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  • : Blog contre la corruption, la cupidité, l'avidité et la concussion (C.A.C.) au Congo-Brazzaville
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17 juin 2017 6 17 /06 /juin /2017 00:23

 

Depuis dimanche dernier, le Congo souffre d'une coupure internet qui permet néanmoins depuis quelques jours  un accès restreint aux réseaux sociaux ou aux boîtes mail indiquant un faible streaming comme si la bande passante avait été réduite. Certains me signalent que les images ne sont plus chargées ou que les vidéos sont difficilement lisibles (ce qui était déjà le cas pour les vidéos). La raison évoquée par le régime venu des bords de l'Alima : la section d'un câble WACS (West Africa Cable System) par un bateau de pêche. Etant donné que l'ethnie-Etat s'est déjà autorisée une coupure volontaire lors de la dernière élection présidentielle, nous restons sceptiques. Au pays du mensonge d'Etat chronique, du mensonge devenu religion d'Etat, il faut se poser des questions légitimes :

- Quelle preuve a-t-on que cette coupure n'est pas un acte volontaire de notre Anti-Etat ? Si la cause de l'interruption d'internet semble connue, les preuves de la véracité de cette information manquent néanmoins. Nous aurions apprécié une preuve visuelle plus factuelle. Nous avons en mémoire les propos du ministre des postes et télécommunications monsieur Léon Juste Ibombo - qui menaçait de couper internet, le régime se sentant incapable de rivaliser avec les opposants de l'Etat assassin sur la toile et sur les réseaux sociaux...

- Comment s'est produit l'accident ? Répondre à cette question permettrait d'éviter les accidents dans l'avenir.

- De quel bateau s'agit-il ? On prétend qu'il s'agit d'un bateau de pêche.  Quel est son nom  ? A quelle société de pêche appartient-il ? Quel est son armateur ? Quand a-t-il obtenu son permis de pêche sur notre littoral et nos côtes, dans quelles limites ? Si c'est un accident, cela n'empêche pas que le Congo demande des réparations à ce dernier.

- Qui a fait le constat de l'accident  ? A quel endroit s'est produit l'accident  ? A quelle heure  ? 

- Étant donné que les câbles marins sont au fond de l'eau, comment s'est produit l'accident puisque le bateau flotte en hauteur  ?

- Si par miracle, le bateau a pu gratter le fond de l'océan où se trouve enfoui le câble, comment a-t-il pu venir à bout de l'épais blindage du fameux câble WACS  ?

Un ami mbochi me dit un jour : " Dès que Denis Sassou Nguesso ouvre la bouche, c'est un mensonge qui sort - même lorsqu'il bâille..."Denis Sassou Nguesso est le grand prêtre de la religion LOKUTA (BUKA LOKUTA, MATABISSI NA OYO) ; nous savons qu'il ne faut pas toujours croire la "sainte" parole mensongère officielle.  Quand on règne par la terreur, par l'arbitraire, on ne peut s'accommoder de la vérité car les faits sont toujours contre vous. Et dans ce cas, on tend largement les bras au mensonge. L'Etat assassin devient vite un Etat menteur. Le pays vit alors dans un état mensonger permanent...

Avec un anti-Etat qui s'embarrasse peu de vérité, les Congolais doivent s'habituer au doute. Ils doivent exiger des preuves. Si par malheur le ministre des finances Calixte Ganongo avouait que la situation du pays est économiquement difficile, on est en droit de se dire que la faillite a certainement atteint un sommet et que de la faillite, on est passé à la banqueroute. En effet, lorsqu'un menteur professionnel d'anti-Etat est obligé d'avouer une situation, c'est qu'elle se trouve au-delà de ce qu'il affirme. Il s'agit toujours dans le cas où ils sont obligés de dire la vérité de la minimiser à l'extrême. Nous suivons peu les mensonges officiels d'Etat car depuis très longtemps, notre anti-Etat n'est plus crédible. Il suffit de vous inspirer de l'exemple de Denis Sassou Nguesso face à un journaliste de France 24 pour vous en convaincre : comment a-t-il pu nier la crise dans le Pool ? Dans quel univers vit-il ? Sur la balance de la vérité, la parole de l'anti-Etat, totalement dévaluée, penche outrageusement vers le mensonge. Aussi prenons-nous toute information non prouvée qui vient du régime Sassou-PCTue avec des pincettes.

J'ai enfin pu terminer cet article !

LION DE MAKANDA, MWAN' MINDZUMB', MBUTA MUNTU

SOURCE / LIRE LA SUITE : http://www.demainlenouveaucongobrazzaville.org/coupure-d-internet-interrogations?utm_source=_ob_share&utm_medium=_ob_facebook&utm_campaign=_ob_sharebar

 

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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 00:51
Dans sa livraison no3699, du mardi 13 juin 2017, le journal catholique La Semaine Africaine a publié un article intitulé « Pour Alphonse Claude N’Silou, le drame du Pool aurait pu être évité! ». Cet article, signé par Le Collectif des partisans du R.C [Rassemblement citoyen, le parti du ministre Alphonse Claude N’Silou], se présente comme une réaction à un article publié dans le journal Sel Piment, rapportant des propos présumés du ministre d’État Alphonse Claude N’Silou. Si l’on sait lire entre les lignes, la lecture de cet article suscite deux préoccupations majeures, auxquelles l’article apporte lui-même, de façon malencontreuse, des éclairages on ne peut plus troublants pour un observateur averti de la presse et de la vie politique congolaises.

La première préoccupation est liée à un vice de forme, donc un problème de professionnalisme au niveau du journal La Semaine Africaine. Le fait que l’auteur réagit à un article publié dans un journal, pour en contester la validité des faits rapportés, fait de sa réaction ce que l’on appelle un droit de réponse. Mais, en principe, un droit de réponse doit être publié dans le même journal où l’article incriminé a été publié, et ce, dans les mêmes proportions (même rubrique, même longueur, etc.). On se demande donc pourquoi un droit de réponse à un article publié dans Sel Piment se retrouve dans les colonnes de La Semaine Africaine. Est-ce un manque de professionnalisme de la part de la Semaine Africaine? Ce qui étonnerait, lorsqu’on sait que ce journal est dirigé par l’un des meilleurs journalistes congolais, formé à l’École supérieure de journalisme de Lille (France) et qui a fait ses preuves dans le métier. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que ce journal, qui a toujours été dirigé par de vrais professionnels du journalisme, était jusque-là considéré comme le plus fiable et le meilleur de la place. 

La réponse à cette question réside ailleurs, notamment dans le militantisme politique qui a fini par s’infiltrer au cœur même de la rédaction de ce journal dit « catholique ». En effet, depuis quelques années, le directeur de publication de ce journal s’est fait conseiller en communication du ministre d’État et président du Rassemblement citoyen, Alphonse Claude N’Silou. Il s’en suit que cet organe de presse apparaît aujourd’hui comme une caisse de résonnance des activités liées au ministre N’Silou. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à voir le nombre d’articles ou de publi-reportages qui lui sont consacrés dans ce journal. Par ailleurs, comme le pseudonymat est une pratique courante dans la presse congolaise, il ne serait pas surprenant d’apprendre un jour que ce soit le directeur de publication lui-même qui se cacherait dernière ce nom de Collectif des sympathisants du R.C. Plusieurs journalistes congolais sont en effet employés comme agents de communication ou attachés de presse dans des partis politiques. Leur tâche consiste en la promotion des actions du parti mais surtout au soin de l’image et à l’accroissement de la notoriété de son leader, ce qui se confirme ici : le président du RC a été égratigné par la presse, il faut soigner son image. Pour cela, il fallait passer par un journal qui jouit encore d’une certaine crédibilité et d’une audience assez large, quitte à enfreindre la déontologie du métier.

Voilà ce que l’on peut comprendre de cette faute professionnelle. La Semaine Africaine était en réalité le seul journal qui, jusque-là, échappait à l'infiltration politique. Mais, avec de telles pratiques qui enfreignent la déontologie du journalisme, son image de neutralité vis-à-vis du militantisme politique est plus qu’entachée. Ce genre de pratiques confirme en effet le procès fait à son directeur de publication et rédacteur en chef de s’être volontairement détourné de la ligne éditoriale originelle du journal.

