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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 21:04

PRISE DE POSITION AU SUJET DE LA SITUATION POST-ELECTORALE EN REPUBLIQUE DE CÔTE D’IVOIRE

dnkta.jpg Daniel NKOUTA

Président Départemental de CONVERGENCE CITOYENNE SANGU au Kouilou

Chargé de la Commission juridique

 

 

 

Au lendemain de la grossière bourde de Monsieur Youssouf BAKAYOKO, Président de la Commission Electorale Indépendante de Côte d’Ivoire, qui témoigne du complot avéré des puissances occidentales contre la souveraineté de l’Etat ivoirien et la dignité de l’Afrique noire tout entière, accompagnée d’un tintamarre orchestré par la meute  des médias au service du capitalisme monopoleur moribond pour donner à penser que Monsieur Laurent GBAGBO isolé est condamné par ce qui est souvent appelé par euphémisme : LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE, Nicolas Paul Stéphane SARKÖZY de NAGY-BOCSA,  Président français ou ce qui en tient lieu, fils d'un immigré hongrois, nagybócsai Sárközy Pál a, dans une déclaration  d’une évidente immaturité juridique et diplomatique rédhibitoire, annoncé sans sourciller que «la Commission électorale indépendante s'était acquittée avec rigueur de sa mission, et que Monsieur Alassane Dramane  OUATTARA était le Président élu ».

 

Si la schizophrénie  de Monsieur Choi Young-Jin, Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour la Côte d'Ivoire constitue un acte grave, si le délire de Monsieur Dominique Gaston André Strauss-Kahn, Directeur Général du Fonds Monétaire International (FMI), empêtré dans le scandale des affaires judiciaires liées à l’affaire de la Générale des Eaux, affaire de la MNEF, affaire de la cassette Méry et affaire Elf entre 1993 et 1995, si le propos de Monsieur Abdou DIOUF, Secrétaire Général de la Francophonie et cornemuseur patenté du néocolonialisme est simplement ridicule ; nous comprenons sans peiner à l’ouvrage, que la déclaration du Président français pour infamante qu’elle soit à l’intelligence normale, répond au désir de sanctionner Laurent GBAGBO coupable du délit d’insoumission à la discipline de l’Obédience françafrique, succursale de la secte des Illuminatis, pourvoyeurs des malheurs dans le Tiers-monde. Il faut tout de même s’interroger comment un Avocat, donc un spécialiste des normes juridiques qui fondent la civilisation de son propre pays, normes que le même pays a tenté de nous imposer des siècles durant par le fait colonial, comment donc a-t-il pu simplement, par antipathie pour un homme qui a refusé l’humiliation d’envoyer son Armée  défiler à Paris , se rabaisser au point de fermer les yeux sur la réalité des faits ?

 

En effet, Sans verser dans le débat politique stérile qui nous paraît hors de propos en l’espèce, il nous suffit de nous arrêter à la simple lecture des textes qui régissent l’organisation des élections en République de Côte d’Ivoire car, c’est d’un débat exclusivement juridique dont il est question désormais.

 

I - DE L’ACCORD DE OUAGADOUGOU

 

On peut lire dans le texte dudit accord ce qui suit :

« En raison de la responsabilité particulière qu'elles ont dans la conduite du processus de sortie de crise, les deux Parties au conflit armé en Côte d'Ivoire ont reconnu l'impérieuse nécessité de se mettre ensemble pour consolider la paix, promouvoir une véritable réconciliation nationale et parvenir à une normalisation politique et institutionnelle, à travers un dialogue permanent et une confiance mutuelle.

Après avoir identifié les problèmes rencontrés dans la mise en œuvre des Accords de Linas-Marcoussis, d'Accra et de Pretoria, ainsi que des Résolutions de l'ONU sur la Côte d'Ivoire, les Parties, en vue d'arrêter des décisions, ont réaffirmé :

- leur attachement au respect de la souveraineté, de l'indépendance, de l'intégrité territoriale et de l'unité de la Côte d'Ivoire ;

- leur attachement à la Constitution ;

- leur attachement aux Accords de Linas-Marcoussis, d'Accra et de Pretoria ;

- leur attachement à toutes les Résolutions des Nations Unies sur la Côte d'Ivoire, en particulier aux Résolutions 1633 (2005) et 1721 (2006) du Conseil de Sécurité de l'ONU ;

- leur volonté de créer les conditions d'élections libres, ouvertes, transparentes et démocratiques ;

- leur volonté de mettre en commun leurs efforts et leurs énergies en vue d'un fonctionnement normal des Institutions de la Côte d'Ivoire et d'un retour à la normalité politique, administrative et militaire en Côte d'Ivoire ».

Ici déjà, Monsieur Choi Young-Jin, Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour la Côte d'Ivoire, est interpellé pour nous dire si l’Organisation dont il est le représentant, a effectivement veillé à ce que la volonté de créer les conditions d’élections libres, ouvertes, transparentes et démocratiques  a été réalisée.

 

II – DES ATTRIBUTIONS ET FONCTIONNEMENT DE LA COMMISSION ELECTORALE INDEPENDENTE

Aux termes de l’article 2 (nouveau) de la loi n°2004-642 du 14 décembre modifiant la loi n°2001-634 du 9 octobre 2001 portant composition, organisation, attributions et fonctionnement de la Commission Electorale Indépendante (CEI), nous lisons dans les attributions que la CEI est chargée de la proclamation provisoire ou définitive des résultats de toutes les élections à l’exception de l’élection présidentielle et du référendum pour lesquels la proclamation définitive des résultats relève de la compétence exclusive du Conseil constitutionnel.

C’est le lieu de s’interroger sur la raison qui a poussé Monsieur Nicolas SARKOZY, Monsieur Choi Young-Jin, Monsieur Abdou DIOUF et Monsieur Dominique Strauss-Khan de se contenter des résultats simplement provisoires non encore validés par les institutions compétentes, pour proclamer Monsieur Alassane Dramane OUATTARA vainqueur du scrutin, sans soulever le fait que la proclamation des fameux résultats provisoires l’a été dans les conditions en marge de la loi.

Quand bien même ils eussent été proclamés dans le délai, dans le lieu approprié et en présence des membres prévus par la loi ; ces résultats demeurent provisoires, tel est le principe. Cela ne convient certainement pas à la fameuse Communauté Internationale, mais c’est la loi : dura lex sed lex !

III – DU CODE ELECTORAL

« Le résultat définitif de l'élection du président de la République est proclamé, après examen des réclamations éventuelles, par le Conseil constitutionnel et publié selon la procédure d'urgence ».

« Dans le cas où le Conseil constitutionnel constate des irrégularités graves de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le résultat d'ensemble, il prononce l'annulation de l'élection. La date du nouveau scrutin est fixée par décret en Conseil des ministres sur proposition de la Commission chargée des élections. Le scrutin a lieu au plus tard quarante cinq jours à compter de la date de la décision du Conseil constitutionnel ».

Tel est le prescrit des dispositions conjuguées des articles 63 et 64 de la loi portant Code électoral de la Côte d’Ivoire. En l’espèce, les irrégularités constatées par le Conseil constitutionnel au vu des rapports qui lui ont été transmis corroborées par les enquêtes diligentées à cet effet, pour graves qu’elles ont été, ne sont pas de nature à entacher la sincérité du scrutin sur toute l’étendue du territoire national, mais seulement dans certaines circonscriptions. C’est ce qui explique la décision souveraine du Conseil constitutionnel de prononcer l’annulation du scrutin dans ces circonscriptions.

