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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 19:01
(Afrique/Françafrique/Congo-Brazzaville) Croisade des Occidentaux contre Daesh : Période de répit pour les dictateurs africains

S’il y a un nom dont la seule évocation fait trembler le monde entier aujourd’hui, c’est bel et bien Daesh. Et pour cause. Sa capacité de nuisance est très redoutable. Sa folie meurtrière n’épargne personne, les pauvres comme les riches, les grands comme les petits. En Asie, en Afrique comme en Europe, ses partisans font régner la terreur au nom d’une idéologie qui consacre l’idée d’une vérité intangible et éternelle à laquelle tout le monde doit se soumettre ou périr. C’est cette posture qui fait d’eux des ennemis atypiques et dangereux pour le monde de la pensée libre et cartésien que représente l’Occident, si fait que l’on peut être tenté de se poser la question suivante : comment répondre rationnellement à des gens qui sont sûrs de mériter le ciel en égorgeant des humains ? De ce point de vue, l’on peut parier sans grand risque de se tromper que la guerre totale promise par la France contre l’Etat islamique (EI) sera âpre et que ce n’est pas demain la veille que Daesh agitera le drapeau blanc pour signifier sa capitulation.

Les satrapes africains ont assez de temps pour consolider les bases de leur dictature

L’on peut comprendre dès lors, pourquoi les Occidentaux, pour se donner plus de chances de le vaincre, n’ont eu aucun scrupule à intégrer dans leur stratégie de riposte, des Etats qui, hier encore, étaient perçus comme des pestiférés à leurs yeux pour le soutien qu’ils accordent à Bachar El Assad, ce grand dictateur devant l’Eternel. Cet appel du pied pour ne pas dire de détresse fait à la Russie de Poutine et à l’Iran de Rohani et des Ayatollah, illustre bien l’adage selon lequel « pour éteindre un incendie, l’on se soucie très peu de la qualité de l’eau que les uns et les autres peuvent apporter ». Les Occidentaux sont dans cette logique aujourd’hui. Il n’est donc pas exclu, dans leur volonté de casser du djihadiste, qu’ils fassent appel au boucher de Damas qui, en la matière, a une expertise avérée. Dans un tel contexte, les dictateurs en général et ceux d’Afrique en particulier, peuvent se frotter les mains. Car, tous peuvent profiter du fait que par ces temps qui courent, les Occidentaux ont d’autres chats à fouetter que de veiller sur la démocratie. Les satrapes africains ont donc assez de temps pour consolider les bases de leur dictature. Ils peuvent d’autant plus le faire sans craindre la moindre réprobation des champions de la démocratie, qu’eux aussi font partie des maillons de la chaîne planétaire qui s’est mise en branle pour apporter leur compassion et leur solidarité à la France, suite aux massacres de Paris. Ils peuvent donc légitimement prétendre à la mansuétude de la patrie des droits de l’Homme et, au-delà de la France, à celle de tous ceux qui distribuent les notes en matière de démocratie. Et après tout, dans la situation de guerre ouverte dans laquelle se trouve la France aujourd’hui contre l’Etat islamique, les soutiens, d’où qu’ils viennent, sont bons à prendre. Cela nous rappelle l’alliance que le monde dit libre avait scellée avec le grand « Satan » c’est à dire le pouvoir bolchévique, pendant la seconde guerre mondiale, pour contrer la folie du Nazisme. Dans le cas d’espèce, les Occidentaux ont besoin de la contribution de tous, y compris celle des dictateurs pour faire plier Daesh qui, aujourd’hui, est à abattre par tous les moyens.

Les frappes pourraient ne pas suffire pour conjuguer désormais Daesh au passé

L’impératif catégorique du moment est de triompher de Daesh. Pour la démocratie, on verra après. Paul Kagamé, Pierre Nkurunziza, Joseph Kabila et tous ceux qui, sous nos tropiques, caressent l’espoir de poignarder la démocratie pour s’accrocher au pouvoir, n’hésiteront pas à tirer profit de ces moments où le seul centre d’intérêt des grands de ce monde se résume à la croisade contre Daeh et ses partisans. Par rapport à ces derniers, les prédateurs africains de la démocratie pourraient passer aux yeux des Occidentaux pour des enfants de chœur, parce qu’eux au moins, ne troublent pas leur quiétude et sont loin de porter atteinte à leurs intérêts. Bien au contraire, ils veulent conserver leur fauteuil, pour pérenniser la mainmise des Occidentaux sur leur pays. La croisade des Occidentaux contre les ingénieurs du mal absolu représente pour les dictateurs africains des périodes de grâce et de répit. Tant que cette croisade ne connaîtra pas son épilogue, cette période de répit pour les satrapes d’Afrique aura de beaux jours devant elle. Et comme tout laisse croire que l’offensive tous azimuts lancés par les Occidentaux avec l’aide des Russes sera de longue durée au regard du profil de l’ennemi, l’on peut en déduire que pendant tout ce temps, les dictateurs pavoiseront. En effet, pour vaincre véritablement l’Etat islamique, les frappes aériennes sur Raqqa, les interpellations à la pelle de présumés djihadistes à Paris, à Bruxelles ou encore à Berlin et l’élimination physique de certains barbus dont l’implication dans les massacres de Paris a été établie, pourraient ne pas suffire pour conjuguer désormais Daesh au passé. La piste à explorer en plus de cette option sécuritaire pourrait consister pour les Occidentaux à arracher toutes les racines du mal. Et ces racines se rapportent entre autres aux événements douloureux qui ont marqué l’histoire des Arabes. Au nombre de ces événements douloureux, l’on peut citer la guerre d’Algérie et la sempiternelle injustice faite aux Palestiniens depuis la création de l’Etat hébreux en 1948, par David Ben Gourion. C’est ce qui peut expliquer que de jeunes Français d’origine algérienne conspuent aujourd’hui la Marseillaise au stade de France par exemple, et que tout ce qui rappelle les valeurs de l’Occident suscite l’ire des Arabes en général. Il faut donc que les Occidentaux, pour se réconcilier avec les Arabes, posent des actes forts, allant dans le sens de la réparation des injustices faites au monde arabe. Et le contexte s’y prête, pour autant qu’ils aient la volonté de le faire.

