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  • : Blog contre la corruption, la cupidité, l'avidité et la concussion (C.A.C.) au Congo-Brazzaville
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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 15:56

(Suite de la première partie)

(...) A l’intérieur, Ngouabi se retrouve devant un groupe d’hommes dont il reconnaît Anga, son ennemi juré, Carlos le médecin cubain qui rôde toujours dans la résidence présidentielle et Mouassiposso. L’effet est total, le piège implacable. En une fraction de seconde, il comprend qu’il est tombé dans un traquenard, et demande à Lekoundzou qui se tient debout à la porte en montrant du doigt Anga : « Mais qu’est-ce que ce fou fait ici… ? »

Il esquisse un geste pour dégainer son pistolet, mais trop tard, ses assaillants lui tombent dessus pour le maîtriser, tandis qu’Anga saisi d’une fureur démoniaque sort son poignard et l’enfonce à la hauteur du cou du Ngouabi en hurlant :

« … Je t’avais prévenu. Je ne suis pas un fou et tu ne le répèteras plus jamais… ». Le sang gicle en Anga emporté comme un véritable fou continue à poignarder Ngouabi dans le dos en dépit de l’instruction formelle reçue de le prendre vivant. Les autres assaillants surpris par la rapidité de l’agression de Anga n’ont pu intervenir. Ngouabi gît au sol dans une flaque de sang, blessé mortellement. Son agresseur s’étant retiré dans un coin pour ruminer encore sa colère et savourer à la fois sa vengeance.

Lekoundzou qui a assisté impuissant à la tragédie, mesure rapidement sa responsabilité, sort précipitamment de la chambre en claquant la porte derrière lui, descend à la réception de l’hôtel et donne un coup de fil à Sassou encore au ministère de la Défense, alors que c’est l’heure de la pause journalière[17][17]. Il est 13 heures 25 minutes et Sassou arrive en trombe au Mistral en compagnie de Ntsiba, qu’il met rapidement au courant de la tournure dramatique prise par les évènements.

Vite au premier. Dans le couloir, le jeune Okamba de la garde présidentielle innocent continue à faire les cents pas. Il ne s’est rendu compte de rien car il ne pouvait pas se planter juste devant la porte au risque d’écouter ce qui se dirait à l’intérieur. Dans l’esprit de ce jeune qui claque les talons au passage de Sassou et Ntsiba, le président discute avec collaborateurs et ne court donc aucun danger.

Ca y est ! Il se souvient que d’après la conversation téléphonique interceptée par ses services, le groupe Kikadidi serait au palais dans quelques instants. Il faut leur coller le meurtre sur le dos.

« … Justin, lance t-il à Lekoundzou, demande au jeune de la garde présidentielle et au chauffeur d’aller chercher une nouvelle tenue chez Marien. Trouve une raison pour ne pas éveiller les soupçons. Il faut faire vite. Et vous, dit-il à Mouassiposso et au cubain du groupe, prenez le corps et emmenez le à la douche, nettoyez le correctement. Vous ferez la propreté dans la chambre après… »

Lekoundzou sort, interpelle le jeune Okamba toujours et lui dit que le chef vient de se tâcher avec du vin et demande une nouvelle tenue propre pour se changer. Revenu dans la chambre, Lekoundzou trouve Sassou en train d’expliquer son plan.

« … Un groupe d’hommes arrivera tout à l’heure à la présidence. Ils avaient rendez-vous avec Marien. Ce sont les prieurs de Massamba-Débat. Nous allons rejeter sur eux la responsabilité du meurtre. Anga et le docteur Carlos ramèneront le corps de Marien bien habillé. Il ne faut pas que ceux qui pourraient voir la voiture s’aperçoivent qu’il est mort. Donc vous devriez vous arranger pour bien le soutenir. Arrivé à l’Etat-major, vous abandonnez le corps vers le garage pendant que le groupe de prieurs sera installé dans la maison. Vous obligerez alors au jeune de la garde présidentielle d’entrer au secrétariat et d’attirer les prieurs vers le corps de Marien et vous les abattrez en provoquant une fusillade généralisée. Ce sera la preuve de leur présence au palais. Nous verrons après ce qu’il faudra faire. »

« … Florent, dit-il à Ntsiba, il faut que tu sensibilises tes petits qui sont en poste au secrétariat de ne pas intervenir au moment de la fusillade et lorsque les gens leur poseront la question de savoir ce qui s’est passé, ils n’auront qu’à dire que c’est le capitaine Motando qui a tiré sur le président. Autre chose ? Arrangez-vous pour que la blessure de Marien ressemble à l’action d’une balle… »

Après avoir donné ces instructions, Sassou sort et rentre droit chez lui, complètement abattu par ce qui vient d’arriver, espérant que cette sortie improvisée ne connaîtra pas de faille. Anga qui a suivi les ordres de Sassou, le rejoint au moment où il s’apprête de sortir :

« … Je regrette mon commandant, je ne sais pas ce qui m’est arrivé. Merci pour ce que vous faites pour me sauver… »

-Ca va répond négligemment Sassou. Faites surtout attention maintenant… Justin, appelle moi à la maison après la fusillade, lance t-il avant de sortir.

