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25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 13:14
Congo-Brazzaville : Les dernières nouvelles du Sassouland...

LES DERNIÈRES NOUVELLES DU SASSOULAND : L'HEURE DU VERDICT ARRIVE A GRANDS PAS.

Que retiendra-t-on de lui ? Rien. Il ira tout simplement et bonnement dans la poubelle de l’histoire, parce que, imaginez-vous, il sera celui qui aura saboté, mieux, réduit en miettes tous les efforts colossaux contre le tribalisme et pour le vivre ensemble, entrepris successivement par les présidents Youlou, Massamba Debat et Marien Ngouabi. Le Congo d’antan donnait la chance à tous ses enfants, indifféremment de leurs ethnies et de leurs origines. L’administration n’était pas polluée par des gens venues d’une seule et même contrée, comme aujourd’hui. Hélas, il va falloir tout recommencer à zéro, pour que les Congolais ne se regardent plus en chiens de faïence.

Il sera celui qui nous aura fait rater le coche de la démocratie et aussi du développement. Pendant le règne du tyran, jamais le Congo n’a été si riche, et les Congolais si pauvres. Le magot des Congolais qu’il a amassé pendant 33 ans, il en a fait sien au seul profit de ses parents et son clan. Comment peut-on être si cynique ?

33 ans de Sassou, ce sont hélas des générations entières à rééduquer sur la vie et ses règles. Celles du mérite. Du respect des ainés. Du travail. Du dur labeur en lieu et place de cette dérive des années Sassou qui a fait croire aux nombreux jeunes qu’il suffit de chanter les louanges à la gloire d’un homme et son clan, pour devenir important et gagner ainsi sa vie. Sous son règne, les rébus de la société en sont arrivés à caresser un rêve, celui de faire la politique pour s’enrichir.

Il sera celui qui aura institutionnalisé la haine, la corruption, le vol, le pillage organisé, le clientélisme, les barbouzes, la violence, les massacres.

Il sera celui qui aura conduit Le Sassouland dans un cul de sac. Pourtant, il aurait bien pu sortit par la grande porte s’il n’avait essayé de se cramponner au pouvoir en changeant la constitution. La suite, tout le monde la connait.

Pour les Congolais traumatisés et broyés par 33 ans de dictature, il sera plus que nécessaire d’effacer toute trace du tyran. Voilà pourquoi il sera nécessaire de débaptiser les rues, avenues, villes, villages et ouvrages publics portant son nom ou ceux des membres de sa famille. Pour les suppôts qui auront contribué à l’éclosion du vieux dictateur, comme les Moungalla, Mabiala, Ndenguet, Oko Ngakala et d’autres, l’heure sera venue de bien nous en occuper, au risque de voir l’histoire se répéter. Cette fois-ci, pas de cérémonie de lavement des mains. J'ai dit.

https://www.facebook.com/groups/193693127653879/permalink/298542980502226/

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A Brazzaville, rétribuer le fils Sassou-Nguesso pour obtenir du père des permis miniers

Par Emmanuel Freudenthal (Nairobi)

LE MONDE Le 25.08.2016 à 08h55

Ce 19 juillet 2006, dans une jolie villa de Brazzaville, Denis-Christel Sassou-Nguesso, le fils cadet du président du Congo, fait preuve d’un certain appétit. Il déjeune avec les représentants d’une société minière australienne, Sundance Resources, qui lui présentent le projet Mbalam-Nabeba : une mine de fer dans les collines boisées de l’ouest du Congo, chevauchant la frontière avec le Cameroun.

Lire aussi : La fortune du clan Sassou-Nguesso dans le viseur de la justice américaine

Les études sont faites, les investisseurs sont prêts. Il ne manque plus que les permis miniers, d’exploration d’abord, d’exploitation ensuite, pour lesquels le feu vert doit venir du président Denis Sassou-Nguesso lui-même. Cette signature du chef de l’Etat, qui cumule plus de trente-deux ans à la tête du pays, est la clé du coffre renfermant les ressources naturelles du Congo. Et le fils du président semble bien décidé à la monnayer.

