Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : LA LETTRE DU CONGO-MFOA
  • LA LETTRE DU CONGO-MFOA
  • : Blog contre la corruption, la cupidité, l'avidité et la concussion (C.A.C.) au Congo-Brazzaville
  • Contact

Divers

Recherche

29 mai 2017 1 29 /05 /mai /2017 19:42
Pierre Mabiala voulait son procès. Il l’a eu. Il tenait sa victime : Modeste BOUKADIA, pour mériter sa place et son titre.

 

Mais, connaissant le cynisme de Sassou Nguesso, il a dû ne pas vouloir que tous ces procès soient sous le commandement et le contrôle de son oncle Emmanuel Yoka, pour ne pas lui faire porter la laideur de leurs cynisme et barbarie. Il a donc attendu  et voulu que ce procès soit organisé par un ministre sudiste, en l’occurrence originaire des pays du Niari comme Pierre Mabiala, d’autant que l’UPADS, qu’on le veuille ou non, mène la barque à la tête du gouvernement, en la personne de Clément MOUAMBA, Premier ministre. Ceci, pour envenimer les antagonismes entre ces différentes régions du sud.

 

Cependant, l'erreur de Sassou Nguesso, dans cette affaire, est d'avoir laissé son ministre de Makabana faire le procès du 3 mai 2017, alors que plusieurs légations lui avaient demandé de ralentir les ardeurs de son Ministre de Makabana de la justice, « puisque Modeste BOUKADIA parle... »

Modeste BOUKADIA a parlé !

La dictature masquée a montré son visage au grand jour. Ce n'est plus le jugement de Modeste BOUKADIA, mais celui d'un pouvoir inique, tribal et génocidaire... Pendant le procès de Modeste BOUKADIA, les crimes d'État envers les populations du Pool étaient présents, même si le président du tribunal, Jean-Claude TOUTISSA, a tout fait pour que ceux-ci ne soient pas évoqués à chaque fois que Modeste BOUKADIA voulait aborder la question.

Pierre Mabiala voulait son procès. Il l'a eu. Mais, c'est celui de Denis Sassou Nguesso que Pierre Mabiala a initié en ordonnant à Jean-Claude TOUTISSA de confirmer la peine de la contumace : 30 ans de travaux forcés + 100 millions de fcfa d’amende à payer. Condamnant, de ce fait, Sassou Nguesso devant l'opinion internationale en le montrant cynique et inhumain. Ce faisant, la digue a sauté...

Depuis le 3 mai 2017, Jean-Claude TOUTISSA se mure dans son silence en désertant son bureau.
La Cour d'appel ne sait pas quoi faire... Car l’énoncé du verdict ne signifie pas condamnation tant que la GROSSE du jugement n’est pas signée. Ainsi, à ce jour, Modeste BOUKADIA est détenu illégalement et arbitrairement faute de jugement en bonne et due forme. Il devrait être dehors du fait de la faillite du système judiciaire. Sauf qu’au Congo de Sassou Nguesso, la barbarie est la loi suprême.

Quant à Jean-Claude TOUTISSA, depuis son domicile transformé en bunker, il se défend en murmurant : "J'ai reçu des instructions ! J’ai obéi aux ordres"

Et les vieux de la vieille de lui rappeler : "Qu'avait fait le juge qui avait jugé le colonel Tsourou qui avait aussi reçu les ordres ? Il avait refusé d'obéir parce que c'est un magistrat. Vous de Makabana, à force de penser que c'est le Président Boukadia qui a fait chasser Lissouba du pouvoir, alors que c'est vous-mêmes qui l'avez trahi au général Sassou Nguesso, vous venez de trahir le pouvoir en appliquant des ordres sans fondement sur un dossier vide avec tant de vices de procédure. Alors qu'en le libérant, tout le monde aurait pensé que c'est le Président de la République qui l'a libéré. Maintenant, en appliquant les ordres de ton parent Mabiala, tout le monde pense que c'est Sassou qui l'a condamné..."

Sans validation de La Grosse et l’Expédition, le jugement du 03 mai 2017 est nul et de nul effet.

Pointe-Noire, le 29 mai 2017

Le VIGILANT 2

Pour le compte du RESEAU CONGO-MFOA

Avec le procès Boukadia, Pierre MABIALA fait condamner Sassou Nguesso (pdf, 599.3 kB) 

----------------------------------------------

COMMENTAIRE D'UN INTERNAUTE

Le 03 mai 2017, la Cour d’appel de Pointe-Noire, sous la présidence du juge Jean-Claude TOUTISSA, jugeait et « condamnait » M. Modeste BOUKADIA aux travaux forcés et 100 millions de Frs CFA d’amende.

Depuis cette date, la Grosse du jugement et l’arrêt du tribunal n’ont pas encore été signés.

Or selon le Code de procédure pénale congolais, la Grosse et l'arrêt doivent être signés le jour même du jugement et au plus tard trois (3) jours ouvrés après le prononcé du verdict, sinon le verdict n'est plus validé.

Dans le cas d'espèce de Modeste BOUKADIA, il y a vice de procédure dans la mesure où, le procès s'étant tenu le 03 mai 2017 et le jugement rendu le même jour à savoir le 03 mai 2017, aucun acte de justice n’est à jour et présenté dans les délais requis conformément au Code de procédure pénale.

En d’autres termes, donc, l'arrêt aurait dû être remis le même jour, le 03 mai 2017 ou, au plus tard, trois (3) jours ouvrés, c'est-à-dire, le lundi 08 mai 2017 compte tenu du fait que le 06 mai était un samedi, et donc non ouvré.

Par conséquent, compte tenu de ce qui précède, il appert que le Juge Jean-Claude TOUTISSA n’a jugé personne et le procès n’a pas eu lieu.

Ainsi, sans signature au-delà du 08 mai 2017, M. Modeste BOUKADIA est en détention totalement arbitraire et illégale.

Dans ces conditions, que dit la Loi ?

La loi dit qu'il faut le libérer parce que la signature de La Grosse et de l'arrêt prouve que le verdict a été rendu sous contrainte. C'est ce qui fait que le Juge Jean-Claude TOUTISSA, aujourd'hui, ne peut plus signer cet arrêt ou La Grosse pour avoir dépassé les délais impartis par la Loi.

Sinon comment interpréter ou justifier un temps aussi long entre le jour du jugement et la signature de La Grosse et l'expédition un (1) mois ou plus tard ? Sinon constater la nullité du jugement et libérer Modeste Boukadia sans autre forme de procès.

Repost 0
19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 23:19
Le président du Cercle des Démocrates et Républicains du Congo (CDRC), M. Modeste BOUKADIA, a été condamné, le 03/05/2017, par la Cour criminelle de Pointe-Noire, à TRENTE (30) ANS DE TRAVAUX FORCES pour, dit-on : « Atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat ». Ce verdict repose sur le fait qu’en 2013, les militants du parti de M. Modeste BOUKADIA, président du CDRC, au cours de leurs meetings autorisés, avaient brandi des pancartes portant l’inscription « Gouvernement=Carton rouge », réclamé la « démission du gouvernement »et la « formation d’un Gouvernement d’union nationale ».