Lorsque le jeune Okamba ramène l’abacost beige que madame Ngouabi vient de lui remettre, il est cette fois introduit dans la chambre et se voit assigner le rôle défini par Sassou. Il comprend ce qui vient de se passer et ne peut bien sûr pas refuser, car il sait qu’il est maintenant un témoin de la mort de Marien et que les coupables n’hésiteraient pas à tuer.

14 heures 15 minutes, le groupe Kikadidi déguisé en militaires comme convenu entre Débat et Ngouabi arrive à l’Etat-major. Les consignes étant données, il n’a aucun problème pour traverser les barrages, gare devant le perron de la résidence présidentielle.

Au moment de descendre, Kikadidi propose à ses compagnons de prendre leurs armes. Tadet s’y oppose… : « je comprends que tu aies encore les réflexes militaires, mais nous n’en aurons besoin éventuellement que lorsque nous escorterons le président… » Ils entrent dans le secrétariat ; Kikadidi garde quand même son pistolet à la hanche.

Au nombre de cinq[18][18], ils seront reçus par Ontsou et Péa, programmés spécialement pour assurer la permanence ce jour ; le premier ayant été enrolé dans le complot sur la base tribale par Florent Ntsiba. Il est Batéké comme lui et vient de recevoir les dernières instructions de Ntsiba. Ontsou installe Kikadidi qui porte les galons de capitaine dans la salle d’attente et les quatre autres au secrétariat. Nkomo et Elouo se trouvent dans le bâtiment annexe vers la villa « Shanghai ».

Instinctivement, il demande poliment au capitaine qu’il ne connaît même pas de nom de faire déplacer la voiture et Kikadidi désigne Kandza à cet effet. Le président est sorti pour une urgence et a demandé que vous l’attendez leur a t-on fait croire. Rien donc ne peut les inquiéter.

La journée est ensoleillé et calme. Les parents de Marien ont pris leur repas et se reposent. Les deux belles sœurs et la nièce discutent des futilités juvéniles au salon, le petit Marien est allé prendre sa douche à la piscine, tandis que ses frères cadets jouent dans les chambres.

« … Vous me ferez signe lorsque le président sera là pour que je descende, lance à ses sœurs madame Ngouabi qui monte péniblement se reposer à l’étage ». Elle est à terme d’une grossesse et très fatiguée.

Entre-temps, Kandza qui a des difficultés à déplacer la voiture voit arriver la 504 noire du président et suspend sa manœuvre pour la laisser passer. Il est 14 heures 25 minutes.

Cinq hommes sont à bord de la voiture : Pereira le chauffeur qui a Okamba à sa droite, Carlos et Anga qui encadrent et soutiennent le corps de Ngouabi à l’arrière. La voiture se dirige vers le garage et marque un arrêt à mi-chemin. Anga et Carlos armés de PMAK balancent rapidement le corps de Ngouabi dont la mâchoire a été entre temps brisée et ils abandonnent un pistolet à côté du macchabée avant de s’enfuir l’un vers la villa « Shanghai » et l’autre vers la piscine.

Pendant ce temps, Pereira qui pris au piège comme Okamba rentre la 504 dans le garage, abandonne les clefs de contact sur le tableau de bord et s’enfuit. Tout se passe tellement vite que Kandza qui assiste à la scène, ne comprend rien. Il se demande s’il doit continuer sa manœuvre ou sortir de la voiture pour aller voir ce qui se passe.

Juste à ce moment il voit sortir à pas pressés Péa, Mienakou et Koudissa qui dévalent les marches du perron et se dirigent vers le corps de Marien abandonné par ses assassins. Okamba qui est rentré au secrétariat leur a dit que le président ne sentait pas bien, venait de s’écrouler.

A peine, nos amis sont-ils arrivés à la hauteur du corps qu’ils sont cueillis par une rafale tirée par le docteur Carlos qui s’est fait son excellent angle de tir entre le garage et la villa « Shanghai ». Kianguila qui suit les trois hommes avec quelques mètres de retard a juste le temps de rebrousser chemin et de lancer à Kandza, « filons ». Cet ancien de la Défense Civile réagit aussitôt. Il sort de la 404, tire quelques rafales pour couvrir sa fuite et suit Kianguila à toutes jambes.