 

IV – DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL

 

Enfin, aux termes de l’article 15 second alinéa de la loi organique du 16 mars 2001 déterminant l’organisation et le fonctionnement du Conseil constitutionnel : les décisions rendues par le Conseil constitutionnel sont insusceptibles de recours et s’imposent erga omnes, en tout cas aux pouvoirs publics, à toutes les autorités administratives, juridictionnelles, militaires et à toute personne physique ou morale.

Voilà l’ensemble du Droit positif en matière électorale en République de Côte d’Ivoire. Les occidentaux ont beau considérer que l’Afrique est une jungle, société anhistorique qui n’a pu produire que son fétichisme. Ici, nous avons l’avantage de brandir les règles de Droit que nous a léguées le colonialisme.

 

Il faut déplorer qu’au moment où l’Afrique célèbre un demi-siècle de ce qui a été présenté comme son accession à la souveraineté internationale, contrairement aux Etats anglophones, le poids de la France coloniale  continue de marquer sur tous les plans, la totalité de ce qui furent les territoires français,  du tracé des frontières et des principales voies de communication aux relations économiques, politiques et culturelles. Ce n’est certainement pas, en tout cas, faire de la domination française coloniale et néocoloniale un bouc émissaire tout trouvé pour expliquer l’ensemble des difficultés que traverse aujourd’hui le continent africain, la France porte toute la responsabilité de la situation actuelle de nos pays, elle est la seule et l’unique cause de nos malheurs.

 

L’histoire nous rappelle, que depuis la Traite négrière, des comptoirs commerciaux sont installés des côtes du Sénégal au Golfe de Guinée et offrent des bénéfices substantiels  aux Etats négriers dont la France. A la fin du XIXe siècle, la colonisation devient alors le moyen pour le capitalisme occidental, dans un cadre de concurrence acharnée entre puissances impérialistes, de s’assurer la maîtrise de nouveaux marchés.

 

De la conquête à la décolonisation, l’histoire de l’Afrique subsaharienne est celle du pillage des ressources locales, du massacre et de l’exploitation des hommes et des femmes indigènes et de la mise sous tutelle culturelle de ceux ci, au profit d’une partie puissante du capitalisme français, anglais, portugais, espagnol et dans une moindre mesure, le capitalisme italien et germanique. Les méfaits de la colonisation écrivent l’un des chapitres les plus criminels du livre noir de l’humanité.

 

L’Afrique sert de réservoir de produits agricoles et de matières premières et de déversoir pour les produits manufacturés métropolitains. Le niveau de vie de la population locale stagne ou régresse au cours de cette période. Par ailleurs, les colonies ne fournissent pas seulement que des produits agricoles, mais aussi de la «chair à canon», des hommes envoyés en première ligne des guerres menées par la France, pour l’intérêt exclusif de la Métropole.

 

Au nom d’une prétendue supériorité de civilisation, le racisme utilisé comme mode de gouvernement menace de détruire l’héritage culturel local. La colonisation française en Afrique a donc été bien loin d’une «mission civilisatrice», et les Africains cherchent toujours le côté positif du colonialisme proclamé par Monsieur Nicolas SARKOZY. Nous disons que le colonialisme aura été du terrorisme ni plus ni moins, exercé curieusement, par ceux qui aujourd’hui se gendarment contre l’Islamisme.

 

En privant les pays colonisés de leurs capitaux et de leurs ressources, en empêchant le développement de l’industrie, le colonialisme français a renforcé la pauvreté de ces pays. En favorisant certaines ethnies, voire en créant les clivages ethniques, elle a posé les germes des guerres ethniques présentées aujourd’hui comme une fatalité africaine. Il paraît donc parfaitement injuste, parce que totalement insensé pour la France néocoloniale singulièrement, de s’indigner contre l’action vengeresse de AQMI ici et là.

 

Point n’est donc besoin d’être intelligent, ou diplômé de sciences-po, pour constater l’accablante incohérence qui se dégage entre l'affirmation des principes républicains fondateurs de la France « Liberté, Égalité, Fraternité » et la pratique autoritaire de la colonisation, notamment par l'intermédiaire du Code de l'Indigénat et du travail forcé. La colonisation en Afrique a bâti des Etats dont les frontières tracées au pantographe des intérêts exclusifs coloniaux, qui n’ont tenu aucun compte des réalités ethniques en présence, séparant certaines ethnies entre plusieurs Etats, ou rassemblant au contraire des ethnies rivales dans le même Etat. Les historiens et sociologues estiment ainsi, que la France a, à dessein, formé des Etats ingouvernables sur le long terme.

 

Il faut aussi, à juste titre, accuser la France d'avoir implanté sur les territoires africains certains de ses travers : des structures administratives lourdes, la pompe pouvoir, le goût du débat théorique au détriment de l'efficacité économique, etc. La France coloniale a exporté du continent noir, les nombreuses ressources que sont le personnel, les minerais, hydrocarbures, le bois, nécessaires au développement de l'économie Française, ainsi qu'une influence politique qui aujourd'hui encore favorise l'exploitation des ressources par les entreprises françaises : exploitation de l'uranium au Niger par AREVA, du bois, du pétrole et du gaz Algérien, congolais et gabonais par Total.

 

Le père de Monsieur Giscard d’Estaing, envoyé en tournée officielle en Afrique, dressa un bilan sévère du caractère archaïque et primaire de l’exploitation coloniale française en ces lieux.

 

« Nous pourrions, estimait-il, ne pas nous borner à piller, à nous reposer sur nos rentes, mais au contraire en tirer davantage de profits en développant un peu plus les forces productives. Il faudrait pour cela que l’Etat finance les travaux coûteux indispensables, qu’il assure la prise en charge des infrastructures nécessaires, afin que les capitalistes privés jugent (rentable) d’y investir ».

 

Lorsque Charles De Gaulle, au début de 1944, fit à Brazzaville son fameux discours qui allait plus tard permettre à ses panégyristes de le présenter comme un génial décolonisateur, il n’était pourtant nullement question de décoloniser, bien au contraire. L’occasion n’était d’ailleurs qu’une réunion de Gouverneurs coloniaux et de hauts fonctionnaires, où il posa, en principe préalable.

 

V - LE MYTHE DE LA FRANCE BERCEAU

DES DROITS DE L’HOMME

 

 

Contrairement à l’opinion répandue, la France n’a pas inventé les droits de l’homme ; elle les a empruntés à l’Amérique. La part de la France aura été de les préparer par la philosophie ; mais ce sont les Américains qui les ont introduits dans la politique.

 

 

VOICI LE TEXTE DE LA DECLARATION UNANIME DES 13 ETATS-UNIS D’AMERIQUE REUNIS EN CONGRES LE 4 JUILLET 1776 A PHILADELPHIE (Rédigé par Thomas JEFFERSON)

 

« Lorsque dans le cours des événements humains, il devient nécessaire pour un peuple de dissoudre les liens politiques qui l'ont attaché à un autre et de prendre, parmi les puissances de la Terre, la place séparée et égale à laquelle les lois de la nature et du Dieu de la nature lui donnent droit, le respect dû à l'opinion de l'humanité oblige à déclarer les causes qui le déterminent à la séparation.

