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  • : Blog contre la corruption, la cupidité, l'avidité et la concussion (C.A.C.) au Congo-Brazzaville
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24 octobre 2016 1 24 /10 /octobre /2016 20:41

RCF God's Talents avec Aleth Felix-Tchicaya.

Fondatrice des « Enfants d’Aleth », Aleth Felix Chicaya est citoyenne du monde qui a une foi à soulever les montagnes. C'est une association de sauvetage et d’accompagnement des pauvres, à BXL, NewYork, Afrique. www.leausa.org - Ecoutez ce podcast: https://goo.gl/oZLWO7

LIRE LA SUITE : https://rcf.fr/actualite/societe/donner-des-semences-en-afrique-et-du-cafe-aux-pauvres-de-new-york

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21 octobre 2016 5 21 /10 /octobre /2016 00:44

Assises Nationales du Congo

 

assises-logo

 

 

Appel au sursaut national et patriotique contre le terrorisme d’Étatau Congo Brazzaville et l'épuration ethnique planifiée dans le Pool.

La République du Congo, notre pays, connaît un destin tragique par la folie d'un seul homme, Sassou Nguesso qui pour sa gloire, bafoue, depuis plus de 45 ans, les valeurs fondatrices de la république, pille les richesses nationales, complote, emprisonne et tue impunément qui il veut, quand il veut et comme il veut. Il a érigé un système à sa dévotion pour son règne personnel.

Demain jeudi 20 octobre 2016 retentiront dans notre mémoire et dans nos cœurs meurtris de citoyennes et de citoyens du Congo-Brazzaville, ces cris désespérés de jeunes gens sauvagement abattus en plein jour le 20 octobre 2015 à Brazzaville, à Pointe-Noire, à Madingou, à Owando et dans bien d'autres contrées par la horde de barbares en uniformes à la solde du régime tyrannique du dictateur Denis Sassou Nguesso.

Aujourd'hui, ces mêmes cris de nos compatriotes victimes de l'épuration ethnique planifiée retentissent encore plus dans le Département du Pool où femmes, vieillards, enfants, adolescents et surtout des jeunes compatriotes sont chaque jour, depuis plus de six mois, arrachés à la vie par des exécutions sommaires, des bombardements incessants à l'arme lourde et par hélicoptère. Ceux qui échappent à ces massacres, ne sont plus ou moins qu'abandonnés dans la pire précarité des savanes, des forêts humides et hostiles à la vie comme cela s'est déjà produit entre 1997 et 2005.

L’histoire retiendra que l’impulsion belliqueuse et itérative de Sassou Nguesso, a mis en œuvre, tout au long de son règne, un mode opératoire bien rodé : la fabrication du bouc émissaire. C’est ce que rappellent les tragédies vécues : de 1977 à 1979 à la suite de l'assassinat du Président Marien Ngouabi suivi des exécutions commandées de l'ancien Président Alphonse Massamba Débat et du Cardinal Emile Biayenda ; de 1987 à 1988 à Ikonongo où des villages entiers ont été rasés faisant des centaines de morts jusqu'à l'exécution du capitaine Pierre Anga ; de 1997 à 1999 dans le Pool et à Brazzaville avec l'élimination systématique des jeunes gens dont l'affaire du Beach est le grand témoignage ; et plus récemment le 16 décembre 2013 avec les massacres à l'arme lourde de citoyens inoffensifs au domicile du Colonel Ntsourou.

Que de victimes innocentes, que de familles endeuillées, que de larmes et du sang des autres !

Les Assises Nationales du Congo s'inclinent devant la mémoire de tous ces martyrs, victimes de l'exercice tyrannique du pouvoir et de l'usage de la violence politique par Sassou Nguesso comme moyen d’accession et de conservation du pouvoir.

Plus que jamais, les Assises Nationales du Congo réaffirment le caractère sacré de la vie humaine. Elles condamnent avec énergie les tueries aveugles et les nombreuses exactions à huits clos qui se multiplient sans cesse dans le Département du Pool, et sur l'étendue du territoire national notamment à Brazzaville, à Pointe-Noire, à Lékana, et à Makoua.

Denis Sassou Nguesso et ses valets violent ainsi impunément les principes fondamentaux proclamés et garantis par la Charte des Nations uniesdu 24 octobre 1945, la Déclaration universelle des droits de l'hommedu 10 décembre 1948, la Charte africaine des droits de l'homme et des peuplesdu 26 juin 1981 ; textes internationaux signés et ratifiés par la République du Congo.

Pour l’histoire, les Assises Nationales du Congo réaffirment :

-              Que la situation dramatique imposée au département du Pool est un vernis du pouvoir pour détourner l’opinion nationale et internationale de la fin de règne du système Sassou, décidée dans les urnes par le peuple souverain à l’élection présidentielle anticipée du 20 mars 2016.

En effet, le Pasteur Ntumi n’est que l’alibi dans cette tragédie qui frappe le Pool. C’est pour conforter le hold-up électoral que le dictateur en place met en musique le grossier mensonge d'une attaque terroriste des quartiers sud de Brazzaville. En réalité il a organisé une milice, dirigée par le député Mouagny Hydevert qui a incendié et saccagé plusieurs commissariats et mairies de Brazzaville Sud, dans la nuit du 03 au 04 avril 2016 ; Pendant que certains jeunes Ninjas/Nsilulu, instrumentalisés par les hauts gradés de la police nationale, simulaient une attaque des quartiers sud de Brazzaville.Cette milice continue de semer la terreur dans les villes de Brazzaville et de PointeNoire.

Aussitôt est née l’affabulation sur Ntumi, commanditaire depuis sa base arrière de Soumouna. Le bouc émissaire est ainsi fabriqué pour mettre à feu et à sang, avec l'appui de milliers de mercenaires étrangers, le département du Pool et par ricochet, apeurer l'ensemble de la population congolaise qui lui est très majoritairement  hostile. Ainsi se poursuivent depuis plus de six mois, les bombardements et destructions des villages situés tout au long et dans les environs de la route Nationale n°1.

-              Que l’on ne peut parler de guerre dans le Pool. Il s’agit d’une campagne d’épuration ethnique planifiée. On comprend dès lors pourquoi, aucune ONG internationale sérieuse n'a été autorisée depuis le 06 avril 2016, d'enquêter ou simplement de secourir ces populations civiles en détresse sociale aggravée.

Ainsi entendu, Sassou-Nguesso a construit son idéologie politique dans le crime organisé. Il vit du crime et ne peut pas s’en défaire. Telle est la véritable nature de ce monstre froid qui adore exhiber ses victimes à des rituels macabres pompeux, dont le dernier en date est celui du 11 octobre 2016, qui concernait des jeunes militaires congolais qu’il a une fois de plus sacrifiés pour ses fins personnelles, endeuillant de nouveau des familles congolaises.

En conséquence,

Les Assises Nationales du Congo s'associent au valeureux peuple congolais et à toutes les forces politiques et sociales qui refusent de se soumettre au diktat d'un régime illégal, illégitime et inhumain aux abois, qui œuvre pour la balkanisation du pays.

Notre pays est en danger.

Les Assises Nationales du Congo restent convaincues que la soif de liberté, de solidarité nationale et de changement véritable, exprimée tout au long de l’année 2015, et au premier trimestre 2016 par les populations, du nord au sud, de l’est à l’ouest, commande à un renforcement sans équivoque de la lutte de libération nationale.

Éloignons nous de toute forme de résignation car : « ... Un gouvernement qui tire sur le peuple doit être renversé par le peuple... ».

Il est temps de réaliser qu'une dictature, telle celle de Sassou Nguesso, ne repose jamais sur l'idée de construction d'une Nation mais règne sur la division à partir d'un agrégat de situations composites selon la célèbre maxime « diviser pour régner ».

C'est aussi le lieu de rappeler qu'un dictateur ne quitte jamais le pouvoir de son plein gré. Le croire, est simplement naïf et une illusion suicidaire sacrifiant davantage les intérêts majeurs du peuple sur l'autel de la barbarie.

