Par Patrice Aimé Césaire Miakassissa

 

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Cette rengaine devient de plus en plus insupportable. Aucun homme civilisé ne pourra s’habituer à voir son peuple massacré pour des raisons bassement matérielles, car aucune idéologie rationnelle ne sous tend cette attitude barbare.

 

Rapports accablants après rapports, le Congo s’enfonce dans l’indicible devant une indifférence coupable de la communauté internationale. Les priorités sont ailleurs et le peuple congolais notamment celui du Pool meurt sous le joug du corrupteur international. Alors, comment expliquer ce silence sinon que par l’achat des esprits faibles. L’humanité a quitté l’Occident et n’oublions toujours pas que le berceau de l’humanité c’est l’Afrique. En cela, nous sommes ceux là même dont la voix doit porter pour défendre les droits de l’Homme à travers le monde. L’histoire ne se répète pas, elle bégaie dixit Karl Marx. Dans notre histoire contemporaine, les grands faits se produisent, pour ainsi dire, deux fois : la première fois comme tragédie, la seconde comme farce. Le Pool ne saurait être une farce.

C’est Joseph Staline qui disait : « La mort d’un homme, c’est une tragédie; la disparition de millions de gens, c’est la statistique ». Oui, nous sommes devant des statistiques macabres. Ils peuvent mettre à prix nos têtes en fuyant le débat d’idées, mais qu’ils sachent que l’on ne s’appartient plus lorsqu’il s’agit de se battre pour des causes nobles. De tout temps et en tout lieu, « je suis de la race de ceux qu’on opprime » comme aimait à le dire Aimé Césaire. Nous ne prendrons jamais une brise matinale pour un tsunami jusqu’au point d’abandonner femmes et enfants. Nous continuerons à dénoncer ce génocide à huis clos qui se passe dans le Pool. N’oublions plus jamais qu’Adolf Hitler avait commencé l’épuration ethnique par l’extermination des minorités.

Pour amuser la galerie, voila que se profile à l’horizon incertain des élections législatives de parlementaires godillots et valets en tout genre à la solde du clan de Mpila. Le Congo n’est plus pauvre que financièrement, mais aussi spirituellement car la raison a quitté certains congolais qui se vautrent pour des peccadilles. Triste constat. Des alliances des associations familiales affiliées au régime dictatorial se créent avec le PCT pour pouvoir se partager le gâteau. Tout ceci ne saurait surprendre un citoyen avisé car nous savons tous qu’ils sont arrivés au pouvoir pour des raisons purement alimentaires. Point d’idéologie, point de repère, seule la girouette continue à indiquer la direction du vent. Il faut toujours se méfier d’être dans le vent car l’on risque d’avoir le destin d’une feuille morte qui tombe dans un brasier.

Ces élections de façade vont s’organiser pour donner une apparence démocratique à un pays en ruine, qui s’écroule sous la gouvernance du seul timonier africain. Ainsi, ils espèrent séduire les bailleurs de fonds pour qu’ils leur prêtent de l‘argent qu’ils dilapideront à la première occasion pour des futilités.

Peuple congolais, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, l’heure est grave et personne ne saurait en douter. Jusqu’à quand allons-nous endurer sans broncher toutes ces souffrances ? La démocratie, comme système politique le moins mauvais, concoure au bien être des populations et non à leur extermination. Ce pouvoir a échoué en voulant faire du peuple congolais des vassaux à son service, ce que la majorité d’entre nous en Hommes libres ne sommes pas.

Le rapport sur le portrait de la torture au Congo nous glace le sang. Mais, nous connaissons depuis belle lurette la nature barbare de ceux qui gouvernent le Congo avec le fusil sur la tempe de chaque congolais. A défaut du dialogue inclusif, de la libération de tous les prisonniers politiques, de la restauration de nos libertés fondamentales, de l’arrêt de la guerre dans le Pool, il est temps de trouver les voies et moyens pour chasser ces mafieux du pouvoir. Nous avons trop pleuré et le moment est arrivé de sécher nos larmes. Ce sera au peuple de prendre son destin en main pour un avenir radieux dans l’unité nationale. Il sera impossible qu’ils nous tuent tous car ils auront peur de manquer de domestiques.

Le temps de la marche vers le palais présidentiel pour en chasser l’usurpateur est arrivé. Nous ne pouvons plus rester les bras croisés à attendre qu’un Dieu malin puisse glisser l’imprévu. Nous devrions phosphorer pour arriver à faire triompher nos idéaux. La grisaille s’amoncelle dans le ciel congolais et il faut que le soleil se lève pour que notre Congo resplendisse à nouveau.

Aucune idéologie, aucun culte de la personnalité, aucune rancœur ne peuvent justifier autant de torture sinon que la volonté de voir disparaître le Pool et réduire sa population en esclavage.

Comme l’écrivait Vladimir Volkoff : « La torture. Il y a quelque chose d’insoutenable et de vertigineux, la destruction de l’homme à l’état pur. » Non le vaillant peuple congolais gardera ses aspérités, ne disparaîtra pas de la terre de ses ancêtres, encore moins de celle du Pool. Nous y sommes et nous y resterons en dépit de tous ces supplices.

A nous de régler ce problème qui devient prégnant et en cela la révolution congolaise est en marche avec une victoire certaine.

RAPPORT SUR LE PORTRAIT DE LA TORTURE EN RÉPUBLIQUE DU CONGO

 Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA