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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 13:31
Parfait Kolélas ou quand une conférence de presse tourne au désastre communicationnel

Denis Sassou- Parfait Kolelas

« Si ce que tu as à dire n’est pas plus beau que le silence, alors tais-toi ! » (Proverbe arabe)

« Si ce que tu as à dire n’est pas plus beau que le silence, alors tais-toi ! » (Proverbe arabe)

Parfait Kolélas, signataire du pacte pour la victoire avec 4 autres candidats représentant la soif d’alternance démocratique qui anime notre peuple vient de sortir d’un long silence. Ce silence faisait suite à une déclaration des plus ambigües, où il reconnaissait à demi-mots la victoire de Sassou à l’élection présidentielle de mars 2016. Après donc une longue méditation voici ce que nous ressort l’héritier biologique et politique de Bernard Kolélas : « Après le hold-up électoral du 4 avril dernier, nous avons choisi le silence comme posture politique ; ce silence n’a jamais été un aveu de faiblesse ou de résignation ; il fallait observer où allait le vent. Par notre attitude, nous avons évité à notre peuple une effusion de sang inutile. Car notre souci constant a toujours été de préserver la paix et l’unité nationale ». On s’attendait à un autre calibre !

En politique, il y a de petites phrases assassines, dites au détour d’un entretien qui hanteront leur auteur toute la vie. On prête à Moungounga-Guila la phrase suivante : « Nous avons attendu 27 ans pour arriver au pouvoir, les autres n’ont qu’à attendre leur tour ». On dit aussi que Lissouba aurait repris une phrase d’un autre politicien, phrase qui lui collera à la peau toute sa vie : « On n’organise pas des élections pour les perdre ». Dans le même registre, on prête à Bernard Kolélas, paternel de Parfait la phrase suivante : « Politique yi kubiri ». Quant à Sassou, il est connu pour avoir dit : « Je dormais pour moi quand les chars sont venus encercler ma résidence… ». Les phrases de ce genre sont nombreuses dans le marigot politique congolais.

Parfait Kolélas vient de signer la sienne : « Il fallait observer où allait le vent ». Ah bon ! Cher Parfait, la politique serait-elle réduite à observer la direction du vent ? On nous a appris à l’école primaire que c’est la girouette qui accomplit cette fonction. Auriez-vous décidé de devenir une girouette politique ? Si c’est le cas, pensez un peu aux immenses foules que vous risquez de désorienter, car le peuple congolais attend de sa classe politique un cap. Vous aviez signé un Pacte pour la Victoire et cette victoire a été volée. Vous avez cautionné les résultats d’une certaine façon. Au fait, où en êtes-vous avec les procédures de contestation juridique des élections tant au niveau national qu’au niveau africain ? Que vous souffle le vent à propos du Pool qui subit l’invasion de notre armée nationale ?

On vous soupçonne d’avoir voulu marchander votre silence contre un poste de pouvoir ou chef de la future opposition parlementaire. Je n’entrerai pas dans ces spéculations. Dire aujourd’hui qu’ « il fallait observer où allait le vent » reviendrait à accréditer la thèse selon laquelle, n’ayant pas eu gain de cause dans une direction et sentant que le pouvoir est en difficulté, vous changez de posture en fonction de l’évolution de la situation. Si c’est le cas, cela s’appelle opportunisme. En patois, cela se dit « mabaluka-ntangou ». Marien Ngouabi avait toute une série d’expressions pour désigner l’opportunisme politique de ses camarades du PCT. Il s’agit de « caméléon », qui prend la couleur de son milieu, de « tortue à double carapace » qui se protège de tous les vents, de chauffard « qui clignote à gauche tout en virant à droite » etc.

Plus grave encore, vous affirmez cette monstruosité : « Ce temps de silence nous a permis de. connaître le sens du vent et d’orienter notre combat politique. » Un politicien parle de stratégie et de tactique pour atteindre un but bien précis et dans le cas d’espèce, c’est obtenir l’alternance démocratique et pacifique. Ce n’est pas en observant le sens du vent qu’on définit un cap, bien au contraire, on maintient le cap contres vents et marrées. Sauf si vous avez senti le vent de l’histoire qui risque de balayer un système qui s’entête dans le déni de la réalité. Avez-vous décidé de changer de camp avant un tsunami ?

« La parole est d’argent, le silence est d’or » dit un autre proverbe. Cher Parfait, vous avez raté l’occasion de vous taire. J’espère aussi que vous écouterez un peu plus vos conseillers en communication (si vous en avez). Apprenez enfin à déléguer certaines déclarations à vos lieutenants, cela vous évitera des complications inutiles. A trop vouloir s’afficher, on se fiche et on se plante.

Le vin du vent étant tiré, il vous faudra désormais le boire jusqu’à la lie. Une chose est sûre, vous avez détruit une grande part de l’estime que j’avais en vous. Et je crois ne pas être seul dans cette situation. Sauriez-vous reconquérir l’estime des nombreux compatriotes que nous sommes et qui avons cru en vous ?

Bon vent !

Pascal Malanda

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