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26 août 2016 5 26 /08 /août /2016 20:31
(Congo-Brazza) Libération du Colonel Aimé Portella : le Vatican a eu raison de Sassou Nguesso

Par Rigobert OSSEBI -

Quelques jours avant l’embastillement du Général Mokoko, dans une élégante suite d’un palace parisien, un des hommes de l’ombre de notre tyran national avouait sincèrement admiratif : « Il est fort Denis ! Il est très fort ! » Savait-il déjà qu’au lendemain de l’audience qui devait être accordée à Alain Mabanckou par François Hollande, le 15 juin 2016, le véritable vainqueur de l’élection présidentielle congolaise serait coffré dans la cellule 19, quartier des mineurs, à la Maison d’Arrêt de Brazzaville ?[i] Une occasion pour l’usurpateur de s’affirmer qu’il n’aurait ratée pour rien au monde, face à un locataire de l’Elysée en fin de bail …

Depuis d’autres prisonniers politiques, tous otages de cette dictature, ont rejoint l’ex-Chef d’Etat-Major des armées. L’appréciation positive concernant le tyran semble se conforter, jour après jour, auprès de l’infime minorité qui le soutient. Pourtant, mine de rien, Denis Sassou Nguesso vient de subir un sacré revers. « Sacré » dans tous les sens du terme… !

A l’issue de la 17ème Assemblée Plénière du Symposium des Conférences Episcopales d’Afrique et Madagascar, qui s’était tenue à Luanda du 18 au 24 juillet dernier, l’Evêque de Kinkala, Monseigneur Louis Portella, avait été chargé d’aider discrètement à la tenue d’une Conférence internationale sur la République du Congo, son pays. La mèche était aussitôt vendue, sûrement chèrement, par certains de ses collègues congolais notoirement corrompus et vendus au tyran de l’Alima. L’initiative ne pouvait que déplaire, d’autant plus que Monseigneur Portella est, de loin, l’être vivant que Denis Sassou Nguesso déteste le plus ici-bas. Compte tenu de l’hécatombe dont ce dernier est responsable au sein de l’Eglise congolaise, qui va du simple prêtre au Cardinal en passant par des Evêques – faut-il le rappeler ? -, le dictatueur se retient tant qu’il peut ; mais il est fort à craindre que plutôt tôt que tard, ses pulsions barbares et fondamentalement anticléricales finiront par se libérer !

Profitant de l’absence de Louis Portella, du Congo, dans la soirée du mercredi 10 août dernier le tyran donna l’ordre d’enfermer son frère, le Colonel Aimé Portella, retraité paisible, malade mais éternel rival, pour qu’il goûte à sa revanche et à la puanteur de ses prisons ponténégrines. Pour les geôliers chargés de l’accueil, il était clair que le Colonel Portella n’était pas prêt d’être libéré. A son âge, 75 ans, lorsque l’on est incarcéré sans jugement, à la demande d’un Denis Sassou Nguesso, toutes les chances voudraient que l’on en ressorte les pieds devant… !

Pour tous les prisonniers politiques victimes de la tyrannie, de Jean Marie Michel Mokoko à Modeste Boukadia en passant par des Jean Ngouabi ou un Vincent Pena Pitra, tous les recours judiciaires, politiques nationaux et mêmes internationaux ont été strictement sans effet. La France peut bien affirmer qu’elle « est attentive à la situation politique au Congo, ainsi qu’à celle de Jean-Marie Mokoko et des autres opposants »[ii] leur libération ne relève que de l’usurpateur de l’Alima. A défaut d’accepter de reconnaître la victoire de Denis Sassou Nguesso et de lui présenter des excuses, Jean Marie Michel Mokoko restera emprisonné au moins ces 5 prochaines années !

Certes, pour le frère de l’Evêque de Kinkala, il y eut quelques commentaires, çà et là ; des lieutenants de la première heure du tyran qui s’inquiétaient de la santé mentale de ce dernier sans oser lui dire de libérer le Colonel ; de discrètes pressions venues de personnalités du Kouilou ; des appels à la révolte de jeunes au sang chaud, mais pas la moindre déclaration de Louis Portella (qui était en dehors du territoire national, rappelons-le) et encore moins de l’Eglise congolaise en apnée dans le bénitier. « Miracle ! » Oui, un véritable miracle survint avant la fin du troisième jour, le samedi 13 août dans l’après-midi, le dernier emprisonné de la tyrannie était le premier libéré… !

L’Eglise toute entière avait œuvré en silence. Le Pape François qui dans le même temps, le 15 août, avait dénoncé « le silence honteux qui entoure les massacres en RDC » au Nord-Kivu, n’avait pas eu besoin d’ouvrir la bouche concernant le Congo voisin et les massacres perpétrés dans le Pool sous le regard aveugle de Caritas ; seule ONG autorisée à se rendre sur le terrain des bombardements « inoffensifs » des mercenaires du dictatueur…

C’est sans aucun doute au Cardinal de Kinshasa, Laurent Monsengwo, qui compte parmi ses nièces et neveux Claudia et Denis Christel Sassou Nguesso, qu’a été dévolue la tache de contacter le tyran, son parent par alliance…

Qu’a-t-il bien pu lui dire ? Une supplique ? Sûrement pas… !

Le Cardinal est un élément clef du dispositif du dictateur pour devenir acteur du dialogue en RDC. Lors d’un récent voyage à Brazzaville, il avait évoqué « la crise en RDC, particulièrement l’éventuelle médiation du président Sassou Nguesso » qui fut l’essentiel de sa visite. « Nous sommes d’accord pour les concertations dans le cadre de notre pays, dans la justice et la paix. Il faut des concertations sincères qui s’occupent du peuple ». Et d’ajouter : «…. Je suis d’accord que le président Sassou fasse la médiation parce qu’il connaît les uns et les autres. Le fleuve Congo nous unit plus qu’il nous sépare… ».

Le Vatican avait-il autorisé Mgr Monsengwo à plaider la cause de cette médiation initiée à Oyo ? Etait-ce de son plein gré ou sous une forte pression de ses habituels lobbies pétroliers ? Toujours est-il que Sassou Nguesso était obligé d’écouter le message du Cardinal… !

A-t-il été nécessaire à l’émissaire du Vatican de brandir la menace de la canonisation du Cardinal Emile Biayenda ? Rien n’est moins sûr.

De son Pandémonium d’Oyo, Denis Sassou Nguesso connait la puissance du mini-Etat et la capacité immense de son influence ; pour dénoncer ou promouvoir. L’Eglise par la voix de son Pape a encore de beaux restes pour se faire entendre. Dommage, malgré toutes les demandes qui lui ont été adressées, qu’elle soit restée sourde au drame congolais. Comme si cette population, jumelle de celle de la RDC, était responsable de la corruption de certains hauts représentants de son Eglise … !

Rigobert OSSEBI

Diffusé le 25 aout 2016, par www.congo-liberty.com

[i] Cellule aménagée car elle avait pour occupants 4 colonels qui avaient été condamnés dans l’affaire du 04 mars 2012 : le Colonel Moumpita, le Colonel Ickonga, le Colonel Ntsourou, le Colonel Ingani. Notons que le Colonel Marcel Ntsourou est depuis un certain temps dans le quartier des femmes de la maison d’arrêt.

[ii] http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/congo/

Mgr Louis Portella Mbuyu en compagnie du Plus Grand Criminel du Congo (PGCC)

(Congo-Brazza) Libération du Colonel Aimé Portella : le Vatican a eu raison de Sassou Nguesso

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