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  • : Blog contre la corruption, la cupidité, l'avidité et la concussion (C.A.C.) au Congo-Brazzaville
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27 octobre 2016 4 27 /10 /octobre /2016 21:48

par Rigobert OSSEBI

andre-vallini-jj-bouya-12-juillet-16

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Le trublion de l’Afrique Centrale, Denis Sassou Nguesso, a réussi à imposer à ses homologues de la région sa vision d’un maintien à vie au pouvoir ; coûte que coûte et contre vents et marées !

Sa trajectoire, d’abord soufflée, et sponsorisée, à Nkurunziza au Burundi, puis copiée par Ali Bongo au Gabon, fera tâche d’huile en RDC et dans de nombreux autres pays d’Afrique.

Au rugby, l’on pourrait dire que l’essai a été marqué, mais tant pour lui-même que pour les autres déjà cités, il restera à le « transformer ». Pour cela, il manque à Denis Sassou Nguesso,  ainsi qu’à ses disciples, le soutien fort et franc d’une grande puissance internationale qui l’accompagne jusqu’au bout de ses forfaitures. Ce qu’il n’a toujours pas…

Au début juillet 2016, lorsque sa énième visite d’Etat en Chine avait été confirmée, beaucoup pensaient que l’affaire était faite. Quatre jours à Pékin de grand jeu, de tapis rouge, de fanfares et de revues de troupes en tenues d’apparat n’ont donné qu’une illusion de combler l’orgueil du dictateur congolais. En fait, il n’a été soutenu que du bout des lèvres et, en plus, il en est rentré les poches vides.

Pour les Chinois : « Business is business, and money is money ! » (Les affaires sont les affaires et l’argent est l’argent !) En résumé, le partenaire chinois a préféré ne rester qu’un partenaire économique du Congo et ne pas s’engager davantage, sur tous les plans, avec le petit timonier de l’Alima. Ce dernier, malgré toutes ses tentatives, a compris qu’il ne pourra pas gruger la Chine et les Chinois comme il l’a fait avec la France et ses parrains, associés et complices, françafricains !

A peine de retour de sa bérézina asiatique, une mission de sauvetage était initiée à Paris par ses éternels acolytes. Le coup de poignard du dictatueur, de la convertibilité du franc CFA avec le Yuan chinois dans le dos de la France, était encore sanguinolent que déjà des instructions parvenaient à André Vallini, nouveau « Secrétaire d’Etat français auprès du ministre des Affaires étrangères et du développement international, chargé du Développement et de la francophonie » (ouf !), de recevoir dès le 12 juillet 2016 Jean Jacques Bouya, neveu et complice de l’imposture dictatoriale des Grands Travaux congolais.

La réception a été glaciale, sans le moindre sourire, de la part du Secrétaire d’Etat français, rompant ainsi avec la tradition instaurée par ses illustres « prédécesseresses » dont l’inoubliable Yamina Benguigui qui a su pousser très loin l’esprit du développement sous les ors des suites et des palais présidentiels de Sassou Nguesso.  André Vallini ne s’est pas laissé impressionner par la montre, et son bracelet, sertis de diamants du ministre congolais notoirement corrompu et corrupteur. Réputé proche de François Hollande, il était pressenti au ministère de la Justice en cas de victoire de ce dernier en 2012. A la grande joie de Sassou Nguesso et de son ami Pigasse, ce fut Christiane Taubira qui lui prit sa place. A un colloque sur la Justice, Robert Badinter avait dit de lui : « J’ai pour lui des rapports d’amicale affection. Je considère que c’est un homme qui honore le Parlement et qui a de la justice une des visions les plus profondes et en même temps les plus réalistes qui soit sur ses possibilités. Le mot d’ « amour de la justice » pour André Vallini, il ne serait pas déplacé de l’utiliser.»

Aux ordres, et pas godillot pour autant,  le Secrétaire d’Etat s’est montré préoccupé, entre autres, de la situation politico-économique du moment au Congo, estimant que le pays souffrait d’une non-transparence démocratique. Quant à Bouya, indécent dans son rôle de mendiant après avoir tant dépensé (et détourné) avec ses amis chinois, il rappela ses besoins de financements.

