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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 22:02
Congo-Brazzaville/ Portugal : Personne, à Lisbonne, ne réclame la maison bourrée d’argent « du petit ministre » congolais !

Par Rigobert OSSEBI -

Congo-Brazzaville/ Portugal : Personne, à Lisbonne, ne réclame la maison bourrée d’argent « du petit ministre » congolais !

Début octobre 2011, Gilbert Ondongo, au sommet de sa puissance et de son pouvoir de ministre des finances du très riche Congo, menaçait de la 17ème Chambre correctionnelle du TGI de Paris, le média confidentiel qui avait affirmé que son épouse, Madame Patricia Ondongo, née Saboga, avait été interpellée avec une malle pleine de billets, à son arrivée à Roissy CDG en provenance du Congo.

Depuis, le toujours ministre d’Etat, mais seulement de l’Economie, qu’il a grandement contribuée à naufrager, est devenu au Portugal l’emblème africain de la corruption sans qu’il ne menace quiconque d’une procédure en diffamation.

Pire, ce baron d’un pouvoir prédateur, corrompu et assassin ne semble même pas être représenté auprès des enquêteurs qui lui ont, tout de même, saisi quelques biens importants. Gilbert Ondongo, couard comme ses complices qui n’agissent qu’en position de force, ne risque pas de se pointer à Lisbonne pour s’expliquer devant les juges… La presse portugaise et José Veiga ne s’y sont pas trompés, ils l’ont surnommé « ministrinho » : « le petit ministre »… !

Pourtant dans la liste des propriétés et des biens que la presse avait annoncés qu’il possédait, il en est un que les enquêteurs ne parviennent pas à lui en attribuer clairement la propriété : la désormais célèbre villa du Lot 22 à Quinta da Marinha à Cascais ; de même que le contenu des deux coffres qui s’y trouvaient, soit l’équivalent de 6,9 millions d’euros. Mais voilà, on ne prête qu’aux riches ! Le ministre de l’Economie d’un Etat totalement pillé et qui, devenu pauvre, ne parvient même plus à assurer son fonctionnement ni à payer ses fonctionnaires, Gilbert Ondongo, ne fera plus de procès pour cela.

Depuis José Veiga a quitté la prison, sous caution et conditions, mais l’enquête de « l’Opération Route de l’Atlantique » est encore loin d’être terminée. Le dernier épisode connu était l’arrivée à Lisbonne de José Mauricio Caldeira, à l’aéroport Portela (comme notre bon et courageux Evêque), en provenance d’Argentine par un vol Lufthansa, le lundi 18 juillet dernier. Le directeur financier de la société brésilienne Asperbras, avait été extradé dans le cadre d’une procédure engagée par la police judiciaire portugaise.

Dès son arrivée sur le territoire du Portugal, le dirigeant brésilien avait été présenté au juge d’instruction. Des informations qui étaient parvenues à la presse, il en est ressorti que bon nombre des questions tournaient autour :

  • 1) de la villa du Lot 22 Quinta da Marinha à Cascais, une maison habituellement utilisée par Gilbert Ondongo,
  • 2) des deux coffres-forts qui s’y trouvaient avec des milliers de billets de banque, en deux monnaies: 3 millions en billets en euros et 4 350 000 $ (soit l’équivalent de 3,9 millions euros)

Déjà, concernant la propriété à l’Av. Da Liberdade à Lisbonne, des preuves existent qu’elle a été achetée par Gilbert Ondongo. Il est également certain qu’une partie de l’argent nécessaire à la transaction, 347.000 euros, provenait de Dunite, une société de José Veiga au Congo.

Quant à la luxueuse villa Lot 22 Quinta da Marinha à Cascais, selon les preuves recueillies par l’enquête, elle a été acquise par la société Westside Worldwide SA ,pour un montant d’environ 4,5 millions d’euros (à ce prix au Portugal, cette maison est un palais). Cette société est gérée par l’avocate Maria Barbosa – troisième accusée dans cette affaire avec José Veiga et Santana Lopes. Pour les enquêteurs, il est vite apparu qu’elle n’était que le faux-nez de José Veiga qui était le véritable propriétaire de Westside Worldwide SA. Néanmoins, José Veiga affirmait devant les juges qu’Asperbras était le véritable propriétaire de la villa Lot 22 Quinta da Marinha, filmée par les télévisions portugaises.