« Le Pays »

LIRE L'ARTICLE COMPLET :

http://lepays.bf/croisade-des-occidentaux-contre-daesh-periode-de-repit-pour-les-dictateurs-africains/?utm_source=Newsletter+Quotidienne&utm_campaign=7c175d4982-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_37959005ec-7c175d4982-101138157

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27 septembre 2015 7 27 /09 /septembre /2015 11:37

La foire à l’assassinat des Chefs d’État africains De 1963 à 2011, 21 Chefs d’État africains ont été assassinés. L’assassinat d’un chef d’État africain ne surprend guère mais rappelle chaque fois les raisons de l’assassinat, et naturellement rappelle aussi le président précédemment assassiné. Le comble est que l’histoire renaît sur les lèvres et alimente les débats sur l’actualité, mais comme un sort, les mêmes erreurs se commettent au sommet des pouvoirs et s’en suit un nouvel assassinat. Akody.com en dresse ici la liste.

La foire à l’assassinat des Chefs d’État en AfriqueLe Togo ouvre en 1963 la foire à l’assassinat des Chefs d’État africains avec la mort de Sylvanus Olympio. Trois ans après suit John-Aguiyi Ironsi, président du Nigeria en 1966. Ensuite, Abdirachid-Ali Shermake de la Somalie en 1969, Abeid-Amani Karumé du Zanzibar en 1972, Richard Ratsimandrava de Madagascar en 1975 avec son homologue François-Ngarta Tombalbaye, président de la République du Tchad. En 1976, 1977 et 1981, ce sont successivement les présidents Murtala-Ramat Mohammed du Nigeria, Marien Ngouabi du Congo-Brazzaville, Teferi Bante d’Ethiopie, Anouar el-Sadate d’Egypte et William-Richard Tolbert du Liberia, qui ont animé la foire à l’assassinat.

A partir de 1987, entrent dans le buzz à l’assassinat Thomas Sankara du Burkina-Faso, Ahmed Abdallah (1989) des îles Comores, Samuel-Kanyon Doe (1990) encore du Liberia, Mohammed Boudiaf (1992) d’Algérie, Melchior Ndadayé (1993) et Cyprien Ntaryamira (1994) du même Burundi. Dans la même année, Juvénal Habyarimana du Rwanda est frappé. En 1999, c’est autour d’Ibrahim Barré-Maïnassara, président du Niger, en 2001, Laurent-Désiré Kabila du Congo-Kinshasa et enfin de Mouammar khadafi de la Libye en 2011.

A qui le prochain tour ?Quand on sait qu’on vit dans un monde démocratisant qui raffine de plus en plus sa civilisation, et que des Chefs d’État africains continuent à piétiner la Constitution de leurs pays, ne doit-on pas s’attendre à un rallongement de cette liste?

Source : http://www.afrique-sur7.fr/5836/la-foire-a-lassassinat-des-chefs-detat-africains/

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18 septembre 2015 5 18 /09 /septembre /2015 15:51
Diendéré, ancien chef d’une milice de tortionnaires et d’assassins, transformé en homme clé de la sécurité de la région par les Français et les Américains

Général Gilbert Diendéré

Burkina : Le Régiment de Sécurité présidentielle rappelle aux yeux du monde son passé putschisteLe coup d’Etat au Burkina Faso n’est pas tout à fait une surprise. La crise était annoncée car ce Régiment de la sécurité présidentielle, ses officiers et Gilbert Diendéré qui les contrôlaient sentaient leur fin proche s’ils ne tentaient pas quelque chose avant les élections qui étaient prévues pour le 11 octobre.

Les informations qui nous parviennent du Burkina restent parcellaires. Le RSP (Régiment de sécurité présidentielle) a pris en otage, mercredi soir, jour du Conseil des ministres, Le Président de la Transition, Michel Kafando, le Premier ministre Issac Zida, et les autres ministres présents. Des négociations se sont engagées avec la hiérarchie militaire sans succès.

Quelques heures plus tard, les preneurs d’otage précisaient leurs intentions. Ils déclaraient prendre le pouvoir, portaient à la présidence le Général Diendéré et annonçaient la mise en place d’un Conseil national de la démocratie dont la première mesure serait d’organiser des élections « inclusives ». Plusieurs maisons de leaders de la société civile ont été attaquées, les leaders du Balai citoyen particulièrement visés. Smockey nous a informés que la sienne a été attaquée au lance-roquettes, sa famille ayant pu s’enfuir par-dessus un mur. Un incendie a pu être court-circuité grâce à l’intervention du voisinage.

La réaction n’a pas tardé, des appels à se rassembler place de la révolution jeudi matin ont circulé. Des groupes de jeunes sont descendus dans la rue par petits groupes pour disperser les soldats du RSP. Les syndicats et la Coalition contre la vie chère ont immédiatement appelé à une grève générale illimitée. La répression aurait fait une dizaine de morts et de nombreux blessés, mais ne serait l’œuvre que des seuls éléments du RSP. Au nombre de 1300, ils ne contrôleraient en réalité que la capitale, et encore. Des internautes ont posté aussi des photos de manifestation dans plusieurs villes de province. Et vendredi matin, RFI annonçait des manifestations à Bobo Dioulasso, à Yako où la maison de Gilbert Diendéré a été incendiée et à Po.

Le Président du Conseil national de la Transition, Cheriff Sy, dans un communiqué à déclarer assumer « désormais les pouvoirs dévolus au chef de l’Etat », et « inviter le chef d’Etat-major des armées et les chefs d’Etat-major des différentes régions militaires à prendre immédiatement toutes les dispositions pour que cette forfaiture soit arrêtée puisque c’est un groupe armé qui s’oppose à la volonté du peuple ». Cheriff Sy n’est autre que le fils du général Baba Sy, qui a toujours été, de son vivant, très respecté par l’armée.

Un coup d’Etat probablement préparé depuis longtemps

Par trois fois déjà, le RSP, sous la houlette de Diendéré, ont perturbé le Conseil des ministres. On se rappelle que la nomination d’Issac Zida comme Président, lors de l’insurrection, résultait d’un consensus entre le RSP, et les autres chefs militaires. Mais rapidement Zida, peu connu bien que numéro deux du RSP, en mal de popularité parmi les insurgés, se lançait dans des déclarations fracassantes, teintées de populisme, affirmant sa volonté de prendre en compte les aspirations des insurgés. Il annonçait en particulier la réouverture des affaires Sankara, l’ancien président révolutionnaire dont l’assassinat n’est pas officiellement élucidé, et Norbert Zongo, le journaliste assassiné par des hommes de la sécurité présidentiel.