Les magistrats du Tribunal de Pointe-Noire, particulièrement le Procureur général, M. Norbert NKOUKOULI et le président de la cour (Jury), M. TOUTISSA, aux ordres, n’ont pas dit le droit, mais ont obéi à un ordre parti de quelque part.

Rien que pour cela, il est condamné à 30 ans de prison aux travaux forcés. Mais, curieusement, après avoir eu le « courage( ?) » de prononcer la sentence et condamner un homme dont le dossier est vide, M. TOUTISSA, le président du jury, n’a plus le « courage » de se rendre à ses bureaux pour signer la Grosse du verdict à travers lequel il a pour ainsi dire « condamné à mort » un innocent, M. Modeste BOUKADIA.

Pourquoi, M. TOUTISSA, le courageux magistrat, a-t-il peur maintenant, après avoir rendu un verdict ne reposant sur rien ? Maintenant, le Juge TOUTISSA a peur de signer, d’assumer son acte barbare ordonné par d’autres…

En effet, après André Grenard MATSOUA, en 1940 sous l’ère coloniale, après Nelson MANDELA sous le règne de l’apartheid en Afrique du Sud, nous voici en présence d’un autre cas qui relève de la barbarie pure agissant au nom de la « JUSTICE( ?) ».

Cependant, à notre entendement, telle que nous l’apprécions :

- “La justice est la substance de toutes les vertus. (...) La justice est la substance du devoir. Il est juste de remplir son devoir d’état, mais le premier devoir est de vous demander si votre état est justifié. Vous avez le devoir d’obéir à vos Chefs pourvu que leur autorité soit légitime, mais cela ne vous dispense pas du devoir de vous demander si l’ordre qu’ils vous donnent est juste. C’est devoir de se soumettre à la loi du pays, mais avant tout, de se demander si cette loi ou cet ordre est juste. Car elle peut bien avoir été imposée par des tyrans ou des conquérants, par un imposteur ou par des profiteurs, ou n’être due qu’à des superstitions ou à d’anciennes erreurs. Le premier devoir est peut-être alors de désobéir ouvertement, ou d’attaquer la loi ou l’ordre inique de quelque autre façon” (Lanza Del Vasto).

En clair et en d’autres termes, notre premier devoir à tous, en tant que citoyens, est d’observer la justice - la vraie -, et notre second devoir est de ne pas tolérer qu’on la viole.

En tout cas, le témoin d’une injustice qui détourne la tête sous prétexte que cette affaire ne le regarde pas ou y contribue, sous couleur de discrétion ou d’intérêts véreux, ou d’impassibilité, n’est qu’un lâche. Sa non-intervention, loin de le mettre hors de cause, le compromet au contraire avec l’injustice.

A chacun de nos compatriotes, de quelque bord qu’il soit, de méditer les enseignements ci-après : 

“Plus un ordre viole la nature, l’habitude et la norme, et plus l’usage de la violence lui est indispensable” (Lanza Del Vasto).

Par ailleurs, si le sang donne droit au pouvoir, celui qui détient le pouvoir n’a pas de pire rival que son plus proche par le sang; et ce droit de vie et de mort que les puissants s’arrogent finit par se retourner contre leur propre sang, avait écrit Lanza Del Vasto.

- “Tant que la confiance, l’affection, le respect ou la puissante habitude, lient les sujets à cet autre arbitre, l’Etat subsiste : il se défait sitôt que l’autorité du Souverain se perd sur une autre partie du peuple qui porte son allégeance ailleurs : il y a dès lors, à vrai dire, non plus un Etat mais deux; ou, du moins, deux Etats tendent à se former à partir d’un seul, et l’un d’eux sera étouffé par l’autre à l’aide de moyens violents. Il y a là un processus affreux dans son cours et dont l’achèvement laissera d’ineffaçables rancunes. Jamais plus les citoyens ne seront unanimes dans la célébration des anniversaires, les jours de gloire des uns étant jours de deuils pours les autres. Rien n’est donc plus important à la santé d’un Etat que de procurer un accord perpétuel des citoyens sur l’identité du Souverain, c’est-à-dire d’établir et de consacrer un principe de légitimité” (Bertrand De Jouvenel).

Rappel :

Par exemple, Saturne dévorait ses enfants jusqu’à ce que l’un d’eux qui lui avait échappé, Jupiter, le vainquît de sa foudre et l’enfermât dans les lieux infernaux.

Puisse cette page d’appel à la méditation faire réfléchir celles et ceux qui se croient détenir le droit de vie et de mort sur les autres censés être leurs compatriotes.

Paris, le 18 mai 2017

Jean-Claude MAYIMA-MBEMBA

Ancien Rapporteur de la Commission ad hoc « Assassinats » de la Conférence Nationale Souveraine (1991)

Ancien Représentant Permanent de l’Opposition Congolaise auprès de l’Union Européenne

Président de l’Association UNION-CONGO

Repost 0
17 mai 2017 3 17 /05 /mai /2017 23:58

"Personne dans le monde, aucune nation dans l’histoire n’a jamais obtenu sa liberté en faisant appel au sens moral de ceux qui les opprimaient." Assata Shakur.

 
Il y a ceux-ci, de la diaspora, sans autre ambition que celui de "faire du vieux avec du vieux", décrétant un "Tout sauf Boukadia." De messes basses entre soi, en désinformation auprès de l'Elysée et autres institutions internationales, tout y est passé ! Ne comprenant rien à la mutation en cours dans la société congolaise...

 

Impassibilité et constance pour celui, nous dit-on maintenant, que ses actuels geôliers surnomment "Le Grand Tigre."

Il y a ceux-là, du système, ayant cru remporter la palme à son retour sur Brazzaville en le faisant arrêter par une armada d'hommes en treillis, une victoire à la Pyrrhus en réalité, à s'en mordre les doigts.

Il y a le Peuple qui lui, ivre de son bon droit, attend avec patience que vienne l'Heure ou l'Aigle se posera enfin sur la plus Haute branche du Fromager. 

Il y a Modeste Boukadia qui, de Son Silence, fait Loi. Une seule question depuis : Mais qui est-Il donc ?!!

Il y a ceux-ci, nombreux congolais-es, jeunes et vieux, fracassés par les espoirs suscités par des marchands d'illusions, tous issus de la même matrice qui aujourd'hui, oppresse sans distinction du Nord au Sud, de l'Ouest à l'Est.

Et toujours la lancinante question : "Mais qui est donc Modeste Boukadia ?!!"

Ils se l'ont posé aux Nations-Unis lorsqu'il a obtenu la condamnation du système actuel et la demande de remise en liberté de ses hommes, tous du C.D.R.C., pris en otage croyant ainsi pouvoir l'obliger. Peine perdue. 

