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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 09:52

par Jean-Claude Mayima-Mbemba

 

Suite au comportement et à la réaction de M. Sassou Nguesso qui dénie à la Justice française le droit d'enquêter sur ses frasques, ses détournements de fonds, ses pillages éhontés, ses crimes de sang et ceux des membres de son clan, nous rediffusons ci-après un article que nous avions publié en 2007 et qui est encore d'actualité.

En pleine guerre d’accaparement et de captation du pouvoir par la violence, passant outre la voie des urnes, des organisations proches de Sassou Nguesso avaient esté en justice auprès de la Cour Internationale de Justice (CIJ) de la Haye contre Pascal Lissouba pour génocide et crimes contre l’humanité[1].

Dix ans après la macabre victoire de Sassou, le peuple congolais attend toujours le résultat des plaintes introduites par ces organisations de défense des droits humains proches du Parti congolais du travail (PCT) de M. Sassou.

Connaître l’ampleur des « bavures » explicitement reconnues par les tenants du pouvoir par procuration, répertorier tous les charniers et recenser tous les disparus est la seule chose qu’attend le pays tout entier. S’il n’y a pas d’avenir sans pardon, il ne peut non plus y avoir de pardon ni de paix dans le pays sans justice. Pourquoi donc cette action si prometteuse a-t-elle été abandonnée par nos justiciers ? Est-ce parce qu’elle risquait d’exposer et de mettre en péril leur « boucher » ? Qui l’a stoppée ? Etait-ce une simple diversion, une bravade ?

Au cours de l’année 2000, pour avoir publié un livre qui mettait en cause la probité et l’intégrité morales de Sassou Nguesso et autres, MM. François-Xavier Verschave et Laurent Beccaria avaient été traînés en justice pour « offense à Chefs d’État étrangers »[2]. Ici, la justice française a été très bonne, acceptable et reconnue compétente pour dire le Droit. Les plaignants s’imaginaient qu’il suffisait de brandir le panneau « Chefs d’État étrangers » pour que tout le monde se plie, fasse des courbettes, y compris les magistrats français. Hélas, non ! En France, la Justice est indépendante, malgré certaines incursions du politique dans certains dossiers. On l’a vu dans cette affaire dite « Ndengue ».

Dans l’affaire dite des « Disparus du Beach », où Sassou Nguesso et comparses sont poursuivis pour crimes contre l’humanité, les mêmes qui applaudissaient la même justice, l’ont traitée d’incompétente en exhibant l’écriteau de « la non ingérence dans les affaires intérieures d’un Etat étranger ». Du coup, la justice française n’est plus bonne, elle n’est plus acceptable. Elle est déclarée incompétente pour dire le Droit. La justice française est bonne quand elle sert les intérêts des criminels et ne l’est plus lorsque celle-ci se déclare compétente pour instruire ce type de dossiers.

Y aurait-il deux ou plusieurs sortes de Justice ? Une, clémente et souple, pour les « Affranchis » de la Françafrique et une autre pour ceux qui sont voués à la mort, décrétée ailleurs et parfois, voire le plus souvent, par des Etats tiers ?

Jean-Claude Mayima-Mbemba

(N.B. : Cet article a été écrit en 2007)

 


[1] Cf. : Annexes : Plainte des organisations proches du PCT de M. Sassou Nguesso auprès de la Cour internationale de Justice contre Pascal Lissouba.

[2] François-Xavier Verschave, Noir Silence. Qui arrêtera la Françafrique ?, Les Arènes, Paris, 2000.

François-Xavier Verschave et Laurent Beccaria, Noir procès. Offence à chefs d’Etat, Les Arènes, Paris, 2001.

François-Xavier Verschave, Noir Chirac, Les Arènes, Paris, 2002.

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Jean-Claude Mayima-Mbemba - dans Actualité politique

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