Zida épousant la cause des insurgés, les autres chefs du RSP, se sentant trahis, ont plusieurs fois séquestrés le Conseil des ministres, le Président et le Premier ministre, avançant à chaque fois de nouvelles revendications et s’opposant à la dissolution de leur régiment, demandée par la société civile. En réalité cette revendication est apparue la première fois parmi les propositions du Conseil des sages, mis en place la suite du puissant mouvement de protestation contre l’assassinat de Norbert Zongo.

Avec le recul, l’hypothèse d’une préparation minutieuse d’un coup d’Etat, par un affaiblissement progressif des forces au sein du gouvernement pouvant s’y opposer apparait crédible. Ainsi, en février 2015, à la suite du deuxième mouvement d’humeur du RSP, des proches de Blaise Compaoré furent nommés à des postes clé: Boureima Kéré, pourtant accusé de torture par deux témoignages très précis (voir http://www.thomassankara.net/spip.php?article1739 et http://www.thomassankara.net/spip.php?article1738 ) comme chef d’Etat major particulier du Président etle lieutenant-colonel Coulibaly, ancien aide de camp de Blaise Compaoré, comme chef de corps du RSP. Ce dernier devait partir en stage de formation en France.

En juillet dernier, les chefs du RSP exigèrent la démission des 4 ministres militaires du gouvernement. Les tractations durèrent cette fois plusieurs jours. Ils n’obtinrent pas totalement satisfaction, mais suffisamment pour pouvoir envisager un coup d’Etat dans de bonnes conditions. Le premier ministre fut déchargé de la Défense, et surtout le lieutenant-colonel Auguste Barry, le ministre le plus populaire parmi les insurgés, perdit son poste de ministre de l’intérieur et de la sécurité. Il venait de déjouer une première tentative de coup d’Etat. N’est-ce pas parce qu’il essayait de reprendre la main sur le système mis en place par Diendéré, chef de la sécurité intérieur du pays sous Blaise Compaoré, qui entretenait à ce titre des rapports étroits avec les officiers des troupes françaises et américaines ? Un des derniers obstacles de taille était levé qui permettait d’envisager un coup d’Etat victorieux.

Diendéré, ancien chef d’une milice de tortionnaires et d’assassins, transformé en homme clé de la sécurité de la région par les français et les américains

Gilbert Diendéré, avait remplacé Blaise Compaoré à la tête du CNEC (Centre national d’enseignement commando), lorsque ce dernier devint chef d’Etat après un coup d’Etat qui se solda par l’assassinat de Thomas Sankara en 1987. C’est lui qui est aussi à l’origine de l’exécution des capitaines Jean Baptiste Lingani et d’Henri Zongo, les deux autres leaders « historiques » de la révolution, aux côtés de Blaise Compaoré et de Thomas Sankara. Ce sont des hommes sous son commandement qui ont tué Thomas Sankara et ses compagnons. Il en était le chef au moment de la période la plus noire du régime, marquée par des assassinats politiques, et lorsqu’on torturait ceux qui se refusaient à déclarer allégeance au régime.

Le RSP est issu du CNEC et Gilbert Diendéré en a gardé le commandement jusqu’à sa nomination comme chef d’Etat-major particulier de Blaise Compaoré. De nombreuses exactions, commises par les hommes de ce régiment, sont restées jusqu’ici impunies. Le journaliste Norbert Zongo a lui aussi été assassiné par des hommes du RSP. Gilbert Diendéré a été plusieurs fois cité lors du procès de Charles Taylor, puis dans des rapports de l’ONU, pour avoir détourné l’embargo au profit des rebelles ivoiriens. C’est lui qui avait le premier retrouvé l’avion d’Air Algérie qui s’était crashé au Mali, révélant ainsi l’efficacité de son système d’information mis en place. Et c’est encore lui qui a organisé la fuite de Blaise Compaoré en collaboration avec les forces spéciales françaises basées non loin de Ouagadougou.

Mais Gilbert Diendéré est aussi un ami de la France, et la Transition, en tout cas son Président, joue plutôt la diplomatie que l’affrontement avec la France qui va financer en partie les élections. Nous écrivions en effet le 5 février 2015 : « C’est ce même Gilbert Diendéré qui a été décoré de La légion d’honneur en France en 2008. Il était proche du général Emmanuel Beth, premier chef de l’opération Licorne en Côte d’Ivoire, directeur de la Coopération militaire et de la défense au Quai d’Orsay qui sera nommé Ambassadeur de la France au Burkina en 2010, son frère Frédéric Beth dirigeant alors les COS (commandement des opérations spéciales basées à Ouagadougou) avant de devenir le numéro deux de la DGSE. Diendéré et Emmanuel Beth, très proches, avaient l’habitude de faire ensemble des sauts en parachute » (voir http://blogs.mediapart.fr/blog/bruno-jaffre/050215/burkina-faso-la-transition-entre-arrogance-du-regiment-de-securite-presidentielle-et, -volonte-de-re) .

Il est aussi l’ami des américains, dont des troupes sont aussi stationnées au Burkina. Ainsi peut-on lire dans un document du service de communication du RSP : « Pour le Général Gilbert Diendéré, qui n’est plus à présenter, il a été souhaité que l’on exploite ses compétences indéniables, comme conseiller par exemple ; au lieu de s’en débarrasser. Des américains auraient dit : « si vous n’en voulez plus, donnez-le nous… ». Il est l’un des rares officiers généraux de la sous-région qui maîtrise autant les questions sécuritaires dans la zone sahélo-saharienne » (voir http://www.lefaso.net/spip.php?article63183).

Elections inclusives, le faux prétexte

Le préambule de la Charte de la Transition, adoptée par consensus, quelques jours après l’insurrection affirme « la nécessité d’une transition politique, démocratique, civile, apaisée et inclusive ». Effectivement les partis de l’ex majorité ont pu bénéficier de 10 sièges de députés au Conseil national de la Transition.

Lorsque le Conseil national de la Transition (CNT) a modifié la loi électorale, interdisant aux anciens partisans de la modification de l’article 37, donc à Blaise Compaoré, de se représenter, les protestations se firent rares alors, pour s’amplifier légèrement, surtout parmi les partisans de l’ex majorité et la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) et finalement retomber tout récemment. En réalité, trois mois après l’insurrection, cette réforme fut la première qui apparaissait aller dans le sens de ce qu’attendaient les anciens insurgés. Pour eux, l’insurrection s’était soldée par une trentaine de morts et des centaines de blessés qui méritaient le respect. Il n’est pas possible de voir revenir par les urnes les principaux dirigeants du régime précédent, responsables du pillage des principales ressources du pays, ceux qui viennent d’être chassés du pouvoir par un rejet massif. Tous les partis politiques de l’ex-opposition soutenaient cette réforme. En terme, d’exclusion, il convient d’ ajouter que les autorités de la Transition, les ministres, les députés du CNT n’ont pas le droit non plus de se présenter.