 

Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés.

 

Toutes les fois qu'une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l'abolir et d'établir un nouveau gouvernement, en le fondant sur les principes et en l'organisant en la forme qui lui paraîtront les plus propres à lui donner la sûreté et le bonheur. La prudence enseigne, à la vérité, que les gouvernements établis depuis longtemps ne doivent pas être changés pour des causes légères et passagères, et l'expérience de tous les temps a montré, en effet, que les hommes sont plus disposés à tolérer des maux supportables qu'à se faire justice à eux-mêmes en abolissant les formes auxquelles ils sont accoutumés. Mais lorsqu'une longue suite d'abus et d'usurpations, tendant invariablement au même but, marque le dessein de les soumettre au despotisme absolu, il est de leur droit, il est de leur devoir de rejeter un tel gouvernement et de pourvoir, par de nouvelles sauvegardes, à leur sécurité future.

 

Telle a été la patience de ces Colonies, et telle est aujourd'hui la nécessité qui les force à changer leurs anciens systèmes de gouvernement. L'histoire du roi actuel de Grande-Bretagne est l'histoire d'une série d'injustices et d'usurpations répétées, qui toutes avaient pour but direct l'établissement d'une tyrannie absolue sur ces États. Pour le prouver, soumettons les faits au monde impartial :

 

Il a refusé sa sanction aux lois les plus salutaires et les plus nécessaires au bien public. Il a défendu à ses gouverneurs de consentir à des lois d'une importance immédiate et urgente, à moins que leur mise en vigueur ne fût suspendue jusqu'à l'obtention de sa sanction, et des lois ainsi suspendues, il a absolument négligé d'y donner attention.

 

Il a refusé de sanctionner d'autres lois pour l'organisation de grands districts, à moins que le peuple de ces districts n'abandonnât le droit d'être représenté dans la législature, droit inestimable pour un peuple, qui n'est redoutable qu'aux tyrans.

 

Il a convoqué des Assemblées législatives dans des lieux inusités, incommodes et éloignés des dépôts de leurs registres publics, dans la seule vue d'obtenir d'elles, par la fatigue, leur adhésion à ses mesures. À diverses reprises, il a dissous des Chambres de représentants parce qu'elles s'opposaient avec une mâle fermeté à ses empiètements sur les droits du peuple. Après ces dissolutions, il a refusé pendant longtemps de faire élire d'autres Chambres de représentants, et le pouvoir législatif, qui n'est pas susceptible d'anéantissement, est ainsi retourné au peuple tout entier pour être exercé par lui, l'État restant, dans l'intervalle, exposé à tous les dangers d'invasions du dehors et de convulsions au-dedans.

 

Obstacle à l'accroissement de la population de ces États. Dans ce but, il a mis empêchement à l'exécution des lois pour la naturalisation des étrangers ; il a refusé d'en rendre d'autres pour encourager leur émigration dans ces contrées, et il a élevé les conditions pour les nouvelles acquisitions de terres. Il a entravé l'administration de la justice en refusant sa sanction à des lois pour l'établissement de pouvoirs judiciaires. Il a rendu les juges dépendants de sa seule volonté, pour la durée de leurs offices et pour le taux et le paiement de leurs appointements.

 

Il a créé une multitude d'emplois et envoyé dans ce pays des essaims de nouveaux employés pour vexer notre peuple et dévorer sa substance. Il a entretenu parmi nous, en temps de paix, des armées permanentes sans le consentement de nos législatures. Il a affecté de rendre le pouvoir militaire indépendant de l'autorité civile et même supérieur à elle. Il s'est coalisé avec d'autres pour nous soumettre à une juridiction étrangère à nos Constitutions et non reconnue par nos lois, en donnant sa sanction à des actes de prétendue législation ayant pour objet : de mettre en quartier parmi nous de gros corps de troupes armées ; de les protéger par une procédure illusoire contre le châtiment des meurtres qu'ils auraient commis sur la personne des habitants de ces provinces ; de détruire notre commerce avec toutes les parties du monde ; de nous imposer des taxes sans notre consentement ; de nous priver dans plusieurs cas du bénéfice de la procédure par jurés ; de nous transporter au-delà des mers pour être jugés à raison de prétendus délits ; d'abolir dans une province voisine le système libéral des lois anglaises, d'y établir un gouvernement arbitraire et de reculer ses limites, afin de faire à la fois de cette province un exemple et un instrument propre à introduire le même gouvernement absolu dans ces Colonies ; de retirer nos chartes, d'abolir nos lois les plus précieuses et d'altérer dans leur essence les formes de nos gouvernements ; de suspendre nos propres législatures et de se déclarer lui-même investi du pouvoir de faire des lois obligatoires pour nous dans tous les cas quelconques.

 

Il a abdiqué le gouvernement de notre pays, en nous déclarant hors de sa protection et en nous faisant la guerre. Il a pillé nos mers, ravagé nos côtes, brûlé nos villes et massacré nos concitoyens. En ce moment même, il transporte de grandes armées de mercenaires étrangers pour accomplir l'œuvre de mort, de désolation et de tyrannie qui a été commencée avec des circonstances de cruauté et de perfidie dont on aurait peine à trouver des exemples dans les siècles les plus barbares, et qui sont tout à fait indignes du chef d'une nation civilisée. Il a excité parmi nous l'insurrection domestique, et il a cherché à attirer sur les habitants de nos frontières les Indiens, ces sauvages sans pitié, dont la manière bien connue de faire la guerre est de tout massacrer, sans distinction d'âge, de sexe ni de condition. Dans tout le cours de ces oppressions, nous avons demandé justice dans les termes les plus humbles ; nos pétitions répétées n'ont reçu pour réponse que des injustices répétées. Un prince dont le caractère est ainsi marqué par les actions qui peuvent signaler un tyran est impropre à gouverner un peuple libre.

 

Nous n'avons pas non plus manqué d'égards envers nos frères de la Grande-Bretagne. Nous les avons de temps en temps avertis des tentatives faites par leur législature pour étendre sur nous une injuste juridiction. Nous leur avons rappelé les circonstances de notre émigration et de notre établissement dans ces contrées. Nous avons fait appel à leur justice et à leur magnanimité naturelle, et nous les avons conjurés, au nom des liens d'une commune origine, de désavouer ces usurpations qui devaient inévitablement interrompre notre liaison et nos bons rapports. Eux aussi ont été sourds à la voix de la raison et de la consanguinité. Nous devons donc nous rendre à la nécessité qui commande notre séparation et les regarder, de même que le reste de l'humanité, comme des ennemis dans la guerre et des amis dans la paix.

 

En conséquence, nous, les représentants des États-Unis d'Amérique, assemblés en Congrès général, prenant à témoin le Juge suprême de l'Univers de la droiture de nos intentions, publions et déclarons solennellement au nom et par l'autorité du bon peuple de ces Colonies, que ces Colonies unies sont et ont le droit d'être des États libres et indépendants ; qu'elles sont dégagées de toute obéissance envers la Couronne de la Grande-Bretagne ; que tout lien politique entre elles et l'État de la Grande-Bretagne est et doit être entièrement dissous ; que, comme les États libres et indépendants, elles ont pleine autorité de faire la guerre, de conclure la paix, de contracter des alliances, de réglementer le commerce et de faire tous autres actes ou choses que les États indépendants ont droit de faire ; et pleins d'une ferme confiance dans la protection de la divine Providence, nous engageons mutuellement au soutien de cette Déclaration, nos vies, nos fortunes et notre bien le plus sacré, l'honneur. »

 

Ainsi, la Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789, est une pâle copie de la Déclaration américaine.

