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10 juin 2017 6 10 /06 /juin /2017 01:31
 
Dans une déclaration publiée jeudi 25 mai, Mgr Louis Portella Mbuyu, évêque de Kinkala (Congo Brazzaville) dénonce la « véritable tragédie humanitaire » de la crise du Pool, ce département du sud du pays secoué par des combats depuis 2016.
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Tags:République du Congo

 

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Mgr Louis PORTELLA, évêque de Kinkala, dans le département du Pool (Congo Brazzaville). / Emanuela DE MEO/CPP/CIRIC

9 juin 2017 

Dans une déclaration publiée jeudi 25 mai, Mgr Louis Portella Mbuyu, évêque de Kinkala (Congo Brazzaville) dénonce la « véritable tragédie humanitaire » de la crise du Pool, ce département du sud du pays secoué par des combats depuis 2016.

« Le département du Pool est le théâtre d’une véritable tragédie humanitaire » note Mgr Louis Portella Mbuyu, évêque de Kinkala au sud-ouest de la République du Congo où la guerre civile s’enlise entre forces de sécurité et partisans de l’ancien chef rebelle, le pasteur Ntumi, depuis la réélection contestée du président Denis Sassou N’Guesso en avril 2016.

Selon Mgr Louis Portella, « la population est ballottée, malmenée, déstabilisée, humiliée, déshonorée ne sachant à quel saint se vouer » poursuit-il tout en se disant inquiet de « déplacés chassés de leurs villages respectifs, pour se retrouver dans des lieux d’accueil, souvent de fortune, dans l’impossibilité de subvenir à leurs propres besoins et donc réduits à la mendicité ».

A lire aussi : Congo-Brazzaville : l’inquiétude de l’évêque et des chrétiens

Interrogé par Urbi et orbi Africa, le Père Claver Boundja, aumônier national des universités congolaises et membre de la commission doctrinale de la Conférence épiscopale du Congo, estime que « la question de la région du Pool n’est qu’un aspect de la crise globale qui gangrène le pays avec la forte présence, sur l’ensemble du territoire, des groupes armés qui avancent largement vers la capitale Brazzaville ».

Pour cet expert proche de la Conférence des évêques du Congo, « l’Église a toujours proposé, en vain, un dialogue pour mettre les acteurs politiques et les chefs de groupes armés autour d’une table en vue de résoudre la crise. Mais, à l’heure actuelle, elle manque d’interlocuteurs crédibles auprès des autorités qui, malheureusement, ne privilégient que la solution militaire pour juguler la crise », explique-t-il.

Le Père Claver Boundja va même jusqu’à dénoncer « un régime militaire réprimant tous ceux qui expriment leur ras-le-bol à travers des groupes de réflexions citoyens ou des manifestations pacifiques ». Face aux autorités qui « s’obstinent et ne s’ouvrent pas au dialogue, les nombreux fidèles catholiques attendent plutôt des évêques non seulement des déclarations mais une confrontation directe pour dire non au pouvoir en place à l’instar du cardinal martyr congolais Émile Biayenda qui a joué un rôle central pour pacifier le pays dans les années 1970 ».

L’appel à l’apaisement

S’adressant aux responsables politiques, Mgr Louis Portella leur demande de « manifester plus fortement une préoccupation solidaire dans la recherche efficace d’une solution de paix définitive mettant fin à la souffrance de la population (…) exposée à des traitements inhumains ». Dans la même ligne, l’évêque de Kinkala demande aux rebelles de tourner la page du « cycle interminable de violences et de cruautés ».

À en croire les estimations de l’ONU, au moins 13 000 personnes ont connu l’exode dans le Pool sans compter « beaucoup de jeunes appréhendés par les forces de l’ordre, parce que facilement assimilés à des (rebelles) ninjas, certains sont simplement éliminés, d’autres croupissent dans des prisons » dont fait état la déclaration de Mgr Louis Portella. Cette situation se dégrade malgré les appels à la paix du cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Vatican lors de sa visite à Brazzaville au mois de février denier pour marquer le 40e anniversaire des relations diplomatique du Saint-Siège avec la République du Congo.

LIRE LA SUITE : http://urbi-orbi-africa.la-croix.com/afrique/cri-dalarme-de-leglise-congolaise-contre-guerre-pool/

 

A lire aussi : L’offensive diplomatique du Vatican en Afrique

Jean-Paul Musangania

 

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NOTRE COMMENTAIRE :

Selon la dernière déclaration du Représentant du Secrétaire Général de l'ONU pour l'Afrique centrale, ce ne sont pas 13 000 personnes mais plus de 81 000 qui ont connu l'exode dans le Pool où le régime en place applique l'Opération "Hérode" qui consiste à appréhender tous les jeunes de la région, sous prétexte qu'ils sont tous des (rebelles) ninjas.

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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 02:56
 

Malgré son pogrom, le Parti Congolais du Travail (PCT) publie sa liste...

Pendant que l’opposition congolaise et toutes les forces vives du pays, en raison de la guerre qui frappe la région du Pool, se lèvent, parlent comme un seul homme et demandent le report des élections législatives prévues pour le mois de juillet prochain, le parti au pouvoir, le PCT, lui, publie la liste de ses candidats dont voici les noms ci-dessous.

 

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Aimé-Emmanuel YOKA, oncle de Sassou Nguesso

 

Cependant, le cas le plus ahurissant et le plus scandaleux qui marque la provocation, l’insulte, le mépris et l’indignité, est celui de M. Aimé-Emmanuel YOKA, ancien Garde des Sceaux, ancien ministre de la Justice et des Droits humains..., Mbochi d’Oyo qui, cette fois encore, se porte candidat dans le District de Vindza. Une localité pulvérisée, entièrement détruite par les hélicoptères de combat pilotés par des mercenaires Ukrainiens à sa solde et où il n'y a plus âme qui vive.

Nous mettons au défi M. Emmanuel YOKA de nous contredire. Dans ce cas, qu'il permette aux Organisations humanitaires et à la presse nationale et internationale d'aller enquêter dans la région du Pool afin qu'elles rendent compte et disent que c'est nous qui avons tort.

La région du Pool est en guerre. Une guerre de Sassou Nguesso et donc d’Aimé Emmanuel YOKA, contre les populations civiles du Pool.

Monsieur Yoka a-t-il fait une visite dans cette circonscription ? Depuis l’épuration ethnique programmée par son neveu et lui-même, a-t-il seulement fait une déclaration condamnant cette guerre ? Des centaines de milliers de personnes, hommes, femmes et enfants y sont massacrés tous les jours, voici plus d'un an.

Avec M. Aimé-Emmanuel YOKA, nous sommes devant un cas où les morts vont voter pour un homme qui est au centre de l'épuration ethno-tribale des populations. Il n’a pas honte. C’est vrai, comme dirait l’autre, il est né avant la honte.

Oui, au Congo-Brazzaville, les morts vont élire un député, en la personne de l'oncle de M. Sassou Nguesso : Aimé-Emmanuel YOKA.

Voici la liste du PCT, département par département :

 

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5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 18:45
 
Avec l’aide de gestionnaires immobiliers et d’un de ses hauts fonctionnaires installé à Ottawa, un ministre congolais au cœur d’un des pires systèmes de corruption d’Afrique est parvenu à dépenser près de 1,5 M$ dans des propriétés au Québec.
 
 

HUGO JONCAS. - Bureau d’enquête | hugo.joncas@quebecormedia.com

Avec la collaboration d’EMMANUEL FREUDENTHAL, journaliste indépendant

Denis Sassou Nguesso a passé 32 ans aux commandes du Congo-Brazzaville, au cœur de la Françafrique, ces anciennes colonies de l’Hexagone où des dictateurs règnent avec la bénédiction de Paris. En France, lui, sa famille et ses collaborateurs sont visés par les enquêtes sur des millions d’euros en «biens mal acquis». Mais ils ont diversifié leurs investissements : au Québec, des poids lourds du régime et un de leurs contacts détiennent pour au moins 3,3 M$ d’immeubles.

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JEAN-JACQUES BOUYALe bras droit du dictateur dans l’immobilier à Gatineau

 

Contacté par le biais de l’attaché de presse de son ministère, Jean-Jacques Bouya n’a pas rappelé pour répondre à nos questions.

Avec l’aide de gestionnaires immobiliers et d’un de ses hauts fonctionnaires installé à Ottawa, un ministre congolais au cœur d’un des pires systèmes de corruption d’Afrique est parvenu à dépenser près de 1,5 M$ dans des propriétés au Québec.

En 2008 et 2009, Jean-Jacques Bouya, puissant conseiller du dictateur Denis Sassou Nguesso, a acquis deux immeubles d’appartements dans l’arrondissement d’Aylmer, à Gatineau, sans hypothèque.

AYLMER

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PHOTOS HUGO JONCAS

Les immeubles de Jean-Claude Bouya sur la rue Front, dans le district d’Aylmer à Gatineau.

  • Investissement : 1,4 M$ (taxes comprises)
  • Pas d’hypothèque
  • Année d’acquisition : 2008 et 2009
  • Évaluation : 1,6 M$

Ministre de l’Aménagement du territoire et des Grands travaux, Bouya, 54 ans, se trouverait au centre du système de détournement de fonds publics auquel s’attaquent en ce moment les juges et les enquêteurs français dans les affaires de «biens mal acquis». De 2007 à 2013, la Direction générale des grands travaux (DGGT), sous sa responsabilité directe, aurait transféré près de 69 M€ (plus de 100 M$) du trésor public congolais à des paradis fiscaux, selon des documents de la police anticorruption française qu’a obtenus notre Bureau d’enquête.

C’est justement un haut fonctionnaire de cette Direction installé à Ottawa, Philippe Iloki, qui a signé les transactions de Bouya à Gatineau, en plein durant la période visée par les enquêteurs français, selon des documents du registre foncier.

À la demande de Paris, la petite République de Saint-Marin vient d’ailleurs de bloquer plusieurs comptes ayant reçu les fonds de la DGGT, dont deux seraient au bénéfice de Bouya lui-même, selon une note des services de renseignement financier français, Tracfin, en notre possession.

Du fric dans la brique

Pendant que les millions des Congolais partaient dans des comptes offshore, Bouya a mis la main sur ses immeubles de Gatineau sans emprunt hypothécaire, selon le registre foncier.

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PHOTO COURTOISIE

Michel Choueiri

«C’est un intermédiaire africain qui est venu nous voir, raconte Michel Choueiri, qui a vendu les immeubles à Bouya, en 2008 et 2009. On lui a proposé d’autres affaires, mais il n’a pas acheté après ça.»

La vente venait avec un service «clé en main». Choueiri a trouvé un intermédiaire pour s’occuper des logements et encaisser les loyers pour le nouveau propriétaire congolais, sans avoir à lui faire des virements internationaux. «L’argent de la location est versé dans mon compte, assure Elie Chowieri, un cousin de Choueiri. Je ne fais aucun paiement, sauf pour les taxes et les dépenses courantes.»

Ce gestionnaire assure que les deux immeubles produisent peu de profits. Mais l’entrepreneur qui les a construits en doute. «Ça doit rapporter environ 120 000 $ par année en loyers», dit Marcel Raymond. Après le paiement des taxes et des dépenses, les deux immeubles neufs de Bouya ont donc potentiellement rapporté au moins 90 000 $ par an, soit plus de 700 000 $ depuis qu’il les détient.

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PHOTO COURTOISIE

Marc Guéniat

«Les acquisitions de Jean-Jacques Bouya au Canada évoquent l’enquête française dite des “biens mal acquis”, qui montrent que des officiels congolais ont acheté des propriétés en France, dont la valeur excède largement les revenus qu’ils perçoivent en tant qu’officiels, dit Marc Guéniat, un enquêteur à l’association suisse Public Eye qui débusque les avoirs illicites dans les pays en développement. Cela pose inévitablement la question de l’origine des fonds qui ont permis ces acquisitions.»

Chose certaine, les comptes de Bouya avec le fisc canadien ne sont pas en règle, même si Ottawa tarde à agir contre lui. Dès 2014, Revenu Canada a enregistré une hypothèque légale de 140 000 $ sur l’un de ses immeubles. Le recours ne s’est toujours pas traduit par une saisie.

«Dans certains cas, l’Agence du revenu du Canada préfère attendre la vente volontaire d’un actif au lieu d’exécuter la vente de celui-ci, dans le but de maximiser le recouvrement», mentionne Patrick Samson, directeur adjoint des relations médiatiques à Revenu Canada, dans un courriel.
La loi interdit cependant au fisc de donner des détails sur des procédures entamées contre des individus.

De toute façon, cette «petite» créance fédérale n’est qu’une broutille comparée aux dizaines de millions d’euros que Paris soupçonne Bouya et le clan Nguesso d’avoir détournés des coffres de la République du Congo, dont 45 % des citoyens vivent avec moins de 1,70 $ par jour.

 


VOLTAIRE BRICE ETOU OBAMIUn partenaire du clan Nguesso dans les condotels du Crystal

 

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LE CRYSTAL DE LA MONTAGNE

  • La tour de condotels Le Crystal de la Montagne, où Voltaire Brice Etou Obami détient deux unités.
  • Investissement : 443 807$
  • Pas d’hypothèque
  • Année d’acquisition : 2014
  • Évaluation : 320 300$

Un autre acheteur de propriétés québécoises se retrouve dans les documents de la police française aux côtés du ministre congolais Jean-Jacques Bouya.

En 2014, Voltaire Brice Etou Obami a mis la main sur deux unités de condotels de la tour Crystal, boulevard René-Lévesque Ouest, en plein centre-ville de Montréal. Il a déboursé près d’un demi-million de dollars pour deux suites, sans prendre d’hypothèque, selon les documents fonciers.

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PHOTO COURTOISIE

Voltaire Brice Etou Obami

Les transactions financières de ce comptable et homme d’affaires se retrouvent elles aussi sous la loupe des autorités anticorruption françaises. En 2014, une note des services de renseignement financier (Tracfin) relevait ses investissements dans l’immobilier parisien avec Catherine Ignanga, ancienne belle-sœur du dictateur Denis Sassou Nguesso et mère de son fils adoptif Wilfrid.

Une compagnie des îles Vierges britanniques enregistrée au nom d’Ignanga aurait reçu 39 M€ (56 M$) du trésor congolais, selon la police anticorruption française, l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière. La petite République de Saint-Marin vient d’ailleurs de geler le compte de l’entreprise, à la demande de la France, qui enquête sur les «biens mal acquis» du clan Sassou Nguesso.

Avec Ignanga, Etou Obami est propriétaire d’une autre compagnie d’investissement, la SCI Diamond Immobilier, qui a fait transiter 5,8 M€ (8,3 M$) de Brazzaville à Paris pour investir dans des immeubles, en 2012 et 2014. Etou Obami assure que ces investissements dans la Ville Lumière n’ont rien à voir avec les transactions obscures d’Ignanga à Saint-Marin, dont il dit tout ignorer.

Les fonds qu’il a utilisés pour investir en Europe venaient d’un prêt d’une institution financière congolaise, dit l’homme d’affaires. «La banque nous a aidés à payer un bien en France», explique Etou Obami, joint au Congo.

Les actes d’achat de ses deux unités de condotel sont rédigés à son nom, mais il assure que c’est plutôt sa femme qui a fourni les fonds pour les acheter, à partir des profits faits sur des investissements immobiliers en Afrique. Nous n’avons pas pu vérifier ces affirmations.

Etou Obami précise qu’elle touche environ 4000 $ par mois en revenus de location avec cet investissement, soit plus de 120 000 $ depuis l’acquisition des unités, en 2014.


TITE KABAUn haut fonctionnaire sur la sellette dépense des millions au Québec

Au Congo-Brazzaville, un haut fonctionnaire responsable de l’enregistrement des terrains a connu une fin de carrière tumultueuse en 2016. Soupçonné d’avoir produit un faux titre foncier au bénéfice d’un proche du dictateur Denis Sassou Nguesso, il a aussi transigé avec sa femme pour près de 4,5 M$ en propriétés depuis 2008, à Montréal et dans les Laurentides.

Tite et Rachida Kaba sont particulièrement actifs depuis un an. En avril, ils ont mis la main sur une somptueuse demeure pour 1,1 M$ à Piedmont, plus de deux fois l’évaluation municipale.

PIEDMONT

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PHOTOS SOTHEBY

Tite Kaba a payé plus de deux fois l’évaluation municipale pour cette luxueuse demeure de Piedmont, dans les Laurentides.

  • Investissement : 1,1 M$ (taxes comprises)
  • Hypothèque : 600 000 $
  • Année d’acquisition : 2017
  • Évaluation : 481 400 $

En 2016, le couple a acquis deux condos dans l’une des tours jumelles du Roccabella au centre-ville de Montréal, à un jet de pierre du Centre Bell : un autre million de dollars. Sa femme et lui ont ensuite enchaîné avec une série de transactions faisant passer le contrôle de ces appartements à une de leurs entreprises au Québec, KGR Services et Conseils inc.

ROCCABELLA

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PHOTO BEN PELOSSE

Les Kaba ont mis la main sur deux condos dans l’une des tours jumelles du Roccabella, au centre-ville de Montréal.

  • Investissement : 987 038 $ (taxes comprises)
  • Hypothèque : 635 235 $
  • Année d’acquisition : 2016
  • Évaluation : 980 800 $

ÎLE-DES-SŒURS

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PHOTO BEN PELOSSE

Rachida Kaba détient un condo de cette tour de la rue O’Reilly, à L’Île-des-Sœurs.

  • Investissement : 1,6 M$ (taxes comprises)
  • Hypothèque : 600 000 $
  • Année d’acquisition : 2012
  • Évaluation : 1,1 M$

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  • La compagnie des Kaba, Gestrim Mtl, est devenu copropriétaire des bureaux de l’avocate Sabine Venturelli dans cet immeuble du Quartier chinois.
  • Investissement : 211 899 $ (taxes comprises)
  • Pas d’hypothèque
  • Année d’acquisition : 2015
  • Évaluation : 221 250 $

OUTREMONT

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PHOTOS BEN PELOSSE

Le premier condo qu’ont acheté les Kaba à Montréal se trouve dans cet immeuble de la rue Pratt, dans l’arrondissement Outremont.

  • Investissement : 433 935 $ (taxes comprises)
  • Pas d’hypothèque
  • Année d’acquisition : 2008-2009
  • Prix de revente : 525 000 $

Rachida Kaba est aussi très active en République du Congo, où elle exploite une grande agence immobilière, Gestrim Océan. Mais dans ce pays, son mari fait face à une plainte pour avoir falsifié un titre immobilier, en tant que directeur du registre foncier.

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PHOTO COURTOISIE

Rachida Kaba

Tite Kaba aurait ainsi permis à un ex-premier ministre congolais de s’emparer du terrain de sa sœur, selon des jugements congolais. L’ancien chef de gouvernement, Alphonse Souchlaty-Poaty, l’a ensuite revendu à l’avocat d’affaires Alexis-Vincent Gomès, un proche du dictateur Denis Sassou Nguesso.

La Cour suprême du Congo a confirmé en mars dernier que Véronique Tchissafou est la véritable propriétaire du terrain, contrairement à ce qu’indiquait un document produit par Kaba, quand il dirigeait le registre foncier du pays. Elle a d’ailleurs porté plainte contre lui, pour la production d’un faux titre dans le cadre de ses fonctions officielles.

Contacté à ce sujet, l’ancien haut fonctionnaire n’a pas voulu commenter ses ennuis judiciaires. Sa femme et lui ont aussi refusé de s’entretenir avec notre Bureau d’enquête au sujet de leurs investissements au Québec. «C’est familial», a seulement déclaré Tite Kaba, joint à leur résidence dans une tour de la rue O’Reilly, à L’Île-des-Sœurs.

Acheteur condamné

En août 2016, le Tribunal de Grande Instance de Brazzaville a condamné Poaty à un an de prison dans cette affaire, pour faux et usage de faux. L’ancien premier ministre, qui se dit malade, ne purgera probablement pas sa peine, puisqu’il vit en exil en France.

