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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 19:31

Par Rigobert OSSEBI

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Alors que Denis le père, autoproclamé à la présidence usurpée de la République du Congo, massacre dans le Pool, et que le frère Kiki siphonne pétrole et minerais, Coco rackette les entreprises.

Le 5 septembre dernier, toutes les entreprises établies au Congo ont reçu une lettre de la Présidence de la République, du Département de la Communication et des Relations publiques, leur annonçant leur obligation de figurer dans l’Agenda Présidentiel de la « Nouvelle République 2017 ».

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Bien entendu, rien de gratuit !

En même temps que la correspondance, une facture de 5 millions de francs CFA était jointe, ainsi qu’un Rib, pour être payée par virement ; le terme utilisé pour annoncer la facture étant « assujetti » qui signifie : « rendre sujet, soumettre à sa domination ; maintenir sous sa domination ; astreindre, obliger à faire… »  Quant à son paiement, le verbe échoir a été utilisé, signifiant : « qui advient par l’effet d’une loi ou d’une règle non écrite ! »

S’agissant d’une insertion publicitaire, la correspondance ne mentionne rien des éléments techniques nécessaires à son impression ; seule compte, semble-t-il, le virement bancaire !

On imagine aisément l’accueil, d’une pareille imposition d’office, auprès d’entreprises, pour la plupart exsangues, sur le point de mettre la clé sous la porte. Deux cents entreprises, qui s’y soumettraient, cotiseraient alors un bon milliard de francs CFA pour la fille préférée du tyran.

Cette tyrannie familiale, sans pudeur, n’a pour seule force que la faiblesse de l’opposition. Mais à force de tirer sur la corde, elle finira bien un jour par casser !

Rigobert OSSEBI 

(Extrait de congo-liberty)

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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 11:31
(Françafrique) De la Côte d'Ivoire au Gabon, la françafrique craque : AFRICA

De la Côte d’ivoire au Gabon, la francafrique craque :: AFRICA -


Des opinions embarrassées et contradictoires sur le conflit électoral au Gabon traversent les milieux progressistes africains. Les uns appellent à en finir avec la dynastie Bongo et les autres se méfient de Jean Ping qui fut membre de la garde rapprochée de feu Omar Bongo. La manipulation de la "gabonité" qui rappelle l’ethnicisme politique qui a marqué les affrontements électoraux en Côte d?Ivoire ajoute à la confusion. Mais quels sont les enjeux pour l’Afrique et les peuples d’Afrique qui se cachent derrière les apparences trompeuses du conflit électoral au Gabon ? Quelles sont les contradictions qui agissent sous le spectacle des quolibets polémiques des joutes et luttes politiques dans ce pays qui fut dirigé par l’une des figures les plus marquantes de la Françafrique, le père Bongo ?

#AliBongo L’impérialisme source de l’ethnicisme ivoiritaire et gabonitaire


En Côte d?Ivoire, L. Gbagbo, sans être un chantre de « l’ivoirité », a concilié avec l’ethnicisme ivoiritaire dans le contexte de la partition de fait du pays et d’une rébellion fomentée pour l’empêcher de gouverner et lui imposer le processus électoral piégé qui lui sera ensuite fatal. Au départ le conflit politico-judicaire sur la question absurde et dangereuse de « l’ivoirité » reflète l’incapacité de la classe politique néocoloniale ivoirienne a solutionné la crise économique, sociale et politique née des diktats libéraux du FMI. De façon générale le système néocolonial a fait se succéder des dictatures militaires ou civiles des années 60/70, le « multipartisme des gestionnaires et technocrates » dans les années 80/90, puis maintenant le « multipartisme ethnique, religieux et/ou régionaliste ». C’est ce que confirme le socialiste français Guy Labertit en avouant que « le concept de l’ivoirité est venu de certaines institutions internationales qui ont trouvé cette formule tristement géniale pour répondre à une situation de crise économique en Côte d?Ivoire ». C’est le Journal patronal Français les Echos du 27/12/99 qui montrent l’imbrication totale entre les intérêts de la Françafrique et les contradictions internes en Côte d?Ivoire pour expliquer le coup d’état de « Noël 99 « du Gl Gueï : « Comme le général Gueï, Paris avait pourtant contribué à installer Henri Konan Bédié dans le fauteuil vacant de Félix Houphouët Boigny...parce qu’il risquait de faire voler en éclats la « vitrine » de son pré-carré en Afrique. Parce que l’instabilité politique croissante à Abidjan commençait à porter préjudice aux importants intérêts économiques tricolores dans le pays. La Côte d?Ivoire est le deuxième client de la France en Afrique Noire (5,3 milliards de francs d’achats en 1998). L’Hexagone y détient une part de marché de près de 30%... ».

Comme on le voit le Gabon n’échappe pas à cette stratégie oppressive de l’impérialisme Françafricain notamment. En effet, c’est dans son livre intitulé "Nouvelles Affaires africaines. Mensonges et pillages au Gabon" édité chez Fayard, en octobre 2014 que Pierre Péan, un des experts Françafricain, affirme que M. Ali Bongo ne serait pas un Gabonais d’origine. Aussitôt les transfuges écartés du pouvoir qui forment pour l’essentiel l’opposition gabonaise actuelle en ont fait un discours de campagne en se référant à la constitution gabonaise qui dit que le président de la République doit être un Gabonais de naissance. C’est ainsi qu’est importée de France de toute pièce la pathologie politique de la "gabonité" qui dénie à Ali Bongo d’être le fils de son père tout comme le fait l’opposition Mobutiste à J. Kabila au Congo Démocratique. Il est même organisé le dépistage d’une "légion étrangère" de Béninois qui règnerait sur le Gabon tout comme hier de Burkinabés ou de Maliens en Côte d?Ivoire.

Le nouveau Foccard de la politique africaine de l’impérialisme Français, Albert Bourgi, va entrer en scène comme l’écrit : "Du coup en France, il a été décidé de renouveler le personnel politique en écartant Ali Bongo et Jean Ping a été préparé, puis, à lui, ont été joints Casimir Oyé Mba et l’ex-président de l’Assemblée Nationale du Gabon. Rappelons que toute cette clique de politiciens réactionnaires ont eu à servir et cirer les bottes du père Bongo qui les a fabriqué durant tout son règne. Casimir Oyé Mba fut gouverneur de la BEAC à Yaoundé, il fut d’ailleurs le premier gouverneur noir de cette banque centrale. Jean Ping a été le gendre de Bongo Omar puisqu’il a épousé Pascaline Bongo, celle là même qui du temps du père Bongo controlait tous les marchés. C’est donc une affaire entre beaux parents ?".

Rappelons le précédent génocidaire de l’implication et de la responsabilité de l’impérialisme Français : Au Rwanda, c’est l’impérialisme Français dirigé par le social-démocrate impérialiste Mitterrand qui a formé et préparé le Hutu Power pour la réalisation de ce crime contre l’humanité en terre d’Afrique en 1994 avant de protéger et de exfiltrer les génocideurs au Kivu en République Démocratique du Congo (RDC). Une conclusion s’impose : plus vite les troupes Françaises partiront, plus on peut espérer qu’une telle menace s’éloignera.

L’unité ou la désunion dans les Etats post-coloniaux d’Afrique pour l’impérialisme, c’est selon son intérêt. L’AOF, l’AEF ont été unies sous la domination coloniale et quand il a été question, après le congrès fondateur du RDA à Bamako en 1946, d’aller unis vers l’indépendance, l’impérialisme a balkanisé en créant les actuels Etats en s’appuyant sur des bourgeois compradores, Houphouêt, Senghor, etc., tout en les « unifiant par la monnaie unique le franc cfa avec l’Uemoa et puis dans la Cedeao, et par les accords de présence militaire imposés par la Françafrique.

Pourquoi avoir capturé Gbagbo et cherché à écarter Ali Bongo ?

Ceux et celles qui hier s’étaient laissés abusés par le « tout contre Gbagbo » au nom de la lutte contre le fascisme ivoiritaire ont pu après coup regretter leurs positions naïves au vu des résultats objectifs que cela a produit. Les manigances ouvertement anti-Gbagboistes de l’ONUCI et de l’opération Licorne ont clairement servi le plan des impérialistes d’utiliser les élections pour se débarrasser, puis de capturer et d’embastiller Gbagbo avec en prime le scandale d’un procès où toute l’accusation se révèle un grossier mensonge fabriqué de toute pièce. Le "tout sauf Ali Bongo", si il abouti conformément au plan des impérialistes Français, finira aussi pareillement. A la différence de Gbagbo, Ali Bongo, successeur de son père tout comme le fils Eyadéma, est un élément des réseaux Françafricains. Mais le passage en cours du monde unipolaire dominé sans partage par les USA alliés à l’UE au monde multipolaire fait ses effets. Les pays "émergents" comme la Chine, l’Inde, la Russie, le Brésil, etc, investissent de plus en plus en Afrique où les parts de marchés et la mainmise Occidentale recule sur le plan économique. Les Etats néocoloniaux Africains ont ainsi de nouvelles opportunités de financements et de faire des "affaires". L. Gbagbo envisageait de tourner le dos à la Françafrique, à l’Eurafrique et à l’Usafrique. Ali Bongo lui a choisi de diversifier les relations économiques au point que la Chine est devenue le premier investisseur et partenaire économique du Gabon. Le coup d’état en Centrafrique qui a chassé Bozizé, prélude aux affrontements armés entre milices armées Séléka et Anti-Balakat, a été provoqué parce que la Françafrique perdait des parts de marchés, notamment les contrats sur l’exploitation du pétrole récemment découvert.

