Sony Labou Tansi et Dieudonné Niangouna

Frères de scène et de combat

par Marina Da Silva, 7 mars 2017

Le Monde diplomatique

Frères de scène et de combat

 

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Toutes les photos du billet sont de Christophe Raynaud de Lage

Le premier est un immense écrivain congolais né en 1947 à Kinwanza (Zaïre) et mort le 14 juin 1995 au Congo-Brazzaville à l’âge de 47 ans. Poète et aussi dramaturge, metteur en scène et fondateur du Rocado Zulu Théâtre, Sony Labou Tansi laisse une œuvre forte et flamboyante : six romans, une quinzaine de pièces et des poèmes à l’infini dont le fil rouge est la révolte et l’engagement. Contemporain de son aîné Aimé Césaire dont il disait qu’il lui avait emprunté « trois petites choses qu’il aura été grandiosement : c’est-à-dire un poète, un penseur et un homme », on ne peut que s’étonner du manque de reconnaissance que son œuvre, de la veine de celle de Césaire, eut de son vivant, une grande partie n’ayant été éditée qu’après sa mort. Sa notoriété n’a pris vraiment son envol que depuis quelques années, notamment grâce à la découverte récente de plusieurs manuscrits, dont certains ont été publiés en 2015 comme Encre, sueur, salive et sang, dans une édition établie et présentée par Greta Rodriguez-Antoniotti, au Seuil.

Lire aussi Boubacar Boris Diop, « Qui a peur du wolof ? », Le Monde diplomatique, mars 2017. Le second, Dieudonné Niangouna, est également auteur et poète, acteur et metteur en scène, directeur du festival international de théâtre de Mantsina-sur-scène à Brazzaville, où il est né en 1976, et a grandi au milieu des guerres qui ont ravagé son pays tout au long des années 1990. Avec son frère Criss, il a crée sa compagnie Les Bruits de la Rue pour ancrer son théâtre dans le monde qui les entoure, les rues de leur ville, et faire naître une écriture et une esthétique nouvelles. Il a mis ses pas dans ceux de Sony en lui disant « : t’inquiète, mon vieux, je fais mon œuvre mais je termine la tienne ». C’est le prélude de la pièce Antoine m’a vendu son destin/ Sony chez les chiens que l’on peut voir jusqu’au 18 mars au Théâtre de la Colline.

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