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16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 14:04
(Afrique/Françafrique/Congo-Brazzaville) La mangouste et le cobra

Le combat entre Rikki-Béné la mangouste et Nag-Ssou le cobra

Par Pierre Franklin Tavares

Le conte qui suit relate une farouche dispute qui vaut pour tous les tyrans d’Afrique. Qu’aucun d’eux ne se sente donc visé, même si, au vrai, les faits rapportés et les descriptions indiquent de frappantes ressemblances avec l’un d’entre eux. Au reste, que tous les Calliclès qui, jour après jour, exhortent les tyrans à une politique de force et les réconfortent dans l’opinion fausse selon laquelle le droit de l’État (et non l’État de droit) est la puissance du droit du tyran et que celle-ci est octroyée par Dieu ou par la nature, que tous ces flatteurs-là, s’ils le peuvent, méditent les lignes du combat entre le cobra et la mangouste.

Il était une fois…

Il était une fois, dans un pays lointain, latitude 4°15’58’’ Sud et longitude 15°16’59’’ Est, un État : la République de Prisonville.

Un vieux tyran y régnait, sans partage, sur une masse de sujets, après avoir réussi à « suspendre » le peuple, pour le seul profit de son clan. La misère y était grande. Cependant, il ne la voyait pas ou, plus exactement, il croyait le contraire de ce que ses yeux lui donnaient à voir. Comme tous les tyrans, il était aveugle volontaire.

Il dirigeait tout en maître, depuis un demi-siècle, n’organisant que des élections nocturnes, récusant les résultats lorsqu’elles lui étaient défavorables et tuant, assignant à résidence ou emprisonnant tous ceux qui remettaient en cause son pouvoir, ses plaisirs et sa beauté. Il apportait un soin méticuleux à son apparence, au point d’accorder une importance démesurée à ses tenues vestimentaires. Lui seul représentait son pays sur la scène internationale. L’État, c’était lui, rien, que lui. Sa personne se confondait avec les institutions publiques.

Il se disait et se faisait dire descendre d’une lignée redoutable : le Cobra royal, dont il avait emprunté les attitudes et les réflexes. Son nom : Nag-Ssou, cousin du célèbre cobra Nag. Il défendait la tyrannie comme mode de gouvernance et avait cédé à la chrématistique, terme d’Aristote (Les Politiques) qui désigne l’accumulation compulsive de l’argent pour l’argent et vue de son propre plaisir, un travers que Pamelo Mounka a si bien mis en chanson .

Parmi ses sujets, il y en avait un de modeste lignée, celle des Herpestidé : la mangouste Rikki-Béné, neveu de Rikki-Tikki-Tavi. Il était rebelle dans l’âme et opposé à toute tyrannie, prônant même un farouche humanisme. C’était un idéaliste, qui voulait enchanter la démocratie et instaurer une République. Un patriote.

Nos deux personnages s’étaient échappés du Livre de la jungle de Rudyard Kipling, pour s’affronter dans le monde réel. Ils représentaient des figures diamétralement opposées dont l’affrontement était inévitable.

Le cobra et la mangouste

Un matin apporta le jour de l’affrontement politique, inéluctable : qui du cobra et de la mangouste l’emporterait pour diriger la Cité ?

Pour la circonstance, tous les animaux de basse-cour et de la faune tropicale étaient réunis, en cercle comme autant de spectateurs excités. Soudain, plus de lumière. Plus de tam-tam pour répandre les nouvelles. Les frontières du pays fermées. Quel étrange décor. Le combat devait se dérouler à huis clos, et chacun sait bien pourquoi.

L’un, le singe, plus malin, tenait les paris, pleins les poches. Les parieurs étaient agités et parmi eux quelques-uns avaient déjà passés un accord secret avec le cobra, parce qu’ils certains de sa victoire.

L’autre, compère lapin, pérorait sur la rapidité du reptile et l’agilité de l’herpestidé. Qui l’emporterait ? Il ne se risquait guère à un pronostic. Un autre encore, le lion, général de son État, plus disert et sûr de ses muscles, jurait de l’impartialité de l’arbitrage mené par le frelon, président de la Cour constitutionnelle.
Rikki-Béné la mangouste et Nag-Ssou le cobra se faisaient face. Entame immédiate. Le premier, long de 95 cm, la queue touffue relevée et les petites oreilles dressées, tourna autour du cobra, en feignant quelques vives esquisses d’attaques en guise de test. Ce semblait être un jeu ou une provocation.

Nag-Ssou, sur la défensive, dresse le tiers de son corps au-dessus du sol et, pour impressionner le public et son adversaire, déploie son capuchon pour élargir sa tête, qu’il balance de droite à gauche, puis en avant et en arrière, prêt à mordre. Alors les paris montent.

La mangouste passe de nouveau à l’attaque. Le cobra siffle, montre son venimeux crochet, vise et, s’élançant tel un ressort, tente de le mordre pour lui inoculer son venin. Rikki-Béné, alerte et véloce, évite la première morsure, et par un saut vif, tel un voltigeur, se retourne sur lui-même avec grâce pour retomber sur ses pattes. Quel athlète ! La gueule entrouverte, l’air moqueur, il donne même l’impression de sourire et de ne point prendre au sérieux son adversaire. La même scène se répète, deux, trois, quatre fois et plus. La mêlée est furieuse et se prolonge, sans que l’on puisse déterminer qui sera le vainqueur. D’autant que les morsures de Nag-Ssou n’ont pas d’effet. Il ignore que la mangouste est immunisée. La mêlée est de nouveau énergique, vive, chacun mordant l’autre. Puis ils s’enroulent, se séparent, s’attrapent encore. Nag-Ssou ne parvient pas à prendre le dessus et recule tout en étant vigilant. C’est alors que Rikki-Béné réussi à lui saisir la mâchoire inférieure et Nag-Ssou se tortille de douleur dans tous les sens comme un ruban agité et tente de se dégager. Rien n’y fait. Et à force d’attaques et de petites morsures, le corps couvert de blessures, Nag-Ssou commence à donner des premiers signes d’épuisement. Rikki-Béné lâche prise, pour aussitôt saisir la nuque du cobra, dont c’est le principal point faible, son talon d’achille. Le reptile n’en peut plus. Son corps se tortille. La mangouste est maîtresse du combat. Elle sait désormais son adversaire vaincu, la mâchoire broyée et le corps blessé. Elle le laisse agonisant. Nag-Ssou met à profit ce répit pour prendre la fuite au travers des broussailles. Rikki-Béné n’exerce pas son droit de poursuite et lui laisse la vie sauve.

Toute la basse-cour et la faune tropicale exultent, y compris ceux qui ont perdu leurs paris. La tyrannie est abolie. La République est rétablie.