Voilà ce qu’évoque un partisan d’Ali Bongo pour expliquer l’opposition de l’impérialisme Français :"Ali ira chercher de nouveaux partenaires, mettant en concurrence des entreprises asiatiques ou nord-africaines avec les entreprises françaises. Il en sera ainsi dans le pétrole dont le Gabon est le quatrième producteur subsaharien, après le Nigéria, l’Angola et le Congo. Ainsi, dès 2009, le chinois Sinopec rachète Addax. Il suffit de voir la nationalité des entreprises qui prospectent actuellement au Gabon pour savoir qu’Ali Bongo cherche une réelle diversification. D’après le Trésor public français, “on recense la présence d’une dizaine de compagnies actuellement en phase d’exploration” et aucune d’elles n’est française. Il y a les entreprises chinoises Sino Gabon Oil and Gas et Sinopec Overseas, la sud-africaine Sasol, les américaines Forest Oil et Anadarko, l’australienne Sterling Oil, la canadienne Canadian national resources, qui a racheté les actifs de Pionner, la japonaise Mitsubishi Petroleum, la britannique Ophir et enfin l’indienne Oil India international. Ali Bongo veut que désormais 40% des recettes du pétrole restent au Gabon, contre 20% auparavant. Dans cet objectif, dès 2010, il crée “la Société nationale de pétrole, dénommée Gabon Oil Company (GOC), dont la vocation consiste à développer les participations de l’Etat gabonais dans le secteur pétrolier”, affirme toujours le Trésor français, qui suit avec beaucoup d’intérêt tous ces changements pas forcément dans l’intérêt des entreprises françaises comme Total, Maurel et Prom. Rattachée à la Présidence de la république, et sous tutelle de la Direction générale des hydrocarbures, la GOC veille au grain, ou plutôt à l’or noir et au gaz. Aujourd’hui, la GOC commercialise directement sur les marchés internationaux 7 millions de barils par mois pour le compte de l’Etat gabonais. Mais ce qui a le plus mis en rogne les groupes français, ce sont les contrôles fiscaux et le redressement qu’ils ont subis. Ainsi, en 2014, le fisc gabonais a réclamé quelques 805 millions de dollars à Total. Ce redressement a fortement détérioré les relations avec cette multinationale qui a bien sûr activé tout ce que la Françafrique compte en réseaux occultes pour résoudre le problème, y compris “à l’amiable”” (Source : afrique.le360.ma).
C’est le parti Socialiste Français lui même qui dévoile son parti pris anti-Bongo dans la crise post-électorale au Gabon comme le démasque le 30 août 2016 Fanny Pigeaud : “Quelle mouche a piqué le Parti socialiste français ? Dimanche, le PS s’est invité dans l’élection présidentielle du 27 août au Gabon en prenant parti contre l’un des candidats, le président sortant Ali Bongo Ondimba, et ce bien avant la proclamation officielle des résultats, d’abord attendue mardi 30 août en fin d’après-midi puis différée. « Alors que les premières estimations indiquent que le président sortant Ali Bongo serait battu au profit de Jean Ping, la sérénité doit présider à l’issue du scrutin », professe le parti dans un communiqué aux accents paternalistes. « Le vote libre des citoyens est l’outil par lequel la démocratie s’exprime et l’alternance, quand ils le décident, doit fonctionner. Voilà pourquoi la démocratie doit triompher au Gabon comme c’est déjà le cas dans plusieurs États et ce mouvement doit s’amplifier. Voilà plus d’un demi-siècle que la famille Bongo gouverne le Gabon. Une alternance serait signe de bonne santé démocratique et un exemple”.

L’autre facteur qui explique une distanciation progressive de plusieurs chefs d’Etats africains vis à vis des USA et de l’UE trouve sa source dans ce qu’on peut appeler le syndrome Libyen, l’assassinat crapuleux de Khaddafi qui a créé la peur sur le mode de ce qui lui est arrivé peut nous arriver. Le chaos qui s’en ait suivi, avec l’expansion des "djihadistes-terroristes" financés et armés par les alliés des Occidentaux que sont les pétromonarchies Wahabites et Salafistes, a été instrumentalisé par l’impérialisme Français pour lancer l’opération d’oocupation militaire de tout le Sahel du Mali à la Centrafrique dénommée Barkhane (dunes de sables qui se déplacent au gré des vents dans le désert) et par l’impérialisme US pour implanter l’USAFRICOM en Afrique. Le cas libyen montre que les impérialistes n’ont pas "d’amis", ils n’ont que des intérêts.

La crise de l’impérialisme parasitaire, décadent et le passage au monde multipolaire

La stratégie guerrière du chaos est la réponse systémique au remplacement progressif du monde unipolaire issu de la défaite du camp socialiste, de l’URSS par le monde multipolaire. Jusqu’à la guerre contre la Libye, y compris au Conseil de Sécurité de l’ONU la dite « communauté internationale » se résumait de fait à l’UE et les USA, lesquels se partageaient les rôles selon leurs intérêts contre le reste du monde. Mais comme on le voit en Syrie et en Ukraine, la Russie et la Chine et les résistances des Etats – Nations commencent à changer cette donne. Du Sahel, au Golfe de Guinée, en Afrique centrale et de l’est, mais aussi au Moyen-Orient, en Asie ex-Soviétique et en Amérique du Sud, le bloc impérialiste décadent et parasitaire USA/UE joue la carte agressive des guerres et des coups d’états (institutionnels ou pas) pour contrôler les sources de matières premières afin de préserver son hégémonie qui perdure depuis 500 ans.

Ces guerres ou destabilisations de conquêtes ou de préservation néo-coloniales du joug Occidental impérialiste rencontrent de plus en plus partout des résistances. C’est l’extension même du domaine des interventions impérialistes, l’USAFRICOM et de l’OTAN, y compris en mer de Chine et dans la péninsule coréenne, pour empêcher l’accès des puissances émergentes non impérialistes aux matières premières qui suscite les contradictions montantes au sein des réseaux Françafricains, Eurafricains et Usafricains.

Cette tendance agressive et déstabilisatrice est aggravée par l’actuelle crise systémique de surproduction du capitalisme. La contradiction entre la socialisation toujours plus poussée de la production, de l’activité économique et l’accaparement privée monopolisée de celle-ci rend de plus en plus insupportable à des millions de travailleurs et de peuples l’exploitation capitaliste et impérialiste.

Le libéralisme est la politique économique du capital pour contrée la loi de la baisse tendancielle du taux de profit des Firmes Transnationales. Tout ce qui de prés ou de loin échappe à cette soumission au libéralisme outrancier est à éliminer parce que le mouvement actuel vers le multilatéralisme est suicidaire pour l’hégémonie Occidentale sur le monde. Or le libéralisme est une politique économique qui livre les économies nationales au pillage des Firmes Transnationales et ne sert ainsi qu’à développer le sous-développement, la dépendance à l’étranger et l’oppression nationale. Ces facteurs sont à la base des contradictions qui minent la remondialisation actuelle du capitalisme entre le centre impérialiste et la périphérie. Il faut situer les crises électorales ivoirienne et gabonaise ainsi que celle qui se profile en RDC dans un tel contexte évolutif. On voit ainsi le système Françafricain craquer de plus en plus sous la différenciation d’intérêts qui s’opère au sein même des clans mafieux qui gouvernent les néocolonies. Les luttes des peuples contre les effets désastreux de la gouvernance libérale viennent bousculer les élites au pouvoir et pousser à des recompositions politiques que les offres d’investissements des pays émergents comme la Chine rendent opportunes.

Les forces progressistes patriotiques, antilibérales et anti-impérialistes doivent profiter de ces contradictions internes au système néocolonial pour frayer la voie à l’alternative populaire et indépendantiste, étape vers le socialisme. Malgré la complexité de la situation, les exemples actuels de la Chine, du Vietnam, de la Corée du Nord et de Cuba montrent que c’est possible.
Le libéralisme a dominé sans partage avant et après la défaite du socialisme durant les 30 dernières années. Puis les pays rescapés du camp socialiste vaincu et d’ex-pays colonisés et dominés ont opposé et opposent le capitalisme d’état (plus la planification d’état dans le cas des ex-pays du camp socialiste) au libéralisme dominant comme politique et stratégie économique qui indéniablement leur permettent de sortir du sous développement. C’est le cas des pays de démocraties populaires comme la Chine, le Vietnam, Cuba et la Corée du Nord dans lesquelles cohabitent différentes formes de propriétés mais avec comme secteur stratégiquement dominant les secteurs socialistes et capitalistes d’état contrôlés par un Parti Communiste au pouvoir.

Cet anti-libéralisme appuyé sur la réaffirmation de la souveraineté nationale et populaire explique le caractère progressiste, anti-libéral et anti-impérialiste des pouvoirs patriotiques au Venezuela, en Bolivie, en Equateur, au Nicaragua, au Salvador, au Brésil (de Lula, Dilma), l’Inde, la Russie, etc.

Force est aussi de constater que même les pays capitalistes « classiques » comme l’Inde, le Brésil et la Russie, etc., utilisent aussi le capitalisme d’état pour aller de l’avant sur le plan économique. C’est là la nouvelle configuration évolutive des contradictions actuelles capital/travail, impérialisme/peuples opprimés et même capitalisme/socialisme (objectif déclaré par les expériences Chinoises, Vietnamienne, Nord Coréenne, Cubaine en cours).

Bien entendu comme le montre le coup d’état institutionnel contre Dilma Roussef ces expériences patriotiques alternatives au libéralisme en cours n’échapperont pas à la question fondamentale que la vie elle même posera tôt ou tard : QUI L’EMPORTERA au sein de chacun de ces pays entre anti-libéraux et libéraux soutenus par les impérialistes, entre Socialisme et Capitalisme, entre le PC et les forces du capital interne et externe ?

LIRE LA SUITE : http://www.camer.be/54838/30:27/de-la-cote-divoire-au-gabon-la-francafrique-craque-africa.html

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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 22:33
Afrique/Françafrique) François Hollande doit arrêter d’infantiliser l’Afrique

Par Olivier MOUEBARA -

Ami des dictateurs Sassou-Nguesso, Idriss Déby, Paul Biya, Mahamadou Issoufou, Alpha Condé et bien d’autres, François Hollande ne tire visiblement aucune leçon sur sa duplicité.

Aujourd’hui, en fin d’un mandat sans résultats, François Hollande s’est permis, ce 20 septembre 2016, dans un discours au siège de l’O.N.U, de parler de l’Afrique, en se moquant, une fois de plus, des africains.

Discrédité, rejeté, vomi et honni des africains, François Hollande doit comprendre qu’il n’a pas reçu mandat pour parler au nom des africains. Il est loin d’être notre porte-parole. Nous sommes assez adultes, instruits et formés pour parler de nos problèmes et d’y apporter des solutions.

L’infantilisation de l’Afrique par un homme qui n’a pas de parole, qui a donné un blanc-seing au dictateur Sassou-Nguesso de s’imposer par la force avec ses 8% de suffrages exprimés, d’emprisonner les opposants, de confisquer toutes les libertés publiques, de bombarder la région du Pool, est insupportable.

Croire à un plan de développement pour l’Afrique d’ici 2020 comme le propose François Hollande, c’est comme croire à l’électrification de l’Afrique par Jean-Louis Boorlo!

Tout ceci n’est que foutaises et balivernes.

Sans tarder, les africains doivent prendre leur destin en mains. Pour cela, la pédagogie est incontournable. L’avènement d’une génération consciente, soucieuse de libérer l’Afrique de l’infantilisation de la France par François Hollande, devient un devoir de salubrité continentale.

Henry Kissinger et sa fondation ont eu tort d’être complaisants envers François Hollande. En l’élisant avec autant de légèreté « homme politique de l’année 2016 » pour ses « efforts pour la démocratie », les africains se souviennent plutôt d’un fossoyeur de la démocratie qui a sur sa conscience de nombreuses victimes innocentes.