L’entreprise brésilienne en permettait à Gilbert Ondongo, alors ministre d’État des Finances et de l’Economie de la République du Congo, une utilisation complète. Ce dont le ministre corrompu a profité à plusieurs reprises, après avoir voyagé dans un jet privé de pays africains (peut-être la RDC) jusqu’à Lisbonne. A l’occasion d’un de ces voyages, en Août 2015, il avait utilisé la propriété avec sa famille.

L’autre question était toujours sans réponse. Impossible, en l’absence de Gilbert Ondongo, de savoir à qui appartenait réellement l’argent trouvé dans cette même villa que José Veiga appelle «la maison du petit ministre » ? Depuis le premier interrogatoire en Février 2016 personne n’a revendiqué la propriété de l’argent, pas même José Veiga qui a toujours nié qu’il pouvait lui appartenir !

Pourtant, ce joli trésor, qui ferait rêver plus d’un joueur de Loto, représente un total de 6,9 millions d’euros ; des billets neufs, dollars ou euros, chaque liasse correctement ceinturée de sa bague d’origine, toutes regroupées dans des boîtiers en plastique. Il avait apparu immédiatement qu’une grande partie des Euros (liasses de billets de 500 euros) avaient des numéros de série italiens ; autrement dit, qu’ils ont été émis par la Banque centrale d’Italie.

Encore un détail: l’argent a été transporté du Congo Brazzaville à Lisbonne par un jet d’Asperbras. Des photos réalisées par la Police judiciaire portugaise lors de l’atterrissage de ces vols sur l’aérodrome privé de Tires, près de Lisbonne, permettent de l’affirmer.

Alors peu importe, qui avouera, ou pas, la propriété de ces précieux bouts de papier, l’enquête méticuleuse de la justice portugaise, ira frapper, si ce n’était déjà fait, à la porte de la Banque centrale italienne. Cette dernière conserve les banques destinataires de ses précieux billets de 500 et sait, sans le moindre doute, le client qui en aura reçu pour plusieurs millions d’euros.

Quelle entreprise italienne, installée au Congo, pourrait y faire parvenir autant d’espèces ? Dans les mains ou dans les coffres de Gilbert Ondongo, ces billets signeraient la corruption ! Dans celles, ou dans les mêmes coffres, de José Veiga, gérant du ranch présidentiel à Oyo, le soupçon de corruption s’orienterait alors vers Denis Sassou Nguesso. Quoi qu’il en soit, ce sera à la justice italienne de faire cette enquête. Le Parquet de Milan, pour mémoire a été très efficace dans ce genre d’affaire ; Monsieur Paolo Scaroni, qui avait été à la tête d’ENI, avait dû démissionner pour un cas de corruption lié à la SONATRACH. Mais aujourd’hui, rien ne permettrait d’affirmer que ces billets de 500€ ont été retirés à Milan par une société pétrolière…

Les enquêteurs et les médias portugais ne perdent pas de vue qu’Asperbras, au travers de José Veiga, avait obtenu un contrat de construction d’un complexe commercial et industriel à la périphérie de Brazzaville, en 2012, la Zone Economique Spéciale de Maloukou, dans le cadre d’un préfinancement de 750 millions de dollars par BNP-PARIBAS (Suisse) lié à l’accord d’enlèvements de pétrole signé entre GUNVOR et la SNPC début 2010 à Genève. Ce préfinancement avait déjà pour justification le contrat Asperbras qui n’avait été signé que deux années plus tard.

Pour la construction de ces équipements publics qui sont sans aucune utilité réelle aujourd’hui, Aspebras a reçu environ 491 millions d’euros. Quelques bâtiments et quelques machines sans véritable activité… Une incroyable escroquerie parmi d’autres conclues entre la société brésilienne et l’autocrate congolais Sassou Nguesso. Pendant ce temps, des Congolais croupissent en prison au Congo sous des prétextes futiles alors que les criminels, fossoyeurs de l’économie et des finances du pays, jouissent de leur pleine liberté !

Il est clair maintenant que la « maison du petit ministre » n’a pas livré tous ses secrets, mais elle ne tardera plus à le faire bientôt…. !

Rigobert OSSEBI

(Extrait de congo-liberty)

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