La CEDEAO s’opposa aussi à cette loi, non sur le fond en réalité, mais pour son imprécision qui semblait écarter tous les partisans de la modification de l’article 37, sans exception. Le Président de la Transition déclara que son pays se soumettrait à l’avis de la CEDEAO. Mais finalement le Conseil constitutionnel, rejeta les candidatures des ministres et des députés ayant voté cette modification, précisant ainsi de fait le critère d’inéligibilité. Une quarantaine de députés furent écartés des législatives mais purent être remplacés par d’autres personnes. Quant aux présidentielles, les candidatures de plusieurs personnalités comme le Président du CDP(Congrès pour la Démocratie et le Progrès, Parti de Blaise Compaoré) Eddie Komboïgo, Djibril Bassolet, ancien ministre des affaires étrangères et Gilbert Ouedraogo , président du RDA (Rassemblement démocratique africain) furent aussi écartées.

Finalement, les exclus ont tous déclaré, il y a quelques jours, se ranger aux décisions du Conseil constitutionnel. Et l’on s’orientait vers des élections paisibles, d’autant plus qu’à sa dernière réunion, la CEDEAO avait finalement réitéré son soutien aux autorités de la Transition. C’est dans ce contexte que les putschistes disent vouloir organiser des élections « inclusives ».

Gilbert Diendéré sous la menace d’une inculpation

Un faux prétexte ! La réalité, c’est que la justice se rapprochait de Gilbert Diendéré, dont l’inculpation dans l’affaire Sankara devait se traduire à court terme par son inculpation. Le jour du coup d’Etat, les avocats devaient être informés des avancées de l’enquête et des résultats. D’autres témoins, victimes de tortures se sont fait connaitre et ont raconté les sévices qu’ils ont subis. De plus, , une commission d’enquête avait été annoncée, pour déterminer les responsabilités des tirs à balles réelles pendant l’insurrection causant la mort d’une quinzaine de personnes et de très nombreux blessés . Or ce sont encore les soldats du RSP qui en sont les auteurs. et pour couronner le tout, la Commission des réformes et de réconciliation, mise en place par la Transition avait déposé son rapport dans lequel la dissolution du RSP était de nouveau proposée.

Un dernier baroud suicidaire ?

Si Diendéré a pu séduire officiers des troupes étrangères pour ses compétences dans la sécurité de la région, s’il semble avoir bien préparé ce coup d’état militaire, on peut s’interroger sur ses qualités d’homme politique après ce triste épisode que connait aujourd’hui le Burkina. Certes sa proximité avec les services français et américains ont pu lui faire croire, non sans raison qu’ils le soutenaient encore.

Mais nous ne sommes plus au début des années 80, où quelques officiers arrivaient à contrôler un pays en quelques heures. La population est aujourd’hui beaucoup plus urbanisée, plus largement politisée, l’information circule rapidement. L’armée est certes composée d’officiers nommés sous Blaise Compaoré, mais peu d’entre eux se risqueraient à accompagner un putschiste dans une telle aventure tant les risques d’échec sont élevés. Le parti de Blaise Compaoré, Le CDP, a subi quelques revers ces derniers temps montrant que ses capacités de mobilisation déclinaient. Surtout, après avoir multiplié les déclarations affirmant vouloir respecter la démocratie et les institutions, quel homme politique serait assez bête pour déclarer soutenir les putschistes ? Il y en a bien quelques-uns que l’on entend déclarer soutenir le coup d’Etat, mais tout observateur politique sait qu’ils signent là la fin de leur carrière politique. Bien sûr certains se réjouissent, mais combien oseront s’afficher aux côtés de Gilbert Diendéré ?

L’affrontement était inévitable nous l’avions annoncé, car l’impunité de Diendéré ne pouvait durer bien longtemps. Fort de ses soutiens, sans doute s’est-il cru indispensable. Le RSP ne pouvait non plus continuer à séquestrer les Conseils des ministres, à chaque fois qu’il avait des revendications à faire valoir. Et la population qui a massivement participé à l’insurrection, ne pouvait supporter encore très longtemps que Diendéré puisse rester plastronner à Ouagadougou.

Isolé à l’intérieur du pays, déconsidéré à l’extérieur, en tout cas officiellement, ce putsch n’a guère d’avenir. Diendéré non plus, si ce n’est en prison ou dans un lointain exil, toujours sous la menace de la justice internationale. Et le peuple burkinabè, aux longues traditions de lutte, n’est pas prêt d’accepter une telle forfaiture. Il a besoin de notre solidarité.

Bruno Jaffré

Source: http://blogs.mediapart.fr/blog/bruno-jaffre/180915/burkina-le-regiment-de-securite-presidentielle-rappelle-aux-yeux-du-monde-son-passe-putschiste

Diendéré, ancien chef d’une milice de tortionnaires et d’assassins, transformé en homme clé de la sécurité de la région par les Français et les Américains
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18 septembre 2015 5 18 /09 /septembre /2015 09:22
Congo-Brazzaville/AfriqueCentrale : La culture du coup d'Etat en Afrique centrale

Les présidents de la Cemac (Cameroun, Tchad, Rca, Gabon, Guinée-équatoriale, Congo)

Alors que le monde entier (la CEDEAO, l’Union Africaine, l’Union Européenne, le Conseil de sécurité de l’ONU, le secrétaire général de l’ONU, les États Unis d’Amérique, la France et peut-être d’autres), de manière unanime, parle d’une seule voix pour condamner le coup d’état au Burkina Faso, la CEAC et la CEMAC brillent par un silence assourdissant.Ce coup d’état, qui profite à Blaise Compaoré, place la Côte d’Ivoire et Alassane Dramane Ouattara dans une situation embarrassante bien que la condamnation de la CEDEAO l’emporte sur la prise de position de la diplomatie de la Côte d’Ivoire d’Alassane Dramane Ouattara.Ainsi, bon gré malgré lui, Alassane Dramane Ouattara, dont l’arrivée au pouvoir est due en partie à l’implication personnelle de Blaise Compaoré, a implicitement condamné le coup d’état de la garde prétorienne de Blaise Compaoré.