La seconde préoccupation est liée au contenu même de l’article. En résumé, la réaction du Collectif des sympathisants du RC révèle que la cause de la guerre actuelle dans le département du Pool réside dans le fait que Guy Brice Parfait Kolelas avait rompu l’alliance entre le PCT et le MCDDI, en se présentant à l’élection présidentielle de 2016 : « Foulant aux pieds l’esprit de cet accord, ce dernier ambitionna de se présenter à l’élection présidentielle, sans entente avec son allié […] ». Tout est dit : il y a la guerre dans le Pool parce que le fils de Bernard Kolelas a osé affronter Denis Sassou Nguesso à l’élection présidentielle! Ceci veut dire que si Guy Brice Parfait Kolelas ne s’était pas opposé à Denis Sassou Nguesso, il n’y aurait pas de guerre dans le Pool. Car, dit l’article, le « grand frère », qu’est le ministre d’État Alphonse Claude N’Silou, l’avait déjà prévenu : « Si tu fais ça, voilà les conséquences qui risquent de se produire et ton peuple [les populations du Pool et de Brazzaville Sud] qui est encore convalescent, va souffrir ». On comprend facilement que les souffrances actuelles des populations du Pool sont la conséquence de la confrontation politique entre Denis Sassou Nguesso et Guy Brice Parfait Kolelas. La faute des populations du Pool qui leur vaut toutes ces souffrances, c’est d’avoir voté massivement Guy Brice Parfait Kolelas à l’élection présidentielle de 2016, en lieu et place de Denis Sassou Nguesso dont les partisans originaires du Pool ne cessaient de scander pendant la campagne électorale : « Si vous ne votez pas l’éléphant [l’emblème du candidat Denis Sassou Nguesso], vous retournez dans la forêt », l’expression « retourner dans la forêt » signifiant ici revivre les affres de la guerre.

Sans le vouloir certainement, le Collectif des sympathisants du parti du ministre d’État Alphonse Claude N’Silou vient d’apporter la réponse que tout le monde attendait au sujet de cette nébuleuse qu’est la crise armée dans le Pool : il s’agit d’une punition infligée par Denis Sassou Nguesso à Guy Brice Parfait Kolelas, le fils de son défunt allié politique,  tout comme il l’avait fait à son père, entre 1998 et 2003, lorsque ce dernier avait rompu cette fameuse alliance politique, avant de la rétablir en 2005. Les populations du Pool sont donc en train de revivre le même « châtiment collectif pour appartenance ethnique »[1] que le même commanditaire leur avait fait subir entre 1998 et 2013. C’est donc le président Sassou Nguesso qui est en train de faire tuer les populations et détruire les villages du Pool, pour la simple raison qu’un rejeton du Pool, qu’il avait lui-même fait ministre de son gouvernement, a osé le défier politiquement. Merci donc à ce collectif d’avoir rendu service à la vérité, bien que de façon non intentionnelle : il a permis en effet de comprendre le vrai enjeu et le vrai commanditaire des massacres actuels dans le département du Pool.

La leçon à tirer de cette opération de communication ratée, c’est qu’elle va plus desservir le président du RC qu’il ne le servira : comment réagira en effet le président Sassou Nguesso qui y est désigné comme le commanditaire des massacres dans le département du Pool? En voulant protéger son propre président du parti, tout en cherchant à jeter l’opprobre sur Guy Brice Parfait Kolelas, ce collectif a inconsciemment mis à nu la responsabilité du président Denis Sassou Nguesso dans les massacres des populations du Pool. On ne voit pas comment Guy Brice Parfait Kolelas pourrait être responsable de cette tragédie, lui qui n’a fait que chercher à s’affranchir d’une tutelle politique qu’il estimait ne plus être à sa convenance, et ce, de façon démocratique. Serait-ce un péché, voire un crime de s’affranchir d’une tutelle politique ou de s’affronter démocratiquement avec un allié politique?

Pourtant des exemples de ce type ne manquent pas dans ce monde! Le plus récent et le plus pathétique vient de nous être offert par la France dont singeons pourtant les institutions : le désaccord politique, puis la passation des pouvoirs entre François Hollande et Emmanuel Macron. On sait bien que c’est François Hollande qui avait promu Emmanuel Macron en politique, jusqu’à faire de lui un grand ministre. Pourtant cela n’a pas empêché Emmanuel Macron de faire prévaloir ses propres ambitions, le moment venu, et de se libérer de la tutelle de son mentor auquel il a finalement fini par se succéder. Belle leçon de démocratie! On objectera que ceci s’est passé dans un pays d’Europe, une vielle démocratie, de surcroît. Soit! Mais cela s’est aussi réalisé dans un pays africain, en l’occurrence le Sénégal, entre l’ancien président Abdoulaye Wade et l’actuel président Macky Sall. Au Congo-Brazzaville, la rupture d’une alliance politique aboutit toujours à des affrontements armés, et ce, depuis 1959. Allez-y comprendre quelque chose!

Mattathias Bilelo

[1] Krysis Kilokila-Kiampassi, Barbarie et folie meurtrière au Congo-Brazzaville. Un châtiment collectif pour appartenance ethnique, Paris, L’Harmattan, 2005.

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15 juin 2017 4 15 /06 /juin /2017 08:43

Le Pdt Alpha Condé et son compatriote François LOUNCENY FALL, représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour l’Afrique centrale

Les associations de promotion, protection et défense des droits de l’Homme signataires de la présente déclaration et membres de la campagne Tournons la Page – Congo, préoccupées par la situation sécuritaire et humanitaire en République du Congo et particulièrement dans le Département du Pool, s’insurgent contre les propos tenus sur Radio France International (RFI) le 08 juin 2017 par M. François LOUNCENY FALL, représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour l’Afrique centrale.

En effet, répondant à la question de RFI : « De nombreux témoignages de déplacés, de nombreux déplacés font état d’exactions commises par les partisans du Pasteur Ntumi, mais aussi et surtout par les forces armées congolaises. J’imagine que ça vous interpelle ?». Monsieur François LOUNCENY FALL a répondu: « Sur ce plan, nous avons lu beaucoup de rapports venant des ONG. Il nous est très difficile de confirmer ou d’infirmer […]. Et le gouvernement devrait aussi beaucoup plus communiquer sur la situation du Pool, et non pas laisser les ONG seulement dire ce qu’elles veulent ».

Tournons la Page – Congo dénonce cette formulation injurieuse envers les organisations indépendantes de la société civile congolaise, formulation qui révèle le mépris du travail sérieux, des risques encourus et des efforts fournis dans un contexte difficile, pour mettre fin aux souffrances et aux violations des droits humains au Congo. En outre, Tournons la Page – Congo estime que cette prise de parole est révélatrice de la légèreté avec laquelle la communauté internationale considère la situation qui prévaut actuellement dans le Département du Pool.

Tournons la Page-Congo rappelle que les rapports des ONG sur les exactions commises dans le Pool résultent bel et bien de témoignages concordants recueillis auprès de populations prises en étau dans les zones de conflit, et s’inscrit en faux contre l’opinion qui considère que les ONG disent « ce qu’elles veulent ». Ces témoignages – recueillis sur le terrain, par téléphone et auprès de rescapés ou de leurs familles – font état d’exactions commises par les forces gouvernementales, dont des exécutions sommaires, des actes de torture, des viols, des arrestations et détentions arbitraires, des disparitions forcées etc. De plus, ce constat ne concerne pas seulement les zones de conflit mais aussi les quartiers sud de Brazzaville ainsi que Pointe-Noire, où des rafles de jeunes sont opérées par la force publique sur la base de leurs origines ethniques ou du délit de faciès, qui les assimilent ainsi à des pseudos ninjas – appellation attribuée aux rebelles. Des enlèvements en échange de rançons sont également constatés de manière récurrente. Ces actes ont donné lieu à des dénonciations de la société civile sans pour autant que le gouvernement ou la justice ne daignent apporter des réponses adéquates à ces interpellations. Au contraire, le gouvernement appelle sans cesse la société civile à condamner uniquement les agissements attribués aux ninjas, et refusent dans le même temps d’autoriser la venue d’une mission d’observateurs indépendants dans le département du Pool.

Dans le même entretien, M. LOUNCENY FALL affirme que les Nations Unies ont « fortement » encouragé l’opposition à participer aux élections législatives qui doivent se tenir le 16 juillet 2017. Tournons la Page – Congo s’étonne de cette prise de position, alors que ce scrutin se tiendra dans un environnement démocratique encore plus dégradé que lors de l’élection présidentielle de 2016, qui ne réunissait pas les conditions d’un scrutin libre et transparent selon l’avis de la communauté internationale. De même, le représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour l’Afrique centrale semble systématiquement défendre les initiatives gouvernementales telles que les « dialogues » sans prendre en compte le contexte réel de restrictions des libertés. Cette posture traduit au mieux une méconnaissance des réalités congolaises, et au pire, une complaisance à l’égard des régimes autoritaires. Aucun des dialogues successifs auxquels se réfèrent M. LOUNCENY FALL n’a abouti à une avancée significative sur le plan démocratique, et dans leur forme actuelle, ces réunions ne peuvent pas être considérées comme des moteurs de progrès. La refonte totale du fichier électoral et la mise en place d’une commission électorale véritablement indépendante constitueraient en effet les réformes de fond indispensables à toute amélioration du processus électoral, comme Tournons la Page-Congo l’a toujours recommandé à plusieurs reprises.

