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  • : Blog contre la corruption, la cupidité, l'avidité et la concussion (C.A.C.) au Congo-Brazzaville
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22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 11:35

Nous savons tous que l’eau est indispensable à la survie de tout l’écosystème, à savoir : la flore, la faune ainsi que toute l’humanité. La mauvaise gestion de l’eau peut devenir une source de conflits majeurs entre les États riverains et tous les éléments naturels qui partagent le fameux sésame.

En Afrique Centrale, Deux projets ont été approuvés afin de transférer les eaux du Bassin du Congo vers le Lac Tchad. Il s’agit du Projet Transaqua (approuvé le 5 Avril 2014 à Bologne-Italie) et le Projet Oubangui (approuvé le 11 Décembre 2015 à Paris-France).

Ces deux projets consistent à contruire deux barrages sur la rivière Kotto ( Ville de Bria) et la rivière l’Oubangui (Ville de Palambo) afin d’assurer le transfert d’eau par pompage ou par gravité vers le lac Tchad.

Les Villes de Bria et Palambo sont situées en République Centrafricaine. La rivière Kotto est l’un des affluents de l’Oubangui, qui elle-même est un affluent du Fleuve Congo.

Assistés par des partenaires africains, tels que Denis Sassou Nguesso, Joseph Kabila, Paul Biya, Idriss Debby etc… ; les promoteurs de ces projets ont basé la faisabilité des projets sur des théories que les experts en climatologie, hydrologie et géographie refusent de corroborer.

Les experts ont démontré que les eaux de la cuvette Sud du lac Tchad demeurent stables depuis plus de 30 ans et que la variation des eaux de la cuvette Nord est due au fait que cette cuvette fût créer par les humains.

Le bassin du Congo est d’une importance capitale :
1) Il représente le 2e poumon mondial après l’Amazonie;
2) Il constitue une réserve de carbone d’importance mondiale pour la régulation du gaz à effet de serre et le dioxyde de carbone;
3) Il assure la régulation du climat régional et local et atténuent l’écocide;
4) Il permet le recyclage de l’eau, critique pour une grande partie de l’Afrique et du Monde;
5) Il est riche en biodiversité

Les experts ont démontré que le transfert de l’eau du bassin du fleuve Congo vers le lac Tchad ne sera ni la solution pour le lac Tchad, mais plutôt aura des conséquences néfastes sur l’écosystème, la biodiversité et la vie des 100 millions des populations qui dépendent des eaux du bassin du fleuve Congo.

La décision de transférer des eaux du bassin du fleuve Congo vers le lac Tchad est centralisée sur des intérêts politiques par lesquels les dictateurs d’Afrique centrales (Denis Sassou Nguesso, Joseph Kabila, Paul Biya, Idriss Debby etc) ont donné leurs accords afin de satisfaire leurs maîtres, qui les maintiendront infiniment au pouvoir.

Si jamais le lac Tchad présenterait un rétrécissement de superficie, il serait nécessaire d’Appliquer le principe du “Pollueur-Payeur” déjà bien utilisé en occident, c’est-à-dire les pays riverains du lac Tchad devraient d’abord trouver la solution au niveau local , au lieu de les chercher ailleurs.

La meilleure solution serait de financer le projet de désalination de l’eau de l’Océan Atlantique au large du port maritime de Douala (Cameroun) , l’un des pays riverains du Lac Tchad (situé à une distance d’environ 1700 km) pour l’acheminer par pipeline au lac. Ceci serait la solution la plus constante.

Cette solution permettrait :

1) de ne pas créer une catastrophe au niveau du bassin du Congo,
2) d’éviter la création des zones où les groupes armés régneront en maîtres afin de contrôler l’eau,
3) de prévenir les conflits liés à la gestion des terres riches en eau et propices aux activités d’agriculture et l’élevage à grande échelle.

Finalement, nous proposons que des projets de telle ampleur puissent faire l’objet du vote référendaire afin d’informer les populations concernées et qui décideront de leur propre future.

Nous attirons l’attention des dictateurs Denis Sassou Nguesso, Joseph Kabila, Paul Biya et Idriss Debby. Les eaux du Bassin du Congo ne sont pas les barils du pétrole que vous aviez l’habitude d’hypothéquer et que 200 Millions des populations dépendront de ces eaux en 2050.

LIRE LA SUITE :
https://www.youtube.com/watch?v=r_V-404ldxc&feature=youtu.be

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NOTRE COMMENTAIRE :

Si ce projet voit le jour, le fleuve Congo perdra son débit de 2ème Fleuve du monde. Ensuite, les villes de Dongou, Epena, Impfondo au nord de la République du Congo, accessibles uniquement par voie navigable, ne pourront plus être accessibles, la zone étant marécageuse et qu'aucune possibilité routière n'est envisageable. Nous attirons donc l'attention des populations de ces régions de faire prendre conscience au clan des Sassou & Nguesso sur les risques que leur fera encourir ce projet.

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15 juillet 2016 5 15 /07 /juillet /2016 10:38
Afrique/Congo-Brazzaville : Histoire, économie, politique

1998-2001

C'est depuis 1998 que Modeste Boukadia parle de créer un Gouvernement d'Union National regroupant toutes les tendances politiques du Congo pour que tous travaillent ensemble a l'Unité du Congo. Merci de lire cet article du Monde Diplomatique publie en 2001 expliquant la démarche originale de Modeste Boukadia http://afriquepluriel.ruwenzori.net/congo-d.htm


ARTICLES EXTRAITS DE LA PRESSE INTERNATIONALE

1992
Un des premiers pays d'Afrique à avoir tenu une conférence nationale, le Congo, entame ce mois-ci une nouvelle étape de sa transition démocratique, avec l'élection d'un nouveau président de la République. Mais les illusions des premiers mois ont disparu, laissant libre cours au désenchantement; certains dénoncent déjà la renaissance d'un discours tribaliste et régionaliste. Cette vision ethnique des luttes en cours est-elle pertinente, ou reflète-t-elle la difficulté à rompre avec les vieux schémas issus de la colonisation?

Commencé au début de l'année 1991, avec la tenue d'une conférence nationale souveraine, la première étape de la démocratisation au Congo s'achève ce mois-ci par l'élection du président de la République. En mai, juin et juillet se sont déroulés deux scrutins, l'un municipal, l'autre législatif, qui ont vu s'affirmer des partis et associations politiques à forte coloration ethnique. Les vraies questions liées à l'indépendance économique du pays et à la maîtrise de ses ressources pétrolières sont occultées par une classe politique davantage préoccupée par son destin que de l'avenir d'un Congo parvenu au bord du gouffre avec une dette extérieure avoisinant les 1 500 milliards de francs CFA (1). Si le règne sans partage du Parti congolais du travail (PCT) qui avait été créé en 1969 et avait voulu engager le pays sur la voie du marxisme-léninisme semble s'achever, toutes les hypothèses restent envisageables, d'un nouveau départ à la restauration sous une forme aménagée de l'ancien régime (2).

Le vide politique favorise une présentation simplifiée des luttes en cours: Nordistes et Sudistes s'affronteraient pour le pouvoir. Un même schéma est souvent appliqué aux autres pays du continent: en Centrafrique, les peuples riverains de l'Oubangui s'opposeraient à ceux de la forêt et de la savane, tandis qu'au Rwanda irréductible serait l'antagonisme entre les Tutsi et les Hutu. Aussi séduisante qu'elle soit, cette grille de lecture conduit à masquer les enjeux des conflits. Et d'abord parce que dresser une carte ethnodémographique du Congo relève d'une véritable gageure.

Les spécialistes qui s'y sont employés ont abouti à des résultats sensiblement différents, faute de recourir aux mêmes modalités de classement. Selon qu'on rattache certaines communautés à des ensembles plus vastes ou qu'on les appréhende comme des groupes à part entière, le paysage se modifie profondément. De plus, les observateurs ont souvent eu tendance à voir dans les particularismes tribaux une persistance de comportements hérités de l'époque coloniale et qu'il s'agirait d'éradiquer au nom d'une unité nationale imposée comme un dogme (3).

Ainsi, s'inscrivant dans un courant progressiste à coloration marxiste, les écrivains Henri Lopes, dans Tribaliques (4), et Jean-Baptiste Lati-Loutard, dans Chroniques congolaises (5), dénonçaient les survivances du passé et s'attachaient à définir une personnalité congolaise en prise avec le monde moderne. Au nom d'une "mission historique de la classe ouvrière", les marxistes combattaient des pratiques pourtant inséparables d'une identité culturelle qu'ils déclaraient, à chacun des congrès du PCT, vouloir préserver.

A contre-courant de bien des interprétations, un chercheur, Marie Eliou, montra dès 1977 comment la conception de l'éducation au Congo pouvait constituer un frein à l'affirmation de la conscience nationale (6). Pointant l'inadéquation d'une structure "qui implique l'abandon sinon le mépris de la culture et des valeurs autochtones", Marie Eliou soulignait le paradoxe d'un système dans lequel "la fierté d'être congolais voisine avec une sorte de regret de n'être pas français".

Il ne faut pas non plus oublier que les catégories mêmes d'ethnie et de tribu découlent d'une conception coloniale de l'histoire qui recensait les peuples en les abaissant. Sur les premiers papiers d'identité était mentionnée "la race", ce terme étant employé pour tribu. Chaque monographie établie sur un groupe vérifiait dans l'esprit du colonisateur la supériorité des sociétés étatiques et de l'Etat-nation sur les autres formes d'organisation de la société.

Ces approches renvoyaient aussi à un passé hypothétique dans lequel les ethnies apparaissaient comme des entités figées, jamais comme des groupes sociaux en devenir. Or cette société traditionnelle n'a jamais existé: au contraire, les collectivités précoloniales, affectées par de grandes migrations et un incessant brassage, s'imbriquaient dans une "chaîne de sociétés" et connaissaient un flux continuel d'échanges (7).

Ces réserves ne conduisent pas à nier l'importance de la question ethnique au Congo. Mais l'histoire ne se contente pas de reproduire d'anciennes querelles, et le tribalisme se développe contradictoirement à partir des revendications des populations en butte à la construction d'un Etat centralisateur et niveleur. On peut donc distinguer une conscience ethnique spontanée, liée au sentiment d'appartenir à une communauté linguistique, historique et culturelle, et le nouveau tribalisme politique qui, tout en se drapant dans les plis de la tradition, se nourrit des frustrations engendrées par une modernité économique et sociale renforçant les inégalités entre les individus, les peuples et les régions.

"Un syndicat de dictateurs"

De nombreux intellectuels sont réticents à adopter un vocabulaire qui avalise, sous couvert de scientificité, les clichés les plus éculés de la pensée coloniale. "Dans le discours politique, note l'écrivain Tchichelle Tchivela (8), lorsqu'on parle de tribalisme, c'est généralement pour dénoncer des attitudes jugées rétrogrades et qui tendent à favoriser les seuls membres d'une tribu au détriment des autres ressortissants du pays." Il préfère le terme d'ethnie, "moins péjoratif et moins connoté", mais il estime que les maux du Congo ne sont pas imputables à une rivalité ethnique mais à un régionalisme apparu au lendemain de la seconde guerre mondiale quand ses concitoyens ont obtenu le droit d'élire leurs représentants: "La concurrence entre les divers partis a durablement cristallisé l'opposition entre Nordistes et Sudistes. Les conflits auxquels nous assistons aujourd'hui plongent leurs racines dans ce passé récent." En 1958, le Congo devient autonome au sein de la Communauté française sous la direction de l'abbé Fulbert Youlou, un Lari, avant d'accéder le 15 août 1960 à l'indépendance. De violents affrontements entre ses partisans et ceux de son rival Jacques Opangault en février 1959 laisseront de profondes blessures.

Romancier et dramaturge, Sony Labou Tansi pense pour sa part que tout s'est joué en amont, avec l'intrusion des Européens et de la colonisation. Il récuse la pertinence des frontières qui ont taillé dans le vif des cultures: "L'effondrement du mur de Berlin a réjoui la planète. Mais n'oubliez pas que, en 1885, à Berlin (9), on a érigé d'autres murs, au coeur de l'Afrique." Sony Labou Tansi ne nie pas les responsabilités des régimes dans l'atomisation des peuples: "Ces barrières, les années 60 les ont consolidées. L'ethnisation des nations du Kongo a été favorisée par le manque d'audace de l'Organisation de l'unité africaine, qui s'est comportée comme un syndicat de dirigeants, voire de dictateurs."

Depuis lors, le fleuve Congo - frontière entre le Congo et le Zaïre - sépare des peuples que tout rapproche. En distribuant des cartes d'identité à des communautés qui n'avaient jamais cru changer de contrée en passant d'une rive à l'autre, les pouvoirs successifs ont voulu les enrégimenter, les dresser les unes contre les autres. Pourtant, le chauvinisme entretenu et exploité par les politiques ne doit pas faire illusion. La fibre patriotique peut certes vibrer le temps d'une compétition sportive, les réalités du quotidien tempèrent ces enthousiasmes.

Pour peu qu'il parle le kikongo, un Congolais de la région du Pool - celle de Brazzaville - peut dialoguer avec un ressortissant du nord de l'Angola ou du Bas-Zaïre. Et sur le plateau des Cataractes, là où le tracé de la frontière entre Congo et Zaïre est purement arbitraire, les parents scolarisent moins leurs enfants en fonction de leur nationalité que par rapport à la distance qui sépare l'école du village. De même, au-delà de Mossaka, les pêcheurs du Congo et de l'Oubangui ne se préoccupent pas des limites territoriales.

Quant au spectacle offert par les débarcadères de Kinshasa ou de Brazzaville, il est de nature à relativiser la fierté d'être né sur l'une ou l'autre rive du Congo: des deux côtés, on y entasse sans ménagement, sur des barges antédiluviennes, des grappes humaines vouées aux mêmes vexations. Cette commune infortune, conjuguée à des conditions d'existence similaires, détermine des solidarités bien plus fortes que la raison des gouvernements.

