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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 08:54

par Jean-Claude Mayima-Mbemba.


« Les promesses n'engagent que ceux qui les reçoivent » Jacques Chirac

La tragédie de Brazzaville : l'aveu

En voyage officiel en Afrique de l'Ouest, le président Jacques Chirac, encore Maire de Paris, tient les propos suivants : « […] La démocratie est un luxe pour les Africains ».
En Afrique Centrale, précisément en 1996 à Brazzaville (Congo), il nous fait l'honneur d'une déclaration somnifère dont voici l'extrait :
« […] L'élection tend désormais à devenir un mode normal de dévolution du pouvoir en Afrique. Il faut en finir avec les coups de force ou d'Etat, les putschs, les juntes, les pronunciamientos et toutes les manifestations de transition violentes. Ces événements d'un autre âge sont, pour chacun de nous, une humiliation. Pour les peuples, ils sont un retour en arrière. Pour le monde, ils sont une déception et l'alibi trop commode des désengagements. » (Extrait du discours de Jacques Chirac, président de la République Française, prononcé devant le parlement congolais, le 18 juillet 1996, à Brazzaville).

Deux ans plus tard, l'homme tient, à Luanda (Angola), un autre discours pour encenser ce qu'il condamnait et qualifiait à Brazzaville de « Ces événements d'un autre âge... ». En voici la teneur :
« Je me réjouis de l'intervention de l'Angola au Congo-Brazzaville pour la raison simple que ce pays était en train de s'effondrer dans la guerre civile, de s'autodétruire, et qu'il était souhaitable que l'ordre revienne. Il y avait quelqu'un qui était capable de le faire revenir, c'était Denis Sassou Nguesso. Il lui fallait un soutien extérieur pour un certain nombre de raisons, l'Angola le lui a apporté. La paix est revenue, les conditions de développement reprennent. Cette ville de Brazza, qui était devenue martyre commence à se relever et Denis Sassou Nguesso s'est engagé à mettre en œuvre le processus de démocratisation dans un délai maximum de deux ans. » (Discours de Jacques Chirac prononcé le 30 juin 1998, à Luanda, en Angola).
Il y eut le 5 juin 1997. Ensuite est arrivé le 15 octobre 1997 : La victoire et le retour au pouvoir d'un homme que le monde entier reconnaît comme étant le plus grand perturbateur et fossoyeur de la paix et de la stabilité politique dans la République du Congo-Brazzaville.
Durant la transition, le Premier ministre André Milongo avait dû, en un an, remanier son gouvernement par trois fois. Depuis la prise du pouvoir par Sassou Nguesso dans les conditions que l'on sait, après les séries de guerres répétées avec les ravages et les conséquences que tous les Congolais ne peuvent oublier ; curieusement, il n'y a jamais plus de tentatives de coups d'État, voire de coups d'État tout court. Plus besoin de se poser des questions à ce sujet. Le « sorcier », comme on dit dans le langage courant bien de chez nous, est démasqué.
Pour le soutenir, l'appuyer et justifier tous ses crimes de sang commis, le président Chirac a gratifié le peuple congolais de sa fameuse déclaration dite de Luanda ci-avant rappelée.
Après tout, certainement conforme et fidèle à Georges Clémenceau, « une goutte de pétrole ne vaut-elle pas une goutte de sang de Nègre » ?
Depuis, les Congolais ne cessent de compter des centaines de milliers de morts, de portés disparus sans tombes connues, gisant dans des charniers jusqu'ici tenus secrets.
Devant une telle hécatombe dont le dossier reste entier, d'aucuns pensent et se disent chaque fois qu'il faut aller aux hypothétiques élections en perspective, et d'autres de croire qu'il faut rentrer dans un hypothétique gouvernement, lui aussi en perspective, pour ramener la paix dans le pays.
Or, la paix, la liberté, la dignité humaine, le droit à la vie ne se marchandent pas, car l'homme qui tombe au pouvoir du Mage perd la conduite de sa vie parce que la volonté d'un autre s'est projetée au cœur de son être, à la source de sa conscience qu'elle capte, et l'autre joue de lui comme d'un instrument .
Voici bientôt dix ans que nous tournons tous en rond. Nous avons tous, chacun à sa manière et selon ses possibilités et ses arguments, proposé des remèdes pour tourner le dos à cette page lugubre, douloureuse, en vue d'une paix durable. Toutes les propositions, même celles prodiguées par les observateurs extérieurs et étrangers à notre pays, ont été rejetées d'un revers de la main. L'arrogance, l'esprit de suffisance et le soutien indéfectible de Paris, l'ayant toujours emporté sur le bon sens.
Aujourd'hui, mes interrogations, qui me laissent somme toute très dubitatif, sont simples :
- Faut-il être député ou sénateur pour ramener la paix dans le pays ?
- Faut-il entrer dans un gouvernement du même système qui broie tout le monde pour ramener la paix dans le pays ?
- Pour que ce système, décrié et montré du doigt même par la Communauté internationale qui ne se voile plus la face, puisse restaurer la paix au Congo, nous faut-il ramper, nous glisser sous la table où mange le roi pour y ramasser les miettes ?
A propos des élections législatives prétendues qui viennent de se dérouler dans le pays, tout le monde s'est agité pour la mise en place d'une Commission électorale indépendante. Ma question était simple : une commission électorale indépendante pour quoi faire ?
En règle générale, dans un Etat de droit et qui se respecte, une commission électorale indépendante est, tout comme les observateurs internationaux, pour observer le bon déroulement du scrutin notamment, entre autres, la bonne comptabilité des voix obtenues par chacun des compétiteurs, mais aussi pour éviter, autant que faire se peut, les fraudes. Or, en l'état actuel des choses, même si cette commission électorale indépendante avait été accordée par les prédateurs de la République, elle n'aurait été d'aucun secours et d'aucune utilité à celles et ceux qui la réclamaient. Pourquoi ? Pour la raison simple qui est du fait que les mécanismes qui permettent aux organisateurs de contrôler le scrutin et de mieux frauder de façon « légale » (?) ont déjà été mis en place depuis l'année 2002. Et le résultat est là, criard.
Il fallait d'abord se battre contre cette loi inique, exiger son abrogation pure et simple. C'est par là qu'il fallait commencer.
Ceci étant, comment peut-on contrôler un scrutin avec une loi inique qui impose un découpage électoral des plus éhontés. Le déséquilibre démographique n'est pas en faveur de la majorité démographique.
Si un homme s'est fait élire avec une sommation de 100,1% de voix, croyez-vous que tous ceux qui rêvent ou espèrent obtenir une majorité de sièges l'obtiendront ? Cette loi et ce découpage électoraux sont-ils équitables ?