Fort de ce qui précède, les Assises Nationales du Congo :

    Réaffirment que le pouvoir de Denis Sassou-Nguesso, rétabli en tant que régime d'exception suite au coup d'état d'octobre 1997, prolongé par la forfaiture du 25 octobre 2015 et le holdup électoral à l'issu du scrutin anticipé du 20 mars 2016, est illégal et illégitime. Par voie de conséquence, les Assises Nationales du Congo ne reconnaissent pas Denis Sassou Nguesso comme président du Congo Brazzaville car frappé d'indignité.

    Condamnent le terrorisme d’État qui engage la responsabilité personnelle de Sassou Nguesso et de tous les cadres militaires, politiques et civils, complices des crimes humains et des violations des droits fondamentaux sur toute l’étendue du territoire national.

    Se félicitent que des procédures judiciaires internationales (CPI) aient été engagées et que celles-ci poursuivent leur cours pour mettre définitivement fin à la cruauté humaine exacerbée dans le pays.

Enfin, les Assises Nationales du Congo

    Appellent à un sursaut national et patriotique contre le terrorisme d’État au Congo Brazzaville et contre l'épuration ethnique planifiée dans le Pool ;

    Demandent à tous les officiers et hommes de rang, congolais et républicains, qui se reconnaissent dans les idéaux défendus jusqu'à ce jour par le Général Mokoko, de désobéir aux ordres injustes et anti républicains. Ils sont vivement appelés à s’organiser pour sécuriser et protéger les populations congolaises contre le terrorisme d’État. C’est cela le rôle sacré de défense de la patrie que commande le noble métier des armes en République.

    Soutiennent et encouragent les efforts de rassemblement et de résistance déployés par les forces politiques et sociales regroupées au sein de la coalition IDC – FROCAD- Composante J3M.

    Renouvellent leur soutien à toutes les initiatives visant l’intensification de la désobéissance civile pour faire triompher la volonté du peuple.

Fait à Paris le 19 octobre 2016

Pour les assises Nationales du Congo

Le Délégué Général

Mawawa Mâwa-Kiese

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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 21:54

 

Kinkala (Pool) : Sassou Nguesso promet de faire goûter le sang aux Congolais (27/06/2015) © CONGOLIBERTY-TV
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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 21:41
 
Faute d’avoir atteint leur but, les miliciens et mercenaires de Sassou-NGuesso se sont acharnés sur plusieurs personnes âgées, dont un vieux de plus de 75 ans qui se nommerait Kouma, accusé d’être le féticheur du pasteur Ntumi. Après l’avoir torturé, il a été transféré dans les geôles de la Sécurité d’Etat à Brazzaville.

 

pooliste

 

 

 

A la recherche de Ninjas imaginaires qu’elle ne trouve pas, l’armée tribale du dictateur Sassou-NGuesso s’en prend à tous les jeunes du Pool à partir de 15 ans qu’elle juge en âge de porter une arme, comme ce fut le cas, pour plus de 353 Koongo assassinés (affaire des disparus du Beach).

Le 17 octobre 2016 dans la matinée les miliciens du bourreau de l’Alima ont mené des véritables rafles et perpétré des actes de barbarie sur plusieurs personnes âgées (viols, séquestrations, tortures…), dans le village de Ngandou Boudzoua dans la région de Mindouli (Pool). Après leurs forfaits, tous les véhicules dont les propriétaires étaient originaires du Pool ont été incendiés.

L’armée génocidaire de Sassou-NGuesso s’est aussi déchainée sur des paisibles citoyens qui se rendaient à Brazzaville par la Route Nationale, en installant des barrages routiers, avec pour but non seulement de piller, mais aux fins de torturer ces pauvres voyageurs considérés à tort comme des partisans du pasteur Ntumi.

Faute d’avoir atteint leur but, les miliciens de Sassou-NGuesso se sont acharnés sur plusieurs personnes âgées, dont un vieux de plus de 75 ans qui se nommerait Kouma, accusé d’être le féticheur du pasteur Ntumi. Après l’avoir torturé, il a été transféré dans les geôles de la Sécurité d’Etat à Brazzaville.

Pendant que le génocide des populations du Pool poursuit son cours,  les hommes politiques vaquent tranquillement à leurs occupations politiciennes.

Tsaty Mabiala de l’UPADS est en campagne électorale pour les législatives de 2017 et Parfait Kolelas prépare sa convention de la soi-disant opposition, pour un dialogue avec le diable !

Quelle indécence, quel cynisme …les hommes politiques congolais n’ont aucune humanité !

ce jeudi 06 octobre 2016 à 10 heures précises à KOMONO

Tsaty-Mabiala à Komono le jeudi 06 octobre 2016

upads

Tsaty Mabiala à Bambama le mercredi 05 octobre 2016

convention

La Rédaction

(Extrait de congo-liberty)

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AUTRE FAIT :

Une femme de 50 ans, prénommée COSETTE, mère de six enfants, a été enlevée et enfermée à la DGST où  elle subit, avec d'autres femmes de son âge voire plus, les sévices, les viols, les tortures en tout genre des miliciens et mercenaires de Sassou Nguesso. Leur crime : leur appartenance ethnique, parce que originaire du Pool, parce que Kongo.

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 22:02

PRIONS POUR LES VICTIMES DU POOL : Dimanche 23 octobre 2016 à 14h30 En l’Église Catholique Saint Pierre-Saint Paul de Courbevoie

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SOUVENONS NOUS DE TOUTES LES VICTIMES DES VIOLENCES POLITIQUES AU CONGO

LE  PERE GEORGES VANDENBEUSCH L’ANCIEN PRISONNIER ET LE PASTEUR DAVID GOMA CELEBRERONT UN CULTE OECUMENIQUE DE SOUTIEN AUX PRISONNIERS POLITIQUES.

Ne crains pas ce que tu vas souffrir. Voici, le diable jettera quelques-uns de vous en prison, afin que vous soyez éprouvés, et vous aurez une tribulation de dix jours. Sois fidèle jusqu’à la mort, et je te donnerai la couronne de vie.? Apocalypse 2:10

PRIONS POUR LA PAIX AU CONGO
PRIONS POUR LES VICTIMES DU POOL

Dimanche 23 octobre 2016 à 14h30 En l?Église Catholique Saint Pierre-Saint Paul de Courbevoie 10 Rue des Boudoux 92400 Courbevoie
Accès: RER ou Metro:   LA DEFENSE, prendre bus 275 ou 278 Arret: Herold- Mairie de Courbevoie

Diffusé le 17 octobre 2016, par www.congo-liberty.com

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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 21:53

Afrique centrale, l'impossible alternance

Dans les neuf pays que compte l’Afrique centrale, six élections présidentielles ont été organisées entre mars et août 2016. Seul le vote en République Centrafricaine s’est déroulé dans des conditions acceptables. Même Sao Tomé et Principe, pourtant montré comme un exemple de démocratie, a connu un scrutin agité avec des accusations de fraude. Au Tchad, au Gabon, au Congo Brazzaville, en Guinée équatoriale les pouvoirs en place depuis des décennies ont été reconduits lors de consultations critiquées. La septième élection de l’année, qui devait se dérouler en République Démocratique du Congo en novembre 2016, n’aura pas lieu. C’est pourtant la première fois que les Congolais auraient eu la possibilité de faire entendre leur voix dans les urnes depuis l’indépendance en 1960. Les citoyens de ces pays n’ont jamais autant aspiré à une véritable démocratie qui mettrait fin à un système de gouvernance gangréné par la corruption et le népotisme et par conséquent à leur misère. Les taux élevés de participation aux divers scrutins attestent de cette envie d’alternance. La volonté populaire d’en finir coûte que coûte avec ces Présidences autocratiques expliquent l’intensité des crises pré ou post électorales. Une nouvelle fois, des deux Congo, Brazzaville et Kinshasa, nous parviennent des images de cadavres gisant dans le sang. Insoutenable. Une nouvelle fois, une fois de trop…

Kinshasa manifestation du 19 septembre 2016

Congo Brazzaville : quand c’est fini… ça recommence !