Contacté par notre Bureau d’enquête, Poaty, se dit victime de «fausses accusations». «On est là devant une grande imposture à laquelle se sont mêlés impunément faux juges, politiciens véreux et avocats tétanisés par une justice aux ordres», écrit-il dans un courriel.

Quant à Me Gomès, il assure que les documents fonciers qu’a produits Tite Kaba sur son terrain sont tout à fait réguliers. «Dans cette histoire, c’est l’escroc qui crie au voleur! dit-il. Je ne suis pas un usurpateur. Je suis un acheteur de bonne foi, et j’ai exigé les documents originaux.»

COPROPRIÉTAIRES AVEC UNE AVOCATE À MONTRÉAL

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PHOTO COURTOISIE

Sabine Venturelli

Depuis 2015, les Congolais Tite et Rachida Kaba collaborent avec Me Sabine Venturelli pour leurs investissements.

Cette avocate d’immigration compte aussi parmi ses clients un beau-frère du dictateur tchadien Idriss Déby, Ibrahim Hissein Bourma. Ses 6 M$ en investissements à Montréal figurent également dans ce reportage.

En 2015, le couple Kaba a fondé Gestrim Mtl inc. Selon le registre des entreprises, l’adresse officielle de la compagnie se trouve dans les bureaux de Venturelli. Gestrim a même racheté 50 % des bureaux qu’occupe l’avocate, dans un immeuble du Quartier chinois, rue Saint-Urbain. Les Kaba et elle sont donc copropriétaires.

Venturelli a aussi signé les actes d’achat et de revente de la première propriété qu’ont acquise les Kaba à Montréal en 2008, rue Pratt, dans l’arrondissement Outremont, sans hypothèque.

Contactée à ce sujet, Venturelli a indiqué qu’elle «ne souhaite pas donner suite» à notre demande d’information et qu’elle n’a «aucun mandat de répondre» à nos questions concernant les Kaba.


WILFRID NGUESSOUne maison cossue pour le fils du dictateur dans Côte-des-Neiges

En mars, un juge français a ordonné  une enquête sur Wilfrid Nguesso dans le cadre des procédures sur les «biens mal acquis». Un nouveau coup dur pour ce «pasteur» et dandy des palais présidentiels africains, propriétaire d’une maison de 1,4 M$ dans le quartier Côte-des-Neiges, dans un secteur chic à quelques mètres de Mont-Royal. 

 

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Wilfrid Nguesso, fils adoptif du dictateur congolais Denis Sassou Nguesso et beau-frère de l’ancien dictateur gabonais Omar Bongo.

L’an dernier, un juge canadien avait déjà refusé pour une deuxième fois la demande d’immigration de ce collectionneur de belles voitures, fils adoptif du dictateur congolais Denis Sassou Nguesso et beau-frère de l’ex-président à vie du Gabon, Omar Bongo. Ottawa considère qu’en tant que «membre d’un clan familial mafieux», il a détourné des centaines de millions de dollars en droits de douane maritime et en pétrole congolais, révélait La Presse en 2015.

CÔTE-DES-NEIGES

 

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PHOTO BEN PELOSSE

La maison de Wilfrid Nguesso et de sa femme, croissant Geneva, dans le quartier Côte-des-Neiges, à un jet de pierre de Mont-Royal.

  • Investissement : 851 100 $
  • Pas d’hypothèque
  • Année d’acquisition : 2007
  • Évaluation : 1,4 M$

Rien à voir avec la belle réputation que conserve Wilfrid Nguesso au Congo, où il continue de fréquenter les plus hauts cercles du pouvoir. En août 2016 à Pointe-Noire, il s’est même fait ordonner pasteur de l’église «Source d’eau vive» par un autre ministre du culte, Joseph Kabuya Masanka, un pentecôtiste de Montréal. Antoinette Sassou Nguesso, épouse du président, était même de la fête.

Cabane au Canada

À la maison familiale de Montréal cependant, c’est plus morose. Selon les voisins, plus personne ne met les pieds depuis des mois dans la maison du croissant Geneva, où résidaient la femme et les enfants de Wilfrid Nguesso. Quant à ses comptes canadiens, les banques Royale et Laurentienne les ont fermés il y a des années, selon sa déclaration aux agents fédéraux.

Sa maison de Côte-des-Neiges, payée 840 000 $ en 2007, reste relativement modeste, comparée aux dizaines de millions d’euros en propriétés parisiennes, voitures de luxe et œuvres d’art du clan Nguesso que la justice française a déjà saisis. Wilfrid Nguesso, 52 ans, s’est présenté à l’ambassade du Canada en France avec une montre Rolex sertie de diamants d’une valeur de 120 000 $ au bras…

Pour prendre possession de sa «modeste» demeure montréalaise, l’ancien pilote d’hélicoptères est resté fidèle à ses habitudes en utilisant une série de sociétés-écrans situées dans au moins deux paradis fiscaux.

Sur papier, l’acheteur était Canaan Canada SCI, une société créée sur mesure deux semaines auparavant au Luxembourg. Selon les registres du Grand-Duché, cette compagnie était à son tour détenue par deux entreprises des Seychelles, un paradis fiscal en vogue dans l’océan Indien.

Puis en 2010, Canaan a cédé la propriété à une fiducie créée par un prolifique fiscaliste montréalais : Stéphane Saintonge, condamné pour fraude fiscale en 2012. Son partenaire Benjamin Gunst, qui s’est retrouvé dans les Panama Papers sur les paradis fiscaux l’an dernier, était le représentant officiel de Canaan dans cette transaction.

Saintonge n’en était pas à un service près pour le fils adoptif et neveu du dictateur congolais. Selon Ottawa, il fait même partie lui aussi de son «organisation criminelle». L’enquête d’Immigration Canada a déterminé qu’il était administrateur de la Socotram, la société semi-publique que dirige Wilfrid Nguesso. Ils s’en seraient servis pour détourner des centaines de millions de dollars en droits de douane maritime et en pétrole.

Joint par téléphone pour élucider le rôle précis qu’il a joué au sein de la Socotram, Saintonge ne se fait guère loquace. «Ce genre de questions, je n’y répondrai certainement pas. Je mets fin à la conversation», a-t-il dit, avant de raccrocher.

En avril 2016, notre Bureau d’enquête expliquait comment ce fiscaliste a aussi fait disparaître plus de 18 M$ dans les paradis fiscaux, après un investissement du géant français de l’uranium Areva dans des gisements québécois.

Aucune accusation n’a été déposée contre Saintonge après sa condamnation de 2012.

Le gros bateau des Nguesso

Détenue à 45 % par Brazzaville, Socotram a perçu des dizaines de millions de dollars en droits de douane et en subventions, qui devaient servir à mettre sur pied une flotte nationale.

Aujourd’hui le pays n’a toujours pas ses navires, mais Wilfrid Nguesso, lui, a monté tout un bateau aux Congolais, croit le juge canadien qui lui a refusé le statut de résident permanent. «Vingt-cinq ans après sa création, la Socotram n’a toujours pas constitué son armement national, mais elle n’a pas manqué de verser un salaire annuel d’environ 3,5 M$ au demandeur, ainsi que plus de 1,1 M$ en dividendes à sa société-écran, entre 2006 et 2010.»

Lire l’intégralité de l’article…

SOURCE : Le Journal de Montréal :

http://www.journaldemontreal.com/2017/06/03/des-fonds-du-congo-dans-les-paradis-fiscaux-et-au-quebec

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NOTRE COMMENTAIRE :

Ces journalistes canadiens d'investigation seront-ils poursuivis pour diffamation ?

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5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 17:34
 

Les enquêtes sur des despotes africains portent leurs fruits

La France prend les moyens pour coincer des dirigeants soupçonnés de piller leur pays

Notre Bureau d’enquête présentait hier un grand reportage de 28 pages sur des investisseurs proches de régimes corrompus d’Afrique qui investissent dans l’immobilier au Québec, sans être inquiétés par les autorités. Cette pratique existe depuis des décennies en France, où des avocats anticorruption commencent à enregistrer des succès. Ils ont réussi à lancer un premier procès dans leur longue bataille contre le blanchiment des «biens mal acquis», une expression qui désigne des actifs obtenus grâce à des fonds d’origine criminelle, comme des pots-de-vin et des détournements. Le point sur trois familles accusées d’avoir volé leur peuple pendant des décennies, en recyclant leur fortune dans l’Hexagone.

[ … ]

 Les Nguesso sur le gril

 

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Photo courtoisie

 

Le neveu et fils adoptif du président Denis Sassou Nguesso, Wilfrid

Du côté congolais, les démarches de Sherpa commencent finalement à porter leurs fruits. «La procédure sur le clan Sassou Nguesso va s'accélérer; il y a eu des éléments très probants qui ont été recueillis par les juges», dit William Bourdon, fondateur de cette association vouée à la défense des populations victimes de crimes économiques.

En mars, l’un d’eux a ordonné une enquête sur Wilfrid Nguesso, neveu et fils adoptif du dictateur, pour «blanchiment et détournement de fonds publics». En 2015, les autorités avaient déjà fait saisir deux de ses propriétés françaises, en plus d’une quinzaine de voitures de luxe, dans une banlieue bourgeoise de Paris.

Également propriétaire d’une maison de 1,4 M$ au Québec, ce «pasteur» de l’église «Source de vie» est soupçonné d’avoir détourné des millions par le biais de la Socotram, une société semi-publique chargée de percevoir des droits de douane maritime congolais.

Dans le cadre de l’enquête sur le clan, les services de renseignement financier français ont aussi reçu des documents fort utiles de la petite république de Saint-Marin, enclavée en Italie. Ils indiquent que la République du Congo a envoyé pas moins de 69 M€ dans les comptes de cet ancien paradis fiscal.

 

maison-wilfrid-nguesso

 

Photo courtoisie

La maison de Wilfrid Nguesso dans Côte-des-Neiges, sur le croissant Geneva.

La division qui a ordonné ces virements, la Direction générale des grands travaux, est sous le contrôle du puissant ministre de l’Aménagement Jean-Claude Bouya, un proche conseiller de Sassou Nguesso, qui détient deux immeubles à Gatineau.