Le rêve de Sony Labou Tansi est au diapason du Congo profond, de la persévérance de peuples qui refusent d'être dessaisis de leur histoire. Il prolonge la vision d'un Congo des deux rives chère à l'écrivain et dramaturge Tchicaya U Tam'si (10). Pour autant, Sony ne prêche aucun séparatisme, ne revendique aucune hégémonie pour les siens. Sa conviction est que, un jour ou l'autre, les Africains sauront inventer des formes nouvelles de communication transcendant les Etats actuels: "Ce que l'économie semble édicter, les hommes sauront demain l'expérimenter."

Le Congo n'est pas une entité incréée; on ne peut renforcer son unité en gommant tout ce que la mémoire collective a conservé depuis des siècles. Malheureusement, l'Etat a avivé les tensions en favorisant l'emploi du lingala (qu'aucun groupe ethnique congolais n'a pour langue maternelle) et du munukutuba (qui est un créole) en leur accordant statut de "langues nationales"; à terme, l'un des deux devrait devenir "langue officielle". C'est surtout au lingala qu'on a, de manière feutrée, donné la primauté: dans la présentation des journaux parlés et télévisés, dans la traduction d'ouvrages français, dans les discours destinés "aux masses", etc. Cette prépondérance a été facilitée par la prégnance de la musique du Congo-Zaïre, diffusée principalement dans cette langue.

Cette volonté de légiférer au détriment des pratiques des populations a été dénoncée encore récemment par la Semaine africaine, l'hebdomadaire publié par la Conférence épiscopale: "N'a-t-on pas un moment, sur l'audiovisuel d'Etat, interdit par exemple la diffusion d'oeuvres musicales composées en langues maternelles? Etait-elle différente, la logique coloniale consistant à dépouiller un groupe humain de sa culture, de sa mémoire, de sa fierté (11)?"

Parce que les différences ne menacent pas forcément la nation, il aurait fallu respecter la part prise par chacun dans l'histoire. Un effort d'objectivité exigerait d'admettre, par exemple, que les Kongo-Lari ont été au premier rang de la lutte contre l'administration coloniale. A bien des égards, on n'a commencé à se sentir congolais (et non plus kongo, vili, bembe, teke ou m'bochi) qu'à partir du moment où cette résistance s'est développée. Cette vitalité du groupe kongo-lari apparaît comme celle d'un rameau ethnique qui a, plus que les autres, su défendre son être communautaire. Mais la peur qu'il inspire - on le soupçonne de visées hégémoniques - est utilisée et manipulée: "Le tribalisme dénoncé au Congo a toujours été le tribalisme de l'autre", note Jean-Pierre Thystère-Tchicaya, un des principaux animateurs des forces démocratiques. Le sociologue Henri Ossebi ne dit pas autre chose quand il analyse le discours du PCT sur la question: "Le brouillage opère à la fois par défaut et par excès. Dans le premier cas, il prend l'allure d'une dénégation: à aucun moment le discours officiel ne désigne les détenteurs du pouvoir comme acteurs"tribalistes"ou"régionalistes". Ce sont toujours les autres, dans une"langue de bois"qui fonctionne en permanence à l'exclusion et à l'accusation. Dans le second cas, il consiste à voir partout, dans tout conflit ou toute prétention concurrente, la figure de l'"ethnie"ou de la région (12)."

Responsable de la faillite: le régionalisme

Pour vivre ensemble et exorciser tout esprit tribal, il convient de laisser chaque communauté libre de pratiquer sa langue et d'honorer ses traditions. Mais les indépendances ont tourné le dos à ces principes, et les couches dirigeantes ont tenté de consolider la nation en interdisant toute référence à la diversité ethnique. Dans le même temps où elles géraient l'appareil d'Etat et les finances publiques comme ceux d'un "petit village", elles niaient l'être pluriel des populations sous leur autorité.

Comme ailleurs sur le continent, le pouvoir politique au Congo a tenté d'asseoir sa légitimité en recourant au clientélisme. Il a allié un népotisme régional - une place prépondérante réservée aux Nordistes dans l'administration et les entreprises - à une gestion démagogique de l'administration faisant de l'ensemble des fonctionnaires, toutes ethnies confondues, sa base sociale. Ce que les Congolais synthétisent par cette formule: "Payer régulièrement les salaires des fonctionnaires, c'est assurer la pérennité du gouvernement."

Pour le sociologue Côme Mankassa, ce fonctionnement renvoie à une tare congénitale. Le système lignager imprime encore sa marque sur la vie sociale: quand on est m'bochi comme le président de la République "on a l'impression de gouverner, de participer directement au pouvoir". "Si le Congo est en faillite, ajoute-t-il, il le doit au régionalisme. L'unité nationale doit être regardée non comme une donnée mais comme un devenir."

Avec le début de la démocratisation en 1991, le débat s'est brusquement infléchi. Ayant le sentiment d'être les laissés-pour-compte de la vie politique, certains ont réclamé le pouvoir pour leur région. Ils ont ainsi rejoint les tenants de l'ancien régime, effrayés par la perspective d'une longue traversée du désert, ont dénoncé chez leurs adversaires les plus décidés originaires du Pool une tendance au tribalisme, à l'intégrisme et à l'esprit de revanche. Cette prévention à l'endroit des forces déterminées à rompre avec le passé a incontestablement fait diversion, dissimulant les véritables enjeux du moment, ceux qui touchent à l'indépendance économique du pays.

Notes:
(1) 1 FCFA = 0,02 franc français.
(2) Lire Jean-Michel Devésa, "Dans le jardin privé de la littérature congolaise", le Monde diplomatique, octobre 1991. On y trouvera une liste des plus grands écrivains congolais et de leurs oeuvres.
(3) Sur le débat Etat, nation, ethnies, lire Michel Cahen, "Ce que l'Afrique noire pourrait apprendre à l'Europe", le Monde diplomatique, juillet 1992.
(4) Editions Cle, Yaoundé, 1971.
(5) L'Harmattan (Fonds Oswald), Paris, 1978.
(6) La Formation de la conscience nationale en République populaire du Congo, Anthropos, Paris, 1977.
(7) Jean-Loup Amselle et Elikia M'Bokolo, Au coeur de l'ethnie, ethnies, tribalisme et Etat en Afrique, La Découverte, Paris, 1985.
(8) Auteur de l'Exil ou la Tombe, Présence africaine, Paris, 1986.
(9) C'est au congrès de Berlin, en 1885, que les grandes puissances européennes décidèrent du partage de l'Afrique.
(10) Lire "Les origines sacrées de notre théâtre", le Monde diplomatique, décembre 1987.
(11) I'boto, "Top-média: les intégristes arrivent!", la Semaine africaine, Brazzaville, 13-19 février 1992.
(12) "Etat et ethnie au Congo: nouvelles situations, vieux démons", Revue de l'Institut de sociologie, n° 3-4, 1988, Bruxelles.

Processus démocratique
A l’instar de nombreux pays africains, le Congo connaît à partir de 1990, une vague de mouvement revendiquant la démocratie. Dans cette République populaire qui se réclamait alors de l’idéologie marxiste-léniniste, les bouleversements sur la scène internationale et un contexte économique interne difficile, ont stimulé la multiplication des grèves, des revendications estudiantines ainsi que l’apparition d’une opposition qui réclame une conférence nationale et le départ du Président Denis Sassou Ngesso.

Le comité central du Parti congolais du travail (PCT) se prononce en faveur du multipartisme au début du mois de juillet, mais la révision de la Constitution dans ce sens n’intervient qu’en décembre. Le PCT renonce à l’idéologie marxiste et à son rôle dirigeant. Plusieurs formations politiques sont alors reconnues. Le Président Denis Sassou Nguesso annonce finalement la tenue d’une conférence nationale lors de sa présentation des voeux du nouvel an à la nation.

Le 25 février 1991, la Conférence nationale congolaise s'ouvre à Brazzaville. Elle va durer 3 mois, jusqu'au 10 juin 1991. Elle sera présidée par Monseigneur Ernest Kombo, évêque d'Owando. Elle a pour " mission essentielle de redéfinir les valeurs fondamentales de la nation et de créer les conditions d'un consensus national en vue de l'instauration d'un Etat de Droit ". Cette institution regroupe les membres des partis déclarés, des associations indépendantes, des organisations non gouvernementales et confessionnelles, soit environ 1 200 délégués. La Conférence proclame sa souveraineté et adopte un Acte fondamental suspendant la Constitution de 1979 ainsi qu’une Charte des Droits et Libertés.

La Conférence met en place trois organes : la présidence de la République, assurée par Denis Sassou Nguesso qui reste à son poste mais se voit retirer certaines de ses prérogatives, le gouvernement de transition avec à sa tête le Premier ministre André Milongo, ancien administrateur à la Banque Mondiale, le Conseil supérieur de la République (CSR), présidé par Mgr Kombo et composé de 153 membres, représentants les différents groupes présents lors de la Conférence nationale. Il doit s'assurer de l'exécution des décisions prises pendant la Conférence, suppléer l'absence du Parlement et faire voter les lois.

La transition congolaise est marquée dès le départ par de nombreux ratés tels que l'affrontement, en septembre 1991, entre le gouvernement et la Confédération syndicale congolaise qui s'oppose au plan de restructuration des entreprises et de la fonction publique. Des tentatives de coups d'Etat, contre André Milongo lors de son voyage aux Etats-Unis en décembre 1991 et contre Denis Sassou Ngesso, en janvier 1992 sont à noter. Le mois de janvier 1992 est aussi marqué par un remaniement ministériel dû à une crise politico-militaire. C'est enfin sur fond d'ethno-régionalisme et de relations conflictuelles entre le gouvernement de transition et les groupes pétroliers Elf et Agip que se déroule la transition.

Le 15 mars 1992, un référendum a lieu, aboutissant à l’adoption de la Constitution de la quatrième République avec 96,3 % des suffrages. Les mois d'avril et de mai sont marqués par de nombreuses grèves et un conflit entre le gouvernement et le CSR. En mai, les élections municipales confirment l'effondrement du PCT qui conteste le scrutin face à la montée de nouveaux partis, notamment le Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral (MCDDI) de Bernard Kolélas et l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS) de Pascal Lissouba. Le premier tour des élections législatives confirme ces tendances avec toujours les protestations de l’ancien parti unique. Le 19 juillet 1992, c'est le deuxième tour des législatives ; il est couronné par le succès de l’UPADS qui obtient 39 des 125 sièges contre 29 pour le MCDDI et 18 pour le PCT, le reste des sièges revenant à de nombreux autres partis. La contestation est toujours de rigueur. Les élections sénatoriales du 26 juillet confirment la même tendance.

Aux élections des 2 et 16 août 1992, Pascal Lissouba est élu Président de la République avec 61,3 % des voix. Mais même si elle est menée à son terme, la transition démocratique au Congo aura été très mouvementée, tout comme le nouveau mandat de Lissouba sera marqué par de nombreuses crises. Fin octobre, c'est le renversement du gouvernement Bongo-Nouarra, suivi, le 17 novembre par la dissolution de l'Assemblée nationale, dissolution déclarée illégale par l’opposition. En juin 1993, celle-ci boycotte le deuxième tour des législatives, n’ayant pas reconnu les résultats du premier tour tenu le 2 mai. S'en suivent des émeutes et l'annulation de ce tour des élections. En juillet, l'état d'urgence est décrété à la suite des affrontements entre milices, marquant le début du cycle des guerres civiles.

La médiation du Président gabonais Omar Bongo permet d’organiser à nouveau un deuxième tour, encore contesté, conduisant une fois de plus à la reprise des affrontements armés. La fin de l’année 1993 et le début de l’année 1994 sont marqués par la guerre malgré l’arbitrage d’un collège international de juristes sur les élections. L’année 1995 voit de nombreuses dissensions apparaître dans la mouvance présidentielle. L’opposition semble se revigorer. Le gouvernement est ouvert à quelques opposants et les deux parties signent en décembre un pacte de paix prévoyant le désarmement des milices. Mais la stabilité n’est décidément pas au rendez-vous car, dès le début de l’année 1996, des mutineries ont lieu dans l’armée.

Avec le retour de Denis Sassou Ngesso à Brazzaville en janvier 1997 dans la perspective de la présidentielle de juillet, les affrontements se multiplient entre ses milices " Cobras ", les " Ninjas " de Bernard Kolélas, maire de Brazzaville et les " Zoulous " du Président Lissouba. La guerre civile devient générale à partir de juin 1997 lorsque la résidence de Sassou Ngesso est attaquée. Après quatre mois et demi de guerre civile, les forces fidèles à ce dernier prennent Brazzaville en octobre, aidées par le troupes angolaises. L’élection présidentielle prévue pour les mois de juillet et août n’a pu se tenir et le général Sassou Ngesso est investi des charges présidentielles. Un forum tenu en janvier 1998 a fixé la période de transition à trois années au terme desquelles, en l’an 2000, doivent se tenir des élections générales.

La victoire militaire de Sassou Ngesso n’a pas pour autant ramené la stabilité politique. L’opposition se fait entendre de l’extérieur par la voix de l’ancien Président Lissouba, exilé en Grande-Bretagne, et celle de Bernard Kolélas, exilé aux Etats-Unis entre autres. Les milices fidèles à ce dernier mènent une guérilla sur fond ethno-régional dans le Pool, région qui comprend la capitale. En décembre 1998, ils ont tenté de renverser Sassou Ngesso, absent du pays. Cette action s’est soldée par une contre-offensive à l’arme lourde dans les quartiers sud de Brazzaville avec un coût en vies humaines des plus élevés et une exacerbation des tensions ethniques. Le Congo reste un pays dévasté, où la réconciliation sera difficile à obtenir. Le processus de démocratisation est avant tout subordonné à une paix qui n’est pas encore d’actualité, comme on a pu le vérifier encore avec les attaques des " Ninjas " de Bernard Kolélas, suivies d’une contre offensive de l’armée en mai 1999.