L’élection présidentielle au Congo Brazzaville a eu lieu en mars 2016. Après 32 ans au pouvoir, le Président Denis Sassou Nguesso a fait fi du résultat des urnes et est resté accroché à son fauteuil présidentiel. Il a réussi à se maintenir à la tête de l’Etat en utilisant l’armée, la police et des milices et, malgré les exactions commises, il a bénéficié d’un incompréhensible silence diplomatique et médiatique. Dès le 4 avril 2016, le chef de l’Etat congolais a envoyé son armée pilonner le département du Pool, où les populations lui sont majoritairement hostiles. Le bilan est lourd : entre 2 et 3000 décès, des villages entiers, comme celui de Soumouna, ont été détruits, et environ 30 000 personnes ont été déplacées [1], nombre d’entre-elles se sont réfugiées en forêt et y sont restées de longs mois, sans soutien extérieur. Il paraît à peine imaginable qu’au 21ème siècle une région entière vive un pareil huis-clos. Aucune organisation humanitaire n’a eu accès à cette zone, entièrement quadrillée par les militaires, et n’a donc pu apporter ni soins aux blessés ni aide alimentaire aux enfants carencés. Après des mois cachés en brousse, certains habitants avaient commencé à regagner leurs villages, mais le 30 septembre et le 1er octobre, profitant de toute l’attention portée par la communauté internationale aux événements en RDC, le gouvernement de Brazzaville a relancé les opérations militaires dans le Pool. Sous prétexte de rechercher, l’ancien chef Ninja, le pasteur Ntumi, des obus se sont à nouveau abattus dans le district de Goma Tse Tsé, de Kinkala et de Mindouli. Une vingtaine de morts seraient déjà à déplorer côté civils et 17 côté force publique et miliciens. Ces pertes militaires laissent à penser que ce conflit pourrait dégénérer en guerre civile [2]. Une nouvelle fois, la population fuit et le cortège des déplacés défile dans l’indifférence générale. Combien de temps encore les exactions commises par l’armée et les milices du Président congolais pourront-elles être cachées sous le tapis de la « communauté internationale » et des organisations humanitaires ? Combien de temps encore Denis Sassou Nguesso pourra-t-il rester à la tête d’un Etat qui s’enfonce inexorablement dans une profonde crise militaire, politique, économique et sociale ? Si aujourd’hui, le Président congolais est encore en place, après avoir fraudé les élections, bombardé son peuple et emprisonné les opposants, ce n’est pas à cause du seul mutisme des chancelleries, la raison est également à chercher du côté de la faiblesse des partis de l’opposition. Certes, la répression et les arrestations ne rendent pas le travail des opposants aisé, néanmoins, pendant l’élection présidentielle, ils bénéficiaient d’un large soutient populaire qu’ils n’ont pas su faire fructifier. Par ailleurs, comment comprendre qu’ils aient dénoncé si fortement l’emprisonnement de leurs camarades et si faiblement les bombardements du Pool ?

Le cercle vicieux de la « démocratie »

L’impossible alternance en Afrique centrale est aussi à aller chercher du côté de l’asthénie des contestataires. En 1990, lors de son discours de la Baule, François Mitterrand déclare que l’aide de la France sera conditionnée au multipartisme, à la bonne gouvernance, à l’indépendance de la presse et de la magistrature. Message bien compris par les dirigeants de l’époque qui, pour rester dans les clous de cette nouvelle donne et obtenir la « prime à la démocratie », fabriquent de toutes pièces journaux et partis dits d’opposition. Le principal dégât collatéral de ce célèbre discours est la naissance d’une véritable culture de la corruption en politique avec son lot « d’opposants alimentaires », de petites et grandes combines et autres trahisons. Argent et politique est un sujet inépuisable qui n’est, certes, pas un domaine réservé à l’Afrique ; toutefois les conséquences de cette monétisation dans des Etats jeunes aux institutions faibles sont encore plus délétères. Bien entendu, il existe des hommes et des femmes incorruptibles, mais compte tenu des moyens considérables nécessaires pour créer et faire vivre une structure, la place est réservée à quelques privilégiés qui restent souvent très éloignés de la réalité du quotidien de leurs concitoyens et n’ont aucune culture de la contestation par gros temps. La faiblesse des partis d’opposition est également due à la pauvreté du débat politique, à la perte d’idéologie et de conviction, constatés en Occident depuis le milieu des années 90, phénomènes qui n’épargnent malheureusement pas le continent africain.

Du temps au temps…

La République Démocratique du Congo connaît bien ses problèmes avec ses 418 partis politiques dont de nombreux « partis mallettes ». Comme son homologue de l’autre côté du fleuve le Président du Congo Kinshasa ne veut pas partir, il s’est préparé à rester et utilise la police et l’armée pour arriver à ses fins. Lors de la manifestation du 19 septembre 2016, organisée pour dénoncer le report de l’élection présidentielle et partant le non respect de la constitution qui oblige Joseph Kabila à quitter ses fonctions après 15 ans de pouvoir et deux mandats consécutifs, la Garde Républicaine a tiré à balles réelles sur les marcheurs. Selon le ministre de l’Intérieur, il y a eu 17 tués, mais l’UDPS, parti de l’opposition, évoque 80 victimes. Et encore ces chiffres ne prennent pas en compte  les décès liés aux multiples exactions des milices diverses et variées qui sévissent quotidiennement dans le pays. En ne convoquant pas l’élection présidentielle le 27 novembre 2016, la Commission Electorale Nationale Indépendante a entériné le « glissement » voulu par Joseph Kabila. L’alternance ardemment souhaité par tous les Congolais de Kinshasa n’aura pas lieu, tout au moins pas maintenant. Quand se déroulera-t-elle et quel sera le prix à payer par les Congolais puisque les manifestations sont toujours réprimées de la sorte ? Dans ce pays éminemment stratégique, les pays occidentaux ont mis Joseph Kabila en garde bien avant les événements de ces derniers jours en lui demandant de respecter la constitution. Mais le 19 septembre en ne convoquant pas l’élection, le non respect de la constitution a été acté de fait. L’ONU, l’UE, la France et les USA  ont fait part de leurs inquiétudes. Jean Marc Ayrault a déclaré : « La RDC est au bord de la guerre civile ». Les US sont passés à l’acte en prenant de nouvelles sanctions contre un général et l’ancien chef de la police. Mais devant la détermination de Joseph Kabila, que peuvent-ils faire ? La « communauté internationale », en panne de plan B,  compte sur le dialogue, un dialogue pourtant prôné par Joseph Kabila lui-même afin de gagner du temps, jusqu’à quand ?…

Paroles, paroles, paroles…

Au début des années 1990, la mode africaine était aux grandes conférences nationales sensées régler tous les problèmes politiques du pays. La plupart du temps ces grands raouts ont accouché d’une souris, à l’exception de la première grande conférence nationale du Bénin en février 1990. En ce début de 21ème siècle, la tendance est au dialogue et la modernité est encore plus grande si le mot inclusif y est accroché. En RDC, le dialogue qui devrait résoudre les problèmes du pays avec le facilitateur, autre terme très en vogue, Edem Kodjo, désigné par l’Union Africaine, étant dans une impasse, tous cherchent donc des solutions pour contourner l’obstacle. Le ministre des Affaires étrangères belge, Didier Reynders a une idée. Le 19 septembre, à la sortie de l’Assemblée générale des Nations unies, il a déclaré : « Il faut envisager un nouveau dialogue vraiment inclusif » et de poursuivre ainsi : « On peut imaginer que Kodjo termine son dialogue et qu’il ouvre ensuite la voie à un autre facilitateur qui pourrait, lui, réunir vraiment tous les acteurs de la crise congolaise. Saït Djinnit, l’envoyé spécial des Nations unies, pourrait être cet homme. Il connaît le dossier, les acteurs, il représente les Nations unies et n’a pas été exposé par le précédent dialogue. » Un dialogue pour remplacer le dialogue ? Comme l’exprime succinctement mais très clairement le célèbre gynécologue, Denis Mukwege : « Un dialogue ne peut pas remplacer la constitution ». En RDC, le dialogue est dans l’impasse et l’alternance aussi…