Pourquoi donc la CEAC et la CEMAC sont muettes ?

La dernière édition de la lettre du continent révèle un passage récent de Blaise Compaoré à Brazzaville, y est-il allé pour obtenir l’appui du régime de Brazzaville ?Ces mêmes CEAC et CEMAC n’ont jamais condamné clairement et publiquement le coup d’état de Bozizé d’abord, et de son tombeur Djotodja.

Notez ceci :

- Ali Bongo Ondimba n’a pas de légitimité, il n’a jamais prouvé hors de tout doute qu’il est de nationalité gabonaise. C’est une forme de coup d’état car le candidat Bongo n’a pas satisfait aux exigences légales.

- Idriss Deby Itno est arrivé au pouvoir par un coup d’état, il a d’abord fait adopter une constitution limitant le nombre de mandats présidentiels pour ensuite faire sauter par «référendum» cette disposition. On sait que ce genre de référendum n’est pas crédible.

- Denis Sassou Nguesso est arrivé par un coup d’état et il en prépare un autre pour perpétuer sa présence au pouvoir.

- Teodoro Obiang Nguema Bazogo est arrivé au pouvoir par un coup d’état, son fils est vice-président. Lorsqu’on travaille pour une possible succession dynastique, on est dans la logique de coup d’état

- Paul Biya est arrivé au pouvoir à la suite d’un imbroglio; il a ensuite verrouillé toute possibilité d’accession au pouvoir par les urnes. C’est une forme de coup d’état.

Voilà pour la CEMAC et gardons nous d’évoquer la situation du très controversé Paul Kagamé.


La CEAC et la CEMAC sont dans le coup d’état permanent.

Le RSP du Burkina Faso n’est rien d’autre que l’équivalent de l’ancienne garde présidentielle du Congo jusqu’à la conférence nationale souveraine de 1991. Un acte de la conférence nationale souveraine a dissout la garde présidentielle au profit d’une garde républicaine.

Cet acte de la Conférence nationale souveraine était une victoire face à toute velléité de confiscation de pouvoir par la force. La limitation du nombre de mandats présidentiels a obéi à la même vision.


Qu’observe t-on au Congo ?

1. Une possibilité réelle de coup d’état militaire en raison de l’allégeance que voue la garde républicaine à la personne du président de la République. Elle a les moyens en hommes et en matériels pour réaliser l’aventure sans issue du RSP de Blaise Compaoré avec pour conséquence une perte de temps pour le pays comme on l’observe à Ouagadougou où des élections étaient prévues pour le 11 octobre 2015.

2. Une option annoncée de coup d’état constitutionnel en attente d’une confirmation du président de la République qui va s’appuyer pour cela sur le dialogue de Sibiti dont il avait dit le 12 août 2015 qu’il aurait un écho. C’est ce qu’il entend faire après les flonflons des jeux africains.

Alors si les pouvoirs en place en Afrique centrale entérinent les coups d’état, il revient aux oppositions républicaines de ces pays d’exprimer le dégoût des peuples face aux coups d’état.

Ce sera une manière d’étouffer dans l’œuf le coup d’état en cours au Burkina Faso qui va s’arrêter à cause de sa propre bêtise.

Par Salomon Lasagesse -

(Extrait de congo-liberty)

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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 17:27
Congo-Brazzaville/ONU/Centrafrique : Les Nations Unies désavouent Denis Sassou Nguesso sur la Centrafrique

LES NATIONS UNIES DÉSAVOUENT DENIS SASSOU NGUESSO SUR LA CENTRAFRIQUE

Les Nations unies ont peu apprécié l’accord de cessez-le-feu intervenu entre ex-milices Seleka et anti-Balaka, le 22 janvier, à Nairobi, sous l’égide de l’ex-président de l’Assemblée nationale kenyane, Kenneth Otiato Marende. Dans une lettre adressée à la présidence congolaise le 8 février (cliquez ici) Abdoulaye Bathily, le représentant spécial de Ban Ki-moon au sein de la médiation internationale sur la Centrafrique, a demandé à Denis Sassou Nguesso d’intervenir pour mettre un terme à cette initiative…

Catherine Samba Panza danse avec des fauves…

Par RIGOBERT OSSEBI

(Extrait de congo-liberty)

Congo-Brazzaville/ONU/Centrafrique : Les Nations Unies désavouent Denis Sassou Nguesso sur la Centrafrique
Congo-Brazzaville/ONU/Centrafrique : Les Nations Unies désavouent Denis Sassou Nguesso sur la Centrafrique
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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 22:14
Afrique/Europe/France/Congo-Brazzaville : Attentat à Charlie Hebdo à Paris

AUCUNE RELIGION AU MONDE NE COMMANDE LE CRIME.

PAS EN MON MOM !

NOT IN MY NAME !

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Jean-Claude Mayima-Mbemba - dans France Afrique Afrique centrale
29 mars 2014 6 29 /03 /mars /2014 02:52
[Congo-Brazzaville/Centrafrique] Le général J.-M. Michel Mokoko, le chef de la MISCA, a échappé un assassinat

by Officiel Brazzanews -

Le général Jean-Marie Michel Mokoko a échappé à une embuscade tendue par les miliciens déguisés en anti-balaka au quartier PK 12 .
Hier , 27 mars 2014, dans l après-midi, il fallait accélérer le plan de désarment au niveau du pk 12, mais le général a eu une bonne intuition de quitter tôt cet endroit parce que, juste après, il y a eu deux explosions.

Selon nos sources, Sassou a demandé à Mokoko de démissionner à la tête de la MISCA, mais celui-ci refusa. Mokoko est maintenant dans la liste noire de Sassou. Certains anti-Balaka courageux ont été payés pour éliminer le général, mais vont-ils réussir leur mission ?
Lourd bilan après l’attaque de cette nuit à pk12.

Une attaque à la grenade suivie de rafales d’armes par des hommes non identifiés a fait de nombreuses victimes cette nuit à la place mortuaire de Fatima, au quartier pk12.

Le journal Le Pays Centrafrique diffuse des images des victimes, en majorité des femmes et des enfants. Onze corps ont été retrouvés dont un bébé de six mois et deux femmes enceintes. Preuve de la violence de l’attaque, les habitants ont filmé de nombreuses douilles, allumeurs et corps de grenades.

« Sept personnes ont été tuées le jeudi 27 mars 2014 à Fatima par des hommes armés non identifiés, mais professionnels, selon les témoins, car leur opération n'a duré qu’une à deux minutes. Des fusillades à l’arme lourde dans la zonée », précise le Réseau des journalistes pour les Droits de l’homme.