Selon des documents de Saint-Marin qu’a obtenus notre Bureau d’enquête, ses services ont notamment signé un contrat de près de 19 milliards de francs CFA (près de 45 M$) pour des meubles et des décorations destinés au palais présidentiel. La compagnie qui a obtenu la «commande», CIPCI International, était en fait une société-écran au bénéfice de Catherine Ignanga, ancienne belle-sœur de Sassou Nguesso et mère de Wilfrid.

Le 14 mai, dans une entrevue à France 24, le président congolais a attribué l’affaire des biens mal acquis à de l’«acharnement», une «volonté de nuire» de «réseaux obscurs soutenus par les médias». «Il y a volonté de déstabiliser notre pays, au-delà des attaques contre notre famille», dit Sassou Nguesso.

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Mars 2017 : enquête ordonnée sur Wilfrid Nguesso

Février 2015 : saisie d’une quinzaine de voitures de la famille Sassou-Nguesso près de Paris

LIRE LA SUITE :

http://www.journaldemontreal.com/2017/06/04/les-enquetes-sur-des-despotes-africains-portent-leurs-fruits

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5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 16:25
 
Le Canada doit intervenir, selon des militants africains. Plus de 30 M$ en immeubles au Québec appartiennent à des politiciens et à leurs proches. Des immigrants africains sont dégoûtés de voir des despotes et leurs proches acheter de luxueux condos à Montréal. Ils demandent au Canada de prendre exemple sur la France pour saisir les «biens mal acquis».
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Le Canada doit intervenir, selon des militants africains

Plus de 30 M$ en immeubles au Québec appartiennent à des politiciens et à leurs proches

Des immigrants africains sont dégoûtés de voir des despotes et leurs proches acheter de luxueux condos à Montréal. Ils demandent au Canada de prendre exemple sur la France pour saisir les «biens mal acquis».

«C’est de l’argent public volé, pendant que les enfants suivent des cours à même le sol, qu’il n’y a pas d’eau potable ou de médicaments dans les hôpitaux», s’insurge le Congolais Socrate Bouzingou, à Montréal depuis 10 ans.

Hier, Le Journal révélait que plus de 30 millions $ en propriétés au Québec sont entre les mains de politiciens et hauts fonctionnaires africains reliés à des régimes corrompus ou autoritaires.

Des condos de luxe sont souvent payés sans hypothèque et sans que les autorités s’en préoccupent. Un Tchadien a même acheté 10 appartements d’un seul coup pour trois millions de dollars.

Pourtant, en France, les enquêteurs s’intéressent aux dirigeants du Congo-Brazzaville et du Gabon, dans le cadre des procédures judiciaires des «biens mal acquis», qui visent notamment à saisir leurs acquisitions.

«Des condos payés comptant, ça n’a aucun sens, ça devrait allumer une lumière. Si j’apporte 1000 $ comptant à la banque, on va me poser des questions», lance Ludovic Mbany, qui a quitté le Congo-Brazzaville depuis plus de 20 ans.

Le fonctionnaire de 51 ans est aussi à la tête d’une formation politique à l’étranger, qui dénonce le pouvoir en place depuis plus de 30 ans.

«C’est d’une stupidité indéniable. Ils ne se donnent même pas la peine d’en construire chez eux, des condos, et de créer des emplois. Ils détruisent des générations [...] j’aurais honte, à leur place», dénonce-t-il.

Ampleur inconnue

De nombreux Africains, comme M. Mbany, se doutaient que de l’argent corrompu servait à acheter de luxueuses propriétés ici, mais ils ignoraient l’ampleur du phénomène.

«Nous n’avons pas les outils pour les trouver», remarque Jean-Louis Mbadinga, du Conseil gabonais de la résistance. Il trouve révoltant le laisser-faire des autorités québécoises et canadiennes dans ce dossier.

«Les gens ne peuvent pas imaginer la misère de notre peuple. Ils vivent comme des animaux, presque pas d’écoles ou d’hôpitaux», dit-il, ajoutant que les réfugiés africains sont aussi de plus en plus nombreux.

Intervention souhaitée

«Le gouvernement du Québec doit bloquer ces transactions, et ce qui a été acheté doit être saisi [...] On n’encourage pas la corruption, la dictature et le crime organisé», plaide Socrate Bouzingou, un informaticien et militant qui craint de retourner dans son pays.

Le Congo-Brazzaville a beau exploiter des gisements de pétrole depuis 20 ans, ses habitants continuent de vivre avec un dollar par jour à cause de la cupidité de leurs dirigeants, fait-il remarquer.

Lire la suite :

http://www.journaldemontreal.com/2017/06/04/le-canada-doit-intervenir-selon-des-ressortissants-africains

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3 juin 2017 6 03 /06 /juin /2017 03:29
 

ALERTE ! ALERTE ! ALERTE !


WILFRID NGUESSO FAIT LE MENAGE !

PARTAGEZ ! PARTAGEZ ! PARTAGEZ !

LARGE DIFFUSION SVP !

Chers amis, bonjour !

Certainement dans la perspective de ses procès à venir dans les affaires des "BIENS MAL ACQUIS" « BMA », M. Cesar Wilfrid NGUESSO, par l'entremise de son Avocate, est en train de vouloir faire le ménage en mettant la pression sur les Blogueurs pour faire disparaître tous les articles le concernant dans leurs BLOG dans les affaires de corruption, de détournement, de blanchiment et des biens mal acquis, etc.

Les gestionnaires du Blog « LA LETTRE DU CONGO-MFOA » ont reçu une MISE EN DEMEURE de l’Avocate de Wilfrid NGUESSO où elle menace ses gestionnaires de poursuites judiciaires pour diffamation.

Veuillez trouver ci-dessous la mise en demeure reçue de son Avocat, Maître Delphine Meillet, dont nous ne savons et ne connaissons les coordonnées postales exactes de son Etude, en dehors de son adresse e-mail.

Qu'à cela ne tienne, les articles incriminés ne concernent pas directement son client. Il y est simplement cité. Ceci étant, si M. Wilfrid NGUESSO y tient, nous irons jusque devant les Tribunaux, afin que nous puissions faire LE PROCES DU CLAN AUQUEL IL APPARTIENT ET DU REGIME DE BRAZZAVILLE DIRIGE PAR SON ONCLE.

Nous chargeons celles et ceux qui le connaissent ou qui sont en contact avec M. Wilfrid NGUESSO de lui dire que nous sommes prêts à cette confrontation. Ce sera le meilleur moyen de mieux exposer cet HOMME D’EGLISE, CET HOMME DE DIEU, qui se livre à la jouissance des BIENS MAL ACQUIS.

M. Wilfrid NGUESSO se paye tous les Avocats qu'il veut avec justement de l'argent volé ou gagné malhonnêtement. Pathétique pour un homme qui se dit Pasteur, Homme d'Eglise !

Merci de votre soutien à vous tous !

Jean-Claude MAYIMA-MBEMBA

(E-mail : congomfoa@gmail.com)

 

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MISE EN DEMEURE

Objet : Mise en demeure de suppression de contenu

Cher Monsieur,

Je vous contacte en ma qualité de conseil de Monsieur Wilfrid NGUESSO.

Vous avez publié en date du 31 mars 2017 sur le blog « La lettre du Congo - MFOA » un article intitulé « Corruption et affairisme prospèrent toujours au Congo du tyran Sassou Nguesso » lequel est disponible à l’adresse suivante

Aussi je vous mets par la présente en demeure, en votre qualité d’administrateur du blog « La lettre du Congo - MFOA », et pour le compte de mon client de supprimer l’article susmentionné, en ce qu’il est diffamatoire à l’encontre de Monsieur Wilfrid NGUESSO.

La diffamation est définie par l’article 29 alinéa 1er de la loi du 29 juillet 1881 comme « toute allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne ou du corps auquel le fait est imputé est une diffamation. La publication directe ou par voie de reproduction de cette allégation ou de cette imputation est punissable, même si elle est faite sous forme dubitative ou si elle vise une personne ou un corps non expressément nommés, mais dont l’identification est rendue possible par les termes des discours, cris, menaces, écrits ou imprimés, placards ou affiches incriminés ».

La diffamation publique envers un particulier est réprimée par l’article 32, alinéa 1er de la même loi aux termes duquel « La diffamation commise envers les particuliers par l'un des moyens énoncés en l'article 23 sera punie d'une amende de 12 000 euros ».

Monsieur Wilfrid NGUESSO porte à votre connaissance l’existence des contenus illicites suivants (en gras, en italiques et soulignés) au titre de la diffamation publique envers un particulier :

« « Willy » a un faible pour les belles voitures : Porsche Panamera Turbo ou Cayenne Turbo, Aston Martin DB9 à la James Bond, Jaguar XJ, Land Rover Sport V8 pour ses propres déplacements. De même que sa mère, Catherine Ignanga, qui a le choix entre une Rolls Royce Phantom, une Bentley GT Speed, une Porsche Panamera Turbo, une Mercedes Maybach et une Land Rover de luxe. Le tout payé par la Socotram, par ses véhicules financiers offshore dissimulés derrière des sociétés écrans ou par une société chinoise de construction. »

Ces propos entraînent nécessairement dans l’esprit du lecteur l’idée selon laquelle Monsieur Wilfrid NGUESSO se serait rendu coupable de détournements de fonds publics dans son pays, le Congo Brazzaville.

Monsieur Wilfrid NGUESSO est ainsi explicitement accusé d’avoir acquis de nombreuses voitures de luxe en détournant l’argent de la Socotram, de ses véhicules financiers offshore dissimulés derrière des sociétés écrans ou d’une société chinoise de construction.

Or, il est incontestable que Monsieur Wilfrid NGUESSO n’a pas encore été définitivement jugé, de sorte qu’il demeure présumé innocent et que l’accusation d’avoir été impliqué dans des faits de détournements de fonds publics, en ce qu’elle implique qu’il aurait enfreint la loi, porte nécessairement atteinte à son honneur et sa considération.

En conséquence, je vous mets par la présente en demeure, en votre qualité d’administrateur du blog « La lettre du Congo - MFOA », de supprimer l’intégralité de l’article.