A fronts renversés

Au Gabon aussi l’heure est au dialogue après l’élection présidentielle du 27 août dernier. Ali Bongo au pouvoir depuis 2009, successeur de feu son père, el Hadj Omar Bongo, a gagné ce scrutin à un tour avec 50,66% des voix. Son challenger, Jean Ping, ancien Président de la Commission de l’Union Africaine, ne reconnaît pas cette victoire. Qui a gagné ? Qui a perdu ? Compte tenu du très faible écart de voix, difficile de répondre à cette question qui ressemble à s’y méprendre à celle posée lors de l’élection ivoirienne de 2010. Certes les résultats d’Ali Bongo dans son fief de la région du Haut Ogooué où il a obtenu 95% des voix pour 99% de participation laissent songeur. Les résultats de Jean Ping dans certaines régions et quartiers de Libreville questionnent également. La Cour constitutionnelle a tranché, rejeté une grande partie des recours déposés par l’opposant, et validé la victoire du Président sortant. De son côté, Jean Ping, rejoue à la lettre le scénario Côte d’Ivoire 2010. Tout comme Alassane Ouattara à l’époque, il s’est déclaré vainqueur et a rappelé que le mandat d’Ali Bongo se terminait le 15 octobre. Pour tenter de calmer la crise, ce dernier a proposé un dialogue national tandis que son challenger propose, lui, un dialogue national inclusif… Par ailleurs, l’ancien Président de la Commission de l’Union Africaine appelle à l’ingérence de la communauté internationale mais ne mentionne pas l’ancienne institution pour laquelle il a tant œuvré. Cette attitude tranche avec ses propos tenus dans son excellent ouvrage publié en 2014 ; « Eclipses sur l’Afrique, fallait-il tuer Kadhafi ? ». Dans ce livre, il se posait en défenseur du panafricanisme, de la souveraineté des Etats et pourfendait l’attitude des occidentaux qui n’avaient pas daigné prendre en compte les analyses et les messages de l’Union Africaine lors des conflits de 2011 en Côte d’Ivoire et en Libye. En invoquant désormais l’ingérence extérieure, dans chacune de ses déclarations, en affichant ses soutiens tels que les Présidents Denis Sassou Nguesso et Alassane Ouattara ou Robert Bourgi, figure caricaturale de ce que certains appellent la françafrique, Jean Ping a déjà perdu la bataille de l’opinion publique africaine. Pendant ce temps, Ali Bongo profite de ces erreurs stratégiques pour se draper dans les couleurs du panafricanisme… L’ancien diplomate qu’est Jean Ping convoque également les ONG, telle qu’Amnesty international, et la Cour Pénale Internationale (CPI) pour enquêter sur les événements survenus après la déclaration de la victoire d’Ali Bongo. Ces émeutes auraient provoqué officiellement la mort de trois personnes ; l’opposition, elle, revendique entre 50 et 100 victimes. Mais le Président Gabonais a devancé son opposant en demandant lui-même à la CPI d’ouvrir une enquête pour « incitation à commettre le crime de génocide ». La procureur de cette institution Fatou Bensouda a immédiatement répondu présente.

Au passage, cette nouvelle affaire gabonaise risque de se révéler kafkaïenne pour la justice internationale. En effet, pour monter ses dossiers auprès de la CPI, Jean Ping a choisi comme avocat, Maître Emmanuel Altit, l’avocat de Laurent Gbagbo à la Haye. Or, l’implication de la Côte d’Ivoire dans le dossier gabonais est patente, des hackers ivoiriens se sont fait arrêtés à Libreville ; Mamadi Diané, proche d’Alassane Ouattara, a fait du lobbying à Washington pour le compte de Jean Ping. Certes, selon ses clients, un avocat peut défendre avec ardeur tout et son contraire : la non ingérence d’un côté et l’ingérence de l’autre. Mais dans le cas présent, la tâche risque de s’avérer très compliquée pour Maître Altit. En effet, prochainement dans le cadre du procès Laurent Gbagbo à la Haye, il va devoir faire subir un contre interrogatoire à un témoin clé du conflit ivoirien de 2011, le Général Mangou, ancien Chef d’Etat Major de Gbagbo mais actuel ambassadeur de Côte d’Ivoire au Gabon et qui a apporté son soutien à Jean Ping. Il n’est pas certain que la Cour apprécie ce qui fleure le conflit d’intérêt. Par ailleurs, le Front Populaire Ivoirien, FPI, parti dont le Président n’est autre que Laurent Gbagbo, a salué la victoire d’Ali Bongo dans un communiqué ! Il n’est pas certain que l’ancien Président ivoirien apprécie le choix de son conseil…

Dans cette nouvelle crise postélectorale tout est sans dessus-dessous : le Président sortant fait figure d’antisystème, l’alternance c’est lui, tandis que l’opposant prend le visage de la « communauté internationale » qui, elle, s’est pour l’instant contentée d’acter la victoire d’Ali Bongo. Grande perdante de ce vaudeville à Libreville, la population gabonaise qui ne s’y est pas trompée, le taux de participation a été un des plus faibles d’Afrique centrale avec un petit 60%.

Conclusion

Depuis l'avènement du multipartisme au début des années 1990, presque tous les pays d’Afrique centrale ont conservé les mêmes chefs d’Etat, ou à défaut leurs progénitures, comme au Gabon avec Bongo junior ou en République Démocratique du Congo avec Kabila fils. Deux exceptions cependant, Sao Tomé et Principe et la République Centrafricaine. Mais si ce dernier pays a connu l’alternance, ce n’est pas à cause de l’exemplarité de sa démocratie, mais en raison de coups d’Etats, de conflits meurtriers et de graves crises politiques à répétition.

Si la notion d’alternance est particulièrement peu en vogue dans cette sous-région, en revanche, pour maintenir populations et oppositions sous le boisseau, les répressions en tout genre sont très courues. Outre le maintien de l’ordre violent, souvent à balles réelles, qui s'exerce sur les manifestants à la moindre grève, ou rassemblement non autorisé, les pouvoirs publics ne se privent pas d’autres moyens comme l’arme fiscale, la remise en cause des titres fonciers ou encore les coupures intempestives d’internet et/ou d’accès aux médias étrangers. Ces pratiques quotidiennes ont pour effet de réduire à néant toutes contestations capables d’ébranler la quiétude de ces régimes sur le plan intérieur.

Cependant, rien ne semble définitivement joué au regard des manifestations de plus en plus fréquentes. Comme, par exemple, au Tchad, où la fronde politique larvée après l’élection présidentielle du 10 avril 2010 qui a vu la réélection d’Idriss Déby Itno après 26 ans à la tête de l’Etat, s’est muée en véritable révolte sociale. La situation tchadienne peut se résumer en une phrase : les caisses de l’Etat sont vides, sa dette faramineuse, l’économie tchadienne est atone et le mécontentement est général. Les pays payent généralement très cher les tensions post électorales qui nuisent gravement à l’économie des Etats. Les investisseurs deviennent frileux et boudent ces contrées peu propices à la stabilité et donc aux affaires. A cela, il faut ajouter la baisse des cours des matières premières que subit cette sous-région et ses conséquences sur le niveau de vie des populations. Ces crises politique et économique risquent, à  court terme, d’avoir raison de la paix sociale et la manière forte pourrait ne pas suffire. Toutefois, il faut attendre le 20 décembre, date de la fin constitutionnelle du mandat de Joseph Kabila pour apprécier la situation. L’évolution de l’Afrique centrale se fera en fonction de la RDC et des conséquences des fortes pressions exercées par les Occidentaux sur le pouvoir de Kinshasa.

Les tergiversations actuelles du pouvoir camerounais entre l'organisation anticipée de la présidentielle envisagée pour la fin de cette année et son maintien comme prévu en novembre 2018 tiennent compte de cette nouvelle donne ; car il ne fait plus l'ombre d'un doute que Paul Biya, en dépit de ses 34 ans de pouvoir, aimerait se succéder à lui même.