François Hollande a raté une occasion de se taire. Inaudible et peu crédible à l’intérieur de son pays, il l’est également en Afrique.

Alors que la France de François Hollande a présidé il y a quelques mois le Conseil de Sécurité de L’O.N.U, elle a été incapable d’inscrire à l’ordre du jour le hold-up électoral de son ami Sassou-Nguesso.

Le même François Hollande qui plaide pour l’augmentation du budget de l’Afrique à l’O.N.U, milite pour sa diminution une fois en France.

Mettre sans cesse en avant la « libération du Mali » face à l’avancée des islamistes, ne suffit pas pour caresser les africains dans le sens du poil.

La politique africaine de la France menée par François Hollande manque de cohésion, de cohérence, et de visibilité. Elle marche sur une béquille.

François Hollande ne peut pas prôner la démocratie et la sécurité en Afrique, tout en soutenant ses amis dictateurs.

Aujourd’hui, les africains se souviennent de François Hollande comme celui qui permet à son ami dictateur Alpha Condé de bien dormir, à son ami Issoufou de faire exfiltrer son principal opposant pour une fallacieuse raison médicale en France, à son ami Sassou-Nguesso de faire accréditer en France, mezza voce, son nouvel ambassadeur, Rodolphe Adada.

Quoi qu’il en soit, François Hollande, monsieur petites blagues, n’infantilisera plus les africains dans quelques mois.

Après sa tentative manquée de déchéance de nationalité concoctée autour d’une table à l’Elysée avec ses enfants(dixit le Canard Enchaîné de la semaine dernière), nous sommes décidé, si, daventure il se (re)présente à l’élection présidentielle.

Sans sourciller, les africains qui luttent pour l’avènement de la démocratie et l’alternance en Afrique, sont déterminés pour le faire battre. Il doit couler comme le Titanic, entraînant avec lui le PS.

François Hollande a réussi l’exploit de décevoir même ceux et celles qui n’ont pas voté pour lui.

Alors, il ne sert à rien pour François Hollande, de parler de honte s’agissant de la Syrie.

François Hollande doit plutôt avoir honte de soutenir ses amis dictateurs africains. Il doit avoir honte de divertir les africains, alors qu’il ne croit pas à ce qu’il dit. Il doit avoir honte d’infantiliser les africains qui ont compris ses roulements de tambours et de mécaniques, ainsi que ses revirements et ses reniements.

S’agissant de l’Afrique, le quinquennat de François Hollande est une parenthèse malheureuse, une caricature de ce que l’action publique ne doit plus être.

Le moment est venu pour nous battre réellement pour notre indépendance. L’infantilisation de l’Afrique et des africains par François Hollande, n’est que le corollaire de notre inconséquence et de nos lâchetés.

Nos ancêtres ne sont pas des Gaulois. La France qui a toujours été contre l’Afrique doit quitter nos contrées.

L’Afrique est le continent de l’avenir. François Hollande a tort de nous infantiliser. Son infantilisation aiguise nos appétits de nous débarrasser des chaînes coloniales. Sans l’Afrique et le pillage de nos ressources, que vaut la France de François Hollande?

Nous devons arracher notre indépendance. Notre attentisme ne fait que renforcer l’illusion de supériorité de la France de François Hollande vis-à-vis des africains.

Nous sommes ingénieux et capables de relever de nombreux défis en Afrique. « Rêver c’est le bonheur. Attendre c’est la vie ». N’attendons plus. Agissons!!!

Olivier Mouebara

(Extrait de congo-liberty)

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NOTRE COMMENTAIRE :

En Afrique francophone, le principe du pouvoir est simple : Celui qui remue la queue, rampe, lèche les bottes et garantit les intérêts de la France, même mondialement reconnu criminel impénitent, celui-là est jugé par la France apte à "gouverner ses compatriotes". Sinon, des individus comme Sassou Nguesso ne seraient pas là.
Pour trouver la solution au cas du Congo-Brazzaville, il faut d’abord régler le problème de la France avec la France. Pour ce faire, il faut que la France commence d’abord par opérer sa propre décolonisation mentale…

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De la République de Félix Eboué à la Françafrique de Charles de Gaulle. « critique de Mingwa Biango »

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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 18:13
(Afrique/Congo-Brazzaville) Coups d’État constitutionnels et répression politique...

‘Coups d’État constitutionnels’ et répression politique en Afrique subsaharienne. Intervention lors de la conférence « La situation des droits de l'Homme, la démocratie et l'alternance politique en Afrique subsaharienne » au Parlement européen à Bruxelles

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7 septembre 2016 11:02AM EDT

‘Coups d’État constitutionnels’ et répression politique en Afrique subsaharienne

Intervention lors de la conférence « La situation des droits de l'Homme, la démocratie et l'alternance politique en Afrique subsaharienne » au Parlement européen à Bruxelles

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Bonjour chers participants, et merci à l’Honorable Cécile Kyenge d’avoir organisé cette conférence.

Je voudrais parler d’une tendance inquiétante qui existe dans la région des Grands Lacs et dans d’autres pays en Afrique ces dernières années : le coup d'État constitutionnel - le phénomène où les dirigeants africains refusent de se conformer aux limites de durée de mandat, ou à des résultats électoraux défavorables, et préfèrent simplement changer les lois et les constitutions qui se dressent sur leur chemin. Trop souvent, leurs manœuvres juridiques sont accompagnées de graves violations des droits humains ainsi que de répressions brutales contre les personnes qui s'y opposent.

Les dirigeants les plus anciens d’Afrique sont d'excellents exemples de cette tendance. Teodoro Obiang Nguema Mbasogo de la Guinée équatoriale, José Eduardo dos Santos de l'Angola, et Robert Mugabe du Zimbabwe — tous au pouvoir depuis plus de 35 ans — ont modifié leurs constitutions dans le but de rester au pouvoir. Dans ces trois pays, il y n’y a que peu ou pas de presse libre, et les partis d'opposition sont systématiquement empêchés d'organiser des manifestations. Les personnes qui ont tenté de s'opposer à leurs efforts pour rester au pouvoir ont été brutalement réduites au silence.

[...]

Congo - Brazzaville

Denis Sassou Nguesso, le président de la République du Congo, est un des derniers leaders africains à prendre cette voie. Il a déjà été au pouvoir pendant 31 ans, avec une interruption de cinq ans entre 1992 et 1997. Puis en octobre 2015, son gouvernement a organisé un référendum constitutionnel afin de modifier les limites des mandats présidentiels — de deux mandats de sept ans à trois mandats de cinq ans — et d'éliminer la limite d'âge de 70 ans en cours pour les candidats à la présidentielle. [Sassou a aujourd’hui 72 ans.] Précédée par une campagne d'intimidation et de harcèlement à l’encontre de dirigeants de l’opposition et d’activistes, et malgré plusieurs allégations de fraude, la mesure a officiellement été adoptée avec plus de 92 % des votes, ouvrant la voie à Sassou Nguesso pour se porter candidat à encore un autre mandat.

Dans les semaines qui ont précédé le référendum, des milliers de personnes sont descendues dans les rues de la capitale, Brazzaville, et de la principale ville productrice de pétrole du pays, Pointe-Noire, pour protester. Ils tenaient des pancartes « Sassou Dehors », « Le Congo n’appartient pas à Nguesso » et « Sassouffit ». Les forces de sécurité gouvernementales ont riposté en recourant à la force létale, tirant sur les manifestants, tuant et blessant des dizaines des personnes, selon des activistes locaux. Le gouvernement a également fermé les services d'Internet mobile, les communications par message texte, le signal de Radio France Internationale (RFI), et il a interdit toutes les manifestations. Un grand nombre des personnes qui avaient osé se prononcer contre le référendum ont été arrêtées, y compris des jeunes militants pro-démocraties et des leaders de l’opposition.

La période après l’élection, le 20 mars 2016, – où, sans surprise, Sassou a été déclaré le gagnant – a aussi été caractérisée par la violence et la répression de toute voix dissidente, avec encore des morts et des arrestations.

[...]

LIRE LA SUITE :https://www.hrw.org/fr/news/2016/09/07/coups-detat-constitutionnels-et-repression-politique-en-afrique-subsaharienne

Autres tribunes

Ida Sawyer Chercheuse senior sur la RD Congo ida_sawyer

(Afrique/Congo-Brazzaville) Coups d’État constitutionnels et répression politique...
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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 17:07
France/Afrique : Selon Manuels Valls, la Frane a rompu avec la Françafrique !

Manuel Valls -

Ce matin 6 septembre 2016, Manuel Valls, le Premier Ministre français, était l’invité de Radio RTL. Interrogé au sujet des évènements du Gabon, il a annoncé sereinement, et le plus sérieusement du monde, que « la France avait rompu avec ce que l’on a appelé la Françafrique.»

Cette affirmation on ne peut plus claire à de quoi ravir tout à chacun. Le Premier Ministre n’a pas donné précisément la date de la rupture.

Peut-être était-ce hier ? Hier soir ? Hier, dans la nuit ?

Toujours est-il qu’il a déclaré qu’« avec le Président Hollande, nous avons installé une nouvelle relation avec l’Afrique…… grand continent d’avenir, nouvelle frontière….. nouveaux défis économiques, climatiques, migratoires…. Cette nouvelle relation est essentielle et cela passe aussi par d’autres modes de gouvernance, sans donner de leçon, mais comme beaucoup de pays s’y sont engagés…la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Mali où nous sommes intervenus pour sauver ce pays et la démocratie. La démocratie fait partie du développement…»

Tout est nouveau, tout est neuf, tout sera beau ! Pouvons-nous et devons-nous le croire, pour le continent ?

Deux minutes, montre en main, pour parler de l’Afrique ! Mais c’était aussi, dans ce dernier virage avant l’affrontement des élections présidentielles, un appel du pied à un électorat. Celui des franco-africains, que certains disent qu’il a été négligé, méprisé et même bafoué…

Difficile de croire que la Françafrique est morte, tout du moins larguée par une Gauche au pouvoir en France, alors qu’un Denis Sassou Nguesso parade sur le continent en y imposant de Libreville à Kinshasa, en passant par Ndjamena, son exemple antidémocratique et irrespectueux de la volonté des populations ; ses méthodes criminelles, qu’il a imposées dans l’espace francophone africain, ont fait école. On réprime, on tue, on embastille, on intimide ! En fin de compte, selon la jurisprudence Sassou Nguesso, la France reconnait le pouvoir en place et déclare vouloir collaborer avec lui.