Le lecteur aura compris la trame et la signification de cette histoire : les démocrates l’emportent toujours sur les tyrans, comme tous les David sur les Goliath.

LIRE LA SUITE : http://www.pftavares.fr/la-mangouste-et-le-cobra

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Pierre Franklin Tavares - dans Afrique Françafrique Sassou Nguesso Congo-Brazzaville PCT
8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 10:54
(Afrique/Françafrique) Un rapport du ministère français de la défense fait froid dans le dos...

PANAFRICANISME : Un rapport du ministère français de la défense fait froid dans le dos - Le nationalisme africain et le panafricanisme présentés comme des menaces pour l'Occident! -

| par Théophile Kouamouo -

Crédit photo : Collectif ReAct

Publié en octobre 2012 dans Le Nouveau Courrier, cet article me semble toujours pertinent alors que la crise malienne souligne cruellement l'incapacité des Etats africains à se doter d'une véritable politique de défense commune. Et conforte les options stratégiques de la France, développées ci-après.

Et si les rapports des experts en questions stratégiques, dans toute leur aridité, étaient plus à même de nous éclairer sur les vrais enjeux de notre monde que le storytelling des médias occidentaux dominants dégoulinants de «bons sentiments» manipulatoires ? En tout cas, le dernier rapport édité par le ministère français de la Défense, et qui est plus que jamais «à la mode» alors que le sommet de la Francophonie de Kinshasa se prépare fiévreusement [cet article a été publié pour la première fois le 10 octobre 2012, ndlr], gagne à être lu et analysé. Le rapport prospectif à 30 ans dénommé «Horizons stratégiques» décrit les tendances lourdes de la politique extérieure et de défense française à long terme. Ce qui signifie qu’il est, peu ou prou, endossé par les deux principaux partis de gouvernement qui dirigent alternativement la France – et qui se prémunissent avec une solidarité exemplaire contre toute menace qui viendrait troubler leur confortable jeu de ping-pong.

Bertrand Badie, un des plus éminents spécialistes des relations internationales de l’Hexagone, qui dirige L’Etat du monde, encyclopédie géopolitique de référence et enseigne à Sciences-Po Paris, ne s’y est pas trompé. «Hollande est dans la continuité de Sarkozy. Pas tellement sur le verbe et la forme, car les deux hommes n'ont pas le même tempérament, mais sur le plan thématique, sur la ligne politique, François Hollande n'a pas montré de volonté forte de rupture. La politique étrangère a été la grande absente de la campagne électorale, aucun thème n'a été soumis au débat public, il n'est donc pas étonnant que Hollande n'ait annoncé ni proposition nouvelle, ni initiative spectaculaire, ni virage politique. (…) Depuis le début de la Vè république, la gauche n'a jamais fait l'effort de définir ce qu'est une politique étrangère de gauche. François Mitterrand qui avait vilipendé la politique étrangère du général de Gaulle s'est finalement aligné lorsqu'il a accédé à l'Elysée en 1981. Et ses successeurs ne se sont pas beaucoup intéressés à la politique étrangère. Il y a là un manque. Le travail de critique et de réflexion en profondeur n'est pas mené. D'ailleurs, la politique étrangère de Nicolas Sarkozy a été très peu critiquée par la gauche. Il n'y a pas eu de débat sur l'intervention en Libye. Celui sur la réintégration de la France dans l'Otan a été extraordinairement discret», a-t-il expliqué le 27 septembre dernier dans Le Journal du dimanche.

Le style change, mais le fond demeure, donc. Du coup, le document stratégique du ministère de la Défense, visiblement finalisé fin avril dernier – avant donc la débâcle de Nicolas Sarkozy – reste d’actualité. Que dit ce document sur le monde, la France et l’Afrique ?

Le déclin de l’Occident anticipé… et redouté

Le texte indique que parmi les «lignes de force» des décennies qui viennent, il y a «la fin de la domination occidentale». Nous nous dirigeons manifestement vers «un monde post-américain». Il existe «un risque de déclassement de l’Europe», et «l’affirmation de nouvelles grandes puissances, aux trajectoires toutefois incertaines» (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), devrait se poursuivre. «L’accélération de la mondialisation» est également une ligne de force dans un contexte de «transition géopolitique marquée par une instabilité et une volatilité croissantes». Tout cela, on s’en doutait un peu…

Qu’anticipe donc le document stratégique français en ce qui concerne l’Afrique subsaharienne ? «Vingt ans après la fin de la guerre froide, le continent devrait continuer à voir son importance géopolitique s’accroître sous l’effet de la concurrence économique entre puissances émergentes «du Sud» (Chine, Inde, Brésil) et puissances en déclin relatif (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie). Néanmoins, les sous-régions d’Afrique pourraient évoluer distinctement en fonction de leur environnement extérieur (systèmes Corne/péninsule arabique), Sahel/Maghreb/Europe, Afrique de l’Est/sous-continent indien». Est-ce à dire que, de par la proximité géographique, l’Europe a un «rôle à jouer» bien plus important en Afrique de l’Ouest et en Afrique du Nord qu’ailleurs ? Sans doute. La question qui se pose est la suivante : par quels moyens, dans ces zones spécifiques, les Occidentaux déclinants mèneront-ils la «guerre économique» contre leurs nouveaux concurrents émergents ? L’actualité nous fournit quelques débuts de réponse à cette interrogation, et ils peuvent paraître effrayants.

Des «printemps arabes» en Afrique ? Non merci

Pourquoi la presse française se passionne-t-elle pour les processus de changements de régime dans le Moyen-Orient, tout en s'indignant si peu des dénis démocratiques dans les pays d’Afrique francophone, où Paris a pourtant les moyens de faire avancer les choses dans le bon sens, à coups d’amicales pressions, loin de la «démocratie des bombes» à laquelle la Côte d’Ivoire, par exemple, a payé un lourd tribut ? Pourquoi, en plein printemps arabe, Ségolène Royal débarque-t-elle à Ouagadougou pour apporter un soutien sans équivoque à un Blaise Compaoré qui veut modifier la Constitution et fait face à la colère de son peuple ? Peut-être parce que les «policy-makers» français ne croient pas en l’avènement d’une émancipation démocratique au sud du Sahara. La pauvreté et le tribalisme seraient des facteurs bloquants. «Une extension généralisée en Afrique subsaharienne des poussées démocratiques arabes paraît peu probable.