Source : Alwihda Info

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NOTRE COMMENTAIRE :

Sassou Nguesso regretterait-il d'avoir placé le général Mokoko à ce niveau ? M. Sassou Nguesso et son Clan auraient-ils que ce dernier ne se laisse pousser des ailes, jusqu'à envisager de lorgner le pouvoir clanique de Sassou, "un pouvoir acquis de haute lutte" (sic) ? Et si l'attentat contre le général Mokoko était un coup de Sassou Nguesso, comme il sait le faire ?

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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 07:14
[Congo-Brazzaville/Afrique] Sassou Nguesso suscite la méfiance

Revenu au pouvoir en 1997 à la faveur d’un putsch sanglant, renversant Pascal Lissouba ainsi que la jeune démocratie en pleine construction, arrachée de haute lutte syndicalo-ouvrière chère à Dieudonné Tsati, doyen rouge, à la conférence nationale souveraine, Denis Sassou Nguesso intrigue pas seulement les populations du Congo-Brazzaville. Mais aussi au delà. Il suffit de jeter un regard sur la liste des chefs d’Etat présents à Edou à l’occasion de la célébration du cinquième anniversaire du décès en 2009 d’Edith Lucie Bongo au Maroc pour lever tout équivoque.

Confiance ne rime pas avec Sassou
En effet, les chefs d’Etat d’Afrique Centrale, armés d’une prudence de sioux, ont brillé par leur absence remarquée. Sa réputation d’homme sans
parole, déstabilisateur des pays voisins (Cf : Quand Sassou Nguesso complotait contre le Président équato-guinéen Théodoro Obiang Nguema in
congo-liberty.com, 9 mars 2014), d’arrogant, de manipulateur, de poseur de chausse-trappes et de tricheur s’étend au-delà des frontières nationales. « On est plus souvent dupé par la défiance que par la confiance », écrivait le cardinal de Retz. En d’autres termes, mieux vaut un pari risqué qu’un repli qui laisse décider les autres. Car, in cauda venenum, il vaut mieux apprivoiser un serpent cobra que de placer sa confiance dans le cœur de Sassou Nguesso.

Le naïf colonel téké Marcel Ntsourou vient de l’apprendre à ses dépends. Sa peine de 5 ans de prison avec sursis prononcée à l’issue du procès de l’explosion du 4 mars 2012 a été transformée en prison ferme par la Cour suprême de Brazzaville. Suivant les règles de la procédure, la Cour suprême, plutôt que de « requalifier le sursis en prison ferme » , aurait dû simplement casser la décision et renvoyer l’affaire devant une autre juridiction ou la même composée d’autres magistrats, selon les règles de l’art que n’ignorent pas Aimé Emmanuel Yoka et Bienvenu Okiémi , les deux plus grands juristes du clan qui se sont comporté comme un « éléphant dans un magasin de porcelaines ». Si la Cour suprême a « révoqué le sursis » comme le soutient Aimé Emmanuel Yokale juriste conseil du clan, , cela voudrait-il dire que cette juridiction, qui n’en a du reste pas la compétence, aurait évoqué et jugé les faits qui ont conduit récemment à l’arrestation musclée de Ntsourou et que, sur cette base, elle a révoqué le sursis prononcé par les juges de fond ? (Cf Yoka et la cour suprême condamnent Ntsourou à la prison ferme, mwinda.org 18 mars 2014). Une décision prononcée par le vice-président de la Cour suprême qui disqualifie définitivement la justice du Congo-Brazzaville. Pour avoir statué en première instance sur le renvoi de l’affaire de l’explosion de la poudrière de Mpila devant la Cour d’appel du tribunal de grande instance de Brazzaville, le président Placide Lenga, malin comme un
vieux singe, a trouvé de bonnes raisons pour se débarrasser de la patate chaude refilant ainsi le « bébé » à son vice-président chargé de la sale besogne. Sassou Nguesso, Aimé Emmanuel Yoka et Bienvenu Okiémi ont sapé ainsi donc les fondements du droit du Congo-Brazzaville.

Lait sur le feu
L’ancien marxiste primitif qui défilait en uniforme militaire vert olive, foulard rouge enroulé au cou et pistolet accroché à la ceinture, est surveillé de près par les chancelleries africaines et occidentales, comme le lait sur le feu. Roulant des mécaniques dans la résolution de la crise centrafricaine dans laquelle il s’est auto-désigné médiateur et faisant pis que pendre aux chefs d’Etat de la sous-région de l’Afrique, Sassou Nguesso est-il un hâbleur (grandes promesses, slogans grandiloquents, piètres résultats) qui s’ obstine à attirer la lumière vers lui ? La manière dont le tsar d’Oyo utilise les deniers de l’Etat
pour soigner son image personnelle à l’international fournit un bel exemple de la façon dont la frontière entre l’intérêt général et abus peut être allégrement franchie. Sassou Nguesso qui vient d’accorder un crédit de 5 milliards de francs CFA à l’équipe de Catherine Samba-Panza en sus de 25 milliards de francs CFA lâchés à Michel Djotodia pour l’entretien des miliciens de la séléka a semé une belle pagaille entre la BEAC, le gouvernement d’André Nzapayéké et la MISCA . Cet imbroglio financier a eu pour source une incompréhension due au fait que, lors de la réunion des donateurs sur la Centrafrique, Sassou Nguesso, qui a pris un melon, avait parlé au nom des 10 pays membres de la Ceeac. Ce dernier avait annoncé au nom de la communauté une contribution de 100 millions de $ à raison de 10 millions de $ apportés par chaque État membre de la Ceeac. Les fonds réunis dans ce cadre seraient destinés à la Mission de soutien en Centrafrique (Misca). C’est précisément cette phrase qui a créé l’imbroglio entre la BEAC, le gouvernement Nzapayéké et la MISCA. A la grande satisfaction de Sassou Nguesso.