L’Union Européenne en fait de même et pour Sassou Nguesso, et ses apôtres, l’affaire est dans le sac ! Si quelque récalcitrant, « candidat malheureux » selon l’expression consacrée, résiste et de son cachot refuse de reconnaître la victoire du tyran, alors annoncé par un Françafricain patenté, un ambassadeur tentera de l’en convaincre en échange d’une pacotille d’un autre temps.

Brazzaville était la capitale de la France Libre. Aujourd’hui elle est occupée par des forces obscures sans que cela n’émeuve ceux qu’elle avait aidés à libérer. La chape de plomb sur le Congo est repartie pour sept ans… !

Qu’il y ait eu rupture effective ou pas avec la Françafrique, tous les défis et toutes les ambitions pour l’Afrique, dont il est question dans l’interview, ne seront crédibles et accessibles qu’au départ définitif de Denis Sassou Nguesso de la scène internationale avec tous ses relais néfastes et corrompus.

Rigobert OSSEBI

(Extrait de congo-liberty)

LIRE LA SUITE : La France a rompu avec la françafrique: https://youtu.be/bCAlkGjgZ40

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3 septembre 2016 6 03 /09 /septembre /2016 19:19
(Afrique centrale/Gabon) Frank Ping et l'affaire Sinohydro

Depuis la mise en examen de Frank PING sur l’affaire Sinohydro, Jean PING son père ne s’est toujours pas exprimé. Une orientation que ses conseillers en communication lui ont préconisée. Et pourtant, sur le terrain l’affaire ne fait que prendre de l’ampleur.

Lâché par son ex partenaire Sinohydro (Wang Ping), un document incrimine directement Frank PING. Le Directeur Général de Sinohydro a été convoqué la semaine dernière par les services de police gabonaise. Frank Ping ne s’est toujours pas prononcé sur son implication dans l’attribution des marchés publics à la société Sinohydro au Gabon et au Cameroun. Il est actuellement en déplacement hors du territoire gabonais.

Depuis la révélation de cette affaire par Mediapart, le silence est de rigueur au sein de la famille PING. C’est apparemment, la recommandation donnée par le Cabinet CD Global Strategies, conseil en communication de la famille PING.

Africtelegraph.com publie en exclusivité un document incriminant directement Frank PING. Ainsi on aperçoit l’adresse mail de Multicheck : c’est une entreprise qui gère les sociétés offshores à Hong Kong. Le nom de Frank PING y apparaît clairement ainsi que sa société FIEX dans l’onglet du bas. Il semblerait que ce document soit une réclamation à Sinohydro pour le versement « d’honoraires ».

Trois projets sont concernés : un projet d’électricité de 2009 à Libreville, un projet de barrage électrique au Cameroun, et deux projets de routes notamment Akieni et Koumameyang. Il y en a pour une vingtaine de millions d’euros que réclame Multicheck pour le compte de Frank PING.

Une autre entreprise apparaît dans le document. Il s’agit de la société OSIRIS. Nous n’avons pas plus d’informations à ce jour sur les contrats qui sont concernés.

L’affaire remonte à 2009, Jean PING est Président de la Commission de l’Union Africaine. Il noue des contacts avec tous les Chefs d’Etat africains. Ses origines lui permettent également d’avoir de bonnes relations avec le pays de son père, la Chine.

Les projets d’électrification du continent africain sont de plus en plus nombreux. Et les Etats recherchent des partenaires. Ainsi s’effectue la rencontre entre l’ex Président de l’Union Africaine et Sinohydro. Un alignement d’intérêts.

LIRE LA SUITE : http://www.africtelegraph.com/document-incrimine-frank-ping/

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Africtelegraph - dans Gabon Afrique centrale Ali Bongo jean Ping
23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 07:28
Le Dollar : L'Afrique n'est jamais à l'abri !

Le dollar

Le dollar hante le sommeil du monde. Pour le reste, l’Afrique est un gâteau à partager. « L’Afrique subsaharienne sera la zone du monde à l’économie la plus dynamique, avec une croissance réelle supérieure à 5% par an ». C’est l’avis de l’économiste principal d’African Advisory Board, Désiré Mandilou.

Le monde a ainsi assisté à la plus grande restructuration bancaire de tous les temps. « Du gré ou de force, poussées par les autorités ou de leur propre initiative, dans l’urgence ou de façon préventive, des banques se sont faits racheter par des consœurs, se sont transformées pour survivre, ou ont été purement et simplement nationalisées, indique l’économiste Eric Bourguignon.

L’Afrique n’est jamais à l’abri. En théorie, l’abondance de liquidités générant partout dans le monde une économie de billets, devrait donner aux investisseurs la possibilité d’aller chercher des rendements hors normes aux quatre coins de la planète, même en Afrique. On observe cependant que l’Afrique accueille très peu de capitaux spéculatifs. En termes de rentabilité, les 26 bourses africaines surclassent les autres régions du monde, depuis plusieurs années. On est sûr de faire du 15% à minima en Afrique.

Les meilleures performances ne sont pas dans les industries extractives, mais dans les secteurs délivrant des biens et des services aux africains eux-mêmes. La croissance des places financières africaines (Abidjan, Lagos, Nairobi ,Casablannca) est donc endogène, portée par la croissance démographique et l’urbanisation. Donc, l’Afrique est un gâteau à partager, par un casino de plus.

Au bout du compte, les pays africains se trouvent engagés, en dette extérieure, envers un interlocuteur unique : le gouvernement chinois. Quand les pays Africains auront atteint un niveau d’endettement critique envers la chine, ils finiront bien par céder du capital (l’eau, les minerais, les terres arables, l’espace aérien ; ect..) pour sortir de la dette. Les chinois ont appris des tuteurs occidentaux de l’Afrique, comment endetter les Africains avec leur propre argent.

Tout cela, dans la plus totale indifférence des Banques centrales africaines. Pour se développer, il reste aux Africains à refuser les privations inutiles ; à se comporter exactement comme les Américains qui refusent toute limitation de leur pouvoir d’achat.

LIRE LA SUITE : http://www.africtelegraph.com/dollar-lafrique-nest-jamais-a-labri/

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22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 11:35

Nous savons tous que l’eau est indispensable à la survie de tout l’écosystème, à savoir : la flore, la faune ainsi que toute l’humanité. La mauvaise gestion de l’eau peut devenir une source de conflits majeurs entre les États riverains et tous les éléments naturels qui partagent le fameux sésame.

En Afrique Centrale, Deux projets ont été approuvés afin de transférer les eaux du Bassin du Congo vers le Lac Tchad. Il s’agit du Projet Transaqua (approuvé le 5 Avril 2014 à Bologne-Italie) et le Projet Oubangui (approuvé le 11 Décembre 2015 à Paris-France).

Ces deux projets consistent à contruire deux barrages sur la rivière Kotto ( Ville de Bria) et la rivière l’Oubangui (Ville de Palambo) afin d’assurer le transfert d’eau par pompage ou par gravité vers le lac Tchad.

Les Villes de Bria et Palambo sont situées en République Centrafricaine. La rivière Kotto est l’un des affluents de l’Oubangui, qui elle-même est un affluent du Fleuve Congo.

Assistés par des partenaires africains, tels que Denis Sassou Nguesso, Joseph Kabila, Paul Biya, Idriss Debby etc… ; les promoteurs de ces projets ont basé la faisabilité des projets sur des théories que les experts en climatologie, hydrologie et géographie refusent de corroborer.

Les experts ont démontré que les eaux de la cuvette Sud du lac Tchad demeurent stables depuis plus de 30 ans et que la variation des eaux de la cuvette Nord est due au fait que cette cuvette fût créer par les humains.

Le bassin du Congo est d’une importance capitale :
1) Il représente le 2e poumon mondial après l’Amazonie;
2) Il constitue une réserve de carbone d’importance mondiale pour la régulation du gaz à effet de serre et le dioxyde de carbone;
3) Il assure la régulation du climat régional et local et atténuent l’écocide;
4) Il permet le recyclage de l’eau, critique pour une grande partie de l’Afrique et du Monde;
5) Il est riche en biodiversité

Les experts ont démontré que le transfert de l’eau du bassin du fleuve Congo vers le lac Tchad ne sera ni la solution pour le lac Tchad, mais plutôt aura des conséquences néfastes sur l’écosystème, la biodiversité et la vie des 100 millions des populations qui dépendent des eaux du bassin du fleuve Congo.

La décision de transférer des eaux du bassin du fleuve Congo vers le lac Tchad est centralisée sur des intérêts politiques par lesquels les dictateurs d’Afrique centrales (Denis Sassou Nguesso, Joseph Kabila, Paul Biya, Idriss Debby etc) ont donné leurs accords afin de satisfaire leurs maîtres, qui les maintiendront infiniment au pouvoir.

Si jamais le lac Tchad présenterait un rétrécissement de superficie, il serait nécessaire d’Appliquer le principe du “Pollueur-Payeur” déjà bien utilisé en occident, c’est-à-dire les pays riverains du lac Tchad devraient d’abord trouver la solution au niveau local , au lieu de les chercher ailleurs.

La meilleure solution serait de financer le projet de désalination de l’eau de l’Océan Atlantique au large du port maritime de Douala (Cameroun) , l’un des pays riverains du Lac Tchad (situé à une distance d’environ 1700 km) pour l’acheminer par pipeline au lac. Ceci serait la solution la plus constante.

Cette solution permettrait :

1) de ne pas créer une catastrophe au niveau du bassin du Congo,
2) d’éviter la création des zones où les groupes armés régneront en maîtres afin de contrôler l’eau,
3) de prévenir les conflits liés à la gestion des terres riches en eau et propices aux activités d’agriculture et l’élevage à grande échelle.

Finalement, nous proposons que des projets de telle ampleur puissent faire l’objet du vote référendaire afin d’informer les populations concernées et qui décideront de leur propre future.

Nous attirons l’attention des dictateurs Denis Sassou Nguesso, Joseph Kabila, Paul Biya et Idriss Debby. Les eaux du Bassin du Congo ne sont pas les barils du pétrole que vous aviez l’habitude d’hypothéquer et que 200 Millions des populations dépendront de ces eaux en 2050.

LIRE LA SUITE :
https://www.youtube.com/watch?v=r_V-404ldxc&feature=youtu.be

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NOTRE COMMENTAIRE :

Si ce projet voit le jour, le fleuve Congo perdra son débit de 2ème Fleuve du monde. Ensuite, les villes de Dongou, Epena, Impfondo au nord de la République du Congo, accessibles uniquement par voie navigable, ne pourront plus être accessibles, la zone étant marécageuse et qu'aucune possibilité routière n'est envisageable. Nous attirons donc l'attention des populations de ces régions de faire prendre conscience au clan des Sassou & Nguesso sur les risques que leur fera encourir ce projet.

