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9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 10:01
Dans les coulisses du pouvoir de Sassou Nguesso...

par Rigobert Ossebi

Retard stratégique dans le déroulement des prochaines élections locales.

Dans toute la République du Congo, sur l’étendue de tout son territoire, le 23 juillet dernier, financé en partie par des fonds européens, le recensement administratif spécial aurait dû démarrer. L’absence de communication à ce sujet laisse penser qu’il faudra enregistrer un très sérieux retard quant à son achèvement. Pourtant, arrivés à leur fin de mandat le 30 juin 2013, les Conseils départementaux et communaux ne siègent plus. Avant la mise en place effective de nouveaux Conseils, au terme des élections locales qui ne se dérouleront vraisemblablement pas avant la mi-2014, les bureaux de ces Conseils expédient les affaires courantes, sans que les conseillers puissent intervenir sur de nouveaux sujets.

Le retard apporté à ces élections, qui étaient vaguement fixées à la fin 2013, dans une indifférence quasi-totale, à une importance stratégique pour la pseudo-démocratie en place. Faute de pouvoir faire accepter une modification de la Constitution de 2002, il est important dès maintenant d’enregistrer un retard conséquent sur l’organisation de ces élections locales, qui diffèreront d’autant, voire plus, les élections sénatoriales prévues en 2014, suivant le calendrier, à 2015 au moins. Cela dans le but ultime que l’élection présidentielle de 2016 ne puisse se dérouler avant 2017, avec l’espoir, à peine dissimulé, que le Président François Hollande ne soit plus alors le locataire de l’Elysée.

Mouvement diplomatique à Brazzaville

La confirmation lui en était parvenue alors qu’il était en vacances à Marbella. Informé de longue date par ses barbouzes parisiennes, Denis Sassou NGuesso avait reçu sans surprise l’annonce officielle du départ de l’Ambassadeur Valette, que son entourage surnommait sournoisement « l’ambassadeur Malette ». Déjà son remplaçant, son nom à peine connu, Jacques Maillard, perfidement et dans le même registre, était baptisé d’un sobriquet qui se voulait prometteur « d’ambassadeur Milliard ». Le dictateur en avait bien ri, toutefois sans trop d’illusions… !

Même s’il avait bénéficié d’un coup de pouce corrézien, le 25 avril 2007 juste avant le départ de l’Elysée de Jacques Chirac, pour trois années paradisiaques d’ambassadeur de France à l’Île Maurice, sa nomination dans « l’enfer brazzavillois » relèverait maintenant beaucoup plus de la mission commandée du grand nettoyage des écuries d’Augias que de la poursuite de « la diplomatie de complicité complaisance » de son prédécesseur (Voir ci-dessous la grande ressemblance entre Denis Sassou NGuesso et le Roi Augias).

Il n’a pas échappé à l’Elysée, et même au très conservateur Quai d’Orsay, que Brazzaville est le lieu de tous les trafics, que la corruption la plus insensée y sévit et que beaucoup de diplomates et de fonctionnaires internationaux quittent ce pays grande fortune faite.

(N.B. Le nettoyage des écuries d’Augias est le cinquième des douze travaux d’Héraclès.

Augias, roi d’Élide, possédait d’énormes troupeaux de bétail. Mais ses écuries étaient tellement sales qu’on ne pouvait plus y rentrer, elles n’avaient plus été nettoyées depuis trente ans.

La tâche d’Héraclès fut de nettoyer ces écuries, ce qu’il fit en une seule journée, en détournant les eaux des fleuves Alphée et Pénée, les décrassant en profondeur.

Ce travail ne fut cependant pas comptabilisé ; Eurysthée prétexta qu’Héraclès avait demandé à Augias d’être payé pour la tâche. Augias ne versa jamais ce paiement (il lui avait promis 300 bœufs)et chassa Héraclès quand il vint le lui réclamer. Irrité, Héraclès leva une armée, prit la ville d’Élis, et tua Augias ainsi que tous ses fils sauf un, Phylée, qui avait pris le parti d’Héraclès. En récompense, le héros le plaça sur le trône d’Élide, le faisant ainsi succéder à son père.)