Si certains éléments structurels (alternance bloquée, jeunesse diplômée au chômage, marginalisation d’une partie de l’armée) peuvent constituer un terreau favorable à un soulèvement populaire, plusieurs caractéristiques limitent de fait les évolutions politiques en Afrique à court et à moyen terme : l’absence de classe moyenne, les divisions identitaires et la faible institutionnalisation de l’État, notamment. Seuls quelques pays, dans lesquels une société civile solide, produit de l’histoire locale (syndicats, églises, chefferies traditionnelles), fait face à un État fort ou à un pouvoir bloqué, sont susceptibles de suivre la voie arabe, si certaines circonstances sont réunies (crise économique, élection grossièrement truquée…)», indique le document. L’analyse n’est pas tout à fait dénuée de fondement, mais les références obsessionnellement ethnographiques de la France officielle quand il s’agit de l’Afrique, par exemple, indiquent d’une certaine manière qu’elle n’est pas pressée que la situation change. Les pouvoirs qu’elle soutient n’encouragent pas, généralement, une plus forte institutionnalisation de l’Etat. N’accompagne-t-elle pas avec enthousiasme un régime Ouattara qui a substitué des milices tribales à une armée nationale et n’a-t-elle pas longtemps soutenu une rébellion ivoirienne qui détruisait l’Etat pour le remplacer par des baronnies féodales dont les «Com'zones» sont des figures emblématiques ?

Sécessions et migrations

«La remise en cause des frontières actuelles pourrait aboutir à la création de nouveaux États ou à des redécoupages plus ou moins violents (Sud-Soudan, Somalie…). La rupture du tabou de l’intangibilité des frontières pourrait avoir des effets en cascade sur l’ensemble du continent, voire au-delà», anticipe le rapport. L’on se souvient forcément qu’à Paris, la perspective d’une sécession du Nord-Mali, tant qu’elle ne disait pas son nom et qu’elle était incarnée par le MNLA, était une option sérieuse. Le soutien à des irrédentismes ou à des séparatismes sera-t-il demain, plus que jamais, un moyen de peser sur des situations géopolitiques ou de «semer l’effroi» parmi des nations africaines désireuses de s’affranchir ou de tester certaines formes d’indocilité? «Des catastrophes écologiques majeures liées aux premiers effets du changement climatique, notamment dans les zones les plus fragiles, pourraient déboucher sur de vastes mouvements de populations, intra et intercontinentaux, sources de déstabilisation majeure», écrit l’étude. Ce qui se passe dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire, militairement conquis par des hommes faisant face chez eux à l’avancée du désert, est-il une préfiguration de ce type de «catastrophes» ? Les grandes villes de la côte ouest-africaine, épuisées par l’exode rural et de «l’abandon» d’une partie du Sahel, pourraient-elles vraiment, en partie, être noyées dans les flots de l’érosion côtière ? Ces questions interpellent les pouvoirs et l’intelligentsia du continent.

Le nationalisme africain… menace pour l’Occident !

Ce qui est inédit dans ce rapport produit par les experts du ministère français de la Défense, c’est qu’il classe désormais les souverainistes africains comme des ennemis potentiels. «Des crises dites «identitaires», fruit de l’instrumentalisation de catégories communautaires par certains acteurs politiques et économiques (partage du pouvoir et des richesses), pourront encore survenir. Le fondamentalisme, voire le radicalisme, religieux, tant musulman que chrétien, pourrait progresser, en l’absence de perspective d’intégration économique et politique des populations les plus pauvres et, surtout, des jeunes. Parallèlement – et paradoxalement – les sentiments nationalistes et/ou panafricains pourraient se développer, parfois au détriment des intérêts occidentaux». Vous avez bien lu ! Ceux qui pensent une Afrique forte, indépendante, libre de ses choix, y compris en matière économique, sont des menaces pour l’Occident ! Et cela est dit de manière «décomplexée», dans un pays où le discours ambiant, certes souvent en contradiction avec les actes et les pratiques, tient, de Charles de Gaulle à Dominique de Villepin, l’indépendance des nations pour une sorte d’absolu ! Comme si cela n’était pas assez clair, le journaliste Adrien Hart, dans un article publié par Slate Afrique, précise la pensée des rédacteurs du rapport : «Tout le monde garde à l’esprit les violents appels anti-français de leaders politiques pro-Gbagbo lors de la crise postélectorale en Côte d’Ivoire.

L’avenir africain verra-t-il la multiplication de clones de leaders populistes comme Charles Blé Goudé ou de Julius Malema ? On ne le souhaite pas.» Et si ce background structurel était une clé permettant de comprendre la structure intellectuelle de ceux qui ont «pensé» l’assimilation grotesque du groupe islamiste Ançar Dine et de l’opposition ivoirienne en exil ? N’était-il pas question, au final, d’assimiler deux types d’acteurs qui représentent les menaces absolues ? Et si, au fond, la France officielle «préférait» d’une certaine manière les salafistes, dont la dangerosité est facile à «vendre», aux nationalistes africains, contre qui les opinions européennes comprendraient moins que l’on aille en guerre ? Ce débat n’est pas superficiel. Dès lors que l’on se convainc de ce que la principale menace identifiée par les stratèges officiels de l’Hexagone est le réveil de ce que nous appelons volontiers «l’Afrique digne», il devient évident que l’alliance avec des forces représentant la féodalité tribale voire le fanatisme religieux peut être envisagée contre les souverainistes africains. Les guerres civiles et les sécessions deviennent dans ce contexte des «problèmes» certes. Mais des «problèmes» qui légitiment une présence militaire, donc stratégique, accrue et vertueusement présentée. Puisqu’il s’agit de sauver l’Afrique contre elle-même en «empêchant les massacres».

La France veut continuer d’occuper militairement l’Afrique

Il y a une quinzaine d’années, la mode était aux concepts mettant en avant le retrait progressif de l’armée française du continent au profit de forces africaines de maintien de la paix. Ce n’est plus le cas. Ainsi, le rapport «Horizons stratégiques» met en valeur deux tendances lourdes attendues : un affaiblissement économique de l’Europe et un maintien plus que jamais d’actualité de la présence militaire française. L’amoindrissement de la part relative de l’Europe en tant que principal fournisseur d’aide publique au développement est susceptible d’affecter le tropisme européen des pays d’Afrique subsaharienne au profit des puissances émergentes majeures», peut-on ainsi lire. «Résultant de l’incapacité des États à contrôler leur territoire, la multiplication et l’extension des « zones grises », concentrant groupes criminels organisés (trafiquants, terroristes) et groupes rebelles, pourraient nécessiter des interventions occidentales auxquelles des pays européens, et la France en particulier, pourraient être amenés à participer», indique le rapport. La France a l’intention, dans les prochaines décennies, d’investir plus que jamais l’Afrique, qui «restera une zone de convoitises et de confrontations potentielles et une zone d’intérêt stratégique prioritaire pour la France». Le rapport trace les contours d’un mode d’intervention qui n’entend pas changer en Afrique, y compris au cœur des grandes villes. «Le renouvellement des accords de défense avec plusieurs partenaires africains confère à la France des responsabilités particulières en matière d’assistance, appelées à s’inscrire dans la durée.

