Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : LA LETTRE DU CONGO-MFOA
  • LA LETTRE DU CONGO-MFOA
  • : Blog contre la corruption, la cupidité, l'avidité et la concussion (C.A.C.) au Congo-Brazzaville
  • Contact

Divers

Recherche

26 juillet 2017 3 26 /07 /juillet /2017 12:09

Par Rigobert OSSEBI

 

Voyage à la racine du mal. L’interview de Madame Emilie Makosso, que Congo-Liberty a mise en ligne, témoigne de la grève des étudiants de 1974 et de la répression policière qui s’était déchainée à cette occasion.

C’était le 10 janvier 1974, le récit de la jeune fille, qu’elle était,  embarquée par la police politique en civil de l’époque et la longue randonnée inquiétante, du Commissariat Central vers l’Etat Major, où elle rejoignit les autres étudiants entassés dans une seule pièce. A 22heures, elle en fut extraite pour être amenée devant un officier pour un interrogatoire. L’homme n’était autre que Denis Sassou Nguesso. Il  était assisté de Marcel Yves  Ibala qui dactylographiait le procès-verbal. Pour mémoire, Ibala dirigea la Garde présidentielle de Pascal Lissouba une vingtaine d’années plus tard.

Le récit de Madame Makosso, si court qu’il soit, est édifiant. Ce qu’elle nous révèle et nous apprend, de ce début des années 70, est que nous sommes dans un même schéma autoritaire et liberticide, diaboliquement imposé par un même homme ivre de pouvoir, de capitaine à président, pour tout contrôler de notre pays : les hommes, les femmes et ses ressources ; à son seul profit. Plus flic que militaire, Denis Sassou Nguesso, voulait et a toujours voulu tout savoir de ce qui se trame dans « son » pays.

« Il faut reconnaître à Sassou une conscience forte des enjeux stratégiques » affirme l’opposant Andréa Ngombet !

Andrea NGombet

Déjà à cette époque, « LE PETROLE » était au cœur de sa préoccupation. Déjà, la jeunesse estudiantine, l’élite congolaise en devenir, était son ennemie ! Et nous nous en apercevons chaque jour maintenant depuis 43 ans, rien n’a changé dans le royaume maudit que le tyran de l’Alima s’est bâti !

Denis Sassou Nguesso face à la jeune Emilie Mackosso affirmait que la nombreuse représentation des étudiants originaires du Sud sur le campus universitaire : « c’est à cause du pétrole ! » La paranoïa était déjà bien profondément enracinée, ces étudiants « avaient été approchés par leurs Grands ». Il savait alors qu’il fallait faire obstacle à la formation, à la connaissance, aux sciences et aux valeurs humaines ; contrairement à un Marien N’Gouabi qui en  1977 voulut abdiquer pour retourner à ses études à l’université. Denis Sassou Nguesso avait déjà fait son choix d’opprimer l’intelligence et les élites congolaises ; tout au long de ses années à la tête de l’Etat, il ne privilégiera que les incapables et les médiocres. Souvent de vrais imbéciles !

Quarante années et plus à la manœuvre, la médiocratie congolaise s’est institutionnalisée. Les conditions de vie et de travail des étudiants congolais n’ont pas changé depuis cette époque. Au contraire, elles ont empiré. L’espoir de la nation est plus maltraité que jamais !

Deux générations ont été perdues, par un manque de qualité et des mauvaises conditions dans lesquelles les cours ont été délivrés. Ceux qui avaient réussi à décrocher un diplôme au Congo, ou ailleurs, sont restés pour la très grande majorité sans emploi. Deux générations sacrifiées,  tout est prêt pour qu’il en soit de même pour une troisième ! En 2017, le Congo ne compte aucune structure viable de production qui ne soit pas liée au pétrole ! Oubliez l’agriculture et l’élevage ! Tout est importé ! Il n’était pas question de favoriser une industrie quelconque. Un groupe puissant, privé et indépendant, qui aurait pu se construire au Congo serait devenu un rival potentiel, un concurrent évident, du système obscur, familial et étatique que le dictateur projetait de contrôler !

Tous les pouvoirs et toutes les richesses ont été concentrés dans les mains de quelques-uns, principalement de la famille du tyran !

TOUT A DISPARU… !

Le pétrole a été hypothéqué pour des années… !

Les caisses sont vides… !

Les prisons sont pleines… ! (L’époux d’Emilie Mackosso, Monsieur Limbongo-NGoka est lui-même emprisonné…)

Le Congo est endetté bien au-delà de ce qu’il avait été avant l’effacement de sa dette en 2010 par le FMI de Dominique Strauss Kahn et le Club de Paris de Madame Christine Lagarde. Le chèque en blanc qui avait été donné, les yeux volontairement fermés, à Sassou Nguesso a plongé inévitablement le pays dans le précipice dans lequel nous nous trouvons.

Face à ce désastre, tous se taisent ! Et ce n’est pas le dernier article courageux de Maria Malagardis dans Libération (« Congo-Brazzaville : la France aux abonnés absents face aux curieux résultats des élections législatives ») qui réveillera les consciences plus achetées qu’absentes ou endormies… !

Nul n’a envie que l’on n’ouvre la boîte de Pandore ! Mieux vaut mille fois encore qu’un feu purificateur consume toutes les traces de quarante années de complicités criminelles.

Congolais, ils n’auront que faire de vos larmes !

Rigobert Ossebi

 

Emilie MAKOSSO témoigne de son interrogatoire à la police politique par Sassou NGuesso en 1974 © CONGOLIBERTY-TV

Partager cet article

Repost 0

Economie

Catégories