Elle s'est aussi imposée à l'Union Européenne, et les congolais-es, tels des errants dans le désert auprès des oasis, boivent sans trop se poser de question sur la provenance de l'eau, s'émerveillent des sanctions de l'UE et des EU, ces défections d'entreprises en cascade, ces mises en porte à faux diplomatiques, ces exigences de liberté contre ce régime inique, sans en connaître les vrais artisans.

Ceux du système, ce sont aussi posés la question, l'oeil en coin sur leur chef : "Mais qui est donc ce Modeste Boukadia ?!" Le mutisme en guise de réponse, car comme on le dit couramment chez nous, "il n'y a plus de temps de choix d'aimer ou pas, se baigner, si c'est au crocodile que tu as affaire !"

Ils étaient prévenus, ils ont néanmoins osé. A leur dépend !

_ 3 février 2016, en urgence : Avis de réunion N° 000325 /MAEC-SG/DAM/DONU. Sur la convocation, cette litote toute congolaise : Allégations d’arrestations d’opposants congolais -  "Cas Boukadia"…

La réunion eut lieu. 

Conclusion :  relaxe pure et simple de M. Modeste Boukadia ainsi que des 14 cadres du C.D.R.C.

"Tu avances, tu meurs. Tu recules, tu meurs. Alors pourquoi tu recules ?"  Obosso ! Telle est la devise alors que s’amoncellent  plein Sud sur les pierres tombales, des noms effacés…

Emmanuel Yoka, étrange ministre des Affaires Etrangères, dans son agacement à ne pouvoir savoir "Qui est Modeste Boukadia", campera cette stupide loghorrée diplomatique : "Les Nations-Unis ? Je ne connais pas ! " Il y a de la mesure ...

Leur inhumanité caractérielle se manifestera le 10 avril 2016,  au décès de Mâ Lutaya, mère de Modeste Boukadia… Qui pour l’accompagner ? Qui pour honorer Celle qui a enfanté ? Au Fils, cela ne sera pas permis ! De faux fuyants en tergiversations, leur misérable morale croira ainsi triompher de l’Homme. Que nenni, on n'attrape pas les mouches avec du vinaigre !

Cette mésintelligence primaire dira sa béance le 11 avril 2016 : lors de l’audience de remise en liberté de M. Modeste Boukadia, pour ne pas y souscrire et sans autre raison juridique valable, ce motif abscons : "maintenu en prison pour sa sécurité car ne voulant pas qu’il soit mêlé aux foyers de tensions en cours." Rien que ça et pas moins ! Le 4 avril avec ses tours de passe-passe était passé par-là.

"Travaillons seulement", comme dirait l'autre. Hé bien, du Zenith au Nadir, nous avons travaillé, et plutôt bien ! La diplomatie elle, ne dort pas ! Et "aussi dure que soit la pierre, l'eau finira par en venir à bout." 

Menaces de sanctions, sanctions. Et sans s'y attendre, la France qui enfin entend la voix de la raison et ce qu'elle n'avait su entendre dans le bras de fer sur les referendums, elle s'y met, les faits l'y contraignent. Le fusil a changé d'épaule.

Sur la nouvelle liste, plus exigeante que la première, le 1er d'entre ses Egaux, Modeste Boukadia suivi de ses hommes, puis de Marcel Ntsourou et ses hommes, ceux de Jean-Martin Mbemba, Paulin Makaya, ainsi que de ces autres, tous victimes ...  

Liberté pour ces femmes et ces hommes incarcérés par l'ignorance, pressions, sanctions, la "Loi 196 des Accords de Cotonou" est alors invoquée. Piteuse capitulation.

Mais qui est donc Modeste Boukadia ?!! Ils ont arrêté de se poser la question devant l'évidence des faits. Le 9 mai 2016, n'eut été ce détournement d'avion de la TAC, affrété par l'UE pour le transport des "détenus malgré eux et malgré l'élémentaire raison."

Les dirigeants de ce pays qu’est le Congo-Brazzaville, ne reculent devant rien. La honte ne les tue pas, cela doit leur être reconnu.

Nous attendons de lire ce qui sera écrit sur le prochain avis de convocation. Que mettront-ils cette fois-ci en lieu et place de l’usité "Allégations" ? 

La faute de l’opposition congolaise, tant soit peu que nous-nous entendons sur le mot opposition, est de n’avoir pas pris, mais on le dira jamais assez, la mesure du combat à mener pour que naisse de nouveau l'espoir d'Une Union, prélude à l'Unité. "Jamais ne faire confiance dans l’alliance avec l’homme puissant", nous dit Virgile, et eux, tous tels qu’ils sont, face au système qui les a enfanté et abreuvé, ne sont rien, sinon, une prime à cette dictature !

A l’Homme sage qui sait cacher la feuille convoitée dans la forêt, quoique "seul un criquet soit en mesure de juger du sommeil d’un autre criquet", au-delà ces jugements sans savoir, de ces postures sans lendemains, des jérémiades de ceux qui, à la tête des Hommes perdent la leur, il est plus que temps, à chacun d’entre nous, Peuple, de nous poser la question : Qui est donc Modeste Boukadia ? Probablement que nous n'aurons pas d'autres réponses que les perspectives de nos avenirs car, assurément, il est de ceux qui les dessinent...

"Il n’y a point de mal dont il ne naisse un bien." Voltaire.

Repost 0
30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 22:13

"Si un gouvernement emprisonne injustement, la place de l’homme juste est aussi en prison" Henry David Thoreau (1817-1862), Philosophe américain, auteur d’un essai sur "La Désobéissance civile", il y témoigne d'une opposition personnelle face aux autorités esclavagistes de l'époque contre la ségrégation raciale.

 

Ainsi donc, plus que 3 jours !

 

Modeste Boukadia

 

En date du 03 mai 2017, Modeste Boukadia, président du Cercle des Démocrates et Républicains du Congo (CDRC), arrêté au pied de l’avion à son retour de France, passera en jugement après des mois de détention (janvier 2016-avril 2017).

Rien n’aura pourtant été évident durant cette arbitraire détention, car chose étrange, agressé par l’autorité pénitentiaire à en devenir malade chronique, Modeste Boukadia n’a jamais été entendu par un quelconque juge d’instruction. Et pourtant, au motif d’"Atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat" (rien que ça !), à la peine infligée par contumace, 30 ans de travaux forcés, on se serait attendu à une impatiente écoute de la part du parquet.

Ne préjugeons pas. Mais cette accusation générique, marque de fabrique des régimes ayant maille avec la liberté de ton et d’expression, est souvent de complaisance en nos latitudes dites bananières par ceux qui, ne connaissant que trop bien le pouvoir gavant de la banane, auront cru avoir de quoi se mettre sous la dent, cette fois-ci aussi.