Deux jours plus tard, à la Case de Gaulle, à Brazzaville, pour la célébration du 14 juillet, la France par la bouche d’un Chargé d’affaires par intérim, tout sourire, se félicitait de pouvoir collaborer avec la présidence usurpée… Cette embellie n’aura pas duré longtemps. La mauvaise tournure des évènements dans le Pool, et la crainte d’une dérive militaire meurtrière, ont amené les véritables décideurs français sur la situation congolaise à prendre du recul. La tenue d’un dialogue serait largement encouragée en coulisses afin de trouver rapidement une issue pacifique ; plutôt que de se voir accuser de soutenir un régime coupable de crimes contre l’humanité.

Ce n’était pas ce dont Sassou Nguesso rêvait… Restait pour lui à jouer la carte russe et relancer les tentatives de séduction du Camarade Poutine. Tâche peu aisée, car les coups fourrés, côté congolais, n’ont pas manqué. Pourtant, tout avait parfaitement recommencé avec le méga contrat signé en 2010 avec Gunvor. Torbjörn Törnqvist et Gennady Timchenko, un proche de Vladimir Poutine, en étaient alors les propriétaires. Peu préparés aux habituelles magouilles congolaises, leur société a vite été au centre d’une enquête de la police suisse, obligeant même le déménagement, un temps, des activités de trading sur Londres. Depuis mars 2014, Timchenko a vendu ses parts au Suédois Törnqvist, mais le pouvoir russe a toujours en travers de la gorge ces fâcheux désagréments judiciaires sur les bords du Lac Léman, du fait des malversations de Denis Christel Sassou Nguesso et ses Gandzion apparentés.

Outre l’absence remarquable des véhicules militaires SPM TIGER qui devaient être commandés à la Compagnie Militaro Industriel Russe (MIC) à la fin 2012, la construction du gazoduc reliant Pointe Noire à Ouesso, via Oyo, était une promesse non-tenue de trop de la part du pouvoir congolais. Ce dernier projet, évalué à 1 milliard de dollars, avait été confié aux Russes  Gazprom et Troytransgaz. Cette dernière structure est toujours contrôlée par Gennady Timchenko. Malgré l’apparent accord de Denis Sassou Nguesso, les pétroliers de la place avec leurs habituels lobbystes étaient parvenus à retarder l’avancement dudit projet de pipeline, jusqu’à ce que la crise pétrolière ne survienne et ne le rendre complètement irréaliste.

Mais c’était sans compter avec la soif d’un soutien du Kremlin, de la part d’un Denis Sassou Nguesso envieux de celui, que reçoit le Syrien Barchar el Assad, de Vladimir Poutine. A Moscou, Gazprom et Troytransgaz, qui ont fini par bien comprendre le fonctionnement du petit dictateur congolais, ont exigé 50% d’acompte de la valeur du marché, soit 500 millions de dollars. Denis Christel et Jean Jacques Bouya ont été désignés par le chef du Clan pour conclure l’affaire, tout en annonçant que le paiement ne pourra se faire qu’au début 2017 avec le nouveau budget…. Les voyous oseraient-ils une ultime tentative d’abuser les camarades russes ? Ou bien utilisent-ils cette temporisation pour mieux voir jusqu’où la Russie serait prête à s’engager au côté du Congo dans ses massacres de populations civiles ?

Denis Sassou Nguesso ne devrait pas trop jouer avec le feu. Dans des milieux russes bien informés sur ces affaires congolaises, certains déplorent le fait que leurs nationaux ont toujours été totalement écartés des opérations de production pétrolière, au Congo, contrairement aux Français, Italiens, Chinois, Américains et autres nationalités. Et de conclure en souriant : « Heureusement que le crash de l’avion du patron de Total à Moscou était un accident ! Des mauvaises langues auraient pu médire qu’il s’agissait d’un règlement de compte ! »

Rigobert OSSEBI

(Extrait de congo-liberty)

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