 

Mais quoi qu’il en soit, il sied de rappeler à La France, que c’est d’appliquer les principes plutôt que de les énoncer qu’il s’agit véritablement. Il ne paraît pas conforme aux principes énoncés par la Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789, de maintenir en esclavage et interdire ainsi, par des mécanismes politiques d’un autre temps, toute possibilité de développement, par le truchement des dictateurs installés ici et là, dans les anciennes colonies. La France est en effet la seule puissance coloniale qui maintient sa présence militaire en Afrique, et intervient directement, dans la politique de ces pays, en usant des accords militaires léonins qui sauvegardent l’intérêt français. Que la France perde son influence sur le Gabon et le Congo, piliers de la Françafrique, elle ne pourrait plus siéger au G8.

 

La réalité ou disons, la seule et unique raison de l’immigration des Africains en Europe, niche dans la misère créée dans nos pays, par l’exploitation française. Que cesse cette exploitation, le soutien apporté par la France aux dictateurs africains, que cesse l’ingérence française dans nos pays, que cesse le pillage de nos richesses, il n’y aura plus aucune raison de nous exiler en France ou ailleurs. La solution se trouve ici et nulle part ailleurs. Que la France cesse une fois pour toutes sa politique de victimisation lorsque ses citoyens sont enlevés par des groupes islamistes en terre africaine, elle devrait plutôt s’interroger sur les causes. La présence sur le sol africain, des sociétés néocolonialistes qui pillent nos ressources, et la seule cause. Ces groupes ne sauraient par conséquent être perçus comme des terroristes, ils défendent les intérêts de leurs pays menacés par le colonialisme français.

 

Nicolas SARKOZY qui, alors Ministre de l’Intérieur, a procédé à l’expulsion sans ménagement des Maliens et Sénégalais par charters entiers, ne peut valablement expliquer la présence de l’Armée française en terre africaine : c’est vouloir d’une chose et son contraire. Les Africains qui résident en France doivent s’intégrer, mais cette condition n’est pas exigée aux Français vivant dans nos pays. C’est aux ressortissants des civilisations inférieures de s’adapter à la civilisation supérieure. Voilà le sens que les Français donnent aux principes de droits de l’homme.

 

C’est évidemment pour s’être fixé comme mission de redonner aux Ivoiriens et aux Africains leur dignité, de proclamer à haute et intelligible voix que : Mieux vaut une chaumière où l’ont rit plutôt qu’un palais où l’on pleure, que la France notamment a condamné Laurent GBAGBO à mort, pour lui préférer Alassane Dramane OUATTARA valet de nos exploiteurs.

 

Alors qu’il a hurlé tout au long de sa campagne qu’une fois élu Président de la République, il nommerait comme Premier Ministre un membre du PDCI, voilà qu’il choisit Guillaume SORO à cette fonction. Ainsi, un Président et un Premier Ministre du Nord,  Monsieur Henri Konan BEDIE devrait d’ores et déjà en tirer les leçons et comprendre la nature réelle de celui qu’il a choisi de soutenir  contre toute logique politique sensée et contre la volonté de sa base électorale qui a refusé le report des voix.

 

Toute l’Afrique progressiste, qui refuse la capitulation devant le néocolonialisme français et l’asservissement du continent aux instruments du capitalisme assassin qui sont l’ONU, le FMI, la Banque mondiale, la Francophonie alias Africaphobie, assure son soutien indéfectible à l’Ivoirien Laurent GBAGBO.

 

Fait à Pointe-Noire (Congo-Brazzaville), le mardi 07 décembre 2010

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Congo-Mfoa - dans Afrique
7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 11:19

Vidéo : Histoire du Franc CFA, interview de Nicolas AGBOHOU
http://www.youtube.com/watch?v=myqXvbrSelo
http://www.youtube.com/watch?v=vB9GQWKGdXk
http://www.youtube.com/watch?v=9pnMyNbMm40
 
nicolas_agbohou.jpgLe professeur Nicolas AGBOHOU a donné à son livre un titre qui résume la réalité qu’il décrit et annonce le combat qu’il mène : "Le Franc CFA et l’Euro Contre l’Afrique".


Quelle est cette réalité ? C’est d’abord la servitude de quinze pays africains à la monnaie française. Un système de parité fixe, sans équivalent dans l’histoire monétaire, ligote la monnaie de ces pays, à la monnaie française, hier le franc français, aujourd’hui l’euro. La singularité de ce système, c’est l’arsenal légal et statutaire qui régit le fonctionnement de la zone franc. Le lecteur est vivement invité à lire avec attention l’analyse que fait Nicolas AGBOHOU de cet arsenal.


A ce jour et à notre connaissance, seuls deux auteurs ont consacré leur ouvrage à cette analyse : feu le professeur Joseph TCHUNDJANG POUÉMI, dans un livre paru au début des années 1980, "Monnaie, servitude et liberté – La répression monétaire de l’Afrique" (tiré à un nombre restreint d’exemplaires, épuisé aussitôt après sa publication, ce livre est resté longtemps introuvable. Il a été récemment réédité par les éditions Menaibuc) et Nicolas AGBOHOU, dans le livre "Le Franc CFA et l’Euro Contre l’Afrique". C’est dire l’importance de ce livre et l’exceptionnelle valeur du travail qu’a accompli Nicolas AGBOHOU.


La réalité du franc CFA et de la zone franc, c’est aussi et peut-être surtout, le nazisme monétaire. Mettre en lumière cette autre réalité est l’un des intérêts majeurs de la présente et nouvelle édition du livre de Nicolas AGBOHOU.


Le franc CFA, ou franc des Colonies Françaises d’Afrique, est créé le 25 décembre 1945 par un décret signé par trois Français (Charles De GAULLE, président du gouvernement provisoire ; René PLEVEN, ministre des finances ; Jacques SOUSTELLE, ministre des colonies) qui ont en commun un double caractère : ils sont imbus de la suprématie blanche ; ils sont de fervents acteurs de l’agression coloniale contre l’Afrique. Surtout, leur pays, la France, vaincue et conquise par l’Allemagne hitlérienne en mai 1940 vient de subir cinq années d’occupation nazie. Or cette occupation n’avait pas que le caractère spectaculairement bestial des hordes de soldats allemands soumettant les Français, pillant et versant le sang. L’occupation allemande de la France fut aussi un formidable champ d’exécution du nazisme monétaire externe.
Conçu par Herman GOERING, ministre de l’économie de Hitler, et appliqué aux territoires conquis par les troupes allemandes, le nazisme monétaire externe allemand n’avait que deux objectifs : soumettre et piller. Parce qu’elle était, et de loin, le plus gros des territoires conquis par l’Allemagne, la France a subi le nazisme monétaire allemand avec beaucoup plus de rigueur que les autres territoires eux aussi conquis par l’Allemagne, par exemple la Belgique et la Pologne.

 
Curieusement, alors qu’il existe des tonnes de livres, de mémoires, de thèses de doctorats et d’articles sur l’occupation nazie de la France, et que chaque année apporte de nouvelles publications sur le sujet, il n’existe quasiment rien sur le nazisme monétaire infligé par les Allemands aux Français. Pourquoi ?