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15 juillet 2016 5 15 /07 /juillet /2016 10:38
Afrique/Congo-Brazzaville : Histoire, économie, politique

1998-2001

C'est depuis 1998 que Modeste Boukadia parle de créer un Gouvernement d'Union National regroupant toutes les tendances politiques du Congo pour que tous travaillent ensemble a l'Unité du Congo. Merci de lire cet article du Monde Diplomatique publie en 2001 expliquant la démarche originale de Modeste Boukadia http://afriquepluriel.ruwenzori.net/congo-d.htm


ARTICLES EXTRAITS DE LA PRESSE INTERNATIONALE

1992
Un des premiers pays d'Afrique à avoir tenu une conférence nationale, le Congo, entame ce mois-ci une nouvelle étape de sa transition démocratique, avec l'élection d'un nouveau président de la République. Mais les illusions des premiers mois ont disparu, laissant libre cours au désenchantement; certains dénoncent déjà la renaissance d'un discours tribaliste et régionaliste. Cette vision ethnique des luttes en cours est-elle pertinente, ou reflète-t-elle la difficulté à rompre avec les vieux schémas issus de la colonisation?

Commencé au début de l'année 1991, avec la tenue d'une conférence nationale souveraine, la première étape de la démocratisation au Congo s'achève ce mois-ci par l'élection du président de la République. En mai, juin et juillet se sont déroulés deux scrutins, l'un municipal, l'autre législatif, qui ont vu s'affirmer des partis et associations politiques à forte coloration ethnique. Les vraies questions liées à l'indépendance économique du pays et à la maîtrise de ses ressources pétrolières sont occultées par une classe politique davantage préoccupée par son destin que de l'avenir d'un Congo parvenu au bord du gouffre avec une dette extérieure avoisinant les 1 500 milliards de francs CFA (1). Si le règne sans partage du Parti congolais du travail (PCT) qui avait été créé en 1969 et avait voulu engager le pays sur la voie du marxisme-léninisme semble s'achever, toutes les hypothèses restent envisageables, d'un nouveau départ à la restauration sous une forme aménagée de l'ancien régime (2).

Le vide politique favorise une présentation simplifiée des luttes en cours: Nordistes et Sudistes s'affronteraient pour le pouvoir. Un même schéma est souvent appliqué aux autres pays du continent: en Centrafrique, les peuples riverains de l'Oubangui s'opposeraient à ceux de la forêt et de la savane, tandis qu'au Rwanda irréductible serait l'antagonisme entre les Tutsi et les Hutu. Aussi séduisante qu'elle soit, cette grille de lecture conduit à masquer les enjeux des conflits. Et d'abord parce que dresser une carte ethnodémographique du Congo relève d'une véritable gageure.

Les spécialistes qui s'y sont employés ont abouti à des résultats sensiblement différents, faute de recourir aux mêmes modalités de classement. Selon qu'on rattache certaines communautés à des ensembles plus vastes ou qu'on les appréhende comme des groupes à part entière, le paysage se modifie profondément. De plus, les observateurs ont souvent eu tendance à voir dans les particularismes tribaux une persistance de comportements hérités de l'époque coloniale et qu'il s'agirait d'éradiquer au nom d'une unité nationale imposée comme un dogme (3).

Ainsi, s'inscrivant dans un courant progressiste à coloration marxiste, les écrivains Henri Lopes, dans Tribaliques (4), et Jean-Baptiste Lati-Loutard, dans Chroniques congolaises (5), dénonçaient les survivances du passé et s'attachaient à définir une personnalité congolaise en prise avec le monde moderne. Au nom d'une "mission historique de la classe ouvrière", les marxistes combattaient des pratiques pourtant inséparables d'une identité culturelle qu'ils déclaraient, à chacun des congrès du PCT, vouloir préserver.

A contre-courant de bien des interprétations, un chercheur, Marie Eliou, montra dès 1977 comment la conception de l'éducation au Congo pouvait constituer un frein à l'affirmation de la conscience nationale (6). Pointant l'inadéquation d'une structure "qui implique l'abandon sinon le mépris de la culture et des valeurs autochtones", Marie Eliou soulignait le paradoxe d'un système dans lequel "la fierté d'être congolais voisine avec une sorte de regret de n'être pas français".

Il ne faut pas non plus oublier que les catégories mêmes d'ethnie et de tribu découlent d'une conception coloniale de l'histoire qui recensait les peuples en les abaissant. Sur les premiers papiers d'identité était mentionnée "la race", ce terme étant employé pour tribu. Chaque monographie établie sur un groupe vérifiait dans l'esprit du colonisateur la supériorité des sociétés étatiques et de l'Etat-nation sur les autres formes d'organisation de la société.

Ces approches renvoyaient aussi à un passé hypothétique dans lequel les ethnies apparaissaient comme des entités figées, jamais comme des groupes sociaux en devenir. Or cette société traditionnelle n'a jamais existé: au contraire, les collectivités précoloniales, affectées par de grandes migrations et un incessant brassage, s'imbriquaient dans une "chaîne de sociétés" et connaissaient un flux continuel d'échanges (7).

Ces réserves ne conduisent pas à nier l'importance de la question ethnique au Congo. Mais l'histoire ne se contente pas de reproduire d'anciennes querelles, et le tribalisme se développe contradictoirement à partir des revendications des populations en butte à la construction d'un Etat centralisateur et niveleur. On peut donc distinguer une conscience ethnique spontanée, liée au sentiment d'appartenir à une communauté linguistique, historique et culturelle, et le nouveau tribalisme politique qui, tout en se drapant dans les plis de la tradition, se nourrit des frustrations engendrées par une modernité économique et sociale renforçant les inégalités entre les individus, les peuples et les régions.

"Un syndicat de dictateurs"

De nombreux intellectuels sont réticents à adopter un vocabulaire qui avalise, sous couvert de scientificité, les clichés les plus éculés de la pensée coloniale. "Dans le discours politique, note l'écrivain Tchichelle Tchivela (8), lorsqu'on parle de tribalisme, c'est généralement pour dénoncer des attitudes jugées rétrogrades et qui tendent à favoriser les seuls membres d'une tribu au détriment des autres ressortissants du pays." Il préfère le terme d'ethnie, "moins péjoratif et moins connoté", mais il estime que les maux du Congo ne sont pas imputables à une rivalité ethnique mais à un régionalisme apparu au lendemain de la seconde guerre mondiale quand ses concitoyens ont obtenu le droit d'élire leurs représentants: "La concurrence entre les divers partis a durablement cristallisé l'opposition entre Nordistes et Sudistes. Les conflits auxquels nous assistons aujourd'hui plongent leurs racines dans ce passé récent." En 1958, le Congo devient autonome au sein de la Communauté française sous la direction de l'abbé Fulbert Youlou, un Lari, avant d'accéder le 15 août 1960 à l'indépendance. De violents affrontements entre ses partisans et ceux de son rival Jacques Opangault en février 1959 laisseront de profondes blessures.

Romancier et dramaturge, Sony Labou Tansi pense pour sa part que tout s'est joué en amont, avec l'intrusion des Européens et de la colonisation. Il récuse la pertinence des frontières qui ont taillé dans le vif des cultures: "L'effondrement du mur de Berlin a réjoui la planète. Mais n'oubliez pas que, en 1885, à Berlin (9), on a érigé d'autres murs, au coeur de l'Afrique." Sony Labou Tansi ne nie pas les responsabilités des régimes dans l'atomisation des peuples: "Ces barrières, les années 60 les ont consolidées. L'ethnisation des nations du Kongo a été favorisée par le manque d'audace de l'Organisation de l'unité africaine, qui s'est comportée comme un syndicat de dirigeants, voire de dictateurs."

Depuis lors, le fleuve Congo - frontière entre le Congo et le Zaïre - sépare des peuples que tout rapproche. En distribuant des cartes d'identité à des communautés qui n'avaient jamais cru changer de contrée en passant d'une rive à l'autre, les pouvoirs successifs ont voulu les enrégimenter, les dresser les unes contre les autres. Pourtant, le chauvinisme entretenu et exploité par les politiques ne doit pas faire illusion. La fibre patriotique peut certes vibrer le temps d'une compétition sportive, les réalités du quotidien tempèrent ces enthousiasmes.

Pour peu qu'il parle le kikongo, un Congolais de la région du Pool - celle de Brazzaville - peut dialoguer avec un ressortissant du nord de l'Angola ou du Bas-Zaïre. Et sur le plateau des Cataractes, là où le tracé de la frontière entre Congo et Zaïre est purement arbitraire, les parents scolarisent moins leurs enfants en fonction de leur nationalité que par rapport à la distance qui sépare l'école du village. De même, au-delà de Mossaka, les pêcheurs du Congo et de l'Oubangui ne se préoccupent pas des limites territoriales.

Quant au spectacle offert par les débarcadères de Kinshasa ou de Brazzaville, il est de nature à relativiser la fierté d'être né sur l'une ou l'autre rive du Congo: des deux côtés, on y entasse sans ménagement, sur des barges antédiluviennes, des grappes humaines vouées aux mêmes vexations. Cette commune infortune, conjuguée à des conditions d'existence similaires, détermine des solidarités bien plus fortes que la raison des gouvernements.

Le rêve de Sony Labou Tansi est au diapason du Congo profond, de la persévérance de peuples qui refusent d'être dessaisis de leur histoire. Il prolonge la vision d'un Congo des deux rives chère à l'écrivain et dramaturge Tchicaya U Tam'si (10). Pour autant, Sony ne prêche aucun séparatisme, ne revendique aucune hégémonie pour les siens. Sa conviction est que, un jour ou l'autre, les Africains sauront inventer des formes nouvelles de communication transcendant les Etats actuels: "Ce que l'économie semble édicter, les hommes sauront demain l'expérimenter."

Le Congo n'est pas une entité incréée; on ne peut renforcer son unité en gommant tout ce que la mémoire collective a conservé depuis des siècles. Malheureusement, l'Etat a avivé les tensions en favorisant l'emploi du lingala (qu'aucun groupe ethnique congolais n'a pour langue maternelle) et du munukutuba (qui est un créole) en leur accordant statut de "langues nationales"; à terme, l'un des deux devrait devenir "langue officielle". C'est surtout au lingala qu'on a, de manière feutrée, donné la primauté: dans la présentation des journaux parlés et télévisés, dans la traduction d'ouvrages français, dans les discours destinés "aux masses", etc. Cette prépondérance a été facilitée par la prégnance de la musique du Congo-Zaïre, diffusée principalement dans cette langue.

