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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 20:05
 
Les "Andzimba" sont les tueurs ethno-tribaux mbochis au service de M. Sassou Nguesso. Ils relèvent d'une société secrète ethno-tribale reposant sur des us et coutumes traditionnelles. Leur rituel est à dominance sacrificielle du sang humain qu'ils boivent...

 

par Nsinda Zâ Kongo

 L’INVASION DE L'ORDRE DES « ANDZIMBA »

 

Invasion "Andzimba" dans le Pool

 

C'était la cinquième femme qui venait d'être dépecée dans la contrée de Mpassa dans la région du Pool. Le manque d'experts en criminologie fut naturellement suppléée par l'intelligence naturelle locale des notables de la contrée. Cette dernière isola en premier la similarité du mode opératoire nonobstant le fait que l'avant dernière victime fut démembrée avec son fils de quatre ans. Un profil fut facilement établi eu égard aux éléments ci-après ; les victimes tuées revenaient toutes de leurs travaux champêtres. L'assaillant avait dû les observer toute la journée s'assurant ainsi que personne n’intervînt lors de l’assaut. Les forfaits étaient perpétrés en fin de journée et à chaque fois la scène de crime se trouvait non loin de la rivière. Les victimes, excepté le bambin, étaient toutes des femmes et avaient toutes subi des sévices sexuels avant d'être morcelées. Toutes, à l'exception des deux premières, avaient essayé en vain de fuir leur assaillant. Les profils établis par les profileurs convergèrent. L'assaillant devait être le même pour toutes les victimes. Ce devait être un homme non marié et surtout n'ayant aucun succès auprès de la gente féminine. Des suspects furent rapidement identifiés et interpellés. Il devait s'agir d'un sacripant. Tous les chenapans de la contrée furent systématiquement entendus, mais tous avaient un alibi solide et crédible. S'agissait-il d'un chenapan venant d'une autre contrée?

Quelques semaines passèrent, le malfrat n'avait toujours pas été appréhendé ni même identifié avec précision. Entre temps, des mesures de sureté et de sécurité furent prises par les chefs coutumiers de la contrée. Le nouvel Etat prônant "la révolution" à tue-tête sur les ondes de la chaine "nationale" de radio débaptisée « La voix de la révolution » brillait par une étonnante indifférence à l’égard de ces forfaits. Il fut demandé aux hommes d'accompagner leurs épouses aux champs. Aux veuves et aux jeunes demoiselles non encore mariées furent recommandées de ne se rendre aux champs qu’escortées. Les mesures de solidarité furent renforcées dans les villages en vue d'assister les femmes seules et les veuves dont la productivité était désormais contingentée à la bonne humeur des voisins enclins à les accompagner aux champs. La disette ne tarda pas à défrayer la chronique.

Un mois plus tard, deux macchabées furent retrouvés au bord de la rivière ; le malfrat avait encore récidivé. Cependant, cette fois, il y avait deux victimes. Il s’agissait de Mâ Bizenga et de Tâ Massamba son époux. La scène de crime laissait entrevoir une rixe entre les malfrats et le vigoureux Massamba. La psychose était à son comble dans la contrée; il y avait plus d'un malfrat et cette horde ne s’en prenait désormais non pas qu’aux femmes, mais aussi aux hommes et même aux hommes les plus vigoureux à l'instar de Tâ Massamba.

Les villageois accoururent voir la carcasse de ce qui restait du bel et vigoureux homme que fut Tâ Massamba. Il fut remarqué que les organes génitaux du macchabée étaient aux abonnés absents. Quels sont ces énergumènes capables d'infliger de telles atrocités à leur semblable sans aucun état-d'âme?

Les profileurs revirent leurs conclusions. En effet pour venir à bout du vigoureux Massamba, il aurait fallu s’y mettre au moins à deux. C’était évident ; la contrée était en proie à une association de malfaiteurs ; des criminels en bande organisée, ce qui disculpa définitivement les sacripants de la contrée sur qui pesèrent de graves présomptions. Cerise sur le gâteau, des crimes similaires se produisirent dans la contrée de Madzia et de Goma. La dépouille d’un pêcheur chevronné y fut découverte. On crut en premier lieu que l’infortuné était victime d’une attaque de crocodile ; cependant, les entailles sur son corps plaidèrent pour un homicide ; un crime prémédité. En outre les organes génitaux sur le corps du pêcheur, de même, ne répondaient pas à l’appel ; tel était la signature des malfrats sur les victimes du genre masculin.

La région ruminait sa peur et sa torpeur. L’indifférence des autorités de l’Etat était plus qu’insolite, plus insolite encore dans la région les organes génitaux étaient sacrés. Ce qui corroborait les dires en coulisses de certains natifs de la région, collaborateurs des nouvelles autorités du pays. « Des outre-venants appartenant à une sorte de secte mystico-guerrière auraient été délibérément largués dans la région pour semer le deuil et la désolation ». La rumeur courait aussi que le président ressortissant du nord aurait perdu son unique frère lors des troubles politique suivis de violences dont les ressortissants du nord avaient été victimes dans La Capitale. Une autre rumeur faisait état de la frustration du régime sur l'affaire Ange Diawara que la population du Pool à hébergé, nourri et protégé. Qu'à cela ne tienne, l'indifférence des autorités était sujette à caution.