Ainsi, en dépit des appels à un véritable dialogue des ONG au regard de la dégradation de l’environnement social, économique et politique du Congo, la communauté internationale semble ne pas être particulièrement motivée à apporter sa médiation afin de mettre un terme aux exactions, enlèvements, et séquestrations, arrestations arbitraires que subissent les populations actuellement. Tournons la Page – Congo exprime sa profonde inquiétude à l’égard de ces propos qui mettent directement en danger les défenseurs des droits de l’homme, et qui renforcent le contexte de dénigrement de la société civile indépendante. Comment une organisation internationale garante de la démocratie et des droits de l’homme peut-elle aveuglément prendre de telles positions, sans mesurer les conséquences pour la liberté d’expression dans les pays concernés ?

Tournons la Page – Congo enjoint le représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour l’Afrique centrale à mesurer la gravité de ses propos et prient les institutions nationales et internationales ainsi que les organisations internationales de défense des droits de l’Homme de bien vouloir intervenir d’urgence pour garantir la paix et le dialogue au Congo Brazzaville.

Pour les OSC congolaises, membres de la Campagne Tournons La Page

Action Evangélique pour la Paix (AEP)

Pasteur Samuel Boukambou

Cercle des Droits de l’Homme et de Développement (CDHD)

Roch Euloge NZOBO

Commission Diocésaine Justice et Paix de Pointe Noire (CDJP)

Brice MACKOSSO

Commission Episcopale Justice et Paix (CEJP)

Abbé Félicien MAVOUNGOU

Fondation Niosi

Samuel NSIKABAKA

La Conscience Libre

Wilfried KIVOUVOU

Mouvement pour la Culture Citoyenne

Anthyme BAYIMINA

Observatoire Congolais des Droits de l’Homme (OCDH)

Trésor NZILA KENDET

Rencontre pour la Paix et les Droits de l’Homme (RPDH)

Christian MOUNZEO

Plate forme pour le respect de la Constitution du 20 janvier 2002

Alex DZABANA WA IBACKA

Réseau d’Association des Jeunes Leaders Congolais (RAJLC)

Me Welcom NZABA

Contacts de presse :

Christian MOUNZEO

Président RPDH

Téléphone : 00242 05 766 18 96

Email : cmounzeo@gmail.com

Brice MACKOSSO

Secrétaire Permanent CDJP

Téléphone : 00242 05 557 90 81

Email : bricemackosso@yahoo.fr

 

Source : http://tournonslapage.com/reaction-aux-propos-de-m-fall-representant-special-du-secretaire-general-des-nations-unies-pour-lafrique-centrale/

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14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 01:24

CONGO Intelligence

12 juin, 17:32 ·

Travaux forcés :

LES MYSTÈRES DE L’AFFAIRE BOUKADIA
#Congointelligence #Congomedia1 #CongoBrazza #Boukadia #Sassou

 
Homme politique originaire du sud Congo, Modeste Boukadia, président d’une formation politique, le Cercle des Démocrates et Républicains du Congo (CDRC), a été condamné le 3 mai dernier par la Cour criminelle de Pointe-Noire à 30 ans de travaux forcés. Motif ? Officiellement, pour « atteinte à la sûreté de l’Etat ». Factuellement, il lui est reproché d’avoir participé ou plus ou moins, inspiré une manifestation non autorisée le 21 août 2013 à Pointe-Noire au cours de laquelle des manifestants auraient brandi des pancartes sur lesquelles l’on aurait pu lire : « Gouvernement = carton rouge », ou encore « gouvernement démission ». Le point le plus « grave » de l’accusation porte sur l’affirmation selon laquelle quelques pneus auraient été brûlés.

 

On mesure ici la gravité des faits et la peine surréaliste qui a été infligée à Modeste Boukadia pour sa participation – présumée ! – à de tels « événements », susceptibles donc d’attenter dangereusement à la sûreté de l’Etat de la République du Congo.

Précisons que Modeste Boukadia qui possède la double nationalité française et congolaise a été arrêté en janvier 2016 au pied de l’avion d’Air France alors qu’il rentrait LIBREMENT dans son pays, venant de Paris.

BASTONNADE

Une impressionnante force d’un millier de militaires lourdement armés avait été mobilisée à cette occasion pour procéder à l’arrestation du sexagénaire, ex-candidat à la présidentielle de son pays.

Incarcéré à la maison d'arrêt de Pointe-Noire, M. Boukadia affirme y avoir été copieusement agressé et torturé, ceci sous la responsabilité du directeur de la maison d’arrêt, M. Pierre Pongui, un parent du ministre de la Justice, M. Pierre Mabiala. Une certitude, maints certificats médicaux attestent de la profonde détérioration de l’état de santé du détenu depuis son passage à la maison d'arrêt. Vertèbres lombaires très abîmées et surtout de graves troubles cardiaques et d'hypertension artérielle sévère consécutifs à ces mauvais traitements. Il est établi que ces problèmes cardiaques nécessitent un traitement spécifique que la clinique dans laquelle il est actuellement hospitalisé ne peut pas lui dispenser.

Lors de son procès, c’est sur une chaise roulante qu’il a comparu. Ceci pour une unique audience, longue de 11 heures.

« DU N’IMPORTE QUOI ! »

11 longues heures donc durant lesquelles l’accusation conduite par Norbert Nkoukouli, procureur général près la cour d’appel de Pointe-Noire, sera incapable de prouver la simple présence de Modeste Boukadia à la manifestation d’août 2013. L’accusation ayant d’ailleurs le plus grand mal à établir le simple fait qu’il y a eu effectivement une manifestation ce jour-là ! Aucune photo, aucun blessé et à fortiori aucun décès. Juste une accusation bricolée de toutes pièces.

Mais qu’importe les faits. Le Procureur général réclame la confirmation des 30 ans de travaux forcés infligés par contumace, et sera suivi par le « jury ».

« C’est du n’importe quoi », résumera maître Magloire Sengha, avocat de la défense, en faisant observer la disproportion hallucinante entre la lourdeur de la peine et les faits mis en évidence lors des débats : « On a l’impression que cette décision a été parachutée d’ailleurs », ajoute l’avocat un brin diplomate.

Pour être extravagant à tous points de vue, ce jugement n’en existe pas moins. Enfin presque ! Car curieusement, depuis que la décision a été rendue, soit il y a plus d’un mois, la « grosse », le document qui officialise une décision de justice, n’a toujours pas été signée ni remise aux parties. Sans aucune explication. Par ses avocats, M. Boukadia a donc dû faire constater par huissier l’absence de cette pièce essentielle et sans laquelle la décision rendue par la Cour criminelle de Pointe-Noire n’existe tout simplement pas.

Avec une conséquence incontournable : Modeste Boukadia est actuellement détenu depuis un mois sur aucune base légale, sa condamnation n’existant pas juridiquement.

On dira que c’est là un détail, sans grande importance au regard du caractère surréaliste de l’accusation, du procès, comme de la peine prononcée.

Reste que tant d’incompétence, d’amateurisme, et de grossièreté dans l’exécution de consignes venues « d’ailleurs » interpellent tant la mise en musique des dites consignes, concourt à discréditer, ridiculiser la justice congolaise.

Or, à défaut d’être indépendants ou courageux, les magistrats de Pointe-Noire ne sont pas pour autant tous des imbéciles.

Aussi, pour donner un sens à l’absurdité de la situation, certains observateurs de ce procès kafkaïen émettent l’hypothèse d’une vengeance personnelle. Pierre Mabiala, le ministre de la Justice n’aurait pas digéré les accusations de torture portées contre son parent, directeur de la maison d’arrêt de Pointe-Noire. Une « vendetta » en somme.

NÉGOCIATIONS SECRÈTES

D’autres évoquent un bras de fer bien plus politique, opposant des forces au sein de « l’Etat profond » congolais. Il apparaît en effet que Modeste Boukadia n’a pas toujours été considéré comme une dangereuse menace pour la sécurité nationale du coté de Mpila. Ainsi, lorsque surgit la soi-disante manifestation d’août 2013, c’est au moment même où des contacts confidentiels sont pris entre Modeste Boukadia et Denis Sassou N’Guesso autour d’un projet de gouvernement d’union nationale. Gouvernement, dont aurait donc fait partie Modeste Boukadia.

Un agenda très précis dresse la liste des contacts pris par Boukadia à cette fin : On notamment été associés à ces tractations : Firmin Ayessa, directeur de cabinet du chef de l’Etat, Henri Lopes, ambassadeur de la République du Congo en France, Jean-Marie Ewengue, ex-ambassadeur à Paris et oncle du Président. Jean Dominique Okemba, (premier responsable de la « sécurité nationale » !).

