Par Rigobert OSSEBI

 

Le tyran Sassou-NGuesso et son fils Kiki le voleur

Dans la famille des usurpateurs, il y eut d’abord le père, Dénis Sassou Nguesso. Le fondateur, maintenant quarante années de pouvoir au compteur… Il fut le premier à faire main-basse sur notre pétrole, la principale richesse du Congo, la sève et le sang des Congolais. Avec la bénédiction des partenaires pétroliers francophones, anglophones et italophones, fort de ce droit satanique qu’il s’était octroyé, il put transmettre cette ressource en toute tranquillité à son rejeton Denis Christel. Ce dernier, Kiki le pétrolier, le maintenant redouté « Chef du Clan des Mapapa » ne s’est jamais embarrassé de principes dans son pompage personnel des recettes pétrolières, dans le piratage des cargaisons de la Cotrade ou dans celles de la SNPC. Plus encore, car cela est bien connu que l’appétit vient en mangeant, Denis Christel ne se gêna pas pour prendre possession de participations dans des champs pétroliers, au travers de sociétés comme Kontinent de Yaya Moussa, ex-Représentant Résident du FMI à Brazzaville spécialisé dans l’établissement de faux-rapports, ou de la plus récente Petro-Congo dite PETCO représentée par un illustre inconnu à Pointe Noire, Meddy Espérance EARE LIPIKA.

Voilà qu’une bonne quinzaine d’années se sont écoulées depuis qu’il a été initié par Bruno Itoua au négoce pétrolier, ne retenant que les pires travers, les détournements… Son enrichissement personnel, insolemment criminel, ne l’a pas encore conduit à la notoriété d’un Teodorin Obiang épinglé par les grands médias internationaux et par différentes cours de justice, mais le jour ne saurait tarder où il devra rendre les comptes, tous les comptes… (En même temps qu’un Edgar Nguesso qui vient juste d’être mise en examen, avec sa mère, à Paris dans l’affaire des Biens Mal Acquis, pour «blanchiment de détournement de fonds publics».)

En attendant, ne sachant où mettre la tête avec ses deux ou trois épouses et ses nombreux « bureaux », n’ayant que très peu de temps pour gérer la « chose publique » qu’est « notre pétrole » devenue « son bien exclusivement privé », Kiki a dû confier l’affaire à une personne capable d’y mettre un peu d’ordre, toujours à son profit exclusif, dans tout le désordre qu’il y avait semé… !

C’est ainsi qu’est apparue Madame Fairouz Garlan ; mystère absolu, dont personne ou presque ne sait qui elle est, ni d’où elle vient ! Google est également totalement ignorant de sa personne ; fait absolument rarissime pour quelqu’une qui accède à une telle responsabilité… Celle de gérer la production pétrolière, les produits raffinés et les participations dans des champs pétroliers d’un pays qui devrait atteindre 500.000 barils/jour vers la fin 2017 ou courant 2018. Des milliards de dollars… !

Pour certains, elle est Française, pour d’autres c’est une Marocaine, voire même une Libanaise. Tous ne savent rien de ses références professionnelles et ceux, qui savent quelque chose sur elle, tremblent de le dire ou même de prononcer son nom. Est-elle un cheval de Troie de TOTAL, d’ENI, de PERENCO ou de TRAFIGURA ? Ce dernier avec Worldwide, sa filiale émiratie, sont mouillés tous deux pour un milliard de dollars de préfinancements très légèrement consentis et dont on ne sait à qui ils ont profité exactement…

Désignée comme l’assistante de Denis Christel Sassou Nguesso, elle est en réalité la véritable patronne, avec ou sans procuration, de la Société Nationale des Pétroles du Congo, la SNPC propriété de Nguesso, et de toutes ses filiales dont la CORAF.

Tout le dernier étage du siège de la SNPC lui a été réservé, pour elle-même et ses collaborateurs, tous étrangers comme elle. Tout, absolument tout, de la gestion de l’entreprise est entre leurs mains et plus particulièrement dans les siennes. Cela ne blague plus dès l’entrée de l’immeuble, les visiteurs occasionnels et les importuns ont été interdits d’accès. En place depuis un peu plus d’une année, nul ne lui conteste ses fonctions, acceptées par tous les partenaires pétroliers et financiers du Congo, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur ; quant à l’usurpateur président, Denis Sassou Nguesso, proche du « burn out », il n’a plus le temps ni l’énergie pour se consacrer aux affaires pétrolières… Des milliards de dollars par an à gérer par une inconnue en toute opacité. Le Congo de Messieurs Sassou Nguesso Père, Fils et Neveux est décidément un pays de fous !

Personne n’a été choqué par cette délégation puis cette prise de pouvoir… Il est vrai que les mêmes ne disaient rien lorsque le rythme des cargaisons était soutenu, 8 à 10 par mois, et que le prix du baril dépassait allègrement les 100 dollars ; et qu’une bonne part s’évaporait. C’est maintenant une cheffe de légion étrangère pétrolière qui gère le pétrole congolais en dehors de toute présence nationale et encore moins de tout contrôle de l’opposition (emprisonnée). Madame Fairouz Garlan, si elle a été employée pour nettoyer l’entreprise, ne met pas de gants pour faire le sale boulot : quiconque, parmi les cadres du secteur des hydrocarbures  congolais, s’est approché de l’opposition ou des opposants, est licencié sans ménagement par la nouvelle reine du pétrole congolais !

Comment sommes-nous tombés aussi bas ?

Kiki le pétrolier, qui s’est depuis longtemps approprié notre pétrole, en a écarté aussi tous les cadres nationaux valables et utiles qui pouvaient participer à sa production ou à sa gestion. Ne sont restés à ses côtés que les plus retors et les notoirement corrompus. Calixte Ganongo, son complice de la première heure, à la SNPC, est aujourd’hui ministre des finances du gouvernement fantoche de Clément Mouamba. Son autre complice, dans le secteur privé, Willy Etoka le Golden Boy du pétrole congolais, a été mis sur la touche comme Blaise Elenga. Rien ne filtre de leur contentieux. Le gamin de Ouenzé, marchand de pneus, devenu la 10ème fortune africaine ne pouvait susciter qu’une immense jalousie chez les Nguesso ; peut-être le motif de la rupture. Raoul Ominga, le nouveau Directeur Administratif et Financier de la SNPC, cousin et successeur de Calixte Ganongo, profitera-t-il de cette place à prendre, lui qui sait tant jongler avec les dizaines de millions des cargaisons ? Il est également candidat à la députation dans la nouvelle circonscription d’Oyo, OYO2.

Il ne sera qu’un soldat de plus pour la prise de pouvoir de Denis Christel. On ne sait pas grand-chose de lui également, de sa formation et de ses références, sinon qu’il est un parent de Ganongo. Propulsé par Jean-Jacques Ikama, au début des années 2000, auprès de l’antenne parisienne de la SNPC au 43, Boulevard Friedland près de l’Arc de Triomphe, Raoul Ominga choquait ses collègues, chiquement habillés, par ses tenues vestimentaires négligées digne d’un bon villageois fraîchement débarqué de son village (Tshirt du PSG et « mouchouinia bata » -tongs congolaises-).

Nul doute que pour ce dernier, qui partage – un peu – des pouvoirs exorbitants de Madame Garlan Fairouz, la SNPC restera l’instrument de la conquête du pouvoir suprême pour Kiki. Le pétrole est entre leurs mains obscures. Il ne tient qu’aux Congolais de mettre un terme, finalement, à tous ces  abus !

Rigobert OSSEBI

Extrait de congo-liberty.com