En l’absence de réponse de votre part 3 jours après réception de la présente, nous engagerons des poursuites à votre encontre.

Conformément à mes règles déontologiques, je vous invite à transmettre la présente à votre Conseil habituel.

Vous souhaitant bonne réception de la présente, je vous prie de croire, cher Monsieur, à l’assurance de mes sentiments respectueux.

Delphine MEILLET
Avocat à la Cour

E-mail : delphine.meillet@avocat-meillet.com

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31 mai 2017 3 31 /05 /mai /2017 23:55

Congo : Le Docteur Nadine Boukadia, épouse de Modeste Boukadia, accuse...

 

https://youtu.be/_oCeanuQwh4

 

Le Docteur Nadine Boukadia, épouse de Modeste Boukadia, accuse Pierre Mabiala, ministre de la justice et Pierre Pongui, directeur de la maison d’arrêt de Pointe-Noire...

 

·  

ENTRETIEN DU JOUR. Nadine BOUKADIA s'exprime après le procès de son mari à Pointe-Noire © Interview de Mme Docteur Nadine BOUKADIA

 

Le 03/05/2017, les magistrats du Tribunal de Pointe-Noire, particulièrement le Procureur général, M. Norbert NKOUKOULI et le président de la cour (Jury), M. Jean-Claude TOUTISSA, aux ordres, n’ont pas dit le droit, mais ont obéi à un ordre parti de quelque part. Ils ont donc ainsi condamné Modeste BOUKADIA à 30 ans de travaux forcés et 100 millions de fcfa d’amende.

 

Mais, curieusement, après avoir eu le « courage magistral( ?) » de prononcer la sentence et condamner un homme dont le dossier est vide, M. Jean-Claude TOUTISSA, le président du jury, n’a plus le « courage magistral » de sa bravoure de se rendre à ses bureaux pour signer la GROSSE et l’EXPEDITION du verdict à travers lequel il a « condamné à mort » un innocent, M. Modeste BOUKADIA.

 

1) - Cette attitude ou ce comportement que nous mettons sur le compte de la peur ou du remord est en réalité un acte délibéré conseillé à Jean-Claude TOUTISSA pour faire traîner les choses. La barbarie ethno-tribalo-clanique a plusieurs corde dans son arc. Ainsi, le délai de trois jours passé, Modeste BOUKADIA n'a plus le droit de faire Appel. C'était le premier calcul des tortionnaires et bourreaux. Sauf qu'ils étaient loin de s'imaginer que BOUKADIA ne ferait pas appel.

 

2) - Pas de condamnation dûment signée, pas de verdict officiel. Tout le reste, au regard de la loi, n'est que rumeur. "On a jugé un tel, mais où sont la GROSSE et l'EXPEDITION, l'acte de jugement, l'Arrêt du Tribunal ? Rien !" Alors, on maintient en otage un homme sans jugement.

 

Voilà la Justice mbochi conformément aux us et coutumes ethno-tribalo-claniques auxquelles adhèrent et obéissent des individus comme Pierre MABIALA, Norbert NKOUKOULI et Jean-Claude TOUTISSA. Voilà le piège tendu par Sassou et son clan dans lequel sont tombés notre ministre dit de la justice et ses magistrats sudistes.

 

Pourquoi, M. Jean-Claude TOUTISSA, le courageux magistrat, a-t-il peur maintenant, après avoir rendu un verdict ne reposant sur rien ? Curieusement, c’est maintenant que le Juge TOUTISSA a des états d’âme, qu’il a des remords et qu’il a peur de signer, d’assumer son acte barbare ordonné par d’autres… En se comportant ainsi, sait-il qu’il est en train de maintenir illégalement et très arbitrairement en détention un homme non condamné et dont le maintien en prison, dans un Etat de Droit digne de foi, lui couterait à lui-même un emprisonnement ?

 

En effet, après André Grenard MATSOUA, en 1940 sous l’ère coloniale, car les bagnes français n’étaient qu’en Guyane, nous voici en présence d’un autre cas de bagne, cette fois-ci au Congo-Brazzaville sous SASSOU NGUESSO, qui relève de la barbarie pure agissant au nom de la « JUSTICE( ?) ».

 

Or, à notre entendement, telle que nous l’apprécions :

- “La justice est la substance de toutes les vertus. (...). La justice est la substance du devoir. Il est juste de remplir son devoir d’état, mais le premier devoir est de vous demander si votre état est justifié. Vous avez le devoir d’obéir à vos Chefs pourvu que leur autorité soit légitime, mais cela ne vous dispense pas du devoir de vous demander si l’ordre qu’ils vous donnent est juste. C’est devoir de se soumettre à la loi du pays, mais avant tout, de se demander si cette loi ou cet ordre est juste. Car elle peut bien avoir été imposée par des tyrans ou des conquérants, par un imposteur ou par des profiteurs, ou n’être due qu’à des superstitions ou à d’anciennes erreurs. Le premier devoir est peut-être alors de désobéir ouvertement, ou d’attaquer la loi ou l’ordre inique de quelque autre façon” (Lanza Del Vasto).

 

En clair et en d’autres termes, notre premier devoir à tous, en tant que citoyens, est d’observer la justice - la vraie -, et notre second devoir est de ne pas tolérer qu’on la viole.

 

C’est pourquoi nous disons à M. Jean-Claude TOUTISSA que le témoin d’une injustice qui détourne la tête sous prétexte que cette affaire ne le regarde pas ou y contribue, sous couleur de discrétion ou d’intérêts véreux, ou d’impassibilité, n’est qu’un lâche.

 

JUGE JEAN-CLAUDE TOUTISSA :

 

“Plus un ordre viole la nature, l’habitude et la norme, et plus l’usage de la violence lui est indispensable” (Lanza Del Vasto).

 

Par ailleurs, si le sang donne droit au pouvoir, celui qui détient le pouvoir n’a pas de pire rival que son plus proche par le sang; et ce droit de vie et de mort que les puissants s’arrogent finit par se retourner contre leur propre sang, avait écrit Lanza Del Vasto.

 

- “Tant que la confiance, l’affection, le respect ou la puissante habitude, lient les sujets à cet autre arbitre, l’Etat subsiste : il se défait sitôt que l’autorité du Souverain se perd sur une autre partie du peuple qui porte son allégeance ailleurs : il y a dès lors, à vrai dire, non plus un Etat mais deux; ou, du moins, deux Etats tendent à se former à partir d’un seul, et l’un d’eux sera étouffé par l’autre à l’aide de moyens violents. Il y a là un processus affreux dans son cours et dont l’achèvement laissera d’ineffaçables rancunes. Jamais plus les citoyens ne seront unanimes dans la célébration des anniversaires, les jours de gloire des uns étant jours de deuils pours les autres. Rien n’est donc plus important à la santé d’un Etat que de procurer un accord perpétuel des citoyens sur l’identité du Souverain, c’est-à-dire d’établir et de consacrer un principe de légitimité” (Bertrand De Jouvenel).

 

Par exemple, Saturne dévorait ses enfants jusqu’à ce que l’un d’eux qui lui avait échappé, Jupiter, le vainquît de sa foudre et l’enfermât dans les lieux infernaux.

 

Puisse notre propos vous faire réfléchir, vous, et celles et ceux qui se croient détenir le droit de vie et de mort sur les autres…

 

Jean-Claude MAYIMA-MBEMBA

- Ancien Rapporteur de la Commission ad hoc "Assassinats" de la Conférence Nationale Souveraine (1991)

- Ancien Représentant Permanent de l'Opposition Congolaise auprès de l'union Européenne (1994-2005)

- Président de l'Association UNION-CONGO

 

https://blogs.mediapart.fr/jecmaus/blog/010617/congo-le-docteur-nadine-boukadia-epouse-de-modeste-boukadia-accuse

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COMMENTAIRE D'UN INTERNAUTE :

Le 03 mai 2017, la Cour d’appel de Pointe-Noire, sous la présidence du juge Jean-Claude TOUTISSA, jugeait et « condamnait » M. Modeste BOUKADIA aux travaux forcés et 100 millions de Frs CFA d’amende.

Depuis cette date, la Grosse du jugement et l’arrêt du tribunal n’ont pas encore été signés.

Or selon le Code de procédure pénale congolais, la Grosse et l'arrêt doivent être signés le jour même du jugement et au plus tard trois (3) jours ouvrés après le prononcé du verdict, sinon le verdict n'est plus validé.

Dans le cas d'espèce de Modeste BOUKADIA, il y a vice de procédure dans la mesure où, le procès s'étant tenu le 03 mai 2017 et le jugement rendu le même jour à savoir le 03 mai 2017, aucun acte de justice n’est à jour et présenté dans les délais requis conformément au Code de procédure pénale.

En d’autres termes, donc, l'arrêt aurait dû être remis le même jour, le 03 mai 2017 ou, au plus tard, trois (3) jours ouvrés, c'est-à-dire, le lundi 08 mai 2017 compte tenu du fait que le 06 mai était un samedi, et donc non ouvré.

Par conséquent, compte tenu de ce qui précède, il appert que le Juge Jean-Claude TOUTISSA n’a jugé personne et le procès n’a pas eu lieu.

Ainsi, sans signature au-delà du 08 mai 2017, M. Modeste BOUKADIA est en détention totalement arbitraire et illégale.

Dans ces conditions, que dit la Loi ?

La loi dit qu'il faut le libérer parce que la signature de La Grosse et de l'arrêt prouve que le verdict a été rendu sous contrainte. C'est ce qui fait que le Juge Jean-Claude TOUTISSA, aujourd'hui, ne peut plus signer cet arrêt ou La Grosse pour avoir dépassé les délais impartis par la Loi.

Sinon comment interpréter ou justifier un temps aussi long entre le jour du jugement et la signature de La Grosse et l'expédition un (1) mois ou plus tard ? Sinon constater la nullité du jugement et libérer Modeste Boukadia sans autre forme de procès.

 

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29 mai 2017 1 29 /05 /mai /2017 19:42
Pierre Mabiala voulait son procès. Il l’a eu. Il tenait sa victime : Modeste BOUKADIA, pour mériter sa place et son titre.