ANTOINETTE : DISCRÈTE "MISSI DOMINICI"

Mieux encore, au tout premier rang des interlocuteurs de Modeste Boukadia figure la propre épouse de Denis Sassou N’Guesso, Antoinette ! Une liaison assurée par Mme Okoumou (du cabinet du chef de l’Etat).

« Madame Antoinette Sassou N’Guesso devait préparer le rendez-vous entre le chef de l’Etat et mon mari. Monsieur Oba Bouya, le conseiller politique du président de la République voulait connaître les desiderata de Modeste Boukadia, c’est ce qui fut fait, à savoir les ministères d’Etat de la Défense, de l’Intérieur, de la Sécurité, de l’Administration et de l’Aménagement du Territoire dans le cadre du Gouvernement d’Union Nationale entre le Nord et le Sud », assure ainsi son épouse, Nadine Boukadia qui ajoute : « Jean-Dominique Okemba et Jean-Jacques Bouya avaient approuvé que Modeste Boukadia entre au gouvernement pour apaiser le pays et reconstruire l’union nationale. A l’époque, le président congolais dit avoir renoncé à modifier la Constitution. Il affirme vouloir mettre en place un gouvernement d’union nationale (Nord Sud donc) lequel devait voir le jour en septembre 2013».

UNE PROVOCATION DU PCT ?

Selon cet agenda , un rendez-vous est ainsi prévu entre le 15 et 20 août entre Président du CDRC et Mme Sassou N’Guesso à Pointe-Noire.

C'est le sens du discours de Sassou Nguesso le 15 août 2013 au cours duquel il avait parlé de Mbongui ou du Kanda pour unir ce qui est épars parce que "les opinions contraires ne sont pas contradictoires."

Le rendez-vous sera finalement annulé le 20 août pour être, en théorie, repoussé à septembre, au terme des vacances en Espagne du couple présidentiel.

C'est à la suite de ce report, le 20 août que Modeste Boukadia monte dans l'avion pour retrouver sa femme.

C’est le lendemain, le 21 août qu’a lieu la manifestation qui permettra ultérieurement d’enclencher la procédure pour « atteinte à la sûreté de l’Etat » et aboutir à la condamnation que l’on sait.

Mais soyons rassuré ; M. Mabiala, ministre de la justice, l’a encore rappelé il y a peu : « il n’y pas de prisonnier politique en République du Congo ».

https://www.facebook.com/CONGOINTELLIGENCE/

 

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13 juin 2017 2 13 /06 /juin /2017 02:12
 
En 1977, Denis Sassou Nguesso est un colonel, ministre de la défense. Au prétexte de sauver le pouvoir marxiste-léniniste et de préserver le socialisme, avec quelques officiers congolais et pétroliers français complices, il lança son entreprise de conquête personnelle et d’appropriation d’un pays de 342.000 km2, riche de pétrole, de minerais et de forêts primaires pour 3 millions d’habitants...
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Par Rigobert OSSEBI

 

 

Bernard Madoff est un financier américain qui s’est révélé être un escroc lorsque son fonds d’investissements, basé sur un système « Ponzi » (les nouveaux entrants permettant le paiement d’intérêts élevés aux prédécesseurs), s’est écroulé. Son escroquerie a porté sur plus de 50 milliards de dollars. L’aigrefin américain a battu tous les records des grandes escroqueries financières mais Denis Sassou Nguesso, encore impuni, a-t-il été plus fort que lui ?

En 1977, Denis Sassou Nguesso est un colonel, ministre de la défense. Au prétexte de sauver le pouvoir marxiste-léniniste et de préserver le socialisme, avec quelques officiers congolais et pétroliers français complices, il lança son entreprise de conquête personnelle et d’appropriation d’un pays de 342.000 km2, riche de pétrole, de minerais et de forêts primaires pour 3 millions d’habitants, à cette époque.

Si l’on n’avait pas eu à déplorer tant d’assassinats, de crimes de guerres civiles, d’attentats, de malheurs accumulés, de misère, de pauvreté, de mépris des droits humains, Denis Sassou Nguesso aurait facilement pu être reconnu comme le maître incontesté de tous les escrocs et pilleurs de la planète. Devant Bernard Madoff !

Toutes les ressources du pays, depuis son retour au pouvoir en 1997, ont été destinées principalement à l’enrichissement de sa famille au détriment de 75% de la population congolaise qui connait maintenant l’extrême pauvreté. Les courtisans membres de son clan ont reçu des miettes consistantes qui leur ont permis un semblant d’opulence. Les complices n’ont pas manqué ; tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Le savoir-faire des pétroliers était à l’origine du complot de la prise du pouvoir, en 1977 et l’a été aussi vingt ans après, dès le 5 juin 1997.

Les proches de Sassou-Madoff n’ont pas été en reste. Hormis les célèbres méfaits du précurseur Willy Nguesso et du fiston Denis Christel, un de ses gendres (déjà dans le collimateur des justices nigérianes et italiennes)  s’est constitué une très solide fortune, dans des transactions douteuses, totalement sous le sceau d’un trafic d’influences au sommet des institutions corrompues de l’Etat congolais. Le Congo, débarrassé de Sassou Nguesso ne saurait tarder à rejoindre le Nigéria dans sa quête de justice. Un autre, un ami seulement, avait tellement bénéficié de sa proximité avec le président kleptocrate, qu’une de ses participations dans une opération pétrolière a attiré l’attention de la très redoutable S.E.C. (Securities and Exchange Commission) de New-York. Cette dernière, sûrement dépassée par l’ampleur des connections politico-maffieuses du secteur pétrolier au Congo ou peut-être simplement téléguidée par l’ancien patron d’EXXON, le Secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson, aurait saisi le Justice Department  à Washington pour enquêter sur les opérateurs pétroliers présents au Congo-Brazzaville. Cette information n’a pas encore été confirmée officiellement mais la source est de toute première qualité. Si tel était bien le cas, c’est un large pan des complicités, dont Denis Sassou Nguesso a bénéficié, qui sera révélé. Sans conteste possible, les sanctions seront lourdes, très lourdes … !

Les banques qui ont permis les préfinancements, les traders qui les ont organisés devraient se faire également un peu de mouron ; surtout ceux qui livraient à MPila, dans des petites valises à roulettes, un petit dollar en espèces par baril… Le petit péché mignon du tyran qui, en différentes devises, aimait savourer le goût délicieux de « son » juteux pétrole ! [i] D’autres banques, plus discrètes ont organisé le blanchiment de faux prêts mais avec de vrais remboursements de centaines de millions de dollars.

Ces affaires, les unes ou les autres, comme une marée noire, finiront bien un jour par remonter à la surface. Le plus tôt serait le mieux… L’impact médiatique sera énorme et contribuera largement à l’effondrement définitif d’un pouvoir moribond qui ne tient plus qu’à un fil. Le monde entier pourrait alors connaître les véritables méfaits de la tyrannie congolaise, l’ampleur de ses crimes et de ses détournements.

L’éducation nationale au Congo, dès que Sassou Nguesso avait pris le contrôle du pays, était une des meilleures d’Afrique. Une quarantaine d’années plus tard, sous sa botte taillée sur mesure, les élèves congolais s’entassent jusqu’à 398 par classe souvent à même le sol, sans banc ni table pour un pays qui exporte 2,5 millions de m3 de bois par an.

Par les armes, par son totalitarisme, le pillard de l’Alima, s’est assuré une impunité sur le plan national. Par sa complaisance sur les conditions de l’exploitation pétrolière, par la corruption d’élites et d’élus de toutes nationalités, français et européens en particulier, le dictateur kleptocrate a eu droit à une reconnaissance internationale, à des aides et à des éloges TOTALement usurpés. Des Evêques et des Cardinaux à l’intérieur même du Vatican ont servi cette même cause, avec les mêmes moyens et aux mêmes fins… Idem à Bruxelles, au siège de l’Union Européenne toujours silencieuse s’agissant des élections ou de la situation politique au Congo.

Exsangue financièrement et économiquement le pays est mort, complètement mort. Aucune structure de production agricole ou d’élevage n’existe réellement au Congo pour répondre aux besoins d’une demande intérieure et encore moins pour l’exportation.

Suscitées pour masquer la faillite financière, le pays est actuellement la proie de grandes violences. La tentation pourrait être grande chez certains de laisser, sans mot dire, le sang congolais couler à flots, comme nous le voyons déjà dans le Pool, et laisser le pays s’embraser dans un feu purificateur qui effacerait toutes traces de complicités, comme ce fut le cas en 1997-1998. Cela n’avait alors dérangé personne. Cependant, ce coup de poker sera très difficile à répéter.

Denis Sassou Nguesso n’est pas un dirigeant africain tout à fait comme les autres. Il est temps de démasquer l’escroc-dictateur congolais et de dresser son bilan catastrophique. La farce a assez duré : perte d’influence, instabilité politique, guerres à répétition, émigrations et sous-développement. La France derrière le Président Macron vient de se débarrasser de sa vieille classe politique. C’est un exemple qui devrait servir à toute l’Afrique et principalement au Congo avec ses vieux réseaux françafricains.