Pressions des « affaires » et inquiétudes du pouvoir…

L’interpellation dans le cadre de l’affaire des Disparus du Beach du Général Norbert Dabira avait profondément irrité Denis Sassou NGuesso. De Marbella et de son palace andalou, le dictateur avait appelé, le 4 septembre dernier, les représentants des partis de la majorité réunis, à Brazzaville, autour d’Aimé Emmanuel Yoka, l’oncle ministre de la justice et du Secrétaire Général du PCT, Pierre NGolo. Dans une conférence téléphonique, le dictateur les avait salués de s’être retrouvés et s’était alors plaint « d’être presque traqué au sujet de l’Affaire des Disparus du Beach. A cela s’ajoute la crise née des explosions du 4 Mars.Où veut en arriver l’Occident (France en tête suivie de l’Allemagne, l’Angleterre et les USA) ? Je me le demande. Au point où même le recensement administratif que nous avons demandé est vu comme une manœuvre politicienne. »

S’agissant du premier point, à savoir Les Disparus du Beach :

« Il faut savoir que le rebondissement de cette affaire avec la mise en examen du Général Norbert Dabira n’est pas anodin. Il procède d’un agenda caché. Aussi tous les partis de la majorité doivent organiser des meetings pour soutenir l’action du Gouvernement afin que l’opinion internationale se rende compte que nous avons tout le pays derrière nous et que ce n’est pas le moment de remettre en cause la paix si chèrement obtenue. Pour cela, Aimé Emmanuel Yoka trouvera comment faire appuyer les meetings des débats télévisés au cours desquels, en homme de droit, il démontrera l’autorité de la chose jugée. C’est l’autorité de la chose jugée qui doit l’emporter. »

La manifestation « spontanée » à la révolte anti-française du 14 septembre avait été clairement ordonnée par le dictateur congolais. (N.B. Dans le document qui a été transmis, il est surnommé « la vache folle » par le narrateur de la réunion téléphonique à laquelle il avait assisté.)

Il ajouta alors : « Le risque d’intervention de la France en Syrie ne nous épargne pas. Au contraire, l’Afrique centrale risque d’être le théâtre d’affrontements dans les mois à venir pour changer de force les régimes en place. Je vous invite à la réflexion sur cette question. »

Deuxième Point : Les Biens Mal Acquis

« Là aussi, il y a un rebondissement qui nous met mal à l’aise. Nous ne sommes pas les seuls à avoir des biens au Congo( ?) . Si nous sommes déstabilisés, nous allons tous perdre. Or parmi vous ; nombreux n’ont des biens qu’au Congo. Donc ce n’est pas mon affaire personnelle. A chacun de jouer sa partition pour que nous protégions au moins nos biens qui sont au Congo. Et il martèle : je répète que ce n’est pas mes biens que je vous invite à défendre, parmi vous qui n’en a pas ? »

Troisième Point : Le recensement administratif

« J’apprends que le recensement est vu comme une attitude pour nous de monopoliser le pouvoir et que même au sein des partis de la majorité, il y a des voix discordantes. Je vous invite à l’unité et à l’unification de nos forces. Ce n’est plus le temps de dissiper nos forces. Parlons d’une même voix ; notre salut en tant que majorité en dépend. »

Conclusion :

« Il a insisté que le fait que bientôt ce sera la rentrée des classes augure un bon temps pour une telle campagne de soutien à son action politique. Il faut pour se faire vanter les bienfaits de la Municipalisation Accélérée, télévision à l’appui. Il faudra pour cela montrer chaque soir des films sur les municipalisations déjà passées, précédés ou suivis des débats sur la paix et ses dividendes que sont la prospérité économique et sociale. Donc mettre la jeunesse et les femmes à contributions, surtout dans les régions qui sont acquises au pouvoir. »

N.B. La manifestation du 14 septembre n’avait pas réduit la détermination des Juges français. Des perquisitions et des interpellations ont eu lieu chez l’ancien ministre de la défense au moment des faits, Monsieur Justin Leckoundzou et chez le ministre de l’Intérieur d’alors, Monsieur Pierre Oba.