 

Mais, connaissant le cynisme de Sassou Nguesso, il a dû ne pas vouloir que tous ces procès soient sous le commandement et le contrôle de son oncle Emmanuel Yoka, pour ne pas lui faire porter la laideur de leurs cynisme et barbarie. Il a donc attendu  et voulu que ce procès soit organisé par un ministre sudiste, en l’occurrence originaire des pays du Niari comme Pierre Mabiala, d’autant que l’UPADS, qu’on le veuille ou non, mène la barque à la tête du gouvernement, en la personne de Clément MOUAMBA, Premier ministre. Ceci, pour envenimer les antagonismes entre ces différentes régions du sud.

 

Cependant, l'erreur de Sassou Nguesso, dans cette affaire, est d'avoir laissé son ministre de Makabana faire le procès du 3 mai 2017, alors que plusieurs légations lui avaient demandé de ralentir les ardeurs de son Ministre de Makabana de la justice, « puisque Modeste BOUKADIA parle... »

Modeste BOUKADIA a parlé !

La dictature masquée a montré son visage au grand jour. Ce n'est plus le jugement de Modeste BOUKADIA, mais celui d'un pouvoir inique, tribal et génocidaire... Pendant le procès de Modeste BOUKADIA, les crimes d'État envers les populations du Pool étaient présents, même si le président du tribunal, Jean-Claude TOUTISSA, a tout fait pour que ceux-ci ne soient pas évoqués à chaque fois que Modeste BOUKADIA voulait aborder la question.

Pierre Mabiala voulait son procès. Il l'a eu. Mais, c'est celui de Denis Sassou Nguesso que Pierre Mabiala a initié en ordonnant à Jean-Claude TOUTISSA de confirmer la peine de la contumace : 30 ans de travaux forcés + 100 millions de fcfa d’amende à payer. Condamnant, de ce fait, Sassou Nguesso devant l'opinion internationale en le montrant cynique et inhumain. Ce faisant, la digue a sauté...

Depuis le 3 mai 2017, Jean-Claude TOUTISSA se mure dans son silence en désertant son bureau.
La Cour d'appel ne sait pas quoi faire... Car l’énoncé du verdict ne signifie pas condamnation tant que la GROSSE du jugement n’est pas signée. Ainsi, à ce jour, Modeste BOUKADIA est détenu illégalement et arbitrairement faute de jugement en bonne et due forme. Il devrait être dehors du fait de la faillite du système judiciaire. Sauf qu’au Congo de Sassou Nguesso, la barbarie est la loi suprême.

Quant à Jean-Claude TOUTISSA, depuis son domicile transformé en bunker, il se défend en murmurant : "J'ai reçu des instructions ! J’ai obéi aux ordres"

Et les vieux de la vieille de lui rappeler : "Qu'avait fait le juge qui avait jugé le colonel Tsourou qui avait aussi reçu les ordres ? Il avait refusé d'obéir parce que c'est un magistrat. Vous de Makabana, à force de penser que c'est le Président Boukadia qui a fait chasser Lissouba du pouvoir, alors que c'est vous-mêmes qui l'avez trahi au général Sassou Nguesso, vous venez de trahir le pouvoir en appliquant des ordres sans fondement sur un dossier vide avec tant de vices de procédure. Alors qu'en le libérant, tout le monde aurait pensé que c'est le Président de la République qui l'a libéré. Maintenant, en appliquant les ordres de ton parent Mabiala, tout le monde pense que c'est Sassou qui l'a condamné..."

Sans validation de La Grosse et l’Expédition, le jugement du 03 mai 2017 est nul et de nul effet.

Pointe-Noire, le 29 mai 2017

Le VIGILANT 2

Pour le compte du RESEAU CONGO-MFOA

Avec le procès Boukadia, Pierre MABIALA fait condamner Sassou Nguesso (pdf, 599.3 kB) 

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COMMENTAIRE D'UN INTERNAUTE

Le 03 mai 2017, la Cour d’appel de Pointe-Noire, sous la présidence du juge Jean-Claude TOUTISSA, jugeait et « condamnait » M. Modeste BOUKADIA aux travaux forcés et 100 millions de Frs CFA d’amende.

Depuis cette date, la Grosse du jugement et l’arrêt du tribunal n’ont pas encore été signés.

Or selon le Code de procédure pénale congolais, la Grosse et l'arrêt doivent être signés le jour même du jugement et au plus tard trois (3) jours ouvrés après le prononcé du verdict, sinon le verdict n'est plus validé.

Dans le cas d'espèce de Modeste BOUKADIA, il y a vice de procédure dans la mesure où, le procès s'étant tenu le 03 mai 2017 et le jugement rendu le même jour à savoir le 03 mai 2017, aucun acte de justice n’est à jour et présenté dans les délais requis conformément au Code de procédure pénale.

En d’autres termes, donc, l'arrêt aurait dû être remis le même jour, le 03 mai 2017 ou, au plus tard, trois (3) jours ouvrés, c'est-à-dire, le lundi 08 mai 2017 compte tenu du fait que le 06 mai était un samedi, et donc non ouvré.

Par conséquent, compte tenu de ce qui précède, il appert que le Juge Jean-Claude TOUTISSA n’a jugé personne et le procès n’a pas eu lieu.

Ainsi, sans signature au-delà du 08 mai 2017, M. Modeste BOUKADIA est en détention totalement arbitraire et illégale.

Dans ces conditions, que dit la Loi ?

La loi dit qu'il faut le libérer parce que la signature de La Grosse et de l'arrêt prouve que le verdict a été rendu sous contrainte. C'est ce qui fait que le Juge Jean-Claude TOUTISSA, aujourd'hui, ne peut plus signer cet arrêt ou La Grosse pour avoir dépassé les délais impartis par la Loi.

Sinon comment interpréter ou justifier un temps aussi long entre le jour du jugement et la signature de La Grosse et l'expédition un (1) mois ou plus tard ? Sinon constater la nullité du jugement et libérer Modeste Boukadia sans autre forme de procès.

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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 19:48
 
Le texte ci-après est extrait du livre de Krysis Kilokila-Kiampassi, "Barbarie et folie meutrière au Congo-Brazzaville. Un châtiment collectif pour appartenance ethnique", Ed. L'Harmattan, Paris, 2005.

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Des voix se lèvent contre la violence armée dans le Pool (1998-2005)

A celles et ceux qui disent que personne ne parle, ne dit rien. Voici des extraits des réactions de Mgr Portella, Evêque de Kinkala et de feu Sage du Pool, M. Florent Mienantima. Cela fait 20 ans que M. Sassou Nguesso et son clan se livrent à l'extermination des Kongo dans la région du Pool. La guerre dans le Pool n'a vraiment jamais cessé. Les opérations "Colombe 1 et 2", "Hadès", "Hérode" et "Mouebara 1 et  2" suivent toujours leur cours. Mouebara est le nom de la mère de Sassou Nguesso. . A la France qui nous a "affecté" ce criminel en 1997 par le bout d'un canon sur fond de fleuve de sang et de larmes, et au président Hollande qui lui a donné le quitus, le permis de tuer en octobre 2015, au nom des INTERETS DE LA FRANCE, le peuple Congolais demande de retirer son criminel qu'il n'a pas choisi librement. Merci de partager ce document et de faire connaître ce livre-témoignage. Un livre à lire impérativement.

 

Châtiment collectif pour appartenance ethnique

 

La recrudescence de cette violence armée dans le Pool a de nouveau mobilisé toutes les forces vives de la nation pour tenter de trouver une solution définitive à cette crise. Au nombre des initiatives prises à cette fin, il y a eu les déclarations des Evêques du Congo et leurs prises de contacts avec les autorités politiques et civiles, les déclarations de certaines personnalités politiques et civiles, la Concertation pour la restauration de la paix au Pool, organisée du 14 au 18 novembre 2002, par les ressortissants du Pool et la marche citoyenne qui les a conduits à la résidence privée du Chef de l’Etat, le 18 novembre 2002. C’est donc au terme de toutes ces initiatives, notamment à l’issue de la marche citoyenne, que le Chef de l’Etat a annoncé sa volonté de mettre fin à la violence armée dans le Pool, en demandant aux jeunes qui ont pris les armes à rentrer de Brazzaville où il leur garantit la sécurité, l’amnistie et la réinsertion sociale. Cet appel a enclenché une réelle dynamique de résolution de cette crise armée, après avoir, au départ, semé la confusion et la panique dans les esprits des populations du Pool.

 

1. Appel à la responsabilité nationale et internationale de l’Evêque de Kinkala

  « C’est un cri que je lance à l’adresse de toute la nation congolaise et de tous ceux qui l’aiment. Ce qui se passe à présent dans la région du Pool est à peine supportable pour un cœur tant soit peu humain. Voilà déjà, en effet, plus de deux mois que cette région est l’objet d’une « sollicitude meurtrière » qui se manifeste dans un « pilonnage » assidu de plusieurs localités ; je cite, entre autres, Madzia (4 fois), Matoumbou, Yokama, les environs de Kololo, Ngandou, Malela…, sans oublier, bien sûr, « l’épicentre » même du drame : la région de Kindamba-Vindza.

Le motif déclaré de ces tristes opérations, c’est la présence incongrue et indésirable du chef de l’ancienne résistance et de ses jeunes adeptes qui, par leur marginalité parfois violente, il faut le reconnaître, dérangent la tranquillité des populations et ne contribuent pas du tout à la paix dans la région. Malheureusement, sans être familier de l’art militaire, on peut constater que ce ne sont pas ces cibles qu’on atteint, à cause de leur grande mobilité et de leur maîtrise incomparable du milieu. Ce sont plutôt les pauvres populations qui en subissent de graves conséquences : des vies humaines fauchées, des infirmités provoquées, des habitations détruites, des déplacements forcés, à pied, sur 50, 100 et même 200 km, avec des bagages de fortune, sans assistance médicale ni secours alimentaire (les ONG humanitaires n’y ont pas accès, semble-t-il, par manque de visa de sécurité), des décès en pleine route sans inhumation digne, un sol de plus en plus impropre à l’agriculture parce que saturé de bombardements. Il y a aussi la triste certitude de revoir, au retour, les maisons pillées, dépouillées du peu qui était resté, par ceux-là mêmes qui sont officiellement préposés à la protection des personnes et des biens.