« Qui paie commande »
Les chefs d’Etat de la CEAC, au premier rang desquels figure Sassou Nguesso du Congo-Brazzaville, s’écharpent sur le nom du futur patron de la force de l’ONU. Agissant avec la délicatesse de la charge de division blindée, Sassou Nguesso a fait des propositions qui énerve encore plus. Fort de la diplomatie du pétrole inspirée par Vladmir Poutine, Sassou Nguesso, dont le pays dispose de réserves de plus de 3 000 milliards de francs CFA, revendique sans sourciller que le commandement de la force de l’ONU en RCA revienne impérativement à des officiers généraux qui connaissent bien le sol sur lequel ils feront manœuvrer leurs troupes et plus encore le peuple auquel ils devront porter secours, selon le postulat : « qui paie commande ». Pour Sassou Nguesso, qui ne s’embarrasse pas de scrupules, écrasant de son mépris les autres chefs d’Etat d’Afrique Centrale, c’est clair, la direction de la future force d’intervention en Centrafrique doit être confiée à un homme originaire du Bassin du Congo. L’allusion au général makoua du Congo-Brazzaville, Jean Marie Michel Mokoko, est à peine dissimulée, conformément à l’offensive de charme dirigée en direction du groupe ethnique akoua,
prélude à la modification de la Constitution de 2002, après l’arrestation/libération du colonel Germain Ickonga Akindou, dilapidateur de près de 490 millions de francs CFA destinés à la construction des soutes militaires. Avec Sassou Nguesso, Aimé Emmanuel Yoka, Bienvenu Okiémi, le PCT et les épigones du « chemin d’avenir », dans le domaine du droit comme celui des relations internationales, le Congo-Brazzaville a perdu la bataille de la respectabilité après celle de la crédibilité.


Benjamin BILOMBOT BITADYS

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Benjamin Bilombot Bitadys - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso Afrique Afrique centrale
27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 11:39
(Afrique/Esclavage) Les Africains sont-ils responsables de l'esclavage?

Les Africains sont-ils responsables de l’esclavage ?

L’argument classique des esclavagistes européens des 17e et 18e siècles, c’est que les responsables de la mise en esclavage des Africains seraient les Africains eux-mêmes.

Cet argument est couramment utilisé au XXIe siècle dans un but révisionniste, pour minimiser le préjudice causé aux Africains et à leurs descendants par la traite et l’esclavage racistes pratiqués par les Européens pendant quatre siècles.

Il a l’avantage d’opposer les descendants d’esclaves aux descendants de colonisés qui les auraient « vendus » et d’éviter toute revendication commune.

Pour prévenir toute contradiction avec le dogme chrétien, universaliste, qui accorde aux Africains la qualité d’hommes, les esclavagistes considéraient, ou feignaient de croire, avec une parfaite hypocrisie, que les Africains qu’ils embarquaient étaient déjà esclaves en Afrique.

C’est grâce à ce argument que Louis XIII, qui refusa dans un premier temps de donner son accord à la mise en place d’une politique esclavagiste de la France, finit par céder : on lui fit valoir que le transport d’Africains païens et déjà esclaves pouvait être un moyen de les convertir, puis de les libérer. C’était en quelque sorte une bonne action.

Voltaire a systématiquement utilisé le procédé de l’Africain esclavagiste.

« Nous n’achetons des esclaves domestiques que chez les nègres : on nous reproche ce commerce. Un peuple qui trafique de ses enfants est encore plus condamnable que l’acheteur. Le négoce démontre notre supériorité : celui qui se donne un maître était né pour en avoir. »

L’argumentation insupportable de Voltaire – qui ose soutenir que les Européens démontrent leur supériorité par l’esclavage – ne repose sur aucune vérité. La quasi-totalité des Africains déportés aux Antilles étaient des hommes, des femmes, des enfants libres, arrachés à leur village, capturés pour le compte des négriers européens.

Il était moralement plus acceptable et surtout plus rentable de déléguer les opérations de capture à des subordonnés locaux, à qui l’on fournissait des armes et à qui l’on accordait une rétribution sous forme de marchandises sans valeur ou de denrées avilissantes (l’alcool).

Parfois, le seul salaire des intermédiaires était d’éviter d’embarquer eux-mêmes dans le bateau négrier.

L’utilisation d’intermédiaires locaux était un gain de temps, car plus tôt un bateau négrier arrivant sur les côtes d’Afrique repartait vers les Antilles, moins il y avait à payer et à nourrir l’équipage, plus rentable était l’expédition.

Ces subordonnés n’étaient évidemment qu’une minorité travaillant pour le compte des négriers.

En ce sens, il est absurde et particulièrement malhonnête de faire porter, à tout un continent victime de la traite et de l’esclavage, la responsabilité d’un crime organisé depuis l’extérieur, sous prétexte que quelques collaborateurs auraient participé à ce crime.

La plupart des rois africains ont au contraire résisté autant qu’ils l’ont pu à la mise en esclavage de leur peuple. Mais les esclavagistes européens se sont attachés à favoriser des guerres intestines pour que ces résistants soient remplacés par collaborateurs des opérations de traite.

C’est bien évidemment la surveillance des opérations de traite, de capture et de déstabilisation du continent africain qui a légitimé l’établissement de « comptoirs » européens sur les côtes, qui disposaient de petites garnisons.

Certains « historiens », subventionnés et encouragés par les gouvernements européens, se sont attachés, au début du XXIe siècle, à minimiser le rôle de l’Europe dans la traite raciste organisée à partir du 15e siècle par l’Europe contre l’Afrique. Pour cela, reprenant l’argumentation traditionnelle des négriers, ils ont cherché à mettre en évidence une prétendue « traite africaine » qui aurait existé de toute éternité et ils ont cautionné ces élucubrations de leur autorité « scientifique ».

D’après les travaux d’historiens plus sérieux et plus honnêtes -notamment l’Américain Patrick Manning -tout porte à croire que la traite ne s’est développée en Afrique qu’à partir du 15e siècle, pour subvenir aux besoins des Européens qui ont bouleversé durablement la civilisation de tout un continent.

En ce sens, l’utilisation de collaborateurs pour les opérations de traite aux 17e et 18e siècles préludait aux politiques de déstabilisation consistant à mettre en place, à la tête des gouvernements africains, des hommes de paille ou à provoquer des coups d’État, procédés couramment utilisés à la fin du XXe et au début du XXIe siècle, malgré une décolonisation apparente, pour maintenir, à des fins bien entendu économiques, le continent africain sous la tutelle de l’Europe sous prétexte que l’Afrique ne serait pas mûre pour la démocratie et que les dirigeants seraient corrompus.

SOURCE : http://www.une-autre-histoire.org/les-africains-sont-ils-responsables-de-lesclavage2/

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18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 16:13
(Afrique/Congo-Brazzaville) Comment se débarrasse-t-on d'un dictateur ?