Le ressentiment du président congolais à l’égard de son homologue français a alors atteint son paroxysme. Sa réaction à cette escalade ne pouvait alors que se rapprocher de celle qu’avaient eu, dans un passé peu éloigné, le Rwanda et la Guinée Equatoriale à l’égard de ce partenaire, c’est-à-dire la rupture des relations diplomatiques. La menace en devrait être contenue dans un courrier très récemment adressé au Président François Hollande.

Inquiétudes du pouvoir (suite)…

Denis Sassou NGuesso est un habitué des Assemblées Générales de l’O.N.U. à New-York, rendez-vous qu’il ne rate pour rien au monde, même si son train de vie indécent est régulièrement épinglé par la presse américaine. Le luxe n’a vraiment un sens qu’à New-York et chaque année il se plait à montrer qu’il compte plus que jamais parmi les quelques « rois du monde » !

Or depuis son retour d’Espagne, ses services de renseignements intérieurs et extérieurs ne cessent de pondre des notes alarmantes sur des tentatives imminentes de renversement de son pouvoir. Pas question alors de faire ce déplacement à New-York qu’il aime tant ! Le problème, avec cette conspiration permanente et généralisée, est qu’il n’y a pas un « Chef » ou une « région » en pointe ! Personne ou pas de groupe de personnes parfaitement identifiés contre lesquels envoyer ses chars, ses hélicos et ses hommes de main. L’ennemi est invisible … !

De Pointe Noire, pourtant la contestation gronde plus que de coutume. Aussi un détachement de 240 hommes (Rwandais, exilés zaïrois de la DSP et autres assassins patentés), précédemment stationné à Tsambitso, vient d’être envoyé à Pointe Noire, histoire d’être prêt à calmer férocement toute velléité de soulèvement populaire.

Denis-Christel Sassou NGuesso peut continuer tranquillement son hold-up pétrolier permanent, « Papa » couvre ses arrières… ! Mais pendant combien de temps encore ?

Inquiétudes du pouvoir (suite et fin).

Le Colonel Marcel Ntsourou, depuis sa libération après une parodie grotesque de procès, parle beaucoup. Certes sa déclaration de disponibilité à témoigner devant les Juges français de l’affaire des « Disparus du Beach » a beaucoup intéressé les magistrats en question mais a irrité au plus au point son ancien patron. Les autres provocations publiées dans le journal « le Glaive » à Brazzaville ont encore jeté de l’huile sur le feu. Des émissaires de sa région, dont Maxime Gandzion (du Clan des Mapapa), ont été dépêchés auprès de lui afin qu’il accepte un exil doré à Libreville, copieusement pourvu et indemnisé.

Le Colonel a la dent dure ( contre Sassou ?). Il a rejeté toutes les propositions !

Catégoriquement !

Enfin, une bonne nouvelle pour Denis Sassou NGuesso

L’ordonnance de non-lieu en faveur de l’ancien président Nicolas Sarkozy, délivrée par le Juge Gentil de Bordeaux le 7 octobre 2013, a été célébrée joyeusement par le dictateur congolais tant malmené par son successeur François Hollande. L’espoir est grand, à nouveau, de retrouver en 2017 un ami au Palais de l’Elysée ! Brazzaville sera sans aucun doute la destination préférée d’ici-là des financiers de ses compétiteurs.

Crédit illimité, sans aucun doute, pour s’assurer du départ du Président François Hollande…. !

« SASSOU NGUESSO USE DE SON ARGENT COMME D’UN MOYEN POLITIQUE ». Jean Yves Ollivier (un ami intime du dictateur congolais)

Par Rigobert Ossebi

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