Cette volonté de légiférer au détriment des pratiques des populations a été dénoncée encore récemment par la Semaine africaine, l'hebdomadaire publié par la Conférence épiscopale: "N'a-t-on pas un moment, sur l'audiovisuel d'Etat, interdit par exemple la diffusion d'oeuvres musicales composées en langues maternelles? Etait-elle différente, la logique coloniale consistant à dépouiller un groupe humain de sa culture, de sa mémoire, de sa fierté (11)?"

Parce que les différences ne menacent pas forcément la nation, il aurait fallu respecter la part prise par chacun dans l'histoire. Un effort d'objectivité exigerait d'admettre, par exemple, que les Kongo-Lari ont été au premier rang de la lutte contre l'administration coloniale. A bien des égards, on n'a commencé à se sentir congolais (et non plus kongo, vili, bembe, teke ou m'bochi) qu'à partir du moment où cette résistance s'est développée. Cette vitalité du groupe kongo-lari apparaît comme celle d'un rameau ethnique qui a, plus que les autres, su défendre son être communautaire. Mais la peur qu'il inspire - on le soupçonne de visées hégémoniques - est utilisée et manipulée: "Le tribalisme dénoncé au Congo a toujours été le tribalisme de l'autre", note Jean-Pierre Thystère-Tchicaya, un des principaux animateurs des forces démocratiques. Le sociologue Henri Ossebi ne dit pas autre chose quand il analyse le discours du PCT sur la question: "Le brouillage opère à la fois par défaut et par excès. Dans le premier cas, il prend l'allure d'une dénégation: à aucun moment le discours officiel ne désigne les détenteurs du pouvoir comme acteurs"tribalistes"ou"régionalistes". Ce sont toujours les autres, dans une"langue de bois"qui fonctionne en permanence à l'exclusion et à l'accusation. Dans le second cas, il consiste à voir partout, dans tout conflit ou toute prétention concurrente, la figure de l'"ethnie"ou de la région (12)."

Responsable de la faillite: le régionalisme

Pour vivre ensemble et exorciser tout esprit tribal, il convient de laisser chaque communauté libre de pratiquer sa langue et d'honorer ses traditions. Mais les indépendances ont tourné le dos à ces principes, et les couches dirigeantes ont tenté de consolider la nation en interdisant toute référence à la diversité ethnique. Dans le même temps où elles géraient l'appareil d'Etat et les finances publiques comme ceux d'un "petit village", elles niaient l'être pluriel des populations sous leur autorité.

Comme ailleurs sur le continent, le pouvoir politique au Congo a tenté d'asseoir sa légitimité en recourant au clientélisme. Il a allié un népotisme régional - une place prépondérante réservée aux Nordistes dans l'administration et les entreprises - à une gestion démagogique de l'administration faisant de l'ensemble des fonctionnaires, toutes ethnies confondues, sa base sociale. Ce que les Congolais synthétisent par cette formule: "Payer régulièrement les salaires des fonctionnaires, c'est assurer la pérennité du gouvernement."

Pour le sociologue Côme Mankassa, ce fonctionnement renvoie à une tare congénitale. Le système lignager imprime encore sa marque sur la vie sociale: quand on est m'bochi comme le président de la République "on a l'impression de gouverner, de participer directement au pouvoir". "Si le Congo est en faillite, ajoute-t-il, il le doit au régionalisme. L'unité nationale doit être regardée non comme une donnée mais comme un devenir."

Avec le début de la démocratisation en 1991, le débat s'est brusquement infléchi. Ayant le sentiment d'être les laissés-pour-compte de la vie politique, certains ont réclamé le pouvoir pour leur région. Ils ont ainsi rejoint les tenants de l'ancien régime, effrayés par la perspective d'une longue traversée du désert, ont dénoncé chez leurs adversaires les plus décidés originaires du Pool une tendance au tribalisme, à l'intégrisme et à l'esprit de revanche. Cette prévention à l'endroit des forces déterminées à rompre avec le passé a incontestablement fait diversion, dissimulant les véritables enjeux du moment, ceux qui touchent à l'indépendance économique du pays.

Notes:
(1) 1 FCFA = 0,02 franc français.
(2) Lire Jean-Michel Devésa, "Dans le jardin privé de la littérature congolaise", le Monde diplomatique, octobre 1991. On y trouvera une liste des plus grands écrivains congolais et de leurs oeuvres.
(3) Sur le débat Etat, nation, ethnies, lire Michel Cahen, "Ce que l'Afrique noire pourrait apprendre à l'Europe", le Monde diplomatique, juillet 1992.
(4) Editions Cle, Yaoundé, 1971.
(5) L'Harmattan (Fonds Oswald), Paris, 1978.
(6) La Formation de la conscience nationale en République populaire du Congo, Anthropos, Paris, 1977.
(7) Jean-Loup Amselle et Elikia M'Bokolo, Au coeur de l'ethnie, ethnies, tribalisme et Etat en Afrique, La Découverte, Paris, 1985.
(8) Auteur de l'Exil ou la Tombe, Présence africaine, Paris, 1986.
(9) C'est au congrès de Berlin, en 1885, que les grandes puissances européennes décidèrent du partage de l'Afrique.
(10) Lire "Les origines sacrées de notre théâtre", le Monde diplomatique, décembre 1987.
(11) I'boto, "Top-média: les intégristes arrivent!", la Semaine africaine, Brazzaville, 13-19 février 1992.
(12) "Etat et ethnie au Congo: nouvelles situations, vieux démons", Revue de l'Institut de sociologie, n° 3-4, 1988, Bruxelles.

Processus démocratique
A l’instar de nombreux pays africains, le Congo connaît à partir de 1990, une vague de mouvement revendiquant la démocratie. Dans cette République populaire qui se réclamait alors de l’idéologie marxiste-léniniste, les bouleversements sur la scène internationale et un contexte économique interne difficile, ont stimulé la multiplication des grèves, des revendications estudiantines ainsi que l’apparition d’une opposition qui réclame une conférence nationale et le départ du Président Denis Sassou Ngesso.

Le comité central du Parti congolais du travail (PCT) se prononce en faveur du multipartisme au début du mois de juillet, mais la révision de la Constitution dans ce sens n’intervient qu’en décembre. Le PCT renonce à l’idéologie marxiste et à son rôle dirigeant. Plusieurs formations politiques sont alors reconnues. Le Président Denis Sassou Nguesso annonce finalement la tenue d’une conférence nationale lors de sa présentation des voeux du nouvel an à la nation.

Le 25 février 1991, la Conférence nationale congolaise s'ouvre à Brazzaville. Elle va durer 3 mois, jusqu'au 10 juin 1991. Elle sera présidée par Monseigneur Ernest Kombo, évêque d'Owando. Elle a pour " mission essentielle de redéfinir les valeurs fondamentales de la nation et de créer les conditions d'un consensus national en vue de l'instauration d'un Etat de Droit ". Cette institution regroupe les membres des partis déclarés, des associations indépendantes, des organisations non gouvernementales et confessionnelles, soit environ 1 200 délégués. La Conférence proclame sa souveraineté et adopte un Acte fondamental suspendant la Constitution de 1979 ainsi qu’une Charte des Droits et Libertés.

La Conférence met en place trois organes : la présidence de la République, assurée par Denis Sassou Nguesso qui reste à son poste mais se voit retirer certaines de ses prérogatives, le gouvernement de transition avec à sa tête le Premier ministre André Milongo, ancien administrateur à la Banque Mondiale, le Conseil supérieur de la République (CSR), présidé par Mgr Kombo et composé de 153 membres, représentants les différents groupes présents lors de la Conférence nationale. Il doit s'assurer de l'exécution des décisions prises pendant la Conférence, suppléer l'absence du Parlement et faire voter les lois.

La transition congolaise est marquée dès le départ par de nombreux ratés tels que l'affrontement, en septembre 1991, entre le gouvernement et la Confédération syndicale congolaise qui s'oppose au plan de restructuration des entreprises et de la fonction publique. Des tentatives de coups d'Etat, contre André Milongo lors de son voyage aux Etats-Unis en décembre 1991 et contre Denis Sassou Ngesso, en janvier 1992 sont à noter. Le mois de janvier 1992 est aussi marqué par un remaniement ministériel dû à une crise politico-militaire. C'est enfin sur fond d'ethno-régionalisme et de relations conflictuelles entre le gouvernement de transition et les groupes pétroliers Elf et Agip que se déroule la transition.

Le 15 mars 1992, un référendum a lieu, aboutissant à l’adoption de la Constitution de la quatrième République avec 96,3 % des suffrages. Les mois d'avril et de mai sont marqués par de nombreuses grèves et un conflit entre le gouvernement et le CSR. En mai, les élections municipales confirment l'effondrement du PCT qui conteste le scrutin face à la montée de nouveaux partis, notamment le Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral (MCDDI) de Bernard Kolélas et l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS) de Pascal Lissouba. Le premier tour des élections législatives confirme ces tendances avec toujours les protestations de l’ancien parti unique. Le 19 juillet 1992, c'est le deuxième tour des législatives ; il est couronné par le succès de l’UPADS qui obtient 39 des 125 sièges contre 29 pour le MCDDI et 18 pour le PCT, le reste des sièges revenant à de nombreux autres partis. La contestation est toujours de rigueur. Les élections sénatoriales du 26 juillet confirment la même tendance.

Aux élections des 2 et 16 août 1992, Pascal Lissouba est élu Président de la République avec 61,3 % des voix. Mais même si elle est menée à son terme, la transition démocratique au Congo aura été très mouvementée, tout comme le nouveau mandat de Lissouba sera marqué par de nombreuses crises. Fin octobre, c'est le renversement du gouvernement Bongo-Nouarra, suivi, le 17 novembre par la dissolution de l'Assemblée nationale, dissolution déclarée illégale par l’opposition. En juin 1993, celle-ci boycotte le deuxième tour des législatives, n’ayant pas reconnu les résultats du premier tour tenu le 2 mai. S'en suivent des émeutes et l'annulation de ce tour des élections. En juillet, l'état d'urgence est décrété à la suite des affrontements entre milices, marquant le début du cycle des guerres civiles.

La médiation du Président gabonais Omar Bongo permet d’organiser à nouveau un deuxième tour, encore contesté, conduisant une fois de plus à la reprise des affrontements armés. La fin de l’année 1993 et le début de l’année 1994 sont marqués par la guerre malgré l’arbitrage d’un collège international de juristes sur les élections. L’année 1995 voit de nombreuses dissensions apparaître dans la mouvance présidentielle. L’opposition semble se revigorer. Le gouvernement est ouvert à quelques opposants et les deux parties signent en décembre un pacte de paix prévoyant le désarmement des milices. Mais la stabilité n’est décidément pas au rendez-vous car, dès le début de l’année 1996, des mutineries ont lieu dans l’armée.