Par Rigobert OSSEBI  

(Extrait de congo-liberty)

[i] Tanker Suezmax = 1 million de barils

Tanker VLCC (Very Large crude carrier) = 2 millions de barils

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10 juin 2017 6 10 /06 /juin /2017 01:31
 
Dans une déclaration publiée jeudi 25 mai, Mgr Louis Portella Mbuyu, évêque de Kinkala (Congo Brazzaville) dénonce la « véritable tragédie humanitaire » de la crise du Pool, ce département du sud du pays secoué par des combats depuis 2016.
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Tags:République du Congo

 

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Mgr Louis PORTELLA, évêque de Kinkala, dans le département du Pool (Congo Brazzaville). / Emanuela DE MEO/CPP/CIRIC

9 juin 2017 

Dans une déclaration publiée jeudi 25 mai, Mgr Louis Portella Mbuyu, évêque de Kinkala (Congo Brazzaville) dénonce la « véritable tragédie humanitaire » de la crise du Pool, ce département du sud du pays secoué par des combats depuis 2016.

« Le département du Pool est le théâtre d’une véritable tragédie humanitaire » note Mgr Louis Portella Mbuyu, évêque de Kinkala au sud-ouest de la République du Congo où la guerre civile s’enlise entre forces de sécurité et partisans de l’ancien chef rebelle, le pasteur Ntumi, depuis la réélection contestée du président Denis Sassou N’Guesso en avril 2016.

Selon Mgr Louis Portella, « la population est ballottée, malmenée, déstabilisée, humiliée, déshonorée ne sachant à quel saint se vouer » poursuit-il tout en se disant inquiet de « déplacés chassés de leurs villages respectifs, pour se retrouver dans des lieux d’accueil, souvent de fortune, dans l’impossibilité de subvenir à leurs propres besoins et donc réduits à la mendicité ».

A lire aussi : Congo-Brazzaville : l’inquiétude de l’évêque et des chrétiens

Interrogé par Urbi et orbi Africa, le Père Claver Boundja, aumônier national des universités congolaises et membre de la commission doctrinale de la Conférence épiscopale du Congo, estime que « la question de la région du Pool n’est qu’un aspect de la crise globale qui gangrène le pays avec la forte présence, sur l’ensemble du territoire, des groupes armés qui avancent largement vers la capitale Brazzaville ».

Pour cet expert proche de la Conférence des évêques du Congo, « l’Église a toujours proposé, en vain, un dialogue pour mettre les acteurs politiques et les chefs de groupes armés autour d’une table en vue de résoudre la crise. Mais, à l’heure actuelle, elle manque d’interlocuteurs crédibles auprès des autorités qui, malheureusement, ne privilégient que la solution militaire pour juguler la crise », explique-t-il.

Le Père Claver Boundja va même jusqu’à dénoncer « un régime militaire réprimant tous ceux qui expriment leur ras-le-bol à travers des groupes de réflexions citoyens ou des manifestations pacifiques ». Face aux autorités qui « s’obstinent et ne s’ouvrent pas au dialogue, les nombreux fidèles catholiques attendent plutôt des évêques non seulement des déclarations mais une confrontation directe pour dire non au pouvoir en place à l’instar du cardinal martyr congolais Émile Biayenda qui a joué un rôle central pour pacifier le pays dans les années 1970 ».

L’appel à l’apaisement

S’adressant aux responsables politiques, Mgr Louis Portella leur demande de « manifester plus fortement une préoccupation solidaire dans la recherche efficace d’une solution de paix définitive mettant fin à la souffrance de la population (…) exposée à des traitements inhumains ». Dans la même ligne, l’évêque de Kinkala demande aux rebelles de tourner la page du « cycle interminable de violences et de cruautés ».

À en croire les estimations de l’ONU, au moins 13 000 personnes ont connu l’exode dans le Pool sans compter « beaucoup de jeunes appréhendés par les forces de l’ordre, parce que facilement assimilés à des (rebelles) ninjas, certains sont simplement éliminés, d’autres croupissent dans des prisons » dont fait état la déclaration de Mgr Louis Portella. Cette situation se dégrade malgré les appels à la paix du cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Vatican lors de sa visite à Brazzaville au mois de février denier pour marquer le 40e anniversaire des relations diplomatique du Saint-Siège avec la République du Congo.

LIRE LA SUITE : http://urbi-orbi-africa.la-croix.com/afrique/cri-dalarme-de-leglise-congolaise-contre-guerre-pool/

 

A lire aussi : L’offensive diplomatique du Vatican en Afrique

Jean-Paul Musangania

 

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NOTRE COMMENTAIRE :

Selon la dernière déclaration du Représentant du Secrétaire Général de l'ONU pour l'Afrique centrale, ce ne sont pas 13 000 personnes mais plus de 81 000 qui ont connu l'exode dans le Pool où le régime en place applique l'Opération "Hérode" qui consiste à appréhender tous les jeunes de la région, sous prétexte qu'ils sont tous des (rebelles) ninjas.

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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 02:56
 

Malgré son pogrom, le Parti Congolais du Travail (PCT) publie sa liste...

Pendant que l’opposition congolaise et toutes les forces vives du pays, en raison de la guerre qui frappe la région du Pool, se lèvent, parlent comme un seul homme et demandent le report des élections législatives prévues pour le mois de juillet prochain, le parti au pouvoir, le PCT, lui, publie la liste de ses candidats dont voici les noms ci-dessous.

 

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Aimé-Emmanuel YOKA, oncle de Sassou Nguesso

 

Cependant, le cas le plus ahurissant et le plus scandaleux qui marque la provocation, l’insulte, le mépris et l’indignité, est celui de M. Aimé-Emmanuel YOKA, ancien Garde des Sceaux, ancien ministre de la Justice et des Droits humains..., Mbochi d’Oyo qui, cette fois encore, se porte candidat dans le District de Vindza. Une localité pulvérisée, entièrement détruite par les hélicoptères de combat pilotés par des mercenaires Ukrainiens à sa solde et où il n'y a plus âme qui vive.

Nous mettons au défi M. Emmanuel YOKA de nous contredire. Dans ce cas, qu'il permette aux Organisations humanitaires et à la presse nationale et internationale d'aller enquêter dans la région du Pool afin qu'elles rendent compte et disent que c'est nous qui avons tort.

La région du Pool est en guerre. Une guerre de Sassou Nguesso et donc d’Aimé Emmanuel YOKA, contre les populations civiles du Pool.

Monsieur Yoka a-t-il fait une visite dans cette circonscription ? Depuis l’épuration ethnique programmée par son neveu et lui-même, a-t-il seulement fait une déclaration condamnant cette guerre ? Des centaines de milliers de personnes, hommes, femmes et enfants y sont massacrés tous les jours, voici plus d'un an.

Avec M. Aimé-Emmanuel YOKA, nous sommes devant un cas où les morts vont voter pour un homme qui est au centre de l'épuration ethno-tribale des populations. Il n’a pas honte. C’est vrai, comme dirait l’autre, il est né avant la honte.

Oui, au Congo-Brazzaville, les morts vont élire un député, en la personne de l'oncle de M. Sassou Nguesso : Aimé-Emmanuel YOKA.

Voici la liste du PCT, département par département :

 

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5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 18:45
 
Avec l’aide de gestionnaires immobiliers et d’un de ses hauts fonctionnaires installé à Ottawa, un ministre congolais au cœur d’un des pires systèmes de corruption d’Afrique est parvenu à dépenser près de 1,5 M$ dans des propriétés au Québec.
 
 

HUGO JONCAS. - Bureau d’enquête | hugo.joncas@quebecormedia.com

Avec la collaboration d’EMMANUEL FREUDENTHAL, journaliste indépendant

Denis Sassou Nguesso a passé 32 ans aux commandes du Congo-Brazzaville, au cœur de la Françafrique, ces anciennes colonies de l’Hexagone où des dictateurs règnent avec la bénédiction de Paris. En France, lui, sa famille et ses collaborateurs sont visés par les enquêtes sur des millions d’euros en «biens mal acquis». Mais ils ont diversifié leurs investissements : au Québec, des poids lourds du régime et un de leurs contacts détiennent pour au moins 3,3 M$ d’immeubles.

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JEAN-JACQUES BOUYALe bras droit du dictateur dans l’immobilier à Gatineau

 

Contacté par le biais de l’attaché de presse de son ministère, Jean-Jacques Bouya n’a pas rappelé pour répondre à nos questions.

Avec l’aide de gestionnaires immobiliers et d’un de ses hauts fonctionnaires installé à Ottawa, un ministre congolais au cœur d’un des pires systèmes de corruption d’Afrique est parvenu à dépenser près de 1,5 M$ dans des propriétés au Québec.