Pour exemple, il y a dans le pays des localités qui n'ont même pas 200 habitants. Pourtant, cette même loi avec son découpage en vigueur aujourd'hui leur donne la possibilité d'obtenir 2 députés ; tandis qu'ailleurs, la même loi avec le même découpage actuel n'accorde que un député à certaines localités de 1000 habitants, voire plus.
Je voudrais bien qu'on m'explique. Moi je ne suis ni démographe ni politologue. Quelqu'un pourra-t-il m'expliquer ces gymnastiques et tours de passe-passe instaurés à partir de cette loi avec son découpage électoral ?
Je voudrais bien qu'on caresse la bête dans le sens du poil pour peut-être la dompter, l'apprivoiser et la rendre plus docile. Mais, cette stratégie a déjà été expérimentée par bon nombre de nos compatriotes. Nombreux sont ceux de nos compatriotes qui, malgré leur bonne foi, n'ont fait que nous laisser des veuves et des orphelins. Le félin n'attend que cela.
Au lieu d'un sursaut national qui fasse oublier les clivages idéologiques, politiques, ethno-tribaux, voilà que certains d'entre nous se lancent dans des calculs savants dont le seul et unique but est de grappiller quelques miettes à se mettre sous la dent, de faire ripaille.
Ah le ventre, qu'est-ce qu'il ne nous fait pas faire ! Et au diable vos morts, vos disparus et vos suppliciés !
On ne transforme jamais un faucon, un vautour en colombe !

N.B. : Cet article a été rédigé en 2007. Il n'est ni retouché ni réactualisé.

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Jean-Claude Mayima-Mbemba - dans Actualité politique

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