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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 23:03
France/Françafrique : De la République de Félix Eboué à la Françafrique de de Gaulle

De la République de Félix Eboué à la Françafrique de Charles de Gaulle. « critique de Mingwa Biango

Cet œuvre de Pathé DIAGNE est d’abord un pamphlet sur le général Charles de GAULLE dont le mythe de résistant contre le nazisme s’est construit au détriment du Guyanais Félix EBOUE, Gouverneur du Tchad. Ce dernier sauva l’honneur de l’Empire français en refusant la capitulation signée en juin 1940 par le maréchal Pétain, contrairement aux autres gouverneurs civils et militaires, de l’Afrique du nord à l’Afrique Équatoriale ; acquis au gouvernement de Vichy, comme le Général HUSSON, le Gouverneur Pierre BOISSON…

Selon l’auteur, Félix EBOUE, pionnier de la Résistance contre le Nazisme, fut l’un des premiers résistants à prendre contact avec l’Angleterre de CHURCHILL par le biais de Sir Bernard BOURDILLON, Gouverneur anglais du Nigeria. Félix EBOUE, en mettant la seule assise territoriale et juridiction souveraine de l’Empire à la disposition de la résistance française et à Charles de GAULLE, avec BRAZZAVILLE baptisée « capitale de la France Libre », permit au 1er ministre anglais Winston CHURCHILL, de rendre crédible et légitime le général Charles de GAULLE, en justifiant l’effort de guerre des Français contre les Nazis, auprès de ses principaux alliés étatsuniens et soviétiques

Comme on le découvrira au fil des pages, Pathé DIAGNE à l’ambition de réhabiliter la figure emblématique et historique de Félix EBOUE, que Charles de GAULLE lui-même et les « historiens » du Gaullisme ont à dessein relégué aux oubliettes de l’histoire par discrimination et pur racisme.

Après cette mise au point sur le légendaire Charles de GAULLE, le professeur Pathé DIAGNE invite le lecteur dans les méandres de la IVème République française sous laquelle le processus de décolonisation eut lieu pour comprendre la genèse de la Françafrique.

Cette période illustra le combat des leaders anticolonialistes comme Sékou TOURE, Djibo BAKARY, Félix TCHIKAYA…sous la houlette de l’un des plus grands leaders africains, le fondateur du Rassemblement Démocratique Africain (RDA), le fédéraliste Félix HOUPHOÜET-BOIGNY, qui devint par la suite le fossoyeur de l’Etat Fédéral africain et l’un des architectes de la Françafrique.

Pourtant dirigé par des présidents du Conseil d’obédience progressiste et socialo-communiste comme Léon BLUM et Guy MOLLET, l’auteur rappelle que cette période de la décolonisation fut aussi celle de la décapitation des leaders anticolonialistes et des élites africaines, qui se perpétua avec le retour de Charles de GAULLE au pouvoir en 1958, avec les assassinats de Barthelemy BOGANDA, Ruben UM NYOBE, Félix MOUMIE, Ernest OUANDIE, Maurice MPOLO, Osende AFANA… HOUPHOÜET-BOIGNY y échappa de justesse, peut-être grâce à François MITTERRAND, à l’époque ministre.

Des chapitres à découvrir reviennent sur la campagne référendaire de 1958 pour l’établissement d’une communauté franco-africaine, la création à Niamey de l’actuelle Francophonie (sous le président Hamani Diori, renversé par des militaires pour avoir voulu regarder de plus prêt les contrats d’uranium)…au détriment des langues africaines synonyme d’un génocide culturel selon Pathé DIAGNE. Mais l’auteur fait surtout des propositions qui consistent à lever les hypothèques : géostratégique et sécuritaire, le verrou géoéconomique monétaire, politique et institutionnelle…

A ce sujet, l’auteur aurait pu nuancer son propos car l’Organisation Internationale de la Francophonie n’interdit à aucun pays francophone de faire la promotion ou d’enseigner sa (ses) langue(s) nationale(s) à ses concitoyens. Ceci relève plutôt d’un manque de volonté politique et de l’avilissement de certains dirigeants d’Afrique noire, contrairement aux anciennes colonies de l’Afrique du nord (Algérie, Maroc, Tunisie).

Sur la critique du discours de Dakar du président SARKOZY prononcé le 26 juillet 2007, on peut reprocher à l’auteur sa relative complaisance à l’égard de Ségolène ROYAL, qui en réponse à SARKOZY demanda pardon au nom de la France, devant des militants socialistes à Dakar, sans relever que cette démarche était purement politicienne !

En définitive, ce livre de l’universitaire Pathé DIAGNE n’en est pas moins une véritable encyclopédie sur une partie de l’histoire du continent noir, que tous, panafricanistes et en particulier la nouvelle élite africaine, volontaire et militante à laquelle j’appartiens, doivent lire car notre génération et celle d’après se caractérisent par une inculture historique qui est un véritable handicap !

Winston CHURCHILL disait : « un peuple qui oublie son passé est condamné à le revivre » ; auquel on peut ajouter un proverbe Kongo : « Ntsimu ni mayela » c’est-à-dire, la mémoire c’est l’intelligence ou la sagesse.

Alors, apprenons du passé !

Par Mingwa BIANGO

minguabiango@gmail.com

(Extrait de congo-liberty)

Pour acheter le livre, cliquer sur ce lien

DE LA RÉPUBLIQUE DE FÉLIX ÉBOUÉ À LA FRANÇAFRIQUE DE CHARLES DE GAULLE

Un siècle de mésaventures africaines
Pathé Diagne

Décembre 2015 – L’Harmattan

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Mingwa Biango - dans France Françafrique Afrique

Economie

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