JUILLET 1999

Pour sortir de cette tragique impasse par une approche novatrice de la situation, des voix de plus en plus nombreuses s'élèvent. Ainsi, le 19 juin, un colloque organisé par le Club des Amis du Congo-Brazzaville s'est tenu à Paris. Son thème: Le Congo-Brazzaville, enjeux géopolitiques, démocratie et développement. Des universitaires, des politologues, des membres d'association et des Congolais de toutes obédiences ont échangé leurs points de vue, loin de tous les conformismes.
Ouvertement, dans le concert congolais, une autre démarche atypique, celle de Modeste Boukadia-Loutaya, Président du Cercle des Démocrates et Républicains du Congo-Brazzaville (CDRC), une association dont la création remonte au 18 août 1992. Dans la jungle qu'est devenue aujourd'hui la vie politique congolaise, où l'ostracisme a figé les positions, le CDRC se révèle une force de proposition, loin des sentiers battus, faisant preuve d'un effort d'imagination qui va dans le sens d'un renouvellement du discours et de la classe politique. « Sous prétexte de défendre ou de protéger la démocratie et l'unité nationale, la classe politique traditionnelle et partisane entretient sciemment l'insécurité, l'instabilité et la terreur dans le pays par des querelles de personnes. »
Le CDRC pose des questions de fond: le gouvernement actuel issu d'un putsch militaire n'a, à ce jour, aucune légitimité. Comment négocier avec un tel gouvernement ? Faut-il demander au Président renversé et en exil, alors que son mandat officiel a pris fin en août 1997, de restaurer un gouvernement provisoire, avec pour mission d'organiser immédiatement des élections présidentielles ?

Le CDRC propose à la classe politique, aux syndicats, à la société civile, un modus vivendi ou une convention pour un contrat de confiance, qui ne devra ni juger ni condamner, mais doit simplement exprimer la volonté de négociation, de dialogue. Ce contrat ne pourra avoir de signification que si certaines conditions préliminaires sont réalisées.
Créer les conditions de la démocratie et de l'unité nationale
Au plan de la sécurité : signature d'un accord de cessez-le-feu accompagné du retrait de toutes les troupes étrangères et du déploiement d'une force d'interposition internationale de maintien de la paix sous la responsabilité de l'OUA et de l'Onu.

Au plan politique: instauration d'une période de transition de trois ans, nomination d'un Premier ministre civil, chef de gouvernement et constitution d'un Gouvernement de transition dont les missions seront définies par les signataires du modus vivendi. Avec à l'issue de la transition, l'organisation d'élections générales (municipales, législatives, régionales et présidentielles).

Au plan institutionnel: abrogation de l'acte fondamental de 1997 et réhabilitation de la constitution du 15 mars 1992 ; adoption d'une ordonnance constitutionnelle portant création d'un Conseil d'Etat de transition, assumant les fonctions de Président de la République; création d'une commission électorale indépendante et institution d'un organe de régulation de la presse et des médias audiovisuels.

Au plan économique: redéfinition du statut du Trésor public qui doit jouer le rôle d'une banque de la nation et mise sur pied d'une holding financière dans le rôle d'une banque de commerce extérieur pour lancer la politique des grands travaux de reconstruction.
Des propositions qui ont le mérite de la cohérence, même si certaines d'entre elles pêchent par idéalisme. Car il est bien évident que le pouvoir de Sassou Nguesso, engagé dans une fuite en avant éperdue, ne se laissera pas émouvoir par de bons sentiments. Reste donc à trouver les moyens de lui faire entendre raison. C'est là où le rôle de l'opinion internationale devient primordial. .

AOUT 1999

La guerre qui se poursuit au Congo-Brazzaville depuis neuf mois donne lieu aux excès les plus inhumains. Il est patent que toutes les milices qui s'affrontent portent de lourdes responsabilités. Les partisans de l'actuel chef de l'Etat ont, autant que ceux de l'opposition, commis des viols et des pillages, et massacré des milliers de civils. Au point où en est le Congo-Brazzaville, il est plus qu'urgent d'élucider les raisons pour lesquelles la «classe politique» de ce pays s'est muée en une thanatocratie.
D'aucuns prétendent que les événements récents sont les effets d'une longue tradition «tribaliste» : les «Nordistes» et les «Sudistes» (sic) ne pourraient vivre ensemble et seraient condamnés à s'affronter. C'est méconnaître une histoire multiséculaire. Il suffit de lire Georges Balandier, Luc de Heusch ou Jan Vansins pour comprendre que l'Afrique centrale est, depuis près de mille ans, un espace au sein duquel des forces ou des formations de tous types ont pris naissance ou se sont effondrées. Certaines de ces forces ou de ces formations ont érigé les fameux royaumes ou «Etats de la savane». Le royaume du Kongo et le royaume Téké ne sont que quelques exemples de cette dynamique. Dans d'autres cas, des structures d'une autre nature ont vu le jour, entretenant d'autres rapports avec les phénomènes de territorialisation et avec les modèles de l'autorité ou de la cité. Les événements actuels restent marqués par ces processus. Mais l'on ne peut se contenter de renvoyer à ce passé pour comprendre les mutations qui affectent l'Afrique centrale et le Congo-Brazzaville en particulier.

Impact de la colonisation

On a du mal à imaginer ce que la colonisation a pu induire en Afrique. Les systèmes mis en place par les puissances européennes ont accéléré la dégradation, la destruction et la désintégration de véritables structures anthropologiques. Cependant, l'on ne peut imputer à la colonisation seule la responsabilité de tout ce qui advient. D'autres mouvements ont poursuivi une œuvre de déshumanisation dans le cadre des luttes anticoloniales, puis après l'obtention des indépendances. Les factions qui se défient ou se combattent actuellement au Congo-Brazzaville ont longtemps instrumentalisé des rhétoriques simplifiées à l'extrême. Si Bernard Kolebas (principal dirigeant de l'opposition) et ses Ninjas abusent d'une rhétorique messianique excellemment étudiée par Martial Sinda, Denis Sassou Nguesso (l'ex et actuel chef de l'Etat) et ses Cobras ne seraient pas ce qu'ils sont sans cette rhétorique révolutionnaire qui n'a été qu'une arme pour la prise du pouvoir et l'instauration d'un système de terreur.

«Tribalisme» et «révolution»

Pour les aveugles et les demi-savants, le fait que Kolebas soit du Sud et Sassou Nguesso du Nord prouve que le «tribalisme» continue à faire des ravages. Mais ces aveugles et ces demi-savants occulteront, du coup, une autre dimension de l'histoire congolaise. Au Congo-Brazzaville, l'antitribalisme occupe, depuis des décennies, une place de choix. Si longue est la liste des proclamations antitribalistes égrenées par les politiques de ce pays que beaucoup ne parviennent toujours pas à comprendre pourquoi l'Etat-nation n'a pu ni y être consolidé, ni y voir le jour. En fait, la thématique antitribaliste n'a été massivement utilisée, après 1968, que pour contrer un messianisme d'autant plus menaçant qu'il mettait en cause le partage colonial des frontières, et perpétuait un idéal théologico-politique propre aux populations kongo vivant en Angola, dans l'actuelle République démocratique du Congo (RDC) et au Congo-Brazzaville. Mais le projet révolutionnaire, réduit par le Parti congolais du travail (PCT, ex-parti unique) au rang d'un outil démagogique, n'a été qu'un échec. En quelques décennies, ce parti a transformé le Congo en un champ de bataille où des bureaucrates et des militaires incultes et véreux sévissaient sans vergogne.

Le faux espoir de 1992

Après la Conférence nationale, et l'élection de Pascal Lissouba à la présidence, en 1992, certains croyaient qu'un tournant s'était produit. Il a vite fallu déchanter : en 1993-1994, peu après l'élection de Lissouba, ses partisans, grisés par la victoire, se sont empressés d'affronter les partisans de Kobelas dans une nouvelle escalade autodestructrice. Jusqu'en 1997, les milices congolaises se sont acharnées à restaurer des rites sacrificiels datant d'un autre âge. Parallèlement, le déclin de l'Etat a poursuivi son cours. L'«après-culture» (George Steiner) a accru son emprise, métamorphosant implacablement une jeunesse d'autant plus manipulable qu'elle avait, depuis belle lurette, perdu l'essentiel de ses repères.

L'instabilité institutionnelle et les déséquilibres interrégionaux s'aggravant, Sassou Nguesso a su, comme lors de sa première prise de pouvoir en février 1979, tirer profit du déchaînement des énergies guerrières et a passé une alliance avec des puissances farouchement opposées au projet messianique incarné par Kobelas. Ces puissances n'ont fait qu'une bouchée d'un Lissouba dont l'arrogance ou l'inconstance et l'impéritie se paraient d'un sabir technoscientifique. L'histoire congolaise s'étant mise à bégayer, les anciens membres du PCT, revenants skakespearo-wagnériens soutenus par l'armée congolaise, pouvaient s'emparer des principaux rôles d'un drame qui n'a pas encore pris fin.

Si plusieurs organisations des droits de l'homme ont déjà publié des rapports accablants sur les crimes commis dans la capitale congolaise lors de la «guerre des milices» de 1997, seule une commission d'enquête internationale éclairera l'ensemble de la communauté mondiale sur les événements survenus depuis décembre 1998, à Brazzaville dans les quartiers de Bacongo et Makélékélé et dans les régions opposées au retour de Sassou Nguesso au pouvoir.

Dans une série d'interviews accordées dernièrement, l'actuel chef de l'Etat n'a cessé de mettre sur le compte de l'opposition tous les massacres commis au Congo-Brazzaville. Le fait d'exiger qu'une commission d'enquête internationale se rende dans toutes les régions martyrisées par la guerre ne revient nullement à faire le jeu de l'opposition. C'est, au contraire, travailler en vue de la création de nouvelles conditions favorisant le retour des milliers de réfugiés fuyant les combats.

Dialogue et désintégration

Plusieurs dirigeants d'Afrique centrale, réunis à Libreville le 6 août 1999 autour du chef de l'Etat gabonais Omar Bongo, ont reconnu que les conflits armés qui se poursuivent au Congo-Kinshasa et au Congo-Brazzaville déstabilisent toute la région. Mais l'inaptitude au dialogue perdure à Kinshasa comme à Brazzaville.

A de rares exceptions près, les différentes versions de la «politique» africaine contemporaine n'ont fait que promouvoir un processus de désintégration qui a souvent favorisé l'émergence ou la résurgence des pires figures du nihilisme et du Mal. La question qui se pose désormais à tous les Congolais est celle de savoir si leur pays a été englouti au cours des dernières années, ou si, échappant à des mythes obsolètes et s'émancipant de l'emprise de chefs pour qui l'exercice d'un pouvoir de mort est la seule règle, ils sauront et pourront reconstruire le Congo-Brazzaville.

FEVRIER 2000

Malgré les deux cessez le feu conclus en novembre et décembre 1999 entre l'armée et les milices, le Congo Brazzaville ne parvient pas à sortir du conflit qui l'a ensanglanté à 3 reprises depuis 1993. Le coordinateur humanitaire de l'ONU pour le Congo, Bill Paton, a dressé lundi 21 février un bilan mitigé de la situation. D'un côté, il a dénoncé le manque d'intérêt de la communauté internationale pour un pays ou des dizaines de milliers de viols ont été commis en 1999 et ou des meurtres sont encore perpétrés et, de l'autre, il a noté avec satisfaction que 400 000 des 800 000 personnes déplacées étaient rentrées chez elles ces dernières semaines. Le président congolais, Nguesso, a pour sa part appelé le mardi 22 février à un dialogue national comprenant ses ennemis Pascal Lissouba et Bernard Kolélas, sans toutefois lever l'ambiguité sur un éventuel retour de ses deux opposants, le premier ayant été condamné par contumace et le second étant poursuivi par la justice de Brazzaville.
La route nationale n°1 n'existe plus. Les ornières ont des dimensions impressionnantes. Le goudron qui affleure par endroits est troué et coupant. Un désastre !! Il faut trois heures pour couvrir les 75 Km qui séparent la capitale de Kinkala, le chef lieu du Pool.
Les villages sont déserts. Les populations actuels ont fui la violence des combats et le comportement odieux des belligérants au fur et à mesure que la guerre approchait, préférant se réfugier dans les forêts que de subir la mitraille et l'arbitraire. Les miliciens de l'ancien président Lissouba, les Cocoyes, et ceux de son premier ministre Bernard Kolélas, les Ninjas, utilisaient les habitants de la région comme bouclier. Les milices du président Nguesso, les Cobras, leurs alliés angolais et les supplétifs zaïrois, rwandais et tchadiens, les considéraient comme complices de leurs ennemis.
Des milliers de familles ont passé plusieurs mois à couvert des arbres, subissant les intempéries, campant sous les pluies tropicales, se nourrissant de feuilles...Ils ont commencé à sortir des forêts en mai, après que Nguesso eut tenu des propos rassurants et que les forces gouvernementales eurent affermi leur emprise sur le sud de la région du Pool.
L'habitat est clairsemé. Les maisons en dur sont occupées par des hommes en uniformes. Les 10 000 habitants de Kinkala ont fui, eux aussi. Peu sont revenus. En fait, la population ne sait pas qui elle doit craindre le plus : Ninjas, Cobras, Angolais...!!
Un congolais témoigne : " Les unités de la Garde républicaine ont trié, interrogés, arrêtés et fait disparaitre systématiquement ceux qui étaient en âge de porter des armes, les accusant d'être des Ninjas. C'était l'époque ou des voyous, incorporés dans la force publique, se comportait comme des sauvages, découpant les corps de leurs victimes et accrochant les membres et les têtes sur les calandres des voitures des Cobras, avant de jeter les restes des corps dans le fleuve".

Source :
Le Monde Diplomatique 1987-1997

SOURCE :http://afriquepluriel.ruwenzori.net/congo-d.htm

http://afriquepluriel.ruwenzori.net/

Contenant et contenus conçus et réalisés par Olivier Bain; tirés de l'oubli, toilettés et remis en ligne par Jean-Marc Liotier

Afrique/Congo-Brazzaville : Histoire, économie, politique
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10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 19:12
(Afrique/Chine/Congo) Le voile se lève la barbarie des banquets cannibales de la Révolution culturelle.