Aujourd’hui encore, à cause des menaces de bombardement, au vu des engins lourds qui y sont acheminés, un véritable exode est en cours : des milliers de personnes se dirigent encore vers Brazzaville, désespérées, lassées de ce triste sort qui leur échoit. Ajouter à cela, l’angoisse de tous ces jeunes, obligés de vivre cachés dans les forêts, de peur d’être traités de « Ninjas infiltrés ou potentiels ». Quelques-uns ont été même portés disparus, par le fait de la force publique (question à instruire dans le droit et la justice).

Comment ne pourrait-on pas crier, avec le prophète : « Nous attendions la paix, et rien de bon ! le temps du remède, et voici l’épouvante ! » (Jérémie 14, 19).

Oui, voici l’épouvante ! C’est difficile à comprendre, surtout après les « professions de foi » de nos responsables sur la paix ! Annoncer et promettre la paix et en même temps décider des opérations, sources de tant de souffrances injustes pour des filles et des fils de la nation, relève d’une logique mystérieuse difficile à décrypter.

Car, pour beaucoup d’entre nous : pour les évêques du Congo, pour le Conseil œcuménique, pour les sages des différentes régions de notre pays, pour les institutions nationales comme le Comité de suivi de la Convention pour la paix et la reconstruction du Congo et le Haut-Commissariat à la Réinsertion des ex-combattants, pour des associations comme le Comité des femmes pour la paix, le Mbongui du Pool, le Mopax, les femmes du Kouilou (1), le seul chemin capable d’apporter et de garantir une paix profonde et durable est celui du dialogue. La guerre, surtout celle-ci où les populations innocentes sont les premières victimes, n’accouche que de la destruction physique et morale. Elle ne fait qu’attiser les haines, développer les rancoeurs, faire naître, dans la région, la conscience d’être des « mal-aimés » de la République. La  solution est ailleurs. Elle est dans la reprise  du dialogue, elle est dans la réactivation de la réinsertion socio-économique des ex-miliciens, elle est dans le désenclavement de la région par la réfection urgente des routes, elle est dans l’éducation morale, civique et disciplinaire de nos jeunes et particulièrement des ex-miliciens déjà enrôlés dans l’armée qui, par leurs forfaits perpétrés (pillages, vols, viols), font honte à notre Force publique, elle est dans le développement humain harmonieux de toutes les régions du pays, elle est dans la justice et l’égalité de chance pour tous. C’est pourquoi, j’appelle de tous mes vœux un engagement plus clair et plus ferme de la part de tous ceux qui se sentent concernés par cette tragédie qui est nationale : filles et fils de toutes les régions du pays, représentants des pays amis, chrétiens et croyants, pour obtenir l’arrêt des combats et la reprise du dialogue. Oui, la paix n’a pas de prix, même si sa recherche doit mettre notre patience à rude épreuve, car ce sont des vies humaines qui sont en jeu. Et les souffrances des populations innocentes ne peuvent jamais être une bénédiction pour ceux qui les causent. Oui, au nom de Dieu entre les mains de qui le Congo a été placé, et dont « les pensées sont des pensées de paix et non pas de malheur » (Jérémie 29, 11), que cesse la guerre au Congo » (2).

Monseigneur Louis Portella Mbuyu

Evêque de Kinkala

 

2. Le président des sages du Pool sollicite du Gouvernement l’arrêt des violences

Devant le spectacle macabre qui se joue dans le Pool en général, et dans son propre village, en particulier, le président des Sages du Pool, Monsieur Mienantima Florent, réagit et demande au Ministre de l’Intérieur d’assurer la sécurité des populations du Pool. Il adresse également, au même ministre, un rapport d’assassinats perpétrés par la Force publique à Mpayaka, son village.

 

Première lettre :

« Mpayaka, le 20 juillet 2002.

A Monsieur le Ministre de l’Intérieur à Brazzaville.

Objet : Compte rendu d’assassinats perpétrés à Mpayaka par la Force Publique

 Nous avons l’honneur de vous rendre compte des événements survenus au village Mpayaka.

Dans la journée du samedi 6 juillet 2002, au matin, un contingent de militaires des Forces armées congolaises en service commandé a fait irruption au village Mpayaka, soi-disant à la recherche des Ninjas.

Cependant, à défaut des Ninjas, ils ont tué dix (10) personnes non armées :

1 - Nkodia Roméo, 17 ans, élève au CEG de Kibouendé ;

2 - Bibimbou Marcel père, 82 ans, tué et brûlé dans la maison ;

3 - Bibimbou fils, 18 ans, apprenti menuisier ;

4 - Nganga Emery, 25 ans, paysan, agriculteur ;

5 - Makoumbou Dieudonné, 18 ans, élève au CEG de Kibouendé ;

6 - Safoula, 17 ans, élève au CEG de Kibouendé ;

7 - Bantsimba Jean, 50 ans, Président des parents d’élèves de Mpayaka ;

8 - Lemina Albert, 70 ans, Chef de village Ngamalie ;

9 - Samba Kihanzi, 80 ans, brûlé dans sa maison ;

10 - Nsamoukounou-Wamba, femme de 65 ans, tuée mutilée par arme blanche ;

11 - Bissila, blessé par balle, non en danger de mort, est en train d’être soigné ;

En plus, ils ont torturé, battu violemment et menacé de mort un grand nombre et même le Président du comité de village, Monsieur Mienantima Florent âgé de 75 ans.

Toutefois, on peut noter que parmi les assassinés, seul Nganga Emery avait été un ex-combattant ninja qui avait rejoint ses parents et faisait ses champs.

Ensuite, ils ont brûlé toutes les maisons en toiture de paille des six quartiers de Mpayaka soit environ cent trente- cinq (135). Mpayaka a été brûlé à près de 80%. Des arbres fruitiers ont été coupés, les jeunes plants arrachés.

Mpayaka a été pillé de fond en comble avec les animaux. Après cette mise à sac, toute la population, soit environ quatre cents (400) personnes ont été contraintes d’aller à Kibouendé dans le dénuement total.

Monsieur le Ministre, vous êtes notre tutelle. La situation de Mpayaka est le sort subi par la plupart des populations et villages du Pool : un châtiment collectif pour appartenance ethnique. Bien que tard, nous implorons votre intervention contre cette manière de faire.

Le présent compte rendu vous est adressé à titre d’information et à toutes fins utiles.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, nos salutations distinguées.

Le Président du Comité de village Mpayaka

Mienantima Florent.

Ampliations :

Ministre de la Défense

Chef d’Etat Major Général FAC

Chef de District de Kinkala

Chef de Région Pool

Archives ».

 

Deuxième lettre :

« Mpayaka, le 17 août 2002.

 

A Monsieur le ministre de l’Intérieur,

Général Pierre Oba.

 

Monsieur le Ministre,

Au regard de la situation des populations du Pool qui, chaque jour devient plus dramatique que la veille, j’ai l’honneur de vous adresser la présente lettre parce que vous êtes notre Ministre de tutelle. Vous avez la responsabilité d’assurer notre sécurité.

Monsieur le Ministre, je suis Monsieur Mienantima Florent, Chef du village Mpayaka (Kinkala). J’ai 75 ans d’âge. J’ai été :

Chef de terre Mboleke (Kinkala) en 1963

Conseiller de district et de région de 1963 à 1978

Président du Tribunal de 1er degré de Kinkala de 1962 à 1977

Président du Comité de village Mpayaka de 1964 à nos jours

Député à l’Assemblée Nationale Populaire de 1973 à 1978.

A cause de ma petite expérience, j’avais été élu par mes pairs Président des sages du Pool.

 

 J’ai vécu les événements des 3 Francs en 1941, les abus de la J.M.N.R, en 1964, la recherche de Diawara dans les forêts de Goma-Tsétsé. Aucun de ces événements ne m’a inquiété personnellement. Seuls les mis en cause subissaient la répression de la loi.

En octobre 1998, les Ninjas m’ont brutalisé jusqu’à me ligoter en prétextant que j’avais conduit les Cobras qui avaient brûlé Kibouendé. Quand ils ont vérifié, ils se sont aperçus que je n’y étais pour rien. Pendant ce temps, ils avaient déjà anéanti mes biens et détruit mes trois (3) parcs avec cent vingt-sept (127) bœufs.

Cette fois-ci, les militaires des FAC [Forces armées congolaises] ont fait irruption dans mon village Mpayaka sous prétexte de rechercher les Ninjas. A défaut des Ninjas, ils ont assassiné dix (10) personnes gratuitement, blessé une par balles. Pendant ce raid, j’ai été violemment battu, sans considération de mon âge. J’ai eu quatre (4) côtes déformées. Ils ont pillé tous les biens du village. Ils ont volé mes vingt (20) cabris et mes moutons. Ils ont brûlé près de cent trente-cinq (135) maisons. Le village a été détruit à 80%.

Dans mon cas, traqué d’un côté par les Ninjas et de l’autre par les Cobras, sous la peau des FAC, je me demande de quel côté suis-je. Ceci est pour dire qu’il y a beaucoup d’innocents qui subissent dans le Pool.

Monsieur le Ministre, au cas où vous ne le sauriez pas, j’ai l’honneur de porter à votre connaissance qu’en ce moment, les populations du Pool sont victimes des exactions les plus sévères de la part des militaires de toutes nationalités confondues. Massacres, viols, rackets, bombardements d’hélicoptères, sont les maux auxquels on est soumis à tout moment. La mort est distribuée gratuitement et pour rien, selon le bon vouloir de la Force Publique. Une rencontre des FAC avec un jeune homme soupçonné d’être ex-Ninja signifie assassinat de ce dernier. Un ex-Ninja est automatiquement tué. Ils ne font pas de prisonniers. Ce système de rechercher tous les ex-Ninjas un à un est très dangereux. Ainsi traqués, bien qu'ayant déposé les armes, les Ninjas ne sortent plus. Cela signifie que le Pool perdra de ses jeunes d’ici là. Monsieur le Ministre, votre responsabilité est engagée, il faut réagir. Au village, la conclusion est que les militaires agissent ainsi selon les ordres bien reçus du gouvernement parce qu’ils ne sont jamais rappelés à l’ordre et cela dure depuis toujours. Chez le soldat, quand on dit : va ! il va, viens, il vient ; fais, il fait sinon il est sanctionné.