La présence de nombreux ressortissants français dans les villes, dans un contexte de forte insécurité, devrait renforcer la nécessité de disposer de capacités d’évacuation adaptées. Celles-ci devront de plus en plus être coordonnées au niveau international et avec les acteurs locaux, notamment privés», écrivent les rapporteurs. Qui préfèrent nourrir la perplexité quant aux capacités de l’Union africaine qu’il est plus que jamais question de contourner, voire de délégitimer. Au profit, sans doute, d’institutions vassales (comme la CEDEAO) ou d’institutions en partie contrôlées par Paris : Union européenne, ONU, etc… «La France continuera d’accompagner les organisations continentales et sous-régionales africaines dans le développement des instruments de sécurité collective, en privilégiant les cadres multilatéraux (UE, Onu, etc.). L’insuffisance probablement persistante des instruments de sécurité collectifs placés sous l’égide de l’Union africaine, quels qu’en soient les progrès en termes capacitaires, renforcera le besoin de politiques globales alliant sécurité, développement et gouvernance selon des axes bilatéraux et multilatéraux ad hoc et la mise en place de partenariats régionaux efficaces», écrivent les rapports. Voilà qui est clair. Il revient désormais au leadership africain «non aligné» d’en tirer toutes les conséquences. Froidement.

Théophile Kouamouo

@BLOG_EDITOR_TAGS@ cold case

LIRE LA SUITE : http://www.africananetwork.com/?_escaped_fragment_=PANAFRICANISME-Un-rapport-du-minist%C3%A8re-fran%C3%A7ais-de-la-d%C3%A9fense-fait-froid-dans-le-dos-Le-nationalisme-africain-et-le-panafricanisme-pr%C3%A9sent%C3%A9s-comme-des-menaces-pour-lOccident/y7me5/5755fb300cf2a5fcbcc9d2f3#!PANAFRICANISME-Un-rapport-du-minist%C3%A8re-fran%C3%A7ais-de-la-d%C3%A9fense-fait-froid-dans-le-dos-Le-nationalisme-africain-et-le-panafricanisme-pr%C3%A9sent%C3%A9s-comme-des-menaces-pour-lOccident/y7me5/5755fb300cf2a5fcbcc9d2f3

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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 06:59
(Afrique/Congo-Brazzaville) Gouvernance des États africains : de l’homme providentiel à l’intelligence collective

Gouvernance des États africains : de l’homme providentiel à l’intelligence collective. Les africains comprennent ils vraiment le jeu de la démocratie ? Pourquoi sont-ils à la quête d’un homme qui va les sauver ?

Les africains comprennent ils vraiment le jeu de la démocratie ?
Pourquoi sont ils à la quête d’un homme qui va les sauver ?

A. LES CONSEQUENCES DE L’ÉLECTION DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE AU SUFFRAGE UNIVERSEL DIRECT

Nul n’est besoin de remonter à l’histoire des Etats africains depuis les années 1960. Ce qui se passe actuellement est suffisamment éloquent.

Les djiboutiens ont crié, crié… mais leur président Omar Guelleh a rempilé pour un 4e mandat de 5 ans avec 86,68% des voix dès le 1er tour du 8 avril 2016.

Les congolais ont crié, crié… leur président Sassou Nguesso a été réélu après 32 ans de règne avec plus de 60% des voix dès le premier tour du 20 mars 2016.

Les tchadiens ont crié, crié… leur président Idriss Déby au pouvoir depuis 26 ans a été réélu au premier tour le 10 avril 2016 avec 61,56% des voix.

Les burundais avaient crié, crié… leur président Pierre Nkurunziza fut réélu dès le premier tour du 21 juillet 2015 avec plus de 69% des voix en dépit d’un 3e mandat qualifié d’anti-constitutionnel.

Les guinéens avaient crié, crié… leur président sortant Alpha Condé à été réélu avec plus de 57% des suffrages dès le premier tour du 11 octobre 2015.

Les equatoguinéens crient, crient… leur président Teodoro Obiang ne pourra pas ne pas être réélu dès le premier tour ce dimanche 24 avril 2016 après 37 ans à la tête du pays.

Les gabonais crient, crient… mais réussiront ils à faire élire un autre candidat que leur Président Ali Bongo aux elections présidentielles à un tour prévues durant l’été 2016?

Et le peuple continue à croire en une démocratie africaine basée sur l’élection présidentielle au suffrage universel direct?

Décidément, la Bible a plus que raison en déclarant que « Mon peuple périt faute de connaissance » (Osée chap.4 verset 6).

B. POURQUOI DEVONS-NOUS ABOLIR L’ELCTION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE AU SUFFRAGE UNIVERSEL DIRECT DANS LES ETATS AFRICAINS ?

Qui n’avance pas recule. Depuis 1960, les Etats africains n’ont pas avancé en matière de démocratie. Voici donc pourquoi nous devons abolir l’élection du Président de la République au suffrage universel direct dans nos États.

La Fédéralitude propose de s’inspirer du système politique Suisse qui est considéré comme le plus démocratique au monde:

1. Le citoyen élit les députés et Sénateurs qui vont représenter son territoire dans un Parlement national… (Nota : Dans le système proposé par la Fédéralitude, l’entité politique parfaite à laquelle on fera référence sera l’Etat subfédéral. Par le terme « territoire » on entendra donc « micro État local » ou « État fédéré » doté d’une triple autonomie territoriale, politique et économique).

2. Tous les 4 ou 5 ans, tous les députés et sénateurs du pays élisent ensemble 7 (ou 9) Sages parmi leurs pairs. Ceux ci sont alors les ministres qui forment un gouvernement d’union nationale tenant compte de la diversité des partis politiques, des régions et des ethnies.

3. Chaque année, les députés et sénateurs se réunissent pour désigner celui qui parmi les Sages assumera le rôle de Président de la République pour un an. (Nous parlons de « rôle » car « président » sera un titre honorifique dont le détenteur restera un membre de gouvernement parmi ses pairs… il assumera de petites tâches supplémentaires : animer les réunions ministérielles des Sages, prononcer le discours de fin d’année à la nation, accréditer les ambassadeurs et les organisations internationales dans le pays, représenter la nation à l’extérieur).

En abolissant l’élection du président de la république au suffrage universel direct, la Fédéralitude fera passer les peuples africains du mythe de l’homme providentiel à l’intelligence collective et au consensus des peuples.