Les crises sociales sous l'effet conjugué de la baisse des cours des matières premières et des pressions politico économiques de l’UE et des USA pourront elles se traduire par des révoltes susceptibles de forcer les alternances politiques en Afrique Centrale ? Pour cela, il faudrait que la communauté internationale n’applique plus la politique "deux poids deux mesures" en fonction des enjeux stratégiques d’un pays et des intérêts géopolitiques particuliers de chacun de ses Etats. En Afrique francophone, l’opinion publique imagine souvent la main invisible de la France derrière tous ces malheurs, c’est beaucoup prêter à l’ancien colonisateur dont la politique africaine est au mieux illisible voire atone. D’autant que dans ce dossier le gouvernement de François Hollande ne parle pas d’une seule voix, en coulisse, les divergences de vues sont nombreuses entre le Quai d’Orsay, la Défense et Matignon. Les Etats-Unis - qui connaissent les mêmes problèmes entre le Département d’Etat, le Pentagone et la CIA, comme le démontre les derniers événements en Syrie - affichent de plus en plus d’intérêts pour les anciens pays du « pré-carré français ». Les peuples d’Afrique centrale sont donc pris en otage par leurs dirigeants à l’instar de ceux du Congo, de la RDC, du Cameroun, pour ne citer qu’eux, et des intérêts géopolitiques. Sauf changement majeur dans un proche avenir, les images insoutenables devraient continuer à nous parvenir…

[...]

Leslie Varenne
Directrice de l'IVERIS

[i] L'IVERIS suit le dossier du Congo Brazzaville depuis le mois de mars. L'institut a recueilli de nombreux témoignages en provenance de la région du Pool et les a compulsés. En fonction du nombre d'habitants dans les villes et villages de ce département et ceux qui ont eu le plus grand nombre de déplacés, comme Vincza, Mayama, Goma Tsé Tsé, Soumouna, Mbamou Séminaire et Ntsouélé le chiffre de 25000 apparaît comme le plus juste. A cela, il faut ajouter la fuite des habitants des quartiers sud de Brazzaville, Makélékélé, Bacongo et PK Mfilou. De la même manière, les témoignages recueillis au fil des mois nous permettent d'avancer le chiffre de 2000 à 3000 morts dans cette région du Congo Brazzaville.

[2] Dans un communiqué de presse de la plateforme de l'oppostion  Europe FROCAD-IDC- J3M

LIRE LA SUITE : https://www.iveris.eu/list/notes_danalyse/205-afrique_centrale_limpossible_alternance

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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 19:31

Par Rigobert OSSEBI

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Alors que Denis le père, autoproclamé à la présidence usurpée de la République du Congo, massacre dans le Pool, et que le frère Kiki siphonne pétrole et minerais, Coco rackette les entreprises.

Le 5 septembre dernier, toutes les entreprises établies au Congo ont reçu une lettre de la Présidence de la République, du Département de la Communication et des Relations publiques, leur annonçant leur obligation de figurer dans l’Agenda Présidentiel de la « Nouvelle République 2017 ».

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Bien entendu, rien de gratuit !

En même temps que la correspondance, une facture de 5 millions de francs CFA était jointe, ainsi qu’un Rib, pour être payée par virement ; le terme utilisé pour annoncer la facture étant « assujetti » qui signifie : « rendre sujet, soumettre à sa domination ; maintenir sous sa domination ; astreindre, obliger à faire… »  Quant à son paiement, le verbe échoir a été utilisé, signifiant : « qui advient par l’effet d’une loi ou d’une règle non écrite ! »

S’agissant d’une insertion publicitaire, la correspondance ne mentionne rien des éléments techniques nécessaires à son impression ; seule compte, semble-t-il, le virement bancaire !

On imagine aisément l’accueil, d’une pareille imposition d’office, auprès d’entreprises, pour la plupart exsangues, sur le point de mettre la clé sous la porte. Deux cents entreprises, qui s’y soumettraient, cotiseraient alors un bon milliard de francs CFA pour la fille préférée du tyran.

Cette tyrannie familiale, sans pudeur, n’a pour seule force que la faiblesse de l’opposition. Mais à force de tirer sur la corde, elle finira bien un jour par casser !

Rigobert OSSEBI 

(Extrait de congo-liberty)

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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 11:31
(Françafrique) De la Côte d'Ivoire au Gabon, la françafrique craque : AFRICA

De la Côte d’ivoire au Gabon, la francafrique craque :: AFRICA -


Des opinions embarrassées et contradictoires sur le conflit électoral au Gabon traversent les milieux progressistes africains. Les uns appellent à en finir avec la dynastie Bongo et les autres se méfient de Jean Ping qui fut membre de la garde rapprochée de feu Omar Bongo. La manipulation de la "gabonité" qui rappelle l’ethnicisme politique qui a marqué les affrontements électoraux en Côte d?Ivoire ajoute à la confusion. Mais quels sont les enjeux pour l’Afrique et les peuples d’Afrique qui se cachent derrière les apparences trompeuses du conflit électoral au Gabon ? Quelles sont les contradictions qui agissent sous le spectacle des quolibets polémiques des joutes et luttes politiques dans ce pays qui fut dirigé par l’une des figures les plus marquantes de la Françafrique, le père Bongo ?

#AliBongo L’impérialisme source de l’ethnicisme ivoiritaire et gabonitaire


En Côte d?Ivoire, L. Gbagbo, sans être un chantre de « l’ivoirité », a concilié avec l’ethnicisme ivoiritaire dans le contexte de la partition de fait du pays et d’une rébellion fomentée pour l’empêcher de gouverner et lui imposer le processus électoral piégé qui lui sera ensuite fatal. Au départ le conflit politico-judicaire sur la question absurde et dangereuse de « l’ivoirité » reflète l’incapacité de la classe politique néocoloniale ivoirienne a solutionné la crise économique, sociale et politique née des diktats libéraux du FMI. De façon générale le système néocolonial a fait se succéder des dictatures militaires ou civiles des années 60/70, le « multipartisme des gestionnaires et technocrates » dans les années 80/90, puis maintenant le « multipartisme ethnique, religieux et/ou régionaliste ». C’est ce que confirme le socialiste français Guy Labertit en avouant que « le concept de l’ivoirité est venu de certaines institutions internationales qui ont trouvé cette formule tristement géniale pour répondre à une situation de crise économique en Côte d?Ivoire ». C’est le Journal patronal Français les Echos du 27/12/99 qui montrent l’imbrication totale entre les intérêts de la Françafrique et les contradictions internes en Côte d?Ivoire pour expliquer le coup d’état de « Noël 99 « du Gl Gueï : « Comme le général Gueï, Paris avait pourtant contribué à installer Henri Konan Bédié dans le fauteuil vacant de Félix Houphouët Boigny...parce qu’il risquait de faire voler en éclats la « vitrine » de son pré-carré en Afrique. Parce que l’instabilité politique croissante à Abidjan commençait à porter préjudice aux importants intérêts économiques tricolores dans le pays. La Côte d?Ivoire est le deuxième client de la France en Afrique Noire (5,3 milliards de francs d’achats en 1998). L’Hexagone y détient une part de marché de près de 30%... ».

Comme on le voit le Gabon n’échappe pas à cette stratégie oppressive de l’impérialisme Françafricain notamment. En effet, c’est dans son livre intitulé "Nouvelles Affaires africaines. Mensonges et pillages au Gabon" édité chez Fayard, en octobre 2014 que Pierre Péan, un des experts Françafricain, affirme que M. Ali Bongo ne serait pas un Gabonais d’origine. Aussitôt les transfuges écartés du pouvoir qui forment pour l’essentiel l’opposition gabonaise actuelle en ont fait un discours de campagne en se référant à la constitution gabonaise qui dit que le président de la République doit être un Gabonais de naissance. C’est ainsi qu’est importée de France de toute pièce la pathologie politique de la "gabonité" qui dénie à Ali Bongo d’être le fils de son père tout comme le fait l’opposition Mobutiste à J. Kabila au Congo Démocratique. Il est même organisé le dépistage d’une "légion étrangère" de Béninois qui règnerait sur le Gabon tout comme hier de Burkinabés ou de Maliens en Côte d?Ivoire.