 Monsieur le Ministre, je voudrais aussi porter à votre connaissance que beaucoup d’hameaux ont déjà été effacés de la carte du Pool et du Congo. Les militaires passent et repassent dans les villages désertés, pillent et repillent et finissent par incendier les maisons et enlèvent les tôles. Kibouendé regroupe en ce moment les déportés de plus de vingt (20) villages de Kinkala-Nord et de Mayama. Comment vivent-ils ? Dans le plus grand dénuement. Ils ont abandonné leurs champs parce qu’une rencontre avec les FAC signifie la mort. Si la guerre s’arrête aujourd’hui, beaucoup de rescapés ne retrouveront plus de village ni de maison où habiter. Le gouvernement qui, en ce moment éprouve des difficultés pour assurer régulièrement les pensions des retraités, les bourses des étudiants, les salaires des fonctionnaires, sera incapable d’aider les paysans du Pool à rebâtir leurs maisons. Il serait donc temps que le gouvernement arrête net cette situation.

Monsieur le Ministre, une question fondamentale est de savoir si la région du Pool est en rébellion contre les institutions de la République. A mon avis, il n’en est pas question. Pourquoi alors faire subir une guerre si atroce, faire payer un si lourd tribut aux populations pour une personne que beaucoup ne connaissent même pas physiquement. Cette attitude nous fait conclure que le gouvernement nous fait subir un châtiment collectif pour appartenance ethnique. C’est dangereux pour une République.

Monsieur le Ministre, en ma qualité de Sage, je voudrais vous suggérer d’abord la résolution du problème du Pool par un autre biais : celui de l’amour. Ne considérez pas uniquement votre pouvoir à asseoir à tout prix quel que soit le nombre de morts dans le Pool et sa destruction matérielle. Considérer d’abord la population. Si vous avez un peu d’amour pour les habitants du Pool, faites que le gouvernement arrête son expédition. Quel plaisir éprouvez-vous en apprenant toutes les nouvelles macabres en provenance du Pool depuis 1998 ? Il n’y a aucune gloire d’avoir saccagé une région et d’entrer dans sa mémoire comme son destructeur. L’hécatombe du Pool et même le chaos du pays tout entier exigent du gouvernement de la hauteur et surtout beaucoup de lucidité. Si le gouvernement considère les personnes avant toute chose, il devra revoir sa copie. C’est alors que le gouvernement doit chercher et réexaminer toutes les données des problèmes jusqu’au bout du raisonnement. Chez les villageois, pour arriver jusqu’au bout du raisonnement dans un problème politique à plusieurs têtes, il n’y a qu’une seule approche : le dialogue. Le dialogue est le fruit de l’amour. Tout le reste n’est que perte de temps, d’énergie, de personnes et de biens. Ce que je dis est simple, mais il n’y a que ceux qui ont l’amour pour leurs semblables qui y arrivent. Un adage de nos villages dit que si le chemin se perd, il faut repartir à la croisée des chemins. Les problèmes politiques n’ont pas qu’une seule solution. Quand un schéma ne marche pas, on en prend un autre. Si on examine les accords déjà passés, on s’apercevra que certaines clauses ont été foulées aux pieds de chaque côté. Dans certains pays, par amour, pour sauver leur population, les gouvernements décrètent des cessez-le-feu unilatéraux. Pourquoi pas chez vous ?

Monsieur le Ministre, je sais que des voix plus autorisées que la mienne ont déjà parlé dans le même sens. J’ai tout simplement voulu vous rappeler que les populations du Pool sont aussi vos citoyens et que vous avez la responsabilité de leur sécurité.

Encore une fois, Monsieur le Ministre, nous vous implorons de faire arrêter le châtiment collectif pour appartenance ethnique des populations du Pool. Soyez notre Avocat auprès du gouvernement et surtout auprès du Président de la République.

Entre-temps, veuillez agréer, Monsieur le Ministre, mes remerciements anticipés.

Mienantima Florent ».(*) 

 (Extrait du livre de Krysis Kilokila-Kiampassi, Barbarie et folie meurtrière au Congo-Brazzaville. Un châtiment collectif pour appartenance ethnique, L’Harmattan, Paris, 2005)

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(*) M. Florent Mienantima, le Sage du Pool, est décédé l’année dernière (2016), à la suite d’une longue maladie.

(1) - Cf. : La Semaine Africaine, n° 2362 du 16 mai 2002.

(2) - Cf. : La Semaine Africaine, n° 2363 du 23 mai 2002

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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 23:19
Le président du Cercle des Démocrates et Républicains du Congo (CDRC), M. Modeste BOUKADIA, a été condamné, le 03/05/2017, par la Cour criminelle de Pointe-Noire, à TRENTE (30) ANS DE TRAVAUX FORCES pour, dit-on : « Atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat ». Ce verdict repose sur le fait qu’en 2013, les militants du parti de M. Modeste BOUKADIA, président du CDRC, au cours de leurs meetings autorisés, avaient brandi des pancartes portant l’inscription « Gouvernement=Carton rouge », réclamé la « démission du gouvernement »et la « formation d’un Gouvernement d’union nationale ».

Les magistrats du Tribunal de Pointe-Noire, particulièrement le Procureur général, M. Norbert NKOUKOULI et le président de la cour (Jury), M. TOUTISSA, aux ordres, n’ont pas dit le droit, mais ont obéi à un ordre parti de quelque part.

Rien que pour cela, il est condamné à 30 ans de prison aux travaux forcés. Mais, curieusement, après avoir eu le « courage( ?) » de prononcer la sentence et condamner un homme dont le dossier est vide, M. TOUTISSA, le président du jury, n’a plus le « courage » de se rendre à ses bureaux pour signer la Grosse du verdict à travers lequel il a pour ainsi dire « condamné à mort » un innocent, M. Modeste BOUKADIA.

Pourquoi, M. TOUTISSA, le courageux magistrat, a-t-il peur maintenant, après avoir rendu un verdict ne reposant sur rien ? Maintenant, le Juge TOUTISSA a peur de signer, d’assumer son acte barbare ordonné par d’autres…

En effet, après André Grenard MATSOUA, en 1940 sous l’ère coloniale, après Nelson MANDELA sous le règne de l’apartheid en Afrique du Sud, nous voici en présence d’un autre cas qui relève de la barbarie pure agissant au nom de la « JUSTICE( ?) ».

Cependant, à notre entendement, telle que nous l’apprécions :

- “La justice est la substance de toutes les vertus. (...) La justice est la substance du devoir. Il est juste de remplir son devoir d’état, mais le premier devoir est de vous demander si votre état est justifié. Vous avez le devoir d’obéir à vos Chefs pourvu que leur autorité soit légitime, mais cela ne vous dispense pas du devoir de vous demander si l’ordre qu’ils vous donnent est juste. C’est devoir de se soumettre à la loi du pays, mais avant tout, de se demander si cette loi ou cet ordre est juste. Car elle peut bien avoir été imposée par des tyrans ou des conquérants, par un imposteur ou par des profiteurs, ou n’être due qu’à des superstitions ou à d’anciennes erreurs. Le premier devoir est peut-être alors de désobéir ouvertement, ou d’attaquer la loi ou l’ordre inique de quelque autre façon” (Lanza Del Vasto).

En clair et en d’autres termes, notre premier devoir à tous, en tant que citoyens, est d’observer la justice - la vraie -, et notre second devoir est de ne pas tolérer qu’on la viole.

En tout cas, le témoin d’une injustice qui détourne la tête sous prétexte que cette affaire ne le regarde pas ou y contribue, sous couleur de discrétion ou d’intérêts véreux, ou d’impassibilité, n’est qu’un lâche. Sa non-intervention, loin de le mettre hors de cause, le compromet au contraire avec l’injustice.

A chacun de nos compatriotes, de quelque bord qu’il soit, de méditer les enseignements ci-après : 

“Plus un ordre viole la nature, l’habitude et la norme, et plus l’usage de la violence lui est indispensable” (Lanza Del Vasto).

Par ailleurs, si le sang donne droit au pouvoir, celui qui détient le pouvoir n’a pas de pire rival que son plus proche par le sang; et ce droit de vie et de mort que les puissants s’arrogent finit par se retourner contre leur propre sang, avait écrit Lanza Del Vasto.

- “Tant que la confiance, l’affection, le respect ou la puissante habitude, lient les sujets à cet autre arbitre, l’Etat subsiste : il se défait sitôt que l’autorité du Souverain se perd sur une autre partie du peuple qui porte son allégeance ailleurs : il y a dès lors, à vrai dire, non plus un Etat mais deux; ou, du moins, deux Etats tendent à se former à partir d’un seul, et l’un d’eux sera étouffé par l’autre à l’aide de moyens violents. Il y a là un processus affreux dans son cours et dont l’achèvement laissera d’ineffaçables rancunes. Jamais plus les citoyens ne seront unanimes dans la célébration des anniversaires, les jours de gloire des uns étant jours de deuils pours les autres. Rien n’est donc plus important à la santé d’un Etat que de procurer un accord perpétuel des citoyens sur l’identité du Souverain, c’est-à-dire d’établir et de consacrer un principe de légitimité” (Bertrand De Jouvenel).

Rappel :

Par exemple, Saturne dévorait ses enfants jusqu’à ce que l’un d’eux qui lui avait échappé, Jupiter, le vainquît de sa foudre et l’enfermât dans les lieux infernaux.

Puisse cette page d’appel à la méditation faire réfléchir celles et ceux qui se croient détenir le droit de vie et de mort sur les autres censés être leurs compatriotes.

Paris, le 18 mai 2017

Jean-Claude MAYIMA-MBEMBA

Ancien Rapporteur de la Commission ad hoc « Assassinats » de la Conférence Nationale Souveraine (1991)

Ancien Représentant Permanent de l’Opposition Congolaise auprès de l’Union Européenne

Président de l’Association UNION-CONGO

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