Mais de quoi retourne-t-il exactement dans cette affaire ?

Le procès qui se tiendra, n’est pas que celui d’un homme, Modeste Boukadia, il est avant tout et d’abord celui de la jeune histoire de notre pays, de ladite indépendance à aujourd’hui.

C’est le procès de nos morts continuels, dans la joyeuseté des vainqueurs du moment, celui des comploteurs patentés et jamais inquiétés, celui de la tentation séparatiste d’Opangault, des événements de 1959, de l’arrivée de Fulbert Youlou au pouvoir, de Massamba-Débat au pouvoir et des années de terreur milicienne, de la mort de Pouabou, de Matsocota, de Massouémé, de la scission de la Bouénza du Pool, de l’arrivée de Ngouabi au pouvoir, de son accaparement par une oligarchie tribale, des morts, trop nombreux, qui ont jalonné l’idéologie mortifère du Parti Congolais du Travail (PCT), du prix qu’en ont payé le Cardinal Emile Biayenda, Massamba-Débat, Samba dia Nkoumbi et tant d’autres encore à la mort de Marien Ngouabi, de Joachim Yhombi, de l’avènement de Sassou Nguésso, de la démocratie, de l’échec de Pascal Lissouba à assoir cette démocratie, des créations officialisées des milices partisanes, de la guerre de 1993, des disparus du Beach (euphémisme pour nommer ceux de nos compatriotes ayant été exterminés avec  ignominie et cruauté par un pouvoir sensé les protéger), des terribles journées du 4 mars dans les quartiers au nord de Brazzaville, des successives guerres dans le Pool…, etc.

Où en est donc cette paix tant vantée ? Où en sont les enfants, les femmes et les hommes du Pool, du Congo ? Où en sont les opposants, pour certains, candidats aux élections présidentielles de 2017 ? Où en est la jeunesse congolaise ? Où en est l’économie congolaise ?

Il s’agit de tout cela à la fois et c’est ce questionnement que porte Modeste Boukadia, et c’est ce questionnement que doit avoir le peuple et ceux qui auront la tâche de le juger. Juger notre histoire.

Il nous appartient donc d’être attentif à ses enjeux sinon, à accréditer ce qu’Emmanuel Todd dit du peuple, je cite : "Les élites sont affligeantes, mais le peuple est décevant". Faisons mentir cette constatation.

Dans son assignation à comparaitre du 27 avril 2017, il est accusé, Arrêt du 31 mars 2014 – Rôle n° 87 – Année 2013 – Répertoire n° 63 – Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Pointe Noire, d’avoir au cours d’un meeting autorisé, place de la gare de Tié-Tié, fait défiler ses partisans avec des pancartes exigeant "la mise en place d’un gouvernement d’union nationale", ou proclamant "carton rouge = démission du gouvernement ".

A l’exception de Modeste Boukadia, exfiltré en France, 28 personnes avaient été arrêtées pour ces faits :  Kimangou Joseph – Malonga Alexandre – Makamouna Nzingoula Sylvain – Mayela Rodeche Nestide – Bibila Gilbert – Mabila Mpandzou Paul Mrie – Tsiakaka Valentin – Baboyi Antoine – Silaho René – Matimouna Mouyecket Euloge – Kialounga PierrePlacide – Tandou Jean Claude davy – Ngangoue Judicael – Ngoma Sylvain Privat – Banangouna Dominique Mesmin – Samba Donald – Londhet Moussa Landry – Sanga Alphonse – Ndoye Joque – Mbizi Simeon – Boukete Platini – Ntari Arnaud Rickel – Milandou Merlin – Massengo Masse – Banakissa Bouesso Vadio – Zebele Bouesso Crize Giscard Iniele.

Du jugement rendu le 09 avril 2014, par la Cour d’appel de Pointe Noire : 14 des membres avaient été libérés, et 14 autres condamnés. Jugement par ailleurs qualifié, en novembre 2015, d’arbitraire, par le Groupe de travail sur les détentions arbitraires des Nations Unis.

En date du 03 mai 2017 est annoncé le procès de Modeste Boukadia et ses militants. Paradoxe ( ?) juridique ou fi de l’élémentaire principe juridique ? On ne sait. Faisons toutefois remarquer que ceux des membres du CDRC qui avaient été jugés, et pour la moitié d’entre eux condamnés, il ne peut être tenu un nouveau procès, et de surcroit, par la même Cour et pour le même motif. Sortis inopinément des prisons, ces militants sont convoyés par avions en partance de Brazzaville, Ouesso, Impfondo, vers la prison de Pointe Noire. A quelle fin ?

Fortuit. Et parce que ce mot n’est jamais employé par hasard !

"Le passé aussi violent, aussi virulent qu’il a pu être doit et est le ciment de ce Nouveau Contrat, non entre le citoyen/électeur et le politique, mais entre les populations du sud et les populations du nord qui sont tenues de se muer en peuple si elles ne veulent pas disparaitre, faute de ne pas avoir regardé la lunette  avant mais pour avoir rivé le regard sur le rétroviseur qui renvoie, sans discernement, à la laideur du passé." Modeste Boukadia, Ya lélo ya bisso ! - le 1er février 2017.

Les causes de la division du pays sont profondes et légendaires, tant soit peu que nous fûmes un jour unis, nombreux sont ceux qui se contentent  de n’en tirer que les conséquences pour continuer comme avant.

"Je crois qu'un jour la vérité éclatera et que les responsabilités seront établies. Ce jour-là, n'importe qui ne sera pas accusé de n'importe quoi. Au lieu d'accuser le nord, le sud ou les tribus, on accusera des individus par nom et pour des actes précis. J'espère que cette vérité servira à nous réconcilier, et non à alimenter des haines et des sentiments revanchards. Sinon, ce serait un cercle vicieux, et nous n'allons jamais nous en sortir !" N'Gouelondele Mongo Emmanuel, Mon témoignage (Tome 1, 2ème partie).

Marien Ngouabi, 1er président de la République Populaire du Congo assassiné le 18 mars 1977, déclarait, en 1973, dans un discours prémonitoire : « […] Le tribalisme et le régionalisme, il faut l’avouer, se pratiquent à tous les niveaux, depuis le bureau politique et le gouvernement, jusqu’aux directeurs des services centraux et chefs de service. Aussi lorsque le président s’engage à dénoncer et à combattre cette pratique, on crie et on s’agite contre lui […] ».

C’est encore en vain, en 2017, que nous proclamons cette hypothétique Unité et Indivisibilité de la Nation : Il ne s’agit pas toujours de construire des ponts, doit arriver un moment où il faut être de ceux qui les traversent. Aller à la rencontre de l’autre.

Qui est donc Modeste Boukadia ? "Il est le pont, le 1er d’entre les Egaux", avais-je d’emblée répondu le 06 mars 2017. Ce qui aura ressemblé, pour beaucoup, à des lauriers tressés à la hâte, reflète une réalité que méconnaissent les congolais sans mémoire, vivant dans l’immédiateté.

