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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 15:57

Par Rigobert OSSEBI

Sassou NGuesso , sa fille Claudia, Joseph Kabila et Dominque Okemba à Oyo (Congo)

Sassou NGuesso , sa fille Claudia, Joseph Kabila et Dominque Okemba à Oyo (Congo)

@ColetteBraeckman @lesoir

Concernant la République du Congo, les grands médias et les grands journalistes demandent à leurs lecteurs de regarder leur doigt plutôt que la cible qu’il désigne ou pas… !

Plus que jamais, l’exercice se révèle difficile.  En effet, comment intervenir sur la RDC, le Burundi, la RCA ou le Gabon, au sujet de dérives politiques, sécuritaires ou financières sans pour autant en épingler l’initiateur, le promoteur ou le responsable : Denis Sassou Nguesso, himself !

Jean Ping est venu cracher son venin familial à Paris, écouté par le gratin de la presse française, sans qu’il soit questionné sur l’inspirateur de la démarche d’Ali Bongo qui est, sans aucun doute possible, le tyran congolais. Curieuse omerta de part et d’autre ! Le fait d’acheter son journal ou de payer sa redevance ne vous permet que d’être abusé doublement ou triplement ; pas d’être informé réellement, au moins s’agissant de la République du Congo-Nguesso.

La Belgique du neveu Charles Michel et son grand quotidien Le Soir,  par la plume et par la voix de la légendaire Colette Braeckman, ne dérogent pas à la règle intangible. Ne s’intéressant qu’à son ancienne colonie, la journaliste révèle des dérives financières compromettantes, portant sur quelques dizaines de millions de dollars pour la famille de Joseph Kabila. « Jean-Jacques Lumumba, un cadre dirigeant de la BGFI (première banque d’Afrique centrale), a claqué la porte de cette banque de Kinshasa, banque proche de la famille du président congolais, après avoir refusé de se rendre complice d’opérations douteuses. Il est allé ensuite livrer de nombreux et très compromettants dossiers au quotidien belge.» reprenait RFI après avoir courageusement qualifié les révélations de « fracassantes ».

Tour de force pour l’une comme pour l’autre ! Aucun d’eux n’a voulu cibler l’établissement bancaire, la BGFI, pour avoir effectivement permis les opérations de corruption. Pourtant, cette banque érigée sur les cendres de la Banque FIBA, a perpétué sur tout le continent africain les mauvaises pratiques de cette dernière.  Nos lecteurs ne l’ignorent pas, et ceux de Madame Braeckamn et de RFI méritaient d’en savoir un peu plus que les quatre initiales d’une banque inconnue. Dans un article publié le 18 avril 2015, nous évoquions le rôle de la banque d’ELF (FIBA) dans les achats d’armes en 1997 :

« « Un rôle d’intermédiaire dans le conflit congolais. Quand le président Lissouba avait besoin d’armes contre les rebelles de Sassou N’Guesso, il s’adressait à la Fiba. »

Pour ceux qui ne le sauraient pas, la Fiba (Banque Française Intercontinentale) était la banque d’Elf. Son président en était Jack Sigolet, alter ego d’André Tarallo pour les affaires congolaises. Pierre Houdray en était le directeur ; tout petit bureau, avenue George V à Paris, mais immenses pouvoirs dans la gestion du sulfureux établissement bancaire.

A l’arrivée de Philippe Jaffret qui remplaçait Le Floch Prigent à la tête d’ELF, la priorité était de mettre la clé de la banque sous la porte.

Pierre Houdray s’occupait déjà de la relever de ses cendres, au Congo et au Gabon, sous le nom de la BGFI pour le compte de Sassou Nguesso et d’Omar Bongo.

Jean-Dominique Okemba, le neveu du dictateur, en est officiellement le Président du Conseil d’administration de la branche congolaise ; en réalité, cet ancien élève d’une petite école de marine de Toulon, qui avait lamentablement échoué à tous ses examens, n’était que la face apparente (ou la marionnette ?) de l’ancien directeur français de la Fiba.

Ainsi donc, en résumé et en conclusion de cet article de Libération, le très stratégique établissement bancaire congolais, BGFI, aurait eu pour principal cadre, dissimulé ou pas, celui qui permettait les achats d’armes, en tous genres, durant la guerre du 5 juin 1997 au travers de la FIBA ; contre les Cobras de Sassou Nguesso ! Houdray n’est pas le seul paradoxe dans les alliances, retournements et complicités dans le domaine des achats d’armes, et de leurs utilisations afin que quelques-uns dominent et écrasent le peuple congolais.

La BGFI profitera-t-elle de l’expérience acquise, sur l’argent et sur le sang des Congolais, par Monsieur Pierre Houdray, pour financer ou acquérir les armes qui nous tueront lors du prochain conflit que le tyran Denis Sassou Nguesso nous prépare ? Cela pourrait bien être possible, à moins que, comme nous le verrons, cela ne passe par le canal d’un échange pétrolier au travers de la SNPC et plus exactement avec Kiki, dit Denis-Christel 1er ! »   

Il serait ingrat et injuste de réduire le rôle de la BGFI à celui d’une banque spécialisée dans l’achat d’armements. Elle a une proximité notoire avec le blanchiment d’argent et la corruption non seulement au Congo, mais dans l’ensemble du continent comme nous venons de le voir avec la RDC. Elle a financé des mouvements de déstabilisation de pays africains comme le Tchad par l’emploi de hauts cadres chèrement payés et déplacés. La BGFI est également partie prenante dans la déconfiture de la compagnie ECair[i], une mésaventure guignolesque pour elle et pour l’Etat congolais d’un milliard de dollars.

Mais de tout cela Madame Braeckman n’en parle pas. Il faut reconnaître que dans une Europe, dont les élites ont été corrompues par Denis Sassou Nguesso ou ses lobbyistes pétroliers, il devient de plus en plus difficile d’exprimer des vérités. Dommage, qu’à la fin d’une brillante carrière, l’on se sente obligée de traverser dans les clous… !

Informer ses lecteurs à moitié, c’est leur mentir !

Rigobert OSSEBI

(Extrait de congo-liberty)

[i] Une partie de la flotte, de la compagnie aérienne en faillite, reste stationnée en Belgique

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