La grande surprise ici, c’est le silence des Français, de leurs historiens et de leurs universitaires, d’habitude si diserts, sur ce qui est sans doute l’épisode le plus saignant de l’histoire contemporaine de leur pays.


Il faut remonter soixante-trois ans plus tôt, pour trouver un Français écrivant sérieusement sur ce sujet : René SÉDILLOT, qui publie en 1945, son livre intitulé Le Franc enchaîné – Histoire de la monnaie française pendant la guerre et l’occupation. SÉDILLOT constate : "Avec les siècles, les formes de pillage sont devenues plus savantes. Les anciens Germains dévastaient en toute simplicité les pays qu’ils avaient conquis. Leurs descendants, en 1940, ont recouru à une méthode de rapine plus subtile et plus fructueuse : ils ont mis le mark à 20 francs".


Cette manipulation du taux de change, à l’avantage exclusif du conquérant est l’une des caractéristiques du nazisme monétaire appliqué à la France, nazisme monétaire que celle-ci, une fois libérée du joug hitlérien, appliquera aussi, intégralement et même en l’accentuant à l’Afrique. Ce n’est pas une surprise, les Français créent le CFA en 1945, après l’occupation nazie, la même année où René SÉDILLOT publie son livre.


Pour cette création, ils ont au préalable récupéré l’arsenal statutaire du nazisme monétaire que leur a infligé l’Allemagne et qui fut entre autres inclus dans la convention d’armistice signée le 22 juin 1940 entre la France conquise et l’Allemagne conquérante. Les Français ont alors fait du copier-coller : à leur tour, ils ont retourné l’arsenal nazi contre les Africains, de sorte que le franc CFA et la zone franc, c’est du nazisme monétaire.Parmi les nombreux mérites de la présente édition de "Le Franc CFA et l’Euro Contre l’Afrique", l’un des plus instructifs est donc que Nicolas AGBOHOU, ici, est l’un des premiers auteurs à jeter la lumière sur le caractère foncièrement nazi de la zone franc. Du coup, il montre aussi la transmutation par laquelle, la France, d’opprimée et exploitée par l’Allemagne hitlérienne, est devenue oppresseur et exploiteuse de l’Afrique, en usant du nazisme monétaire. Nicolas AGBOHOU ouvre ainsi un vaste domaine de recherches que devront explorer historiens, économistes et divers chercheurs.


Nicolas AGBOHOU n’est pas qu’un chercheur. Il est aussi un combattant pour la justice. Son livre est un outil de ce combat. Combat contre le double caractère malsain des pères fondateurs du franc CFA : suprématie blanche, agression coloniale de l’Afrique. Double caractère qui est hélas une immuable constante de la zone franc et qui permet à l’Etat français de réussir l’exploit de maintenir intact son système de domination monétaire des pays CFA, malgré les "indépendances" qu’elle leur a accordées dans les années 1960.


Rien n’a changé, pas même le sigle : on a gardé CFA, qui signifie désormais quelque chose comme Communauté Financière d’Afrique.Combat contre l’infantilisation dans laquelle la zone franc maintient l’Afrique, infantilisation qui relève du syndrome "Ne-le-faîtes-pas-vous-même, nous-nous-en-chargeons-pour-vous".
Au lieu de gérer eux-mêmes leurs réserves, les États CFA les confient au Trésor français.


-        Au lieu de fixer eux-mêmes leurs objectifs de taux d’inflation, ils se contentent de singer ceux de la France et aujourd’hui de l’eurogroupe.
-        Au lieu de favoriser et intensifier les échanges entre eux, les États CFA miment les "critères de convergence" définis par la France et l’eurogroupe.
-        Au lieu de se doter des moyens techniques pour fabriquer eux-mêmes leur monnaie, ils se contentent de tout sous-traiter aux imprimeries de la Banque de France, qui facturent au prix fort.
-        Au lieu d’encourager l’émergence d’une élite africaine d’économistes et financiers compétents et indépendants, capables de défendre les intérêts africains, de promouvoir le point de vue africain et de le faire entendre dans le monde, les Etats CFA, s’en remettent aux "experts" de la Banque de France et du Trésor français ou à ceux des institutions multilatérales comme le FMI ou la Banque Mondiale.


Toute politique sans contradicteurs est corrompue. C’est précisément le cas de la zone franc et du franc CFA en Afrique. Dans cette zone, les questions monétaires sont un sujet tabou, la répression sévère, parfois meurtrière, comme ce fut probablement le cas concernant le décès, certains disent l’assassinat de TCHUNDJANG POUÉMI.


Les premiers responsables de cette situation sont les dirigeants africains. Au lendemain des "indépendances", ils ont embarqué leurs populations dans l’impasse du franc CFA, lequel n’est rien d’autre que la prolongation de l’agression coloniale et raciale contre l’Afrique.


Cette monnaie a admirablement servi le but pour lequel il fut créé : être l’instrument de "l’appauvrissement automatique de l’Afrique et de l’enrichissement automatique de la France", pour paraphraser René SEDILLOT. Il y avait d’autres voies. Par exemple celle choisie par les pays du Maghreb, dès qu’ils se sont libérés du joug colonial français. Ces pays se portent aujourd’hui infiniment mieux que les pays CFA. Toutes les études le montrent, la décision de quitter la zone franc est pour beaucoup dans la meilleure santé économique de ces pays maghrébins.


Le travail de Nicolas AGBOHOU peut donc être considéré comme une œuvre salutaire contre la corruption en Afrique. En déchirant le voile du tabou, en mettant le débat sur la place publique, en présentant aussi objectivement que possible tous les termes du débat, il rend un grand service à l’Afrique entière. S’il vise les décideurs qui, par leurs fonctions dans l’appareil d’État, sont capables de prendre les mesures nécessaires à la libération monétaire de l’Afrique, Nicolas AGBOHOU s’adresse d’abord au plus commun des citoyens africains : bien informés, ceux-ci seront mieux armés pour obliger leurs dirigeants à prendre les meilleures décisions.


Ici encore, il faut rendre hommage à Nicolas AGBOHOU : il a abandonné le jargon des hommes de sa profession, les économistes, pour utiliser une langue simple, que peut comprendre tout Africain qui accepte de faire le moindre effort personnel.


Au livre de TCHUNDJANG POUÉMI publié voici bientôt trente ans, les adeptes du statu quo néocolonial et les bénéficiaires du nazisme monétaire français ont répondu par un silence. Total black- out. Ils ont refusé le débat. Il n’y a pas eu débat. Ils ont été imités par leurs relais dans les cercles influents, en l’occurrence le Fonds Monétaire International, la Banque Mondiale et la Banque Africaine de Développement, qui ont la mainmise sur les questions économiques ou stratégiques concernant l’Afrique. Les banques centrales des pays CFA ont réagi exactement comme ces adeptes et ces bénéficiaires. A la première édition de Le Franc CFA et l’Euro contre l’Afrique, publiée en 1999, l’année de l’introduction de l’euro, on a observé encore la même réaction de ces adeptes, de ces bénéficiaires et de ces banques centrales.