LIRE LA SUITE :

https://federalitude.wordpress.com/2016/04/23/gouvernance-des-etats-africains-de-lhomme-providentiel-a-lintelligence-collective/

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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 10:18
(France/Françafrique/Congo-Brazzaville) COP  : un discours de plus aux Africains

par Calixte Baniafouna -

Contexte. La « Conférence Of the Parties (COP) » est la 21e Conférence des Parties (COP21) sur les changements climatiques. Ce genre de réunion est organisé par l’ONU. Elle se tient chaque année dans une ville différente, depuis la première conférence du genre tenue à Berlin en mars 1995. La COP21 se tient à Paris du 29 novembre au 11 décembre 2015. Les participants devraient décider des mesures à mettre en place pour limiter le réchauffement climatique en dessous de 2°C. Un réchauffement désormais considéré comme néfaste pour l’avenir de la planète et de ses habitants, et ce à très court terme. Officiellement, l’objectif de la réunion est d’aboutir, pour la première fois, à un accord universel et contraignant. Il s’agit de lutter efficacement contre le dérèglement climatique et d’impulser la transition vers des sociétés et des économies résilientes et sobres en carbone. Si les pays développés (grands consommateurs d’énergies fossiles depuis la révolution industrielle) ont atteint le paroxysme de leur développement, il est évident qu’ils soient concernés au premier chef, et donc les premiers à s’en inquiéter. En ce qui concerne les pays émergents (Chine, Brésil, Inde), leur développement dépend des émissions du CO2, comme l’ont été les pays actuellement développés, normal donc qu’ils mettent en avant leur droit à se développer.

Problématique.

On a pu voir à Paris les présidents ou leurs représentants de la RDC, du Congo Brazzaville, du Gabon, de la Centrafrique, du Cameroun, du Tchad, du Togo, du Bénin, du Mali, de la Côte d’Ivoire, du Niger, du Sénégal, du Burkina Faso… bref tous ces pays dont le cordon ombilical de l’ancien colonisateur a cloué à la communauté du sort pour le développement de leurs États. Quel a été le rôle de leur présence à Paris ? Quel rapport leurs pays respectifs ont-ils avec le réchauffement climatique ? Que pourraient comprendre du réchauffement climatique les 80% de leurs concitoyens qui, abandonnés à eux-mêmes et vivant aux dépens, croulent sous le poids de la misère absolue et ne pensent qu’à leur survie ? En brûlant des tonnes de carburant pour effectuer leur voyage, a-t-on évalué la quantité des fameux gaz à effet de serre (GES) émise ? N’auraient-ils pas mieux fait de consacrer aux services de l’énergie, de la santé, de l’hygiène ou du développement les sommes astronomiques dépensées dans les transports, le séjour et les hôtels parisiens ? Autant de questions qui méritent une prise de conscience approfondie de tous ceux-là qui prônent la sortie de l’Afrique de toutes ces dépendances qui obligent les Africains de toujours payer, même pour des causes qui ne sont pas les leurs. Qu’en est-il en réalité ?

Réalité des faits.

Manque d’électricité. La majorité des ménages vivent dans des villes poubelles. Où il n’existe ni poubelle publique ni poubelle individuelle et encore moins service de voirie, la ville faisant elle-même office de poubelle. Où les ordures sont soit tassées dans un coin de rue, devant la maison, soit enterrées dans un trou creusé à la va-vite dans la rue. Où l’eau sale de cuisine, de vaisselle ou de lessive est jetée dans la rue. Où les toilettes se font dans un trou creusé au coin de la parcelle, qui expose les habitants à des effets nauséabonds, des désagréables odeurs ammoniaques, et de la cohabitation avec les mouches, les moustiques et les asticots. Où les populations dorment avec des bougies ou des lampes tempêtes et passent leur nuit à respirer du CO2 au point de se réveiller avec les verres de lampes complètement noircis par le carbone jusqu’à s’intoxiquer. Où il n’existe aucun baromètre d’évaluation du niveau de pollution. Où tout est pollué, à commencer par les êtres humains, les voitures, les maisons d’habitation, l’eau des puits qui fait office à la fois d’eau potable et d’eau de bain et de lessive. D’un côté, la poubelle des villes, d’ordre industriel qui, transformée en déchets non traités et emportée par les eaux des pluies, finit par se déverser dans la mer et les océans. De l’autre côté, la quantité de pétrole brut ou bien de produits pétroliers déversée à la mer volontairement ou accidentellement et qui est ramenée vers la côte par l’effet des marées, des vents et des courants, notamment dans les pays producteurs de pétrole en Afrique, les plus convoités par les puissances occidentales. Les poubelles des villes pauvres et les marées noires réunies perturbent durablement la faune et la flore. Elles génèrent de graves dégradations au niveau biotique et de l'écosystème, ce qui cause l'asphyxie totale du milieu. L'habitat de nombreux animaux ainsi que les fonds marins sont détruits et bien évidemment, la faune et la flore des zones côtières sont elles aussi gravement touchées. Les poubelles des villes pauvres et les marées noires réunies finissent par former une catastrophe industrielle et écologique due à l’échouement de la nappe d’hydrocarbures en zone côtière. Et, comme la mer ne connaît pas de frontières entre pays riches et pays pauvres, riches et pauvres s’embarquent dans le même bateau pour pâtir ensemble des effets néfastes dus à la mauvaise gestion des pays africains à la tête desquels l’Élysée installe et soutient des « amis » pour les diriger. Au final, ce qui n’était qu’un malheur des pays pauvres devient un malheur collectif planétaire qui n’épargne plus aucune catégorie de populations du monde. Et, on demande aujourd’hui à tout le monde de payer.

Enjeux.

195 pays ont été invités à rendre une contribution dans laquelle ils précisent leurs futurs engagements. Objectif : préparer les débats avant Paris et inciter les États à fournir un plan ambitieux de réduction de gaz à effet de serre (GES). Le rendu, au départ fixé au 31 mars, a finalement été repoussé au 1er octobre. Pour le continent africain, seuls sept États (Bénin, Djibouti, Gabon, Ethiopie, Kenya, Maroc, RDC) ont rendu leur copie à la date limite. Les documents – plus ou moins volumineux et plus ou moins clairs - remis à la convention climatique permettent aussi d’y voir plus clair dans les besoins de financement pour respecter les engagements de ces pays. Dans ces documents transparaissent des situations économiques variables allant d’une croissance florissante de 10% en moyenne pour l’Ethiopie à une économie qui peine à se lancer en RDC. Les ressources économiques et naturelles fluctuent elles aussi selon les États. L’économie marocaine repose essentiellement sur le secteur énergétique alors que le Bénin est principalement alimenté par l’agriculture. Si l’on ajoute à ces États tous ceux des pays africains qui n’ont pas rendu leur copie, le constat commun est sans équivoque : ils sont tous unis par l’indice de développement humain des plus faibles du monde. Les 100 milliards de dollars (89 milliards d’euros) d’aide annuelle promis par les pays riches devraient répondre à 50% des besoins de l’ensemble des pays pauvres de la planète. À condition bien sûr que ces financements soient au rendez-vous. Et, ironie du sort, l’Ethiopie à elle seule chiffre le coût de son projet à 150 milliards de dollars d’ici à 2030.