Dans son Ci-git le Congo Brazza, Modeste Boukadia, au-delà des acteurs, fait une analyse sans concessions qui décortique nos errements politiques, nos aberrations économiques et notre suicide social. Il lève le voile sur ce que vivent les congolais dans ce quotidien qu’ils ne peuvent plus nommer.

La connaissance, est-il dit, est de savoir que la tomate est un fruit. La sagesse, c’est de ne pas mettre de tomates dans une salade de fruits ! Ce procès qui vient, en politique (ce que je crois) ou en droit (ce que j’espère) est fondamental pour nos libertés, nos droits et surtout, pour repenser cette Union et cette Indivisibilité que d’aucuns croient acquis parce qu’un jour, des puissances tutélaires, pour leurs propres intérêts, l’ont pensé et voulu ainsi…

"Bakongos ba bomi Marien". Rien ne guérit ce que la langue blesse sinon, l’humilité. Il n’est que temps qu’en conscience et en responsabilité nous sachions et décidions, une fois n’est pas coutume, pour nous.

Du 27 au 28 janvier, Mardi 31 Janvier 2017, financé par l’Union européenne, l’Observatoire congolais des droits de l’homme (OCDH) organisait, à Pointe Noire, un atelier sur les manquements aux droits, la détention, la saisine de la CPI. Atelier animé par Georges Nguila, Chef d’Antenne de l’OCDH à Pointe-Noire, Jérôme Magnokou, Directeur Départemental des droits humains et libertés fondamentales de Pointe-Noire et Clément Mankita, Substitut Général près la Cour d’Appel de Pointe-Noire.

Je voudrais ici vous citer ce qu’en avait dit le Substitut Général, Clément Mankita : « Le thème la légalité en matière d’arrestation et détention de personnes a fait l’objet de débats enrichissants sur les incompréhensions récurrentes constatées souvent par méconnaissance de la loi entre la force publique et le parquet concernant la détention. L’application stricte du code de procédure pénale doit guider tout le monde pour éviter des abus et les dérives tels les gardes à vue prolongées hors délai légal. La personne détenue a des droits que vous devez respecter. Comme le droit que cette personne soit assistée par un avocat depuis l’enquête préliminaire.  Soyez rigoureux dans l’exercice de vos fonctions car l’officier de police judiciaire ne répond pas à n’importe quelle injonction ».

C’est ce même magistrat, Clément Mankita, Substitut Général près la Cour d’appel de Pointe Noire, qui aura en partage la charge du procès de Modeste Boukadia.

"Criton, nous devons un coq à Esculape, tu le rendras !"  Dernières paroles de Socrate - Le Phédon, Platon.

Quant à nous,

Nous guettons
Nous jaugeons
Nous agissons

Théophile Mbemba
Paris, le 30 avril 2017

CONGO-BRAZZAVILLE : QUAND L'ARBITRAIRE JUGE LES JUSTES (pdf, 334.0 kB)

 
Repost 0
19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 20:47
Congo : Début des procès des prisonniers politiques d’opinion, otages de l’arbitraire

Comme l’a annoncé l’Association UNION-CONGO le 16/04/2017, est-ce les prémices du début des procès concernant les prisonniers politiques d’opinion, otages de l’arbitraire ?

Il n’y a pas besoin de faire des commentaires. La Cour d’Appel de Pointe-Noire vient de confirmer le programme des procès envisagés contre les prisonniers politiques. Celui de M. Modeste BOUKADIA aura lieu le mercredi 03 mai 2017, à Pointe-Noire.

Les vrais criminels vont juger un innocent, une victime expiatoire, comme toujours !

Projet de rôle des audiences criminelles
 
Repost 0
16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 18:37

PROCES MODESTE BOUKADIA - NOTRE TEMOIGNAGE

 

L’Association UNION-CONGO a appris avec beaucoup de stupeur et d’émotions que le procès en criminelle de Modeste BOUKADIA, président du Cercle des Démocrates et Républicains du Congo (CDRC) avec d’autres détenus politiques d’opinion, aurait lieu d’ici la fin de ce mois d’avril. Des dates auraient même été avancées. Selon le calendrier :

 

-          Le 18/04/2017 serait la date du choix des membres du Jury

-          Le 28/04/2017 débuterait la session criminelle avec au programme 32 dossiers dont celui de Modeste BOUKADIA classé parmi les derniers.

1) – La réalité de la tenue de la session criminelle sera effective avec le choix du jury  le 18/04/2017

2) – La Notification aux deux avocats ne se ferait que 15 jours avant le début de la session criminelle.

C’est le moment de vérité et peu importe la nature du procès, qu’il soit de Droit (ce dont il doute) ou politique.

Rien n’est fortuit dans la vie d’une femme ou d’un homme qui se consacre dans l’action politique. Tout est lié. Pour l’avènement de l’Union Nationale pour la dignité de tout un peuple, il sera condamné et maintenu en otage pour avoir, au cours de ses meetings publics et autorisés, exigé LA MISE EN PLACE D’UN GOUVERNEMENT D’UNION NATIONALE POUR PRESERVER LES VIES HUMAINES. Dans la mesure où il n’a ni volé, ni tué ou assassiné, l’homme est prêt et serein !

Ce procès sera le moment de vérité de cette République que l’on présente, hypocritement, UNE et INDIVISIBLE. La guerre qui est  menée au Pool, les intimidations faites aux ressortissants des régions autres que ceux des tenants du système,  les préférences économiques orientées sans tenir compte de la situation sociale des implantations d’usines, des hôpitaux et autres structures indispensables au développement d’un pays, à l’élévation de tout un peupledémontrent que cette République est morte, et c’est sur les CENDRES de cette République que va sortir la Vraie Nouvelle République pour l’émergence des Etats-Unis de l’Afrique Centrale en tant que marché intérieure,

Tenir bon le cap. Haut les Cœurs !

***

Mais que ceux qui jugent ou vont condamner Modeste Boukadia n’oublient surtout pas les analyses du Groupe de Travail de l’ONU à ce sujet.

Qu’ils se souviennent et gardent à l’esprit que, même ceux des membres de son parti qui avaient été condamnés à deux (2) ans de prison ferme en 2014, alors qu’ils étaient arrêtés en 2013, sont toujours maintenus en prison, alors qu’ils ont déjà effectué leur peine.

Un Etat de Droit, respectueux des Lois et des Règles de la République, les aurait libérés, depuis. Mais, la loi de la Barbarie et de l’arbitraire prime celle du Droit et de la Vraie Justice, c’est pourquoi le ministre MABIALA ne s’en soucie pas, parce que ce sont ses otages.