Avec le retour de Denis Sassou Ngesso à Brazzaville en janvier 1997 dans la perspective de la présidentielle de juillet, les affrontements se multiplient entre ses milices " Cobras ", les " Ninjas " de Bernard Kolélas, maire de Brazzaville et les " Zoulous " du Président Lissouba. La guerre civile devient générale à partir de juin 1997 lorsque la résidence de Sassou Ngesso est attaquée. Après quatre mois et demi de guerre civile, les forces fidèles à ce dernier prennent Brazzaville en octobre, aidées par le troupes angolaises. L’élection présidentielle prévue pour les mois de juillet et août n’a pu se tenir et le général Sassou Ngesso est investi des charges présidentielles. Un forum tenu en janvier 1998 a fixé la période de transition à trois années au terme desquelles, en l’an 2000, doivent se tenir des élections générales.

La victoire militaire de Sassou Ngesso n’a pas pour autant ramené la stabilité politique. L’opposition se fait entendre de l’extérieur par la voix de l’ancien Président Lissouba, exilé en Grande-Bretagne, et celle de Bernard Kolélas, exilé aux Etats-Unis entre autres. Les milices fidèles à ce dernier mènent une guérilla sur fond ethno-régional dans le Pool, région qui comprend la capitale. En décembre 1998, ils ont tenté de renverser Sassou Ngesso, absent du pays. Cette action s’est soldée par une contre-offensive à l’arme lourde dans les quartiers sud de Brazzaville avec un coût en vies humaines des plus élevés et une exacerbation des tensions ethniques. Le Congo reste un pays dévasté, où la réconciliation sera difficile à obtenir. Le processus de démocratisation est avant tout subordonné à une paix qui n’est pas encore d’actualité, comme on a pu le vérifier encore avec les attaques des " Ninjas " de Bernard Kolélas, suivies d’une contre offensive de l’armée en mai 1999.

JUILLET 1999

Pour sortir de cette tragique impasse par une approche novatrice de la situation, des voix de plus en plus nombreuses s'élèvent. Ainsi, le 19 juin, un colloque organisé par le Club des Amis du Congo-Brazzaville s'est tenu à Paris. Son thème: Le Congo-Brazzaville, enjeux géopolitiques, démocratie et développement. Des universitaires, des politologues, des membres d'association et des Congolais de toutes obédiences ont échangé leurs points de vue, loin de tous les conformismes.
Ouvertement, dans le concert congolais, une autre démarche atypique, celle de Modeste Boukadia-Loutaya, Président du Cercle des Démocrates et Républicains du Congo-Brazzaville (CDRC), une association dont la création remonte au 18 août 1992. Dans la jungle qu'est devenue aujourd'hui la vie politique congolaise, où l'ostracisme a figé les positions, le CDRC se révèle une force de proposition, loin des sentiers battus, faisant preuve d'un effort d'imagination qui va dans le sens d'un renouvellement du discours et de la classe politique. « Sous prétexte de défendre ou de protéger la démocratie et l'unité nationale, la classe politique traditionnelle et partisane entretient sciemment l'insécurité, l'instabilité et la terreur dans le pays par des querelles de personnes. »
Le CDRC pose des questions de fond: le gouvernement actuel issu d'un putsch militaire n'a, à ce jour, aucune légitimité. Comment négocier avec un tel gouvernement ? Faut-il demander au Président renversé et en exil, alors que son mandat officiel a pris fin en août 1997, de restaurer un gouvernement provisoire, avec pour mission d'organiser immédiatement des élections présidentielles ?

Le CDRC propose à la classe politique, aux syndicats, à la société civile, un modus vivendi ou une convention pour un contrat de confiance, qui ne devra ni juger ni condamner, mais doit simplement exprimer la volonté de négociation, de dialogue. Ce contrat ne pourra avoir de signification que si certaines conditions préliminaires sont réalisées.
Créer les conditions de la démocratie et de l'unité nationale
Au plan de la sécurité : signature d'un accord de cessez-le-feu accompagné du retrait de toutes les troupes étrangères et du déploiement d'une force d'interposition internationale de maintien de la paix sous la responsabilité de l'OUA et de l'Onu.

Au plan politique: instauration d'une période de transition de trois ans, nomination d'un Premier ministre civil, chef de gouvernement et constitution d'un Gouvernement de transition dont les missions seront définies par les signataires du modus vivendi. Avec à l'issue de la transition, l'organisation d'élections générales (municipales, législatives, régionales et présidentielles).

Au plan institutionnel: abrogation de l'acte fondamental de 1997 et réhabilitation de la constitution du 15 mars 1992 ; adoption d'une ordonnance constitutionnelle portant création d'un Conseil d'Etat de transition, assumant les fonctions de Président de la République; création d'une commission électorale indépendante et institution d'un organe de régulation de la presse et des médias audiovisuels.

Au plan économique: redéfinition du statut du Trésor public qui doit jouer le rôle d'une banque de la nation et mise sur pied d'une holding financière dans le rôle d'une banque de commerce extérieur pour lancer la politique des grands travaux de reconstruction.
Des propositions qui ont le mérite de la cohérence, même si certaines d'entre elles pêchent par idéalisme. Car il est bien évident que le pouvoir de Sassou Nguesso, engagé dans une fuite en avant éperdue, ne se laissera pas émouvoir par de bons sentiments. Reste donc à trouver les moyens de lui faire entendre raison. C'est là où le rôle de l'opinion internationale devient primordial. .

AOUT 1999

La guerre qui se poursuit au Congo-Brazzaville depuis neuf mois donne lieu aux excès les plus inhumains. Il est patent que toutes les milices qui s'affrontent portent de lourdes responsabilités. Les partisans de l'actuel chef de l'Etat ont, autant que ceux de l'opposition, commis des viols et des pillages, et massacré des milliers de civils. Au point où en est le Congo-Brazzaville, il est plus qu'urgent d'élucider les raisons pour lesquelles la «classe politique» de ce pays s'est muée en une thanatocratie.
D'aucuns prétendent que les événements récents sont les effets d'une longue tradition «tribaliste» : les «Nordistes» et les «Sudistes» (sic) ne pourraient vivre ensemble et seraient condamnés à s'affronter. C'est méconnaître une histoire multiséculaire. Il suffit de lire Georges Balandier, Luc de Heusch ou Jan Vansins pour comprendre que l'Afrique centrale est, depuis près de mille ans, un espace au sein duquel des forces ou des formations de tous types ont pris naissance ou se sont effondrées. Certaines de ces forces ou de ces formations ont érigé les fameux royaumes ou «Etats de la savane». Le royaume du Kongo et le royaume Téké ne sont que quelques exemples de cette dynamique. Dans d'autres cas, des structures d'une autre nature ont vu le jour, entretenant d'autres rapports avec les phénomènes de territorialisation et avec les modèles de l'autorité ou de la cité. Les événements actuels restent marqués par ces processus. Mais l'on ne peut se contenter de renvoyer à ce passé pour comprendre les mutations qui affectent l'Afrique centrale et le Congo-Brazzaville en particulier.

Impact de la colonisation

On a du mal à imaginer ce que la colonisation a pu induire en Afrique. Les systèmes mis en place par les puissances européennes ont accéléré la dégradation, la destruction et la désintégration de véritables structures anthropologiques. Cependant, l'on ne peut imputer à la colonisation seule la responsabilité de tout ce qui advient. D'autres mouvements ont poursuivi une œuvre de déshumanisation dans le cadre des luttes anticoloniales, puis après l'obtention des indépendances. Les factions qui se défient ou se combattent actuellement au Congo-Brazzaville ont longtemps instrumentalisé des rhétoriques simplifiées à l'extrême. Si Bernard Kolebas (principal dirigeant de l'opposition) et ses Ninjas abusent d'une rhétorique messianique excellemment étudiée par Martial Sinda, Denis Sassou Nguesso (l'ex et actuel chef de l'Etat) et ses Cobras ne seraient pas ce qu'ils sont sans cette rhétorique révolutionnaire qui n'a été qu'une arme pour la prise du pouvoir et l'instauration d'un système de terreur.

«Tribalisme» et «révolution»

Pour les aveugles et les demi-savants, le fait que Kolebas soit du Sud et Sassou Nguesso du Nord prouve que le «tribalisme» continue à faire des ravages. Mais ces aveugles et ces demi-savants occulteront, du coup, une autre dimension de l'histoire congolaise. Au Congo-Brazzaville, l'antitribalisme occupe, depuis des décennies, une place de choix. Si longue est la liste des proclamations antitribalistes égrenées par les politiques de ce pays que beaucoup ne parviennent toujours pas à comprendre pourquoi l'Etat-nation n'a pu ni y être consolidé, ni y voir le jour. En fait, la thématique antitribaliste n'a été massivement utilisée, après 1968, que pour contrer un messianisme d'autant plus menaçant qu'il mettait en cause le partage colonial des frontières, et perpétuait un idéal théologico-politique propre aux populations kongo vivant en Angola, dans l'actuelle République démocratique du Congo (RDC) et au Congo-Brazzaville. Mais le projet révolutionnaire, réduit par le Parti congolais du travail (PCT, ex-parti unique) au rang d'un outil démagogique, n'a été qu'un échec. En quelques décennies, ce parti a transformé le Congo en un champ de bataille où des bureaucrates et des militaires incultes et véreux sévissaient sans vergogne.

Le faux espoir de 1992

Après la Conférence nationale, et l'élection de Pascal Lissouba à la présidence, en 1992, certains croyaient qu'un tournant s'était produit. Il a vite fallu déchanter : en 1993-1994, peu après l'élection de Lissouba, ses partisans, grisés par la victoire, se sont empressés d'affronter les partisans de Kobelas dans une nouvelle escalade autodestructrice. Jusqu'en 1997, les milices congolaises se sont acharnées à restaurer des rites sacrificiels datant d'un autre âge. Parallèlement, le déclin de l'Etat a poursuivi son cours. L'«après-culture» (George Steiner) a accru son emprise, métamorphosant implacablement une jeunesse d'autant plus manipulable qu'elle avait, depuis belle lurette, perdu l'essentiel de ses repères.

L'instabilité institutionnelle et les déséquilibres interrégionaux s'aggravant, Sassou Nguesso a su, comme lors de sa première prise de pouvoir en février 1979, tirer profit du déchaînement des énergies guerrières et a passé une alliance avec des puissances farouchement opposées au projet messianique incarné par Kobelas. Ces puissances n'ont fait qu'une bouchée d'un Lissouba dont l'arrogance ou l'inconstance et l'impéritie se paraient d'un sabir technoscientifique. L'histoire congolaise s'étant mise à bégayer, les anciens membres du PCT, revenants skakespearo-wagnériens soutenus par l'armée congolaise, pouvaient s'emparer des principaux rôles d'un drame qui n'a pas encore pris fin.