Un cadeau de plus à une catégorie des dirigeants africains.

La COP21 paraît, pour François Hollande, comme un événement capital. Il s’arrange à en amplifier la portée pour faire comme si c’était une première dans l’histoire des luttes contre les changements climatiques. Il en donne un cachet universel pour mieux marquer les esprits. Il n’est pas assez naïf cependant au point d’ignorer qu’au nom de la lutte contre les changements climatiques, les milliards de dollars versés à un Sassou Nguesso, par exemple, ne serviraient qu’à élargir son parc de Biens mal acquis. La COP21 pour Sassou Nguesso se réduirait à un 21e Compte Officiel des Privilèges (COP21) à lui conférés par l’ancien colonisateur. Et, à inscrire sur le chapitre de la reconnaissance que lui doit l’Élysée par rapport à son singulier activisme au sein de la Françafrique. Cadeau de François Hollande à l’ami Sassou Nguesso pour la tenue de son référendum contre le peuple congolais afin de continuer à le mater. Cadeau de François Hollande à l’ami Sassou Nguesso pour le 21e compte des privilèges coloniaux qui font de lui un incontournable ami de l’Élysée. On ne peut pas faire mieux pour venir en aide aux amis reconnaissants, surtout en temps de guerres multiformes (d’influence géopolitique, climatiques, terroristes, etc.) toutes menées en parallèle. On pourrait toujours se demander qui aide qui entre ceux qui font la guerre et ceux qui cherchent soi-disant à se développer. Mais ça, c’est une autre histoire. Car c’est aussi cela l’écologie à la sassou/hollande !

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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 07:40
(Monde/France/Françafrique) Islam et Islamisme, histoire d'un no man's land

L’islam est-il condamné au « choc des civilisations » ou bien recèlera-t-il un jour en son sein d’autres forces ?

En quelques mois seulement, l’Europe est confrontée à plusieurs attaques terroristes revendiquées par Daesh.

Si les courants radicaux gagnent en audience, leur caractère violent ne ressemble en rien à la l’Islam, lequel s’est toujours dit « tolérant ». Mais que vient chercher la violence dans une religion de paix ?

La question des rapports entre les musulmans et les non musulmans commence à se poser. Il fallait un nouveau rapport de la part d’exégètes musulmans, pour démontrer que l’Islam est ouvert, même si la réponse pour tout musulman va de soi, il faut le prouver, car la majorité des non musulmans, de par le monde, considèrent que l’Islam est intolérant, et certains considèrent qu’il est opposé aux libertés.

Lire la suite : http://frblogs.timesofisrael.com/islam-et-islamisme-histoire-dun-no-mans-land/

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Guershon Nduwa - dans Afrique Françafrique France Islam Islamisme
19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 19:01
(Afrique/Françafrique/Congo-Brazzaville) Croisade des Occidentaux contre Daesh : Période de répit pour les dictateurs africains

S’il y a un nom dont la seule évocation fait trembler le monde entier aujourd’hui, c’est bel et bien Daesh. Et pour cause. Sa capacité de nuisance est très redoutable. Sa folie meurtrière n’épargne personne, les pauvres comme les riches, les grands comme les petits. En Asie, en Afrique comme en Europe, ses partisans font régner la terreur au nom d’une idéologie qui consacre l’idée d’une vérité intangible et éternelle à laquelle tout le monde doit se soumettre ou périr. C’est cette posture qui fait d’eux des ennemis atypiques et dangereux pour le monde de la pensée libre et cartésien que représente l’Occident, si fait que l’on peut être tenté de se poser la question suivante : comment répondre rationnellement à des gens qui sont sûrs de mériter le ciel en égorgeant des humains ? De ce point de vue, l’on peut parier sans grand risque de se tromper que la guerre totale promise par la France contre l’Etat islamique (EI) sera âpre et que ce n’est pas demain la veille que Daesh agitera le drapeau blanc pour signifier sa capitulation.

Les satrapes africains ont assez de temps pour consolider les bases de leur dictature

L’on peut comprendre dès lors, pourquoi les Occidentaux, pour se donner plus de chances de le vaincre, n’ont eu aucun scrupule à intégrer dans leur stratégie de riposte, des Etats qui, hier encore, étaient perçus comme des pestiférés à leurs yeux pour le soutien qu’ils accordent à Bachar El Assad, ce grand dictateur devant l’Eternel. Cet appel du pied pour ne pas dire de détresse fait à la Russie de Poutine et à l’Iran de Rohani et des Ayatollah, illustre bien l’adage selon lequel « pour éteindre un incendie, l’on se soucie très peu de la qualité de l’eau que les uns et les autres peuvent apporter ». Les Occidentaux sont dans cette logique aujourd’hui. Il n’est donc pas exclu, dans leur volonté de casser du djihadiste, qu’ils fassent appel au boucher de Damas qui, en la matière, a une expertise avérée. Dans un tel contexte, les dictateurs en général et ceux d’Afrique en particulier, peuvent se frotter les mains. Car, tous peuvent profiter du fait que par ces temps qui courent, les Occidentaux ont d’autres chats à fouetter que de veiller sur la démocratie. Les satrapes africains ont donc assez de temps pour consolider les bases de leur dictature. Ils peuvent d’autant plus le faire sans craindre la moindre réprobation des champions de la démocratie, qu’eux aussi font partie des maillons de la chaîne planétaire qui s’est mise en branle pour apporter leur compassion et leur solidarité à la France, suite aux massacres de Paris. Ils peuvent donc légitimement prétendre à la mansuétude de la patrie des droits de l’Homme et, au-delà de la France, à celle de tous ceux qui distribuent les notes en matière de démocratie. Et après tout, dans la situation de guerre ouverte dans laquelle se trouve la France aujourd’hui contre l’Etat islamique, les soutiens, d’où qu’ils viennent, sont bons à prendre. Cela nous rappelle l’alliance que le monde dit libre avait scellée avec le grand « Satan » c’est à dire le pouvoir bolchévique, pendant la seconde guerre mondiale, pour contrer la folie du Nazisme. Dans le cas d’espèce, les Occidentaux ont besoin de la contribution de tous, y compris celle des dictateurs pour faire plier Daesh qui, aujourd’hui, est à abattre par tous les moyens.