En vérité, selon ce qu’en dit le Professeur René Rémond dont M. Pierre MABIALA devrait s’inspirer  :

« Un Etat de Droit, c'est un Etat où la Loi, écrite et promulguée et non simplement énoncée par le parti au pouvoir, garantit le droit à la vie. Un Etat où les individus ne sont pas la chose du seigneur, du prince, du roi… Un Etat de Droit où aucun citoyen ne soit arbitrairement menacé du droit de mort ou de vie de la part des dirigeants de l'Etat. Un Etat où tout est réglé par les voies juridiques, et non par les voies de l'arbitraire. Un Etat de Droit ne peut permettre de laisser sans sanction la violation de la Loi, etc.».

Ce PROCES qui va se tenir, bientôt, d’ici la fin de ce mois d’avril 2017, relèvera de l’arbitraire.

Paris, le 16 avril 2017

Pour l’Association UNUIN-CONGO

Jean-Claude MAYIMA-MBEMBA 

***

LIRE LA SUITE :

https://blogs.mediapart.fr/jecmaus/blog/160417/proces-des-prisonniers-politiques-au-congo-brazzaville

Pour le Procès de Modeste Boukadia - Témoignage de l'Association Union-Congo (pdf, 1.3 MB)

Repost 0
15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 01:20

9 mars, 12:32 ·

« OUI MON MARI EST EN DANGER DE MORT ! »
Interview exclusive : Mme Boukadia Parle !

#Congointelligence #Congomedia1 #CongoBrazza

 

Mme Nadine Boukadia Mme Nadine Boukadia
Modeste Boukadia Modeste Boukadia
 
Âgé 62 ans, Modeste Boukadia, leader d’un petit parti d’opposition – le Cercle des Démocrates et Républicains du Congo (CDRC) – vit des heures difficiles. Condamné à 30 ans de travaux forcés, incarcéré depuis 15 mois, sa santé s’est considérablement dégradée à la maison d’arrêt de Pointe-Noire. Son épouse a reçu « Congo Intelligence » dans le cabinet de son avocate parisienne, maître Clamagirand, afin de faire un point précis de la situation sanitaire et judiciaire de son mari. Une certitude, après le décès de Marcel Tsourou, le cas Boukadia pose bien des questions sur le fonctionnement de la justice congolaise et aussi sur le peu d’intérêt porté par la France au sort de l’un… de ses concitoyens.

 

« OUI, MON MARI EST EN DANGER DE MORT »

Congo Intelligence : Quelles nouvelles avez-vous de votre mari ?
Mme Boukadia : Modeste est actuellement hospitalisé à la clinique Guénin de Pointe-Noire, c’est la clinique référente du consulat de France. Il y a passé de nombreux examens qui établissent que son état de santé est très inquiétant et que cela impose son transfert en France pour y être soigné. Il est clairement en danger.

CI : De quoi souffre-t-il exactement ?
Nadine Boukadia : Outre des douleurs lombaires suite à une agression dont il a été l’objet en prison, sa principale pathologie est d’ordre cardiaque et le certificat médical que je vous remets l’établit. Le diagnostic de la clinique est clair : « nombreuses extrasystoles ventriculaires et supra-ventriculaires ». Le compte-rendu médical du 2 janvier dernier souligne le risque d’une embolie pulmonaire ainsi que celui d’un arrêt cardiaque.

CI : Vous parlez d’une agression ? D’autres sources évoquent des actes de tortures ? Qu’en est-il précisément ?
Nadine Boukadia : De torture et d’une violente agression. Le 15 novembre 2016, à la suite d’un ordre réclamant la présence de mon mari dans une zone qui lui était interdite, il refusa de se présenter à Pierre Pongui, directeur de la maison d’arrêt et incidemment oncle du ministre de la Justice, Pierre Mabiala. Mon époux a été violement jeté à terre, menotté les mains dans le dos et jambes repliées. Son tronc a été écrasé par le poids des gardes. Son insuffisance cardiaque actuelle, une subite hypertension artérielle sévère et ses lombaires endommagées découlent de cette agression.

CI : Le ministre de la Justice Pierre Mabiala a publiquement indiqué qu’il allait s’informer de l’état de santé réel de Modeste Boukadia ?
Nadine Boukadia : Il y a ce que l’on déclare et ce que l’on fait. M. Mabiala a en effet demandé une expertise médicale. Il l’a eue. Comme elle ne lui plaisait pas, il en a demandé une autre.

CI : Votre mari est détenu et a été jugé pour des faits graves « atteinte à la sûreté de l’État ». N’est-il pas normal qu’il réponde de ses actes ? Qu’avez-vous à répondre à cela ?
Nadine Boukadia : Mon mari a été condamné à 30 ans de travaux forcés pour l’organisation en juin 2013 d’un meeting public. Il a été condamné sans en être informé officiellement par contumace le 7 avril 2014, c’est-à-dire hors de sa présence sans pouvoir présenter sa défense. Il est incarcéré depuis plus d’un an. Or, la loi congolaise est parfaitement claire. La contumace tombée, il doit impérativement être rejugé dans un délai de trois mois ou être remis en liberté. Il n’a pas été rejugé, il n’a pas été libéré. Le pouvoir ne souhaite pas qu’il y ait un procès tant le chef d’inculpation est ridicule. Pour ne prendre qu’un exemple, Modeste Boukadia a pris 30 ans, soi-disant pour une manifestation interdite. Je vous remets le document qui atteste que cette manifestation était parfaitement autorisée ! Le ministre de la Justice ne veut pas de procès car il ne veut pas s’exposer au ridicule. Il préfère bafouer la loi. C’est pourquoi je suis terriblement inquiète car pour en sortir, je comprends qu’un malheureux « accident de santé » est vite arrivé, et permettrait au pouvoir de s’extirper de la situation dans laquelle il s’est enferré.

CI : Vous parlez de ridicule, mais la justice dit qu’on a retrouvé des armes chez certains militants du parti politique dirigé par votre mari ?
Nadine Boukadia : Pas à ma connaissance, des cadres comme un médecin n’en ont pas. Mais ce sont les mêmes armes que l’on retrouve systématiquement chez tous les membres de l’opposition arrêtés, et ceci quelle que soit leur appartenance politique. De toute façon, Modeste Boukadia n’est pas concerné. Je vous rappelle que nous sommes arrivés de Paris, le 15 janvier 2016 par un vol régulier d’Air France. 2000 militaires nous attendaient à l’aéroport. Il a été aussitôt arrêté et envoyé à Pointe-Noire.