Une réunion secrète fut tenue par les différentes chefferies de la région à l’insu des autorités administratives et politiques. Les Mânes "Mbula" et les Tenants "Bisimbi" furent associés à ce conciliabule grâce aux ingrédients ci-après :

- le "luzibu" pour ouvrir "zibula" et faire se rencontrer les sphères des mânes "Mbula Za Kongo" et celles des humains ;

- la cola "kazu" afin de délecter le verbe du palais "kasula mpova" ;

- le vin collecté à partir de la sève de palmes "nsamba" afin de transmettre "sambula" les conclusions édits des mânes aux genres humains ;

- le ntundu pour remercier "tonda" les différentes sphères de la cosmogonie Kongo des conclusions du conciliabule.

Le propos similaire fut tenu au genre humain lors de cette réunion; "pendant que nous dormions, une vipère fut introduite dans notre maisonnée et cette dernière y vomit ses petits qui y prolifèrent en tuant et dépeçant nos enfants. Ils ont appris à se dissimuler dans notre maisonnée comme sait le faire cette engeance vipirine. Mais qu'à cela ne tienne, il ne sied pas que les chefs rassemblés ici crient haro au diable en public, le cas échéant qu'adviendraient de nos concitoyens ? N'avions-nous pas été respectivement intronisés pour ne pas voir le diable ? Nous viendrons à bout de cette engeance vipérine"

Quelques temps après une rumeur parcourut la région annonçant l'arrestation des assaillants et leur extradition à Brazzaville ; la ville capitale via Kinkala la grande ville de la région. Les villageois seraient donc conviés à vaquer de nouveau à leurs occupations en toute quiétude. Les chefs de la contrée n'infirmèrent ni confirmèrent cette rumeur. Nonchalamment les villageois reprirent leurs activités. Secrètement des instructions furent données à certaines catégories professionnelles locales; notamment les "m'songi" ou collecteurs de noix ou de vin de palme. L'ordre de passer plus d'heures sur les palmiers en scrutant le paysage leur fut intimé.

Cela faisait environ trois heures que Mâ Mpolo s'activait à labourer le lopin de terre qu'elle avait laissé en jachère pendant deux saisons. Du haut d’un palmier sur lequel Tâ Kulu-Bari s'activait à son tour à arracher la grappe de noix de palmes incrustée sur le flanc du palmier, il remarqua une silhouette à allure insolite qui scrutait les moindres faits et gestes de Mâ Mpolo depuis un bosquet. Du palmier Tâ Kulu-Bari remarqua que la silhouette était dénudée et portait sur le dos une sorte de nasse dans laquelle devait se trouver des fléchettes. Tâ Kulu-Bari suivit scrupuleusement la procédure édictée par le conseil des chefs. Il ne fallait surtout pas interférer mais plutôt déclencher l'alerte. Il hissa du haut du palmier son pantalon noir qu'il déploya comme une bannière. Un autre "m'songi" remarqua le geste de Tâ Kulu-Bari du haut d’un palmier et fit autant. Tous les "m'songi" ayant repéré le geste en firent autant et formèrent une sorte de chaine. Leur message parvint au village qui fit retentir le cor et le gros tam-tam pour alerter les villages alentour. En moins de deux heures les "makesa" de la contrée étaient regroupés et la battue pouvait commencer.

Au bout de deux heures la battue avait pris fin. Au final deux sauvageons furent dénichés au fond d’une tanière par les chiens de la battue. Ce qui ne fut au début qu’une rumeur s’avéra vrai. Les deux sauvageons ne parlaient aucune langue locale. Des natifs de la région ayant travaillé outre-région pouvaient déchiffrer ce qui sortait de la bouche des sauvageons. Ils disaient être de l’ordre des « Anzimba » ; un ordre mystico-guerrier et soutenaient que l'hécatombe est à venir. Des battues furent organisées dans toute la région et plusieurs sauvageons du même acabit furent appréhendés. La psychose dura des années avant que les habitants de la région du Pool reprennent confiance.

"Les faits sont têtus". Ils étaient annoncés même par le biais des ondes de la radio et personne ne fit le rapprochement. Dans les années 80 au tour de midi la Voix de la Révolution Congolaise; l'unique chaîne de radio du pays diffusait une émission intitulée "Madame midi approche". Cette émission était en général suivie d'une berceuse chantée dans un idiome du nord. Le message de cette berceuse était :

- " as-tu vu quelqu'un qui va vers Ngelé?"
- "Alors dis à ce dernier que le malheur approche"

Ngelé n'est pas Brazzaville? L'opération Mouebara est un projet national commun au ressortissants du nord et concocté minutieusement depuis belle lurette. Il sied que le Pool se réveille à nouveau pour extirper définitivement la vipère de la maisonnée.

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