LES DICTATEURS SASSOU ET BOZIZÉ

Pour se débarrasser de son dictateur, la première règle est de ne compter que sur soi-même . Surtout, il ne faut pas croire que les Occidentaux voleront à votre secours . Faites d’abord le boulot, pas de France, ni sur Facebook, sur place, avec courage et l’esprit de sacrifice, c’est alors seulement qu’ils se souviendront de l’universalité des fameux «principes démocratiques».

En second lieu, il n’est pas nécessaire d’avoir un homme providentiel , bien souvent il vous décevra et s’accaparera le pouvoir à la première occasion. Lui préférer une révolution sans leader, sans autre visage que celui du peuple. Cela a pour mérite de rallier les militaires et d’attirer la curiosité de l’opinion internationale.

Troisième point, il faut savoir choisir soigneusement ses manifestants . Veillez à tenir à l’écart les religieux extrémistes , les politiciens opportunistes, les ralliés de la dernière heure et les anarchistes destructeurs. En revanche, une jeunesse qui ne craint pas les balles et les gaz lacrymogènes —périmés ou non—, est un atout indispensable. La composante féminine est encore plus utile. Elle ajoutera du crédit à votre projet, vous ralliera une part non négligeable de la population (les femmes sont majoritaires dans TOUS les pays sauf l’Inde), abaissera le niveau de violence potentielle, et à l’occasion, une manifestation de femmes aux sein nus vous procurera quelques photos inoubliables.

Quatrièmement, cultivez vos amitiés sur Facebook . Ce ne sont pas plusieurs centaines, ni plusieurs milliers, mais des millions d’amis que vous devez avoir. Deux millions de Tunisiens ont leur page Facebook … C’est la condition du succès: l’effet feu de brousse qui se transforme en un gigantesque incendie. Internet est votre meilleur ami et votre plus sûr allié. Le dictateur, même bien informé, ne sait pas encore comment contrer le Web.

Dès lors, vous devez veiller à documenter votre révolution en vous équipant de smartphones capables de filmer les manifestations ou la répression policière. Les Chinois fabriquent de faux iPhone à bas prix, on peut s’en procurer pour une somme raisonnable. Et puis, pour une fois au moins dans votre vie, vos films amateurs intéresseront un public plus large que votre cercle familial. Le quart d’heure de célébrité d’Andy Warhol est à portée de main…

Cinquièmement, trouvez un nom qui sonne bien pour votre révolution. Les fleurs (œillets, tulipe, jasmin ) ça commence à lasser. Les couleurs (rouge ou orange) ça n’est guère glamour. Au rayon des tissus, hormis le velours, on ne voit pas trop quoi choisir… Tweed, popeline, wax ou bazin… vous pouvez essayer mais le succès n’est pas garanti.

Dans le même ordre d’idée, un bon slogan vaut mieux qu’un long discours. « Ben Ali dégage! », simple et direct —bien qu’un peu sommaire— s’est révélé d’une efficacité redoutable. On peut certes le reproduire de pays en pays, mais vous devez faire preuve d’originalité; c’est à ce prix que votre révolution sortira du lot et sera médiatisée de par le monde.

Sixièmement, sachez retourner les policiers et les soldats . Après tout ce sont des hommes comme vous, des citoyens et des pères de famille. Beaucoup ont les mêmes problèmes quotidiens que vous. Ils habitent parfois la rue d’à côté. Profitez-en donc pour aller sonner à leur porte la nuit venue, et les convaincre —en insistant si nécessaire— de rejoindre les rangs de la révolte. Si certains sont réticents, essayez avec leurs enfants. Les fils de policiers ont sans doute des comptes familiaux à régler avec papa. Ils seront les premiers sur les barricades, à jeter des pierres.

Le septième point est le plus important en ce début de 21e siècle. Votre révolution doit être exemplaire afin de pouvoir s’exporter. Pas de pillage à grande échelle: on n’est pas en Grèce. Pas d’usage de déjections humaines ou animales: on n’est pas en Grande-Bretagne dans une manifestation d’étudiants en colère. Pas de lynchage systématique: on n’est pas au Pakistan.

En revanche, ayez quelques blogueurs lookés «sympa», à la Steve Jobs, patron cool, qui sauront s’adresser aux journalistes et poser devant les caméras. Autre façon de séduire, nommer rapidement un blogueur à un poste ministériel, d’où il tweetera pendant les Conseils des ministres. Accueillir à bras ouverts la presse étrangère, et se mettre dans la poche un grand réseau de télévision, de type Al-Jazeera ou CNN.

Huitième point, mettez la main sur le carnet d’adresses privé de votre dictateur . Il a probablement tout un réseau d’amis puissants venus d’Europe, d’Afrique ou d’Amérique: présidents, ministres, hommes d’affaires, intellectuels et artistes de renom. Il s’en trouvera bien quelques-uns qui auront passé des vacances dans vos hôtels de luxe, au frais du contribuable.

Plus ces personnalités seront puissantes dans leur pays et plus vos révélations provoqueront de scandale. L’objectif étant de faire culpabiliser les grandes puissances et de les amener à vous soutenir pour ne pas paraître complices. Au passage, vous aurez sans doute la satisfaction de voir quelques ministres étrangers démissionner piteusement en s’excusant d’avoir dégusté des bricks au thon dans l’avion privé d’un homme d’affaires proche du régime.

Neuvième point, c’est le moment de penser à culpabiliser la finance mondiale . Votre dictateur est d’abord un voleur et les banquiers du Nord sont ses complices . L’argent est quelque part dans des coffres étrangers, c’est le moment de le crier haut et fort et de réclamer son retour au pays. Vous aurez, de surcroît, l’immense plaisir de voir des banquiers cossus ou des dirigeants complices faire acte de contrition en public. Avec un peu de chance, il se trouvera un Suisse pour demander pardon. Soyez magnanime, n’exigez pas forcément la tête de votre dictateur, mais simplement son portefeuille, qui, après tout, est un peu le vôtre.

Dixième point . Si Dieu s’est reposé au septième jour, il n’est pas question pour vous de faire de même. Une fois le dictateur en fuite, la partie n’est pas pour autant terminée. Il vous reste encore beaucoup de travail pour gérer la transition et installer un nouveau pouvoir.

Une révolte, ce n’est pas si compliqué; mais une révolution c’est une entreprise de longue haleine. Gardez la tête froide.

Kidi Bebey et Alex Ndiaye

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Kidi Bebey et Alex Ndiaye - dans Afrique Afrique centrale Congo-Brazzaville Sassou Nguesso