CI : Justement, votre mari est titulaire de la nationalité française. Que dit-on à Paris de la détention d’un citoyen français, illégale au regard même du droit congolais ?
Nadine Boukadia : Je vais essayer de vous répondre « diplomatiquement ». Disons que la France n’a pas d’amis, uniquement des intérêts. À Pointe-Noire, le consul a fait le job. J’ai écrit à M. François Hollande qui a fait suivre… J’ai rencontré l’ambassadeur qui m’a expliqué que mon mari n’était français « que depuis une dizaine d’années » ! (sic). Vous vous rendez compte !? Au demeurant, c’est faux, nous sommes mariés depuis 20 ans. Ce qui domine, c’est l’embarras, trop d’intérêts croisés. Cela me rend d’autant plus inquiète, tant je perçois qu’un décès « accidentel » arrangerait tant ces mêmes intérêts. Une précision, si la clinique Guenin est un excellent établissement au Congo, elle n’a pas les équipements adaptés pour le soigner. Par ailleurs, il y a l’aspect financier, pour le seul mois de février, j’ai dû débourser 7 200 euros pour la clinique. Que se passera-t-il quand je ne pourrai plus payer ?

CI : Votre mari était en France à l’abri de cette condamnation à 30 ans de prison. Pourquoi est-il donc venu se jeter délibérément dans la gueule du loup ?
Nadine Boukadia : Pour trois raisons. Par solidarité avec les 14 militants de son parti incarcérés. Et d’autre part, revoir sa mère, et il entendait se présenter à l’élection présidentielle.

CI : Modeste Boukadia est connu comme militant de la partition de la République du Congo. N’est-ce pas en soi une activité hautement séditieuse, porteuse en germe de la guerre civile ?
Nadine Boukadia : La partition est le soubassement pour fédérer les régions du Congo et avoir une Union de régions capables d’évoluer, pour le renouvèlement constructif du pays. Chaque région se développera dans la paix et la sérénité. La France a établi la régionalisation incluant Bretons, Basques, Corses, etc. et le tout valorise l’Hexagone. C’est le même principe. La France a su protéger son patrimoine multiculturel. Il en sera de même pour le Congo par cette partition.

SOURCE : https://blogs.mediapart.fr/jecmaus/blog/150317/france-congo-nadine-boukadia-oui-mon-mari-est-en-danger-de-mort

 

Repost 0
8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 13:49
 
(CONGO-BRAZZAVILLE) DROIT DE REPONSE SUITE A LA DECLARATION DE M. PIERRE MABIALA RELATIVE A L’ETAT DE SANTE DE M. MODESTE BOUKADIA, DETENU DEPUIS LE 15 JANVIER 2016, SANS JUGEMENT...
--------------------------------------------------------

 

DROIT DE REPONSE

SUITE A LA DECLARATION DE M. PIERRE MABIALA

RELATIVE A L’ETAT DE SANTE DE M. MODESTE BOUKADIA

1) - Dans sa déclaration à RFI, en date du 05/03/2017, concernant l’état de santé de M. Modeste BOUKADIA, incarcéré illégalement et illégitimement à la maison d’arrêt de Pointe-Noire, M. Pierre MABIALA, ministre de la justice et des droits humains du régime de M. Sassou Nguesso, a dit attendre une contre-expertise médicale avant de statuer et que le Congo a de bons hôpitaux (sic).

2) - S’agissant du passage à tabac et de la tentative d’assassinat dont M. Modeste BOUKADIA a été l’objet de la part de M. Pierre Pongui, directeur de la maison d’arrêt de Pointe-Noire et ses agents, M. Pierre MABIALA déclare qu’ « on n’enquête pas sur du néant » et que ces allégations seraient donc des « mensonges » (sic).

Au regard de la désinvolture de M. MABIALA qui se moque des citoyens Congolais embastillés dans des conditions inhumaines dans des établissements qui relèvent de sa juridiction où ils sont quotidiennement battus, torturés et ensuite privés de soins au cours de leur séjour carcéral, l’Association UNION-CONGO fait remarquer :

-          M. MABIALA ne veut pas ouvrir une enquête sur les sévices subis par M. Modeste BOUKADIA, mais il veut une contre-expertise sur son état de santé parce que nous exigeons que M. BOUKADIA soit soigné hors du Congo. Pourquoi faire une contre-expertise sur du néant ? M. MABIALA se contredit.

-          Si vous voulez mourir plus tôt que prévu, il suffit simplement d’aller dans les hôpitaux du Congo. La grève du personnel de l’hôpital A. Cissé de Pointe-Noire est un exemple palpable.

-          Pourquoi l’oncle de M. Pierre MABIALA, Pierre Pongui, ci-devant directeur de la maison d’arrêt de Pointe-Noire, va-t-il suivre ses traitements en France, puisqu’il y a de bons hôpitaux au Congo ?

-           M. Pierre MABIALA peut-il expliquer pourquoi tous les jours y a-t-il des cohortes d’évacués sanitaires, membres du pouvoir, qui vont se faire soigner en Europe, notamment en France ou en Espagne ?

-          Pourquoi Mme Antoinette Sassou n’est-elle pas soignée dans un hôpital du Congo, voire dans celui d’OYO ?

-          L’Association Union-Congo, en accord avec d’autres Associations du Congo, s’adressera au Ministère français de la Santé pour lui demander de publier la liste des ressortissants Congolais évacués sanitaires soignés en France. Elle mènera la même démarche auprès de l’Union Européenne. Le peuple Congolais a le droit de savoir.

-          M. MABIALA considère que la détérioration de l’état de santé de M. BOUKADIA est un prétexte. Pourquoi ces centaines de morts dans les prisons, les Commissariats et postes de police (Cf. Rapport 2016-2017 de la FIDH, pp. 155-157 ; Rapport 2015 AMNESTY INTERNATIONAL ; Rapport 2017 du CIAN, p. 92 MOCI 12/2016, sur le climat des affaires ; Rapports 2016 de l’OCDH) ?

-          M. Pierre MABIALA déclare que le passage à tabac de M. Modeste BOUKADIA est un mensonge. Le directeur de la maison d’arrêt de Pointe-Noire, M. Pierre PONGUI, est l’oncle du ministre de la justice et des droits humain, M. Pierre MABIALA, lui-même. On comprend qu’il ne peut que protéger son oncle auquel il a donné les ordres de liquider physiquement l’opposant Modeste BOUKADIA, ancien candidat à l’élection présidentielle en 2009. Comme pour les Disparus du Beach qui se seraient suicidés tous seuls, M. MABIALA voudrait-il dire que M. Modeste BOUKADIA se serait tabassé tout seul ?

Quant à l’évacuation sanitaire de M. BOUKADIA, aux dernières nouvelles, c’est M. MABIALA lui-même qui s’opposerait à l‘évacuation de Modeste BOUKADIA, en représailles à la plainte portée contre « X » sur cette nette et abominable agression physique subie par M. Modeste BOUKADIA.

Et ce qui est pathétique et indigne, malgré ce qui précède, c’est de voir des pays comme la France décorer des criminels de la Légion d’Honneur !

Enfin, l’Association UNION-CONGO, en accord avec d’autres association du Congo, s’adressera à l’OMS, au PNUD, l’UNICEF, l’U.E., l’U.A., l’UNESCO et l’ONU pour leur demander de nommer des Commissions d’enquête internationale sur les systèmes carcéral, éducatif et de santé en République du Congo, pour établir la vérité sur la gouvernance de M. Sassou et son clan depuis 1977, à laquelle contribue M. Pierre MABIALA.

