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5 juillet 2016 2 05 /07 /juillet /2016 17:17
(Congo-Brazzaville) L’ogre de Mpila, Sassou Nguesso, s’en prend maintenant à ses créateurs.

par Rigobert OSSEBI -

« L’appétit vient en mangeant », disait Rabelais dans Gargantua. L’ogre de Mpila et ses rejetons en ont fait leur devise.

Le 14 juillet 2015, au prétexte de son nouveau Code pétrolier, le clan Nguesso s’accaparait 40% des trois licences du Secteur Sud :Tchibouela, Tchendo et Tchibeli-Litanzi, des champs situés en offshore peu profond au sud de la zone dite Pointe Noire Grands Fonds (PNGF) ; Total EP Congo, l’opérateur, conservait 39% et ENI Congo se retrouvait avec 21% d’une production de l’ordre de 20.000 bbl/j.

TOTAL, partenaire historique du Congo et héritier du Parrain ELF, soulignait alors dans sa communication officielle l’importance stratégique de cet accord pour sa filiale « car il reste un potentiel résiduel de production significatif ,car ces actifs sont clefs dans notre portefeuille en raison de leurs fortes interconnexions opérationnelles avec nos autres champs. » L’accord devait être approuvé par le Parlement et publié au Journal Officiel.

Quant aux Nguesso, un pactole de 8.000 bbl/j allait s’ajouter aux très juteux 24.000 bbl/j extraits de Likouala SA, le puits de pétrole familial, opéré par le très bienveillant PERENCO. Même à 50 dollars le baril, il y a là de quoi se mettre 200 à 300 millions de dollars dans la poche chaque année ; rien que pour ces deux petits permis !

Si l’immense majorité des Congolais a le plus grand mal à survivre ces derniers temps, c’est-à-dire à s’assurer un repas quotidien, ces ogres, petits et grands, ne peuvent contenir leurs appétits féroces et leurs besoins financiers. Depuis des semaines, des rumeurs de renégociation circulaient dans les milieux pétroliers bien informés. Denis Sassou Nguesso, à cours d’argent, réclamait des avances au pétrolier français : des montants exorbitants ! Chantage ? Menaces ? TOTAL n’aurait pas cédé et rien n’aurait été publié au Journal Officiel du Congo…

Alors « La Voix de Son Maître » du parent François Soudan a publié l’information exclusive le 27 juin dernier, que TOTAL se retirait de ses permis PNGF au prétexte que « …avec un cours du baril autour de 50 dollars, nous n’avons pas réussi à trouver un modèle économique pour ce projet de taille modeste, qui produit environ 12 500 barils par jour… » Curieusement cette décision n’a été reprise par aucun média important, par aucune agence de presse et encore moins publiée par l’intéressé TOTAL qui a le devoir d’informer ses actionnaires.

En clair TOTAL ne lâche pas le morceau ! Et Denis Sassou Nguesso, qui ne respectait jamais ses accords avec les « petits » commence à en faire de même avec les « puissants » avec tous les risques que cela implique… !

Le temps est à l’orage pas seulement avec le pétrolier français, il se gâte sérieusement avec l’italien également.

TOTAL et ENI sont des sociétés publiques par actions. Ces dernières sont négociées à Paris et New-York pour TOTAL ; Milan et New-York pour ENI.

Lors de la dernière Assemblée Générale d’ENI à Milan, présidée par Monsieur Claudio Descalzi, ce dernier a admis que le permis Marine XII situé au large de Pointe Noire faisait l’objet d’une investigation américaine relevant du Foreign Corrupt Pratices Act (FCPA) contre Och Ziff (société sud-africaine) et qu’ENI y collaborait (comme témoin). Jean-Yves Ollivier, récent récipiendaire de la Légion d’Honneur et généreux mécène de l’Orchestre de Mme Valls, avait servi d’intermédiaire dans la joint-venture et en avait reçu à ce titre 2,4%. Pareille information sous-entend que la très puissante et très crainte SEC (Securities & Exchange Commission) rode autour des dossiers pétroliers congolais.

Il faut rappeler que Claudio Descalzi a succédé à Paolo Scaroni à la tête d’ENI suite à un scandale de corruption dans lequel est impliquée la filiale Saipem avec la société étatique Sonatrach en Algérie. Pour rappel, le Parquet de Milan a demandé des poursuites contre Paolo Scaroni et 7 autres personnes pour cette affaire de pots-de-vin de 198 millions de dollars versés par Saipem. Les largesses de Paolo Scaroni avaient été dénoncées par l’un des bénéficiaires.

Bien entendu, personne ne pourra jamais affirmer que ce genre de pratiques a eu cours au Congo !

En janvier 2015, nous avions affirmé que « Denis Sassou Nguesso arrivé au pouvoir pour le pétrole en partira par le pétrole ». Tous les éléments que nous avions avancés, alors, ont été vérifiés à l’épreuve du temps. La crise est cruelle pour une très grande majorité de Congolais. Les entreprises ferment les unes après les autres. « Papy Gargantua a fait de la résistance » aidé par Paris et par une opposition alors docile qui avait accepté la trêve des Jeux Africains et autres couleuvres.

Complaisance que beaucoup regrettent aujourd’hui ; piégés, embastillés ou en fuite côté congolais. Côté français cela n’est guère mieux avec l’ogre qui se retourne maintenant contre ses créateurs.

Tout cela ne présage rien de bon.

Sauf pour PERENCO, qui en héritant des puits de la brouille (tel que le prédit la « Voix de son Maître) atteindrait 70.000 bbl/j. Mais de bien mauvaises langues ne disent-elles pas que l’ogre de Mpila et son fiston sont de « gentils » associés de cette société dont la famille Perrodo propriétaire est devenue la 11ème fortune de France en 2015… ?

Rigobert OSSEBI

(Extrait de congo-liberty)

(Congo-Brazzaville) L’ogre de Mpila, Sassou Nguesso, s’en prend maintenant à ses créateurs.

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Rigobert Ossebi - dans Congo-Brazzaville Sassou Nguesso PCT Perrodo

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