Le nouveau Foccard de la politique africaine de l’impérialisme Français, Albert Bourgi, va entrer en scène comme l’écrit : "Du coup en France, il a été décidé de renouveler le personnel politique en écartant Ali Bongo et Jean Ping a été préparé, puis, à lui, ont été joints Casimir Oyé Mba et l’ex-président de l’Assemblée Nationale du Gabon. Rappelons que toute cette clique de politiciens réactionnaires ont eu à servir et cirer les bottes du père Bongo qui les a fabriqué durant tout son règne. Casimir Oyé Mba fut gouverneur de la BEAC à Yaoundé, il fut d’ailleurs le premier gouverneur noir de cette banque centrale. Jean Ping a été le gendre de Bongo Omar puisqu’il a épousé Pascaline Bongo, celle là même qui du temps du père Bongo controlait tous les marchés. C’est donc une affaire entre beaux parents ?".

Rappelons le précédent génocidaire de l’implication et de la responsabilité de l’impérialisme Français : Au Rwanda, c’est l’impérialisme Français dirigé par le social-démocrate impérialiste Mitterrand qui a formé et préparé le Hutu Power pour la réalisation de ce crime contre l’humanité en terre d’Afrique en 1994 avant de protéger et de exfiltrer les génocideurs au Kivu en République Démocratique du Congo (RDC). Une conclusion s’impose : plus vite les troupes Françaises partiront, plus on peut espérer qu’une telle menace s’éloignera.

L’unité ou la désunion dans les Etats post-coloniaux d’Afrique pour l’impérialisme, c’est selon son intérêt. L’AOF, l’AEF ont été unies sous la domination coloniale et quand il a été question, après le congrès fondateur du RDA à Bamako en 1946, d’aller unis vers l’indépendance, l’impérialisme a balkanisé en créant les actuels Etats en s’appuyant sur des bourgeois compradores, Houphouêt, Senghor, etc., tout en les « unifiant par la monnaie unique le franc cfa avec l’Uemoa et puis dans la Cedeao, et par les accords de présence militaire imposés par la Françafrique.

Pourquoi avoir capturé Gbagbo et cherché à écarter Ali Bongo ?

Ceux et celles qui hier s’étaient laissés abusés par le « tout contre Gbagbo » au nom de la lutte contre le fascisme ivoiritaire ont pu après coup regretter leurs positions naïves au vu des résultats objectifs que cela a produit. Les manigances ouvertement anti-Gbagboistes de l’ONUCI et de l’opération Licorne ont clairement servi le plan des impérialistes d’utiliser les élections pour se débarrasser, puis de capturer et d’embastiller Gbagbo avec en prime le scandale d’un procès où toute l’accusation se révèle un grossier mensonge fabriqué de toute pièce. Le "tout sauf Ali Bongo", si il abouti conformément au plan des impérialistes Français, finira aussi pareillement. A la différence de Gbagbo, Ali Bongo, successeur de son père tout comme le fils Eyadéma, est un élément des réseaux Françafricains. Mais le passage en cours du monde unipolaire dominé sans partage par les USA alliés à l’UE au monde multipolaire fait ses effets. Les pays "émergents" comme la Chine, l’Inde, la Russie, le Brésil, etc, investissent de plus en plus en Afrique où les parts de marchés et la mainmise Occidentale recule sur le plan économique. Les Etats néocoloniaux Africains ont ainsi de nouvelles opportunités de financements et de faire des "affaires". L. Gbagbo envisageait de tourner le dos à la Françafrique, à l’Eurafrique et à l’Usafrique. Ali Bongo lui a choisi de diversifier les relations économiques au point que la Chine est devenue le premier investisseur et partenaire économique du Gabon. Le coup d’état en Centrafrique qui a chassé Bozizé, prélude aux affrontements armés entre milices armées Séléka et Anti-Balakat, a été provoqué parce que la Françafrique perdait des parts de marchés, notamment les contrats sur l’exploitation du pétrole récemment découvert.

Voilà ce qu’évoque un partisan d’Ali Bongo pour expliquer l’opposition de l’impérialisme Français :"Ali ira chercher de nouveaux partenaires, mettant en concurrence des entreprises asiatiques ou nord-africaines avec les entreprises françaises. Il en sera ainsi dans le pétrole dont le Gabon est le quatrième producteur subsaharien, après le Nigéria, l’Angola et le Congo. Ainsi, dès 2009, le chinois Sinopec rachète Addax. Il suffit de voir la nationalité des entreprises qui prospectent actuellement au Gabon pour savoir qu’Ali Bongo cherche une réelle diversification. D’après le Trésor public français, “on recense la présence d’une dizaine de compagnies actuellement en phase d’exploration” et aucune d’elles n’est française. Il y a les entreprises chinoises Sino Gabon Oil and Gas et Sinopec Overseas, la sud-africaine Sasol, les américaines Forest Oil et Anadarko, l’australienne Sterling Oil, la canadienne Canadian national resources, qui a racheté les actifs de Pionner, la japonaise Mitsubishi Petroleum, la britannique Ophir et enfin l’indienne Oil India international. Ali Bongo veut que désormais 40% des recettes du pétrole restent au Gabon, contre 20% auparavant. Dans cet objectif, dès 2010, il crée “la Société nationale de pétrole, dénommée Gabon Oil Company (GOC), dont la vocation consiste à développer les participations de l’Etat gabonais dans le secteur pétrolier”, affirme toujours le Trésor français, qui suit avec beaucoup d’intérêt tous ces changements pas forcément dans l’intérêt des entreprises françaises comme Total, Maurel et Prom. Rattachée à la Présidence de la république, et sous tutelle de la Direction générale des hydrocarbures, la GOC veille au grain, ou plutôt à l’or noir et au gaz. Aujourd’hui, la GOC commercialise directement sur les marchés internationaux 7 millions de barils par mois pour le compte de l’Etat gabonais. Mais ce qui a le plus mis en rogne les groupes français, ce sont les contrôles fiscaux et le redressement qu’ils ont subis. Ainsi, en 2014, le fisc gabonais a réclamé quelques 805 millions de dollars à Total. Ce redressement a fortement détérioré les relations avec cette multinationale qui a bien sûr activé tout ce que la Françafrique compte en réseaux occultes pour résoudre le problème, y compris “à l’amiable”” (Source : afrique.le360.ma).
C’est le parti Socialiste Français lui même qui dévoile son parti pris anti-Bongo dans la crise post-électorale au Gabon comme le démasque le 30 août 2016 Fanny Pigeaud : “Quelle mouche a piqué le Parti socialiste français ? Dimanche, le PS s’est invité dans l’élection présidentielle du 27 août au Gabon en prenant parti contre l’un des candidats, le président sortant Ali Bongo Ondimba, et ce bien avant la proclamation officielle des résultats, d’abord attendue mardi 30 août en fin d’après-midi puis différée. « Alors que les premières estimations indiquent que le président sortant Ali Bongo serait battu au profit de Jean Ping, la sérénité doit présider à l’issue du scrutin », professe le parti dans un communiqué aux accents paternalistes. « Le vote libre des citoyens est l’outil par lequel la démocratie s’exprime et l’alternance, quand ils le décident, doit fonctionner. Voilà pourquoi la démocratie doit triompher au Gabon comme c’est déjà le cas dans plusieurs États et ce mouvement doit s’amplifier. Voilà plus d’un demi-siècle que la famille Bongo gouverne le Gabon. Une alternance serait signe de bonne santé démocratique et un exemple”.