En 2008 et 2009, Jean-Jacques Bouya, puissant conseiller du dictateur Denis Sassou Nguesso, a acquis deux immeubles d’appartements dans l’arrondissement d’Aylmer, à Gatineau, sans hypothèque.

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PHOTOS HUGO JONCAS

Les immeubles de Jean-Claude Bouya sur la rue Front, dans le district d’Aylmer à Gatineau.

  • Investissement : 1,4 M$ (taxes comprises)
  • Pas d’hypothèque
  • Année d’acquisition : 2008 et 2009
  • Évaluation : 1,6 M$

Ministre de l’Aménagement du territoire et des Grands travaux, Bouya, 54 ans, se trouverait au centre du système de détournement de fonds publics auquel s’attaquent en ce moment les juges et les enquêteurs français dans les affaires de «biens mal acquis». De 2007 à 2013, la Direction générale des grands travaux (DGGT), sous sa responsabilité directe, aurait transféré près de 69 M€ (plus de 100 M$) du trésor public congolais à des paradis fiscaux, selon des documents de la police anticorruption française qu’a obtenus notre Bureau d’enquête.

C’est justement un haut fonctionnaire de cette Direction installé à Ottawa, Philippe Iloki, qui a signé les transactions de Bouya à Gatineau, en plein durant la période visée par les enquêteurs français, selon des documents du registre foncier.

À la demande de Paris, la petite République de Saint-Marin vient d’ailleurs de bloquer plusieurs comptes ayant reçu les fonds de la DGGT, dont deux seraient au bénéfice de Bouya lui-même, selon une note des services de renseignement financier français, Tracfin, en notre possession.

Du fric dans la brique

Pendant que les millions des Congolais partaient dans des comptes offshore, Bouya a mis la main sur ses immeubles de Gatineau sans emprunt hypothécaire, selon le registre foncier.

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PHOTO COURTOISIE

Michel Choueiri

«C’est un intermédiaire africain qui est venu nous voir, raconte Michel Choueiri, qui a vendu les immeubles à Bouya, en 2008 et 2009. On lui a proposé d’autres affaires, mais il n’a pas acheté après ça.»

La vente venait avec un service «clé en main». Choueiri a trouvé un intermédiaire pour s’occuper des logements et encaisser les loyers pour le nouveau propriétaire congolais, sans avoir à lui faire des virements internationaux. «L’argent de la location est versé dans mon compte, assure Elie Chowieri, un cousin de Choueiri. Je ne fais aucun paiement, sauf pour les taxes et les dépenses courantes.»

Ce gestionnaire assure que les deux immeubles produisent peu de profits. Mais l’entrepreneur qui les a construits en doute. «Ça doit rapporter environ 120 000 $ par année en loyers», dit Marcel Raymond. Après le paiement des taxes et des dépenses, les deux immeubles neufs de Bouya ont donc potentiellement rapporté au moins 90 000 $ par an, soit plus de 700 000 $ depuis qu’il les détient.

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PHOTO COURTOISIE

Marc Guéniat

«Les acquisitions de Jean-Jacques Bouya au Canada évoquent l’enquête française dite des “biens mal acquis”, qui montrent que des officiels congolais ont acheté des propriétés en France, dont la valeur excède largement les revenus qu’ils perçoivent en tant qu’officiels, dit Marc Guéniat, un enquêteur à l’association suisse Public Eye qui débusque les avoirs illicites dans les pays en développement. Cela pose inévitablement la question de l’origine des fonds qui ont permis ces acquisitions.»

Chose certaine, les comptes de Bouya avec le fisc canadien ne sont pas en règle, même si Ottawa tarde à agir contre lui. Dès 2014, Revenu Canada a enregistré une hypothèque légale de 140 000 $ sur l’un de ses immeubles. Le recours ne s’est toujours pas traduit par une saisie.

«Dans certains cas, l’Agence du revenu du Canada préfère attendre la vente volontaire d’un actif au lieu d’exécuter la vente de celui-ci, dans le but de maximiser le recouvrement», mentionne Patrick Samson, directeur adjoint des relations médiatiques à Revenu Canada, dans un courriel.
La loi interdit cependant au fisc de donner des détails sur des procédures entamées contre des individus.

De toute façon, cette «petite» créance fédérale n’est qu’une broutille comparée aux dizaines de millions d’euros que Paris soupçonne Bouya et le clan Nguesso d’avoir détournés des coffres de la République du Congo, dont 45 % des citoyens vivent avec moins de 1,70 $ par jour.

 


VOLTAIRE BRICE ETOU OBAMIUn partenaire du clan Nguesso dans les condotels du Crystal

 

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LE CRYSTAL DE LA MONTAGNE

  • La tour de condotels Le Crystal de la Montagne, où Voltaire Brice Etou Obami détient deux unités.
  • Investissement : 443 807$
  • Pas d’hypothèque
  • Année d’acquisition : 2014
  • Évaluation : 320 300$

Un autre acheteur de propriétés québécoises se retrouve dans les documents de la police française aux côtés du ministre congolais Jean-Jacques Bouya.

En 2014, Voltaire Brice Etou Obami a mis la main sur deux unités de condotels de la tour Crystal, boulevard René-Lévesque Ouest, en plein centre-ville de Montréal. Il a déboursé près d’un demi-million de dollars pour deux suites, sans prendre d’hypothèque, selon les documents fonciers.

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PHOTO COURTOISIE

Voltaire Brice Etou Obami

Les transactions financières de ce comptable et homme d’affaires se retrouvent elles aussi sous la loupe des autorités anticorruption françaises. En 2014, une note des services de renseignement financier (Tracfin) relevait ses investissements dans l’immobilier parisien avec Catherine Ignanga, ancienne belle-sœur du dictateur Denis Sassou Nguesso et mère de son fils adoptif Wilfrid.

Une compagnie des îles Vierges britanniques enregistrée au nom d’Ignanga aurait reçu 39 M€ (56 M$) du trésor congolais, selon la police anticorruption française, l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière. La petite République de Saint-Marin vient d’ailleurs de geler le compte de l’entreprise, à la demande de la France, qui enquête sur les «biens mal acquis» du clan Sassou Nguesso.

Avec Ignanga, Etou Obami est propriétaire d’une autre compagnie d’investissement, la SCI Diamond Immobilier, qui a fait transiter 5,8 M€ (8,3 M$) de Brazzaville à Paris pour investir dans des immeubles, en 2012 et 2014. Etou Obami assure que ces investissements dans la Ville Lumière n’ont rien à voir avec les transactions obscures d’Ignanga à Saint-Marin, dont il dit tout ignorer.

Les fonds qu’il a utilisés pour investir en Europe venaient d’un prêt d’une institution financière congolaise, dit l’homme d’affaires. «La banque nous a aidés à payer un bien en France», explique Etou Obami, joint au Congo.

Les actes d’achat de ses deux unités de condotel sont rédigés à son nom, mais il assure que c’est plutôt sa femme qui a fourni les fonds pour les acheter, à partir des profits faits sur des investissements immobiliers en Afrique. Nous n’avons pas pu vérifier ces affirmations.

Etou Obami précise qu’elle touche environ 4000 $ par mois en revenus de location avec cet investissement, soit plus de 120 000 $ depuis l’acquisition des unités, en 2014.


TITE KABAUn haut fonctionnaire sur la sellette dépense des millions au Québec

Au Congo-Brazzaville, un haut fonctionnaire responsable de l’enregistrement des terrains a connu une fin de carrière tumultueuse en 2016. Soupçonné d’avoir produit un faux titre foncier au bénéfice d’un proche du dictateur Denis Sassou Nguesso, il a aussi transigé avec sa femme pour près de 4,5 M$ en propriétés depuis 2008, à Montréal et dans les Laurentides.

Tite et Rachida Kaba sont particulièrement actifs depuis un an. En avril, ils ont mis la main sur une somptueuse demeure pour 1,1 M$ à Piedmont, plus de deux fois l’évaluation municipale.

PIEDMONT

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PHOTOS SOTHEBY

Tite Kaba a payé plus de deux fois l’évaluation municipale pour cette luxueuse demeure de Piedmont, dans les Laurentides.

  • Investissement : 1,1 M$ (taxes comprises)
  • Hypothèque : 600 000 $
  • Année d’acquisition : 2017
  • Évaluation : 481 400 $

En 2016, le couple a acquis deux condos dans l’une des tours jumelles du Roccabella au centre-ville de Montréal, à un jet de pierre du Centre Bell : un autre million de dollars. Sa femme et lui ont ensuite enchaîné avec une série de transactions faisant passer le contrôle de ces appartements à une de leurs entreprises au Québec, KGR Services et Conseils inc.

ROCCABELLA

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PHOTO BEN PELOSSE

Les Kaba ont mis la main sur deux condos dans l’une des tours jumelles du Roccabella, au centre-ville de Montréal.