Jusqu’ici, cette réaction, ainsi que la répression et l’intimidation contre la pensée libre en Afrique ont bloqué tout débat sur ce qui est sans doute le plus grand scandale monétaire de toute l’histoire et aussi la principale cause de l’appauvrissement de centaines de millions d’Africains.Les choses pourraient être différentes avec la présente édition. Deux éléments nouveaux poussent à le croire. D’abord, l’euro n’a apporté aux Africains aucun des nombreux bienfaits qu’on leur avait promis lors de l’introduction de cette monnaie et de l’arrimage du franc CFA à elle. Au contraire, les populations africaines souffrent aujourd’hui plus que jamais de l’asservissement du franc CFA à l’euro : l’appréciation considérable de l’euro par rapport au dollar a pour conséquence l’appréciation automatique du franc CFA et donc aussi une dévastatrice perte de compétitivité des pays CFA.


Second élément, le plus important, la guerre en Côte d’Ivoire. La guerre que les bénéficiaires du nazisme monétaire français ont provoquée en Côte d’Ivoire ces cinq dernières années, a permis à grand nombre d’Africains, en premier lieu les Ivoiriens, d’identifier clairement les ennemis de l’Afrique.


Des millions d’Africains sont descendus dans la rue pour affronter les chars ennemis et protéger les responsables Ivoiriens décidés à défendre l’intérêt Africain et à mettre fin au néocolonialisme dont le franc CFA n’est qu’un aspect. Un nombre considérable d’Africains, souvent des jeunes, sont morts dans ce combat pour la libération de la Côte d’Ivoire et celle de l’Afrique.


Une responsabilité particulière est donc placée sur les épaules des dirigeants actuels et futurs de la Côte d’Ivoire. Toutes ces victimes, tous ces jeunes, sont-ils morts pour rien ? Le débat pour la libération définitive de l’Afrique ne peut plus être interdit. Or cette libération passe, à notre avis, par un rejet du franc CFA. Il ne peut donc plus y avoir tabou, et aujourd’hui, l’on ne peut plus répondre à Nicolas AGBOHOU par le black-out.


Mieux, les dirigeants de Côte d’Ivoire, ont pour ainsi dire l’obligation d’aller de l’avant sur le chemin de la libération. Or il se trouve que, malgré la guerre qui a considérablement affaibli ce pays, économiquement, politiquement et administrativement, le divisant en deux territoires antagonistes, l’un aux mains des rebelles et de leurs commanditaires étrangers, la Côte d’Ivoire demeure et de loin, la plus importante économie de l’UEMOA, représentant à elle seule près de 40% du PIB de cette union. La sortie de la Côte d’Ivoire de l’UEMOA sonnerait le glas de la zone franc.


Tout ceci souligne l’importance exceptionnelle aujourd’hui de la Côte d’Ivoire pour le progrès en Afrique. L’année 2010, est annoncée comme aussi l’année des élections en Côte d’Ivoire. Les Ivoiriens, quel que soit leur niveau de responsabilité, doivent bien saisir la portée des choix qu’ils auront à effectuer lors de ces élections. Tout mouvement vers la libération étant pour l’instant invisible dans la zone CEMAC soumise à des autocrates s’éternisant au pouvoir, totalisant près de deux siècles d’exercice continu de dictature, c’est à l’UEMOA que revient la tâche de lancer la marche vers l’émancipation de l’Afrique. Et à l’intérieur de l’UEMOA, c’est au leader de cette union, la Côte d’Ivoire, de donner le cap.


Il se trouve que Nicolas AGBOHOU, patriote panafricain convaincu, est aussi Ivoirien. Il se trouve aussi que c’est en Côte d’Ivoire que TCHUNDJANG POUÉMI a élaboré sa théorie et rassemblé les éléments qui lui ont permis d’écrire son livre.
Nicolas AGBOHOU, en digne successeur de TCHUNDJANG POUÉMI, est un Ivoirien conscient des responsabilités qui incombent à son pays dans le combat sans merci contre le nazisme monétaire français en Afrique. Les dirigeants ivoiriens pourraient-il l’écouter ? Les dirigeants Africains pourraient-ils lui prêter l'oreille ?

 

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 23:43

DAKAR, 2 novembre 2010 (IRIN) - En Guinée, les responsables religieux et traditionnels, les groupes de jeunes et les citoyens se démènent pour endiguer les troubles ethniques après des affrontements qui ont opposé les deux principaux groupes, les Malinké et les Peul - les adversaires du second tour de l'élection présidentielle à venir.

 

 La semaine dernière, les candidats du second tour, Alpha Condé, un Malinké, et Cellou Dalein Diallo, un Peul, devaient participer ensemble à une tournée d'apaisement dans le pays, mais les partisans de Condé lui ont dit de ne pas s'y rendre, et ont réclamé des réponses concernant l'empoisonnement qui aurait été perpétré par des membres du parti rival et dont certains de ses partisans auraient été victimes.

 

 Les tensions étaient déjà vives et l'empoisonnement supposé a entraîné des affrontements la semaine du 18 octobre, selon un habitant de la ville de Siguiri, au nord du pays, un bastion de Condé. « Les gens d'ici ont dit trop c'est trop », a-t-il dit à IRIN.

 

 Depuis l'indépendance de 1958, des présidents issus des ethnies Malinké et Soussou se sont succédé à la tête du pays, avant qu'un dirigeant militaire originaire de la région des Forêts ne prenne le pouvoir pendant un an. De nombreux Peul, le groupe ethnique majoritaire, affirment que « notre [leur] tour est venu ».

 

 Les violences les plus récentes ont vu des jeunes Malinké mettre à sac des magasins appartenant à des Peul dans plusieurs villes, selon des témoins, notamment des habitants de l'ethnie Malinké originaires de Siguiri. Dans certains cas, les gens ont attaqué des habitants de l'ethnie Peul avec des matraques et des barres de fer, selon un homme qui dit avoir assisté à ce genre d'attaques dans la ville de Kissidougou, dans le sud-est du pays. Des centaines de Peul ont d'ors et déjà déserté leur maison et leur commerce dans plusieurs villes.

 

 Des jeunes de Siguiri ont dit à IRIN qu'ils ne voulaient pas se battre avec les Peul - ils veulent simplement que le gouvernement fasse la lumière sur les attaques qui auraient été perpétrées par les partisans de M. Diallo et qu'il condamne les auteurs des méfaits.

 

 De nombreuses personnes déplacées ont fui vers la région de Fouta Djallon, où les Peul sont majoritaires. Leur arrivée a menacé de déclencher des combats lorsque les Peul de la ville centrale de Mamou ont voulu se venger après avoir vu des blessés parmi les personnes déplacées.

 

 Un message d'apaisement

 

 Les responsables religieux de Labé, la principale ville de la région de Fouta, ont rapidement envoyé une lettre aux leaders traditionnels de Kankan, Kissidougou, Siguiri et d'autres villes pour leur demander de prévenir les conflits ethniques.

 

 « Nous leur avons demandé de ne pas attaquer les Peul de leur ville et nous leur avons dit qu'ici à Labé, les Peul n'attaqueraient pas les Malinké », a indiqué à IRIN El Hadj Badrou Bah, l'imam de la principale mosquée de Labé. « Nous sommes tous Guinéens ; nous sommes des fils et des frères - c'est le message que nous leur avons envoyé ».

 

 Il a indiqué que les Peul qui vivent dans les zones touchées par les conflits ont également envoyé des délégations à Labé pour inciter les Peul à ne pas attaquer les Malinké, par peur des représailles dans les villes du sud-est et du nord, où les commerçants Peul vivent et travaillent depuis des générations.

