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16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 13:33
(Congo-Brazzaville) Le soufflé : une constante dans les relations France – Afrique

Par Mouanda-Moussoki -

Quel rapport entre les relations France-Afrique et l’entremets de la gastronomie française dont la particularité est de prendre du volume et de la hauteur à la cuisson, puis de retomber s’il est l’œuvre d’un piètre cuisinier?

Pour saisir la pertinence de cette comparaison, il faille examiner l’attitude de la France officielle face au processus démocratique dans les pays d’Afrique francophone.

Lorsque Nicolas Sarkozy arrive au pouvoir en 2007, il réaffirme avec force le leitmotiv qui a été au cœur de la campagne présidentielle: son mandat sera celui de la rupture avec les politiques précédentes, répète-t-il. Et en ce qui concerne les relations avec l’Afrique, il prend l’engagement de faire évoluer ce qu’il qualifie à juste titre de « relations anachroniques et paternalistes ». Cet engagement est d’autant plus présent dans ses déclarations qu’on le retrouve au centre du discours qu’il prononce le 28 février 2008 au Cap, en Afrique du Sud.

Au cours de la première année de sa mandature, l’ancien président de l’UMP affiche en la matière une détermination telle que son Secrétaire chargé de la Coopération et de la Francophonie, Jean-Marie Bockel s’apprête à passer à l’acte: « Aujourd’hui, devant vous, je vais signer l’acte de décès de la françafrique. », déclare-t-il.

Quelques temps après cette déclaration, le ministre de l’ouverture est rétrogradé au poste de Secrétaire d’Etat aux anciens combattants. D’aucuns disent que ce changement est » le résultat des pressions exercées par les présidents Omar Bongo et Denis Sassou-Nguesso » (Source: Encylopédie en ligne).

La rupture annoncée tambour battant par Nicolas Sarkozy n’a jamais eu lieu! Bien au contraire, sous son mandat, la France officielle n’a fait que s’enfoncer dans les abîmes de la Françafrique.

Lorsque François Hollande arrive au pouvoir en 2012, il fait, contre la mal gouvernance électorale en Afrique, un réquisitoire qui est tout sauf une attaque à fleurets mouchetés. Le discours qu’il prononce au sommet de la francophonie à Dakar, devant les chefs d’Etat et de gouvernement en majorité Africains, est d’une sévérité qui bouscule les règles de la bienséance diplomatique. Les propos suivants sont entendus.

« Là où les règles constitutionnelles sont malmenées, là où l’alternance est empêchée, j’affirme ici que les citoyens de ces pays sauront toujours trouver dans l’espace francophone le soutien nécessaire pour faire prévaloir la justice, le droit et la démocratie »

La suite ?

Il y a eu la COP 21 organisée par la France, financée entre autres par des dirigeants africains pollueurs de la démocratie! Il y a eu la déclaration controversée selon laquelle » le président Sassou peut consulter son peuple, ça fait partie de son droit,(…)« ! Il y a eu au Congo-Brazzaville le Non-référendum du 25 octobre 2015, dont découle le papier personnalisé et à usage uniquement politicien qui tient lieu de Constitution! Il y a eu le massacre des populations civiles et les arrestations arbitraires tous azimuts, qui continuent du reste! Il y a eu en mars 2016 la Non-élection du général Sassou-Nguesso qui lui permet de se maintenir au pouvoir avec 8% des suffrages exprimés! Il y a eu les bombardements de la région martyre du Pool! Il y a eu l’assignation à résidence des candidats de l’opposition ! Il y a eu la scène des deux visiteurs de nuit, l’un avec une carotte et l’autre avec un bâton: deux sbires partis sommer le Patriote Jean-Marie Michel Mokoko de reconnaître l’autorité du régime anti-démocratique de Brazzaville, au risque de se voir lâché (lynché?)! Il y a eu la duplicité de la France officielle bicéphale qui recevait le même jour l’éminent compatriote Alain Mabanckou et le non moins éminent Jean-Claude Ngakosso, en costume de porte-parole à l’étranger, ambassadeur itinérant et plénipotentiaire du général Sassou-Nguesso.

