Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : LA LETTRE DU CONGO-MFOA
  • LA LETTRE DU CONGO-MFOA
  • : Blog contre la corruption, la cupidité, l'avidité et la concussion (C.A.C.) au Congo-Brazzaville
  • Contact

Divers

Recherche

19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 18:45
(Congo-Brazzaville) Denis Sassou Nguesso peut truquer les élections mais ne peut pas truquer l’économie !

Depuis quelques temps, le tyran-kleptocrate d’Oyo est surnommé « Mugabe » par sa famille et par ses proches. Vœu pieux de voir le dictatueur congolais, Denis Sassou Nguesso, rester au pouvoir comme son homologue et sosie zimbabwéen jusqu’à 92 ans et plus…

Par Rigobert OSSEBI

Depuis quelques temps, le tyran-kleptocrate d’Oyo est surnommé « Mugabe » par sa famille et par ses proches. Vœu pieux de voir le dictatueur congolais, Denis Sassou Nguesso, rester au pouvoir comme son homologue et sosie zimbabwéen jusqu’à 92 ans et plus…

A bien y regarder, l’élève congolais Sassou Nguesso s’est bien inspiré des méthodes du despote du Zimbabwe :

  • interdiction des opposants de faire campagne pour les élections et limitation de leur champ d’action,
  • système élaboré de clientélisme,
  • climat permanent d’intimidation des populations mécontentes,
  • répression des opposants,
  • manipulation effrontée des résultats,
  • maintien au pouvoir grâce au soutien sans faille de la police et de l’armée.

Mais ce qui les rapproche surtout, c’est le naufrage de leur économie respective. L’ancien grenier à maïs de l’Afrique australe a été ruiné par une réforme agraire imposée par l’autocrate (rejetée dans une précédente consultation électorale). Le Zimbabwe a connu une hyperinflation annuelle proche de 165 000 % ; quatre adultes sur cinq au chômage, des magasins vides, des pénuries alimentaires et énergétiques à répétition alors que l’espérance de vie a dégringolé à 36 ans.

Alors l’opposition à Mugabe multiplie ses actions en mettant l’accent sur ses échecs sans appel. Le slogan maintenant répété est le suivant : « MUGABE, TU PEUX TRUQUER LES ELECTIONS MAIS TU NE PEUX PAS TRUQUER L’ECONOMIE »

Au Congo, la contestation des différentes plateformes est restée cantonnée au débat constitutionnel, à l’illégitimité du référendum et à l’élection présidentielle ; à chaque fois le calendrier et l’initiative relevaient du dictateur et jamais, à l’exception du Général Jean Marie Michel Mokoko, les dérives financières et la situation économique n’étaient abordées.

Pourtant, la population du Nord au Sud ne s’y était pas trompée. Les pancartes attaquant le pouvoir des Nguesso fleurissaient dans les rassemblements sans qu’aucun « leader » ne lâche aux manifestants, parfois des centaines de milliers, la formule magique « Sassou a tout volé ! »

L’exemple des Zimbabwéens est à suivre. Contrairement au pays frère d’Afrique australe, l’énorme masse de revenus pétroliers avait servi à affoler les statistiques comme pour le taux de croissance du PIB et à appâter les fournisseurs, principalement chinois, pour réaliser des infrastructures à crédit pendant que les liquidités avaient été pillées. Denis Sassou Nguesso, le roi de la pose de la première pierre, en plus de truquer les élections a longtemps tenté de truquer la réalité économique du Congo.

Mais aujourd’hui, au plus profond de la crise, les leurres sont devenus inefficients. L’économie est totalement sinistrée. Dans un dernier baroud de nourrir d’espoir un peuple congolais affamé, Denis le truqueur est revenu de Chine avec la promesse de diversifier l’économie congolaise. Piètre visionnaire ! Il eut fallu commencer à le faire lors de sa prise de pouvoir par les armes dès 1998. Une vingtaine d’années de travail acharné est nécessaire pour une diversification réussie et non quelques jours, comme pour un coup d’Etat !

Denis Sassou Nguesso, par ses mauvais choix stratégiques et humains a été le fossoyeur de l’économie, des finances et de deux générations de congolais. Il a été capable de truquer les élections, de truquer « l’opposition », de truquer les comptes publics, de truquer sa santé financière (en prêtant de l’argent à des Etats africains), de truquer sa capacité à bâtir un Etat congolais moderne, mais il n’a pas été capable de truquer la réalité de l’économie congolaise !

Un bilan catastrophique apparaît au grand jour : une économie congolaise de rentes pétrolières, forestières et minières qui se sont quasiment toutes effondrées avec les cours des matières premières. Le chômage explose, l’insolvabilité de l’Etat et des entreprises est à son comble, les services publics sont exsangues ; et pour Denis Sassou Nguesso, et pour ses leaders de l’opposition docile, impossible de les truquer !

Inexorablement les conséquences se font et se feront sentir. Les bailleurs de fonds institutionnels ont claqué la porte aux ministres notoirement corrompus, comme Gilbert Ondongo dont la place devrait être en prison et non à la tête de délégations. La Chine a confisqué les réserves importantes qu’un Denis Sassou Nguesso, prévoyant et visionnaire, y avait mises à l’abri… ! Le tyran congolais, qui a toujours jubilé à l’idée d’écraser plus petit que lui, s’est trouvé laminé par le géant chinois.

Aujourd’hui, il n’y a plus rien à truquer. La réalité s’en impose à tous : à Denis Sassou Nguesso et au peuple congolais. Certes l’opposition, qu’il est parvenu à maintenir éclatée, est incapable de lancer de véritables mots d’ordre, comme l’appel à la désobéissance civile. Mais de ce grand vide surgira, tôt ou tard, un bouleversement salvateur qui emportera avec lui le clan des Nguesso et ses faux opposants.

Rigobert OSSEBI

(Extrait de congo-liberty)

Partager cet article

Economie

Catégories