 

 M. Bah a dit que les habitants de Labé qui sont originaires de la ville collectaient de l'argent pour fournir de la nourriture aux personnes déplacées, en majorité des enfants.

 Les Guinéens de plusieurs grandes villes ont indiqué que la situation était plus calme depuis le 31 octobre et qu'ils espéraient que la stabilité allait perdurer, mais que la peur de voir de nouveaux conflits se déclencher et s'aggraver persistait.

 

 « C'est un problème extrêmement difficile à gérer, car il est devenu strictement racial », a dit Alpha Oumar Baldé, qui a fui Kissidougou - où il a un magasin - et a rejoint sa femme et ses enfants à Labé.

 

 « S'il vous plaît, dites à la communauté internationale de veiller à ca. La situation est critique. Tout le monde s'attend à la guerre civile ».

 

 M. Baldé a retrouvé sa famille à Labé, mais il a laissé son gagne-pain derrière lui. Interrogé sur ce qu'il allait faire désormais pour faire vivre sa famille, il a répondu : « Seul Dieu peut nous venir en aide maintenant. La situation est au point mort. Il y a des familles [déplacées] qui ne savent pas comment elles vont faire pour trouver suffisamment de nourriture ».

 

 Il a dit que les Guinéens déplacés se demandent comment ils vont faire pour participer au second tour de l'élection présidentielle, prévu le 7 novembre prochain.

 

 Après le premier tour de l'élection le 27 juin, les Guinéens ont eu l'espoir raisonnable de voir leur pays enfin trouver une certaine stabilité et d'assister au retour du pouvoir civil, mais les violences ont depuis lors entaché le processus politique. Plus de 1 000 personnes ont été blessées, trois femmes ont été violées et au moins 17 personnes ont trouvé la mort lors des troubles depuis le début de la campagne pour le premier tour de l'élection, selon le comité de crise sanitaire dirigé par l'Organisation mondiale de la santé et le ministère de la Santé publique.

 

 « Nous avançons d'un pas, puis nous reculons de cinq », a dit Thierno Baldé, responsable d'une association de jeunes, qui depuis le premier tour de l'élection a voyagé dans le pays pour débattre des moyens d'éviter les conflits avec les jeunes.

 

 Le fait que tous les jeunes ne veuillent pas se battre lui donne de l'espoir. Un vendeur de Mamou qui a préféré garder l'anonymat a dit : « Mes amis et moi ne voulions pas nous venger des Malinké, donc on ne l'a pas fait ».

 

 np/mw/gd/np

 

[FIN]

 

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Congo-Mfoa - dans Afrique
4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 23:32

ZIMBABWE: La corruption entrave le droit à une identité

 

HARARE, 4 novembre 2010 (IRIN) - Obtenir un passeport peut être vital pour gagner sa vie, mais la hausse des coûts cachés rend plus difficile l'obtention d'un passeport, bien que le gouvernement en ait récemment réduit les frais.

 

 Les frais ont été réduits de 140 dollars à 50 dollars, mais le document peut coûter jusqu'à 120 dollars, voire même 300 dollars, comme Theresa Makone, vice-ministre de l'Intérieur, l'a découvert lors d'une visite surprise au Bureau de Harare qui délivre les passeports.

 

 Mme Makone, dont la visite au bureau a été motivée par des allégations de corruption, a reconnu que la police et les responsables du Bureau de l'état civil réclamaient des pots-de-vin à ceux qui demandaient des passeports, des certificats de naissance ou d'autres documents d'état civil.

 

 « Après ce que j'ai vu ici aujourd'hui, il semble qu'il faille mener une enquête sérieuse. Les passeports sont supposés être un droit acquis à la naissance, non un privilège. Les gens ne devraient pas subir de tracas pour obtenir un passeport », a-t-elle dit.

 

 Les passeports sont cruciaux pour de nombreux Zimbabwéens qui ont été forcés de chercher du travail à l'extérieur de leur propre pays.

 

 Tazvita Siziba, 35 ans, de Harare, a été licenciée par une entreprise de textile. Elle a besoin d'un passeport pour acheter des marchandises au Botswana afin de les vendre au Zimbabwe, pour financer la scolarité de ses deux enfants. Incapable de donner des pots-de-vin, elle fait la queue sans succès depuis deux semaines.

 

 Excuses

 

 IRIN a parlé à des fonctionnaires qui ont avoué demander des pots-de-vin, mais ils ont invoqué la pauvreté et un véritable souci d'accélérer la procédure comme excuse.

 

 « Je suis surchargée de travail et avec un maigre salaire de fonctionnaire et je n'ai aucun problème à utiliser ma position au travail pour gagner des dollars en plus », a dit Ivy Moyo*, une employée haut placée au Bureau des passeports de Harare. « Depuis que le gouvernement a réduit les frais d'obtention d'un passeport, la demande a explosé, mais les candidats trouvent difficile ne serait-ce que de déposer leurs demandes ».

 

 Elle a dit qu'elle pouvait empocher jusqu'à 500 dollars par jour pour accélérer la procédure d'obtention du passeport. « C'est une manne pour moi, étant donné que je reçois [un salaire] de 210 dollars par mois ».

 

 Innocent Makwiramiti, un économiste basé à Harare, a estimé que la corruption était le reflet d'une économie faible et que ce n'était peut-être pas une bonne idée de diminuer les frais de demande de passeport. « Les fonctionnaires ne sont pas beaucoup payés et ils sont prêts à saisir la moindre opportunité d'obtenir l'argent dont ils ont désespérément besoin. Baisser les frais de passeport a créé une immense demande que les fonctionnaires utilisent pour se faire de l'argent ».

 

 Les retards dans le traitement des cartes d'identité et des documents de voyage ont aussi été causés par l'utilisation, depuis début 2009, de multiples devises, selon un comité parlementaire examinant le travail du ministère de l'Intérieur.

 

 Après une récente visite au Bureau des passeports de Harare, Paul Madzore, le président du comité, a dit que le fait de s'assurer que les billets de banque en devises étaient authentiques prenait beaucoup de temps.

 

 Les régions reculées les plus mal loties

 

 Les personnes vivant dans des régions rurales reculées trouvent l'accès aux documents d'enregistrement encore plus difficile. Les économies imposées par le gouvernement ont conduit à la fermeture des unités mobiles de l'état civil, et les bureaux dans les régions reculées sont souvent incapables de fonctionner à cause de pénuries d'articles de bureau et d'équipement.

 

 Cynthia Mapondera, 19 ans, du district de Mukumbura près de la frontière avec le Mozambique, dans l'est du Zimbabwe, n'a pas pu se présenter aux examens de fin de scolarité pour la deuxième année consécutive, parce qu'elle n'avait pas de certificat de naissance.

 

 Mlle Mapondera, dont la mère est en prison, s'est rendue plusieurs fois dans la ville la plus proche, Mount Darwin, à 170 kilomètres au nord-est d'Harare, pour essayer de répondre aux demandes des fonctionnaires du bureau de l'état civil.

 

 « Au début, ils [les fonctionnaires] ont dit que je devais apporter la carte d'identité de ma mère, mais quand je l'ai fait, ils ont dit qu'il devait y avoir un témoin adulte qui est un parent », a dit Mlle Mapondera. « Quand j'ai amené mon oncle, ils ont dit qu'il devait avoir le [même] nom de famille que ma mère ».