© Reuters -

Chine: Le voile se lève sur la barbarie des banquets cannibales de la Révolution culturelle. Les nouveaux habits dont se vêt l'Afrique en général, le Congo en particulier, sont couleur rouge-sang ... Une barbarie qui se double d'une autre, brutale.

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Au plus fort de la Révolution culturelle, de macabres "banquets" ont vu des convives dévorer les organes de leurs victimes "contre-révolutionnaires": des scènes d'épouvante éradiquées de la mémoire officielle, un demi-siècle après le déclenchement de cette décennie de tourmente meurtrière.

Lancée le 16 mai 1966 par Mao Tsé-toung pour renverser ses adversaires, la Révolution culturelle a été marquée par une frénésie de violences, plongeant le pays dans le chaos sous couvert de luttes politiques. Des adolescents, les "gardes rouges", ont battu à mort leurs professeurs, des familles se sont entredéchirées, des factions entre-tuées. Mais le régime communiste observe toujours un silence obstiné sur les pires excès commis à l'époque.

A Wuxuan, dans des campagnes isolées de la province du Guangxi (sud-est), la barbarie a atteint des sommets: les coeurs, foies et parties génitales de victimes y ont été découpés et cuits avant d'être consommés par leurs tortionnaires.

Aujourd'hui, la ville offre un tableau paisible: boutiques de yaourts, pêcheurs à l'ombre de pics karstiques verdoyants et bannières rouges à la gloire du Parti. C'est pourtant là que, 50 ans plus tôt, au moins 38 personnes ont été victimes de cannibalisme organisé, a rapporté à l'AFP, sous couvert d'anonymat, un cadre ayant participé au début des années 1980 à une enquête officielle sur ces évènements. "C'est en exacerbant l'injonction à la lutte des classes qu'on en est arrivé au cannibalisme", explique-t-il. "Les meurtres étaient effroyables, pire que des bêtes".

"Durant cette décennie catastrophique, le Guangxi (...) a été le cadre d'une cruauté et d'une sauvagerie révoltante", a écrit ce retraité du Parti, dans un manuscrit consulté par l'AFP. "Des gens ont été décapités, battus à mort, enterrés vivants, lapidés, noyés, ébouillantés, massacrés en groupe, vidés de leurs entrailles (...) explosés à la dynamite. Toutes les méthodes ont été utilisées".

Fanatisme politique

Contrairement aux scènes de cannibalisme survenues durant les famines du "Grand bond en avant" (1958-62), les violences de Wuxuan étaient motivées par le pur fanatisme. "C'est un cannibalisme causé par des évènements politiques, une haine politique, au nom d'une idéologie et de rituels politiques", explique à l'AFP X.L. Ding, professeur de la Hong Kong University of Science and Technology, expert de la période.

Selon les universitaires, l'horreur a été rendue possible à Wuxuan par l'isolement géographique, la brutalité du chef régional du Parti communiste, la pauvreté et une multiplication des factions.

Les détails connus sont glaçants. En 1968, un professeur de géographie du collège local est battu à mort par ses élèves: son corps est traîné près de la rivière Qian, où un autre professeur est contraint, sous la menace d'une arme, d'en retirer le coeur et le foie. Les organes sont rapportés à l'école où ils sont cuits au barbecue et mangés par les adolescents. L'établissement scolaire a été depuis déplacé et reconstruit.

Interrogés par l'AFP, certains habitants de la vieille ville affirment ne rien savoir ou affichent un silence embarrassé. Un nommé Luo confie toutefois: "Du cannibalisme ? Oui. J'étais là, j'ai vécu cela". Mais il s'empresse d'ajouter que Wuxuan s'est énormément modernisé: ce passé "ne signifie plus rien".

Briser le silence

La rumeur des carnages au Guangxi --150.000 morts, selon certains recoupements-- a poussé les autorités à diligenter une enquête officielle, une quinzaine d'années plus tard. Ses conclusions n'ont jamais été rendues publiques. Mais le journaliste Zheng Yi en a tiré un livre-choc, "Stèles rouges", publié à l'étranger au début des années 1990 --et interdit en Chine.

Plus récemment, le cadre rencontré par l'AFP --l'un des responsables de la commission d'enquête-- a fait paraître un article dans un magazine chinois libéral à faible tirage. Il y détaillait ses découvertes et rappelait qu'au moins une centaine d'individus avaient pris part à des actes de cannibalisme. Mais ses efforts pour toucher l'opinion ont rencontré une vive résistance.

Des officiels régionaux retraités ont aussitôt rédigé une virulente réplique, envoyée aux plus hautes instances communistes. "Ils m'accusaient d'être anti-Parti et antisocialiste", et réclamaient une autocritique, se souvient le cadre.

Zheng Yi, qui avait le premier exposé au grand jour les cas de cannibalisme de Wuxuan et qui vit désormais exilé aux Etats-Unis, s'alarme du silence persistant sur les violences barbares de la Révolution culturelle.

"Comme le gouvernement n'a jamais permis un examen historique en profondeur de la période, il est impossible de dire si des leçons en ont été tirées", a-t-il déclaré à l'AFP.

LIRE LA SUITE :

http://m.levif.be/actualite/international/chine-le-voile-se-leve-la-barbarie-des-banquets-cannibales-de-la-revolution-culturelle-une-facette-occultee-de-l-histoire-officielle/article-normal-499551.html?utm_campaign=Echobox&utm_medium=social&utm_source=Facebook

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10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 00:32
(Afrique/Cameroun/Congo-Brazzaville) La CEMAC exclut le trésor français de ses échanges avec la Chine

09-07-2016 (12h13) -

En 2015, la Chine est devenue le premier investisseur au Cameroun, sur les 5 milliards de dollar d'investissements directs étrangers (IDE) pour la période allant de 2000 à 2014, la Chine seule raflait 67 %. Déjà présente dans les projets d’infrastructures d’envergure du pays selon le magazine Investir au Cameroun, (construction du port en eau profonde de Kribi ; des barrages de Lom Pangar, Memve’élé et Mekin ; pose de la fibre optique ; travaux de construction des autoroutes Yaoundé-Douala et Yaoundé-Nsimalen…), la Chine est devenue un acteur clé pour notre secteur minier avec le cobalt de Kamouna, son entrée dans le projet du fer de Mbalam va marquer un coup d’accélérateur dans les relations entre les deux pays, projet dans lequel l’empire du milieu vient d’injecter 8 milliard de dollar pour le développement des infrastructures.

Premier partenaire économique du Congo Brazzaville, la Chine se renforce de plus en plus dans la sous-région Afrique centrale en tant que premier investisseur, il était temps pour les pays de la CEMAC de trouver une formule devant permettre de se libérer du principe de parité fixe liée à la convertibilité du FCFA à l’Euro.

Le Franc Français qui à l’époque coutait 50 FCFA est depuis 1999 à 656 via l’euro, ce qui boostait le pouvoir d’achat des occidentaux en Afrique. Curieusement, quel que soit la variation en hausse ou en baisse du dollar, la valeur du FCFA ne bougeait pas. Conséquence :

‘’De janvier 1999 à mai 2008, l’euro est passé de 1,17 à 1,59 dollar, ce qui signifie que le franc CFA, monnaie des économies jugées parmi les plus indigentes du monde, s’apprécie par rapport au billet vert. Cela ne manque pas de poser problème, car les prix des principaux produits d’exportation de la zone comme le café, le cacao et le coton sont libellés en dollars, tandis que ceux de leurs plus gros volumes d’importation le sont en euros. Ainsi, se faire payer ses exportations en monnaie faible et régler ses importations en monnaie forte ne peut que donner des balances commerciales chroniquement déficitaires. De surcroit, la convertibilité du franc CFA et le régime de contrôle du mouvement des capitaux mis en place par la France en 1993 favorisent une fuite massive des capitaux en direction de l’Hexagone.’’ Sanou Mbaye, ancien haut fonctionnaire sénégalais de la Banque africaine de développement. Ajouté au pillage de ressources les évasions fiscales, l’Afrique va perdre 600 à 800 milliards d’euro chaque années, 10 fois le montant d’aide publique au développement versée par les pays industrialisés.

Jusqu’ici la chine investissait dans les infrastructures en Afrique centrale en finançant directement les projets auprès d’entreprises chinoises de B&TP,contrairement à l’Afrique Australe et de l’Est les entreprises chinoises de production sont installées.

Il fallait créer un climat saint et propice aux investissements privés dans les deux régions loin du vampirisme du trésor français.Il est tant que les entreprises chinoises viennent démarrer les projets d’usines de fabrication de voitures, bateaux porte conteneurs,de montage d’ordinateurs, etc.

C’est cet accord qui vient d’être signé en Chine par le président Sassou Nguesso et Xi Jinping, dorénavant le franc CFA sera convertible directement en Yuan, les camerounais pourront voyager pour la chine avec le FCFA pareil pour les chinois et le yuan, plus besoin de Paris dans nos échanges, ce qui permettra à notre banque centrale de créer une caisse de compensation pour Yuan.

Ce mécanisme s’appliquera entre les pays d’Afrique centrale et les autres partenaires hors UE, ce qui marque un pas vers l’indépendance monétaire.

Cameroun Liberty (Albin Njilo)

LIRE LA SUITE : La Cemac exclut le trésor français de ses...

http://www.camerounliberty.com/la-cemac-exclut-le-tresor-francais-de-ses-echanges-avec-la-chine/

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28 juin 2016 2 28 /06 /juin /2016 22:44
(Françafrique/Tchad/Afrique/) LE TÉMOIGNAGE A CHARGE DE NGARLEJY YORONGAR : UN LIVRE TERRIFIANT QUE DEVRAIENT LIRE MACKY, HOLLANDE...ET DIOR DIAGNE

Dans notre carrière de journalistes, il nous est arrivé de lire beaucoup de livres et de documents sensibles, mais c'est la première fois que nous sommes confrontés à un ouvrage au contenu aussi insoutenable. Le livre du Tchadien Ngarlejy Yorongar restera sûrement dans les annales comme l'un des plus macabres tant est que son récit sort de l'ordinaire.

Nous avons reçu le document vers la fin du procès d'Hissène Habré et nous avons pris tout le temps nécessaire pour le lire et le décortiquer. L'auteur y détaille des exactions, des scènes d'une horreur insoutenable commises au Tchad par les différents leaders politiques et militaires. Celui qui est chargé par l'auteur est Idriss Déby, l'actuel Président Tchadien.

Nous reviendrons aussi sur des aspects qui interpellent tous nos chefs d'Etat concernant cette grosse nébuleuse appelée Françafrique. Dans ce premier jet, nous vous proposons l'avant-propos, tout en attirant l'attention sur le caractère violent de certains passages...

Avant - propos

Ce livre n’est pas un livre ordinaire. C’est une longue lettre adressée au Président du Tribunal de Grande Instance de Paris que je fais éditer. Il se veut donc un témoignage à charge du plaignant, Idriss Déby, et à décharge des prévenus, MM. François-Xavier Verschave et Laurent Beccaria, qui ont eu pour défenseurs Maîtres William Bourdon, Antoine Comte, Francis G. N’Thépé et Vincent Toledano.

Le plaignant prétend avoir subi un outrage en contestant la véracité des informations et des accusations portées à son encontre par M. François-Xavier Verschave dans son ouvrage Noir silence. Qui arrêtera la Françafrique ? Paris, Les arènes, 2000, 598 p. Je tiens à la disposition du Tribunal un CD-ROM prouvant les massacres d’hommes, de femmes et d’enfants innocents au Tchad, une cassette vidéo des victimes d’Idriss Déby, des copies de rapports des associations des droits de l’Homme au Tchad et une copie de la pétition de soutien qu’ont signée en une dizaine de jours 1 995 Tchadiens, sans exclusive (cadres supérieurs, hommes et femmes d’affaires, commerçants, leaders et hommes politiques, personnalités politiques et de la société civile, élèves et étudiants, artistes, artisans et paysans, chauffeurs et mécaniciens, paysans, chômeurs) pour soutenir François-Xavier Verschave et Laurent Beccaria.

Le compte-rendu des audiences est paru dans Noir Procès (mai 2001, Les arènes).

La loi n° 029/PR/94 portant code de la presse a rapporté les dispositions de la loi n° 17-51 relatives à l’offense au chef de l'État.

Pour ce faire, il a, par sa défense (Maîtres Jacques Vergès, Dior Diagne et Luc Brossollet), attrait l'auteur et son éditeur pour "outrage à chef d'État étranger", devant le Tribunal de Grande Instance de Paris parce qu’il est qualifié de « criminel invétéré, d’assassin, de tueur, de terroriste, de pilleur, de goulu ayant des pratiques prédatrices, de dictateur, de corrupteur et de corrompu, de chef de clan, de parrain, etc. »

Le procès s'est déroulé du 28 février au 7 mars 2001 devant la 17ème Chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Paris. Idriss Déby a finalement été débouté de sa plainte, le 24 avril 2008.

L'outrage prétendument subi par le plaignant a été décrit, à l’époque, par l’article 48-5 de la loi française du 29 juillet 1881 sur la presse. Les dispositions de cet article sont, aujourd’hui, désuètes et contraires à la Convention européenne des Droits de l'Homme. Bien mieux, l'article 69 de la loi tchadienne de 1960 relative à l’offense au chef d’État tchadien est purement et simplement rapporté par la loi de 1949.

Le jugement rendu par le Tribunal ne concerne que la forme. Au moins, l’un des régimes les plus sanglants et les plus corrompus de l’histoire politique d’Afrique incarné par Idriss Déby a perdu cette bataille-là. De même, au regard des preuves qui ont convaincu le Tribunal de Grande Instance de Paris, je présume qu’il perdra également ce procès qu’il a intenté en appel.