L’autre facteur qui explique une distanciation progressive de plusieurs chefs d’Etats africains vis à vis des USA et de l’UE trouve sa source dans ce qu’on peut appeler le syndrome Libyen, l’assassinat crapuleux de Khaddafi qui a créé la peur sur le mode de ce qui lui est arrivé peut nous arriver. Le chaos qui s’en ait suivi, avec l’expansion des "djihadistes-terroristes" financés et armés par les alliés des Occidentaux que sont les pétromonarchies Wahabites et Salafistes, a été instrumentalisé par l’impérialisme Français pour lancer l’opération d’oocupation militaire de tout le Sahel du Mali à la Centrafrique dénommée Barkhane (dunes de sables qui se déplacent au gré des vents dans le désert) et par l’impérialisme US pour implanter l’USAFRICOM en Afrique. Le cas libyen montre que les impérialistes n’ont pas "d’amis", ils n’ont que des intérêts.

La crise de l’impérialisme parasitaire, décadent et le passage au monde multipolaire

La stratégie guerrière du chaos est la réponse systémique au remplacement progressif du monde unipolaire issu de la défaite du camp socialiste, de l’URSS par le monde multipolaire. Jusqu’à la guerre contre la Libye, y compris au Conseil de Sécurité de l’ONU la dite « communauté internationale » se résumait de fait à l’UE et les USA, lesquels se partageaient les rôles selon leurs intérêts contre le reste du monde. Mais comme on le voit en Syrie et en Ukraine, la Russie et la Chine et les résistances des Etats – Nations commencent à changer cette donne. Du Sahel, au Golfe de Guinée, en Afrique centrale et de l’est, mais aussi au Moyen-Orient, en Asie ex-Soviétique et en Amérique du Sud, le bloc impérialiste décadent et parasitaire USA/UE joue la carte agressive des guerres et des coups d’états (institutionnels ou pas) pour contrôler les sources de matières premières afin de préserver son hégémonie qui perdure depuis 500 ans.

Ces guerres ou destabilisations de conquêtes ou de préservation néo-coloniales du joug Occidental impérialiste rencontrent de plus en plus partout des résistances. C’est l’extension même du domaine des interventions impérialistes, l’USAFRICOM et de l’OTAN, y compris en mer de Chine et dans la péninsule coréenne, pour empêcher l’accès des puissances émergentes non impérialistes aux matières premières qui suscite les contradictions montantes au sein des réseaux Françafricains, Eurafricains et Usafricains.

Cette tendance agressive et déstabilisatrice est aggravée par l’actuelle crise systémique de surproduction du capitalisme. La contradiction entre la socialisation toujours plus poussée de la production, de l’activité économique et l’accaparement privée monopolisée de celle-ci rend de plus en plus insupportable à des millions de travailleurs et de peuples l’exploitation capitaliste et impérialiste.

Le libéralisme est la politique économique du capital pour contrée la loi de la baisse tendancielle du taux de profit des Firmes Transnationales. Tout ce qui de prés ou de loin échappe à cette soumission au libéralisme outrancier est à éliminer parce que le mouvement actuel vers le multilatéralisme est suicidaire pour l’hégémonie Occidentale sur le monde. Or le libéralisme est une politique économique qui livre les économies nationales au pillage des Firmes Transnationales et ne sert ainsi qu’à développer le sous-développement, la dépendance à l’étranger et l’oppression nationale. Ces facteurs sont à la base des contradictions qui minent la remondialisation actuelle du capitalisme entre le centre impérialiste et la périphérie. Il faut situer les crises électorales ivoirienne et gabonaise ainsi que celle qui se profile en RDC dans un tel contexte évolutif. On voit ainsi le système Françafricain craquer de plus en plus sous la différenciation d’intérêts qui s’opère au sein même des clans mafieux qui gouvernent les néocolonies. Les luttes des peuples contre les effets désastreux de la gouvernance libérale viennent bousculer les élites au pouvoir et pousser à des recompositions politiques que les offres d’investissements des pays émergents comme la Chine rendent opportunes.

Les forces progressistes patriotiques, antilibérales et anti-impérialistes doivent profiter de ces contradictions internes au système néocolonial pour frayer la voie à l’alternative populaire et indépendantiste, étape vers le socialisme. Malgré la complexité de la situation, les exemples actuels de la Chine, du Vietnam, de la Corée du Nord et de Cuba montrent que c’est possible.
Le libéralisme a dominé sans partage avant et après la défaite du socialisme durant les 30 dernières années. Puis les pays rescapés du camp socialiste vaincu et d’ex-pays colonisés et dominés ont opposé et opposent le capitalisme d’état (plus la planification d’état dans le cas des ex-pays du camp socialiste) au libéralisme dominant comme politique et stratégie économique qui indéniablement leur permettent de sortir du sous développement. C’est le cas des pays de démocraties populaires comme la Chine, le Vietnam, Cuba et la Corée du Nord dans lesquelles cohabitent différentes formes de propriétés mais avec comme secteur stratégiquement dominant les secteurs socialistes et capitalistes d’état contrôlés par un Parti Communiste au pouvoir.

Cet anti-libéralisme appuyé sur la réaffirmation de la souveraineté nationale et populaire explique le caractère progressiste, anti-libéral et anti-impérialiste des pouvoirs patriotiques au Venezuela, en Bolivie, en Equateur, au Nicaragua, au Salvador, au Brésil (de Lula, Dilma), l’Inde, la Russie, etc.

Force est aussi de constater que même les pays capitalistes « classiques » comme l’Inde, le Brésil et la Russie, etc., utilisent aussi le capitalisme d’état pour aller de l’avant sur le plan économique. C’est là la nouvelle configuration évolutive des contradictions actuelles capital/travail, impérialisme/peuples opprimés et même capitalisme/socialisme (objectif déclaré par les expériences Chinoises, Vietnamienne, Nord Coréenne, Cubaine en cours).

Bien entendu comme le montre le coup d’état institutionnel contre Dilma Roussef ces expériences patriotiques alternatives au libéralisme en cours n’échapperont pas à la question fondamentale que la vie elle même posera tôt ou tard : QUI L’EMPORTERA au sein de chacun de ces pays entre anti-libéraux et libéraux soutenus par les impérialistes, entre Socialisme et Capitalisme, entre le PC et les forces du capital interne et externe ?

LIRE LA SUITE : http://www.camer.be/54838/30:27/de-la-cote-divoire-au-gabon-la-francafrique-craque-africa.html

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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 22:33
Afrique/Françafrique) François Hollande doit arrêter d’infantiliser l’Afrique

Par Olivier MOUEBARA -

Ami des dictateurs Sassou-Nguesso, Idriss Déby, Paul Biya, Mahamadou Issoufou, Alpha Condé et bien d’autres, François Hollande ne tire visiblement aucune leçon sur sa duplicité.

Aujourd’hui, en fin d’un mandat sans résultats, François Hollande s’est permis, ce 20 septembre 2016, dans un discours au siège de l’O.N.U, de parler de l’Afrique, en se moquant, une fois de plus, des africains.

Discrédité, rejeté, vomi et honni des africains, François Hollande doit comprendre qu’il n’a pas reçu mandat pour parler au nom des africains. Il est loin d’être notre porte-parole. Nous sommes assez adultes, instruits et formés pour parler de nos problèmes et d’y apporter des solutions.

L’infantilisation de l’Afrique par un homme qui n’a pas de parole, qui a donné un blanc-seing au dictateur Sassou-Nguesso de s’imposer par la force avec ses 8% de suffrages exprimés, d’emprisonner les opposants, de confisquer toutes les libertés publiques, de bombarder la région du Pool, est insupportable.

Croire à un plan de développement pour l’Afrique d’ici 2020 comme le propose François Hollande, c’est comme croire à l’électrification de l’Afrique par Jean-Louis Boorlo!

Tout ceci n’est que foutaises et balivernes.

Sans tarder, les africains doivent prendre leur destin en mains. Pour cela, la pédagogie est incontournable. L’avènement d’une génération consciente, soucieuse de libérer l’Afrique de l’infantilisation de la France par François Hollande, devient un devoir de salubrité continentale.

Henry Kissinger et sa fondation ont eu tort d’être complaisants envers François Hollande. En l’élisant avec autant de légèreté « homme politique de l’année 2016 » pour ses « efforts pour la démocratie », les africains se souviennent plutôt d’un fossoyeur de la démocratie qui a sur sa conscience de nombreuses victimes innocentes.