Une bonne affaire

Comme d’autres membres de sa famille visés par la procédure dite des « biens mal acquis » à Paris, Denis-Christel est connu pour son train de vie ostentatoire et ses goûts de luxe, avec ses voitures de sport Porsche Cayenne ou Bentley coupé, ainsi que des visites fréquentes chez Christian Dior, Christian Lacroix ou Louis Vuitton dans les beaux quartiers de Paris. Et cela alors que, dans son pays, la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté, selon la Banque mondiale, malgré les richesses naturelles – pétrole, minerais et bois notamment.

A table avec ses convives, Denis-Christel réfléchit. Il se sait en position de force car deux entreprises étrangères sont déjà en compétition, qui ont obtenu des permis non exclusifs de prospecter dans la zone convoitée par Sundance. Sans louvoyer, il demande un intéressement dans le projet qui lui est présenté, plus important qu’initialement prévu.

Lire aussi : Fils de, frère de… comment se bâtissent les dynasties politiques en Afrique

Après ce séjour à Brazzaville des représentants de Sundance, dont deux sont camerounais, un fax interne de l’entreprise australienne suggère la création d’une société au Congo dont 30 % du capital serait entre les mains d’« actionnaires locaux, c’est-à-dire Denis [-Christel] et Rodrigue Nguesso », ce dernier étant le neveu du président. Le signataire du fax, un certain David Porter, semble suggérer que la répartition 70 %-30 % est une bonne affaire : « Ces personnes (…) qui ont un lien de parenté avec le président, ont fait des deals 50-50 avec des compagnies pétrolières étrangères », écrit-il.

En novembre 2006, c’est fait : la société Congo Iron est créée et s’empresse de demander des permis miniers exclusifs près de Nabeba.

Joint au téléphone par le Monde Afrique, Denis-Christel Sassou-Nguesso affirme qu’il n’a rien à voir avec Sundance. « Je ne sais pas qui ils sont », a-t-il répondu à propos des représentants de l’entreprise australienne. « Mais eux, ils vous ont dit qu’ils me connaissaient ? » Oui. « Je ne pense pas qu’ils vous ont dit qu’ils me connaissent. » Le fils du président congolais, surnommé « Kiki le pétrolier » dans son pays, a refusé de répondre à d’autres questions et a raccroché sec en concluant : « C’est plutôt à eux qu’il faut vous adresser. »

« Kiki le pétrolier »

La surprise de « Kiki » de voir son nom apparaître dans le projet minier Mbalam-Nabeba est sans doute liée à la façon pour le moins insolite dont cette affaire est en train d’être rendue publique.

David Porter, 67 ans aujourd’hui, géologue de formation, est un vieux routier australien de l’univers minier, dans son pays et en Afrique. C’est lui qui a initié le projet Mbalam-Nabeba en 2005 et a coordonné ensuite les négociations avec les Sassou-Nguesso.

Or c’est Porter lui-même qui a révélé, sans le vouloir, les tractations compromettantes de la compagnie. En conflit avec son ancien employeur, qui refuse de lui payer certains de ses honoraires, il a assigné Sundance en justice dans deux procès en 2007 et 2013. Pour justifier de tout le travail qu’il a accompli, il dépose au tribunal de Perth des piles de documents confidentiels, fax et courriels, sans se douter que leur contenu allait créer un scandale.

Lire aussi : Les grosses cylindrées des présidents africains

Ces documents, que le Monde Afrique a pu consulter, sont explicites. Dans son témoignage écrit, Porter raconte comment, lors d’une visite au Cameroun en juin 2006, il propose au président du comité de direction de Sundance, John Corr, d’envoyer à Brazzaville l’une de ses connaissances, Olivier Fabrice Sil, juriste, employé de la Standard Chartered Bank, « qui a été à l’université avec le fils du président du Congo ». Fabrice Sil a obtenu une maîtrise en droit des affaires à l’Université de Versailles Saint-Quentin et a ensuite travaillé dans plusieurs banques. Porter détaille son plan : « Les partenaires locaux potentiels seraient le fils du président et d’autres membres de sa famille ou des associés proches et ils s’attendraient à une part de 30 % du capital. »

« En leur nom »

Dans la plupart des affaires de corruption, les plus hauts dirigeants des entreprises concernées parviennent à convaincre les enquêteurs qu’ils ignoraient les commissions et pots-de-vin décidés aux échelons inférieurs. Pas cette fois. Les documents déposés au tribunal de Perth montrent que plusieurs membres du conseil d’administration de Sundance de l’époque étaient au courant de la participation des Sassou-Nguesso dans le projet, y compris Alec Pismiris et John Corr, qui n’ont pu être joints par le Monde Afrique.