Tous les deux franchissent facilement le mur arrière de l’Etat-major et atteignent Bacongo en passant par les jardins de la corniche. Pendant ce temps, le docteur Carlos continue à tirer et abat un élément de la garde présidentielle qui sort de sa guérite et qui tente de s’élancer vers la résidence. Carlos cherche à créer l’atmosphère. Il faut donner l’impression d’une attaque générale du palais présidentiel.

Anga n’a pas attendu ; il se rend immédiatement au groupement aéroporté où il est malgré l’interdiction de pénétrer dans les casernes dont il fait l’objet, le premier à informer le camp, de la mort de Ngouabi une dizaine de minutes seulement après la fusillade.[19][19]

De son côté, Kikadidi coincé dans la salle d’attente, comprend vite que son groupe est tombé dans un traquenard. Il casse alors le carreau d’une fenêtre et s’enfuit lui aussi. Il rejoindra le domicile d’un parent (Mayouma) et s’y cachera pendant onze mois. En ce qui le concerne, les intentions de ceux qui l’avaient installé dans d’attente étaient claires : il devait constituer la pièce maîtresse à conviction trouvée dans la résidence du chef de l’Etat.

C’est ce qui explique que Ontsou qui reste dans le secrétariat pendant la fusillade et n’apparaît au perron qu’au dernier moment, préfère tirer en l’air plutôt que d’attaquer Kikadidi et ce, jusqu’à l’arrivée des premiers éléments de la garde conduits par le lieutenant Sibali à qui Ontsou dit que le commando se trouvait dans la maison.

On lui imposera bien entendu le supplice d’accréditer le mensonge officiel à la faveur de quelques « pesetas ».

N.B. Yhombi devint président de la république 1977-79. Sassou Nguesso lui souffla la place le 5 février 1979. En 1987 Anga rentre en rébellion et meurt au maquis. Ntsiba tente de revendiquer sa part du pouvoir et s’agite pour rafler la place à Sassou Nguesso, mais n’y parvient pas. Il est devenu l’ami intime de Sassou Nguesso, au gouvernement jusqu’à ce jour. Lekoundzou aussi, indétrônable dans le cœur de Sassou Nguesso..

Le groupe des prieurs avait été immédiatement décimé. Ainsi que tous ceux que le hasard a fait croiser avec la 504 noire du président, ce jour là.

Le cardinal Biayenda sera tué par des jeunes de la tribu, qui, montés par le mensonge officiel, se crurent en devoir de venger le leur, puisque le cardinal avait rencontré le président et l’avait affaibli de ces pouvoirs magiques qui le rendaient invulnérables.

La veuve Ngouabi bénéficia d’une pension confortable budgétisée, ainsi que les enfants Ngouabi.

Comment le président avait-il pu se rendre à cet hôtel pour un cas qui était dans les limites de l’armée et donc devait se passer dans un camp militaire ? pose un problème de compréhension… On peut tout autant dire que Ngouabi s’était fait eu par son tribalisme (tous les éléments de la garde présidentielle étaient presque de sa tribu et tribu voisine).

Assemekang (feu) est resté à vie président de la cour suprême ; J. Okoko procureur de la république jusqu’au procès des supposés assassins de Marien devint avocat et très riche. Aujourd’hui en France. Les militaires du complot montèrent vite en grade. L’ethnisation politique s’est renforcée.

ATTENTION, Les ASSASSINS sont encore et sont toujours prêts à tuer pour ce fait.
___________________________________

 [1][1] En 1976, un climat morose s’installe progressivement au sein de la garde et les milieux rapprochés du Président Ngouabi. Non seulement la restructuration de la garde qu’il a initié à la suite de son incident avec Anga n’est pas efficace en ce qu’elle multiplie les pôles de décisions, mais encore dans ce pays où le clientélisme s’est installé, la course aux avantages matériels constitue la préoccupation de chacun. Aussi, lorsque Ngouabi est emmené coincé par les problèmes financiers à imposer une certaine austérité, et à réduire les dépenses de la présidence la quasi totalité des éléments de la garde présidentielle qui ne justifiait leur présence dans ce corps à « hauts risques » que par la redistribution de ces miettes substantielles, perd toute combativité et entrain ; des demandes de mutation affluent. Des fois, Ngouabi, de retour de randonnée tard dans la nuit, trouve les sentinelles complètement endormies et sait que sa ceinture de protection n’est plus fiable.