En tant que militant des droits de l’Homme et des libertés, et député à l'Assemblée nationale du Tchad, j'ai été cité par les prévenus pour la manifestation de la vérité. Alors que je venais de perdre, en janvier 2001, l’usage de mes deux jambes à la suite des tortures maintes fois subies le 3 juillet 1996, j’ai, au cas où je ne pourrais pas me présenter à la barre, adressé ce témoignage écrit au Président du Tribunal de Paris. Ce témoignage est écrit sur mon lit de malade à N’Djaména. J'ai tenu, ainsi, à reproduire ici l'intégralité de cette lettre enrichie et étayée par des pièces à conviction10 sur mon lit de l’hôpital Pitié-Salpétrière où j’ai été admis, grâce à une prise en charge de l’Assemblée nationale française, ce dont je la remercie de tout coeur. Je profite de l’occasion pour remercier le professeur Pierre Bourgeois et son équipe du service de rhumatologie notamment Dr Etchepare chef de la clinique, Dr Rabiah interne des hôpitaux… qui m’ont restitué l’usage de mes deux jambes.

C’est sur le lit de l’hôpital Pitié-Salpétrière où j’étais hospitalisé pour faire soigner la sciatique qui m’a fait perdre l’usage de mes deux jambes, que j’ai décidé d’enrichir cette lettre et de la publier sous forme de livre.

Mes remerciements vont également à Mme Delphine Tarem Ndoubanadji, kinésithérapeute, Dr Djaïbé Ngombaye et Dr Noël Djémadjiodjiel de N’Djaména, Patrice Faure, Mireille Joussemet les équipes médicales du Centre Primo Lévi et de AVRE, le Dr M.-L. Sari-Leret, qui m’ont prodigué gratuitement les premiers soins.

Les lecteurs découvriront dans ce livre des exemples précis pour étayer mes propos : des dates, des noms des victimes et ceux de leurs bourreaux, des villages dans lesquels ont lieu chaque acte de génocide et chaque massacre. Ils verront défiler, vivront et apprécieront, à partir de ces quelques exemples triés sur le volet, l’ampleur de la terreur d’État traduite par :des personnes précipitées des avions en plein vol (MM. André Goldoum, sous-préfet de Mbaïnarmar ; Dr Mandekor Barck, chirurgien-dentiste ; Djérang Julien, ancien parlementaire ; Djingambaye, sous-préfet de Kélo, etc.), gazées ou obligées de boire de l’acide ; des génocides, maintes fois, répétés, afin de casser toute velléité de résistance (personnes ligotées, mises dans des sacs et jetées dans des fleuves ; égorgées, grillées au feu et données aux chiens, ou aux cochons comme à Moundou en octobre 1997, etc.); des femmes enceintes égorgées, les bébés qu’elles portent dans le ventre extraits et égorgés dans le but de céder aux rites et sacrifices humains (Mme Mannodji à Kaga situé à 35 km de Moundou, etc.) ; du piment, de l’électricité ou du canon de pistolet dans les parties intimes (cas de Mme Daoud, M. Batit, etc.) ; des langues coupées comme à Abéché en 1973, ou des sexes brûlés comme cette épouse d’un rebelle du Guéra; l’emprisonnement des petits enfants (Irène Rémadji Ngarnaïndoro, âgée de deux ans, baignée dans le sang de ses blessures, est enfermée sans soins dans une cellule du commissariat central avec des bandits de grand chemin) ; des viols de vieilles femmes et de gamines (cas de Mlle Soumian à Mbikou) ; des enlèvements de fillettes pour céder aux fantasmes (fillette d’Atchoum par Idriss Déby en personne, etc.); des massacres massifs et collectifs dont quelques exemples sont décrits dans cet ouvrage (Kouh-Mouabé, Bodo, Goré, Béboto, Doba, Sarh, Abéché, Goz-Beida, Ati, Bokoro, Bitkine, Mongo, Mangalmé, etc ; des crimes économiques traduits par des détournements et des pillages systématiques des deniers publics et des biens des Tchadiens par le clan et la famille (CotonTchad, STT, Sonasut, Sotera, Sonapa, ONPT, Air-Tchad), etc.

Tout ceci est passé sous silence malgré les dénonciations des ONG des droits de l’Homme et des partis politiques aux représentants de la communauté internationale, notamment la Banque mondiale, l’Union européenne, le PNUD, les ambassadeurs des USA, de France, de Libye, etc.

Quand Idriss Déby renifle l'odeur du pétrole tchadien, tout est permis y compris les actes de génocide, les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre, les carnages, les barbaries, les massacres massifs et collectifs, les viols et enlèvements, les crimes économiques.

Mon itinéraire et mon combat contre toutes ces dictatures civiles et militaires, pour la démocratie et la paix dans mon pays, ravagé par plus de quarante-et-un ans de guerre fratricide, sont retracés et racontés dans cet ouvrage.

J'en appelle aux plus hautes autorités de l’Union européenne et de l’Organisation des Nations-unies (ONU) pour une nouvelle lecture de leur coopération économique et politique avec l’Afrique et particulièrement avec mon pays : les conventions internationales, notamment la Déclaration universelle des Droits de l’Homme et l’accord de Cotonou, leur donnent ce droit. De tout mon coeur, j’en appelle également aux hautes autorités américaines et surtout françaises fortement impliquées en Afrique pour une coopération à visage humain, car le troisième millénaire de la démocratie et des droits de l’Homme, fêté et chanté à grand renfort de publicité, l’exige.

M. Kofi Annan, Secrétaire général de l’Organisation des Nations-unies (ONU) et africain de son état, doit amener la communauté internationale à être plus attentive aux cris pathétiques des veuves et des veufs, aux lamentations quotidiennes et assourdissantes des orphelines et des orphelins, aux soupirs, sans cesse répétés des mères et des pères d’innocentes victimes. Il doit faire bannir dans le vocabulaire des Nations-unies l’expression « deux poids, deux mesures », quand il s’agit de situations identiques dans le monde. Ceci étant, le président Noriega, bien qu’en exercice, n'a-t-il pas été arrêté dans son pays, transféré aux États-Unis, jugé et condamné pour trafics de drogues, de fausse monnaie et blanchiment d’argent sale, alors qu’Idriss Déby, coupable des mêmes crimes, ne l’est pas ? Pourquoi Milosevic a-t-il été arrêté et transféré à La Haye (Pays-Bas), pourquoi est-il en train d’être jugé par le TPI pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre alors qu’Idriss Déby, coupable des mêmes crimes, continue tranquillement de génocider et de massacrer les Tchadiens ? Pourquoi appliquer les lois et conventions internationales aux uns et pas aux autres ? Autant de questions auxquelles les Africains attendent des réponses de la part des grands de ce monde.

En ce début du troisième millénaire des mutations et des droits de l’Homme, il faut, de toute urgence, une nouvelle lecture des rapports entre les pays du Nord et ceux du Sud. C’est pourquoi, j’ai décidé d’être critique à l’égard des grands de ce monde, en racontant la tragédie tchadienne dans ses détails et révélant crûment des faits dont ils sont coauteurs et/ou complices, afin de leur montrer combien ils font du mal aux Africains, notamment aux Tchadiens.

Pour ce faire, j’invite les chefs d’État du G7 à revoir profondément leurs rapports avec les régimes infréquentables. Car, des peuples épris de paix, de liberté et de la démocratie ne leur demandent qu’une seule chose : les aider à vivre en paix pour leur permettre de lutter contre les grands maux que sont les maladies, la faim et l’analphabétisme. Le moment venu, l’histoire jugera sévèrement tous ceux qui, de loin ou de près, regardent les dictateurs faire, participent directement ou indirectement à ces actes de génocide, crimes contre l’humanité, crimes de guerre, et/ou cautionnent ces barbaries et crimes économiques. Les exemples de la tragédie cités dans cet ouvrage ont pour objectif de faire éclater la vérité, d’éclairer le Tribunal et montrer aux lecteurs la réalité des faits rapportés par M. François-Xavier Verschave.

En fait je voudrais, par ces quelques exemples, montrer que l’ampleur de cette tragédie tchadienne est autrement inimaginable et plus grave que ne le pensent les observateurs et/ou les spécialistes de la politique tchadienne dans leurs tours d’ivoire et bureaux vitrés.
J’ose espérer que la lecture de ma lettre dont la teneur suit contribuera à apprécier l’ampleur de cette tragédie.

Voici donc, soumis à votre sagacité, le témoignage écrit que j’ai adressé au Président du Tribunal de Grande Instance de Paris.

TRIBUNAL DE PARIS : TEMOIGNAGE A CHARGE, OU L’AUTOPSIE DU REGIME D’IDRISS DEBY ITNO

LE 6 MARS 2001

N’Djaména, le 1er mars 2001
Député Fédéraliste Ngarlejy YORONGAR,
BP 4197 N’DJAMENA (Tchad)
Tél. (00235) 29 49 71 ou (00235) 29 21 41
Tél/Fax. (00235) 51 91 12
E-Mail : yorongar@voila.fr ; yorongar@intnet.td

À Monsieur le Président du Tribunal de Grande Instance de Paris
(à l’attention du Président de la 17ème Chambre correctionnelle)
2/4, boulevard du Palais 75001 PARIS (France)

Objet : Témoignage à charge du plaignant, Idriss Déby, et à décharge des prévenus, François-Xavier Verschave et Laurent Beccaria
Référence : Procès Déby contre Verschave et Beccaria pour « offense à chef d’État étranger ».

Monsieur le Président,
Paralysé par une sciatique invalidante à la suite des tortures que j’ai subies, sur ordre d’Idriss Déby, lors de mon arrestation du 3 au 16 juillet 1996, tortures exécutées notamment par son conseiller spécial, M. Madjimbang Joseph Le Mbaïtelda1, le sous-préfet de Béboudja (et non Bébédjia), M. Ngarboudjim Jacob Médeur, des militants du Mouvement Patriotique du Salut (MPS) comme MM. Dabo Pierre, Ndoussou Djingar Dobéhoudou, Loledé Beuré Silas, etc.
Joseph Madjimbang Le Mbaïtelda est actuellement ambassadeur du Tchad à Kinshasa (RDC).

J’ai l’honneur de vous faire parvenir, au cas où je ne pourrais pas comparaître physiquement à l’audience publique du 6 mars 2001, ce témoignage écrit par lequel je confirme, point par point, les révélations faites par M. François-Xavier Verschave dans son livre Noir silence. Qui arrêtera la Françafrique ?, édité par Les arènes en 2000, révélations considérées par M. Déby comme étant « une offense à chef d’État étranger », alors que ce dernier a abrogé la loi n° 35/INT/DG/60 du 8 janvier 1960 y relative :

« Sont abrogées toutes les dispositions de la loi n° 35/INT/DG/60 du 8 janvier 1960 portant répression des écrits subversifs, de la loi n° 17-61 de février 1961 sanctionnant les offenses au chef de l’État, de la loi n° 6/PR/67 du 8 mars 1968 portant réglementation de la liberté de la presse, de l’ordonnance n° 7/PR/INFO portant statut des journalistes, et toute autre disposition contraire à la présente loi. 1 »

Pour qui, Idriss Déby prend-il le Tribunal de Paris ? Pour des canards boiteux ou sauvages ?

MON IDENTITÉ ET MON ITINÉRAIRE

Je m’appelle Ngarlejy Yorongar2. Je suis âgé de 53 ans, marié et père de cinq enfants. J’ai, durant ma carrière adminis-trative et politique, occupé successivement les postes : d’adjoint au chef du service des Dépenses engagées au ministère des Finances à N’Djaména ; d’adjoint au sous-préfet de Moundou ; de sous-préfet de Mbaïnarmar ; d'adjoint au préfet, puis préfet a.i. du Guéra ; de consultant de première catégorie à l’Organisation de Coopération et de Développement économiques (OCDE) à Paris ; de directeur administratif et financier du Bureau africain des Sciences de l’éducation (BASE) à Kisangani (Zaïre)1 ; plusieurs fois ministre2 ; membre du bureau exécutif de l’Union nationale pour l’indépendance et la révolution (UNIR) ; directeur de l’Institut international des assurances de Yaoundé (IIA)3 ; coordinateur exécutif fédéral de FAR/Parti Fédération4 ; député fédéraliste à l’Assemblée nationale du Tchad ; président de la Fondation pour le respect des lois et des libertés (FORELLI)5 ; directeur des publications La Roue et Le Phare Républicain6, etc.

Lundi 27 Juin 2016

Dakaractu

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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 10:54
(Afrique/Françafrique) Un rapport du ministère français de la défense fait froid dans le dos...

PANAFRICANISME : Un rapport du ministère français de la défense fait froid dans le dos - Le nationalisme africain et le panafricanisme présentés comme des menaces pour l'Occident! -

| par Théophile Kouamouo -

Crédit photo : Collectif ReAct

Publié en octobre 2012 dans Le Nouveau Courrier, cet article me semble toujours pertinent alors que la crise malienne souligne cruellement l'incapacité des Etats africains à se doter d'une véritable politique de défense commune. Et conforte les options stratégiques de la France, développées ci-après.

Et si les rapports des experts en questions stratégiques, dans toute leur aridité, étaient plus à même de nous éclairer sur les vrais enjeux de notre monde que le storytelling des médias occidentaux dominants dégoulinants de «bons sentiments» manipulatoires ? En tout cas, le dernier rapport édité par le ministère français de la Défense, et qui est plus que jamais «à la mode» alors que le sommet de la Francophonie de Kinshasa se prépare fiévreusement [cet article a été publié pour la première fois le 10 octobre 2012, ndlr], gagne à être lu et analysé. Le rapport prospectif à 30 ans dénommé «Horizons stratégiques» décrit les tendances lourdes de la politique extérieure et de défense française à long terme. Ce qui signifie qu’il est, peu ou prou, endossé par les deux principaux partis de gouvernement qui dirigent alternativement la France – et qui se prémunissent avec une solidarité exemplaire contre toute menace qui viendrait troubler leur confortable jeu de ping-pong.

