolore.

Air France, menacée sur son réseau domestique par les compagnies à bas prix et malmenée sur le long-courrier par ses rivales d’Amérique du Nord, d'Asie et du Golfe, est condamnée à faire des économies tous azimuts. Dans ce contexte, Air France a du mal à réduire l'écart de compétitivité avec British Airways et Lufthansa qui dominent le secteur aérien européen.

Bénéfices en chute libre

La situation d’Air France-KLM ne s’est pas arrangée depuis. Le groupe franco-néerlandais a en effet publié ses résultats trimestriels le 2 mai 2013 : s’ils font état d’une amélioration du résultat d’exploitation, la perte nette s’est, elle, considérablement creusé. La perte d’exploitation a en effet été réduite à 530 millions d’euros, contre 611 millions en 2012. Au contraire, la perte nette est passée de 379 millions d’euros à 630 millions d’euros. Air France-KLM a attribué ces mauvaises performances à l’environnement économique mondial, peu favorable (Journal de l’aviation, 3 Mai 2013).

Actionnaire majoritaire d’Air CEMAC à hauteur de 34 % du capital, Air France aura une grande marge de manœuvre dans la définition de la stratégie générale de l’entreprise et du choix ainsi que dans la nomination du PDG et du président du conseil d’administration

Impossible décollage

Dans ces circonstances, comment Air France, en proie elle-même à de graves difficultés financières, peut-elle assurer le décollage de la compagnie aérienne sous régionale Air CEMAC ? l'appareil d'Etat de la CEMAC, constitué des chefs d’Etat biberonnés à la françafrique, a cultivé, en virtuose, un cynique double jeu, soutenant d'une main les populations de la CEMAC en les berçant d’illusions et offrant de l'autre une liberté de manœuvre et de trafics laissée aux managers d’Air France. Au regard du capital, Air CEMAC dont les caisses du trésor des pays membres débordent pourtant de pétro-CFA,ne serait-elle qu’un ballon d’oxygène d’Air France ?

Benjamin BILOMBOT BITADYS

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