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24 octobre 2016 1 24 /10 /octobre /2016 16:31
 

Par Djess dia Moungouansi

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« Les barbares n’ont pas de champs, le massacre est pour eux ce que le labour est pour nous » LI Po

L’horreur absolue ! Le système Sassou a désormais un visage : celui de la barbarie.  De fait, c’est avec un cœur épris de compassion et d’angoisse que nous avons tous découvert l’étendue des sévices que Sassou et ses spadassins ont infligés à notre compatriote Augustin KALA-KALA. Son état moribond nous renseigne sur le profil psychologique des membres de cette organisation criminelle ; déshumanisés, cruels, tous friands « du sang et des larmes des autres ». Etre capable de telles ignominies, dépasse tout entendement.  Le peuple congolais prend son mal en patience, en attendant que le «  Trio dasufa » (composé du Colonel-aux-ordres Oko Ngakala, du dernier de sa promotion en 3e année de droit Pierre Mabiala  et du Goebbels de service Thierry Moungalla) vienne nous gaver de pestilence, par la spéciosité  de leur discours.

« La domestication » de la société congolaise

On ne le dira jamais assez, le niveau de violence atteint par ce régime est parmi les plus élevés du monde des tyrannies. Bon an, mal an, il a bénéficié d’une relative impunité sur la scène internationale, malgré des mises à l’index régulières. Tout donne l’impression qu’il s’agit d’un régime somme toute préservé alors qu’il est engagé dans la répression massive et sanglante de sa population.

La société congolaise, jadis caractérisée par une grande vitalité, est peu à peu soumise à un musellement progressif,  puis brutal, de toute  velléité d’opposition au régime. Depuis le référendum sanglant de novembre 2015 , suivi du braquage des urnes du 20 mars 2016, ce gang des criminels   utilise des « techniques » qui dessinent par touches ce qui forme la substance même d’un régime d’oppression : un mélange de personnification du pouvoir qui fait de Sassou la source de toute chose et l’origine de toute réussite, de suspension du temps ( puisque le régime est là « pour l’éternité » pensent-ils, ce que la mise en jambe de « KIKI le faux pétrolier », semble accréditer),de contrôle absolu de l’espace social et physique, de la confiscation du domaine public, et de monopole de la narration du réel. Enfin l’institutionnalisation des instruments de répression  et de surveillance a instillé au cœur de la société congolaise la menace potentielle à tout instant, la méfiance généralisée, et la peur, afin d’obtenir l’obéissance.

La collusion entre le pouvoir de Sassou et les sectes religieuses n’est pas fortuite. Ces deux pouvoirs persécutent le citoyen, où qu’il soit. Alors que le pouvoir militaire menace la sécurité et la vie des gens, sur terre, le pouvoir religieux  hypothèque leur bien être dans l’au-delà. Le cumul de ces pouvoirs constitue une force beaucoup plus considérable que ces mêmes pouvoirs opérant séparément.

Toutefois, contre toute attente, un grain de sable vient de caler la machine à tuer. Un crime n’est jamais parfait. C’est le moins qu’on puisse dire. Désormais, il y aura « un avant » et « un après » KALA-KALA. Sans céder à toute superstition, on a la nette impression  que l’âme des   353 disparus du Beach, ou l’esprit jusque là sans sépulture  du  vertueux Massamba Débat  et d’autres victimes de ces assassins de bas étage,  lui avaient  confié cette délicate mission de venir témoigner, en  livrant  aux Congolais de quoi est fait la géhenne oyocratique.

L’image d’un  KALA-KALA squelettique,  la peau déchiquetée, les mains et pieds abimés, restera à jamais collée à la peau de ce régime jusqu’à sa chute. Peu de personnes se souviennent du nettoyage ethnique, en bonne et due forme,  opéré par ce même système et par les mêmes criminels en décembre 1998 à Bacongo-Makélékélé. Aucune image, donc pas d’incidence dans l’opinion. Les révélations rétrospectives n’ont que peu de valeur pratique. Le choc émotionnel, l’indignation, l’horreur causés par une atrocité ne seront jamais les mêmes selon qu’on suive les évènements à chaud et « en direct », ou après coup et « en différé ». Cette fois-ci, cette image effroyable fera le tour du monde et sera l’une des pièces maîtresses d’un dossier qui gagne chaque jour  en épaisseur à la CPI.

Dans le Pool, les massacres s’enchainent avec une régularité de métronome

Le plan méphistophélique de Sassou visant à déclencher une guerre picrocholine dans  le Pool est prêt depuis belle lurette. Persuadé qu’il ne peut jamais gagner une quelconque élection au Congo,  le Pool étant l’obstacle qui se dresserait contre  tout hold up électoral. Deux choses  semaient le doute dans son esprit: la proximité de  Brazzaville  qui est-  disons-le franchement – dans  le Pool  et la facilité qu’aurait un quelconque leader de cette région  à mobiliser ses troupes qui ont la légendaire réputation d’obéir scrupuleusement aux mots d’ordre. Son crédo :neutraliser de manière préventive ce foyer de contestation par excellence, y compris en y accentuant la dysharmonie sociale.

Ses sbires avaient prévenu : «  Vous repartirez en forêt si vous ne votez pas Sassou ! ». Nous y sommes !. Mais pourquoi donc cet acharnement alors qu’il a réalisé son braquage électoral ? De tout temps, au Pool aujourd’hui et à Ikonongo hier, Sassou a toujours assouvi son obsession du sang en utilisant la violence contre les civils et la destruction de leurs habitations comme une arme de guerre.

Aucune opération de police ne peut être menée avec des hélicoptères qui effectuent des bombardements massifs des zones habitées. Ni même, peut-on prétendre être du côté des populations quand on les contraint   d’aller en forêt,  abandonnant vivres et confort  alors que plus de 5000 miliciens censés les protéger, écument  les villages ?

L’épisode symptomatique d’une barbarie d’Etat s’est déroulée  au village Ngandou Boudzoua près de Mindouli. Après une série de viols et autres traitements inhumains sur les populations désemparées, la police tribale de Sassou s’est acharnée, sans gêne  sur le vieux  Nkouma,  un paysan  de 75 ans, accusé de tous les péchés d’Israël. Pour masquer son incompétence, la pseudo-police le soupçonnait d’être,  ni plus ni moins,  le féticheur de NTOUMI. Ce pauvre hère rendrait NTOUMI  invisible et  insaisissable. Pathétique !

Les officines d’Oyo ont tout bonnement érigé la barbarie en meilleur levier pour soumettre les populations psychologiquement amoindries par les affres d’un pouvoir illégitime. Qu’il s’agisse de détourner l’attention de la population, après l’échec cuisant du 20 mars 2016 ou qu’il entreprenne de faire accepter les brimades et autres mesures impopulaires, le boutefeu d’Oyo agite le chiffon rouge des évènements dramatiques, réels ou annoncés.  Graduellement, en maintenant les populations dans un état d’appréhension constant, ce régime gruge les libertés individuelles au profit du clan au pouvoir et de la bureaucratie gouvernementale. Il reste que, dans l’histoire des tyrannies, chaque fois que l’avenir d’un peuple est  en péril,  celui-ci sait  exhumer cette force enfouie dans ses entrailles et relever tous les défis qui se posent à lui, notamment pour conjurer la peur et la  perte totale liberté. C’est en cela que l’on reconnait  la dignité et la force d’un peuple.

Djess dia Moungouansi

(Extrait de congo-liberty)

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