Bertrand Badie, un des plus éminents spécialistes des relations internationales de l’Hexagone, qui dirige L’Etat du monde, encyclopédie géopolitique de référence et enseigne à Sciences-Po Paris, ne s’y est pas trompé. «Hollande est dans la continuité de Sarkozy. Pas tellement sur le verbe et la forme, car les deux hommes n'ont pas le même tempérament, mais sur le plan thématique, sur la ligne politique, François Hollande n'a pas montré de volonté forte de rupture. La politique étrangère a été la grande absente de la campagne électorale, aucun thème n'a été soumis au débat public, il n'est donc pas étonnant que Hollande n'ait annoncé ni proposition nouvelle, ni initiative spectaculaire, ni virage politique. (…) Depuis le début de la Vè république, la gauche n'a jamais fait l'effort de définir ce qu'est une politique étrangère de gauche. François Mitterrand qui avait vilipendé la politique étrangère du général de Gaulle s'est finalement aligné lorsqu'il a accédé à l'Elysée en 1981. Et ses successeurs ne se sont pas beaucoup intéressés à la politique étrangère. Il y a là un manque. Le travail de critique et de réflexion en profondeur n'est pas mené. D'ailleurs, la politique étrangère de Nicolas Sarkozy a été très peu critiquée par la gauche. Il n'y a pas eu de débat sur l'intervention en Libye. Celui sur la réintégration de la France dans l'Otan a été extraordinairement discret», a-t-il expliqué le 27 septembre dernier dans Le Journal du dimanche.

Le style change, mais le fond demeure, donc. Du coup, le document stratégique du ministère de la Défense, visiblement finalisé fin avril dernier – avant donc la débâcle de Nicolas Sarkozy – reste d’actualité. Que dit ce document sur le monde, la France et l’Afrique ?

Le déclin de l’Occident anticipé… et redouté

Le texte indique que parmi les «lignes de force» des décennies qui viennent, il y a «la fin de la domination occidentale». Nous nous dirigeons manifestement vers «un monde post-américain». Il existe «un risque de déclassement de l’Europe», et «l’affirmation de nouvelles grandes puissances, aux trajectoires toutefois incertaines» (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), devrait se poursuivre. «L’accélération de la mondialisation» est également une ligne de force dans un contexte de «transition géopolitique marquée par une instabilité et une volatilité croissantes». Tout cela, on s’en doutait un peu…

Qu’anticipe donc le document stratégique français en ce qui concerne l’Afrique subsaharienne ? «Vingt ans après la fin de la guerre froide, le continent devrait continuer à voir son importance géopolitique s’accroître sous l’effet de la concurrence économique entre puissances émergentes «du Sud» (Chine, Inde, Brésil) et puissances en déclin relatif (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie). Néanmoins, les sous-régions d’Afrique pourraient évoluer distinctement en fonction de leur environnement extérieur (systèmes Corne/péninsule arabique), Sahel/Maghreb/Europe, Afrique de l’Est/sous-continent indien». Est-ce à dire que, de par la proximité géographique, l’Europe a un «rôle à jouer» bien plus important en Afrique de l’Ouest et en Afrique du Nord qu’ailleurs ? Sans doute. La question qui se pose est la suivante : par quels moyens, dans ces zones spécifiques, les Occidentaux déclinants mèneront-ils la «guerre économique» contre leurs nouveaux concurrents émergents ? L’actualité nous fournit quelques débuts de réponse à cette interrogation, et ils peuvent paraître effrayants.

Des «printemps arabes» en Afrique ? Non merci

Pourquoi la presse française se passionne-t-elle pour les processus de changements de régime dans le Moyen-Orient, tout en s'indignant si peu des dénis démocratiques dans les pays d’Afrique francophone, où Paris a pourtant les moyens de faire avancer les choses dans le bon sens, à coups d’amicales pressions, loin de la «démocratie des bombes» à laquelle la Côte d’Ivoire, par exemple, a payé un lourd tribut ? Pourquoi, en plein printemps arabe, Ségolène Royal débarque-t-elle à Ouagadougou pour apporter un soutien sans équivoque à un Blaise Compaoré qui veut modifier la Constitution et fait face à la colère de son peuple ? Peut-être parce que les «policy-makers» français ne croient pas en l’avènement d’une émancipation démocratique au sud du Sahara. La pauvreté et le tribalisme seraient des facteurs bloquants. «Une extension généralisée en Afrique subsaharienne des poussées démocratiques arabes paraît peu probable.

Si certains éléments structurels (alternance bloquée, jeunesse diplômée au chômage, marginalisation d’une partie de l’armée) peuvent constituer un terreau favorable à un soulèvement populaire, plusieurs caractéristiques limitent de fait les évolutions politiques en Afrique à court et à moyen terme : l’absence de classe moyenne, les divisions identitaires et la faible institutionnalisation de l’État, notamment. Seuls quelques pays, dans lesquels une société civile solide, produit de l’histoire locale (syndicats, églises, chefferies traditionnelles), fait face à un État fort ou à un pouvoir bloqué, sont susceptibles de suivre la voie arabe, si certaines circonstances sont réunies (crise économique, élection grossièrement truquée…)», indique le document. L’analyse n’est pas tout à fait dénuée de fondement, mais les références obsessionnellement ethnographiques de la France officielle quand il s’agit de l’Afrique, par exemple, indiquent d’une certaine manière qu’elle n’est pas pressée que la situation change. Les pouvoirs qu’elle soutient n’encouragent pas, généralement, une plus forte institutionnalisation de l’Etat. N’accompagne-t-elle pas avec enthousiasme un régime Ouattara qui a substitué des milices tribales à une armée nationale et n’a-t-elle pas longtemps soutenu une rébellion ivoirienne qui détruisait l’Etat pour le remplacer par des baronnies féodales dont les «Com'zones» sont des figures emblématiques ?

Sécessions et migrations

«La remise en cause des frontières actuelles pourrait aboutir à la création de nouveaux États ou à des redécoupages plus ou moins violents (Sud-Soudan, Somalie…). La rupture du tabou de l’intangibilité des frontières pourrait avoir des effets en cascade sur l’ensemble du continent, voire au-delà», anticipe le rapport. L’on se souvient forcément qu’à Paris, la perspective d’une sécession du Nord-Mali, tant qu’elle ne disait pas son nom et qu’elle était incarnée par le MNLA, était une option sérieuse. Le soutien à des irrédentismes ou à des séparatismes sera-t-il demain, plus que jamais, un moyen de peser sur des situations géopolitiques ou de «semer l’effroi» parmi des nations africaines désireuses de s’affranchir ou de tester certaines formes d’indocilité? «Des catastrophes écologiques majeures liées aux premiers effets du changement climatique, notamment dans les zones les plus fragiles, pourraient déboucher sur de vastes mouvements de populations, intra et intercontinentaux, sources de déstabilisation majeure», écrit l’étude. Ce qui se passe dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire, militairement conquis par des hommes faisant face chez eux à l’avancée du désert, est-il une préfiguration de ce type de «catastrophes» ? Les grandes villes de la côte ouest-africaine, épuisées par l’exode rural et de «l’abandon» d’une partie du Sahel, pourraient-elles vraiment, en partie, être noyées dans les flots de l’érosion côtière ? Ces questions interpellent les pouvoirs et l’intelligentsia du continent.

Le nationalisme africain… menace pour l’Occident !

Ce qui est inédit dans ce rapport produit par les experts du ministère français de la Défense, c’est qu’il classe désormais les souverainistes africains comme des ennemis potentiels. «Des crises dites «identitaires», fruit de l’instrumentalisation de catégories communautaires par certains acteurs politiques et économiques (partage du pouvoir et des richesses), pourront encore survenir. Le fondamentalisme, voire le radicalisme, religieux, tant musulman que chrétien, pourrait progresser, en l’absence de perspective d’intégration économique et politique des populations les plus pauvres et, surtout, des jeunes. Parallèlement – et paradoxalement – les sentiments nationalistes et/ou panafricains pourraient se développer, parfois au détriment des intérêts occidentaux». Vous avez bien lu ! Ceux qui pensent une Afrique forte, indépendante, libre de ses choix, y compris en matière économique, sont des menaces pour l’Occident ! Et cela est dit de manière «décomplexée», dans un pays où le discours ambiant, certes souvent en contradiction avec les actes et les pratiques, tient, de Charles de Gaulle à Dominique de Villepin, l’indépendance des nations pour une sorte d’absolu ! Comme si cela n’était pas assez clair, le journaliste Adrien Hart, dans un article publié par Slate Afrique, précise la pensée des rédacteurs du rapport : «Tout le monde garde à l’esprit les violents appels anti-français de leaders politiques pro-Gbagbo lors de la crise postélectorale en Côte d’Ivoire.

L’avenir africain verra-t-il la multiplication de clones de leaders populistes comme Charles Blé Goudé ou de Julius Malema ? On ne le souhaite pas.» Et si ce background structurel était une clé permettant de comprendre la structure intellectuelle de ceux qui ont «pensé» l’assimilation grotesque du groupe islamiste Ançar Dine et de l’opposition ivoirienne en exil ? N’était-il pas question, au final, d’assimiler deux types d’acteurs qui représentent les menaces absolues ? Et si, au fond, la France officielle «préférait» d’une certaine manière les salafistes, dont la dangerosité est facile à «vendre», aux nationalistes africains, contre qui les opinions européennes comprendraient moins que l’on aille en guerre ? Ce débat n’est pas superficiel. Dès lors que l’on se convainc de ce que la principale menace identifiée par les stratèges officiels de l’Hexagone est le réveil de ce que nous appelons volontiers «l’Afrique digne», il devient évident que l’alliance avec des forces représentant la féodalité tribale voire le fanatisme religieux peut être envisagée contre les souverainistes africains. Les guerres civiles et les sécessions deviennent dans ce contexte des «problèmes» certes. Mais des «problèmes» qui légitiment une présence militaire, donc stratégique, accrue et vertueusement présentée. Puisqu’il s’agit de sauver l’Afrique contre elle-même en «empêchant les massacres».

La France veut continuer d’occuper militairement l’Afrique

Il y a une quinzaine d’années, la mode était aux concepts mettant en avant le retrait progressif de l’armée française du continent au profit de forces africaines de maintien de la paix. Ce n’est plus le cas. Ainsi, le rapport «Horizons stratégiques» met en valeur deux tendances lourdes attendues : un affaiblissement économique de l’Europe et un maintien plus que jamais d’actualité de la présence militaire française. L’amoindrissement de la part relative de l’Europe en tant que principal fournisseur d’aide publique au développement est susceptible d’affecter le tropisme européen des pays d’Afrique subsaharienne au profit des puissances émergentes majeures», peut-on ainsi lire. «Résultant de l’incapacité des États à contrôler leur territoire, la multiplication et l’extension des « zones grises », concentrant groupes criminels organisés (trafiquants, terroristes) et groupes rebelles, pourraient nécessiter des interventions occidentales auxquelles des pays européens, et la France en particulier, pourraient être amenés à participer», indique le rapport. La France a l’intention, dans les prochaines décennies, d’investir plus que jamais l’Afrique, qui «restera une zone de convoitises et de confrontations potentielles et une zone d’intérêt stratégique prioritaire pour la France». Le rapport trace les contours d’un mode d’intervention qui n’entend pas changer en Afrique, y compris au cœur des grandes villes. «Le renouvellement des accords de défense avec plusieurs partenaires africains confère à la France des responsabilités particulières en matière d’assistance, appelées à s’inscrire dans la durée.

La présence de nombreux ressortissants français dans les villes, dans un contexte de forte insécurité, devrait renforcer la nécessité de disposer de capacités d’évacuation adaptées. Celles-ci devront de plus en plus être coordonnées au niveau international et avec les acteurs locaux, notamment privés», écrivent les rapporteurs. Qui préfèrent nourrir la perplexité quant aux capacités de l’Union africaine qu’il est plus que jamais question de contourner, voire de délégitimer. Au profit, sans doute, d’institutions vassales (comme la CEDEAO) ou d’institutions en partie contrôlées par Paris : Union européenne, ONU, etc… «La France continuera d’accompagner les organisations continentales et sous-régionales africaines dans le développement des instruments de sécurité collective, en privilégiant les cadres multilatéraux (UE, Onu, etc.). L’insuffisance probablement persistante des instruments de sécurité collectifs placés sous l’égide de l’Union africaine, quels qu’en soient les progrès en termes capacitaires, renforcera le besoin de politiques globales alliant sécurité, développement et gouvernance selon des axes bilatéraux et multilatéraux ad hoc et la mise en place de partenariats régionaux efficaces», écrivent les rapports. Voilà qui est clair. Il revient désormais au leadership africain «non aligné» d’en tirer toutes les conséquences. Froidement.

Théophile Kouamouo

@BLOG_EDITOR_TAGS@ cold case

LIRE LA SUITE : http://www.africananetwork.com/?_escaped_fragment_=PANAFRICANISME-Un-rapport-du-minist%C3%A8re-fran%C3%A7ais-de-la-d%C3%A9fense-fait-froid-dans-le-dos-Le-nationalisme-africain-et-le-panafricanisme-pr%C3%A9sent%C3%A9s-comme-des-menaces-pour-lOccident/y7me5/5755fb300cf2a5fcbcc9d2f3#!PANAFRICANISME-Un-rapport-du-minist%C3%A8re-fran%C3%A7ais-de-la-d%C3%A9fense-fait-froid-dans-le-dos-Le-nationalisme-africain-et-le-panafricanisme-pr%C3%A9sent%C3%A9s-comme-des-menaces-pour-lOccident/y7me5/5755fb300cf2a5fcbcc9d2f3

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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 06:59
(Afrique/Congo-Brazzaville) Gouvernance des États africains : de l’homme providentiel à l’intelligence collective

Gouvernance des États africains : de l’homme providentiel à l’intelligence collective. Les africains comprennent ils vraiment le jeu de la démocratie ? Pourquoi sont-ils à la quête d’un homme qui va les sauver ?

Les africains comprennent ils vraiment le jeu de la démocratie ?
Pourquoi sont ils à la quête d’un homme qui va les sauver ?