Les frappes pourraient ne pas suffire pour conjuguer désormais Daesh au passé

L’impératif catégorique du moment est de triompher de Daesh. Pour la démocratie, on verra après. Paul Kagamé, Pierre Nkurunziza, Joseph Kabila et tous ceux qui, sous nos tropiques, caressent l’espoir de poignarder la démocratie pour s’accrocher au pouvoir, n’hésiteront pas à tirer profit de ces moments où le seul centre d’intérêt des grands de ce monde se résume à la croisade contre Daeh et ses partisans. Par rapport à ces derniers, les prédateurs africains de la démocratie pourraient passer aux yeux des Occidentaux pour des enfants de chœur, parce qu’eux au moins, ne troublent pas leur quiétude et sont loin de porter atteinte à leurs intérêts. Bien au contraire, ils veulent conserver leur fauteuil, pour pérenniser la mainmise des Occidentaux sur leur pays. La croisade des Occidentaux contre les ingénieurs du mal absolu représente pour les dictateurs africains des périodes de grâce et de répit. Tant que cette croisade ne connaîtra pas son épilogue, cette période de répit pour les satrapes d’Afrique aura de beaux jours devant elle. Et comme tout laisse croire que l’offensive tous azimuts lancés par les Occidentaux avec l’aide des Russes sera de longue durée au regard du profil de l’ennemi, l’on peut en déduire que pendant tout ce temps, les dictateurs pavoiseront. En effet, pour vaincre véritablement l’Etat islamique, les frappes aériennes sur Raqqa, les interpellations à la pelle de présumés djihadistes à Paris, à Bruxelles ou encore à Berlin et l’élimination physique de certains barbus dont l’implication dans les massacres de Paris a été établie, pourraient ne pas suffire pour conjuguer désormais Daesh au passé. La piste à explorer en plus de cette option sécuritaire pourrait consister pour les Occidentaux à arracher toutes les racines du mal. Et ces racines se rapportent entre autres aux événements douloureux qui ont marqué l’histoire des Arabes. Au nombre de ces événements douloureux, l’on peut citer la guerre d’Algérie et la sempiternelle injustice faite aux Palestiniens depuis la création de l’Etat hébreux en 1948, par David Ben Gourion. C’est ce qui peut expliquer que de jeunes Français d’origine algérienne conspuent aujourd’hui la Marseillaise au stade de France par exemple, et que tout ce qui rappelle les valeurs de l’Occident suscite l’ire des Arabes en général. Il faut donc que les Occidentaux, pour se réconcilier avec les Arabes, posent des actes forts, allant dans le sens de la réparation des injustices faites au monde arabe. Et le contexte s’y prête, pour autant qu’ils aient la volonté de le faire.

« Le Pays »

LIRE L'ARTICLE COMPLET :

http://lepays.bf/croisade-des-occidentaux-contre-daesh-periode-de-repit-pour-les-dictateurs-africains/?utm_source=Newsletter+Quotidienne&utm_campaign=7c175d4982-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_37959005ec-7c175d4982-101138157

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27 septembre 2015 7 27 /09 /septembre /2015 11:37

La foire à l’assassinat des Chefs d’État africains De 1963 à 2011, 21 Chefs d’État africains ont été assassinés. L’assassinat d’un chef d’État africain ne surprend guère mais rappelle chaque fois les raisons de l’assassinat, et naturellement rappelle aussi le président précédemment assassiné. Le comble est que l’histoire renaît sur les lèvres et alimente les débats sur l’actualité, mais comme un sort, les mêmes erreurs se commettent au sommet des pouvoirs et s’en suit un nouvel assassinat. Akody.com en dresse ici la liste.

La foire à l’assassinat des Chefs d’État en AfriqueLe Togo ouvre en 1963 la foire à l’assassinat des Chefs d’État africains avec la mort de Sylvanus Olympio. Trois ans après suit John-Aguiyi Ironsi, président du Nigeria en 1966. Ensuite, Abdirachid-Ali Shermake de la Somalie en 1969, Abeid-Amani Karumé du Zanzibar en 1972, Richard Ratsimandrava de Madagascar en 1975 avec son homologue François-Ngarta Tombalbaye, président de la République du Tchad. En 1976, 1977 et 1981, ce sont successivement les présidents Murtala-Ramat Mohammed du Nigeria, Marien Ngouabi du Congo-Brazzaville, Teferi Bante d’Ethiopie, Anouar el-Sadate d’Egypte et William-Richard Tolbert du Liberia, qui ont animé la foire à l’assassinat.

A partir de 1987, entrent dans le buzz à l’assassinat Thomas Sankara du Burkina-Faso, Ahmed Abdallah (1989) des îles Comores, Samuel-Kanyon Doe (1990) encore du Liberia, Mohammed Boudiaf (1992) d’Algérie, Melchior Ndadayé (1993) et Cyprien Ntaryamira (1994) du même Burundi. Dans la même année, Juvénal Habyarimana du Rwanda est frappé. En 1999, c’est autour d’Ibrahim Barré-Maïnassara, président du Niger, en 2001, Laurent-Désiré Kabila du Congo-Kinshasa et enfin de Mouammar khadafi de la Libye en 2011.

A qui le prochain tour ?Quand on sait qu’on vit dans un monde démocratisant qui raffine de plus en plus sa civilisation, et que des Chefs d’État africains continuent à piétiner la Constitution de leurs pays, ne doit-on pas s’attendre à un rallongement de cette liste?

Source : http://www.afrique-sur7.fr/5836/la-foire-a-lassassinat-des-chefs-detat-africains/

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18 septembre 2015 5 18 /09 /septembre /2015 16:11

Appel du Mouvement de Résistance des Intellectuels du Faso

Coup d’Etat au Burkina : la France doit poser des actes concrets contre les putschistes

17 septembre 2015 par Survie

Thèmes : Burkina FasoBlaise CompaoréCommuniqués de presseputsch

[Modification : 16h15 : l’arrestation de Sams’k le Jah n’est pas confirmée]

L’Association Survie, qui a dénoncé pendant plus de 20 ans la dictature de Blaise Compaoré et le soutien multiforme dont il a bénéficié de la part de la France, s’alarme du retour au pouvoir par la force de ses plus proches collaborateurs, moins d’un an après la révolte populaire qui les avait éloignés du pouvoir. Les autorités françaises, au-delà des déclarations de condamnation, doivent tirer les conséquences de leur dipomatie de complaisance à l’égard des dictateurs et prendre des mesures concrètes.

Solidaires du peuple burkinabè et des mouvements de la société civile qui se mobilisent en ce moment pour faire échec au coup d’État, nous nous inquiétons de la répression sanglante qui s’abat déjà sur la société civile et cible particulièrement les membres du Balai Citoyen : le studio de Smockey, rappeur et figure du mouvement, a été attaqué par le RSP et plusieurs de ses membres ont été gravement blessés. Au moins 10 personnes auraient été tuées à Ouagadougou.

Nous nous interrogeons sur les conditions qui ont permis aux militaires restés proches de Compaoré de renverser la transition. Ce renversement intervient après l’invalidation par le Conseil constitutionnel des candidatures aux prochaines élections du 11 octobre de ceux qui avaient soutenu le projet de tripatouillage de la Constitution par lequel Compaoré comptait rester au pouvoir. La principale mesure annoncée par les putschistes depuis leur prise de pouvoir, la tenue « d’élections inclusives » et permettant donc aux soutiens de l’ancien régime de se présenter, rejoint la position exprimée il y a quelques mois par des représentants français, refusant ainsi implicitement la légitimité des instances de transition.