  • Investissement : 987 038 $ (taxes comprises)
  • Hypothèque : 635 235 $
  • Année d’acquisition : 2016
  • Évaluation : 980 800 $

ÎLE-DES-SŒURS

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PHOTO BEN PELOSSE

Rachida Kaba détient un condo de cette tour de la rue O’Reilly, à L’Île-des-Sœurs.

  • Investissement : 1,6 M$ (taxes comprises)
  • Hypothèque : 600 000 $
  • Année d’acquisition : 2012
  • Évaluation : 1,1 M$

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  • La compagnie des Kaba, Gestrim Mtl, est devenu copropriétaire des bureaux de l’avocate Sabine Venturelli dans cet immeuble du Quartier chinois.
  • Investissement : 211 899 $ (taxes comprises)
  • Pas d’hypothèque
  • Année d’acquisition : 2015
  • Évaluation : 221 250 $

OUTREMONT

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PHOTOS BEN PELOSSE

Le premier condo qu’ont acheté les Kaba à Montréal se trouve dans cet immeuble de la rue Pratt, dans l’arrondissement Outremont.

  • Investissement : 433 935 $ (taxes comprises)
  • Pas d’hypothèque
  • Année d’acquisition : 2008-2009
  • Prix de revente : 525 000 $

Rachida Kaba est aussi très active en République du Congo, où elle exploite une grande agence immobilière, Gestrim Océan. Mais dans ce pays, son mari fait face à une plainte pour avoir falsifié un titre immobilier, en tant que directeur du registre foncier.

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PHOTO COURTOISIE

Rachida Kaba

Tite Kaba aurait ainsi permis à un ex-premier ministre congolais de s’emparer du terrain de sa sœur, selon des jugements congolais. L’ancien chef de gouvernement, Alphonse Souchlaty-Poaty, l’a ensuite revendu à l’avocat d’affaires Alexis-Vincent Gomès, un proche du dictateur Denis Sassou Nguesso.

La Cour suprême du Congo a confirmé en mars dernier que Véronique Tchissafou est la véritable propriétaire du terrain, contrairement à ce qu’indiquait un document produit par Kaba, quand il dirigeait le registre foncier du pays. Elle a d’ailleurs porté plainte contre lui, pour la production d’un faux titre dans le cadre de ses fonctions officielles.

Contacté à ce sujet, l’ancien haut fonctionnaire n’a pas voulu commenter ses ennuis judiciaires. Sa femme et lui ont aussi refusé de s’entretenir avec notre Bureau d’enquête au sujet de leurs investissements au Québec. «C’est familial», a seulement déclaré Tite Kaba, joint à leur résidence dans une tour de la rue O’Reilly, à L’Île-des-Sœurs.

Acheteur condamné

En août 2016, le Tribunal de Grande Instance de Brazzaville a condamné Poaty à un an de prison dans cette affaire, pour faux et usage de faux. L’ancien premier ministre, qui se dit malade, ne purgera probablement pas sa peine, puisqu’il vit en exil en France.

Contacté par notre Bureau d’enquête, Poaty, se dit victime de «fausses accusations». «On est là devant une grande imposture à laquelle se sont mêlés impunément faux juges, politiciens véreux et avocats tétanisés par une justice aux ordres», écrit-il dans un courriel.

Quant à Me Gomès, il assure que les documents fonciers qu’a produits Tite Kaba sur son terrain sont tout à fait réguliers. «Dans cette histoire, c’est l’escroc qui crie au voleur! dit-il. Je ne suis pas un usurpateur. Je suis un acheteur de bonne foi, et j’ai exigé les documents originaux.»

COPROPRIÉTAIRES AVEC UNE AVOCATE À MONTRÉAL

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PHOTO COURTOISIE

Sabine Venturelli

Depuis 2015, les Congolais Tite et Rachida Kaba collaborent avec Me Sabine Venturelli pour leurs investissements.

Cette avocate d’immigration compte aussi parmi ses clients un beau-frère du dictateur tchadien Idriss Déby, Ibrahim Hissein Bourma. Ses 6 M$ en investissements à Montréal figurent également dans ce reportage.

En 2015, le couple Kaba a fondé Gestrim Mtl inc. Selon le registre des entreprises, l’adresse officielle de la compagnie se trouve dans les bureaux de Venturelli. Gestrim a même racheté 50 % des bureaux qu’occupe l’avocate, dans un immeuble du Quartier chinois, rue Saint-Urbain. Les Kaba et elle sont donc copropriétaires.

Venturelli a aussi signé les actes d’achat et de revente de la première propriété qu’ont acquise les Kaba à Montréal en 2008, rue Pratt, dans l’arrondissement Outremont, sans hypothèque.

Contactée à ce sujet, Venturelli a indiqué qu’elle «ne souhaite pas donner suite» à notre demande d’information et qu’elle n’a «aucun mandat de répondre» à nos questions concernant les Kaba.


WILFRID NGUESSOUne maison cossue pour le fils du dictateur dans Côte-des-Neiges

En mars, un juge français a ordonné  une enquête sur Wilfrid Nguesso dans le cadre des procédures sur les «biens mal acquis». Un nouveau coup dur pour ce «pasteur» et dandy des palais présidentiels africains, propriétaire d’une maison de 1,4 M$ dans le quartier Côte-des-Neiges, dans un secteur chic à quelques mètres de Mont-Royal. 

 

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Wilfrid Nguesso, fils adoptif du dictateur congolais Denis Sassou Nguesso et beau-frère de l’ancien dictateur gabonais Omar Bongo.

L’an dernier, un juge canadien avait déjà refusé pour une deuxième fois la demande d’immigration de ce collectionneur de belles voitures, fils adoptif du dictateur congolais Denis Sassou Nguesso et beau-frère de l’ex-président à vie du Gabon, Omar Bongo. Ottawa considère qu’en tant que «membre d’un clan familial mafieux», il a détourné des centaines de millions de dollars en droits de douane maritime et en pétrole congolais, révélait La Presse en 2015.

CÔTE-DES-NEIGES

 

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PHOTO BEN PELOSSE

La maison de Wilfrid Nguesso et de sa femme, croissant Geneva, dans le quartier Côte-des-Neiges, à un jet de pierre de Mont-Royal.

  • Investissement : 851 100 $
  • Pas d’hypothèque
  • Année d’acquisition : 2007
  • Évaluation : 1,4 M$

Rien à voir avec la belle réputation que conserve Wilfrid Nguesso au Congo, où il continue de fréquenter les plus hauts cercles du pouvoir. En août 2016 à Pointe-Noire, il s’est même fait ordonner pasteur de l’église «Source d’eau vive» par un autre ministre du culte, Joseph Kabuya Masanka, un pentecôtiste de Montréal. Antoinette Sassou Nguesso, épouse du président, était même de la fête.

Cabane au Canada

À la maison familiale de Montréal cependant, c’est plus morose. Selon les voisins, plus personne ne met les pieds depuis des mois dans la maison du croissant Geneva, où résidaient la femme et les enfants de Wilfrid Nguesso. Quant à ses comptes canadiens, les banques Royale et Laurentienne les ont fermés il y a des années, selon sa déclaration aux agents fédéraux.

Sa maison de Côte-des-Neiges, payée 840 000 $ en 2007, reste relativement modeste, comparée aux dizaines de millions d’euros en propriétés parisiennes, voitures de luxe et œuvres d’art du clan Nguesso que la justice française a déjà saisis. Wilfrid Nguesso, 52 ans, s’est présenté à l’ambassade du Canada en France avec une montre Rolex sertie de diamants d’une valeur de 120 000 $ au bras…

Pour prendre possession de sa «modeste» demeure montréalaise, l’ancien pilote d’hélicoptères est resté fidèle à ses habitudes en utilisant une série de sociétés-écrans situées dans au moins deux paradis fiscaux.

Sur papier, l’acheteur était Canaan Canada SCI, une société créée sur mesure deux semaines auparavant au Luxembourg. Selon les registres du Grand-Duché, cette compagnie était à son tour détenue par deux entreprises des Seychelles, un paradis fiscal en vogue dans l’océan Indien.

Puis en 2010, Canaan a cédé la propriété à une fiducie créée par un prolifique fiscaliste montréalais : Stéphane Saintonge, condamné pour fraude fiscale en 2012. Son partenaire Benjamin Gunst, qui s’est retrouvé dans les Panama Papers sur les paradis fiscaux l’an dernier, était le représentant officiel de Canaan dans cette transaction.

Saintonge n’en était pas à un service près pour le fils adoptif et neveu du dictateur congolais. Selon Ottawa, il fait même partie lui aussi de son «organisation criminelle». L’enquête d’Immigration Canada a déterminé qu’il était administrateur de la Socotram, la société semi-publique que dirige Wilfrid Nguesso. Ils s’en seraient servis pour détourner des centaines de millions de dollars en droits de douane maritime et en pétrole.

