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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 22:37
(Congo-Brazza) CARDINAL BIAYENDA: l’apartheid sévirait-il toujours au Vatican ?

Par Rigobert OSSEBI

La RDC est un très grand pays catholique en Afrique. Le Congo Brazzaville ne l’était pas moins, toute proportion gardée quant à sa dimension et à sa population.

Tant par son média officiel, Radio Vatican, que dans les homélies papales ou encore dans les déclarations du Nonce apostolique en RDC, Monseigneur Louis Mariano Montemayor, ou encore du Président de la Conférence épiscopale, Monseigneur Marcel Utembi, l’Eglise n’a jamais manqué une occasion d’intervenir dans les développements de la crise liée à l’élection présidentielle en RDC.

Un parcours quasiment sans faute… !

Le 15 août dernier, juste après la mort d’une cinquantaine de personnes à Beni, dans le Nord Kivu, le Pape François avait dénoncé « le silence honteux » dans lequel ces massacres se perpétuent « sans même attirer notre attention. Ces populations font partie de celles qui n’ont pas les moyens d’attirer l’opinion publique mondiale », a-t-il encore regretté.

Avec tout l’immense respect que l’on doit à sa Sainteté le Pape François : En quoi les populations du Pool, de l’autre côté du fleuve Congo, attireraient-elles davantage l’opinion publique internationale ? Et toujours très respectueusement, pourquoi n’a-t-on pas entendu sa voix concernant les bombardements qu’elles subissaient et qu’elles subissent encore ?

Hier, 20 septembre, Mgr Marcel Utembi, suite aux violences meurtrières qui s’étaient déroulées à Kinshasa, annonçait que l’Eglise suspendait sa participation au dialogue national, qu’elle avait jusque-là défendu fermement. Mgr Utembi réclamait aussi une commission d’enquête indépendante sur les derniers incidents.

Ce même 20 septembre, se tenait à Assise, en Ombrie (Italie), les Rencontres interreligieuses pour la paix et le Pape François y a encore exhorté « les représentants des différentes confessions à tous se sentir responsables de cette paix ».

Pourquoi l’Eglise du Congo-Brazzaville, bien entendu aux ordres du Vatican, ne s’est-elle pas engagée, comme en RDC, pour la préservation de cette même paix ? Pourquoi s’est-elle tenue scrupuleusement à l’écart de l’actualité politique locale en veillant bien à ne pas interférer dans les manipulations électorales tyranniques de Denis Sassou Nguesso ?

Vu du Vatican, en quoi un Catholique de Brazzaville différerait-il d’un autre Catholique de Kinshasa ?

Est-ce parce que l’un produit du pétrole et l’autre pas ? Alors pourquoi, ces deux Congo frères, de part et d’autre d’un fleuve qui les unit davantage qu’il ne les sépare, n’ont-ils pas droit à une égalité de traitement de la part d’une Eglise qu’ils vénèrent tous deux ?

Autre sujet brûlant : Qui n’a pas été touché par l’assassinat odieux du Père Jacques Hamel le 26 juillet dernier et n’est pas encore sous le choc de l’émotion ressentie alors ?

Après que le Pape François, le 14 septembre 2016 au Vatican, ait déclaré « le Père Jacques est un martyr », dans une homélie particulièrement forte, Mgr Lebrun, Archevêque de Rouen, une semaine plus tard à Assise a enchéri : «Je reçois des lettres qui demandent la béatification du Père Hamel, (…) certaines m’incitent à demander la dispense des 5 ans requis».

Le Père Jacques Hamel, qui avait été égorgé alors qu’il célébrait l’office dans son Eglise, mérite d’être déclaré martyr, comme le Cardinal Emile Biayenda, dans cette quarantième année de son sacrifice, enterré vivant la nuit du 22 mars 1977 au cimetière d’Itatolo, près de Brazzaville ; deux assassinats aux mêmes relents sataniques…

Une demande de dispense des 5 ans ne choquerait assurément personne, si le cas du Cardinal Emile Biayenda n’était pas en suspens depuis quatre décennies. A quoi cela peut-il bien tenir ? Aux décès de ses deux Avocats, près du Vatican, dans la procédure en béatification ? Mais selon certains, après la nomination d’un troisième défenseur, la canonisation serait en bonne voie… On ne peut qu’en douter, quand on a vu comment celle de Monseigneur Romero avait été menée tambour battant sous l’autorité du Pape François. De plus, chacun de nous a pu observer la mine embarrassée du Saint Père lorsqu’il avait découvert une délégation congolaise, Place Saint Pierre, avec des banderoles à l’effigie du Cardinal Biayenda.

L’Italie et la France totalisent une centaine de millions de Catholiques. L’Afrique en affiche 2,5 fois plus, soit près de 250 millions de fidèles. Pourtant les deux premiers comptent 30 cardinaux électeurs contre 13 pour toute l’Afrique. Le rapport de force est alors inversé dans une proportion de 2,3 fois.

Depuis la mort du Cardinal Biayenda, comme nous l’avions déjà vu dans « Le Cardinal Emile Biayenda est mort étouffé deux fois » les pétroliers français et italiens, associés à l’exploitation des hydrocarbures au Congo, avaient tout intérêt à cacher aux yeux du monde l’ignoble assassinat parce qu’ils soutenaient déjà Sassou Nguesso. Faut-il croire à un lobby intensif à Rome pour que le Cardinal Emile Biayenda ne soit pas canonisé tant qu’il y aura toujours un baril de pétrole à pomper dans ce pays ? Dans ce cas, le nombre de Catholiques congolais diminuera au même rythme que les barils d’or du diable… !

Ou bien, simplement, et loin de toute considération bassement mercantile, est-ce parce que l’apartheid, éradiqué aux USA et en Afrique du Sud, sévirait toujours au Vatican ou, pour le moins, au Paradis ?

Rigobert OSSEBI

(Extrait de congo-liberty)

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