L’instabilité politique et militaire que connaît le Burkina Faso résulte de l’impunité dont bénéficient le dictateur déchu et sa garde rapprochée, le Régiment de sécurité présidentielle (RSP). Exfiltré par l’armée française puis accueilli à bras ouverts par le président ivoirien Alassane Ouattara, échappant à toute justice nationale et internationale, Blaise Compaoré conserve une capacité de nuisance qui continue de déstabiliser le pays. D’autant plus que l’ex-rébellion ivoirienne favorable à Ouattara est née dans les beaux quartiers de Ouagadougou et qu’elle reste redevable au dictateur déchu.

Celui qui a été nommé « président » par les putschistes du RSP n’est autre que Gilbert Diendéré, ancien chef d’Etat major particulier de Compaoré et complice de la plupart des crimes commis par le régime depuis son accession au pouvoir par la force en 1987 [1]. Pour rappel, Gilbert Diendéré est un proche de plusieurs diplomates et militaires français. Il a même été décoré de la Légion d’honneur française [2], comme continuent de l’être des tortionnaires de dictatures françafricaines [3]. En mai 2012, la presse burkinabè racontait les sauts en parachute du général Emmanuel Beth, alors ambassadeur de France à Ouagadougou, avec son collègue Diendéré. Interrogé il y a un an, le général Beth, comme d’autres officiels français, continuait de défendre le régime déchu et son président Compaoré.

Aujourd’hui, la condamnation de ce putsch est unanime, y compris de la part de la France. Mais au-delà de ces déclarations, qui ne masquent pas le soutien historique apporté au clan Compaoré, un certain nombre de mesures concrètes doivent être prises : arrêt immédiat de toute coopération militaire et sécuritaire avec le régime, gel des avoirs financiers des putschistes, reconnaissance réaffirmée du président Michel Kafando, du gouvernement et du Conseil national de la transition.

L’association Survie s’associe aux appels à rassemblement qui sont organisés en solidarité avec le peuple du Burkina Faso.

Source: survie.org

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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 17:23
Afrique/Amérique-USA : Dr Patricia Bath, inventrice du laser pour le traitement de la cataracte... eh oui !

Née à New York de parents Noirs et Amérindiens, Patricia Bath est encore lycéenne quand elle est sélectionnée à 17 ans pour un stage de vacances dans une université de sa ville, où elle invente une formule mathématique pour prévoir le taux de croissance du cancer, s'attirant l'attention des milieux scientifiques.

Elle obtient à 22 ans un Bachelor en Arts avant d'incorporer la prestigieuse université d'Howard à Washington où elle entame ses études de médecine. Elle travaille ensuite comme interne dans un hôpital de Harlem avant de suivre un programme d'ophtalmologie à l'université de Columbia, New York.

Bath se rend compte en travaillant dans ces deux endroits que ses patients du quartier noir de Harlem souffrent plus de cataracte que ceux de Columbia.

Elle mène donc une étude qui prouve que les Africains-Américains font deux fois plus la cataracte que la population générale et 8 fois plus le glaucome que les Blancs. Elle en déduit que la cause est un accès aux soins limités pour les Kamits, elle monte une équipe de bénévoles qui prodigue des soins ophtalmologiques (yeux) à Harlem.

A l'université de New York, Patricia Bath devient en 1973 la première personne noire à terminer des études d'ophtalmologie aux USA.

Elle s'installe en Californie où elle devient enseignante à UCLA (Université de Californie à Los Angeles) et à la Charles Drew University (du nom d'un autre célèbre médecin Africain-Américain).

Elle y devient chef du programme de formation en ophtalmologie des deux établissements et crée l'Institut Américain pour la Prévention de la Cécité, pour l'accès aux soins à tous.

Le Dr Bath se penche sur le traitement de la cataracte dès 1981, ce qui va aboutir à une révolution dans le domaine. La cataracte est une ombre dans la lentille de l'œil qui réduit progressivement la vision. Elle était jusque là retirée par une intervention chirurgicale lourde. Patricia Bath théorise l'utilisation d'un laser auquel est associé deux tubes, un pour l'aspiration, l'autre pour l'irrigation.

Le laser incise l'œil, vaporise les cataractes, les débris sont aspirés, l'œil irrigué et la lentille est remplacée artificiellement. Tout cela se fait en quelques minutes, sa technique offrant un gain considérable en temps, confort, et réduit fortement les risques liés à la chirurgie.

C'est en Allemagne qu'elle trouvera un laser assez performant pour pratiquer cette technique. Elle le fera breveter sous le nom de LaserPhaco Prob.

Le Dr Patricia Bath a reçu de nombreuses récompenses et son appareil est aujourd'hui utilisé dans tous les centres d'ophtalmologie moderne au monde. Son invention a permis de rendre la vue à des personnes aveugles depuis des décennies. Elle a en 2000 breveté un système d'utilisation d'ultrasons toujours pour le traitement de la cataracte.

Source : Black Inventor

Source : afriquefemme.com

SOURCE : http://www.black-feelings.com/accueil/detail-actualite/article/dr-patricia-bath-inventrice-du-laser-pour-le-traitement-de-la-cataracte-eh-oui/

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Blaack Inventor - dans Tribune libre opinion Afrique Europe Monde
13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 17:27
Congo-Brazzaville/ONU/Centrafrique : Les Nations Unies désavouent Denis Sassou Nguesso sur la Centrafrique

LES NATIONS UNIES DÉSAVOUENT DENIS SASSOU NGUESSO SUR LA CENTRAFRIQUE

Les Nations unies ont peu apprécié l’accord de cessez-le-feu intervenu entre ex-milices Seleka et anti-Balaka, le 22 janvier, à Nairobi, sous l’égide de l’ex-président de l’Assemblée nationale kenyane, Kenneth Otiato Marende. Dans une lettre adressée à la présidence congolaise le 8 février (cliquez ici) Abdoulaye Bathily, le représentant spécial de Ban Ki-moon au sein de la médiation internationale sur la Centrafrique, a demandé à Denis Sassou Nguesso d’intervenir pour mettre un terme à cette initiative…

Catherine Samba Panza danse avec des fauves…

Par RIGOBERT OSSEBI

(Extrait de congo-liberty)

Congo-Brazzaville/ONU/Centrafrique : Les Nations Unies désavouent Denis Sassou Nguesso sur la Centrafrique
Congo-Brazzaville/ONU/Centrafrique : Les Nations Unies désavouent Denis Sassou Nguesso sur la Centrafrique
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