Lors d’une réunion, le 1er décembre 2006, le conseil d’administration de Sundance décide de racheter une partie des actions de la « partie congolaise » dans Congo Iron pour réduire sa participation à 10 %. Un mois plus tard, Fabrice Sil annonce à quelques collègues de Sundance, dont le PDG, que Rodrigue et Denis-Christel Sassou-Nguesso sont enfin prêts à vendre les parts qu’il « détient en leur nom » dans Congo Iron.

Lire aussi : Au Sénégal, l’affaire « Karim Wade » en un mot : fiasco

Une copie de ce courriel a été déposée au tribunal par Porter lui-même. Pourtant, contacté par téléphone, il dit ne pas connaître l’identité des actionnaires congolais de Congo Iron, tandis que Fabrice Sil nie catégoriquement que la famille du président Sassou-Nguesso était impliquée.

A Perth, le matin du 8 mars 2007, dans son gratte-ciel de verre face à l’océan Indien, le conseil d’administration de Sundance décide que « la partie congolaise » recevra 15 millions d’actions de Sundance en échange des 20 % de Congo Iron que les Sassou-Nguesso ont accepté de vendre, mais avec pour condition « la délivrance de permis exclusifs de recherche ».

En juillet 2007, les permis de recherche tant convoités sont signés par le président Denis Sassou-Nguesso.

Défaut de paiement

Un an après, le 10 octobre 2008, Sundance annonce officiellement à la Bourse australienne qu’elle va augmenter sa participation dans Congo Iron à 85 % et, pour cela, qu’elle attribuera, en trois tranches, 33 millions d’actions de Sundance à une société écran enregistrée au Congo, Congo Mining Investments SA (ComInvest), « représentée » par Fabrice Sil, mais sans spécifier qui en sont les actionnaires. Cette transaction aura une valeur totale de 9,6 millions d’euros.

En 2012, deux mois après le versement de la dernière tranche d’actions, le président Sassou-Nguesso signe un permis d’exploitation qui donne un droit exclusif à Sundance d’extraire le fer des collines de Nabeba.

Lire aussi : Mal réélu, Denis Sassou-Nguesso réprime toute forme d’opposition

Le conseil d’administration de Sundance a été entièrement renouvelé depuis les décisions de 2006 et 2007, et aucun de ses membres actuels n’a été impliqué dans les négociations avec les Sassou-Nguesso. De plus, la chute des prix des matières premières à partir de 2011 a entraîné Sundance avec elle, mettant aujourd’hui l’entreprise en grande difficulté. Contactée par courriel, la direction de Sundance a annoncé qu’elle a lancé une enquête interne.

David Porter, lui, a gagné son second procès à propos de ses honoraires. Sundance a été condamnée en décembre 2015 à lui verser plus de 3 millions d’euros. Mais il risque de ne jamais toucher cet argent, d’une part parce que Sundance se trouve actuellement en défaut de paiement, et d’autre part parce que la justice australienne pourrait ouvrir une enquête sur la base de ses révélations de corruption. L’Australie sanctionne la corruption à l’étranger avec des peines allant jusqu’à dix ans de prison et une forte amende.

Cette enquête a été réalisée en collaboration avec le groupe de presse australien Fairfax.

Emmanuel Freudenthal (Nairobi)

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/08/25/a-brazzaville-retribuer-le-fils-sassou-nguesso-pour-obtenir-du-pere-des-permis-miniers_4987640_3212.html#SYkq84Rt7HWKW2TV.99

Le fils kleptomane de son père. Tel père, tel fils... !

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