A. LES CONSEQUENCES DE L’ÉLECTION DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE AU SUFFRAGE UNIVERSEL DIRECT

Nul n’est besoin de remonter à l’histoire des Etats africains depuis les années 1960. Ce qui se passe actuellement est suffisamment éloquent.

Les djiboutiens ont crié, crié… mais leur président Omar Guelleh a rempilé pour un 4e mandat de 5 ans avec 86,68% des voix dès le 1er tour du 8 avril 2016.

Les congolais ont crié, crié… leur président Sassou Nguesso a été réélu après 32 ans de règne avec plus de 60% des voix dès le premier tour du 20 mars 2016.

Les tchadiens ont crié, crié… leur président Idriss Déby au pouvoir depuis 26 ans a été réélu au premier tour le 10 avril 2016 avec 61,56% des voix.

Les burundais avaient crié, crié… leur président Pierre Nkurunziza fut réélu dès le premier tour du 21 juillet 2015 avec plus de 69% des voix en dépit d’un 3e mandat qualifié d’anti-constitutionnel.

Les guinéens avaient crié, crié… leur président sortant Alpha Condé à été réélu avec plus de 57% des suffrages dès le premier tour du 11 octobre 2015.

Les equatoguinéens crient, crient… leur président Teodoro Obiang ne pourra pas ne pas être réélu dès le premier tour ce dimanche 24 avril 2016 après 37 ans à la tête du pays.

Les gabonais crient, crient… mais réussiront ils à faire élire un autre candidat que leur Président Ali Bongo aux elections présidentielles à un tour prévues durant l’été 2016?

Et le peuple continue à croire en une démocratie africaine basée sur l’élection présidentielle au suffrage universel direct?

Décidément, la Bible a plus que raison en déclarant que « Mon peuple périt faute de connaissance » (Osée chap.4 verset 6).

B. POURQUOI DEVONS-NOUS ABOLIR L’ELCTION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE AU SUFFRAGE UNIVERSEL DIRECT DANS LES ETATS AFRICAINS ?

Qui n’avance pas recule. Depuis 1960, les Etats africains n’ont pas avancé en matière de démocratie. Voici donc pourquoi nous devons abolir l’élection du Président de la République au suffrage universel direct dans nos États.

La Fédéralitude propose de s’inspirer du système politique Suisse qui est considéré comme le plus démocratique au monde:

1. Le citoyen élit les députés et Sénateurs qui vont représenter son territoire dans un Parlement national… (Nota : Dans le système proposé par la Fédéralitude, l’entité politique parfaite à laquelle on fera référence sera l’Etat subfédéral. Par le terme « territoire » on entendra donc « micro État local » ou « État fédéré » doté d’une triple autonomie territoriale, politique et économique).

2. Tous les 4 ou 5 ans, tous les députés et sénateurs du pays élisent ensemble 7 (ou 9) Sages parmi leurs pairs. Ceux ci sont alors les ministres qui forment un gouvernement d’union nationale tenant compte de la diversité des partis politiques, des régions et des ethnies.

3. Chaque année, les députés et sénateurs se réunissent pour désigner celui qui parmi les Sages assumera le rôle de Président de la République pour un an. (Nous parlons de « rôle » car « président » sera un titre honorifique dont le détenteur restera un membre de gouvernement parmi ses pairs… il assumera de petites tâches supplémentaires : animer les réunions ministérielles des Sages, prononcer le discours de fin d’année à la nation, accréditer les ambassadeurs et les organisations internationales dans le pays, représenter la nation à l’extérieur).

En abolissant l’élection du président de la république au suffrage universel direct, la Fédéralitude fera passer les peuples africains du mythe de l’homme providentiel à l’intelligence collective et au consensus des peuples.

LIRE LA SUITE :

https://federalitude.wordpress.com/2016/04/23/gouvernance-des-etats-africains-de-lhomme-providentiel-a-lintelligence-collective/

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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 19:01
(Afrique/Françafrique/Congo-Brazzaville) Croisade des Occidentaux contre Daesh : Période de répit pour les dictateurs africains

S’il y a un nom dont la seule évocation fait trembler le monde entier aujourd’hui, c’est bel et bien Daesh. Et pour cause. Sa capacité de nuisance est très redoutable. Sa folie meurtrière n’épargne personne, les pauvres comme les riches, les grands comme les petits. En Asie, en Afrique comme en Europe, ses partisans font régner la terreur au nom d’une idéologie qui consacre l’idée d’une vérité intangible et éternelle à laquelle tout le monde doit se soumettre ou périr. C’est cette posture qui fait d’eux des ennemis atypiques et dangereux pour le monde de la pensée libre et cartésien que représente l’Occident, si fait que l’on peut être tenté de se poser la question suivante : comment répondre rationnellement à des gens qui sont sûrs de mériter le ciel en égorgeant des humains ? De ce point de vue, l’on peut parier sans grand risque de se tromper que la guerre totale promise par la France contre l’Etat islamique (EI) sera âpre et que ce n’est pas demain la veille que Daesh agitera le drapeau blanc pour signifier sa capitulation.

Les satrapes africains ont assez de temps pour consolider les bases de leur dictature

L’on peut comprendre dès lors, pourquoi les Occidentaux, pour se donner plus de chances de le vaincre, n’ont eu aucun scrupule à intégrer dans leur stratégie de riposte, des Etats qui, hier encore, étaient perçus comme des pestiférés à leurs yeux pour le soutien qu’ils accordent à Bachar El Assad, ce grand dictateur devant l’Eternel. Cet appel du pied pour ne pas dire de détresse fait à la Russie de Poutine et à l’Iran de Rohani et des Ayatollah, illustre bien l’adage selon lequel « pour éteindre un incendie, l’on se soucie très peu de la qualité de l’eau que les uns et les autres peuvent apporter ». Les Occidentaux sont dans cette logique aujourd’hui. Il n’est donc pas exclu, dans leur volonté de casser du djihadiste, qu’ils fassent appel au boucher de Damas qui, en la matière, a une expertise avérée. Dans un tel contexte, les dictateurs en général et ceux d’Afrique en particulier, peuvent se frotter les mains. Car, tous peuvent profiter du fait que par ces temps qui courent, les Occidentaux ont d’autres chats à fouetter que de veiller sur la démocratie. Les satrapes africains ont donc assez de temps pour consolider les bases de leur dictature. Ils peuvent d’autant plus le faire sans craindre la moindre réprobation des champions de la démocratie, qu’eux aussi font partie des maillons de la chaîne planétaire qui s’est mise en branle pour apporter leur compassion et leur solidarité à la France, suite aux massacres de Paris. Ils peuvent donc légitimement prétendre à la mansuétude de la patrie des droits de l’Homme et, au-delà de la France, à celle de tous ceux qui distribuent les notes en matière de démocratie. Et après tout, dans la situation de guerre ouverte dans laquelle se trouve la France aujourd’hui contre l’Etat islamique, les soutiens, d’où qu’ils viennent, sont bons à prendre. Cela nous rappelle l’alliance que le monde dit libre avait scellée avec le grand « Satan » c’est à dire le pouvoir bolchévique, pendant la seconde guerre mondiale, pour contrer la folie du Nazisme. Dans le cas d’espèce, les Occidentaux ont besoin de la contribution de tous, y compris celle des dictateurs pour faire plier Daesh qui, aujourd’hui, est à abattre par tous les moyens.

Les frappes pourraient ne pas suffire pour conjuguer désormais Daesh au passé

L’impératif catégorique du moment est de triompher de Daesh. Pour la démocratie, on verra après. Paul Kagamé, Pierre Nkurunziza, Joseph Kabila et tous ceux qui, sous nos tropiques, caressent l’espoir de poignarder la démocratie pour s’accrocher au pouvoir, n’hésiteront pas à tirer profit de ces moments où le seul centre d’intérêt des grands de ce monde se résume à la croisade contre Daeh et ses partisans. Par rapport à ces derniers, les prédateurs africains de la démocratie pourraient passer aux yeux des Occidentaux pour des enfants de chœur, parce qu’eux au moins, ne troublent pas leur quiétude et sont loin de porter atteinte à leurs intérêts. Bien au contraire, ils veulent conserver leur fauteuil, pour pérenniser la mainmise des Occidentaux sur leur pays. La croisade des Occidentaux contre les ingénieurs du mal absolu représente pour les dictateurs africains des périodes de grâce et de répit. Tant que cette croisade ne connaîtra pas son épilogue, cette période de répit pour les satrapes d’Afrique aura de beaux jours devant elle. Et comme tout laisse croire que l’offensive tous azimuts lancés par les Occidentaux avec l’aide des Russes sera de longue durée au regard du profil de l’ennemi, l’on peut en déduire que pendant tout ce temps, les dictateurs pavoiseront. En effet, pour vaincre véritablement l’Etat islamique, les frappes aériennes sur Raqqa, les interpellations à la pelle de présumés djihadistes à Paris, à Bruxelles ou encore à Berlin et l’élimination physique de certains barbus dont l’implication dans les massacres de Paris a été établie, pourraient ne pas suffire pour conjuguer désormais Daesh au passé. La piste à explorer en plus de cette option sécuritaire pourrait consister pour les Occidentaux à arracher toutes les racines du mal. Et ces racines se rapportent entre autres aux événements douloureux qui ont marqué l’histoire des Arabes. Au nombre de ces événements douloureux, l’on peut citer la guerre d’Algérie et la sempiternelle injustice faite aux Palestiniens depuis la création de l’Etat hébreux en 1948, par David Ben Gourion. C’est ce qui peut expliquer que de jeunes Français d’origine algérienne conspuent aujourd’hui la Marseillaise au stade de France par exemple, et que tout ce qui rappelle les valeurs de l’Occident suscite l’ire des Arabes en général. Il faut donc que les Occidentaux, pour se réconcilier avec les Arabes, posent des actes forts, allant dans le sens de la réparation des injustices faites au monde arabe. Et le contexte s’y prête, pour autant qu’ils aient la volonté de le faire.

« Le Pays »

LIRE L'ARTICLE COMPLET :

http://lepays.bf/croisade-des-occidentaux-contre-daesh-periode-de-repit-pour-les-dictateurs-africains/?utm_source=Newsletter+Quotidienne&utm_campaign=7c175d4982-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_37959005ec-7c175d4982-101138157

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27 septembre 2015 7 27 /09 /septembre /2015 11:37

La foire à l’assassinat des Chefs d’État africains De 1963 à 2011, 21 Chefs d’État africains ont été assassinés. L’assassinat d’un chef d’État africain ne surprend guère mais rappelle chaque fois les raisons de l’assassinat, et naturellement rappelle aussi le président précédemment assassiné. Le comble est que l’histoire renaît sur les lèvres et alimente les débats sur l’actualité, mais comme un sort, les mêmes erreurs se commettent au sommet des pouvoirs et s’en suit un nouvel assassinat. Akody.com en dresse ici la liste.

La foire à l’assassinat des Chefs d’État en AfriqueLe Togo ouvre en 1963 la foire à l’assassinat des Chefs d’État africains avec la mort de Sylvanus Olympio. Trois ans après suit John-Aguiyi Ironsi, président du Nigeria en 1966. Ensuite, Abdirachid-Ali Shermake de la Somalie en 1969, Abeid-Amani Karumé du Zanzibar en 1972, Richard Ratsimandrava de Madagascar en 1975 avec son homologue François-Ngarta Tombalbaye, président de la République du Tchad. En 1976, 1977 et 1981, ce sont successivement les présidents Murtala-Ramat Mohammed du Nigeria, Marien Ngouabi du Congo-Brazzaville, Teferi Bante d’Ethiopie, Anouar el-Sadate d’Egypte et William-Richard Tolbert du Liberia, qui ont animé la foire à l’assassinat.

A partir de 1987, entrent dans le buzz à l’assassinat Thomas Sankara du Burkina-Faso, Ahmed Abdallah (1989) des îles Comores, Samuel-Kanyon Doe (1990) encore du Liberia, Mohammed Boudiaf (1992) d’Algérie, Melchior Ndadayé (1993) et Cyprien Ntaryamira (1994) du même Burundi. Dans la même année, Juvénal Habyarimana du Rwanda est frappé. En 1999, c’est autour d’Ibrahim Barré-Maïnassara, président du Niger, en 2001, Laurent-Désiré Kabila du Congo-Kinshasa et enfin de Mouammar khadafi de la Libye en 2011.

A qui le prochain tour ?Quand on sait qu’on vit dans un monde démocratisant qui raffine de plus en plus sa civilisation, et que des Chefs d’État africains continuent à piétiner la Constitution de leurs pays, ne doit-on pas s’attendre à un rallongement de cette liste?

Source : http://www.afrique-sur7.fr/5836/la-foire-a-lassassinat-des-chefs-detat-africains/

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18 septembre 2015 5 18 /09 /septembre /2015 15:51
Diendéré, ancien chef d’une milice de tortionnaires et d’assassins, transformé en homme clé de la sécurité de la région par les Français et les Américains

Général Gilbert Diendéré

Burkina : Le Régiment de Sécurité présidentielle rappelle aux yeux du monde son passé putschisteLe coup d’Etat au Burkina Faso n’est pas tout à fait une surprise. La crise était annoncée car ce Régiment de la sécurité présidentielle, ses officiers et Gilbert Diendéré qui les contrôlaient sentaient leur fin proche s’ils ne tentaient pas quelque chose avant les élections qui étaient prévues pour le 11 octobre.

Les informations qui nous parviennent du Burkina restent parcellaires. Le RSP (Régiment de sécurité présidentielle) a pris en otage, mercredi soir, jour du Conseil des ministres, Le Président de la Transition, Michel Kafando, le Premier ministre Issac Zida, et les autres ministres présents. Des négociations se sont engagées avec la hiérarchie militaire sans succès.