 

 Lors de sa dernière visite, elle est arrivée à amener la plus jeune sour de sa mère et même si elles sont arrivées dans la matinée après un long voyage, elles ne sont passées qu'en fin d'après-midi.

 

 « Si Cynthia n'arrive pas à obtenir cette fois-ci un certificat de naissance, elle peut aussi bien oublier l'école et commencer à penser sérieusement à se marier. Nous n'avons pas d'argent pour revenir sans cesse, et les bus évitent nos routes car les ponts sont endommagés », a dit Jane, la tante de Mlle Mapondera, à IRIN.

 

 Des têtes de bétail comme pots-de-vin

 

 Tazviona Chidziva, un autre habitant des zones rurales, chef de son village, a dit que les fonctionnaires demandaient aussi des pots de vin sous la forme de têtes de bétail pour aider à accélérer le processus.

 

 « Ils ne nous expliquent jamais quels documents nous devrions apporter et beaucoup de gens ont abandonné à cause de la manière dont les employés font leur travail. Là d'où je viens, il est habituel de voir une personne de mon âge sans certificat de naissance, et la vie continue », a dit M. Chidziva à IRIN.

 

 Le Zimbabwe a ratifié la Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant qui stipule que les enfants ont droit à un nom et à une nationalité, et qui rend obligatoire pour les gouvernements la déclaration des enfants immédiatement après la naissance.

 

 Pourtant, le gouvernement ne remplit pas cette obligation, selon une récente Enquête de surveillance à indicateurs multiples pour l'année 2009, réalisée conjointement par l'Agence nationale des statistiques du Zimbabwe et le Fond des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF).

 

 L'enquête indique que seulement 30 pour cent des enfants dans les régions rurales ont réussi à obtenir des certificats de naissance, alors que 55 pour cent étaient déclarés dans les zones urbaines.

 

 Cependant, Tobaiwa Mudede, officier général de l'état civil du pays, a été cité dans le journal gouvernemental Herald, comme rejetant « sans réserve » le rapport, soulignant que le gouvernement n'avait pas participé à l'enquête.

 

 *nom d'emprunt

 

 fm/jk/cb/sk/ail[FIN]

 

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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 18:55

En janvier 2011, un référendum risque de diviser le Nord et le Sud du Soudan. Un nouvel Etat qui fait trembler d’autres pays africains.

 

soudanmap.jpgLa ligue arabe a-t-elle été prise de court par la partition annoncée du Soudan, plus grand pays d’Afrique avec une superficie de 2,5 millions de km2 ? Le traitementde la question soudanaise annexée à la toute dernière minute dans le programme de la ligue lors de sa réunion de Syrte présidée par le guide libyen n’a pas dès le départ bénéficié du puissant lobying des monarchies du Golfe. Cette partition à laquelle voudrait s’opposer l’organisation pan-arabe est le résultat d’un accord arraché en 2005 à Addis Abeba entre John Garong qui dirigeait la rébellion sudiste et Khartoum. Au terme de cet accord, Omar El Béchir acceptait la révision de la constitution, un gouvernement d’union nationale ainsi qu’un référendum d’autodétermination qui permettra aux populations du Sud de décider si oui ou non elles vont poursuivre la cohabitation avec leurs frères du Nord. A l’époque, la Ligue arabe n’avait pas émis d’avis contraire. Il en est de même de l’Union africaine qui, aujourd’hui, méne campagne pour l’unité du Soudan. L’organisation africaine ne pourra pas plaider «le complot » ou l’ignorance dans ce dossier puisque l’accord historique fut arraché sous son égide dans la capitale éthiopienne. Compte tenu des conflits latents entre le Nord et le Sud du Soudan, quasiment en guère depuis l’indépendance en 1956, il est peu probable que Juba opte pour l’unité. En plus d’un lourd passif de guerres civiles (1956-1972 puis 1983-2005), de la question de la Charia (rejetée par le Sud), s’ajoute de plus en plus, l’équation du pétrole. L’intérêt des grandes puissances pour ce pays n’a pas été réveillé par les crimes perpétrés au Darfour mais plutôt par les immenses et récentes découvertes du pétrole. Les réserves prouvées dépassent le milliard de tonnes. Il faut le dire, les principaux gisements (85%) se trouvent au Sud alors que les principales raffineries sont installées au Nord. Preuve que la velleité indépendantiste est forte à Juba, l’ex rébellion étudie déjà des projets d’évacuation du pétrole via certains pays voisins. Le Nord s’accroche, pendant ce temps, à la province tampon d’Abeye qui sera départagée entre le Nord et le Sud au terme d’un mini-référendum exclusif. Les rumeurs d’un possible envahissement par des troupes du Nord dans un fait accompli stratégique font florés au Sud. Tel est aujourd’hui le conflit inter-soudanais vu de surface.

 

En apnée

 

En dessous, l’on retrouve les intérêts antagonistes des grandes puissances. De la China National Petroleum Company (CNPC), qui n’a pas peur d’investir 5 milliards de dollars dans des champs pétroliers au statut provisoire, aux majors occidentaux qui rêvent de regagner le terrain perdu, il y a peu de place au sort des soudanais. Les USA jouent la carte de la partition en insistant sur l’organisation d’un référendum qui confirmera les conclusions déjà arrêtées des Central intelligency de l’Ouest. Fidéle à sa politique de non ingérence, la Chine qui a lourdement investi dans les raffineries soudanaises (investissement de 15 milliards) a tout intérêt à faire triompher la cause unionniste pour garantirla pérennité de ses investissements. Premier client du Soudan, à qui il prend 80% de la production, l’Empire du milieu risque aussi gros au Darfour où il pourraît être le principal bénéficiaire de l’immense gisement de pétrole qui y a été découvert en 2005.

Du point de vue stratégique, cette partition n’est pas un précédent (l’exemple de l’Erythrée) mais fait craindre le pire aux nombreux pays africains en proie aux conflits identitaires. Du Sénégal à l’Angola, de la RDC au Tchad, en passant par le Mali, le Niger etc, c’est la même question qui se pose. Faut-il écouter l’ethnicisme, réhabiliter les anciens royaumes ou continuer à promouvoir la doctrine de l’intangibibilité des frontières héritées de la colonisation ? Au lieu de s’échiner à dénoncer le complot de l’Occident, l’Union africaine et la Ligue arabe ne devraient-elles pas ouvrir le débat sur la protection des minorités, la garantie de la pluralité dans la plupart de ces pays menacés de partition et, s’il le faut, la question de la gestion frontières africaines. Ces tracés hasardeux doivent-ils être des freins à l’intégration africaine, des instruments de quadrillage (cas des Touarégues) des traditionnelles zones de transhumance et de commerce de certaines tribus.

(Source : http://www.les afriques.com/index02.php/)

 

 

NOTRE COMMENTAIRE :

Les dirigeants africains de type Sassou Nguesso devraient se poser des questions et commencer à s'inquiéter de ce préalable. On ne peut pas continuer impunément à maltraiter, massacrer des populations entières sans que celles-ci ne se mettent à s'interroger et à réfléchir sur la solution la meilleure pour elles afin d'échapper aux truands et autres criminels... 

 

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La Lettre du Congo-Mfoa - dans Afrique