Joint par téléphone pour élucider le rôle précis qu’il a joué au sein de la Socotram, Saintonge ne se fait guère loquace. «Ce genre de questions, je n’y répondrai certainement pas. Je mets fin à la conversation», a-t-il dit, avant de raccrocher.

En avril 2016, notre Bureau d’enquête expliquait comment ce fiscaliste a aussi fait disparaître plus de 18 M$ dans les paradis fiscaux, après un investissement du géant français de l’uranium Areva dans des gisements québécois.

Aucune accusation n’a été déposée contre Saintonge après sa condamnation de 2012.

Le gros bateau des Nguesso

Détenue à 45 % par Brazzaville, Socotram a perçu des dizaines de millions de dollars en droits de douane et en subventions, qui devaient servir à mettre sur pied une flotte nationale.

Aujourd’hui le pays n’a toujours pas ses navires, mais Wilfrid Nguesso, lui, a monté tout un bateau aux Congolais, croit le juge canadien qui lui a refusé le statut de résident permanent. «Vingt-cinq ans après sa création, la Socotram n’a toujours pas constitué son armement national, mais elle n’a pas manqué de verser un salaire annuel d’environ 3,5 M$ au demandeur, ainsi que plus de 1,1 M$ en dividendes à sa société-écran, entre 2006 et 2010.»

Lire l’intégralité de l’article…

SOURCE : Le Journal de Montréal :

http://www.journaldemontreal.com/2017/06/03/des-fonds-du-congo-dans-les-paradis-fiscaux-et-au-quebec

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5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 17:34
 

Les enquêtes sur des despotes africains portent leurs fruits

La France prend les moyens pour coincer des dirigeants soupçonnés de piller leur pays

Notre Bureau d’enquête présentait hier un grand reportage de 28 pages sur des investisseurs proches de régimes corrompus d’Afrique qui investissent dans l’immobilier au Québec, sans être inquiétés par les autorités. Cette pratique existe depuis des décennies en France, où des avocats anticorruption commencent à enregistrer des succès. Ils ont réussi à lancer un premier procès dans leur longue bataille contre le blanchiment des «biens mal acquis», une expression qui désigne des actifs obtenus grâce à des fonds d’origine criminelle, comme des pots-de-vin et des détournements. Le point sur trois familles accusées d’avoir volé leur peuple pendant des décennies, en recyclant leur fortune dans l’Hexagone.

[ … ]

 Les Nguesso sur le gril

 

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Photo courtoisie

 

Le neveu et fils adoptif du président Denis Sassou Nguesso, Wilfrid

Du côté congolais, les démarches de Sherpa commencent finalement à porter leurs fruits. «La procédure sur le clan Sassou Nguesso va s'accélérer; il y a eu des éléments très probants qui ont été recueillis par les juges», dit William Bourdon, fondateur de cette association vouée à la défense des populations victimes de crimes économiques.

En mars, l’un d’eux a ordonné une enquête sur Wilfrid Nguesso, neveu et fils adoptif du dictateur, pour «blanchiment et détournement de fonds publics». En 2015, les autorités avaient déjà fait saisir deux de ses propriétés françaises, en plus d’une quinzaine de voitures de luxe, dans une banlieue bourgeoise de Paris.

Également propriétaire d’une maison de 1,4 M$ au Québec, ce «pasteur» de l’église «Source de vie» est soupçonné d’avoir détourné des millions par le biais de la Socotram, une société semi-publique chargée de percevoir des droits de douane maritime congolais.

Dans le cadre de l’enquête sur le clan, les services de renseignement financier français ont aussi reçu des documents fort utiles de la petite république de Saint-Marin, enclavée en Italie. Ils indiquent que la République du Congo a envoyé pas moins de 69 M€ dans les comptes de cet ancien paradis fiscal.

 

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Photo courtoisie

La maison de Wilfrid Nguesso dans Côte-des-Neiges, sur le croissant Geneva.

La division qui a ordonné ces virements, la Direction générale des grands travaux, est sous le contrôle du puissant ministre de l’Aménagement Jean-Claude Bouya, un proche conseiller de Sassou Nguesso, qui détient deux immeubles à Gatineau.

Selon des documents de Saint-Marin qu’a obtenus notre Bureau d’enquête, ses services ont notamment signé un contrat de près de 19 milliards de francs CFA (près de 45 M$) pour des meubles et des décorations destinés au palais présidentiel. La compagnie qui a obtenu la «commande», CIPCI International, était en fait une société-écran au bénéfice de Catherine Ignanga, ancienne belle-sœur de Sassou Nguesso et mère de Wilfrid.

Le 14 mai, dans une entrevue à France 24, le président congolais a attribué l’affaire des biens mal acquis à de l’«acharnement», une «volonté de nuire» de «réseaux obscurs soutenus par les médias». «Il y a volonté de déstabiliser notre pays, au-delà des attaques contre notre famille», dit Sassou Nguesso.

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Mars 2017 : enquête ordonnée sur Wilfrid Nguesso

Février 2015 : saisie d’une quinzaine de voitures de la famille Sassou-Nguesso près de Paris

LIRE LA SUITE :

http://www.journaldemontreal.com/2017/06/04/les-enquetes-sur-des-despotes-africains-portent-leurs-fruits

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5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 16:25
 
Le Canada doit intervenir, selon des militants africains. Plus de 30 M$ en immeubles au Québec appartiennent à des politiciens et à leurs proches. Des immigrants africains sont dégoûtés de voir des despotes et leurs proches acheter de luxueux condos à Montréal. Ils demandent au Canada de prendre exemple sur la France pour saisir les «biens mal acquis».
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Le Canada doit intervenir, selon des militants africains

Plus de 30 M$ en immeubles au Québec appartiennent à des politiciens et à leurs proches

Des immigrants africains sont dégoûtés de voir des despotes et leurs proches acheter de luxueux condos à Montréal. Ils demandent au Canada de prendre exemple sur la France pour saisir les «biens mal acquis».

«C’est de l’argent public volé, pendant que les enfants suivent des cours à même le sol, qu’il n’y a pas d’eau potable ou de médicaments dans les hôpitaux», s’insurge le Congolais Socrate Bouzingou, à Montréal depuis 10 ans.

Hier, Le Journal révélait que plus de 30 millions $ en propriétés au Québec sont entre les mains de politiciens et hauts fonctionnaires africains reliés à des régimes corrompus ou autoritaires.

Des condos de luxe sont souvent payés sans hypothèque et sans que les autorités s’en préoccupent. Un Tchadien a même acheté 10 appartements d’un seul coup pour trois millions de dollars.

Pourtant, en France, les enquêteurs s’intéressent aux dirigeants du Congo-Brazzaville et du Gabon, dans le cadre des procédures judiciaires des «biens mal acquis», qui visent notamment à saisir leurs acquisitions.

«Des condos payés comptant, ça n’a aucun sens, ça devrait allumer une lumière. Si j’apporte 1000 $ comptant à la banque, on va me poser des questions», lance Ludovic Mbany, qui a quitté le Congo-Brazzaville depuis plus de 20 ans.

Le fonctionnaire de 51 ans est aussi à la tête d’une formation politique à l’étranger, qui dénonce le pouvoir en place depuis plus de 30 ans.

«C’est d’une stupidité indéniable. Ils ne se donnent même pas la peine d’en construire chez eux, des condos, et de créer des emplois. Ils détruisent des générations [...] j’aurais honte, à leur place», dénonce-t-il.

Ampleur inconnue

De nombreux Africains, comme M. Mbany, se doutaient que de l’argent corrompu servait à acheter de luxueuses propriétés ici, mais ils ignoraient l’ampleur du phénomène.

«Nous n’avons pas les outils pour les trouver», remarque Jean-Louis Mbadinga, du Conseil gabonais de la résistance. Il trouve révoltant le laisser-faire des autorités québécoises et canadiennes dans ce dossier.

«Les gens ne peuvent pas imaginer la misère de notre peuple. Ils vivent comme des animaux, presque pas d’écoles ou d’hôpitaux», dit-il, ajoutant que les réfugiés africains sont aussi de plus en plus nombreux.

Intervention souhaitée

«Le gouvernement du Québec doit bloquer ces transactions, et ce qui a été acheté doit être saisi [...] On n’encourage pas la corruption, la dictature et le crime organisé», plaide Socrate Bouzingou, un informaticien et militant qui craint de retourner dans son pays.

Le Congo-Brazzaville a beau exploiter des gisements de pétrole depuis 20 ans, ses habitants continuent de vivre avec un dollar par jour à cause de la cupidité de leurs dirigeants, fait-il remarquer.

Lire la suite :

http://www.journaldemontreal.com/2017/06/04/le-canada-doit-intervenir-selon-des-ressortissants-africains

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