Paris, le 08 mars 2017 

Jean-Claude MAYIMA-MBEMBA

Président de l’Association UNION-CONGO

 

LARGE DIFFUSION

 
Repost 0
7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 19:27

   par Theophile Mbemba


 QUI EST DONC MODESTE BOUKADIA ?

 

"Il est le Pont, le Premier d'entre les Égaux", serais-je tenté, d'emblée, de répondre. Mais La Parole est d'or, donnons-la Lui, et en ses mots il vous dit :

"Plus que jamais il est l'heure d'amener les Peuples à explorer, à expliquer, à entraîner le Pays vers l'Union Nationale qui n'est pas du passé mais représente le futur pour engager la nouvelle génération à l'innovation politique qui doit donner un souffle à l'action économique et social pour nous sortir de ce piège de la division où nous avons été insidieusement entraînés. Tout retenir du passé mais n'y jeter que le regard nécessaire, indispensable et lucide devant nous permettre de construire au-delà des slogans ânonnés, vidés de leur contenu : Unité - Travail - Progrès

Aujourd'hui plus que jamais le Pays attend ce vent nouveau, cette manière nouvelle d'être pour pouvoir enfin Unir ce qui est, jusque-là, demeuré épars. Ne plus agir en procureur mais en politique, sans occulter ce passé qui aura tant meurtri nombreux de nos compatriotes du Nord au Sud, de l'Ouest à l'Est.

Seul ce sursaut pour l'Union Nationale saura nous préserver de la désillusion qui se vit et à gangrener toutes les couches de la société. Ainsi construirions-nous de ce Congo moribond, Une Nation pour Tous à l'horizon 2050."


Modeste Boukadia, Février 2017, Prisonnier par l'ignorance des uns et des autres.

Nous,
Nous guettons
Nous jaugeons
Nous agissons

https://blogs.mediapart.fr/jecmaus/blog/060317/pierre-mabiala-et-pierre-pongui-meme-besogne-tortionnaires-et-bourreaux

http://www.rfi.fr/afrique/20170304-congo-brazzaville-etat-sante-opposant-modeste-boukadia
Repost 0
6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 06:54
PIERRE MABIALA ET PIERRE PONGUI, MEME BESOGNE :

TORTIONNAIRES ET BOURREAUX !

Pierre Mabiala

 

Dans un pays où on tue pour rien, où l’impunité est la règle absolue, nous ne pouvons que nous alarmer et manifester notre inquiétude quant à la situation qui prévaut dans le pays, sous le régime clanique de Sassou Nguesso. Le Rapport annuel de l’OCDH vient confirmer ce que nous savions et dénoncions déjà depuis longtemps : Sassou et son clan assassinent dans les prisons.

-      Le colonel Marcel Ntsourou est mort en prison ;

-     Modeste Boukadia, dont les factures sont à sa propre charge et non de l’Etat congolais, navigue entre la Clinique Guenin et la maison d’arrêt de Pointe-Noire, suite à sa tentative d’assassinat par M. Pierre Pongui, directeur de ladite maison d’arrêt et parent (oncle) de Pierre MABIALA, ministre de la Justice  et des droits humains de son état ;

-      L’état de santé de Paulin Makaya est inquiétant ;

-      L’état de santé du général Mokoko serait très critique ;

-      Et que dire de Jean Ngouabi !

Sans oublier ces dizaines voire centaines d’anonymes, celles et ceux qui croupissent dans les prisons (secrètes) non officielles, torturés de façon ininterrompue, matin, midi et soir, et dont on ne parle pas.

Ce qui est sûr et à craindre, c’est que tout ce qui se produira sous la primature de M. Clément Mouamba sera mis sur le dos de l’UPADS et du NIBOLEK. C’est comme ça qu’opère M. Sassou. Ainsi pourra-t-il dire, demain :

-       Ba komi ko bomana bango na bango (Ils s’entretuent (entre gens du Sud)). Allusion aux massacres du Pool. Il s’en dédouanera. Il dira : « toutes les décisions ont été prises par le Premier ministre, chef du Gouvernement. Je n’y suis pour rien ».

-       Le Premier ministre, Chef du gouvernement, M. Clément Mouamba, est membre de l’UPADS et originaire du NIBOLEK. On ne pourra pas dire que l’UPADS n’est pas au pouvoir.

-       Le ministre de la justice, Pierre Mabiala, est membre de l’UPADS ; il est originaire du NIBOLEK et parent de feu Pierre Kikounga-Ngot, tout comme Pierre Pongui, le directeur de la maison d’arrêt de Pointe-Noire (une affaire de famille)…

Qui pourra le contredire ?

D’où la vigilance sur la situation et l’état de santé de tous les détenus politiques d’opinion, notamment, Modeste Boukadia, Jean-Marie Michel Mokoko, Paulin Makaya, Anatole Limbongo-Ngoka, Jean Ngouabi, entre autres qui, au nom de rien, ont été emprisonnés pour avoir pensé et parlé différemment que les tenants du pouvoir clanique.

Ceci étant, il reste, somme toute, ce cas de Modeste Boukadia qui, pour la première fois dans l’histoire du Congo dit indépendant, a été condamné à 30 ans de prison aux travaux forcés, pour avoir organisé des meetings pourtant autorisés à Pointe-Noire et à Brazzaville. Meetings au cours desquels il avait tenu des propos contraires au mono-encéphalisme clanique et dénoncé précocement la volonté de M. Sassou Nguesso de changer de constitution et demandé la mise en place d’un gouvernement d’union nationale.

TRENTE (30) ANS AUX TRAVAUX FORCES, pour un DELIT D’OPINION qui n’en est même pas un au regard de la liberté d’expression et/ou d’opinion ! Une peine qui nous rappelle, dans les années 1940, celle de MATSOUA André Grenard, mais c’était-là du temps de la colonisation que tous ceux du pouvoir nous disent être sortis.

A défaut de le libérer purement et simplement, son dossier étant totalement vide, pourquoi MM. Sassou Nguesso, Clément Mouamba et Pierre Mabiala refusent-ils la libération conditionnelle de Modeste BOUKADIA, décidée par le Tribunal de Pointe-Noire en date du 20 juin 2016 ? Ne serait-ce que cela, puisque le système clanique des Sassou & Nguesso veut que tout opposant politique d’opinion ne doit pas être libre.

Au Congo-Brazzaville, sous les système et régime claniques de Sassou Nguesso, la barbarie a atteint son paroxysme (Cf. Rapport OCDH 2016), n’en déplaise à ses souteneurs qui l’ont installé là, en 1997, au prix du sang et des larmes des populations congolaises.

LE VIGILANT 2, à Pointe-Noire

pour L’Equipe du Réseau Congo-Mfoa

Repost 0