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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 17:32

Par Olivier MOUEBARA -

Combien de morts faut-il encore en Afrique pour que nous prenions (enfin) conscience qu’il devient impérieux et vital de tourner la page de la France, capitale de l’Afrique noire francophone, et de la francophonie, qui n’est autre que la survivance de la langue coloniale?

Continent d’avenir, notre indépendance est à ce prix. Nous ne pouvons-nous libérer qu’en nous débarrassons des chaînes du colonisateur; de tous les accords politiques, économiques et militaires signés ici et là, réfléchir par nous-mêmes, c’est-à-dire dans une langue qui est la nôtre, et non celle du colon, officine commerciale de la francophonie.

Alors que les africains meurent chaque jour, tombent sous les balles des dictateurs soutenus par la France, la mère patrie, championne du monde du double langage, se distingue, comme d’habitude, par son tropisme.

L’effervescence politico-médiatique autour de l’élection contestée d’Ali Bongo, est sans commune mesure avec le silence soigneusement entretenu par la classe politique française, après que François Hollande eut donné un blanc-seing au dictateur Sassou-Nguesso de massacrer le peuple congolais et de jeter en prison Jean-Marie Michel Mokoko, son principal opposant.

Deux poids, deux mesures.

La France doit être cohérente. Elle ne peut vouloir in fine le départ d’Ali Bongo, et protéger le sanguinaire Sassou-Nguesso, argentier en titre de la campagne électorale de Jean Ping. La résolution du contentieux électoral gabonais ne peut être dissociée de celui du Congo-Brazzaville.

Incapable de se positionner clairement quant aux processus électoraux en Afrique noire francophone, la France préfère sacrifier l’émergence de la démocratie en Afrique au profit de ses intérêts économiques.

Digne continuateur de la philosophie colonisatrice de la France en Afrique, François Hollande, « gêné » aux entournures depuis son soutien objectif au dictateur Sassou-Nguesso, est inaudible et peu crédible en Afrique.

Dans les bas-fonds des sondages, monsieur « petites blagues » n’aura pas réussi son examen de passage de la « Corrèze au Zambèze ».

Selon Emmanuel Macron, François Hollande est sociopathe (Canard Enchaîné du 31 août 2016). C’est-à-dire qu’il « n’a pas d’affect, et est indifférent aux autres ». Son cynisme à l’égard des africains en général et des congolais de Brazzaville en particulier, trouve alors son explication.

Quant à la francophonie, elle n’est qu’une fiction entretenue pour des raisons pseudo historiques et colonisatrices.

Le français est parlé à peu près par 80 millions de personnes de par le monde, et tend à disparaître lors de grands sommets mondiaux au profit de l’anglais, parlé par 310 millions de personnes.

Dès lors, le français apparaît comme un poids plume face aux mastodontes anglais et chinois. La langue française n’est autre que la survivance d’un passé colonial.

Il est vital pour les africains de ne plus se reconnaître dans cette langue comme langue de partage, de connaissance, et dont l’utilité en matière de développement est loin d’être palpable.

L’humiliation subie par les africains dans les consulats français pour l’obtention des visas, les entraves pour obtenir une carte de séjour en France, la kyrielle d’OQTF(obligation de quitter le territoire français) alors que la France étouffe toute velléité émancipatrice en Afrique, les exclusions de toutes sortes, les difficultés pour les africains diplômés et formés en France de s’insérer professionnellement, sonnent le glas de l’utilité de s’affranchir d’une langue qui nous rabaisse et ne cesse de nous tirer vers le bas. C’est le fameux plafond de verre.

L’Afrique noire francophone doit avoir des rapports d’égalité avec la France, puissance coloniale. Une génération consciente doit relever cette gageure.

Détricoter intelligemment les accords du passé, conjuguer notre réflexion pour parvenir à une langue commune africaine, tourner également la page de la monnaie coloniale, le FCFA, chasser par tous les moyens les dictateurs africains, véritables exécutants des politiques coloniales dans nos pays respectifs, tels sont les enjeux d’aujourd’hui.

Demain, s’organiseront partout en Afrique noire francophone libre, des référendums pour ou contre la présence de la France dans nos pays.

Si la France continue à piller, exploiter et dominer en Afrique noire francophone, c’est parce que la décolonisation n’a été qu’un leurre, et que les principes qui devaient présider à l’indépendance de nos pays n’ont jamais été mis en œuvre.

A l’indépendance octroyée et du drapeau, nous devons nous battre pour notre indépendance, et par-dessus tout, notre libération.

« Si le malheur de l’Afrique est d’avoir rencontré la France », selon Aimé Césaire, Martin Luther King nous montre la voie: « Nous devons tous vivre comme des frères et des sœurs. Si non, nous allons tous mourir comme des idiots ».

Olivier Mouebara

(Extrait de congo-liberty)

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