François Hollande a raté une occasion de se taire. Inaudible et peu crédible à l’intérieur de son pays, il l’est également en Afrique.

Alors que la France de François Hollande a présidé il y a quelques mois le Conseil de Sécurité de L’O.N.U, elle a été incapable d’inscrire à l’ordre du jour le hold-up électoral de son ami Sassou-Nguesso.

Le même François Hollande qui plaide pour l’augmentation du budget de l’Afrique à l’O.N.U, milite pour sa diminution une fois en France.

Mettre sans cesse en avant la « libération du Mali » face à l’avancée des islamistes, ne suffit pas pour caresser les africains dans le sens du poil.

La politique africaine de la France menée par François Hollande manque de cohésion, de cohérence, et de visibilité. Elle marche sur une béquille.

François Hollande ne peut pas prôner la démocratie et la sécurité en Afrique, tout en soutenant ses amis dictateurs.

Aujourd’hui, les africains se souviennent de François Hollande comme celui qui permet à son ami dictateur Alpha Condé de bien dormir, à son ami Issoufou de faire exfiltrer son principal opposant pour une fallacieuse raison médicale en France, à son ami Sassou-Nguesso de faire accréditer en France, mezza voce, son nouvel ambassadeur, Rodolphe Adada.

Quoi qu’il en soit, François Hollande, monsieur petites blagues, n’infantilisera plus les africains dans quelques mois.

Après sa tentative manquée de déchéance de nationalité concoctée autour d’une table à l’Elysée avec ses enfants(dixit le Canard Enchaîné de la semaine dernière), nous sommes décidé, si, daventure il se (re)présente à l’élection présidentielle.

Sans sourciller, les africains qui luttent pour l’avènement de la démocratie et l’alternance en Afrique, sont déterminés pour le faire battre. Il doit couler comme le Titanic, entraînant avec lui le PS.

François Hollande a réussi l’exploit de décevoir même ceux et celles qui n’ont pas voté pour lui.

Alors, il ne sert à rien pour François Hollande, de parler de honte s’agissant de la Syrie.

François Hollande doit plutôt avoir honte de soutenir ses amis dictateurs africains. Il doit avoir honte de divertir les africains, alors qu’il ne croit pas à ce qu’il dit. Il doit avoir honte d’infantiliser les africains qui ont compris ses roulements de tambours et de mécaniques, ainsi que ses revirements et ses reniements.

S’agissant de l’Afrique, le quinquennat de François Hollande est une parenthèse malheureuse, une caricature de ce que l’action publique ne doit plus être.

Le moment est venu pour nous battre réellement pour notre indépendance. L’infantilisation de l’Afrique et des africains par François Hollande, n’est que le corollaire de notre inconséquence et de nos lâchetés.

Nos ancêtres ne sont pas des Gaulois. La France qui a toujours été contre l’Afrique doit quitter nos contrées.

L’Afrique est le continent de l’avenir. François Hollande a tort de nous infantiliser. Son infantilisation aiguise nos appétits de nous débarrasser des chaînes coloniales. Sans l’Afrique et le pillage de nos ressources, que vaut la France de François Hollande?

Nous devons arracher notre indépendance. Notre attentisme ne fait que renforcer l’illusion de supériorité de la France de François Hollande vis-à-vis des africains.

Nous sommes ingénieux et capables de relever de nombreux défis en Afrique. « Rêver c’est le bonheur. Attendre c’est la vie ». N’attendons plus. Agissons!!!

Olivier Mouebara

(Extrait de congo-liberty)

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NOTRE COMMENTAIRE :

En Afrique francophone, le principe du pouvoir est simple : Celui qui remue la queue, rampe, lèche les bottes et garantit les intérêts de la France, même mondialement reconnu criminel impénitent, celui-là est jugé par la France apte à "gouverner ses compatriotes". Sinon, des individus comme Sassou Nguesso ne seraient pas là.
Pour trouver la solution au cas du Congo-Brazzaville, il faut d’abord régler le problème de la France avec la France. Pour ce faire, il faut que la France commence d’abord par opérer sa propre décolonisation mentale…

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De la République de Félix Eboué à la Françafrique de Charles de Gaulle. « critique de Mingwa Biango »

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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 18:13
(Afrique/Congo-Brazzaville) Coups d’État constitutionnels et répression politique...

‘Coups d’État constitutionnels’ et répression politique en Afrique subsaharienne. Intervention lors de la conférence « La situation des droits de l'Homme, la démocratie et l'alternance politique en Afrique subsaharienne » au Parlement européen à Bruxelles

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7 septembre 2016 11:02AM EDT

‘Coups d’État constitutionnels’ et répression politique en Afrique subsaharienne

Intervention lors de la conférence « La situation des droits de l'Homme, la démocratie et l'alternance politique en Afrique subsaharienne » au Parlement européen à Bruxelles

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Bonjour chers participants, et merci à l’Honorable Cécile Kyenge d’avoir organisé cette conférence.

Je voudrais parler d’une tendance inquiétante qui existe dans la région des Grands Lacs et dans d’autres pays en Afrique ces dernières années : le coup d'État constitutionnel - le phénomène où les dirigeants africains refusent de se conformer aux limites de durée de mandat, ou à des résultats électoraux défavorables, et préfèrent simplement changer les lois et les constitutions qui se dressent sur leur chemin. Trop souvent, leurs manœuvres juridiques sont accompagnées de graves violations des droits humains ainsi que de répressions brutales contre les personnes qui s'y opposent.

Les dirigeants les plus anciens d’Afrique sont d'excellents exemples de cette tendance. Teodoro Obiang Nguema Mbasogo de la Guinée équatoriale, José Eduardo dos Santos de l'Angola, et Robert Mugabe du Zimbabwe — tous au pouvoir depuis plus de 35 ans — ont modifié leurs constitutions dans le but de rester au pouvoir. Dans ces trois pays, il y n’y a que peu ou pas de presse libre, et les partis d'opposition sont systématiquement empêchés d'organiser des manifestations. Les personnes qui ont tenté de s'opposer à leurs efforts pour rester au pouvoir ont été brutalement réduites au silence.

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Congo - Brazzaville

Denis Sassou Nguesso, le président de la République du Congo, est un des derniers leaders africains à prendre cette voie. Il a déjà été au pouvoir pendant 31 ans, avec une interruption de cinq ans entre 1992 et 1997. Puis en octobre 2015, son gouvernement a organisé un référendum constitutionnel afin de modifier les limites des mandats présidentiels — de deux mandats de sept ans à trois mandats de cinq ans — et d'éliminer la limite d'âge de 70 ans en cours pour les candidats à la présidentielle. [Sassou a aujourd’hui 72 ans.] Précédée par une campagne d'intimidation et de harcèlement à l’encontre de dirigeants de l’opposition et d’activistes, et malgré plusieurs allégations de fraude, la mesure a officiellement été adoptée avec plus de 92 % des votes, ouvrant la voie à Sassou Nguesso pour se porter candidat à encore un autre mandat.

Dans les semaines qui ont précédé le référendum, des milliers de personnes sont descendues dans les rues de la capitale, Brazzaville, et de la principale ville productrice de pétrole du pays, Pointe-Noire, pour protester. Ils tenaient des pancartes « Sassou Dehors », « Le Congo n’appartient pas à Nguesso » et « Sassouffit ». Les forces de sécurité gouvernementales ont riposté en recourant à la force létale, tirant sur les manifestants, tuant et blessant des dizaines des personnes, selon des activistes locaux. Le gouvernement a également fermé les services d'Internet mobile, les communications par message texte, le signal de Radio France Internationale (RFI), et il a interdit toutes les manifestations. Un grand nombre des personnes qui avaient osé se prononcer contre le référendum ont été arrêtées, y compris des jeunes militants pro-démocraties et des leaders de l’opposition.

La période après l’élection, le 20 mars 2016, – où, sans surprise, Sassou a été déclaré le gagnant – a aussi été caractérisée par la violence et la répression de toute voix dissidente, avec encore des morts et des arrestations.

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Ida Sawyer Chercheuse senior sur la RD Congo ida_sawyer

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