Quelques heures plus tard, les preneurs d’otage précisaient leurs intentions. Ils déclaraient prendre le pouvoir, portaient à la présidence le Général Diendéré et annonçaient la mise en place d’un Conseil national de la démocratie dont la première mesure serait d’organiser des élections « inclusives ». Plusieurs maisons de leaders de la société civile ont été attaquées, les leaders du Balai citoyen particulièrement visés. Smockey nous a informés que la sienne a été attaquée au lance-roquettes, sa famille ayant pu s’enfuir par-dessus un mur. Un incendie a pu être court-circuité grâce à l’intervention du voisinage.

La réaction n’a pas tardé, des appels à se rassembler place de la révolution jeudi matin ont circulé. Des groupes de jeunes sont descendus dans la rue par petits groupes pour disperser les soldats du RSP. Les syndicats et la Coalition contre la vie chère ont immédiatement appelé à une grève générale illimitée. La répression aurait fait une dizaine de morts et de nombreux blessés, mais ne serait l’œuvre que des seuls éléments du RSP. Au nombre de 1300, ils ne contrôleraient en réalité que la capitale, et encore. Des internautes ont posté aussi des photos de manifestation dans plusieurs villes de province. Et vendredi matin, RFI annonçait des manifestations à Bobo Dioulasso, à Yako où la maison de Gilbert Diendéré a été incendiée et à Po.

Le Président du Conseil national de la Transition, Cheriff Sy, dans un communiqué à déclarer assumer « désormais les pouvoirs dévolus au chef de l’Etat », et « inviter le chef d’Etat-major des armées et les chefs d’Etat-major des différentes régions militaires à prendre immédiatement toutes les dispositions pour que cette forfaiture soit arrêtée puisque c’est un groupe armé qui s’oppose à la volonté du peuple ». Cheriff Sy n’est autre que le fils du général Baba Sy, qui a toujours été, de son vivant, très respecté par l’armée.

Un coup d’Etat probablement préparé depuis longtemps

Par trois fois déjà, le RSP, sous la houlette de Diendéré, ont perturbé le Conseil des ministres. On se rappelle que la nomination d’Issac Zida comme Président, lors de l’insurrection, résultait d’un consensus entre le RSP, et les autres chefs militaires. Mais rapidement Zida, peu connu bien que numéro deux du RSP, en mal de popularité parmi les insurgés, se lançait dans des déclarations fracassantes, teintées de populisme, affirmant sa volonté de prendre en compte les aspirations des insurgés. Il annonçait en particulier la réouverture des affaires Sankara, l’ancien président révolutionnaire dont l’assassinat n’est pas officiellement élucidé, et Norbert Zongo, le journaliste assassiné par des hommes de la sécurité présidentiel.

Zida épousant la cause des insurgés, les autres chefs du RSP, se sentant trahis, ont plusieurs fois séquestrés le Conseil des ministres, le Président et le Premier ministre, avançant à chaque fois de nouvelles revendications et s’opposant à la dissolution de leur régiment, demandée par la société civile. En réalité cette revendication est apparue la première fois parmi les propositions du Conseil des sages, mis en place la suite du puissant mouvement de protestation contre l’assassinat de Norbert Zongo.

Avec le recul, l’hypothèse d’une préparation minutieuse d’un coup d’Etat, par un affaiblissement progressif des forces au sein du gouvernement pouvant s’y opposer apparait crédible. Ainsi, en février 2015, à la suite du deuxième mouvement d’humeur du RSP, des proches de Blaise Compaoré furent nommés à des postes clé: Boureima Kéré, pourtant accusé de torture par deux témoignages très précis (voir http://www.thomassankara.net/spip.php?article1739 et http://www.thomassankara.net/spip.php?article1738 ) comme chef d’Etat major particulier du Président etle lieutenant-colonel Coulibaly, ancien aide de camp de Blaise Compaoré, comme chef de corps du RSP. Ce dernier devait partir en stage de formation en France.

En juillet dernier, les chefs du RSP exigèrent la démission des 4 ministres militaires du gouvernement. Les tractations durèrent cette fois plusieurs jours. Ils n’obtinrent pas totalement satisfaction, mais suffisamment pour pouvoir envisager un coup d’Etat dans de bonnes conditions. Le premier ministre fut déchargé de la Défense, et surtout le lieutenant-colonel Auguste Barry, le ministre le plus populaire parmi les insurgés, perdit son poste de ministre de l’intérieur et de la sécurité. Il venait de déjouer une première tentative de coup d’Etat. N’est-ce pas parce qu’il essayait de reprendre la main sur le système mis en place par Diendéré, chef de la sécurité intérieur du pays sous Blaise Compaoré, qui entretenait à ce titre des rapports étroits avec les officiers des troupes françaises et américaines ? Un des derniers obstacles de taille était levé qui permettait d’envisager un coup d’Etat victorieux.

Diendéré, ancien chef d’une milice de tortionnaires et d’assassins, transformé en homme clé de la sécurité de la région par les français et les américains

Gilbert Diendéré, avait remplacé Blaise Compaoré à la tête du CNEC (Centre national d’enseignement commando), lorsque ce dernier devint chef d’Etat après un coup d’Etat qui se solda par l’assassinat de Thomas Sankara en 1987. C’est lui qui est aussi à l’origine de l’exécution des capitaines Jean Baptiste Lingani et d’Henri Zongo, les deux autres leaders « historiques » de la révolution, aux côtés de Blaise Compaoré et de Thomas Sankara. Ce sont des hommes sous son commandement qui ont tué Thomas Sankara et ses compagnons. Il en était le chef au moment de la période la plus noire du régime, marquée par des assassinats politiques, et lorsqu’on torturait ceux qui se refusaient à déclarer allégeance au régime.

Le RSP est issu du CNEC et Gilbert Diendéré en a gardé le commandement jusqu’à sa nomination comme chef d’Etat-major particulier de Blaise Compaoré. De nombreuses exactions, commises par les hommes de ce régiment, sont restées jusqu’ici impunies. Le journaliste Norbert Zongo a lui aussi été assassiné par des hommes du RSP. Gilbert Diendéré a été plusieurs fois cité lors du procès de Charles Taylor, puis dans des rapports de l’ONU, pour avoir détourné l’embargo au profit des rebelles ivoiriens. C’est lui qui avait le premier retrouvé l’avion d’Air Algérie qui s’était crashé au Mali, révélant ainsi l’efficacité de son système d’information mis en place. Et c’est encore lui qui a organisé la fuite de Blaise Compaoré en collaboration avec les forces spéciales françaises basées non loin de Ouagadougou.

Mais Gilbert Diendéré est aussi un ami de la France, et la Transition, en tout cas son Président, joue plutôt la diplomatie que l’affrontement avec la France qui va financer en partie les élections. Nous écrivions en effet le 5 février 2015 : « C’est ce même Gilbert Diendéré qui a été décoré de La légion d’honneur en France en 2008. Il était proche du général Emmanuel Beth, premier chef de l’opération Licorne en Côte d’Ivoire, directeur de la Coopération militaire et de la défense au Quai d’Orsay qui sera nommé Ambassadeur de la France au Burkina en 2010, son frère Frédéric Beth dirigeant alors les COS (commandement des opérations spéciales basées à Ouagadougou) avant de devenir le numéro deux de la DGSE. Diendéré et Emmanuel Beth, très proches, avaient l’habitude de faire ensemble des sauts en parachute » (voir http://blogs.mediapart.fr/blog/bruno-jaffre/050215/burkina-faso-la-transition-entre-arrogance-du-regiment-de-securite-presidentielle-et, -volonte-de-re) .

Il est aussi l’ami des américains, dont des troupes sont aussi stationnées au Burkina. Ainsi peut-on lire dans un document du service de communication du RSP : « Pour le Général Gilbert Diendéré, qui n’est plus à présenter, il a été souhaité que l’on exploite ses compétences indéniables, comme conseiller par exemple ; au lieu de s’en débarrasser. Des américains auraient dit : « si vous n’en voulez plus, donnez-le nous… ». Il est l’un des rares officiers généraux de la sous-région qui maîtrise autant les questions sécuritaires dans la zone sahélo-saharienne » (voir http://www.lefaso.net/spip.php?article63183).

Elections inclusives, le faux prétexte

Le préambule de la Charte de la Transition, adoptée par consensus, quelques jours après l’insurrection affirme « la nécessité d’une transition politique, démocratique, civile, apaisée et inclusive ». Effectivement les partis de l’ex majorité ont pu bénéficier de 10 sièges de députés au Conseil national de la Transition.

Lorsque le Conseil national de la Transition (CNT) a modifié la loi électorale, interdisant aux anciens partisans de la modification de l’article 37, donc à Blaise Compaoré, de se représenter, les protestations se firent rares alors, pour s’amplifier légèrement, surtout parmi les partisans de l’ex majorité et la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) et finalement retomber tout récemment. En réalité, trois mois après l’insurrection, cette réforme fut la première qui apparaissait aller dans le sens de ce qu’attendaient les anciens insurgés. Pour eux, l’insurrection s’était soldée par une trentaine de morts et des centaines de blessés qui méritaient le respect. Il n’est pas possible de voir revenir par les urnes les principaux dirigeants du régime précédent, responsables du pillage des principales ressources du pays, ceux qui viennent d’être chassés du pouvoir par un rejet massif. Tous les partis politiques de l’ex-opposition soutenaient cette réforme. En terme, d’exclusion, il convient d’ ajouter que les autorités de la Transition, les ministres, les députés du CNT n’ont pas le droit non plus de se présenter.

La CEDEAO s’opposa aussi à cette loi, non sur le fond en réalité, mais pour son imprécision qui semblait écarter tous les partisans de la modification de l’article 37, sans exception. Le Président de la Transition déclara que son pays se soumettrait à l’avis de la CEDEAO. Mais finalement le Conseil constitutionnel, rejeta les candidatures des ministres et des députés ayant voté cette modification, précisant ainsi de fait le critère d’inéligibilité. Une quarantaine de députés furent écartés des législatives mais purent être remplacés par d’autres personnes. Quant aux présidentielles, les candidatures de plusieurs personnalités comme le Président du CDP(Congrès pour la Démocratie et le Progrès, Parti de Blaise Compaoré) Eddie Komboïgo, Djibril Bassolet, ancien ministre des affaires étrangères et Gilbert Ouedraogo , président du RDA (Rassemblement démocratique africain) furent aussi écartées.

Finalement, les exclus ont tous déclaré, il y a quelques jours, se ranger aux décisions du Conseil constitutionnel. Et l’on s’orientait vers des élections paisibles, d’autant plus qu’à sa dernière réunion, la CEDEAO avait finalement réitéré son soutien aux autorités de la Transition. C’est dans ce contexte que les putschistes disent vouloir organiser des élections « inclusives ».

Gilbert Diendéré sous la menace d’une inculpation

Un faux prétexte ! La réalité, c’est que la justice se rapprochait de Gilbert Diendéré, dont l’inculpation dans l’affaire Sankara devait se traduire à court terme par son inculpation. Le jour du coup d’Etat, les avocats devaient être informés des avancées de l’enquête et des résultats. D’autres témoins, victimes de tortures se sont fait connaitre et ont raconté les sévices qu’ils ont subis. De plus, , une commission d’enquête avait été annoncée, pour déterminer les responsabilités des tirs à balles réelles pendant l’insurrection causant la mort d’une quinzaine de personnes et de très nombreux blessés . Or ce sont encore les soldats du RSP qui en sont les auteurs. et pour couronner le tout, la Commission des réformes et de réconciliation, mise en place par la Transition avait déposé son rapport dans lequel la dissolution du RSP était de nouveau proposée.

Un dernier baroud suicidaire ?

Si Diendéré a pu séduire officiers des troupes étrangères pour ses compétences dans la sécurité de la région, s’il semble avoir bien préparé ce coup d’état militaire, on peut s’interroger sur ses qualités d’homme politique après ce triste épisode que connait aujourd’hui le Burkina. Certes sa proximité avec les services français et américains ont pu lui faire croire, non sans raison qu’ils le soutenaient encore.

Mais nous ne sommes plus au début des années 80, où quelques officiers arrivaient à contrôler un pays en quelques heures. La population est aujourd’hui beaucoup plus urbanisée, plus largement politisée, l’information circule rapidement. L’armée est certes composée d’officiers nommés sous Blaise Compaoré, mais peu d’entre eux se risqueraient à accompagner un putschiste dans une telle aventure tant les risques d’échec sont élevés. Le parti de Blaise Compaoré, Le CDP, a subi quelques revers ces derniers temps montrant que ses capacités de mobilisation déclinaient. Surtout, après avoir multiplié les déclarations affirmant vouloir respecter la démocratie et les institutions, quel homme politique serait assez bête pour déclarer soutenir les putschistes ? Il y en a bien quelques-uns que l’on entend déclarer soutenir le coup d’Etat, mais tout observateur politique sait qu’ils signent là la fin de leur carrière politique. Bien sûr certains se réjouissent, mais combien oseront s’afficher aux côtés de Gilbert Diendéré ?

L’affrontement était inévitable nous l’avions annoncé, car l’impunité de Diendéré ne pouvait durer bien longtemps. Fort de ses soutiens, sans doute s’est-il cru indispensable. Le RSP ne pouvait non plus continuer à séquestrer les Conseils des ministres, à chaque fois qu’il avait des revendications à faire valoir. Et la population qui a massivement participé à l’insurrection, ne pouvait supporter encore très longtemps que Diendéré puisse rester plastronner à Ouagadougou.

Isolé à l’intérieur du pays, déconsidéré à l’extérieur, en tout cas officiellement, ce putsch n’a guère d’avenir. Diendéré non plus, si ce n’est en prison ou dans un lointain exil, toujours sous la menace de la justice internationale. Et le peuple burkinabè, aux longues traditions de lutte, n’est pas prêt d’accepter une telle forfaiture. Il a besoin de notre solidarité.

Bruno Jaffré

Source: http://blogs.mediapart.fr/blog/bruno-jaffre/180915/burkina-le-regiment-de-securite-presidentielle-rappelle-aux-yeux-du-monde-son-passe-putschiste

Diendéré, ancien chef d’une milice de tortionnaires et d’assassins, transformé en homme clé de la sécurité de la région par les Français et les Américains
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