Si plusieurs organisations des droits de l'homme ont déjà publié des rapports accablants sur les crimes commis dans la capitale congolaise lors de la «guerre des milices» de 1997, seule une commission d'enquête internationale éclairera l'ensemble de la communauté mondiale sur les événements survenus depuis décembre 1998, à Brazzaville dans les quartiers de Bacongo et Makélékélé et dans les régions opposées au retour de Sassou Nguesso au pouvoir.

Dans une série d'interviews accordées dernièrement, l'actuel chef de l'Etat n'a cessé de mettre sur le compte de l'opposition tous les massacres commis au Congo-Brazzaville. Le fait d'exiger qu'une commission d'enquête internationale se rende dans toutes les régions martyrisées par la guerre ne revient nullement à faire le jeu de l'opposition. C'est, au contraire, travailler en vue de la création de nouvelles conditions favorisant le retour des milliers de réfugiés fuyant les combats.

Dialogue et désintégration

Plusieurs dirigeants d'Afrique centrale, réunis à Libreville le 6 août 1999 autour du chef de l'Etat gabonais Omar Bongo, ont reconnu que les conflits armés qui se poursuivent au Congo-Kinshasa et au Congo-Brazzaville déstabilisent toute la région. Mais l'inaptitude au dialogue perdure à Kinshasa comme à Brazzaville.

A de rares exceptions près, les différentes versions de la «politique» africaine contemporaine n'ont fait que promouvoir un processus de désintégration qui a souvent favorisé l'émergence ou la résurgence des pires figures du nihilisme et du Mal. La question qui se pose désormais à tous les Congolais est celle de savoir si leur pays a été englouti au cours des dernières années, ou si, échappant à des mythes obsolètes et s'émancipant de l'emprise de chefs pour qui l'exercice d'un pouvoir de mort est la seule règle, ils sauront et pourront reconstruire le Congo-Brazzaville.

FEVRIER 2000

Malgré les deux cessez le feu conclus en novembre et décembre 1999 entre l'armée et les milices, le Congo Brazzaville ne parvient pas à sortir du conflit qui l'a ensanglanté à 3 reprises depuis 1993. Le coordinateur humanitaire de l'ONU pour le Congo, Bill Paton, a dressé lundi 21 février un bilan mitigé de la situation. D'un côté, il a dénoncé le manque d'intérêt de la communauté internationale pour un pays ou des dizaines de milliers de viols ont été commis en 1999 et ou des meurtres sont encore perpétrés et, de l'autre, il a noté avec satisfaction que 400 000 des 800 000 personnes déplacées étaient rentrées chez elles ces dernières semaines. Le président congolais, Nguesso, a pour sa part appelé le mardi 22 février à un dialogue national comprenant ses ennemis Pascal Lissouba et Bernard Kolélas, sans toutefois lever l'ambiguité sur un éventuel retour de ses deux opposants, le premier ayant été condamné par contumace et le second étant poursuivi par la justice de Brazzaville.
La route nationale n°1 n'existe plus. Les ornières ont des dimensions impressionnantes. Le goudron qui affleure par endroits est troué et coupant. Un désastre !! Il faut trois heures pour couvrir les 75 Km qui séparent la capitale de Kinkala, le chef lieu du Pool.
Les villages sont déserts. Les populations actuels ont fui la violence des combats et le comportement odieux des belligérants au fur et à mesure que la guerre approchait, préférant se réfugier dans les forêts que de subir la mitraille et l'arbitraire. Les miliciens de l'ancien président Lissouba, les Cocoyes, et ceux de son premier ministre Bernard Kolélas, les Ninjas, utilisaient les habitants de la région comme bouclier. Les milices du président Nguesso, les Cobras, leurs alliés angolais et les supplétifs zaïrois, rwandais et tchadiens, les considéraient comme complices de leurs ennemis.
Des milliers de familles ont passé plusieurs mois à couvert des arbres, subissant les intempéries, campant sous les pluies tropicales, se nourrissant de feuilles...Ils ont commencé à sortir des forêts en mai, après que Nguesso eut tenu des propos rassurants et que les forces gouvernementales eurent affermi leur emprise sur le sud de la région du Pool.
L'habitat est clairsemé. Les maisons en dur sont occupées par des hommes en uniformes. Les 10 000 habitants de Kinkala ont fui, eux aussi. Peu sont revenus. En fait, la population ne sait pas qui elle doit craindre le plus : Ninjas, Cobras, Angolais...!!
Un congolais témoigne : " Les unités de la Garde républicaine ont trié, interrogés, arrêtés et fait disparaitre systématiquement ceux qui étaient en âge de porter des armes, les accusant d'être des Ninjas. C'était l'époque ou des voyous, incorporés dans la force publique, se comportait comme des sauvages, découpant les corps de leurs victimes et accrochant les membres et les têtes sur les calandres des voitures des Cobras, avant de jeter les restes des corps dans le fleuve".

Source :
Le Monde Diplomatique 1987-1997

SOURCE :http://afriquepluriel.ruwenzori.net/congo-d.htm

http://afriquepluriel.ruwenzori.net/

Contenant et contenus conçus et réalisés par Olivier Bain; tirés de l'oubli, toilettés et remis en ligne par Jean-Marc Liotier

Afrique/Congo-Brazzaville : Histoire, économie, politique
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10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 19:12
(Afrique/Chine/Congo) Le voile se lève la barbarie des banquets cannibales de la Révolution culturelle.

© Reuters -

Chine: Le voile se lève sur la barbarie des banquets cannibales de la Révolution culturelle. Les nouveaux habits dont se vêt l'Afrique en général, le Congo en particulier, sont couleur rouge-sang ... Une barbarie qui se double d'une autre, brutale.

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Au plus fort de la Révolution culturelle, de macabres "banquets" ont vu des convives dévorer les organes de leurs victimes "contre-révolutionnaires": des scènes d'épouvante éradiquées de la mémoire officielle, un demi-siècle après le déclenchement de cette décennie de tourmente meurtrière.

Lancée le 16 mai 1966 par Mao Tsé-toung pour renverser ses adversaires, la Révolution culturelle a été marquée par une frénésie de violences, plongeant le pays dans le chaos sous couvert de luttes politiques. Des adolescents, les "gardes rouges", ont battu à mort leurs professeurs, des familles se sont entredéchirées, des factions entre-tuées. Mais le régime communiste observe toujours un silence obstiné sur les pires excès commis à l'époque.

A Wuxuan, dans des campagnes isolées de la province du Guangxi (sud-est), la barbarie a atteint des sommets: les coeurs, foies et parties génitales de victimes y ont été découpés et cuits avant d'être consommés par leurs tortionnaires.

Aujourd'hui, la ville offre un tableau paisible: boutiques de yaourts, pêcheurs à l'ombre de pics karstiques verdoyants et bannières rouges à la gloire du Parti. C'est pourtant là que, 50 ans plus tôt, au moins 38 personnes ont été victimes de cannibalisme organisé, a rapporté à l'AFP, sous couvert d'anonymat, un cadre ayant participé au début des années 1980 à une enquête officielle sur ces évènements. "C'est en exacerbant l'injonction à la lutte des classes qu'on en est arrivé au cannibalisme", explique-t-il. "Les meurtres étaient effroyables, pire que des bêtes".

"Durant cette décennie catastrophique, le Guangxi (...) a été le cadre d'une cruauté et d'une sauvagerie révoltante", a écrit ce retraité du Parti, dans un manuscrit consulté par l'AFP. "Des gens ont été décapités, battus à mort, enterrés vivants, lapidés, noyés, ébouillantés, massacrés en groupe, vidés de leurs entrailles (...) explosés à la dynamite. Toutes les méthodes ont été utilisées".

Fanatisme politique

Contrairement aux scènes de cannibalisme survenues durant les famines du "Grand bond en avant" (1958-62), les violences de Wuxuan étaient motivées par le pur fanatisme. "C'est un cannibalisme causé par des évènements politiques, une haine politique, au nom d'une idéologie et de rituels politiques", explique à l'AFP X.L. Ding, professeur de la Hong Kong University of Science and Technology, expert de la période.

Selon les universitaires, l'horreur a été rendue possible à Wuxuan par l'isolement géographique, la brutalité du chef régional du Parti communiste, la pauvreté et une multiplication des factions.

Les détails connus sont glaçants. En 1968, un professeur de géographie du collège local est battu à mort par ses élèves: son corps est traîné près de la rivière Qian, où un autre professeur est contraint, sous la menace d'une arme, d'en retirer le coeur et le foie. Les organes sont rapportés à l'école où ils sont cuits au barbecue et mangés par les adolescents. L'établissement scolaire a été depuis déplacé et reconstruit.

Interrogés par l'AFP, certains habitants de la vieille ville affirment ne rien savoir ou affichent un silence embarrassé. Un nommé Luo confie toutefois: "Du cannibalisme ? Oui. J'étais là, j'ai vécu cela". Mais il s'empresse d'ajouter que Wuxuan s'est énormément modernisé: ce passé "ne signifie plus rien".

Briser le silence

La rumeur des carnages au Guangxi --150.000 morts, selon certains recoupements-- a poussé les autorités à diligenter une enquête officielle, une quinzaine d'années plus tard. Ses conclusions n'ont jamais été rendues publiques. Mais le journaliste Zheng Yi en a tiré un livre-choc, "Stèles rouges", publié à l'étranger au début des années 1990 --et interdit en Chine.

Plus récemment, le cadre rencontré par l'AFP --l'un des responsables de la commission d'enquête-- a fait paraître un article dans un magazine chinois libéral à faible tirage. Il y détaillait ses découvertes et rappelait qu'au moins une centaine d'individus avaient pris part à des actes de cannibalisme. Mais ses efforts pour toucher l'opinion ont rencontré une vive résistance.

Des officiels régionaux retraités ont aussitôt rédigé une virulente réplique, envoyée aux plus hautes instances communistes. "Ils m'accusaient d'être anti-Parti et antisocialiste", et réclamaient une autocritique, se souvient le cadre.

Zheng Yi, qui avait le premier exposé au grand jour les cas de cannibalisme de Wuxuan et qui vit désormais exilé aux Etats-Unis, s'alarme du silence persistant sur les violences barbares de la Révolution culturelle.

"Comme le gouvernement n'a jamais permis un examen historique en profondeur de la période, il est impossible de dire si des leçons en ont été tirées", a-t-il déclaré à l'AFP.

LIRE LA SUITE :

http://m.levif.be/actualite/international/chine-le-voile-se-leve-la-barbarie-des-banquets-cannibales-de-la-revolution-culturelle-une-facette-occultee-de-l-histoire-officielle/article-normal-499551.html?utm_campaign=Echobox&utm_medium=social&utm_source=Facebook

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