Aujourd’hui, le Patriote Jean-Marie Michel Mokoko croupit dans les geôles du régime porté et maintenu au pouvoir par la fraude électorale et le terrorisme d’Etat. Son péché? Avoir refusé de baisser la tête devant une dictature qui triche, torture, tue! Sa faute? Avoir démontré que le tribalisme est soluble dans la démocratie !

Aujourd’hui, la France officielle, en donnant son agrément à l’accréditation de M. Adada comme ambassadeur, reconnaît officiellement le pouvoir dictatorial et illégitime issu de la non-élection de M. Sassou-Nguesso.

Que sont devenues les déclarations hexagonales d’antan? Quelle suite ont eu les discours du Cap et de Dakar respectivement prononcés par messieurs Sarkozy et Hollande?

Une constante apparaît dans l’attitude de l’exécutif français face au processus démocratique dans les anciennes colonies françaises.

Lorsqu’il arrive au pouvoir, l’ homo politicus français de ces dernières années affiche une détermination farouche à vouloir en découdre avec la françafrique. Mais, comme un soufflé raté , le volume et la hauteur de cette détermination affichée retombent très vite!

Deux hypothèses mutuellement exclusives peuvent expliquer cet état de choses.

On peut dans un premier temps considérer que le président nouvellement installé connaît déjà tous les arcanes de la françafrique. C’est-à-dire qu’il est préalablement conscient du fait que la Françafrique impose ou/et soutient en Afrique des dirigeants honnis par le peuple, en même temps qu’il connaît, avant son installation au pouvoir, l’ampleur des bénéfices que la France tire des relations incestueuses entre la Nébuleuse incriminée et certains dirigeants africains.

Le nouveau président, dans cette hypothèse-là, agirait en toute connaissance de cause et en toute bonne foi. Sa détermination à combattre la françafrique serait réelle. Il n’aura pas réussi malgré les efforts consentis par l’Etat dont il est le chef. La Françafrique serait donc plus forte que l’Etat français!

On voit bien que cette première hypothèse est difficile à soutenir!

La seconde hypothèse, qui n’est pas une hypothèse secondaire, est de considérer que le nouveau locataire de l’Elysée n’a qu’une connaissance partielle, voire vague de la françafrique. Il ignore l’envergure des profits que la Nébuleuse rapporte à la France à travers les multinationales et les intermédiaires de tout acabit.

Cette hypothèse-ci est d’autant plus plausible que les subtilités de la françafrique ne sont nullement enseignées à l’ENA ni au sein des partis politiques, pépinières des hommes politiques qui dirigent la France. La Nébuleuse fonctionnant comme une véritable société secrète et baignant dans l’opacité la plus absolue, seuls quelques initiés savent ce qu’elle représente réellement.

Nécessité oblige, le nouveau président est mis au parfum de la véritable raison d’être de la Pompe à fric /Afrique après coup. C’est une fois au pouvoir qu’il découvre le fonctionnement et l’importance de la Nébuleuse comme il découvre le code qui donne accès au bouton nucléaire.

Le président, instruit, choisit de privilégier les intérêts de la France – qui n’a pas d’amis – au détriment des valeurs démocratiques proclamées urbi et orbi!

Cette attitude est d’autant plus stratégique qu’elle transcende le clivage gauche-droite.

Il faut donc se rendre à l’évidence qu’en France, les personnalités politiques de tout bord, les associations de tout genre et les partis politiques de toute obédience critiqueront la françafrique aussi longtemps qu’ils seront en dehors de l’exécutif aux affaires. Ils le feront peut-être en toute bonne foi et sur la base de réelles convictions, mais ils le feront en toute ignorance de cause. Une fois au pouvoir et après la brève période de noviciat, ces entités se mettront à prier le Dieu de la Stabilité, de la Raison d’Etat et de la Realpolitik ; des concepts qui ont couvert , et même accompagné les massacres commis par les généraux en Amérique latine des années 70, les tueries perpétrées par l’Apartheid en Afrique du sud et les pogroms menés contre les Tutsi au Rwanda!

Prosper Mouanda-Moussoki

(Extrait de congo-liberty)

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