Ewolo, le nouveau chef de corps qui n’a plus de caisse noire comme son prédécesseur perd le contrôle de la troupe et s’en plaint régulièrement. « … Du temps de Anga, les choses ne se passaient pas comme ça, chef… », s’entend-il souvent répéter par ses subalternes. Ngouabi informé, propose une « politisation » du corps qui ne verra jamais le jour.

[2][2] Service d’Action Civique

[3][3] Confirmé par Tsangabeka son aide de camp à qui Ngouabi en a parlé.

[4][4] Faits confirmés par l ‘entourage immédiat de Ngouabi

[5][5] Dans de nombreux discours publics

[6][6] « … Monsieur le président, s’était écrié le procureur Jacques Okoko, parlant d’un témoin au procès de janvier 1978 : Même les Batékés cherchent à avoir le pouvoir dans ce pays ?… Phrase tout à fait symptomatique du complexe de supériorité entretenu par le sentiment tribal des hommes du « Nord ». 

[7][7] Un an auparavant, Ngouabi échappe presque miraculeusement à un accident d’avion à Owando où il passe ses vacances.

[8][8] Deux missions qui n’ont jamais eu de traces dans les archives de l’Etat.

[9][9] Ngouabi, qui s’est remis dès son arrivée au pouvoir sur le banc de l’école, par complexe, a réussi à traficoter un D.E.A. de physique, et s’est fait autoriser à encadrer les travaux dirigés à l’université de Brazzaville.

[10][10] Entreprise d’Etat

[11][11]Selon Okemba, cette mission était pourtant décommandée officiellement, l’épave de l’hélicoptère ne pouvant entrer dans les appareils disponibles à la base aérienne de l’armée congolaise.

[12][12] Comme si, à un moment où la sécurité du président était effectivement menacée, ces deux courses étaient primordiales.

[13][13] Il est très important de faire remarquer que les déclarations de Mouassiposso et Tsangabeka ont été contradictoires :

« … Le 18 mars, déclare Mouassiposso, j’ai discuté avec le président d’un problème de presse. Nous sommes sortis de son bureau, je l’ai accompagné jusqu’à sa résidence. Le président est allé à table. Maître Okemba lui a amené à manger. Je lui ai dit « Monsieur le président, bon appétit, et à bientôt, et je suis parti.(…) Il était 13 heures passées ».

« A 14 heures 10 minutes déclare par contre Tsangabeka, le Président a reçu un docteur qu’il avait fait venir. Il l’a fait repartir avec la décision qu’à 15 heures, je partirai moi-même le chercher…Nous avons quitté la villa « Changaï », il était 14 heures 10 minutes, le Président n’avait pas encore mangé.

-          Avez-vous vu le Président manger ?

-          Non, je l’ai vu aller s’asseoir à table, mais il n’avait pas encore commencé à manger quand je suis parti.

-          Avec qui était-il assis à table ?

-          Quand le Président est allé à table, je l’ai vu aller s’asseoir seul

-          Entre vous et Mouassiposso, qui a quitté la résidence le premier ?

-          C’est Mouassiposso

-          L’avez-vous vu partir ?

-          Non, j’avais fait un tour. Et quand je suis revenu, je n’ai plus revu la voiture de Mouassiposso(cf. primitif des auditions en commission)

Il est évident que ces deux hommes tentent de corroborer le mensonge officiel et que ni l’un ni l’autre n’a vu le Président s’installer à table. Combien de temps le Président serait-il resté à table s’il avait trouvé la mort à 14 heures 30 minutes ?

[14][14] Par le capitaine Tsétou

[15][15] De la part de son ministre de la défense

[16][16] Confidence faite par le chef de l’Etat à Ewolo Oscar

[17][17] Les horaires de travail dans les administrations étant à cette époque de 7 heures 30 minutes à 12 heures et de 14 heures 30 minutes à 17 heures.

[18][18]Kikadidi, Kandza, Kianguila, Mienakou et Koudissa Tadet.

[19][19] Confirmé par le général Ngollo.

Livre : Assassinats politiques au Congo-Brazzaville - Rapport de la Commission ad hoc de la CNS du 25 février au 10 juin 1991 (épuisé) (pdf, 9.8 kB)

COMMENTAIRE :

Baghana dit :

18/03/2017 à 10:21

Il y a quarante ans ELF a fabriqué un monstre. Il avait eu le feu vert pour renverser Marien. Le type a fait tuer 2 présidents, un Cardinal, exploser le DC10 d’UTA, provoquer 400.000 morts et le Beach, les prisonniers politiques, le vol systématique.
Hier Moho Nord a commencé à couler, un gisement volé à EXXON. Joli gâteau d’anniversaire, 100.000 barils jour. Bon anniversaire les pétroliers, Il y a autant de sang francophone qui coule au Congo que de pétrole !

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